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FICHE ENSEIGNANT UN FILM POUR TOUS 2009/10 - Cycle 2 Les 3 (més)aventures d’Harold Lloyd Un programme de trois courts-métrages de Fred Newmeyer, Sam Taylor et Hal Roach USA / 1920 / 1h31

Si les élèves ont pour beaucoup rencontré Charlie Chaplin et Buster Keaton, ils sont moins familiers de «l’homme aux lunettes d’écaille», troisième grand burlesque muet. Ressortis en copies neuves restaurées, les films d’Harold Lloyd sont un condensé de rythme et de gags visuels. Sa marque de fabrique : la cascade (en haut d’un building de préférence !) Tour à tour romantique, casse cou, désinvolte, le personnage d’Harold évolue dans le plus pur monde des « slapsticks », ces films burlesques où le rire est avant tout histoire de corps et de chorégraphie. Un monde où les objets se liguent sans cesse contre notre héros naïf dont la séduction de la belle Mildred est prétexte aux plus cocasses aventures.

Viré à l’ouest ! de Hal Roach - 1920, USA, 23 min L’histoire / Harold est un fils à papa qui passe son temps à semer la pagaille dans les bals de la grande ville. Puni pour son comportement irresponsable, il est envoyé à Piute Pass, dans l’Ouest américain, où il est mal vu de tirer deux fois sur le même homme au cours de la même journée. Dès son arrivée, il s’éprend de la fiancée de Tompkins « Babines de Tigre », chef des Anges Masqués, une bande de hors-laloi qui fait régner la terreur en ville. Cet amour va attirer à Harold bien des ennuis et l’entraînera dans une folle course-poursuite digne des plus grands westerns. Un western burlesque / Le film s’articule en deux temps : le temps de la civilisation et des bals mondains et celui de l’ouest mythique et sauvage. Harold est un urbain propulsé dans un monde dont il ne connaît guère les codes. Tous les gags s’articulent autour de la confrontation de ces deux mondes, entre ce petit homme malin mais pas très adroit et ces hommes sans foi ni loi. Notre héros doit faire preuve d’une grande ingéniosité pour survivre dans ce nouvel environnement hostile: travestissement (en barman pour mieux espionner le jeu de cartes de ses adversaires), détournement des objets (comment transformer un cerceau en lasso pour impressionner Mildred), sens de l’esbrouffe et art de la dissimulation (lorsqu’il se cache dans un tonneau, sous un drap ou derrière un masque pour échapper aux terrifiants cavaliers masqués). Si malgré tous ses efforts, Harold ne se transforme pas en cow boy, le film lui est peuplé de références archétypales aux westerns : les décors (le saloon), les accessoires du cow boy (lasso, chapeau, pistolets, monture, bref, tout ce qu’il manque à notre jeune héros) et les personnages (un indien endormi, un héros solitaire, un gang sauvage).

Oh la belle voiture de Harold Roach - 1920, USA, 25 min L’histoire / Harold se réveille en retard pour la représentation de la pièce dans laquelle il joue et se précipite dans son bolide, résolu à arriver à temps. Mais l’engin récalcitrant lui pose quelques soucis de mécanique. Harold se lance alors dans une folle course-poursuite où tout se ligue contre lui. Arrivera-t-il à temps pour jouer le prince masqué aux côtés de sa belle, ou son rival lui ravira t-il la place ? Quand la mécanique rend fou ! / La voiture est le symbole par excellence de l’industrialisation et de la mécanisation des années 20. Dans de nombreux films burlesques américains, elle est mise en scène avec ironie comme un engin démoniaque qui se retourne contre son conducteur. Qu’il s’agisse de la voiture ou de la chaîne de fabrication, le héros du cinéma burlesque tente en vain de dompter la machine, et se retrouve dépassé ou littéralement ‘ pris dans l’engrenage’ comme l’est Charlot dans Les temps modernes. Harold ne déroge pas à la règle. Il est littéralement amoureux de sa voiture, l’embrasse, la cajole, lui parle. Mais dans ce couple atypique, son bolide, jusqu’alors docile, va se transformer en petite peste mécanique ! Après avoir découvert cette voiture étincelante sur laquelle se lève un rideau blanc théâtral, le spectateur assiste alors à une cavalcade des plus singulière : Harold courant derrière sa voiture qui semble avoir décidé de tracer sa route toute seule. L’occasion de composer un comique de corps extraordinaire. On évoquera avec les élèves tous les effets comiques liés à cette belle et impertinente voiture : - les manquement au code de la route les plus élémentaires (conduire une voiture en étant couché), - les imprudences risquées (vérifier le niveau d’essence avec une allumette) - la transformation du bolide en tente volante (pour la dissimuler aux regards des policiers) - ou bien encore lorsque Harold rentre littéralement dans le moteur pour vérifier la mécanique !


