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LES MINEURS RETRAITÉS CGT LUTTENT, SANS RELÂCHE, POUR UNE REVALORISATION DE LEURS PENSIONS Page 5

France Télécom-Orange Nord/Pas-de-Calais :

CAPORALISATION ET REJET DES CHSCT PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE

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Élections régionales de mars 2010

LE PCF PROPOSE DES LISTES AUTOUR DU FRONT DE GAUCHE ÉLARGI Page 7 128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

€ - N°885 DU V ENDREDI 31 O CT. AU J EUDI 5 N OVEMBRE 2009


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La chronique de Recherches Internationales

L’OTAN À L’ASSAUT DU GRAND NORD

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Jacques Le Dauphin

Directeur de lʼInstitut de Documentation et Recherche sur la Paix

Le secrétaire général de lʼOTAN, Andréas Fogh Rasmussen, en poste depuis le 1er août 2009, a dans lʼinterview accordé au journal canadien Le Devoir évoqué les défis auxquels lʼOTAN doit faire face. À ce sujet il a porté lʼaccent sur lʼArctique. Les enjeux

Les enjeux sont à la fois, environnementaux, économiques, stratégiques. On connaît la préoccupation mondiale concernant le réchauffement climatique et lʼenjeu que représente lʼéquilibre thermique de la calotte glaciaire. Mais là nʼest pas la problématique qui a retenu lʼattention de Rasmussen. Son propos tend à sʼinterroger prioritairement sur la possibilité de nouvelles routes navigables offertes par la fonte des glaces. Ces routes polaires offriront un raccourci dʼau moins 4000 kilomètres. Toutes les marines du monde voudront passer par là. À cet égard il a déclaré « dans lʼespace de quelques années nous allons avoir de nouveaux signes dʼinquiétude concernant leur utilisation ». Qui va en assumer la réglementation ? cela doit, dit-il retenir toute lʼattention de lʼOTAN. Il nʼa pas manqué dʼévoquer lʼaccès aux 1,2 millions de kilomètres carrés de fonds marins contenant des réserves gigantesques de pétrole, de gaz, dʼor, de diamants et minerais rares. Ainsi dit-il « nous allons avoir de nouveaux accès aux ressources énergétiques, ce qui pourrait amener à une confrontation entre Etats riverains ». Quel rôle lʼOTAN sera-t-elle susceptible de jouer ? Un rôle dʼarbitre ? Au regard de son activité ancienne et présente il est permis dʼen douter. Ce qui semble plus vraisemblable cʼest quʼelle intervienne sélectivement dans la course de vitesse engagée pour le contrôle et lʼexploitation de telles ressources. Le découpage de la zone entre Russie, Danemark, Etats-Unis, Canada, Norvège fait lʼobjet de positions très concurrentielles. On sait que la dorsale « Lamonov », chaîne de montagnes marines, potentiellement riche en hydrocarbures est revendiquée par la Russie qui la considère dans sa plus grande partie comme une extension de la Sibérie. On se souviendra à ce sujet quʼune expédition russe avait de manière spectaculaire, à lʼaide de deux submersibles, planté un drapeau national à plus de 400 mètres sous le pôle nord. De son côté, le Danemark considère que cette dorsale est une extension du Groenland, territoire danois autonome. En août 2007 une expédition danoise faisait route vers lʼArctique afin de passer au crible les fonds marins pour tenter dʼappuyer leur revendication de propriété dʼune partie de la zone. Lʼoffensive de lʼOTAN en Arctique

Cʼest là que lʼOtan intervient se basant sur la multiplication de ses missions définie dans ses grandes

lignes lors du sommet de Strasbourg-Kehl. De multiples déclarations suivies dʼinterventions concrètes en attestent. Depuis le début de lʼannée 2009 les Etats-Unis ont indiqué à maintes reprises, en paroles et en actes, leur intention dʼétablir leur revendication territoriale et dʼétendre leur présence militaire dans le Grand Nord, à savoir le cercle polaire et les eaux qui sʼy rejoignent, la mer de Barents et de Norvège, ainsi que la mer Baltique. Dans cet esprit, le 12 janvier 2009 Washington a émis une directive présidentielle de sécurité qui indique « Les EtatsUnis ont des intérêts de sécurité nationale fondamentaux dans la région de lʼArctique et sont disposés à agir indépendamment ou en conjonction avec dʼautres Etats pour protéger ces intérêts ».

dont le F.15 Eagle de lʼarmée américaine. On notera que le lieu choisi montre que la neutralité de la Suède est bien dépassée. En effet malgré une forte opposition dans le pays, lʼincorporation de la Suède à lʼOTAN est préparée de façon méthodique depuis plusieurs années. Ses forces armées ont été restructurées en ce sens. Face à la Russie concernant les gisements gaziers en mer de Barents au large de la presquʼîle du Kola, la Norvège, qui a déplacé son commandement opérationnel à lʼintérieur du cercle polaire a favorisé lʼentrée de lʼOtan dans lʼArctique. De son côté, le Danemark sʼapprête à créer une « Task Force » dédiée à lʼArctique au Groenland et dans les îles Faroe. Aux manœuvres déjà citées on ajoutera les exercices de guerre « Joint warrior » de lʼOTAN

que de formations armées et dʼorganes capables de garantir la sécurité militaire dans toutes les conditions, quʼelle que soit la situation politique et militaire. Ce document préconise aussi la création dʼun « système efficace de garde-côtes du service fédéral de sécurité dans la zone arctique ». Déjà dans son discours, à la Wehrkunde de Munich le 10 février 2007, Vladimir Poutine avait réaffirmé que la militarisation du Grand Nord russe constituait un des fondements de la politique étrangère de la Russie. Ainsi Artur Tchilingarov coordonne le déploiement des forces aériennes de la station de Barneo dans lʼArctique. Tous les matériaux nécessaires à la démarcation de la zone arctique russe fondés sur le droit international devraient être rassemblés en 2010. Autrement dit la Russie

monde. Les pays arctiques ne peuvent-ils pas régler eux-mêmes en concertation par la voie diplomatique leurs divergences, afin de garantir la conservation de la région en tant que réservoir mondial, sans lʼutilisation de moyens militaires dans lesquels lʼOTAN sʼest résolument engagée ? Il apparaît urgent dʼenrayer cette course aux armements en Arctique en offrant comme alternative le développement des coopérations bilatérales, multilatérales dans les domaines de la sécurité de la navigation, de la prévention des catastrophes écologiques, la répartition des ressources énergétiques. Les Nations Unies pourraient en assurer la coordination. La France qui a réintégré lʼensemble des structures militaires de lʼOTAN se trouve de facto

Contre qui ? Sans quʼelle soit nommée la Russie apparaît concernée. Compte tenu du leadership exercé par les Etats-Unis sur lʼAlliance Atlantique on ne sʼétonnera pas que le même mois lʼOTAN tenait dans la capitale de lʼIslande une conférence intitulée « Perspectives en matière de sécurité dans le Grand Nord », à laquelle assistaient les plus hauts commandants militaires. En découlera lʼorientation pour les pays membres, individuellement ou collectivement, dʼaccroître leurs capacités de combat dans la région. Une orientation déjà mise en pratique. En effet on a pu assister à des manœuvres militaires « Loyal Arrow 2009 » conçues en vue dʼune force dʼaction rapide de lʼOTAN. Ces manœuvres eurent lieu en Suède. Dix pays y participaient, Etats-Unis, Allemagne, Italie, Norvège, Danemark, Pologne, Portugal, Turquie ainsi que la Finlande et la Suède. Cʼétait un grand exercice, un véritable pied de guerre dans la Laponie suédoise. 2000 soldats, un porte-avions, 50 chasseurs

près des côtes de lʼEcosse dans la mer du nord reliée à la mer de Norvège, limitrophe à lʼocéan Arctique, lʼopération « Norther Edge » menée par les Etats-Unis en Alaska, les patrouilles aériennes au dessus de lʼEstonie, de la Lettonie, de la Lituanie à moins de cinq minutes de vol de Saint-Petersbourg. On sait aussi que la zone arctique demeure un des bancs dʼessais du nucléaire. Russes et américains y testent des SNA et des SNLE de nouvelle génération. Cet océan demeure donc essentiel pour les deux pays concernant les armements nucléaires.

entend prouver que la dorsale « Lomonosov » fait partie du plateau continental russe et donc du territoire russe et quʼelle est prête à défendre cette option militairement si nécessaire.

engagée par cette activité. Cependant elle nʼa pas participé directement aux manœuvres militaires dans le Grand Nord. Quʼelle est sa position ? Le bras de fer militaire engagé est très préoccupant pour la paix et la sécurité du monde. Les peuples doivent sʼen mêler car ils sont directement concernés.

Les réactions russes

Face à un tel déploiement des forces de lʼOTAN, il est évident que la Russie ne reste pas les bras croisés. Elle y voit une menace pour ses intérêts en Arctique, une menace pour sa sécurité. Un document du « Conseil de sécurité russe » stipule la nécessité de créer dans la zone Arctique russe, un contingent de forces de destination générale, de troupes, ainsi -2-

Course aux armements ou coopérations ?

