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La Chronique de Recherches internationales APRÈS LE SOMMET DE L’OTAN,

QUELLE ARCHITECTURE EUROPÉENNE DE SÉCURITÉ ?

à ÉCEMMENT Strasbourg-KehlBaden-Baden sʼest tenu le sommet du soixantième anniversaire de lʼOTAN. Une telle commémoration représente en elle-même un véritable défi. En effet quʼune organisation militaire typique de la guerre froide perdure encore, alors que les motivations qui ont présidé à son avènement ont disparu depuis vingt ans, pose question sur son identité réelle. Alors que les interrogations se multiplient sur cette identité, le président français Nicolas Sarkozy, bien que personne ne lui demandât, décide dʼengager la France dans la totalité des structures militaires intégrées de lʼOTAN et même dʼy exercer en leurs seins des postes de commandement. Une décision qui met fin à lʼexception française décrétée par le Général De Gaulle en 1966 et suscite comme on a pu le mesurer ces derniers jours, réserves et réactions hostiles dans de larges couches de lʼopinion française et questionnements dans les autres pays européens. Cʼest un défi qui sʼajoute au premier. Alors pourquoi ces défis lancés ? Pourquoi le maintien et le développement amorcé de lʼOTAN ? Quʼest ce qui pousse le gouvernement français à prendre une telle décision aliénant lʼindépendance nationale, à laquelle il se dit pourtant attaché, et que lʼon sait lʼOTAN placée sous leadership américain ? Une nouvelle OTAN ?

Parmi les arguments avancés, on trouve lʼidée que lʼOTAN nʼest plus la même que par le passé et que sa nouvelle raison dʼêtre se situe dans le contexte international actuel. Si dit-on la menace soviétique a disparu, de nouvelles menaces sont apparues comme le chaos, le terrorisme, lʼinsécurité mondiale due au «non droit» et à la haine. Ainsi lʼOTAN se maintiendrait et exercerait plus de responsabilités face à ces menaces diffuses. Elle se transformerait en une «Alliance contre X», contre tout ce quʼon ne peut nommer précisément. Ce qui constitue à lʼévidence un vaste champ dʼennemis potentiels. Dans cet esprit, dès le lendemain de la Guerre froide, sous lʼimpulsion des Etats-Unis, lʼOTAN sʼest évertuée à rechercher des adaptations pour tenter de justifier sa pérennité. Une mutation a été entreprise, lʼOrganisation a intégré de nouveaux membres, issus de lʼexURSS, de lʼex-Traité de Varsovie, des Balkans. Un nouveau concept stratégique a été adopté en 1999, tendant à lʼélargissement des prérogatives et de la sphère dʼinfluence, bien au-delà du cadre initial, lʼOTAN partout et pour tout. Ce cap défini a été maintenu, tendant à transformer lʼOTAN en bras armé de la mondialisation libérale, porteur de valeurs occidentales, dites universelles. Il sʼagit dʼune volonté de moins en moins camouflée de substituer lʼOTAN à lʼOrganisation des Nations Unies (ONU). LʼOTAN deviendrait ainsi le

lieu où se décide la sécurité du monde et imposerait sa loi par sa puissance militaire (70 % des capacités militaires mondiales). Il ne sʼagit pas dʼune vue de lʼesprit cʼest le sens du «Global Nato» pour la promotion duquel milite son secrétaire général actuel, Jaap De Hoop Scheffer. Déjà les troupes de lʼOtan interviennent déjà hors de leur zone en Afghanistan en attendant demain dʼautres aventures sur dʼautres continents ? À ce sujet lʼOTAN se propose dʼinviter à participer à ses structures des pays comme le Japon, lʼAustralie, la NouvelleZélande.... La crise du relationnel transatlantique

Si la ligne semble tracée, elle rencontre cependant de vives résistances au sein même de lʼOrganisation. Elles sont à rattacher à la crise du relationnel transatlantique ouverte à la fin de la guerre froide. Ce qui rend parfois ces contradictions difficiles à cerner, cʼest quʼau fil des événements, compte tenu de la variété des pays européens, la relation transatlantique est marquée par des tendances centrifuges et centripètes, dʼautant que les EtatsUnis ne restent pas les deux pieds dans le même sabot. Ils tentent de rassurer leurs alliés tout en maintenant la pression. Cependant les contradictions demeurent. La crise irakienne fut un point dʼorgue, mais également les divergences apparues lors du sommet de Bucarest concernant lʼentrée de lʼUkraine et de la Géorgie dans lʼOrganisation, ou encore les réticences de plusieurs pays à envoyer de nouvelles troupes en Afghanistan. La crainte de plu-

sieurs pays de se voir entraînés de facto dans des opérations militaires américaines, aventuristes et dangereuses est vive. Quʼen serat-il à Strasbourg , où Barak Obama sera présent ? La nouvelle administration américaine infléchira-telle quelque peu la tendance hégémonique des Etats-Unis ? De récentes déclarations semblent marquer certains infléchissements sur lʼIran, le bouclier anti-missile, dans le relationnel avec la Russie, la Chine … Les déclarations de Joé Briden, lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité sʼécartent, il est vrai, de la tonalité des discours de George Bush. Mais la tonalité ne suffit pas à changer la réalité. Et il semble assez illusoire de penser que les Etats-Unis seraient susceptibles de remettre en cause spontanément leur leadership qui est une permanence de la politique américaine. Lors de son discours dʼinvestiture Barack Obama a été clair à ce sujet. Tout porte à croire que les Américains entendent redynamiser lʼAlliance Atlantique et redéfinir avec leurs alliés ses missions stratégiques. Le nouveau concept stratégique projeté semble bien sʼinscrire dans ce sens. Il apparaît donc peu probable comme le décrit Nicolas Sarkozy, au nom dʼune ligne dite «bruxelliste», que les Etats-Unis envisagent aussi simplement de partager véritablement une direction sur lʼOrganisation quʼils assument depuis lʼorigine. Dʼautant que cʼest loin dʼêtre une revendication majoritaire des pays européens, lesquels ne souhaitent pas non plus une défense européenne autonome. Quʼattendre du Sommet de Strasbourg dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel participent à la présidence ? Nous le saurons dans quelques jours.

