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CHIMIE, PÉTROCHIMIE :

“DES USINES À GAZ”

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Un entretien avec Marcel Croquefer, syndicaliste

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BOSAL RESTRUCTURE AVEC L’AVAL DE LA JUSTICE, MAIS…

UNE LOGIQUE INDUSTRIELLE S’IMPOSE Le PCF, ses militants et élus élargissent le débat avec les salariés de l’entreprise

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128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

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€ - N°875 DU V ENDREDI 21 AU J EUDI 27 A OÛT 2009


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Événement L’ORIENTATION SÉCURITAIRE DE LA POLITIQUE PÉNITENTIAIRE CONDAMNÉE PAR LA COUR EUROPÉENNE :

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LE LÉGISLATEUR AU PIED DU MUR

A Cour européenne des droits de l'homme a, à l'unanimité, condamné la France à raison du régime de haute sécurité appliqué depuis le début de son incarcération en 2001 à Cyril Khider, inscrit au répertoire des Détenus particulièrement signalés (DPS). La Cour considère que les conditions de détention du requérant, soumis à des transfèrements répétés, placé en régime d'isolement à long terme et faisant l'objet de fouilles corporelles intégrales régulières «s'analysent, par leur effet combiné et répétitif, en un traitement inhumain et dégradant au sens de l'article 3 de la Convention européenne». Au travers de cette affaire portée par l'Observatoire international des prisons, c'est toute la politique pénitentiaire conduite depuis 2003, orientée vers une gestion ultra-sécuritaire de la détention des prisonniers réputés dangereux qui fait l'objet d'une mise en cause cinglante. La Cour a examiné dans le détail chacune des mesures qui constituent le régime de détention imposé au requérant. Elle incrimine d'abord les rotations de sécurité appliquées, c'est-à-dire un système de transfert continuel dʼun établissement à un autre résultant d'une note confidentielle de l'administration pénitentiaire, dont l'OIP a obtenu l'annulation par le Conseil d'Etat le 29 février 2008. La Cour considère «qu'un nombre si élevé [14] de transferts du requérant pendant son incarcération (...) était de nature à créer chez lui un sentiment d'angoisse aigu quant à son adaptation dans les différents lieux de détention et

examinerait les requêtes dirigées contre la France de deux autres détenus, également appuyées par l'OIP. Elle a dans ce cadre demandé au Gouvernement de fournir ses arguments notamment sur la conformité du régime disciplinaire des détenus au principe du procès équitable, ou la compatibilité des modalités d'intervention des ERIS (unités spéciales d'intervention) avec l'interdiction des traitements inhumains et dégradants. Réorientation radicale

la possibilité de continuer de recevoir les visites de sa famille et rendait quasi impossible la mise en place d'un suivi médical cohérent sur le plan psychologique.» La Cour pointe «la mise à l'isolement pour une si longue période, combinée avec la dégradation de l'état de santé psychologique et somatique du requérant, qui d'après les certificats médicaux serait imputable aux prolongations répétées de celle-ci». Elle met ensuite en cause «le caractère répété» de fouilles qui «combiné avec le caractère strict des conditions de détention dont le requé-

rant se plaint, ne paraissent pas être justifiées par un impératif convaincant de sécurité, de défense de l'ordre ou de prévention des infractions pénales et sont, de l'avis de la Cour, de nature à créer en lui le sentiment d'avoir été victime de mesures arbitraires». Selon lles juges, «ces fouilles répétées, pratiquées sur un détenu qui présentait des signes d'instabilité psychiatrique et de souffrance psychologique, ont été de nature à accentuer son sentiment d'humiliation et d'avilissement à un degré tel qu'on peut les qualifier de traitement dégradant.»

La Cour condamne enfin la France à raison de la violation du droit à un recours effectif, constatant que l'intéressé ne disposait pas de moyens efficaces pour contester le régime de transfert et de fouilles corporelles, eu égard à la jurisprudence suivie à l'époque par les juridictions administratives. Enfin, elle alloue au requérant 12 000 euros à titre de réparation du dommage moral subi, considérant que le traitement appliqué était de «nature à provoquer désespoir, angoisse et tension». Par ailleurs, la Cour européenne a fait savoir, le 25 juin 2009, qu'elle

L'OIP considère que la décision rendue aujourd'hui par la Cour européenne appelle une réorientation radicale de la gestion de la détention des personnes condamnées à des longues ou très longues peines. Il constate en outre que le projet de loi pénitentiaire en discussion au Parlement ne satisfait pas aux exigences résultant de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg. En effet, le texte laisse, par son silence, en lʼétat la question du régime de l'isolement et celle des transferts des personnes détenues. Plus largement, le projet de loi accentue le pouvoir reconnu à l'administration de porter atteinte aux droits fondamentaux des personnes qui lui sont confiées, compte tenu de la possibilité qui lui est octroyée de différencier les régimes de détention en fonction de l'appréciation qu'elle porte sur la personnalité et la dangerosité des détenus. La décision de la Cour de Strasbourg met une fois de plus en lumière le fait que le projet de loi pénitentiaire apparaît en contradiction avec les prescriptions du droit européen.

TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE D'ARRAS :

DES GENDARMES VISÉS PAR UNE PLAINTE POUR VIOLENCES SUR UN DÉTENU L A section française de l'Observatoire international des prisons informe des faits suivants sur son site. Un condamné incarcéré au centre de détention de Bapaume allègue de façon crédible avoir subi des violences de la part de gendarmes à l'occasion d'une extraction judiciaire. Les juges devant qui il comparaissait ont constaté ses blessures et un médecin a établi un certificat fixant à deux jours l'incapacité de travail. Une plainte a été déposée par le détenu contre les gendarmes. Ceux-ci ont fait état d'actes de rébellion de sa part. L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie d'Arras. Le 9 juin 2009, X.V., incarcéré au centre de détention de Bapaume, devait comparaître devant le tribunal correctionnel d'Arras. Préalablement à son extraction, les gendarmes en charge de l'escorter ont entrepris de lui fait subir une fouille corporelle alors qu'il se trouvait au vestiaire de la prison. C'est dans ce contexte que les gendarmes ont employé la force à son encontre. Les marques de vio-

lences qu'il présentait ont été remarquées par les personnes présentes à l'audience. La présidente du tribunal s'est arrêtée à deux reprises pour faire acter dans les notes d'audience l'évolution des contusions sur son visage. Invité à s'expliquer sur les faits, alors que les gendarmes de l'escorte étaient présents, il s'est contenté d'assurer qu'il ne s'était pas opposé à la fouille. A l'issue de l'audience, X.V. a immédiatement été présenté à un médecin puis transporté au centre hospitalier afin d'y subir des examens complémentaires. Le certificat médical réalisé le jour même fait état d'«une ecchymose périorbitaire droite avec oedème de la paupière inférieure», d'«une palpation de l'apophyse zygomatique [qui] déclenche des douleurs» et d'«une vision de l'œil droit [...] légèrement floue». Il conclut que «ces lésions entraînent une incapacité temporaire de travail de 2 jours». L'avocat de X.V. a déposé, le 19 juin 2009, une plainte pour violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique

auprès du TGI d'Arras. X.V. a, de son côté, été visé par une procédure pour des faits de rébellion dénoncés par les gendarmes en charge de l'escorte. Entendu dans le cadre de cette enquête, qui a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie d'Arras par le parquet, X.V. a déclaré que l'incident a éclaté durant la fouille corporelle, lorsqu'il a insisté pour conserver sa montre. Selon son récit, l'un des gendarmes s'étant avancé vers lui pour lui retirer la montre des mains, il est monté sur le banc de la cellule, les bras en l'air pour manifester son attitude pacifique. Il a affirmé que le gendarme l'a aussitôt saisi par la gorge et l'a plaqué au sol, avant que son collègue ne le maintienne dans cette position avec son genou. Les militaires l'auraient ensuite menacé d'utiliser un Taser (pistolet à impulsion électrique) s'il ne se rhabillait pas suffisamment vite.

"Une enquête est en cours..."

Interrogée par l'OIP sur ces faits, la gendarmerie a indiqué «ne pas -2-

vouloir se prononcer à la place du Procureur», qu'«une enquête pour rébellion était en cours dont on attendait les résultats». Elle a néanmoins assuré que, «pour l'instant, aucune faute des gendarmes n'avait été relevée», mais que «si vraiment il y a eu des exactions, des sanctions seraient prises». De son côté, la Direction interrégionale des services pénitentiaires a affirmé que «M. X.V. a refusé de se soumettre à la fouille réglementaire opérée par les agents de ladite escorte. Par son attitude belliqueuse, manifestée par des gestes violents, il a placé les gendarmes dans l'obligation d'utiliser la force strictement nécessaire pour mettre fin à la rébellion et prévenir une agression à leur encontre. A cette occasion, la tête de M. X.V. a heurté le sol. De retour de son extraction deux heures plus tard, M. X.V. porteur d'un hématome a proximité de l'œil, a immédiatement été reçu en consultation médicale.» Dans une lettre à l'OIP en date du 24 juin, la vice-présidente du TGI d'Arras a indiqué que «des rensei-

gnements ont été pris auprès de la commission de surveillance du centre de détention pour connaître la chronologie des évènements et les circonstances ayant conduits à ces évènements. Ces renseignements sont conformes à ceux [mentionnés dans le courrier de l'OIP et rapportant les déclarations de X.V.]». Contacté le 8 juillet, le Substitut général de la Cour d'appel de Douai a indiqué qu'«une enquête était en cours». Il a précisé que «cette enquête ne serait pas distincte de l'enquête pour les faits de rébellion qui porterait à la fois sur les circonstances de l'usage de la force à l'encontre de X.V.» L'OIP rappelle : - qu'en présence de blessures sur le corps d'un détenu, la Cour européenne des droits de l'homme considère qu'il incombe aux autorités «de fournir une explication plausible sur les origines des blessures en question et de produire des preuves établissant des faits qui font peser des doutes sur les allégations de la victime, notamment si celles-ci sont étayées par des pièces médicales.» Liberté 62 n°875 - Le 21 Août 2009


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Événement

RENDEZ-VOUS DE RENTRÉE DES COMMUNISTES À MALÔ-LES-BAINS

ALAIN BOCQUET : «En un an, le Nord/Pas-de-Calais

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E S vacances sont un droit, et pourtant des milliers de personnes en sont encore privées aujourd'hui faute de moyens". Partant de ce constat, les communistes du Nord organisent chaque année depuis 24 ans, une journée à la mer à Malo-les-Bains. Des bus partant des quatre coins du département, permettant aux familles modestes de s'offrir une journée sur la côte à moindre coût. Si les communistes sont sur le pont tout au long de l'année, cette initiative est un moment privilégié pour faire le point sur le contexte politique national et régional à quelques jours de la rentrée. C'est ainsi que les 5.000 participants à cette belle journée ont pu retrouver leurs deux députés régionaux, Alain Bocquet et Jean-Jacques Candelier, mais aussi les secrétaires des fédérations du Nord et du Pas-de-Calais, Eric Corbeaux et Hervé Poly. De nombreux autres élus communistes étaient également de la journée qu'ils soient conseillers généraux, régionaux, maires ou conseillers municipaux. Et c'est un ton résolument offensif qu'a adopté Alain Bocquet lors de son discours. "C'est le premier été depuis la début de la crise, un été rude pour beaucoup de familles", constate Alain Bocquet. «Un été très rude pour les familles» "Les indicateurs régionaux ne sont

a perdu 30 000 emplois…»

pas bons. En un an la région a perdu près de 30.000 emplois. 843 entreprises régionales sont sur la sellette. 14.000 emplois intérimaires perdus en moins d'un an, et plus de 2.000 postes supprimés dans la fonction publique, alors que la région est déjà très fortement sous-administrée". Pourtant le gouvernement fanfaronne "nous serions en train de sortir de la crise !" poursuit le député communiste "mais une sortie de crise pour qui ? Les banquiers, la bourse et les actionnaires ! Ce n'est pas leur portefeuille qui doit être un indicateur d'amélioration, mais celui des familles !!! Et force est de constater que celui-ci est loin, très loin, de retrouver des couleurs ! Les plans sociaux se succèdent, le chômage explose, le pouvoir d'achat est en berne... et on voudrait nous faire avaler que parce que les banquiers recommencent à distribuer des bonus à leurs traders sans aucune honte, tout va mieux ?" Et Alain Bocquet d'ajouter "le gouvernement affirmait vouloir tirer les leçons de la crise, moraliser le capitalisme... Et pourtant les mêmes schémas sont en train de se reproduire, et ils provoqueront les mêmes effets. Il faut sortir de ce système économique, de la financiarisation à tout va, et relancer l'économie en mettant l'Homme au coeur des préoccupations, et en mettant tout en oeuvre pour gagner un développement durable de la société." Les combats de la rentrée s'annoncent nombreux "le gouvernement a continué de nous porter des

