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Dossier : Super héros

© 2008 Warnr Bros . France

© 2008 - SND Groupe M6

© 2008 Sony Pictures

© 2008 imag.net

Numéro 5 Juillet - Aout 2008

D E T N A W

La critique en page 14


Edito C’est l’été ! Les vacances scolaires pour certains, la plage ou la montagne pour d’autre; une période propice aux désormais traditionnels blockbusters estivals. Cette année, les superhéros ont la côte et occupent une large place dans les salles obscures. Un décryptage du phénomène était donc inévitable (voir dossier). Si la Fête du cinéma n’a pas eu l’effet escompté, Paris compte bien se rattraper. L’évènement Paris Cinéma a largement occupé ce début de juillet en proposant des projections, des activités et des conférences autour du 7 e art (voir la page festival). Une avalanche de nouveautés également coté animation. Après un festival d’Annecy intense (voir évènement), c’est le Japan expo qui propulse la culture nipponne sur le devant de la scène. Un compte rendu synthétique en page otaku. L’été, c’est aussi le moment des réformes. C’est dans un climat social assez tendu que notre président de la république persiste dans son projet de réforme de France Télévision : de la suppression de la pub après 20h à la nomination du patron du groupe par le président lui même, les bonnes idées de Nicolas Sarkozy sont encore loin de faire l’unanimité. Pourtant, malgré la tourmente qui s’annonce, le groupe garde le cape et dévoile ses programmes pour la rentrée (voir 1 mois 2 TV). Et comme toujours, toute l’actualité du numérique, de l’animation ainsi que les festivals du moment et les nouveautés High tech tournant autour de l’audiovisuel. La rédaction

S ommai re re Actus – page 4 à 7 Evénement – pages 8/9 Tableau de chasse – page 10/11 Critiques – pages 12 à 19 Dossier : Les Super-héros – pages 20 à 25 CINEMATION MAGAZINE - Numéro 5 - ETE 2008 Directeur de la rédaction : Benjamin Galbrun Rédactrice en chef : Emilie Chamoreau Graphiste : Alexandre Taillefer Maquette : Emilie Chamoreau Correctrice : Laëtitia Brunet Ont collaboré à ce numéro : Ben Brungal, Katia Dufourmont, Cécile Chandran, Laëtitia Grou, Thibaut Giquel, Cécile Guthleben, Irène Hervois. Tel. Rédaction: 01.64.05.26.00. Courriel : redaction@cinemation-magazine.fr Webmaster: Diophantes

1 mois 2 TV – page 26/27 Festival – page 28/29 High tech – page 30/31 Otaku – page 32/33


Des nouvelles de Steven Soderbergh et de son nouveau film prévu pour 2009. The Informant est actuellement en tournage. Produit par la Warner, ce film est l’adaptation d’un roman de Kurt Eichenwald. L’intrigue, basée sur une histoire vraie, se déroule dans le milieu de l’industrie agro-alimentaire. Matt Damon y incarnera le personnage principal, Mark Whitacre. Au casting on retrouvera également Mélanie Lynskey et Scott Bakula.

BIENTÔT EN SALLES La différence c’est pas pareil A noter également la sortie le 1e septembre de La différence c’est que c’est pas pareil, réalisé par Pascal Laëthier. On retrouvera dans cette comédie française François Berléand, Clémentine Célarié et Audrey Dana. Ce film a été tourné avec la caméra Sony HDWF900, première caméra 24P HD au monde, qui avait remporté le Primetime Emmy Engineering Award en 2004.

La Finlande plébiscite Sony

A deux semaines d’intervalles, les Finlandais devraient prochainement découvrir deux longs-métrages tournés avec la F23 de Sony. Déjà utilisée sur Speed Racer ou Le Nouveau Protocole, cette caméra semble remporter l’adhésion des réalisateurs insulaires. Dans Erottamattomat, une jeune trentenaire verra sa vie changée suite à un accident, tandis que dans Alivuokalainen, il sera question de collocation d’infortune afin de payer un loyer exorbitant. Sorties respectives les 5 et 12 septembre.

prochain Fincher

Prévu un temps pour septembre 2008, le prochain film de David Fincher intitulé The Curious Case of Benjamin Button ne sortira sur les écrans américains que peu de temps avant les fêtes de Noël. Co-produit par Paramount et la Warner, le film s’attarde sur l’étrange phénomène qui survient chez un homme à la cinquantaine. Benjamin Button, n’a rien d’extraordinaire, à l’exception qu’il rajeunit sans raison. C’est Brad Pitt qui incarnera cet individu au destin inconfortable, donnant la réplique à Cate Blanchett (I’m not there) et Tilda Swinton (Michael Clayton). Aucune date n’est pour l’heure annoncée pour la France, bien que plusieurs sorties européennes soient prévues pour fin janvier 2009. Que les fans se rassurent, Brad Pitt sera à l’affiche du prochain film des frères Cohen, Burn After Reading, qui devrait sortir en France le 10 décembre 2008. Et pour ceux qui brûlent d’impatience, une bande annonce dévoilant les premières images du curieux cas est disponible sur le net. A vos claviers…

Sans cœur, Sans reproches

Après avoir fait le mauvais pari avec Las Vegas 21, Jim Sturgess se remet en selle et change de registre. Dans Heartless de Philip Ridley, il incarnera Jamie Morgan, un jeune homme qui fait un pacte avec le diable afin de devenir physiquement irrésistible. Seul problème, il y a un prix à payer et l’audacieux playboy devient alors un serial killer. Il fera tout son possible pour inverser le processus et retrouver son âme. A ses cotés, la sexy Clémence Poésy, récemment aperçue dans Bon Baisers de Bruges. Le film actuellement en tournage sera intégralement tourné en numérique, à l’aide de la Panavision Genesis. Aucune date de sortie n’est pour l’heure annoncée, mais le film devrait débarquer dans les salles courant 2009.

Serial killer

Une nouvelle créature sérial killer s’apprête à envahir les écrans… Basé sur un mythe irlandais, Banshee!!! est l’histoire d’un immonde monstre qui prend l’apparence de ses victimes L’acteur principal :Johannes Silberschneider

© Fabian Isensee

The Informant

© Sony pictures

EN TOURNAGE

Numé t s o p n E Ça on i t c u d pro traîne pour le


érique pour continuer à tuer. Une course poursuite s’engage alors entre la créature et un groupe de lycéens en vacances. Tous les ingrédients du genre sont réunis : des jeunes gens innocents, un lieu reculé duquel aucune communication ne passe, une menace dont les personnages ignorent la provenance. Sanglant et ultra-violent, Banshee!!! promet de faire parler de lui et de devenir une référence pour les amateurs du genre. Côté technique, la bande-annonce est alléchante et promet une importante flopée d’effets spéciaux pour qui appréciera.Produit par Synthetic Cinéma, c’est Colin Theys (déjà réalisateur de Thog en 2004 et Harold et Burns en 2007) qui réalise le film d’après un scénario de John Doolan, Gregory C. Parker et Christian Pindar. Pour le casting, les rôles principaux sont tenus par David McCarthy, Ashley Bates et Kevin Shea (entre autres…).

s e l l sa n Adaptation e t ô t Bien de roman et

technologie allemande

Décidément, les allemands sont cette année à la pointe de la technologie en matière de caméra numérique ! En effet, Krabat, le nouveau film de Marco Kreuzpainter, produit par Bass Hat Films et distribué par la 20th Century Fox, a été tourné avec la D20. Cette caméra est la première de la marque allemande Arri à utiliser la technologie numérique. Avec son capteur C-MOS, toutes les focales utilisées en 35mm sont compatibles et avec la même profondeur de champ. Krabat est basé sur le célèbre roman allemand d’Otfried Preussler, The Satanic Mill, paru en 1971. C’est l’un des romans pour enfants les plus populaires en Allemagne. Il raconte l’histoire d’un jeune orphelin (interprété par David Kross) qui va devenir apprenti en magie noire durant la Guerre de 30 ans. D’abord fasciné par son maître, il va rapidement découvrir que celui-ci a fait un pacte avec le diable, et que tous les ans un apprenti doit être sacrifié pour prolonger la vie du maître. Krabat se rend alors compte qu’il est le prochain sur la liste… La sortie du film est prévue pour le 16 octobre 2008 en Suisse allemande.

EN POST-PROD Dust de Drew Maxwell Dust, c’est le nouveau film des studios Lightning Rod réalisé par Drew Maxwell dont la sortie américaine est prévue pour le 10 janvier 2009. Ce film d’horreur narre les péripéties d’un scientifique confronté à l’attaque d’un virus alien qui transforme les humains en bêtes carnivores. Lightning Rod étant spécialisé dans les effets spéciaux 2D et 3D, on peut donc s’attendre à une belle démonstration de technologie.

Desperados on the noX Avec une sortie prévue le 1e mars 2009 en Allemagne, Desperados on the block est d’ores et déjà un événement. En effet, ce film, réalisé par Tomasz Emil Rudzik et produit par Toccata Films, est le premier tourné avec la nouvelle caméra noX. Ce petit bijou de technologie doté d’un capteur mono-CCD 1/2 permet également l’enregistrement en RAW via la noXboX, enregistreur de terrain avec monitoring HD. Un film test pour ce prototype qui semblait présenter des problèmes de flicking lors des tests de TSF présentés à l’IDIFF 2008.

The Heartbreaker

© 20th century fox

Les déboires amoureux inspirent les productions US. Après Hitch, expert en séduction, où Will Smith poussait les gens à tomber amoureux, voici Sebastian Wallace. Son job ? Briseur de cœur professionnel. The Heartbreaker est une comédie romantique grinçante qui devrait sortir début 2009 aux Etats-Unis. C’est l’un des premiers films à être tournés avec la petite dernière des caméras numériques 2K : la SI-2K de Silicon Imaging, utilisée pour la première fois sur Mutants Chronicles (sortie US actuelle). 4/5


2D

Manga à la Française

Ça bouge en Chine !

La Chine aurait-elle l’ambition de devenir l’un des gros producteurs d’animation ? C’est en tout cas le sentiment qu’inspire le studio Mythic Flames. Ce studio émergeant, fort de son expérience sur publicités et films courts, se lance dans la production de longs-métrages. Trois projets sont actuellement en développement : Big Cat Town, qui plongera le spectateur au cœur d’enquêtes dans un univers médiéval félin, The Thibetan Dog League qui proposera une revisite du mythe de Gengis Kahn, et King Sun qui basera son intrigue sur un masque donnant le pouvoir absolu. Espérons que ces futurs films arriveront à s’exporter.

Premier long métrage roumain en 3D

Niki Tanner, de Sergey Gavrilov, est le premier film de long métrage roumain entièrement en 3D. Il raconte les aventures du jeune héros éponyme de sept ans, qui doit sauver le monde, aidé par ses amis Rysik, Iva et Gorynych. Ensemble, ils devront défaire un terrible dragon, tout comme l’ancêtre de Niki l’avait fait autrefois. Si l’intrigue semble déjà vue et le graphisme assez rudimentaire, l’initiative ouvre de nouvelles perspectives.