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LʼOTAN à la croisée des chemins

Ce qui est certain cʼest que lʼOTAN se trouve placée à la croisée des chemins : le statu quo nʼest pas envisageable, pas plus que le retour à la case départ, souhaité pourtant par plusieurs pays, mais qui remettrait en cause lʼexistence même de lʼOrganisation. Reste la fuite en avant déjà entreprise. Cependant aucun de ces chemins ne conduit à crédibiliser lʼidentité de lʼOtan et sa légitimité actuelle. Alors que penser dʼune organisation dont les membres ne sʼaccordent quʼà minima sur son rôle actuel et futur ? A-telle toujours raison dʼêtre ? Ne peuton pas émettre lʼidée de sa dissolution ? On peut la penser possible, mais elle ne résultera pas par des incantations. En effet pour le présent, en dépit des divergences évoquées, aucun des gouvernements des pays membres ne désire remettre en cause lʼexistence de lʼOTAN, ni même sʼen retirer, dʼautant que dʼautres pays frappent à la porte pour y entrer. En cela pèse le lien privilégié avec les Etats-Unis et surtout lʼabsence dʼune alternative claire et crédible. Rien ne sera donc spontané du côté des Etats. Mais un courant monte dans les opinions pour remettre en cause lʼexistence de lʼOTAN. Le contre sommet qui aura lieu à Strasbourg-Kehl, à lʼinitiative dʼorganisations représentatives, en parallèle avec le sommet officiel en témoigne. Se retrouveront, Français, Allemands, Belges, Britanniques, Grecs, Américains, Autrichiens… Outre les débats projetés ce contre sommet aboutira à une grande manifestation. On aurait le plus grand tort de penser quʼil sʼagit là dʼune vaine démonstration. Lʼinquiétude des autorités témoigne du contraire. Cʼest pourquoi la pres-

sion de lʼopinion devra continuer à sʼexercer. Une nouvelle architecture européenne de sécurité

Face à ce qui peut sembler une impasse ne peut-on envisager dʼétablir une nouvelle architecture de sécurité pour le continent dans un profil paneuropéen, un projet qui tendrait à se dégager dʼune conception purement militaire de la sécurité ? Une telle ambition pourrait être portée par les Etats européens avec, comme ce fut le cas lors de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe à Helsinki, en 1975, la participation de la Russie et des Etats-Unis. Dans un autre contexte une sorte «dʼHelsinki II». Il apparaît évident quʼun tel projet ne pourrait être porté par des organisations marquées par la Guerre froide, comme lʼOTAN, structure militaire, ni même lʼOSCE visiblement dépassée par lʼHistoire. Dans cet esprit, si lʼon évite de faire un point de fixation sur de possibles arrières pensées russes, la proposition formulée par le président russe, Dmitri Medvedev, dʼun concept paneuropéen de sécurité mérite sans aucun doute lʼattention. Dans une nouvelle architecture de sécurité européenne on peut trouver le moyen de dépasser graduellement lʼOTAN, en offrant aux pays européens de réelles perspectives. La construction européenne y trouverait une dynamique dʼautonomisation lui permettant dʼapporter une riche contribution dans les rapports internationaux. Jacques Le Dauphin Directeur de lʼInstitut de documentation et de recherche sur la paix (IDRP), collaborateur de la revue Recherches Internationales.

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Événement LES MÉDECINS DANS L’ACTION CONTRE LA DÉSORGANISATION DU SERVICE PUBLIC M N CJ

LA LOI “HÔPITAL SANTÉ PATIENT TERRITOIRE” ENTRAÎNE UNE SPIRALE MERCANTILE

Qui privilégie quoi ? Jamais la situation nʼa été aussi grave, non seulement, dans les hôpitaux du Nord/Pas-de-Calais mais aussi dans tout le pays. Tous les hôpitaux sont en déficit et cela pèse lourdement sur leur état de marche et surtout sur les patients. La tarification à lʼactivité (T2A) prime sur tout. La loi “Hôpital Santé Patient Territoire” entraîne une spirale mercantile car cʼest le rapprochement du public avec le privé dans une harmonisation qui ne veut pas dire son nom mais qui existe bel et bien.

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ÉFENDRE et sauvegarder lʼhôpital public alors quʼil est asphyxié de toutes parts et, bien sûr, par la politique gouvernementale qui met en péril ce bien précieux pour la santé des populations, telle est la revendication fondamentale des personnels de santé. Dresser des perspectives pour lʼavenir, dans lʼintérêt des patients et de la défense du service public, cette affirmation fondamentale résume bien lʼétat dʼesprit des personnels de Santé dans la région. Lʼemploi, la formation, les salaires, la reconnaissance des qualifications, les conditions de travail, le service public restent les préoccupations convergentes des professionnels de santé, toutes catégories confondues. Les contraintes budgétaires imposées ne peuvent que conduire au démantèlement de lʼoffre médicosociale, sociale et sanitaire.

