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ASSEMBLÉE DU PCF À SALLAUMINES

“S’ATTAQUER RÉSOLUMENT AUX PROJETS DESTRUCTEURS DU GOUVERNEMENT ET DE LA DROITE” 128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

€ - N°876 DU V ENDREDI 28 A OÛT AU J EUDI 3 S EPTEMBRE 2009


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Événement RENCONTRE D'ÉTÉ DU PCF AU PARC DELEURY À SALLAUMINES M N CJ

Hervé Poly : "S'ATTAQUER RÉSOLUMENT AUX COUPS BAS ET AUX PROJETS DÉSASTREUX DE SARKOZY" Il n’y a pas de congé pour l’activité politique, pas plus d’ailleurs que pour la majorité des habitants de notre région. Comme chaque année, c’est en été que tombent les mauvais coups. Plus de 200 personnes ont répondu à l’invitation de la fédération du PCF, ce qui est une gageure en soi. Aujourd'hui, nous faisons le constat : la politique du gouvernement Fillon frappe directement les familles ; l'arrogance et le mépris du patronat et de l'Élysée sont sans limite. Semaine après semaine, Nicolas Sarkozy et ses ministres s'en prennent à des pans entiers de nos acquis et droits essentiels : retraites, sécurité sociale, droit du travail, services publics. Le candidat à la présidentielle M. Sarkozy avait “promis” la relance de la consommation par l'augmentation du pouvoir d'achat, la revalorisation des retraites. Sarkozy a accordé des milliards d'exonérations fiscales pour les grandes fortunes et que dire des aides directes données, sans aucune garantie, aux banques. Force est de constater que le gouvernement multiplie les cadeaux aux plus favorisés et applique la feuille de route du grand patronat en cassant l'emploi, les fonctions publiques (hôpitaux, collectivités territoriales...). Il sacrifie l'avenir de notre département en supprimant des milliers de postes d'enseignants, les services publics de proximité. C’est sous le signe d’une rentrée offensive que s’est tenue, le 20 août dernier, au parc Deleury de Sallaumines, la rencontre du PCF autour d’un barbecue convivial. Au-delà de cette rentrée, c’est tout l’avenir qui est posé et cet enjeu ne peut laisser personne indifférent. Aussi, ce débat s’inscrit dans une démarche de confrontations des idées, des expériences, des réflexions et des pratiques et en souligne l’acuité face au capital financier. Le gouvernement actuel veut céder les biens de la Nation aux appétits financiers et tout marchandiser. Pour les communistes du Pas-de-Calais, cette rentrée 2009 se situe à un moment charnière, à l’heure des rassemblements contre la politique de la droite, à l’heure de la mobilisation. Devant l’obstination de la droite et du Medef, il s’agit de créer un rapport de forces décisif. La vie des hommes ne doit pas suivre les courbes de rentabilité ; la mauvaise gestion des entreprises n’est pas à imputer à ceux et celles qui produisent les richesses dans un domaine où la concurrence favorisée par les lois du marché fait des ravages. A Sallaumines, on notait la présence de nombreux élus, maires, conseillers généraux, les secrétaires de la Fédération du PCF, Alain Bocquet, député du Nord et de nombreuses sections communistes. L’intervention de Hervé Poly, secrétaire de la fédération du PCF, a été particulièrement applaudie. (Lire ci-dessous). P.P.

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O T R E combat commun i s t e contre la remise en cause des droits fondamentaux qui touche en particulier les classes populaires, les ouvriers ou les employés les plus précaires est plus que jamais d'actualité. Avec ce premier été depuis lʼentrée en crise financière et économique de la fin 2008, nous pouvons constater que la précarité des vacances ou lʼexclusion des vacances est encore plus criante. Plus d'un Français sur 2 a été privé du droit aux vacances. Chaque jour, nous mesurons les difficultés du pouvoir dʼachat et la misère grandissante dans toutes les initiatives populaires que nous avons. Malgré la hausse de 20 % des dépenses élyséennes, le gouvernement est toujours aussi pingre pour notre peuple. Pas de coup de pouce pour lʼallocation de rentrée comme il nʼy a pas eu de coup de pouce en juillet pour le Smic. Mais cʼest aussi lʼannonce dʼune nouvelle hausse, de lʼélectricité de prés de 2% ! Un mot sur la rentrée scolaire : les conséquences des 13 500 postes fermés à la rentrée et lʼassouplissement de la carte scolaire, fermetures de classe en primaire ou les pénuries de place dans les collèges ou les lycées. Notre région est une nouvelle fois sacrifiée. Dans un été meurtrier pour lʼemploi, la question de la réaction syndicale à la hauteur de la brutalité des coups est aujourd'hui posée pour combattre et débattre de la défense de lʼemploi et de lʼindustrie, La fête de lʼHuma doit être un rendez-vous populaire de toutes les résistances, de toutes les luttes face à la crise du capitalisme et face à la politique de Nicolas Sarkozy.

Un gouvernement qui agit et mène une bataille idéologique multipliant présence sur tous les terrains, sur tous les dossiers, jouant le ressort de lʼaffectif, de lʼémotif , droite décomplexée vis-à-vis dʼune gauche battue aux élections européennes et se déchirant au PS : La droite comptant les points et se permettant dʼaller au secours de Martine Aubry ! Où va ton ? Les Projets de la rentrée du gouvernement :

Les mauvais coups de cet été, dans notre département dans notre région, en France, la liste est longue : Ce qui caractérise ces dernières semaines cʼest la multiplication des plans sociaux ou les annonces pour la rentrée. Un mois de juillet et Août où partout en France, des salariés sont confrontés aux plans de licenciements. Sanofi a rejoint la situation sociale très grave de cet été : alors que le groupe européen affiche des profits considérables (7,18 milliards dʼeuros au premier semestre, bénéfice net par action de 23,1%), des centaines dʼemplois sont menacés à Montpellier ou à Aramon dans le Gard par un plan dʼéconomie de 2 milliards. 1300 emplois en France 850 chercheurs. Dans la recherche, il prévoit la fermeture de 8 sites dans le monde dont 4 sur 14 en France. Je ne vais pas toutes les citer mais : Départ en congés des salariés des sites Delphi Steering sous le choc de lʼannonce de général Motors : 400 emplois en jeu chez lʼéquipementier. Inquiétude chez Air France : possibilité de plan social à la rentrée et de recourir au chômage partiel. Sarverglass à St Omer ou encore l'avenir même de la cristallerie d'Arques. La première victoire des Molex où lʼon écarte les syndicats qui se battent depuis de long mois pour le maintien du site pour favoriser la délocalisation et éviter un possible repreneur. Au nom de la crise financière, le grand patronat, les marchés financiers avec la complicité de la droite prépare un champ de ruines pour notre industrie : La vraie pandémie qui nous guette cʼest celle des restructurations, des délocalisations. Et en matière de santé, la violence capitaliste fait plus de morts que la grippe H1N1.

La place de lʼAutomobile

Alors que fin juillet, Christine Lagarde et Christian Estrosi, ministre de lʼEconomie et celui de lʼindustrie rencontraient les constructeurs automobiles pour exprimer un satisfecit de leur plan de sauvegarde, la situation dans lʼAutomobile est alarmante: les ventes certes sʼaméliorent, les groupes PSAet Renault regagnent du terrain sur le marché français mais la production est en berne dans les entreprises françaises. Elles ont opéré un discret ralentissement de la production en France qui délocalisent pas seulement les usines terminales à lʼEst mais également des fournisseurs, équipementiers : sous couvert de la crise. Bosal à Béthune en est un exemple criant. Avec lʼaide des fonds publics, la reprise se fait contre lʼemploi et la création de richesse en France. (…) Alors que les banques jouissent dʼun plan de sauvegarde de lʼEtat de 360 milliards dʼeuros, dans un été meurtrier pour lʼemploi où des salariés se battent pour obtenir quelques milliers dʼeuros de primes de départ, où nombre de PME clientes de la BNP Paribas font ceinture, où nombre de salariés ou de familles sont étranglés par des bas salaires, certains sabrent le champagne au bord de leur piscine ou sur leur jet privé et continuent à se faire du gras ! Face à cette situation écoeurante, notre parti doit être à la hauteur des enjeux. Nous avons à faire face à une cohérence des projets gouvernementaux, à une véritable propagande idéologique. Nous avons donc en face de nous une droite décomplexée, offensive idéologiquement et qui marque des points. Le secrétaire général de lʼUMP, cela ne vous a pas échappé, sillonne la France avec une caravane pour que son Parti tourne à plein régime. -2-

Taxe carbone «consensuelle» qui va peser sur la facture de chauffage et le carburant. Taxe carbone : que «lʼUFC Que Choisir» déclare : le retour de la taxe sociale avec le hold-up de prendre dans la poche des salariés ce qui va être donné avec la suppression de la taxe professionnelle. La volonté du gouvernement s'est de faire payer les ménages en exonérant les entreprises. Projet aujourd'hui de taxe carbonne concocter par le père de la CSG le fameux Michel Rocard. Battage médiatique de la grippe H1N1

Premier plan social dans la fonction publique et en particulier dans la santé. Attaques contre les collectivités territoriales, et campagne démagogique contre les dépenses publiques (- 30 % dʼélus qui coûtent trop chers). Dans les tablettes, une éventuelle reforme des prudhommes. La Poste : le conseil des ministres de la fin juillet qui a examiné le changement de statut de la Poste avec un projet de loi déposé à lʼAssemblée nationale à la rentrée autour de deux axes : la transformation de la poste en société anonyme et la transposition de la directive européenne de février 2008 qui libéralise le marché du courrier. Le gouvernement affirmant que

cʼest la deuxième qui justifie la première. Les mêmes logiques ont conduit à la privatisation de France Télécom et plus tard de GDF. Depuis lʼannonce de changement de statut par le gouvernement et reporté après lʼElection européenne, la ligne du gouvernement est restée constante : rassurer personnels et usagers, convaincre quʼil ne sʼagit pas dʼune privatisation et tout faire pour casser le parallèle avec sa cousine France Télécom. Quand un établissement public est transformé en SA, le passage est immédiat vers une logique de marché, de rentabilité. CGT, SUD, FO et la CFTC face au lancement de la privatisation de la poste organisent une journée nationale dʼaction de grève et de manifestation pour septembre, sur fond de suppressions dʼemplois (10 000 en 2007, 7000 en 2008 et pour 2009 un départ à la retraite sur 5 non remplacé). En parallèle, le Comité National contre la privatisation de la Poste, qui réunit ces syndicats et plus de 80 associations et partis de gauche, organisera une consultation nationale le 3 octobre pour permettre aux usagers de dire NON au changement de statut : avec l'Adecr, nous allons réunir nos élus le lundi 7 septembre pour organiser la bataille contre cette privatisation. Je nʼai pas évoqué les questions internationales qui sont également très riches, le bourbier afghan, lʼexigence de la libération de lʼotage française en Iran et de Salah Hamouri. Un dernier point celui de notre bataille de fond contre les dégâts que génère la société capitaliste. Nous avons décidé face à l'ampleur de la situation sociale et économique que subit notre région d'organiser à Lille avec nos camarades du Nord une grande manif dans la capitale régionale le samedi 17 octobre prochain.”

