Page 1

page 1:page 1

3/09/09

9:30

Page 1

LE NORDISTE GÉRARD MULLIEZ EN TÊTE DES PLUS GROSSES FORTUNES DE FRANCE

"IL FAUT ARRÊTER DE SE FAIRE PEUR"

M N CJ

pour le fondateur du groupe Auchan,

C'EST UN POSTULAT TOUT TROUVÉ PAGE 5

RENTRÉE SCOLAIRE 2009 L’ACADÉMIE DE LILLE PERD 800 POSTES

UN SERVICE PUBLIC APPAUVRI

PAGE 4

FÊTE DE L’HUMANITÉ LES 11, 12 ET 13 SEPTEMBRE PROCHAINS L’ESPACE DU PAS-DE-CALAIS VOUS Y ATTEND Débat “Europe, les priorités des députés du Front de Gauche” le 12 à 17h30 avec Jacky Hénin et Lothar Bitsky, députés européens 128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

€ - N°877 DU V ENDREDI 4 AU J EUDI 10 S EPTEMBRE 2009


page 2:page 14

2/09/09

11:00

Page 1

FÊTE DE L’HUMANITÉ LES 11, 12 ET 13 SEPTEMBRE PROCHAINS M N CJ

L’ESPACE DU PAS-DE-CALAIS VOUS Y ATTEND Le samedi de 18h30 à 20h, Alain Bocquet dédicacera son livre “Un Marx et ça repart”

“LES BONS GARCHONS” UN SPECTAC’ CH’TI ET CONVIVIAL LES BONS GARCHONS … KO QU’CH’ EST-I ? …C’est donc un spectacle entre les racines picardes, le rouchi du mineur porté par des musiques d’aujourd’hui et de toutes origines (la ch’ti world musik) et les grands auteurs, que proposent LES BONS GARCHONS, tout en poésie, convivialité… et énergie !

Alain “LʼGrand” Deruche :

Arnaud “Nono” Gardener (Paranono?) : y tape y buque, et entre

leader historique et charismatique de lʼbinde, doué dʼune présence de scène hors du commun, et dʼune voix qui compte au suffrage de la qualité ! Sin truc : les amis, lʼfiête, la nature, les moules frites… et la bière (edʼl'amitié liquide fieu !) Pas sin truc : la technologie en général, les souris (de PC), lʼinhumanité.

deux y râle ! Ça cʼest lʼbon côté du personnage… Et puis, parfois, il sʼoccupe de "lʼimage du groupe" (press-book, site, photos), et y a du boulot (!!!)

Sin truc : Un judicieux mélange de Be-good et Alain… choisissez !

Pas sin truc : les médicaments, la ponctualité, la pollution et les tripes (quelle que soit la mode !)

Philippe "Be-Good" Echevin : technicien-son en

même temps que gratteux "éclectique". Il a une idée de chanson tous les matins en se levant(et pourtant y a des matins !..).tant que c"est simple et efficace ! Sin truc : Le son, cubase, mais aussi le soleil, et tout comme Alain sauf les moules (plutôt les pâtes?… Simple et efficace !). Pas sin truc : Tout ce qui nʼest pas simple et efficace !… Et la cuisine compliquée (logique…)

Dominique “Goudaill” Goudaillier : y cante aussi, tout seul ou en chœur avec Alain. Y gratte surtout, si possible en ryth-

me (sans précipitation). Il a des idées mais les oublie avant de les noter… Dommage, Beau Dommage ! Sin truc : lʼhumour, les mots et leur(s) jeu(x), le jardin, la marche… et les bonnes garchonneries ! Pas sin truc : la mémoire, la "Busherie" et le "raffarino-sarkhozisme",… et la télé (réalité ou fiction !..)

Didier “Didier” Wallas :

nuque basse, même contrebasse, y jue et y sʼfait pas prier ! Sûr que ses plus biaux fous rires, y lʼza en répétition (merci Alain). Sin truc : cubase (lui aussi), la cuisine simple et pas trop la fête (la goutte le guette…). Pas sin truc : chanter, le devant de la scène (préfère au fond à gauche près du radiateur), à son grand regret la bière en grande(s) quantité(s)… Comme les Bons Garchons !!!

“TÊTES2MULES TÊTES2MULES c'est une bande de 8 potes faisant de la musique énergique, pour faire bouger vos p’tites fesses, et revendicative histoire de ne pas parler pour ne rien dire. Gros mélange de ska rock reggae punk pseudo electro et hip hop. Leur style hybride vient de divers univers musicaux…

-2-

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009


Page 3:Page 3

M N CJ

L

3/09/09

10:00

Page 1

Événement GRANDE DISTRIBUTION, COMMERCES, SERVICES

LE TRAVAIL DU DIMANCHE GÉNÉRALISÉ ?

La justice condamne de nombreuses enseignes pour non respect de fermeture hebdomadaire

E tribunal de grande instance de Lille, par une ordonnance de référé, condamne seize supermarchés Match dans les environs de Lille à respecter une fermeture hebdomadaire.

Ce jugement prévoit une astreinte de 10 000 euros par jour de retard en cas de non-fermeture, ainsi que l'obligation d'apposer sur chaque magasin le jour de fermeture. Match est par ailleurs condamné à régler la somme de 10 000 euros à titre de réparation et 9 000 euros pour les frais de procédure. Pour les syndicats CFDT de cette enseigne, cʼest une première victoire. Ce week-end, la CGT dʼAuchan a multiplié les initiatives dans les magasins du Nord/Pasde-Calais contre les formes de discrimination exercées lors des tentatives de la direction de revoir les horaires de travail et les grilles. Déjà, au printemps dernier, le personnel Champion à Brebières avait manifesté sa colère relayé par les élus communistes du secteur. La règle dʼune journée de repos hebdomadaire rebondit sur les horaires et les effectifs. La sensibilisation des personnels soutenus, selon les cas, par les clientsconsommateurs gagne du terrain. Le vote en plein été de la possibilité dʼouvrir le dimanche dans plusieurs villes “touristiques” dont Lille ne passe pas du tout chez les intéressés. Des actions sont envisagées dans plusieurs enseignes de la région, (Centre commercial Lens 2, Auchan V2 à Villeneuve dʼAscq, Englos, Arras)... À Auchan, le groupe veut mutualiser et centraliser les systèmes d'information, les livraisons et des services administratifs des entrepôts. Une partie de l'activité d'emballage alimentaire, qui représente 350 postes, doit par ailleurs être externalisée.

"Syndiquez-vous"

“Syndiquez-vous !” La CGT Commerce, Distribution et Services et la CGT du Pas-deCalais lancent périodiquement une campagne de sensibilisation pour les revendications fondamentales, campagne organisée dans

Édito

35 heures.

tous les secteurs géographiques, de Boulogne-sur-Mer à Béthune et de Calais à Noyelles-Godault. Des adhésions ont, déjà, été réalisées et de nouveaux rendez-vous sont à signaler pour continuer le travail entrepris. À Hénin-Beaumont, tout est mis à profit par les syndicalistes pour rencontrer les personnels dʼAuchan et des magasins de

Et Grégory Glorian, secrétaire de lʼUD CGT du Pas-de-Calais, de souligner : “comment rendre la CGT plus forte ? Le secteur du commerce couvre 70 branches professionnelles et 110 conventions collectives. Le patronat de ce secteur cherche à liquider les garanties collectives, à l'exemple de la dénonciation de la conven-

Match, Carrefour Market, Champion, la justice les condamne pour non respect de fermeture hebdomadaire. cette grande zone commerciale. La zone commerciale de NoyellesGodault, lʼune des plus importantes au nord de Paris, est un lieu incontournable du passage des militants cégétistes.

tion collective des grands magasins. A ces revendications s'ajoutent celles d'un emploi stable, à temps plein, et d'un salaire convenable en rapport avec la qualification des travailleurs. Comment

CARBONISÉE !

Le consen-

sus autour de Martine Aubry n'aura duré que 35 heures. Sage comme une image ce week-end à la Rochelle, Ségolène Royal s'est montrée intenable lundi lors de sa rentrée parisienne. En toute modestie, la présidente de Poitou-Charente s'est félicitée

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

d'avoir seule levé la loi du silence sur la taxe carbone. Ségolène Royal revient, unique et inimitable. Fraternité ! Fraternité ! Toujours aussi bonne camarade, ignorant lundi Martine qu'elle embrassait vendredi. À peine auréolée de ses galons de patronne du PS acquis sous les applaudissement des socialistes réunis à la Rochelle, Martine a

vite déchantée. Elle doit faire face à l'attaque en règle de sa rivale. Un tacle sur les primaires, dont Ségolène avait lancé l'idée depuis belle lurette. Un croc-enjambe sur le projet de non-cumul des mandats, jugé trop tardif. Un coup franc contre les socialistes, qui veulent se repeindre en vert et une grosse sortie sur l'impôt carbone, taxé d'ineptie. En brisant à -3-

pointer, par exemple, la responsabilité des donneurs d'ordres qui ont recours à la sous-traitance, comme dans la prévention sécurité ? Symbole de cette solidarité syndicale et interprofessionnelle, les motions de soutien aux personnels de Kiabi ainsi qu'à ceux des McDo.” Auchan est un groupe mondial avec, notamment, 120 magasins en France, cinq directions opérationnelles, une Banque, (la banque Accord), un secteur immobilier important avec Immochan. Le contact direct

