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ARRAS M N CJ

VŒUX ANTI-SARKOZY Devant la préfecture, les communistes réclament une autre politique pour 2010 PAGE 8

"N'OUBLIEZ PAS GAZA, N'ABANDONNEZ PAS GAZA"

PAGES 14 et 15 JEUDI 4 FÉVRIER À 18H30 - SALLE JEAN NOHAIN À LENS

M E E T I N G AVEC ALAIN BOCQUET ET JACKY HÉNIN DANS LE CADRE DES ÉLECTIONS RÉGIONALES DE MARS 2010 128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

€ - N°895 DU V ENDREDI 8 AU J EUDI 14 J ANVIER 2010


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Événement

UN FRONT DE GAUCHE RASSEMBLÉ FACE AUX DÉRIVES DU PRÉSIDENTIALISME M N CJ

PAR GEORGES SÉGUY

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E longue date, persuadé quʼil est vain dʼespérer le changement auquel aspire la majorité de notre peuple, sans lʼémergence dʼune initiative novatrice inédite, capable de promouvoir un large rassemblement populaire et un nouveau rapport de forces, je rallie lʼidée de la constitution de listes du Front de gauche, dès le premier tour des élections régionales. Dans la situation actuelle, lourde de nouveaux dangers de régression sociale et démocratique en tout genre, mais forte de la résistance, de la colère et de la profonde volonté de changement du monde du travail, cette offre du Parti communiste revêt une signification nouvelle qui dépasse les classiques accords électoraux au lendemain desquels les dissidences partisanes et les clivages politiques refont stérilement surface. Une offre de nature à prolonger le vaste mouvement social du printemps dernier et à stimuler une dynamique politique sans précédent sous la Ve République, ouvrant la perspective, enfin crédible, dʼune alternative économique, sociale et culturelle, mobilisatrice des nouvelles générations, plus sensibles à lʼinnovation quʼà la tradition. Lʼétape du premier tour des régionales prend donc la double importance dʼune victoire de la gauche et de lʼéclosion dʼune nouvelle espérance républicaine, dʼoù lʼintérêt de lʼélaboration de programmes régionaux proches des préoccupations citoyennes, mais aussi de projets de transformation profonds en rupture avec la voracité du capitalisme. À cet égard, bien que le syndicalisme ne soit pas impliqué dans les élections politiques, son indépendance ne saurait le laisser indifférent quant à la signification de leurs résultats, et je pense que les cinq propositions économiques, sociales et fiscales contenues dans la déclaration commune des huit

organisations syndicales du 5 janvier 2009, approuvées par tous les partis politiques de gauche, restent dʼune brûlante actualité. Je suis sûr que les huit signataires de ce texte apprécieraient que lʼapprobation unanime de ces partis se prolonge en soutien concret dans leur programme et leurs actions. Dʼailleurs, la votation citoyenne pour la poste publique à laquelle ont participé plus de soixante organisations est instructive des dynamiques possibles à créer. Les débats engagés à lʼapproche du scrutin des 14 et 21 mars 2010 devraient permettre dʼéclairer certaines des différences, voire des divergences subsistant entre les tendances de la gauche et nuisant à leur cohésion, à propos notamment de lʼédification de lʼEurope sociale, des réformes structurelles et fiscales dont dépendent lʼemploi, le pouvoir dʼachat, la Sécurité sociale, les retraites et les services publics. Ces débats devraient également sʼétendre aux traits les plus antidémocratiques de la Ve République, sous la domination de N. Sarkozy, et spécialement la question de savoir si le moment nʼest pas de remettre en cause lʼélection du président de la République au suffrage universel. Quand, en 1962, Charles de Gaulle proposa aux Français dʼadopter ce système par référendum, la majorité pensait que ce mode dʼélection garantirait lʼéquilibre du pouvoir, dans des circonstances fortement perturbées par lʼécroulement de lʼempire colonial français et la faillite de la IVe République. De plus, le prestige personnel du Général écartait toute crainte dʼatteinte à la démocratie, que dénonçaient les adversaires de cette institution du pouvoir présidentiel. Un siècle après, la situation dans laquelle se débat la Ve République démontre, de toute évidence, que les adversaires de ce présidentialisme étaient loin dʼavoir tort. On pourrait, certes, épiloguer sur lʼen-

vergure dʼhomme dʼÉtat du président des années 1960, comparée à celle de Nicolas Sarkozy, mais lʼessentiel nʼest pas là. Lʼessentiel réside dans les évolutions économiques, sociales et politiques, nationales et internationales de ces cinquante dernières années durant lesquelles les fameuses trente glorieuses ont lamentablement dérivé vers une crise mondiale du capitalisme sous la protection, en France, dʼun pouvoir outrancièrement personnalisé qui, par réformes constitutionnelles, ordonnances, décrets ou charcutage électoral, est en train de se transformer en monarchie sous la haute autorité dʼun autocrate. Quand on sait que, pour la partie la moins politisée de lʼélectorat, certes infime mais réelle, le look et le bagout des candidats à lʼÉlysée séduisent plus que leurs idées ou leurs programmes, on comprend quʼun petit pourcentage de ces électeurs puisse au second tour plébisciter, dans lʼexercice des pleins pouvoirs, lʼun des deux outsiders. Drôle de démocratie ! Sans aller jusquʼà boycotter ce scrutin tant quʼil existe, il faut bien admettre, aujourdʼhui, que lʼélection du président de la République au suffrage universel est incompatible avec la participation citoyenne à la vie publique et caricature la République. Voilà pourquoi il me paraît incohérent et illusoire de vitupérer les abus de pouvoir de N. Sarkozy tout en laissant entendre que désormais lʼélection présidentielle est le seul moyen de lui succéder. Cette singulière stratégie strictement consacrée au meilleur candidat vedette anti-Sarkozy concourt à valoriser la nocivité du présidentialisme et tourne le dos au rassemblement unitaire, seule force capable de sortir le pays du marasme. Alors, avec ou sans appartenance politique, syndicale, associative, écologique, militants de toutes sensibilités du Front de gauche, unissez-vous !

LE MONDE VA MAL POUR PRÈS DE NEUF JEUNES SUR DIX (*) PAR MICHEL FIZE, sociologue au CNRS, auteur du “Livre noir de la jeunesse” (1)

L nʼy a encore que quelques années, les jeunes se disaient inquiets pour le monde mais plutôt optimistes pour euxmêmes. Et puis la réalité a rattrapé cet égarement de lucidité. Les jeunes se sont rendu compte que, non seulement leur avenir était compromis, mais également quʼils ne vivraient pas aussi bien que leurs aînés. Alors, ils sʼinquiètent aujourdʼhui de cette triste destinée. Dʼabord, la société les a rassurés en leur disant quʼavec une bonne orientation, une bonne formation, un diplôme, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes libéraux possible. Alors, courageux, ils ont soigné leur orientation, affiné leur formation, passé les diplômes. Au commencement, cela a marché et les diplômés sʼen sont plutôt bien tirés. Pour les autres, les mal ou les peu formés, les sans-diplômes, nos gouvernants inventaient différents dispositifs, qui ont eu pour principal effet de sauver la face des gouvernements inspirateurs,

un peu moins dʼaméliorer le sort des «assistés». Ainsi, depuis trente ans, se succèdent TUC, CES et autres emplois «aidés», incarnation de ce «traitement social» qui tient lieu, pour les jeunes, de «traitement économique». Aujourdʼhui, si les jeunes sans qualification demeurent les premiers naufragés de notre système économique, les autres, les «nantis des diplômes», sont frappés à leur tour. Le diplôme ressemble de plus en plus à un parapluie percé. Nul nʼignore plus quʼil y a les bons et les mauvais diplômes. Certaines enquêtes montrent ainsi que le diplôme le plus «fort» (supérieur à bac + 5 ou 6) nʼest plus nécessairement le mieux accueilli dans les milieux professionnels. Ces diplômés sont chers et puis ils ne correspondent plus toujours aux besoins économiques actuels. On assiste par ailleurs, pour ces mêmes diplômés, à lʼallongement de la durée entre la fin des études et lʼaccès à lʼemploi. Neuf mois après leur fin

dʼétudes, un tiers des diplômés de lʼenseignement supérieur (universités et grandes écoles) se trouvent toujours sans emploi. À ces difficultés, sʼajoute le difficile accès au logement, aux soins, aux loisirs parfois. Au final, plus de 20 % des jeunes se retrouvent, en 2009, au-dessous du seuil de pauvreté, dont une moitié des étudiants, plongés désormais dans la précarité. Le diagnostic étant posé, comment répondre à cette violence faite aux jeunes ? Chacun sait que les jeunes aspirent à la fois à la réussite scolaire, à une vraie formation, un vrai travail avec un vrai salaire pour se loger et se soigner correctement. On oublie quʼà lʼimage des femmes, les jeunes ne réclament pas seulement des emplois et de lʼargent (pour vivre décemment), ils veulent aussi des responsabilités et une reconnaissance sociale. Ils veulent être des acteurs politiques à part entière, des citoyens «participatifs», comme les autres. Un signe politique fort consisterait -2-