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Édito

Manques budgétaires

Chaque établissement connaît un manque budgétaire évident pour 2009, cela est la résultante de lʼÉtat prévisionnel des dépenses et des recettes qui fait apparaître des dysfonctionnements pour la marche

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Cʼest une situation plus que délicate. Et ce PPI concerne les années 2006-2012 ; tout cela représente la somme de 54 millions dʼeuros, uniquement sur emprunts et autofinancés mais puisque le budget actuel pour lʼannée est en déficit chronique et que les années 2008, 2009, 2010, seront une période très difficile... La présence des syndicalistes CGT à lʼintérieur des conseils de pôles est plus que nécessaire car ce sera le seul lien entre lʼorganisation syndicale et le choix du pôle dʼactivité. Le contrat conclu entre le "pôle" et la direction comprend une véritable délégation de gestion au responsable de pôle en tant qu'ordonnateur secondaire. Ceci veut dire qu'il disposera de la capacité d'engager certaines dépenses et recettes. Il pourra par exemple décider des achats pour son "pôle" de matériels médi-

caux, d'informatiques, voire de médicaments... Chaque établissement développe ses activités mais en même temps la valeur du point pour chaque activité baisse et la valeur diminue donc et conséquemment il faut encore plus dʼactivités. Le patient est pénalisé directement car sur les 25% de recettes propres, il y a le forfait hospitalier qui augmente, le prix des chambres, la restauration, le téléphone, la télévision. Cʼest ainsi que le prix de journée a sensiblement augmenté sur les deux dernières années. Cʼest la logique de la rationalisation du soin que les syndicalistes de la CGT qualifient d'aberration, la vision au niveau des tutelles consiste en des plans dʼéconomie qui se répercutent sur tous les services. Pierre Pirierros

LA LOI “HÔPITAL PATIENT SANTÉ TERRITOIRE”, DANS UNE SPIRALE MERCANTILE...

A loi Hôpital Patient Santé Territoire a été adoptée par lʼassemblée nationale le 18 mars dernier sera soumise à débat au Sénat à compter du 11 mai . Ce projet de loi, suscite de nombreuses oppositions, en particulier au sein de l'hôpital public. Il y a notamment une mobilisation grandissante de nombreux médecins en réaction à la volonté affichée par la ministre de démédicaliser le fonctionnement hospitalier. Des échos apparaissent dans d'autres hôpitaux un peu partout sur le territoire. Sarkozy veut une «révolution

managériale». La loi en débat organise cette mutation, déjà bien avancée, de lʼHôpital public en entreprise productrice de soins. Le discours dʼapparence simpliste, mais très politique sur le fond, conduit à dire que pour bien gérer il faut un «patron», alias le directeur. Ne nous y trompons pas ce «patron» nʼen a que lʼapparence tant son action sera corsetée par le Contrat dʼObjectifs et de Moyens imposé par la future Agence Régionale de Santé. Son directeur aux pouvoirs exorbitants en sera le vrai patron pour imposer les choix politiques. Les professionnels de

Santé ont vocation à soigner. Au sein de lʼHôpital public, le soin est intégré dans la mission de formation et de recherche avec lʼefficacité médicale, scientifique et sociale qui nʼest plus à démontrer. Ce résultat est aussi à mettre en lien avec son financement solidaire par la sécurité sociale. Des organisations qui jusque-là ont échappé pour partie au secteur de la finance, autrement dit «au marché» se voit contraintes dʼy adhérer. Cʼest lʼenjeu de la loi HPST qui entraînera des inégalités dʼaccès aux soins, la dégradation de leur qualité, de leur sécurité et des conditions de travail des personnels…

ÉLECTIONS EUROPÉENNES : ILS COMPTENT SUR L’ABSTENTION DES MILIEUX POPULAIRES !

ES mensonges et les incantations sur «lʼEurope qui nous protège de la crise bien mieux quʼailleurs», ou sur «le souffle social qui doit traverser lʼEurope avec le PS», sont les seuls thèmes électoraux à trouver place dans les grands médias. Il leur apparaît incongru ou dangereux, ainsi quʼaux forces dʼargent qui les cornaquent, de laisser un tant soit peu transpirer que le Front unitaire de Gauche représente lʼalternative progressiste crédible pour une large part de celles et ceux dont le NON de 2005 a été trahi, et qui veulent changer dʼEurope. La mort du débat démocratique, pour faire place nette aux leçons administrées par les bien-pensants ou les technocrates experts, cʼest tout ce que lʼUMP et le PS sont capables de mettre en scène : sur du vent ou plutôt sur leur adhésion consanguine à une conception de perspectives européennes quʼils ne veulent pas voir en dehors du modèle capitaliste, son grand marché, sa concurrence libre et non faussée Liberté 62 n°859 - Le 30 avril 2009

“Notre région demeure à la traîne ; notre région va mal, il est plus quʼurgent dʼy remédier.” Le ton revendicatif est donné, fort de ses syndicats locaux, la CGT va tout faire pour apporter quotidiennement sa voix dans tous les services et les instances où est elle représentée. Dénoncer les dérives du privé, cʼest faire grandir lʼidée dʼun grand service de la santé dans le Pas-deCalais, dans lʼaction avec les personnels et les usagers. Ces derniers, depuis quelque temps, sont constamment associés aux démarches syndicales et cela reste encore plus vrai.

normale puisque les établissements sont obligés de solder leur passif et organisés des reports de charges sur fonds propres. Les syndicalistes de la CGT ont confirmé que seule la mobilisation constante est payante, de Calais à Arras et de Béthune à Boulognesur-Mer. Projets en rade au Centre hospitalier de Béthune : réanimation, radiologie, archivages, ces secteurs sont au coeur dʼune transformation radicale mais ces dossiers restent toujours des projets et la CGT entend bien faire entendre sa voix pour définir les potentialités dʼune bonne extension et ne pas laisser une direction sʼenfermer dans ses illusions alors que les budgets ne le permettent pas. Le plan pluriel annuel dʼinvestissements (PPI) a été anticipé sur le budget lui-même.

