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SAVERGLASS/ALPHAGLASS

LA BOUFFÉE D’OXYGÈNE VIRE-T-ELLE À L’ASPHYXIE ?

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“CALAIS PORT 2015”

CLAUDE VANZAVELBERG JUGE INCONCEVABLES LES RETARDS ACCUMULÉS PAGE 7

Photo Liberté 62

SOIRÉE CONVIVIALE D’ÉTÉ DES COMMUNISTES DU PAS-DE-CALAIS AUTOUR D’UN BARBECUE LE JEUDI 20 AOÛT À PARTIR DE 18 H Rendez-vous Espace Vert Deleury à Sallaumines (FACE À LA MAIRIE PAR LA RUE DE SOLESMES)

128, B OULEVARD B ASLY - 62300 LENS -T ÉL . 03.21.74.89.89- FAX 03.21.74.89.88 (e-mail : liberte.62@wanadoo.fr) - 1,30

€ - N°874 DU V ENDREDI 14 AU J EUDI 20 A OÛT 2009


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Événement

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“COMMÉMORATION…” UN AMALGAME PORTEUR DE TRAGÉDIES ?

Le 23 septembre 2008, le Parlement Européen a voté une déclaration faisant du 23 août "une journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme".

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Ainsi, les députés socialistes, Catherine Trautmann et Vincent Peillon, les Verts, Daniel Cohn-Bendit et Hélène Flautre, les députés libéraux et conservateurs tels François Bayrou et Pierre Lellouche ont mêlé leurs voix avec les élus du Front National, Le Pen, Lang et Gollnisch…

A date du 23 août n'a pas été choisie au hasard. Elle rappelle le pacte germanosoviétique signé le 23 août 1939 entre l'Allemagne hitlérienne et l'Union Soviétique.

Choix mûrement réfléchi des parlementaires européens mais mémoire particulièrement sélective !

Le pacte de non-agression germano-soviétique, qui permettait à l'URSS d'éloigner momentanément une guerre à laquelle elle n'était pas préparée, était la réponse par les Soviétiques au traité de Munich du 30 septembre 1938. Ce jour-là, les gouvernements français et britannique signaient un traité permettant à Hitler de dépecer la Tchécoslovaquie dont le premier ministre n'avait pas participé aux négociations !

Quelques semaines plus tard, le ministre français de l'Éducation, Jean Zay, était écarté d'une rencontre officielle réunissant le gouvernement français et le ministre des Affaires étrangères nazi, Ribbentrop. Jean Zay était Juif, sa présence déplaisait aux dignitaires du IIIème Reich. D'octobre à juin 1939, une délégation militaire franco-britannique partira à Moscou discuter avec les autorités soviétiques ; cette délégation n'a aucun pouvoir : son seul objectif est de lanterner les "autorités" soviétiques. En septembre 1939, La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne nazie ; les armées alliées demeurent sur la frontière sans déclencher la moindre offensive contre le IIIème Reich, laissant l'Allemagne écraser la Pologne. De septembre 1939 à mai 1940, les états-majors français et britanniques, comme l'a

démontré dans son ouvrage l'historien Bédarida, préférèrent préparer des offensives contre l'Union Soviétique plutôt que de mener la guerre contre l'Allemagne : début mai 1940, les armées allemandes déferleront sur la France ! Mémoire sélective !

Nos parlementaires européens oublient comment, entre autre, la France et le Royaume-Uni organisèrent massacres et guerres coloniales (20 000 morts à Sétif en mai 1945, 80 000 morts à Madagascar en avril 1947…). "La chute du mur" fut-elle la fin de l'Histoire comme l'ont proclamé nombre de politiciens ? Quelques années plus tard, la terrible guerre des Balkans et aujourd'hui, comme en témoignent les dernières élections européennes, la montée d'une extrême-droite, violente, xénophobe anti-sociale, prouve que les choses ne sont pas si simples. Ils oublient également que pour montrer leur puissance, les États-Unis n'hésitèrent pas à utiliser la bombe atomique contre les populations civiles du Japon, à préparer le massacre de 500 000 communistes en Indonésie et l'exécution dans les années 70 d'un grand nombre de responsables communistes et progressistes d'Amérique du Sud. Mémoire sélective !

L'amalgame odieux fait dans cette déclaration rappelle la haine que suscita dès 1917 l'Union Soviétique. La Révolution d'Octobre avait ébranlé les certitudes et les pouvoirs des dirigeants capitalistes et de leurs hommes politiques. Tout fut mis en œuvre pour "écraser dans l'œuf" ce mouvement révolutionnaire dont l'objectif était

de favoriser l'émancipation des femmes et des hommes et pour cela mettre en cause le pouvoir de l'argent.

Le programme des communistes de 1917 était en effet particulièrement dangereux pour les possédants : "le socialisme c'est l'électrification et les soviets" affirmait Lénine. Dans la Russie industriellement sous-équipée, l'électrification était le symbole d'un développement industriel réalisé au profit de tous ; les soviets étaient une des formes de la démocratie élaborée par les travailleurs en 1905, écrasée par le tsar puis reprise dès le printemps 1917. Elle devait permettre aux travailleurs des villes et des campagnes d'avoir un droit d'intervention sur la vie économique, sociale et politique. Nous savons que ce projet a échoué. Le poids du passé autocratique de la Russie, les pressions exercées par les puissances capitalistes, les errements criminels de la direction d'un Parti Communiste d'URSS sous la férule de Staline, expliquent partiellement cet échec. Malgré tout, l'Union Soviétique a permis un développement sans précédent des forces productives de ce sous-continent, de l'accès à la culture, aux sciences, aux techniques et aux sports de dizaines de millions d'individus. Elle a joué un rôle particulièrement important dans le concours qui fût apporté pour leur Libération aux peuples colonisés d'Afrique, d'Asie et d'Océanie.

Nous ne pouvons que regretter que tous ceux qui désiraient transformer la société ou améliorer le sort des plus fragiles n'aient pas choisi d'apporter leur concours même critique à cette œuvre gigantesque et aient préféré rejoindre dans l'anti-communisme

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la grande bourgeoisie et les forces réactionnaires.

Il faut croire que l'Union Soviétique fait encore peur puisque aujourd'hui, il faut pour détruire toute espérance l'associer au régime nazi. Mémoire sélective et démarche ignominieuse !

Il n'y a rien de commun entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique. L'Allemagne nazie avait pour objectif de maintenir la domination des magnats de la Ruhr, l'URSS cherchait à développer une société nouvelle fondée sur une répartition profondément différente des richesses. Quant aux massacres que prétendent dénoncer les parlementaires européens, cela rappelle quelque peu, comme nous l'avons vu, la "parabole de la paille et de la poutre" !

Tout le monde reconnaît le rôle de l'Union Soviétique dans l'écrasement de l'Allemagne nazie. En 1945, le général de Gaulle, discutant avec Staline, indiquait que les Français connaissaient la place prise par l'Union Soviétique dans la défaite du IIIème Reich. Eisenhower n'oublia jamais le rôle de la Résistance française dans le Débarquement du 6 juin ; la Résistance rassemblait ; entre autre, beaucoup de communistes qui, pour presque tous, avaient refusé de dénoncer le pacte germano-soviétique du 23 août 1939.

Il y a beaucoup plus grave dans cette déclaration du Parlement Européen. Elle passe en effet sous silence les fondements idéologiques du nazisme. Les politiciens de l'Allemagne nazie ne se contentaient pas comme leurs homologues français, britanniques ou nord-américains de servir les intérêts de la grande bourgeoisie

financière et industrielle. Pour favoriser leur domination, ils mirent en avant la supériorité de la race blanche, des ariens. Ainsi, l'Allemagne nazie poussait jusqu'au bout la logique du capitalisme qui ne peut, pour assurer sa domination, que diviser les hommes, les opposer les uns aux autres, sélectionner les meilleurs et tenir dans l'humiliation le plus grand nombre. Ainsi, le "Mein Kampf" d'Hitler ne produisait pas d'idées nouvelles, le français Gobineau et les tenants du colonialisme avaient déjà proclamé la suprématie de l'homme blanc.

En ce début de XXIème siècle, la domination de la bourgeoisie, des affairistes et du monde de l'argentroi doit donc être bien fragile pour se réfugier dans ce prétendu travail de mémoire. Ici, comme très souvent, le devoir de mémoire n'est qu'un joug. Il permet d'oublier la Shoah et le Génocide. Il fait passer des vessies pour des lanternes et nous fait craindre le pire. Dans notre monde, bouleversé, saccagé par la crise, l'exploitation et la domination féroce de milliards d'hommes et de femmes, n'avonsnous pas besoin de repères clairs et de combattre tout brouillage ? Nous savons en effet combien ce type d'amalgame fondé sur l'Union Sacrée a été le moteur de massacres et de guerres dans l'Histoire du siècle précédent. Face à ce prétendu devoir de mémoire, nous exigeons un droit à la mémoire, une mémoire critique et contradictoire, permettant de mieux comprendre notre présent et ainsi de construire un avenir qui aurait pour fondement l'émancipation de l'Humanité. Pierre Outteryck

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Événement ALCATEL

APRÈS DES NÉGOCIATIONS SALARIALES AU POINT MORT

LCATEL, LCATEL cʼest un marché de dupes où les pots cassés sont toujours payés par les salariés. Le marché des télécommunications ne sʼaméliore pas. 800 emplois sont menacés directement en France. Le Pas-deCalais qui comptait autrefois des entités importantes comme le site de Douvrin, aujourd'hui Draka France et de Calais, réalise dans l'activité de la filiale ASN (Alcatel Submarine networks à Calais) un marché des plus florissants, celui du câble sous-marin. “Les négociations salariales 2009 nʼont pas eu lieu, soulignent les syndicats CGT, CFDT,CFTC, CGC : la direction a annoncé un gel des salaires pour tout le monde et cʼest son dernier mot ! Cette annonce laisse mal augurer de ce qui se passera dans les autres filiales françaises. Seule exception : la direction se réserve une petite part (non estimée) pour les promotions et lʼégalité professionnelle ! Aucune marge de manœuvre pour les syndicats qui sont censés négocier ! Lʼobligation légale de négocier est totalement bafouée” ! Zéro % cʼest zéro respect vis-à-vis des salariés :

Le règne Verwaayen commence mal ! Le nouveau directeur général compte «sur notre talent et notre énergie» et «parie sur notre motivation» : ce nʼest pas avec ce gel de salaires quʼil va nous convaincre ! Le pouvoir dʼachat, déjà attaqué les années passées, est sacrifié malgré les discours pour une relance économique ! La part variable du salaire des cadres a déjà été diminuée en 2008 suite à la fusion. Les salariés en ont assez de faire les frais de la crise dans et en dehors de lʼentreprise. Entreprise qui nʼa même pas renoncé aux versements de scandaleux parachutes dorés mais qui ne veut pas augmenter nos salaires cette année ! Les salariés de certains pays (4,2 % en Allemagne, Belgique), protégés

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Édito

ES députés UMP, qui viennent dʼenterrer le repos dominical pour des centaines de milliers de travailleurs, sʼapprêtent à récupérer dans la poche des Français lʼargent qui manque dans les caisses de lʼÉtat, conséquence de la loi TEPA (travail, emploi, pouvoir d'achat) que Nicolas Sarkozy fit voter par sa majorité dans lʼeuphorie revancharde du lendemain de lʼélection présidentielle. Quinze milliards dʼeuros retirés des recettes publiques et versés au compte des foyers fiscaux les plus opulents, ce fut en quelque sorte lʼacte fondateur de ce quinquennat. Le bouclier fiscal réintroduit le

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DES RESTRUCTURATIONS DANGEREUSES

par des accords locaux qui sʼimposent alors à Alcatel Lucent, bénéficieront dʼaugmentation de salaires en 2009 : 0 % cʼest une discrimination négative pour les salariés français !

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À Calais

Les salariés de Calais (ASN) revendiquent leur part des profits réalisés par lʼentreprise qui leur impose un gel des salaires.

«Il y a eu des négociations salariales et les propositions de la direction ne nous conviennent pas. Un deuxième rendez-vous est programmé jeudi», expliquent les syndicats CGT, CFDT, CFE-

MESURES STRUCTURELLES...

ES syndicats demandent lʼentrée du Fonds Stratégique dʼInvestissement (FSI) dans le capital du groupe français Alcatel Lucent à un niveau significatif. Le groupe doit conserver son ancrage français dans le secteur stratégique des Télécoms.

• Le plan numérique 2012 - Tout ou presque reste à construire : déploiement de la fibre optique en attente dʼun vrai plan, TV mobile au point mort, le service universel du haut débit soumis à appel dʼoffres alors que le débit préempté est bien trop faible…

• La 4ème licence en téléphonie mobile : faire en sorte que le nouvel entrant

ne favorise pas un industriel chinois (dumping) – ce qui inciterait, en plus, ses concurrents à en faire de même.

• Rôle de lʼEurope pour une concurrence «non faussée» et donc pas uniquement basée sur des prix toujours plus bas en utilisant nʼimporte quel moyen.