Siegfried en cours d’adaptation

Siegfried, la bande dessinée d’Alex Alice est en cours d’adaptation chez Pumpkin Factory (Persepolis, Un Monstre à Paris). C’est l’auteur qui co-signera le long métrage, s’attribuant les talents d’André Clavel. Le film reprendrait la trame condensée des trois volumes, tirée ellemême de la mythologie scandinave. Née de l’union entre une déesse et d’un mortel, Siegfried est recueilli par Mime, le Niebelung forgeron. Ne sachant rien de son passé, il découvre un jour les fragments d’une épée. Après l’avoir reforgée, il prend le chemin de sa destinée qui le conduira à affronter Fafnir, le terrible dragon. Librement inspirée de l’opéra wagnérien, le graphisme somptueux de la BD donne au récit un nouveau souffle. Les personnages et les décors somptueux sont traduits fidèlement à l’écran pour le plus pur plaisir des fans et des amateurs de récits fantastiques. Une première bande annonce est d’ores et déjà disponible, le temps pour le projet d’aboutir. L’attente sera longue, très longue... A suivre de très près…

En pr épara Master Mind tion

DreamWorks a lancé la préparation de son nouveau film d’animation : Master Mind qui devrait sortir aux Etats-Unis en 2010, en même temps que le jeu vidéo qui lui sera consacré. Adapté de l’œuvre d’Alan Schoolcraft et Brent Simons (qui vont également écrire le scénario), Master Mind est une (énième) satyre de la figure du super héros. C’est l’histoire d’un « grand méchant » qui perd goût à la vie après avoir accidentellement tué son rival. L’intérêt du film : le traitement ironique et satyrique de ce sujet vu et revu. Ce film marquera une nouvelle phase de collaboration entre Ben Stiller (il avait fait la voix d’Alex le lion dans Madagascar) et DreamWorks : celuici sera co-producteur avec son associé Stuart Cornfeld pour leur société Red Hour Films. A la réalisation, on retrouvera deux grands animateurs “maison”, Cameron Hood et Kyle Jefferson, dont le premier court métrage d’animation First Flight (2006) avait été salué par la critique et le public. Après Kung Fu Panda (sorti le 9 juillet, voir cahier critique), la nouvelle création des studios DreamWorks est déjà attendue avec une impatience difficilement dissimulée…

©NBC/Paul Drinkwater

Réunir dans un même film “french touch” et univers japonisant, c’est le pari du prochain long-métrage de Christophe Ferria intitulé Kitsune. Kitsune, petit renard orphelin espère un jour devenir un guerrier. Chétif, maladroit et roturier, son rêve semble impossible jusqu’à ce qu’il rencontre Buta, un combattant solitaire. Dès les premières planches on ressent l’influence du manga et du studio Ghibli. Un projet alléchant qui présage un joli film.

Animat


Du nouveau chez Aardman

3D

© BAC FILMS

Le studio britanique d’animation signe sa quatrième collaboration avec DreamWorks SKG. Après Wallace et Gromit - Le Mystère du Lapin Garou (2005), puis Souris City (2006) leur nouveau projet développé en commun se nomme Crood Awaking. L’intrigue se situera à l’âge de pierre, dans un petit village nommé Crood (d’où le nom du film…). Le chef des chasseurs verra sa position dominante menacée par l’arrivée d’un génie qui amène avec lui une véritable révolution : le feu… C’est Chris Sanders, le réalisateur de Lilo et Stitch qui s’occupera de la réalisation de ce film co-écrit par John Cleese et Kirk DeMicco. Côté casting plusieurs rumeurs circulent : Brad Pitt, Adam Sandler, Catherine Zeta-Jones et le gouverneur préféré des californiens, l’ex Conan le barbare, M. Arnold Schwarzenegger pourraient apporter leurs voix aux personnages. Toutefois, rien n’est encore confirmé. Le projet entame à l’heure actuelle sa phase de pré-production.

dDR

n

Le retour des Pocket

Des nouvelles du Studio Blue Yonder Films. Fort de l’accueil réservé au premier Hoodwinked (La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge pour la France), le studio nous concocte une suite : Hoodwinked 2 : Hood Vs Evil. Rouge, Grand-mère Pocket, le loup et Mr Flickers seront de retour. La fine équipe enquêtera cette fois sur la disparition d’Hansel et Grettel. En attendant la sortie de ce titre fort attendu, le studio développe un nouveau projet, prévu pour 2009. Exit les contes de Grimm, Escape from Planet Earth actuellement en tournage penchera cette fois du coté science-fiction. Un groupe d’aliens venant des 4 coins de l’univers vont tenter de s’unir pour s’évader de la Zone 51. Ces deux films seraient à la fois prévus en projection simple, puis proposés en relief. A condition bien sûr que le nombre d’écrans numériques compatibles augmente d’ici là.

France / Etats-Unis :

Une alliance nouvelle

Dévoilée en avant-première au festival d’Annecy, le projet Igor tout juste sorti de sa phase de post-production promet d’être l’un des succès animation de cette fin 2008. Ce projet insensé, impossible il y a encore quelques années, résulte de la vision d’un homme, Max Howard, qui a fait ses armes chez Disney. Si la production et le montage financier demeurent américains, l’intégralité du film a été réalisée par le studio français Sparx, situé à Paris et au Vietnam. Sous l’œil attentif du réalisateur Anthony Leondis, l’équipe a donné vie à ce petit bossu, à qui l’on donne un jour l’opportunité de devenir lui aussi, un grand génie du mal. Il créé l’arme absolue : Eva, qui n’a qu’un rêve, devenir actrice… Ce conte fantastique aux allures de Frankenstein devrait sortir aux USA courant septembre, pour ensuite poursuivre sa carrière hexagonale mi-décembre. Un film original attendu avec impatience.

LE CHIFFRE DU MOIS

600

millions

C’est la somme que la filiale du conglomérat indien RBE a inves-

tie dans les studios

DreamWorks afin que ces derniers retrouvent leur indépendance.

6/7

© Dreamworks pictures

tion/3D


Kung Fu Panda, de Mark Osborne. Sortie le 9 juillet.

Petit Panda deviendra grand

© 2008 - Pixar Animation Studio

© 2008 - Image.net

Le nouveau bébé des studios DreamWorks s’appelle Po… un gros panda qui va, contre toute attente, être élu Maître Dragon du Kung Fu pour combattre l’affreux Taï Lung. Et il va en baver le panda pour maîtriser l’art du combat ! On retrouve dans Kung Fu Panda tout

Wall-E, de Andrew Stanton, sortie le 30 juillet.

Wall-E-cinant Depuis Toy Story en 1995, chaque nouvelle production du studio Pixar est attendue avec une immense ferveur. La capacité à livrer un chef-d’œuvre d’animation de manière quasi annuelle laisse pantois et dubitatif. Alors, que vaut cette cuvée 2008 ? Wall-E est-il un juste représentant de cette “charte de qualité” auquel nous a habitué le studio ? Voilà 700 ans que la Terre est a été désertée par l’humanité. Celle-ci a laissé le soin de nettoyer la surface du globe à de petites machines baptisées Wall-E. Mais à travers tous ces siècles, un seul représentant de cette race de robot a sur-

le génie de DreamWorks (la série des Shrek, Nos voisins les hommes, etc.) : le souci du détail dans les décors, le choix des couleurs qui respecte les traditions de la Chine ancestrale ; l’impressionnant travail de graphisme sur le rendu des matières (notamment le pelage de Po) et sur les séquences de bagarre. Pour les petits c’est un joli film avec une histoire sympa et beaucoup d’humour, et pour les plus grands le film est porteur d’un message plus profond. Kung Fu Panda est une belle leçon de tolérance, d’acceptation des différences et qui encourage à croire en ses rêves. Le parcours de Po est un voyage spirituel, un parcours initiatique qui rappelle quelques contes d’Extrême-Orient. Décidément, il n’y a pas de doute, DreamWorks a tout compris. Chaque film est un régal, on se laisse séduire par chaque création du studio. Trop facile ?! Cécile Guthleben

n o i t a m i An

vécu. De longues années de solitude pendant lesquelles le dernier Wall-E a développé une personnalité et surtout un grand besoin de compagnie. Touchant, imaginatif, inspiré, formidable, les superlatifs ne manquent pas pour ce qu’on peut qualifier d’ores et déjà de chef-d’œuvre du septième art. De la fable écologique à la critique sociétale du tout assisté et de la surconsommation, Wall-E aborde ces sujets avec intelligence et aplomb sans jamais s’ériger en donneur de leçon. Des thèmes périphériques magistralement maîtrisés, même si le fond du film se focalise avant tout sur un improbable amour mécanique. Une love story qui est traitée avec une justesse et une poésie rares sans jamais tomber dans la mièvrerie de bas étage. Pour ce Wall-E, c’est donc un plébiscite sans aucune retenue. On sort de la salle avec les yeux pleins d’étoiles, presque humides, touché par le spectacle auquel on vient d’assister. Thibaut Giquel


Les dents de la nuit, sortie le mercredi 6 août 2008

Les dents de l'ennui

ception, on décèle dans cet amoncellement de sketches soporifiques une scène plutôt réussie : la transformation

de nos deux héros en hamsters. Un bref moment de magie dans un film plutôt banal. Irène Hervois

©SND

Tous ceux que Red is dead, parodie de film d'horreur que la fameuse Odile Deray se chargeait de promouvoir, fait rire aux éclats pourront passer leur chemin. Dans cette comédie d'horreur où des jeunes trentenaires avides de soirées chics tombent dans un traquenard destiné à abreuver des vampires tout puissants, l'enchaînement de gags provoque surtout l'overdose. Si Patrick Mille, après avoir fait ses preuves en directeur de communication sous pression dans 99 francs, tire honorablement son épingle du jeu, sa partenaire, Julie Fournier déploie un catalogue d'expressions digne d'un mannequin de la Redoute. Cette tentative plutôt hors du commun d'un duo de réalisateurs issus de la publicité ne possède aucune inventivité visuelle et semble montrer que le film d'horreur français ne parvient aujourd'hui qu'à se produire dans les extrêmes, entre l'insoutenable gore d'un Frontières et la lourdeur comique de ces Dents de la nuit. Malgré cette dé-

Bienvenue au cottage, de Paul Andrew William. Déjà en salles. Un enlèvement qui tourne au cauchemarA voici le pitch de ce petit film de

Ce film est un bijou d’humour noir british à la croisée des genres. Servi par des acteurs surprenants à la théâtralité contenue, le réalisateur entraîne le spectateur dans une virée loufoque en pleine campagne anglaise. Le tandem fraternel David (Andy Serkis)/ Peter (Reece Shearsmith), aux personnalités opposées fonctionne à merveille. Malgré des situations à la limite du vraisemblable, la mise en scène reste intelligente et maîtrisée. A savourer entre connaisseurs avertis. B.B.

rédaction.