Alors nouvelle guerre froide avec comme centre de gravité lʼArctique ? Pour le moins la tension est réelle et lʼOTAN y contribue de manière importante. Peu dʼinformations sont parvenues concernant les débats et les contradictions qui peuvent exister au sein de lʼOTAN. Pourtant lʼorientation suivie en Antarctique marque nettement le devenir de lʼOTAN. A. Rasmussen estime que « lʼOTAN est à la croisée des chemins ». Dʼoù lʼélaboration dʼun nouveau concept stratégique dont il a la charge. Cet engagement de lʼOTAN en Arctique peut être interprété comme la volonté dʼutiliser lʼAlliance comme instrument dans la compétition pour lʼaccès aux ressources dans la zone et plus largement en dʼautres endroits du

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ dʼanalyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourdʼhui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

6, av. Mathurin Moreau; 75167 Paris Cedex 19 tel : 01 42 17 45 27 mail : recherinter@internatif. Org Abonnements 4 numéros par an : 55 euros

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Événement

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France Télécom-Orange Nord/Pas-de-Calais :

CAPORALISATION EXTRÊME ET REJET TOTAL DU RÔLE DES CHSCT PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE

L y a quelque chose de vraiment pourri (et d'incohérent) de la part de la direction de France Télécom-Orange à un moment où lʼactualité rattrape lʼopérateur national des communications, le rejet total du rôle (défini par la loi) des CHSCT en fait partie. Mardi dernier, en leur siège, à HéninBeaumont, les délégués de la CGT, venus des quatre coins du Nord/Pas-de-Calais, ont tiré avec force un signal dʼalarme qui, au demeurant, lʼest automatiquement. Mais voilà, pour la direction technique (réseaux et clients) du Nord de la France (Nord/Pas-de-Calais, Champagne-Ardennes et Picardie) qui compte 1600 salariés, il est hors de question de tenir compte des rapports des Comités dʼhygiène de sécurité et des conditions de travail et encore moins de leur expertise. À chaque fois, cʼest la poursuite en justice dans des conditions dignes dʼune époque révolue, cʼest la caporalisation extrême ! Quelle place est donnée aux CHSCT ? C'est une bataille de longue haleine qui est menée par les syndicalistes pour imposer la mission précise du comité de sécurité. Leurs rapports entraînent la responsabilité des salariés ; ils sont court-circuités abusivement par la direction car il faut à tout prix gagner du temps. Cette notion du temps est en permanence un registre qui fait craindre le pire. Nocivité

Dans lʼentreprise, le degré et la nocivité des risques et des dégradations des conditions de travail sont des paramètres dʼindication du rôle et de la responsabilité sociale de lʼemployeur ; Cela nʼest quʼune partie de lʼiceberg. Les CHSCT, imposés de haute lutte, par les salariés et leurs délégués, jouent, leur rôle mais y trouvent sur leur chemin des entraves directes de la part des directions nationales et locales. La protection élémentaire sur les lieux de travail rebondit sur la garantie et la protection de tous les salariés sur les chantiers. Et lʼon parle nacelles, échelles, plateformes, véhicules, conduites, temps de travail... Mais pour lʼexploitant, seule sa décision compte, le reste nʼappartient quʼau monde syndical. Aussi, les élus CHSCT-

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Édito

N octobre de nombreux mouvements sociaux ont montré lʼexaspération du monde du travail. Le résultat de la « votation » citoyenne contre la privatisation de La Poste, le recul de « Sarkozy » concernant lʼassaut de la « Défense » prouvent la force de lʼopinion publique. Transformer ce mécontentement en une puissante résistance électorale, en une force de gauche radicale, capable de proposer un projet de société fédérateur est lʼambition et le rôle du parti communiste. Le Comité National des 24 et 25 octobre donne le ton pour les élections régionales. La politique se

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Réunis à Hénin-Beaumont, les élus CGT des CHSCT du Nord/Pas-de-Calais passent à l'offensive

CGT en présence de Me Stéphane Ducrocq, avocat, détaille une à une les entraves et leurs assignations systématiques en justice. Pourquoi et comment ? “Il y a un fossé énorme entre la direction générale et les salariés, dit dʼemblée Jean-Michel Mierlot, élu à Lens, cette même direction décide et les directions locales suivent immédiatement. La seule jurisprudence qui compte, cʼest celle édictée en haut lieu. Pourtant, depuis 2005, les CHSCT sont encadrés par la loi mais lorsquʼon passe aux actes concrets avec des expertises précises, cʼest le renvoi immédiat devant la justice. Et dans la quasi majorité des cas, nous sommes déboutés. Heureusement, des inspecteurs du travail ne suivent pas lʼavis de la direction de France TélécomOrange mais il nʼy a pas si longtemps, les inspections du travail y allaient à reculons à chaque fois que lʼopérateur de téléphonie était concerné dans un dossier. Voilà, nous sommes dans un monde absurde, dʼoù les incohérences sont légion.”

Me Ducrocq : "Il faut que les choses changent"

(Photo Liberté 62)

Me Ducrocq est catégorique : “il faut que les choses changent ; les effets dʼannonces ne passent plus, ils ne correspondent en rien à la situation actuelle. Quels mandats pour les nouveaux élus ? En ce qui concerne le Nord/Pas-deCalais, le nombre de CHSCT est passé de quatre à cinq, mais entre mai et octobre 2009, aucune légalité nʼétant admise, rien ne fonctionnait. Il suffit dʼécouter ce que disent les délégués pour comprendre lʼabsurde de toute cette situation.” Un élément qui a toute son importance est le réglement intérieur et les syndicalistes jugeaient utile dʼen discuter très largement avec un débat dans lʼentreprise. Cela a été refusé catégoriquement par la direction et comme les élus ont voté ce réglement intérieur, ils furent traînés devant les tribunaux sans préalable. Et lʼavocat des salariés de citer une anecdote, au lendemain dʼun pont de mai, les syndicalistes furent appelés à comparaître avec un laps mini-

mum pour préparer leur défense et en face ils avaient des gros cabinets dʼavocats spécialisés. La bataille était perdue dʼavance et elle le fut. Mêmes cas de figure, les projets de temps convenu et lʼintensification de la mobilité territoriale ne peuvent venir que de la direction générale, les avis, jugements et décisions des élus syndicaux ne sont que pur constat. La visite récente, le 14 octobre dernier à Lens, du numéro deux de France Télécom, Stéphane Richard ne reposait que sur une opération de communication. Sa parole est isolée dans une entreprise où le questionnaire sur le stress et les conditions de travail (avec 174 questions) nʼest fait que pour redorer une image de marque ternie. Joëlle Bubbe, la directrice locale, ne peut pas dire le contraire. La santé des salariés doit nécessairement être protégée pour quʼils puissent exercer durablement des activités de travail. Aborder les améliorations à garantir sur les lieux de travail quant aux conditions de travail, aux amplitudes des journées tra-

vaillées, fait partie des revendications fondamentales. Cette rentrée est marquée par les suicides de salariés de France Télécom. Très nombreuses sont les personnes à sʼinterroger : «Que faire face à cette dégradation de la vie au travail ?" Une commission de coordination des CHSCT (les 5 secteurs géographiques) a été purement et simplement refusée. Cette commission comme son nom lʼindique pose la question récurrente d'une prévention totale des risques en amont. C'est une priorité d'intérêt général. La direction technique est une grosse unité avec des métiers précis où là aussi les risques psycho-sociaux sont à prendre en compte. “Et pourtant, observe Jacques Griffon (élu à Valenciennes), alors que la mobilité était interrompue, jʼai reçu le 21 octobre un texto sur le portable de service, pour une mutation hors région et aussi hors administration. Cela veut dire quʼon se fout de nous.” Pierre Pirierros

RASSEMBLER POUR TRANSFORMER

décline dans lʼaction mais aussi dans le « vote ». Cʼest là que se situe le rapport de forces et la résistance citoyenne. Travaillons dès aujourdʼhui à ce grand rendez-vous de mars 2010. Certes le gouvernement essaie de faire croire que la sortie de crise se profile à lʼhorizon mais en même temps il poursuit ses réformes avec indifférence et mépris pour le peuple. Le nombre de demandeurs dʼemploi continue de grimper, une nouvelle taxe « Carbone » totalement injuste pour les ménages est instituée, on attaque à nouveau le système des retraites, on veut taxer les indemnités « accident de tra-

vail ».... la liste est longue. Citons encore lʼaugmentation du forfait hospitalier, la diminution du taux de remboursement de certains médicaments et..... La toute dernière en date la suppression de 182 blocs opératoires dans notre pays..... Cette fois encore nous sommes dans la même logique que celle qui a sinistré la carte de France des maternités. Obnubilée par la réduction des dépenses sociales la droite ne se soucie pas de lʼabandon de territoires et de leurs populations. En dépit du désaveu de lʼopinion et de puissantes luttes sociales le pouvoir continue sa politique de modelage libéral du pays quʼil veut -3-

parachever par la réforme des collectivités territoriales. Pour lʼinstant aucune force politique nʼest susceptible de menacer cette domination. Cette force quʼil faut créer est sans doute lʼenjeu des débats qui se déroulent autour des élections régionales. Lʼoffre des listes « Front de Gauche » lancée ce week-end par le National du PCF, à ses partenaires répond à une autre logique. Néanmoins cʼest aux Conférences Régionales de décider de la stratégie, des contenus et des chefs de file. Forts de notre expérience des Régionales de 2004 et de la récente élection européenne on peut

souhaiter constituer pour le premier tour de ces élections une liste autonome et rassembleuse. Revendiquer, bouger, transformer, rassembler sont à lʼordre du jour. Construire avec toutes les forces progressistes des projets régionaux ouvrant à gauche un autre choix que ceux portés par le PS ou Europe Ecologie sʼavère vital pour un véritable sursaut électoral. Rappelons nous, la lutte nʼest pas seulement dans la rue, elle passe aussi par les urnes. Alors sans hésiter, comme en 2004 jetons dès aujourdʼhui toutes nos forces dans lʼaction derrière Alain Bocquet, notre tête de liste. Jean Jacques Guillemant