• La sécurité et la fiabilité des réseaux ont été abordées par la délégation syndicale. Si lʼEtat veut que les réseaux télécoms et informatiques continuent de marcher correctement, il va falloir traiter les salariés qui y contribuent dʼune autre manière quʼen externalisant leurs fonctions ou en fermant les usines, leurs centres de

Recherche et Développement, leurs centres dʼappel.

• Cʼest une étape importante que de sensibiliser les pouvoirs publics et de dialoguer directement et sans faux-semblants avec le Ministre de lʼIndustrie. Lʼécho médiatique sert à mieux défendre la filière et donc les emplois. Cʼest aussi un moyen pour faire pression sur la direction. "Cʼest aux travers des engagements fermes de la part du groupe Alcatel-Lucent, disent les syndicalistes de la CGT, que nous jugerons des résultats de cette rencontre. Lʼintersyndicale continue son travail cet été. La mobilisation des salariés sera toujours nécessaire à la rentrée".

PRÊTE-NOMS ET BOUCLIER FISCAL

principe même du privilège. Cela revient à dire : si vous atteignez un niveau de richesse suffisamment élevé, vous ne serez plus imposable au-dessus de ce niveau. Et ce que vous ne paierez pas, les modestes salariés le paieront pour vous, ils ne sont pas riches mais ils sont très nombreux…

Nous en sommes là au mitan de lʼété, alors que les ouvriers licenciés se battent contre la pingrerie des patrons qui les chassent, alors que Michel Rocard, qui fut premier ministre de François Mitterrand, propose une taxe carbone dont il avoue lui-même quʼelle pèsera quelque deux cents

euros dans les dépenses des familles, et que les producteurs de fruits et de légumes, déjà pressurés par les géants de la distribution, sont priés par la Commission européenne de rembourser les aides qui avaient été versées à la profession pour éviter son naufrage. Et voilà quʼaujourdʼhui on apprend que les députés UMP ont comme devoir de vacances lʼélaboration de propositions de réduction des «niches fiscales». Ils ne manqueront pas dʼimagination pour rogner sur des mesures favorables aux familles modestes. Lʼimagination est au pouvoir ! Quand il sʼagit de frapper au porte-monnaie les plus fragiles, -3-

chez ces gens-là, on ne souffre pas dʼétats dʼâme.

Le gouvernement procède par le truchement de prête-noms, comme il vient de le faire avec le travail du dimanche. Ce recours à la «proposition de loi dʼorigine parlementaire» lui permet de tester les idées les plus antisociales sans en porter publiquement la paternité, et de procéder à des ajustements selon les réactions quʼelles suscitent. Il est plus facile de jouer des muscles contre les familles populaires afin de satisfaire la frange la plus réactionnaire de son électo-

CGC, CFTC. Alcatel Submarine networks (ASN) affiche sa bonne santé. Plus de 30 000 kilomètres de câbles ont été produits lʼan dernier, et le carnet de commandes pour 2009 est copieusement rempli, au point que lʼusine calaisienne sʼapprête à embaucher en CDI une quarantaine dʼintérimaires. Dans ce contexte, la grève sonne comme un retour de manivelle pour la direction. En effet, il y a quelques années, les salariés ont encaissé une crise très grave, un plan social très sévère. La direction avait alors demandé de gros efforts. Aujourdʼhui, alors que ASN est le fer de lance du groupe Alcatel-Lucent "nous faisons les bénéfices, nous entendons simplement être récompensés, enfin, des efforts que nous avons consentis», précisent les syndicats. P.P.

rat, que de sʼexpliquer sur le laisser-faire complice vis-à-vis des banquiers qui servent des bonus aux profiteurs de crise. Les emportements de tribune contre un capitalisme sans morale qui ont assuré au président un certain succès (à moins que ce ne fût quʼun succès dʼacteur) vont-ils être répétés avec la même ardeur ? Le sénateur Mariani (UMP) sʼen prenait hier aux propos accusatoires contre lʼordre capitaliste. La mode des philippiques sur la moralisation du capitalisme est-elle déjà passée ? Pas sûr, mais, derrière les mots pour amuser le public, la droite de la revanche sociale ne chôme pas.


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Social

ALPHAGLASS M N CJ

Juillet-Août, une entreprise quasiment déserte.

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LA "BOUFFÉE D'OXYGÈNE" EST-ELLE EN TRAIN DE VIRER À L'ASPHYXIE ?

En juin 2007, le groupe Saverglass, spécialiste dans la fabrication de bouteilles haut de gamme, installe une unité de production (Alphaglass) à Arques, tout à côté dʼArc International. Alors présentée comme une «bouffée dʼoxygène» pour lʼemploi dans lʼAudomarois, lʼentreprise connaît aujourdʼhui de fortes périodes de chômage partiel… A peine deux ans dʼexistence, et déjà le doute…

ORSQUʼEN 2007 Saverglass annonce lʼimplantation dʼune usine de production à Arques, lʼenthousiasme est de mise. Le groupe, leader dans la fabrication de bouteilles haut de gamme, est en plein essor. Les deux sites de production français existants de Saverglass (1), sont en excellente santé et très rentables. Le groupe annonce un investissement de 70 millions dʼeuros sur le site Audomarois et acquiert un terrain de 16 ha, un bâtiment de 50.000 m2, et lʼancien four V dʼArc International arrivé en fin de vie,

pour le remplacer par un four flambant neuf. Beaucoup voient dans cette arrivée une démonstration de lʼattractivité du bassin audomarois. Et les aides, notamment publiques, affluent pour contribuer à lʼinstallation de lʼentreprise. «La mono-industrie a fonctionné pendant longtemps. Elle a absorbé la plupart des emplois du monde rural. Mais, quand une crise survient, la meilleure solution reste la diversification», résumait Joël Duquesnoy, maire dʼArques et Président de la communauté dʼagglomération de SaintOmer (2). En effet, lʼimplantation dʼAlphaglass tombe dʼautant mieux

que sur le site dʼArc International, le Plan de sauvegarde de lʼemploi entamé en 2004 impose une gestion draconienne des «sureffectifs». Trois mois de chômage partiel, pour lʼinstant…

Plusieurs centaines de salariés de la cristallerie vont donc intégrer la nouvelle entreprise à quelques mètres de là. Très vite le site Arquois tourne à plein régime, et atteint ses objectifs de rentabilité. Au point quʼune sixième ligne de production est ouverte en décembre 2008 avec six mois dʻavance sur le calendrier pré-

site, pour deux mois dans un premier temps. Mais début août, les salariés sont informés par courrier que la direction a décidé «de ne pas réactiver le four 7 avant fin septembre (sauf bonne surprise)»… La «bonne surprise» étant bien évidemment un retour conséquent des commandes. Pierrette Catrel

1 - les deux autres sites de production dʼAlphaglass se situent à Feuquières dans lʼOise et au Havre 2 - propos recueillis sur le site usinenouvelle.com

« L’INCERTITUDE »

Alphaglass / Saverglass en chiffres Effectifs : groupe Saverglass - mi-2008 : 2.145 salariés Site Alphaglass-Arques (en 2009) : 302 salariés (la quasi totalité venant d'Arc International) Le site compte 6 lignes de production, 1 four et produit 300 tonnes par jour (chiffre 2008) Site de Feuquières dans l'Oise 2008 : - 11 lignes de production, 2 fours, production de 340 tonnes par jour, 1250 salariés Site du Havre 2008 : - 9 lignes de production, 2 fours, production de 430 tonnes par jour, 490 salariés Chiffre d'affaires du groupe Saverglass : - en 2006 : 221.000.000 d'euros - en 2007 : 260.000.000 d'euros Détails des aides consenties à Alphaglass pour son implantation à Arques Union Européenne (par le Fonds Européen de Développement Régional) : 1.800.000 euros Etat (par la Prime à l’Aménagement du Territoire) : 990.000 euros Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais : 1.000.000 d’euros Conseil Général du Pas-de-Calais : 3.380.000 euros par le biais d’une exonération de la part départementale de Taxe Professionnelle pendant 5 ans Communauté d’Agglomération de Saint-Omer : 800.000 euros Arc International (dans le cadre de son contrat de site) : 1.625.000 euros

visionnel. La direction envisage même la mise en route dʼun second four. Mais début 2009, renversement de situation, le groupe annonce une baisse de ses commandes de 40 %. Le Président Directeur Général du groupe Saverglass, Loïc de Gromard rassure toutefois son monde par voie de presse «Moi vivant, ce nʼest jamais arrivé quʼon arrête une ligne de production». Malheureusement, il ne faudra pas six mois pour que les faits lui donnent tort. Le 29 juin, cʼest le début de la mise en chômage partiel des salariés dʼAlphaglass et la mise en veille de lʼunique four de production du

Rencontre avec David Ducrocq, délégué CGT d’Alphaglass Arques — Vous êtes un ancien salarié dʼArc international, pourquoi avoir intégré Alphaglass ? • David Ducrocq – Même si la plupart des gens ont du mal à lʼadmettre, il est clair que la situation dʼArc International est inquiétante et cela depuis quelques années déjà. Nous avons vraiment senti le vent tourner lors de la mise en place du PSE en 2004. Lʼenthousiasme qui a entouré lʼarrivée dʼAlphaglass contrastait avec la morosité concernant lʼavenir de la cristallerie. De plus, le groupe Saverglass a bien fait les choses. Nous avons pu visiter lʼun

David Ducrocq -4-

des sites de production, les résultats du groupe étaient excellents, et les objectifs et la stratégie présentés pour lʼunité de production dʼArques laissaient présager dʼun super avenir. Nous sommes donc près de 300 à avoir quitté Arc International la fleur au fusil.

— Et cela sʼest plutôt bien passé ? • D.D : Oui… du moins au début. Lʼambiance était plutôt euphorique. En deux mois, nous avons atteint les objectifs de rendement. Déjà parce que nous connaissions plus ou moins le travail, et la motisuite page 5 ☛ Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009


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vation des salariés a également, pour une large part, contribué aux bons résultats du site. Cela jusquʼà la fameuse «crise», en début dʼannée… Et là, revirement complet de situation. On nous annonce que le 29 juin, nous sommes en chômage partiel pour, au minimum, les mois de juillet et août Nous sommes tombés du grenier à la cave. Et cʼest peu dire. Evidemment nous nʼimaginions pas passer à travers les gouttes, mais étant donné que le groupe opère notamment sur le marché du luxe sur des produits à très forte valeur ajoutée, nous ne pensions pas être véritablement affectés par le contexte ambiant.

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— Quʼen est-il de lʼentreprise aujourdʼhui ? • D.D : Et bien au mieux, il y a une dizaine de salariés dans lʼentreprise le jour, et quatre ou cinq la nuit. Notre unique four de production est mis en vieille, il nʼest pas fermé, ce qui nous laisse la perspective quʼil puisse redémarrer rapidement si le carnet de commande se remplit. Mais aujourdʼhui rien ne sort de nos lignes. Au Havre et à Feuquières, les usines possèdent chacune deux fours, et un seul a été mis en veille sur chacun des sites. Ils peuvent donc continuer de produire, et récupèrent probablement toutes les commandes. Nous avons été informés que la période de chômage partiel se prolongera en septembre sauf commande exceptionnelle. Et pour lʼheure on se demande si octobre ne sera pas du même tonneau, puisque nous avons en stock environ lʼéquivalent de six mois de production (50.000 tonnes).

— Quel est lʼétat dʼesprit des salariés ? • D.D : Cʼest franchement lʼincertitude, on ne comprend pas bien ce quʼil se passe. Cʼest difficile à vivre. Imaginez, nous avons quitté la “Cristal” pour, nous le pensions, entrer dans une entreprise à lʼavenir plus serein… Nous avons tous perdu lʼancienneté que nous avions acquise. Nous avons redémarré à zéro en quelque sorte. Et voilà le résultat. Nous souhaitons tous ardemment que la situation ne perdure pas, et que cela ne remette pas en cause lʼavenir du site. Mais il est quand même difficile de ne pas penser à la catastrophe, le contexte nʼinvite pas à la confiance envers les grands groupes et les multinationales. Nous avons assez dʼexemples dans la presse. Espérons que les paroles de notre PDG nous invitant à garder foi dans lʼavenir et notre motivation, en vue dʼune reprise dans les meilleures conditions, ne soient pas que des mots. Propos recueillis par Pierrette Catrel

Social

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PÔLE EMPLOI

LES DEMANDEURS D’EMPLOI PAYENT LE PRIX DE LA FUSION ANPE / ASSEDIC

N mars dernier, Alain Bocquet, député-maire de Saint-Amand-les-Eaux, a interpellé le Ministre du Travail, des Relations Sociales de la famille, de la solidarité et de la ville concernant le retard de traitement des dossiers dʼindemnisation de demandeurs dʼemploi au sein des services de Pôle emploi. Quelque 68.000 dossiers seraient en souffrance selon les organisations syndicales. «Alors que le chômage explose, (90.200 nouveaux inscrits en janvier 2009, après les 46.000 et 64.000 demandeurs supplémentaires recensés au titre de décembre et novembre 2008), lʼinsuffisance du nombre dʼagents dont dispose Pôle emploi est source dʼun préjudice intolérable», observe Alain Bocquet. Et de demander au Ministre «quelles dispositions dʼembauches urgentes le gouvernement prévoit de prendre pour pallier ces dysfonctionnements, et résoudre le double préjudice que subissent les personnes qui ont perdu leur emploi et ne perçoivent pas les indemnités qui leur sont dues». La réponse a été publiée au Journal Officiel le 28 juillet. Le Ministre indique notamment que la fusion Assedic / ANPE «a été lancée à une période où le chômage, dans notre pays, connaissait une baisse». «La conjoncture sʼest très brusquement retournée, au moment même où Pôle emploi était mis en place, au mois de décembre 2008», argumente le Ministre. «Si des dysfonctionnements ont pu être relevés localement, il convient de noter que les personnels du nouvel opérateur ont, avec beau-

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coup de courage, cherché à relever le défi qui se présentait. (…). Pour le mois dʼavril 2009, le taux dʼinscriptions réalisé moins de cinq jours après identification sʼélevait à plus de 93 %. De même le nombre de dossiers dʼindemnisation en instance qui avait atteint un taux inquiétant en fin dʼannée 2008, sʼest stabilisé autour de 50.000, soit le niveau ʻhabituelʼ lié au traitement standard des dossiers». Des dizaines de milliers de dossiers dʼindemnisation en attente

Et le Ministre de revenir sur les mesures «dʼembauches» lancées par le gouvernement. «Les 1840 recrutements annoncés

FRANCE TELECOM

VINGTIÈME SUICIDE EN 18 MOIS

E me suicide à cause de mon travail à France Telecom. Cʼest la seule cause», écrivait le fonctionnaire de France Telecom qui a mis fin à ses jours le 14 juillet dernier à Marseille. Le contenu de sa lettre décrivant avec précision les conditions de travail qui lʼont amené à commettre lʼirréparable.