Voici Bienvenue au Cottage, nouveau film de Paul Andrew Williams après son London to Brighton, sorti il y a un an dans un complet anonymat. Alors que dans certain films, le mélange d’humour british et d’horreur fonctionnait à plein régime, ici, il semble en panne d’inspiration. Le concept était pourtant séduisant mais le jeu exacerbé des comédiens et le rythme en dents de scie alourdissent profondément l’ensemble. Excepté quelques scénettes cocasses, l’humour ne rehausse pas la qualité du métrage et provoque une distanciation du réalisateur sur son sujet des plus mal venues. On attend quand même le prochain film de Williams. T.G.

© Wild Side

genre sans prétention qui a divisé la

12/13


Wanted, Choisis ton destin, de Timur Bekmambetov. Sortie le 16 juillet.

Timur Bekmambetov. Son nom ne vous dit rien. En Russie, ce jeune réalisateur au style plus numérique que cinématographique a raflé la mise en 2006 avec le polar Day Watch, immense succès au box-office. Jaloux, les studios américains ont décidé de s’offrir les services du réalisateur kazakh. Naît alors Wanted, choisis ton destin que ni le titre ni la bande annonce ne plaçaient franchement sous les meilleurs auspices. Et pourtant, cet objet à mi-chemin entre Matrix et le film de super-héros pourrait parvenir à combler les attentes de tout cinéphile ne contractant aucune allergie au divertissement de qualité agrémenté d’effets spéciaux jusqu’à la lie. Car certains films d’action savent aussi raconter des histoires. Le pitch Il y a de cela fort longtemps une entreprise de tisserands fonda d’une pierre deux coups une confrérie d’assassins. Voici approximativement la manière dont s’ouvre Wanted avant de s’embarquer dans un règlement de comptes des plus spectaculaires du haut d’un gratte-ciel. Le rire nerveux guette devant ce salmigondis mystique et la surenchère d’effets spéciaux reléguant le plus sophistiqué des Matrix au placard. En quelques minutes, le jugement semble déjà prononcé : trafiqué à outrance, cette machine hollywoodienne nous coûtera encore un cachet d’aspirine à la sortie. Un peu de patience. On nous présente alors notre héros, ou plutôt notre antihéros. Wesley Gibson, trentenaire au bord de la crise de nerfs aimerait tout jeter par la fenêtre et prouver à son embarrassant patron, comme à son horripilante petite amie, qu’il existe. Affublé d’un anorak bleu pas vraiment digne d’un super-héros, il se rend à la pharmacie afin de se procurer des pilules destinées à atténuer ses crises d’angoisse, dont il ignore encore qu’elles lui permettront de développer

© 2008 - Image.net

Tuer ou tisser, this is the question

ses futurs talents de tireur. Une mystérieuse femme, Angelina Jolie très à l’aise dans un registre auto-parodiant sa Lara Croft, lui fait alors part de la mort de son père, tué sur le building initial du film. Plus préoccupé par l’abandon de sa morne existence que par la vengeance d’un père qu’il n’a jamais connu, Wesley se fait violence et choisit d’entrer dans cette intrigante confrérie d’assassins. Du style Avec un pitch aussi simpliste, Wanted qui emprunte à Fight Club son excentricité formelle et son anti-héros anesthésié par un quotidien des plus tristes, réussit la prouesse de nous tenir en haleine pendant près de deux heures. Car il s’agit avant tout d’un point de départ. Ne vous attendez pas pour autant à une réflexion profonde sur l’acte de tuer et sur les prétendues bonnes intentions du pouvoir qui l’a ordonné. Le film esquisse tout de même ce thème, traité avec plus de réalisme par les aventures de Jason Bourne et ses sérieux trous de mémoire. Wanted choisit délibérément le style exubérant des gunfights pour mener à terme la quête

initiatique de son héros. Plus politiquement correct que le récit original de Mark Millar où la devise de la confrérie s’éloignait du « pour une vie tuée, tu en sauveras mille » du film, Wanted ne partage pas, pour notre bonheur, les scénarii et la mise en scène sans relief du film d’action bêta à la Michael Bay. A l’instar du Speed Racer des Wachowski, le travail de post production s’érige en composant à part entière du film. Parfois envahissant, il lui confère pourtant son allure délurée et ironique définissant ses propres limites : celle d’un film parvenant pleinement à divertir. Fourmillant de décors soignés et de détails malicieux, à l’image des bains de cire pris par les tueurs pour se régénérer ou encore de rats malicieux et explosifs, ce blockbuster estival bénéficie également de la présence d’un acteur qu’on ne pouvait attendre ici. Dans le rôle titre, James McAvoy se fond dans cet univers fantaisiste avec beaucoup de brio. Prêtant sa frêle carrure et ses traits de dandy au charme discret à Wesley, il démontre que les mélodrames romantiques à l’anglaise ne sont pas son seul terrain de jeu. I.R.


Braquage à l’anglaise, de Roger Donaldson. Sortie le 06 Août.

©2008 etropotitan filmexport

Arnaque à l’anglaise

Le nouveau film de Roger Donaldson (Cocktail, Guet-apens, La Recrue etc…) est inspiré d’une histoire vraie. Un braquage est organisé par une bande de quasi-amateurs dans une banque londonienne. L’opération semblerait simple… Si

une fois le butin en lieu sûr, Terry, entraîné dans ce casse par son amie d’enfance Martine, ne réalisait qu’il avait mis le doigt dans de douteuses affaires concernant des membres de l’Etat et des mafieux. Ce fait divers célèbre, offre une opportunité scénaristique très forte. Chaque rebondissement amène à considérer les voleurs avec de plus en plus d’indulgence vis à vis des autres. Néanmoins, la séquence du braquage reste peu vraisemblable. Comment auraient-ils pu orchestrer cette intervention aussi facilement ? Malgré une légère exagération de jeu de la part de Terry : Jason Statham (déjà connu à l’écran pour Revolver de Guy Richie et même Cellular de David R.Ellis), le casting fonctionne. L’envoûtante Martine, interprétée par Saffron Burrows (déjà vu dans Klimt de Raoul Ruise avec John Malkovich), nous replonge dans les années seventies. Mais Braquage à l'anglaise, où tout est en déballage visuel, reste un film sans grand intérêt. Beaucoup de bruit pour rien… Laetitia Grou

Surveillance de Jennifer Chambers Lynch. Sortie le 30 juillet.

Un Lynch peut en cacher une autre gêne, persiste et s’incruste. Le spectateur finit par se sentir complice de ce qui s’est produit sur l’écran… Opération réussie, donc, pour ce thriller insupportable et un bon présage pour l’avenir de Miss Lynch C.G.

14/15

© Lago Films Allan Feildel

Pour son deuxième film, Jennifer Lynch a, comme qui dirait, puisé dans l’univers de son Pôpa chéri : une femme qui court sur une route la nuit, une thématique autour de la recherche de la vérité, un questionnement sur les apparences, le pouvoir des images et du montage etc. Mais, et là où c’est assez agréablement surprenant, elle a réussi à éviter de tomber dans la pale imitation d’un film de David. Surveillance est un véritable thriller haletant qui raconte l’enquête de deux agents du FBI sur une série de crimes pour le moins sanglants et cruels. La narration adopte tour à tour les points de vue des trois personnages survivants du massacre et perd ainsi le spectateur dans les méandres des événements. Et pour la fin, sans rien dévoiler, ça a un petit côté M.Night Shyamalan. Mais il est définitivement impossible d’aimer ce film. Pour des dizaines de bonnes raisons ; mais surtout parce qu’en sortant ça vous a collé la nausée. Et ce sentiment de dégoût, de


Sakuran, de Mika Ninagawa. Sortie le 20 août 2008.

© 2008 - Eurozoom

De l’art de courtiser

Japon, XVIIe siècle. C’est au cœur d’Yoshiwara, quartier des oiran – courtisanes – que va se jouer le destin de la magnifique et rebelle Kiyoha qui refusera de vivre la vie qu’on lui impose. Pour sa première réalisation, la photographe Mika Ninagawa a choisi d’adapter le manga éponyme de Moyoco Anno et signe un film à la dimension symbolique forte. Omniprésence des fleurs de cerisiers (sakura en japonais)

comme fil conducteur du film, qui symbolisent à la fois la pureté et la fragilité de l’existence. La redondance de l’apparition des poissons rouges représentent la force, le courage et la persévérance (ce qui correspond tout à fait au caractère de Kiyoha). Avec ce film, le spectateur plonge dans l’univers sulfureux du Japon médiéval. Malgré le rythme très (trop ?) lent, et l’issue assez prévisible, la beauté des décors et des costumes est quasi-hypnotisante. Les couleurs flamboyantes crèvent l’écran. Côté esthétique, on pourrait croire à des photos tellement le cadrage et la composition des plans sont travaillés. S’il est vrai que le scénario de Sakuran est un peu faible, il n’en va pas moins une véritable fable japonaise d’une réelle beauté. C.G.

Slam Drunk

Kung Fu Dunk, rebaptisé Shaolin Basket pour les besoins de sa sortie française, n’a rien à voir avec Shaolin Soccer hormis le fait de vouloir surfer sur le succès international de son illustre modèle. Et dans l’hommage (pour ne pas dire plagiat), Shaolin Basket n’y va pas de main morte, allant même jusqu’à recruter certains acteurs du film de Stephen Chow. Orphelin abandonné près d’un terrain basket, Shijie est confié à une école de kung fu dès son plus jeune âge afin d’y recevoir un enseignement intensif. Devenu adolescent, il est désavoué par le directeur de l’école après avoir provoqué un combat dans un restaurant, et se retrouve à la rue. Cherchant avant tout à profiter de son talent, son ami et manager de fortune Chen-li va alors lui proposer de se tourner vers le basket. Si c’est toujours plus facile de calquer la réussite d’un film, il aurait été judi-

cieux dans le cas présent d’y mettre un peu de talent. Entre une mise en scène “clipesque” qui abuse des ralentis et un scénario anémique qui ne parvient jamais à donner l’épaisseur nécessaire à ses personnages, difficile de soutenir les choix artistiques de ce Shaolin Basket. Ajoutez à ça des enjeux dramatiques inexistants et un humour potache peu convaincant, et le plagiat se transforme rapidement en pugilat. Au point que le dernier tiers du film de Chou YenPing tourne carrément à l’indigestion dont la maigre cohérence avec l’introduction frôle le mépris généralisé du public. N’est pas Stephen Chow qui veut ! T.G.

© Metropolitan Films export

Shaolin Basket, de Chu Yen-ping. Sortie le 20 août.