transformant tout en marchandise, y compris et dʼabord lʼargent et ses produits empoisonnés, les droits humains les plus élémentaires et les services les plus vitaux, jusquʼaux quotas négociés et autorisés de pollution de la planète…le tout étant finalisé, gravé dans le marbre du traité de Lisbonne quʼils ont tous deux choisi pour Bible… Mais voilà qui heurte de plein fouet les violences sociales vécues quotidiennement par des populations confrontées à une construction bleue étoilée sans autre fondement que lʼintérêt capitaliste, et sans autre bilan que les délocalisations, le chômage, le saccage des services publics, une régression sociale et salariale sans précédent. Alors, pas étonnant quʼil se trouve peu de volontaires à lʼUMP ou au PS pour présenter le résultat de ces toxiques recettes européennes, appliquées en active contribution ou tacite consentement, tour à tour ou ensemble, par la droite et les sociaux libéraux européens, alliés - il faut bien le redire - à Bruxelles et à Strasbourg, sinon à Paris.

Leur tactique électorale est à lʼévidence de faire en sorte que la souffrance ne se transforme pas en une colère et une exaspération qui résonneraient dans les urnes le 7 juin, sauf à essayer, pour le PS, de tirer les marrons dʼun feu qui lui brûle les pattes…Et vous aurez dʼailleurs noté, que Ségolène Royal nʼa pas demandé «pardon» aux Caterpillar, aux Conti, ou aux 3000 chômeurs supplémentaires que notre pays compte chaque jour. Alors, avec Jacky Hénin, tête de liste communiste du Front de Gauche pour le grand Nord Ouest, attachons-nous à faire la relation entre la vie des gens et la politique européenne, ses diktats et ses dogmes ultra-libéraux. Débattons – chiche ! – dʼune relance qui consisterait à établir un revenu minimum européen décent et suffisant pour une consommation populaire aujourdʼhui exsangue. Parlons tranquillement de nationalisations, dʼinterdiction des licenciements boursiers et des stocks options, dʼaffectation prioritaire et durable des profits à la garantie de revenu des salariés dans -3-

les périodes de chômage technique, plutôt quʼaux actionnaires et aux patrons qui continuent de se gaver de primes et de bonus malgré les fanfaronnades et les rodomontades de Sarkozy. Evoquons aussi nos propositions de lois sur le contrôle des fonds publics et lʼattribution de financements par un pôle public du crédit, sur critères dʼinvestissements productifs, de création dʼemplois et de respect de normes sociales et environnementales. Sans oublier notre proposition de taxation des produits réimportés depuis des entreprises délocalisées dans des pays où ces normes nʼexistent pas. Refusons de payer leur crise ! Empêchons que des milliards continuent dʼêtre versés dans le tonneau sans fond du capitalisme financier ! Travaillons à rendre lʼargent utile ! Il reste aussi du boulot pour convaincre du rôle décisif des députés de la Gauche Unitaire Européenne, sur fond de fortes mobilisations citoyennes, par exemple dans la bataille contre la mise en concurrence des travailleurs euro-

péens (directive Bolkestein), contre la libéralisation des services portuaires et des services sociaux, contre la déréglementation poussée à lʼextrême sur le temps de travail (les 65 heures hebdomadaires !). Ce boulot est à notre portée ; faisons-le dans les quartiers populaires et les entreprises, parmi nos amis, nos proches, au contact des retraités projetant de prendre des vacances début juin sans donner procuration. Pas une seule voix ne doit manquer à la liste du Front de Gauche conduite par Jacky Hénin. Garder notre député européen pourrait se jouer à très, très peu. Par abstention, ne donnons pas un blanc seing aux choix ultra-libéraux qui ont prévalu en Europe jusquʼà présent. Cʼest dʼun engagement au corps à corps dont dépend lʼissue du combat. A Neuilly et dans les beaux quartiers, les riches, eux, ont toujours fait corps et feront corps une fois de plus le 7 juin… Jean-Louis Fossier


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Social STORA-ENSO M N CJ

LA CASSE DE L'EMPLOI CONTINUE AVEC 2 000 NOUVELLES SUPPRESSIONS D'EMPLOIS À Corbehem, cela n'étonne personne

Le numéro un européen du papier et du carton, le finlandais Stora Enso, a annoncé, récemment, qu'il allait supprimer jusqu'à 2.000 emplois supplémentaires dans le monde dans le cadre d'un nouveau plan de restructuration, après de nouvelles pertes au premier trimestre. "Sur le marché européen, la demande devrait rester faible et clairement inférieure à il y a un an pour tous les produits du groupe, et aucune amélioration concrète n'est anticipée avant que l'environnement économique commence à se redresser", l'excuse est là qui contredit toutes les prévision du gouvernement. À Corbehem, l'information qui circulait depuis plusieurs jours n'a étonné personne, ni les salariés, ni l'encadrement, ni les syndicalistes. Ces derniers ont toujours maille à partir avec leur direction. Dans le cadre des licenciements abusifs, ils ont saisi le Conseil de prud'hommes ; Me Rilov les défend avec ténacité : "Stora Enso ? Il y a deux dossiers. Celui des licenciements qui a donné lieu à la condamnation de la société Stora Enso parce qu'on a considéré qu'elle n'avait pas de motif économique valable pour justifier les licenciements. Le deuxième dossier est un enjeu essentiel pour beaucoup de salariés. C'était l'espoir de centaines de personnes qui avaient perdu leur emploi de recréer eux-mêmes leur outil de travail. Ils ont créé l'association LGPS (Les géants de papier solidaires) et monté un projet de reprise des deux machines que Stora avait décidé d'arrêter”...