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Social France Télécom : “ASSÉCHER LES CHSCT, C'EST TUER DANS L'OEUF LA VOLONTÉ D'ACTION DES ÉLUS SYNDICAUX “ (TÉMOIGNAGES) Robert Lahaxe (Hellemmes-Lille) "Ne pas rester isolés"

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On ne peut pas rester isolés ; j'ai encore en mémoire le cas du personnel "boutiques" à Villeneuve d'Ascq où du jour au lendemain, les filles ont trouvé portes closes sans aucune annonce au préalable. Le Nord/Pas-de-Calais, c'est une grosse unité au niveau interventions techniques et nous arrivons tout de même à communiquer entre nous mais sans grands moyens (pas de ligne intérieure pour les CHSCT, c'est un comble à France Télécom). Et en ce qui concerne les boutiques, c'est incompréhensible, il y a un seul CHSCT qui va de la Haute Marne à la Somme... Christian Stasick (Boitelle-Lille) "Lier vie professionnelle et vie familiale, un exploit quotidien"

Jean-Michel Mierlot (Lens) : "Aucun moyen ne nous est donné".

Serge Oboeuf (Unité d'intervention Nord/Pas-de-Calais) "La souffrance est intérieure"

Dans mon travail, je suis nomade ; c'est-à-dire que les seuls contacts avec ma direction, je les ai sur mon téléphone portable, deux fois par jour. Le reste, ce sont les interventions techniques et j'ai à gérer cette situation, seul à seul avec le "client". Parfois, ça dérape, parfois le ton monte et puis tout rentre dans l'ordre lorsque le "client" s'aperçoit que le technicien ne fait que son travail.

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La souffrance est à l'intérieur. La conjonction des mobilisations nʼest jamais un hasard, ce fut le cas le 20 octobre dernier. Les arcanes de France Télécom surtout depuis 2002 et la privatisation sont complexes. En fait, l'écueil réside dans le fonctionnement où le personnel (dépendant de la fonction publique) travaille pour une société privée. Bien sûr, les Comités dʼHygiène Sécurité et Conditions de Travail se mobilisent en lien étroit avec les syndicats afin de donner de la cohérence à une démarche d'actions concertées.

Un beau jour, la direction décide de supprimer les temps convenus (quatre jours travaillés au lieu des cinq jours) mais avec des plages horaires quotidiennes plus longues, ce qui permettait des déplacements jusqu'à 19 H, voire plus. Et puis, la direction est revenue sur cette disposition en prétextant le manque de personnel. Lier vie professionnelle et vie familiale est un exploit quotidien avec des répercussions que l'on ne peut imaginer tant le mental est atteint. Il y a des collègues qui sont en arrêt de travail et l'on ne sait rien de leur état de santé. Tout est opaque. Pour évoquer les suicides, c'est une douleur innommable. Dans l'annuaire intérieur, la personne disparaît immédiatement des fichiers existants... Comment la direction peut-elle expliquer cela ? Le non dit est aussi anormal que le dit. En ce qui concerne notre rôle d'élu au CHSCT, nous avions comme armes la ténacité et la conscience professionnelle mais la direction nous tape immédiate-

ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES À FRANCE TÉLÉCOM

LA CGT CONFIRME SA PREMIÈRE PLACE

E S élections au Conseil d'administration du 21 octobre dernier se sont déroulées dans un contexte de crise sociale profonde à France Télécom. La CGT a pris toute sa place dans les luttes massives de ces dernières semaines où se sont mêlées colère et volonté dʼexiger toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à cette situation dramatique. La CGT va continuer de mettre tout en œuvre pour que les choses changent en profondeur. La situation impose, plus que jamais, que les organisations syndicales restent rassemblées face à la direction dans les négociations qui vont se poursuivre, pour imposer de

nouvelles et fortes avancées. La CGT confirme sa première place. La CGT disposera dʼun des deux sièges dans le collège non cadre au CA. Lʼélue CGT fera du Conseil dʼAdministration une caisse de résonnance des revendications des personnels. Le 10 novembre aura lieu le deuxième tour de lʼélection pour le siège cadre. La CGT appelle à voter pour ses candidats cadres. Tous ces résultats sont à analyser en lien avec les évolutions des entreprises du groupe. Avec 61% (-9 par rapport à 2004) la participation demeure importante pour une élection dont les enjeux peuvent apparaitre éloignés du quotidien des salariés.

France Télécom a connu dans les 5 dernières années des transformations importantes : moins 30000 emplois, (essentiellement dans le collège employé), les cadres représentent aujourdʼhui 39,9% soit +7 points.

Comparativement aux dernières élections CE/DP du 22 janvier 2009 et à périmètre identique : la CGT enregistre une progression de 1,8 (+0,81 parmi les cadres, +2,34 parmi les non cadres). SUD gagne 2,77 et la CFE/CGC-UNSA : 2,15. La CFDT recule de 2,28. La coalition de circonstance de FO/CFTC se traduit par une perte de 4,18% -4-

ment sur les doigts.

Jean-Michel Mierlot (Lens) "Nous n'avons pas de moyens pour faire face à notre rôle"

Nous sommes une cinquantaine de personnes travaillant à Lens, il y eut des regroupements avec Béthune et Arras ; la direction lorsqu'elle reçoit une expertise du CHSCT devient par nature procédurière et l'expertise interne est renvoyée aux calendes grecques, pire nous sommes assignés en justice. La difficulté pour nous, syndicalistes, élus, lorsque nous nous trouvons devant les tribunaux, c'est l'absence totale de moyens. Nous n'avons pas de budget pour cela ; nous n'avons aucun moyen et cela la direction le sait bien. Nous devons jongler avec tout pour pouvoir payer les honoraires de l'avocat et déposer l'argent nécessaire pour l'assignation. Estce normal ? Le CHSCT n'est pas encadré par le code du travail. La CGT exige des dotations immédiates par une remise à plat des situations de tous les établissements. Notre rôle doit être reconnu au lieu et place des convocations incessantes au tribunal. C'est la caporalisation.

Patrick Gallet (Hainaut) "La politique véhémente à l'encontre des élus du CHSCT"

Avec une moyenne d'âge de 50 ans, notre situation sociale est confrontée à la non embauche de personnels CDI ; les contrats d'apprentissage, les CDD sont légion dans le cadre de la société privatisée France Télécom-Orange. Entre le discours officiel et la réalité, c'est un rempart énorme qui nous sépare. L'entreprise ne reconnaît pas notre rôle d'élu et ne s'adresse qu'au comité d'établissement. Il y a des paradoxes, un membre de la direction a voté avec le personnel salarié sur une expertise du CHSCT mais finalement l'a rejetée en tant que cadre. C'est la politique de l'autruche alors que l'image de France Télécom était bonne dans l'opinion avant... Les cinq chantiers ouverts par la direction sur les conditions de travail ne sont que le prolongement d'une politique de communication exacerbée. La place de l'homme au travail est un combat de tous les jours. C'est une règle simple, le harcèlement moral tient à des pratiques que l'on ne peut qualifier. Assécher les CHSCT, c'est tuer dans l'oeuf la volonté d'action des élus syndicaux. Pierre Pirierros

Élus syndicaux et Me Ducrocq étudient la meilleure façon pour se défendre : "Nous redoublons d'effort et de vigilance".

"RÈGLE DE TROIS DES SUICIDES À L'ENTREPRISE..."