Biutiful Cauntri de Esmeralda Calabria, Andrea D'Ambrosio, Peppe Ruggiero . Sortie le 16 juillet.

Ecologiquement engagé

© cinemaK

Depuis une quinzaine d'années, des tonnes de déchets non traités s'accumulent dans les rues et les campagnes de Naples en raison de l'insuffisance des centres de traitement. Cette région appelée la Campanie est l'une des plus fertiles d'Italie, mais aussi l’un des plus touchées. Surnommée « le triangle de la mort » on y trouve le taux de tumeurs le plus élevé. Malgré les récurrentes manifestations des habitants, les autorités restent très inactives vis-à-vis du problème. Ce sont des organisations dites « écomafieuses » qui gèrent les centres de traitements. Elles

autorisent par souci d'économie, la construction de sites non conformes ainsi qu’un traitement clandestin des déchets. Ces pratiques nuisent à plus d'un titre à la population : salubrité, élevage, cultures, tourisme, rien n’y échappe. Ce documentaire engagé, tourné en numérique, nous place au plus près des habitants de cette région qui vivent et subissent cette situation désastreuse au quotidien. La caméra filme des témoignages déconcertants sur les répercussions écologiques et environnementales. Les 1200 décharges regorgeant de déchets toxiques contaminent les cultures et les animaux. Empoisonnés par les liquides résiduels toxiques, ceux-ci contaminent à leur tour l’homme. Un film qui propose une prise de conscience mondiale, car ce problème concerne l'Europe tout entière. Les produits exportés d'Italie vers l'international risquent fortement d'être pollués par la dioxine. Les perspectives d’avenir sont toutefois peu évoquées, pour ne laisser place qu’à un constat alarmant.

Esmeralda Calabria, Andrea d'Ambriosio, et Peppe Ruggiero, par ce geste citoyen, redonnent espoir à une population italienne désemparée. Laetitia Grou

Let's get lost de Bruce Weber, sortie le 23 Juillet.

Chant du cygne

cet homme énigmatique et fascinant. En alternant documents d'archives de la Californie des années 50 et images récentes d'un Chet Baker vieillissant, Let's get lost se balade, telle une improvisation de jazz, pour nous raconter la genèse et la chute d'un mythe. Mauvais père, mauvais mari, mais artiste de génie. Ce sont les trois dimensions que ce film, sorti en salles deux ans après la mort du musicien, met en perspective. Sa ressortie constitue une parfaite occasion pour se prélasser dans un fauteuil de cinéma sur un air de jazz. Irène Hervois

DR

On reproche souvent aux biographies filmées d'user sans modération des ficelles psychologiques, et plus particulièrement du traumatisme d'enfance, pour parvenir à justifier les névroses de son héros. Le documentaire de Bruce Weber, qui ressort à l'occasion du triste anniversaire marquant les vingt ans de la mort du jazzman Chet Baker échappe à cet écueil. Il n'empreinte pas non plus la voie un peu trop facile de la narration en voix off mais construit, au fur et à mesure des témoignages du musicien mais surtout de ceux qui l'ont côtoyé, un portrait saisissant de

16/17


X-files de Chris Carter. Sortie le 30 juillet

Agents Mulder et Scully, Dix ans après le premier film et six ans après l’arrêt de la série, ils sont de retour… Mulder et Scully, le couple my-

thique de la télévision des années 90 ! David Duchovny a abandonné sa raie de côté, Gillian Anderson ses vestes à épaulettes… Mais, ils rempilent pour une nouvelle enquête dans X Files : Régénération (dont le titre original est X Files : I want to believe en référence à la célèbre affiche dans le bureau de Mulder). Jusqu’à quelques semaines avant sa sortie en salles, très peu d’informations avaient filtré sur l’intrigue... Elle serait toutefois fondée sur l’enlèvement suspect d’un groupe de femmes en Virginie. Alors que l’enquête piétine, un prêtre se met à avoir des vi-

© 2008 - 20th Century Fox

c’est reparti !

sions, ce qui plonge la police au cœur de bizarreries qui la dépassent. Et c’est là que le duo de choc doit intervenir, bien que le FBI ait fermé les X-Files et que les deux agents n’aient – semblet-il – pas envie de replonger dans leur ancien univers… La projection de presse ayant été programmée après notre bouclage, nous n’avons pas pu voir le film… Alors, raté ? Réussi ? Chris Carter (réalisateur du film et créateur de la série) a-t-il su restituer l’ambiance si particulière des débuts de la série ?... Suspense. C.G.

Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz. Sortie le 20 août.

Peu mieux faire Un nouveau film de Mathieu Kassovitz est toujours attendu avec une certaine ferveur même si, depuis l’audacieux Assassin(s), la déception est souvent de mise. Après l’impersonnel Gothika, qu’il n’a tourné que dans l’espoir de concrétiser des projets plus ambitieux, c’est aux commandes d’un film de science fiction dans la veine cyberpunk que l’on retrouve le réalisateur français. Adapté de Maurice G. Dantec, pilier de la littérature SF francophone, Babylon A.D. est assurément le meilleur long-métrage du cinéaste depuis dix ans. Dans un futur en proie au chaos et aux poussées d’intégrismes, le mercenaire Hugo Cornelius Toorop est chargé

d’escorter une jeune fille de la Russie jusqu’aux Etats-Unis. Au cours de ce périple, Toorop va découvrir que la demoiselle possède d’impressionnantes capacités qui pourraient changer la face du monde. Centré sur les évolutions probables de notre société, Babylon A.D. se veut traiter à la fois de l’expansion du fanatisme, des dérives de la société consumériste ou de notre impact sur l’écosystème. Le problème, c’est qu’en voulant trop faire, Kassovitz ne fait qu’effleurer ces thèmes et donne la désagréable impression d’un montage raccourci pour les besoins de l’exploitation en salles. Il en demeure un “actionner” efficace qui sait divertir son public sans trop vouloir le faire réfléchir, dommage. Question mise en scène, le film souffle le chaud et le froid. Si le réalisateur gère la construction de ses cadres et donne la place nécessaire aux comédiens (mention spéciale à Vin Diesel et à une Mélanie Thierry qui se révèle enfin au grand public), il passe complètement à côté de ces scènes d’actions avec un montage trop “cut” et des effets inutiles. De nombreux défauts qui n’empêchent pas Babylon A.D. de s’appuyer sur des qualités rythmiques et visuelles qui, s’il elles ne combleront pas les aficionados de Dantec et les mordu de SF, permettra au spectateur lambda de passer un agréable moment. Pour tous les autres, on leur conseillera plutôt de revoir Les Fils de l’Homme. T.G.


Les

3

p’tits

cochons,

de

Patrick Huard. Sortie le 6 Août.

Il y a comme un

Trois frères, trois “blondes”, trois tentations. Par “blonde”, comprendre “femme”. Alors que leur mère est dans le coma à l’hôpital, les trois héros de ce film s’adonnent aux douces joies qu’inspire le danger. Par “danger”, comprendre “infidélité”… Comment résister à la tentation de tromper sa femme alors que le train-train quotidien fatigue? Qui n’a pas rêvé de voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ? Comment résister, ou pire, comment ne pas se faire choper…? Voici les problèmes existentiels du moment dans la famille de ces Canadiens.

Aussi en salles Gomorra ฀

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de l’empereur dragon

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Love Gourou

Rien de tel que les petits tracas de couple pour faire une comédie. Cela étant, le risque serait de tomber dans le déjà vu, dans le ridicule, et pour finir dans le niais. Il n’en est rien du côté des 3 p’tits cochons. Il y a du vif, du piquant dans l’humour canadien. C’est fin et plutôt dépaysant. Le français-québécois, parlé avec des expressions inconnues, c’est comme entendre une parodie de soi-même. Peut-être n’estce dû qu’à cet accent si particulier, mais le fait est que pour une comédie romantique, c’est une surprise. À croire qu’il s’agit de rôles de composition pour les acteurs… Avis aux réticents de ce genre de films : en voilà un qui a le mérite d’être vraiment drôle et même un peu osé dans le genre ! C.C.

La Momie III : la tombe

© 2008 - TFM Distribution

vent d’infidélité dans l’air…

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Sélectionné au festival de Cannes, le film de Matteo Garonne propose une plongée vertigineuse dans les entrailles de la Camorra, la mafia napolitaine. Violente, brutale, impitoyable, cette fresque s’attarde sur les différents protagonistes sur fond de trafic de drogue et de guerre de clans. Pour un public averti. Retrouver l’ensemble des notes de la rédaction sur le site : www.cinemation-magazine.fr

La suite des aventures de la famille O’Conell emmenée par Brendan Fraser (Rick). Nos chasseurs de trésors réveillent cette fois la momie d’un empereur chinois dotés de pouvoirs magiques. Exit Rachel Weiss et Stephen Sommers. Ce nouvel opus signé Rob Cohen devrait être plus musclé. Blockbuster fantastique bourré d’action en perspective.

Vous avez des problèmes de couple que vous ne savez pas comment résoudre ? Rassurez-vous, le gourou Pitka a la solution. Le film de Marco Schnabel signe le grand retour de Mike Myers dans un nouveau personnage exubérant, à l’instar de Austin Powers. A noter le retour de Verne Troyer alias « Mini-moi », le clone 1/6 du diabolique Docteur Denfer… à réserver aux fans. 18/19


© Warner Bros.

© Twentieth Century Fox France

© SND

© Gaumont Columbia Tristar Films

© Warner Bros. France

© Warner Bros. France

Les Super-héros

pouvoirs et des costumes uniques... Sans eux, le monde ne serait que désastre et chaos. Les Super-héros...

Décryptage du mythe et des raisons de leur succès

© UFD

Surhumains, ils possèdent des super-


Recette pour créer un super-héros…

P

© Columbia TriStar Films

remièrement, un s u p e r héros a des aptitudes surnaturelles grâce auxquelles il réalise des prouesses hors du commun. Il possède également des aptitudes uniques : une force extraordinaire, une agilité hors du commun, le pouvoir de voler, ou tout simplement une ceinture multifonction… Il lui faut des super-pouvoirs, ou du moins un attribut tout à fait épatant qui le caractérise. Autre élément important : sa double identité ! En apparence, notre surhomme est un citoyen lambda, mais il a souvent une identité secrète : Clark Kent pour Superman, Bruce Wayne pour Batman, Peter

Qui pourrait prendre ce simple photographe pour Spiderman ?

