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Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 24 mai 2006 / n° 01


Extraits du discours introductif de M. Alain Carignon, Ancien Ministre

« ...

Dans son ensemble, et d’ailleurs comme beaucoup d’autres démocraties comparables, notre pays est malade. Malade du chômage qui porte des conséquences négatives graves bien au-delà d’aspects matériels. Malade d’une désaffection face à la vie publique source de tant de déceptions qu’elle nourrit allègrement les votes extrêmes ou purement protestataires. globalement et encore plus dangereusement d’ailleurs, notre société est surtout malade d’un avenir qui lui fait maintenant peur. Structurellement dans nos sociétés

générale. Il n’y a aucune raison d’ailleurs pour qu’elle s’en échappe. Formuler ce constat ce n’est pas polémiquer. C’est simplement reconnaître la réalité des faits. Pourquoi ce constat ? Parce que notre agglomération est frappée d’immobilisme. Depuis 10 ans, aucun projet pionnier n’a vu le jour. Des compléments pratiques partiels ont été apportés dans certains domaines. Mais nous ne retrouvons pas « l’esprit de Grenoble ». Si j’ai souhaité vous réunir c’est justement pour retrouver cet « esprit de Grenoble » et le faire partager par le vrai bassin de vie commune qu’est désormais la grande agglomération grenobloise. Vous représentez toutes sensibilités sans exception.

les

Pour bien connaître plusieurs d’entre vous, je sais combien votre attachement à votre territoire de vie est grand. Pour bien clarifier ce que nous attendons de ce Forum, il faut d’abord dissiper quelques sujets éventuels d’incompréhension ou de malentendu.

l’avenir était synonyme de progrès donc de meilleur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’agglomération grenobloise n’échappe pas à cette inquiétude

Il est question de « Forum citoyen pour l’alternance ». Ce mot « alternance » ne signifie pas un quelconque rapport politique d’enjeu de pouvoir. C’est l’alternance qui doit exister entre l’immobilisme et l’action, entre le compromis politique permanent et


la volonté populaire directe, entre la gestion d’aménagements techniques et le lancement d’innovations pionnières. Voilà l’enjeu travaux.

de

nos

Définir une « promesse de vie » c’est quoi ? A mes yeux, c’est s’interroger sur le sens des fonctions principales de nos collectivités et adopter en conséquence des mesures pratiques. Si parmi ces fonctions figure celle d’une meilleure harmonie collective, il n’est pas possible de ne jamais donner la parole directement aux citoyens. Dans quelle direction avancer ensemble : voilà notre première étape. Comment avancer ensemble : c’est la seconde étape. C’est la question de l’éthique d’une nouvelle gouvernance. La définition de cette nouvelle gouvernance est le sujet qui me tient le plus à cœur. Nous devons surtout être capables de rompre avec le politiquement correct Nous devons faire preuve pas seu l e m en t d’ im ag in at i o n m ais davantage d’esprit rebelle ou pour le moins d’esprit indiscipliné. Aucune habitude ne doit nous dicter ce que nous devons penser. Cette nouvelle gouvernance, c’est probablement le sujet sur lequel je veillerai à présenter au groupe le plus grand nombre de propositions pratiques.

Notre travail ne sera utile que s’il comporte des propositions sur ces trois volets complémentaires. Je souhaite « qu’entre nous ce soit pour l’avenir ». Pas notre avenir individuel car il importe peu et chacun sait qu’il est si difficilement programmable et encore moins maîtrisable. L’avenir commun de chacune de nos collectivités qui ont besoin de retrouver un sens, une « vraie promesse de vie » comme je l’indiquais précédemment. Je place beaucoup d’espoir dans vos travaux. Je vous renouvelle tous mes remerciements et je passe la parole à Henri Baile pour qu’il complète cette présentation. ... » Grenoble le 19/05/2006


Extraits de l’intervention de M. Henri Baile « ... Monsieur le Ministre, au-delà d’une « nouvelle éthique de gouvernance », en évoquant la grande agglomération grenobloise, vous avez parlé du « devenir d’une collectivité, capitale des Alpes françaises » mais aussi de l’attente d’une « promesse de vie » ainsi que d’une « meilleure harmonie collective ». Ceci nous invite à élargir le cercle de l’U. M. P., à réfléchir avec d’autres, et le mot alternance résonne effectivement autrement qu’une approche manichéenne Droite / Gauche, mais comme un autre regard à poser sur les êtres et les choses.

Non pas une démocratie galvaudée, affublée d’une kyrielle de vocables trompeurs, du type « participative » ou « de proximité » qui cachent mal le degré de vassalisation auquel le j a rg on d e c e r t ain s é l u s l a condamnent… ce qui s’est passé le samedi 22 avril 2006 à Alpes C o n g r è s a v e c S O S R a c i s me Grenoble Isère est, à ce titre, révélateur… Un proverbe chinois dit « ce que tu fais crie si fort, que je n’entends pas ce que tu dis » ; Grenoble est déjà en Chine Monsieur le Ministre… C’est une autre démocratie que j’entends dans vos périphrases. C’est-à-dire une visibilité et une lisibilité de nos diversités culturelles, sociales, ethniques. Une diversité et une lisibilité des différents courants de passion qui nous traversent et nous animent. Une capacité de rencontre et de dialogue avec le « monde des autres ». Je

Si nous étions encore au « Siècle des Lumières » ou sur les traces de Alexis de Tocqueville, vos périphrases pourraient se résumer en un seul mot : DEMOCRATIE.

crois sincèrement qu’en démocratie, contrairement à ce que n o u s o b s er v on s à G r en ob l e aujourd’hui, la confiance ne se gagne pas uniquement dans les urnes. Elle se conquiert et se mérite chaque jour par la qualité de l’écoute, de l’attention et du respect que l’on porte à l’autre, particulièrement lorsqu’il est différent. La confiance comme la légitimité ne se revendiquent pas, elles doivent être méritées et prouvées en permanence non par des mots mais par des gestes. Cette idée de démocratie doit nous obliger à prendre de la distance avec les jérémiades et les faux-


semblants, sortir des clichés et des caricatures. Elle doit nous forcer à nous interroger pour savoir comment des idées et des paroles peuvent devenir des actes, c o mme nt c es act e s peuvent construire un monde commun avec des personnes différentes. C’est le sens de la République et de la Nation mais aussi, à son échelle, celui d’une véritable Collectivité Territoriale. Une vraie Collectivité Territoriale qui soit autre chose que le « jouet » ou le « faux nez » d’un cabinet politique qui, en coulisse, instruit, fabrique et gère la décision au mépris de la délibération et de la participation spontanée ou organisée. Aujourd’hui, à Grenoble et dans cette agglomération, certains se complaisent à entretenir la rhétorique d’une ville et d’un espace ouvert, sans frontière, alors que nous passons notre temps à poser des frontières d’identité, de quartier, d’appartenance à un groupe. Nous passons notre temps à nous replier sur nous-même par égoïsme ou peur des autres… Parfois, et c’est tout aussi grave, certains revisitent et réécrivent l’histoire locale. C’est devenu un lieu commun que de le dire, mais il n’est pas encore devenu une habitude que de combattre et chercher à dépasser cette rhétorique… C’est ce que je voudrais Vous proposer. C’est ce que je voudrais Nous proposer.

Non pas une « Nouvelle Critique Sociale » comme il y a pu avoir un « Nouveau Roman » ou une « Nouvelle Cuisine » car c’est toujours nouveau lorsqu’il s’agit de demain. La séduction de la formule cache alors, l’impuissance, l’hypocrisie ou le cynisme… Je voudrais simplement vous proposer de regarder demain différemment, UN AUTRE REGARD, sans sectarisme, sans parti pris. Nous observons, c’est vrai, une difficulté à faire émerger un sens et une histoire collective. Je pense sincèrement, à ce sujet, que la question sociale est une question politique et qu’il appartient à chacun de s’en saisir. Lorsqu’on témoigne de ce que l’on est, on commence à produire du sens et de la représentation. Chacun d’entre nous à titre individuel ou associatif peut dire la complexité des choses, dénoncer les


manichéismes et prendre sa part dans la construction de l’espace commun. Habité par ces convictions, je voudrais mettre toute mon énergie dans ce « Forum Citoyen pour l’Alternance » et tenter de répondre à votre double interrogation : Dans quelle direction avancer ? Comment avancer ensemble ? Je voudrais proposer : Une méthode Un calendrier Ce territoire est riche de compétences et de talents. Parmi ceux-ci, je suis certain qu’ils seront nombreux à proposer de faire partager leur expérience, leur savoir ou leur enthousiasme. Je suis certain qu’ils seront nombreux à accepter : d’écouter avant de parler de débattre avant de proposer de consulter avant d’agir Je suis certain qu’ils seront nombreux à accepter de donner du temps, à exciter notre vigilance critique, à faire naître des idées…

« POUR », ouvrir des espaces de parole, prendre des rendez-vous et rendre compte. Je parlais à l’instant de COLLECTIVITE TERRITORIALE, c’est-à-dire d’une géographie partagée, de lieux communs, aussi bien dans le domaine de la parole que celui des espaces. Je propose donc que nous mettions en OEUVRE, au sens plein du terme, dans toutes ses déclinaisons 10 ateliers qui s’enrichiront au fil du temps et qui pourront être complétés: POUR UN POUVOIR MIEUX PARTAGE POUR UNE DEPENSE RATIONNELLE ET JUSTE

PUBLIQUE

POUR UN ENVIRONNEMENT RESPECTUEUX DE LA QUALITE DE VIE POUR UN BASSIN GRENOBLOIS MOTEUR DES ALPES FRANCAISES POUR UN REGARD DIFFERENT SUR LES VALEURS DU SPORT POUR UN VRAI CONNAISSANCE

PARTAGE

DE

LA

En ce qui concerne la méthode, je pense qu’il est indécent de passer son temps à regarder derrière et stérile de militer « contre ».

POUR L’ABO UTI SSEME NT D’ UN SCHEMA REALISTE ET OPERATIONNEL DES VOIES DE COMMUNICATION DANS L’AGGLOMERATION

Je pense que si nous voulons donner tout son sens au mot « alternance », il faut mobiliser nos énergies

POUR MIEUX LUTTER CONTRE LES DIFFERENTES FORMES DE DISQUALIFICATION ET DE PRECARITE


POUR UN TERRITOIRE A L’ECOUTE DES JEUNES POUR UNE INFORMATION PARTAGEE RESPECTUEUSE DU CITOYEN Ces dix ateliers pourraient être décentralisés dans l’agglomération grenobloise et permettre au rythme de leurs réunion, de vraies rencontres de terrain afin d’affirmer le dialogue et l’écoute. Je livre cette proposition à la critique et reste disponible pour vous présenter quelques-uns des acteurs volontaires, le calendrier et les modalités d’une synthèse.

Rapporteurs : Philippe BEDOURET 43 ans Titulaire d’un Doctorat en histoire des idées politiques de l’Ecole Pratique d e s H a u t e s E t u d e s Inscrit en post-doctorat Chargé de mission aux affaires économiques du TPG de la Loire Secrétaire permanent du comité départemental d’examen des difficultés de financement des entreprises de la Loire et de la commission départementale des chefs des services financiers de la Loire Guy CABANEL

POUR UN PARTAGE

POUVOIR

MIEUX

La crise du pouvoir est aujourd’hui dénoncée par tous, pouvoir contesté, pouvoir partagé, pouvoir discrédité… les qualificatifs les plus pessimistes sont utilisés, souvent pour justifier tous les conservatismes et les égoïsmes… les processus de prise de décision. A Grenoble et dans son agglomération, nous avons à réfléchir sur l’organisation des institutions publiques, le sens de la démocratie, la représentation en phase avec notre époque et l’attente réelle des citoyens.

Sénateur honoraire Conseiller Général de Meylan POUR UNE DEPENSE PUBLIQUE RATIONNELLE ET JUSTE Pour dépenser juste et rationnellement, il faut prendre le temps d’un diagnostique partagé. Que faut-il abandonner, inventer, modifier pour que fonctionnent des administrations en phase avec les besoins des usagers et en cohérence avec leurs territoires ? Quelle coopération intercommunale ? Quelles économies ?


Rapporteurs : Maître François VERCRUYSSE 35 ans Avocat

locaux à la qualité de vie en milieu urbain pouvons-nous proposer ? Comment l’aménagement de l’espace urbain peut-il être un point VERT contre l’exclusion ?

Président des Avocats Conseils d’Entreprises de Grenoble Membre de l’Institut des Avocats Conseils Fiscaux

Rapporteurs :

André XIBERAS 58 ans

Sociologue

Ingénieur en électronique Conseiller pour le développement de PMI Secrétaire et membre de Conseils de surveillance Co-président du conseil consultatif du secteur 6 à Grenoble Président de l’Union de quartier Village Olympique – Vigny Musset POUR UN ENVIRONNEMENT RESPECTUEUX DE LA QUALITE DE la VIE Quelle ville à voir et à vivre sommesnous capables de construire ? Quel mobilier urbain, quels aménagements, quel affichage, quelle architecture ? Quels tags sommes-nous capables d’accepter ? Quelle contribution des agendas 21

Annick CHABERT 57 ans

Œuvre au sein du collectif SOS Parc Paul Mistral Yves PAULEAU 63 ans Professeur à l’Institut National Polytechnique de Grenoble Titulaire d’un doctorat en sciences physiques POUR UN BASSIN GRENOBLOIS MOTEUR DES ALPES FRANCAISES Quelle diversité économique ? Quelles relations internationales ? Quel développement touristique ? Rapporteurs : Bernard FORAY 51 ans Professeur en Classe Préparatoires aux Grandes Ecoles à Itec-Boisfleury


Corenc Chargé de cours de l’Université Pierre Mendès France Grenoble. A enseigné à l’Institut Français de Naples. Diplômé de 3ème cycle, spécialiste de la civilisation italienne Président de l’ADLI association pour la diffusion de la langue italienne. Jean-Louis TANE 69 ans Enseignant universitaire en géologie POUR UN REGARD DIFFERENT SUR LES VALEURS DU SPORT S p o r t p r o f e s s i o n n e l Sport de Haut niveau : Quel rôle les clubs de quartier peuvent-ils jouer dans des espaces urbains qui souffrent ? Comment mieux valoriser, accompagner et reconnaître dans notre agglomération le travail de certains bénévoles qui se dévouent p o u r l e s p o r t ? Rapporteurs : Isabelle MARZIOU 43 ans Médaillée au JO d’Atlanta, Syndney et Athènes dans la discipline de tennis de table

Handicapée depuis 1982 suite à un ac cident d’automobile S’adonne à la pratique de nombreux sports Marine LAZAROTTO 22 ans Championne de France de saut en hauteur POUR UN VRAI PARTAGE DE LA CONNAISSANCE L’angoisse se nourrit de l’inconnu. Comment les artistes peuvent s’aventurer et s’inscrire dans des espaces sociaux inhabituels ? L’art revendique, affiche, proclame par les forces du marché, par les voies de l’institution, une critique sociale. Comment lui donner la parole ? Quel développement universitaire ? Comment lutter face aux discriminations et aux inégalités qui érodent le pacte social ? Les nouvelles technologies sont source de promesses et d’inquiétudes pour la culture…est sont-elles l’horizon d’une culture pour tous ? Rapporteurs : Guy ISSANJOU 54 ans Architecte dplg Historien d’Art


Directeur d’écoles des beaux-arts de Lyon et Grenoble de 1985 à 1998)

des déplacements infrastructures

Directeur des Châteaux de la Drôme de 1998 à 2003 Directeur du Centre culturel français du Cambodge de 2003 à 2005

Conseiller communautaire suppléant Membre des commissions court terme et prospective du SMTC de la commission de déplacement de la Métro

Olivier ELLENA 33 ans

Alain BONNET 41 ans

Expert en œuvres d’art, Enseignant en formation initiale et continue

Cadre d’entreprise

Titulaire d’un DEA d’Histoire des relations et interactions culturelles internationales et d’une maîtrise d’Histoire de l’Art POUR L’ABOUTISSEMENT D’UN SCHEMA REALISTE ET OPERATIONNEL DES VOIES DE COMMUNICATION DANS L’AGGLOMERATION Une ville intelligente ? Transport, mobilité, habitat, espaces publics ? Rapporteurs : Jean-Claude PEYRIN 59 ans Médecin hospitalier au CHU de Grenoble Adjoint au maire de Meylan en charge

et

des

Vice-Président de l’UDHEC (Union de Quartier des Eaux Claires) Membre du Conseil d’administration des Brûleurs de Loups Trésorier National de la LNAF (Ligue Nationale des Arbitres Français) POUR MIEUX LUTTER CONTRE LES DIFFERENTES FORMES DE DISQUALIFICATION ET DE PRECARITE Inégalités, vulnérabilités et conditions du bien-être ? La dépendance des personnes âgées va se développer. Le choix du « service à la personne » est celui de la domesticité subventionnée par l’Etat. Est-ce la manière dont nous voulons répondre à ces nouveaux besoins sociaux ? Est-ce la manière dont nous voulons vieillir ? La qualité de Ville comme économique et social.

projet


Le discours de la dénonciation et de la compassion ? Comment réagir à des situations où la violence tient parfois lieu de discours, où les valeurs qui incitent à vivre ensemble sont à redéfinir ? Rapporteurs : Jean-Placide TSOUNGUI 47 ans C h e f d ’ E n t r e p r i s e Licencié en droit public Auteur de « Cette France qui refuse l’intégration » Catherine BOLZE 51 ans Médecin du Travail Hervé GERBI 36 ans Avocat POUR UN TERRITOIRE A L’ECOUTE DES JEUNES Notre société est-elles malade de ses jeunes ? Insertion professionnelle, Université, animation de la Ville : quel soutien apporter à certains jeunes étudiants défavorisés ? Quelle école de la 2ème chance ? Rapporteurs : Michel MADRIGAL 28 ans Assistant parlementaire Maîtrise de droit privé

Jérémie BORJ 18 ans Etudiant en BTS NRC Samira BENHADDOU 30 ans Secrétaire Médicale, Cité Teisseire Rachida ABDELKADER 30 ans Cadre d’entreprise, Cité Teisseire POUR UNE INFORMATION PARTAGEE RESPECTUEUSE DU CITOYEN Les Nouvelles technologies sont-elles en train de transformer la manière de faire de la politique ? Quels rapports entre les pouvoirs économiques médiatiques politiques ? Rapporteurs :

: Thomas BONZY 20 ans Etudiant à la Faculté de Droit de Grenoble. Président de l’Association « Ensemble ». Président du Club de réflexion « Nouvelle Démocratie ». Maître Anne-Valérie PINET 34 ans Avocat Titulaire d’un DEA en droit public et d’une DESS sur les contentieux et les voies d’exécution.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 14 juin 2006 / n° 02

Toute l’information sur :

www.henri-baile.com


Le 14/06/06 Bonjour, Le Forum Citoyen pour l’alternance est en marche. Ses ateliers travaillent. Je tiens à exprimer ma satisfaction devant cette participation citoyenne. J’ai toujours cru à la qualité irremplaçable de la décision partagée. J’aime être ainsi à la rencontre

nous l’avons toujours fait c'est-àdire en respectant les règles d’un vrai dialogue : dire vrai, dire clair, dire tout. J’aime ces ambiances faites de confiance et d’espoir. Ces moments où chacun cherche à réconcilier les différences et non pas à les exhorter pour creuser des fossés toujours plus profonds. Ces moments où la diversité fait qu’une salle devient un kaléidoscope de la société. Dans de telles circonstances qui peut imaginer que l’avenir appartiendrait aux uns et pas aux autres ? Qui peut sérieusement prétendre que l’avenir serait le fruit du travail des uns et non pas celui du travail des autres ? L’avenir doit appartenir à tous. Il sera le fruit du travail de tous. J’aime cet état d’esprit fait de tolérance et d’enthousiasme.

des Isérois et des Grenoblois pour dialoguer avec eux. Comme nous l’avons fait à de si nombreuses reprises. Comme

Quand on écoute témoignages des uns et autres, on découvre combien nos atouts nombreux.

les des vite sont


Da ns l’ i déal d é m o c ra t i q u e correspond la reconnaissance du citoyen par tout pouvoir. A cet idéal s’oppose aujourd’hui la réalité du citoyen malgré le pouvoir. L’Etat, les collectivités locales, l’Europe sont devenus des puissances tutélaires qui cantonnent les Français dans une certaine passivité. Qui étouffent la vie quotidienne par de multiples tracasseries. C’est un diagnostic ancien. Sa réalité n’a fait que s’accroître ces dernières années. Il faut libérer les Français de cette chape de plomb, libérer les énergies, libérer les potentiels de vitalité, d’initiatives. Il faut remettre de la vie dans nos structures publiques. Agir ainsi, c’est le seul moyen de réconcilier les Français avec le Pouvoir. Cette réconciliation passe par une réforme en profondeur de nos institutions. Il est temps d’inscrire la réforme dans notre quotidien. Le mot réforme est trop

souvent la formule magique qui permettrait d’élection en é l e ct i o n de rêver en dispensant de faire. Cette « parole d’élection » qui est l’usage de mots parés de neuf qui resurgissent presque en permanence. Mais c’est un neuf qui n’affecte pas le quotidien. Il est temps d’accepter l’esprit du nouveau millénaire. Les vieilles idées ont échoué. Les politiques du passé ne peuvent répondre aux défis du futur. Le monde et la vie ont changé. Nos réponses doivent être nouvelles. Là est le vrai défi de ce Forum. A voir la qualité des premiers travaux, j’ai confiance.

Alain CARIGNON


joie à l’amertume. L’engouement du départ cède la place à une longue liste d’espérances défaites.

Le 14/06/06 Grenoble bouge. Ce mouvement est celui pouvoir municipal comme l’opposition.

du de

Le pouvoir municipal a connu quatre évolutions majeures. Il est passé de la confiance au doute. Les éléments de découverte propres à un premier mandat ont laissé la place à des résultats chiffrés qui lui font peur tant les conséquences de

La supposée entente entre les pouvoirs locaux a cédé la place à la jalousie. Les dernières inaugurations du tramway comme de Minatec ont été le théâtre de scènes stupéfiantes. Hier la diversité politique était le témoignage d’un trio qui « monte ». Aujourd’hui c’est un trio qui détonne. Enfin, de la cohérence nous sommes passés à l’éclatement le plus total. Qui agit ? Qui freine ? Qui finance ? Qui conteste ?... Plus personne ne s’y retrouve. Evolution étonnante car le pouvoir local est censé être le pouvoir de l’action au-delà des clivages partisans. A Grenoble, le pouvoir local est désormais l’inaction à l’intérieur de clivages partisans. Il est temps d’offrir aux grenoblois une réelle alternative.

l’immobilisme sont graves, les effets d’annonces trompeurs ou les fuites en avant nombreuses... Ce pouvoir est passé de la

Pour ne pas tomber dans les écueils rencontrés par l’actuel pouvoir, l’actuelle opposition doit bâtir un triple accord.