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Événement

ALAIN BOCQUET, "UN MARX ET ÇA REPART" M N CJ

Un livre politique à lire en cette rentrée, les repères n'effacent pas les interrogations légitimes pour demain

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Alain Bocquet, député, maire de Saint-Amand-les-Eaux, a présenté, lors de la rencontre des communistes du Pas-de-Calais à Sallaumines, son livre retraçant quarante cinq ans de sa vie militante, avec un titre à l'allégorie forte, "Un Marx et ça repart". Il a dédicacé sur place une cinquantaine d'exemplaires. Un succès de librairie, en plen air, en quelque sorte. "Liberté 62" publiera prochainement un entretien avec Delphine Watiez, co-auteur.

'EST, 'EST à l'évidence, la vie elle-même qui alimente les conditions du combat, détermine les engagements, force à aller de lʼavant. Cette détermination de lʼengagement, pour Alain Bocquet, prend appui sur le combat collectif, politique, humain. Cʼest lʼespace défini pour “dessiner” le monde de demain, avec la même vibration quʼau début du combat. À partir dʼun tel espace - le monde actuel, la vie de tous les jours, les bonheurs et les désillusions, les échecs, les scores honorables à divers échelons électoraux - lʼidéologie “choisie”, le communisme, est un domaine immense dʼoù la perfection est bannie. Cʼest un éloge à la relation avec un univers entier, celui vu sous un prisme naturel, du rapport de lʼenfant, de lʼadolescent, de lʼadulte, de lʼélu communiste à une région, à un territoire, à un pays. Ce thème rebondit de chapitre en chapitre et ouvre sur des horizons nouveaux, de narration dans la narration. Des relations "intimes" entre différents responsables communistes (Gustave Ansart, Georges Marchais, Arthur Ramette), on apprend la perspicacité à affronter le réel avec des contradictions inhérentes à la vie d'un parti qui a occupé toute la sphère de la société française durant de nombreuses décennies et qui, aujourd'hui, se penche sur son avenir. Contradictions nouvelles et non dépourvues de courage politique ; la "fracture" de 1994 et la nomination de Robert Hue par Georges Marchais lui-même au poste de secrétaire général est aussi dans la pertinence du propos. Tenir compte de ce quʼil sʼy passe et prendre parti. La réflexion entamée, depuis des années, par Alain Bocquet, dans le sillon de la société française, (dans un monde qui est tout sauf un conte de fées), se poursuit. Sans faire de conces-

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Édito

L est une ritournelle qui marque les esprits et semble fissurer le blindage des convictions anticapitalistes les plus solides.

Cette ritournelle en usage dans tous les médias consentants ou à la botte, est maintenant bien rôdée : «Sarkozy, lui au moins, il essaye de faire quelque chose contre la crise. La gauche (où ça ? où ça ?), elle nʼa aucune proposition, elle est divisée, dépassée, et les nombrils de ses chefs constituent ses seuls centres dʼintérêt…».

Fermez le ban : tout est dit. Tout est fait pour désespérer le peuple, le faire se recroqueviller sur ses souffrances. Tout juste de temps en temps une embellie est-elle

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sions, l'homme est jovial et pudique. Son "réseau" relationnel est à la hauteur des enjeux nouveaux. Ce nʼest pas une particularité formelle, le contenu de la fonction est déterminant. Alain Bocquet est "respecté" dans toute la région et bien au-delà parce que le respect est une vertu. Le manichéisme n'existe plus. "Je combats pour cette bonté générale, multipliée, inépuisable", voilà ce que dit Pablo Neruda dans "le Chant général" cité en exergue dans le livre. Témoignages

Les témoignages nombreux, les analyses sur un parcours politique, de militant de base à la présidence du groupe communiste à lʼAssemblée nationale, nous interpellent. La lecture est agréable. Cela se fait naturellement avec en filigrane la valeur du fond des choses qui correspond à la vie elle-même. La permanence dʼune région comme le Nord/Pas-de-Calais revêt un caractère prioritaire avec une ambition partagée. La présence sur le terrain est un élément entier dans lʼaction, ce nʼest pas une autre réalité. Cela lui permet de donner à lʼadhésion de ses idées une certaine sensibilité à combattre le monde du capital. Delphine Watiez, journaliste, signe ce livre avec Alain Bocquet et y apporte un éclairage intense avec des témoignages, des interviews, des camarades de lutte, ceux d'hier, d'aujourd'hui, ceux qui ont quitté le Parti, (Rémy Auchedé, Philippe Herzog, par exemple) ou ceux qui n'ont pas la même approche de la finalité à atteindre à l'intérieur même du Parti Communiste (Liliane Marchais, François Asensi, Jean-Pierre Brard, Robert Hue, André Gérin, André Lajoinie, Marie-George Buffet ou bien encore Patrick Le Hyaric).

De nombreuses personnalités du monde politique de bords différents, s'expriment dans ce livre : Jean-Louis Debré, Pierre Mauroy, Daniel Percheron... Ce qui permet de prolonger et d'élargir un débat des plus vifs. Le champ social, économique, sportif, culturel, spirituel, illustre de façon sympathique la thématique générale. Mais en définitive, ce quʼon retient cʼest le but, cʼest-à-dire, informer, avertir, rythmer le combat, dénoncer, protester, revendiquer, bousculer les esprits, changer le monde. Cʼest aussi cela le respect des gens et la mise en pratique des engagements. Énergie dans la narration

Lʼénergie de la narration en découle. Lʼorganisation, la construction dʼun travail et, notamment, la fonction élective, s'insèrent dans ce collectif qu'est le Parti commu-

niste. La synergie entre vie/actions politiques est réelle. Elle répond à une constante dans le temps et lʼespace ; la trame du livre recouvre des interrogations, bien évidemment, sur la démocratie, le parcours, le "mystère" de la montée dans la hiérarchie, les relations avec les femmes et les hommes, la force de la fédération du Nord, la rivalité historique avec le Parti socialiste, la signature et les conséquences du Programme commun (1972), la présence des ministres communistes (19811984), (1997-2002). La référence au "système décisionnel" de l'URSS est pour le PCF un pan entier de son histoire. C'est ainsi. Aujourd'hui, le recul est profitable à l'Histoire. Lʼexercice délicat du travail de Delphine Watiez sʼest articulé sur le fourmillement précis des propos et des réflexions d'un homme politique qui "n'abuse pas de confi-

dences". La méthode de travail pratiquée pour l'écriture du livre (plus d'une année de rencontres multiples) rebondit sur la vison singulière que lʼon a de la vie dans le Nord et le Pas-de-Calais avec ses implantations ouvrières fortes (sidérurgie, textile, mines), ses universités, son tissu culturel, ses clubs sportifs. "Un Marx et ça repart", un matériau singulier dans le panorama politique de la France contemporaine. Le sens de la responsabilité (y compris de lʼautre) est posé ; le retour de Marx, aussi. Beaucoup plus qu'un portrait, c'est un livre politique à lire en cette rentrée 2009. Ni caricature, ni sacralisation, un livre où les repères n'effacent pas les interrogations légitimes pour demain. Un livre utile pour les débats. Pierre Pirierros

Lors de la dédicace à Sallaumines (Alain Bocquet, Delphine Watiez, "Un Marx et ça repart", (506 pages) éditions "Le Cherche Midi", collection "documents" ; 19 euros.) Photo Liberté 62.

RÉSISTER AU POISON DE LA FATALITÉ

annoncée, comme cette croissance - oh ! miracle ! - de zéro virgule quelque chose, «que le gouvernement nʼattendait pas à ce niveau-là», tandis que sʼorganise le désert industriel en France et dans notre région.

Ou encore, à mourir de rire à défaut de la grippe porcine, et si ça nʼétait autant révélateur de cynisme et de mépris pour qui essaye de défendre son emploi en gardant quelques certitudes anti-capitalistes : «les opérations et les bonus des traders seront contrôlés. Comme ce sont des humains, les traders peuvent faire des erreurs et se laisser aller à leur passion; mais désormais ils pourront être soumis aux malus».