Parker pour Spiderman… Si son existence semble à peu près normale, le justicier solitaire entre dans la peau de son personnage dès qu’il enfile son costume. Tout super-héros qui se respecte porte un costume aux couleurs identifiables (du rouge et du bleu, des collants ringards, ça vous parle...). Ce subterfuge lui sert à la fois de camouflage mais agit également comme une délivrance. Le super-héros devient réellement lui-même libéré des barrières sociales. La naissance du super-héros N’est pas super-héros qui veut. Il faut régulièrement sauver le monde, affronter les puissances du mal, défendre la veuve et l’orphelin. Oui mais

pourquoi, dans quel but ? D’où provient cette volonté de faire le bien ? Le plus souvent d’un drame. Ou plus exactement du propre malheur du héros. Il faut parfois vivre une tragédie pour réveiller le superhéros qui dort en soi ! Grâce à une catastrophe naturelle, à une mort tragique, un accident de petit chimiste, de simples mortels (certes parfois déjà hors du commun) deviennent des surhommes aux pouvoirs prodigieux. Et les voilà, la plupart super justiciers, avides de justice ou de vengeance, bien décidés à effacer les méfaits de ce monde. Il n’est pourtant pas rare que certains aient une personnalité si ambigüe qu’il devient difficile de les ranger dans la case “good guy” ou “vilain”. Batman, Venom, Darkness, Witchblade, Dakman , le Shadow… nombreux sont les personnages plus proches de la créature ou des criminels qu’ils pourchassent, devenus héros malgré eux. Le côté obscur de la force Super, mais pas infaillibles. Personne n’est pas parfait, et tous ont un talon d’Achille : Superman et la Kryptonite, ou encore une peur incontrôlable de perdre

Parce qu’il y a toujours un méchant.

l’être aimé (car il y en a toujours un…). A chacun son point faible et le Super-méchant ou « vilain » qui va avec. Car il faut bien quelqu’un qui sache comment frapper un être a priori

Dans la peau d’un super-héros

Trois étapes sont décisives dans le choix d’un interprète pour le rôle de superhéros au grand écran. La première concerne la distribution artistique. Comme l’explique Bryan Singer, metteur en scène de Superman Returns, celle-ci repose sur l’exigence de trouver « quelqu’un qui reflète [la] mémoire collective » du super-héros afin de devenir « la vivante image du personnage ». La deuxième touche à l’essayage du costume. Ainsi, après de multiples hésitations, ce fut les essais des vêtements de Spider-Man par Tobey Maguire qui finirent de convaincre Sam Raimi. La troisième se rapporte à la préparation physique du rôle-titre. Robert Downey Junior, alias Iron Man, s’est, par exemple, astreint, tout au long du tournage, à la pratique de la musculation et à l’initiation des arts martiaux. Tout amène donc à penser que la faculté à endosser des costumes improbables, la capacité à développer une musculature presque surhumaine de même que l’aptitude à mener des combats de Titans représentent sans conteste l’apanage constant sinon nécessaire de chaque incarnation cinématographique de super-héros. 20/21

© Columbia TriStar Films

© Warner Bros.

Des super-pouvoirs


Ah! L’amour… Et comment font-ils pour être si forts alors ? Un super-héros pourra être le

plus sombre des héros qui soit, il aura toujours un grand cœur. C’est souvent par amour que ces justiciers se battent, même si certains n’ont que la justice, à défaut d’une belle dulcinée. Dans cette vision manichéenne de la société, ces icônes Les super-héros tombent souvent amoureux. modernes ont donc une force que leurs ennemis n’ont pas. Sans cette vision chance d’espérer le succès auprès du romantique quasi universelle, aucune grand public.

Money, money, money…

L

es studios l’ont compris, les films de super-héros ça rapporte ! Ils exploitent le filon jusqu’au bout. Preuve en sont les multiples déclinaisons des aventures de personnages tels que Spider Man ou Batman. Parmi les franchises juteuses, deux maisons d’édition américaines concurrentes se partagent la quasi-totalité du marché : Marvel (créée en 1939) qui figure en tête de liste avec entre autre Iron Man, Hulk, les X Men, Spider

Man, et autres Daredevil… puis les héros estampillés DC Comics (créée en 1935) : Batman, Catwoman, Superman etc… Pour des budgets qui oscillent de 35 millions de dollars (pour le Batman de Tim Burton en 89) à 270 millions (Superman Returns réalisé par Bryan Singer en 2006), les recettes varient tout autant: Les 4 fantastiques et le Surfeur d’Argent (Tim Story. 2007) a rapporté 288 656 494 dollars, alors que Spider Man 3 (Sam Raimi. 2007) a engrangé 890 871 626 dollars ! Mais ces films font tout de même le bonheur des producteurs en réalisant toujours des bénéfices largement rentables. Ce sont finalement les héros les plus connus du grand public qui ont le plus de succès au box-office.

© SND

Marvel s’en mêle Autre tendance, les Films Marvel semblent avoir plus de succès que les autres : les trois premiers volets de Spider Man ont rapporté plus de 2,5 milliards de dollars alors que les cinq Batman n’ont atteint “que” 1,7 milliards de dollars de recettes. Licence plus populaire ou engouement tardif ? Les divers films du chevalier noir virent le jour dans les années 90 tandis qu’avec Spider Man, on est au 21e siècle. De plus, les derniers arrivés sur grand écran font une percée remarquable et réussissent à se tailler une Iron Man, sorti en 30 avril denier, a engrengé 563 438 815 millions de dollars

Tout pour devenir un super-héros Tout ce que vous avez toujours voulu vous approprier des super-héros… sans jamais oser l’imaginer possible ! Des jeux aux jouets en passant par les produits de beauté et la décoration d’intérieur : les producteurs et les réalisateurs de blockbusters ne cessent d’étendre leur gamme de produits dérivés à une large palette de secteurs d’activités touchant toujours davantage au quotidien. Loin de représenter une réelle innovation, ce type de marketing ne fait que perpétuer une longue tradition instituée par Georges Lucas en 1977 à l’occasion de la sortie du premier opus de La Guerre des étoiles. A l’époque, figurines et maquettes de vaisseaux spatiaux furent commercialisées afin de permettre au cinéaste américain de financer les suites de son épopée cinématographique. Pour les films de super-héros, la démarche est inverse : les adaptations du septième art constituent déjà en elles-mêmes des produits dérivés. En effet, issus principalement des bandes dessinées, les personnages extraordinaires ont tout d’abord connu le succès à travers le domaine de l’édition avant de se décliner au cinéma et à la télévision à l’instar de Spiderman et autres confrères.

© Columbia TriStar Films

invincible. Chaque génie du mal a sa méthode, souvent moins surnaturelle mais toujours diaboliquement ingénieuse : argent, chantage affectif, technologie, et une volonté à toute épreuve agrémentée d’un brin de folie furieuse... Sous la figure du monstre, de l’ambitieux jaloux, ou pire du fou à lier sans foi ni loi, les ennemis ont de la ressource. Le défi s’avère presque surmontable, mais le “vilain” ne gagne bien évidemment jamais. Car outre leurs super-pouvoirs, les super-héros sont toujours super-plus-forts !


© 2008 - Warner Bros

belle part du gâteau. Iron Man de Jon Favreau sorti en France le 30 avril dernier, a rapporté 563 438 815 millions de dollars ; un deuxième volet est d’ores et déjà prévu pour 2010. Quant au deuxième volet des aventures du géant vert (L’Incroyable Hulk, de Louis Leterrier), il a déjà rapporté environ 210 millions de dollars ! Le nouvel opus du héros chauve-souris (Batman : The Dark Knight), réalisé par Christopher Nolan réussira-t-il à inverser la tendance ?

Quel va être le chiffre d’affaire du prochain Batman ?

© Warner Bros. France

© Warner Bros.

Un reflet politique de la société américaine ?

C

Batman et les années de crise.

’est en 1948 que les super-héros font leurs premières apparitions au cinéma sous la forme des serials. Persuadés que ces petites fictions vont leur attirer un nouveau public, la majorité des éditeurs de comics books font cadeau des droits d’adaptation aux studios. Un cas de figure aujourd’hui impensable. Superman est le premier héros DC Comics adapté au cinéma pour une série de trois longs-métrages qui sont en fait les serials mis bout à bout. Les super-héros reviennent à la télévision avec The Adventures Of Superman, diffusé de 1953 à 1958. Dans les années 60, c’est au tour de Batman d’avoir les faveurs de la petite lucarne avec la série éponyme. Dans ces adaptations, le choix du person-

Superman, héros des années Reagan.

nage ou l’angle choisi pour les transposer sont bien souvent révélateurs des conditions économiques, politiques ou sociales de l’époque. A chacun son rôle A travers leurs séries, Superman iconise la toute-puissance de la nation américaine après la Seconde Guerre mondiale et Batman fonctionne comme un reflet des sixties et du flower power. Plus tard, Wonder Woman consolera le public U.S. des années 70, après la déroute de la guerre du Vietnam, en symbolisant une héroïne patriotique et invincible. En 1968, la société DC Comics, éditeur de ces trois super-héros fait face à d’importantes difficultés financières et cherche à se faire racheter.

A chacune son époque Intéressé principalement par cette icône d’après-guerre qu’est Superman, le studio Warner Bros. va se porter acquéreur et garantir la sécurité financière du groupe. Le premier Superman sort en 1978 et, encore une fois, l’exploitation de cette franchise sera intimement liée à la conjoncture traversée par les Etats-Unis de la fin des années 70 au début des années 80. La politique Reaganienne, prompte à porter aux nues les super-héros, trouvera dans Superman un modèle emblématique des valeurs de la nation et une résonance à la politique ultra-libérale. Après cette euphorie, la fin des années 80 subit une période de crise qui voit les inégalités se creuser et la cri22/23


minalité augmenter. Des circonstances qui peuvent expliquer le choix de porter Batman sur grand écran en 1989, héros plus sombre et tourmenté (du

moins dans les comics) que son confrère de Metropolis. Miroir d’une nation, phénomène planétaire, jackpot financier ou étendards

idéologiques, les super-héros ont encore de beaux jours devant eux. Dossier réalisé par Ben Brungal, Cécile Chandran, Cécile Guthleben, Thibault Giquel et Katia Dufourmont

Chronologie des Super-héros

© Twentieth Century Fox France

1934 : Naissance de Superman (officiellement 1938 dans la revue Action Comics) 1939 : Première apparition de Batman dans la revue Detective Comics 1939 : Début de la Seconde Guerre mondiale 1941 : Première apparition de Captain America dans Captain America Comics 1941-1943 : Premier dessin animé de Superman produit par la Paramount et diffusé avant les films au cinéma. Un dessin animé qui, à l’époque, faisait office de film de propagande en montrant le héros combattre principalement des Japonais et des savants fous 1942 : Première apparition de Wonder Woman dans All Star Comics 1945 : Fin de La Seconde Guerre mondiale 1947 : Début de la Guerre Froide 1948 : Premier serial de 15 épisodes pour Superman avec Kirk Alyn dans le rôle titre, deux autres suivront en 1950 et 1951 1954-1958 : Série télévisée The ew adventures of Superman avec George Reeves 1961 : Naissance des Quatre Fantastiques dans la revue Fantastic Four 1962 : Naissance de Spiderman dans le magazine Amazing Fantasy (Hulk, Thor, les X-men, Iron Man et Daredevil apparaissent entre 1962 et 1963) 1964 : Les Etats-Unis entrent officiellement en guerre au Vietnam 1965 : Naissance du mouvement hippie 1966-1968 : Série télévisée Batman avec Adam West 1975 : Fin de la guerre au Vietnam 1975-1979 : Adaptation télévisuelle de Wonder Woman avec Linda Carter 1978 : Superman, The Movie de Richard Donner 1980 : Superman II de Richard Lester 1981 : Ronald Reagan est élu quarantième président des Etats-Unis 1983 : Superman III de Richard Lester 1987 : Superman IV de Sydney J. Furie 1989 : Fin du deuxième mandat de Ronald Reagan 1989 : Batman de Tim Burton 1991 : Fin de la Guerre Froide Les 4 Fantastiques naissent en 1961. 1992 : Batman Returns de Tim Burton

Dark Knight, de Christopher Nolan. Sortie le 13 août.