«Surcharge de travail», «management par la terreur», «lʼurgence permanente», «lʼabsence de formation», «la désorganisation totale de lʼentreprise»…

Ce mardi 11 août, un autre salarié de lʼentreprise âgé de 28 ans a mis fin à ses jours. Selon les organisations syndicales, il sʼagit du 20ème suicide

enregistré à France Telecom. Douze tentatives seraient à ajouter à ce compteur dramatique, sur la même période. Les syndicats dénoncent depuis plusieurs années le stress vécu par le personnel et «les pressions», notamment depuis le changement de cap stratégique de lʼentreprise et la privatisation en 2004, mais aussi depuis le plan de restructuration qui a vu la suppression de 22.000 postes par «départ volontaire» en 3 ans. Le jeune technicien de France Telecom avait notamment été récemment confronté «à une mobilité forcé», explique Christian Mathorel de la CGT et une nomination sur un poste de travail quʼil aurait ressenti comme «très disqualifiant», ajoute Jacques Trimaille de Sud-PTT… -5-

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par le Président de la République, fin mars 2009, (…) vont permettre dʼapporter un renfort utile dans cette période. En outre et indépendamment de ces recrutements, 500 nouveaux postes vont être créés par contrat à durée déterminé pour être affectés aux platesformes téléphoniques régionales qui centralisent les demandes dʼinscription et de rendez-vous». Le Ministre confirme dans sa réponse la privatisation (appelée ici «externalisation») dʼune partie des services rendus par Pôle emploi. «Lʼappel dʼoffres lancé en avril 2009 pour lʼaccompagnement renforcé par des prestataires extérieurs de 320.000 chômeurs sur deux ans devrait aboutir à la mise

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en place de ce suivi dʼici le mois de septembre 2009». Et le Ministre indique que pour «permettre aux conseillers de Pôle emploi de se concentrer sur leur cœur de métier (suivi mensuel des demandeurs dʼemploi, accueil des demandeurs dʼemploi sʼinscrivant pour la première fois), certaines activités seront entièrement externalisées : évaluation des compétences, ateliers CV. Enfin, le recours aux organismes de cotraitance tels que les missions locales, dédiés aux publics ʻjeunesʼ, sera renforcé». Ceci étant une preuve selon le Ministre de la «volonté des différents acteurs de la politique de lʼemploi dʼassurer un service public de lʼemploi dans le respect le plus strict du principe dʼégalité»…

EMPLOI SAISONNIER ?

AURENT WAUQUIER est venu ce mercredi à Berck-surMer, notamment au Parc dʼattractions de Bagatelle, pour affirmer que «le Nord-Pas-de-Calais est fortement touché par la crise, mais la Côte dʼOpale résiste mieux au choc avec lʼemploi saisonnier». Le «Grand 8» lui aurait-il retourné la tête au point dʼoublier que les emplois saisonniers ne sont pas comptabilisés dans les chiffres de lʼANPE ?

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Social Annonces légales

SEAFRANCE :

LE “PLAN DE SAUVEGARDE DE L’EMPLOI” SE TRADUIT PAR 543 LICENCIEMENTS

AVIS DE CONSTITUTION

M N CJ

Aux termes dʼun acte SSP à Éleu en date du 28 juillet 2009, il a été constitué une Société présentant les caractéristiques suivantes : Dénomination : GEOMETHOD Forme : SARL à associé unique Capital : 6.000 euros Siège social : 39 rue Gabriel Péri 62300 Éleu dit Leauwette . Durée : 99 ans. Objet : Prestations, mesures, conseils, études en Géophysique Gérant : Monsieur DELIN Olivier, demeurant à Éleu dit Leauwette au 39 rue Gabriel Péri nommé pour une durée indéterminée. Immatriculation au RCS de Arras. --------

AVIS DE DISSOLUTION

TRANS HÉNIN EXPRESS SARL au capital de 7.500 euros. Siège social : 178 rue Léon Blum 62110 HÉNIN BEAUMONT RCS ARRAS 481 057 057

Par décision du 31 juillet 2009, lʼassocié unique a décidé la dissolution anticipée de la société à compter du 31 juillet 2009 et sa mise en liquidation. A été nommé Liquidateur, Monsieur Mahmoud AINAOUI, demeurant 178 rue Léon Blum à Hénin Beaumont, avec les pouvoirs les plus étendus pour terminer les opérations sociales en cours, réaliser lʼactif et acquitter le passif. Le siège de la liquidation est fixé au 178 rue Léon Blum à (62110) Hénin-Beaumont, adresse à laquelle toute correspondance devra être envoyée, et, actes et documents relatifs à la liquidation devront être notifiés. Le dépôt des actes et pièces relatifs à la liquidation sera effectué au RCS de Arras. Pour avis

Les mots prennent tout leur sens dès lors quʼils expriment une situation donnée, cʼest ce ce qui se passe, ces dernières heures, pour les salariés (toutes catégories sociales confondues) de SeaFrance avec lʼannonce du “plan de sauvegarde de lʼemploi” et 543 licenciements. Cʼest lʼobjectif visé par une direction qui dit perdre beaucoup dʼargent chaque jour et en fait un argument de défense absolue. Il est impératif dʼavoir toutes les données en mains ; les salariés ont toute latitude à sʼexprimer et à prendre à bras le corps une situation qui se dégrade de jour en jour.

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Etude de Maître Sacha NEUMAN, Notaire à LENS, 26 avenue VAN PELT. SARL « AU DELICE » Siège social : RN 47 Route de la Bassée Centre Commercial Cora Lens 2 Cellule 17 62880 VENDIN LE VIEIL Capital : 10.000,00 Euros RCS BETHUNE 490.683.596.

1°) Suivant acte reçu par Maître Sacha NEUMAN, Notaire à LENS, le 3 mars 2009, les associés ont décidé dʼaugmenter le capital social de 18.990,00 Euros, par compensation avec le compte courant des associés, ce qui engendre la création de 6330 parts, avec nominal porté à 6330,00 Euros et prime dʼémission de 12.660,00 Euros. Le capital social sʼélevait originairement à un montant de 10.000,00 Euros, divisé en 10000 parts sociales de 1,00 Euros chacune , et par suite de cet apport, le capital social est désormais fixé à la somme de 16.330,00 Euros, et dorénavant divisé en 16330 parts sociales de 1,00 Euros chacune. 2°) Suivant acte reçu par Maître Sacha NEUMAN, Notaire à LENS, le 3 mars 2009, les associés ont décidé : - dʼaugmenter le capital social de 8165,00 Euros par entrée au capital de la société de Madame Martine QUENOT, demeurant à LOOS EN GOHELLE (62750), 53 rue Lazare Hoche, ce qui engendre la création de 8165 parts, avec nominal porté à 8165,00 Euros et prime dʼémission de 16.330,00 Euros. - dʼautoriser Madame Martine IGNASIAK épouse QUENOT à prendre la qualité dʼassocié, Le capital social sʼélevait originairement à un montant de 16.330,00 Euros divisé en 16330 parts sociales de 1,00 Euros chacune, et par suite de cet apport, le capital social est désormais fixé à la somme de 24.495,00 Euros et dorénavant divisé en 24495 parts sociales de 1,00 Euros chacune. Les articles 7 et 10 ont été modifiés en conséquence. 3°) Aux termes du procès verbal de lʼassemblée générale extraordinaire du 3 juin 2009, les associés ont décidé de réduire le capital social de 29.682,00 Euros, par annulation de 9894 parts, imputée sur le capital nominal pour 9.894,00 Euros, et sur la prime dʼémission pour 19.788,00 Euros. Le capital social sʼélevait à un montant de 24.495,00 Euros, divisé en 24495 parts sociales de 1,00 Euros chacune, et par suite de la réduction de capital, le capital social est désormais fixé à la somme de 14.601,00 Euros et dorénavant divisé en 14.601 parts sociales de un euro (1,00 EUR) chacune. Les articles 7 et 10 ont été modifiés en conséquence. Dépôt légal au greffe du Tribunal de Commerce dʼARRAS. Pour avis : le Notaire. --------

AVIS DE CONSTITUTION

Avis est donné de la constitution dʼune Société présentant les caractéristiques suivantes : Dénomination : LʼIMMO-DOM Forme : Société unipersonnelle à responsabilité limitée. Capital social : 500 euros Siège social : 38 avenue de Varsovie 62300 LENS. Objet : La société a pour objet les activités dʼintermédiaires en achat, vente et location de biens et droits immobiliers, commerciaux, artisanaux et professionnels et généralement toutes opérations commerciales, financières, mobilières ou immobilières pouvant se rattacher directement ou indirectement à lʼobjet social ou susceptibles dʼen faciliter lʼextension ou le développement. Gérante : Mme LOQUEN Dominique demeurant 39 rue Louis Aragon 62680 Méricourt. Durée : 99 ans Immatriculation au RCS de Arras.

128, boulevard Basly 62300 Lens 03 21 74 89 89 Fax : 03 21 74 89 88 E-Mail : Liberte.62@wanadoo.fr

S.A.R.L. D’ÉDITION PRESSE HEBDO SARL au capital de 7.622,45 euros SIR 389 113 333000 22 Banquet Scalbert-Dupont 62300 Lens n°229 100 105 390 • Gérant Directeur de la publication : Hervé Poly • Responsable du Comité de Rédaction : Hervé Poly. Commission paritaire : n°83075 Dépôt légal : ISSN 160-822 X. Publicité : • MULTIPUB, SARL DʼÉDITIONS PRESSE HEBDO au capital de 7.622,45 euros • Comédiance : 32, rue Jean-Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex. Journal dʼannonces légales. Montage et photogravure : Liberté62. Membre inscrit à « Diffusion Contrôle » Bureau de la presse payante : OJD Imprimé à l’imprimerie de l’Avesnois L’Observateur, rue Pierre Charpy à Avesnes/Helpe.

L

ES premiers signaux rouges étaient apparus à lʼautomne dernier, mais silence radio à lʼépoque sur les chiffres de dégraissage. En février dernier, lʼannonce sur des suppressions de poste par centaines est enfin officielle (le chiffre de 650 est avancé). Divers armateurs se lancent alors dans des exclamations fracassantes sur le rachat de SeaFrance, filiale à 100% de la SNCF. Britanny Ferries, LD Lines, veulent faire un coup de pub. Il nʼen sera rien. Pendant tout ce temps, les discussions avec les syndicats se resserrent et la direction veut un consensus sur une notion des plus abstraites “aucun licenciement sec”..

Nous sommes, en pleine période estivale, et le tourniquet des réunions reprend de plus belle. Aujourdʼhui, la SNCF évoque le “placement dans ses structures de plus de 410 emplois” mais ailleurs quʼà Calais. Mercredi 12 juillet, le “plan de sauvegarde de lʼemploi”, plus communément appelé plan social, est mis sur la table avec les syndicalistes. Pour la direction de SeaFrance et de la SNCF, il sʼagit de lancer définitivement lʼétape “du nouveau départ”. Le 26 août, la SNCF tient son conseil dʼadministration et veut dégager lʼhorizon avant le 24 août avec le souhait le plus vif dʼun accord des syndicats sur le plan social. La direction de SeaFrance est sur la même position.

Pérennité du service public ?

Quand il affiche lʼambition du développement durable, il doit être cohérent.” La teneur des discussions entre les syndicats et la direction ne va pas être une partie de détente, tous les aspects liés aux suppressions de postes vont être examinés de très près. Lʼintensification de la concurrence sur la liaison “CalaisDouvres” ne date pas dʼaujourdʼhui, la donne reste inchangée. Et la CGT de souligner “cʼest un plan de développement de SeaFrance dans un cadre public dont la France a besoin.” Le démantèlement du pavillon français doit être combattu avec force. il y va, là encore, de la pérennité du service public et, bien sûr, de son renforcement.