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INDIGNATION SYNDICALE À L’INSEE

UATRE syndicats de lʼInstitut national de la statistique sont vent-debout contre les propos tenus par un inspecteur général honoraire de lʼInsee, président de la commission de déontologie de la société française de statistique. Ce dernier a en effet tout bonnement affirmé avec une règle de trois dans une chronique quʼ"on se suicide plutôt moins à France Télécom quʼailleurs" tout en jugeant que dans cette entreprise, "le climat social est visiblement détestable". Pour quatre syndicats de lʼInsee (CGT, CFDT, FO et Sud), "les études statistiques et épidémiologiques qui visent à analyser le taux de suicide au sein du personnel dʼune entreprise nʼont rien à voir avec une règle de trois

aussi primaire et peu fondée", ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Selon eux, "tout statisticien connaît la complexité des comparaisons statistiques dʼune population donnée à celle dʼune population plus générale", et "chacun sait que les taux de suicide sont très dépendants de lʼâge, du sexe, de lʼactivité professionnelle". Il convient de rappeler que pour la grande majorité des suicides enregistrés, le profil-type des personnes qui avaient attenté à leur vie était constitué de fonctionnaires hommes, de plus de 50 ans, techniciens. Une population salariée qui dans cette entreprise a été et reste particulièrement victime des restructurations, mutations, pressions. Liberté 62 n°885 - Le 30 Octobre 2009


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PERTE ÉNORME DU POUVOIR D’ACHAT

LES MINEURS RETRAITÉS CGT LUTTENT, SANS RELÂCHE, POUR UNE RÉELLE REVALORISATION DE LEURS PENSIONS

OUR garantir un bon niveau de retraite, conquérir lʼindexation des retraites sur lʼévolution du salaire moyen est une notion fondamentale pour la CGT. Les mineurs retraités, eux, ont un régime bien spécifique. Les mineurs CGT réitérent les revendications suivantes : pas de pension inférieure au smic ; 200 euros pour tous comme mesure de rattrapage ; indexation des pensions sur lʼévolution moyenne des salaires ; pension de reversion à 75% du montant de la pension du conjoint ; égalité des soins pour tous ; suppression des franchises médicales : lutter plus pour gagner plus, le ton est évidemment à une mobilisation exemplaire pour aujourdʼhui et pour demain, une mobilisation qui se traduit aussi par une prise de conscience très nette chez tous les retraités, quʼils soient du secteur de mines, de lʼénergie. Lundi dernier, à Béthune, lʼoccasion dʼune entrevue avec André Flajolet, député UMP du Pas-de-Calais, une délégation des retraités mineurs (composée de Raymond Frackowiak, Blanche Bellanger, Claude Bouin, Mourad Mourabit, Norbert Gimez), est intervenue avec force pour défendre ce dossier sensible. Les divers collectifs, drapeaux CGT en tête, accompagnaient cette délégation. Pour Henri Tobo, syndicaliste Mines-Énergie, “il sʼagit de donner aux mineurs avec la revalorisation de leurs pensions toute la place quʼil leur revient eu égard aux efforts produits durant des décennies pour lʼindépendance énergétique de la France. Les Charbonnages de France ont toujours essayé de diviser les anciens mineurs ; aujourdʼhui, Méthamine est passé au privé (groupe EGL). Cʼest inadmissible. Dans une période où sont révélées les fractures profondes de la société française, lʼheure est à plus et mieux de service public, à plus et mieux de droits sociaux et dʼemplois stables. Cette politique va à lʼencontre de l'intérêt général de la société, du bien-être des populations, des considérations de sécurité, d'environnement, de renouvellement des ressources et d'aménagement du territoire.” Décalages

Décalages entre les promesses et les actes. Les mineurs CGT sont, une nouvelle fois, dans l'action. Alors que leurs retraites ne sont

pas en phase avec la solidarité professionnelle, ils subissent de plein fouet la crise actuelle. Garantir un bon niveau de retraite, conquérir lʼindexation des retraites sur lʼévolution du salaire moyen est une notion fondamentale pour la CGT, le combat est permanent. Les mineurs retraités, eux, ont un régime bien spécifique.

le gouvernement pratique la surenchère en pénalisant tous les salariés. Les retards entre le régime général et le régime minier ne cessent de se creuser ; Sarkozy, en candidat démagogue, avait fait beaucoup de promesses pour une refonte totale de lʼattribution des retraites des mineurs, mais une fois, élu, tout est oublié, pire, le tour de vis supplémentaire est donné devant lʼinflation importante de ces derniers mois. Une indexation des pensions servies sur les seuls prix et non sur lʼévolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20% de pouvoir dʼachat par rapport aux actifs.

Les syndicalistes de la CGT posent la question de la revalorisation des pensions

Perte du pouvoir dʼachat

La perte du pouvoir dʼachat est grande. Raymond Frackowiak, souligne la perspicacité dʼune grande offensive pour le pouvoir dʼachat. Puisque les promesses de Sarkozy ne sont pas tenues, frapper un grand coup chez les députés UMP est une affirmation et lʼexpression dʼun ras-le-bol grandissant. Au bout de quinze ans de retraites, le pensionné perd 20% de pouvoir dʼachat, cʼest inadmissible. Les feuilles de pétitions récoltées sur ce point précis marquent lʼexaspération des retraités et veuves de mineurs devant les effets dévastateurs de la stagnation et de la régression de leur pouvoir dʼachat. Lʼindexation des retraites sur les prix serait une bonne chose mais

“Défendre les retraites des mineurs, un combat de tous les jours”

Climat social

La CGT estime que le climat social ne cesse de s'alourdir en France au point que tout est réuni pour des mobilisations d'ampleur. L'ambiance sociale n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était il y a six mois. Entre la refonte de la carte Famille nombreuse, l'augmentation des tarifs du gaz, la réforme de l'Etat -qui va conduire à la suppression de nombreux services publics- les mesures annoncées chaque jour contribuent à alourdir le climat. Et les mineurs retraités CGT dʼobserver quʼil faut poursuivre ce qui a été fait en 2001 avec un “certain rattrapage” des pensions des mineurs par rapport au régime général. “Il faut assurer, disent-ils, lʼégalité en matière de retraites. Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe dʼégalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes. La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants par un départ anticipé à la retraite, était réclamée par la CGT depuis de longues années. Elle était prévue dans lʼarticle 12 de la loi dʼaoût 2003 sous forme dʼune négociation interprofessionnelle -5-

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devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle nʼest toujours pas effective”. Le gouvernement comme le patronat justifient lʼamputation du montant des retraites en disant “quʼil ne faut pas laisser une charge trop importante aux générations futures”. Lʼargument est complètement hypocrite. Dans les faits, on annonce une baisse drastique du niveau des retraites du jour au lendemain. Cʼest en fait pousser les nouvelles générations à se précipiter sur des systèmes de retraite alternatifs, largement illusoires comme la capitalisation.

Blanche Bellanger, au nom du collectif femmes et veuves de mineurs, dénonce les 54% de taux de reversion de la pension de leur mari, "c'est insuffisant, trop insuffisant. Leur dignité est touchée, bafouée. Il y a aussi de la cohésion de la famille, des enfants et petits-enfants. Les exemples de survie ne manquent pas ; les "avantages" et les "priviléges" que d'aucuns accolent à la corporation minière n'existent pas. La Soginorpa est un bailleur comme un autre...” P.P.

UN RENDEZ-VOUS AUPRÈS D'UN CONSEILLER DE SARKOZY

La FNME-CGT a été reçue le 20 octobre dernier en délégation (Frédéric Imbrecht, Jean-Alain Barrier et Richard Caudy) par M. Soubie le conseiller social du président à l'Élysée accompagné de Mme BerardAndrieu, conseillère technique.

C'est la question du rattrapage du décrochage constaté en 2001 de 17% du niveau des pensions minières sur celles du régime général à tous les mineurs qui a fait l'objet de l'essentiel des échanges. Le secrétaire général de la fédération, a rappelé d'entrée combien avait été mal vécue par les mineurs la mise en place discriminatoire de ces 17% en 2001 (80% en avaient été exclus), et que les propositions avancées en juillet dernier ne visaient pas à la réparer. La corporation se sent méprisée à nouveau car en fait les discussions se sont avérées très éloignées du cahier des charges fixé pour y mettre fin. Les déclarations du candidat Sarkozy à la présidence avaient été sans ambiguïtés sur la nécessité de les corriger. Elles avaient été reprises devant la représentation parlementaire par le ministre en charge du dossier en réponse à de multiples interpellations d'élus des bassins miniers et aux actions qui ont été menées sans relâche par la CGT. Rien ne peut justifier aujourd'hui que le cap ne soit pas fixé dans cette direction car les mineurs ne réclament que leur dû. Il appartient à la puissance publique de dégager les moyens pour qu'il leur soit restitué. Les veuves et retraités, aux revenus modestes, l'attendent d'autant plus que leur pouvoir d'achat se restreint et que leurs conditions de vie se dégradent.


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Social AVEC LE SECOURS POPULAIRE, DES ENFANTS QUI SAVENT COMPTER SUR LEUR «DIX DROITS»

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A la veille de l'ouverture, à Drocourt, des travaux du XXXIIème Congrès du Secours Populaire Français dans le département, la fédération du SPF du Pas-de-Calais a créé l'événement avec la tenue de ses Etats généraux populaire de la solidarité pour les droits de l'enfant. En matinée, venus, pour la plupart, des écoles de Drocourt, ce sont 160 enfants pour un Relais et une Vague de la solidarité et plus de 400 enfants pour une Cavalcade pour les droits de l'enfant qui ont animé les rues de la ville à l'initiative de la fédération du SPF du Pas-de-Calais. Les enfants, acteurs de la solidarité et de leurs droits, s'étaient impliqués dans l'événement, depuis plusieurs semaines, grâce au travail des enseignants des écoles. Lancés pour le vingtième anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant, les éclats de rire et de voix des Etats généraux populaire de la solidarité pour les droits de l'enfants du SPF du Pas-de-Calais rejoindront l'écho de milliers d'autres à l'occasion du XXXIIème Congrès national de l'association solidaire les 13, 14 et 15 novembre prochain à Nantes.

Avant l'inauguration du Parvis des droits de l'enfant face au Complexe Agora, en présence de Bernard Czerwinski, maire de Drocourt et de Dominique Watrin, conseiller général, Christian Lampin, secrétaire général du Secours Populaire du Pas-de-Calais intervient pour expliquer le sens des Etats généraux populaire de la solidarité pour les droits de l'enfant sous le signe desquels sont placés les travaux des Congrès départementaux et nationaux du SPF.