It put a smile on our face!!!

© 2008 - Warner Bros

En attendant la sortie cet été de Dark Knight sur tous les écrans du monde entier, petit retour sur l’un des films les plus attendus de l’année. Réalisateur du premier film, Christo-

pher Nolan retourne derrière la caméra pour cette suite. Côté scénario, on retrouve David S. Goyer déjà responsable de l’excellent script du premier film (en plus d’être un très gros fan du justicier masqué). Hormis Katie Holmes, remerciée par la production pour cause d’incompatibilité artistique, l’ensemble du casting du premier film rempile avec, en plus, quelques nouveaux, et non des moindres. Comme la fin ouverte de Batman Begins le laissait deviner, c’est le Joker

t n o s s l I L L SA

qui a été choisi pour être au cœur de l’histoire de ce nouvel opus. Dans la peau du Némésis, le regretté Heath Ledger est véritablement terrifiant. Il signe ici, l’une des meilleures interprétations du personnage en sachant se démarquer de l’interprétation cabotine de Jack Nicholson dans le film de Tim Burton. Comme un seul méchant ne suffisait pas, Harvey Dent, alias Double Face, fait lui aussi son apparition. C’est Aaron Eckhart, vu dans Le Dahlia Noir et


Thank You for Smoking, qui a été choisi pour se glisser dans le costume du juge schizophrène. Il succède ainsi à Tommy Lee Jones dont l’interprétation dans Batman Forever ne restera sûrement pas dans les annales. Si la bande annonce se garde bien de nous montrer à quoi res-

semble le personnage, un concept art a échappé à la production et a rapidement fait le tour de la toile. Il nous montre une version trash de Double Face, à cent lieues de l’excès de colorimétrie version Joël Schumacher. Voilà pour l’avant goût, si le film nous a

vraiment scotchés par ses thématiques et son univers, on ne peut malheureusement pas vous en dire plus. Vous pourrez néanmoins lire la critique du film fin juillet sur www.cinemation-magazine.fr. T.G.

L'Incroyable Hulk, de Louis Leterrier. Sortie le 23 juillet

L’incroyable Hulk, le super-héros de tous les excès, revient dans un film qui fait suite au long-métrage sorti en 2003, reniant le titre de “suite”. Vivant reclus dans une favela de Rio de Janeiro, le docteur Bruce Banner cherche toujours un remède aux rayons gamma à l’origine de sa transformation. Suite à un accident malencontreux, le scientifique est retrouvé par le général Ross qui souhaite toujours utiliser le pouvoir du “monstre” à des fins militaires. Dès le générique, le ton est donné : la genèse du personnage a été “re-shootée” avec de nouveaux acteurs pour faire table rase du film d’Ang Lee. Edward Norton tout en justesse remplace sans mal Eric Bana tandis que Liv Tyler passe complètement à côté de son personnage. Aux commandes de ce nouvel opus, le frenchie Louis Leterrier, poulain de l’écurie Besson à qui l’on doit les deux Transporteurs et Danny The Dog, semble avoir fait ses classes pour qu’on lui confie un projet d’envergure. Dans ce registre, le réalisateur français parvient à se démarquer en privilégiant une approche plus fidèle à la série télé qu’au film

© 2008 - SND M6 Network

Hulk Reborn !

précédent. La mise en scène, sans être prodigieuse, s’avère néanmoins efficace, dynamique et nettement plus inspirée que celle de son prédécesseur. A l’instar d’un Spiderman, le scénario prend le temps de développer ses personnages, ses thématiques et de poser son atmosphère sans favoriser la surenchère d’effets spéciaux tous azimuts. Le résultat frôle le sans faute : clins d’œil savoureux et respect du matériau d’origine tout en développant plusieurs pistes alléchantes pour la déclinaison cinéma des licences Marvel. Vivement les suites. T.G.

Hancock, de Peter Berg. Sortie le 9 juillet.

Imaginez un super-héros, sans cape, sans collant, pas rasé, vulgaire et au bord du coma éthylique… Qui ne sait pas voler le corps bien tendu avec le poing levé mais les bras ballants, avec l’air complètement déglingué… Qui creuse un cratère à chaque atterrissage et qui, de manière générale, défonce tout sur son passage… Voici Hancock (Will Smith) ! Le super-héros alcoolique perdu dans la ville de Los Angeles. C’est qu’il se sent très seul et très mal-aimé. Il se soucie pourtant comme de l’an 40 de ce que pensent les gens. Les citoyens exaspérés par les “accidents de parcours” du héros pas masqué réclament alors des comptes. Mais le jour où (en causant certes des dommages collatéraux) il sauve la vie de Ray Embrey (Jason Bateman), spécialiste en relations publiques, tout va changer. À l’opposé de ses homologues du genre, Hancock est l’antihéros par excellence. Naze mais quand même drôle… Will Smith est parfait dans le rôle, avec ce petit côté nonchalant et “je-m’en-foutiste” qui lui va si bien. Mais ce n’est que façade bien sûr, car derrière ce personnage atypique se cache un homme perdu et malheureux. Il ne faut pas oublier que

la vie de super-héros peut être assez rude. Hancock est dans l’ensemble réussi. Les effets spéciaux sont hyperréalistes, garantissant au film une esthétique visuelle très réussie, au service d’un scénario original. Il faut dire que l’équipe du film est assez impressionnante, du côté de la réalisation comme de la production. Le casting fonctionne bien et l’histoire des déboires de ce super-héros des temps modernes est touchante. Un cocktail qui fait de Hancock un bon divertissement, visuellement très pointu. C.C. 24/25

© 2008 - Image.net

t en LE S

Le vilain petit canard des super-héros !


Une rentrée animée

Depuis le festival d’Annecy, le groupe France Télévision a annoncé ses programmes phares de la rentrée. Après une

brève introduction un brin langue de bois,

Blaise le blasé.

les directeurs de programmes des différentes chaînes se sont lancés dans un brillant exposé. Au programme, une multitude de programmes d’animation, pour petits et plus grands.

D

u côté de France 5, on mise sur le succès des Zouzous pour en proposer les programmes sur la toile. Si depuis novembre dernier, les tout petits pouvaient déjà voir ou revoir leurs émissions préférées sur le site internet, la chaine compte aller plus loin et proposera dès septembre une plateforme de VOD gratuite ainsi qu’un bimestriel les Zouzous. France 5 affiche son ambition de numéro 1 pour les 3-6ans, et les nouveaux programmes annoncés abondent dans ce sens. Pour 2008/2009, quatres nou©Animalia TM and © Animalia Prod/PFTC 2008

Bientôt sur le petit écran.

velles séries sont annoncées en exclusivités…

le magazine Foot2Rue en kiosque dès la rentrée 2008.

Une nouvelle Web TV pour France 3 De son côté, France 3 national mise sur les 6-12 ans et la famille, se félicitant du succès des co-productions plurielles telles que Foot2Rue et Chasseurs de Dragon. La principale nouveauté est la nouvelle WebTV : ToowamTV, qui prendra le relai de l’antenne, garantissant une émission nationale continue. Cette plateforme devrait être active dès l’automne 2008. Côté programmes : la suite des séries à succès telles que Titeuf, le rebel à la mèche blonde, et des nouveautés comme la série Wakufu (adapté de la BD tirée du jeu en ligne). France 3 a également communiqué sur des émissions à venir. Gaston Lagaffe prévu pour 2009 et Capitaine Biceps entre 2009 et 2010. A noter également

D’autre programmes Plusieurs nouvelles séries sont annoncées sur France 2 à la même période. Outre la série Iron Man, qui succède au film cinéma, Blaise le Blasé vise un public adolescent en misant sur un humour cynique trop rarement vu sur le service public. Et pour les fans de manga, My Life Me. Il semblerait qu’enfin les choses bougent à France Télévision, qui semble faire preuve d’un peu plus d’audace que par le passé. Mais le principal sujet de préoccupation demeure la réforme de l’audiovisuel publique et les résultats de la commission Coppé. Aucun commentaire n’a filtré malgré des tentatives répétées des journalistes. Aucun démenti ni confirmation concernant le repositionnement de France 4 en une chaine destinée aux 15-34 ans. B.B.

France Télévisions : épisode 2 Après la « menace fantôme » survenue début 2008, la polémique concernant la réforme de l’audiovisuel public prend une nouvelle tournure. A peine la commission Coppé a-t-elle rendu son rapport que le petit Nicolas s’est empressé d’en modifier le contenu. Aussi, la fin de la publicité après 20h ne devrait pas prendre effet en septembre 2009, comme préconisé par la commission mais bel et bien dès janvier prochain. Le plus choquant demeure la recommandation du Président sur la future nomination du patron de France Télévisions : un pouvoir qui reviendrait au chef de l’Etat à la place du CSA. Une décision qui a légèrement irrité Patrick de Carolis, dirigeant actuel du groupe, qui annonce d’ores et déjà que les mesures prises pour compenser les pertes de revenus (taxes sur les opérateurs internet, entre autres…) ne suffiront pas. Le Parlement doit débattre du projet de loi avant de rendre le verdict. Affaire à suivre…


© Marcus BRANDT/AFP

ginie Efira y présentera une émission humoristique. Et Maïtena Biraben retrouve l’antenne en prenant les commandes de La Matinale à la place de Bruce Toussaint qui prend le créneau de midi. Sur le service public, Marie Drucker passe de France 3 à France 2 et devient le joker de Laurent Delahousse pour le J.T du week-end. Pour la remplacer au Soir 3, c’est Carole Gaessler qui a été nommée. Autre grosse surprise, qui n’est pas un transfert mais un départ : MarcOlivier Fogiel quitte (momentanément ?) l’antenne pour se consacrer à