Tout d’abord, un acco r d su r le diagnostic. Sur tous les principaux dossiers de Grenoble, nous devons parler clair et regarder les réalités en face. Ensuite, un accord sur les objectifs. L’ a c t u e l état d ’ i n c e r t i t u d e généralisée doit prendre fin. Les Grenoblois ont droit à une vraie lisibilité de l’action publique. Enfin, un accord sur les moyens. Une fois les objectifs arrêtés, il s’agit de coordonner les efforts dans un cadre opérationnel garantissant l’efficacité des actions conduites.

p e u t y avo i r d e g ra n d e agglomération sans une Capitale bien dans son territoire, bien dans sa politique, bien dans son avenir. Cet avenir ne s’achètera pas par des plaquettes publicitaires, par des slogans racoleurs…

Sur ces trois socles du changement, la contribution du Forum Citoyen pour l’alternance a tous les atouts pour être déterminante.

Cet avenir dépend de tous les Grenoblois.

L’équipe initiale des animateurs concilie diversité, compétence, expérience et fraîcheur de la jeunesse. Cette équipe a bâti un programme précis de travaux.

C’est le sens premier de l’action d’une collectivité publique que d’être ainsi l’ouverture sur l’avenir.

Grenoble est une ville dont le dynamisme doit être libéré. Il ne

Il doit être aussi celui qui ouvre l’avenir de chacun.

Henri BAILE


Les ateliers sont au travail

Les sujets multiplient.

Les ateliers ont commencé leurs travaux.

En matière économique, même si certaines réalisations se veulent spectaculaires, sont-elles de nature à mieux armer l’agglomération pour l’emploi ?

Ils ont été amenés à dresser un diagnostic de la situation présente. Pour tous les participants, à l’exemple des conclusions de non nombre d’observateurs indépendants, ce qui caractérise la situation actuelle de l’agglomération grenobloise, ce sont les graves déséquilibres en marche. L’agglomération grenobloise doit faire face à une immense mutation : économique, sociale, technique, culturelle. Personne ne peut l'ignorer. Grâce à son dynamisme et à la diversité de ses activités, l’agglomération grenobloise a longtemps été considérée comme mieux protégée de la crise que d'autres régions. Il est désormais clair qu’il n’en est rien.

d’inquiétudes

se

Ces réalisations ne sont-elles pas

opérées au détriment du tissu industriel traditionnel qui est en droit d’attendre, lui aussi, des mesures significatives d’accompagnement de la part des collectivités locales ? Ces réalisations ne sont-elles pas trop repliées sur la Communecentre ? Ne renforcent-elles pas trop exclusivement un système d’économie mixte locale qui exigerait beaucoup plus de transparence en raison de l’importance considérable des investissements publics ? Sont-elles compatibles avec l’absence de plan de désenclavement de Grenoble ?


En matière de logement, la crise s’aggrave. Les recoupements actuels font évaluer à plusieurs milliers les demandeurs de logements sur l'agglomération, dont la moitié sur Grenoble. Le logement social n’a pas bénéficié des efforts nécessaires. Il doit être relancé. Comment ? En matière de démocratie locale, l’agglomération subit une absence totale de consultation. Elle est à mettre en parallèle avec l’inflation sans précédent des dépenses de communication qui sont opérées avec un culte de la personnalité qui éloigne gravement cette communication de l’information de service public. Comment mettre en œuvre une information moderne respectueuse du pluralisme et mettant à profit les nouvelles technologies ? En matière d’aménagement de l’espace, les relations entre la Métro et la Ville-centre sont-elles adaptées aux exigences des capitales européennes modernes ?

A l’opposé de ces déséquilibres en marche, il faut retrouver le sens de l’avenir. Parce l’avenir doit appartenir à tous et est le fruit des efforts de tous, il importe d’identifier les outils de la mobilisation collective indispensable. La culture de l’affrontement est une impasse. Il n’est pas possible de mobiliser ce qu’il y a de meilleur dans les citoyens en encourageant en permanence leurs peurs, en aiguisant leurs tentations de rejets, en les appelant à se replier sur eux-mêmes. A de nombreuses occasions de son Histoire, Grenoble a incarné sa capacité à vivre et à préparer de profonds bouleversements. Quand ce choix a été celui de la volonté de tous, le succès a été au rendez-vous. Le tramway a été décidé par tous


d'une façon exemplaire. Le CNAC, le synchrotron, la voie sur berge... tous ces projets ont participé d'une ambition commune. Nous avons voulu ces avancées. Nous avons su les faire partager. Ces valeurs partagées sont désormais l’architecture de notre vie en commun. Il faut rendre le moral aux Grenoblois. Pour cela, nous devons définir un projet d’avenir s’appliquant à tous les domaines de la vie collective. Il n’y a pas encore de « nom de baptême » pour parler en même temps des habitants de Grenoble, de ceux de Meylan, de ceux de Corenc, de Sassenage, de Seyssins, de St Martin d’Hères, d’Echirolles, de Pont de Claix…. Au-delà de leur appartenance municipale directe, ils se savent et

ils se revendiquent « Grenoblois » parce que Grenoble est le point commun de leur communauté de vie. Ce « grand Grenoble » doit retrouver le sens du dialogue comme celui des perspectives positives ambitieuses. Ces perspectives sont le seul chemin pour l’amélioration du cadre de vie quotidien de chacun. La semaine prochaine connaîtra une étape importante pour les travaux des ateliers avec une journée de réunions d é c e n t ra l i s é e s d a n s t o u t e l’agglomération grenobloise : le jeudi 22 juin 2006. Nos prochains cahiers vous en rendront compte de façon détaillée. Vers la mi-juillet, un rapport intermédiaire devrait être publié. Ce rapport sera la première mouture d’étape de nos travaux. Sur cette base précise, la contribution de chacun sera la bienvenue.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 26 juin 2006 / n° 03

Toute l’information sur :

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Le 23/06/06 10 ateliers répartis sur l’ensemble des territoires de l’agglomération grenobloise ont tenu leurs réunions d’étapes ce jeudi 22 juin 2006. Avec Henri Baile, nous sommes allés travailler avec plusieurs d’entre eux. Que leur ai-je demandé ? Il s’agit surtout d’ouvrir l’avenir

doit s’inscrire en rupture avec cet état d’esprit. Il faut être optimiste et non défaitiste. Ill faut parler d’avenir et non du passé. Bien davantage, nous devons veiller à nous libérer d’un « politiquement correct » qui « pastellise » tout débat au motif que tantôt tout se vaudrait ou que tantôt tout serait déjà strictement réparti entre ce qui serait inévitablement bien ou bon et ce qui serait inexorablement mal ou mauvais. Dernièrement, je me suis replongé dans le Rouge et le Noir. Stendhal écrit : «pourvu qu’on ne plaisantât

ni de Dieu, ni des prêtres, ni du roi, ni des gens en place, ni des artistes protégés par la cour, ni de tout ce qui est établi ; pourvu qu’on ne dit du bien ni de Béranger, ni de Rousseau, ni de tout ce qui permet un peu de franc-parler ; pourvu surtout qu’on ne parlât jamais de politique, on pouvait librement raisonner de tout ». Cet état d’esprit est toujours présent, peut-être même d’ailleurs plus que jamais. en définissant un véritable projet collectif qui donne un sens aux actions conduites. Leur démarche, notre démarche,

Il faut lever cette chape de plomb et remettre en cause une sorte de « prêt à penser » voire même de « savoir penser » qui étouffe.


Lors de ces rencontres, j’ai beaucoup écouté. J’entends le diagnostic. Notre agglomération connaît des crises multiples. L’emploi se dégrade. Les voies de communication sont saturées. Les impôts augmentent en permanence. L’actuel pouvoir local ne veut pas voir cette réalité. Il se réfugie derrière des clichés qu’il croit magiques. Ce qui appauvrit le débat public. Les citoyens méritent mieux. De vrais nouveaux enjeux nous attendent dont : • la nouvelle démocratie (l’edémocratie), • la vérité dans la gouvernance publique, • l ’ e x p e r t i s e d e l’environnement, • la gestion des vies multiples. Seuls ces nouveaux enjeux doivent mobiliser nos énergies. Parmi ces enjeux, j’ai exposé mes premières propositions pour une nouvelle gouvernance publique. Ce sujet me tient beaucoup à cœur.

Lors de ces ateliers, la présence des jeunes me ravit. C’est pour eux que nous avons une vraie exigence de résultats. Pour qu’ils aient une nouvelle image de la vie publique et qu’ils honorent en permanence leur qualité de citoyens. La citoyenneté peut se passer de mots mais jamais d’actes ou de présences. Le 22 juin 2006, cette citoyenneté a été très active comme elle devrait l’être en permanence. C’est une belle promesse d’espoir.

Alain CARIGNON


Le 23/06/06 Quand j’étais un jeune étudiant à Grenoble, mon grand-père avait une formule qu’il utilisait souvent « la semaine du travailleur a 7

jours. La semaine du paresseux a 7 demains... ». Le 22 juin 2006, en faisant le tour des ateliers du Forum, je repensais à cette formule. Dans l’agglomération, la citoyenneté avait 10 ateliers actifs composés de personnes qui ne s’étaient pas d i t « n o u s p a r t i c i p e ro n s ...demain ».

de la gauche. Le vrai nouveau clivage est désormais entre les modernes et les conservateurs. Qu’est ce qui distingue ces deux approches ? Essentiellement, deux repères : •

Pour les modernes, la réalité se regarde en face sans le voile des mots. Pour les conservateurs, la politique peut demeurer un « jeu de mots » totalement déconnecté de la réalité.

Pour les modernes, la vie publique c’est d’abord la crédibilité d’actions concrètes. Pour les conservateurs, la politique peut demeurer le musée de l’immobilisme.

Ces ateliers sont composés de personnes qui partagent ce souffle de la modernité et qui refusent la facilité ou la fatalité du conservatisme.

Quels sont les premiers messages forts de ces ateliers ? Le débat n’est plus entre les solutions de droite contre celles

Ce souffle, c’est celui d’un atelier à Vif composé de plus de 40 personnes dont près de 50 % de moins de 25 ans qui posent les questions chocs sans tabou et qui veulent honorer leur récente qualité de citoyens-électeurs donc décideurs.


Ce souffle, c’est celui de r e s p o n s a b l e s techniques, parfois retraités, mais qui ont la passion du premier jour pour exposer les propositions de déblocage des voies de communication de l’agglomération. Ce souffle, c’est aussi celui de l’atelier sur la jeunesse qui ne recule devant aucune initiative et qui souhaiterait tant, à juste titre, que la vie locale soit un lien social permanent. La liste serait trop longue s’il fallait énumérer tous ces enthousiasmes sans la moindre exception. Dans les années 90, quand je travaillais à toujours plus renforcer le dynamisme culturel de Grenoble, un artiste me dit : « la

vision, c’est voir des choses invisibles aujourd’ hui mais pourtant déjà portées par le présent ».

Ce 22 juin 2006, date anniversaire du 1er référendum organisé par la Ville de Grenoble sur le tramway le 22 juin 1983 à l’initiative d’Alain Carignon, j’ai ressenti la même « vision » que celle que

j’avais eue en 1983 alors jeune collaborateur quand je l’avais accompagné dans sa tournée des bureaux de vote. C’est une date qui ouvre de nouvelles étapes. Il y a alors des images, des prises de paroles audacieuses qui valent 1 000 mots. A tous ces participants, je leur exprime ma profonde reconnaissance mais aussi ma volonté d’honorer leur travail accompli dans le sérieux, la tolérance et la volonté d’être utile. A chaque participant, merci pour cet exercice de vraie citoyenneté. Henri BAILE


Résumés d’étapes travaux des ateliers

des

1) Les 23 questions pour « un nouveau pouvoir » L’atelier « pour un pouvoir mieux partagé », co-animé par Philippe Bedouret et Guy Cabanel, a arrêté la liste des interrogations auxquelles il apportera des réponses concrètes. Cette liste constitue son plan de travail. Un rapport intermédiaire prochainement publié présentera les mesures concrètes proposées. Comment revivifier la démocratie locale à Grenoble ? Comment organiser un nouveau pouvoir municipal à Grenoble ? Comment mieux rapprocher la municipalité des Grenoblois ? Comment construire un nouveau contrat municipal grenoblois et que doit-il contenir prioritairement ?

Comment favoriser démocratie locale participative ?

une plus

Comment démocratiser le lien représentatif, et donc rapprocher les élus locaux et les Grenoblois ? Comment favoriser les engagements de transparence des élus locaux ? Comment mieux organiser débat public à Grenoble ?

le

Comment favoriser le développement des engagements d’écoute des Grenoblois par les élus locaux ? Comment mieux éveiller la conscience politique des Grenoblois ? Comment mieux capter attentes des Grenoblois ?

les

Comment mieux développer le « consultatif » à Grenoble ? Comment savoir qui est mal ou pas assez représenté dans le


pouvoir local grenoblois ? Comment trouver une représentation conforme à la réalité de la population grenobloise actuelle? Comment favoriser la volonté d’intégration des non représentés ? Comment bien évaluer les postes à prévoir pour les non représentés ?

Comment mieux utiliser les nouvelles technologies au service de la démocratie locale de demain ? Comment mieux utiliser la richesse du réseau associatif grenoblois et comment favoriser encore son développement afin d’oxygéner la démocratie locale?

de

2) Les premières prérecommandations de l’atelier 4 pour « un bassin grenoblois moteur des alpes françaises »

Comment éviter le monopole des élites sur le pouvoir grenoblois ?

Grenoble doit reconquérir sa place dans le domaine de la montagne.

Comment construire une nouvelle charte des droits de l’opposition, et que doit-elle contenir ?

Elle a déjà beaucoup perdu ces dernières années :

Comment faire émerger nouveaux talents publics ?

le départ de Grenoble des Professionnels Associés de la Montagne (PAM) à Alpespace Montmélian (regroupés avec France Neige International, Ski France, …),

le départ de workshop ski

Comment mieux impliquer les Grenoblois pour les faire participer plus encore au destin collectif de Grenoble ? Comment trouver de nouveaux relais de médiateurs ?

l’annuel ( m a rc h é


mondial du ski) de Grenoble à Chambéry-Aix,

le CEMAGREF et l’INERM à St Martin d’Hères,

le départ d’activités liées à la neige ou à la montagne (installation de Prinoth et de Ski data Monmélian),

le Commissariat à l’Aménagement des Alpes (ex-DATAR),

le Centre d’Etude de la Neige,

l ’A N E N A ( A s s o c i a ti o n Nationale d’Étude de la Neige et des Avalanches),

le Service Météo Montagne (déjà en partie délocalisé à Albertville),

le Salon International de l’Aménagement en Montagne (SAM-ALPEXPO, le plus grand salon biennal spécialisé au monde !),

la suppression du SIG Salon International des Sports d’Hiver (annuel-Alpexpo), l’instruction à Marseille par le Préfet de PACA des dossiers relatifs aux UTN, Unités Touristiques Nouvelles (pour Alpes du Nord et du Sud), les acquisitions par un groupe italien de Pomagalski, leader dans les remontées mécaniques et, par le groupe américain Quiksilver, de Rossignol, leader dans le matériel de ski, ….

Mais heureusement, dans ce contexte très préoccupant, Grenoble a encore d’importants centres de décision qu’elle doit préserver et développer :

le Syndicat National des Téléphériques (SNTF) à Meylan • … Grenoble doit avoir l’ambition de constituer un Pôle Montagne fort (Pôle de compétitivité). A cette fin, une nouvelle politique doit être conduite. •

( suite dans le prochain numéro)


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 26 juin 2006 / n° 04

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Le 03/07/06 Quand on va chez le médecin, ce ne sont pas ses vœux d’espoir qui soignent mais la prise des médicaments. C’est sur la base de ce constat de bon sens que j’ai soumis aux ateliers 10 propositions très précises pour une nouvelle éthique de gouvernance publique. Ce sont les « 10 médicaments » pour une vraie traçabilité de l’argent public. Ces 10 mesures reposent sur des

actes clairs, publics et non pas de belles incantations. Je vous propose de les examiner ensemble.

1ère proposition, la défense du contribuable passe par la mise en place d’un nouveau ratio : « le retour sur impôt ». Il s’agit de dresser une nouvelle grille d’affectation qui corresponde à la réalité pratique des fonctions d’une collectivité. 2ème proposition, la création d’une nouvelle fonction : celle de « vérificateur général ». 3ème proposition, la publication annuelle de toute mesure de nature à entraîner une modification de la situation patrimoniale d’un élu (acquisition ou vente d’un bien, participation dans une entreprise, achat immobilier…). Ce document figurera en annexe du vote du budget. 4ème proposition, la création d’un « bureau des marchés publics » indépendant du pouvoir exécutif de l’Assemblée concernée. Ce bureau assure le montage, le contrôle de tout marché public d’un montant significatif ; ce qui assure le découplage absolu entre le donneur d’ordre quant à une opération publique et le montage technique de la passation des contrats. 5ème proposition, la publication immédiate de tous les frais de g e s t i o n l i é s a u


fonctionnement de l’Assemblée dont les frais de mission des élus. Sur le site internet de la collectivité concernée, le service du Vérificateur publie la copie de toutes les notes de frais. proposition, 6ème t o u t e s c e s informations financières doivent être disponibles en permanence via internet. 7ème proposition, la création d’un observatoire de la dépense publique. Il est composé de façon majoritaire de personnalités indépendantes. le 8 èm e proposition, dans fonctionnement du Conseil Municipal, toutes les commissions importantes sont transmises en direct par internet et par tout média local qui le souhaite. Il serait ainsi possible à chaque citoyen de suivre, voire même de questionner, en temps réel. 9ème proposition, la création de vraies mairies de quartier qui vont dépasser de beaucoup un rôle de simple antenne technique pour évoluer vers une fonction

globale de représentation. 10ème proposition, tout projet public d’ampleur n’ayant pas fait l’objet d’un engagement lors de l’élection sera assujetti à un referendum ayant valeur de décision. Il n’y a pas de difficulté à parler de « la morale des autres ». L’essentiel, c’est de tirer toutes les leçons pour vivre cette morale au quotidien et d’abord dans son propre quotidien. Cette morale des actes est la seule qui puisse mériter valeur de référence. La rumeur est impatiente. La vérité prend son temps. C’est ce temps de la vérité qui m’importe. Alain Carignon


Le 02/07/06 « Etre de Grenoble », est-ce que cette formule a une réelle signification et si oui laquelle ? Dans notre pays, chacun aime se définir par des repères supposés immédiatement parler à autrui. Pendant longtemps, l’étiquette partisane a occupé cette fonction. Cette période est finie. Est-ce que l ’appartenan ce géographique peut encore garder une signification collective en dehors de la simple identification

vocation à constituer un label. La participation aux ateliers du Forum en est un exemple parmi beaucoup d’autres. Les journalistes parisiens qualifient souvent les colloques, rencontres, débats, congrès...de « spécialités grenobloises ». Ce qui constitue une indiscutable « spécialité grenobloise » c’est l’émergence permanente de réflexion, de contestation, de remise en cause des modèles établis. Cette s p é c i a l i t é g re n ob l oi s e e s t indéniablement facteur de dynamisme. C’est dans le tempérament de ses habitants que cette ville a dû et su trouver ses marges de progrès. C’est par respect pour cet enseignement de l’histoire que le dialogue avec les citoyens est ainsi devenu une « spécialité grenobloise ». Chaque fois que ce dialogue a existé, les fruits de l’expérience ont été magnifiques.

territoriale ? Indépendamment de la réponse à cette question, je suis persuadé que la Capitale du Dauphiné porte un souffle culturel singulier qui a

Regardons ensemble les 20 dernières années pour ancrer ce sentiment dans des réalités concrètes : • au début des années 80, Daniel Populus n’avait-il pas initié l’information du XXIème s i è c l e a v e c l e p ro j e t « CLAIRE » ? • Le combat en faveur des radios libres conduit en commun par Hubert Dubedout et Alain Carignon à


l’hiver 80 n’a-til pas montré que l’opposition politique peut être dépassée quand la liberté est en cause ? En 1983, Alain Carignon n’a-til pas mis en œuvre la d ém o c ra tie partagée par tous entre deux élections grâce au référendum sur le tramway ? Mais il a aussi engagé la consultation d’octobre 1984 sur les économies budgétaires, les 1ères opérations nationales de « journées portes ouvertes » et à partir de mai 1984, les 1ers accueils des « nouveaux arrivants »…

Comment ces innovations ontelles été possibles parfois même contre l’environnement légal de l’époque ? Pourquoi ces initiatives innovantes ont-elles disparu ? Cette attitude innovante est le résultat de deux facteurs. D’une part, le respect d’autrui en reconnaissant l’identité de son propos et sa liberté. D’autre part, une vraie croyance dans la force du lien social. Comme on décide mieux à plusieurs, on réfléchit mieux à plusieurs. Ce lien porte alors idéalement son nom. Il

réunit tous ceux qui, au-delà de leurs différences naturelles et légitimes, veulent d’abord avancer ensemble, parce que pour eux, le collectif l’emporte sur le singulier et ses égoïsmes. . C’est cet état d’esprit qui m’a conduit à m’engager dans la vie publique. Ces moments où vous éprouvez le sentiment que le convoi n’arrivera à bon port que si chacun participe, n’excluant personne, ne rejetant aucune bonne volonté mais tendant la main à tous ceux qui veulent appartenir à ce convoi. Cet état d’esprit est celui de nos ateliers. La richesse de leurs débats est prometteuse. Leur sens de l’innovation se profile en filigrane. Henri Baile


Résumés d’étapes travaux des ateliers

des

Les premières prérecommandations de l’atelier 4 pour « un bassin grenoblois

moteur des françaises »

alpes

Genève-Barcelone, •

le doublement l’électrification de la Moirans-Romans,

la relance du passage d’un grand train touristique Genève-Grenoble-Nice,

la mise en place d’autres TGV depuis Grenoble vers Bruxelles, Amsterdam…

(suite du numéro 03)

L’atelier a pris connaissance d’un d’un exposé de Jean-Louis Tane, P rés i d e nt d e l ’A ss oc i a t i on Européenne pour le Développement Ferroviaire (siège à Grenoble). L’atelier insiste sur l’urgence de mesures de nature à assurer le désenclavement de Grenoble à l’exemple de : •

l’électrification de la voie Grenoble-Montmélian (il est scandaleux que le Grésivaudan, berceau de la houille blanche, n’ait pas de voie électrifiée, ce qui coûta à Grenoble l’arrêt du passage de son seul train international, le TEE Talgo

et voie

L’atelier continue ses travaux particulièrement avec l’audition programmée de M. Roubaud, ancien Directeur Régional de la SNCF. Les recommandations de l’atelier 9 « pour un territoire à l’écoute des jeunes » Cet atelier a pour objectif de recenser l’ensemble des besoins, des problèmes et des difficultés qu’un jeune peut rencontrer au quotidien dans l’agglomération g re n o b l oi s e . U n e foi s c e diagnostic opéré, il s’agit de


définir les propositions concrètes pour améliorer la situation. Dans cet esprit, cet atelier travaille sur les propositions suivantes : * la création d’une « Maison de l’emploi » ou un « Pôle Emploi Service Municipal » qui regrouperait l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE), les différentes missions locales de l’emploi et les associations d’insertion professionnelle. Les administrations et les associations de l’agglomération grenobloise ayant en charge l’emploi doivent se réunir autour d’un même pôle afin de mieux coordonner les actions d’insertion des jeunes dans le monde du travail et de mieux rassembler l’offre et la demande sur le marché du travail. * L’organisation régulière de « Forum de l’emploi » afin de mettre en relation entreprises et chômeurs sur le bassin d’emplois grenoblois. Concrètement, ce Forum pourrait se décentraliser au niveau des collèges, des lycées et de l’Université dans l’objectif de

réunir demandeurs d’emploi et offres d’emploi afin d’éviter le chômage « d’incohérence » c'està-dire la masse d’offres d’emploi non pourvue. Ce Forum réunirait des professionnels du monde du travail comme la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) pour les jeunes qui souhaitent créer leur entreprise notamment, des entreprises innovantes qui désirent embaucher des jeunes qualifiés ou encore des professionnels de la formation qui veulent aider à orienter des étudiants par branches d’activité. * La mise en œuvre d’un véritable effort public à destination de la promotion du «contrat d’égalité des chances» qui offre un abattement de taxe professionnelle en échange de l’embauche de personnes issues des minorités de la société française. Actuellement, seules les entreprises implantées dans des Zones Franches Urbaines (ZFU) peuvent bénéficier de déductions fiscales lorsqu’elles recrutent des personnes habitant ces quartiers difficiles. L’objectif de cette


mesure est de créer les conditions favorables à la mise en place d’une réelle égalité des chances et d’une cohésion sociale efficace. •

La mise en place, à la manière des « pôles de compétitivité », d’échanges entre l’Université et les entreprises afin que les étudiants puissent bénéficier d’une formation et donc d’une expérience dans le monde de l’entreprise.

