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A Bruxelles, on peut désormais pratiquer le cirque à tout âge en atelier, stages ou à l’école. Nous avons rencontré deux « tribus » de circassiens, les Gheur et les Risopoulos-Roggen, qui partagent la même passion des pistes au quotidien. Ils témoignent de ce boom du cirque qui est en train de changer la ville.

© JONATHAN STEELANDT

GÉNÉRATION CIRQUE Mélusine, Nell, Agnès, Morgane et Suzon, la joie du cirque transmise de mères en filles.

Les Gheur, une famille au carré Par FLAVIE GAUTHIER

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e cirque, pour nous, c’est une culture familiale. On va voir les spectacles ensemble, on fait nos critiques, on partage. Et on a aussi notre pratique ! ». Morgane, 27 ans, s’exprime en tant qu’aînée de la famille Gheur. « Quand j’avais dix ans, j’ai vu un des premiers grands spectacles des étudiants à la sortie de l’École supérieure des arts du cirque (l’Esac), aux Halles de Schaerbeek. J’ai flashé sur le tissu et je voulais absolument en faire. Mais je n’avais pas l’âge, on ne peut commencer qu’à douze ans. J’ai tanné ma mère pendant des années. À 14 ans, je me suis inscrite à l’Ecole de Cirque de Bruxelles avec ma sœur Suzon. On a

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commencé par les acrobaties et le trapèze, car le tissu c’est plus difficile ». Morgane, ses deux sœurs cadettes (Suzon, 24 ans, et Mélusine, 12 ans) et leur mère Agnès partagent toutes les quatre la passion des arts du cirque. Et aujourd’hui, même si Morgane a arrêté le cirque pour la kinésithérapie, elle transmet cette ferveur à sa fille de trois ans et demi, Nell – la jeune demoiselle a commencé cette année, par un stage d’été de cirque pluridisciplinaire organisé par l’école « Des étoiles dans les yeux » à Ixelles1. « Sa première initiation ! », sourit Morgane. « Je fais déjà un peu d’accro-porté avec elle. Elle est très à l’aise. Elle

aime bien l’acrobatie et elle veut faire des spectacles comme Suzon quand elle sera grande ». Suzon, sa jeune tante, donne des cours de cirque en Irlande après cinq ans d’éducation physique et une formation pédagogique à l’Ecole de Cirque de Bruxelles. « En Irlande, le monde du cirque est minuscule. Il n’y a pas de concurrence. C’est plus facile de faire son trou, car la plupart des gens qui se disent circassiens font des échasses ou du feu. Ça m’aide beaucoup ! » Si Morgane et Suzon ont attrapé le virus circassien, c’est grâce à leur mère Agnès, ellemême née dans le milieu de la scène (ses parents s’étaient rencontrés au Théâtre

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

Parmi les amateurs, comme les professionnels, la vie circassienne à Bruxelles est à l’aube d’un ‘boom’, qui touche tous les secteurs : spect...

C!RQ en CAPITALE - Numéro 1 - Oct.-Déc. 2014  

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