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ES salariés contestent leur licenciement et ne sʼen laissent pas conter. Ils plaident leur cause devant les conseils de prudʼhommes avec une ténacité indéfectible. Cʼest ainsi que récemment, à Arras, devant cette juridiction de proximité, 63 papetiers de Corbehem ont dit combien leur licenciement en 2006 ne reposait sur aucun fondement. Cʼétait lʼarbitraire et la loi du plus fort, pour tous les dommages moraux et matériels encourus, ils demandent 48 mois dʼindemnité. Lʼaspect judiciaire dans tous ces dossiers recouvre le droit le plus élémentaire des travailleurs à se défendre. Et là, les stratégies de division de la direction vis-à-vis des syndicats, des salariés et des équipes restantes, nʼont plus cours. Les Prudʼhommes dʼArras ont écouté les salariés de Stora-Enso ; la Cour dʼappel de Douai a, elle, confirmé lʼimmobilisation des machines 3 et 4 de lʼentreprise jusquʼau jugement sur le fond. Par ailleurs, les “Géants de Papier solidaires” (association regroupant des ouvriers, employés, techniciens, cadres) contestent la décision du tribunal de commerce dʼArras sur la propriété des machines. Tout cela souligne lʼimportance de nouvelles donnes dans un combat décisif contre une multinaltionale qui se sert des salariés comme de simples matricules sur un échiquier mondial. Tout est dans la nuance et la direction se retranche derrière des arguments de “politique financière” et de “revitalisation du bassin dʼemploi”... Dʼun côté, elle licencie et de lʼautre, elle participe à “recréer lʼemploi”... Et lʼavocat des salariés de préciser que seule la rentabilité compte pour Stora Enso ! Restructuration de grande ampleur

Le Nord/Pas-de-Calais, deuxième région papetière française derrière Rhône-Alpes, subit de plein fouet la crise mondiale qui frappe la filière du papier-carton, avec quelque 900 emplois directs à nouveau

menacés. L'érosion des effectifs n'est pas récente : alors qu'elle employait entre 13.000 et 14.000 salariés dans la région il y a une quinzaine d'années, la filière, touchée dans toutes ses composantes, n'en compte désormais plus qu'environ 8.000. Octobre 2005, la direction de Stora Enso à Corbehem annonce une restructuration de grande ampleur, avec des centaines de licenciements à la clé. Aujourdʼhui, le combat se poursuit sur la scène judiciaire et oppose la direction à lʼAssociation des géants de papier solidaires.

les céder et préfère les vendre à un groupe étranger. Aujourdʼhui, le tribunal de commerce dʼArras a à trancher ce nœud gordien, après une première séance en date du 7 mars dernier, le verdict a été mis en délibéré au vendredi 28 mars prochain... Licenciements, dépôts de bilan, fermeture dʼentreprises, rachats, arrêts de machine, tout cela se fait dans un climat délétère ; il va sans dire. Dans le cadre d'un vaste plan européen de restructuration, le géant finlandais du papier avait

Stora Enso à Corbehem est plus quʼinquiétante ; ces derniers engagent solennellement la riposte au patronat et aux pouvoirs publics. “Cʼest inadmissible et inacceptable de voir tout ce gâchis, social, humain, économique, disent-ils, la direction de la multinationale suédo-finlandaise porte lʼentière responsabilité de la casse de lʼemploi ; mais elle nʼest pas la seule, les pouvoirs publics, et en premier lieu, les ministres concernés ont été et sont incapables dʼobtenir la moindre réponse sur la production alternative de la part du PDG.”

Les “Géants de papier solidaires” engagés dans une démarche de production alternative avec des machines de la Papeterie (les “3” et “4”), issue possible à la suite de négociations serrées mais promesse ne veut pas dire acte, voilà un point de vue que Stora Enso défend au tribunal. Le litige porte donc sur la possibilité de travailler sur ces deux machines ; la direction ne veut pas

annoncé en octobre 2005 l'arrêt de deux de ses trois machines à Corbehem et la suppression d'environ 450 emplois (sur 800). Après avoir donné un accord de principe à la reprise de ces deux machines en septembre 2006, Stora était revenu sur sa décision quelques jours plus tard, avant de suspendre les négociations début octobre. La situation faite aux salariés de

Lʼemploi, un enjeu déterminant

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Et lʼon sait pertinemment quʼune activité industrielle amputée est condamnée à terme. La situation de lʼemploi est désastreuse dans la région, dans les deux départements, dans lʼArrageois, dans le Douaisis. Lʼavenir industriel de la région est un enjeu qui concerne toute la population. Lʼévolution de la situation nʼest

guère favorable à lʼemploi, cʼest le moins que lʼon puisse dire. Quid de la production alternative à Corbehem? “Stora, soulignent les syndicalistes, doit être un cas dʼécole pour les cotisants du Medef ; cʼest ici que tout a été fait par la multinationale pour éviter un conflit social en pratiquant la division en faisant croire à tout le monde quʼun avenir est encore possible sur le site.” Stora Enso considère que la crédibilité du projet de reprise des machines n'est pas suffisante et que les risques de cette opération sont trop élevés pour poursuivre les négociations. Qui peut faire pression sur la multinationale ? Il nʼy a pas de fatalité à la crise de lʼemploi. Qui peut croire un instant quʼun État comme la France ne peut discuter sérieusement avec le PDG dʼune multinationale ? Cʼest un autre débat qui sʼinstaure, sur les pratiques en cours dans cette Europe libérale, rejetée massivement en mai 2005. Les actionnaires se sont octroyés des profits très confortables ces dernières années. Cʼest le plan “profits 2007” qui sert de référence aux cadres dirigeants de Stora Enso ; qui dit “profits” dit aussitôt dégraissage et manœuvres en tous genres pour se débarrasser des postes de travail et investir ailleurs, là où la main dʼœuvre est moins chère. Mais comble du paradoxe, dans un domaine - le papier - où tout se tient, cʼest ramener à un coût le plus bas possible pour pouvoir réorganiser les marchés et éventuellement réimporter la marchandise, à forte valeur ajoutée, dans les pays demandeurs. La tactique de la direction est de mettre en concurrence les salariés pour augmenter le profit financier des actionnaires. Comment rendre crédible et justifier un arrêt de machines et des licenciements quand on demande de produire des milliers de tonnes de papier ? Les experts indiquent que le marché du papier va croître dʼici à 2020. P.P.