Ces échanges entre l’Université et le monde de l’entreprise pourraient concrètement se traduire pour l e s e n t re p ri s es p a r d e s investissements auprès des établissements universitaires. En contrepartie, ces entreprises pourraient bénéficier de la matière grise des facultés, de la valeur ajoutée des innovations : ce serait un juste « retour sur investissements ».

Cette mesure est une réponse au manque de moyens des Universités, à l’insuffisance de débouchés des jeunes sur le

marché du travail et au coût important pour les jeunes de l’accès à l’Université. * La création d’animations régulières de nature à réinstaller les jeunes dans la vie de la Cité. Des mesures simples et peu coûteuses pourraient voir le jour dans l’agglomération grenobloise dont : • mise en valeur du site de la Bastille et du Village Olympique, • réaménagement l’été des berges de l’Isère afin de mettre en place un « Grenoble Plage », • organisation d’un Ciné Plein Air dans les différentes Communes de l’agglomération… L’enjeu est simple. Il faut assurer la réconciliation entre la Ville et les jeunes. Les collectivités publiques doivent être reconnues par les jeunes, et en liaison avec eux, comme un outil efficace d’animations, d’insertion, bref un vrai partenaire de vie au quotidien. La citoyenneté gagnerait beaucoup à une telle évolution.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 10 juillet 2006 / n° 05

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Le 10/07/06 C’est une triste collectivité que celle qui n’assure pas l’intégration de ses habitants dans le monde du travail. Sur le plan national, grâce à des efforts considérables, nous enregistrons la baisse des statistiques du chômage depuis plusieurs mois consécutifs. Dans mon engagement public, la mobilisation pour l’emploi a toujours été l’une de mes priorités. Cette mobilisation doit concerner tous les âges de la vie.

Mais je voudrais insister sur deux âges qui me paraissent mériter une attention particulière dans les circonstances actuelles.

Tout d’abord, l’emploi des jeunes. Quelle plus belle période de la vie que celle de la jeunesse ? C’est une période d’énergie, d’imagination, d’espoir. C’est le devoir de nos collectivités de ne pas trahir la jeunesse. Placer des jeunes à l’écart d’un emploi, c’est casser l’espoir de ceux qui rêvent à l’avenir. Dans mes permanences, dans mes visites des quartiers, j’écoute les jeunes qui sont exposés à des difficultés d’emplois. Je suis touché par leurs regards de tristesse, par leurs expressions de profondes interrogations sur euxmêmes, sur leur entourage, sur leurs représentants. Je suis affecté quand ils me disent que demandeurs d’emplois, ils s’estiment en marge de la vraie vie, abandonnés. Ils doivent être assurés de notre mobilisation totale pour les placer ou pour les replacer dans le circuit de l’emploi. La même mobilisation doit concerner des seniors qui viennent d’être exclus de la vie active. Notre période présente est faite d’une grande précarité. Aujourd’hui, presque tout ne semble malheureusement que précarité. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas nous résigner à une telle situation. Ce serait d’abord admettre un terrible gaspillage collectif que d’accepter


de se priver de ce capital d’expériences. Ce serait ensuite un terrible échec collectif que de considérer qu’il puisse y avoir place à la fatalité et qu’à un âge de pleine possession de ses moyens physiques et mentaux il faille devenir spectateur du monde économique. Même avec l’expérience de nombreuses années de vie publique, je ne me suis jamais fait à de tels renoncements. Ils n’ont jamais été les miens. Ils ne sont pas prêts à le devenir. J’entends en effet placer toute ma volonté à lutter efficacement contre de telles formes d’injustices. Le travail, ce n’est pas seulement une rémunération qui permet d’assurer le gîte et le couvert. C’est certes déjà cela et ce n’est pas mineur. Mais c’est aussi bien au-delà un véritable repère d’identité, de dignité, donc de respect de chaque individu à ses yeux comme aux yeux des autres. Toutes ces situations de précarité ne pourront être surmontées qu’à deux conditions. D’abord, tenir le langage de la vérité. Il faut regarder les réalités en face. Il faut qualifier les situations comme elles méritent d’être qualifiées. Il faut fixer les

objectifs du possible et se donner les moyens de les atteindre. Ensuite, nous devons réaffirmer des valeurs qui n’appartiennent à aucun parti politique, à aucune idéologie. Ce sont des valeurs qui appartiennent d’abord à tous nos concitoyens. Ce ne sont pas des mots. Encore moins des slogans publicitaires. Ce sont des actes, des principes de vie. Ce sont ces valeurs autour desquelles nos collectivités doivent reconstruire leur unité. Dans les prochains mois, sur ce dossier comme sur deux autres enjeux majeurs, j’en ferai une affaire personnelle. Alain Carignon


Le 10/07/06 Il n’existe pas de collectivité si nous n’agissons pas d’abord chacun pour l’autre. Nous traversons une période nationale très mouvementée. C’est la fin des illusions et ce de façon quasi généralisée. Du poids de notre dette publique aux échecs flagrants de ce que nous considérions encore il n’y a pas si longtemps comme des «modèles», il est certain que la

contraire. Nous devons lutter contre la culture du renoncement et de la fatalité. Il ne peut y avoir de vie en commun sans idéal. Dans les moments les plus difficiles, notre collectivité a su résister parce qu’elle avait cette puissance de l’idéal qui lui donnait la force de dépasser le provisoire difficile. Dans cet idéal, nous devons placer au premier rang notre solidarité avec celles et ceux que la vie rend plus fragiles. Plus fragiles pour des raisons d’âges qu’ils soient les plus jeunes ou les plus anciens. Plus fragiles pour des raisons d’exclusions passagères. Dans ce cadre, je voudrais insister sur deux domaines qui me tiennent particulièrement à cœur au travers de deux considérations.. La première, c’est que l’avenir ne sera pas le passé en plus moderne. C’est un autre monde, un autre siècle, une autre vie. Cette certitude du neuf ne doit pas nous angoisser. Bien au contraire, nous devons croire en l’avenir.

réalité quotidienne se charge maintenant de dissiper les illusions. La fin des illusions ne doit pas supprimer tout idéal, bien au

La seconde considération c’est que l’avenir suppose l’émergence de nouvelles valeurs comme de nouveaux tempéraments. Dans ce besoin de nouveauté, il est temps


de reconquérir le terrain perdu de l’imagination politique. Il faut libérer les énergies, libérer les potentiels de vitalité, d’initiatives. Il faut remettre les vraies réformes au centre de notre vie publique, passer du subi au désiré. Seul un nouvel état d’esprit fera de l’actuelle crise profonde subie par notre pays un incident de parcours et non pas une étape supplémentaire de notre déclin. Le Forum citoyen pour l’alternance est un exemple, parmi beaucoup d’autres, d’une approche humble qui écoute, curieuse qui consulte, pragmatique et responsable. Il démontre que le débat et l’échange sont la manifestation de l’intelligence collective. Au moment où je rédige cette tribune, je vérifie le nombre de propositions déjà formulées et je pense en bonne voie d’adoption pour ouvrir aux citoyens la chance de donner un nouvel élan à nos collectivités locales. Ces propositions sont déjà au nombre de 37.

Cela montre, si besoin était, que le changement est non seulement possible, qu’il appelle des modifications majeures, qu’il n’y a pas de fatalité à l’immobilisme. Dans ce contexte d’un avenir où tout bouge si rapidement, l’immobilisme est un non sens absolu mais surtout c’est un terrible gaspillage des capacités créatives de chaque individu. Toutes celles et tous ceux qui travaillent au sein du Forum ont en commun le refus de cet immobilisme. Ce trait d e tempérament est probablement la vraie ligne de séparation entre les progressistes et les conservateurs. Les premiers militent pour rendre à nos collectivités le sens du mouvement. Henri Baile


Résumés d’étapes travaux des ateliers

des à

Grenoble et dans son agglomération ? " les membres de

cet atelier se sont accordés sur plusieurs orientations majeures.

L’atelier : « pour un pouvoir mieux partagé » Il faut développer le consultatif à Les membres de l’atelier "pour un pouvoir mieux partagé " ont arrêté leurs premières propositions concrètes dans le cadre de deux priorités :

Grenoble et dans l’agglomération, avant et après les élections locales, afin d’être mieux à l’écoute des citoyens et pouvoir établir ainsi un véritable «dialogue civique permanent». Il faut donc aller vers moins de " politique politicienne " au plan local et mettre davantage en avant la qualité des programmes et des projets.

d’une part, l’urgence de mieux faire participer, de mieux écouter et de mieux associer les habitants de Grenoble et de sa grande Dans l’agglomération grenobloise, agglomération à la les prochaines équipes démocratie locale. municipales devront s’engager sur des programmes clairs et précis et • d’autre part, l’urgence de s’engager à les appliquer dans la m i e u x re p r é s e n t e r l es transparence. habitants de Grenoble et de son agglomération, et de Dans ce cadre, il est proposé la mieux faire émerger de création du Blog des cahiers de nouveaux talents dans le doléances grenoblois. L’apport pouvoir local. des nouvelles technologies nous conduit à penser qu’il faudrait En ce qui concerne la réflexion sur créer ces cahiers de doléances " comment revivifier la démocratie sous la forme d’un blog. Il •


pourrait s’agir d’une boîte électronique dont les coordonnées seraient largement diffusées à Grenoble et sur l’agglomération, afin de permettre aux Grenoblois de s’exprimer et d’informer d’une part des critiques sur les réalisations des équipes actuelles mais aussi de leurs attentes et de leurs proposition. Une démocratie moderne est une démocratie participative qui mobilise toutes les nouvelles technologies pour maintenir un lien direct et permanent entre les élus et les citoyens. Ce dialogue passe aussi par le « rapprochement physique » du pouvoir municipal avec les citoyens. Ce rapprochement repose sur la création de véritables " Mairies de quartier " qui sont des antennes très lisibles et réactives dans les quartiers. Elles sont en relation constante et directe avec la Mairie centrale et elles seraient donc à l’écoute pour faire remonter les problèmes et

les attentes des citoyens. Elles doivent fonctionner sur le principe : une question simple = une réponse dans les quatre jours, et une question compliquée = une réponse dans les dix jours. Cette démocratie directe suppose aussi le développement du droit local à pétition qui intervient dans un cadre non décisionnel mais, au franchissement d’un certain seuil de pétitionnaires, impose l’inscription de la question à l’ordre du jour du Conseil Municipal. Le franchissement d’un autre seuil de pétitionnaires vaut engagement d’un référendum local décisionnaire. Par ailleurs, l’atelier a pris connaissance avec attention des 10 propositions émises par M. Carignon en vue d’une nouvelle gouvernance publique. Ces 10 propositions, dont celle relative à la transparence sur le patrimoine des élus, sont reconnues comme des


priorités majeures. En ce qui concerne la réflexion sur des idées pionnières : " comment

la démocratie locale grenobloise pourrait-elle mieux représenter et mieux faire émerger de nouveaux talents ? " à Grenoble et dans l’agglomération grenobloise, les membres de l’atelier s’accordent sur plusieurs principes.

Il faut clarifier les modalités concrètes de limitation du cumul des mandats en nombre et en durée.

reconnaissance de l’opposition comme une force indispensable à la bonne santé démocratique. Une ch ar te de s dr o i ts de l’opposition fixant l’ensemble de ses prérogatives devrait être adoptée. Les premières avancées significatives ont été l’œuvre de la première« municipalité Carignon » de 1983 à 1989. Depuis cette date, les avancées ont été reconduites sans engendrer de nouveaux progrès significatifs. Dans trois domaines au moins, des améliorations sont pourtant nécessaires :

Il faut mieux représenter les nonreprésentés, les " pas assez représentés ", les minorités visibles mais aussi les invisibles, afin d’être plus en conformité avec la réalité de la population de Grenoble et de l’agglomération.

Les membres de l’atelier recommandent l’utilisation de la méthode de la discrimination positive pour arriver rapidement à une meilleure représentation.

Enfin, une démocratie suppose la

le renforcement des moyens humains pour permettre à l’opposition de se doter d’un pouvoir d’expertise spécifique, une dotation budgétaire annuelle pour la consultation de spécialistes extérieurs, la dotation en moyens d’expression spécifiques lors des consultations référendaires comme ce fut le cas lors du référendum de juin 1983 sur le tramway.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 25 juillet 2006 / n° 06 Toute l’information sur :

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Le 25/07/06

A Grenoble près du tiers de la population de la Ville est exposé à l’international. L'Université accueille chaque année plus de 6000 étudiants étrangers. Le Synch rot ron représente des milliers de chercheurs de passage. Plus d’une centaine d’entreprises étrangères ont des unités de décision dans l'agglomération.

culturel - du tourisme, la ville est vecteur d'une véritable imprégnation internationale. Ainsi, la réalité de vie de l’agglomération grenobloise est internationale. Grenoble, ville de passage et de brassage, aux spécificités propres, se doit de vivre "international" et d'axer ses ambitions et efforts dans cette direction avec toutes les exigences que cela comporte. Vivre l'international c'est donc oeuvrer à créer le cadre et les conditions propices à l’ouverture de la Ville sur l’international. Durant mes deux mandats de Maire, j’ai veillé à ce qu’il en soit ainsi grâce notamment aux mesures suivantes : - la création d'organismes ayant cette vocation, le Coveg (Conseil pour la Valorisation de l’Economie Grenobloise), - l’encouragement de l’ouverture de la scène culturelle à l’international,

Par les efforts qu'elle consent et les investissements qu'elle engage dans les différents secteurs - de l'économie - de la formation et de l'information - du sport - du

- le soutien apporté aux manifestations internationales (TEC, SIG ...), des relations formalisées avec d'autres cités dans le cadre de l’Association Internationale des Villes d’Avenir,


des programmes urbains orientés vers l’accueil d’entreprises internationales et l’avènement du World Trade Center. Dans les années 90, j’avais créé auprès de moi un groupe informel d’experts. Je leur ai d em and é de me dresser un rapport sincère sur la compétitivité de la Capitale du Dauphiné dans le domaine international. L’une de leurs conclusions majeures fut la suivante. Depuis 1983, Grenoble a pris tellement d’initiatives qu’il fallait désormais procéder à la clarification des vocations, à la simplification et à l’harmonisation. A cette époque, face au foisonnement d’ initiatives, l’urgence devenait la simplification. Cette époque est lointaine. Aujourd’hui, Grenoble supporte mal la comparaison internationale. Les initiatives se sont raréfiées. Tant d’autres Villes ont pris de l’avance sur la Capitale du Dauphiné. Quelle initiative novatrice a été engagée par Grenoble ces 11 dernières années qui fasse la

« marque de Grenoble » ? Pour vivre quotidiennement international, je suis triste constater dans tant d’endroits avancées qui sont autant rendez-vous manqués par Capitale du Dauphiné.

cet de des de la

J’aurai prochainement l’occasion d’exposer des initiatives fortes déjà mises en œuvre sous d’autres géographies. Pourquoi ces avancées sont-elles ignorées par Grenoble ? Il est temps de Grenoble et l’avenir.

réconcilier

Alain CARIGNON


Le 24/07/06 Il est banal de dire que notre planète est un village et que nous sommes devenus citoyens du monde… Il est vrai que nous avons à résoudre des crises globales : de l’utilisation des réserves d’eau à la démographie ; des changements climatiques à la mondialisation des échanges commerciaux ; des pandémies au terrorisme international… Les enjeux cruciaux de notre

totale interdépendance planétaire. Nous pourrions être tentés, pour éviter ces problèmes, à défaut de savoir les résoudre, de nous « retrancher du monde », de son organisation politique, pour nous réfugier dans une communauté restreinte d’amis de confiance… Mais cette tentation du repli individuel, outre l’égoïsme qu’elle affiche, et le manque de lucidité qu’elle contient, dénonce sa propre inadéquation et révèle à nos yeux braqués sur notre environnement immédiat et notre quotidien, la superficialité, la dispersion, le règne de l’émotionnel qui marquent notre époque… Elle révèle aussi l’illusion du retour à la nature et ouvre les yeux sur un monde de plus en plus urbanisé, où les villes ne peuvent pas être des acteurs passifs de la mondialisation. Elles doivent contribuer à l’offre d’alternatives face aux déséquilibres provoqués par le modèle de développement actuel et enrichir les débats engagés sur des thèmes majeurs, tels que le financement du développement local, la bonne gouvernance locale.

époque sont à la fois impossibles à esquiver et marqués par une

Elles doivent intégrer plus encore les dimensions sociales et


environnementales dans les politiques locales, assurer l’intégration et la cohésion du territoire, anticiper et répondre aux évolutions du marché du travail et des flux migratoires. C’est le sens même du Forum Citoyen pour l’Alternance que nous avons, avec de nombreux présidents d’associations, experts ou passionnés de différents horizons, ouvert le 19 mai. Il vise à mobiliser des représentants significatifs pour venir appuyer et renforcer le développement de thématiques et d’ateliers proposés…, confronter les points de vue pour affronter et relever les défis d’une ville pour tous. N o u s d ev o n s re n d r e a u x Grenoblois le sens de la confrontation positive des idées contre la domination de tout dogmatisme. Progressivement, l’agglomération grenobloise est devenue tristement la terre des diktats alors qu’elle fut si longtemps celle des rencontres et des échanges. Cette évolution est le produit funeste de la rencontre de deux cultures. L’une, supposée verte, est en réalité noire parce qu’elle p o r t e e n e l l e l ’ ex c l u si o n permanente d’autrui. L’autre, supposée sociale, est en réalité le

socialisme du pouvoir prêt à se soumettre à n’importe quelle exigence pour tenter de conserver une majorité arithmétique calculée en ajoutant les « fonds de commerces » des uns et des autres. C’est cette culture là dont il faut se débarrasser. Tout n’est qu’enjeu de partis et de tractations sordides : tel vote contre tel abandon de projet… Loin de cet état d’esprit, le Forum citoyen pour l’alternance est d’abord le pouvoir pour tous les grenoblois. Henri BAILE


atelier information est en lien Les propositions pratiques de direct avec la démocratie et va l’atelier « pour u n e au-delà de l’agglomération, il est information mieux partagée » ressorti des débats une volonté d ’ é t a b l i r d e s p ro p o s i t i o n s novatrices qui vont au-delà de Comme beaucoup d’autres remèdes pour des maux locaux. libertés, celle de l’information revêt plusieurs visages. Le Sénat canadien étudie en ce Elle n’est pas seulement, en effet, un a sp e c t d e l a l i b er t é d’entreprendre. Elle a aussi et surtout pour signification de permettre à chacun d’utiliser librement la press e pour communiquer en tant qu’auteur, sa pensée à autrui, ou pour accéder, en tant que lecteur, à l’expression de la pensée d’autrui. Sous ce second angle, la liberté de l’information constitue une forme particulièrement importante de la liberté d’expression, car en établissant une libre communication entre des milliers de personnes, elle concourt directement à l’expression de la pensée d’autrui.

moment un rapport rendu dernièrement qui concerne la presse et l’information. L’étude a duré trois ans. Le but n’était pas de condamner la presse mais bien d’aider à une progression. C’est l’état d’esprit qui a présidé à nos travaux : chercher en permanence comment progresser. Proposition 1

Pour un grand nombre de personnes, il est admis que le droit de la presse devient, d’une certaine manière, le droit de dire ce que pensent les rédacteurs à condition que ça ne dérange pas les annonceurs publicitaires.