National de la Résistance. Il est indispensable de faire monter le niveau des luttes, et de gagner les batailles qui s'annoncent dans les jours qui viennent. On ne peut pas laisser détruire ce bien commun qu'est La Poste, et nous devons tous être sur le pont pour que le rendez-vous du référendum citoyen organisé sur son avenir par les comités de défense du service public, soit une énorme réussite et un grand moment de mobilisation. Il aura lieu le 3 octobre prochain. Il faut faire reculer le gouvernement nous n'avons pas le choix. De la même manière, la lutte s'annonce féroce dans l'éducation nationale face aux milliers de suppressions de postes d'enseignants pour cette rentrée 2009-2010. Les communistes

mauvais coups tout au long de l'été : travail du dimanche, privatisation de La Poste, réforme territoriale, le vote de la Loi Bachelot qui massacre l'hôpital public, mise en place de la taxe Carbone pour faire payer aux citoyens français le manque à gagner provoqué par la suppression de la taxe professionnelle, loi sur la gendarmerie nationale, sur la mobilité des fonctionnaires, sur la formation professionnelle...” Faire monter le niveau des luttes

“Nicolas Sarkozy et son gouvernement poursuivent tête dans le guidon les réformes qui saccagent les acquis de 1936 et du Conseil

doivent être le fer de lance de la mobilisation ! Nous sommes capables de résister, et il le faut, nous sommes comptables de ce que nous allons laisser à nos enfants, la résignation n'est pas envisageable," poursuit Alain Bocquet. "Le capitalisme a les moyens de poursuivre ses basses œuvres. Tout est savamment organisé, méthodiquement réfléchi, mis en place de manière déterminée, les moyens idéologiques et financiers sont mis en oeuvre, à cela nous devons opposer l'intelligence populaire, collective et solidaire, gagner un rassemblement le plus large possible sur un contenu offensif, portant un nouveau mode de fonctionnement de la société, pas sur l'acceptation. Et c'est dans cet état d'esprit que les communistes abordent les prochaines régionales de mars 2010. Les élus communistes ont travaillé sur des projets de loi visant par exemple à supprimer le système des stocks options et des bonus, imposant aux entreprises et aux actionnaires des entreprises qui mettent les salariés en chômage partiel d'assumer totalement les salaires, ou encore visant à créer un pôle public financier qui vise à soutenir les investissements et la création d'emplois... Saisissons-nous de toutes les initiatives, de tous les outils que nous avons en notre possession pour faire grandir le niveau de la mobilisation qui n'est pas suffisant aujourd'hui. Il faut se le dire. Faisons de cette rentrée, une rentrée de défaites pour le gouvernement".

HERVÉ POLY : «La région ne doit pas devenir — Quelles seront les priorités dʼaction en cette rentrée pour les communistes du Pas-deCalais ? • Hervé Poly : Nous nous préparons à une grosse bagarre pour défendre les services publics. Dʼabord celui de La Poste. La fédération PCF du Pas-de-Calais est partie prenante du collectif départemental de défense de La Poste, nous avons organisé une première conférence de presse avant les vacances et de nouvelles initiatives se préparent pour la rentrée en lien avec les organisations syndicales, notamment autour de la mise en place du référendum citoyen concernant lʼavenir de La Poste qui sera organisé le 3 octobre. Rappelons que le Pas-de-Calais est le département de France qui compte le plus de communes, près de 900, autant dire que nous serons le département le plus impacté par les suppressions de postes et de bureaux. Ensuite évidemment lʼéducation nationale,

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Édito

'ÉVÉNEMENT le plus marquant de cette mi-août auront été les "révélations" sur l'évolution des cotations en Bourse et des décisions comme celles de la BNP. On pourrait dire à ce propos que les financiers "replongent"… comme des malades sortant d'une brève cure de désintoxication pendant laquelle ils avaient juré leurs "grands dieux" que "jamais plus" !… et qui recommencent

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un désert industriel»

nous sommes déjà en bagarre contre les fermetures de classes. Nous travaillons également à résoudre la crise traversée par les organismes de formation, qui ne sera pas sans conséquence pour lʼemploi et pour nos jeunes. La défense de lʼhôpital public est une priorité, nous venons dʼassister à la privatisation du service de radiothérapie à Boulogne-sur-Mer, cʼest un scandale !

— Vous vous préparez également à une grosse mobilisation pour lʼindustrie dans le département. • H.P. : En effet, la filière automobile est en grand danger comme Faurecia, Bosal (liquidée récemment), la Française de Mécanique, STA à Ruitz… Ce sont des milliers dʼemplois qui sont concernés. Nous allons également poursuivre les initiatives engagées auprès de la Cristallerie dʼArques et Saverglass. Le bassin audomarois est au bord dʼune grave crise. Le

discours ambiant voudrait nous faire croire que nous sommes en sortie de crise, mais nous sommes convaincus que les salariés sont loin dʼavoir fini de payer les conséquences dʼun système qui nʼa fait quʼengraisser les plus riches. Les entreprises continuent de restructurer, de supprimer des emplois. La recrudescence des fusions/ acquisitions des grands groupes ne sera pas sans conséquences pour les salariés.

— La réforme des collectivités va aussi mobiliser le PCF ? • H.P. : Évidemment. Pour combler le manque à gagner provoqué dans les municipalités par la suppression de la Taxe professionnelle, le gouvernement travaille à faire payer les ménages par le biais de la taxe carbone. Bref, on veut encore nous faire payer les cadeaux que le gouvernement fait au patronat. Quant à la fiscalité locale, il nʼest pas sot de penser quʼelle va exploser ! Le gouverne-

ment veut aussi modifier lʼorganisation territoriale du pays et limiter les compétences de collectivités aux politiques obligatoires, ce qui va forcément amener à des déséquilibres entre régions pauvres et régions riches, et à une concurrence interrégionale. Nous avons beaucoup de raisons de mobiliser nos forces en cette rentrée. Nous donnons également rendez-vous à tous les communistes du département sur le stand du Pas-de-Calais à la fête de lʼHuma. Nos amis communistes de lʼOise ont invité, ce samedi, 1.500 personnes à passer une journée à Berck-sur-Mer. Ces moments de retrouvailles placés sous le signe de la convivialité et de la fraternité sont aussi très importants pour recharger les batteries et travailler à construire ensemble la riposte. Et nous en aurons besoin, le gouvernement ne nous épargne aucun mauvais coup… Propos recueillis par Pierrette Catrel

RÉVÉLATEUR…

quelques mois après s'être gavés de milliards d'euros d'argent public ! Cet argent public introuvable pour la vie des gens, mais toujours disponible pour les "docteurs Frankenstein de la Finance". Ceux-là étaient humbles, il y a quelques mois, mais çà n'a vraiment pas duré longtemps ! Et tout cela, alors qu'en France, dans notre région, des centaines de salariés sont, chaque semaine,

jetés à la rue et doivent se battre, parfois des mois durant, pour obtenir des primes de "départ" de quelques milliers d'euros… Une dramatique actualité quotidienne qui fait qu'on a tendance à ne même plus y faire attention ! Et quand vous en parlez à un journaliste un peu "ouvert", ils vous rétorque : "On ne va quand même pas parler des effets de la crise tous les jours"… Suffocant ! Cette TARTUFFERIE, nationale et -3-

planétaire, à de quoi donner la nausée médiatiquement parlant, d'autant que, chaque semaine estivale s'est ponctuée par de nouveaux coups contre notre peuple à l'image de "l'impôt vert" de 300 € imaginé par l'ex Premier ministre PS, Michel Rocard, sous le prétexte de l'indispensable combat pour l'écologie et la préservation de la planète. Dans ce gigantesque combat des idées que les forces du capital ont

engagé depuis un an (et pour le moment gagné !), les militants communistes ont les armes de la réalité vécue par notre peuple, disait Alain Bocquet, mardi dernier, lors du rassemblement annuel de Malo-les-Bains. Cette arme conjuguée à celle de propositions claires, donc simples, dynamiques, peut faire mal si on s'y met ensemble pour rassembler. Claude Vanzavelberg


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Social

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Lors du débat (riche d’enseignements) à l’initiative du PCF, lundi dernier. Photos Liberté 62

BOSAL RESTRUCTURE AVEC L’AVAL DE LA JUSTICE MAIS...

UNE LOGIQUE INDUSTRIELLE S’IMPOSE Le PCF, ses militants et élus élargissent le débat avec les salariés de l’entreprise

La liquidation récente de lʼentreprise Bosal, avec près de 400 emplois, suscite toujours

colère et indignation. Basée à Annezin, Bosal était spécialisée dans le pot dʼéchappement. Lʼaction puissante de juin dernier avec occupation de lʼusine est encore dans tous les esprits, elle faisait suite à un important mouvement de grève en janvier et en mars derniers. La justice, elle, avait à juger cet épineux dossier ; au redressement judiciaire de début janvier faisait suite une période transitoire avec lʼannonce dʼun ou des repreneurs fin juin. Par un retournement complet de situation, le tribunal de commerce dʼArras décidait, début juillet, sur la base des données conjoncturelles fournies par la direction, de confier la poursuite dʼune activité commerciale à Daniel Cassier, lʼancien directeur du marketing du site dʼAnnezin, un proche du PDG Karel Bos.

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OUT au long de ce premier semestre 2009, le dialogue social dans des conditions de définition du rôle de chacun était mis en avant par la CGT. Une intersyndicale sʼétait créée une première fois début janvier puis en juin dernier mais sa “fragilité” recouvrait des opinions très divergentes quant au rôle de chacun des syndicats dans la lutte pour lʼemploi. Les interrogations des délégués de la CGT reposent sur une différence majeure avec les autres syndicats (et notamment lʼUnsa), la pérennité de lʼemploi. Lʼobjectif prioritaire étant de sauver un maximum dʼemplois ! Dans le plan de reprise actuel, seuls

30 emplois commerciaux vont être maintenus à Annezin et une quarantaine dʼautres dans le reste de la France sous la dénomination

Karel Bos, un PDG qui tire les ficelles d’un jeu dangereux au Tribunal de Commerce d’Arras…

“Bosal distribution”... Face à une issue qui semblait inéluctable, les syndicalistes cégétistes tiennent à conserver des liens étroits avec -4-

tous les salariés de Bosal qui le souhaitent. La place de la lutte nʼest pas quʼun concours de circonstance. Cela fait partie dʼune démarche constructive, à lʼinstar de ce qui sʼest fait, par exemple, à Metaleurop, à Stora Enso ou encore à International Paper. Philippe Laversin, syndicaliste, sait par expérience que la fracture parmi le personnel est profonde ; les plaies sont toujours ouvertes. Il lʼa encore dit lors dʼune réunion organisée par le Parti communiste à Béthune, lundi dernier sur ce dossier. “Parce quʼattentifs à tout ce qui se touche de près le monde du travail, nous proposons cet échange de vues quant à la poursuite dʼune activité industrielle solide à tous les échelons", soulignait dʼemblée

Jacques Delelis, secrétaire de la section de Béthune. Cet échange se fait bien évidemment en respectant les opinions de chacun sans imposer quoi que ce soit.” Bernard Blondel, président du groupe communiste dʼArtois Comm précisait son rôle quant à la décision dʼacheter les bâtiments de Bosal, une garantie pour tous d'éviter la friche industrielle tant redoutée. Bertrand Péricaud, secrétaire de la fédération du PCF et Henri Tobo, militant de longue date, présents également à cette réunion, y ont apporté leurs expériences acquises dans le Pas-deCalais tout au long de ces dernières années. Lire suite page 5 ☛

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“Ne jamais couper le lien, remonter à lʼessentiel, avancer pour demain avec les fondements de la place de lʼemploi”, cette façon de voir et de procéder ne laisse pas indifférents syndicalistes et salariés de Bosal. Bien au contraire, la douzaine de personnes ayant fait le déplacement sait aussi que le soutien du PCF lors du conflit recouvre une détermination de base.