Pour un peu, les Molex en verseraient une larme, et nous avec si nous nʼétions pas asséchés en cet été meurtrier… les fortes chaleurs… la taxe carbone (un malus pour tous et surtout pour «les petits», concocté comme la CSG par Rocard, une espèce de dinosaure très sensible au réchauffement climatique et à la suppression de la TP pour les entreprises)… le travail du dimanche et bientôt de nuit, comme en Angleterre… la baisse de la TVA pour les restaurateurs (50 % ne lʼont en rien répercutée et autant, dit-on, ont adhéré à lʼUMP qui nʼa pas manqué de leur rappeler que cʼétait là une promesse à 3 milliards dʼeuros brillamment tenue par le chef Sarkozy ; quant aux salariés, «ils ne faut pas quʼils se montrent impatients de -3-

voir leurs salaires et leurs conditions de travail améliorés»)…

Cette année, et encore dernièrement, Sarkozy a reçu les banquiers 7 fois. Est-ce que ce chiffre portebonheur est annonciateur de la grande moralisation du capitalisme ? Ah ! il sʼen donne notre président, au point même dʼen attraper mal au cœur !…. Trop de passion, vous dis-je, comme les traders…

Au fait combien de fois notre président a-t-il reçu les enseignants cette année, avant de leur asséner un malus de – 30.000 postes encore supprimés ?

Bon ! Il faut garder espoir ! Et cʼest déjà agir que de résister et de ne pas cultiver la débandade idéolo-

gique, comme le spécialiste Peillon, irrésistiblement attiré par le Modem et Robert Hue. Cʼest la question du rassemblement de la gauche qui se pose : contre le capitalisme, prédateur et pourrissant tout ce quʼil touche. Les propositions alternatives ne manquent pas pour changer la ritournelle. A nous de porter ces propositions dans les prochains rendez-vous dʼactions unitaires : le 3 octobre contre le changement de statut de la Poste ; le 17 octobre, à Lille, lors dʼune manifestation régionale pour la dignité et lʼemploi ; et dès la rentrée, aux portes des établissements scolaires, contre la mise à sac de lʼEducation Nationale. Jean-Louis Fossier


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Événement UNE JOURNÉE POUR LE DROIT AUX VACANCES M N CJ

ÉNORME SUCCÈS DE LA 15ÈME JOURNÉE À LA MER ORGANISÉE PAR LES COMMUNISTES DE L'OISE Rencontre fraternelle avec le Pas-de-Calais

«B

ERCK, l'une des p l u s belles plages de la Côte d'Opale, avec ses 12 km de sable fin, son phare haut de 40 mètres, son musée marin, ses rues animées». Le charme annoncé d'une journée à la mer, d'une rencontre avec le Pas-de-Calais aura joué à plein ce samedi. Il y a des journées où tout sourit. Berck souriait aussi ce samedi, heureuse et fière d'accueillir parmi ses dizaines de milliers d'estivants et sous un soleil resplendissant pas moins de 1500 vacanciers d'un jour, descendus de 29 bus affrêtés par la Fédération de l'Oise du Parti communiste français. Le scénario est à chaque fois le même. Le bus s'arrête sur le front de mer à proximité de l'espace dressé par les communistes de l'Oise (drapeaux du PCF au vent). Ses occupants, en tenue du jour multicolores, sont immédiatement accueillis, invités à partager le pot de l'amitié (amené par le responsable du bus) et les mots d'espoir égrenés au micro par Marc Georges, secrétaire fédéral. Message compris. C'est pas peu fiers que les vacanciers d'un jour

se fondent dans la foule des promeneurs. Et les enfants ne sont pas les derniers à tirer par la main leurs parents sur la plage : eux aussi ont droit au sable fin et à la mer. Pour Thierry Aury «la réussite de cette journée est totale. Les résultats dépassent nos espérances. Nous avons dû affrêter des bus jusqu'au dernier moment : 1200 participants l'année passée, 1500 cette année. Cela montre bien les difficultés rencontrées par les gens». Les communistes de l'Oise sont particulièrement sensibles à l'accueil reçu dans le Pasde-Calais. Le maire de Berck (PS), Jean-Marie Krajewski, vice-président du Conseil général, est venu en personne les saluer accompagné d'une large délégation municipale Marie-Claude Lagache, Vincent Lenna, Annie Delattre, Alain Goillon, Marie-Claude Fontaine, Josette Delaby, Micheline Trépagne, Hélène Hibos, Franck Méresse : Jacky Hénin, député européen, a tenu à être là aussi de même que Brigitte Passebosc, conseillère régionale et Dominique Watrin, élu départemental et secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais du PCF. Un repas fraternel pris ensemble à l'invitation de la section commu-

niste et des élus communistes de Berck, permettra de faire plus ample connaissance et d'échanger sur la rentrée politique. Car cette journée est aussi une journée de résistance et d'action pour le droit aux vacances et à un moment de bonheur partagé. La journée des communistes de l'Oise s'inscrit dans une démarche générale des communistes de France comme en témoigne aussi le succès de la journée des communistes du Nord à Malo les Bains. Thierry Aury résume cela

L

en une phrase : «cette journée illustre à sa manière la façon différente des communistes de faire de la politique, loin de la pipolisation et très proche des aspirations populaires, portant l'espoir d'un monde meilleur et s'attachant à concrétiser du bonheur au présent dès maintenant. Tout cela dit avec la sérénité de celui qui mesure le succès de cette journée pour le droit aux vacances et de cette rencontre fraternelle entre Oise et Pas-de-Calais. Alors à l'année prochaine ?»

UN CARACTÈRE CONVIVIAL

E caractère convivial et de détente de cette initiative estivale nʼa pas empêché quʼon y discute aussi beaucoup «politique» après les interventions faites dans chaque car par les militants communistes accompagnateurs de cette journée : ce fut ainsi lʼoccasion de faire signer de nombreuses cartes postales-pétition à Nicolas Sarkozy pour exiger «lʼaugmentation des salaires et des retraites, des mesures contre les licenciements et les délocalisations, lʼarrêt de la privatisation des services publics». A lʼissue de la journée où plusieurs participants ont décidé de rejoindre le PCF, rendez-vous a été donné à -4-

tous les participants à la Fête de lʼHumanité, dans 3 semaines, les 11, 12 et 13 septembre, pour laquelle les communistes de lʼOise organisent aussi plusieurs cars. Cette journée illustre à sa manière la façon différente des communistes de «faire de la politique», loin de la pipolisation et très proche des aspirations populaires, car sans conteste, cette journée fut bien pour ses participants, «un petit bout de droit au bonheur» concrétisé face aux difficultés de la vie quotidienne. Thierry Aury Secrétaire départemental du PCF Oise

La recette des communistes de Rouvroy Pour Dominique Watrin, secrétaire de section et Serge Leveziel, secrétaire de la cellule Lanvin, présents à Berck, la recette est toute simple. «C'est l'été, les militants ont eux aussi besoin de souffler. Alors nous faisons au plus facile : les deux voyages à la mer (juillet et août) sont annoncés dans le journal de section distribués dans la deuxième quinzaine de juin. Ajoutez une cinquantaine d'affichettes apposés dans la ville, le tour est joué. Les gens viennent s'inscrire massivement dans un café ami de la ville (Le Clary). Cela fait cinq ou six ans que nous organisons ces voyages à la mer (La Panne, Malo les Bains, Bray Dunes...). Cette année, ce sont exactement 225 rouvroysien(ne)s (dont 115 à Berck ce samedi) qui ont répondu à l'appel : des familles avec enfants, des retraités, des jeunes aussi. Nous sommes fiers de permettre à des familles populaires de bénéficier elles-aussi d'une journée de détente et d'évasion. Les gens nous remercient à la descente du bus. Il y a un réel besoin. Cela nous encourage aussi à militer toute l'année pour le droit de tous à une vraie vie».

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Lillers «La fête au cœur»

Événement 24ème FÊTE DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE LES 28, 29 ET 30 AOÛT M N CJ

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Le week-end prochain, le cœur de la ville de Lillers battra au rythme de la 24ème fête de la jeunesse. Trois jours de festivités placés sous le signe de la convivialité, de la solidarité et de la musique. Et une somme de travail considérable abattue par les services organisateurs de la municipalité. Petit détour par ce qui fait l’essence et l’histoire de ce rendez-vous pas tout à fait comme les autres… A grande scène se trouvera de ce coté, les d e u x podiums de part et d’autre de la fête, les groupes accèdent aux scènes de ce côté, l’emplacement des stands des associations se répartira comme suit…», même en conférence de presse, les services de la ville continuent de travailler. C’est qu’on ne chôme pas à Lillers. La fête de la jeunesse, commence ce vendredi… Même si 24 années d’expérience font de la fête un événement bien rodé, il y a toujours des détails de dernière minute à régler. Puis il faut dire qu’à Lillers on ne se repose pas sur ses lauriers. «Nous essayons d’améliorer l’événement chaque année, d’innover…», expliquent d’une même voix Carole Dubois (adjointe au maire, chargée de la Culture) et Karine Gallois (responsable du service animations). La grande nouveauté de cette 24ème édition concerne notamment la soirée du vendredi. Deux scènes seront installées de part et d’autre des allées en plus de la grande scène centrale (1). «Cette année, nous avons sollicité les associations pour qu’elles proposent la programmation musicale du vendredi. Malgré la charge de travail supplémentaire que cela peut représenter, en plus de la mise en place de leur stand, les assos ont répondu présent sans hésitation. La municipalité assurant de son côté la mise à disposition de deux scènes et la technique nécessaire. A la fois un moyen de mettre les artistes qui se produisent au cœur de la fête, d’apporter plus de proximité que sur la grande scène, et aussi une manière de valoriser le travail quotidien effectué par les associations. Cette fête est avant tout celle

de toutes les personnes qui font vivre la commune par leur engagement au jour le jour», commente Carole. Et voilà résumé tout l’esprit de la Fête de la Jeunesse. Un événement plein d’humilité, d’investissement collectif et de fraternité. Pas moins de vingttrois associations représentées. Des associations sportives, musicales, à celles qui invitent un peu plus à la réflexion sur l’actualité comme l’association «Terre d’errance» (2), la CGT Jeunes ou encore le Secours Populaire et tant d’autres. «Nous souhaitons inviter à la curiosité, provoquer la discussion et l’échange. C’est important d’avoir ce moment privilégié, parfois cela permet juste de comprendre». Plus de 20.000 spectateurs en 2008