à leur donner un grand ministère que lʼon pourrait nommer «ministère de la Jeunesse et de la Solidarité entre générations». Le Haut-Commissariat à la Jeunesse est ici une préfiguration intéressante dʼun tel ministère. On pourrait encore, comme lʼa recommandé la commission Hirsch, mettre en place un conseil représentatif de la jeunesse, sur le modèle du Conseil économique et social. On pourrait ensuite élargir les droits civils et politiques de cette même jeunesse, des mineurs en particulier. Ceux de 15-17 ans se plaignent souvent dʼêtre tenus pour des citoyens de second rang. Leur accorder, à 16 ans, comme nous le suggérons depuis plus de dix ans, le droit de présider une association (mesure qui figure dans le plan jeunes du président Sarkozy) est une bonne idée. Allons plus loin, inventons une majorité sociale et reconnaissons, toujours à 16 ans, le droit de vote aux élections municipales : ce serait une seconde bonne idée. Dʼautres

mesures sont envisageables, comme la définition dʼun quota de jeunes (de moins de 25 ans) dans les instances dirigeantes des partis politiques et des syndicats. Une telle mesure sʼaccompagnerait de la suppression des mouvements de jeunesse politique et des branches jeunes des syndicats professionnels, qui nʼinfluent en rien sur les choix et décisions de leurs aînés et qui, de plus, contribuent à maintenir les jeunes dans des divisions artificielles, loin de leurs intérêts de classe (dʼâge). La chose est sûre, ce nʼest pas seulement dʼun avenir économique dont les jeunes rêvent, cʼest aussi dʼun avenir politique au sein dʼune nouvelle démocratie, plus participative (2).

(*) Selon un récent sondage LH2 pour La Croix, Phosphore. (1) Éditions Presses de la Renaissance, 2007, 320 pages, 8,50 euros. (2) Cf. La Nouvelle Démocratie française (à paraître aux Éditions de lʼŒuvre, 2010). Liberté 62 n°895 - Le 8 Janvier 2010


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Événement AFPA : M N CJ

RÉAFFIRMER AVEC FORCE LA NOTION DE SERVICE PUBLIC

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Entre service public et service au public, la distinction est immense ; en permettant au patronat de maîtriser à la fois lʼindemnisation des chômeurs, leur placement et leur radiation, le gouvernement organise la fusion entre lʼANPE et les Assedic, cʼest une aberration. Dans cette "logique", il organise son désengagement de la formation professionnelle, l'AFPA.

A notion de concurrence fait son apparition à grands pas de prédateurs, lorsque la droite parle de “modernisation des services publics”, ce nʼest pas une étape vide de sens, cʼest tout le contraire, avec la casse successive et évidente pour réduire les budgets. Le transfert de l'AFPA aux Régions a été programmé au 1er janvier 2009. Lʼon assiste actuellement de manière délibérée à la continuité de lʼaction du gouvernement qui consiste à déstructurer le service public de lʼemploi et de la formation pour soumettre celui-ci aux appétits du marché afin de traiter ce secteur comme une vulgaire marchandise. La genèse du démantèlement de lʼAFPA remonte à lʼacte 2 de la décentralisation relevant de la Loi sur les responsabilités locales dʼaoût 2004, qui prévoyait, en substance, lʼexternalisation du budget formation des demandeurs dʼemplois attribué par lʼEtat en faveur de lʼAFPA vers les conseils régionaux. Erreur stratégique

Cette orientation est une erreur stratégique qui risque de supprimer le maillage territorial réalisé par lʼAFPA, qui de surcroît, offre des prestations particulièrement utiles pour les publics les plus éloignés de lʼemploi. LʼAFPA ne pourra aucunement rivaliser, sur le long terme, avec dʼautres organismes de formation nʼayant pas les mêmes frais de structure. Le processus de démantèlement de lʼAFPA est organisé en lien direct entre le gouvernement et la Fédération Patronale de la Formation Professionnelle, dont lʼobjectif commun vise à faire grandir lʼidée que le champ de la formation professionnelle soit retiré en totalité du Service Public. Les non-réponses de lʼEtat aux questions qui portent notamment

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sonnette d'alarme. Ils étaient en grève avant les fêtes de fin d'année, notamment, à Liévin et à Hazebrouck.

“Pôle emploi”: La diversion organisée par la droite

sur le devenir des bâtiments ainsi que sur la pérennité des moyens financiers alloués à cette décentralisation sont révélatrices de lʼorientation choisie au sein des cabinets ministériels. Vives inquiétudes Les personnels et les syndicalistes de la CGT sont inquiets quant au

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En application de la loi de décentralisation de juillet 2004, la subvention autrefois allouée par lʼEtat à lʼAFPA, sera à la disposition des conseils régionaux sans garantie pour le financement de lʼassociation. Les personnels très inquiets pour leur avenir - et celui des 14 000 personnes en formation dans le Nord/Pas-de-Calais - tirent la

LES SALARIÉS CGT DE L'AFPA :

"ARRÊTONS LE DÉMANTÈLEMENT"

A CGT de lʼAFPA sʼoppose aux contenus des projets en cours dont lʼessence est lʼabandon des missions de service public de lʼAFPA et la poursuite de son démantèlement par le gel des embauches, la diminution programmée des activités et des effectifs, lʼinstauration dʼun régime de mobilité généralisée pour le personnel. La très large participation des salariés à cette journée de mobilisation témoigne de leurs sentiments de très

N ce début dʼannée 2010, cʼest le temps des bilans. Paradoxalement, l'année 2009 aura été une année de crise, mais aussi une année dʼespoir. Crise économique d'abord, avec ces milliers de suppressions d'emplois, la montée continue du chômage et de la misère. En 2009, les capitalistes ont profité de la crise économique mondiale pour accroître leurs profits à coups de licenciements et de délocalisations. La politique de la droite, exclusivement favorable aux intérêts du grand capital, n'a fait qu'aggraver la crise. Des milliards d'euros ont été distribués pour sauver les banques alors que le SMIC et le pouvoir d'achat des salariés stagnaient. Symboles de la combativité des salariés, les luttes des

financement de lʼAFPA par les pouvoirs publics, lʼéventualité dʼun transfert du dispositif dʼorientation à lʼopérateur unique né de la fusion entre lʼANPE et les Assedic. Toutes les missions de l'AFPA sont complémentaires et font partie dʼun ensemble cohérent et stable. Il est plus que jamais nécessaire de le maintenir.

vive inquiétude, de colère et dʼincompréhension. Alors que la crise économique nécessite de développer la formation des jeunes, des demandeurs dʼemploi, des salariés actifs, au moment où, plus que jamais, lʼAFPA doit être en état de répondre aux besoins des publics quʼelle sait recevoir, il est inacceptable de la voir affaiblie par des décisions irresponsables. La CGT salue lʼaction des salariés de lʼAFPA. Ils expriment, par leur action, leur refus du démantèlement de leur

outil de travail et dans le même temps leur volonté de défendre un des éléments constitutifs du service public de lʼemploi. Cette lutte est celle de tous les salariés de tous les citoyens soucieux de lʼavenir économique et social de leur pays. La responsabilité des pouvoirs publics est entière, ils doivent assurer la mobilisation de tous les membres du service public de lʼemploi afin de répondre aux besoins des citoyens, des entreprises et de la nation.