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Social FAURECIA-AUCHEL : FIASCO DU RÉFÉRENDUM ORGANISÉ PAR LA DIRECTION M N CJ

LES SALARIÉS EN GRÈVE, REJET DU PLAN "SYNERGIE NORD"...

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Les 508 salariés de Faurecia Auchel sont en grève depuis l'échec des négociations. Les syndicats refusent le plan de fermeture du site. Les 508 salariés vont perdre leur emploi. D'ici à 2010, le site devrait en effet mettre la clef sous la porte. Les négociations ont échoué jeudi 23 avril dernier et depuis, les salariés sont en grève.

ES salariés ne veulent pas être transférés vers les autres sites sans garantie, souligne Thérèse Lecocq, déléguée CGT : "on veut négocier l'accompagnement social des salariés qui souhaitent partir (du groupe Faurecia) sur la base du volontariat. Mais les autres restent à Auchel, à la direction de trouver de l'activité !" Le plan de fermeture prévoit le transfert de 329 postes sur 508 vers les sites de Marles-les-Mines et Hénin-Beaumont ainsi que la suppression des 179 emplois restants. Faurecia a aussi proposé une "indemnité de préjudice" pour tous les salariés, une indemnité supplémentaire de reclassement pour les salariés mutés à HéninBeaumont, distante de 50 kilomètres, et diverses primes allant au-delà des dispositions légales pour les salariés licenciés. Mais le compte n'y est pas. Faurecia a consulté lundi dernier les salariés par référendum, seuls 168 salariés sur 508 y ont pris

part, ce qui est un fiasco total pour la direction qui voulait (et veut) ainsi contourner la position ferme des syndicats CGT et FO qui se battent pour le maintien de l'activité sur le site d'Auchel. Site qu'un rapport d'un cabinet d'expertises évaluait, récemment, comme rentable mais qui n'est pas l'objectif de la direction générale, pour le moins. Outre la fermeture d'Auchel, le groupe a annoncé la suppression de 1.215 suppressions d'emplois en France entre 2009 et 2011. Le “cas dʼécole” voulu par la direction est non seulement une division parmi le personnel mais aussi une opposition entre les différents sites. Cela nʼa pas pris, cela ne prend pas. Ce que veut la direction, cʼest la spécialisation à outrance avec lʼabandon, la vente de sites et lʼexternalisation dʼactivités, estimés non stratégiques. Cʼest lʼensemble de la filière qui est touchée. Convaincre les actionnaires de cette fermeture, cʼest fait depuis longtemps par les propos du PDG. Ce mercredi 29 avril une réunion du CCE était programmée à Paris.

Lʼinvestissement dans la lutte a pour but dʼamener un changement du rapport de force avec la convergen-

ce des actions, notamment, à Hénin-Beaumont. C'est ce qui se passe actuellement à Faurecia-

Combativité à Faurecia-Auchel (Ph. Liberté 62)

Auchel où le 1er Mai sera, à n'en pas douter, très combatif. Pierre Pirierros

Devant l’UIMM (Hénin-Beaumont), la CGT mobilisée le 23 avril devant le patronat de la métallurgie, afin de le mettre face à ses responsabilités.

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RENÉ HOCQ, CONSEILLER GÉNÉRAL PCF, PRÉSIDENT DU SAZIRAL :

"REFUSER TOUTE IDÉE DE FERMETURE DE FAURECIA-AUCHEL" E sais que le personnel refuse absolument toute idée de fermeture du site d'Auchel. Cette position est juste, car rien ne démontre pourquoi on devrait en arriver là. D'ailleurs, les élus du secteur défendent aussi ce point de vue. Un expert a dit que l'usine est viable et des perspectives de nouveaux marchés semblent exister. Bien sûr qu'il y a une crise économique, mais elle ne date pas de ces derniers mois. Dès que cela va moins bien, on dit que ça va mal ! C'est trop facile et, à chaque

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fois, ce sont les salariés qui trinquent. Ceux d'Auchel sont comme tous les autres : ils en ont assez, ils ne veulent plus payer l'addition. Après tout, c'est un second plan social en moins de trois ans que la Direction veut leur proposer». La crise mondiale ne peut pas tout expliquer, c'est un prétexte qui sert les intérêts des actionnaires. Avant tout, il y a un système économique libéral qui fait qu'on n'investit plus assez, et même parfois plus du tout. Prenons le cas d'ENRON, aux Etats-Unis. On n'en a

que très peu parlé ici, et pour cause. Cette multinationale qui, soi-disant, accumulait les bons résultats, se contentait en fait de boursicoter sans, pratiquement, se mêler de produire. Résultat : en 2001, ce fut la plus importante faillite de toute l'histoire du capitalisme américain et, bassesse absolue, ses employés ont soudain découvert que l'argent qu'on avait retenu sur leurs salaires pour assurer leur retraite avait tout bonnement disparu ! C'est ce système-là qui marche sur la tête depuis longtemps, par une course