Et la population est au rendez-vous. L’édition 2008 a accueilli plus de 20.000 spectateurs. Une fête d’autant plus accessible que l’entrée est gratuite, et les organisateurs y tiennent beaucoup. «C’est sûr que c’est un investissement important pour la commune, mais il vaut le coup. Pour certains les concerts de la fête de la jeunesse sont les seuls auxquels ils peuvent assister dans l’année. En plus cela permet de participer à la fête en famille. Nous estimons que nous avons une mission à remplir pour donner l’accès à la culture au plus grand nombre», poursuit Carole Dubois. C’est d’ailleurs pour cette raison que la programmation musicale est aussi diverse. Bien sûr il y a les «têtes d’affiche» que sont notamment cette année Michel Fugain et Pep’s, mais la fête laisse également une large place au terreau régional et aux découvertes. «Le Nord-Pas-deCalais foisonne de groupes talen-

tueux, c’est l’une des régions les plus prolifiques avec la Bretagne au niveau musical», explique Julien de l’association Vibrations. Le tout étant de donner envie aux gens de découvrir, d’être curieux et de sortir des sentiers battus. Et pour cela encore la municipalité fait beaucoup, en décidant notamment de présenter les artistes - «un peu moins connus» participant aux concerts du samedi en conférence de presse. Pas banal. A bien y réflechir, les festivals qui mettent en avant les artistes à découvrir, plutôt que ceux qui sont déjà en haut de l’affiche, ne sont pas nombreux. Mais pour les organisateurs c’est «normal». «Nous pensons que c’est aussi un peu la vocation de la fête. Et parfois nous avons l’agréable surprise de retrouver des talents qui sont passés sur notre scène dans des salles prestigieuses, sans parler de l’aven-

Les groupes Chécha et Buming Lady présentés par la municipalité en conférence de presse.

ture humaine qui est très enrichissante». Et les nombreux souvenirs… Entre têtes d’affiche et découvertes…

Lorsque l’on demande à Carole et Karine d’évoquer les artistes qui les ont marquées, c’est d’abord un grand sourire, et puis besoin d’un peu de temps… 24 ans de programmation, ça en fait du monde (3), puis les noms pleuvent : «Nous avons passé des moments fabuleux avec les Wampas par exemple, ou encore Idir, les Fabulous Troubadours, Yoana, Arno, Hugues Auffray, Adamo, les Suprêmes Dindes. Il y en a tellement… Ah oui les artistes anglais ! Ils sont extras, et d’une gentillesse incroyable. Nous avons reçu The Animals et The Yardbirds en 98, quelques temps après leur passage ils nous envoyaient un mail pour nous remercier une énième fois de l’accueil reçu. Ce qui nous a énormément touchés car nous mettons un point d’honneur à ce que les artistes se sentent le mieux possible chez nous. Nous ne sommes pas des professionnels du Festival, mais nous y mettons tout notre cœur, et les artistes le ressentent. D’ailleurs c’est marrant de voir certains d’entre eux aborder la fête avec un regard curieux. Ils sentent un état d’esprit un peu spécial, et il y en a même qui vont jusqu’à se balader dans la fête (parfois incognito), et prennent le temps de s’imprégner de l’atmosphère qui règne sur ces trois jours». Et les artistes se souviennent de leur passage, foi de Carole ! «Je me rappelle que nous

avions reçu Nicolas Peyrac, et quelques semaines plus tard nous l’avons recroisé sur la Fête de l’Huma, il nous a reconnus et s’est écrié « hey Lillers !», ça nous a drôlement fait plaisir. On se dit que quelque part il a gardé une bonne impression de son passage dans la commune.» Comme souvent lorsque l’on s’engage dans la mise en place d’une manifestation quelle qu’elle soit, il faut de l’énergie, une grosse envie de faire et de bien faire, un peu d’argent aussi, et malgré les petits aléas ou les grosses tracasseries, il en résulte une belle aventure humaine et l’envie de relever de nouveaux défis. Et à Lillers c’est sûr, ils et elles ont la fête dans le cœur et un enthousiasme à toute épreuve qui devrait laisser encore un bel avenir à ce grand rendez-vous annuel. Un enthousiasme qui devrait être récompensé par un grand week-end ensoleillé. Alors n’hésitez pas, la joyeuse équipe municipale de Lillers, les techniciens, les associations, les artistes seront ravis de partager ces trois jours de convivialité avec vous… Pierrette Catrel

1 – les concerts sur la «grande scène» débutent samedi 2 – Terre d’errance est une association créée en janvier 2008 qui a pour but de venir en aide aux migrants de passage à Norrent-Fontes et de sensibiliser la population à leur situation. 3 – la fête de la jeunesse a notamment reçu : The Animals, Parabellum, Pierre Vassiliu, Les Blaireaux, Deportivo, Léo Parlur, MAP, Michal, Hugues auffray, Les Becs bien Zen, les Suprêmes Dindes, Sergent Garcia, Yoana, Louisy Joseph, Nicolas Peyrac ou encore Michel Delpech…

A noter En plus de la programmation musicale que Liberté 62 a évoquée dans son édition de la semaine dernière, sachez que vous pourrez trouver sur la fête de la jeunesse : ● le village des stands associatifs, ● la cité des enfants, avec notamment des structures gonflables, des jeux, ● un concours hippique le dimanche ● une fête foraine Vous aurez aussi le plaisir de croiser des clowns, des artistes de rue et un tas de surprises. Liberté 62 n°876 - Le 28 Août 2009

Carole Dubois profite de tous les instants, pour peaufiner la programmation. (Photos Liberté 62) -5-


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Social USINE TRÈVES D’AY (MARNE)

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RENAULT-DOUAI :

LA MÉGANE COUPÉ-CABRIOLET EN FABRICATION…

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ʼAPRÈS la Voix du Nord, les lignes de fabrication du site de Renault-Douai seraient sur le point dʼentamer le montage de la Mégane III coupé-cabriolet. Modèle qui devrait être présenté lors du prochain salon de lʼautomobile de Francfort. Une bonne nouvelle, espérons-le, après plusieurs semaines de chômage partiel et un contexte très compliqué dans la branche automobile. Rappelons que le site de Douai compte près de 5.000 salariés.

DES CITOYENS PORTENT PLAINTE POUR UTILISATION FRAUDULEUSE DE FONDS PUBLICS

MICHELIN/ SODEMECA-NOYELLES-LEZ-SECLIN

PREMIÈRE RÉUNION SUR LE PSE PRÉVUE FIN AOÛT

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la veille des vacances, Michelin a annoncé la fermeture du site Sodemeca de Noyelles-lez-Seclin, et la suppression des 276 emplois. Le groupe, fabricant de pneumatiques, espère augmenter ses profits en développant notamment des projets en Inde. Dès lʼannonce de la mise en place du plan de licenciements, il était question de proposer une prime de 20.000 euros pour les salariés acceptant de partir sur le site de Clermont-Ferrand, et 2.000 euros en plus des indemnités légales pour ceux qui seraient licenciés. «Inacceptable» pour les salariés qui refusent de se laisser faire. La première réunion concernant le PSE (plan de sauvegarde de lʼemploi) devait se tenir le 18 août, elle a été reportée au 27 août. A suivre…

MOLEX – VILLEMUR SUR TARN

UNE ISSUE FAVORABLE POUR LES SALARIÉS EST-ELLE POSSIBLE ?

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ARDI, ARDI Christian Estrosi – Ministre de lʼIndustrie – recevait deux dirigeants de lʼentreprise Molex pour tenter de sortir de la crise traversée par le site de Villemur-sur-Tarn. Pour la direction de lʼentreprise qui fabrique des connecteurs pour automobiles (en particulier pour PSA), il est hors de question de revenir sur la fermeture du site programmée en octobre prochain. Encore moins de considérer les offres de reprise qui ont été présentées. Et pour cause, les salariés ont appris un peu par hasard que Molex préparait la fabrication des mêmes connecteurs sur le sol américain, la direction étant allée jusquʼà prévenir PSA du risque de grève dans lʼentreprise de Villemur-sur-Tarn. Tout était préparé dʼavance ! Évident donc que le groupe nʼa ni lʼenvie, ni intérêt à sauver le site français. La tension est dʼautant plus forte que la direction a anticipé la fermeture du site pour cause «dʼinsécurité». Le gouvernement mis au pied du mur par la situation explosive sur le site, sʼest donc invité dans la discussion. Pour quelle efficacité ? Cela reste à voir. Rappelons que lʼentreprise avait réalisé un bénéfice de 1,2 millions dʼeuros sur lʼexercice 2008…

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ELON la CGT, ils sont 1.257 citoyens à avoir déposé plainte contre lʼéquipementier automobile Trèves – PTPM (production textile et Plastiques de la Marne), situé à Ay. Une plainte pour utilisation frauduleuse de fonds publics. En novembre 2008, lʼentreprise, touchée par la crise, annonce un plan de restructuration visant à supprimer 40 emplois sur 130 - Une annonce dʼautant plus mal vécue que lʼannée précédente avait vu la mise en place dʼune réorganisation qui avait laissé 153 salariés sur le carreau – En réaction à ce nouveau coup dur, plusieurs salariés ont entamé une grève de la faim. Le préfet intervient alors et un comité de pilotage est mis en place pour plancher sur la viabilité du site. En février, lʼentreprise obtient la titre «dʼéquipementier stratégique», et bénéficie dʼune enveloppe de 55 millions dʼeuros en provenance du Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (1). Le 26 février, une table ronde réunit les partenaires sociaux, les collectivités, lʼEtat et lʼentreprise. Un plan de soutien de lʼactivité y est présenté, limitant la réduction dʼeffectifs à une douzaine de personnes. Ce qui fut alors ressenti comme «un moindre mal». Mais, le 10 avril cʼest la stupeur, Trèves annonce la fermeture pure et -6-

simple du site dʼAy et la délocalisation de la production en Espagne et au Maroc. Un scandale. Les salariés décident de réagir en demandant des comptes sur lʼutilisation des fonds publics indiquant que «le FMEA a pour vocation de préserver lʼemploi, le Président de la République lʼa suffisamment répété, et pas de permettre les délocalisations». Une action soutenue par la mise en place dʼun comité de soutien des contribuables (animé par la CGT), qui a permis aux citoyens de déposer plainte contre lʼéquipementier. 55 millions dʼeuros publics qui tombent à point pour délocaliser !