“A chaque fois que lʼon distribue un tract, dit la CGT du Pas-deCalais, la direction répond aussitôt, coup pour coup. Et elle va discuter directement avec les personnes contactées par la CGT. Aussi, pour faire passer le message, il ne nous reste plus que le contact direct avec les salariés

peine scellée la trêve de la Rochelle, Ségolène Royal cherche indéniablement à exister derrière les louanges fraîchement tressées à Martine Aubry. C'est clair, il va falloir remballer les savantes analyses sur la paix retrouvée du PS. Ségolène Royal est de retour avec son gros désir d'avenir et un égo démesuré qui lui permet de s'improviser sans

aux abords des magasins et ce dès les premières heures. À Auchan Noyelle-Godault, par exemple, il faut y être pratiquement, très tôt, tellement la flexibilité touche un grand nombre de secteurs et les personnels qui en dépendent.” Quant aux formations, une notion très importante dans la grande distribution, les commentaires critiques sur les contenus de ces formations ne manquent pas. “C'est une évidence, il sʼagit de stages bidons, dit un salarié ; pourtant je crois que ces fameux stages entrent dans le cadre d'un plan de formation et que toute formation doit se solder pour le salarié par une remise d'attestation de fin de stage. Si on relève le nombre de stages imposés par Auchan à ses salariés, on peut conclure que les employés du groupe sont qualifiés.” Un salarié syndiqué “isolé” doit pouvoir recevoir et diffuser les informations syndicales sur les lieux de travail; cʼest une conquête de mai 68. Cela concerne, aussi, tous les personnels de la Grande distribution et du commerce. Le groupe Auchan va supprimer 1.400 postes et dit vouloir en créer 2.500 autres... Les chiffres ont été présentés, récemment, en comité central d'entreprise dans le cadre d'un accord de gestion prévisionnelle des emplois et compétences signé par l'ensemble des syndicats sauf la CGT. Contre la généralisation du travail du dimanche

La loi sur le travail du dimanche a été adoptée avec difficulté (seules 6 voix ont départagé les sénateurs) le 22 juillet dernier. Dans le prolongement des nombreuses actions déjà entreprises, la CGT a demandé à être auditionnée par le Conseil Constitutionnel afin de faire entendre le point de vue des salariés. Avec cette démarche inédite, la CGT continue à lutter contre un texte qui conduit à la détérioration des conditions de travail et de vie des salariés. Aux côtés des salariés, la CGT se saisira de toutes les opportunités pour dénoncer une loi sans utilité économique et synonyme de régression sociale ! Pierre Pirierros

complexe comme représentante mondiale au niveau des Nations Unis pour la coopération décentralisée sur les énergies renouvelables. Une déclaration aussitôt démentie par la directrice du programme Nations Unies pour le développement à l'ONU. Chassez le naturel, il revient au galop. Jean-Michel Humez


page 4:page 5

3/09/09

9:58

Page 1

Social RENTRÉE SCOLAIRE 2009

L'ACADÉMIE DE LILLE PERD 800 POSTES

M N CJ

Parmi les nombreux dossiers de cette rentrée scolaire 2009, il y a les suppressions de postes, dossier qui reste le plus brûlant. Pas moins de 13 500 postes ont disparu en cette rentrée 2009, sans oublier les 16 000 supplémentaires programmés pour lʼexercice 2010. Dans lʼacadémie de Lille, Karinne Boulonne, secrétaire du SNES, table à plus de 600 suppressions de postes dans le second degré, 371 suppressions directes et disparition de 215 titulaires en zone de remplacement, TZR, (le rectorat évoque le chiffre de 320). Dans le premier degré, ce sont plus de 200 postes qui disparais-

L

E ministre du budget annonce la suppression de 34 000 emplois de fonctionnaires au budget 2010, entendant appliquer strictement la règle de non remplacement dʼun fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cela conduit à une nouvelle ponction dans lʼÉducation nationale de 16 à 17 000 emplois compte tenu du poids que cette dernière représente dans lʼensemble de la Fonction Publique. “Lʼordre de grandeur” des 16 000 emplois est ainsi réparti : ● 14 000 suppressions dʼemplois de stagiaires dans lʼenseignement public (premier et second degré) ● 600 suppressions dʼemplois dʼadministratifs (dans lʼenseignement public) ● 1 400 suppressions dʼemplois de stagiaires dans lʼenseignement privé Une première remarque sʼimpose :

sent ce qui fait un total de près de 800 emplois en moins pour lʼAcadémie de Lille. 80 postes sont vacants en technologie ; 90 établissements vont être démunis de documentalistes sur les 500 établissements de lʼAcadémie. Le problème de la formation des jeunes professeurs, qui passera par la masterisation, inquiète aussi fortement les syndicalistes de la FSU. “On ne va plus pouvoir offrir un service scolaire de qualité. On voudrait d'avantage d'alternance entre théorie et pratique”, disent-ils. Les restrictions budgétaires massives, les suppressions d'emplois par centaines

AU BUDGET 2010...

pour la deuxième année consécutive, la calculette ministérielle fait des miracles pour préserver lʼenseignement privé. En effet, jusquʼà 2008, la répartition des emplois entre public et privé dans lʼEducation nationale obéissait à une règle simple : les mesures de créations ou de suppressions de postes appliquées à lʼenseignement privé représentaient 20 % de celles appliquées à lʼenseignement public, soit 17,6 % du total alors que le privé accueille 20 % des effectifs scolaires. Le budget 2009 a été lʼoccasion dʼune première remise en cause de ce principe puisque les suppressions au titre du remplacement comme celles des emplois de stagiaires représentaient dans le privé environ 11 % de celles imposées au public. Si les chiffres annoncés par le ministère se confirment, le cadeau (1 400 suppressions seulement) porte cette fois-ci sur la totalité des suppressions. Si la

règle des 20 % était appliquée, la répartition serait : 2 600 suppressions dans le privé et 12 800 dans le public. Ces suppressions font suite à celles de 13 500 emplois au budget 2009 et de 11 200 au budget 2008 avec les conséquences que lʼon connaît : mise à mal des formations dispensées dans les établissements, dégradation des conditions dʼencadrement des élèves comme des conditions de travail et dʼemplois des personnels. Dans le second degré alors que la rentrée scolaire sʼest effectuée sur fond de suppression de postes, de nouvelles tentatives dʼimposer plus dʼheures supplémentaires dans les établissements et de suppressions massives dʼemplois de remplacement, les annonces autour du budget 2010, préfigurent de nouvelles dégradations pour les élèves comme pour les personnels.

d'année en année, lʼapprentissage “junior” dès 14 ans, la précarisation de lʼemploi, constituent un contexte préoccupant pour la réussite de tous les jeunes. La rentabilité et les économies financières guident une autre orientation au détriment des enseignements. Si on s'en arrêtait à la communication du ministre, on pourrait penser qu'en dehors des dispositions à prendre en prévision d'une éventuelle pandémie de grippe, l'école n'est l'objet d'aucun autre sujet de préoccupation en cette rentrée 2009...

Fin des stagiaires

Le ministre entend supprimer la totalité des emplois de stagiaires tout en imposant aux nouveaux stagiaires un service hebdomadaire de 12 heures au lieu des 8 heures actuelles. Ces derniers seront désormais affectés sur des emplois de titulaires comptabilisés budgétairement pour 18 heures : au vu de cette différence de 6 heures, il ne fait aucun doute que le potentiel dʼenseignement sera très significativement amputé. Ainsi, le gouvernement fait des économies en mettant sérieusement à mal les conditions de formation des nouveaux enseignants et continue à prévoir des suppressions dʼemplois alors même que sʼamorce une remontée démographique qui va sʼaccélérer les cinq années suivantes. La réforme du lycée ?

Nombre dʼacadémies ne parviennent plus à assurer les suppléances,

Pierre Pirierros

y compris celles de congés prévisibles de longue date et les conditions de travail des personnels qui assurent les remplacements sont de plus en plus dégradées : zones de remplacement étendues, discipline dʼenseignement autre que celle du recrutement imposée, multiplication des contrats précaires. Lʼannonce de la création dʼune agence de remplacement (dont le Ministère nʼa jamais esquissé concrètement les contours), apparaît comme une diversion pour éviter de parler de ces suppressions et de leurs conséquences dans les académies. Concernant la réforme du lycée, le SNES estime qu'il ne lui paraît pas envisageable que la nouvelle seconde puisse être mise en œuvre dès la rentrée 2010. Une véritable réforme ne peut être envisagée sans une large concertation de tous les partenaires de l'école, personnels, lycéens, parents d'élèves, élus.

BRADERIE DE BÉTHUNE

M

CREUSET DE DISCUSSIONS AU STAND DU PCF

ARQUER un coup dʼarrêt à lʼentreprise de liquidation des emplois est une ambition tout à fait légitime défendue par les militants communistes de Béthune. Le stand de la section, situé, (ironie de lʼhistoire) devant lʼancienne Banque de France, nʼa pas désempli ; de très nombreuses personnes ont fait part de leurs préoccupations actuelles ; ce fut un véritable creuset de discussions autour de Jacques Delelis, Henri Tobo, Jean-Pierre Bottineau et les dizaines de syndicalistes, du secteur privé, du service public (santé, éducation). Automobile, services publics, pouvoir dʼachat : une des réponses se trouve dans la convergence des luttes et la bataille politique menée, notamment, par les militants communistes dans le Béthunois. La mobilisation lors de cette braderie de rentrée montre bien cette convergence et une démarche originale mêlant population, élus, syndicalistes, collectifs et associations. Une dizaine dʼexemplaires du livre dʼAlain Bocquet “Un Marx et ça repart !” a été vendue sur le stand. La lutte des Bosal ne peut laisser personne indifférent. P.P.