Voyage au paradis de Fred Newmeyer & Sam Taylor - 1921, USA, 29 min L’histoire / Voisins par leurs lieux de travail, Harold et Mildred s’aiment d’amour tendre. Mais Mildred est menacée d’être congédiée car son patron, un ostéopathe, n’a aucun patient. Qu’importe, le rusé Harold a plus d’un tour dans son sac pour lui trouver de la clientèle. Il engage un acrobate pour exécuter sur le trottoir une chute spectaculaire. Harold survient alors et, par quelques massages «thérapeutiques » remet le malheureux sur pied. Il ne lui reste plus qu’à distribuer les cartes de visite à tous les badauds ébahis qui s’empressent d’envahir la salle d’attente du médecin ! De retour à son travail, Harold entrouvre la porte du bureau de Mildred pour voir cette dernière dans les bras d’un colosse. Désespéré, le pauvre amoureux décide de se suicider. Mais ses tentatives échouent une à une, jusqu’à ce qu’une poutre manipulée par des ouvriers travaillant sur un gratte-ciel en construction enlève son fauteuil dans les airs. Harold se croit alors au paradis, mais lorsqu’il se rendra compte de sa situation, il déploiera des trésors d’imagination pour sauver cette vie qu’il voulait sacrifier. Danser sur un gratte ciel ! / Voyage au Paradis exploite une nouvelle fois le thème de l’escalade d’un gratte-ciel qui demeure l’une des marques de fabrique de l’acteur (il l’a notamment abordé dans Monte là-dessus /Safety Last/ en 1922). L’architecture du building a laquelle le corps tétanisé d’Harold est accrochée devient un édifice mouvant. Les armatures tremblent, la caméra plonge et cadre avec audace, les prises de vue sont acrobatiques. L’acteur se livre alors à une dépense physique sans fin. Chaque action pour se dégager de sa situation inextricable entraîne une nouvelle aventure rocambolesque ; sans parler de ce drôle de gratte ciel dont les éléments semblent se liguer contre notre héros : une poutrelle qui monte, l’autre qui descend au mauvais moment, un pot d’huile qui tombe et des ascenseurs qui s’élèvent ou s’abaissent le tout dans un incroyable ballet chorégraphique où se mêlent suspense et poésie.

LE SLAPSTICK ET LA CONSTRUCTION BURLESQUE Le genre burlesque / Le burlesque ou slapstick américain (littéralement « coup de bâton ») est un genre cinématographique qui appartient à la grande famille des films comiques : parodies, comédies et films d’humour. Comme la comédie, le burlesque cherche à amuser le public, à déclencher le rire ou le sourire, mais il s’en distingue par des effets comiques inattendus et fulgurants (les gags) qui font entrer le spectateur dans un univers dominé par l’absurde et le non-sens. Les films burlesques sont généralement fondés sur une idée unique à partir de laquelle les gagmen (ceux qui font les gags), réalisateurs et comédiens improvisent une succession de péripéties qui déclenche invariablement un cataclysme visuel volontairement absurde. Les effets comiques les plus appréciés sont les batailles à grand renfort de tartes à la crème ainsi que les poursuites ininterrompues en voiture, en vélo ou en moto lancés à toute vitesse, indifférents aux panneaux de signalisation comme aux passants. Ce joyeux chaos provoque inévitablement des collisions, des chutes, des manœuvres inattendues et des catastrophes en chaîne, essence même de l’esprit burlesque. L’art du gag / A l’origine, le mot gag vient du music-hall anglais et désigne une trouvaille (geste ou mot drôle) improvisée sur scène ; appliqué au cinéma, il concerne un effet comique soigneusement élaboré et d’autant plus réussi que l’on ne s’y attend pas. L’idée de gag passe par la rupture du déroulement de l’histoire. Le gag est comme une mécanique qui s’articule selon plusieurs rouages : la progression, la rupture, l’accumulation. On peut en lister quelques uns que l’on retrouve dans le programme de court-métrages : - la glissade (la séquence de la peau de banane dans Oh la belle voiture ; celle du savon dans Voyage au paradis) - l’acrobatie (par exemple les formidables acrobaties aériennes dans la séquence finale de Voyage au paradis) - la course poursuite (avec la voiture des policiers dans Oh la belle voiture) - la bagarre ou l’art d’éviter la bagarre (avec les gang des ‘anges masqués’ dans Virée à l’ouest).