NOUVELLE ANNÉE, NOUVEAUX ESPOIRS ouvriers de Caterpillar, de Continental, de Goodyear auront marqué l'année sociale 2009, tout comme les grandes manifestations unitaires du printemps, à l'appel de toutes les organisations syndicales, qui ont rassemblé des millions de personnes dans la rue. En ce début d'année 2010, comment ne pas penser à ces grévistes de Pimkie de Wasquehal et Neuville-en-Ferrain qui ont passé le réveillon du 31 décembre aux portes de leur entreprise, soutenues par Alain Bocquet et les élus communistes du secteur, pour protester contre un plan de 190 licenciements injustifiés alors que le groupe Mulliez, propriétaire d'Auchan et de Pimkie réalise des dizaines de millions d'euros de bénéfice ?

Parcellaires, corporatistes, défensives, les luttes ? Peut-être ! Mais c'est la responsabilité des organisations syndicales et plus encore des partis politiques d'unir tous ceux qui luttent, de donner à des combats qui autrement resteraient parcellaires et localisés un sens universel, de proposer un débouché politique. Comme nos amis du journal Fakir l'écrivaient dans leur dossier consacré à la CGT, les vignerons du Languedoc et les mineurs de Carmaux menaient aussi des luttes "corporatistes", mais à l'époque, la CGT croyait à la lutte des classes et Jaurès tonnait contre le capitalisme. On était à mille lieues de lʼopportunisme droitier des chefs du PS à la Royal, Valls ou Peillon qui ont -3-

enterré depuis longtemps la lutte des classes. Alors, un espoir s'est levé en 2009 avec le Front de Gauche. Autour du PCF, le Parti de Gauche, la Gauche Unitaire, mais aussi les membres du M'PEP, les chevènementistes de République et Socialisme ont construit une alliance politique solide avec le Front de Gauche. Aux élections européennes du mois de juin, la surprise est venue du Front de Gauche qui est parvenu à faire élire cinq députés européens, dont notre camarade Jacky Hénin dans le Nord-Ouest. En 2010, le Front de Gauche sera présent pour des régions solidaires, écologiques et citoyennes, pour rompre avec la fatalité. Les élections régionales

"Le Pôle d'emploi" correspond à une tentative de diversion. Faire du chiffre, être agressif, mettre le demandeur dʼemploi sous pression, ne sont pas une conception dʼune mission du service public. Quant à la fusion avec les Assedic, cʼest un processus de privatisation qui date de 2005. LʼANPE avec les financements de lʼÉtat ne jouera plus son rôle. Les Assedic sont aux mains du Medef, via des syndicats complaisants. Dans le Nord/Pas-de-Calais comme ailleurs. Avec lʼadoption de la loi faisant disparaître lʼANPE, une nouvelle phase de la bataille pour un service public répondant véritablement aux attentes de ses usagers sʼest ouverte. Le désengagement de lʼÉtat devient opérationnel et cʼest lʼargent qui va être le gendarme du demandeur dʼemploi. Et puis quelles ouvertures ont les Assedic sur le plan local ? Lʼaide à la formation, la prise en charge, le montant, la durée de lʼindemnisation, lʼaide à la mobilité, sont de réelles problématiques. Les Assedic ne sont pas dans cette orientation ! Le service public et service au public ne sont pas et ne signifient pas la même chose. La proximité dʼun service comme celui de lʼANPE est louable tout comme lʼengagement personnel des conseillers. Avec la fusion, les demandeurs d'emploi auront plus de déplacements à effectuer, ce qui ne va pas dans le sens d'un meilleur accès au service public de l'emploi. Pierre Pirierros

doivent être lʼoccasion pour les communistes de débattre des vrais problèmes et dʼêtre les relais de tous ceux qui luttent, dans les entreprises, dans les écoles, dans les facs, dans les associations, pour un monde plus solidaire. Dans le Nord-Pas-deCalais, cʼest lʼambition dʼAlain Bocquet qui mènera une liste communiste et du Front de Gauche de large rassemblement ouverte aux syndicalistes, aux acteurs du monde de la culture, pour un Nord-Pas-de-Calais enfin respecté, pour une région et des habitants solidaires et debout. En ce début dʼannée, lʼespoir doit nous guider dans nos combats, il ne tient quʼà nous de faire le faire grandir… David Noël


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Social

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Arbel Fauvet Rail : "bouffée d'espoir" pour les salariés mais...

LE JUGEMENT DU TRIBUNAL DE COMMERCE NE MASQUE PAS LES DIFFICULTÉS STRUCTURELLES

La décision du tribunal de commerce de Paris permet, aujourdʼhui, à A.F.R., de sortir indemne d'un processus judiciaire dont la menace essentielle visait la liquidation pure et simple de l'entreprise. RBEL FAUVET RAIL détenait et détient une position de choix dans le marché européen avec des wagons en circulation sur lʼensemble des réseaux européens (SNCF, SNCB, DB, RENFE) et des agréments internationaux, cette position doit se traduire par le maintien de lʼemploi dans lʼentreprise. Cela aussi fait partie dʼune stratégie dʼensemble. C'est le sens de l'intervention des syndicalistes lors de la rencontre récente avec Alain Bruneel, conseiller régional PCF. Arbel Fauvet Rail, (Douai) unique fabricant français de wagons de fret était en cessation de paiement. Cette situation, dramatique pour lʼemploi, est un énième exemple de la casse de lʼoutil de travail. Arbel Fauvet Rail a tout son rôle à jouer à partir de ses ateliers de Douai. Maintenir et développer lʼemploi dans un environnement industriel favorable, telle est la position des élus communistes du Conseil régional. Ces derniers ont voté pour des avances remboursables tout en exigeant une lisibilité de reprise par IGF Industrie. En se rendant, à plusieurs reprises, sur place, l'élu régional, a rencontré les syndicalistes et le secrétaire du comité d'entreprise. Ils sont tous

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les deux d'accord pour que l'État entre dans le capital comme il l'a fait pour Alstom. Interrogations Lʼobjectif pour la direction dʼArbel Fauvet Rail fut, il nʼy a pas si longtemps, dʼexternaliser le maximum de services vers les pays à faible coût de main dʼœuvre. “Aujourdʼhui, précisent les syndicalistes, nous nous interrogeons sur le pôle de compétitivité ferroviaire, mis en place par le gouvernement, dans le Valenciennois et ses réelles prérogatives”. Alors quelle est la place du Pôle de compétitivité ferroviaire dans ce contexte ? Lʼobjectif déclaré du gouvernement

au travers des pôles de compétitivité est de relancer lʼemploi industriel mais entre les intentions affichées et les pratiques sur le terrain social, il y a tout un monde. Le renouvellement du matériel roulant a généré un engagement financier des régions françaises de 3,7 milliards dʼeuros entre 1997 et 2003 et cʼest le patronat ferroviaire régional qui a bénéficié de ces commandes. Les financements issus de lʼimpôt du contribuable doivent se traduire par des créations dʼemplois dans la région, lʼaugmentation des salaires et la création de nouvelles unités de production de travail en opposition totale aux délocalisations. Il y a des signes évidents de production

délocalisée dans les pays de lʼEurope de lʼest, lʼassemblage nécessite des matériaux précis. Lʼécart entre ce que dit la direction et la réalité est énorme. Ce qui laisse perplexes les syndicalistes. La direction se sert de chiffres pour ne pas répondre directement aux véritables questions que sont la production, la stratégie industrielle et, bien sûr, lʼemploi. Le contrôle des fonds publics versés aux entreprises est une exigence qui, en période de casse de lʼemploi, gagne du terrain et pas seulement chez les syndicalistes et les salariés concernés. Aussi, la plus grande des transparences est une garantie pour avoir toutes les

cartes en mains et toutes les données économiques afin dʼobtenir une information des plus fiables. Les subventions publiques doivent servir uniquement à créer des emplois et des emplois pérennes. Il ne sʼagit en aucun cas dʼune remise à flots des entreprises. Alors quʼil y avait 800 emplois en 1987, on en compte aujourdʼhui 300 avec une moyenne dʼâge de 52 ans. Le carnet de commandes indique 850 wagons avec des capacités uniques pour la réalisation dʼun wagon polyarticulé, une véritable prouesse technologique. P.P.