Suite de la page 4 ▼

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Refuser le laxisme

Lʼadministrateur judiciaire, par un laxisme évident, a laissé faire beaucoup de choses, mais sa règle à lui était de discréditer le mouvement. Aujourdʼhui, les anciens salariés de Bosal sont livrés à euxmêmes, les informations sur tout ce qui touche les modalités de fin de contrat arrivent par bribes. Elles sʼéchangent dʼune façon informelle par chacun des salariés, sur le rôle du Pôle Emploi, sur le CRP (Contrat de reclassement personnalisé), le paiement des salaires de juillet, les éléments relatifs à la mutuelle, et surtout sur les droits découlant de cette situation. Mais ce qui revêt un caractère de défense, cʼest le maintien de la section syndicale, moteur dʼune réflexion collective à partir des aspirations de chacun des adhérents. La discussion sʼanime autour des prérogatives de la mise en avant dʼun projet industriel dans lʼenceinte même de lʼancienne entreprise. Les pistes privilégiées avec le maximum dʼinformations sont un constat à prendre en compte pour avancer et constituer un solide dossier pour se rapprocher de tous les interlocuteurs décisionnels, à commencer par le repreneur actuel. Lʼexigence de cohérence est incontournable. Lors des prises de parole, la caractéristique de refuser tout fatalisme rebondit sur la volonté de reconquérir un emploi industriel (Le commerce nʼest pas une finalité). La méthode pour ce faire sʼappuie sur des études de marché, de faisabilité, sur les perspectives. “Les pressions politiques, dira Bernard Blondel, existent avec la pertinence du rachat des bâtiments à hauteur de quatre millions dʼeuros. Cela va aider les salariés dans un dédommagement élémentaire, si en tant quʼélu communiste, je nʼavais pas réagi positivement, les salariés me le reprocheraient. Quant à une autre utilisation dʼune partie du bâtiment, cela est du domaine du possible. Mais en aucun cas, il ne peut y avoir de lʼamertume ; de la colère, oui, car cʼest un immense gâchis pour tous. Et la perte de la Taxe professionnelle est un vrai casse-tête.” Le (sale) rôle de Renault et Peugeot

Lʼautre hypothèse du repreneur Cintrax (avec le maintien de 140 emplois) nʼétait quʼun cas dʼécole et petit à petit lʼon apprend que Renault et Peugeot ont poursuivi le “sale boulot” en continuant à discuter avec le PDG de Bosal, Karel Bos, sur une production alterLiberté 62 n°875 - Le 21 Août 2009

native. Cela sʼest vu tout au long du conflit, avec la permanence de boutiques dits de l”After market” très rentables à la Chartreuse à Gosnay et à La Bassée, bien gardées à lʼabri du moindre soubresaut des salariés grévistes. Appréciations de la lutte

“Lʼaction, un acte de résistance sociale?”, cette question est fondamentale ; “nous avons fait ce que nous devions faire”, observent les syndicalistes. La dimension de la lutte nʼa pas été appréciée par tous de la même façon, ce qui est et fut dommageable à lʼexistence même dʼun combat uni comme ce fut le cas à Faurecia-Auchel. Dans la foulée, lorsquʼon nous annonce des reclassements en Hongrie pour 435 mensuels, cʼest du foutage de gueule. Personne sur les dix propositions nʼa accepté et nʼacceptera jamais. Pour Bosal, le pot dʼéchappement reste un bon produit, mais fabriqué ailleurs en Belgique, en Hongrie, en Espagne...” Henri Tobo, Bertrand Péricaud, mettent en cause les manœuvres des donneurs dʼordre (Renault, Peugeot) qui permettaient à Bosal de vendre à perte pour faire couler lʼentreprise et avoir lʼoreille des juges du tribunal de commerce dʼArras. La position de Daniel Cassier, le directeur du marketing, de relancer une activité commerciale nʼest quʼune suite logique dans une affaire qui dépassait de très loin les seuls enjeux de Bosal à Annezin. Depuis ces cinq dernières, la notion de fermeture était avancée par des syndicalistes de la CGT, renforcés dans cette position, par une récente expertise comptable. “Quant aux idées pour une relance industrielle, nous sommes là, toujours prêts à vous écouter, à vous aider, à vous épauler”, ajoutera Jacques Delelis. Le liquidateur a à répondre sur lʼactif et le passif de lʼentreprise, que compte-t-il faire ? La volonté politique est là, cʼest une notion de responsabilité que nous prenons en tant que militants avec nos expériences de combat, (à Testut, à Faurecia, par exemple).” La présence de lʼAutomobile et des équipementiers automobiles est à situer dans le cadre de la reconversion du bassin minier. Ce paramètre est toujours dʼactualité, cʼest aussi la base de la relance industrielle. Cela fait partie de la bataille politique et de son intensité. En ce milieu du mois dʼaoût, il est permis dʼimaginer les semaines qui vont venir avec lʼidée de reconquête de lʼactivité. Les points dʼappui existent. Pour Bernard Blondel, les convergences dʼintérêts entre élus politiques et salariés sont importantes. Les techniciens dʼArtois Comm font partie également de ces points dʼappui nécessaires autour de cette question cruciale quʼest lʼemploi et lʼemploi industriel. Aller le plus loin possible, dans cette voie. Rien nʼest à exclure.

Social PHILIPPE LAVERSIN, SYNDICALISTE :

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“UNE LONGUE PROCÉDURE JURIDIQUE... POUR 30 EMPLOIS COMMERCIAUX À ANNEZIN !”

HILIPPE LAVERSIN, syndicaliste de la CGT, ne mâche pas ses mots, “ce qui était lourd de conséquences et dans le même temps insupportable, ce fut la longue procédure juridique ; commencée en janvier, elle dura sept bons mois et tout nʼest pas fini. Aujourdʼhui, beaucoup de mes camarades de travail soulignent le bien fondé dʼune prime de 13 000 euros (en incluant, une partie extra-légale)...

Après quelques semaines, on sʼaperçoit quʼil y a différents cas. Le dialogue est une bonne chose mais souvent ce fut à sens unique. Nous avions quelque espoir sur une reprise de 140 emplois, mais cʼétait sans compter sur lʼinstruction dʼun dossier par le haut avec des personnes influentes ; Daniel Cassier est dans ce cas, mais il nʼy pas si longtemps on pouvait évoquer avec lui le maintien dʼune activité industrielle, alternative. Cʼest pour cela que les nuances existent. Fin juin, à la CCI de Béthune, lʼadministrateur nʼa pas été convaincant ; il fut très indécis quant à la poursuite dʼactivités. Cʼétait déjà la projection dʼune disparition de lʼentité Bosal. Lʼindustrie dans notre région part en lambeaux. Le jugement du tribunal de commerce d'Arras permet 30 emplois commerciaux, c'est tout. C'est rien !” Les syndicalistes de la CGT avec le (bref) recul savent combien la division syndicale a été pilotée par la direction ellemême. Cʼest une tactique classique mais avec les “épisodes”

Pierre Pirierros

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judiciaires à répétition, le temps de la discussion était remplacé par lʼaction. Il y avait des priorités dans lʼorganisation de la riposte face aux administrateurs judiciaires qui, mécaniquement, ne jouaient pas un rôle de direction. Loin sʼen faut. Dans ce contexte précis, il est bon de rappeler le sale boulot de Renault et de Peugeot, pourtant propriétaires des moules et de certaines machines. L'emploi à Bosal ne les concerne pas. Rien nʼa été

actionnaires. La parade est habituelle. La façon de procéder du patronat est claire, depuis des années, cʼest en filigrane, une définition avouée de casser lʼemploi et les entreprises en pratiquant ouvertement ou pas des délocalisations. La direction de Bosal disait à voix haute quʼelle perdait de lʼargent depuis huit ans ; les salariés, eux, avaient des arguments de savoir-faire dans un produit bien spécifique, le pot dʼéchap-

épargné aux salariés de Bosal. Dʼune entreprise industrielle, il ne reste plus quʼune grande boutique qui livre les succursales automobiles.

pement, mais pas seulement. La question qui se pose est la poursuite de l'industrie dans le Pas-de-Calais. LʼAutomobile est une chaîne complexe avec dans la région trois constructeurs importants (Renault, PSA, Toyota) et 300 entreprises qui répondent à lʼappellation équipementiers automobiles. Les salariés de Bosal savent aussi que la question de l'industrie est une question politique.

Pour lʼemploi

Lʼemploi est la cible directe dʼune restructuration profonde dans un domaine - tel lʼAutomobile - où la crise actuelle fait office de bouclier expiatoire. La rentabilité est revue à la baisse, cette situation ne plaît nullement aux

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Le gouvernement veut modifier les règles de classement des entreprises Seveso

Social

CHIMIE, PÉTROCHIMIE :

“DES USINES À GAZ”

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Un entretien avec Marcel Croquefer, syndicaliste CGT

15 juillet 2009 - 15h15 - usine pétrochimique Total de Carling (en Moselle) - explosion du vapocraqueur n°1 – 2 morts : Maximilien, en contrat dʼapprentissage, âgé de 21 ans et Jérôme, ouvrier qualifié, âgé de 26 ans. Cʼest le troisième accident mortel enregistré chez Total depuis le début de lʼannée. Un premier incident avait eu lieu le 4 janvier à Total Provence faisant un mort, suite à une intoxication. Le second a causé le décès dʼun salarié et cinq blessés (dont quatre graves) sur le site de Total Mardyck (près de Dunkerque), suite à lʼexplosion dʼun camion-citerne dans un atelier. Des accidents sur des sites chimiques / pétrochimiques qui ne sont pas sans rappeler lʼeffroyable catastrophe dʼAZF à Toulouse le 21 septembre 2001. Le bilan officiel faisant état de 30 morts et 2.242 blessés. Dans le Pas-de-Calais, lʼexplosion dans lʼusine Nitrochimie de Billy-Berclau avait provoqué la mort de quatre salariés le 27 mars 2003… Les entreprises, qui travaillent dans cette branche industrielle, sont pour la plupart classées «Seveso 2» du fait notamment de la dangerosité des produits qui y sont manipulés. Le vapocraqueur de Polimeri à Mardyck. (Photos Liberté 62)

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mique basée à Mardyck – Dunkerque. Il travaille notamment dans le collectif SSPE (Santé Sécurité Précarité Environnement) ainsi que sur la formulation de propositions pour le Grenelle 2 concernant les Risques Industriels… Un point de vue sur cette branche industrielle qui interpelle…

IBERTE 62 a rencontré Marcel Croquefer, secrétaire CGT du comité dʼentreprise de Polimeri Europa, entreprise pétrochi-

— Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de lʼaccident qui sʼest produit sur le vapocraqueur à Carling ? • Marcel Croquefer – Bien sûr, lʼenquête déterminera les circonstances précises du drame, mais nous avons déjà de nombreux éléments qui expliquent ce qui a pu se passer. Lʼaccident sʼest produit sur un surchauffeur. Il sʼagit dʼune partie de la machine appelée «vapocraqueur». Cet imposant matériel sert à séparer les composants du pétrole par intervention de la vapeur. Le procédé permet

essentiellement dʼobtenir les gaz propylène et éthylène qui sont les bases de fabrication du polyéthylène et du polypropylène (matières plastiques). Le surchauffeur est lʼélément du vapocraqueur qui sert à pousser la température de la vapeur jusquʼà 130°. Le principe de fonctionnement est identique à celui du chauffe-eau : un serpentin dʼeau, du gaz, et une flamme. Lʼopération est confinée dans une structure métallique dont les parois latérales et le sol sont couverts de briques réfractaires (pour éviter les déperditions de chaleur). Ce 15 juillet, lʼallumage électronique du surchauffeur nʼa pas fonctionné. Les salariés ont alors voulu mettre en route de manière manuelle, en apportant un point chaud à lʼintérieur du système de démarrage, exactement comme lorsquʼon est obligés de mettre en route le chauffe-eau avec une allumette. Le point dʼentrée dʼallumage manuel se trouve sous le sur-6-

chauffeur. Malheureusement du gaz sʼest accumulé dans la structure au cours de lʼopération, et lorsque les collègues ont tenté lʼallumage tout a explosé. Ils se sont trouvés ensevelis sous les briques.