SeaFrance : outre les services passagers, le fret est une autre dimension à prendre en compte d'où le "réarmement" du "Nord/Pas-de-Calais, repêché in extremis. (Photo Liberté 62)

Les syndicalistes de la CGT (marins, personnel sédentaire, officiers) sont catégoriques : "lorsque le groupe SNCF, détenteur à 100 % de Seafrance, se dit plus que jamais et désormais uniquement orienté vers une politique multimodale de transports, la SNCF nʼest pas fondée à dire que cette activité maritime nʼest pas son coeur de métier. Elle doit assumer, y compris sa responsabilité dans lʼobscurité avérée de gestion. Quand lʼÉtat, au travers dʼune lettre de mission du président de la République, lui demande de constituer le premier groupe multimodal mondial, il est mal venu de se désintéresser du dossier Seafrance.

Pierre Pirierros

AIRBUS MÉAULTE/AÉROLIA Bien que la CGT reconnaisse que le contrat des tuyauteries A350 remporté par Aérolia est important, une fois de plus, ce transfert ne se fera pas sans amertume pour les salariés concernés.

TRANSFERT D’ACTIVITÉS DANGEREUX POUR L’AVENIR

L

A direction dʼAirbus comme dʼAérolia précise que cʼest une bonne nouvelle pour le bassin dʼemploi Nazairien. Pour la CGT, il semble bien que si lʼactivité était restée Airbus, comme lʼavait pourtant confirmé M. Gallois, cela concernerait également les bassins dʼemploi locaux. Pourquoi, une fois de plus, se

séparer dʼun secteur ou la compétitivité et les compétences en matière de fabrication des tuyauteries ne sont plus à démontrer ? Si certains se félicitent du maintien du secteur tuyauterie dans le périmètre EADS, la CGT Aérolia, bien consciente que lʼactivité doit rester à Saint-Nazaire, dénonce le véritable démantèlement du donneur -6-

dʼordre Airbus. Ce transfert, une fois de plus, répond uniquement aux exigences de rentabilité financière des actionnaires et non au développement de lʼ industrie aéronautique. Nʼoublions pas que comme lʼont précisé MM. BREGIER et GALLOIS lors dʼune visite sur lʼétablissement dʼAérolia Méaulte, les

5 septembre 2008 pour le premier et 18 mai 2009 pour le second : Aérolia sera indépendant dʼEADS avec pour objectif dʼêtre vendu dans les deux ou trois ans. La CGT Aérolia ne cautionnera pas cette stratégie dangereuse pour les emplois et les statuts des salariés. La CGT Aérolia donne donc un avis défavorable. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009


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Social

“CALAIS PORT 2015” : M N CJ

Claude Vanzavelberg, conseiller régional, juge inconcevables et lourds de conséquences les retards accumulés

CALAIS 2015 : un

projet vital pour le port et lʼéconomie, lʼactivité logistique régionale en dépend. Le devenir du port de Calais est une affaire éminemment politique, tout le monde en convient, et il ne faut rien laisser au hasard car la moindre absence dʼinformations précises peut être préjudiciable à tout un secteur dʼactivités et à une infrastructure de première importance. Les grands enjeux comme “Calais 2015” portent la marque de la territorialisation de la gouvernance portuaire, lancée dans le cadre de la réforme portuaire. Lʼavenir des liaisons transmanches va connaître des augmentations en constante hausse que ce soit pour le trafic passager et le trafic fret. “SeaFrance” est sous le feu de lʼactualité : le dialogue social est une base incontournable et cʼest cet aspect que défend la CGT, concomittamment, avec la défense du service public que dʼaucuns combattent sans vergogne. Calais port 2015

Interventions en séance plénière, en commission permanente, courriers au président, Claude Vanzavelberg, conseiller régional, a à coeur de défendre un projet de première importance quant à lʼavenir de Calais et de la région toute entière. Aussi, la semaine dernière, lors dʼun point de presse, lʼélu régional a tiré le signal dʼalarme devant les retards accumulés dans ce dossier dʼinfrastructure déterminant pour lʼavenir des relations Transmanche. Des retards inadmissibles eu égard à lʼavancement du projet “Douvres 2013” mais pas seulement. La Chambre de commerce et dʼindustrie de Calais traîne les pieds. Lʼaudit financier des CCI de Calais et de Boulogne-sur-Mer pour la société portuaire unique nʼest toujours pas à la disposition des élus régionaux, pas plus dʼailleurs que du président du conseil régional luimême. Précisons que cet audit a été réalisé par un cabinet international “avec pignon sur rue”, comme on dit, le Cabinet Ernst and Young, un des géants mondiaux de lʼaudit ; cabinet qui est en charge par ailleurs dʼadministrer la liquidation judiciaire de lʼéquipementier téléphonique Nortel. Pourtant, le niveau financier des investissements sur les deux ports est plus que conséquent et est demandé par les chambres de commerce au Conseil régional avec un empressement quʼon ne “leur connaissait pas quand lʼÉtat Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009

“…Les retards inacceptables pour l’avenir de Calais et de la région.”

était aux commandes”. Et le président de la CCI de Calais, M. Puissesseau de réclamer les deux millions dʼeuros pour la sûreté portuaire liés à lʼaccord Sarkozy-Blunkett du Touquet ; de leur côté, les Britanniques ont réalisé les travaux à Douvres. Cette situation est anormale. Promesses...

Aucun conseil portuaire nʼa abordé la question fondamentale de Calais 2015 et la conférence portuaire ne sʼest toujours pas réunie. Il y a plus de deux ans, promesse

du littoral du Nord/Pas-de-Calais, voire au-delà.

A lʼévidence, la logique du marché et la mise en concurrence seront érigées comme seuls mécanismes de régulation et dʼappréciations des activités maritimes et de leur productivité. Dans ce contexte, rassembler les salariés sur des enjeux de progrès social fait partie aussi du débat public.

“La société portuaire nʼest toujours pas en place, déplore Claude Vanzavelberg, là aussi les retards accumulés ne sont pas faits pour

Calais 2015 : des retards qui en disent long sur une hostilité patente de la Chambre de Commerce de Calais… y avait été faite dʼen faire un point précis tous les ans. Silence radio...

Et Claude Vanzavelberg de présenter à la presse toutes ses interventions sur ce dossier et aussi ses interrogations récurrentes sur les retards ; la commission de débat public en charge de valider ce dossier est, de ce fait, abonnée aux calendes grecques. Cʼest elle qui doit organiser le débat public. Dans ce paramètre, lʼavenir du port, la relation avec la CCI, la situation du transmanche, sont étroitement liés. Lʼensemble des salariés est touché directement. Il est hors de question de mettre en concurrence les salariés des ports

une bonne lisibilité ; il y eut le projet de décentralisation de 2004 et nous sommes en 2009... Le temps presse et nous nʼavons pas, nous, les élus politiques, les élements financiers. Nous avons perdu deux ans. Cʼest considérable. Janvier 2010 approche et cʼest la date du début du débat public et nous serons dans un contexte électoral avec la tenue des élections régionales en mars. Ce retard dans un tel dossier est préjudiciable à un pan entier de lʼéconomie du littoral. Lʼenjeu mérite un débat le plus possible. Au regard de cet enjeu, il est navrant de constater “lʼefficacité” des CCI à se constituer en société portuaire (délibération -7-

prise en 2008). Du coté de SeaFrance, cʼest lʼemploi direct de centaines de personnes qui est menacé. Nous ne pouvons attendre plus longtemps, tout est lié. LD Lines sʼest installé à Boulogne-sur-Mer sans demander lʼavis du Conseil régional, propriétaire des ports. Lʼexcellent “document Calais Port 2015” (réalisé par les services de la Région) indique bien que ce projet, vu sous tous ses angles socio-économiques, techniques, environnementaux, nécessite une expression individuelle et collective aussi riches que possible.”

Il y va, donc, du devenir du port de Calais, de son avenir, de son extension, de son développement. Les statuts spécifiques de chacune des catégories sociales travaillant sur les ports et relatifs aux salaires, aux conditions de travail, à lʼemploi et à leur finalité font partie également du débat. Nouvelle ligne Boulogne-surMer-Ramsgate

La compagnie Euroferries a annoncé la mise en place d'une nouvelle liaison rapide passagers entre Boulogne-sur-Mer et l'Angleterre dès la fin du mois d'août.

Cette ligne, qui reliera Boulogne au port de Ramsgate, sera opérée, à raison de cinq traversées par jour, par un ferry à grande vitesse, le Bonanza Express, capable de croiser à 38 nœuds (70 km/h) et de rivaliser "avec le

temps de traversée du tunnel sous la Manche".

Le Bonanza Express sera en mesure de transporter 716 passagers ainsi que des voitures et des autobus.

Le président d'Euroferries, Per Staehr, qui met en place cette ligne en partenariat avec la compagnie norvégienne Fred Olsen, a expliqué vouloir se "concentrer sur le trafic touristique". SeaFrance : lʼultimatum...

Le président du conseil de surveillance prend des vessies pour des lanternes et place les salariés et les syndicats devant un ultimatum puisque la SNCF veut, dès le 24 août prochain, une réponse de leur part quant au plan de suppressions dʼemplois. Le nombre de 540 est avancé avec une promesse des moins fiables, “la proposition de la SNCF” dʼembaucher... Tout cela sera débattu de nouveau ce vendredi 14 août lors d'un comité d'entreprise. Et la CGT de préciser : “Nous avons toute notre place au sein de la SNCF, en défendant le service public, nous sommes dans le rôle de syndicalistes de combat. Seul le service public est en mesure dʼavoir une politique de suivi et des tarifs attractifs pour les passagers et le fret. Le service public est plus quʼun argument de principe, cʼest le fondement même de notre action et de nos revendications.“ À suivre, donc. Pierre Pirierros


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Calais AUDIT FINANCIER SUR L'ANALYSE DES COMPTES DE LA VILLE ENTRE 2004 ET 2007 : M N CJ

POURQUOI LA MUNICIPALITÉ UMP DE CALAIS REFUSE DE COMMUNIQUER LES RÉSULTATS ?

Dès fin mars 2008, Madame Bouchart, devenue maire UMP de Calais, annonçait un «Audit financier» sur les finances communales. Confié au groupe parisien FCL, cette analyse financière a été payée 15.248 euros (10 millions AF) et remise en octobre 2008... Depuis aucune communication municipale, même aux élus et aucun média local ne s'interroge. En possession des éléments de cette étude, Claude Vanzavelberg a fait part de son analyse à partir des éléments de l'audit. Édifiant !

C

Tout en étant une station balnéaire, Calais a une population disposant de peu de moyens financiers mais à qui la maire UMP va imposer +10% des impôts locaux à la rentrée alors que la bonne gestion financière du maire communiste, Jacky Hénin, ne l'imposait pas. Même chose pour les habitants de l'agglomération (Calais, Marck, Coulogne, Coquelles, Sangatte) qui seront ponctionnés par l'impôt pour la première fois !

'ÉTAIT la 2ème question («Projet Calais port 2015» traité par ailleurs) que le conseiller régional et ancien adjoint au maire avec délégation des finances souhaitait aborder vendredi dernier avec les journalistes locaux (en l'absence notoire une fois de plus de «Radio 6» et de «Calais TV»). Comme conseiller régional il a d'abord fait la démonstration, preuves à l'appui, que la ville continuait de fonctionner sur la base des dossiers et financements obtenus avant mars 2008 (notamment en aménagement urbain et grands

projets) et que donc les travaux en cours et inaugurations intervenues depuis un an n'étaient pas du fait de la maire UMP et de son équipe... Comme ex-président de la TV locale, l'élu avait déjà «remis les pendules à l'heure» sur le soidisant fonctionnement «catastrophique» de la TV locale. À preuve du contraire (et de sa demande de débat public sur le sujet), son argumentation développée il y a 1 an n'a jamais été contredite ! Mais c'est sur les finances communales que l'élu Calaisien (qui avait la délégation finances avec A. Barois à la ville et participait à la

commission finances de la Communauté d'Agglomération) tenait à s'exprimer. Pourquoi aucune communication aux membres du conseil municipal et à la population des résultats de cet audit financier ? N'est-ce pas parce que depuis 17 mois, avec la complicité de certains médias locaux, la maire UMP peut raconter n'importe quoi sur... avant son régne ? La ville de Calais était bien gérée...

C'est surtout ce qu'il ne faut pas faire savoir ! Or l'analyse rétrospective depuis -8-

2004 des comptes de la ville démontre tout cela... qu'on en juge... ● La dotation de solidarité communautaire attribuée à la ville de Calais n'avait pas bougé depuis 2006. Normal car l'enveloppe financière avait été figée par la prise en compte de l'accroissement de la population à Sangatte (une des 5 villes de l'agglomération). ● La progression des dépenses de la ville était due pour l'essentiel à la masse salariale donc aux emplois de service public gérés par la ville. Valait-il mieux ne pas remplacer les départs à la retraite ?