ALAIN BRUNEEL, conseiller régional PCF, (président de la Commission Développement Economique, Emploi et Nouvelles Technologies) : Le savoir-faire des salariés est une garantie pour la production de wagons de fret.

"UNE RÉELLE BOUFFÉE D'ESPOIR POUR LES SALARIÉS D'AFR"

A décision du tribunal de commerce de Paris permet, aujourd'hui, à A.F.R., de sortir indemne d'un processus judiciaire dont la menace essentielle visait la liquidation pure et simple de l'entreprise. Ce verdict est une réelle bouffée d'espoir pour les 240 sala-

riés ainsi que pour le Conseil régional qui a soutenu activement cette entreprise, alors que l'Union Européenne avait rappelé à l'ordre la collectivité régionale pour son soutien financier excessif en faveur de cette industrie. Cela confirme la nécessité d'activer, parfois, le prin-

cipe de la désobéissance européenne vis-à-vis des diktats européens qui s'inscrivent toujours dans une logique ultra-libérale. Aujourd'hui, le verdict judiciaire ne doit aucunement masquer les difficultés structurelles d'A.F.R. et son manque de surface financière qui -4-

freinent son développement industriel. La problématique posée, à moyen terme, réside dans le fait qu'il faudra un nouvel actionnaire en capacité de consolider l'assise capitalistique tout en ayant une réelle stratégie de développement. Sur ce point, les choses semblent

avancer et l'intervention de l'État par le biais du Fonds de consolidation et de développement des entreprises permet d'éclaircir l'horizon... Le parcours pour un retour à l'équilibre reste un chemin difficile, mais cette décision judiciaire ouvre une réelle perspective pour l'avenir. Liberté 62 n°895 - Le 8 Janvier 2010


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Social 190 LICENCIEMENTS À PIMKIE/DIRAMODE (GROUPE AUCHAN) M N CJ

ALAIN BOCQUET INTERPELLE GÉRARD MULLIEZ

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E secteur du commerce couvre 70 branches professionnelles et 110 conventions collectives. Le patronat de ce secteur cherche à liquider les garanties collectives, à lʼexemple de la dénonciation de la convention collective des grands magasins. A ces revendications sʼajoutent celles dʼun emploi stable, à temps plein, et dʼun salaire convenable en rapport avec la qualification des travailleurs. Comment pointer, par exemple, la responsabilité des donneurs dʼordres qui ont recours à la sous-

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traitance, comme dans la prévention sécurité ? Symbole de cette solidarité syndicale et interprofessionnelle, la lutte actuelle des “Pimkie/ Diramode” à Wasquehal. Depuis une quinzaine de jours, les salariés de Pimkie/Diramode multiplient les mobilisations pour sʼopposer aux licenciements prononcés par la direction générale du groupe Auchan. De 1093 personnes en 2001, Diramode est passée à 640 personnes soit 41% des effectifs en moins ; pourtant les années 2006, 2007, 2008 ont été bénéficiaires avec des profits pour Mulliez, sa

famille et son groupe, (rien que pour ce secteur) de plus de 43 millions dʼeuros. Dans le même temps, ce sont 190 licenciements qui sont programmés. Alain Bocquet, député PCF-maire de Saint-Amand-Les-Eaux, est allé à la rencontre des grévistes et leur a apporté tout son soutien. parallèlement à cela, lʼélu a interpellé le fondateur du groupe Auchan, le multimillionnaire Gérard Mulliez... P.P.

“ILS N’ACCEPTENT PAS LE SORT QUE VOUS VOULEZ LEUR RÉSERVER” : LA LETTRE D’ALAIN BOCQUET À GÉRARD MULLIEZ

E vous écris cette lettre à vous qui avez la haute main sur lʼavenir dʼune des entreprises de votre groupe géant : PIMKIE DIRAMODE. Vous avez en effet le pouvoir de décider du devenir de 190 salariés que, pour lʼinstant, vous avez, avec vos actionnaires et collaborateurs, décidé froidement de licencier. Mais, ils nʼacceptent pas, à juste titre, le triste sort que vous voulez leur réserver. Ils ont engagé une lutte légitime et courageuse. Et ils ont raison de faire respecter leur dignité et celle de leurs familles. Plusieurs dʼentre eux mʼont sollicité. Je suis allé les saluer et leur apporter mon soutien et celui de mes amis lors du réveillon de Noël quʼils ont organisé dans le froid devant lʼentreprise de Wasquehal. Jʼai vu là des enfants aux côtés de leurs mamans en lutte contre lʼarbitraire et lʼinjustice. Ils mʼont expliqué dans le détail le mépris et le cynisme dans lesquels vos représentants à la direction de PIMKIE ont tenu les délégués élus du personnel lors des Liberté 62 n°895 - Le 8 Janvier 2010

négociations. Celles-ci ont échoué et ne reprendront quʼà la mi-janvier, ce qui est purement scandaleux, quand on sait les angoisses de ces salariés quant à leur devenir. Ces salariés nʼont rien à se reprocher. Ils ont fait leur devoir, leur travail et contribué très largement à lʼenrichissement de votre groupe. Vous nʼêtes pas une des premières fortunes de France sans eux, mais grâce à eux ! Ne lʼoubliez jamais ! Pour tenter de justifier ces licenciements, vous avancez lʼexacerbation de la concurrence et une baisse des bénéfices. Cʼest un peu court, quand on sait quʼentre 2001 et 2006 votre groupe a prélevé 160 millions de dividendes chez PIMKIE. En effet, PIMKIE, comme le montrent les comptes publiés par la maison mère DIRAMODE, a fait beaucoup de bénéfices : près de 53 millions dʼeuros sur les cinq dernières années dʼexercices soit une moyenne de 10,6 millions dʼeuros par an. En 2008, le bénéfice net de DIRAMODE était de 10,9 millions dʼeuros. Un tel résul-

tat est dʼabord le fruit de la productivité de vos salariés dont on ne peut pas dire quʼils sont rémunérés à la hauteur de leur engagement. Jʼai eu connaissance de leurs fiches de paie : une misère ! Par ailleurs, pendant que ce sont déroulées en coulisses les restructurations de votre groupe et qui ont touché DIRAMODE (PIMKIE), on est stupéfié dʼapprendre quʼil y a un an, votre famille dʼactionnaires a perçu 45 millions dʼeuros en tant quʼacompte sur dividendes. Comment accepter dans ces conditions ces 190 licenciements qui touchent vos entrepôts de Neuville-en-Ferrain et Wasquehal et sʼajoutent aux récents licenciements de 62 salariés chez XANATA, autre entreprise de votre groupe. Cette situation concerne, évidemment au premier chef les salariés et leurs familles. Mais elle concerne aussi les élus du peuple qui sont en droit de demander des comptes, dʼautant plus que vous avez bénéficié de lʼargent des contribuables pour bâtir les unités de production concernées. Le terrain de Wasquehal vous a été -5-