A

près la V.O.D, la télévision HD, les portables 3G, la nouvelle révolution technologique c’est la TMP (pour Télévision Mobile Personnelle). Le principe : recevoir la télévision sur son téléphone portable via le réseau hertzien et non plus le réseau 3G. Fin mai le CSA a attribué les canaux de diffusion de la TMP à 13 chaînes privées : Canal+, i-Télé, TF1, Eurosport, M6, W9, BFM TV, NRJ 12, Direct 8 Mobile, Virgin 17, NT1, Orange Sport TV et EuropaCorpTV. Pour le public, France 2, France 3 et Arte ont été retenues. Quelles émissions? Les premières émissions pourraient être diffusées durant les J.O de Pékin en août, mais le véritable lancement de la TMP ne devrait intervenir qu’au courant de l’hiver. Les images, diffusées via la norme DVB-H (Digital Vidéo

Julien Courbet

la radio. Et il est tout-à -fait probable que le mercato réserve encore d’autres surprises d’ici la rentrée… Cécile Guthleben

La télé dans la poche

Broadcasting-Handhels), ne seront accessibles que par 30% de la population durant les trois prochaines années. Le coût d’abonnement pourrait osciller entre trois et six euros par mois. La TMP constitue un bouleversement dans le mode de consommation de l’image et un effacement progressif des frontières entre les différents outils de communication. Cécile Guthleben

Le Lion est mort ce soir… La nouvelle s’étalait à la une des quotidiens du 9 juin. Patrick Poivre d’Arvor ne sera plus aux commandes du 20h de TF1 à la rentrée. Viré après 21 ans de bons et loyaux services, il sera remplacé par Laurence Ferrari. Cette annonce, qui a provoqué un véritable raz-demarée dans le milieu du journalisme, marque définitivement la fin d’une époque. Des rumeurs de plus en plus persistantes dénoncent l’influence présumée du Président Sarkozy sur les choix (présentateurs, cadres dirigeants) de la première chaîne… © TF1/DR

C

’est le début de l’été, donc la saison des transferts... Aussi bien pour les joueurs de foot, que pour les animateurs de télévision. Et 2008 semble être l’année du grand chambardement. Au-delà de « l’affaire PPDA », c’est le jeu des chaises musicales pour tout le monde. Grosse surprise aussi, le passage de Julien Courbet de TF1 à France 2 après 14 ans de bons et loyaux services. Du côté des blondes, Anne-Sophie Lapix s’en va sur Canal+ pour remplacer Laurence Ferrari sur C+ (l’émission politique du dimanche). Toujours sur Canal+, Vir-

© TF1

Qui va à la chasse…

26/27


Cinéma + Paris = Le festival Paris Cinéma

« Paris aime le cinéma », déclare Bertrand Delanoë, maire de la

capitale. C’est donc tout naturel que Paris ait son festival dédié

C

au cinéma. Ces deux quinzaines viennent de s’écouler...

’est chose faite ! Paris Cinéma s’est déroulé du 1er au 12 juillet. Ce tout jeune festival, tout juste 6 ans d’ancienneté, propose une sélection de courts ou longs métrages, de débats, de conférences, d’universités d’été. L’édition 2008 était remarquable, avec des invités de la

profession prestigieux. Le 12 juin dernier, Bertrand Delanoë a d’ailleurs remis au canadien David Cronenberg la Grande Médaille de Vermeil, lors de la conférence de presse annonçant le festival. Les Philippines ont été à l’honneur cette année et le festival a été l’occasion

pour le public parisien et de passage, de découvrir le travail encore peu connu des cinéastes de ce pays. Tout un programme ! Charlotte Rampling fut de nouveau la présidente et Nathalie Baye invitée d’honneur tout au long du festival. C.C.

C

ette année, le festival a offert un hommage aux habitués et aux novices des tapis rouges. Les festivaliers ont pu se replonger dans l'univers de l'éclectique Jean-Claude Carrière, la star française du scénario ayant longuement collaboré avec Bunuel, en autres. Les incontournables projections en plein air ont été quelque peu perturbées par un mois de juillet frileux. Mais les nombreuses avants-premières de réalisateurs reconnus (Philippe Garrel, Claire Simon, entre autres) ont satisfait l'impatience des festivaliers. Quand aux plus mordus des cinéphiles, ils ont pu redécouvrir l'intégralité de l'oeuvre d'Aki Kaurismaki et de trois grands classiques du mélo hollywoodien en version restaurée réalisés par Douglas Sirk.

© Cécile CHANDRAN / cinémation-magazine

Si les retrospectives et les hommages constituent des événements de taille, la marque de fabrique de Paris Cinéma

Bertrand Delanoë, Maire de Paris, avec David Chronenberg, lors de la cérémonie d’ouverture.

reste la volonté de faire émerger de nouveaux talents. Ainsi, la jeune Mirabelle Kirkland ne revenait pas du choix du public qui lui a offert un prix pour son court-métrage, Les Couillus, qu'elle semblait elle même considérer comme une oeuCharlotte Rampling, marraine du festival. vre difficile et peu conventionelle. Et le pays invité d'honneur, les Philippines, ne devrait pas regretter ce séjour puisque Jim Libiran avec Tribu a remporté les suffrages auprès du jury composé de treize étudiants d'universités parisiennes décernant le “Pari de l'avenir”. I.H.

Palmarès Dans le palmarès de cette édition, un consensus s'est créé autour de Young@heart reparti avec le prix du public et du jury. Mais son réalisateur anglais, Stephen Walker, étant retourné de l'autre côté de la manche, c'est la très jeune société de distribution Le Pacte qui a ramené le trophée. Le festival lui a offert une campagne d'affichage gratuite, grâce à son partenaire Metrobus, et 10 000 euros afin de lui donner un coup de pouce supplémentaire. Paris cinéma semble ainsi toujours aussi préoccupée de l'avenir du septième art. Rendez-vous en juillet 2009.

© Cécile CHANDRAN / cinémation-magazine

De grands moments pour l’édition 2008


La Lozère et les courts

L

e Festival du Film Vidéo de Vébron (Lozère) est un évènement charmant dédié aux courts métrages qui prend de plus en plus d’ampleur. Organisé et géré par l’association l’Ecran Cévenol, sa 21e édition s’est déroulée du 15 au 19 juillet. Parrainé depuis de nombreuses années par la comédienne Bernadette Lafont, ce festival a pour parti pris de faire se rencontrer et se confronter spectateurs et réalisateurs (amateurs et professionnels) autour de films dans un cadre festif, amical et ouvert à tous (l’accès aux projections est gratuit). De même, le choix du support vidéo est un choix militant. Zoom sur la Terre et sélection variée Cette année, dans le cadre de l’année internationale de la planète Terre, l’association a proposé en marge des projections des séances spéciales, des conférences, des ateliers et des expositions. On pense en particulier la 2e édition des Puces du Cinoche, une bien belle idée pour les passionnés

et un super moyen de trouver quelques pièces rares. Du côté de la compétition, on a compté 38 films courts cette année. De la fiction au documentaire en passant par le clip, la sélection s’est révélée très éclectique. Des réalisateurs français, mais aussi belges, anglais, cubains ou tunisiens sont venus tenter leur chance en Lozère. Le jury était composé de professionnels du cinéma (acteurs, réalisateurs, journalistes). C.G. Renseignements : www.mescevennes.com/festivalvideo/.

Fais-moi peur…..

F

risson, horreur, science fiction, thriller surnaturel… tel était le programme de la 8e édition de Festival du Film Fantastique International (NIFFF), qui s’est déroulé du 1er au 6 juillet dernier à Neuchâtel en Suisse. Durant ces six jours, les salles n’ont pas désempli : plus de 20 000 spectateurs se sont laissés tenter par les expériences frémissantes. Pour l’occasion, la ville de Neuchâtel avait mis à disposition un théâtre, un cinéma et un espace “open air” de 600 places. Ces lieux étaient dédiés à l’accueil des projections, des rencontres spéciales (notamment consacrées au développe -

ment des images digitales) et des conférences sur le film de genre.

était également sur place pour présenter ses œuvres filmiques.

Des films et des hommages Certains films récemment sortis en salles étaient proposés en compétition internationale. Le public a pu découvrir ou redécouvrir Diary of the Dead de Georges Romero, cinquième volet de la série mythique commencée il y a quarante ans avec La Nuit des MortsVivants. La comédie d’épouvante Bienvenue au Cottage de Paul Andrew Williams, sortie le 9 juillet dernier, était également au programme. La nouvelle vague de frisson espagnole déferlant sur les écrans n’était pas en reste. Un bel hommage lui a été rendu au cours de ce festival, notamment avec le film REC de Paco Plaza et Jaume Balaguero (qui était présent). Le célèbre cinéaste espagnol Jess Franco, apprécié pour ses films de vampire et de “prison de femmes”,

Compétition variée Il y en avait pour tous les goûts. Les trois compétitions de courts métrages ont mêlé art vidéo, cinéma fantastique et essais contemporains. Une compétition “spéciale Asie” a proposé des films venus d’Inde, de Taïlande, du Japon, d’Indonésie… Syd Mead, le designer, entre autres, de Aliens, faisait parti des invités spéciaux de l’événement. Le Jury International était présidé par le réalisateur américain de Gremlins, Joe Dante. Amateurs ou mordus de films de genre, si vous avez manqué cette dernière édition du NIFFF, rendez-vous l’année prochaine en Suisse pour partager de nouveaux moments de frissons, d’angoisses et… de plaisir !!!

Le palamrès

Laetitia Grou

Deux mentions spéciales ont été attribuées à Let the Right One In de Thomas Alfredson et Tokyo ! de Bong Joon-ho, Leon Carax et Michel Gondry. Le court-métrage Vincent le Magnifique de Pascal Foreney a remporté le prix H.G. Giger « Narcisse » du meilleur court-métrage, et The Counterfeiters de Katia Bassanini celui de la meilleure vidéo d’art. 28/29


Les journaux s’électronisent… ou pas Alors que le monde de la presse écrite connaît

une période de crise, certaines publications

ont l’air d’envisager un avenir numérique. L’opérateur téléphonique Orange travaille ac-

tuellement au lancement d’un kiosque à jour-

L

naux électronique, le Read&Go.

a presse en France est en pleine période de mutation. Les finances vont mal, les publications sont en grève, des réformes sont en cours et Internet se développe à vitesse grand V. Alors que le débat est à vif sur l’avenir de la presse, l’opérateur Orange travaille depuis quelques mois sur un nouveau produit électronique, le Read&Go. Cet appareil permettra de télécharger quotidiennement son journal en wifi ou via le réseau 3G. On recense déjà Le Figaro, Le Monde, Les Échos, L’Équipe, Le Parisien et Télérama au sein de l’aventure. Des maisons d’éditions sont également partenaires du produit (Dupuis, Lombard, Kana, Dargaud…), mettant ainsi

à la disposition du lecteur une trentaine d’ouvrages (B.D., littérature, jeunesse, etc.). Cet appareil est actuellement testé par 150 utilisateurs triés sur le volet, qui auront un accès illimité aux différents médias.