-4-

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009


page 5 :page 4

2/09/09

14:35

Page 1

Social

M N CJ

“La vie Auchan”, un slogan publicitaire qui sied dʼabord à la famille Mulliez ; son entourage sʼen contente. (Photo AFP)

L

LE NORDISTE GÉRARD MULLIEZ EN TÊTE DES PLUS GROSSES FORTUNES DE FRANCE

"IL FAUT ARRÊTER DE SE FAIRE PEUR" pour le fondateur du groupe Auchan, C'EST UN POSTULAT TOUT TROUVÉ

A situation actuelle est le reflet général de lʼéconomie, les ferme tures dʼentreprises concernent tous les secteurs dʼactivités et toutes les zones géographiques et pourtant la famille Mulliez conserve la première place des fortunes en France, d'après un classement de la revue "Challenges"... Les résultats du premier semestre 2009 viennent de tomber et voilà qu'Auchan connaît un léger ralentissement ce qui n'empêche nullement ladite famille Mulliez à faire de (bonnes) provisions d'argent. Le cynisme est atteint lorsque le fondateur des magasins Auchan Gérard Mulliez en accordant une interview au journal économique "Les Échos" souligne comme élément à apprécier 'L'Homme", une vision toute capitaliste puisque "l'homme sage est celui qui a prévu de faire des provisions pendant le temps de l'abondance pour faire face à la pénurie." Le modèle proposé ne remet rien en cause et les quelques avancées sont à mettre sur le compte des mobilisations engagées et des

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

négociations qui ont suivi, y compris dans le groupe Auchan, où être syndicaliste - et notamment à la CGT - n'est pas un investissement pour l'avenir. Les bénéfices des banques et des grandes entreprises du CAC 40 succèdent - invariablement - aux propos de communication du chef de lʼÉtat qui prend une imposture de sauveur tout en gardant une logique intrinsèque : maintenir le cap du libéralisme avec lʼinjonction de travailler le plus possible. Alors ? Cʼest dans ce même temps que les exigences de changement prennent de plus en plus de consistance avec tous les éléments majeurs du mouvement social. Tout le système capitaliste est en cause. Les mécontentements apparaissent de plus en plus au grand jour ; la croissance diminue, cʼest la récession des pays riches et les retombées directes dans lʼéconomie des pays émergents. Pour dire quoi ?

Sarkozy intervient sans cesse à la télévision mais pour dire quoi ? Il ne veut pas de véritable plan de

relance pour les salaires et pour l'emploi. On connaît l'origine de la crise, elle est dans la matrice des richesses produites par le travail ; richesses qui sont allées prioritairement à la spéculation au lieu d'aller aux salaires, à la recherche, à l'éducation, à la production durable. Il n'y a pas de véritables mesures, ni sur le Smic, ni sur le salaire des fonctionnaires, ni sur le maintien de l'emploi dans la fonction publique. Et dans un élan humaniste, Gérard Mulliez de "critiquer" les banquiers "pris par l'esprit de lucre qui ont gagné de l'argent... Quand tout le monde tire la couverture à soi, elle craque." (sic) Le contrôle des fonds publics versés aux entreprises est une exigence qui, en période de casse de lʼemploi, gagne du terrain et pas seulement chez les syndicalistes et les salariés concernés. Tout est à repenser et stigmatiser lʼargent contre lʼemploi et la vie des populations. La création d'un pôle financier public permettrait un crédit sélectif pour aider les entreprises qui veulent produire en France, qui veulent jouer la qualification, le déve-5-

loppement durable, les salaires au détriment des entreprises qui jouent le tout financier. Une réforme de la fiscalité, qui pénaliserait ceux qui jouent le spéculatif et favoriserait les entreprises qui jouent la production, serait la bienvenue. Or, qu'attend-on ? Le ministre du budget fait les yeux doux aux contribuables fraudeurs en leur donnant un sursis jusqu'au 31 décembre, c'est-à-dire, en leur proposant une amnistie quasi générale. Crédit

Lʼactivité du crédit est très insuffisante pour lʼemploi. À quoi jouent toutes ces banques ? La question se pose avec acuité, elle est récurrente. En desserrant l'étreinte de la rentabilité financière, il est possible de développer la production, les sites et de créer des emplois, notamment. Le diagnostic de la crise, on le connaît. Pour les salariés, la sécurisation de la formation est un projet de société qui vient en opposition au chômage et à la précarisation de lʼemploi.

Mais pour Mulliez, la solution est toute trouvée : "si on veut que les hommes et les femmes soient plus efficaces, il faut que leur intérêt coïncide avec leur devoir" , autrement dit, voyez pauvres smicards ce qu'il vous reste à faire ! Dans la même veine, Gérard Mulliez souligne avec modestie "Il faut arrêter de se faire peur" regardez-moi, je suis en tête des "Top 5" des familles les plus riches de France. Derrière suivent, Bernard Arnault, (originaire également du Nord) puis Liliane Betancourt et sa famille, Bernard Puech et la famille Hermès et la famille LouisDreyfus. Et puis toujours dans cet élan humaniste, (en bon père de famille) toujours dans l'interview des "Echos", le fondateur du groupe Auchan avance ses billes "nous avons oublié la valeur sacrée de l'argent ; si tout le monde revenait au bon sens, nous en sortirions vite de cette crise". Et la famille Mulliez d'être à la tête des plus grosses fortunes du pays (15 milliards d'euros). Voilà qui est dit. Pierre Pirierros


page 6:page 14

2/09/09

10:55

Page 1

Solidarité

M N CJ

UN SOLEIL AUSSI GÉNÉREUX QUE SOLIDAIRE

Pour son trentième anniversaire, la «Journée des Oubliés des Vacances» organisée par la fédération du Pas-de-Calais du Secours Populaire Français s'est invitée sur le site du parc d'Olhain. Une journée «enchantée» pour près de 3000 personnes venues de tout le département dont 2 200 enfants pour qui cette journée de vacances sera celle, «inoubliable», dont ils se souviendront à la rentrée.

A

en croire ses yeux et ses oreilles, le parc d'Olhain s'est transformé, mercredi 26 août, en un lieu «enchanté». Offrant d'habitude aux visiteurs, au grand air, «mille bonnes raisons pour mettre sur pied une petite sortie», la base départementale de nature et de loisir ainsi que son équipe d'encadrement et d'animation se sont mises en quatre pour en offrir ce jour-là, en partenariat avec le Secours Populaire Français (SPF), au moins mille autres «bonnes raisons» pour être présent à Olhain à l'occasion de la trentième édition de la «Journée des Oubliés des Vacances» (JOV) organisée par la fédération du SPF du Pas-de-Calais. Pari tenu, sous un soleil aussi généreux que solidaire.

orange sur la tête et panier repas jaune en bandoulière, à parcourir les allées du parc d'Olhain afin de participer aux multiples activités et spectacles proposés pour faire de cette «Journée des Oubliés des Vacances» , une journée anniversaire «inoubliable». Côté sportif, il y en avait pour tous les goûts et pour tous les tempéraments : accrobranche, hand-ball, speedball, natation, parcours aventure, VTT, tennis, poney, tir à l'arc, minigolf, escalade, boxe, javelot, pétanque... Même variété côté «détente», dans les allées, assis en terrasse ou sur l'herbe : maquillage, concerts, bal musette, démonstration de danse country, spectacle de rue, jonglage, sculpture de ballons, magiciens, tournois de chevalerie... Au cours de la journée aucun stand n'a désempli. Partout les rires et les sourires étaient au rendez-vous.

Arrivés dans la matinée par des bus affrétés par les nombreuses permanences d'accueil et de solidarité qui regroupent un peu partout dans le département les équipes bénévoles du Secours populaire du Pas-de-Calais, ils étaient près de 3000 personnes dont 2 200 enfants, casquette

Parmi les «moments forts» de la journée, le spectacle de chevalerie de la compagnie Cowprod a été particulièrement apprécié. Il faut s'imaginer, après une séance d'entraînement au maniement de l'épée ou à celui de la joute, porté sur cheval de bois; après avoir été l'objet d'un adoubement solennel,

Trentième anniversaire au grand air

Une journée «inoubliable»

être transporté pour une demiheure dans l'atmosphère des grands tournois du Moyen-Âge avec «escuyers» - à prononcer «es-cuyers» comme au temps jadis - , soudards incommodes et chevaliers en grande tenue pour mesurer l'effet du spectacle sur les esprits des plus petits... et des plus grands. Ces derniers auront pu se remettre de leurs émotions en assistant au spectacle de Dorys Verdy – autre «moment fort» de la JOV 2009 du Pas-deCalais- ou en faisant quelques pas de danse au rythme de ceux des Liberty Country de Noeux-lesMines.

partout sur la fête du questionnaire "Compte sur tes dix droits", les devançaient. Chose à rappeler, l'année 2009 ne marque pas seulement le trentième anniversaire de la «Journée de Oubliés de Vacances», initiative nationale du SPF déclinée dans chacune de ses fédérations, mais aussi le vingtième anniversaire de la «Convention internationale des droits de lʼenfant» à laquelle est très attachée, «pour que les droits de lʼenfant grandissent les hommes », l'association solidaire. Cette année, en France, un enfant sur trois n'est pas parti en vacances.