— Les salariés qui ont perdu la vie étaient très jeunes, 21 ans et 26 ans, quʼest-ce que cela vous inspire ? • M.C : Il nʼest pas normal que du personnel aussi jeune se soit retrouvé sur une opération de ce type, une opération quʼils connaissent mal puisquʼen temps normal lʼallumage sʼeffectue de manière électronique. Mais cʼest de plus en plus souvent le cas. Les installations dans nos entreprises sont dangereuses du fait des produits que nous manipulons et des procédés que nous mettons en œuvre, cela nous le savons. Toutefois lorsque ces opérations sont effectuées par du personnel

formé, expérimenté, qui connaît le fonctionnement du matériel et ses sautes dʼhumeur, les risques sont moindres. Malheureusement, la politique des industriels en matière de formation des personnels laisse de plus en plus à désirer. Les gars doivent être opérationnels et au travail le plus rapidement possible. Question de rentabilité, la formation ça coûte cher ! Au mieux ils sont formés à lʼextérieur de lʼentreprise, ce qui est dʼune efficacité toute relative, au pire, et cʼest souvent le cas, ils se débrouillent plus ou moins comme ils peuvent et apprennent sur le tas. Mais ce nʼest pas suffisant. Et dans mon entreprise, comme dans beaucoup dʼautres de la branche, il nʼest pas rare que les jeunes salariés viennent nous voir, inquiets, parce que les anciens avec qui ils travaillent habituellement ne sont pas là et quʼils doivent effectuer certaines manœuvres seuls.

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— Mais nʼy a-tʼil pas tout un système de procédures à respecter pour effectuer ces manœuvres ? • M.C : Si bien sûr, mais cʼest de la théorie. Entre le travail décrit sur papier et la réalité des machines, il y a bien souvent un fossé. Les procédures ça marche quand tout est parfaitement en place et fonctionne, quand les machines, leurs éléments et pièces sont correctement identifiés et signalés… Mais ce nʼest plus très souvent le cas, toujours là aussi par souci dʼéconomies. En fait, par la mise en place de toutes ces «procédures», on se rend compte que le patronat a trouvé un bon moyen de banaliser les risques. Une sorte dʼinfantilisation du personnel. En clair, tu nʼes pas là pour réfléchir mais pour appliquer ! Ce nʼest pas que les gars soient stupides, cʼest juste quʼon ne leur donne pas les moyens en temps et en formation pour avoir cette intelligence du travail qui est tellement fondamentale dans nos boîtes. Et c'est très dommageable, car quand la technique déraille réellement, ce sont les yeux, les oreilles, les bras et la réactivité de lʼopérateur qui permettent dʼéviter les catastrophes. Aucune procédure, aussi bien décrite soit-elle, ne remplace la connaissance du matériel. En plus, en cas dʼaccident, les sacro-saintes procédures sont le prétexte idéal pour faire porter la responsabilité aux salariés ! Il nʼy a quʼà lire les déclarations des patrons des sites qui ont connu des incidents depuis le début dʼannée, comme à lʼusine GPN de Grandpuits (qui appartient au groupe Total). On pouvait lire dans la presse "erreur humaine" ou encore quʼil fallait être «plus exigeants sur la rigueur des manœuvres» ou encore que depuis les incidents les «procédures réalisées doivent être signalées par écrit par les opérateurs»... Suite de la page 6 ▼

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— Au lendemain de l'accident de Carling, la CGT dénonçait "la politique du pire" organisée par des groupes industriels comme Total, pourquoi ? • M.C : Cet accident a eu lieu sur un site industriel fortement impacté par les choix financiers et stratégiques de Total. Des choix qui imposent des restructurations avec suppressions d'emploi, déstabilisent les équipes de travail, et créent un climat malsain de doute quant à la pérennité des sites. Il faut "rationnaliser" partout. En clair, supprimer un maximum d'emplois. Résultat, de nombreux salariés passent leur temps à tenter de combler les manques, à courir pour assurer le bon fonctionnement des matériels, il n'y a plus qu'un seul opérateur là où ils étaient deux ou trois par exemple. Quant à la polyvalence, elle est devenue monnaie courante, ils appellent ça la "multicompétence". Souvent les gars n'ont même pas le temps de

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s'installer dans un poste de travail que déjà on les incite à accepter un ou deux postes supplémentaires. Sans réelle reconnaissance. Cela crée un stress énorme. Il faut ajouter à cela le fait que nos encadrants, dirigeants ne sont plus des techniciens mais des gestionnaires, y compris dans les services de maintenance, et il n'est pas rare d'avoir un supérieur qui ne connaît pas réellement le coeur du métier. Ce qui provoque souvent des tensions, des incompréhensions. Bref, les ingrédients sont réunis pour que ça se passe mal.

— Qu'en est-il de la maintenance du matériel ? • M.C : C'est là encore un sujet qui nous préoccupe fortement. Nous dénonçons depuis longtemps la faiblesse des entretiens, pour des raisons économiques. Et l'Etat est complice de cet état de fait. Tous les appareils sous pression sont normalement soumis à des contrôles réglementaires tous les 3 ans. Contrôles effectués notamment par la DRIRE. Eh bien, l'Etat a autorisé les industries pétrochimiques à s'autocontrôler ! En échange de la mise en place au sein des entreprises d'un système de contrôle continu - dont le cahier des charges a été rédigé par les organisations patronales - on autorise les entreprises à reporter les arrêts réglementaires. Les services d'inspection continuent de faire leur travail, dans la mesure des moyens humains dont ils disposent, et continuent de rendre leurs rapports. Mais quelles que soient les remarques formulées les décideurs des entreprises n'ont pas obligation de réparation, et choisissent seuls de mettre en place ou pas les préconisations. Comme

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toujours selon le coût que cela représente. C'est comme faire passer un contrôle technique à sa voiture, prendre connaissance des faiblesses, voire de défaillances de l'engin, et décider de continuer de faire tourner le véhicule parce que l'on juge les réparations trop onéreuses. Les risques dormants sont de plus en plus importants. Et le matériel qui doit normalement subir les arrêts techniques pour réparation tous les 3 ans, est désormais stoppé tous les 6 ans... Les mises à lʼépreuve du matériel sont elles aussi repoussées.

— Vous êtes donc convaincu que ce type d'accidents est appelé à se multiplier ? • M.C : Il y a déjà eu beaucoup trop de drames cette année. On peut citer les derniers en date : Trois incidents en un mois sur le site de GPN Grande Paroisse à Grandpuits (groupe Total) dont deux fuites d'ammoniaque. La première le 22 juillet a conduit à l'hospitalisation de douze collègues. Début août c'est l'effondrement d'un bac à l'usine de Gonfreville en Seine-Maritime : trois blessés graves. Le 12 août, deux salariés brûlés au deuxième degré sur le vapocraqueur de Naphtachimie à Lavéra (Martigues), probablement suite à une fuite d'hydrocarbures. Malheureusement, tout est réuni pour que de nouvelles catastrophes se produisent. La perte de la maîtrise de l'outil de travail, la perte du savoirfaire, l'appel à la sous-traitance inexpérimentée et pas toujours adéquate, les manipulations dangereuses banalisées, la précarisation de l'emploi, le stress... etc... tout est là... On ne se demande même plus s'il y aura

un autre AZF ou un autre Nitrochimie, on se demande juste "où et quand"...

— Le gouvernement veut modifier les règles de classement des entreprises Seveso, pour quelle raison ? • M.C : Officiellement, il s'agit de faire face à la crise, en favorisant une installation plus rapide des entreprises. Ce projet de loi est issu du plan de relance gouvernemental déposé par messieurs Fillon et Devedjian en décembre dernier, et les décrets d'application vont tomber dans les jours qui viennent. Il est indiqué dans le projet de loi que "pour faciliter lʼimplantation de sites industriels, il faut simplifier les règles portant sur les installations classées pour la protection de lʼenvironnement (ICPE) en créant un troisième régime, intermédiaire entre la déclaration et lʼautorisation." (1) En effet, pour ce qui touche aux matières dangereuses, en règle générale, le temps d'accomplir toutes les démarches obligatoires et les vérifications, il faut environ 18 mois pour qu'une installation soit autorisée. La réforme du système de classement doit leur permettre de s'installer en six mois. L'idée générale du projet étant donc de créer une classification intermédiaire. Pour faire simple, cette modification va permettre à environ 50 % des entreprises classées SEVESO 2 "seuil haut" (entreprises reconnues très dangereuses) de descendre de catégorie, et ainsi se soustraire à certaines obligations, comme par exemple les enquêtes publiques, certains plans d'étude des dangers, etc... Enfin bref, on fait plaisir aux industriels, au détriment des salariés,

SEVESO 2, ÇA VEUT DIRE QUOI ?

A directive dite Seveso ou directive 96/82/CE est une directive européenne qui impose aux États membres de l'Union européenne d'identifier les sites industriels présentant des risques d'accidents majeurs. La directive, officialisée le 24 juin 1982, a été modifiée le 9 décembre 1996 et amendée en 2003 la directive 2003/105/CE. Cette directive est nommée ainsi d'après la catastrophe de Seveso qui eut lieu en Italie (1976) et qui a incité les États européens à se doter d'une politique commune en matière de prévention des risques industriels majeurs. La directive SEVESO 2 vise les établissements potentiellement dangereux au travers d'une liste d'activités et de substances associées à des seuils de classement. Elle définit deux catégories d'entreprises en fonction de la quantité de substances dangereuses présentes.

Les entreprises mettant en œuvre les plus grandes quantités de substances dangereuses, dites "SEVESO 2 seuils hauts", font l'objet d'une attention particulière de l'Etat : ● les dangers doivent être clairement identifiés (y compris les effets dominos) et lʼanalyse des risques doit être réalisée ● leur exploitant doit définir une politique de prévention des accidents majeurs et mettre en place un système de gestion de la sécurité pour son application ● des mesures techniques de prévention, élaborées par les inspecteurs des installations classées sur la base d'études de dangers, leur sont imposées par arrêtés préfectoraux dans le cadre d'une procédure d'autorisation. ● un programme d'inspection est planifié par l'inspection des installations classées

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- des plans d'urgence sont élaborés pour faire face à un accident : POI (Plan d'Opération Interne) mis en œuvre par les exploitants, et PPI (Plan Particulier d'Intervention) mis en œuvre par le Préfet en cas d'accident débordant les limites de l'établissement ● une information préventive des populations concernées doit être organisée ● enfin, à l'intérieur des zones de risques définies par l'Etat, les communes sont tenues de prendre en compte l'existence de ces risques pour leur urbanisation future. Les entreprises dites "SEVESO 2 seuils bas" ont des contraintes moindres mais doivent élaborer une politique de prévention des accidents majeurs. Dans le Nord-Pas-de-Calais, 44 établissements étaient considérés comme Grands SEVESO et 28 comme Petits SEVESO en 2004

des populations, de l'environnement... Alors que jusqu'à présent les lois portant sur la sécurité des sites industriels dangereux avaient permis de faire des progrès en matière de sécurité, de gestion des problèmes, nous entrons dans une démarche de régression que nous allons payer d'une manière ou d'une autre. Il n'y a aucun doute là-dessus ! Il est indispensable que syndicalement, politiquement, des réponses à la hauteur de ce qu'il se passe soient trouvées.