L'équipe du Secours Populaire.

Nikita, enfant biélorusse, explique aux enfants réunis en Etats généraux le sens de la démarche solidaire de l'accueil organisé, chaque année, en été, par la fédération du SPF du Pas-deCalais, de plus de 150 enfants de son pays victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

Dans l'après-midi, c'est à compter sur leurs «dix droits» que les enfants se sont appliqués dans l'espace Copains du Monde de la salle principale du Complexe Agora : droit de s'alimenter, droit d'être à l'abri, droit à la santé, droit des enfants handicapés, droit à l'école, droit aux loisirs, droit à la culture, droit au secours, respect du milieu naturel, droit d'être protégé contre l'exploitation dans le travail, droit d'être protégé contre les mauvais traitements et droit à l'expression. Le matin, chacun des droits étaient portés à la connaissance de tous par les enfants au cours de la Cavalcade et de la Vague de la solidarité. Un spectacle de la solidarité présenté par les enfants à leur parents – plus de 150 participants - a cloturé l'événement. Jérôme Skalski -6-

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Politique ÉLECTIONS RÉGIONALES DE MARS 2010

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Réunie le week-end dernier en Conseil national, la direction a adopté un positionnement politique qui sera débattu par l'ensemble des communistes.

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LE PCF PROPOSE DES LISTES DU FRONT DE GAUCHE ÉLARGI

' E S T en mars 2010 qu'auront lieu les prochaines élections régionales. Un moment qui s'annonce intense et déterminant pour toute la gauche, car il remet en jeu la gouvernance de vingt régions sur vingt-deux. La situation est complexe car, depuis 2004, beaucoup de choses ont évolué. Les relations entre la gauche progressiste et anticapitaliste et un Parti socialiste se droitisant se sont tendues. Les dissensions à l'intérieur du Parti socialiste alimentées au plus haut niveau par les principaux responsables, n'ont pas arrangé les choses. Ceci étant, la campagne des européennes a fait éclater l'électorat de gauche et fait apparaître de nombreux rapports de forces politiques. La démarche menée par le PCF, le parti de gauche, même si elle n'a pas donné tous ses fruits, a fait apparaître une autre perspective collective. Ce contexte politique fut au centre des débats qui ont animé la réunion du Conseil national du Parti communiste, samedi et dimanche derniers sous la coupole de la place du Colonel Fabien où les interventions furent nombreuses. Le positionnement politique national pour les élections régionales de mars 2010, adoptée dimanche par la direction communiste par 126 voix ( 22 contre et 9 abstentions) nʼintéresse pas seulement les adhérents du PCF, qui sont appelés à se prononcer par un vote , elle concerne aussi au premier chef les formations et les personnalités engagées dans le Front de gauche. Lʼéquation quʼil fallait résoudre tenait à quelques exigences : se mettre en ordre de bataille pour faire élire le maximum de conseillers régionaux sur des listes bien orientées à gauche, barrer la route à la droite qui actuellement ne dirige que deux régions sur vingt-deux ( Corse et Alsace) ; constituer, partout où cʼest possible, des majorités de gauche au sein desquelles ils agiront pour la mise en œuvre dʼobjectifs de transformation sociale y compris dans les exécutifs régionaux. Mais force est dʼobserver

que ni le PS ni les Verts nʼont jusquʼalors donné lʼassurance quʼils ne conclueront pas dʼaccord avec le MoDem. Lʼinclusion du parti de François Bayrou dans des majorités régionales au nom de lʼ « antisarkozysme » est incompatible avec la volonté de mener une politique de gauche. Pour peser et faire obstacle à la recomposition politique social

socialistes, des écologistes et des responsables du MoDem. Mais le contexte, cʼest avant tout lune crise sociale intense, un gouvernement qui sabre le modèle social, des luttes nombreuses, une grande aspiration à lʼunité qui parcourt le monde du travail. La mobilisation autour de la votation sur la Poste est riche dʼenseignements, ont souligné plusieurs

sʼadresse aux partenaires du PCF, qui nʼont pas tardé à exprimer leur satisfaction et à tous les progressistes. Elle prévoit explicitement que « partout où cʼest possible », seront constituées indépendamment du PS et dʼEurope écologie, des listes du Front de gauche de large rassemblement. Le NPA aurait sa place dans ce mouvement, mais de la même

d'autant que le PCF est très souvent minoritaire dans les collectivités locales de gauche. Mais les militants et les électeurs communistes sont en droit d'attendre de leurs élus qu'ils soient les adversaires implacables non seulement de la droite et du patronat, mais aussi de de cette lamentable politique de gestion que mènent tant d'élus socialistes.

libérale et écolocapitaliste , le courant progressiste de la gauche devra présenter des listes autonomes au premier tour qui fusionneront avec le PS et les Verts au second sur la base des influences respectives et dʼun projet politique transformateur. Cʼest simple et logique, mais le contexte politique provoque des turbulences. « La recomposition politique se déroule sous nos yeux, a constaté Marie-George Buffet, et marque les débats dans toute la gauche » Ainsi le 14 novembre, une réunion est programmée à Dijon avec des

responsables. Ce vote montre, a expliqué Marie-George Buffet que lorsque les objectifs quʼon se fixe sont clairs, quand les gens ont le sentiment quʼils peuvent peser, quand toute la gauche est en mouvement, la dynamique populaire est au rendez-vous. »

manière quʼaux élections européennes, la formation dʼOlivier Besancenot se refuse à prendre sa place dans des majorités de gauche dès lors que le PS y participerait. La semaine dernière, alors que Jean-Luc Mélenchon venait de déclarer quʼun accord était proche, la direction du NPA durcissait le ton sur le thème des « deux gauches inconciliables ». Sollicité par l'Humanité pour réagir à lʼoffre politique du PCF, le NPA restait silencieux. Les communistes, pour leur part, nʼentendent pas faire lʼimpasse sur la raison dʼêtre du Front de gauche ( travailler à des majorités de gauche pour changer vraiment) dans lʼespoir dʼobtenir un éventuel accord avec le NPA. Pas question pour le PCF de transiger avec son identité : défendre le monde du travail dans les entreprises, dans la rue, dans les urnes et chaque fois que cʼest possible dans les instances de pouvoir où des communistes sont élus.

La mise en oeuvre de ce positionnement politique de caractère national sera-t-elle de la même manière appliquée dans toutes les régions ? Plusieurs responsables communistes ont fait observer la diversité des situations, en matière de rapports de force ou de bilan. Des conférences régionales vont se tenir. Ici et là la reconduction des accords avec le PS dès le premier tour restent possibles, cette option a des défenseurs qui redoutent, sur le plan local, un score insuffisant pour peser ou même pour fusionner. Certes, dans certaines régions existe le risque de pas franchir la barre des 5% en dessous de laquelle une liste du PCF ne pourrait pas fusionner avec une autre liste au second tour. Mais encore faut-il que ces exceptions ne deviennent pas la règle générale. Mais pour la majorité du Conseil national, lʼoffre nationale doit déclencher une dynamique de rassemblement qui permettra de construire des fronts partout où cʼest possible, selon les termes du texte adopté. Celui-ci va être popularisé largement dans les prochains jours. Une grande initiative populaire de lancement de la campagne du PCF est annoncée pour le 5 décembre.

EXTRAITS DE LA RÉSOLUTION

« Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche (…) sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au premier tour qui, à partir mais très au-delà des trois forces qui se sont rassemblées à lʼélection européenne (PCF, PG, GU), permettraient de réunir toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche. (…) Ces listes, en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe Écologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche sur des choix clairs. (…) Pour réussir, les objectifs que pourraient se fixer ces listes doivent être clairs : construire de la manière la plus ouverte et la plus participative possible les projets régionaux clairement ancrés à gauche (…) ; tout faire pour empêcher la droite de reconquérir les régions, et créer partout les conditions de majorités régionales de gauche (…) ; travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche, à lʼexclusion du Modem. » Liberté 62 n°885 - Le 30 Octobre 2009

Pour des projets régionaux bien ancrés à gauche

Le PCF, fort de lʼexpérience positive du Front de gauche pour les élections souhaite contribuer à la formation dʼun front de gauche élargi, ouverts à des forces nouvelles, à des personnalités, à des militants du monde syndical associatif travaillant autour de projets régionaux bien ancrés à gauche. Les dix ateliers qui viennent se se tenir dans tout le pays ont permis à une centaine de personnalités de commencer ce travail.. Dʼautres hommes et femmes sont prêts à rejoindre ce vivier dʼintelligences. Le Front de gauche nʼest pas « un cartel dʼorganisations, pour Marie-George Buffet, mais un élan ». De ce point de vue, le conseil national de ce week-end, revêt le même caractère que celui de septembre 2008 qui lança lʼidée du Front pour les Européennes « Cʼest une nouvelle étape. Le positionnement politique -7-

La dérive droitière du PS

Il est vrai que la politique des élus locaux du PS est en phase avec la direction nationale du Parti socialiste, qui poursuit sa longue dérive vers la droite. Personne ne demande l'impossible aux élus locaux du Parti,

J.M.H.