Pour Michel Dehu, responsable du centre dʼétudes et de recherches économiques et sociales de Champagne-Ardenne, «lʼéquipementier a «profité» de la conjoncture. Cʼest une stratégie qui a été mise en place bien avant la crise économique et grâce à cette manne publique, Trèves a accéléré le processus de restructuration et de délocalisation hors de lʼunion européenne». Selon lui, porter plainte est aussi une manière «dʼalerter les pouvoirs publics pour quʼils assument leurs responsabilités». Les plaintes ont été déposées au Tribunal de Grande Instance de Reims, avant dʼêtre

renvoyées vers le parquet de paris. Lequel a missionné le service Régional de police judiciaire (SRPJ) de Reims pour mener une enquête préliminaire. Malheureusement la procédure risque dʼêtre longue et la fermeture de lʼentreprise pourrait intervenir dans les semaines à venir. Le 14 septembre prochain, la cour dʼappel du tribunal de Reims doit statuer sur la procédure de licenciement économique, annulée en première instance le 3 juillet dernier. En attendant, lʼinitiative des citoyens pourrait faire des petits, car malheureusement les situations comparables à celle de PTPM se multiplient. Et nombre de citoyens ont le sentiment que lʼargent public, leur argent, sert plus à financer la casse des emplois quʼà aider à la reprise industrielle, et cela avec la complicité de lʼEtat.

(1) Lors des Etats généraux de lʼautomobile, organisés le 20 janvier, à Bercy, afin dʼaider la filière automobile confrontée à la crise, François Fillon, Luc Chatel, Augustin de Romanet, Gilles Michel, Carlos Ghosn et Christian Streiff ont signé le protocole dʼaccord de création du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. Doté dʼun montant de 300 M€, abondé à parité par le Fonds Stratégique dʼInvestissement (FSI), PSA et Renault, ce Fonds investit en fonds propres dans les équipementiers stratégiques et contribue à la consolidation et au renforcement de la compétitivité de la filière automobile. Lʼactivité du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles sera intégrée au FSI. La création de ce Fonds sʼinscrit dans le cadre du plan de soutien à la filière automobile, annoncé par le Président de la République le 4 décembre 2008.

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Social AIRBUS-MÉAULTE

LE PROJET ZÉPHYR A OUVERT LA VOIE À LA CASSE DE L'EMPLOI

A tornade “Power 8” souffle partout mais nous prévient la CGT de lʼentreprise “il y eut déjà Route 06 et pour qui savait bien lire les textes dʼalors, nous savions pertinemment que la grande ambition industrielle aéronautique prenait lʼeau de toutes parts. “Méaulte” ne serait plus Airbus mais avec un partenaire éventuel et... la casse de lʼemploi. À partir des débats et des actions, Patrice Pays, délégué syndical CGT, est catégorique, “rien ne sera plus comme avant, car nous rejetons de toutes nos forces, le plan Power 8 tout comme les perspectives de cessions ou de ventes de notre site. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce cas, il y a aussi Saint-Nazaire. Power 8, cʼest la suppression de 10 000 emplois en France, en Allemagne et dans une moinde mesure en Grande-Bretagne, 4300 rien que pour les sites français qui touchent directement les effectifs dʼAirbus, les salariés temporaires in situ. Nous sommes 1300 aujourdʼhui à Méaulte, chiffre auquel il convient dʼajouter les 170 intérimaires (ils sont plus de 300) et 400 emplois de sous-traitants. Au bas mot, “Méaulte” fait vivre 4000 personnes dans un rayon géographique qui concerne une grande partie de la Somme, le sud du Pas-de-Calais. On ne compte plus les entreprises sous-traitantes qui travaillent pour nous. “Méaulte”, cʼest une belle entreprise avec une technologie de très haut de gamme. La direction a présenté

aux organisations syndicales le dossier économique définitif soumis à approbation ; dossier relatif aux consultations relatives à POWER 8 : Pourtant, bien des questions restent sans réponses. La CGT a toujours refusé Power 8 et affirme aujourdʼhui que ce plan

de restructuration et la vente des sites sont des échecs : ce plan nʼa été lancé que pour essayer de faire monter le cours de lʼaction. Briser la jurisprudence

A Toulouse, le tribunal ordonnait en janvier 2006 que les 6.300 sous-traitants soient intégrés dans les effectifs de lʼétablissement et

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votent aux élections avec les 12.500 salariés AIRBUS. La direction dʼAIRBUS, ulcérée, a actionné ses canaux dʼinfluence pour briser la jurisprudence. Le gouvernement, puis le Parlement, nʼont effectivement pas ménagé leur peine : deux tentatives de réforme législative en 2006, toutes deux censurées par le Conseil Constitutionnel.

Cʼest sur le droit de participation des travailleurs à la détermination collective de leurs conditions de travail ainsi quʼà la gestion des entreprises, affirmé dans lʼarticle 8 du Préambule de la Constitution de 1946, que le Conseil Constitutionnel a donné partiellement raison aux salariés. Photos Liberté 62

Pierre Pirierros

LA “LOGIQUE” DE SUPPRESSIONS D’EMPLOI...

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UNE ZONE “LOW-COST”

A CGT sʼest toujours prononcée contre le plan Power 8 qui a supprimé 5 000 emplois au sein dʼAirbus, augmenté les externalisations notamment en zone lowcost, et sʼest exprimée contre le projet Zéphyr qui a vu la création dʼAEROLIA. La CGT sʼest fermement opposée à la filialisation du site de Méaulte, de Saint-Nazaire ville et une partie du bureau dʼétudes de Toulouse. La création de la filiale en Tunisie sera une délocalisation qui se fera au détriment dʼembauches sur le site de Méaulte, du tissu industriel et sous-

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traitants in-situ sur le bassin dʼemploi dʼAlbert. Les salariés concernés ont reçu un courrier leur annonçant le changement de statut au 1er janvier et un cadeau en prime qui se résume à une clé USB, une lampe de poche et un stylo : les salariés ne se leurrent pas sur la volonté de la direction de vendre les sites dʼAEROLIA à terme. La CGT tient à réaffirmer quʼelle défendra lʼintérêt des salariés jusquʼau bout pour sʼopposer à la vente des sites et de rester dans le groupe EADS, voire revenir dans le groupe Airbus.

ÈS lʼannonce de la création des SSD (services partagés), la CGT a dénoncé cette réorganisation «sans queue, ni tête», qui vise à regrouper des fonctions transverses au sein dʼEADS dans le seul but de supprimer des emplois. En interpellant la direction dʼAirbus et dʼEADS, celle-ci a donné comme justificatif à cette réorganisation les objectifs de POWER 8. La CGT reste opposée à la filialisation et appelle à la mobilisation, il est possible de gagner lʼabandon de ce projet ; cʼest à dire le regroupement de Méaulte, Saint-Nazaire Ville et le Bureau dʼétudes Pointe Avant en une nouvelle filiale appelée New-Co. Les 2 200 salariés, qui composeraient cette nouvelle société filiale dʼEADS, seront soumis à la règle du L122-12 (L1224-1 dans le nouveau code), quʼils soient de Méaulte, St Nazaire ou Toulouse. Pas de garanties : au bout de 15 mois, la direction de la nouvelle société peut remettre en cause tous les accords issus de lʼancien contrat de travail. Passer dʼAirbus à une filiale EADS nʼest pas une garantie pour les salariés. Par exemple, à la SOGERMA, TAT SABENA, qui a repris les activités de maintenance et une partie du personnel de SOGERMA, a dénoncé lʼaccord sur le temps de travail au bout de 3 mois seulement. La convention collective peut être différente, la TAT SABENA relève des -7-

transports aériens. Seuls les salaires de base restent inchangés, mais les classifications peuvent être modifiées (transposition en fonction de la nouvelle convention collective). Les nouveaux embauchés ne bénéficient plus des statuts issus de lʼancienne société... Compétitivité Le rapport de lʼAMF (Autorité des marchés financiers) sur les ventes massives dʼactions des dirigeants dʼAIRBUS avant lʼannonce du retard de lʼA380 renforce lʼimpression que ces mêmes dirigeants étaient plus préoccupés par le niveau du cours du titre EADS en Bourse que de la santé générale de lʼentreprise. La seconde raison tient aux destinataires du plan, qui vise à la fois les salariés Airbus et les salariés sous-traitants in-situ. Nicolas Sarkozy, lors de sa visite chez AIRBUS Toulouse en juillet 2007, interpellé par le délégué syndical central CGT qui sʼinquiétait de lʼintégration des sous-traitants dans le plan de suppressions dʼemploi de POWER 8, répondait : "Quand jʼai visité les usines dʼAIRBUS, je nʼai pas vu la différence entre les travailleurs AIRBUS et les travailleurs sous-traitants. Tous doivent participer aux mêmes efforts de retour à la compétitivité dʼAirbus". Par cette simple constatation, Sarokzy confirmait la justesse du combat mené par la CGT devant les Tribunaux pour la reconnaissance de la communauté de travail, fragmen-