octroyé à lʼépoque pour le franc symbolique. Vous avez aussi bénéficié dʼaides dʼinstitutions publiques, donc de lʼargent des contribuables. Cʼest dʼautant plus inacceptable que si PIMKIE comptait en 2002 plus de 1000 salariés sur les deux sites de Wasquehal et Neuville-enFerrain, on est tombé aujourdʼhui à 600, sept ans plus tard. Et si on vous laisse faire, il ne resterait à peine que 400 salariés, avec une fragilisation évidente des outils de travail concernés. Et dans le même temps, toute honte bue, vous envisagez de délocaliser une partie des activités logistiques de PIMKIE en Allemagne, en Espagne voire en Italie. Ce serait un comble ! Vous ne pouvez pas, M. le Président, tout vous permettre sur le territoire. Surtout celui de décider, du jour au lendemain, du sort et de lʼavenir de femmes et dʼhommes qui ont donné beaucoup pour le développement de votre groupe et qui se retrouvent jetés comme des kleenex. Les salariés ne peuvent être réduits à une simple variable dʼajustement

financier au profit des actionnaires. Alors que votre groupe, lʼun des plus riches de France, a les moyens de trouver le cas échéant des solutions de reclassements. Faites en sorte que les négociations reprennent sans attendre avec des solutions garantissant lʼemploi pour chacun(e) des salariés de PIMKIE. Il ne vous suffit pas de déclarer la main sur le cœur (lors du «World Forum» à Lille) «il faut faire passer lʼhomme avant le fric». Le dire cʼest bien. Le faire cʼest mieux ! Je suis tenté de vous dire : «Hic Rhodus, Hic Salta !» (ici est Rhodes, cʼest ici quʼil faut sauter !), ce qui veut dire en substance : cʼest le moment de montrer ce dont vous êtes capable. Ecoutez le chant de Noël de vos salariés de PIMKIE : «Petit papa Mulliez, avec tes millions de billets, penses un peu à tes salariés». A moins que vous ayez le cœur complètement sec, M. Mulliez ? Dans lʼattente et prêt à vous rencontrer avec dʼautres collègues élus, avec les salariés concernés dans le cadre dʼune table ronde...


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Département

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JUSTICE : FERMETURE DÉFINITIVE DES TRIBUNAUX D'INSTANCE DE LIÉVIN, HOUDAIN, CARVIN, SAINT-POL-SUR-TERNOISE

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OUP d'accélérateur dans la refonte de la carte judiciaire. Le 31 décembre dernier, 178 tribunaux d'instance auront fermé leurs portes, selon le calendrier prévu pour cette réforme très contestée. Dans le Pas-de-Calais sont concernés les tribunaux d'instance de Liévin, Houdain, Carvin, Saint-Pol-sur-Ternoise... Les tribunaux d'instance traitent la plupart des petits litiges civils de la vie quotidienne portant sur des sommes inférieures ou égales à 10.000 euros (surendettement, conflit entre propriétaires et locataires, travaux mal exécutés), ainsi que les tutelles.

Ce projet avait suscité une bronca des principaux syndicats du monde judiciaire ainsi que de nombreux élus parmi lesquels Jean-Claude Danglot, sénateur PCF du Pas-de-Calais. Lʼassociation des Petites Villes de France et le syndicat national des Magistrats ont dénoncé, la "méthode” appliquée en son temps par lʼancienne garde des Sceaux, Rachida Dati. Lʼassociation nationale des juges dʼinstance est montée également au créneau pour refuser ce quʼelle considère comme une "réforme inadmissible".

➔ Le tribunal d'instance de Liévin fermé définitivement.

REPAS DES VÉTÉRANS SALLE DES FÊTES DE GRENAY - PLACE DANIEL BRETON VOTRE MENU : Apéritif Velouté d'asperges - Boudin blanc sur lit de pommes Rôti de dinde ou rôti de porc Pommes de terre duchesse et haricots verts Plateau de fromage - Dessert Vin blanc et vin rouge - Café

SAMEDI 23 JANVIER DE 12H À 20H

La réservation est à faire auprès de la Fédération du PCF - 66 rue de la Gare BP 256 62305 Lens cédex. Prix : 15 euros - Chèque à libeller à PCF 62.

Annonces légales AVIS DE CLÔTURE DE LIQUIDATION

SARL L.E.E. SARL AU CAPITAL DE 500 EUROS. SIÈGE SOCIAL : 51 RUE VICTOR BLANDAIN 62880 VENDIN LE VIEIL. 502 965 692 RCS DʼARRAS

Au terme de lʼassemblée générale extraordinaire en date du 31 décembre 2009, lʼassocié unique a approuvé les comptes définitifs de liquidation, déchargé Monsieur Eddie Meurin de son mandat de liquidateur, donne quitus à ce dernier de sa gestion et constate la clôture de liquidation en date du 31 décembre 2009. La société sera radiée du registre des sociétés dʼArras.

Pour avis et mention, Eddie Meurin

128, boulevard Basly 62300 Lens 03 21 74 89 89 Fax : 03 21 74 89 88 E-Mail : Liberte.62@wanadoo.fr

S.A.R.L. D’ÉDITION PRESSE HEBDO SARL au capital de 7.622,45 euros SIR 389 113 333000 22 Banquet Scalbert-Dupont 62300 Lens n°229 100 105 390 • Gérant Directeur de la publication : Hervé Poly • Responsable du Comité de Rédaction : Hervé Poly. Commission paritaire : n°83075 Dépôt légal : ISSN 160-822 X. Publicité : • MULTIPUB, SARL DʼÉDITIONS PRESSE HEBDO au capital de 7.622,45 euros • Comédiance : 32, rue Jean-Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex. Journal dʼannonces légales. Montage et photogravure : Liberté62. Membre inscrit à « Diffusion Contrôle » Bureau de la presse payante : OJD Imprimé à l’imprimerie de l’Avesnois L’Observateur, rue Pierre Charpy à Avesnes/Helpe.

Liberté 62 n°895 - Le 8 Janvier 2009

BATI-CHAUFFE-ÉNERGIE SOCIÉTÉ À RESPONSABILITÉ LIMITÉE AU CAPITAL DE 5.000 EUROS SIÈGE SOCIAL : 254 RUE MONTPENCHER 62110 HÉNIN-BEAUMONT RCS ARRAS 509818001

Aux termes d'une délibération en date du 23 décembre 2009, la collectivité des associés a nommé en qualité de cogérant Monsieur Pierre STAWIK, demeurant 10 Chemin de la Deuxième Voie 62440 HARNES, pour une durée indéterminée. La Gérance --------------------------

ÉLECTRO SERVICES 62 Société à responsabilité limitée au capital de 10.000 euros Siège social : 21 Bis rue du 8 mai 1945 62420 Billy-Montigny RCS ARRAS 509059713

Aux termes d'une délibération en date du 30 décembre 2009, la collectivité des associés a pris acte de la démission de M. Emmanuel HERMEZ de ses fonctions de cogérant à compter du 1er janvier 2010. Lʼarticle 16 des statuts a été modifié en conséquence. Le nom de Monsieur Emmanuel HERMEZ a été retiré. La Gérance

LA POSTE Les syndicats et la Fédération du PCF estiment nécessaire la création d'un comité de vigilance.

UN COMBAT À POURSUIVRE

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RÉUNIS au siège de la Fédération du Pas-de-Calais, les représentants départementaux de la Poste (CGT-CFDTFO) ainsi que Hervé Poly, secrétaire de la Fédération du Pas-deCalais du PCF, Jean-Claude Danglot, sénateur communiste et Jean-Luc Flahaut, attaché parlementaire, ont fait le point sur la bataille contre la structuration de la poste qui a duré durant cette dernière période quasiment entre octobre 2009 et janvier 2010. Cette bataille s'est déroulée sur le terrain avec la votation citoyenne et la carte pétition ainsi qu'au Sénat et à l'Assemblée nationale avec des débats houleux entre la droite et la gauche. Ainsi la droite a voulu discréditer la votation citoyenne en dénonçant les «conditions scandaleuses de la pseudo-votation qui a été organisée».