Comme les collectivités publiques locales figurent parmi ces Ensuite, et là aussi parce que cet annonceurs publicitaires, n’est-il


pas important d’analyser la part de financement des collectivités dans la presse locale ? Ainsi, notre atelier propose : la publication annuelle par les collectivités publiques locales de la liste de leurs achats d’espaces publicitaires et l’affectation par support. Proposition 2 Au niveau national, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) joue le rôle de « sage de l’audiovisuel ». Il est, entre autres, compétent pour formuler des propositions sur l’amélioration de la qualité des programmes, pour adresser des recommandations au Gouvernement en vue de développer la concurrence dans les activités de communication… Il adresse, chaque année au Président de la République, au Gouvernement et au Parlement,

un rapport public dans lequel il rend compte de son activité et suggère des modifications législatives et réglementaires. Sur cette base, nous proposons : la mise en place d’un observatoire départemental de l’information, composé d’universitaires et rattaché à la présidence du Conseil Général de l’Isère publiant une fois par an les statistiques sur l’équilibre du pluralisme. Proposition 3 Afin de limiter le pouvoir de pression des collectivités sur les organes de presse, l’observatoire départemental de l’information établira la liste des organes d’informations et veillera à une répartition juste entre ces différents organes des espaces publicitaires achetés par les collectivités. Les collectivités devront s’engager,


avec une marge de plus ou moins 10 %, à respecter la grille des investissements publicitaires de leur collectivité. La création d’une grille de répartition des espaces pub li ci tair e s entre les différents organes d’ i n f o r m ati on po u r un meilleur respect du pluralisme de l’information. Proposition 4 Nous proposons : le développement d’une information de pur service public garantissant une meilleure répartition des achats d’encarts publicitaires. Les journaux locaux sont considérés comme de véritables relais entre les collectivités et les citoyens. Des espaces achetés par les collectivités serviraient pour des publications d’informations de service public.

L’observatoire déterminera la liste des informations dites de service public. Proposition 5 Sont souvent revenues au cours des débats les erreurs présentes dans les articles. Nous proposons : la mise en place d’un médiateur, journaliste chevronné ou universitaire membre de l’observatoire, chargé de recevoir les plaintes du public contre les pratiques d’un journal ou d’un journaliste. Il examine les plaintes et rédige un commentaire à cet effet qui est adressé au support concerné. Ce médiateur publie un rapport annuel qui est disponible notamment par internet dressant la liste de toutes les demandes et les suites données, ce qui permettra aux citoyens de se faire une opinion sur la déontologie de chaque support.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 07 août 2006 / n° 07 Toute l’information sur :

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Le 07/08/06

Agir pour la vitalité de la liberté de l’information est le meilleur service qui puisse être rendu non seulement à tout citoyen mais aussi à chaque titulaire de pouvoir. Chacun gagne à confronter ses idées avec les critiques ou les suggestions d’autrui. En matière de gestion publique, la différence d’opinions n’est pas seulement un droit ; c’est presque un devoir de

maintenant de formidables perspectives. Elles permettent d’imaginer des consultations plus fréquentes, une transparence encore accrue. L’atelier du Forum a effectué de nombreuses propositions qui seront soumises aux arbitrages collectifs de rentrée. Dans certains domaines, des projets me paraissent parfois difficiles à mettre en œuvre. Mais ce sujet montre aussi que les ateliers fonctionnent avec liberté sans contrainte si ce n’est celle née de la démocratie interne à chaque atelier. Dans ce secteur comme dans tant d’autres, il faut aussi réhabiliter le droit à l’expérimentation. Le vrai sens de la réforme c’est d’aller vers l’information en réduisant le champ de la communication de propagande. Cette dernière a excessivement envahi toute la sphère supposée constituer l’information. C’est regrettable. C’est un immense chantier.

la cultiver dans l’intérêt même de chaque membre de la communauté. Les nouvelles technologies offrent

C’est celui de la démocratie au quotidien. Alain CARIGNON Ancien Ministre de la Communication


Le 07/08/06

Les prochaines élections locales doivent être un vrai débat sur l’émergence d’un nouveau style de vie. Les Communes de plus de 100 000 habitants deviennent trop souvent de grosses entités où l’inquiétude quotidienne se substitue trop souvent à la vie. Nous devons redonner une dimension humaine à ces collectivités. Derrière cette formule se cachent d e s p r i o r i t é s p ré c i s e s e t concrètes. Sachons redécouvrir le beau, réhabiliter des espaces libres, des aires de jeux. Tous ces espaces qui vont progressivement donner un supplément d’âme à une place ou à un quartier. Nous devons libérer chaque espace à la culture afin qu’elle occupe un rôle prépondérant. C’est comme cela que la Ville dégagera son tempérament, son caractère, son originalité. Enfin, il faut rendre aux Grenoblois le sens de l’acceptation d’autrui.

Les municipalités Destot ont vite lâché prise avec cette tradition grenobloise. Les 11 années de gestion ont été des années d’affrontements permanents. Avec les prédécesseurs, avec les supposés partenaires, avec les éventuels successeurs. Quelle triste mentalité que celle qui n’accepte pas la diversité. Quelle inquiétante politique que celle qui refuse d’appliquer à ellemême son propre discours. Quel manque de confiance que cette constante invective ou ce silence arrogant. Chaque remarque d’autrui est perçue comme une menace alors que ce devrait être d’abord une chance. Les citoyens méritent davantage de respect. Henri BAILE


Les propositions de l’atelier « pour une information mieux partagée » (suite

du n°06)

Proposition 6 Certaines études et enquêtes sur les médias sont réalisées dans les écoles de journalisme ou les d é p a r t e m e n t s d e s communications des universités, d’autres émanent d’organismes publics. Cependant, cela ne remplace pas un centre de recherche permanent qui rendrait des rapports réguliers sur les médias. Il existe déjà aux Etats-Unis des centres de recherche, comme le Pew Center, le Poynter Institute. D’autres centres de recherche américains sont associés à des universités. Le Project for Excellence in Journalisme est, par exemple, un institut associé à l’école de journalisme de l’Université de Colombia. On lui doit la publication du rapport annuel sur le journalisme américain, The State of the News

Media.

Nous proposons : la création d’un centre de

recherche associant universitaires et journalistes che vronnés. Ce centre d’excellence amènerait à ce que Grenoble soit une fois de plus, et en l’espèce dans l’information, un exemple, une géographie novatrice et pionnière d’une information partagée respectueuse du citoyen. Il serait associé à l’université. Proposition 7 La séparation des « pouvoirs » étant un élément clé dans toute démocratie, non pas parce que la « confusion » amène nécessairement un abus mais surtout pour une raison de légitimité, nous proposons : l’incompatibilité de fonctions d’élu d’une collectivité et de correspondant local de cette même Commune au sein d’une publication en situation de monopole. Proposition 8 L’information a été tout au long de nos débats vue comme un pouvoir, un moyen de façonner l’opinion publique. Il est important que les lecteurs soient conscients


du rôle de l’information dans une démocratie. Bien que l’éducation ne soit pas de la compétence des collectivités locales, nous proposons la mise en place dans les collèges de cours d’initiation aux médias. Ces cours seraient l’occasion de rencontres entre des journalistes et des élèves. Il ne s’agit pas de traiter uniquement de la presse locale, mais d’initier les jeunes à la presse en général. Les technologies innovantes et émergentes de la fin du XXème siècle sont unanimement reconnues porteuses d’enjeux majeurs dès la décennie en cours : technologies de l’information et de la communication, biotechnologies, notamment. Mais elles exigent un effort d’adaptation du fait du bouleversement des règles de la société industrielle, sur lesquelles la réussite française a été jusqu’ici basée : mondialisation des échanges ; modalités de partage, de transfert et de protection des connaissances ; décentralisation. La France, comme l’Europe, ne se sont pas encore donné, à l’évidence, les moyens suffisants pour se saisir des opportunités offertes par ces technologies. Un décalage croissant s’est creusé à partir de 1995 entre la France et

l’Europe d’un côté, les Etats-Unis et l’Asie (Japon, Corée, Taïwan, et maintenant Chine et Inde) de l’autre. Les initiatives récentes prises par la France, comme par l’Europe, manifestent certes une volonté de rester dans la course à l’accès à ces technologies. Elles ne sont cependant pas encore à la hauteur des enjeux : en France, les politiques restent axées sur les infrastructures (actuellement ADSL). La France, et dans une large mesure l’Europe, donnent surtout l’image d’un réel déficit d’appétit et d’ambition pour les technologies nouvelles. Ces blocages, d’ordre institutionnel et culturel s’avèrent rédhibitoires dans le contexte nouveau de développement des technologies i n n ov a n t e s . L’ e xe m p l e d e quelques pays européens (Pays Bas, pays scandinaves) montre que ces handicaps ne sont pas une fatalité et peuvent être surmontés s’il existe une véritable volonté politique, clairement exprimée et traduite en actes. La question est donc posée, pour la France et l’Europe, de leur volonté de s’organiser rapidement pour surmonter ces handicaps, saisir les opportunités pour lesquelles elles ont encore des atouts incontestables, et éviter


ainsi un décrochage irréversible de la ville pour transmettre dans la compétition économique l e u r s messages ou mondiale. retransmettre des films ou clips de leurs activités, Grenoble, ville innovante, ville des permettraient de faire de ce nouvelles technologies se doit site une véritable plateforme d’être un exemple en la matière. active. Proposition 9 Internet révolutionne l’information, elle est devenue l’écriture de demain, elle abat les distances, met fin au temps. Le site d’une Commune ne doit pas être à l’image de son administration mais à l’image de sa ville.

Dans sa conception originale, le Web (nommé dans ce contexte le « Web 1.0 ») comprenait des pages web statiques qui étaient rarement mises à jour, voire jamais. Le succès de l'ère dot-com se basait sur un Web plus dynamique parfois appelé « Web 1.5 »), où des systèmes de gestion de contenu servaient des pages web dynamiques, créées à la volée à partir d'une base de données en constant changement. L e Web é t a i t c on s i d é ré principalement comme un outil de diffusion et de visualisation de données, où des aspects comme le nombre de pages vues et l'esthétique revêtaient une très grande importance.

Nous proposons la mise en place d’un portail web des collectivités. Il faciliterait l’accès à l’information. Des partenariats avec les commerces de la ville ainsi que d’autres institutions à l ’ e x e m pl e de l ’ A NPE ... seraient mis en place. Mais aussi d’autres fonctionnalités Les partisans de l'approche Web comme une web TV ouverte 2.0 pensent que l'utilisation du aux habitants et associations Web s'oriente de plus en plus vers


l'interaction entre les utilisateurs, et la création de réseaux sociaux rudimentaires, pouvant servir du contenu exploitant les effets de réseau, avec ou sans réel rendu visuel et interactif de pages Web. En ce sens, les sites Web 2.0 agissent plus comme des points de présence, ou portails web centrés sur l'utilisateur plutôt que sur les sites webs traditionnels. Proposition 10 Un argent considérable est dépensé dans l’impression et la diffusion des magazines des collectivités. Pour un grand nombre de citoyens, le rapport coût / impact est assez faible. Il est temps de mettre un terme à ce gaspillage. Le nombre de b roch u res d e c o l l ec t i v i t és publiques dont le vrai circuit est de la boîte aux lettres à la poubelle est considérable. Nous proposons : une

numérisation

des

données, avec le remplacement des magazines papiers des collectivités par une information mise en ligne, actualisée régulièrement. Des versions papiers complémentaires seraient disponibles mais dans une forme d’abonnement. C e t t e d é m a r c h e d’abonnement traduit la volonté des intéressés de recevoir ce support papier et donc de le respecter en lisant le produit. En 1983, dans des circonstances différentes, la première municipalité d’Alain Carignon avait effectué un choix analogue en mettant en vente le journal municipal. Le Département, La Métro, la Ville de Grenoble ont connu ces dernières années une explosion sans précédent de leurs dépenses de communication. Il

y

a

une

profusion

de


publications, une augmentation irréelle des moyens humains, un appel permanent à des prestataires extérieurs, une personnalisation croissante des produits. Il est temps de mettre un terme à cette spirale qui traduit une réelle concurrence entre les exécutifs de ces trois collectivités mais aussi la distance prise avec les engagements électoraux qui avaient été présentés dans ce domaine. Il y a également une sousutilisation étonnante des nouvelles technologies. Sur le site internet de la Métro, les délibérations ne sont même pas mises en ligne. Sur le site internet du Conseil Général, les retransmissions vidéos sont marginalisées. Sur le site de la Ville de Grenoble, cette rubrique est inexistante. Ces situations traduisent des vrais choix. Ces collectivités volontairement décident de rester à l’ère du papier qui incarne la vieille information encadrée qui descend du décideur au lecteur. To u s l e s s u p p o r t s d ’ u n e i n f o rm a ti o n p a r t a g é e n o n encadrée sont peu ou pas du tout

promus. C’est une évolution étonnante de la part d’élus qui au début des années 80 avaient mis en place le projet CLAIRE sur la Ville de Grenoble et qui proclament en permanence l’ancrage technologique des collectivités. Il y a là un décalage entre les actes et l’histoire, un décalage entre les actes et les discours qui méritent une explication. L’explication nous paraît simple. La préférence est donnée à des arbitrages politiques entre des forces constituées plutôt qu’au dialogue direct avec les citoyens. C’est cet état d’esprit qui impose de canaliser en permanence la communication. Lors des prochaines échéances électorales, l’un des enjeux prioritaires résidera dans la définition d’une nouvelle politique de communication qui soit un outil du dialogue entre le pouvoir et les citoyens et non plus l’appropriation de l’information par les seules composantes du pouvoir.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 16 août 2006 / n° 08

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Le 16/08/06

Au-delà du détail de chacun des projets, c’est surtout un nouvel état d’esprit qu’il est nécessaire d’installer.

51 propositions.

Il faut agir et non plus seulement discourir.

Avec ce numéro, les ateliers du Forum viennent de franchir le seuil des 50 propositions précises pratiques appliquées au quotidien de l’agglomération.

Il faut agir par soi-même et non plus discourir sur autrui, sur le passé ou sur tout autre sujet qui exonère de vivre l’exemple par sa propre action.

L’examen détaillé de chacune de ces propositions dénonce à lui seul l’immobilisme de

C’est le vrai chantier des prochains mois : ouvrir « l’âge de faire ». Cet état d’esprit était celui des années 1983 à 1995. Cette page a été tournée depuis 11 ans. De nouveaux défis sont là. De nouvelles actions sont nécessaires. La vraie alternative des prochains mois résidera d’abord dans ce choc entre ceux qui agissent et ceux qui observent surfant sur les modes, repoussant à demain ce qui aurait déjà dû être réglé hier. L’innovation pour une collectivité peut parfois naître de la simple action et du pragmatisme.

l’agglomération grenobloise depuis 11 ans. 6 ateliers ont rendu leurs premiers travaux et leurs conclusions provisoires.

Ensemble, nous allons beaucoup innover. Alain CARIGNON


Le 16/08/2006 Dans une Europe où la concurrence fiscale s’exacerbe et où les contraintes budgétaires demeurent fortes, la baisse de la pression fiscale globale et des dépenses publiques « improductives » ainsi que la hausse de la productivité des administrations s’imposent comme une tendance lourde. L’agglomération g r e no bl oi s e ne p e u t échapper à cette réalité… Avec ce numéro 8 des Cahiers, nous publions les premières réflexions pour l’action économique. Au regard de l’importance du dossier de l’emploi, c’est dire combien ces pistes nous paraissent mériter une attention appelant un dialogue sans fard. Pour ce qui me concerne, je souhaite être clair sur deux sujets particuliers. D’une part, à l’extérieur de Grenoble, quand il est question de l’actuelle politique économique municipale, il est fait référence à la spécialisation excessive dans certaines filières économiques. A l’étranger, cette forme de spécialisation est de plus en plus exclue. Il y a même parfois l’édition de cartes de risques économiques en fonction de ce degré de spécialisation. C’est le cas particulièrement au Canada. En effet, plus une économie est spécialisée, plus la géographie est considérée « à risque ». Elle devient peu attractive pour des cadres

supérieurs qui craignent des revers de conjoncture et une absence d’alternative. Le second volet qui caractérise la politique économique locale c’est la systématisation de l’économie mixte. Ce n’est pas un choix mauvais en soi si la surveillance des financements publics est opérée avec la plus grande rigueur. C’est pourquoi, il me paraît pertinent de mettre en place une surveillance des financements économiques publics parce qu’ils doivent demeurer des financements publics avant d’être des financements économiques. Une nouvelle politique économique est nécessaire. Les pages suivantes peuvent donner des repères et des pistes.

Henri BAILE


L e s p r e m i è r e s propositions pour une nouvelle politique économique locale L’économie est au cœur de l’action publique. Mais l’économie repose sur une recherche de rentabilité qui ne peut être compatible avec des financements publics que dans des conditions de partenariat transparent, reposant sur des critères publics de nature à garantir un accompagnement public égal à tous. Ce préalable avancé, plusieurs points devraient être observés. 1) La meilleure façon de respecter la réalité économique, donc d’être efficace en matière d’emploi, c’est de respecter la diversité de la vie économique.

considérablement la portée, donc la qualité et l’efficacité, des actions des collectivités locales et nuit à la sécurisation des collectivités locales dans le temps au regard de leurs ressources. 2) Ce rééquilibrage par domaine d’activité doit s’accompagner d’une clarification dans la répartition des financements et des responsabilités dans le réseau local d’économie mixte. La création et le développement d’un réseau local d’économie mixte mobilisant un montant considérable de financements publics est concevable sous certaines conditions précises à ce jour non réunies. Tout d’abord, la mise en place d’un espace unique chargé d’établir les critères et le suivi de tous ces financements publics.

Aujourd’hui, force est de constater que cette stratégie n’est plus en vigueur. A certains égards l’inauguration de Minatec est le même scénario que les Rencontres de Grenoble mais en l’an 2000 c'est-à-dire une approche trop partielle, trop segmentée, trop résumée à un seul pan d’activité.

Ensuite, la publicité des critères d’interventions publiques doit être opérée dans la plus grande transparence.

Cette

Il importe d’observer que la mixité

segmen tation

altère

Enfin, les conditions de sécurisation du risque dans le t emp s p ou r l a p a rt d es financements publics doivent être d’une très grande clarté.


des financements a souvent été à l’origine de graves confusions. Ces confusions ne doivent pas conduire à condamner mécaniquement tout dispositif d’économie mixte notamment locale. Mais ces expériences imposent des précautions fortes. A aucun moment, le caractère public de l’argent injecté dans de telles opérations ne doit être oublié. La multiplication des « structures satellites », le caractère de droit privé de celles-ci, la confusion des qualités entre la Présidence de ces structures et la fonction d’adjoint à l’économie nous semblent des erreurs car ces faits nuisent à l’équilibre des pouvoirs des intervenants. Un Adjoint à l’Economie n’a plus l’impartialité nécessaire pour décider des arbitrages financiers à destination de la SEM d’action économique finalisée qu’il préside par ailleurs. Cette concentration d e s res p o n s a b i l i t é s a l t è re considérablement le juste partage des compétences, la spécificité de chaque fonction et l’approche critique. 3) L’effort de collectivités publiques doit porter prioritairement dans la création d’un environnement favorable en matière d’accès au marché privé des capitaux.

Le secteur bancaire de proximité est peu structuré pour cette fon c t i on t r ès p a rt i c u l i è re . L’ouverture à ce marché privé des capitaux est aujourd’hui la vraie clef de la création et de la réussite d’entreprises. Il serait pertinent de conclure des partenariats avec des institutionnels du placement privé pour qu’ils viennent à Grenoble rencontrer le tissu économique. L’initiative d’Euroclass à Lyon allait dans la bonne direction. Elle doit être aidée et relancée. 4) Les collectivités publiques doivent réinvestir le champ de l’internationalisation des échanges permanents. Dans cet esprit, dans les années 80, avait été créée l’AIVA, l’association internationale des Villes d’Avenir. Cette initiative s’éloignait de deux approches inadaptées : le simple jumelage ou la pure visite protocolaire. Il s’agirait de mettre sur pied ce qui avait été qualifié de « 1ère multinationale des idées » avec la création de banques de données communes, de correspondants ayant l’habitude de travailler ensemble au quotidien. Cette approche doit êt re redynamisée. 5) Renforcer les passerelles entre la formation et


l’entreprise. Minatec renforce à juste titre ces passerelles entre des Ecoles d’ingénieurs et certains segments d’entreprises. C’est utile mais ce n’est pas suffisant. Le vrai enjeu est bien plus vaste. C’est l’ensemble du pôle de formation qui doit vivre différemment son ouverture au monde de l’entreprise. C’est l’enjeu des collèges, des lycées, d e l’ u ni v e r si té. S ’ ag is s a n t justement de l’université, les collectivités locales doivent initier un grand plan d’urgence pour m od er n i s e r l ’ e ns em b l e d e l’équipement universitaire. Le cursus universitaire est à revisiter pour l’adapter à ses nouveaux défis qui consistent à accueillir un grand nombre d’étudiants. Les locaux, les moyens matériels, les logements…: toute cette structure est aujourd’hui en rupture.

communication sont asphyxiées. Le commerce indépendant des centres villes est de plus en plus précarisé. La globalisation de la taxe professionnelle semble atténuer certaines motivations. Il importe de définir les pôles économiques dans une géographie plus large que les seuls pôles de compétitivité sur Minatec ou le Bas Grésivaudan. 7) Relancer les grands travaux publics qui concourent à désenclaver Grenoble. 8) Redéfinir les missions de service public pour éviter toute forme de parac o m m e r ci a l i s m e et de concurrence déloyale où le risque est mutualisé et le profit personnalisé...