A côté de ces activités de loisir, la fédération du Secours Populaire Français du Pas-de-Calais, dans le cadre d'un village «Copain du Monde» installé sous un marabout, proposait encore aux enfants de devenir «acteurs de la solidarité» en leur faisant participer à diverses initiatives consacrées aux droits de l'enfant : exposition, jeux interactifs, ateliers d'expression... A cet égard, les familles n'étaient pas en reste qui accompagnaient la démarche des enfants et même, en s'emparant

Au cours de la conférence de presse à laquelle assistaient, auprès des responsables du Secours Populaire Français du Pas-de-Calais, diverses personnalités – dont Claire Véron de l'Agence Nationale des Chèques Vacances (ANCV), Jean-Louis Callens, secrétaire général de la fédération du Nord du SPF ainsi que Corine Makowski, secrétaire nationale du SPF - et divers élus – dont Cathy Apourceau-Poly, conseillère régionale, Daniel Dewalle, maire d'Houdain et

Une journée de mobilisation pour les droits de lʼenfant

-6-

Un enfant sur trois n'est pas parti en vacances

conseiller régional, Michel Dagbert, maire de Barlin, vice président du Conseil général et président du conseil d'administration du parc d'Olhain- , Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire Français , «invité surprise» de la JOV 2009 du Pas-de-Calais, est intervenu pour rappeler le sens de cette initiative et de la démarche dans laquelle elle s'inscrit : cette année, dans la perspective de la tenue des «Etats généraux populaires de la solidarité pour les droits de lʼenfant» qui auront lieu, en octobre et novembre prochains, au moment du congrès national du SPF. Pour conclure, après avoir remercié les divers partenaires de l'initiative, Christian Lampin, secrétaire général de la fédération du Pas-de-Calais du SPF, a souligné, depuis plus de trente ans, l'engagement des fédérations du Nord et du Pas-deCalais du Secours populaire pour apporter à un maximum d'enfants et de familles de la région une journée de vacances en fin de période estivale. La semaine précédente, c'étaient plus de 5000 personnes qui s'étaient rendues, avec les équipes du SPF du Nord, en Belgique, pour visiter les grottes de Han. Jérôme Skalski

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009


page 7:page 9

2/09/09

10:57

Page 1

Solidarité

M N CJ

Coup de chapeau ou plutôt de casquette – orange- à l'équipe des jeunes bénévoles – jeunes travailleurs, lycéens, étudiants... - qui encadraient les activités proposées aux enfants dans l'espace «Copain du Monde» de la JOV 2009 du Pas-de-Calais. En préparation, les «Etats généraux populaires de la solidarité pour les droits de l’enfant» qui se dérouleront les 13, 14 et 15 novembre à l'occasion du congrès national du SPF. Résumant l'esprit de la «Convention internationale des droits de l'enfant» adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, «Copain du Monde» oeuvre pour que les enfants, dans le cadre d'actions et de réflexions solidaires, comptent au mieux sur leurs «dix droits» et s'en fasse les acteurs et les défenseurs : droit de s'alimenter, droit d'être à l'abri , droit à la santé, droit des enfants handicapés, droit à l'école, droit aux loisirs, droit à la culture, droit aux secours, respect du milieu naturel, droit d'être pro-

tégé contre l'exploitation dans le travail, droit d'être protégé contre les mauvais traitements et droit à l'expression. Pour Frédéric Tortillard, animateur de l'équipe des jeunes béné-

voles du village «Copain du Monde» au cours de la JOV 2009 du Pas-de-Calais, ce sont plus de 600 enfants qui ont participé aux activités et aux ateliers proposés.

Avec “Copain du Monde” rendez-vous au stand du Secours Populaire Français à l’Espace Enfants et à l’Espace Planète numérique sur la Fête de L’Humanité.

Près de 3 000 personnes venues de tout le département dont 2 200 enfants ont participé, le mercredi 26 août, au trentième anniversaire de la «Journée des Oubliés des Vacances» organisé par la fédération du Pas-deCalais du Secours Populaire Français. Outre ses partenaires - en particulier l'ANCV, la FSGT, Le Parc Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

Au cours de son intervention en conférence de presse, Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire Français, a rappelé avec beaucoup d'émotion le sens de la «Journée des Oubliés des Vacances» : une journée de vacances solidaire qui constitue le «bouquet final» de la campagne d'initiatives estivales du SPF. Il a aussi expliqué le sens de la démarche dans laquelle la JOV s'inscrit en particulier cette année : la défense et la promotion, pas seulement sur le papier mais dans la réalité, des droits de l'enfant. Un rendez-vous a été donné à tous pour rendre visite au stand du Secours Populaire Français à la Fête de L’Humanité, stand qui proposera des ateliers pour découvrir «Copain du Monde», le mouvement d’enfants de l’association solidaire. A la Fête de L'Huma, pour préparer le vingtième anniversaire de la “Convention des droits de l’enfant”, un débat sera organisé au stand du SPF ainsi qu'un «parcours découverte» sur l’espace Enfants.

-7-

départemental d'Olhain, le Conseil général du Pas-deCalais, le Conseil régional Nord/Pas-de-Calais et la ville d'Houdain -, c'est grâce au dévouement des bénévoles de plus de 30 permanences d'accueil et de solidarité du département que la JOV 2009 du Pasde-Calais a pu rencontrer un tel succès.

SECOURS POPULAIRE FRANÇAIS FÉDÉRATION DU PAS-DE-CALAIS 38 Rue Baudimont BP 60557 62008 Arras Cedex Tél : 03 21 71 43 19 Fax : 03 21 51 58 23 email : contact@spf62.org/ http://www.spf62.org/


page 8:page 7

2/09/09

14:42

Page 1

ARRAS

M N CJ

SOLIDARITÉ AVEC LES 5 PATRIOTES CUBAINS

Région CALONNE-RICOUART

MÉRICOURT

35 FÊTE DU PETIT CALONNOIS

MOBILISATION CONTRE LA MUCOVISCIDOSE

ème

Vendredi 4 septembre 18h à 19h devant le Beffroi d'Arras Onzième rassemblement mensuel en solidarité avec les 5 patriotes cubains incarcérés aux Etats-Unis depuis 1998.

BUS ARRAGEOIS POUR LA FÊTE DE L'HUMANITÉ Des vignettes d'entrée pour la fête de L'Humanité sont en vente au siège de la section du PCF, 14 avenue de l'Hippodrome, Arras. Des départs en bus sont organisés le samedi 12 septembre (35 euros aller-retour sur la journée + entrée). Rendezvous le samedi 12 septembre devant la gare d'Arras à 8h15 et, à Beaurains, route de Bapaume, à 8h30. Pour tout renseignement : 03.21.51.32.47. ou 03.21.51.66.80. ou 06.88.32.77.92.

LILLERS SPECTACLE L’association “Bougeons ensemble avec Lillers” vous propose un spectacle de théâtre patoisant, le samedi 12 septembre à la salle SainteCécile avec la troupe Chti Comédie. Ouverture des portes à 19h30, représentation à 20h30 et deuxième partie à 22h. Tarif : 8 € pour les adhérents, 5 € pour les enfants de moins de 12 ans et 10 € pour les non adhérents. Pour tous renseignements contacter le 03 21 26 94 22, ou le 03 21 64 36 09.

DIVION MUCOVISCIDOSE Le dimanche 13 septembre, dès 13h30, au complexe sportif, action contre la mucoviscidose. Animations, restauration, tombola, ambiance festive avec le concours des associations divionnaises. Entrée : 1 €.

AUCHY-LESMINES LOTO Organisé par les Fidèles de Saint-Hubert, il aura lieu ce dimanche 6 septembre, animé par Thierry 69, de 100 à 2 000 €, au complexe sportif, rue de Douai. Ouverture des portes 12 h ; début des jeux 15 h. Réservations au 06 15 82 05 99.

Le traditionnel marché aux puces se déroulera le 27 septembre. Cette manifestation a pour but de rassembler des fonds afin de permettre à la recherche scientifique et médicale contre la mucoviscidose d'avancer dans cette grande bataille engagée contre cette terrible maladie génétique. Elle touche en France près de 6000 patients, dont plus de 400 dans notre région, maladie génétique malheureusement encore mortelle aujourd'hui.

HOUDAIN

DANIEL DEWALLE DE NOUVEAU AU TRIBUNAL ● Ce dimanche 6 septembre, au Parc Calonnix, 35ème Fête du Petit Calonnois. Meeting avec Maxime Grémetz, député PCF de la Somme ; Jean-Claude Danglot, sénateur PCF du Pas-de-Calais ; Cathy Apourceau, membre du Comité national du PCF et Hervé Poly, secrétaire de la Fédération du PCF. Orchestre : Raymond Joly et sa chanteuse Noëlla. Tour de chant : Valerjean et son chien Oscar, chanteur et ventriloque. Entrée gratuite.

49ème GALA DE CATCH

● Samedi 12 septembre, à 20h30, au gymnase Robert Lary au parc Calonnix. Au programme, cinq rencontres dont la revanche du championnat du monde féminin entre Bulla Punk et Kom Kaycee. Compte tenu de l'importance du Gala, il est prudent de réserver ses places en mairie. Tél : 03.21.52.18.52, aux cafés tabac «Le Nemrog», «Club 6», «L'Hipprodrome» et au restaurant «Les Gourmets». Prix des places accessibles à tous : 10 euros jusque 12 ans. 15 euros pour les adultes.

Le rapporteur public prononcera à l'audience du mardi 8 septembre du tribunal administratif de Lille les conclusions concernant les décrets municipaux adoptés par la municipalité d'Houdain contre les coupures d'eau, de gaz et d'électricité ainsi que contre les expulsions. Cette séance se tiendra à 9H30.

BRADERIE DE LILLE, LES 5 ET 6 SEPTEMBRE : LES COMMUNISTES VOUS DONNENT RENDEZ-VOUS AU 97 BD DE LA LIBERTÉ, DANS UNE AMBIANCE CONVIVIALE ET MILITANTE !