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Département DÉBAT PUBLIC SUR LE PROJET «CALAIS PORT 2015»

LE POINT DE VUE DES COMMUNISTES BOULONNAIS

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ANS nos précédentes éditions, nous avons rendu compte du débat sur ce projet important pour la Façade maritime du Littoral et des questions (toujours sans réponse !) posées par le conseiller régional PCF, Claude Vanzavelberg. Nous publions ce jour l'intervention de Charles Fontaine à la réunion du jeudi 22 octobre à Nausicaa, au nom des communistes du Boulonnais. «Je voudrais tout d'abord remercier les organisateurs de cette assemblée qui ont mis à l'ordre du jour le projet initié par la CCI de Calais intitulé «Calais port 2015». Cette asemblée permettra, je le souhaite, aux Boulonnais de s'exprimer sur un projet qui, s'il était mis en place, aurait des répercussions très importantes sur le devenir économique de notre boulonnais en général et notre activité portuaire en particulier. En y regardant de plus près, qu'est-ce que ce projet Calais 2015 ? Ce n'est ni plus ni moins le doublement de la capacité d'accostage des navires transmanches avec 14 passerelles du débarquement répertoriées sur les plans et une emprise importante sur la mer. En fait, des travaux pharaoniques qui sont estimés pour l'instant à 400 millions d'euros, mais qui au final approcheront très certainement les 650 millions d'euros. Alors bien sûr, on nous dit qu'il faut aller vite car Douvres est en train de se rénover et qu'il sera prêt pour 2013. Mais pour ce que j'en sais aujourd'hui, le trafic portuaire de Douvres n'irrigue pas seulement le port de Calais, il dessert aussi le port de Dunkerque par l'intermédiaire de son terminal de Loon Plage et il dessert aussi Boulogne avec L.D. Lines. Vrai ou faux problème ?

C'est un faux problème de laisser croire que Calais doit s'agrandir sur la mer parce que Douvres

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devrait être prêt pour 2013, ce qui n'est pas encore prouvé compte tenu de la conjoncture actuelle. Le projet Calais port 2015 est une hérésie en matière d'aménagement du territoire et je m'explique : pourquoi doubler la capacité d'un port quand à côté d'autres infrastructures sont sousutilisées, comme par exemple le tunnel sous la Manche, qui aujourd'hui n'est qu'à un peu plus de 50% de sa capacité de transport. Le port de Dunkerque, qui a énormément de quais sous utilisés, et Boulogne qui a vocation aujourd'hui à retrouver une activité transmanche digne d'un grand port, si on lui en donne les moyens, bien entendu. Le trafic transmanche aujourd'hui est en crise, la société Seafrance va mal, elle réduit aujourd'hui sa capacité de transport sur le détroit avec un plan de licenciement important. La France comme la Grande Bretagne connaît une période de récession. Calais port 2015 est plus, pour ceux qui ont conçu le projet, un projet de boutiquier plutôt qu'une réflexion sur une harmonisation de l'aménagement concerté de notre côte d'Opale. Est-il raisonnable de vouloir concentrer toute l'activité transmanche sur une seule destination. J'en appelle à la réflexion du propriétaire du port, la région. Des moyens moins coûteux et plus écologiques existent pourtant. Mais certains ne veulent pas les voir.

vant accueillir le trafic routier. La mise en place d'une passerelle à Boulogne représente 50 millions d'euros, avec 4 passerelles, Boulogne peut faire face, avec Calais-Dunkerque et le tunnel, au doublement du trafic transmanche actuel. Comparé aux probables 650 millions d'euros de Calais, le choix est clair, et pour moi ce serait de l'aménagement de territoire intelligent. Le débat de ce soir me permet de clarifier quelques points de désaccord qui subsistent depuis longtemps. Pendant plusieurs décennies, les technocrates parisiens, relayés par certains hommes politiques, ont voulu confiner Boulogne dans la seule activité de la pêche en déclarant du haut de leur savoir : Boulogne port de pêche, Calais port de voyageurs et Dunkerque port de commerce. On appelait ça la spécialisation et les crédits d'État (quand il y en avait) ne pouvaient servir que dans le cadre de cette spécialisation.

Malgré cela, le port de Dunkerque a continué de développer son trafic transmanche à Loon Plage avec aujourd'hui 2.200.000 passagers, 675.000 véhicules de tourisme et 580.000 camions pour un total de 13.000.000 de tonnes de marchandises. Le port de Calais lui aussi a continué de développer son port de commerce avec un trafic de voitures important et un trafic de sacs de sucre non négligeable. Par contre, pour le port de Boulogne, certains voudraient nous voir confinés dans son activité de port de pêche. Je pose une nouvelle question : comment voulez-vous faire vivre une activité portuaire avec 35.000 tonnes de poissons débarqués. Oui Boulogne est le 1er port de pêche de France Oui Boulogne est le 1er centre européen de transformation de produits de la mer, mais Boulogne a besoin de diversifier ses activités avec notamment, le retour d'un trafic transmanche consé-

quent et une redynamisation de son port de commerce. Autant le boulonnais que je suis est favorable à la complémentarité des trois ports de la côte d'Opale, chacun développant son activité principale, autant je suis contre la spécialisation qui pour moi est humainement arbitraire et économiquement un gâchis. Aujourd'hui nous sommes tous confrontés à une problèmatique : allons-nous toujours envoyer de plus en plus de camions sur les routes avec tous les dangers que cela comporte et la pollution en prime. Après le départ de la Comilog et la construction par la CCI de Boulogne de ce nouveau terminal transmanche, une réflexion s'est faite jour : pourquoi ne pas utiliser le faisceau ferroviaire existant pour mettre en place un service de ferroutage. Avec peu d'investissements, rapidement, Boulogne pourrait être à l'initiative de ce que sera l'avenir du transport maritime et routier.

Quel devenir pour les emplois portuaires à Boulogne ?

Je pose la question : pourquoi vouloir gagner sur la mer pour y installer des passerelles transmanches pouvant accueillir des navires de plus de 200 mètres alors qu'à Boulogne il n'y a qu'à installer les passerelles puisque les apontements existent, les profondeurs existent et nous avons également les terre-pleins pou-

FRAIS DE SÛRETÉ PORTUAIRE... Une fausse bonne réponse de plus de Daniel Percheron, sénateur PS et président actuel du Conseil régional !

L est décidément de ces choses qui se font en catimini... alors qu'a lieu actuellement le débat «Public» sur le projet dit «Calais Port 2015»... Sous le N°591 (on peut le constater sur le site du Sénat !) a été enregistrée une proposition de loi pour instituer une taxe de «sûreté portuaire» le 27 juillet dernier, sous la plume de Daniel Percheron avec un article lexique : Après l'article 285 septies du code des douanes, il est inséré un article 285 octies ainsi rédigé : «Art. 285 octies. - I - À compter du 1er janvier 2010, il est institué une taxe de sûreté portuaire, au profit des ports maritimes de commerce. «II. - La taxe est due par toute entreprise de transport maritime et s'ajoute au prix acquitté par le client. «III. - La taxe est assise sur le nombre de passagers et le volume de fret embarqués par l'entreprise

de transport maritime dans le port maritime. «Son produit est arrêté chaque année par l'autorité portuaire après avis du concessionnaire, dans la limite d'un plafond fixé à la somme des dépenses liées aux installations et services de sûreté ainsi que des mesures prises dans le cadre des contrôles aux frontières de l'espace Schengen en application des engagements internationaux de la France constatées l'année précédente auxquelles s'ajoutent 2%. «IV. - Le produit de la taxe est affecté dans chaque port au financement des installations et services de sûreté ainsi que des mesures prises dans le cadre des contrôles aux frontières de l'espace Schengen en application des engagements internationaux de la France. «V. - La taxe est constatée, recouvrée et contrôlée par le service des douanes sous les mêmes

règles, garanties, sanction et privilège qu'en matière de droit de douane. «VI. - Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État». De qui se moque-t-on ?

Réellement déposée le 12/10/09, cette proposition de loi du PS vise à instaurer une taxe (de plus !) concernant toute entreprise de transport maritime pour les passagers et le fret embarqué dans un port français à destination d'un autre port de l'«Espace Schengen» et ne devrait pas concerner le trafic maritime «infraeuropéen» mais irait dans le sens des «initiatives européennes» pour... un espace européen de transport maritime ! Bref, une taxe «Libérale» de plus et assise sur les passagers et les marchandises des ports et qui serait perçue par l'administration -8-

des Douanes et «dédouannerait», une fois de plus, l'État sur ses engagements pris lors de la signature de l'accord «SarkozyBlunket» au Touquet, il y a 5 ans, et qui fait aujourd'hui payer à la CCIC de Calais plus de 12 millions d'euros par an (et en fait tous les contribuables de la région !). Lors des dernières réunions du conseil portuaire de Calais et en session plénière du Conseil régional, je n'ai cessé, au nom du groupe communiste et républicain, de réclamer la prise en charge de ces millions d'euros par l'État... Répondant enfin, le 15 septembre dernier à une lettre du 26 juin (et à non intervention publique en séance le 19 juin), Daniel Percheron m'indiquait : «En ce qui concerne les dépenses de sûreté engagées par le concessionnaire du port de Calais depuis, en particulier, la signature des accords du Touquet, nos services ont préparé :

- dans un premier temps, la saisine des ministères concernés (finances, transports, intérieur) pour demander la prise en charge de ces dépenses de sûreté indûment payées, - dans un second temps, et si la négociation en cours n'a pas abouti, l'engagement d'une démarche contentieuse à l'égard de l'État, pour carence fautive comme les textes réglementaires le prévoient». Comparer cette réponse et le projet de loi déposé par le sénateur PS me fait dire : «De qui se moque-t-on ?» Et dans le même temps, l'Audit financier sur les CCIC de Calais et Boulogne n'a toujours pas été remis aux élus du Conseil régional... Vraiment ces gens là se moquent de nous !