6) Il faut redéfinir le rapport 9) Travailler pour la entre les pôles d e reconnaissance nationale développement économique urgente d’un dispositif proche et leur occupation de l’espace. du Small Business Act et mettre en œuvre rapidement L’agglomération grenobloise vit ce dispositif pour les mal son territoire. Ses voies de commandes publiques locales.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 18 octobre 2006 / n° 09 Toute l’information sur :

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Mercredi 18 octobre 2006, Alain Carignon était l’invité des élèves de l’Ecole de Management de Grenoble pour parler de son livre « 2011 Demain nous appartient ». C’est devant un amphi plein à craquer qu’Alain Carignon a répondu à toutes les questions posées. L’association des étudiants a été contrainte de refuser du monde après avoir

cartons verts marquant la volonté des élèves de voir Alain Carignon revenir dans la vie politique. Quelques heures auparavant, le Président de l’UMP 38 avait rencontré des représentants de PME auxquels il a exposé les pr ior ités qu’il en tendai t défendre au cours des prochaines semaines en matière d’économie. Nous vous livrons des extraits de son intervention. «…

Je souhaite revenir sur les raisons de ma candidature. Ce n’est pas une recherche de notabilité. Ce n’est pas une quête de revanche.

accepté plus de 550 personnes dans l’amphi. A l’entrée, des cartons de couleurs rouge et verte avaient été remis aux participants appelés à voter sur le thème du retour d’Alain Carignon en politique. A cette question, ce fut un vrai raz de marée de

C’est l’utilité des vraies réformes, celles qui permettent d’ abattre les murs de confusion et d’hypocrisie. Notre vie publique c’est aujourd’hui le théâtre des résignés, des absents et des volontaires. Les résignés sont ceux qui ne croient plus en rien. Chaque fois qu’un nouvel échec apparaît, c’est la dernière


preuve qui les conforte dans leur abandon de toute croyance dans l’évolution. Les absents, c’est la grande majorité de notre opinion publique. Elle ne se réveille que sporadiquement pour se rendormir aussitôt. Les volontaires, c’est une petite minorité qui pense encore possible l’impensable. La plus juste définition de ce trait de tempérament qu’est la volonté, c’est Churchill qui l’a donnée : « le pessimiste voit dans chaque opportunité une difficulté. Le volontaire voit dans chaque difficulté une opportunité ». Il n’y aura de vrais changements que quand les enfants auront réveillé les dormeurs qui à leur tour feront renaître les défunts. Voilà le nouvel état d’esprit indispensable. C’est cet état d’esprit là que je souhaite vous communiquer. Je ne souhaite pas vous convaincre. Je souhaite seulement vous amener vers cet état d’esprit là. Cet état d’esprit, il ne dépend que de nous qu’il anime notre agglomération.

Vous avez actuellement une campagne de communication conduite par la Ville d’Amiens qui résume mon ambition. De quoi est-il question ? « Amiens vit ses rêves et le pôle Jules Verne inquiète la Silicon Valley ». Cette formule l’essentiel.

résume

La vie publique doit être le moyen de faire entrer les rêves dans la réalité. Il doit toujours y avoir place pour l’espoir car il n’y a pas d’avenir sans espoir. Combien d’entre vous demeureraient motivés si on vous disait : demain ne peut être que pire qu’aujourd’hui ? C’est pourtant très souvent la


rengaine du moment. La dette, la mondialisation, l’univers trop complexe et opaque des pouvoirs … : rien ne manque au tableau du découragement collectif. Second volet, le local doit être capable de relever tous les défis. En matière économique, quatre chantiers me parais s e nt mé ri te r une attention particulière. 1) Les collectivités locales doivent clarifier le fonctionnement de l’économie mixte locale. Sur le plan national, il n’y a plus personne pour défendre l’efficacité d’un secteur dit d’économie mixte. Chacun s’est fait à l’idée qu’il devait y avoir un vrai partage des genres et que la mixité était d’abord la confusion, non pas l’ajout des qualités respectives. Qu’est ce qui peut justifier un réseau local d’économie mixte ? La proximité n’étend-elle pas les dangers ? Pourquoi l’argent public aurait-il vocation à aider tel segment de marché plus que tel autre ? Comment

le

retour

sur

l’investissement public sera-til géré ? Ce sont des importantes.

questions

Parce que l’économie mixte met en jeu de l’argent public, je propose la création d’une agence locale globale avec une stricte répartition des fonctions. Un adjoint à l’Economie ne peut présenter en Conseil Municipal les actions qu’il exécute ensuite à la tête d’une société d’économie mixte. Je propose également la mobilisation des nouvelles technologies pour clarifier la traçabilité de l’utilisation de l’argent public. 2) Je propose d’engager la réflexion sur la relance de grandes bourses régionales permettant de diversifier les origines de capitalisation. Par le profil de certaines sociétés, le secteur bancaire classique est peu adapté. Il est be aucou p q uestion des business angels. Mais qu’est ce qui est fait pour que Grenoble soit une réelle plateforme pour des investisseurs privés dans une vraie logique de capitaux risqueurs ?


3) Je propose d’introduire la notion de retour sur impôts pour des investissements publics majeurs. Dans les années 80, la Ville de Grenoble sous mon impulsion a été l’une des premières à pratiquer le BBZ (budget base zéro). Il était question de redéfinir les missions d’un service. Le retour sur impôt serait pour le contribuable l’équivalent du retour sur investissement pour l’actionnaire. Si vous êtes actionnaire et que vous prenez une participation dans une entreprise, vous vous fixerez une durée pour rentabiliser votre investissement. Il doit en être de même pour les contribuables. Une collectivité doit pouvoir leur dire de façon claire et détaillée avec tel effort financier, votre retour pratique sera le suivant au quotidien. 4) Enfin, je suis un fervent partisan du small business act. Nous devons officialiser un pourcentage de la commande publique confié à des PME. Je me suis engagé à Paris avec des chefs d’entreprise afin de modifier la réglementation européenne et de nous

permettre ce que les Américains réalisent. Nous avançons et Thierry Breton joue un rôle très positif. C’est la meilleure façon de faire croître les petites structures. C’est particulièrement nécessaire en France où nous sommes si pauvres en PME. Voilà 4 chantiers majeurs en matière d’économie. ... » A l’un des entrepreneurs présents l’interrogeant sur sa situation personnelle, Alain Carignon a précisé : « ... Après ce que nous avons traversé, mon épouse a souhaité mettre de la distance entre Grenoble et elle, ce que je respecte. Elle a quitté Saint Romans où nous vivions et s’est installée dans la campagne Marocaine près de Marrakech et m’a donc créé une attache affective nouvelle. En même temps, cela m’a contraint à me questionner sur d’autres modes de vie, d’autres cultures, d’autres religions. Je me partage donc au moment des congés, ce qui me permet d’apprendre.


Je vis le plus souvent ici à Grenoble dans la géographie que j’aime et qui est celle de mes ancêtres et ma famille, celle où je suis né et celle où je reposerai.

Quant à la vie privée, je refuse toute évolution « people ». J’enregistre les questions me concernant. Je ne doute pas que des questions identiques vont être posées à chacun des autres participants. Je les Et du fait de mon activité invite à répondre avec la même professionnelle de conseil et de transparence. rapprochement entre PME, j’ai eu aussi à découvrir nombre Il est naturel que les citoyens de continents, de cultures, de disposent de tous les éléments religions. J’ai toujours eu en pour mieux connaître celles et moi le respect des différences. ceux qui aspirent à les Plus le temps a passé, plus ce représenter... ». respect est devenu intense.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 18 octobre 2006 / n° 10 Toute l’information sur :

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Car cette guerre a pour enjeu le devenir de notre planète.

Le 18/10/2006 Le poids des chiffres et le choc des images : cette formule s’applique particulièrement bien au documentaire d’Al Gore consacré à la crise climatique. Quel est l’enseignement majeur de ce documentaire ? Nous avons une guerre douce mais implacable à conduire contre nos gaspillages qui dénotent une quasi volonté

Nous sommes une planète qui a voulu ignorer trop longtemps ses agissements. Au cours des dernières décennies, l’indifférence a trop souvent régné. Tout se passe comme si les richesses naturelles étaient sans limite. C’est le chacun pour soi qui règne. C’est donc la crise pour tous. Cette situation est d’autant plus inadmissible que la pollution est une maladie volontaire. Il n’est plus possible d’accepter une quelconque complicité. La crise écologique doit s’installer dans l’esprit de tous. Le réflexe écologique doit se développer maintenant dans la pratique de chacun. Car tout au long des dernières années, notre planète a d’abord été malade de l’homme.

d’autodestruction l’humanité.

de

Cette guerre a une spécificité historique. On en sortira tous vainqueurs ou tous vaincus.

C’est une « guerre douce » qui nous attend mais c’est un défi considérable. C’est à ce titre que j’entends participer très activement à la définition de nouvelles priorités pour l’environnement.


Nous devons travailler dans trois directions. Tout d’abord, l’environnement n’est pas un segment de la politique c’est la politique dans son ensemble. L’appropriation de ce domaine par des supposés spécialistes est un non sens absolu. Le feu est au rouge quant à l a g e s t i o n d e l’environnement par les Verts ! Ensuite, l’environnement ne peut reposer que sur l’efficacité d’une politique sélective chiffrée avec des objectifs précis dans le temps. Enfin, ce n’est pas parce que l’enjeu est planétaire, qu’il faut s’en remettre à l’autre. Le geste citoyen est le seul au quotidien capable d’inverser la tendance. Alain Carignon, Ancien M i n i s t r e d e l’Environnement, a écrit à Al Gore pour lui dire combien son documentaire était une réussite. Alain Carignon a conduit à Grenoble mais surtout à la Présidence du Conseil Général la première politique environnementale globale sur l’ensemble d’un massif (le Vercors) qui est aujourd’hui donnée pour

réussite dans tous les cours de gestion publique. A l’exemple de ce contrat de massif, chaque espace de notre territoire doit pouvoir compter sur un projet d’avenir pour rendre le quotidien à l’environnement. Tant de villes à l’étranger font du respect du protocole de Kyoto le repère de leur gestion. Il est temps que Grenoble, Capitale des Alpes, retrouve dans ce domaine l’altitude des ambitions, la pureté des objectifs et l’oxygène de nouvelles politiques. Henri BAILE


Atelier N°3 : Pour un environnement urbain respectueux de la qualité et du cadre de vie Recommandations l'atelier N°3

de

Rapporteur : Y. Pauleau L'objectif de l'atelier N°3 est de faire des propositions de projets à mettre en œuvre pour améliorer à la fois l'aspect et l'attrait de la ville aussi pour les résidents que pour les visiteurs. La réflexion des participants a consisté à se demander quelle ville voulons-nous ou pourrions-nous construire pour respecter la qualité et le cadre de vie ? Le débat s'est organisé autour de 3 axes principaux : 1) l'organisation de la vie urbaine à Grenoble au quotidien 2) l'élaboration de projets d'aménagement innovants 3) la méthode de préparation des projets et la prise de décision. 1) Organisation de la vie urbaine au quotidien L'aménagement

urbain

app ar tient d'abo rd aux résidents, à ceux qui habitent, travaillent, se déplacent, vivent dans cet environnement. Une ville y compris l'hyper-centre doit rester vivable pour ses habitants. Le centre historique de Grenoble est le lieu constant de débordements, voire de délits dont se plaignent les habitants et cette s i t u a t i o n p o u s s e progressivement les familles, les personnes âgées ou handicapées à aller vivre ailleurs. Pour trouver des solutions dans ce domaine, l'atelier propose : * La mise en œuvre d'une véritable concertation choisie, dans ses objectifs et dans ses méthodes, par les habitants et leurs associations plutôt que décidée selon les intérêts ou les caprices des divers acteurs municipaux. L'élu n'est pas là pour présenter un projet prêt à consommer dans lequel quelques dé tails seulement pourraient être modifiés. Le rôle de l'élu est d'orchestrer la concertation, aider la population dans sa réflexion pour définir les actions à mettre en œuvre. * La définition d'actions pour lutter contre le laisser-


aller et pour une réappropriation de l'hypercentre notamment par les habitants. * Une redynamisation commerciale du centre et d'autres secteurs urbains (boulevards, Europole). 2) Projets innovants d'aménagement urbain La possibilité de circuler est une liberté fondamentale pour les résidents et les visiteurs. On constate que dans la plupart des villes européennes, il est de plus en plus difficile de circuler du fait que l'espace utilisé naguère pour la circulation est occupé maintenant par les véhicules en stationnement. Dans de nombreuses rues de Grenoble, on circule entre 2 rangées de véhicules stationnés le long des trottoirs. Les rues se transforment progressivement en voies ferrées, en parkings et en cours d'immeubles (vitesse limitée à 30 km/h). On note le manque de végétation (végétaux à feuilles persistantes) sur l'espace public à l'exception des arbres dans quelques rues de

l'agglomération. La cuvette grenobloise est excessivement bétonnée et asphaltée. Les seules structures qui poussent nombreuses dans nos rues sont les barrières et les poteaux métalliques ou en bois de forme, dimension et couleur variées. On assiste à une hyperdensification de l'habitat et à la réduction de l'espace réservé à la circulation. Il est difficile d'accéder à proximité des immeubles pour les particuliers, les professionnels et les artisans à l'occasion de déménagement ou de réparation, par exemple. La disponibilité de garages ou parkings pour les véhicules des résidents et des visiteurs est très limitée. De nombreux habitants souhaiteraient faire l'acquisition d'une place de parking pour ranger leur véhicule plutôt que de devoir le laisser en stationnement sur l'es pace public. Il es t fastidieux de tourner en rond pendant un temps excessif pour trouver une place de stationnement le long d'un trottoir, lieu propice aux actes de vandalisme. L'atelier propose : * La construction de bâtiments de parking


accessible à la propriété pour que les habitants L'image de Grenoble pour le puissent ranger leur véhicule grand public, c'est la capitale en sécurité et ainsi libérer des Alpes, la montagne, les sports d'hiver et les Jeux de l'espace dans les rues. Olympiques de 1968 Cet espace pourrait être soit (malheureusement de moins rendu à la circulation ce qui en moins car de plus en plus faciliterait les déplacements lointains). soit utilisé pour implanter des végétaux à feuilles persistantes Le développement de cette image est non seulement absorbant le gaz carbonique. souhaitable mais pour le Ces parkings g a r d é s indispensable permettant d'accueillir les développement de la ville. v é hic u le s de s v is it eu r s pourraient être construits en utilisant de n o u v e l l e s L'image de Grenoble c'est technologies à développer dans aussi le développeme nt une ville comme Grenoble dont industriel, les technologies le potentiel technologique est avancées et l'énergie. Le considérable. symbole de l'énergie à Grenoble est fort avec d'abord * L'implantation de le charbon de la Mûre au végétaux sur l'espace public 19ème siècle, puis la houille apparaît comme u n blanche à la fin du 19ème et corollaire de l'aménagement au début du 20ème siècles, de parkings pour les ( é l e c t r o t e c h n i q u e , habitants. Elle deviendrait é l e c t r o m é t a l l u r g i e ) puis possible suite à la libération l'énergie nucléaire dans les des rues par les véhicules qui années 50 et aujourd'hui avec y stationnent. les nouvelles énergies (piles à


combustible, voitures électriques). Il conviendrait de valoriser cette image liée à l'énergie. Différentes propositions sont avancées par l'atelier dans ce domaine : * La construction de nouveaux téléphériques sur différents points élevés (Moucherotte, Belledonne) susceptibles d'attirer les touristes et développer les activités commerciales. * L'organisation d'une exposition sur l'ENERGIE, du type de l'exposition de la houille blanche qui a eu lieu à Grenoble vers 1925. Grenoble renforcerait son image de ville "pleine d'énergies de toutes sortes" et cet évènement serait l'occasion de faire connaître le potentiel industriel, technologique et touristique de la ville. * Le développement d'un parc de véhicules "captifs" à traction électrique susceptibles d'être utilisés

comme taxis avec des coûts de transport nettement inférieurs à ceux pratiqués aujourd'hui par les taxis conventionnels à moteurs à explosion. Le développement de ce type de véhicules devrait intéresser de nombreuse villes européennes qui, comme Grenoble, possèdent des voies de circulation exiguës. * L'amélioration de la décoration et la mise en valeur par une illumination plus judicieuse des bâtiments et édifices publics en f a is a n t apparaître certains aspects historiques de la ville. En bref, l'énorme potentiel de Grenoble lié à son environnement (montagne), à son industrie (énergie et technologies avancées) et à son expertise scientifique (innovations technologiques) pourrait être davantage exploité et mis en valeur pour assurer le rayonnement économique et touristique de la ville, pour "donner de l'avance" à Grenoble et à ses


habitants. 3) Méthode de préparation des projets et de prise de décision Les habitants se plaignent du manque de projets rationnels et d'une consultation insuffisante. Il est nécessaire de changer de méthode. Aucun projet harmonieux et de qualité ne peut s'entreprendre contre le souhait des habitants. Il est important de faire porter notre réflexion sur de grands principes d'organisation et de gestion urbaine, sur des propositions de travail avec la population, sur les défis qu'aura à relever la ville de nos enfants et petits-enfants. L'atelier propose : * l'organisation de débats avec des experts chargés de la préparation de projets par une approche rationnelle

* L'organisation référendums

de

* La mise en place de nouveaux modes de consultation pour tenir compte de l'avis des habitants invités à participer à des groupes de travail. En conclusion, ces mesures s’inspirent surtout d’une logique nouvelle. Nous devons substituer l’harmonie à l’exclusion. Nous devons substituer l’équilibre aux actuels diktats dogmatiques. Surtout, nous devons regarder l’avenir en face avec le souci de vivre mieux sur un territoire mieux respecté et refuser de nous réfugier dans un passéisme indigne d’une Capitale moderne qui doit s’ouvrir à l’avenir et non pas se refermer sur des politiques archaîques paralysantes.


conduite doit reconnaître cette diversité. Le 15/10/2006

L’environnement est malade des hypocrisies de l’homme. Aujourd’hui, nous sommes surtout en présence d’acteurs de pollution diffuse. La question n’est donc plus de désigner les fautifs, déculpabilisant chacun, mais de bien mobiliser chacun pour la qualité de l’environnement de tous.

De 1986 à 1988, comme Ministre de l’Environnement et président du Conseil général, j’ai contribué à mettre en place, pour la 1ère fois sur le plan national, un contrat reconnaissant « la personnalité géographique » : c’est le contrat de massif du Vercors. Le massif calcaire du Vercors est situé à 20 kilomètres de Grenoble. Le Parc Naturel Régional du Vercors a été créé en 1970. Il regroupe quelques 62 communes réparties par m o i t ié entre les de ux départements de l’Isère et de la Drôme. Les conditions karstiques sur l’ensemble du massif imposent une approche globale des problèmes de qualité de l’eau, difficile à régler tant pour l’alimentation en eau potable que pour l’assainissement.

L’Europe est l’autorité la mieux désignée pour fixer des normes inter-étatiques de nature à rompre avec les actuelles habitudes. Il faut rompre avec le parti pris du « tous pareils ». La nature est inégale. La politique

Les 62 communes de ce Parc ont engagé un programme ambitieux de gestion et de valorisation de l’eau à l’échelle de l’ensemble du massif du Vercors. L’originalité de cette procédure était triple.


Tout d’abord, il s’agissait d’un contrat appliqué à l’ensemble cohérent d’une zone géographique. Ensuite, cette procédure s’appliquait à l’ensemble des facettes de la gestion de l’eau. De l’assainissement au développement économique en passant par la valorisation patrimoniale des rivières : tous les secteurs potentiels d’actions sont visés. Enfin, troisième originalité, les actions étaient hiérarchisées en fonction de la sensibilité des territoires à la pollution, de la richesse et/ou de la fragilité de chacun des milieux récepteurs. Ce contrat de massif a été élaboré de 1981 à 1988. A l’issue de ces nombreuses années de réflexion, cette procédure coordonnée et globalisée a fait l’objet d’un accord avec l’ensemble des partenaires : Etat, Région, Départements, Communes et Agence de l’Eau. Ce contrat de massif a constitué la première démarche sur le plan national ayant, à ce point, le souci d ’une approche sélective, cohérente, hiérarchisée.

La valorisation de notre environnement suppose une action globale, volontaire, reposant sur une programmation claire connue de tous. Dans l’agglomération Grenobloise, partout, la nature doit être chez elle. Je tiens à féliciter H. Baile et les auteurs de ce cahier pour leur détermination à atteindre cet objectif. C’est un collectif.

immense

défi

Alain Carignon Ancien Ministre de l’Environnement


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 08 novembre 2006 / n° 11 Toute l’information sur :

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Le 08/11/2006 Une politique culturelle tisse avec la cité des liens riches, ambivalents, des liens forts,

L’avenir s’accommode mal de certitudes et de recettes dans ce domaine. Une politique culturelle démêle cet écheveau de fils, à la fois denses et fragiles. Elle engage des paris sur un temps toujours anticipé. A Grenoble, comme ailleurs, l’équilibre est difficile à trouver entre des priorités, des valeurs acquises et des risques à venir, mais ce n’est qu’ensemble que nous pourrons trouver cet équilibre, dans un véritable dialogue et une véritable rencontre dépouillés de tout artifice.

ancrés dans un patrimoine qui nous est commun ou qui tend à le devenir. Donner à une ville ses racines, c’est préserver, valoriser, réactiver l’héritage afin de restituer une mémoire et ouvrir de nouvelles portes « au possible ». Ce jeu de relations suppose d’en accepter la fragilité.