Des pétitions circuleront pour la libération de Salah Hamouri, jeune militant franco palestinien détenu injustement en Israël, et pour un référendum sur le maintien du service public postal. • Samedi après-midi, Pierre Outteryck, historien, et Jérôme Leroy, écrivain et chroniqueur dans Liberté Hebdo, dédicaceront leurs derniers ouvrages sur le stand. - 17 h, "Vous avez dit gratuit ?" : débat sur les tarifs des transports à Lille avec les élus communistes de la Communauté urbaine de Lille. - 18h30, "Pot de l'amitié du Front de Gauche", apéro-discussion sur la riposte à construire face aux défis de la rentrée sociale (référendum sur le statut de La Poste, suppressions de postes dans l'Éducation nationale et menaces sur la fonction publique, licenciements…). • Concerts le samedi soir avec "Manu le rouge" (notre photo) et la "Bande à Paulo", qui ouvrira à partir de 20h son grand bal populaire dans la cour de l'école Sophie Germain. Et pour se restaurer moules-frites (les moins chères de la braderie !), Pot'jevleesch et pour se désaltérer nos bières pressions… -8-

Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009


page 9:page 6

2/09/09

14:34

Page 1

Calais

APRÈS LE SUCCÈS DE LA FÊTE DU BOIS CAMPAGNE M N CJ

Q

UELQUES jours après leur 20ème Fête populaire organisée au Bois Campagne, le 15 août dernier, les militants étaient reçus par la Direction de Section au siège du boulevard Lafayette. Yves Desenclos y a notamment rappelé les conditions de la tenue de cette édition avec le «blocus» de la Municipalité U.M.P. et fait le bilan politique. On sait que légitimement, les communistes ont crié au scandale sur le manque de moyens accordés par la Ville pour lʼorganisation de cette manifestation. En faisant parler à ce sujet, le Maire U.M.P., le quotidien Nord Littoral (page 11, édition du 30 août) confirme que sonorisation, podium, branchements électriques et eau ont été refusés. Depuis la révélation par le P.C.F. de ces méthodes, beaucoup dʼassociations comprennent mieux le changement de Municipalité pour avoir subi les mêmes problèmes.

En bref

● Le Comité national contre la privatisation de la Poste qui réunit syndicalistes, associations et Parti de gauche organise une consultation nationale le samedi 3 octobre pour permettre à la population de dire NON au changement de statut de la Poste. Bertrand Péricaud, Secrétaire de la section P.C.F. à Calais, a écrit aux correspondants locaux de ce comité pour une réunion visant à organiser concrètement cette initiative localement.

Hénin et de son équipe en mars 2008 (J.M. Ben était 7ème sur la liste dʼUnion de la Gauche !)

● À lire les deux pages de Nord Littoral du 30 août consacrées à une réponse de N. Bouchard au point presse du P.C.F. sur lʼaudit financier de la gestion municipale 2004-2007 on sʼest dit que P.H., le rédacteur en chef, était rentré de vacances… un sujet quʼa abordé, hier, Jacky Hénin, lors dʼune conférence de presse sur laquelle nous reviendrons la semaine prochaine.

● Création dʼune Taxe dʼEnlèvement des Ordures

Ménagères et 7 % dʼimpôts en plus à Coulogne… dans la «Lettre Spéciale» décidée par la municipalité de Monsieur Dubut, doit paraître la tribune des Élus communistes et républicains Gérard Pourmarin et Monique Cailliez. Nous y reviendrons.

● Une mauvaise nouvelle de plus avec lʼannonce de quarante suppressions dʼemplois, sur 120, chez Bélier, zone Marcel Doret suite au redressement judiciaire de la société qui venait de recevoir de substantielles et très médiatisées aides publiques de lʼAgglomération et de la Région…

L’actualité de la semaine selon Babouse

● Si on croit la presse locale de juillet-août, le Président de la Communauté dʼAgglomération, Philippe Blet sʼest pris un mois de vacances. Il sʼest même fendu dʼun séjour à La Rochelle (payé par lʼAgglomération ?) là où le P.S. tient son Université dʼété. Depuis, il se murmure que lʼex P.S., allié à lʼU.M.P., se verrait bien candidat sur la nouvelle septième circonscription à la place de Natacha Bouchart… le député sortant, le socialiste Gilles Cocquempot promet dʼen parler à Percheron !

● Plus révolutionnaire que jamais, lʼex-Vert, ex-Alternatif, ex etc, Jean-Marc Ben est du voyage à lʼUniversité dʼété du MODEM à la grande Motte. Au fil des mois, on comprend mieux «lʼefficacité» des élus écologistes dʼalors dans la défaite de Jacky Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

Le livre d’Alain Bocquet : “Un Marx et ça repart !” est disponible au siège de la section

-9-


page 12:page 15

3/09/09

9:59

Page 1

France

CONTI» CONDAMNATION DE SIX «C

M N CJ

Le tribunal correctionnel de Compiègne a prononcé mardi des peines de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix poursuivis pour le «saccage» de la sous-préfecture de Compiègne en avril. Le 7ème prévenu a été relaxé.

L

E leader CGT Xavier Mathieu, condamné à cinq mois avec sursis, a exprimé sa "rancœur" devant ce jugement. Les prévenus, condamnés pour "destructions en réunion de biens au préjudice de l'Etat", ont appris qu'ils devraient de nouveau comparaître, au civil cette fois, le 4 novembre, pour répondre des dégâts estimés à quelque 50.000 euros. Le 21 avril, ils avaient participé au «saccage» des bureaux de la sous-préfecture de Compiègne, envahie par quelque 200 "Conti" dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine de pneus, dont la fermeture avait été annoncée en mars. Un "bel exemple de matraquage de l'Etat"

A l'audience, le 17 juillet, Xavier Mathieu avait reconnu un "dérapage" qui n'avait "pas été prémédité". Alors qu'il déclarait attendre de la justice "la relaxe et la fin de l'histoire des Conti", le responsable syndical a fustigé après le rendu du jugement un "bel exemple de

nous !". Christian Fougeroux, un ouvrier qui travaillait à Continental depuis 21 ans, a regretté qu'on ait pas su "profiter du procès pour apaiser le climat social. C'est tout le contraire, le ton est donné". «Le contraste entre un dossier dʼaccusation totalement vide et la lourdeur des peines prononcées est révoltant»

matraquage de l'Etat qui veut empêcher la classe ouvrière de s'exprimer". "C'est dégueulasse, il n'y a pas de justice dans ce pays. J'ai de la rancoeur, on s'est battu dignement et le gouvernement a décidé de faire un exemple", s'estil indigné devant les quelque

250 ouvriers de Continental présents. Il a appelé à une assemblée générale dans l'usine mercredi à 14 heures et une manifestation impromptue a été improvisée dans la matinée dans le centre de Compiègne jusqu'à l'hôtel de Ville aux cris de "les voyous c'est pas

VERS UNE JUSTICE AUX ORDRES DE L'EXÉCUTIF

Sarkozy l'a rêvé, Léger l'a fait... Le président de la République s'est réjoui mardi des propositions du «comité Léger» sur la réforme de la procédure pénale, parmi lesquelles la suppression du juge d'instruction.

C

'EST la mesure phare du «rapport» auquel «travaillait» depuis octobre 2008 un comité d'une quinzaine de policiers, magistrats, avocats et universitaires, installé par l'exgarde des Sceaux, Rachida Dati. Désormais Michèle Alliot-Marie, qui lui a succédé, devra "compléter la réflexion" ouverte "pour aboutir, après une concertation la plus large, à une refonte des codes pénal et de procédure pénale", a déclaré l'Elysée mardi soir, soulignant "la qualité" des propositions rendues. La suppression du juge d'instruction avait été annoncée par le chef de l'Etat en janvier. Interrogé sur un éventuel renforcement de l'indépendance du parquet, l'ancien haut magistrat Philippe Léger a répondu qu'une majorité du comité avait estimé "qu'il n'y a pas lieu de changer les choses parce que nous faisons des tas de propositions de contrepouvoirs du parquet et de contrôle". Une régression démocratique

Renforcer le pouvoir des procureurs sans envisager de modifier leur statut (ils restent subordonnés hiérarchiquement à la Chancellerie) a cristallisé l'opposition des magistrats, avocats, de la gauche et même de certains à droite, qui y voient la fin d'une justice indépendante. "Les magistrats du parquet (...), parties au procès, ne peuvent donc être impartiaux", a fait valoir le député UMP Jean-Paul Garraud, ancien juge d'instruction, fustigeant un projet "inconce-

vable". Le sénateur socialiste et ancien ministre de la Justice Robert Badinter a qualifié le projet de réforme de "premier acte d'une OPA de l'exécutif sur les affaires les plus importantes de la justice". André Vallini (PS) a regretté qu'une nouvelle réforme vienne déjà "balayer" la mise en place progressive des pôles de l'instruction, enseignement du fiasco judiciaire d'Outreau pour remédier à la solitude de ces magistrats. "Supprimer le juge d'instruction, c'est affaiblir la Justice (...) permettre au gouvernement de (la) reprendre en main", ont estimé les Verts. L'ONG Transparence International France a dit craindre que "lʼaction de la justice ne soit même plus initiée dans des dossiers de corruption, de trafic dʼinfluence ou dʼabus de biens sociaux susceptibles de gêner des dirigeants politiques ou économiques". Les représentants des magistrats ont dénoncé une "régression un rapport démocratique", "médiocre" (Union syndicale des magistrats) et le risque d'une justice "moins bien rendue" (Syndicat de la magistrature). Le comité préconise de transformer le juge d'instruction en juge de l'enquête et des libertés (JEL), qui aurait pour mission de contrôler le travail du parquet pendant l'enquête et de statuer sur les mesures les plus attentatoires aux libertés comme le placement en détention provisoire. Au total, le rapport de 59 pages décline les propositions en douze thématiques, de la limitation de la durée des détentions provisoires, à l'in-

troduction du "plaider coupable" en cour d'assises en passant par la présence accrue de l'avocat auprès du gardé à vue. Une présence jugée toujours insuffisante par le Conseil national des barreaux (CNB), qui représente les avocats de France, parlant d'une "défiance inacceptable à lʼégard de la profession". Le comité reconnaît qu'il n'a pu réfléchir à la simplification du Code pénal, une de ses missions initiales, "un travail considérable", a-t-il justifié, qui pourrait occuper des juristes à plein temps. Une réforme qui donnerait à l'exécutif un pouvoir exorbitant et discrétionnaire sur les affaires pénales