— Vous avez peur lorsque vous passez les portes de votre entreprise ? • M.C : Disons que je ne suis pas toujours tranquille. Vous savez le 29 janvier dernier, jour des grandes manifestations en France pour l'emploi et les salaires, j'ai reçu un coup de fil sur le portable m'informant d'une explosion à Mardyck qui avait fait un mort et plusieurs blessés. Dans ce coup de fil, on ne m'avait précisé le nom de l'entreprise touchée. Jusqu'à ce que je découvre qu'il s'agissait du site de Total, j'ai pensé qu'il s'agissait de Polimeri, mon entreprise. Et pas une seconde je n'ai douté que ça puisse être arrivé. Alors je ne peux pas dire que j'ai peur, car nous nous battons chaque jour à l'intérieur de la boîte pour gagner du terrain sur les conditions de sécurité et de travail, pour être de moins en moins polluants car nous sommes très concernés par l'impact environnemental d'une entreprise comme la nôtre. Nous sommes très vigilants et avons poussé notre entreprise à effectuer multitude de contrôles qui n'étaient pas obligatoires, c'est une bataille de chaque instant, face à des dirigeants qui ne se sentent pas forcément concernés par ces questions. Localement nous essayons de travailler avec les associations écologistes. Vous savez, nous tenons à notre emploi, mais nous tenons aussi à la vie, et on se bat pour que l'impact écologique de notre entreprise soit le moins important possible. Malheureusement si en plus de directions qui ne pensent qu'au profit, le gouvernement enlève le peu de garde-fous qui tiennent encore nos employeurs, les industries chimiques et pétrochimiques n'ont pas fini de faire la une des journaux qu'il s'agisse de catastrophes humaines ou écologiques... Isabelle Guetrelle

1 - Parmi les installations soumises à la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), celles qui engendrent potentiellement des impacts ou dangers notables sont soumises à "autorisation". Les autres sont soumises à "déclaration".


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Calais

SOIT DIT EN PASSANT… ● En rendant public l'audit financier lancé par la

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"Bien sûr beaucoup d'animation, une brocante, des stands, mais aussi l'occasion de multiples rencontres sur le terrain et des discussions avec les militants communistes".

SUCCÈS POUR LA 20 ÉDITION DU RASSEMBLEMENT POPULAIRE AU BOIS CAMPAGNE ème

nouvelle maire UMP de Calais sur les finances de la ville en avril 2008 (notre édition du 13 août), la section du PCF démontrait ainsi le pourquoi d'un secret si bien gardé par la nouvelle municipalité depuis octobre 2008 : la gestion d'avant 2008 par Jacky Hénin et son équipe était ô combien saine… Il n'empêche… alors qu'ils ont eu la possibilité de prendre ainsi connaissance de cette étude payée par les contribuables, certains médias locaux continuent de reprendre les affirmations fausses des élus de Droite. Sans aucun doute au nom de la liberté de "désinformer" !

● Dans l'édition du dimanche 9 août, les lecteurs

de "Nord Littoral" et de "La Voix du Nord" ont découvert les pages de publicité sur les Jeux Olympiques 2012 notamment payées par le SMCO (Syndicat Mixte de la Côte d'Opale). Il s'agissait d'y développer l'idée de la Côte d'Opale comme base arrière de préparation internationale des prochains Jeux Olympiques en y indiquant que cette opération avait été (en 2007) lancée par notamment Michel Delebarre et un certain Jacky Hénin ! Et pourtant "Nord Littoral" continue de développer des articles donnant cette paternité à l'ex PS Philippe Blet devenu en 2008 Président de l'Agglomération du Calaisis. Ça c'est du journalisme !

● Le 9 juillet dernier, Bertrand Péricaud, secrétai-

"Des stands de jeux comme dans toute fête populaire. Celui du casse têtes fut particulièrement apprécié pour "dégommer" Natacha Bouchart, Nicolas Sarkozy ou François Fillon".

"Comme une réponse aux manœuvres de la nouvelle municipalité de Droite qui visaient à priver le PCF des moyens matériels pour tenir sa fête annuelle au "Bois Campagne" dans le quartier du Beau Marais (ZUP de Calais)… les habitants sont venus en "Près de 200 "Liberté 62" diffusés, des adhésions au PCF, stand nombre, samedi 15 août dernier. Près de 6 000 comme l'a même et dédicaces des éditions "Le Geai Bleu" avec l'écrivain Pierre Outteryck”. (Notre photo, ici avec Ernest Lhote). constaté "La Voix du Nord" !

L’actualité de la semaine selon Babouse

re de la section du PCF, était convoqué au Commissariat suite au dépôt d'une plainte de la maire UMP de Calais, le 15 juin dernier, auprès du Procureur de la République. Au dossier, une seule photo d'autocollants "Front de Gauche" sur un horodateur municipal et sans doute apposés là pour la campagne des européennes, du 7 juin dernier, par des partisans du "Front de Gauche"… On verra la suite que va donner le Procureur de la République… D'autant plus qu'en 2008 le Procureur avait "classé sans suite" la plainte déposée par le PCF sur l'affichage illégal (article L 90 du code électoral) des affiches officielles du candidat FN (plainte déposée pourtant par avocat et avec constat d'huissier).

● En sa page 5 ("Vie économique") du 10 juillet,

le quotidien explique que "le chômage monte en 2008 à Calais". Sur cette question du chômage, l'équipe Bouchart avait mené toute une campagne démagogique aux dernières Municipales, s'engageant à créer des milliers d'emplois… L'article du journaliste de “La Voix du Nord” indique : "Après avoir baissé incessamment depuis 2006, passant de 15,6 % à 13,4 % en septembre 2008, le taux de chômage est remonté fin 2008 à 13,8 %… et les prévisions que le 1er trimestre 2009 annoncent d'ores et déjà une très forte hausse…". Et de poursuivre que : "les projets de recrutement pour 2009 sont de 49,8 % de moins qu'en 2008". Bref tout s'améliore avec l'UMP aux commandes !

● Il se murmure dans des bureaux de la

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Communauté d'Agglomération du Calaisis que son actuel Président, l'ex PS Philippe Blet (passé en 2008 à l'équipe UMP de Bouchart pour devenir également 1er adjoint à Calais) "loucherait" du côté de la 7ème Circonscription prochainement redécoupée (et qui comprendrait alors les villes de la Communauté d'Agglomération). Gilles Cocquempot, actuel député PS de la circonscription, aurait demandé l'arbitrage de la Fédération et de Daniel Percheron, mais pas celui de Natacha Bouchart qui s'y verrait bien aussi !


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Échos département

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CENTRE HOSPITALIER DE BOULOGNE-SUR-MER :

LE SYNDICAT CGT DES PERSONNELS DE LA BNP PARIBAS (ARRAS) :

"LA SANTÉ N'EST PAS UNE MARCHANDISE"

“LES LEÇONS DE LA CRISE NE SERVENT À RIEN”

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RIC Corbeaux, Conseiller régional, spécialisé sur les questions de santé, a interpellé le Préfet concernant la suppression de l'activité de radiothérapie du Centre Hospitalier de Boulogne, dont l'activité, avec moins de 600 actes par an, ne serait pas assez rentable. Les personnes atteintes d'un cancer et devant bénéficier de soins par radiothérapie, devront dorénavant se faire soigner dans une clinique de la même ville. Cette décision va concentrer cette activité dans le secteur privé. Ne risque-t-on pas de provoquer des temps d'attente trop long pour les usagers ? Les dépassements d'honoraires du secteur privé seront-ils pris en charge par les patients ou par la sécurité sociale ? Cette logique de rentabilité dans les hôpitaux se fait au détriment des parcours de soins, au détriment de la santé des Français. Elle découle de la Loi Bachelot, qui incite à fermer des services, des maternités, voir des hôpitaux entiers. Nous devons refuser le transfert des activités de l'hôpital public vers le privé. L'exemple de Boulogne est, à ce titre, révélateur. Les usagers sont appelés à signer la pétition disponible dans le hall d'accueil de l'hôpital public de Boulogne pour y maintenir un service de radiothérapie.

C'est d'autant plus indécent que :

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A CGT a appris lors de la dernière réunion du Comité Central d'Entreprise les bons résultats du second trimestre dont nous ne pouvons que nous féliciter. Il est fort dommage cependant que la Direction de l'Entreprise n'ait pas été aussi prolixe sur le milliard d'euros provisionné pour ses Traders de Corporate Investment Banking qu'elle a pu l'être sur le commentaire de ses résultats. Nous souhaitons cependant rappeler : ● que ce résultat est le fruit des efforts demandés à l'ensemble

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des salariés du groupe soit près de 40 000 personnes, ● que la rémunération de la plupart des techniciens et cadres n'est pas à la hauteur de la réputation d'un grand groupe tel que BNP PARIBAS, et en tout cas certainement pas à la mesure de leur implication dans l'entreprise. Nous ne pouvons que constater que les effets de la crise économique ne sont vraiment pas les mêmes pour tout le monde, puisque la manne financière de 1 milliard d'euros ne profitera en réalité qu'à quelques centaines de salariés.

● Nos dirigeants ne cessent de clamer partout que des économies de coûts sont nécessaires, ● Que la Banque envisage d'externaliser des filières entières de back office, ● Qu'elle souhaite poursuivre les restructurations dans les services après vente à marche forcée, Qu'elle anticipe les gains de productivité en réduisant le nombre de salariés, ● Qu'elle n'a de cesse de vouloir mutualiser avec d'autres banques des plate-formes de production, Qu'elle n'a de cesse de parler de maîtrise des coûts salariaux. La CGT n'oublie pas non plus que BNP PARIS a bénéficié du soutien de l'Etat à travers des fonds publics censés "sauver" notre institution bancaire, laquelle ne semble pas se porter aussi mal qu'on aurait aimé nous le faire croire ! Les leçons de la crise n'ont donc malheureusement pas été tirées, et nous ne pouvons que le déplorer. Nous dédions ce communiqué à tous les salariés qui ont du mal à finir les fins de mois, à tous ceux dont les emplois sont supprimés, à tous les précaires, et à tous ceux qui ont à subir les conséquences de la politique d'octroi des crédits en vigueur aujourd'hui.