L’acte de création est un acte social. Les artistes doivent être des partenaires permanents de tous les acteurs de la Cité. C’est cette chaîne de reconnaissance de la culture que nous devons construire avec patience, tolérance et détermination. Nous devons également aider nos artistes à être des ambassadeurs de la Capitale du Dauphiné bien au-delà des portes de Grenoble. Telles sont nos priorités. Henri BAILE


Le 07/11/06

Primé au Festival de Cannes, sur nos écrans le 27 septembre 2006, le film INDIGENES de Rachid BOUCHARED avec Djamel DEBBOUZE nous rappelle combien une amnésie collective ôte peu à peu à la Nation, c’est-à-dire au peuple, donc à nous-mêmes, particulièrement aux jeunes générations, nos racines, nos épopées et nos légendes qui sont le ferment de l’action et conditionnent nos comportements. Sur un même registre, pour mettre en valeur les cultures non occidentales, l’architecte Jean NOUVEL a inventé une boîte magique ouverte au public le 23 juin 2006. Le musée du Quai Branly s’affiche comme un outil de communication entre les cultures et les peuples. Au regard de cette institution comme au regard de tout ce qui a été fait en Isère et à Grenoble, comment ne pas se souvenir d’André MALRAUX qui dans « les Voix du Silence » écrivait « à la petite plume de KLEE, au bleu des

raisins de BRAQUE, répond du fond des empires, le chuchotement des statues qui chantaient au lever du soleil » ? Et, si l’art est « la part victorieuse du seul animal qui sache qu’il doit mourir », comment ne pas la partager avec le plus grand nombre ? A titre personnel, j’aime la culture pour son refus à être embrigadée dans des systèmes. Cet état d’esprit d’impertinence, de contest atio n cont re les logiques de systèmes est plus nécessaire que jamais pour chacun. Alain CARIGNON


CAHIER DU FORUM N°9 POUR UN VRAI PARTAGE DE LA CONNAISSANCE 18 PROPOSITIONS 1. Humaniser les rapports entre la ville, les créateurs et les acteurs de la vie culturelle à travers un triptyque : proximité, humilité, écoute. 2. Etre attentif à l’éducation artistique dès le plus jeune âge. Elle est facteur de cohésion sociale car, à travers la reconnaissance de la personnalité de chacun, c’est un facteur d’intégration et de citoyenneté qui est favorisé. C’est pourquoi, c’est un véritable forum permanent qui doit être mis en œuvre en y associant les créateurs. Il est indispensable que les institutions et les acteurs de la vie culturelle travaillent en réseau à l’élaboration d’un plan local d’éducation artistique en direction des publics scolarisés, seniors, et milieux d’entreprises. Il impose de définir les rôles et les responsabilités de tous les acteurs afin de sceller un partenariat et œuvrer à la rencontre des œuvres et des publics dans une véritable approche éducative et de sensibilisation à l’art et au dialogue. La ville doit avoir un rôle moteur pour les réunir et les écouter afin que leurs actions soient complémentaires. 3. Les relations entre la ville et les collectivités territoriales doivent être pacifiées. Il ne suffit pas de proclamer que le territoire est le lieu de la politique culturelle, encore faut-il s’employer de façon constructive à la concertation des financeurs et décideurs, Conseil Général, Metro, Conseil Régional. 4. Les conditions de travail des créateurs imposent d’être normalisées et pérennisées. Le partage des lieux de création ne doit pas déboucher sur des errances ou du nomadisme. Il y a lieu de développer les résidences et ancrer des artistes dans les quartiers, particulièrement


les compagnies de théâtre afin qu’elles puissent rayonner en proximité et participer à l’éducation et à l’identité. 5. Le travail de formation accompli par les Ecoles et Conservatoires de Grenoble nécessite d’être valorisé. Etudiants et enseignants doivent pouvoir se faire connaître, présenter leurs travaux, chorégraphies, récitals et concerts hors les murs de leurs institutions. Pour être ponctuelles, ces manifestations doivent être organisées de manière à susciter le désir des Grenoblois. Toutes les formes d’art peuvent être conçues et présentées comme un élément naturel du cadre de vie et renforcer le métissage des pratiques artistiques entre amateurs et professionnels. 6. La gestion culturelle – dans le cadre légal – doit s’orienter vers plus de pragmatisme et de réalisme. Il est vain d’ignorer la dimension économique de la culture. Spectacles, expositions, concerts (…) doivent être vendus. Pour cela, il faut se doter des moyens nécessaires pour toucher un marché et apporter, outre du prestige à la Ville, une plus-value à l’économie locale tout en favorisant la présence de compagnies à Avignon ou les autres lieux de festivals. 7. Dans une agglomération comme celle de Grenoble, il est possible de développer le mécénat d’entreprise par le biais de la sensibilisation et accompagnement des chefs d’entreprises à la rencontre des créateurs dans un esprit citoyen et identitaire de notre territoire. 8. Mettre en place un « espace indépendant et transparent » sous l’autorité du politique pour l’attribution des aides et subventions publiques, animé par des personnalités du monde de l’art, des artistes, des professionnels de la culture, des représentants du public afin de s’affranchir du « fait du prince » ou des coteries… 9. Gratuité des musées municipaux et instauration de journées découvertes gratuites pour des visites commentées d’un musée ou d’un parcours patrimonial et une véritable rencontre avec les œuvres.


10. Elaboration d’un large portail internet « Grenoble Culture » pour la diffusion d’informations, d’extraits de conférences, de concerts locaux en « podcasting ». 11. Développement du chèque culture. 12. Numérisation et mise en ligne des archives afin de faire partager au plus grand nombre les plus beaux specimens de la mémoire de notre ville et éveiller le désir. 13. Refondation de la Maison du Tourisme, installée dans un lieu symbolique, chargée de faire connaître les activités et sites culturels par des offres commerciales abouties (par exemple : ensemble transport + hébergement + visites) : un véritable outil de promotion dynamique pour toutes les formes de culture. Ainsi, la richesse patrimoniale de Grenoble doit être mise en valeur. Il est question là du patrimoine bâti, du patrimoine littéraire, du patrimoine artistique. Songeons entre autres à la déshérence de la place de Verdun, au sort réservé au Musée Stendhal, au quasi abandon d’une politique de l’art dans la ville… Là encore l’imagination doit primer, tout comme l’étude. Ainsi, il est souhaitable que les associations, musées, universités puissent disposer des moyens et des structures nécessaires pour promouvoir la Ville au travers de la recherche, sans omettre de développer les relations avec les grandes institutions nationales et internationales. 14. Favoriser les relations internationales avec les grandes institutions (Villa Médicis…) en partenariat avec les Ecoles et Universités. 15. Mise en évidence de parcours patrimoniaux avec une signalétique adaptée (habitat ancien et contemporain, ensembles religieux, parcours thématiques) et développer une politique de l’art dans la ville. 16. Soutenir les grandes institutions : MC2, Musées, Muséum, Ecole Nationale des Beaux-Arts, Conservatoire, C.N.A.C et ne pas craindre de travailler au décloisonnement des publics en favorisant le dialogue entre les institutions


culturelles privées et publiques… entre une galerie d’art et un musée des Beaux Arts, une librairie et une bibliothèque, si l’objectif n’est pas tout à fait le même, l’objet est commun… Il est souhaitable de s’engager dans une voie plurielle et croisée afin de promouvoir formation et sensibilisation des publics, information et diffusion, aide à la création. 17. Henri BEYLE dit Stendhal ne peut être oublié. Il participe de l’identité de la mémoire et du rayonnement de Grenoble. Ce patrimoine doit réintégrer ses lieux naturels que sont l’appartement GAGNON et sa « vue sur la Grenette », l’appartement natal, rue Jean-Jacques ROUSSEAU, et devenir une véritable « maison d’écrivain ». 18. Il est proposé de créer un Contrat Municipal Etudiant pour permettre à un plus grand nombre de bacheliers grenoblois de poursuivre leurs études, sans que les conditions financières ne soient un obstacle à la réalisation de leur projet universitaire. Ainsi, sans se substituer à l’Etat, le Contrat Municipal Etudiant constituerait un complément de ressources destinées aux étudiants de familles modestes grenobloises, adapté en fonction de situations appréciées. Les modalités d’attribution de cette aide pourraient être les suivantes : Les Besoins de l’Etudiant Le CME repose sur une approche globale des besoins de l’étudiant dans tous les domaines (frais d’études, logement, restauration, transport, santé, culture). Le montant alloué est susceptible de varier sont le lieu d’étude. Les besoins sont estimés, pour une année universitaires, à environ : x € : études effectuées à Grenoble x € : études effectuées en Rhône-Alpes. Les Critères d’attribution − Résider à Grenoble depuis au moins 3 ans, − Etre âgé de moins de 26 ans au 1er octobre de l’année en cours


− Etre inscrit en 1ère ou 2ème année dans une formation post-bac à temps plein non rémunérée : o Sur Grenoble pour les filières existantes, sauf si l’étudiant justifie que son inscription n’a pas été acceptée (ex : échec au concours d’entrée…) o A l’extérieur de Grenoble pour les formations non dispensées sur la Ville − Posséder le baccalauréat ou un diplôme en équivalence pour la 1ère année − Attester de la réussite scolaire (passage en année supérieure) pour les étudiants en cours de cursus − Le quotient familial (QF) calculé en fonction des ressources familiales est inférieur à x € Versement du CME : Le CME est versé par tiers, le premier au mois de novembre, le second fin février sur justification d’assiduité, le dernier fin mai. Contrat Ville – Etudiant : L’attribution du CME s’accompagne de la signature d’un contrat entre la Ville représentée par son Maire et l’étudiant. Dans ce contrat sont actés les engagements mutuels, en particulier l’engagement de l’étudiant d’assurer l’accompagnement durant l’année scolaire d’un ou des enfants grenoblois sur la Ville (soutien scolaire, tutorat, aide à l’animation périscolaire, culturelle, sportive…) selon les contraintes de son emploi du temps universitaire. Un comité de suivi composé d’élus membres de la commission d’attribution, de représentants d’établissements scolaires, de représentants de services ou d’associations à vocation éducative et culturelle, sera chargé de vérifier l’assiduité de l’étudiant et le respect des engagements prévus au contrat. Il pourra proposer des corrections concernant les modalités d’attribution. Afin de le réajuster en permanence, avec l’apport éventuel d’expertise extérieure, ce dispositif sera régulièrement évalué et notamment dès la fin de la première année de mise en œuvre.


Les Cahiers du forum citoyen pour l’alternance 10 novembre 2006 / n° 12 Toute l’information sur :

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Le 10/11/06 Mon action publique est animée par deux seules considérations : • rendre la ville à ses habitants, • concilier les droits à la différence. Ces deux objectifs résument toute ma démarche publique. Rendre la ville à ses habitants c’est concevoir un espace qui soit accueillant certes en premier pour les êtres humains mais aussi pour la nature qui doit rester chez elle en ville, pour les animaux domestiques qui sont des

seuls … Cette réappropriation de l’espace urbain doit intervenir dans le respect du droit à la différence. Là aussi, cela concerne d’abord les êtres humains avec leurs goûts différents, leurs modes de vie distincts. L’acceptation de cette diversité se retrouve notamment dans les voies de circulation qui doivent être ouvertes, dans la fluidité, à tous les types de déplacements sans exclusive. Cette tolérance vis-à-vis d’autrui doit être réintroduite dans une organisation actuelle trop dogmatique, trop restrictive, trop exclusive. Mais surtout, se déplacer, c’est vivre. C’est aller à son travail, rencontrer des amis, se rendre au gymnase, au théâtre. Bloquer cette mobilité, c’est créer une terrible barrière face aux échanges et à la liberté. Rendre cette liberté du m o u v e m e n t d a n s l’agglomération doit être une priorité absolue. C’est un symbole de vie.

compagnons irremplaçables pour tant d’individus notamment ceux qui sont

Alain CARIGNON


Le 09/11/06

Jean Claude Peyrin et Alain Bonnet ont animé la commission « déplacements » dans des conditions exemplaires que je tiens à saluer. C’est un sujet difficile demande beaucoup réalisme et de réflexion.

qui de

Du réalisme, car les contraintes sont nombreuses.

une inconnue permanente sur la durée.

De la réflexion, car les attentes de modifications sont aussi nombreuses.

Cette situation n’est plus tolérée par les habitants de l’agglomération.

Aujourd’hui, chaque matin et chaque soir nous conduisent à un même constat : Grenoble est une ville bloquée.

L’atelier animé par JC Peyrin et A. Bonnet a remis des recommandations sur lesquelles le dialogue va s’établir avant l’adoption définitive de nos recommandations. Je vous encourage à nous communiquer vos remarques, vos propositions.

Toutes les villes modernes font de la fluidité des déplacements le symbole de leur dynamisme. Une ville où il fait bon bouger est une ville où il fait bon vivre. Aujourd’hui, Grenoble est à l’opposé de cette situation. Chaque déplacement est une contrainte considérable avec

S’il est un sujet qui concerne votre vie de tous les jours, c’est bien celui-là. Henri BAILE


Le 10/11/06

Parce qu’à nos yeux, le pouvoir doit reposer sur deux piliers majeurs (la réalité des faits et le réalisme des propositions), nous avons consacré tous nos efforts à la création d’un vrai dialogue dans cet atelier sur les déplacements dans l’agglomération. La réalité des faits, c’est constater une collectivité asphyxiée. Le coût de cette réalité est considérable en termes de nuisances quotidiennes mais aussi d’image de marque à

l’extérieur même de Grenoble. Le réalisme des propositions, c’est intégrer les contraintes en ouvrant des perspectives d’améliorations rapides et sérieuses. Nous avons souhaité que notre atelier respecte le nom de baptême du Forum qui est « l’alternance ». Les propositions de notre atelier sont une alternative concrète face aux blocages connus sur ce sujet depuis plus de 10 ans déjà.

Jean Claude Peyrin Alain Bonnet


Pour l'aboutissement d'un schéma réaliste et opérationnel des voies de communication dans l'agglomération Les déplacements dans l'agglomération grenobloise. Les constats. Les plaintes des habitants de l'agglomération sont nombreuses et récurrentes. On ne peut plus circuler ! les bouchons sont de plus en plus nombreux ! On ne peut plus rentrer dans Grenoble ! Tous les matins, je mets 45 minutes pour passer la Bastille ! … Cela pourrait être une litanie sans fondements. En réalité, les données chiffrées confirment les impressions des usagers : les déplacements et la circulation dans l'agglomération grenobloise augmentent régulièrement, ce qui est à l'origine de difficultés de circulation croissantes. Ce chapitre reprend les données de l'enquête dite "ménages déplacements" effectuée en 2002. Réalisée auprès des ménages sur leurs pratiques de déplacements en 2002, cette enquête a porté sur un secteur périurbain, correspondant au bassin de l’aire urbaine grenobloise, soit 254 communes et 700 000 habitants. Les données et de larges extraits du projet de PDU 2006-20121 du SMTC2 sont repris dans ce chapitre.

Quelques données socioéconomiques pour placer le décor •

La population périurbaine s’accroît quatre fois plus vite (+ 13% en 10 ans) que la population de l’agglomération urbaine (+ 2%). • La motorisation continue à augmenter. La motorisation individuelle a augmenté de 10 %, en passant de 44 à 48 voitures possédées pour 100 habitants. Et la motorisation d’un habitant des communes périphériques augmente deux fois plus vite que celle d’un habitant de Grenoble. Ainsi, entre 1992 et 2002, l’évolution a été de 42 à 43 voitures pour 100 habitants à Grenoble, alors qu’elle a été de 46 à 51 dans les autres communes de l’agglomération. La motorisation des habitants de l’agglomération reste toutefois inférieure à celle des habitants du périurbain, à l’extérieur de l’agglomération, qui ont 57 voitures pour 100 habitants. Ces deux éléments laissent d'emblée présager un accroissement durable de la circulation automobile, et notamment pour le trafic d'échange et de transit.

Les parts modales 1985

1

2002

1992 Agglo

Hors agglo

Transport public

11 %

14 %

14 %

5%

Deux-roues

5%

5%

3%

2%

Marche à pied

36 %

27 %

30 %

17 %

Voiture

48 %

54 %

53 %

76 %

Le projet de PDU 2006-2012 s'appuie sur l'enquête ménages déplacements 2002. Dans ce PDU, les résultats de cette enquête donnent malheureusement lieu à une interprétation tendancieuse, qui consiste, notamment, à minorer l'importance des déplacements de transit et d'échange, afin d'accréditer la démonstration que la Rocade Nord ne présente pas de caractère d'urgence, voire n'est pas nécessaire. 2 SMTC : Syndicat Mixte des Transports en Commun


Plus de 50% des déplacements sont effectués en voiture. La part modale des déplacements en voiture particulière est importante, notamment hors agglomération. En fait, plus l'habitat est dense (ville centre) et plus la part modale dédiée à la voiture diminue, au profit de la marche à pied et des transports en commun. Ce constat laisse entrevoir que des solutions différentes seront à proposer en fonction de la densité de l'habitat. Ne pas prendre en compte cette évidence, pourrait conduire à adopter des solutions qui ne seraient pas adaptées. Ces chiffres démontrent que depuis 1992 la part des déplacements en Transports en communs (14%) n'a pas varié dans l'agglomération grenobloise. Alors qu'elle avait progressé de +3% entre 1985 et 1992, quand le élus RPR/UDF géraient la ville et l'agglomération. Ces résultats témoignent qu'au delà des mots la coalition PS/PC/Verts n'a obtenu aucun résultat significatif. Pire la part des déplacements en deux roues à beaucoup régressé (passant de 5 à 3% des déplacements).Si une politique se juge à son bilan celui ci est clairement négatif en la matière. Il témoigne également que les mesures coercitives et les incantations ne sont pas une politique. Les futures majorités devront prendre l'exact contre pied de ces méthodes, si elles veulent que notre agglomération reprenne sa marche en avant dans ce secteur aussi.

Les grands catégories de trafic concernant l'agglomération grenobloise En 2002, on peut estimer à 1 940 000 le nombre de déplacements quotidiens tous modes confondus concernant l’agglomération grenobloise, soit une augmentation de 25 % en 10 ans, avec une augmentation relativement homogène et une distribution stable entre : • le trafic de transit, d’environ 30 000 déplacements quotidiens, traversant l’agglomération sans s’y arrêter, qui représente 2% de l’ensemble des déplacements de l’agglomération, mais 10% en terme de kilomètres parcourus • le trafic d’échanges, avec 342 000 déplacements quotidiens, soit 18 % des déplacements totaux, mais 24% en terme de kilomètres parcourus • le trafic interne à l’agglomération, qui est le plus important (80 % de l’ensemble) avec 1 568 000 déplacements à l’intérieur de l’agglomération, mais 66% en terme de kilomètres parcourus Trafic total en 2002 : 3.611.000 véhicules x kilomètres par jour

Trafic de transit : 10%

agglomération Trafic d'échanges : 24%

Trafic interne : 66%

Cette structure du trafic montre que les flux de l’agglomération grenobloise relèvent pour les 2/3 d’une problématique interne mais qu’il est également essentiel de prendre en


considération les déplacements de transit, et surtout d’échanges, notamment avec la région urbaine, en raison de leur progression continue et de leur impact sur la ville. La circulation automobile globale représente 1 150 000 déplacements quotidiens et 3 600 000 véhicules-kilomètres parcourus par jour sur le territoire de l’agglomération. L’accroissement de cette activité est de 14 % depuis 1992. Cet accroissement est le résultat d’une augmentation de 21% du nombre de déplacements en voiture et d’une baisse d’environ 5 % de la longueur des déplacements effectués en voiture. A l’intérieur de l’agglomération, le trafic poids lourds ne représente qu’environ 2% du trafic total et est essentiellement lié à l’activité économique locale. Cette part relativement faible des poids lourds sur l’ensemble du trafic routier de l’agglomération montre que Grenoble n’est pas située sur un axe majeur national ou international de transit poids lourds. Ce dernier constat est satisfaisant en terme de qualité environnementale ; il est accablant en terme économique : l'agglomération grenobloise est à l'écart des grands axes économiques de la Région Rhône-Alpes et de la France.

Le trafic de transit Composé presque exclusivement de flux automobiles, le transit s’écoule sur les grandes voies autoroutières qui suivent le fond des vallées. Les déplacements en train sur les axes Valence Chambéry et Lyon - Veynes sont négligeables. Réalisé à quasiment 100 % en voiture, ce transit à travers l’agglomération est constitué : • à 40 % par le « grand transit » qui traverse toute la région grenobloise, • à 30 % par le « petit transit » interne à la région grenobloise • • et à 30 % par des échanges entre l’extérieur de la région urbaine et des secteurs internes à la région urbaine et transitant par l’agglomération, comme par exemple Lyon ↔ Grésivaudan. S’il ne représente qu’une part minime des flux moyens journaliers, l’effet du trafic de transit est cumulatif : du fait de la longueur de toute la traversée de la METRO le transit automobile génère en fait à lui seul 10 % de la circulation automobile quotidienne de l’agglomération (soit 350 000 véhicules-kilomètres par jour). Et il ne faut pas sous-estimer les pointes saisonnières, par exemple lors des grands départs de vacances, pour lesquelles ce trafic peut dépasser le trafic moyen des jours ouvrables du fait de sa concentration sur certains jours et sur certaines autoroutes.

Le trafic d'échanges Les 300 000 déplacements d’échanges en voiture génèrent 880 000 véhicules kilomètres par jour, soit 24 % de la circulation automobile de l’agglomération. L’augmentation de 25 % en 10 ans est nettement supérieure à ce qui avait été envisagé (au plus 15 % dans le schéma directeur). Cette augmentation est directement liée à l'étalement urbain et à l'accroissement de la périurbanisation. La poursuite de l’étalement urbain de l’habitat et le maintien de la concentration des emplois dans l’agglomération tendent à maintenir une demande de déplacements d’échanges déjà forte, comme en témoignent les bouchons quotidiens à l’entrée de l’agglomération à l’heure de pointe du matin et, de façon plus étalée, aux sorties le soir. Or, l’objectif de doubler la part des transports en commun a été atteint. Si 90% des échanges sont réalisés en voiture, 10% sont ainsi réalisés en transports en commun (doublement en 10 ans), avec des variations sensibles d’un secteur à l’autre : 5% pour le sud, 8 % pour le Grésivaudan et 12% pour le Voironnais (fort développement de l’offre ferroviaire et adaptation du réseau Transisère). Ainsi, le transfert modal s'est avéré insuffisant pour permettre une amélioration de la situation en terme de circulation automobile. La grande majorité des échanges avec l’agglomération grenobloise est constitué d'échanges avec le reste de la région urbaine (le périurbain), à hauteur de 80 %. Les échanges avec des territoires plus lointains ne représentent que 20%. Les échanges les plus nombreux se font avec l’est de l’agglomération (Grésivaudan : 40%), et à un degré moindre avec le nord-ouest (Voironnais/Bièvre : 25%), et le Sud (20%).


Ce sont les habitants du périurbain qui réalisent la plupart de ces déplacements (70 %). Un quart est réalisé par les habitants de l’agglomération et seulement 5 % par des habitants de l’extérieur de la région grenobloise. Les déplacements d’échanges se caractérisent par une part importante des motifs "obligés", à savoir des déplacements liés au travail ou au lieu d’étude. Notamment, le motif «domicile-travail » représente 27 % des déplacements d’échanges sur l’ensemble de la journée (pour une moyenne de 17 % pour l’ensemble des déplacements), avec un taux naturellement encore plus élevé en particulier à la pointe du matin (d’où les problèmes de congestion des accès et le succès relatif de l’attractivité des transports en commun efficaces pour les déplacements obligés).

Les déplacements internes Les déplacements internes à l’agglomération représentent 1 568 000 déplacements quotidiens, soit 71 % de l’ensemble des déplacements. Les 820 000 déplacements internes en voiture génèrent 2 380 000 véhicule-kilomètres soit 66% des véhicules-kilomètres parcourus dans l’agglomération. Ces déplacements internes ont augmenté de 25% en 10 ans, avec des évolutions variables d’un mode à l’autre : • forte progression de la marche de 42% : elle représente maintenant 31% des déplacements internes • progression comparable de la voiture et des transports en commun de 21% : la part des transports en commun se maintient à 14 % et la part de la voiture passe de 53 à 52% • baisse de deux-roues de 13% : leur part de marché continue à s’éroder. L’évolution des grands flux est différente pour la ville de Grenoble et les autres communes de l’agglomération : • les déplacements mécanisés internes à Grenoble diminuent et la part de la voiture y est en baisse • les déplacements mécanisés de périphérie à périphérie continuent à augmenter fortement (+ 40%) et la part de la voiture pour ces déplacements ne cesse d’augmenter.