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sans limite aux bénéfices, et il a fait des émules chez nous». Il n'y aurait rien d'étonnant à voir surgir de nouveaux remous avec le début des pourparlers si les salariés sont les seuls à devoir faire des efforts. Un peu partout dans le pays, on voit se déclencher des mouvements de protestation, dont certains sont même assez exaltés. Il faut que la raison et la sérénité l'emportent. Mais pour cela, chacun devra y mettre du sien. C'est beaucoup demander à des salariés qui vivent la hantise du chôma-

ge. Vous savez, ils n'auront plus grand-chose à perdre si les menaces de fermeture se confirment. Nous attendons beaucoup de Monsieur le Sous-préfet de Béthune, que nous avons rencontré vendredi dernier. Il a un rôle important à jouer en tant que représentant de l'Etat. Mais, sincèrement, je pense que la balle est d'abord dans le camp de la direction générale de Faurécia. Quoi qu'il arrive, les salariés pourront encore compter sur notre soutien total, le mien, celui des maires, celui de la population ».


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Énergie

PROTÉGER LES SERVICES PUBLICS DES LOGIQUES MARCHANDES

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Lors dʼun débat à Grenay sur la situation à EDF/GDF, il est apparu la nécessité de sʼintéresser à la politique européenne avant de voter le 7 juin prochain.

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ES dernières années, on a assisté à un activisme sans précédent de lʼUnion européenne en faveur de la dérégulation, de la déréglementation et dʼune politique économique et monétaire toute entière tournée vers le soutien aux marchés financiers, au détriment de lʼemploi, de la formation, des services publics, de la croissance, du développement humain. Lʼaccélération sʼest faite en 2000 lorsque le Conseil européen décidait dʼengager lʼUnion sur la voie du démantèlement des protections sociales pour en faire lʼéconomie «la plus compétitive du monde». Cʼest le fameux traité de Lisbonne approuvé par Chirac et Jospin et que Nicolas Sarkozy les socialistes européens espèrent toujours faire adopter en dépit de lʼéchec manifeste des politiques économiques et monétaires quʼil codifie. Cʼest lʼéternel souci de la Commission européenne : il nʼ y a pas assez de concurrence ! En prenant lʼexemple de lʼénergie, Henri Tobo, qui animait ce débat, a démontré que toutes les directives européennes conduisent à ouvrir les secteurs publics à la concurrence, encouragent les privatisation ou lʼadoption, par les entreprises publiques, des critères de rentabilité au privé. Le responsable CGT dʼEDF revient sur lʼouverture à la concurrence de lʼélectricité et du gaz qui devrait faire baisser les prix. On allait voir ce quʼon allait voir. La ritournelle de la Commission européenne et du gouvernement a fait long feu.

Après lʼouverture, le 1er Juillet 2007, du marché des particuliers (celui des PME lʼest depuis 2004 et celui des grosses entreprises, depuis 2000), seul 1% des ménages français a opté pour une offre de marché. Henri Tobo explique que ceux qui ont quitté les tarifs réglementés y reviennent souvent très rapidement. Une fois perdu le bénéfice de lʼoffre commerciale alléchante, ils découvrent la réalité des prix pratiqués par les fournisseurs dʼénergie. Pour le militant syndicaliste, la flambée des prix nʼest pas la seule conséquence de lʼouverture à la concurrence. En laissant le marché façonner le secteur sur la base de critères de rentabilité et de profitabilité, la Commission contribue à fragiliser la sécurité dʼapprovisionnement en électricité et en gaz de lʼEurope, les investissements se faisant dans le rachat dʼentreprises concurrentes en délaissant les investissements nécessaires. Les nouvelles dispositions décidées par le Parlement européen ne vont pas arranger les choses (lire cicontre). Henri Tobo considère «quʼil nʼy a point de salut hors de la maîtrise publique». Défendre les acquis de la Libération

Cʼest pourquoi et parce que lʼénergie est un bien vital qui doit être accessible à tous sur lʼensemble du territoire à un tarif acceptable, la France sʼétait dotée, à la Libération, de monopoles publics, donc régu-

lés, avec un système de tarification alliant péréquation et prise en compte des coûts dʼinvestissement. Le responsable de la CGT informe sur les actions menées par les salariés dʼEDF/GDF pour une augmentation des salaires et une véritable politique de lʼemploi. En effet, entre les suppressions dʼemplois et le recours accru à la sous-traitance, on assiste à la précarisation dʼune partie des salariés (lire ci-contre). Dans le débat, on a noté notamment lʼintervention de Daniel Dewalle, maire de Houdain qui a une nouvelle fois fustigé lʼattitude de certains démarcheurs de la société de fourniture de gaz et dʼélectricité POWEO sur le territoire de sa commune en février dernier. Avec les explications du maire dʼHoudain, on constate que ceux qui pratiquent ce type de vente surfent souvent sur les limites de la légalité. Il nʼest pas rare de voir des démarcheurs faire signer des contrats à des personnes sous curatelle et dʼautres ne comprenant pas parfaitement le français ou tout simplement les méandres du contrat proposé où ne sont pas mis en avant les aspects négatifs. Cette rencontre sur lʼénergie aura certainement donné plus dʼarguments aux participants pour convaincre que le vote pour le Front de gauche le 7 juin prochain sera un moyen de défendre les services publics et de créer de nouveaux services européens pour les transports, lʼénergie, lʼeau. J.M.H.

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STRASBOURG

LES EURODÉPUTÉS POUR LA LIBÉRALISATION DE L’ÉNERGIE

Le Parlement européen a adopté semaine dernière le troisième paquet énergie, qui incite à la concurrence sous couvert de «favoriser les consommateurs».