Les sénateurs du groupe communiste et du Parti de Gauche (CRCSPG) ont estimé pour leur part mardi que la suppression du juge d'instruction aboutirait à une "justice aux ordres de l'exécutif". "Alors que le juge d'instruction, magistrat du siège, est un juge indépendant, les magistrats du parquet resteront hiérarchiquement dépendants de la Chancellerie", souligne dans un communiqué la présidente du groupe, Nicole Borvo Cohen-Seat. "Aucune réforme envisageant leur indépendance n'est envisagée en parallèle", ajoute-t-elle. Pour la porte parole communiste, "cette réforme, qui donne à l'exécutif un pouvoir exorbitant et discrétionnaire sur les affaires pénales, s'inscrit dans la mainmise croissante du pouvoir exécutif, et singulièrement du président de la République, sur les institutions de la République". - 12 -

A gauche et dans les rangs syndicaux, les critiques ont été unanimes à l'annonce du jugement. Olivier Besancenot (NPA) s'est dit "écœuré" devant ce qu'il a qualifié de "provocation", Arlette Laguiller (LO) jugeant quant à elle "inadmissible que les travailleurs paient alors que ce sont les dirigeants de l'entreprise qui ont ruiné un territoire". Le PS a, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, exprimé sa "pleine et entière solidarité" à l'égard des salariés de Continental "condamnés injustement" face aux "voleurs en col blanc", tandis que la CGT a évoqué "un jugement profondément injuste". Sur BFM, le secrétaire général de Force Ouvrière (FO),

Jean-Claude Mailly, a pour sa part mis en garde contre la "judiciarisation" des relations sociales et ajouté : "Il faut être sérieux, la violence n'est pas toujours là ou on croit". Thierry Aury, secrétaire départemental du PCF de lʼOise, a réagi en rappelant que «des milliers dʼemplois directs et indirects sont supprimés et les salariés jetés sur le pavé… mais ce sont six ouvriers coupables de sʼêtre opposés à ces choix désastreux pour leur vie, pour leur famille, pour notre région qui sont condamnés !». Pierre Laurent, coordinateur national du PCF, a condamné pour sa part un procès où «le contraste entre un dossier dʼaccusation totalement vide et la lourdeur des peines prononcées est révoltant», et témoigné la «pleine et entière solidarité de tous les communistes avec les syndicalistes de Continental». Le procès était intervenu après une lutte sociale de plus de quatre mois ponctuée par une trentaine de manifestations et conclues notamment par l'obtention d'indemnités de 50.000 euros par salarié licencié.

LA CGT DEMANDE "DE VÉRITABLES SANCTIONS" À L'ENCONTRE DES FRAUDEURS

F

La CGT a demandé mercredi "de véritables sanctions" à l'encontre des fraudeurs au fisc et "l'octroi de moyens humains et matériels suffisants pour un contrôle fiscal efficace", doutant de la "volonté politique" du gouvernement de s'attaquer à la fraude et l'évasion. AISANT allusion aux 3.000 taquer à l'évasion et à la fraude fiscontribuables soupçonnés par cales alors même que les effectifs le fisc de détenir des comptes sont saignés à blanc?", poursuit-elle. non déclarés en Suisse, la CGT écrit "Au delà de l'opération médiatique, dans un communiqué : "Y-a t-il une quelles mesures structurelles seront volonté politique de s'attaquer réelle- mises en place ? Quelles décisions ment à l'évasion et à la fraude fis- seront par exemple prises pour lutter cales? La façon dont le gouverne- contre le dumping fiscal?", demanment entend régler cette affaire et sa de-t-elle. Pour la CGT, "lutter réellepolitique générale laissent penser le ment contre la fraude et l'évasion fiscontraire". cales implique la levée totale du "De véritables sanctions devraient secret bancaire, la lutte contre tous être appliquées pour punir ces frau- les paradis fiscaux, une harmonisadeurs, mais le ministre (du Budget tion fiscale européenne, la taxation Eric Woerth ndlr) préfère inviter les des mouvements spéculatifs de contrevenants à se manifester avant capitaux (et) lʼarrêt immédiat des le 31 décembre", affirme-t-elle. suppressions d'emplois et l'octroi de "Quels moyens sont mobilisés moyens humains et matériels suffiaujourd'hui au sein des administra- sants pour un contrôle fiscal effications fiscales et financières pour s'at- ce".

L

REPRISE DE LA GRÈVE À RFI

La grève contre un plan social à Radio France Internationale (RFI), qui avait été suspendue pendant l'été au bout de neuf semaines, a repris "progressivement" mardi, ont annoncé dans un communiqué les syndicats SNJ, FO, SNRT-CGT et SNJ-CGT. ORS d'une assemblée géné- vent-ils. "La motivation des salariés rale du personnel, la grève a est toujours là, ils ne baissent pas les été votée par "94 voix, 8 contre bras", a commenté Maria Afonso, et 22 abstentions" a précisé l'intersyn- secrétaire du comité d'entreprise. La dicale. La grève, la plus longue dans grève, soumise chaque jour au vote l'histoire de l'audiovisuel public fran- des salariés, est une "base", mais çais depuis 1968, avait démarré le "d'autres formes d'action" sont envisa12 mai, entraînant des perturbations à gées, a-t-elle toutefois précisé. l'antenne. Elle avait été suspendue le RFI, dirigée par Alain de Pouzilhac et 14 juillet afin "de ne pas pénaliser les Christine Ockrent, a annoncé en janpigistes et les CDD" pendant la pério- vier un plan social prévoyant 206 supde estivale, mais les syndicats avaient pressions d'emplois sur environ un prévenu qu'elle reprendrait en sep- millier et la fermeture de six bureaux tembre si la direction ne retirait pas en langues étrangères. Le comité son plan social. d'entreprise a entrepris plusieurs Une réunion de négociation entre la actions en justice contre le plan social. direction et les syndicats a eu lieu Le 27 juillet, le tribunal de grande inslundi mais "n'a donné aucun résultat", tance (TGI) de Paris a rejeté la selon les syndicats. "La direction refu- demande de nullité du plan faite par le se toujours de remplacer le plan de CE, qui a fait appel. La Cour d'appel licenciement de 22% des effectifs par doit examiner la demande le 14 sepun plan de départs volontaires", écri- tembre. Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009


page 13:page 13

3/09/09

10:21

Page 1

Politique UNIVERSITÉS D'ÉTÉ DE LA GAUCHE M N CJ

L

SORTIR DU DÉSARROI IDÉOLOGIQUE

Les débats ont certes mis en avant les urgences sociales, mais certains responsables politiques continuent leur tambouille dans la cuisine politicienne.

ES médias ont beaucoup parlé ou écrit sur les universités d'été qui se sont déroulées la semaine dernière et ce weekend. Rassemblement de militants qui ont permis aux différentes formations politiques de gauche de faire le point sur leur stratégie et leur vision politique. Le PS a une nouvelle fois concentré les projecteurs sur ces travaux qui, depuis fort longtemps, n'ont pas tourné en pugilat même si derrière quelques petites phrases ont peut toujours deviner certaines animosités. Martine Aubry a réussi le double exploit consistant à donner une certaine sérénité du débat et à mettre en avant quelques pistes même si un certain flou persiste sur un certain nombre de propositions. Il en est ainsi de l'Europe dont l'esprit demeure la concurrence libre et non faussée, la fiscalité écologique, les solutions face à la crise, les désaccords qui restent profonds entre le PS et les autres composantes de la gauche que ce soit le PCF, le Parti de gauche ou le NPA.

à ce dernier ainsi qu'aux autres partis progressistes d'adopter un système de primaire populaire à l'issue d'un travail commun sur le fond permettant d'élaborer des fondements idéologiques communs. D'autres socialistes ne croient guère ou sont hostiles à des primaires de toute la gauche comme Laurent Fabius qui met le doigt sur l'absurdité du débat : les primaires désigneront le candidat socialiste, pourquoi les Verts et le Modem y participeraient-ils ? D'autres encore rechignent à

concerne les socialistes, pas le a-t-elle déclaré. centre», Une déclaration qui mérite d'être claire contrairement au flou qui régne au PS sur ses relations avec le centre. Une illusion qui consiste à vouloir faire passer François Bayrou, homme de droite historique et prétendant assidu au hochet présidentiel, pour un partenaire possible d'une véritable gauche de transformation sociale. Balivernes ! Alors même que dans les discours comme dans les actes, le Modem soutient plus qu'il

Aubry cède sur les primaires

Le discours de Martine Aubry fut marqué par le choix d'un autre projet de société «que celui qui fait primer les intérêts particuliers, dévoreurs de l'intérêt général». Une façon de poursuivre la contribution que la première secrétaire du Parti socialiste avait accordée au journal Le Monde ce vendredi 28 août et dans laquelle elle écrivait : «le capitalisme financier n'est pas moralisable par des bons sentiments et poursuit sa route». Elle faisait ainsi référence à l'«insupportable surenchère des rémunérations des traders». Mais malheureusement, chaque discours d'un responsable socialiste est tout de suite contredit par une décision politique prise auparavant et dont une grande partie de la population n'a plus souvenir au bout d'un certain temps. C'est ainsi que Laurent Fabius, à son époque, a favorisé les stocksoptions, autre volet des inégalités salariales. Martine Aubry a ensuite abordé le sujet sensible des primaires. Elle cédait ainsi à la pression de certains «quadras» bientôt «quinquas» d'ailleurs rejoint depuis peu par ceux qui étaient les plus réticents sur cette question à savoir Delanoé et Fabius. Si désormais, le principe des primaires est désormais acquis, les divergences demeurent sur l'application de cette procédure. Benoit Hamon, Bertrand Delanoé, Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Mignard, Pierre Moscovici et Vincent Peillon souhaitent que ces primaires soient élargies à d'autres candidats que ceux du PS et demeurent Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

▼ Martine Aubry : “Je souhaite que nos statuts avancent radicalement dans le non-cumul des mandats”.