Les 2,3 millions de personnes recensées lors du vote apprécieront. Quant au référendum réclamé par le collectif contre la privatisation de la Poste, il fut rejeté par la droite considérant que le changement de statut de la Poste n'«a pas d'incidence directe sur la vie du pays et ne remet pas en cause la cohésion sociale... La transformation de la Poste en société anonyme n'a pas d'impact sur ses missions». Sans commentaire. Jean-Claude Danglot, en première ligne pour défendre les positions du PCF au Sénat, considère que «rarement il y a eu un débat de fond aussi important sur un service public». Les syndicalistes et les responsables communistes estiment que le combat a été rude mais a permis d'éviter un échec sur toute la ligne. Maintenant, il s'agit de voir si les garanties obtenues et les promesses gouvernementales seront

tenues et notamment celle de Christian Estrosi qui a déclaré son intention de rendre la Poste «imprivatisable». Pour les syndicalistes, certaines positions en place en prévision pour ce début d'année 2010, ne vont pas dans ce sens. Ils font ainsi état des suppressions de postes envisagées dans le département et le regroupement des boîtes aux lettres dans les cités ou en fin de rues. En accord avec les responsables du PCF du Pas-de-Calais, ils considèrent indispensables la création d'un comité de vigilance qu'ils entendent proposer à ceux qui étaient partie prenante du comité pour la défense du service public postal. Le collectif national de ce Comité se réunira d'ailleurs le 12 janvier et le collectif départemental le 13 janvier.

J.M.H.

HUMEUR QUE VA FAIRE PERCHERON DANS CETTE GALÈRE ?

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E débat sur lʼidentité nationale concernant lʼarrondissement de Lens se déroulera le mercredi 13 janvier à 20h45 au stade couvert de Liévin. Outre Éric Besson, ministre fortement décrié depuis quʼil a quitté le PS pour passer à lʼennemi et se mettre au service des basses œuvres du sarkozysme, est annoncée à ce débat la présence de Daniel Percheron, président

On s’abonne à Liberté 62 ! Nom : ...................................................................................................... Prénom : ................................................................................................. Adresse : ................................................................................................ .................................................................................................................. Ville : ....................................................................................................... Code postal : .......................................................................................... Signature Durée de l’abonnement : ❐ 1 an ➔ 65 euros ❐ 6 mois ➔ 35 euros ❐ 3 mois ➔ 17 euros ❐ 1 mois ➔ 7 euros Coupon à retourner à LIBERTÉ 62 128, boulevard Basly - 62300 - LENS (Pour plus de renseignements, faites le 03 21 74 89 89) -7-

socialiste de la Région Nord/Pasde-Calais. Alors que la quasi-totalité des responsables du PS tirent à boulets rouges sur Éric Besson et ses débats sur lʼidentité nationale, Daniel Percheron a choisi une voie contraire. Parmi les invectives socialistes contre Besson on retiendra celle de Jean-Christophe Cambadelis qui a déclaré que «lʼitinéraire de Besson était le même que Laval», en allusion au chef de gouvernement de Pétain qui a mené une collaboration active avec lʼAllemagne nazie. Une deuxième salve est venue de Jean-Paul Huchon, président PS de la Région Île-de-France, affir-

mant que «Besson était en train de devenir un nouveau Adrien Marquet, un nouveau Marcel Deat», évoquant ainsi ces anciens socialistes devenus ministres du maréchal Pétain. Daniel Percheron ne semble donc pas avoir les mêmes scrupules pour accepter de sʼasseoir à côté de ce personnage tant vilipendé par le Parti socialiste. Il espère peut être que ce rapprochement dʼun soir passera inaperçu aux yeux du plus grand nombre, lʼheure du débat étant fixé à 20h45. Une heure en effet peu idéale pour rassembler un large public. Jean-Michel Humez

ARRAS :

RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 9 JANVIER DE 9H30 À 12H30 AU SIÈGE DU PCF Pour les adhérents désireux de se prononcer sur la liste présentée par la Fédération du Pas-de-Calais à l’occasion des élections régionales.


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PCF

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ARRAS

Devant la préfecture, les communistes réclament une autre politique pour 2010.

VOEUX ANTI-SARKOZY

OUR la 2ème année consécutive, les militants communistes du Pas-de-Calais se sont retrouvés le 31 décembre aprèsmidi place de la Préfecture à quelques heures des voeux télévisés de Nicolas Sarkozy. À l'initiative de Daniel Dewalle, maire d'Houdain, cette initiative a pour but de dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy qui favorise les plus riches au détriment du reste de la population. Cette année, outre les attaques gouvernementales contre l'emploi, le pouvoir d'achat, la santé, l'école, les élus et militants communistes ont également mis en avant le coup de force territorial de Nicolas Sarkozy qui veut remodeler la France au seul service des puissances d'argent. Le récent découpage des circonscriptions et le nouveau mécanisme d'élection des conseillers territoriaux, au scrutin uninominal à un tour, constituent un bouclier électoral permettant à la droite de détenir tous les pouvoirs et pour longtemps. Pour les communistes il s'agit d'une confiscation méthodique des pouvoirs locaux, éliminant tout contre pouvoir et cherchant à laminer toute opposition dans le pays, pour imposer au peuple les reculs et les régressions sociales et démocratiques qu'exige aujourd'hui le capitalisme pour se perpétuer. C'est ce message que les communistes ont voulu adresser au préfet pour qu'il le transmette clairement auprès de Nicolas Sarkozy dont les oreilles ont dû siffler jeudi après-midi durant les chants sarcastiques repris à l'unisson par des militants communistes remontés pour 2010 et déjà en campagne pour les élections régionales du 14 mars prochain. J.M.H.

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Calais

LETTRE OUVERTE D'UNE CALAISIENNE

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Marie-Agnès est infirmière et a remis ces derniers jours à notre correspondant local copie d'une lettre adressée au journal des lecteurs de l'Hebdomadaire «Marianne». Nous en publions l'essentiel. Je vous envoie quelques réflexions personnelles...

1) Pour permettre au plus grand nombre de Français de comprendre ce que représente 1 million d'euros, un calcul simple... Payé 2.000 euros par mois (presque le double du SMIC) pendant 40 ans, ça fait presque 1 million d'euros pour toute une carrière professionnelle et pour espérer avoir une retraite décente... 2) Laïcité... à Calais devant notre très bel Hôtel de ville (Beffroi classé au patrimoine de l'UNESCO), sur la place ayant comme adresse «Place du Soldat Inconnu», la municipalité UMP a érigé pour les Fêtes une Crèche de la nativité ! 3) Le 22 décembre dernier, Monsieur Sarkozy, pourtant prési-

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dent de la République française, a reçu au Palais de l'Élysée les 22 «Têtes de liste» de l'UMP aux futures élections régionales. Pourtant, il n'est plus président de l'UMP. Je refuse que mes impôts servent à payer ce genre de réception. Je pense qu'il ne les a pas reçu au pain sec et à l'eau (ce serait encore trop) et qu'il a fallu quand même allumer les lustres et payer les employés de service ! 4) Au sujet du «débat» sur l'identité nationale... ce débat n'aurait jamais dû exister. J'ai regardé ma carte nationale d'identité, vous pourriez faire de même. C'est écrit République Française. Carte nationale d'identité n°... Nationalité française. Sur la photo, on peut voir ma couleur de peau, claire ou foncée, mais pas jaune par exemple car elle est

en noir et blanc. Il y a la place pour le nom, le prénom, le sexe (mais seulement masculin et féminin), la date et le lieu de naissance, la taille, ma signature... et au recto mon adresse, carte valable jusqu'au... délivrée par... etc... Il n'est heureusement pas mentionné ma religion, ma profession, mon adhésion à un syndicat ou à un parti politique, mes phantasmes, mes rêves ! Le Ministère de l'identité nationale existe et, en plus, nous avons une carte intitulée «Carte Nationale d'Identité». Le débat aurait pu porter sur la place de l'adjectif National. Avant pour Carte Nationale et Après pour Ministère de l'Identité Nationale ! Ayant une carte nationale d'identité, j'ai le droit de voter et je le prends. Ayant une adresse en