Les pratiques individuelles de déplacement des habitants de l'agglomération : une utilisation des modes fortement dépendant du lieu d'habitation Une nette différence entre Grenoble et les autres communes de l’agglomération La mobilité globale des habitants de l’agglomération, voire de l’ensemble de la région urbaine, varie peu : entre 3,8 et 4 déplacements par personne et par jour, quel que soit le secteur. En revanche, les écarts sont très forts dans l’usage des modes entre : • les habitants de la commune de Grenoble : plus urbains, utilisant moins la voiture (37 % des déplacements quotidiens) et davantage la marche et les modes alternatifs • les habitants des autres communes de l’agglomération, avec un comportement en voie d’homogénéisation, principalement lié à la progression de la motorisation (61% des déplacements se font en voiture) •

les habitants de l’extérieur de l’agglomération, n’ayant que peu d’alternative à la voiture (75 % des déplacements en voiture) L‘écart entre Grenoble et les autres communes de l’agglomération s’est accentué en 10 ans.

Des différences liées à l’"intensité urbaine" Les différences de comportement individuel entre les secteurs de l’agglomération sont principalement liées à trois facteurs :


le niveau d’offre en transport en commun : plus élevé au centre de l’agglomération qu’en périphérie (les trois quarts des lignes du réseau urbain sont radiales ou diamétrales) • la mixité des fonctions combinant l’habitat et les activités, comme c’est également le cas dans les centre villes • la densité urbaine. La marche et les transports en commun sont pertinents dans les secteurs à forte densité (plus de 7 500 habitants /km2), alors qu’en dessous de 2500 habitants/ km2 la ville n’est pas faite pour les modes doux. La densité de la ville de Grenoble est d’environ 8 700 habitants/ km2, et celle des autres communes de l’agglomération varie de moins de 1 000 à 4 000 habitants/ km2.

Des déplacements de plus en plus courts L’augmentation globale de 25 % du nombre de déplacements est principalement due à l’augmentation des déplacements courts : + 41 % pour les déplacements de moins de 2 km, et


seulement + 10 % pour des déplacements de plus de 2 km. Ces déplacements courts représentent 52 % des déplacements (pour 46 % en 1992). Les pratiques individuelles ont peu évolué en terme de choix modal par rapport à la distance du déplacement. Ainsi, la marche et la voiture restent relativement stables ; ainsi, les déplacements de moins de 1 km se font à 66% à pied et 28 % en voiture. Les transports en commun gagnent en part de marché pour les courtes distances (elle passe de 8 à 10 % pour les déplacements de 1 à 2 km) et conservent une part de 23 % pour leur distance de pertinence de 2 à 5 km. A l’inverse, si le vélo voit sa part baisser de moitié pour les courtes distances (de 4 à 2 %) il résiste et progresse même légèrement pour les déplacements de 2 à 5 km (4 à 5 %).

Des déplacements multimodaux encore peu nombreux Seulement 3,5% des déplacements faits par les habitants de l’agglomération sont multimodaux. Pour 93 % d’entre eux, il s’agit de déplacements utilisant deux modes différents de déplacements avec un seul changement. La très grande majorité des échanges (82 %) sont des correspondances entre lignes de transports en commun, notamment entre les lignes urbaines du réseau Tag (surtout avec le tramway). Les échanges voiture–transport en commun représentent 13 % des échanges totaux : environ la moitié se fait en dépose ou reprise de passager, et l’autre moitié correspond à une utilisation du type parc-relais où on stationne son véhicule pour ensuite prendre un transport en commun (soit environ 1 500 voitures en stationnement). Les habitants du périurbain pratiquent également le rabattement en voiture sur le réseau Tag (environ 1000 voitures en stationnement).

Que conclure de ces données ? Les solutions découlent des données socio-démographiques, géographiques, urbanistiques et économiques que nous venons de voir ; et de la remise dans un contexte temporel : on, ne peut pas faire l'impasse sur les difficultés que rencontre la population aujourd'hui en ne proposant que des solutions pour demain, qui par ailleurs, s'appuient sur des paris hasardeux. •

On ne peut faire l'impasse sur la circulation automobile et se contenter d'incantations : ƒ La voiture est le mode prédominant des déplacements : 53 % dans l'agglomération et 76% hors de l'agglomération, avec une proportion d'autant plus grande que l'on se rapproche de la ville centre. La population périurbaine est de plus en plus motorisée (car elle n'a pas d'autre choix aujourd'hui). ƒ Cette tendance ne pourra probablement pas être inversée à court et à moyen terme. La population périurbaine ne cessera pas de s'accroître du fait de la géographie de la cuvette grenobloise : l'offre foncière est quasi nulle au centre de l'agglomération, et les coûts de l'immobilier y sont le plus souvent rédhibitoires pour beaucoup, et notamment les plus jeunes. La population jeune est en outre celle dont les déplacements obligés sont les plus nombreux (travail, familles avec enfants, …), et qui ont donc le plus recours à la voiture ƒ La voiture est le mode prédominant pour les flux de transit et d'échanges. Plus du 1/3 des flux de circulation dans l'agglomération est lié au transit (réalisé à près de 100% en voiture) et aux échanges (88% en voitures).

Les solutions doivent être différentes selon les zones géographiques ƒ La marche et les transports en commun sont pertinents dans les secteurs à forte densité (plus de 7 500 habitants /km2), alors qu’en dessous de 2500 habitants/km2la ville n’est pas faite pour les modes doux. ƒ Il faut donc proposer des solutions différentes pour : 9 les habitants de la commune de Grenoble 9 les habitants des communes situées en périphérie de l’agglomération 9 les habitants de l’extérieur de l’agglomération

l'agglomération grenobloise est tenue à l'écart des grands axes économiques de la Région Rhône-Alpes et de la France


Ainsi, et c'est une évidence partagée, le problème des déplacements est complexe et nécessite non pas une mais des réponses. Les solutions sont différentes en fonction de la densité d'urbanisation, et des zones géographiques concernées. La multimodalité s'impose, et elle doit être équilibrée et raisonnée. Il faut prendre en compte les besoins d'aujourd'hui, tout en programmant le changement pour demain. L'urgence consiste à prendre en compte la nécessité de fluidifier la circulation automobile de transit et d'échange, et de remettre l'agglomération dans le jeu économique en permettant son accès et son contournement.

Un schéma équilibré, réaliste et opérationnel Des solutions qui dépendent de la géographie Il y a en effet 3 espaces dans lesquels les problématiques sont différentes et appellent des réponses différentes : • la ville centre (Grenoble intra-muros), • la petite couronne (le périmètre de l’agglomération), • la grande couronne (la Région Urbaine Grenobloise), La difficulté : harmoniser les réponses.

Les problématiques de la ville centre : TC et modes doux La ville centre, c’est Grenoble intra muros. Le tissu urbain y est dense et l’évolution naturelle des déplacements doit se faire vers un renforcement des transports en commun (TC) et des modes doux (marche à pied et vélo). Mais il faut préserver une fluidité du trafic automobile satisfaisant, et améliorer les capacités de stationnement. Ainsi, le tram C améliore l'offre en TC. En ce sens, il va dans le bon sens. Mais il n'apporte pas d'innovation. On peut ainsi s'étonner, alors que le tramway grenoblois de 1987 était le premier tramway au monde à être entièrement accessible, que le tramway de 2006 ne bénéficie pas d'innovations technologiques, aussi bien dans sa conception que dans la régulation des déplacements. Ainsi, la Gestion Multimodale Centralisée des Déplacements (GMCD) qui nous est promise reste pour l'instant un projet dont on ne perçoit que les coûts d'investissement, alors que le fonctionnement est loin d'être réglé. Pour ce qui concerne le réseau bus, il faut rapidement se diriger vers le transfert massif vers l'énergie électrique : le retour du trolleybus ne doit pas être différé. Les lignes de trolleybus doivent être remises en activité et d'autres lignes doivent être installées dès demain. On ne peut que s'étonner des atermoiements du SMTC, qui persévère à faire circuler et, plus grave, à acheter, des bus polluants, même quand ils "portent le masque" du diester. Parallèlement, il faut mettre en place un dispositif incitant fortement les collectivités publiques à acheter des véhicules électriques pour leur flotte de service, et des véhicules hybrides pour les véhicules de fonction. Voitures et scooter électriques doivent rapidement remplacer les véhicules utilisant les énergies traditionnelles. Là encore, il faut commencer dès demain. Si les problèmes piétonniers peuvent apparaître améliorés par l'élargissement de quelques trottoirs, la circulation à bicyclette reste dangereuse dans la plus grande partie de la ville, et les conflits piétons – cyclistes sont multiples. C'est notamment le cas des Grands boulevards malgré l'aménagement à grands frais qui a été réalisé à l'occasion du Tram 3C. Une vraie politique en faveur des modes doux doit être conduite. La redynamisation du système de location de bicyclettes (Métrovélo), sur le modèle lyonnais, s’impose d’urgence. On peut, par parenthèse, s'étonner de la minceur des résultats de la politique qui est menée par la majorité en place, alors que cette dernière revendique l'excellence dans le domaine des transports en commun et des modes doux.


Concernant la circulation automobile. Aujourd'hui, la politique municipale grenobloise et métropolitaine est basée sur la contrainte : il faut écœurer l'automobiliste, au prétexte qu'il pollue. Pour cela, des outils simples sont mis en place : diminuer le réseau viaire (c'est-à-dire le nombre et la largeur des voies de circulation) et le nombre de places de stationnement. Le résultat de cette politique est que les bouchons s'accumulent. Or, il est scientifiquement démontré que les embouteillages accroissent la pollution. Il faut au contraire détourner le trafic d'échange et de transit et fluidifier le trafic des véhicules roulant dans Grenoble. Le trafic d'échange et de transit constitue, nous l'avons vu, 34% de la circulation automobile Imaginez ce que donnerait une diminution du 1/3 du nombre des véhicules particuliers dans les rues de Grenoble ! ! ! Et on sait le faire : c'est la construction de la Rocade Nord, qu'il ne faut plus différer d'une journée, alors que le nouveau PDU n'envisage éventuellement le début de sa construction qu'après 2010-2012. La fluidification de la circulation automobile doit se faire en réaménageant le réseau viaire et en construisant de vrais parking (souterrains ou en immeubles). Une gestion différenciée des places de stationnement doit être instaurée entre véhicules résidentiels et véhicules de transit.

Les problématiques de la petite couronne : instaurer une politique de Portes La petite couronne est constituée globalement des communes de l’agglomération (la Métro), hors la ville-centre. Le tissu urbain y est le plus souvent moins dense que dans la ville centre. C'est souvent un tissu rurbain, semi-urbain. En réalité, quelques zones denses s'intercalent avec des zones dans lesquelles la densité est moindre. La Rocade Sud et l’A 480 n’entourent qu’imparfaitement cette couronne, et ce, au moins pour trois raisons. La première est que la Rocade Sud, et, pour une moindre part, l’A 480 sont de véritables sillons dans l’homogénéité de plusieurs de ces communes, les coupant en deux de façon quasi insupportable. La solution à moyen ou long terme pourrait consister à recouvrir ces voies, pour en faciliter le franchissement et en diminuer les nuisances de tous types. Si ce n’était le problème du coût ! Encore que ! La seconde raison est que le « ring » n’est pas complet. C’est le problème du tunnel complétant cet anneau. La troisième raison est que le ring est situé trop près du centre. Et on aborde là des contraintes géographiques (qui ne permettent pas, par exemple, de réaliser des anneaux concentriques de plus en plus larges …). Au sein de cet espace, une approche multimodale est nécessaire, guidée par un politique de Portes, et qui associe le développement des transports en commun, la réalisation de parkings relais, et la construction sans délais de la Rocade Nord. Cette approche multimodale permet d'atteindre deux objectifs : faciliter les déplacements des habitants de cette petite couronne, et le détourner la totalité du trafic de transit, et une grande partie du trafic d'échange (grâce au plan de circulation en marguerite).

Une politique de Portes L’agglomération grenobloise se développe au confluent de 3 vallées, qui constituent des portes d’entrée. Ces 3 portes sont autant d’entonnoirs, et de bouchons à la circulation automobile. C’est autour de ces portes qu’il faut raisonner. C’est à partir de ces portes que doit se développer l’ensemble des politiques de transport dans l’agglomération. Quel doit être le rôle de ces portes ? ™ Les transports en commun, et notamment le tramway, doivent converger vers la ville centre à partir de ces portes (adaptation du schéma directeur tramway). Par parenthèse, et concernant la ligne C, si le terminus de Gières à du sens, celui de Seyssins est plus discutable, tant il est vrai qu’il eut mieux valu choisir entre la Porte Sud (Vif) ou Sassenage, plutôt que le cul de sac de Seyssins. Dans un deuxième temps, il faudra prévoir des tangentielles tramway pour relier les portes entre elles. ™ Accueillir les véhicules automobiles (et les trains, nous le verrons par la suite) venant des communes de la petite couronne (et de la RUG). Pour cela, la création de parkings-relais doit être poursuivie et leur utilisation dynamisée par une vraie politique incitatrice.


™ Relier les portes, pour, d’une part, permettre aux usagers arrivant en voiture de la périphérie d’atteindre les lignes de TC pertinentes, et, d’autre part, mettre en action le plan de circulation en marguerite pour les véhicules automobiles,. Pour ce faire, le bouclage du contournement routier prend toute sa valeur.

Le plan de circulation en marguerite Il est basé sur l'existence d'un ring complet, c'est-à-dire sur la construction de la Rocade Nord. Le principe consiste à organiser la petite couronne, à l'intérieur du ring en différentes zones. Les véhicules automobiles accèdent à chaque zone par les échangeurs. Lorsqu'ils veulent changer de zone, ils repassent par la rocade. Ce schéma permet d'évacuer la le trafic de transit et une part significative du trafic d'échange.

La Rocade Nord Revenons en effet sur le tunnel. Le tunnel intéresse au premier chef les habitants du territoire de la Métro (les métropolitains) et de la Région Urbaine Grenobloise. C’est la seule façon pour eux de pouvoir envisager les déplacements pendulaires qui leur sont souvent nécessaires pour se rendre sur leur lieu de travail. Mais pas n’importe quel tunnel (voir annexe 1). 3 impératifs doivent être respectés : la Rocade Nord doit compléter l'anneau de rocade, c'est-à-dire relier la Rocade Sud à l'A 480 ; la Rocade Nord doit permettre le passage des poids lourds (ou tout au moins d’un gabarit supérieur à 2,7 mètres) ; la Rocade Nord ne peut pas être différée plus longtemps.

Deux innovations pour la ville centre et la petite couronne qui s'inscrivent dans une véritable politique de développement durable Dans les territoires dans lesquels la densité urbaine est faible, le problème qui se pose à l'utilisateur des TC est d'atteindre l'arrêt le plus proche et/ou de rejoindre sa destination finale à l'arrivée. La bicyclette n'est pas forcément la réponse adaptée (que ce soit par goût ou par nécessité). Cela est également vrai au niveau des parcs relais, ou des gares, dans lesquels l'offre en TC peut s'avérer non pertinente pour les transferts de liaison.

Un parc de véhicules électriques en self service La mise en place d'une offre de véhicules électriques en self service peut répondre à ce besoin : bicyclettes électriques, scooters électrique ou voitures électriques placées au niveau des parc relais et dans des emplacements choisis, et que l'on peut laisser dans des parkings réservés, avec un système d'abonnement à carte à puce et de pré réservation.

Le câble dans la Cité : une utopie qui doit devenir réalité Un autre façon de pallier aux insuffisances de l'offre en TC est le transport par câble (TCab). Longtemps considéré comme un utopie réservée aux doux rêveurs, les arguments en sa faveur


sont de plus en plus nombreux. Les faibles coûts d'investissement et de fonctionnement, l'efficacité énergétique du TCab, sa souplesse d'utilisation (pas de délai d'attente notamment), sont autant d'arguments qui plaident en sa faveur dans des contextes bien définis. L'annexe 2 développe en détail ces arguments. A titre d'exemple, une liaison par câble entre le parking relais Athanor et la station de tramway Grand Sablon permettrait de remplir à moindre coût ce parking désespérément vide, et déchargerait le boulevard Jean Pain. Une liaison entre le Square des fusillés et le Boulevard Joseph Vallier (par exemple par la rue Ampère), permettrait de relier les lignes A et C de tramway et éviterait ainsi de nombreux détours par le centre ville. Bien d'autres propositions pourraient être faites, qui permettraient d'optimiser les déplacements.

Les problématiques de la grande couronne : la région urbaine grenobloise (la RUG). Si l’on se place du point de vue de l’épicentre grenoblois, la RUG est essentiellement le territoire des véhicules automobiles et du train. Je n’aborderai pas ici les problématiques intrinsèques à chaque « centre » (Voiron, Grésivaudan, etc.), pour me placer du seul point de vue de l'agglomération grenobloise. Les solutions en terme de déplacement viennent se greffer sur le dispositif mis en place pour la ville centre et la petite couronne. Ces solutions doivent répondre à deux impératifs : permettre le trafic d'échange, c'est l'accès, et le trafic de transit (c'est le contournement).

L’accès à la ville centre et à l’agglomération. C’est le domaine du train et des centres multimodaux, permettant de répartir les usagers du train et des véhicules automobiles sur les différents modes de déplacements lorsqu’ils arrivent au niveau des Portes. Un centre multimodal existe déjà, au moins en partie ; c’est celui de Gières. Il faut réfléchir rapidement à un centre multimodal sur la Porte Nord (Saint-Égrève ? Saint-Martin Le Vinoux ? …), et la Porte Sud (Vif ?). En outre, les solutions mises en place pour faciliter la circulation des véhicules automobiles (confère supra) permettent l'accès à la ville centre et à la petite couronne, quand cela s'avère nécessaire.

Le contournement L’anneau de Rocade, le Ring, doit être complété et optimisé en extrême urgence. C'est la construction de la Rocade Nord, nous l’avons vu. Mais il faut également prévoir l'aménagement (recouvrement) de la Rocade Sud, le renforcement (augmentation de capacité) et l’aménagement (recouvrement) et de l’A 480.

Les grands acteurs économiques que nous avons rencontrés dressent un tableau alarmant des Remettre l'agglomération dans le jeu économique en permettant son accès et son contournement Les grands acteurs économiques que nous avons rencontrés dressent un tableau alarmant des conséquences des difficultés de déplacement dans l’ensemble de l’agglomération grenobloise. En voici un florilège : « Le problème des déplacements est dramatique pour les entreprises : tout est bloqué et rien ne se fait. » « Rien n’avance à cause des problèmes politiques qui règnent à Grenoble et dans l’agglomération. » « Pour la Rocade, tout était prêt. Et tout s’est arrêté. » « C’est de la folie de ne rien faire ; actuellement, il y a des entreprises qui ont renoncé à s’installer à Grenoble du fait de l’impossibilité d’y accéder. » « Les salariés en ont ras le bol de mettre 1 heure et demi pour atteindre leur lieu de travail. Je connais des employés qui sont retournés à Paris »


« Les entreprises ont besoin de la Rocade Nord. Ainsi, l’agglomération grenobloise s’isole de plus en plus du fait de la non prise en compte des problèmes de déplacement. Le résultat en est ainsi un assèchement du centre de la ville avec des conséquences graves pour son attractivité commerciale, et probablement, à terme, une forme de paupérisation à l'américaine. Les chapitres qui précèdent proposent des solutions pour l’agglomération grenobloise et la Région urbaine. Mais la dimension économique nécessite d’élargir le périmètre de réflexion au-delà de ce champ. Le périmètre économique pertinent est la Région Rhône-Alpes : Grenoble doit être un lieu de convergence et de passage et non un village gaulois ». Pour ce faire, il faut remettre Grenoble au centre des grands voies de communication de la Région Rhône-Alpes et du Sillon Alpin. • Par des infrastructures routières. Il s’agit de ressortir le dossier du grand contournement routier de l’agglomération : c’est la tangentielle Nord-Sud, mise aux oubliettes par la gauche. De nombreuses variantes avaient été envisagées dans les années 90. Il faut reprendre les hypothèses en les confrontant aux données actuelles, et reformuler de nouvelles hypothèses de travail. C’est bien sûr la poursuite de l’A 51, qu’il faut mettre en chantier sans attendre. • Par des infrastructures ferroviaires. Il faut redonner à Grenoble une place significative dans le réseau ferroviaire. Grenoble ne doit plus être supplanté par Chambéry, qui est devenue l’épicentre du réseau ferroviaire du sillon Alpin aux dépens de Grenoble. L’annexe 3 développe ce que pourrait être une véritable politique du rail en faveur de l’agglomération grenobloise, en la plaçant notamment à moins de 2 heures de Marseille et à 2 h 30 de Paris (ligne de Bièvre) ; mais également en redynamisant le trafic ferroviaire local et régional.


Annexe 1. Quelle grenobloise ?

Rocade

Nord

pour

l’agglomération

Pourquoi faire une Rocade Nord ? Pour contourner l'agglomération grenobloise. Pourquoi contourner l'agglomération grenobloise ? Parce que l'agglomération grenobloise est actuellement victime d'un excès de circulation et d'embouteillages qui engendrent des nuisances multiples, et notamment en terme de pollutions et d'émissions de gaz à effets de serre. Les conséquences aussi bien sur la santé humaine que sur les conditions de vie de notre planète font qu'il est urgent d'agir. Le Plan de Déplacement Urbain (PDU) 2000-2010 prévoit d'ailleurs les solutions : contourner l'agglomération grenobloise et développer les modes de transport alternatifs à la voiture. Le développement du réseau de transport en commun répond au second objectif, la Rocade Nord au premier. La Rocade Nord est indispensable à la cohérence de l'ensemble. Comme il est écrit dans le dossier de la conférence de presse du 5 septembre 2005. "Préserver le cœur de l'agglomération d'un excès de trafic automobile tenté notamment par la traversée des communes de Grenoble, Echirolles, St Martin d'Hères, Eybens, Meylan et La Tronche, est essentiel pour pouvoir y développer une qualité de vie et les transports collectifs. Les rocades urbaines jouent ce rôle fondamental de protection de l'agglomération, en offrant un parcours plus rapide que la traversée du centre-ville, et leur saturation pourrait avoir un effet désastreux sur l'équilibre général des déplacements et sur la qualité de vie urbaine." Tout est dit dans cet extrait dont on peut penser qu'il recueillerait une très grande majorité d'avis favorables s'il était soumis à un référendum ou autre consultation populaire. La Rocade Nord est donc un élément indispensable, reconnu et urgent du paysage grenoblois.