▼ Marie-George Buffet : “Ceux qui vont gagner aux régionales et en 2012, sont ceux qui vont mobiliser lʼélectorat sur un projet correspondant aux attentes populaires”.

Le nivellement par le bas

Pour le PCF, le débat sur les primaires éclipse celui sur les réponses de la crise. À Vieux-Boucau où se tenait l'université d'été du PCF, MarieGeorge Buffet a estimé que la réponse de la gauche ne pouvait pas être une réponse tactique, ni celle du plus petit dénominateur commun qui favorisera l'adaptation au libéralisme et le reniement des valeurs de gauche. À l'image de l'Italie où les primaires organisées par la gauche et le centre auront réussi le prodige de placer durablement au pouvoir la droite populiste berlusconienne et néo-fasciste, tout en rayant de la carte la gauche de transformation : plus aucun député de gauche ne siège aujourd'hui au parlement italien. Quel succès ! Une réalité qui n'a pas non plus échappé à Jean-Luc Mélenchon du parti de gauche qui, à Clermont Ferrand, a déclaré devant les siens la nécessité de l'Union de l'«autre gauche». C'est pourquoi, face aux primaires socialistes, qualifiées de «machine à perdre», Jean-Luc Mélanchon propose «un paquet» projetant le Front de gauche aux régionales, aux législatives, à la présidentielle, avec la mise en place d'une structure permanente de coordination. Au Parti socialiste, la cacophonie sur les primaires risque de durer d'autant qu'elles ne sont prévues que pour juin 2011. Dans deux ans. Avec entre temps un congrès, au début de cette année là ! Le sondage Vivavoice Libération paru le 25 août dernier devrait cependant calmer les esprits : pour 60 % des sympathisants socialistes, la priorité du PS doit être de travailler le projet, et pour 39 % seulement résoudre la question du leadership. Cumul des mandats

▼ Olivier Besancenot : “Le PS a renoncé à combattre les institutions antidémocratiques et tente de rassembler une hypothétique majorité électorale sur la base dʼun contenu ne fâchant pas les centristes”.

inclure le Modem dans ce processus de désignation. Ils ont été vite rassurés après la déclaration de la président adjointe du Modem, Marielle de Sarnez qui n'envisage pas que François Bayrou puisse subordonner sa candidature à l'Élysée au résultat d'une telle consultation. «La question des primaires

▼ Jean-Luc Mélanchon : “Le Parti de Gauche veut donner corps à son projet de nouvelle émancipation et de progrès humain”.

n'affronte les politiques libérales, la libre concurrence est le tout marchand par quel miracle pourrait-il œuvrer pour une alternative sociale et écologique. Un tel recentrage préconisé par une partie des socialistes ne pourrait aboutir qu'à affaiblir la gauche et la possibilité d'une alternative authentique. - 13 -

Pour répondre à ceux qui lui reprochent son immobilisme, Martine Aubry a ouvert un autre chantier susceptible de donner satisfaction à la base du PS. La première secrétaire du PS souhaite que les statuts internes avancent radicalement dans le non-cumul des mandats. Même si la mesure ne s'appliquerait qu'après les régionales, elle n'en demeura pas moins comme une petite révolution dans ce parti qui compte des milliers d'élus. C'est également un petit croc en jambe à Arnaud Montebourg qui cumule désormais un mandat de député et de président de Conseil général en Saôneet-Loire. Les modalités de cette mesure restent floues mais déjà grincent de nombreuses dents de cumulards qui vont tout faire pour la limiter à un effet d'annonce. Ils devront faire vite car la consultation des militants sur ce sujet est programmée pour le 1er octobre prochain.

Le projet gouvernemental de créer une taxe carbone en 2010 proposé par un groupe d'experts présidés notamment par Michel Rocard a reçu un accueil plus unanime que le non cumul des mandats. «Cette taxe carbone est inefficace sur le plan idéologique et injuste socialement», estime Martine Aubry qui propose une autre fiscalité verte. Aussitôt, Ségolène Royal, qui avait ouvert le tir vendredi contre la taxe carbone, s'est félicitée que le PS ait changé de position. «Si je n'avais pas parlé, tous les leaders politiques, tous les responsables politiques étaient d'accord pour cet impôt nouveau», s'exclame la présidente de Poitou Charente avec toute la modestie qu'on lui connaitra (voir également édito). C'est vite oublier que le PCF, depuis des semaines, a dénoncé cette invention sarko-rocardienne qui apparait de plus en plus comme un leurre, un mensonge, une injustice de plus. Rassembler sur un projet transformateur

Pour les militants communistes, il n'est nullement question d'attendre 2012 pour riposter à la droite. Toute la question est aujourd'hui de savoir comment la gauche entend répondre à ces attaques et incarner une alternative véritable. Du côté des communistes et de leurs partenaires réunis dans le Front de gauche, le message adressé pour la première fois, lors des élections européennes, ne souffre pas d'ambiguité : la gauche doit se rassembler sur des objectifs de transformation. Le contexte de crise du capitalisme et des politiques libérales devrait être favorable aux forces qui veulent changer de politique. Mais le Parti socialiste, en dépit d'une posture d'opposition à Sarkozy, reste illisible sur la nature de ses propositions. Face à l'offensive relancée par la droite depuis les élections européennes, la gauche sera-t-elle capable d'accomplir sa mission historique, construire une alternative politique à la hauteur. Pour cela, tous les sujets doivent être mis sur la table, un financement des retraites aux institutions, des politiques salariales à la fiscalité, des services publics aux orientations européennes, sans oublier évidemment le problème des alliances. «L'union ne peut naître de la confusion», écrivait Jean-Jaurès en 1904 à propos des déchirements de la gauche. Nul doute que la Fête de l'Humanité sera une excellente occasion de travailler à un projet de changement qui permettra la remise en cause totale des mesures prises par la droite la plus antisociale que notre pays ait connue depuis des décennies. Jean-Michel Humez


page 14:page 14

M N CJ

2/09/09

17:28

Page 1

L

Monde RÉUNION DE L'UNASUR EN ARGENTINE

L'ACCORD MILITAIRE ÉTATS-UNIS-COLOMBIE N'A PAS RÉUSSI À BRISER L'UNITÉ DE L'UNASUR

ES 28 et 29 août, l'UNASUR (Union des nations d'Amérique du Sud) a tenu un sommet exceptionnel à Bariloche en Argentine. Il s'agissait de surmonter une crise éclatant au sein de l'UNASUR à la suite de l'accord militaire entre les États-Unis et la Colombie, qui permettait l'utilisation de 7 bases militaires colombiennes par les troupes américaines. Cet accord permet à la marine, à l'aviation et à l'armée de terre américaine d'utiliser ces 7 bases pour des «opérations mobiles». Or les 7 bases et notamment la base navale de Palanquero entourent le Vénézuéla qui a vu dans cet accord, une menace pour sa sécurité et selon le président vénézuélien H. Chavez une véritable déclaration de guerre. Chavez rappelait son ambassadeur de Bogota. Il recevait l'appui du président Evo Morales, de l'équatorien Rafaël Correa. Une crise majeure éclatait au sein de l'UNASUR, mettant en danger non seulement l'unité de l'organisation fondée le 23 mai 2008, mais son existence. Lors de la réunion annuelle de l'UNASUR, le 10 août dernier à Quito (en Équateur), au cours de laquelle la présidente M. Bachalet laissait la place à R. Corréa, aucun accord n'avait pu avoir lieu, en l'absence du président colombien Uribe. Le 14 août, Uribe annonçait que l'accord avec les États-Unis avait été signé, les tensions s'aggravent. La présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner propose alors un sommet extraordinaire à Bariloche. Cette fois, Uribe, qui avait fait le tour de certains pays de l'UNASUR, accepte de participer. Au cours de la réunion, qui est retransmise en direct dans la salle de presse, un compromis est trouvé. Même si H. Chavez annonce que le gel des relations avec la Colombie demeure, même si la rupture des relations diplomatiques entre l'Équateur et la Colombie depuis mai 2008 à la suite de l'entrée de forces militaires colombiennes en territoire équatorien contre les FARC (forces armées révolutionnaires colombiennes) est toujours consommée, l'unité de l'UNASUR a été sauvegardée et s'est même renforcée. La crise a fait apparaître non seulement la soumission de la Colombie aux États-Unis mais surtout les prétentions des États-Unis à maintenir voire à rétablir une hégémonie de plus en plus contestée sur l'Amérique. Ceux qui nourrissaient des illusions sur le changement promis par Barack Obama doivent reconnaître leur erreur. Le président brésilien, Lula, qui avait invité Barak Obama à venir s'expliquer devant l'UNASUR n'a reçu aucune réponse. Les États-Unis avaient dépêché le jeudi un envoyé spécial pour expliquer leur position aux Argentins. Du plan Colombie à l'installation des 7 bases