France, je paie des impôts parce que j'ai la chance de travailler et de pouvoir vivre de mon travail. Je suis d'ailleurs révoltée de voir des personnes qui travaillent et qui ne peuvent ni se loger ni se nourrir correctement... 5) Je n'ai pas le Bac mais je sais compter : 1+1=2 et quand j'ai un billet de 100 euros dans mon porte monnaie, je ne peux en dépenser 101 ! Il faut m'expliquer comment sans augmenter soi-disant les impôts en 2010, en supprimant la Taxe professionnelle (que je paye comme profession libérale), en baissant la TVA dans la restauration etc... le gouvernement affiche un déficit d'environ 140 milliards d'euros et qu'il arrive à faire un emprunt de 35 milliards d'euros. Y-a-t-il un messie au gouvernement

qui peut multiplier 1 milliard par 140 ? Est-ce que le gouvernement ne confondrait pas les citoyens avec des enfants charmés par quelques tours d'illusionnistes ? Je conclus par cette question : estce que j'habite encore en France ? Les pays ayant fait une Révolution en 1789 pour abolir les priviléges et mettre en place une démocratie avec pour Devise «Liberté, Égalité, Fraternité»... Institution du suffrage universel... Révolution en 1830... Loi de 1905 séparation de l'église et del 'État... Front populaire en 1936... Droit de vote des femmes en 1946... Mai 68, etc... Je ne vais pas vous faire un cours d'Histoire. Justement ne veut-on pas que les jeunes générations et futures oublient le fondement et la construction de notre pays, la Constitution de notre République ?

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE : LA ZONE DU CHEMIN VERT

NCORE une fois, quand les dossiers n'avancent pas, pour Madame Bouchart «c'est encore et toujours de la faute de l'ancienne équipe municipale ou maintenant des investisseurs...» Pour la zone du Chemin Vert, un dépôt de dossier CDEC était prévu en Février 2008, nous l'avions à l'époque reporté du fait des élections municipales, mais aussi pour la consolidation d'enseignes complémentaires et non concurrentes, d'autant que le centre ville prenait son envol avec le centre des 4 B. Nous avions aussi assumé toutes les études préliminaires, diagnostic de pollution et les investisseurs, eux de leur côté, réalisaient les études de voirie allant jusqu'à l'appel d'offres des travaux à engager et financés par leurs soins, pour 1 million d'Euros. Seulement et c'est là que le bas blesse, suite à la victoire de la droite à Calais, tous nos projets sont remis en cause, cassés, annulés dont celui du Chemin vert, et les entreprises ayant travaillé sous l'égide de notre municipalité essuient des refus constants aux demandes de rendez-vous avec la nouvelle municipalité de droite. L'investisseur obtiendra seulement un premier rendez-vous en juillet 2008, date à laquelle Décathlon est annoncé sur le Chemin Vert. Puis revirement total de situation en septembre 2008 et toujours par voie de presse, Décathlon est repositionné sur la zone des Cailloux, ce qui génère implicitement une mise en concurrence des zones limitrophes celle du Chemin Vert et des Cailloux. Ce qui a aussi pour effet d'empêcher les enseignes de se positionner sur le Chemin Vert, car du foncier serait disponible à coté de Décathlon. Entre temps la ville ne s'empresse aucunement de signer la cession des terrains du Chemin Vert, cherche et tente même d'annuler la vente, mais un compromis était passé, le promoteur ne peut toujours pas travailler dans la sérénité, à la promotion de cette zone. En novembre 2008, le promoteur présente enfin son projet similaire au dossier que j'avais transmis à mon successeur, lors de la passation de pouvoirs, M. Agius, présentation de la première phase du programme dont Babou et d'autres enseignes de notoriété y figurent

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pour un total de 8500 m2 de SHON. Et là, la mairie n'en veut pas, on vire le projet au simple motif que les enseignes ne sont pas strictement de l'équipement de la personne (babou fait aussi de l'équipement de la maison pour 40%) et que l'équipement de la maison est prévu pour une autre zone de Calais, celle du Virval à savoir : «le projet Cité de l'Habitat». Mais au fait, où en est-il aujourd'hui ? Bouchart refuse une centaine d'emplois sur cette zone, et met volontairement le dossier en stand by jusqu'en juillet 2009, ou enfin, après une délibération «forcée» au conseil municipal de juin 2009, elle est obligée de signer la cession des terrains. Mais vu cette impossibilité de positionner des enseignes d'équipement de la maison, le promoteur doit donc réengager une nouvelle commercialisation et reprendre contact avec des enseignes qui maintenant sont en droit de ne plus croire au dossier puisque la mairie les a fait patienter pendant un an et demi. Encore un autre effet d'annonce, en juillet 2009, Bouchart annonce dans la presse l'arrivée de Babou à Calais (juillet 2009 Calais mag), dans le même temps, Terres et Eaux annonce ses difficultés financières et remet en cause le dossier Calais, de ce fait, Kidzy (parc de jeu fermé pour enfants) pourtant prévu depuis le début renonce à venir s'implanter près de Terres et Eaux, normal, cette locomotive est remise en cause, donc forcément les enseignes qui voulaient bénéficier de l'arrivée de

Terres et Eaux se mettent en stand by. En septembre 2009, Déclathlon rachète Terres et Eaux, reprise du projet et relance de la commercialisation. En octobre 2009, la ville ne peut faire autrement que d'accepter les activités initiales car elle n'arrive pas à sortir ses dossiers et en particulier sa

zone «Cité de l'habitat» en grande difficulté financière, la construction de Reims étant arrêtée faute de moyens. Ce projet était mort né car le potentiel de développement n'existait pas sur l'agglomération de Calais, tout le monde le savait, c'est un projet de rêveurs, personne ne s'en est soucié, ni même vérifié la santé financière du groupe Mougin. Mais au fait ? Ikéa qu'elle devait amener au forceps, nous l'avions soit disant refusé, et le Virval et Carrefour réaménagé, où en sont-ils ? L'absence des recettes sur la zone du Virval, et les dédits financiers des projets avortés, où en est-on ? Et pendant tout ce temps, le Chemin Vert est bloqué, mis en concurrence avec la zone des Cailloux, mais la faute à qui ? Si la cession des terrains et l'acceptation du dossier en état dès le début avaient été validés et signés, si les services municipaux avaient lancé la DUP sur cette zone en deux tranches, cette zone serait enfin aménagée. On est encore très très loin des milliers d'emplois promis. Mais pendant ce temps, on dépense sans compter, on crée trois halls d'expositions, la halle «Gambetta»,

ÉLECTION RÉGIONALE VOTE DES ADHÉRENTS SAMEDI 9 JANVIER DE 8H À 11H30 AU SIÈGE DE LA SECTION

Calais Promotion, et Monoprix, à grand renfort de publicité, on utilise à mauvais escient le plan de relance de l'État, l'église notre Dame et le Beffroi ?? Pourquoi ne pas financer les voiries du Chemin Vert, pourquoi ne pas aider le promoteur en ne le mettant pas en concurrence avec la zone municipale des Cailloux ? Mais le «let motiv» de Madame Bouchart, obsédée par ce seul argument «Calais, 37 ans d'immobilisme, Calais revit» essaye de faire croire que seule, une image donnée peut faire renaître une ville, qui pourtant était sur la bonne voie, en dépensant sans compter. Aujourd'hui, les Calaisiens vont comprendre ce qu'est la mauvaise «voix». Voici bientôt deux ans de mandature, on cherche encore les implantations des commerces promis, et des emplois, après que les «méchants rouges» aient été chassés de la mairie ? Il reste 4 ans mais le temps passe très vite... et aucune réalisation pour l'emploi et la diminution du nombre d'érémistes.

Patrick Allemand, Conseiller municipal.