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ÉTAPLES : UN MORT, DEUX BLESSÉS

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L'effondrement de la passerelle pose la question d'une prévention totale sur les lieux de travail

ES industries de la construction se classent parmi les secteurs où les salariés sont les plus exposés aux risques dʼaccidents du travail et aux produits nocifs et où les conditions de travail sont les plus mauvaises." Ces interjections de la CGTConstruction viennent corroborer ce qui s'est passé samedi 15 août dernier en gare SNCF d'Étaples, où l'effondrement d'une passerelle en béton a fait un mort et deux blessés graves. Cet accident plonge toute le profession dans le désarroi le plus total, et c'est encore toute une corporation qui paie un lourd tribut, mourir au travail. Alors que les progrès technologiques en matière d'édification de ponts et de passerelles connais-

sent un saut qualificatif des plus significatifs, ces dernières années avec l'arrivée massive de matériels informatiques sophistiqués, l'heure est aux multiples interrogations et questionnements. Vécu difficile

Au vécu et aux conditions de travail difficiles, aux salaires et reconnaissance professionnelle au rabais des salariés de la construction et du BTP, la protection élémentaire sur les lieux de travail rebondit sur la garantie et la protection de tous sur les chantiers. La passerelle piétonne qui s'est affaissée à la gare d'Etaples était encore en travaux ; la société Norpac, filiale de Bouygues Construction avait la responsabilité de son édification. Aujourd'hui, le personnel, toujours sous le choc, veut connaître la vérité ; en aucun

PRÉVENTION DES RISQUES :

LES REVENDICATIONS DE LA CGT

● Élargissement de la mission des CHSCT aux salariés des entreprises extérieures et aux intérimaires ; ● Création de CHSCT de site ou de localité ; ● Attribution de moyens matériels, financiers et en temps supplémentaires adaptés à nos professions pour les CHSCT ; ● Libre accès des membres des CHSCT à tous les lieux de travail, sans restriction dʼaucune sorte ; ● Développement des coopérations entre les différentes institutions de prévention (CRAM, OPPBTP, Médecine du travail, Inspection du travail, INRS, CHSCT, Syndicats ...) et lʼaccroissement de leurs moyens. L'ouvrier décédé avait 28 ans de présence dans l'entreprise

L'ouvrier décédé, âgé de 57 ans, marié et père de trois enfants, travaillait depuis 28 ans pour la société Norpac. "Les ouvriers étaient en train de travailler sur cette passerelle de 50 mètres de long lorsqu'elle s'est effondrée sur la moitié de sa longueur", indique la gendarmerie.

Trois des quatre ouvriers, qui se trouvaient à environ cinq à six mètres de hauteur, ont réussi a sauter, mais pas le dernier qui est décédé. Les voies étaient fermées jusqu'au 17 août pour permettre la construction de cette nouvelle passerelle, plus haute que la précédente, notamment pour permettre le passage des TGV. Quinze ouvriers en tout travaillaient sur ce chantier, selon les secours, qui estiment pour leur part que l'ouvrier décédé se trouvait sous la passerelle lorsqu'elle s'est effondrée, alors que les trois autres se trouvaient dessus. Les onze autres ouvriers ont été pris en charge par une cellule de soutien psychologique. En ce qui concerne la circulation des trains, cet accident "n'a pas d'impact au niveau du week-end, car les travaux étaient prévus", selon une porte-parole de la SNCF, ce qu'a confirmé la préfecture, indiquant que la circulation des trains avait été interrompue de manière préventive pour permettre aux travaux de se dérouler. Les travaux avaient lieu le week-end et la nuit pour limiter la gêne sur le trafic, a précisé la porteparole de Norpac.

cas, il ne s'agirait de faire payer un quelconque lampiste. Les procédures d'enquête technique et administrative sont longues, très longues, et les interrogations des salariés portent sur la résorption durable des accidents du travail alors que la politique patronale tourne le dos à la plus élémentaire des sécurités. Quelle place est donnée aux CHSCT ? Fréquemment, c'est une bataille de longue haleine qui est menée par les syndicalistes pour imposer la mission précise du comité de sécurité. Leurs rapports entraîne la responsabilité des salariés ; ils sont court-circuités par les direc-

tions car il faut à tout prix gagner du temps. Cette notion du temps est en permanence un registre qui fait craindre le pire. Était-ce le cas chez Norpac à Étaples ? Toutes les interrogations sont actuellement entre les mains des experts. Les salariés, eux, poussent plus loin la réflexion sur les véritables droits en matière de sécurité sur les lieux de travail. L'effondrement de la passerelle pose la question récurrente d'une prévention totale des risques d'accidents du travail. C'est une priorité d'intérêt général. Pierre Pirierros

EDF : UNE HAUSSE DES TARIFS D'ÉLECTRICITÉ DANS LE CONTEXTE DE PRIVATISATION

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La fédération CGT de l'Energie déplore, la hausse des tarifs réglementés de l'électricité, qui selon elle ne sera "pas sans incidences sur les entreprises notamment en matière d'emploi".

Liberté 62 n°875 - Le 21 Août 2009

ES nouveaux tarifs ont été publiés vendredi au Journal officiel. Ils augmenteront à partir du 15 août de 1,9 % en moyenne pour les particuliers, de 4 % pour les petites et moyennes entreprises (PME) et de 5 % pour les grandes entreprises. Cette hausse "intervient dans une période marquée par la crise avec des conséquences tant pour les usagers domestiques que pour les entreprises", et ne sera notamment "pas sans incidence sur les entreprises utilisatrices de l'électricité, notamment - 13 -

en matière d'emploi, quand on sait qu'il y a 15% de fermetures supplémentaires de PME par rapport au second trimestre 2008". Derrière une augmentation moyenne d'apparence limitée, il y aura en fait des augmentations importantes pour certains usagers. Pour la CGT, "les investissements d'EDF, entreprise contrôlée par l'Etat, doivent être discutés à l'Assemblée nationale car il y a une différence de taille entre des besoins pour construire des nouveaux moyens de production, sécuriser le réseau et jouer au

Monopoly à l'international. L'Etat actionnaire devrait aussi cesser de prélever près de deux milliards d'euros de dividendes par an, soit quatre fois l'effet de cette augmentation des tarifs." Le syndicat regrette que les employeurs des Industries électriques et gazières (IEG) aient mis en avant "une évolution négative des prix à la consommation", pour justifier des faibles augmentations de salaires en 2009, alors que "cette logique n'a pas été appliquée pour les tarifs de l'électricité".


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Sciences et Techniques LES PARTENAIRES D’OPENVIBE

M N CJ

La conduite du projet OpenViBE a été menée grâce à lʼassociation de plusieurs laboratoires de recherche de notre pays. LʼINRIA

Lʼéquipe Bunraku du centre INRIA de Rennes a assuré la coordination du projet et du développement du logiciel OpenViBE. Les chercheurs de lʼINRIA ont apporté leur expertise scientifique pour la conception des techniques de traitement des signaux cérébraux, et des techniques dʼinteraction avec les mondes virtuels (réalité virtuelle, jeu vidéo).

LʼINSERM

Inserm-u821 «Dynamique Cérébrale et Cognition» à Lyon a participé aux développements informatiques du logiciel OpenViBE, et a étudié différents marqueurs électrophysiologiques de lʼactivité cérébrale pouvant êtres facilement détectables en temps réel par lʼordinateur et manipulables par lʼutilisateur.

LE CEA LIST

Lʼéquipe du CEA LIST à Saclay a développé des algorithmes de traitement du signal multivoies pour analyser en ligne les électro-encéphalogrammes et en extraire, par exemple, la réponse cérébrale à des stimulations visuelles ou auditives.

LʼAFM

Association Française contre les Myopathies A apporté son conseil et son expertise dans le domaine de lʼassistance aux personnes handicapées, en permettant notamment aux chercheurs dʼêtre au fait des besoins des utilisateurs handicapés.

LE GIPSA LAB

Les chercheurs du Département Images et Signal ayant participé au projet OpenViBE ont apporté leur expertise notamment au niveau du traitement statistique du signal et en séparation de sources pour les interfaces cerveau ordinateur et le neurofeedback1.

FRANCE TELECOM R&D

Dans le cadre dʼOpenViBE, France Télécom R&D a contribué aux avancées du projet dans le domaine du traitement du signal, et dans lʼoptimisation des Interfaces Homme-Machine pour faciliter lʼutilisation de services de télécommunication (téléphonie, télévision numérique, Internet, etc.) par des personnes handicapées.

1 Neurofeedback : cette tâche consiste à demander à une personne d'autoréguler son activité cérébrale mesurée à l'aide de certaines composantes électrophysiologiques.

BONNES VIBRATIONS

En cette année du quarantième anniversaire du festival de Woodstock, les plus anciens se souviennent peut-être de cette période «hippy-planante» et psychédélique. La recherche des «bonnes vibrations», «good vibes», était à la mode. Divers moyens, discutables, étaient utilisés pour se rapprocher des autres par la pensée. La transmission de pensée nʼest pas encore à lʼordre du jour. Mais, communiquer avec un ordinateur grâce aux vibrations qui sont émises par son cerveau si. Cʼest ce que plusieurs équipes de recherche françaises ont mis au point au cours des quatre dernières années.

V

OUS nʼavez pas pu échapper à la publicité télévisuelle de cet opérateur Internet «libre» qui vous présente ce jeune homme barbu qui «a tout compris». Dans le dernier épisode de la mini saga, il se dit persuadé que lʼon doit pouvoir communiquer entre nous sans lʼinterface dʼune machine. La réalité le ramène à lʼutilisation du wi-fi avec la «boîte» de la marque pour toutes les applications et communiquer sans fil à lʼintérieur de sa demeure. Pourtant, son père, chilom, apparemment vide, à la main, semble avoir capté son appel silencieux et fait une entrée dans sa maison. Chute cocasse, supposée ramener au réel de la seule communication entre appareils par lʼintermédiaire de rayonnements infra rouges. Pourtant, la réalité dʼaujourdʼhui dépasse les conclusions de cette petite fiction. Les interfaces ne sont plus réservées à la relation entre un ordinateur et ses périphériques, elles peuvent relier le cerveau dʼun utilisateur à son ordinateur. Interfaces

Les interfaces cerveau ordinateur sont des systèmes permettant de traiter les signaux électriques liés à l'activité cérébrale et de les traduire en commande pour des machines. Elles permettent ainsi à une personne de communiquer avec un ordinateur ou tout système automatisé sans utiliser ses mains pour activer un bouton ou une télécommande, sans recourir à un moyen moteur. Ces interfaces offrent de multiples perspectives en termes dʼapplication, que ce soit dans le domaine de la santé ou dans celui du multimédia. OpenViBE

Pour répondre à ces perspectives, plusieurs équipes de chercheurs français, regroupées autour de lʼINRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique) ont mené le projet OpenVibE, premier projet de recherche multipartenaires à dimension nationale consacré à ce domaine. Résultat : la mise au point dʼun logiciel gratuit aux applications prometteuses et de nombreuses avancées scientifiques dans des domaines variés (traitement du signal, Neurosciences, réalité virtuelle,). Les interfaces cerveau ordinateur ouvrent de multiples perspectives en termes dʼapplications. Elles peuvent êtres utilisés pour lʼassistance à des personnes handicapées motrices (en particulier les personnes entièrement paralysées mais conscientes), dans le multimédia (pour le jeu vidéo ou la réalité virtuelle), et de manière plus générale pour faciliter toute interaction avec un système automatisé (en robotique, en domotique...). Elles ouvrent également des possibilités de traitement de certains déficits neu-

rologiques (troubles de lʼattention, récupération motrice après accident vasculaire cérébral, par exemple). Lien cerveau ordinateur

Une interface cerveau ordinateur ou ICO (en anglais Brain-Computer Interface ou BCI) permettent à son utilisateur dʼenvoyer des commandes à un ordinateur ou à une machine directement à partir de son activité cérébrale. On peut mesurer lʼactivité cérébrale à lʼaide dʼélectroencéphalogrammes (ou EEG), qui utilisent des électrodes situées à la surface de la tête pour capter lʼactivité électrique du cerveau. Lʼactivité cérébrale électrique se propage et peut être mesurée sous forme de signaux électriques au niveau du cuir chevelu, à la surface du crâne. Pour utiliser une interface cerveau ordinateur, il suffit dʼenfiler un casque EEG doté dʼélectrodes reliées à un boîtier facilitant la mise en relation de lʼactivité électrique cérébrale avec l'ordinateur. Le nombre dʼélectrodes varie selon les fonctions du cerveau sollicitées et le type dʼapplication recherché. Une fois cet équipement prêt et installé, lʼapplication peut démarrer. Complètement non invasif, ce principe est le plus fréquemment utilisé.