Claude Vanzavelberg, Conseiller régional.

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Calais RÉFORMES CONTRE LES CITOYENS

En bref RÉUNION À BRÊMES LES ARDRES

Alors qu'à Calais la municipalité UMP a liquidé les conseils de quartier comme outils de proximité avec la population, sans doute au nom de la démocratie ! Dans les communes du Calaisis s'organisent les rencontrent de proximité avec les habitants, comme ici à Brêmes les Ardres la semaine dernière. Une concertation aux antipodes de la politique UMP !

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'ÉTAIT la semaine dernière, dans la commune de Brêmes les Ardres, une réunion était animée par le maire de la commune, Thierry Poussière et le sénateur communiste, Jean-Claude Danglot à laquelle participaient une trentaine dʼélus et de syndicalistes. Pour faire le point sur le projet gouvernemental de privatisation de «La Poste» qui passe ces jours-ci au Sénat malgré le « Référendum citoyen » du 3 octobre dernier !

Mais aussi sur la réforme des collectivités locales annoncée le jour même par Sarkozy ! Une réforme de plus qui s'inscrit parfaitement dans le projet de société du pouvoir actuel. Les élus locaux sont un obstacle à la politique Sarkozy. Avec la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement veut retirer aux collectivités territoriales les moyens d'agir. Avec la fin de leur «compétence générale», les départements et régions devront renoncer à inter-

venir dans des domaines de proximité avec les populations (culture, sport, restauration scolaire par exemple). Ce seront alors autant de « marchés » offerts par l'UMP et ses alliés aux grands groupes privés ! Avec ce projet, finie la décentralisation et place à un étatisme qu'on croyait disparu. En fait l'État (et les préfets) ne paiera plus mais il (ils) pilotera tout... Une rencontre de proximité à Brêmes pour dénoncer tout celà !

L’actualité de la semaine selon Babouse

LE CONSEIL MUNICIPAL DU 21 OCTOBRE SE PRONONCE SANS ÉLÉMENTS D'INFORMATION

Ainsi donc, la décision a été prise de s'opposer à l'implantation industrielle d'Eras Métal, pour faire plaisir à quelques uns, pour se rapprocher de formations en pointe sur l'environnement. Évidemment, on a argumenté différemment : cela aurait pu nuire à port 2015 et ses 2000 emplois. C'est d'ailleurs ce que Monsieur Bogaert de l'ADECAaffirmait dans la presse : «on a soulevé quelques problèmes avec Eras qui peuvent avoir un impact très négatif sur le projet port 2015». Nous sommes pour «port 2015», mais nous sommes aussi pour dire que ce projet pose également un certain nombre de problèmes : des camions dont le nombre devrait doubler et dont on ne sait pas toujours ce qu'ils transportent... Des chauffeurs qui ne respectent que très peu notre environnement ! Des aires de stationnement boudées quand elles sont payantes (en Angleterre c'est minimum 20 livres et c'est obligatoire), dévastées quand elles sont sauvages ! Des vidanges effectuées sur le domaine public, des carcasses de pneus laissés sur le bas-côté ! Comment seront traitées les eaux de ruissellement des parkings, est-on sûr qu'aucun camion ne déversera de produits toxiques dans les égouts ? Pour faire plaisir on s'est, comme les obscurantistes qui considéraient que toutes les avancées étaient l'oeuvre du malin, refusé à regarder le dossier avec objectivité. «Calais n'a pas à supporter toute la misère du monde» ainsi s'exprime Natacha 1ère qui promettait hier des milliers d'emplois, comme on promet aujourd'hui 2000 emplois pour port 2015, quand P&O a licencié des cen-

taines de salariés, quand SEAFRANCE entend dégraisser fortement, comme demain on s'en prendra aux dockers et aux salariés de la chambre de commerce et d'industrie. Oui, la réalisation de port 2015 engendrera un certain nombre d'emplois, mais à l'issue du chantier nous sommes persuadés qu'il en restera bien peu ! Quand le Calaisis a besoin de diversité pour ne pas être dépendant d'une mono activité, Madame Bouchart en digne héritière de ceux qui hier ont refusé qu'Usinor s'installe à Calais car il aurait pris la main d'oeuvre de la dentelle (sic), prône la mono activité ! Dramatiquement on en mesure encore les conséquences. Oui, nous restons favorables à l'industrie. Oui, nous souhaitons qu'elle soit moderne et respectueuse de l'environnement. Oui nous soutenons le projet Eras Métal car nous n'avons pas pour ce qui nous concerne de discours à géométrie variable. Ainsi on peut écrire (édito de Natacha Bouchart dans le «Calais Mag» d'octobre) : «Notre vraie solidarité envers ceux qui perdent ou vont perdre leur emploi c'est aider à créer les emplois de demain par le biais d'aménagement de nouvelles zones d'activités et de restructuration du territoire...» et décider en pleine crise, en pleine augmentation du chômage, de refuser 26 millions d'euros d'investissements et les emplois directs et indirects qui vont avec ! La vie va faire son oeuvre et l'avenir démontrera que nous avions raison ! Malheureusement, il sera trop tard et d'ores et déjà le Calaisis a perdu de la richesse potentielle que certains, peut être tout proches de nous, se feront un plaisir d'accueillir !

Prochain rendez-vous le vendredi 6 novembre à 18h au siège de la section, Boulevard Lafayette. Vidéo projection d'un exposé de Paul Boccard «Marx de 1848 à aujourd'hui».

FORMATION MILITANTE

Un bus est organisé par la section avec départ à 13h30 de la mairie de Calais pour le meeting du samedi 28 novembre à l'Espace Gayant (Douai) avec retour pour 19h à Calais. S'inscrire auprès des responsables de cellule.

MEETING ÉLECTIONS RÉGIONALES

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Monde L'ATTENTAT SUICIDE DU 25 OCTOBRE À BAGDAD L'HÉRITAGE DE L'INTERVENTION AMÉRICAINE

E dimanche 25 octobre, un double attentat suicide contre des bâtiments officiels en plein coeur de Bagdad a fait 155 morts et près de 500 blessés. Le 1er attentat au camion piègé visait le ministère de la justice et celui des travaux publics. Le second attentat commis par un kamikaze dans une voiture bourrée d'explosifs visait le gouvernement de bagdad. Dans un communiqué, le premier ministre irakien Nouri al Maliki a déclaré : «Les crimes du Baas et d'Al Quaïda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections. C'est la même main maculée de sang qui a commis les attentats du 19 août et nous punirons les ennemis de l'Irak.» Ces attentats, après ceux du 19 août dernier, visaient clairement le pouvoir politique. Ils interviennent dans un contexte particulier alors que doit se mettre en place le processus électoral pour les élections législatives fixées au 16 janvier 2010. Alors que le retrait des troupes américaines est prévu pour 2010-2011, ils montrent que la sécurité du pays est loin d'être assurée. Surtout, ils sont un démenti aux affirmations des dirigeants américains, selon lesquels l'intervention militaire avait apporté à l'Irak la démocratie et la paix en luttant contre le terrorisme. L'organisation des attentats

À côté de la guérilla, une guérilla urbaine contre les troupes d'occupation, les attentats se sont développés essentiellement contre les forces de police ou les centres de recrutement militaire mais aussi contre la population, notamment contre les chîites au cours des pélérinages ou près des mosquées et parfois contre les kurdes. L'année 2007 avait été particulièrement meurtrière. Une accalmie relative avait eu lieu en 2008. En 2009, les attentats sont devenus à nouveau plus importants. Les deux derniers attentats importants, ceux du 19 août qui ont frappé le ministère des affaires étrangères et le ministère des finances et ceux du 25 octobre ont été revendiqués par l'État islamique d'Irak, considéré par les autorités américaines et irakiennes comme une branche d'Al Quaïda. En août, le premier ministre irakien Nouri al Maliki avait accusé la Syrie d'abriter les commanditaires du double attentat provoquant une crise diplomatique avec la Syrie qui avait nié toute responsabilité. Dès dimanche, la Syrie condamnait les attentats parlant «d'actes criminels». L'Iran dénonçait, lui aussi, «les actions terroristes qui visent à perturber le processus de renforcement des structures démocratiques». En fait, les forces de sécurité irakiennes se sont montrées peu efficaces, voire incompétentes, puisque le camion qui a explosé devant le ministère de la justice venait de Falouja et n'avait jamais été contrôlé même à l'approche de la zone verte (centre du gouvernement et de l'ambassade américaine). Si le double attentat visait à montrer la faiblesse du gouvernement et à gêner le processus électoral, en obligeant à un éventuel report du scrutin, il peut également justifier un report du retrait des troupes américaines.