tée par les nouveaux modes dʼorganisation des entreprises. Etre salarié sous-traitant chez AIRBUS, cʼest partager les mêmes locaux que les salariés AIRBUS, avoir les mêmes moyens de travail, les mêmes objectifs, les mêmes tâches, être soumis aux mêmes contraintes économiques, se côtoyer parfois pendant des années, mais… ne pas avoir la même paie, ni le même statut, être dans une situation plus précaire, être sacrifié en premier sur lʼautel de la rentabilité. Sur les 10.000 suppressions dʼemplois prévues dans les 4 pays dʼEurope (France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne) 5.000 concernent les "sous traitants prestataires de service internes", bref les "in situ" (Louis Gallois), sans aucun souci de leurs conditions concrètes dans chacun de ces pays. “Le fait que ces salariés ne soient pas salariés de la Société AIRBUS France nʼexclut pas celle-ci de toute responsabilité à leur égard" avait, retenu, avec tant dʼà-propos, le Tribunal saisi par la CGT dès octobre 2005, qui demandait que les soustraitants soient intégrés dans les effectifs dʼAIRBUS à Méaulte et votent aux élections des Délégués du Personnel. Des actions judiciaires menées par la CGT, contre lʼavis des autres organisations syndicales (CFDT, FO, CFECGC, CFTC) ont en effet été intentées dans les quatre établissements dʼAIRBUS.


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ANNONCE LÉGALE M N CJ

RÉSULTAT DE MARCHÉ

DÉPARTEMENT DE PUBLICATION : 59 ANNONCE NO 09-151608

I. II. IV. V. VI. Résultat de marché Section I : Pouvoir adjudicateur I.1) NOM, ADRESSES ET POINT(S) DE CONTACT : Conseil Régional Nord-Pas de Calais, hôtel de Région 151 boulevard hoover, à l'attention de M. le président, F-59555 Lille Cedex. I.2) TYPE DE POUVOIR ADJUDICATEUR ET ACTIVITÉ(S) PRINCIPALE(S) : Collectivité territoriale. Services généraux des administrations publiques. Le pouvoir adjudicateur agit pour le compte d'autres pouvoirs adjudicateurs : non. II.1) DESCRIPTION II.1.1) Intitulé attribué au marché par le pouvoir adjudicateur : travaux de remplacement des châssis des bâtiments A,E,S,R et I au Lycée Valentine Labbé à la madeleine (Bassin 1). II.1.2) Type de marché et lieu d'exécution, de livraison ou de prestation : Travaux. Exécution. Lieu principal d'exécution : 59110 La Madeleine. Code NUTS FR301. II.1.3) L'avis implique : II.1.4) Description succincte du marché ou de l'acquisition/des acquisitions : travaux de remplacement des châssis des bâtiments A,E,S,R et I au Lycée Valentine Labbé à la madeleine (Bassin 1). II.1.5) Classification CPV (vocabulaire commun pour les marchés publics) : 45421000. II.1.6) Marché couvert par l'accord sur les marchés publics (AMP) : Non. II.2) VALEUR TOTALE FINALE DU OU DES MARCHÉ(S) II.2.1) Valeur totale finale du ou des marché(s) : Valeur : 473 650,00 euros. Hors TVA. Section IV : Procédure IV.1) TYPE DE PROCÉDURE IV.1.1) Type de procédure : Ouverte. IV.2) CRITÈRES D'ATTRIBUTION IV.2.1) Critères d'attribution : Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction 1. prix des prestations. Pondération : 80. 2. valeur technique (selon note méthodologique). Pondération : 20. IV.2.2) Une enchère électronique a été utilisée : Non. IV.3) RENSEIGNEMENTS D'ORDRE ADMINISTRATIF IV.3.1) Numéro de référence attribué au dossier par le pouvoir adjudicateur : 2008.132. IV.3.2) Publication(s) antérieure(s) concernant le même marché : Avis de marché Numéro de l'avis au JO : 2008/S238-316252 du 06/12/2008. Section V : Attribution du marché MARCHÉ no : 090146 INTITULÉ : Travaux de remplacement des châssis des bâtiments A,E,S,R et I au Lycée Valentine Labbé à LA MADELEINE (Bassin 1) V.1) DATE D'ATTRIBUTION DU MARCHÉ : 2 juin 2009 V.2) NOMBRE D'OFFRES REÇUES : 4 V.3) NOM ET ADRESSE DE L'OPÉRATEUR ÉCONOMIQUE AUQUEL LE MARCHÉ A ÉTÉ ATTRIBUÉ VANHENIS et Fils, 256 rue de l'Yser, F-59200 Tourcoing. V.4) INFORMATIONS SUR LE MONTANT DU MARCHÉ V.5) LE MARCHÉ EST SUSCEPTIBLE D'ÊTRE SOUS-TRAITÉ : Oui. Indiquer en valeur ou en pourcentage la part du marché susceptible d'être sous-traitée : Inconnue. Section VI : Renseignements complémentaires VI.1) LE MARCHÉ S'INSCRIT DANS UN PROJET/PROGRAMME FINANCÉ PAR DES FONDS COMMUNAUTAIRES : Non. VI.2) AUTRES INFORMATIONS : 473 650,00 dont: Tf : 179 230,00 euros ht Tc1: 33 957,00 euros ht Tc2: 79 279,00 euros ht Tc3: 97 867,00 euros ht Tc4: 83 317,00 euros ht L'Avis implique un marché public - Le présent avis vaut publicité de la conclusion du ou des contrat(s). Conformément aux dispositions de la loi no78.753 du 17 juillet 1978 modifiée, le ou les contrat(s) pourront être communiqués sur simple demande adressée à la Direction des Achats et de la Commande Publique ou consultés sur place sur rendez-vous. Date d'envoi du présent avis au JOUE et au BOAMP : 24 août 2009. Références de l'avis initial paru au BOAMP Parution no : 237 A, annonce no 86 du 6 décembre 2008. VI.3) PROCÉDURES DE RECOURS VI.3.1) Instance chargée des procédures de recours : Tribunal Administratif de Lille, 143 Rue Jacquemars Giélée, F-59800 Lille. Email : greffe.talille@juradm.fr. Tél. 03 20 63 13 00. URL : http://www.conseil-etat.fr/ta/lille/index.shtml. Fax 03 20 63 13 47. VI.3.2) Introduction des recours : Précisions concernant le(s) délai(s) d'introduction des recours : les candidats évincés peuvent introduire un recours pour excès de pouvoir contre la décision de rejet de leur candidature ou de leur offre, ou contre les actes détachables du marché dans un délai de 2 mois suivant notification ou publication de la décision attaquée conformément aux dispositions de l'article R421-1 du code de justice administrative. Les candidats évincés peuvent introduire dans un délai de 2 mois à compter de l'avis de publicité de la conclusion du marché, un recours de plein contentieux contestant la validité du marché ou de certaines de ces clauses qui en sont divisibles. Le code de justice administrative est consultable sur le site www.legifrance.gouv.fr. Pour plus d'informations, s'adresser au greffe du tribunal administratif de Lille. VI.3.3) Service auprès duquel des renseignements peuvent être obtenus concernant l'introduction des recours : VI.4) DATE D'ENVOI DU PRÉSENT AVIS : 24 août 2009.

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Échos région

30ème FÊTE DU PETIT CALONNOIS ET MEETING DIMANCHE 6 SEPTEMBRE

OMME chaque année, elle se déroulera au Parc Calonnix dans le cadre des festivités dominicales, le dimanche 6 septembre à partir de 15 heures, organisée par la section locale du Parti communiste français. Cette année encore, Maxime Grémetz, député de la Somme depuis 28 ans, Calonnois d'adoption, sera accompagné de son suppléant et conseiller régional Jean-Luc Belpalme et bien entendu Jean-Claude Danglot, Hervé Poly, sénateur, secrétaire de la Fédération du PCF du Pas-de-Calais, Cathy Apourceau, conseillère régionale et membre du Comité national et peut être, s'ils arrivent à se libérer, Alain Bocquet et Jacky Hénin que l'on ne présente plus tant ils font partie de la famille communiste. Au programme des réjouissances, outre le meeting, cha-

cun pourra écouter le tour de chant de Valerjan par ailleurs ventriloque ainsi que l'ensemble musical Raymond Joly

dont ce sera la 3ème prestation à Calonnix cet été. Quelques heures agréables en perspective dans une situation loin

d'être réjouissante et qui appelle à une mobilisation rapide des élus et militants communistes.

HÉNIN-BEAUMONT

LE PCF : “LA DÉMISSION D'YVELISE DUFRESNES POSE LA QUESTION D'UN STATUT DE L'ÉLU"

L'annonce de la démission d'Yvelise Dufresnes de ses fonctions d'adjointe à la Jeunesse et aux Affaires scolaires est le signe d'un vrai flottement au sein de l'équipe de Daniel Duquenne et pose un certain nombre de questions.