Mais il ne faut pas faire n'importe quoi. Quelques impératifs doivent être rappelés, faute de manquer l'objectif. • la Rocade Nord doit compléter l'anneau de rocade, c'est-à-dire relier la Rocade Sud à l'A 480. • la Rocade Nord doit permettre le passage des poids lourds. Il en va de la qualité de vie des communes traversées par la Rocade Sud, qui ne peuvent supporter plus longtemps un trafic de poids lourds polluant et bruyant. • la Rocade Nord ne peut pas être différée plus longtemps. Elle seule peut permettre de diminuer rapidement les nuisances et la pollution ; elle seule peut permettre le plan de circulation en marguerite dans l'agglomération qui avait été envisagé par le PDU, et qui pourra, associé au développement des transports en commun et des modes doux, permettre une circulation apaisée des véhicules automobiles dans la ville-centre.

3 projets en présence sur lesquels il faudra se prononcer Les 3 projets ont été l’objet d’ateliers de travail. Le projet officiel est celui de la DDE. De très nombreux documents existent. Le rédacteur de ce rapport a fait partie du Comité de pilotage de la Rocade Nord. Les auteurs des deux autres projets Georges Cumin et Jean Cognet, ont travaillé au sein de l’atelier consacré à la Rocade. Le texte qui suit reprend les principales conclusions que l’on peut formuler à la suite de ces ateliers. Le lecteur se rapportera au dossier complet de ces ateliers pour avoir les données descriptives et l’analyse critique de ces projets.

Le Projet « officiel » DDE C’est un projet


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dont la faisabilité reste à démontrer, et ce, par des études complémentaires coûteuses ; dont la réalisation comporte des aléas techniques forts et imprévisibles (comme tout aléa), qui pourront entraîner de longs retards de chantier et des surcoûts possiblement énormes ; • dont la réalisation peut engendrer des affaissements de sols, ce qui serait catastrophique, au vrai sens du terme, si cela se produisait sous les immeubles de l'Ile verte ; • dont le profil en long et en creux augmente les difficultés techniques et les risques ; • qui nécessitera de creuser un très grand puit au niveau du quartier historique Saint Laurent, avec les conséquences patrimoniales que l'on imagine (outre les difficultés techniques intrinsèques) ; • qui induit des nuisances importantes au niveau des entrées et sortie de la Rocade, et notamment au niveau de l’entrée Est (commune de Meylan). L'ensemble de ces données conduit à penser que la réalisation d'un tunnel selon le projet présenté par la DDE est un projet à très haut risque, dont la faisabilité n'est pas assurée, et dont le coût sera probablement beaucoup plus élevé que l'estimation initiale de 700 millions d'euros ; Il pourrait d'ailleurs s'avérer, que, quand bien même les études complémentaires démontreraient la faisabilité de ce projet, au vu de telles difficultés et de tels risques, il ne se trouve aucune entreprise acceptant de s'engager dans un tel projet.

Le Projet "Cumin" Les avantages du projet Ce sont des avantages qui se situent dans la comparaison avec le projet DDE. Ils peuvent se résumer en deux points : • Un coût moindre, ce qui facilite le financement, et permet notamment une cogestion privée, qui reste néanmoins à étudier • Une diminution des difficultés techniques qui diminue les aléas et les risques, et améliore corollairement la prévisibilité en terme de coût et de durée ; Les faiblesses du projet sont celles du projet DDE • Le périmètre des nuisances au niveau de l’entrée Est de la Rocade sur Meylan (projet DDE), s’étend au niveau de la commune de La Tronche et de la rive droite de Grenoble. Le surcoût engendré par leur prise en compte (tranchée couverte à partir de la Rocade Sud, amoindrit l’argument de moindre coût, argument majeur du projet ; • le gabarit non évoqué dans le projet Cumin donne à penser qu’il est identique à celui proposé dans le projet DDE. Il est donc insuffisant, si l’on accepte le postulat que la Rocade doit laisser passer les poids lourds ; et sera saturé dès sa mise en service au vu des prévisions de trafic ; • enfin, et comme le projet DDE, ce projet prenant ses origines en pleine agglomération, emprunte des voiries qui sont d'ores et déjà saturées en 2006 (A 41, A480, A 48) ; surtout, ce tracé n'est pas un véritable tracé de Rocade, et ne résoudra pas le problème d'accès aux Portes de l'agglomération grenobloise.

Le Projet "Cognet" Ce projet de tunnel, situé en bordure de la plus grande partie de l'agglomération, permettrait d'assurer une réalisation beaucoup plus aisée que toutes les solutions précédemment étudiées et qui ne font qu'aggraver les problèmes environnementaux : • Passage dans des zones très habitées (Ile Verte, Saint Laurent Jean Macé) • Passage dans l'emprise du CENG et à proximité immédiate de l'opération Minatec • Réalisation dans des zones imbibées d'eau ou de mares alluvionnaires. La libération des terrains "gelés" depuis de longues années par l'emprise du projet actuel, permettrait une urbanisation plus rationnelle que le long d'une rocade autoroutière : • La Tronche et Meylan entre l'autoroute et l'Isère


• En bordure du cimetière des Adieux • Grenoble et Saint Martin le Vinoux dans le quartier de l'Esplanade • Quartier Jean Macé Les travaux routiers prévus seraient allégés : • L'échangeur de la Carronnerie pourrait rester longtemps sous la forme du giratoire actuel3 • Le pont sur l'Isère entre la Bastille et Jean Macé sera inutile Ce projet permettrait d'atteindre l'objectif recherché : • Créer une véritable rocade d'agglomération utilisable par tous les types de véhicules automobiles • Ne pas polluer la ville par une route en plein centre et au cœur des quartiers économiquement les plus performants de Grenoble • Rabattre la circulation vers la Rocade en évitant les flux de véhicules qui chaque matin obstruent les entrées de la ville • Protéger le patrimoine architectural et les dernières fortifications de la ville du XIXème siècle • Eviter les désordre de structure de tous es bâtiments du quartier de l'Ile verte où les pompages et autres rabattements de nappe entraîneront très probablement des désordres4 Néanmoins, une étude plus complète reste à mener afin d’en confirmer la faisabilité et le coût.

Discussion sur les 3 projets Je ne reviendrai pas en détail sur les arguments développés en amont concernant les inconvénients et es avantages de chaque projet, pour m'attacher davantage aux objectifs que l'on veut atteindre s'agissant de déplacements dans l'agglomération grenobloise, et plus largement en prenant en compte les impératifs de la Région urbaine. Il y a en fait 2 familles de projets : La famille DDE – "Cumin" qui propose une Rocade "intra muros". Cette famille regroupe des projets minimalistes dans le sens où ils récupèrent la circulation en bordure, voire au cœur, de la ville centre (au delà des bouchons existant). Outre le fait qu'ils ne prennent pas en charge les camions, l'un des inconvénients majeurs de cette famille de tracé est qu'ils acheminent des véhicules dans des zones déjà urbanisées ou en voie de l'être, avant de les faire pénétrer dans le tunnel. Ce qui a pour conséquence que le problème des entrées de ville n'est pas vraiment résolu. Le prix "environnemental" à payer est très élevé (nuisances et pollutions de tous types, désordres urbanistiques, …), aussi bien pendant les travaux, qu'après. Le projet DDE comporte des aléas techniques, et corollairement financiers, considérables, et est donc difficile à retenir. Le projet "Cumin", qui élimine en grande partie les aléas techniques, présente un atout important : son moindre coût annoncé, qui devrait pouvoir rendre un partenariat public – privé envisageable (sous réserve d'études financières à réaliser). Cependant, il engendre des perturbations et des nuisances qui sont trop élevées pour les communes de la Porte Est (Meylan et La Tronche)

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NDLR : bien plus, la partie terminale de l'A41, soulagé d'une partie de la circulation empruntant le tunnel, peut alors s'envisager sous la forme d'un boulevard urbain. 4 Rappelons pour mémoire les difficultés rencontrées lors des travaux pour : les parking de Philippeville, Lafayette, Préfecture ; que les quartiers anciens sont construits sur des pieux de bois qui, lorsqu'ils sont privés un certain temps d'humidité pourrissent inévitablement ; que certains immeubles modernes (les trois tours de l'Ile Verte notamment) sont construites sur des radiers étanches risquent d'être déstabilisés par la suppression d'eau.


La famille des projets "Cognet" Les projets car il existe plusieurs variantes possibles (au moins deux : entièrement enterré où avec des viaducs dans les combes de Clémencières et de la Vence) Il s'agit là d'un véritable tracé de Rocade et qui répond aux objectifs de départ que nous avions fixé. Il offre l'avantage supplémentaire de pouvoir s'intégrer dans un projet d'ensemble de contournement de l'agglomération grenobloise, en s'articulant avec le contournement Nord – Sud, selon des principes qui sont tombés en désuétude depuis 1995, mais qui devraient pouvoir être réactivés. Le coût, estimé par Jean Cognet à 600 Millions d'euros, reste à consolider. Il s’avérerait intéressant de privilégier l'approche fonctionnelle, au détriment de l'approche financière, tant il est vrai que cette dernière conduit toujours à des projets minimalistes qui ne règlent jamais vraiment les problèmes5. En raison de tous les argumentaires développés cidessus, le projet "Cognet" est à l'échelle des enjeux, contrairement aux deux précédents.

Tentative de conclusion On pourrait très sommairement réduire les conclusions de cet atelier aux conclusions suivantes : • • •

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un tracé de rocade est indispensable à l'agglomération, et doit être réalisé en urgence ; le projet DDE n'est probablement pas la réponse la plus adaptée ; il faut donc étudier un projet alternatif, et ce, en revenant aux objectifs que doit atteindre la Rocade nord ; il faut organiser un référendum populaire pour décider de quelle Rocade Nord veulent les habitants de l’agglomération.

Pour illustrer ce propos, une Rocade Sud permettant une évolution vers deux fois trois voies (il eut suffit de dimensionner les ouvrages de franchissement et de dimensionner les emprises) aurait coûté certes plus cher, mais aurait gardé une fonctionnalité convenable aujourd'hui, … et de se donner le temps d'une vraie réflexion sur le contournement de Grenoble ! ! !


Annexe 2. Le câble dans la Cité : une utopie qui doit devenir réalité Cette annexe est composée essentiellement d'extraits des échanges par courriels que j'ai eu avec Pierre Jaussaud, et surtout de son rapport : "Un transport doux : le transport par câbles". On y verra que le transport par câbles (TCab), loin d'être une utopie, peut apporter le maillon qui manque à la multimodalité.

Une réflexion générale sur le temps de transport Pour l’usager, c’est le critère qui s’avère le plus dissuasif. Il est donc nécessaire d’examiner comment ce temps se distribue, en temps mort (accès ou attente à un arrêt), et temps actif (déplacement motorisé). L’expérience montre que pour un mode de déplacement routier unique, les différences de temps actifs entre modes de transports sont faibles : les limitations de vitesse, les stops et la congestion s’appliquent à tout le monde et les bandes réservées ne permettent en moyenne que de rattraper le temps perdu aux arrêts par la montée par les portes avant ! Dans un déplacement multimodal, la situation est très différente. On se doit d’envisager sérieusement le problème des temps morts. Les temps morts d’un trajet multimodal sont de natures diverses : • le temps d’accès du domicile à l’arrêt du premier mode de transport (500m maximum soit 7 à 8minutes à pied, ou 2 à 3 minutes en vélo à cadenasser) • la précaution qui fait arriver un peu avant l’heure officielle de passage du bus, précaution d’autant plus nécessaire avec les bus qu’ils ne sont généralement pas très fréquents et presque toujours immergés dans le trafic automobile, donc souvent décalés par rapport à leur horaire théorique. • les temps moyens d’attente en correspondance (c’est souvent le plus lourd). • le temps d’accès au mode de transport à partir du moment où il est à l’arrêt (par exemple : montée dans le bus et compostage qui font perdre du temps à tous les passagers déjà montés). Le point N°1 relève du choix de l’itinéraire et il est donc très variable par essence. Le point N°2 relève des mesures d’accompagnement physiques et électroniques (mode de transport, bandes réservées, priorité au feux et suivi des bus aux arrêts, comme pour le tram). Le point N°3 relève du choix du mode de transport. Dans le cas d’un transport par câble choisi sur des critères d’efficacité et non d’effet d’image, la télécabine et le télépulsé sont très bien placés pour répondre aux exigences exprimées ci-dessus. Le temps qui sépare le passage de 2 cabines de 10 places est de 12 secondes (en à peine plus d’une minute on a chargé l’équivalent d’un autocar que l’on charge généralement en un temps beaucoup plus long). Les télépulsés offrent des temps de passage entre deux trains de quelques minutes (en général 2 à 5 minutes) et sont un peu moins bons sur ce plan. Une chose est sure, c’est que la rupture de charge, si la géométrie de la gare d’échange est bien conçue, ne présente pas les inconvénients habituels des correspondances d’un tram vers un bus par exemple (distance, exposition aux intempéries et temps perdu à attendre). Le point N°4 est lié au mode d’exploitation et doit impérativement être pris en compte. Pour limiter la fraude, on force les passagers à monter dans un bus par une demie porte d’accès, puis à travers un étroit passage. Cela a un prix pour l’usager et un prix pour le transporteur, du fait de l’allongement des temps de trajet liés au temps de montée dans le bus, et en effet dissuasif pour les clients non captifs, ceux que précisément il faut capter . Aucun bilan sérieux n’a jamais été fait de ce problème. Seule la logique comptable a prévalu, au détriment des autres facteurs, et donc in fine de la logique comptable !


Le temps passé en transport actif est d’une tout autre nature : on peut se mettre à rêver sans risquer de laisser passer le bus, ou prendre le temps de la lecture. Contrairement aux temps d’attente, ce n’est pas un temps de stress. Et l’expérience montre que le temps de transport actif est peu différent du temps de transport automobile, sauf précisément dans les zones de montagne ou embouteillées, avec un transport par câble qui est alors nettement plus rapide. A partir des considérations ci-dessus, je souhaite faire remarquer que le changement de mode n’est pas un obstacle pourvu qu’il soit bref. Les deux facteurs dissuasifs dans une correspondance sont : • le temps d’attente, corollaire habituel du bus, et, aux heures creuses, du tram. La télécabine ne présente pas ce défaut • les bagages. L’exemple Suisse montre que la mise à disposition de chariots dans une gare intermodale règle ce problème au demeurant peu fréquent par rapport à la fréquentation totale. Le problème du temps de correspondance étant réglé, il est vital de se poser la question du temps de transport terminal. Dans le cas d’un cycliste (situation minoritaire), il y a assez peu de différence entre un trajet par câble ou en pédalant, sauf bien sur en cas d’intempéries. Mais il faut signaler que l’exercice lié au vélo, pour sain qu’il soit, entraîne une transpiration qui demande souvent une douche en fin de trajet. Exigence d’une douche à l’arrivée et temps à introduire dans le temps de transport. Beaucoup de cyclistes seront heureux de ne pas se remettre à transpirer pour aller bosser. Il vaut mieux faire de l’exercice le soir en rentrant chez soi. Parce que cela apporte une détente nécessaire et parce que là on a généralement une douche chez soi !

Le coût d'investissement Le tableau ci-dessous indique les coûts d'investissement de différents modes de déplacement collectifs. Des caractéristiques fonctionnelles ont été rajoutées dans les colonnes 3 et 4 sous forme avantages – inconvénients. Mode

Coût au km

Avantages

Inconvénients

Bus

16,5 M€ (bus et voirie, 2 Fluidité, accessibilité sens)

Lenteur, inconfort, bruit

Tramway

22 M€ (voie et rames)

Silencieux, propre, fréquent Investissement fort

Télécabine

3,5-5 M€ (complet)

Fluide, silencieux, propre, Impact visuel confortable, très fréquent

Les éléments de calcul nous ont été fournis par Pierre Jaussaud.

En conclusion Le transport par câbles présente donc le double avantage d'un coût d'investissement faible, et de fonctionnalités supérieures à celles des autres modes de transports en commun, dans certaines situations, notamment celles qui nécessitent des fréquences élevées pour une fréquentations moyennes. Cela en fait, dans un environnement adapté un excellent mode de déplacement, complémentaire des autres modes.


Annexe 3. Un projet ferroviaire à l’échelle de l’agglomération et des enjeux économiques Depuis plus de 10 ans, la majorité grenobloise, métropolitaine et départementale n'a pas élaboré ou suscité de projet d'infrastructure de transport pour faire face aux difficultés de circulation actuelle. Grenoble est restée isolée des grands projets ferroviaires aptes à faciliter l'accès à la capitale des Alpes du Nord. Cette majorité n'a pas été assez pugnace et combative pour sauvegarder les intérêts de la ville à l'égard des projets ferroviaires (ainsi de la Gare TGV de la Combe de Savoie (LGV Lyon – Turin) qui pourtant avait fait l'objet d'un accord interdépartemental (Isère – Savoie)). Les décideurs du moment (Conseil Régional Rhône-Alpes, Conseil Général de l'Isère, Métro, Ville de Grenoble) se "cramponnent" à des solutions vieilles de plus de 25 ans (origine des dossiers en cours) sans tenir compte des projets techniques des axes à grande vitesse (actuels et futurs) qui passent à l'écart de Grenoble. Faut-il s'accrocher au passé ou innover ? La lenteur des études et les complications administratives sont-elles incontournables ? Un atelier du Forum citoyen pour l’alternance a été consacré au transport ferroviaire. Il a bénéficié de l'expertise d'Emile Roubaud. Deux axes se sont dégagés : • Etudier puis créer un ligne LGV Bièvre – Bas Dauphiné. • Instaurer des dessertes cadencées sur les grands axes : Lyon – Grenoble, mais aussi Chambéry – Grenoble, et le Sud de Grenoble ;

La ligne à grande vitesse (LGV) Bièvre – Bas Dauphiné Elle constitueraient une modernisation fondamentale et durable du réseau apportant des avantages évidents par les services offerts aux usagers. La construction d’une ligne LGV Bièvre – Bas Dauphiné (LGV Ouest –Est d’une longueur d’environ 50 km) reliant l'axe LGV Paris – Marseille à Grenoble, offrirait deux avantages : • elle libérerait l'axe ferroviaire traditionnel Lyon – Grenoble pour y installer une desserte TER cadencée rénovée et performante, offrant à la clientèle des servies plus nombreux, plus rapides et plus fiables. • Elle permettrait de connecter la capitale dauphinoise au réseau TGV (national et international) par la ligne Lyon – Marseille, au niveau de Beaurepaire. Elle permettrait de relier Paris en 2 h 30 et Marseille en moins de 2 heures. Le coût approximatif de 1 Mds € pourrait être en partie financé (à hauteur de 400M €) en abandonnant (ou en reportant) les projets prévus sur l'axe Grenoble – Valence.

Instaurer des dessertes cadencées sur les grands axes L’objectif est de rechercher la mise en place et l’offre de services nouveaux sur les axes existants fin de susciter un transfert significatif et durable d’une partie de la clientèle routière sur le rail. Il faut pour cela sortir les TGV du réseau actuel, déjà saturé (confère supra).

L’axe Grenoble-Lyon Le rôle de l’axe Lyon-Grenoble mérite d’être repensé car : • il est mal adapté pour la circulation des TGV (vitesse limitée sur certains secteurs à 120, voire 90 km/h, au lieu de 250-260) ; • il n’assure pas de relations inter villes Lyon-Grenoble rapide (1 h / 1 h 10) aptes à susciter l’abandon de la voiture particulière malgré les difficultés de pénétration urbaine (Lyon et Grenoble) ;


il n’assure pas une desserte TER6 efficace et attractive pour obtenir le même effet de transfert. La mixité de son trafic, dans l’état de saturation progressive qui atteint cet axe, n’est satisfaisante ni pour les TGV, ni pour les TER. Un nouveau schéma de desserte peut être proposé, inspiré de ce qui existe dans la banlieue parisienne, en Alsace, ou dans le Val de Loire, . Schématiquement, 3 types de desserte peuvent être mis en place conjointement : • Type 1 : Grenoble – Lyon Part-Dieu sans arrêt. Objectif de temps 1 h 05 / 1 h 10. Fréquence 1 train par heure, 16 à 17 trains dans chaque sens. • Type 2 : desserte des gares intermédiaires : Voiron, Bourgoin, la Tour du Pin, La Verpillière, (Rives ?). Temps de trajet : 1 h 30. • Type 3 : omnibus, arrêt dans toutes les gares ouvertes. De tels projets s'accompagnent obligatoirement : • de la mise en accessibilité de la gare de Grenoble • d'une offre en parking dans les gares • d'une offre de correspondance en TC routiers • d'une billetterie intégrant les différents modes de transport en commun, avec un prix attractif et une offre privilégiée pour les Plans de Déplacements d’Entreprise (PDE).

L’axe Annecy – Chambéry – Grenoble - Valence L’axe Annecy – Chambéry – Grenoble - Valence, malgré le nombre élevé de trains qu’il achemine, n’offre pas un desserte rapide, cohérente, efficace, dans les échanges entre Grenoble, le sud Grésivaudan, et le midi méditerranéen : il est nécessaire de cadencer les dessertes en alternant les trains en fonction de leurs arrêts (selon le même principe que pour l’axe Grenoble-Lyon) : • 1 arrêt : Gières • 4 ou 5 arrêts : Montmélian, Pontcharra, Goncelin, Gières De plus, il conviendrait d’étudier 2 solutions : • créer un arrêt permettant de relier par des cars en correspondance la rive gauche et la rive droite : Tencin ↔ Crolles7 • des liaisons "Lazer" Rives - Tencin par Grenoble Ceci suppose que l'on réalise en priorité la modernisation du tronçon Gières – Montmélian, c'est-àdire : électrification, modernisation de la signalisation, relèvement de la vitesse limite pour augmenter la capacité de la ligne et ses performances. Ce programme, déjà ancien, mérite qu'une priorité, maintes fois rappelée par les élus (Isère et Savoie) soit traduite en décisions. Un urgence au moins aussi pressante que la voie supplémentaire Moirans – Saint Marcellin.

L’axe Grenoble – Vif L'axe Grenoble – Vif pourrait jouer un rôle plus marqué de desserte "banlieue pour le Sud grenoblois", zone étant appelée à se densifier : • Augmentation du nombre de trains • Arrêts supplémentaires dans la zone : Pont de Claix, la quinzaine, Echirolles, Le Rondeau

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TER : Transport Express Régionaux Sur ce plan, le "Comité de pilotage de l'Etoile ferroviaire" (auquel j'assiste quand mon emploi du temps me le permet) qui fonctionne actuellement, étudie la possibilité d'un barreau de rabattement Brignoud – Crolles, qui me paraît aller dans le bon sens.

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Rapport Forum pour l'alternance