Le retrait américain

L'ONU avait fixé au 31 décembre 2008 la fin de l'occupation de l'Irak et le retrait de toutes les troupes de la coalition. Si les Anglais ont bien quitté la région de Bassorah, si d'autres contingents étrangers se sont retirés, les Américains ont pour leur part, «renégocié» avec le gouvernement irakien le calendrier du retrait

La loi électorale

nait au président Irakien Talabani pour lui demander d'accélérer le processus électoral, le conseil politique devant décider de la loi électorale d'ici dimanche. Accédant aux demandes américaines, le conseil politique a donc trouvé lundi un accord soumis au Parlement : l'examen des listes électorales de toutes les régions où existe une suspicion d'un accroissement brutal de la population.

démographiques, le Parlement doit adopter une autre loi électorale. Sur ce sujet des négociations ont lieu au conseil politique qui comprend le conseil présidentiel (le Président Talabani et ses deux viceprésidents), le premier ministre et ses deux vice-premiers ministres, le président du Parlement Lyad al Samarraï et les chefs des principales formations politiques du pays Talabani est kurde , al-Maliki est chîite et Samarraï sunnite. Les trois entités sont ainsi représentées. Des difficultés dans les négociations sont venues des Kurdes à propos du statut de la zone de Kirkouk, une région de 900.000 habitants. Saddam Hussein avait tenté d'arabiser la ville. Après sa chute, les kurdes sont revenus plus nombreux. Cette région riche en pétrole suscite des convoitises. Or les Kurdes veulent y être majoritaires et même faire de Kirkouk, leur capitale ce que Arabes et Turcomans refusent. Mercredi 22 octobre, le Parlement avait rejeté l'accord et donc saisi le Conseil politique de sécurité nationale pour qu'il prenne une décision d'ici dimanche. Les Américains faisaient pression sur les Irakiens. La semaine dernière, le premier Ministre irakien était aux États-Unis pour discuter des relations économiques mais aussi du retrait américain et des élections. Devant le congrès américain, la sous-secrétaire d'État à la Défense a fait valoir que les incertitudes électorales pourraient avoir des «conséquences» sur le retrait américain». Les Kurdes avaient rejeté le mercredi un régime spécial pour la région de Kirkouk : «nous n'acceptons pas une distribution des sièges selon un quota décidé à l'avance». Afin de lever les difficultés, Susana Rice, l'ambassadrice américaine à l'ONU s'est rendue samedi au Kurdistan pour s'entretenir avec le Président de la région Massoud Barzani. Dimanche, Barak Obama télépho-

L'accord ne mentionne pas Kirkouk mais on peut penser que les régions de Kirkouk et du Nord de Ninive sont surtout concernées. En principe, le processus électoral étant lancé, les élections auront lieu le 16 janvier si le Parlement ne présente pas d'objections de dernière heure mais d'ici là, les violences risquent de redoubler.

L'organisation du scrutin le 16 janvier 2010 est subordonnée à l'adaptation de la loi électorale d'autant que la Commission électorale estime qu'il faut un délai de 90 jours pour la préparation. La loi élecotrale avait été établie en 2005 pour l'organisation des élections législatives. Compte tenu des modifications

attentat du 25 octobre

de leurs troupes. La négociation avait été menée par le gouvernement Bush et un accord signé prévoyait donc le retrait pour 2011 sans calendrier précis. L'accord prévoyait en outre que des troupes américaines pouvaient rester au delà de 2011. Obama avait fait du retour des soldats américains d'Irak, une de ces priorités. Un premier contingent avait été retiré d'Irak pour répondre aux besoins de troupes en Afghanistan. Pour l'essentiel, cependant, Barak Obama s'est conformé à l'accord signé par son prédécesseur. N'a-til pas d'ailleurs gardé comme secrétaire d'État à la défense, R. Gates nommé par G.W. Bush ? Pour Obama, sur les 130.000 soldats présents actuellement en Irak, il ne devrait plus en rester que 50.000 en août 2010. Les 157 bases américaines dans les villes irakiennes ont été évacuées laissant la sécurité aux 750.000 policiers et soldats irakiens. Néanmoins les soldats américains stationnent non loin de ces anciennes bases et les «conseillers» américains encadrent l'armée irakienne afin de l'aider à «lutter contre le terrorisme». Le retrait des troupes est pour les États-Unis, une nécessité économique : en 2007, le coût du stationnement s'élevait à 400 milliards de dollars. Des économistes ont estimé que le coût de la guerre en Irak, puis du retrait des troupes pourrait s'élever à 3000 milliards de dollars. Pour que le retrait se fasse dans les conditions prévues, il faut qu'0bama puisse discuter avec un gouvernement légitimé. Samedi, avant l'attentat, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait déclaré dans un communiqué: «Si le scrutin n'est pas organisé à la date indiquée, aussi bien le gouvernement que le Parlement n'auront aucune légitimité».

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La souveraineté politique et économique de l'Irak

Le respect du calendrier électoral pèse non seulement sur le retrait des troupes américaines mais est aussi un enjeu pour que l'Irak retrouve sa souveraineté et son unité. À l'heure actuelle, le gouvernement irakien reste sous la dépendance politique (même si elle n'est pas formellement affirmée) et militaire des États-Unis. Certes le gouvernement irakien est reconnu par l'ONU et par les autres pays. Il a noué des relations parfois conflictuelles avec ses voisins la Syrie, la Turquie mais aussi l'Iran. Cependant l'épisode de la loi électorale montre bien cette dépendance vis à vis des États-Unis. Tout en cherchant à s'affirmer politiquement, le gouvernement irakien cherche ainsi à retrouver une souveraineté économique. La souveraineté politique symbolique a été marquée par le contrôle de la «zone verte» par la police irakienne, le 1er janvier 2009, devenu fête nationale. La souveraineté économique tarde. Les Anglais et Américains contrôlaient les anciens gisements pétroliers exploités. Le gouvernement, à la recherche d'investissements avait fait des appels d'offre pour l'exploitation de gisements qui n'ont pas eu l'effet escompté. Cependant, en septembre 2008, a été signé un contrat d'exploitation avec la China National Pétroleum Company pour développer le champ pétrolifère d'al Ahdab au sud est de Bagdad.

L'Irak compte sur son pétrole pour développer son économie car la population souffre non seulement de l'insécurité mais aussi des longues coupures d'électricité quotidiennes, du manque d'accès à l'eau potable (d'où l'apparition du choléra), du chômage (près de la moitié de la population active), de la pauvreté. Or la dette plombe l'économie même si elle a été réduite par le club de Paris et si un accord a été signé avec le FMI. Surtout l'Irak est toujours sous le coup de la résolution 661 adaptée par le Conseil de sécurité de l'ONU le 6 août 1990, en vertu du chapitre VII de la résolution de l'ONU qui prévoit des sanctions économiques. Ces sanctions dénoncées par les organisations humanitaires et certaines forces politiques ont mis l'Irak à genoux car l'importation d'aliments et de certains médicaments était interdite. Elles ont causé la mort de 500.000 enfants. Outre l'embargo économique, alimentaire, médical et technologique, les sanctions comprennent aussi l'embargo sur le pétrole et le gel des avoirs. L'embargo sur le pétrole a été partiellement levé par la résolution 706 de mai 1996 dite «pétrole contre nourriture». Après l'invasion anglo-américaine de 2003, beaucoup de sanctions avaient été levées par la résolution 1483 du 22 mai 2003 mais en vertu du chapitre VII (de la charte de l'ONU) restaient l'interdiction d'importation d'armes et surtout les sanctions financières. L'Irak a été reconnu comme seul responsable des destructions commises au Koweit alors que celle-ci sont largement le fait de l'aviation américaine (destructions volontaires ?). L'Irak doit verser une partie de ses revenus à un fonds d'indemnisation sous la surveillance d'un comité des sanctions. À ce jour, l'Irak aurait payé 27,1 milliards de dollars au Koweit et devrait encore verser 25,2 milliards de plus. Le premier ministre Nouri al -Maliki demande de sortir l'Irak du chapitre 7, c'est à dire la suppression totale des sanctions, en même temps il sollicite les investisseurs américains. Le 21 octobre s'est tenue à Washington la conférence américano-irakienne des milieux d'affaires et d'investissement. Vendredi 23 octobre, Mme Rice à Bagdad a discuté des moyens permettant à l'Irak de sortir des sanctions imposées par l'ONU en 1990 et le premier ministre irakien a insisté sur la nécessité pour le comité de suivi américaino-irakien de mener des actions pour faire sortir l'Irak du chapitre VII. Lundi, après avoir reçu Nouri al Maliki à Washington, Hilary Clinton a indiqué que les États-Unis et l'Irak avaient l'intention d'établir un comité commun «afin de discuter des problèmes relatifs au chapitre VII». L'affaire des sanctions infligées à l'Irak montre bien le cynisme des américains qui, après avoir largement profité du chapitre VII (les sociétés américaines ont monopolisé les contrats de reconstruction) tentent de faire payer par l'ONU les dégats qu'ils ont commis. L'attentat du 25 octobre témoigne de l'échec des États-Unis à instaurer la sécurité et la stabilité en Irak et plus largement au Moyen Orient. Mais tel n'était peut être pas l'objectif de l'impérialisme américain. Outre les enjeux géopolitiques, l'essentiel était le pétrole et les affaires. Liberté 62 n°885 - Le 30 Octobre 2009

Liberté 62 885  

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