D'autant que les recettes courantes à taux constant ont augmenté en moyenne de 2004 à 2007, de + 3,6 %. ● L'étude a révélé ce que chacun savait, à savoir l'absence de richesse fiscale et que sur 116 villes de plus de 50.000 habitants, Calais est classée 114ème... Si les patrons payaient mieux les salariés ! La taxe d'habitation à Calais n'a augmenté que de 4 % en 5 ans alors qu'en moyenne nationale l'augmentation était de + 14,48 %... À la rentrée, les calaisiens vont payer + 9 % d'impôts en plus en une seule année sous prétexte des difficultés financières de la ville. On croit rêver !! Suite page 9 ☛

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Calais

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En page 15 du rapport, on constate que les bases d'imposition (la richesse des foyers) a augmenté de 2,6 % par an alors qu'au plan départemental c'est + 3,9 %. Preuve s'il en est qu'il fallait gérer la ville en fonction des ressources financières des habitants, non ? ● En page 16 de l'Audit, il est indiqué la faiblesse de «rentabilité» de la taxe d'habitation à cause... de la politique sociale d'abattements... Explications... Jusque mars 2008, les élus calaisiens décidaient de l'abattement général à la base sur la taxe d'habitation à son taux maximum. En fait, cette mesure sociale permettait de réduire de 65 euros l'imposition des contribuables les moins aisés. L'étude propose à la municipalité UMP de supprimer le système des abattements ce qui permettrait un produit des impôts de + 2,4 millions d'euros mais aussi d'augmenter le produit de la taxe d'habitation de + 22 % et d'augmenter les taux d'imposition de + 11 %... On comprend mieux qu'il faille cacher aux habitants les dessins de la maire UMP !

● En page 18, le rapport du cabinet parisien indique que Jacky Hénin et son équipe avaient obtenu de 2004 à 2007 une augmentation de + 6 % par an des dotations de l'état soit plus que ce qu'obtient

en ce moment la maire pourtant UMP ! ● En page 20, l'audit confirme le bon travail des services municipaux aboutissant à quasiment doubler les ressources liées à la DSU

(dotation de solidarité urbaine). Des sommes obtenues de l'État correspondant à l'augmentation des taux d'imposition de + 14 % mais qui n'ont pas eu lieu grâce à la bonne gestion municipale !

Équipement majestueux, la Cité Internationale de la Dentelle et de la mode, une réalisation due à la précédente équipe municipale, là aussi !

● L'élu calaisien relèvera encore qu'en page 20 l'audit financier confirme l'augmentation en moyenne, chaque année de + 5 % des subventions versées aux associations locales qui, aujourd'hui, se demandent comment elles vont pouvoir continuer à fonctionner... grâce à la nouvelle gestion municipale ! ● Mieux encore, en page 30 du document, l'étude confirme l'exceptionnel effort d'investissement sur la période 2004-2007. Une période durant laquelle la ville a financé 116 millions d'euros d'investissement dont le financement a été couvert à 76 % par l'épargne (l'autofinancement) de la ville. Et le document de poursuivre (page 32) que la ville a assuré le remboursement de sa dette (les emprunts) dans le respect des conditions d'équilibre réel ! Voilà la situation catastrophique «décrite» durant 1 an et 1/2 par la droite UMP et ses alliés. La vraie catastrophe c'est que même un cabinet proche de l'UMP soit obligé d'admettre cette bonne gestion financière d'avant Bouchart ! Fidèle à son habitude, le quotidien «Nord Littoral» a relaté ce point presse dans son édition de samedi dernier en oubliant d'indiquer que l'Audit financier révèlait tout simplement la bonne gestion financière de la ville avant l'arrivée de l'UMP Bouchart. Il fallait le faire et ils l'ont fait !

L’actualité de la semaine selon Babouse

CE SAMEDI 15 AOÛT À CALAIS

20ème FÊTE POPULAIRE DU BOIS CAMPAGNE QUARTIER DU BEAU MARAIS, RUE GREUZE LES MILITANTS ET ÉLUS COMMUNISTES VOUS Y ATTENDENT DE 8H À 18H. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009

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France BUDGET 2010

LE PARTI COMMUNISTE DÉNONCE LE BOUCLIER FISCAL

Certains contribuables ont reçu lʼéquivalent de trente ans de SMIC au nom du bouclier fiscal.

E suis pour la suppression du bouclier fiscal.» Cʼest la réponse directe apportée par la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet. Elle répondait à lʼagitation nouvelle qui entoure un des dossiers chauds de la rentrée politique et économique : celui de la lutte du gouvernement contre les niches fiscales avec, en toile de fond, le vote du budget 2010 par le Parlement, en décembre prochain. 400 niches pour 40 milliards dʼeuros

C'est un nouveau «coup de rabot» que le gouvernement préparerait contre des niches fiscales. Après le plafonnement des niches, voté en novembre 2008, les nouvelles pistes étudiées par les deux députés UMP Gilles Carrez et Pierre Méhaignerie - respectivement rapporteur général du budget et président de la commission des Affaires sociales - privilégieraient le recours aux franchises. Selon le journal dominical, deux orientations seraient à lʼétude : lʼune visant à baisser uniformément chacun des taux de réduction, lʼautre consistant à appliquer une franchise sur le montant total de la feuille dʼimpôts. Affirmant que le temps est à la préparation du budget, Bercy refuse de communiquer, pour lʼheure, sur ce dossier. Aujourdʼhui, on recense en France environ 400 niches fiscales, sous la forme dʼabattements, de réductions ou de crédits dʼimpôts. Le fait est que les 40 milliards dʼeuros annuels de cadeaux fiscaux offerts

aux contribuables font des niches fiscales une cible privilégiée, eu égard à la dégradation des comptes publics lourdement pénalisés par la crise. Mais deux éléments invitent néanmoins à la vigilance : les dispositifs privilégiés dans le cadre de cette lutte mais

NOUVELLE-CALÉDONIE

DES MILLIERS DE PERSONNES DÉFILENT À NOUMÉA CONTRE LES VIOLENCES

Plus de 26.000 personnes ont défilé à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, pour protester contre les récents débordements violents du conflit social de la compagnie Air Calédonie (Aircal).

D

E nombreux commerces et entreprises ont fermé leur porte pour permettre au personnel de participer à la manifestation organisée par un collectif citoyen jusqu'ici inconnu. Les manifestants, qui portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "paix, dialogue, respect", étaient au nombre d'environ 26.000, soit un dixième de la population du territoire du Pacifique Sud. Il s'agissait de la plus grande manifestation organisée en Nouvelle-Calédonie depuis les années 1980. Elle fait suite à de violents affrontements la semaine passée entre l'USTKE (Union

aussi et surtout les priorités du gouvernement dans le renflouement des comptes publics, qui illustrent une nouvelle fois la schizophrénie fiscale du gouvernement Fillon, qui donne aux plus riches dʼune main et reprend aux plus pauvres de lʼautre. Dʼune part, lʼapplication dʼune franchise, non progressive, mettrait sur un pied dʼégalité les ménages les plus riches et les contribuables les moins aisés. Sur ce point, Marie-George Buffet se prononce au contraire en faveur

de mesures destinées à «enlever les niches qui servent les plus riches, tout en continuant à aider celles qui permettent aux familles les plus modestes de survivre». Ensuite, il est difficile de ne pas mettre cette nouvelle annonce dans la perspective de la politique fiscale menée par Nicolas Sarkozy depuis son élection, dominée par le vote du bouclier fiscal en juillet 2007. La secrétaire nationale du PCF accuse la mesure fiscale phare du candidat Sarkozy de permettre «aux 1 000 fortunes les

plus importantes de notre pays de toucher, pour certaines dʼentre elles, jusquʼà trente années de SMIC» pour le compte de lʼannée fiscale 2008. Et le ministre du Budget ne semble pas vouloir sʼarrêter en si bon chemin. Prochain objectif : les niches sociales et lʼimposition des indemnités journalières des victimes dʼaccident du travail. On devine déjà qui seront les victimes dʼune telle mesure si elle est appliquée : une nouvelle fois, les contribuables les plus fragilisés.

Les budgets se suivent et se ressemblent : dégrèvements fiscaux pour certains et austérité pour d’autres. (Photo Liberté 62)

syndicale des travailleurs kanaks et des exploités) et les forces de l'ordre lors d'interventions pour démanteler de nombreux barrages mis en place par le syndicat indépendantiste. Ce dernier proteste contre l'enlisement du conflit social à Aircal et pour réclamer la libération de son dirigeant, Gérard Jodar, et d'autres militants emprisonnés fin juin à la suite des événements liés à ce conflit qui a éclaté en mars. Un collectif pour la libération de Gérard Jodar a appelé à une journée de mobilisation le 22 août, trois jours avant la procès en appel du leader syndicaliste.

MOLEX : Les salariés de MOLEX sont révoltés par la décision de la direction, de fermer lʼentreprise, prenant prétexte des incidents de ces dernières heures. On peut se demander si la ficelle nʼest pas un peu grosse.

UNE AGRESSION INTOLÉRABLE

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ES salariés contestent la version de la direction concernant des violences physiques quʼaurait subies un dirigeant de lʼentreprise. En revanche, une véritable violence est exercée sur les salariés quand le mardi 4 août, la direction annonce la rupture unilatérale des négociations avec un repreneur potentiel du fait «quʼil nʼy a rien à vendre». Les salariés contestent cette décision puisque lʼétude du cabinet dʼexpert Syndex sollicité a conclu que lʼusine était viable. La direction de Molex sʼentête dans son plan de «casse» alors même que Monsieur Estrosi exprimait, la semaine dernière, son - 12 -

espoir de voir aboutir les négociations avec ce repreneur. Les salariés sʼétonnent de la réaction du Ministre qui condamne les salariés, alors même quʼune enquête est en cours. Ils constatent par contre, quʼil nʼa aucune réaction sur le refus de lʼentreprise dʼune reprise de lʼactivité sur le site. La direction de lʼentreprise Molex a délibérément attisé la tension dans lʼentreprise en engageant des vigiles, avec la présence permanente dʼun huissier et enfin par sa déclaration de la rupture avec le repreneur. La volonté de la direction est claire : délocaliser la pro-

duction coûte que coûte, dʼabord annoncée en Slovaquie, puis en Chine et maintenant aux EtatsUnis. Elle veut décrédibiliser lʼaction des salariés qui défendent leur outil de travail et leur stock. La véritable agression cʼest la politique menée par la direction de Molex, qui condamnerait 300 familles de salariés si la fermeture prévue de lʼusine en novembre devenait effective. En grève depuis le 7 juillet, les salariés avec leurs organisations syndicales exigent le maintien de lʼactivité de lʼentreprise et de ses emplois sur le site de Villemur-surTarn. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009


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Entreprises INDUSTRIE M N CJ

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LES SALARIÉS ATTENDENT DES RÉPONSES CONCRÈTES À LEURS REVENDICATIONS

Les salariés attendent des réponses concrètes à leurs revendications. Ils ont des interrogations justifiées sur les réalités des politiques mises en œuvre, dʼautant que les problèmes qui se posent aujourdʼhui dans lʼurgence étaient identifiables depuis des mois, voire des années. A contradiction était en effet béante : dʼun côté, les vingt grands groupes français à base industrielle affichaient, début 2008, 50 milliards dʼeuros de profits nets ; de lʼautre, lʼindustrie française ne cessait dʼaccumuler les problèmes : recul de la production, emplois industriels en régression forte, creusement du déficit commercial. Il y a un an, près dʼun salarié sur deux de lʼindustrie estimait son emploi menacé. Compte tenu des risques qui pèsent sur le contrôle ou lʼavenir de

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certaines entreprises et branches, plusieurs dossiers industriels méritent un examen particulier. Cʼest le cas de filières entières comme lʼautomobile avec les difficultés des constructeurs et sous-traitants, de lʼaéronautique dont nombre dʼactivités sont poussées à la délocalisation, de la pharmacie, de lʼagroalimentaire... Les problèmes ont une dimension sectorielle évidente. Mais il y a aussi besoin dʼavoir une vue globale dans la mesure où se pose la question de lʼévolution de lʼensemble de lʼindustrie. Ces problèmes particuliers ou plus

globaux sont, pour lʼessentiel, antérieurs à la phase actuelle de la crise financière. Mais ils se trouvent amplifiés par cette crise et ses conséquences. Avec lʼaccentuation des difficultés économiques, nous risquons incontestablement de voir grossir la vague de désindustrialisation. La France perd incontestablement des parts de marché comme le montrent les récents chiffres du commerce extérieur. Le recul de la France dans les échanges industriels internationaux est net : en dix ans, la perte de parts de marché atteint 16 % pour les produits

manufacturés. Depuis 2001, la valeur ajoutée industrielle plafonne à 230 milliards dʼ€. Nous assistons enfin à une baisse relative de la valeur technologique de nos exportations. Dans le débat sur la compétitivité, le coût du travail mis en avant par le Medef, joue une fois de plus le rôle de paravent. Après les 35 heures, cʼest le coût de lʼheure de travail en France qui serait censé expliquer les problèmes rencontrés. Cet argument est faux. Le coût de lʼheure travaillée dans lʼindustrie a évolué ces dix dernières années comme celui de la moyen-

ne européenne. Ce nʼest que dans la toute dernière période que la compétitivité - coût des exportations françaises - sʼest dégradée par rapport à lʼAllemagne, donc bien trop tardivement pour expliquer une désindustrialisation qui sʼest amplifiée depuis vingt ans ! Là nʼest donc pas le problème central. Certes la concurrence sʼest accentuée. Lʼeuro surévalué a pesé sur les débouchés des productions européennes. Mais le coût salarial unitaire du secteur manufacturier français a continué de baisser (- 10 points en dix ans) prolongeant la tendance des années 1980.