Six phases complexes

Ce nouveau processus de «commande à distance» suit un déroulement en six phases complexes. Il faut tout dʼabord mesurer lʼactivité cérébrale avec les machines dʼacquisition de type l'activité électroencéphalogramme. Les signaux cérébraux doivent ensuite êtres identifiés et filtrés afin de les séparer des nombreux signaux parasites liés aux mouvements, à lʻactivité musculaire ou à lʼenvironnement électrique dans lequel se trouve le sujet. Cette filtration permettra de conserver les seuls signaux utiles. Ils seront ensuite classés de façon à identifier lʼactivité mentale liée à lʼaction souhaitée. Cet ordre sera traduit puis envoyé à lʼordinateur. Lʼutilisateur verra alors le résultat de sa commande mentale ce qui lui permettra dʼaméliorer sa performance. Un logiciel gratuit

Le fruit de quatre années de recherche pluridisciplinaires publiques se présente sous la forme dʼun logiciel gratuit. Il sʼadresse aussi bien à un public dʼinitiés (laboratoire de recherche en traitement du signal, chercheurs neurophysiologistes pour lʼexploration de «ordres» de haut niveau. Avec cette technique, lʼutilisateur peut sélectionner progressivement sa destination finale par un enchaînement de choix binaires gauche droite. En plus de ces deux commandes, il peut annuler n'importe lequel de ses choix à l'aide de mouvements imaginés des pieds. Une fois qu'un point de navigation a été sélectionné, l'application se charge d'emmener automatiquement l'utilisateur jusqu'à sa destination, et il peut profiter pleinement de la visite.

LE MUSÉE VIRTUEL :

Exemple dʼune application OpenViBE permettant une navigation par la pensée Le «Musée virtuel» est une application qui permet à lʼutilisateur de se déplacer dans un musée «par la pensée» en utilisant trois commandes mentales : mouvements imaginaires des pieds, de la main droite, ou de la main gauche. Pour exploiter ce petit nombre de commandes, cette application innovante met en œuvre une nouvelle approche, de façon à ce que lʼutilisateur envoie des - 14 -

nouveaux marqueurs de lʼactivité cérébrale mesurables et modulables en temps-réel) que de non-spécialistes : médecins cliniciens (souhaitant simplement utiliser une telle interface dans une application thérapeutique) ou entreprises (développeurs de jeu vidéo utilisant OpenViBE comme périphérique dʼinteraction). Gratuit et ouvert («open source»), le logiciel est directement téléchargeable sur Internet : http:// openvibe.inria.fr Des applications prometteuses

Le logiciel OpenViBE propose des applications dans deux grands domaines : le multimédia et la santé. Ainsi, trois prototypes illustrent lʼusage des interfaces cerveau ordinateur pour interagir avec des univers virtuels et des jeux vidéo. Ces applications montrent que lʼon peut utiliser ces interfaces pour piloter des objets virtuels (qui pourraient être réels), par son activité cérébrale, dans différents contextes. Des applications possibles à des prothèses pour paraplégiques sont donc envisageables. Dans le domaine de la santé, un prototype permettant dʼécrire par la pensée a été conçu. Dans un premier temps, il est destiné aux personnes ayant perdu lʼusage de leurs membres et de la parole, mais qui bénéficient encore de toute leur conscience. Ces résultats peuvent êtres reproduits dans dʼautres domaines. Il suffira peut-être demain de penser à éteindre la lumière ou la télé pour que cela se fasse ! La fiction est en marche, partie du virtuel, elle arrive dans notre quotidien pour dépasser la réalité dʼaujourdʼhui. Au cours de ces dernières décennies, les connaissances sur le fonctionnement du cerveau ont fait des progrès considérables, nous y reviendrons prochainement au cours dʼune série dʼarticles. A.C.

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Monde AGHANISTAN : M N CJ

Annonces légales

LE SCRUTIN PRÉSIDENTIEL, UN TEST POUR L'OTAN

Le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de Sécurité en 2001 et assumée aujourd'hui par lʼOTAN est dramatique : le pays sʼenfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère. Le terrorisme sʼest développé. Il manque toujours près de la moitié des aides internationales promises, soit 10 milliards de dollars, tandis que dʼénormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction. Lʼusage de la force est un échec. Il est temps de mettre en œuvre une solution politique internationale, qui donne la priorité à lʼaide dʼurgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan. Un retrait rapide des troupes de lʼOtan sʼimpose.

A

U DELÀ des victimes dont on p e u t craindre quʼelles seront plus nombreuses, la décision dʼenvoyer des renforts est le signe dʼun alignement inacceptable sur la politique des Etats-Unis. La réintégration du commandement militaire de lʼOtan par la France de Sarkozy va dans le même sens. La France ne doit pas endosser la vision manichéenne de «la guerre des civilisations» qui domine à lʼOtan et ainsi renoncer à faire prévaloir une politique indépendante, pour la primauté du droit international et contre la guerre. Elle risque dʼentraîner toute lʼUnion européenne à ne devenir quʼun simple «pilier européen» de lʼOtan, source de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux. Le scrutin du 20 août est aussi marqué par la fraude ; le président sortant Hamid Karzaï, est le meilleur atout des ÉtatsUnis, puisqu'il a été mis en place par les "stratèges" de Washington. 64 % des Français opposés à l'intervention militaire française

Près des deux tiers des Français (64 %) sont opposés à lʼintervention militaire française en Afghanistan, tandis quʼun tiers (36 %) lʼapprouve, selon un sondage Ifop. Les Français sont de moins en moins convaincus que la présence de troupes occidentales est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international. Ils étaient 66 % à le penser il y a un an, ils sont 50 % aujourdʼhui. Attentats, voitures piégées...

Nouvelle attaque kamikaze à Kaboul contre les forces de lʼOTAN. Une voiture piégée a explosé hier matin au passage dʼun convoi de ravitaillement des forces occidentales sur la route reliant la capitale afghane à Liberté 62 n°875 - Le 21 Août 2009

AVIS D'APPEL PUBLIC À LA CONCURRENCE

DÉNOMINATION ET ADRESSE DE LA COLLECTIVITÉ PASSANT LE MARCHÉ : Monsieur le Maire Hôtel de Ville Place Jean-Jaurès 62680 Méricourt Tél. : 03 21 69 92 92 - Fax : 03 21 40 08 96 UNITÉ MONÉTAIRE : Unité monétaire souhaitée par l'organisme qui passe le marché : euro(s) MODE DE PASSATION : Procédure adaptée OBJET DU MARCHÉ : AFFAIRE 09S0023 Etablissement d'un diagnostic d'éclairage public et du Dossier de consultation d'entreprises (D.C.E.) Lot(s) : 01 : Lot unique Tranche(s) : Sans objet Variantes autorisées : NON DÉLAI D'EXÉCUTION ENVISAGÉE : Date de début de réalisation : 01/10/2009 Date de fin de réalisation : 01/01/2010 Durée du (des) marché(s) : 3 mois MODALITÉS D'OBTENTION DU DOSSIER : Les candidats peuvent télécharger le dossier de consultation des entreprises à l'adresse suivante : http://www.mairie-mericourt.fr Adresse de retrait : Mairie de Méricourt Secrétariat général Hôtel de Ville Place Jean-Jaurès 62680 Méricourt Tél. : 03 21 69 92 92 - Fax : 03 21 40 08 96 Par voie électronique, postale ou contre récépissé Remise des offres sous référence : 09S0023 Date limite : vendredi 11 septembre 2009 à 10h00 Justifications et pièces à produire : 1ère enveloppe Les renseignements demandés aux 43 à 47 du CDM Habilitation à représenter le personne morale 2ème enveloppe Acte d'engagement Règlement de consultation Devis descriptif et estimatif Cahier des Clauses Particulières Les plans DÉLAI D'ENGAGEMENT : 60 jours RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES : Renseignements : Correspondant : Mme Delphine Andrzejczak Adresse : Mairie de Méricourt Secrétariat général Hôtel de Ville Place Jean-Jaurès 62680 Méricourt Tél. : 03 21 69 92 92 Fax : 03 21 40 08 96 Courriel : marchespublics@mairie-mericourt.fr URL : http://www.mairie-mericourt.fr DATE D'ENVOI DE L'AVIS D'APPEL PUBLIC À LA CONCURRENCE : Lundi 17 août 2009 ------------

AVIS DE CONSTITUTION

Jalalabad, près dʼune base militaire britannique. Bilan de la déflagration : sept morts civils, dont deux employés de lʼONU et cinquante-deux blessés. Des soldats de la force internationale de lʼOTAN -ISAF ont été tués et plusieurs blessés. Cette attaque a été revendiquée au téléphone par un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahed. Quelques heures avant, deux roquettes sʼétaient abattues sur le centre-ville, lʼune sur le palais présidentiel et lʼautre sur le quartier général de la police afghane, sans faire de victimes. Par ailleurs, toujours dans le courant du mardi 18 août, un autre attentat suicide a tué trois soldats afghans et deux civils dans la province de lʼOruzgan où sont déployées les forces françaises. La veille, lundi, un candidat aux élections provinciales a été tué dans la province de Jawzan, dans le nord du pays, portant à quatre le nombre de candidats exécutés par les talibans. Et ces attaques ont eu lieu moins de trois jours après celle visant le siège du commandement de lʼOTAN à Kaboul ! Les talibans multiplient les attaques et renouvellent leurs avertissements à la population afghane. «Lʼémirat islamique informe à nouveau tous ses compa-

triotes que personne ne devrait prendre part à ce processus de dupes orchestré par les Américains. Il faut au contraire le boycotter», affirment-ils dans un communiqué publié hier. «Tous les moudjahidin doivent conduire leurs opérations contre lʼennemi dʼaprès le programme qui leur a été assigné, pour faire échouer ce complot des ennemis de lʼIslam contre le pays» ajoutent-ils. «Si quiconque est blessé par les moudjahidin parce quʼil a participé aux élections, il en sera lui-même responsable car les moudjahidin lʼauront prévenu à plusieurs reprises», avertit le communiqué avant de conclure quʼ«à lʼexception de quelques grandes villes et des capitales de certaines provinces, il sera impossible de tenir les élections». Une menace se précise contre la crédibilité du scrutin. De lʼaveu même de la Commission européenne qui a dépêché sur place des observateurs chargés de superviser les opérations de vote, les «irrégularités dans la procédure dʼenregistrement» des électeurs créent «un potentiel de fraude». Même constat de lʼONG de défense des droits de lʼhomme, selon laquelle «les problèmes dʼenregistrement dʼélecteurs, le vote dʼune - 15 -

même personne plusieurs fois (…), le bourrage des urnes ou encore lʼenregistrement frauduleux des résultats par du personnel de la commission électorale sur le terrain pourraient saper la légitimité des résultats». La sécurité des électeurs ne sera pas améliorée par la présence de groupes armés qui pourraient ouvrir la voie à des fraudes ou des intimidations. 128, boulevard Basly 62300 Lens 03 21 74 89 89 Fax : 03 21 74 89 88 E-Mail : Liberte.62@wanadoo.fr

S.A.R.L. D’ÉDITION PRESSE HEBDO SARL au capital de 7.622,45 euros SIR 389 113 333000 22 Banquet Scalbert-Dupont 62300 Lens n°229 100 105 390 • Gérant Directeur de la publication : Hervé Poly • Responsable du Comité de Rédaction : Hervé Poly. Commission paritaire : n°83075 Dépôt légal : ISSN 160-822 X. Publicité : • MULTIPUB, SARL DʼÉDITIONS PRESSE HEBDO au capital de 7.622,45 euros • Comédiance : 32, rue Jean-Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex. Journal dʼannonces légales. Montage et photogravure : Liberté62. Membre inscrit à « Diffusion Contrôle » Bureau de la presse payante : OJD Imprimé à l’imprimerie de l’Avesnois L’Observateur, rue Pierre Charpy à Avesnes/Helpe.

