Page 15

B

O

O

M © NICODEMO LUCÀ

R

National, il était régisseur, elle était comédienne). Naturellement, Agnès a emmené ses filles dans les salles de spectacle dès leur plus jeune âge. « Je suis hyper timide et je préfère depuis toujours le langage corporel. Le cirque nouveau est en lien avec ça, parce qu’il raconte des histoires avec le corps. C’est ce qui m’a attirée au départ dans le cirque. Évidemment, j’ai amené mes enfants... qui ont bien réagi ». La petite famille a grandi avec le cirque bruxellois et a suivi les principales représentations à la capitale. « Il y a certains spectacles qu’on ne manque jamais comme ‘Chapiteau en folie’ de l’Ecole de Cirque de Bruxelles, celui de la formation pédagogique, celui de l’Esac, le festival de l’Espace Catastrophe et ceux des Halles de Schaerbeek », énumèrent-elles. La troisième et dernière fille d’Agnès, Mélusine, a pris le même chemin que ses sœurs : elle a choisi d’étudier au Centre Scolaire du Souverain à Auderghem, pour profiter du « Cirquétudes » en primaires. Son emploi du temps comprend trois heures de cirque par semaine. « Quand je suis arrivée dans cette école, j’ai tout de suite adoré le cirque. C’est mon activité préférée. On fait ça dans la salle de l’Esac. Dernièrement j’ai découvert l’aérien et la technique du trapèze. Avant, j’aimais beaucoup l’équilibre, le câble et maintenant ce sont les airs. Mon rêve plus tard, c’est de faire quelque chose d’artistique ». Les Gheur personnifient l’effervescence du cirque à Bruxelles. Quand on évoque un « boom » actuel, Morgane, l’aînée, confirme : « C’est vrai que quand j’étais petite, j’avais l’impression qu’il y a avait une école de cirque pour enfants et une pour adultes, et c’est tout. Maintenant, il y a énormément de cours parascolaires, en primaire et secondaire ». « Et plein de petites associations parallèles qui donnent des stages. Même l’Adeps s’y est mis », ajoute Suzon. La petite Nell est née au bon moment : la pratique est enseignée à l’école, des stages accessibles sont organisés durant les vacances scolaires… Son entrée dans la grande famille du cirque symbolise cette troisième génération de « circassiens ». ● 1. Pour tous les lieux de cirque cités, voir la Carte en p. 20 et 21.

Françoise et son fils Simon, à Trapèze asbl : « C’est chouette de partager cette passion ».

Les Risopoulos-Roggen, une famille dans les airs Par FLAVIE GAUTHIER

18

h, à l’Atelier du Trapèze de Schaerbeek, Grande Rue au Bois. Le responsable, Nicolas Eftimov, installe les tissus et les structures de trapèze et cerceau. Une femme aux longs cheveux blonds, élancée et musclée, entre avec un jeune adolescent derrière elle. Très à l’aise, elle salue les autres membres déjà en train de s’échauffer. En la voyant ainsi, physique de danseuse, habillée d’un legging zébré noir et blanc et d’un tee-shirt rose, personne ne peut imaginer que Françoise Roggen portait quelques heures plus tôt sa robe de magistrate. « Dans cet atelier, on est presque tous des universitaires. Comme si on avait besoin de décompresser après nos journées ! », remarque-t-elle en commençant ses échauffements. Son fils Pierre, 14 ans, reste à ses côtés sans broncher. Sa mère s’inquiète. «Tu ne t’échauffes pas ? Ce n’est pas bon ». « Non, je n’ai pas besoin, je vais faire du cerceau ». Il se tourne vers le responsable d’atelier et lui demande de l’aider à installer son agrès. Pendant ce temps, Françoise explique. « Pierre fait du cerceau et un peu de tissu. Simon, mon fils de 16 ans, fait de la corde lisse et du trapèze. Paul, qui a aujourd’hui 19 ans, en faisait aussi, mais C!RQ EN CAPITALE | 15

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

Parmi les amateurs, comme les professionnels, la vie circassienne à Bruxelles est à l’aube d’un ‘boom’, qui touche tous les secteurs : spect...

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

Parmi les amateurs, comme les professionnels, la vie circassienne à Bruxelles est à l’aube d’un ‘boom’, qui touche tous les secteurs : spect...

Advertisement