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PORTRAIT Au-dessus de la tête

Un port d’attache. Sur les routes le plus souvent, ce nomade dans l’âme a aussi besoin d’un toit pour se retrouver, en couple ou, le plus souvent, en communauté. Grosse concentration de circassiens à Saint-Gilles.

S

I

E

Dans sa tête

Pas vraiment de plan de carrière. Autour de la quarantaine, quand le corps fatigue, la créativité prend d’autres chemins, entre mise en scène et transmission aux jeunes générations.

Dans le cœur

De la niaque ! Indispensable pour continuer ce métier improbable où il est toujours parti, tombe, se fait mal, se fait peur et astreint son corps à une discipline militaire. Le jeu – et nos applaudissements – en valent visiblement la chandelle !

Dans le ventre

De l’équilibre. Alimentaire, mais pas seulement. C’est dans les tripes, souvent, que se « ressent » la capacité à oser une nouvelle figure, plus loin, plus haut. Le ventre décide ce qui est juste, dans un dialogue corps et esprit que ne renierait pas un maître zen...

Sur les épaules

Deux ou trois spectacles par an s’il est chanceux. Il alterne six mois, ou plus, de tournée, avec quatre à six semaines de résidences quand il est en création, mais aussi des reprises de rôles, des coups de main sur les spectacles des copains, des stages.

Dans les jambes

Des tonnes de formations. Féru d’activités physiques – tout petit, il faisait aussi bien du tango que du rugby –, il a intégré une école supérieure (L’Esac, le Lido, etc.) et a appris à tout faire. Sur sa carte de chômeur, il est écrit « jongleur », mais en vrai, il fait du mât chinois, du théâtre, de la danse.

Dans les doigts

Beaucoup de ressources, voire de vrais dons. Du démontage de chapiteau aux montages financiers pour une création, de la construction de décors à la confection de costumes, ses mains n’ont pas trop de dix doigts.

Dans les poches Naguère, son environnement naturel était le chapiteau de ses parents, où il grandissait et apprenait son art. Actuellement, l’artiste de cirque contemporain, souvent issu d’un milieu non-circassien, étudie dans une école supérieure, bâtit une carrière très diversifiée et dévore les formations. Avec un même goût du nomadisme et du risque. Par CATHERINE MAKEREEL et LAURENT ANCION

DANS LA PEAU

Plus d’espace que d’espèces, sonnantes et trébuchantes. Son fragile « Statut d’artiste » lui donne accès au chômage entre les contrats – un filet de sécurité d’environ 1.200 euros par mois. Quand les temps se font durs, un petit détour par les « événements » organisés par les entreprises n’est pas de refus.

Sur la peau

Eventuellement quelques tatouages, sans se peinturlurer comme un joueur de foot au Mondial (représentations obligent). Et très peu de piercings : trop de risque de douloureux arrachages !

D’UN ARTISTE DE CIRQUE 22 | C!RQ EN CAPITALE

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

Parmi les amateurs, comme les professionnels, la vie circassienne à Bruxelles est à l’aube d’un ‘boom’, qui touche tous les secteurs : spect...

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

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