"CONCURRENTS"

ILS NE SONT PAS CEUX QUE L’ON CROIT

OS principaux concurrents et partenaires ont réagi chacun à partir de leur situation propre. Ils ne sont pas lʼInde, la Chine ou le Brésil. Contrairement à une idée bien ancrée, la concurrence ne vient pas principalement des pays en développement à bas coûts de main-dʼoeuvre mais de nos partenaires des pays développés. LʼAllemagne a conservé son potentiel industriel en sʼappuyant sur un réseau de moyennes entreprises et une forte qualification de la main dʼœuvre, un redéploiement de sous-traitants en Europe de lʼEst et une pression sans précédent sur les salaires pendant sept ans. Plusieurs autres pays ont engagé une démarche prosLiberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009

pective et volontariste en matière dʼactivités industrielles. Cʼest le cas notamment des pays de lʼEurope du Nord (Finlande, Suède...). Beaucoup de pays ont mis en oeuvre des outils spécifiques dʼintervention en faveur des entreprises (financement des Pme, aides à la recherche-développement...) qui ont facilité lʼinvestissement industriel. Le Canada et le Japon ont pris des distances avec les règles de la concurrence pour concilier les objectifs de politique industrielle. Les Etats-Unis utilisent les armes budgétaires et monétaires pour renforcer la compétitivité de leur pays. Le gouvernement américain manipule le cours du dollar. Il accorde un crédit de plusieurs dizaines de milliards de dollars

aux constructeurs automobiles américains afin officiellement de leur permettre dʼaffronter les défis environnementaux. Il adopte des mesures ouvertement protectionnistes en faveur de sa sidérurgie. La France souffre dʼabord de cette concurrence accrue entre pays développés qui cherchent à se positionner sur les productions plus hautes en gammes : aéronautique, transport ferroviaire, automobile, énergie, pharmacie. La France est partout attaquée sur ses points forts historiques. La contraction actuelle de lʼindustrie manufacturière, en France, va générer à terme du chômage et une faible croissance potentielle. La pression sur les coûts de maindʼœuvre est une impasse compte tenu des différentiels internationaux des salaires. - 13 -

La France ne concurrence jamais les Chinois, les Malaisiens ou les Indiens sur ce terrain. En revanche, cette pression empêche le développement des qualifications et, en général, des capacités humaines. LʼAllemagne en fournit bien le contre-exemple avec à la fois une compétitivité indéniable et un coût horaire de la main-dʼœuvre dans lʼindustrie manufacturière qui, malgré la politique suivie ces sept dernières années, est toujours supérieur à celui de la France dʼenviron 10 points. La France ne peut se passer dʼune stratégie globale de développement cohérente et efficace. Une politique économique active et cohérente favorisant les débouchés intérieurs, le financement des investissements en recherche

développement, lʼinvestissement des équipements publics, le développement de la formation et de la qualification est urgente et indispensable. A ce titre, on ne peut plus avoir dʼun côté des efforts industriels et de lʼautre des politiques publiques dʼéquipement, de santé, de transport et dʼénergie qui ne prendraient pas en compte la nécessité de promotion de lʼemploi industriel et de services sur le territoire européen. On ne peut, par exemple, inciter à utiliser les «médicaments génériques» sans discernement. Ce choix poussé au bout est destructeur dʼemplois dans la pharmacie. De la même manière, la privatisation de Gaz de France va favoriser la fin des tarifs régulés et conduire à une hausse des prix de lʼénergie.


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Sciences et Techniques

BRÈVES

OISSEL : À L’ÉCOUTE DES POISSONS

LHC : M N CJ

REDÉMARRAGE EN DOUCEUR

Le LHC, le grand collisionneur de hadrons conçus et construit par le Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN) remontera en puissance au cours du troisième trimestre 2009. Le LHC avait subi une panne importante 9 jours seulement après sa mise en service en septembre 2008, quelques jours après son lancement. Les 10 000 aimants supraconducteurs qui accélèrent les particules dans les 27 kilomètres de galerie de lʼéquipement ont tous été vérifiés et changés. Le LHC atteindra une énergie de 3,5 téraélectronvolts (TeV), dʼici à la fin de lʼannée. Les expériences avec cette énergie seront menées pendant lʼannée 2010. Cʼest la moitié de la puissance nominale espérée par les physiciens, mais la prudence dans le lancement prévaut après les mésaventures passées. Il faudra donc attendre encore un peu pour que la chasse au «boson de Higgs» batte son plein. Une année qui sera sans doute mise à profit par le Tevatron du Fermilab de Chicago pour tenter une percée décisive dans la mise en évidence de cette particule postulée par la théorie et qui fonde le «modèle standard» de la physique qui fournit le cadre conceptuel de lʼexplication actuelle de lʼUnivers.

PLANCK : PREMIÈRES DONNÉES

Lancé le 14 mai, le satellite dʼobservation Planck est entré en fonction courant juillet. Après une mise en orbite réussie sur un point dʼéquilibre entre lʼattraction terrestre et celle du Soleil, une série de tests entrepris par les astrophysiciens a été couronnée de succès. Ce grand congélateur fonctionne à une température proche du zéro absolu (0,1° Kelvin, soit -273° Celsius). Planck est chargé de mesurer la température des photons, ces grains de lumière, issus des premiers instants de lʼUnivers, ou plus exactement de 400 000 ans après le «Big Bang». Il devrait fonctionner maintenant pendant plus de 18 mois. Il devrait donner des informations nouvelles sur le rayonnement fossile datant de plus de 13 milliards dʼannées et en étudier les variations. La température de ce rayonnement oscille entre 2° et 3° degré Kelvin. Les données recueillies devraient pouvoir fournir des éléments nouveaux pour comprendre lʼinflation cosmique qui est le modèle cosmologique actuel. Les chercheurs de lʼInstitut dʼastrophysique spatiale de lʼUniversité dʼOrsay, à lʼorigine du projet, ont déjà reçu des données du satellite. Ils ne font aucun commentaire pour lʼinstant, sinon pour dire que cela est «extraordinaire». Patience donc pour les premiers résultats.

Il est loin le temps où les saumons remontaient la Seine, où les anguilles peuplaient ses affluents. La multiplication des stations dʼépuration, la surveillance des rejets dans les rivières recréent cependant des conditions dʼhabitat plus favorables. Les espèces qui, comme les anguilles, les mulets et les flets se sont réfugiées en baie de Seine pour survivre profitent-elles de lʼamélioration de la qualité des eaux pour remonter le cours du fleuve ? Pour le savoir, les chercheurs du Cemagref (Institut de recherche pour la gestion durable des eaux et des territoires) écoutent les poissons.

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ANS la zone des îles situées en amont de lʼestuaire de la Seine, entre le barrage de Poses et Rouen, des équipes de scientifiques, coordonnées par le Cemagref, institut de recherche pour la gestion durable des eaux et des territoires, ont équipé 70 jeunes anguilles, flets et mulets porcs, dʼémetteurs acoustiques. Jusquʼà fin août, ils vont ainsi suivre leurs déplacements grâces à des hydrophones fixés sur des bouées immergées, qui permettent de capter les signaux émis par les émetteurs, propres à chaque poisson. Ces signaux, enregistrés en continu, offrent aux chercheurs la possibilité dʼétudier

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SSU du regroupement d'équipes scientifiques et techniques constituées par l'État, dans les années 1960-1970, en appui aux politiques nationales d'aménagement et d'équipement de l'espace rural, le Cemagref (Centre dʼEtudes du Machinisme Agricole, Génie Rural Eaux et Forêts) a été créé en 1981 et a acquis le statut d'établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) en 1986. La mission de l'établissement national de recherche ainsi créé relève, dans ses domaines de compétence, de la recherche et de l'appui scientifique et technique aux acteurs publics et privés de la

le comportement de ces espèces et, en particulier, de comparer leur stratégie de fréquentation des différents habitats à leur disposition (eaux salées, eaux saumâtres, eaux douces). Opération Thalassotok ?

L'anguille, le flet et le mulet sont trois espèces de poissons «thalassotoques», c'est-à-dire, qu'à l'inverse des saumons, ces poissons se reproduisent en mer puis colonisent les eaux fluviales pour y accomplir leur croissance. Ces espèces migratrices, qui supportent de vivre dans des eaux de qualité médiocre, sont susceptibles d'être les premières à coloniser les cours d'eau si les condi-

LE CEMAGREF mise en valeur du territoire. Le Cemagref doit donc conjuguer recherche de l'excellence scientifique et prise en compte des enjeux de société et de politique publique. Son principe d'action, conforté par ses instances d'orientation, est de limiter son domaine d'expertise à son domaine de recherche, et réciproquement de n'engager de recherches "y compris fondamentales" qu'avec une finalité opérationnelle. Aujourdʼhui lʼobjectif affiché par le Cemagref est de devenir la référence en sciences pour l'ingénierie de la gestion durable des eaux et des territoires. Le «plan stratégique et le contrat dʼobjectif 2009- 14 -

tions environnementales s'améliorent. Le projet THALASSOTOK lancé en 2008, pour une période de trois ans, a pour objectif de comparer le développement de ces espèces de poissons dans les estuaires de la Seine et la Gironde dont la qualité des eaux est en amélioration. Croissance

Lʼespérance de vie de ces poissons est de lʼordre dʼune dizaine dʼannées. Âgés de deux à trois ans lors de leur marquage, ils sont en pleine croissance. Lʼhabitat proposé par le fleuve dans la région dʼOissel est à priori favorable. Lʼaccessibilité aval amont sʼest améliorée. Les bras secon-

2012» concoctés par le gouvernement et présentés par la direction rencontrent une vive opposition parmi les personnels qui y voient une promesse de démantèlement de lʼInstitut. Lʼintersyndicale SUD-CGT-FO exige la renégociation du contrat dʼobjectif en «contrat de moyens», lʼarrêt de la précarisation des personnels, le maintien dʼune capacité à conduire une recherche propre dans le cadre de ses missions. Le Cemagref emploie aujourdʼhui plus de 900 personnes permanentes auxquelles viennent sʼajouter 250 CDD et 180 doctorants de statut précaire.

daires, les îles, les bras morts proposent des zones calmes et protégées propices à une nourriture riche et à une croissance tranquille. Grandir au plus vite demande de se déplacer le moins possible pour manger. Enregistrer et comprendre comment les conditions environnementales influent sur les déplacements des poissons et leurs séjours dans les différents habitats mis à leur disposition fournira un élément de connaissance sur lʼamélioration réelle des eaux de lʼembouchure de la Seine. Qualité des eaux de la Seine, où en est-on ?

Un poisson satisfait de son cadre de vie déménagera peu de l'habitat qu'il s'est choisi et trouvera à proximité la nourriture dont il a besoin. Les déplacements qu'il effectue sont donc un signe de la qualité du milieu et font ainsi l'objet de l'attention des chercheurs. Après la période critique des années 1970 où la Seine avait enregistré un appauvrissement dramatique – de la quantité dʼoxygène dans son eau – la qualité de l'eau s'est améliorée. Est-elle aujourd'hui suffisante pour autoriser un retour massif des espèces traditionnellement présentes en ces lieux ? Le comportement des poissons cet été apportera un premier élément de réponse. A.C.

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Monde CONVENTIONS DE GENÈVE, SOIXANTE ANS APRÈS LE 12 AOÛT 1949 : M N CJ

ELLES NE SONT PAS TOUJOURS RESPECTÉES

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C'est un anniversaire, certes. Mais les principes fondateurs du droit international sont violés chaque jour. Du Proche-Orient à l'Afghanistan, des millions d'innocents en sont les principales victimes. En Colombie, par exemple, c'est un conflit qui ne dit pas son nom. En Irak et en Afghanistan, les guerres d'occupation sont loin d'être finies avec leur lot de victimes. En Israël, le droit international n'existe pas.