Sous le prétexte d'aider la Colombie à combattre les narco-traficants et le terrorisme, les États-Unis avaient signé le plan Colombie : les «conseillers» militaires américains encadraient et formaient l'armée colombienne et avaient incité le gouvernement colombien à utiliser des herbicides puis-

sants (la multinationale Monsoto, notamment, en tirait bénéfice) par fumigation mettait en danger la santé des paysans, poussés à l'exode. Dans la stratégie de G.W. Bush, ce plan visait aussi à obtenir l'appui des pays voisins et surtout à contrôler l'Amérique du Sud. Or, cette stratégie a échoué. Quant aux objectifs soidisant poursuivis : le trafic de drogue n'a nullement été démantelé. Lors de la réunion de Trinidad-Tobogo suscitée par l'OEA (organisation des États américains), Barak Obama avait déclaré rompre avec la politique de son prédécesseur et renouer des liens avec tous les pays d'Amérique latine. Or, on constate une continuité de la politique américaine et même une aggravation. Le coup d'État du Honduras, dénoncé du bout des lèvres par Barak Obama, n'a pu être réalisé qu'avec l'appui de la CIA et des militaires américains de la base proche de Téguigalpa. Pour justifier la demande d'utilisation des 7 bases colombiennes, les ÉtatsUnis invoquent la nécessité de lutter

giques, les États-Unis s'appuient sur les pays alliés, Pérou et surtout Colombie et essaient de semer la division, cherchant à isoler les pays révolutionnaires, Vénézuéla, Équateur, Bolivie. Pour dénoncer les objectifs des ÉtatsUnis, H. Chavez, au cours de la réunion du 28 août, a montré le Livre Blanc du département de défense américain sur la stratégie de commando de mobilité aérien (AMC) dans lequel ce dernier estime que la base de Palanquero permettra une «meilleure mobilité» de ses forces. Le Livre Blanc figure sur internet en Colombie. Ajoutons que la IVe flotte américaine, qui avait été active au temps de la guerre froide, évolue de nouveau au large des cotes brésiliennes (non loin d'un gisement pétrolier off-shore que doivent exploiter les Brésiliens). Les réactions des pays de l'UNASUR

L'UNASUR a été créé le 29 mai 2008 à Brasilia. Douze pays ont ratifié le

ment aborder une fois pour toutes la situation des États-Unis afin qu'ils définissent quelle sera leur relation sur le continent... Nous ne pouvons accepter qu'en plus de nous exporter la crise économique et la grippe A, maintenant ils nous imposent une situation de belligérence dans la région». Avant la réunion du 28 août, Evo Moralès a annoncé qu'il allait demander d'organiser un référendum des peuples d'Amérique du sud sur l'existence des bases américaines en Colombie. Dans une de ses réflexions publiées par le journal du PC Cubain, Gramma, Fidel Castro qui dénonce les bases militaires en Amérique centrale et dans les Caraïbes (Honduras, Salvador, Belize, Guantanemo à Cuba, Antiga, Barbade, Porto Rico, Haïti) sans compter dans le sud les îles Malouines à la IVe flotte, démontre que l'action des États-Unis est dirigée contre la révolution bolivarienne. Et au cours de son périple, Uribe n'a guère convaincu ses partenaires.

Les présidents du Surinam Ronald Venetiaan, de Colombie Alvaro Uribe, du Brésil Ignacio Lula Da Silva, de l’Equateur Rafael Correa, d’Argentine Cristina Kirchner, de Bolivie Evo Morales, du Chili Michelle Bachelet, du Paraguay Fernando Lugo et du Vénézuéla Hugo Chavez posent devant les photographes lors de la réunion annuelle de l’UNASUR à Quito (Equateur) le 10 août dernier. (Photo AFP)

contre le trafic de drogue, le trafic des armées, la prolifération d'armes de destruction massive, le terrorisme, l'immigration illégale et les catastrophes naturelles... Il est douteux qu'il faille la marine, l'aviation, les blindés pour mener ces luttes. Dans ces bases, les militaires et les civils américains ne seraient soumis ni aux lois colombiennes, ni à la justice colombienne. En fait, l'objectif des États-Unis est double : économique et stratégique. 1 - économique : selon H. Chavez, les États-Unis visent les champs pétrolifères de l'Orénaque (l'une des réserves mondiales les plus importantes) et au delà le pétrole et le gaz des autres pays d'Amérique latine, et même les réserves d'eau. 2 - stratégique : réinstaller l'hégémonie des États-Unis qui a été battue en brèche. Au début des années 1990, les États-Unis avaient des bases dans presque tous les pays d'Amérique du Sud, y compris le Brésil et l'Argentine, mais ils ont perdu ces bases : la base de Manta en Équateur, l'une des plus importantes, a été évacuée sur demande du gouvernement équatorien en 2009. Reste la base non permanente mais terrain de manoeuvre au Paraguay et dont le président d'Uruguay, un modéré pourtant, T. Vasquez demande la suppression. Reste aussi une base au Pérou. Pour atteindre ses objectifs straté-

traité de Brasilia : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l'Uruguay et le Vénézuéla. Il s'agit d'un processus d'intégration de ces pays dans un ensemble économique, politique, voire militaire. Les préoccupations environnementales ont été intégrées au traité. Les institutions comprennent une présidence tournante (M. Bachelet, puis depuis le 10 août R. Correa) un secrétariat permanent à Quito Équateur) des réunions semestrielles des ministres des affaires étrangères et de défense, un Parlement sud-américain composé pour l'instant de membres des Parlements nationaux à Cochabamba (Bolivie). L'UNASUR réunit des pays de la gauche révolutionnaire, des pays de la gauche modérée ou social-démocrate, des pays conservateurs (Pérou-Colombie). L'UNASUR n'est donc pas un ensemble homogène mais vise à assurer la puissance sud-américaine face à «l'Empire» étatsunien et à l'Europe d'où l'opposition à l'accord américano-colombien qui risquait de destabiliser cet ensemble. Hormis le Pérou, tous les États ont manifesté leur opposition plus ou moins forte à cet accord. Au cours de la réunion du 10 août, C. Kirchner a déclaré : «Il faut claire- 14 -

La réunion de l'UNASUR

Chaque président est intervenu pour donner son point de vue. Uribe s'est évertué à défendre l'accord en prétendant qu'il ne portait pas atteinte à la souveraineté de la Colombie, que les seuls objectifs étaient la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme (les FARC), que le plan Colombie n'avait pas destabilisé la région et qu'il lui fallait défendre ses frontières. Alain Garcia, le président du Pérou, l'a soutenu. Pour Evo Morales, «il n'y aura de paix en Amérique du sud que lorsque les États-Unis ne seront plus sur le territoire». Sceptique sur les intentions américaines, le président Lula a demandé à la Colombie de garantir que l'équipement et le personnel ne puissent être utilisés à d'autres buts que ceux qu'elle a déclarés. «L'accord ne l'interdit pas et qui n'interdit pas permet» a-t-il dit. Il a donc demandé un bilan du territoire et un accès du conseil de défense de l'UNASUR aux contrats de coopération militaires. Plus diplomate, peut être après son entretien avec l'envoyé spécial des États-Unis, le sous secrétaire d'État adjoint Christopher Mac Mullen. C. Kirchner a appelé à «définir une doctrine sur la façon dont l'UNASUR devra considérer l'installation de

bases d'un pays qui ne fait pas partie de l'Amérique du sud sur l'un de nos territoires». Auparavant, H. Chavez avait estimé que l'accord États-Unis-Colombie masquait «une stratégie globale de domination des États-Unis». Dans la résolution finale adoptée au sommet, il est écrit : «Les chefs d'État et de gouvernement de l'UNASUR décident de demander à leurs ministres des relations extérieures de tenir une réunion extraordinaire lors de la 1ère quinzaine de septembre prochain afin d'élaborer un projet d'une plus grande transparence des mesures développant la confiance et la sécurité de manière complémentaire aux instruments existant au sein de l'OEA (organisation des États américains) incluant des mécanismes concrets de mise en oeuvre et de garantie pour tous les pays applicables aux accords existants avec des pays de la région et extrarégionaux, applicables aussi au trafic de drogue, au trafic illicite d'armes et au terrorisme conformément à la législation de chaque pays. Ces mécanismes devraient contenir les principes du respect de la souveraineté, de l'intégrité, et inviolabilité territoriale et de la non-ingérence dans les affaires internes des États... La présence de forces militaires étrangères ne peut pas avec leurs moyens et leurs ressources liés à des objectifs propres, menacer la souveraineté à l'intégrité d'une quelconque notion sud-américaine et en conséquence la paix et la sécurité de la région». Ainsi les États-Unis (et la Colombie) ont obtenu qu'il n'y ait pas expressément fait mention des bases américaines. Ils ont aussi obtenu une allusion de l'OEA, organisme qu'ils contrôlent plus facilement et qui apparait concurrencée par l'UNASUR où ils ne participent pas. En revanche, le conseil de défense de l'UNASUR pourra inspecter les bases mises à disposition. Les ministres sont invités à étudier les accords de coopération États-UnisColombie ainsi que le Livre Blanc. Tout en restant vigilants, le Vénézuéla et l'Équateur ont obtenu des garanties surtout l'UNASUR sort renforcée de la réunion. Les Colombiens ont tenté de comparer leurs accords avec ceux du Vénézuéla passés avec la Chine et la Russie. Or, comme l'a affirmé H. Chavez, il s'agit d'accords pour l'achat de matériel militaire, rendu nécessaire par le refus des ÉtatsUnis de fournir le matériel d'entretien et selon Chavez «il n'y a pas de bases chinoise ou russe au Vénézuéla et il n'y en aura jamais». La veille du sommet, une manifestation était organisée par des syndicats, des organisations de défense des droits de l'homme à Bariloche contre l'utilisation par les troupes américaines de sept bases en Colombie. «C'est une manifestation pour la paix et le retrait des troupes américaines du continent. Nous voulons l'unité de l'Amérique latine» a expliqué un syndicaliste. À cette manifestation s'étaient joints les Indiens Mapuchos (10 % de la population du Chili, 4 % de l'Argentine) qui se battent pour la récupération de leurs terres et leurs droits. La question sociale fait aussi partie des préoccupations de l'UNASUR. Liberté 62 n°877 - Le 4 Septembre 2009

Liberté 62 877  

liberté 62 n°877 en ligne

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you