Il a été constitué une Société présentant les caractéristiques suivantes : Dénomination : AIDE PERSONNALISÉE FAMYLI KORP Forme : SARL Capital : 3.000 euros Siège social : 143 rue du 4 Septembre 62800 Liévin. Durée : 99 ans. Objet : Aide à la personne, ménage, jardinage, bricolage. Gérant : Monsieur LIKO Ludovic - demeurant 143 rue du 4 septembre 62800 Liévin. Immatriculation au RCS de Arras. ------------

AVIS DʼAPPEL PUBLIC A LA CONCURRENCE

Identification de lʼorganisme qui passe le marché Nom et adresse officiels de lʼorganisme acheteur : MAIRIE de BILLY-MONTIGNY Adresse : Rue Jean Jaurès 62420 BILLY-MONTIGNY Tél: 03.21.13.81.13 Fax: 03.21.13.81.21 Personne représentant le pouvoir adjudicateur : Monsieur le Maire de Billy-Montigny Objet du marché : Organisation dʼun séjour de classe de neige pour les enfants des écoles primaires – Année 200092010 Mode de passation : Procédure adaptée selon lʼarticle 28 du Code des Marchés Publics. Les candidatures et les offres seront entièrement rédigées en langue française ainsi que les documents de présentation associés. Unité monétaire utilisée : lʼeuro Conditions de participation Critères de recevabilité et de sélection des candidatures : ceux fixés dans le règlement de consultation Critères dʼattribution Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction : - Valeur technique 50 Points - Prix du séjour unitaire par enfant 45 Points - Prix du séjour par élu 5 Points Conditions de délai Date limite de réception des offres : 7 septembre 2009 à 12:00 heures Délai de validité des offres : 120 jours Conditions de retrait des dossiers de consultation : Mairie de Billy-Montigny Service Marchés Publics Rue Jean Jaurès 62420 BILLY-MONTIGNY Tél : 03.21.13.81.10 Fax : 03.21.13.81.21 Conditions de remise des candidatures ou des offres : Les offres seront adressées par lettre recommandée avec accusé de réception ou déposées sous enveloppe contre récépissé en Mairie de BillyMontigny, Hôtel de Ville, Rue Jean Jaurès, 62420 BILLY-MONTIGNY. Renseignements dʼordre technique et/ou administratif : Tél : 03.21.13.81.10 Date dʼenvoi du présent avis : 19/08/2009


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Fête de l’Humanité DEEP PURPLE, LES "FONDATEURS" DU HARD ROCK M N CJ

DE LA FÊTE DE "L'HUMA" AUX SCÈNES DU MONDE ENTIER

Deep Purple est créé en 1968. Ce quintette a été l'une des figures de proue du mouvement hard rock, à l'instar de Led Zeppelin et de Black Sabbath. En effet, ces trois groupes passent pour être les «pères fondateurs» du hard rock. Le groupe a fréquemment changé de style au cours des années, mais a toujours été constitué de musiciens de haut niveau. Certaines incarnations de Deep Purple ont amené des aspects du jazz, du funk avec Tommy Bolin et du classique (par l'intermédiaire de Jon Lord avec son Concerto for Group and Orchestra) dans un contexte rock dû à la fréquente utilisation de leurs chansons comme modèles de solos sophistiqués.

T

RÈS présent sur la scène rock des années 1970, Deep Purple s'est imposé par des albums et des concerts mettant en valeur la force technique de ses musiciens, notamment en matière d'improvisation et de soli. Issus d'influences diverses, incluant aussi bien la musique classique que le rock énergique, les aspects baroques du style de Deep Purple ont touché un large public. Pourtant, ses détracteurs lui ont reproché un excès d'exhibitionnisme et des prestations flamboyantes à la limite de la mégalomanie. Selon une mode assez répandue à l'époque, les musiciens détruisaient parfois du matériel sur scène, après d'interminables solos d'orgue ou de guitare : seul Ritchie Blackmore l'a fait, Steve Morse jamais. Ces destructions n'étaient pas une habitude du groupe et furent sporadiques.

titres plus percutants comme Vavoom - Ted The Mechanic. Outre un nouveau style (il n'est pas de la même génération que Blackmore, il n'est pas Anglais et ne descend donc pas du British Blues Boom), le guitariste Steve Morse, plusieurs fois élu meilleur guitariste par le magazine Guitar Player, permet au groupe d'interpréter sur scène des morceaux dont Ritchie Blackmore ne voulait pas entendre parler, entre autres When A Blind Man Cries ou encore Pictures of Home, ainsi que plusieurs morceaux de Fireball, qui demeure par ailleurs l'album préféré de Ian Gillan. L'album Abandon suivra en 1998

Roundabout et les débuts

Le groupe s'est initialement formé, en 1967, d'abord sous le nom de Roundabout, avec Ritchie Blackmore à la guitare et Jon Lord à l'orgue Hammond. Rapidement, l'arrivée du chanteur Rod Evans, du bassiste Nick Simper et du batteur Ian Paice conduisent à la première formation de Deep Purple, au printemps 1968. Une reprise du titre Hush de Joe South, en single sera leur premier succès (4 aux USA), extrait de l'album Shades of Deep Purple. Influencé par Vanilla Fudge, Purple est considéré comme un groupe pop, reprenant des titres connus dans un style assez lourd. Ils continuent dans "the book of Talyesin". Le 3éme opus appelé "Deep purple" contient des prémisses de hard rock, ainsi qu'un mini concerto "April" ou se marient harmonieusement pour une unique fois, rock et musique classique. Pourtant, Purple reste quasiment inconnu en Angleterre. Le Mark II: le succès au rendez-vous

Après trois albums et une tournée aux États-Unis, Ian Gillan devient le nouveau chanteur et Roger Glover prend la place de Nick Simper à la basse. Tous les deux provenant d'Episode Six. Cette formation débutera par une expérience alors inédite dans le monde de la musique qui les fera gagner en renommée, à savoir le Concerto for Group and Orchestra composé par Jon Lord, interprété avec le Royal Philharmonic Orchestra. Mais, c'est un échec musical : l'osmose ne se produisant pas entre les musiciens

classiques et les rockers. Elle produira ensuite les albums essentiels du groupe, Deep Purple In Rock (sorti en juin 1970), Fireball sorti en 1971, et Machine Head (ce dernier comportant leur chanson la plus connue : Smoke on the Water), ainsi que l'album en public Made in Japan, qui reste une référence du genre. Il se trouve toujours dans la tête des divers classements de «meilleur album live». Ce dernier regroupe les meilleures prises d'une série de trois concerts que le groupe a donnés au Japon en août 1972. L'œuvre quasi intégrale est un coffret de trois CD qui s'appelle Live in Japan. En 1972, les "Deep" comme on les appelle dans les cours d'école, tournent pendant 48 semaines dans le monde entier. Leur succès et leur popularité sont au zénith, début 1973. Les tensions s'exacerbent au sein du groupe, principalement entre Gillan et Blackmore. Celles-ci conduiront le vocaliste à quitter la formation, bientôt suivi par le bassiste Glover. Glenn Hughes est alors engagé en tant que bassiste / chanteur, mais Blackmore n'est pas satisfait : il veut un «vrai frontman» et, surtout, il trouve la voix de Hughes trop haute. Tout ceci conduit au recrutement d'un inconnu pour tenir le micro : ils font passer des auditions, deux candidats étaient à départager, l'un ayant une voix trop grave pour le groupe, un écossais Angus Cameron McKinlay et l'autre David Coverdale, qui fondera par la suite Whitesnake.

S'ensuivent deux albums (Burn et Stormbringer) avant que Blackmore ne quitte Deep Purple à son tour, dénonçant la direction «funky» prise par le groupe. Il forme Rainbow avec les musiciens du groupe assurant les première parties de Deep Purple, Elf. Le guitariste américain Tommy Bolin est alors engagé pour remplacer Blackmore. Il amène le groupe à des improvisations sur rythmiques funky, comme le montrent des vidéos pirates des concerts de l'époque. Mais le groupe se sépare après un dernier album (Come taste the band) suivi d'une tournée difficile et, finalement, du décès de Tommy Bolin. Entre 1976 et 1984, chacun vaque à ses occupations : Gillan poursuit sa carrière solo (au sein de son propre groupe le Ian Gillan Band fondé en 1975) avant de rejoindre les grands rivaux Black Sabbath en 1983 pour un album (Born Again) et une tournée controversés (allant même jusqu'à faire jouer Smoke on the Water à Black Sabbath). Glover est un producteur recherché (notamment après le succès du titre Love is All avec entre autres Ronnie James Dio au chant) et offre également quelques disques de son cru. Ritchie Blackmore, lui, est au sommet avec son groupe Rainbow au line-up constamment en changement. David Coverdale a monté Whitesnake, dans lequel passeront Jon Lord et Ian Paice. Jon Lord travaillera avec Tony Ashton sur deux albums, dont un avec Ian Paice, Malice in Wonderland. Il sortira également pendant cette période deux - 16 -

des plus célèbres de ses travaux solos: Sarabande (1976) et Before Forget (1982). 1984...

C'est donc de manière assez inattendue que le groupe se reforme à partir de 1984, dans sa configuration la plus emblématique (Lord/Gillan/ Glover/Blackmore/Paice) pour deux albums, Perfect Strangers et The House of Blue Light. Les tensions n'ont pas disparu pour autant : après deux albums studio, Ian Gillan quitte à nouveau le groupe début 1989 et se trouve remplacé fin 1989 par Joe Lynn Turner, l'ex-membre de Rainbow. Gillan rejoindra à nouveau le groupe fin 1992 pour, cette fois, ne plus le quitter. C'est Ritchie Blackmore qui partira fin 1993 après l'album de la re-formation, The Battle Rages On, orienté hard rock/FM, pour faire de la «musique médiévale» en compagnie de Candice Night (Blackmore's Night) après une brève nouvelle expérience avec Rainbow. C'est le guitariste américain Steve Morse qui est chargé de le remplacer fin 1994 après un intermède live de 8 mois assuré par Joe Satriani. Le renouveau

En 1996, le groupe sort Purpendicular, l'album du renouveau marquée par un retour à une musique plus progressive et à une inspiration plus mélodique avec des titres comme Loosen My Strings, Sometimes I Feel Like Screamin, sans renoncer pour autant à des

À la surprise générale Jon Lord prend sa retraite en 2002 pour se consacrer à des projets plus personnels de musique néo-classique. Désormais composé de Ian Gillan (chant), Steve Morse (guitare), Roger Glover (basse), Ian Paice (batterie), et Don Airey (orgue et claviers) le groupe sort coup sur coup en 2003 et en 2005 deux albums : Bananas et Rapture of the Deep. Occasions de nouvelles tournée mondiales à guichets fermés, dont une saison 2006-2007 riche en dates françaises. En 2008, les quarante ans du groupe voient ses anciens collaborateurs à l'assaut des scènes du monde entier (Jon Lord, Glenn Hughes, Blackmore's Night, Whitesnake) tandis que le quintette poursuit une longue nouvelle tournée européenne. 2009 verra encore le groupe sillonner les scènes du monde entier durant une tournée qui passera par la France en septembre (Fête de l'Humanité) et décembre 2009 (L'Axone Montbéliard). Le groupe a toujours été constitué de cinq musiciens : un chanteur, une guitare, un clavier, un batteur, et une basse. Au début de son existence (dès 1968) le groupe était constitué de Ritchie Blackmore, Jon Lord, Ian Paice, Rod Evans et Nick Simper. Mais la formation la plus célèbre est la deuxième (Mark II), celle des grands succès, qui comprend Ritchie Blackmore, Jon Lord, Ian Paice, Ian Gillan et Roger Glover : que l'on va retrouver en gros tout au long de son existence jusqu'au départ de Blackmore, d'abord remplacé par Joe Satriani le temps d'une saison puis par Steve Morse et le départ de Jon Lord remplacé par Don Airey. À certains moments, certains instruments ont été tenus par d'autres artistes pour des périodes plus courtes. Ian Paice est actuellement le dernier membre d'origine du groupe.

Liberté 62 n°875 - Le 21 Août 2009

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