A première Convention de Genève, ayant lieu le 22 août 1864, est née de la volonté d'améliorer le sort des blessés sur le champ de bataille. Son origine est étroitement liée à celle de la Croix Rouge. Toutes deux sont dues à l'initiative du genevois Henry Dunant, révolté par le triste sort des blessés après la bataille de Solférino (1859). En août 1864, la convention est signée par douze Etats européens : le Bade, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France, la Hesse, l'Italie les Pays-Bas, le Portugal, la Prusse, la Suisse et le Württemberg. La Norvège et la Suède s'y ajoutent en décembre. C'est la naissance officielle du droit international humanitaire. La convention protège le personnel de secours aux blessés : selon les termes de l'article 1, «les ambulances et les hôpitaux militaires seront reconnus neutres, et, comme tels, protégés et respectés par les belligérants». Un signe distinctif, la croix rouge sur fond blanc, permet de distinguer les personnes venant en aide aux blessés. En 1906 et 1907, une nouvelle convention est convoquée. Elle révise les protocoles publiés en 1899 et en adopte de nouveaux. La conférence suivante ne put être convoquée à la date prévue en raison de la survenue de la Première guerre mondiale. Une nouvelle conférence eut lieu en juillet 1929, qui en plus de réviser les protocoles de 1906, s'intéressa plus particulièrement à la question des prisonniers de guerre. Les Conventions de 1949

En 1949, à l'initiative du gouvernement Suisse, cinquante-neuf États prennent part à une conférence pour élaborer de nouveaux textes. Douze autres États et plusieurs organisations internationales dont l'ONU sont observateurs. Les quatre nouvelles conventions, signées le 12 août, développent les principes exposés dans les déclarations précédentes et développent de nouvelles idées, en particulier pour la protection des civils, dans la quatrième convention. La première convention de 1949, intitulée Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne prolonge celle de 1864. Elle fut signée le 12 août 1949. Elle est nommée «Première Convention de Genève» pour la distinguer des trois suivantes. La Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés, des malades et des naufragés des forces armées sur mer. Elle est appelée «Deuxième Convention de Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009

Genève». Elle est une mise à jour de la convention de 1906. Des prisonniers de guerre allemands lors de la prise d'Aix-la-Chapelle par les Alliés. La Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre aborde les mêmes questions que celle de 1929. Le terme «prisonnier de guerre» est défini dans cette Convention, c'est un combattant qui a été capturé. Cela peut être un soldat d'une armée, un membre d'une milice, ou encore certains civils comme les résistants. C'est cette convention qui permet au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite à tous les camps de prisonniers de guerre sans aucune restriction. Le CICR peut également s'entretenir, sans témoin, avec les prisonniers. Cette convention fixe également les limites sur le traitement général des prisonniers comme : ● l'obligation de traiter humainement les prisonniers, la torture et tous les actes de pression physique ou psychologique sur ces derniers sont strictement interdits. ● les obligations sanitaires, que ce soit au niveau de l'hygiène ou de la nourriture. ● le respect de la religion des prisonniers. La quatrième Convention

La Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles

en temps de guerre, actuellement en vigueur, fut signée le 12 août 1949. Elle est appelée «quatrième Convention de Genève». Historiquement, la codification du traitement réservé aux civils en temps de guerre constitue aussi une troisième étape dans la constitution du «droit de Genève». Les participants ont voulu tenir compte des leçons de la Seconde Guerre mondiale - et d'une évolution des conflits armés, dont les principales victimes sont, toujours plus, les civils. Cette convention est un compromis entre les impératifs militaires de sécurité (pour l'occupant) et les droits fondamentaux des civils (subissant l'occupation). C'est donc un minimum réaliste, intangible, qui s'applique «quelles que soient les circonstances». Ce consensus des États remonte à 1949. Avec cette convention, les civils sont clairement protégés de tout acte hostile : ● Ils ne peuvent être pris en otage, pour par exemple servir de boucliers humains. ● Toutes les mesures de représailles visant les civils ou leurs biens sont strictement interdites. ● Les punitions collectives sont strictement interdites. ● L'armée qui occupe un territoire où vivent des civils doit assurer leur protection, n'a pas le droit de les déporter et n'a pas le droit d'implanter des

colons civils dans le territoire concerné. Cette convention précise parmi toutes ses dispositions, la violation de certaines, qui constitue une «infraction grave», correspondant à un crime de guerre. Ces violations sont : «l'homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves à l'intégrité physique ou à la santé, la déportation ou le transfert illégaux, la détention illégale, le fait de contraindre une personne protégée à servir dans les forces armées de la puissance ennemie, ou celui de la priver de son droit d'être jugée régulièrement et impartialement selon les prescriptions de la présente Convention, la prise d'otages, la destruction et l'appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire».

En Afghanistan, plus de 1000 civils ont été tués, ces six derniers mois. (Photo AFP)

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Protocoles

Le 8 juin 1977, deux protocoles additionnels aux Conventions de Genève furent signés. Le premier protocole concerne la protection des victimes lors des conflits internationaux, mais également lors des «conflits armés dans lesquels les peuples luttent

contre la discrimination coloniale et l'occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes» (article 2). Le second protocole concerne la protection des victimes lors des guerres civiles : on parle de conflit armé non-international, par opposition aux conflits armés internationaux du Premier Protocole Additionnel. Le troisième Protocole additionnel du 8 décembre 2005 adopte un signe distinctif nouveau qui représente un losange rouge sur fond blanc, le cristal rouge. Cet emblème permet aux Sociétés nationales de secours aux blessés ne désirant pas adopter la croix rouge ou le croissant rouge comme signe distinctif de devenir membre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et de bénéficier de la protection que les Conventions de Genève leur garantissent. Si le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est le «gardien du droit international humanitaire» et le défenseur des victimes de la guerre, la mise en œuvre des Conventions de Genève relève de la responsabilité des États parties, qui s'engagent à «respecter et faire respecter» cette Convention «en toutes circonstances».


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Fête de l’Humanité RENDEZ-VOUS AVEC LA MUSIQUE CLASSIQUE

RACHMANINOV ET LA SYMPHONIE N° 2 M N CJ

PAR L’ORCHESTRE DES JEUNES DE RADIO-FRANCE

Sergueï Rachmaninov (1873 -1943) avec sa symphonie Numéro 2 (par l'Orchestre français des jeunes de Radio-France) sera présent cette année à la Fête de l'Humanité. Moment de pur plaisir, avec un auditoire estimé à plusieurs milliers de personnes... Lʼengouement pour un tel événement découle de lʼappropriation par le public des symboles évidents, la musique en est une. LʼArtiste comme le spectateur sont liés par une expérience commune acquise au fil des pratiques et dʼune connivence certaine qui aboutissent à la création et à donner une ambiance exceptionnelle à la vie. Il nʼy a pas de culture préétablie mais ce sont le rêve et lʼémotivité qui sʼajoutent - lʼun à lʼautre - et qui deviennent complémentaires pour changer le monde et créer un réel dynamisme. Et cʼest toujours un nouvel esprit qui souffle sur toute cette vie musicale, puisque sa pratique recouvre la notion dʼuniversalité. Tout est fait pour le public, rien ne peut échapper aux mouvements successifs dʼune multiplication de signes et de propositions. Cʼest toujours et encore cette idée de la pérégrination qui domine un travail “fait pour tous”. Nouvelles énigmes et nouvelles nécessités à dégager une route vers un matériau en perpétuelle transformation, le choix du répertoire se base sur les constances des idées définies par le musicien et sur les liens du public entre lui et le monde environnant. Ses besoins fondamentaux “reposent” sur la richesse des artistes invités, en l'occurrence les musiciens de l'Orchestre français des jeunes de Radio France mais aussi sur les tourments de ce monde. P.P.

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N 1877, Sergueï Rachmaninov a quatre ans. Pendant deux ans, Anna Ornazkaïa, diplômée du Collège Russe de Musique fondé par Anton Rubinstein en 1862 (le futur Conservatoire de SaintPétersbourg) est engagée à demeure pour donner au jeune Sergueï Rachmaninov ses premières vraies leçons de piano. Vassili Arkadievitch Rachmaninov, le père de Sergueï, est un homme charmant et un père affectueux, mais prodigue, dépensier et, paraît-il, joueur. Des cinq propriétés de la dot maternelle, seule reste Oneg (située près de Novgorod), vendue aux enchères en 1882. Les Rachmaninov nʼont plus désormais les moyens de faire entrer Sergueï et son frère aîné Vladimir au prestigieux Corps des Pages qui prépare les officiers de la Garde impériale à laquelle ils étaient destinés. La famille emménage dans un appartement à Saint-Pétersbourg. La mésentente conjugale persistant, Vassili et Lioubov Rachmaninov se séparent. Les enfants demeurent avec leur mère et leur grand-mère venue en renfort, Sofia Boutakov (1823-1904), la «babouchka» bienaimée dont Sergueï est officiellement le petit-fils préféré. À cette grand-mère dévote qui l'emmène dans les églises, le jeune garçon doit une découverte capitale : le chant orthodoxe et la beauté du son des cloches de la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod, composantes essentielles de l'âme russe et source d'inspiration pour le futur compositeur. À l'automne 1882, à neuf ans, Sergueï Rachmaninov entre au Conservatoire de SaintPétersbourg où il suit des cours de piano, puis à celui de Moscou. Entre douze et seize ans, il est préparé par le professeur Nikolaï Zverev (1832-1893), ami de Anton Rubinstein et de Tchaïkovski. Zverev est un pédagogue renommé, respecté, rigoureux et sévère. Il prend chez lui quelques élèves doués de sa classe au conservatoire. Logés et nourris, ses pensionnaires doivent se soumettre à une discipline de travail draconienne et être dès six heures du matin devant le piano. Ce professeur exigeant tient à donner à ses élèves une grande ouverture culturelle par sa bibliothèque et en les faisant assister à des représentations théâtrales, à des concerts, à des opéras. Il invite les grands musiciens de passage à Moscou à venir écouter ses petits protégés. Le

jeune Sergueï y rencontre notamment Tchaïkovski, qui apprécie déjà ses dons de jeune pianiste, mais il entre en conflit avec son maître qui juge le piano incompatible avec la composition. Après deux ans sous la tutelle de Zverev, il obtient son diplôme du premier degré au conservatoire. Il a quinze ans. Il peut étudier l'harmonie, la théorie musicale, puis la fugue et la composition libre avec le jeune Anton Arenski, le contrepoint avec Serge Taneïev. Ces deux enseignements marqueront profondément le caractère et la musique de Rachmaninov. Pour le piano, il étudie avec Alexandre Siloti (son cousin germain) et ancien élève de Liszt et de Zverev lui-même. Ses pairs, au conservatoire, sont Josef Lhévinne, Alexandre Scriabine et Alexandre Goldenweiser. En 1889, il a 16 ans et s'installe chez ses cousins Satine à Ivanovka où il trouvera un vrai foyer. Sa cousine Natalia deviendra plus tard sa femme. Il obtient son examen de piano en 1891. Par la suite, il écrit alors son Prélude en ut dièse mineur ainsi que son opéra en un acte, Aleko, pour lequel il obtient un prix de composition en 1892, avec un an d'avance. Cet opéra, qui était très influencé par La Dame de pique de Tchaïkovski

qui venait d'être joué, fut créé le 23 avril 1893 au Théâtre Bolchoï. Rachmaninov, à 20 ans, commence une carrière brillante de virtuose et de compositeur. Il écrit de nombreuses œuvres, le Concerto n° 1, Prélude en ut dièse mineur, Trio élégiaque n° 2 à la mémoire de Tchaïkovski. Le succès est au rendez-vous. La reconnaissance du public ne peut-elle pas être définitivement acquise par la composition d'une symphonie ? En 1897, Rachmaninov présente sa première symphonie, opus 13. Dirigée par un Glazounov visiblement ivre, sa création est un échec retentissant et Rachmaninov sombre alors dans une dépression dont il ne sortira que quatre ans plus tard grâce à lʼénorme succès de son deuxième concerto pour piano, opus 18, et, entre temps, au traitement du médecin neurologue et hypnotiseur Nicolas Dahl qui le rend véritablement à la vie. C'est Nicolas Dahl qui lui rappelle sa promesse à la Société philharmonique de Londres d'écrire un concerto pour piano et c'est à lui que sera dédié ce concerto superbe. L'inspiration et le bonheur reviennent : il écrit la Sonate pour violoncelle et piano, la cantate Le printemps et épouse (avec l'autorisation du tsar) sa cousine germai- 16 -

ne Natalia, très bonne pianiste elle aussi. De cette union naîtront deux filles, Irina et Tatiana, toutes deux musiciennes. Les quinze premières années du XXe siècle seront pour lui quinze belles années pendant lesquelles il vivra de manière heureuse et aisée, notamment dans la propriété des Satine près de Moscou où il aime se réfugier l'été pour se reposer de ses multiples concerts et pour composer. Au cours de ces années, il dirigera de 1904 à 1906 les représentations lyriques du théâtre Bolchoï, il sʼétablira ensuite quelque temps à Dresde où il écrira avec difficulté, trop loin sans doute de sa chère Russie, sa Symphonie n° 2 et un opéra, Monna Vanna. En 1909, à 36 ans, il entamera sa première tournée aux États-Unis, où il obtiendra un immense succès grâce notamment à son troisième concerto, opus 30, écrit pendant l'été à Ivanovka pour sa tournée américaine. Il le créa à New York le 28 novembre 1909 où il le rejoua le 16 janvier 1910 sous la direction de Gustave Mahler. On lui proposera le poste de chef permanent de lʼOrchestre symphonique de Boston, quʼil refusera. La création à Moscou, sous sa direction, de sa symphonie Les Carillons connaît en février 1914 un succès extraordinaire. La première guerre

mondiale met fin à cette période heureuse de sa vie ; il perd son ami Scriabine qu'il a connu chez Zverev. La conduite de la guerre est un désastre pour son pays. Il écrit un petit prélude opus posthume 1917, pour piano seul, empreint de nostalgie et de sombres sentiments, prélude à son départ douloureux. Parti avec ses mains pour seul capital comme lui dira un de ses amis avant son départ pour l'exil, il entame alors à 44 ans une nouvelle vie et avec son ami Nikolaï Medtner, une carrière de pianiste virtuose à temps plein. La nécessité de travailler intensément l'instrument et de se bâtir un répertoire l'éloigne de la composition. Au moment où il quitte pour toujours la Russie en 1917, il avait composé toutes ses œuvres publiées à l'exception de six d'entre elles. Il ne composera à nouveau qu'en 1926. Lʼinspiration ne l'a toutefois pas entièrement abandonné. Il écrit la célèbre Rhapsodie sur un thème de Paganini, opus 43, une série de variations pour piano et orchestre sur le 24e caprice de Paganini, publiée en 1934 et la très belle symphonie n° 3 en 1936. Ses tournées aux États-Unis et en Europe qu'il lui arrive d'assimiler à des travaux forcés lui assureront une vie matérielle très confortable. La villa Sénar