A PROPOS D’HAROLD LLOYD Le parcours de « l’homme aux lunettes d’écailles » / Né en 1893 dans le Nébrasaka, c’est par hasard que Harold Clayton Lloyd se retrouve dans le cinéma. Comme beaucoup de jeunes gens de son époque, il décide de tenter sa chance à Los Angeles en 1910. Il y fera une rencontre déterminante : celle de Hal Roach, cascadeur et figurant ayant décidé de lancer sa propre société de production (connue pour avoir propulsé la carrière de Laurel et Hardy). Après plusieurs tentatives de personnages et un passage à la prestigieuse Keystone firm fondée par Mack Sennett et surnommée « l’usine du rire américain », Harold Lloyd et Hal Roach imagineront ensemble le personnage de Lonesome Lucke puis de Harold, un « monsieur tout le monde » à l’opposé de Charlot mis en scène dans une cinquantaine de court métrages qui connaîtront un succès formidable. La création du personnage / Harold Lloyd a imaginé un personnage qui s’offre tel un jeune homme innocent et pour qui le monde serait une aventure perpétuelle. A l’exception de sa monture d’écaille, Lloyd a habillé son personnage d’une apparence banale et extrêmement conforme au standard de l’époque, si on le compare au maquillage blafard de Buster Keaton et aux accessoires universels de Charlot. Vêtu d’un costume des plus sobres et d’un canotier passe partout, Harold impose son personnage par sa flegme et une certaine constance dans l’expression. Seul son large sourire qui dévoile de très longues dents révèle un optimisme rusé, une confiance en soi proche de l’insolence et une intelligence vive qui se joue des règles et du jeu social.


FICHE ELEVE Titre des films :

film 1 : _________________ film 2 : _________________ film 3 : _________________ Nom du réalisateur et acteur principal : _________________

Film 1 : Virée à l’Ouest

Pour qui se prend Harold sur cette image ? ___________________________________________ ___________________________________________ ___________________________________________ ______________ Film 2 : Oh la belle voiture !

Film 2 : Oh la belle voiture !

Mais où est donc la voiture d’Harold ? __________________________________________ __________________________________________ __________________________________________

A qui veut ressembler Harold sur cette image ? _________________________________________________ ___________________________ Grâce à quels accessoires s’est-il transformé ?________ _________________________________________________ ___________________________

Où se cache Harold sur cette image? _______________________________________________ Que fait-il ?____________________________ _______________________________________________

Film 3 : Voyage au paradis QUE C’EST HAUT !! Où sont ces onze hommes pris en photos ? _____________________________________________ _____________________________________________ _____________________________________________ Quel est leur métier ? _____________________________________________ _____________________________________________ __________________________________ A quel moment du film cela te fait-il penser ?______ _____________________________________________ _____________________________________________ _____________________________________________ _____________________________________________ _________


DANSER DANS LES AIRS ! Harold est un véritable acrobate ! Il danse sur les poutres, fait le funambule au dessus du vide et tente par tous les moyens de descendre de cet immeuble en construction. Mais rappelle toi. Comment s’est-il retrouvé dans cette situation ? _______________________________________________________ _______________________________________________________ _______________________________________________________ _______________________________________________________ ____________________________________________

IL Y A TOUJOURS UN PROBLEME Harold est toujours embêté par des machines, par des insectes ou par des policiers ! Par exemple, peux tu décrire ce qui ‘dérange’ ou ce qui ‘démange’ Harold dans ces trois images ?

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HAROLD ET CHARLOT

Voici les photos de Charlot et de Harold. Peux tu décrire : Leurs vêtements : --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Leurs accessoires : --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Qu’est-ce qui est pareil et qu’est ce qui est différent ? ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Les 3 (més)aventures d'Harold Lloyd