VŒUX DE LA SECTION DU PCF JEUDI 14 JANVIER À 18H30 Salle Paul Caron (Cailloux)

avec Alain Bocquet, Jacky Hénin, Bertrand Péricaud

L’actualité de la semaine vue par Babouse

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Sciences et Techniques

PÔLE NORD : MIGRATION ACCÉLÉRÉE

Le pôle nord géographique et le pôle nord magnétique ne correspondent pas. Cette réalité est connue depuis longtemps et la position du pôle nord magnétique varie au cours du temps. Il se déplace du Canada vers la Russie. Sa position est très importante pour les déplacements en avion, en bateau, pour le suivi des satellites. Depuis une dizaine d'années, le déplacement sʼaccélère avec une moyenne de 55 kilomètres par an. E pôle magnétique est le point vers lequel convergent les aiguilles des boussoles depuis lʼinvention de ce merveilleux appareil par les chinois aux alentours de lʼan mille. Selon les derniers relevés effectués sur place, en avril 2007, par une équipe franco-canadienne dans le cadre du projet Poly-arctique, le pôle Nord magnétique se situait à environ 550 kilomètres au sud du pôle Nord géographique, au large de l'île canadienne d'Ellesmere, à 83,95° de latitude nord et 121,02°de longitude ouest. Lʼécart entre les deux pôles est donc important. Mais surtout il ne cesse de varier au cours du temps. Loin du pôle

La première localisation du pôle nord magnétique a été réalisée en 1831, par l'explorateur britannique James Ross. Cette mesure fut une véritable révélation : le pôle Nord magnétique était centré sur la péninsule de Boothia (Canada), vers 65° de latitude nord, soit en

deçà du cercle polaire, à environ 2 750 kilomètres du pôle Nord géographique ! Les mesures qui ont été réalisées ensuite ont montré que cette position nʼétait pas fixe. Autre surprise. Dans sa dérive actuelle, le pôle magnétique se rapproche du pôle géographique et son mouvement sʼaccélère. Arnaud Chulliat, chercheur à l'Institut de physique du globe de Paris qui a participé à lʼexpédition précise : «Jusqu'en 1989, ce déplacement s'est fait à un rythme relativement lent compris entre 5 et 15 kilomètres par an, puis il s'est brusquement accéléré pour atteindre 60 kilomètres par an jusqu'en 2002 avant de se stabiliser autour de 55 kilomètres par an». À ce rythme, le pôle Nord magnétique pourrait dépasser le détroit de Béring et arriver en Russie vers 2020. Encore une énigme

Lʼexplication de ce phénomène intrigue depuis longtemps les géophysiciens. Quelle est la cause de cette dérive et surtout pourquoi sa

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vitesse a-t-elle soudainement quadruplé dans les années 1990 ? Arnaud Chulliat a proposé une nouvelle hypothèse lors d'une conférence de lʼAmerican Geophysical Union (AGU) à San Francisco en décembre. Selon lui, ces variations seraient dues à de brusques changements survenus à la surface du noyau de la Terre. On sait depuis longtemps que ce noyau est composé d'une «graine» de fer solide et chaud (5 000°C et très forte pression) de 1 200 kilomètres de rayon qui «flotte» dans une enveloppe liquide de fer et de nickel. Ce liquide bouillonne littéralement. Il est animé de mouvements de convection comparables à ceux d'une casserole d'eau que l'on met à bouillir sur une gazinière. Ces mouvements sont à lʼorigine du champ magnétique terrestre. Simulations

En mars 2007, une équipe française (CNRS, ENS Lyon, ENS Paris) avait reproduit en laboratoire la production dʼun champ magné-

tique à partir dʼun écoulement de sodium liquide. Pour la première fois on réalisait les conditions dʼune inversion du champ magnétique terrestre. À partir de modèles de simulation numérique, l'équipe d'Arnaud Chulliat suggère l'existence d'un «panache» magnétique qui remonterait depuis la surface de la «graine» vers la zone du noyau externe correspondant à la position actuelle du pôle Nord magnétique. Les variations de ce panache seraient à lʼorigine des variations de position du pôle Nord. Ce phénomène «très localisé, n'est pas de nature à influencer l'ensemble du champ magnétique terrestre». Heureusement, car le champ magnétique terrestre protège la Terre des particules du vent solaire, qui si elles atteignaient notre sol, rendraient notre planète impropre à la vie ! Ces flots de particules qui sont repoussées par le champ magnétique terrestre sont à lʼorigine des aurores boréales.

2012

La rumeur court sur Internet, la fin du Monde serait pour 2012. Après nous avoir promis le choc avec un astéroïde, on nous prévoit une inversion de pôle magnétique ! Lʼastéroïde, sʼil devait nous heurter, aurait été repéré depuis longtemps par les observatoires ou les satellites. Devant cette évidence les prophètes millénaristes se sont reconvertis sur une inversion des pôles. La dynamique de ce phénomène étant mal connue, cʼest pain béni pour ceux qui jouent sur lʼignorance. Certes les inversions précédentes ont été marquées par un affaiblissement du bouclier que nous procure le champ magnétique. Mais, malheureusement pour ceux qui manient lʼangoisse comme moyen de gouvernement, les inversions précédentes enregistrées et datées nʼont eu aucune conséquence sur la vie de notre planète, y compris celle de nos lointains ancêtres qui ont vécu ce type dʼévénement. Dʼautres échéances nous attendent en 2012, notamment en France, sachons nous y préparer…

Pôle Nord, Pôle Sud ?

EPUIS les chinois, on sait que lʼaiguille dʼun aimant indique le Nord. On a longtemps cru quʼil sʼagissait du Nord géographique. Il ne sʼagit que dʼune approximation comme le détaille lʼarticle ci-dessus. Mais il y a plus. Un aimant est, comme vous le savez, un barreau avec un pôle nord et un pôle sud. Si lʼon fait sʼaffronter deux aimants, leurs pôles semblables (nord-nord ou sud-sud) se repoussent, leurs pôles opposés sʼattirent. On peut comparer la Terre à un très gros barreau magnétique. Cʼest le pôle nord de lʼaimant de la boussole qui est attiré vers le Nord géographique qui est donc… le pôle Sud magnétique ! Cela nʼa pas une importance essentielle car au cours des temps géologiques, les pôles magnétiques se sont inversés à de nombreuses reprises.

Les inversions de pôles magnétiques Comment sait-on que les pôles magnétiques se sont inversés ?

Les roches volcaniques contiennent de grandes quantités de fer que lʼon pourrait comparer à autant de petits aimants. Lorsquʼelles refroidissent, elles enregistrent la direction du pôle magnétique. Les inversions passées sont ainsi gardées en mémoire par ces roches.

Le champ magnétique terrestre s'inverse durant des périodes allant de quelque dizaine de milliers dʼannées à de nombreux millions d'années. Lʼintervalle moyen observé au cours des 5 derniers millions dʼannées est de 250 000 ans environ, mais avec des variations allant de 80 000 ans à 550 000 ans. La dernière modification est probablement survenue il y a 780 000 ans. Mais il peut aussi y avoir des grandes périodes de stabilité, au moins une fois durant lʼhistoire de la Terre, le champ magnétique a gardé une direction constante pendant 30 millions d'années.

De plus, lʼintensité du champ magnétique varie au cours du temps sans que lʼon sache en expliquer véritablement la cause.

Inversions et tectonique des plaques

Les océans sont parcourus par dʼimmenses rides qui sont des foyers dʼéruption volcaniques. La plus connue pour les européens est la ride médio atlantique qui de lʼIslande aux Kerguelen divise cet océan en deux parties. Ces rides, ou rifts, déversent de la lave à un taux relativement constant. On peut ainsi observer de larges bandes du plancher océanique orientées nord-sud dans lesquelles on peut lire la direction du champ magnétique qui régnait au

moment où ces laves ont été émises. La datation de ces roches permet de situer lʼouverture de lʼOcéan Atlantique il y a environ 200 millionsdʼannées. Lʼobservation de ces «bandes dans lʼOcéan dʼinversion» Pacifique et lʼOcéan Atlantique est à lʼorigine de la formulation, en 1968, par Xavier le Pichon et les chercheurs du Lamont Geological Oservatory, de la théorie de la «Nouvelle tectonique globale», plus connue aujourdʼhui sous le nom de «tectonique des plaques». - 16 -

Liberté 62 n°895 - Le 8 Janvier 2010

Liberté 62 895  

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