À l'automne de l'année 1930, à 57 ans, Serguei Rachmaninov, qui n'aime rien tant que la vie de famille et qui voyage par obligation professionnelle, est fatigué, saturé de concerts et affecté par l'échec de son Concerto n°4. Il décide alors de revenir en Europe où il se fait construire en Suisse une maison en bois dans la région du lac des Quatre-Cantons qu'il baptisera Sénar de son prénom et de celui de sa femme Natalia et qui lui rappelle la maison de ses cousins Satine. Il y est heureux, il compose, travaille au jardin et s'occupe avec tendresse de ses deux petits-enfants, Sophie Wolkonsky et Alexandre Conus. La Seconde Guerre mondiale qui le surprend aux États-Unis l'empêchera de retourner en Europe et de revoir sa fille Tatiana qui vit en France. Il compose en 1941 sa dernière œuvre, les Danses symphoniques, une métaphore de la vie (le matin, le midi et le soir). Il achète une maison à Beverly Hills et au cours de sa dernière saison (19421943) il ressent les douleurs d'un cancer du poumon qui l'emportera le 28 mars 1943, à l'âge de 69 ans. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009


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“A quoi lʼo ?”, Robert Combas, Musée Paul-Valéry à Sète.

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Robert Combas est un peintre français né à Lyon le 25 mai 1957. Il passe son enfance et son adolescence à Sète (département de l'Hérault). Il est diplômé de l'École des Beaux-arts de Montpellier. Inspiré par le mouvement de la trans-avant-garde italienne et les

nouveaux fauves allemands, il est l'instigateur de la «Figuration Libre» telle que l'a nommée Ben en 1981, suite à une exposition à Nice : «Avec le recul, je considère que je fais de la peinture abstraite ; et puis, je rajoute des fleurs, une maison, papamaman, tout ce qui me ramène à

la simplicité de l'enfance». Dans les années 1980, il avait reçu une bourse, avec Boisrond et Hervé Di Rosa, pour aller se former aux États-Unis mais il n'est pas allé la chercher. Vers la fin des années 1980 et début des années 1990, il a fréquenté une secte dirigée par une femme

de la mouvance New Age. Robert Combas dit s'en être sorti grâce à la peinture et en peignant une série de 24 toiles ésotériques présentées en 1993 au musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Aujourd'hui, il vit et travaille à Ivry-sur-Seine.

LES JOUTES NAUTIQUES

Les plus anciennes représentations de joutes nautiques ont été retrouvées sur des bas reliefs datant de l'ancien empire égyptien vers - 2780 à - 2730 (III et VI dynasties). Quelques témoignages attestent de la pratique de joutes dans la Grèce antique, mais ce sont les Romains, grands amateurs de spectacles nautiques se déroulant dans des arènes conçues pour être mises en eau. Selon toute vraisemblance, les Romains diffusèrent les joutes dans tout leur empire. E n'est qu'au XIIe siècle que les traces de pratiques de joutes réapparaissent.

Le plus ancien document de l'époque post-latine fait état d'un tournoi de joutes à Lyon le 2 juin 1177, pour la commémoration du millénaire des martyrs chrétiens de Lyon et de Vienne. Un document nous rapporte aussi qu'en 1270 à Aigues-Mortes les croisés, soldats et marins, attendant l'embarquement pour la terre sainte avec le rois Louis IX appelé Saint-

Louis, s'affrontaient en combats singuliers montés sur des embarcations légères. Les documents écrits ou illustrés se multiplient à partir du XVe siècle, faisant état de joutes en Sologne, à Toulon, à Lyon en l'honneur de la reine Anne de Bretagne, à SaintJust Saint Rambert (Loire) en l'honneur de François 1er, sur la Saône en 1548 pour Henri II et Catherine de Médicis et plus généralement sur tout le littoral méditerranéen. Le XIXe siècle est un tournant dans l'histoire des joutes nautiques. Des sociétés voient le jour. A l'origine, leur but n'était pas priori-

tairement la pratique des joutes nautiques. Il s'agissait de regroupement de mariniers qui portaient secours aux riverains lors des fréquentes crues du Rhône. Ils pratiquaient les joutes lors des fêtes locales, perpétuant ainsi les gestes transmis de générations en générations dans cette fière corporation d'homme du fleuve. En 1899, la création de l'Union fédérale des Sociétés françaises de natation et de sauvetage annonce une nouvelle ère pour les joutes nautiques. L'union organisera en 1901 le premier championnat de France sur le - 18 -

lac de la tête d'or à Lyon. En 1905, l'Union est remplacée par la Fédération nationale des sociétés de natation et de sauvetage et organise des championnats de France régionaux. Il faudra attendre 1960 pour que les joutes soient officiellement reconnues comme un sport par le gouvernement. En 1971, la Fédération change à nouveau d'appellation au profit de "Fédération française de Joute et de Sauvetage nautique" et obtient l'agrément jeunesse et sport, consacrant ainsi véritablement les joutes en tant que sport.

Joutes languedociennes

Appelée aussi "Joutes sétoises", cette forme de joutes se pratique au Grau du Roi, Agde, Frontignan, Marseillan, Mèze, Balaruc, Béziers, Palavas et Sète. L'épreuve reine est le tournoi des poids lourds se déroulant le lundi des fêtes de Saint-Louis à Sète à la fin du mois d'août (depuis 1743), mais un championnat de France (depuis 1941) et une Coupe de France (depuis 1962) existent également dans trois catégories de poids : Lourds, Moyens et Légers.. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009


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Un quart des licenciés français pratique les joutes sétoises. Autres épreuves importantes : le Pavois d'or (depuis 1903), toujours à Sète, et le Trophée du Languedoc (depuis 1920), à Agde le premier dimanche d'août. Les barques lourdes propulsées par huit à dit rameurs se croisent à droite. En plus des rameurs, deux musiciens (tambour et hautbois) et le "timonier patron" : le barreur. Les jouteurs sont montés sur une plate-forme se situant à près de trois mètres de l'eau, la tintaine. Sur la partie basse de la tintaine, se tiennent les jouteurs des prochaines joutes. Un "jouteur en position" est en fente-avant, à la manière d'un escrimeur. Pas de position de grand écart en joutes sétoises. C'est une joute en force, d'autant que le jouteur porte un lourd pavois (bouclier) de 70 cm de haut pour 40 cm de largeur et une lance de 2m50 dans l'autre main. Avant 1920, les pavois étaient encore plus grands (20 cm de hauteur en plus) et plus lourds. Le vainqueur est celui qui reste en place sur la tintaine après l'assaut. Une tenue intégralement blanche est obligatoire pour tous les jouteurs. Le port de chaussettes blanches est également obligatoire. Tout jouteur mouillé devra se

“Les Joutes”, 2002, Richard Di Rosa Musée Paul-Valéry à Sète. Métal et bois laqué. 95x80x155 cm). Photos Liberté 62

changer avant de jouter à nouveau ou pourra simplement ôter ses chaussettes. Parmi les grands jouteurs du passé, il convient de citer Louis Vaillé dit "le mouton" (dix victoires à la Saint-Louis) et BarthélémyLouis Aubenque, dit "le terrible" qui défia avec succès un pont en 1749 ! La musique est omniprésente à l'occasion de joutes sétoises. Une pena est toujours chargée de ponctuer les exploits des jouteurs. Contrairement aux autres formes de joutes, pas de classement par équipes en joutes sétoises. Seul le jouteur individuel est couronné. La Ligue du Languedoc est affiliée à la FFSJN depuis 1974. Sète tient une place centrale avec sept sociétés (clubs) pour cette seule ville. Toutes méthodes de joutes confondues, Sète est un cas unique. Mèze compte deux sociétés et Frontignan une. Joutes lyonnaises et givordines

Les joutes lyonnaises et givordines se pratiquent surtout dans la vallée du Rhône, plus généralement de Digoin à Avignon, mais aussi en région parisienne et sur les rives du Lot. Il existe quatre catégories seniors

Richard Di Rosa né en 1963 à Sète est un sculpteur français. Surnommé "Buddy" en référence à Buddy Holy, il fut avec son frère Hervé Di Rosa, Rémi Blanchard, François Boisrond et Robert Combas un des principaux artisans du mouvement français de la

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(légers, moyens, mi-lourd et lourd), deux catégories juniors (moins de vingt ans, léger et lourd), et cadets (moins de seize ans, léger et lourd depuis 1998). Les lances vont de 4,6 m à 6 m pour les seniors mi-lourd et lourd. Le jouteur est campé sur la plateforme arrière du bateau, nommé "tabagnon". Un "bourron" lui servant de cale pour sa main droite lui serre la cuisse droite. Le plastron, sorte de bouclier, est maintenu grâce à une sangle lui enserrant le cou et l'épaule gauche, tandis qu'une autre sangle beaucoup plus courte est passée dans sa main gauche. Il doit tenir sa lance des deux mains, sans la lâcher durant le déroulement de la passe. Il ne doit pas non plus toucher le tabagnon avec une autre partie du corps que ses deux pieds sous peine d'être aussitôt "mouillé" pour avoir "briqué". Il est en outre obligé de piquer dans le carré central du plastron adverse, appelé "neuf". Il existe deux positions que peut adopter le jouteur. La première, dite jambe "cassée", est la plus ancienne. Le pied droit calé sur le taquet situé à l'arrière du tabagnon, jambe droite tendue et jambe

Figuration Libre, renouveau de la peinture dans les années 1980, une peinture décomplexée empruntant souvent à la BD, au rock et au graffiti. Il est le seul membre du mouvement à avoir choisi la sculpture. Si au tout début de sa carrière cet autodidacte - 19 -

gauche légèrement pliée à l'avant. La seconde posture est dite jambe "tendue". Le jouteur est pratiquement au grand écart sans pour autant toucher le tabagnon. La différence entre la méthode lyonnaise et la givordine tient essentiellement dans le côté de croisement des bateaux. Les Lyonnais se croisent à gauche tandis que les Givordins se croisent à droite. Joutes provençales

Joutes pratiquées de Nice à Arles. Les barques sont motorisées et le pavois plus petit et moins lourd que celui des joutes languedociennes. Joutes alsaciennes

Les joutes alsaciennes aussi appelées "joutes strasbourgeoises", sont pratiquées dans le Nord-Est de la France, mais aussi en Allemagne, Belgique, Suisse et Autriche. Le grand rendez-vous de cette méthode de joutes se déroule chaque année à Munich (Allemagne) où les jouteurs peuvent profiter des installations des Jeux Olympiques d'été de 1972. Pas de bouclier ni de protection pour le jouteur, mais la lance est

de l'art a mêlé sa vision particulière à celle de son frère, il a très rapidement créé un univers à part. La couleur, les formes rondes et décomplexées de ses personnages témoignent d'une proximité esthétique avec Joan Miró ou encore Max Ernst. La culture africaine, la

munie d'un tampon de cuir. Le jouteur victorieux doit faire tourner par deux fois sa lance au dessus de sa tête afin de montrer au jury qu'il est physiquement indemne après l'assaut. Les barques de rivières sont propulsées par six rameurs. Un championnat de France est mis en place à partir de 1958. Joutes parisiennes

Pratiquée sur la Seine et la Loire et leurs affluents. Pas de bouclier ici, juste un plastron rembourré pour les jouteurs. Les barques sont motorisées. Longtemps rendu difficile par l'éloignement des différentes sociétés de joutes, un championnat de France est mis en place en 1980. Quatre catégories : Lourds, Milourds, Moyens et Légers. Un championnat de France féminin voit le jour en 1981 dans deux catégories : Légères et toutes catégories. Autres méthodes

Il existe de nombreuses autres méthodes de joutes nautiques pratiquées en France. Citons ici les joutes Cognaçaises, les joutes d'Accolay, les joutes de Merville et les différentes joutes bretonnes.

musique et les animaux (ses fameuses poules en particulier) sont autant de thèmes d'inspiration pour l'artiste. Ses œuvres sont notamment visibles à la Cité de la Musique à Paris, au Musée Paul Valéry à Sète. Exposé aux États-Unis dès 1983, il poursuit une

carrière internationale au Ghana, en Belgique, Thaïlande, Corée, Colombie, Pays-Bas... En France, au mois de mai 2008, une rétrospective retraçant ces vingt-cinq ans de créations lui a été consacrée à la Villa Tamaris à La Seyne-surMer. Liberté 62 n°874 - Le 14 Août 2009

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