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ES raisons professionnelles avancées par Mme Dufresnes pour justifier sa démission nous appellent peutêtre à réfléchir sur la place des femmes en politique et sur le statut de l'élu. L'inégalité au sein du foyer devant la répartition des tâches ménagères est un frein majeur à l'engagement des femmes en politique tout comme l'absence d'un véritable statut de l'élu, car s'il est facile à un fonctionnaire d'obtenir une mise en disponibilité ou un temps partiel pour exercer son mandat d'élu, c'est beaucoup plus difficile pour les travailleurs du secteur privé. Dans l'idéal, avec des services fonctionnant correctement, il 128, boulevard Basly 62300 Lens 03 21 74 89 89 Fax : 03 21 74 89 88 E-Mail : Liberte.62@wanadoo.fr

S.A.R.L. D’ÉDITION PRESSE HEBDO SARL au capital de 7.622,45 euros SIR 389 113 333000 22 Banquet Scalbert-Dupont 62300 Lens n°229 100 105 390 • Gérant Directeur de la publication : Hervé Poly • Responsable du Comité de Rédaction : Hervé Poly. Commission paritaire : n°83075 Dépôt légal : ISSN 160-822 X. Publicité : • MULTIPUB, SARL DʼÉDITIONS PRESSE HEBDO au capital de 7.622,45 euros • Comédiance : 32, rue Jean-Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex. Journal dʼannonces légales. Montage et photogravure : Liberté62. Membre inscrit à « Diffusion Contrôle » Bureau de la presse payante : OJD Imprimé à l’imprimerie de l’Avesnois L’Observateur, rue Pierre Charpy à Avesnes/Helpe.

devrait être tout à fait possible de concilier mandat d'adjoint et vie professionnelle. Un adjoint au maire, comme n'importe quel élu municipal, a pour mission d'impulser des choix politiques, décidés collégialement et inscrits dans un programme au service de la population, mais en aucun cas, un adjoint au maire ne doit se substituer à un directeur de service, ce n'est pas son rôle. C'est la raison pour laquelle il est permis de sentir une pointe de critique contenue dans les propos d'Yvelise Dufresnes lorsqu'elle invoque une obligation de 20h de travail hebdomadaire au service de la municipalité pour chaque adjoint. Un adjoint au maire n'est pas un directeur de service et un maire

n'est pas un chef d'entreprise. Il est surprenant que Daniel Duquenne impose ce type d'obligations à ses adjoints. Le nouveau maire devrait plutôt se concentrer sur l'élaboration d'un organigramme fonctionnel qui rende aux adjoints comme aux chefs de service dont la plupart sont dévoués et compétents leur véritable rôle afin que cesse le mélange des genres délétère. Par ailleurs, la démission d'une adjointe un mois seulement après son élection est le signe évident que quelque chose ne va pas dans l'équipe Duquenne. Pas seulement parce qu'Yvelise Dufresnes est adjointe aux affaires scolaires et qu'elle démissionne à trois semaines de la rentrée des classes, une situation qui n'a pas

On s’abonne à Liberté 62 ! Nom : ...................................................................................................... Prénom : ................................................................................................. Adresse : ................................................................................................ .................................................................................................................. .................................................................................................................. Ville : ....................................................................................................... Code postal : .......................................................................................... Signature Durée de l’abonnement :

❐ 1 an ➔ 65 euros ❐ 3 mois ➔ 17 euros

❐ 6 mois ➔ 35 euros ❐ 1 mois ➔ 7 euros

Coupon à retourner à LIBERTÉ 62 128, boulevard Basly - 62300 - LENS (Pour plus de renseignements, faites le 03 21 74 89 89)

l'air d'inquiéter outre mesure Daniel Duquenne. Cette démission qui affaiblit la majorité municipale est révélatrice des forts tiraillements et des premières déceptions au sein de l'équipe Duquenne. Yvelise Dufresnes, militante socialiste historique d'Hénin-Beaumont qui avait d'ailleurs à ce titre signé les accords de constitution de la liste Alliance Républicaine avec les Verts et le MoDem l'année dernière, n'a, à l'évidence, pas démissionné de son mandat d'adjointe sur un coup de tête. Sans doute a-t-elle désapprouvé le rapprochement de Georges Bouquillon avec Jean-Marie Alexandre et le MRC fédéral, fidèle soutien de Gérard Dalongeville ; sans doute n'a-t-elle pas compris les négociations déjà en cours entre Daniel Duquenne et Daniel Percheron pour les prochaines régionales ; sans doute aussi a-telle été très déçue des premières décisions prises par Daniel Duquenne, comme le report du conseil municipal ou la façon dont Daniel Duquenne s'est défaussé de ses responsabilités sur le préfet. Quoi qu'il en soit des vraies raisons qui ont conduit Yvelise Dufresnes à démissionner de son mandat d'adjointe à la jeunesse et aux affaires scolaires au bout d'un mois, cette démission marque déjà la fin de l'état de grâce pour Daniel Duquenne dont le début de mandat est décidément bien décevant au regard des espoirs de changement des Héninois et Beaumontois.

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Calais ORDRE INFIRMIER : LA CGT DU CENTRE HOSPITALIER DE CALAIS

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APPELLE AU BOYCOTT DE LA COTISATION DE 75 EUROS

A mise en place de l'ordre infirmier arrive maintenant dans la phase d'appel à cotisation. Les adresses personnelles de tous les infirmier(e)s de France seront communiquées à l'ordre via les employeurs. Cette disposition, prévue dans l'article 63 de la Loi 2009-879 Hôpital Patient Santé Territoire, fait suite à la demande de certains employeurs d'être désengagés de la responsabilité d'employer des professionnels non inscrits et donc en exercice illégal. 75 euros pour avoir le droit de travailler !

Ces appels à cotisations, 75 euros pour 2009, vont être lancés par département par le biais des conseils départementaux pendant l'été. Pour nombre de professionnel(le)s, ce cadeau de rentrée va être une surprise tant la mise en place de cette nouvelle institution privée est loin de leurs préoccupations. Pour la CGT, l'ordre est même loin de l'intérêt des professionnels de santé et des patients. Cette structure a été créée par le gouvernement pour mettre en place la RGPP (révision générale de politiques publiques) et la loi HPST qui, à terme, entraîneront la privatisation des services publics de santé. La totalité des organisations syndicales représentatives dans le secteur de la santé, sauf la CFE et la CGC, continue de porter, auprès et avec des professionnels le refus des ordres professionnels. Les ordres des Médecins et des Sages-femmes, qui existent depuis 1940, n'ont pas fait la preuve de leur efficacité pour l'amélioration des prises en charge ou sur un contrôle efficient

Déjà en décembre 1999, une hospitalière défile, avec plus d'un millier de confrères, médecins, infirmières et aides-soignants, rassemblés à l'appel des syndicats CGT, SUD-CRC, CFDT, CFTC, FO et CMH pour protester contre les restrictions budgétaires.

des pratiques professionnelles. Les ordres sont loin des préoccupations des professionnels de santé qui sont dans une situation dramatique de manque de moyens pour assumer leur charge de travail. Ils travaillent avec la hantise de commettre une erreur. Le problème est le manque de moyens alloués à la protection sociale. Pour gérer aujourd'hui la pénurie des professionnels qui a été sciemment organisée hier, les réformes se mettent en place : ● transfert de compétences médicales vers les paramédicaux (encadré par la loi HPST), ● réforme des études des métiers de la santé (PCEM1, infirmier, MK, orthophoniste...), ● regroupement administratif des Instituts de formation (circulaire 201/2009). Ces réformes visent toujours plus

d'économies pour le service public au profit du privé et des actionnaires, au détriment de la reconnaissance des qualifications des professionnels et de la réponse aux besoins de santé publique. Tous ensemble pour le boycott des cotisations !

C'est pourquoi la CGT appelle : ● les professionnel(le)s, quel que soit leur lieu d'exercice, à s'informer, débattre, décider ensemble des priorités revendicatives des secteurs public, privé et libéral, ● à la convergence de tous les refus individuels de paiement et à l'organisation d'actions collectives pour le boycott des cotisations ordinales, le refus des ordres professionnels et pour la prise en compte de nos revendications. Il est à noter que le procès de

L’actualité de la semaine selon Babouse

Toulouse (refus d'inscription à l'ordre Masseur Kinésithérapeute) a mis en lumière quelques questions de fond. Notamment le fait que les cadres ne seraient pas obligés d'y adhérer car ne «professant plus» alors même que certains le réclamaient fortement. LMD pour les IDE : menace sur la retraite à 55 ans !

Le projet de réforme Licence Master Doctorat (LMD) pour les infirmier(e)s de la fonction publique hospitalière promet de faire passer les agents concernés de la catégorie B à la catégorie A. Cela pourrait se traduire par un changement de grille indiciaire et une légère hausse des salaires. Toutefois, Mme Bachelot a déclaré que le gouvernement compte bien réclamer des «contreparties» pour

compenser les revalorisations de salaires que cela entraînera. Les négociations vont commencer début septembre 2009 pour les IDE et l'ensemble des professions paramédicales de l'hôpital public. Pour la CGT, il semble clair que la «contrepartie» risque fort de se traduire par le report de l'âge de départ en retraite. En effet, les infirmier(e)s de la fonction publique sont considérés en catégorie active et peuvent actuellement partir à la retraite à 55 ans. Le gouvernement souhaite mettre un terme à cette possibilité en supprimant la catégorie active aux infirmier(e)s et en reculant l'âge de départ à la retraite à 60 ans ! La CGT a manifesté son opposition en déclarant : «On ne reconnaîtrait plus la pénibilité de la profession, alors qu'elle serait exercée dans les mêmes conditions”.

EN BREF

● Reprise des permanences de l'ARDEVA (amiante) Calais le samedi 12 septembre de 9h à 11h, Maison des Associations, rue Hagueneau.

● L'Amicale des Familles des Fusillés de la Résistance organise la cérémonie du souvenir le dimanche 6 septembre à 11h à la stèle érigée à la mémoire des 5 fusillés de la Citadelle.

● Dans un article publié le 18 juillet par «Nord Littoral», Francis Peduzzi, directeur du Channel, Scène Nationale, indique que «Rêve général» n'aura pas lieu en 2010 à Calais faute de moyens financiers, notamment de la part de la municipalité calaisienne et de l'agglomération...