Intermédiaire entre Internet et le papier Il faut avouer qu’il s’agit d’une petite révolution électronique. Outre l’usage auquel ce produit est destiné, Orange a tenté de développer la technologie “e-paper” afin d’optimiser la lecture sur écran. Pas de rétro-éclairage de l’écran LCD donc, mais un système de

microbilles polarisées offrant un meilleur contraste. Une technologie de pointe qui doit encore prouver son efficacité. Le terminal dispose d’une mémoire de 1Go, soit un peu plus de 200 journaux et d’une interface dédiée. Pas d’informations en revanche en ce qui concerne l’autonomie, le prix ou le système d’abonnement. Mais on peut d’ores et déjà imaginer que le prix sera élevé et qu’il y a aura un système d’abonnement chez Orange. Élément important également, le poids de l’objet, non-officiel pour l’instant, mais qui sera évidemment un frein au produit. Que choisir? Certains journalistes s’inquiètent des conséquences d’une telle invention. Elle pourrait nuire au marché de la presse écrite déjà en crise, même si les craintes ne sont pour l’instant pas complètement fondées. S’il est vrai que le public achète de moins en moins de journaux papier, il n’en est pas moins vrai qu’une majorité leur reste fidèle. Le monde va en s’électronisant dans tous les domaines, mais l’objet “journal” lui-même, fait partie intégrante du quotidien des lecteurs. De là à ce que le Read&Go se démocratise, il reste sans doute quelques décennies de répit aux amoureux de l’encre et du papier. Cécile Chandran


Orange filera-t-il droit au but ?

Football et cinéma synonyme d’inquiétude chez Canal + Si Canal + perd le monopole de retransmission du championnat de Ligue 1, la première chaîne à péage de France s'inquiète désormais pour un domaine qui lui est cher : le cinéma. Orange a lancé depuis 2007 sa société de production audiovisuelle (qui a notamment financé le film de Jean-Paul Rouve, Sans armes ni haine ni violence) et lancera cet automne un système d'abonnement à des chaînes Sans arme, ni haine, ni violence a été produit par la société de production d’Orange.

© Image.net

spécialisées, similaire aux produits de TPS/Canal Sat. Orange, à l'instar des autres fournisseurs d'accès ADSL, est doté d'un accès aux chaînes de télévisions traditionnelles et à la TNT. Un nouveau bouquet de chaînes payantes diffusant des films et des séries devrait donc prochainement voir Après avoir suivi l’Euro 2008, rendez-vous sur Orange pour les match de Ligue 1. le jour. Les studios Warner et HBO ont signé un contrat d'exclusivité avec Orange. Si à Canal + les séries produites par Showtime (Dexter, The L Word et Weeds) contribuent à la fidélisation de la clientèle, les nouvelles séries de HBO diffusées sur le bouquet Orange pourraient susciter des envieux et inciter les téléspectateurs à se procurer une offre différente, adaptable à tous types de support. Un cran d’avance chez Orange Car là où Orange marque un point, c'est bien dans sa capacité d'adaptation aux nouveaux modes de consommation de l'image. Conscient que tout programme sera tôt ou tard destiné à être visionné sur un écran d'ordinateur ou de téléphone portable, Didier Lombard, PDG de France Télécom semble avoir compris qu'investir dans des programmes télévisées équivalait à un déploiement sur tous types d'écrans.

© Show Time Netone INC point

L

e championnat de football de Ligue 1 semble avoir perdu de son intérêt lors de la saison passée. Et pourtant, Orange a dépensé la jolie somme de 203 millions d'euros l'hiver dernier afin d'acquérir les droits de retransmission d'un match chaque samedi soir pendant un an. A partir du 9 août 2008, l'offre devient payante : chaque abonné au service de connexion ADSL d'Orange pourra souscrire à cette option pour 6 euros par mois. Les abonnés à l'offre internet d'Orange pouvaient déjà profiter de la chaîne Orange Sports qui diffusait néanmoins des programmes aux audiences bien plus faibles que celles du football.

Weed, une des séries phares qui contribuent au succès de Canal +.

Canal + n'a plus qu'à se lancer dans le câblage ADSL. Irène Hervois

De l'hypermarché à la VOD, il n'y a qu'un pas Malgré son augmentation de 100% depuis 2006 et ses 29,2 millions de chiffre d'affaires, le marché de la VOD fait encore pale figure face à son confrère le DVD (pourtant en baisse depuis trois ans). Carrefour, déjà pourvoyeur d'une offre de téléphonie mobile via SFR, s'adosse à la plateforme internet Glowria pour s'implanter sur le marché de la VOD en France dans le courant du dernier trimestre 2008. Déjà présent en Espagne et en Belgique, Carrefour vise avec cette nouvelle activité à se déployer dans des secteurs non alimentaires. 30/31


n a p a J

n o i t c A n I

Un japan expo fou, fou, fou événement intense parrainé par une foule d’invités spéciaux dont la célèbre Dorothée, l’animatrice phare des années 80 en plein come back télévisuel. Un rendez-vous incontournable qui consolide l’affection hexagonale pour cette culture longtemps dénigrée. La France est en effet pour l’heure le second pays consommateur de manga après le Japon. La suite de l’exposition est prévue pour la fin de l’année, du 31 octobre au 2 novembre. À vos agendas…

DR

Fans de mangas, de jeux vidéo, de geekeries en tous genres et aficionados de la culture nippone, vous y étiez surement. Pour les malchanceux ayant loupé l’événement, le Japan Expo qui s’est déroulé du 3 au 6 juillet dernier fut le carrefour incontournable apportant avec lui un peu de cette fantaisie sauce soleil levant. Au programme, trois festivals en un. Le Japan Expo qui couplé avec Asiekult regroupait l’ensemble des acteurs maga et BD du moment : éditeurs BD, DVD vidéo, auteurs et dédicaces. Sur l’espace voisin, le Kultigame (festival des cultures ludiques) et le Kultima (festival des cultures de l’imaginaire) proposaient des stands de jeux en tous genres, des tables « rôlistes » aux nouveaux softwares vidéo ludiques. Le tout prenait vie grâce à des animations variées, du match de catch d’exhibition aux cours de kendo, en passant par le grand concours de « cosplays » (déguisements à l’image de héros de films, série ou BD). Un

3 Mangas, 3 Genres

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EVANG Editeur Genre : Auteur : Sortie : 0 Après le s Genesis Ev pier s’impo même, l’éd pour l’amat culte sous un Terre, ayant s pact, l’human peu dans des citées forteresses. Au Japon, à Tokyo rents et passe son temps libre avec Asuka, son am lorsque la jeune Rei Ayanami entre dans sa vie. © Osam u © GAIN TAKAHAS HI 2006 AX • kh ara/KA DOKA WA SH O

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kyo. Y, To

ASATTE DANCE Editeur : Edition Tonkam Genre : Satyre sociale Auteur : Naoki YAMAMOTO Sortie : 27/08/08 Sukechi se retrouve du jour au lendemain avec une fortune colossale, suite au décès de son grand-père. Le hic, c’est que pour toucher l’héritage il doit finir ses études et se marier. Lorsqu’une charmante jeune fille, Aya, semble le trouver à son gout, la suspicion s’installe. Est-elle attirée par Sukechi, ou son magot… L’auteur nous livre une histoire pleine de rebondissements, entre shonen sentimental et fait de société.


Sky girls

Actu s Fa nsub

DR

Une nouvelle série SF prometteuse. En 2071, le Terre fut envahie par des parasites biomécaniques appelés Worms. En ultime recours, l’armée internationale autorisa l’utilisation de l’arme atomique, ce qui eut pour conséquence de décimer les 2/3 de la population masculine. Nous sommes en 2084. La Terre ressemble à un immense archipel d’îles. Alors que toute menace semble avoir disparu, Otoha se voit proposer d’entrer dans l’armée afin de piloter un nouveau type d’engin. Le graphisme séduisant et les couleurs pastel participent de l’immersion dans cet univers futuriste au substrat écologique.

… des suites, encore des suites…

Ikitousen - Great Guardian

Kimi Ga Nozomu Eien – Saison 2 La suite des péripéties amoureuses du trio Hayase, Takayuki, Haruka. Alors que le couple Takayuki/Suzumya se sépare un temps pour mieux se retrouver, on va suivre Hayase à Tokyo qui cherche à fuir sa liaison avec Takayuki. Elle emménage avec Tsujimura et lui raconte ses déboires sentimentaux. C’est l’occasion pour les novices de se familiariser avec ce shojo sentimental et de combler les lacunes de la première saison. Passions, amours incertaines, larmes et joie seront bel et bien présentes dans cette suite destinée à un public en mal de romance.

32/33

HA, In c SHUE IS atsui

Après un succès relatif en fansub il y a quelques mois, la série Majin Toutei Nagami Neuro arrive sur papier. Neuro, est une créature démoniaque particulière : c’est un Mange-Mystère qui se nourrit de l’énergie émanant d’une énigme résolue. Las de la vie en enfer, il arrive sur Terre, se servant de Yako pour résoudre des énigmes et étancher sa faim. En échange, il propose à la jeune lycéenne de résoudre le mystère du suicide peu commun de son défunt père. Plus noir et plus explicite que la série animée, Neuro, le MangeMystère est un shonen diabolique teinté de polar. Le trait semble plus soignée que la série et le noir et blanc ajoute à l’atmosphère. Le coup de cœur de la rédaction.

5 by Y usei M

A, In c EISH SHU sei M atsui y Yu

© 20 05 b

NEURO, le Mange-Mystère Editeur : Panini comics Genre : Shônen fantastique Auteur : Yusei MATSUI Sortie : déjà paru

© 200

Warning !

Même « non licencié », le fansub n’est pas strictement légal. Mais il est toléré dans la mesure où les œuvres ne sont pas disponibles commercialement. Aussi, prenez garde à ne pas télécharger des œuvres licenciées, sous peine d’éventuels problèmes judiciaires.

GELION SHINJI r : Edition Tonkam Shonen, Mecha, SF Osamu TAKAHASHI 09/07/08 succès de la série animée Neo vangelion, la déclinaison paosait. L’intrigue restant la dition manga est le moyen teur de découvrir cette saga n autre angle. La planète survécu au Second Imnité se reconstruit peu à o 3, Shinji y vit avec ses deux pamour de toujours. Sa vie bascule

DR

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Ikitousen, la série aux combattantes à la poitrine généreuse, reprend du service avec une troisième saison intitulée Great Guardian. L’intrigue se déroule quelques temps après Dragon Destiny, où Kyosho fut vaincu par l’alliance entre Nanto et Seito. Gentoku, Kan-U, Sousoku et Ryumou sont de retour pour de nouvelles aventures. Les fans prendront plaisir à retrouver ce shonen aux allures pantsu, mélangeant baston et situations rocambolesques.


Cinemation Numéro 5  

Numéro du mois de Juillet

Cinemation Numéro 5  

Numéro du mois de Juillet

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