● Côté pognon, toujours pas de réaction côté municipalité UMP après la révélation par la section du PCF des bons chiffres sur la gestion municipale 2004-2007 de l'équipe de Jacky Hénin. L'audit financier (payé par les contribuables) semble décidément bien gênant pour les amis de Mme Bouchart... mais ça ne les empêche pas de continuer à déclarer que la gestion financière de la ville était catastrophique ! Liberté 62 n°876 - Le 28 Août 2009

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Monde

UNE LETTRE DE SALAH HAMOURI DEPUIS SA CELLULE AU JOURNAL L’HUMANITÉ

M N CJ

PALESTINE - Le jeune prisonnier franco-palestinien dʼIsraël a réussi à écrire un courrier depuis le fond de sa cellule au journal lʼHumanité. Nous en publions ici lʼintégralité.

A

Chers amis, chers camarades, chers combattants de la liberté et de la solidarité

PRÈS la demande écrite du président français Nicolas Sarkozy au premier ministre israélien concernant ma libération anticipée, jʼai besoin de parler de certains points. Le ministre de lʼIntérieur israélien Eli Ishay considère que la demande de Monsieur Sarkozy est inso-

S

lente… Si on connaît un peu lʼhistoire contemporaine israélienne, il faut parler de Plato Sharon, Franco-Israélien qui a été empêtré dans des affaires douteuses en France, il a évité lʼextradition dʼIsraël vers la France qui voulait le juger et lʼemprisonner parce quʼil a pu devenir député au Parlement israélien là aussi après des transactions financières douteuses qui lui ont coûté quelques mois de prison… En Israël, il y a

une justice à plusieurs vitesses, une justice pour les juifs, une pour les Arabes. En 2001, un colon israélien (Nahum Korman) a battu à mort un enfant palestinien de onze ans (Hilmi Shosha) dans la région dʼHébron. Après un plaider coupable (plea bargain), il a été condamné à six mois de travaux dʼintérêt général. Le message est clair : les Israéliens peuvent tuer les

Palestiniens en toute impunité. Pour Monsieur Ishay, rien dʼinsolent à cela… Est-ce la destruction des maisons palestiniennes à Jérusalem qui est une insolence ou la poursuite de la colonisation et le vol des terres palestiniennes ? Jʼaimerais bien sûr être libéré et rejoindre ma famille mais ce que je souhaiterais surtout, cʼest une position européenne qui défende vraiment les Palestiniens, vic-

times de lʼoccupation depuis soixante et un ans. Cʼest aussi une position française qui respecte et défend le droit légitime des Palestiniens à vivre dignement et en paix dans leur État libre. Cette demande est-elle aussi insolente ? Salah Hamouri, prison de Guilboa section I Le 11 août 2009

"SOIT VOUS ACCEPTEZ SEPT ANS, SOIT CE SERA PIRE" "Soit vous acceptez sept ans, soit ce sera pire"

ALAH HAMOURI est né le 25 avril 1985 à Jérusalem. Son père Hassan Hamouri, restaurateur, est un Palestinien résidant de Jérusalem-Est. Sa mère, professeur, née Denise Guidoux, est française. Elle est originaire de Bourg-en-Bresse (Ain). Salah Hamouri dispose dʼun passeport français, et est dûment enregistré au Consulat général de France à Jérusalem. Salah est parfaitement francophone. Il a été scolarisé chez les «Frères de Lasalle», une école privée catholique de garçons à JérusalemEst. Il a été arrêté une première fois le 30 septembre 2001, juste avant la rentrée scolaire. Il était alors en classe de 11ème (équivalent de la 1ère en France). Il est resté 2 mois en isolement à la Moskobieh, centre dʼinterrogatoire et de détention de Jérusalem, et ce malgré son jeune âge (il avait à lʼépoque un peu plus de 16 ans). Il a été jugé et condamné à 5 mois de détention pour avoir collé des affiches et fait de la «propagande anti-israélienne» dans le cadre scolaire. Il a passé le reste de sa détention dans la section des mineurs à la prison de Hasharon. Il a été libéré en janvier 2002 et a réintégré son lycée où il a poursuivi ses études jusqu'à lʼobtention de lʼéquivalent du Bac en juin 2003. Il a alors décidé de poursuivre des études de sociologie à lʼuniversité très réputée de Bethlehem.

Il a été arrêté une seconde fois à Bethlehem alors quʼil passait la soirée chez des amis, fin février 2004. Une des personnes présente à cette soirée était recherchée par lʼarmée israélienne. La maison où il se trouvait a été encerclée et les jeunes présents à cette soirée ont été arrêtés. Salah, qui nʼavait rien à se reprocher, a dû malgré tout passer 4 mois en «détention administrative» (système repris de la réglementation de lʼépoque du Mandat britannique, et permettant à Israël le maintien de Palestiniens en détention sans inculpation ni jugement, sans limitation de durée). Il a passé ces 4 mois dans différents camps militaires (Ofer, Katziot puis Maggido). Il dépendait de la juridiction militaire La 3ème fois, Salah a été arrêté le 13 mars 2005 alors quʼil se rendait à Ramallah. Il a été emmené à la prison de Moskobiah à Jérusalem. Il y est resté 3 mois, en isolement et en interrogatoire. Un mois après son arrestation, sa famille a appris par la presse quʼil était accusé dʼavoir comploté avec 2 autres jeunes contre le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du parti religieux dʼextrême droite SHAS, au motif quʼils étaient passés en voiture devant le domicile de celui-ci. A cela sʼajoute la présomption de

lʼappartenance de Salah à un mouvement de jeunesse réputée proche du FPLP, dont Salah nʼa jamais été membre. Un «délit dʼintention» a été ainsi constitué par le tribunal militaire. Salah a ensuite été transféré à la prison de Beersheba où il est resté un an et demi. Il a ensuite été transféré au centre de Hadarim, puis à Rimonim. Le 17 avril 2008, après trois ans dʼemprisonnement au cours desquels une vingtaine dʼaudiences ont fait lʼobjet de reports successifs faute de témoins et/ou dʼéléments de preuve permettant dʼétablir sa culpabilité, Salah a été condamné par le tribunal militaire israélien dʼOfer (situé dans les Territoires palestiniens illégalement occupés) à 7 ans de prison pour «complot et appartenance aux jeunesses du FPLP», et ce à la suite dʼune procédure de compromis («plea bargain»). Salah a été contraint dʼaccepter ce compromis, sur les conseils de son avocate israélienne, Maître Léa Tsemel : les termes du compromis étant, en effet, «soit vous acceptez 7 ans, soit ce sera pire». Depuis, Salah a fait lʼobjet dʼun nouveau transfert, et se trouve à la prison de Gilboa au Nord dʼIsraël. Selon les termes du jugement il sera libérable le 21 novembre 2011.

Quarante morts en trois jours, cʼest le dernier bilan macabre des violences liées aux cartels de la drogue au Mexique. Ultime cadavre en date, celui dʼun garçon de quatre ans, victime collatérale dʼun règlement de compte au cours duquel la voiture de ses parents a été criblée de balles par des tueurs. Malgré la mise en avant de chiffres impressionnants par lesquels le gouvernement mexicain entend prouver la réussite de la «guerre contre les drogues», un nombre croissant de voix sʼélèvent pour réclamer un débat plus profond sur la question et sʼemploient à souligner les limites et dérives dʼune politique militarisée ultra-répressive.

MEXIQUE : LA GUERRE DES DROGUES

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EPUIS son élection en 2006, le président Felipe Calderon a en effet lancé le Mexique dans une véritable guerre contre les trafiquants. Lʼarmée a été appelée à la rescousse dʼune police minée par la corruption, et impuissante face à la violence des «narcos». Environ 36 000 soldats et policiers ont ainsi été déployés dans les États les plus affectés par les activités des cartels. Ciudad Juarez, ville frontière du Nord, est devenue la vitrine de la «guerre contre les drogues». Sept cadavres liés au crime organisé y

Liberté 62 n°876 - Le 28 Août 2009

seraient découverts quotidiennement. Dix mille militaires et policiers y ont été envoyés en 2008. Selon les habitants, si la violence a baissé à leur arrivée, le bain de sang a repris une fois les trafiquants «habitués». Il sʼest même aggravé. Lʼefficacité de la militarisation reste aussi à prouver à lʼéchelle nationale. La presse mexicaine a ainsi fait état début août dʼun nouveau record macabre : déjà 4 300 morts liés aux cartels depuis janvier 2009 (5 300 en 2008). Lʼattaque frontale, bien que médiatiquement

intéressante, ne serait pas forcément la plus efficace pour le long terme. Elle aurait même des effets pervers. Les témoignages de violations des droits de lʼhomme perpétrées par des militaires peu formés se multiplient… Elles restent systématiquement impunies, puisquʼaucun cadre légal nʼest prévu pour leurs activités dans la lutte contre le narcotrafic. Plusieurs questions restent aussi en suspens. Quid des garanties que les militaires ne succomberont pas, eux aussi, à la corruption endémique qui ronge la police et - 15 -

rend inefficace toute tentative contre les cartels ? Certainement pas les salaires. Et comment ne pas craindre que des soldats corrompus vendent aux rois de la cocaïne techniques et matériel militaires, rendant par cette occasion la lutte vouée à lʼescalade stérile de violence ? Rappelons que le groupe Los Zetas, regroupant de sanguinaires tueurs à la solde du cartel du Golf, fut créé à la fin des années 1990 par dʼanciens hauts gradés de lʼarmée mexicaine attirés par les sommes astronomiques brassées par le business

des drogues. Auparavant gardées hors du débat public, les voix plaidant pour une approche préventive sont aujourdʼhui davantage écoutées. Lʼefficacité de la belliqueuse «guerre contre les drogues» reste très largement soumise à lʼassainissement en profondeur des forces de police, à la fin de lʼimpunité judiciaire, à la mise en place dʼune politique sociale de grande envergure, et surtout, à lʼassainissement dʼun personnel politique historiquement trempé dans le commerce des drogues illicites.


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