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ÉPARER mais non pas céder. Fin mars lors de la procédure de conciliation, les délégations du Parlement européen et du Conseil européen (qui représente les gouvernements) étaient parvenues à un compromis. Les entreprises du secteur de lʼénergie qui comme EDF ou GDF à la fois produisent et distribuent lʼénergie au consommateur devront séparer leurs activités, dans le but de favoriser la concurrence. Le Parlement européen a voté la semaine dernière en ce sens, par plus de 580 voix sur environ 680 votants (plusieurs textes étaient mis au vote), seul le groupe GUE votant contre. Les rapporteurs socialistes (PSE), de droite (PPE) et souverainiste (UEN) se sont réjouis de ce compromis, mais ne lʼont accepté quʼ«à contrecœur» selon les propos de la travailliste britannique Morgan Eluned. Ces groupes optaient pour une option plus radicalement libérale, à savoir la séparation patrimoniale. Ainsi, la Verte allemande Rebecca Harms a rappelé que «le point de départ» de la directive était une «proposition de Neelie Kros», commissaire à la concurrence, et que «lʼinstrument le plus efficace» pour satisfaire le consommateur était «la séparation de la production et du réseau». Dans ce cas, les opérateurs historiques du secteur auraient dû céder lʼactivité de transport ou de distribution à leurs concurrents. Si les groupes acquis à lʼoption libérale, y compris les souverainistes, ne sont pas parvenus à imposer la séparation patrimoniale, cela est dû à la résistance de huit États. La France, lʼAllemagne, lʼAutriche, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg,

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la Lettonie et la Slovaquie étaient hostiles au démantèlement de leurs champions nationaux. Une position que certains de ces États avaient rappelée lors du Conseil européen des chefs dʼÉtat et de gouvernement, les 19 et 20 mars derniers. La question de la sécurité énergétique étant stratégique, les États ne peuvent se permettre de pulvériser des outils performants. Et ce dʼautant plus que le but de lʼopération est dʼouvrir le marché européen, afin que les opérateurs puissent conquérir des marchés en dehors du continent. Par ailleurs, dans certains pays, une telle décision entraînerait de fortes résistances de la part des salariés du secteur. Si les entreprises ne devront plus scissionner, elles devront séparer leurs métiers. La directive leur propose trois solutions : la dissociation des structures de propriété, la création de gestionnaires de réseau ou de transport indépendants. Cʼest-àdire confier cette activité de gestion à une filiale. Comme toujours, lorsque dans lʼUnion européenne on transforme une politique commerciale dʼouverture des marchés en politique industrielle, le paquet de la libéralisation de lʼénergie a été emballé avec des «mesures en faveur des consommateurs». Une agence de régulation communautaire sera créée. Elle veillera notamment à faciliter le changement de fournisseur pour le consommateur. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, un «compteur intelligent» sera instauré, pour contrôler sa consommation. Les mots «usagers» et «salariés», eux, disparaissant du vocabulaire.

ACTIONS SYNDICALES À EDF/GDF

LA CGT DÉNONCE L’ATTITUDE DE LA DIRECTION

E Syndicat CGT EDF-GDF Arras a pris connaissance dʼun communiqué de lʼAFP indiquant que : «1300 foyers ont été privés dʼalimentation en gaz naturel dans la seule ville dʼArras». Il semblerait effectivement que des coupures de gaz soient survenues sur la ville de Bapaume. Cette situation ne relève pas dʼune décision de lʼassemblée générale des agents en grève actuellement à ERDF-GRDF. Si ces coupures ont été réalisées de façon «isolé», elles sont le résultat du comportement des Directions qui après trois semaines de conflit ne semblent toujours pas disposées à prendre en compte sérieusement les légitimes revendications du personnel. Ce nʼest que lors de la rencontre du 22 avril que les fédérations syndicales ont constaté les premières avancées avec lʼarrêt des externalisations des activités, notamment des activités de dépannage et lʼengagement de compenser le départ en inactivité des agents assurant lʼastreinte dépannage et sécurité gaz par une embauche. Par contre toujours rien ou quasiment sur la question salariale (0,3 % en 2009 soit une augmentation de 4,5 € pour un salaire de

1 500 €) et lʼapplication de la baisse du tarif du gaz au 1er janvier alors que : • près de 7 milliards d'Euros de dividendes ont été versés aux actionnaires • que les rémunérations du PDG d'EDF et du Vice Président de GDF-SUEZ, ont été augmentées respectivement de 25% et de 183% (ce qui porte la rémunération de ce dernier à 1,2 millions) Jusqu'à présent, en lieu et place à de réelles négociations, les directions ont uniquement eu recours à un comportement répressif avec constats dʼhuissier, appel à des vigiles accompagnés de chiens muselés, lettres dʼintimidation, convocations dʼagents pris au hasard en vue de procédures disciplinaires et assignations en référé des militants syndicaux… Les directions jouent également la carte de lʼexaspération des usagers en interdisant les rétablissements en gaz après 17 heures contrairement à ce qui se fait en période de «paix sociale». Le syndicat CGT Arras affirme quʼusagers et salariés de lʼénergie ont les mêmes intérêts à opposer aux actionnaires et en appelle à la responsabilité de tous pour avancer sérieusement sur les négociations. Liberté 62 n°859 - Le 30 Avril 2009


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Société/Littoral FORMATION PROFESSIONNELLE Le 14 avril, Laurent Wauquiez a présenté le projet de loi formation professionnelle du gouvernement au Conseil National de la Formation Professionnelle Tout au Long de la Vie. Son projet a été massivement rejeté par 21 voix contre (dont la CGT), 16 abstentions et seulement 7 voix pour. La CGT ne se satisfait pas de cette situation. Elle attend du gouvernement et du parlement lʼadoption de mesures à la hauteur du contexte social et économique actuel.

LE GOUVERNEMENT DOIT REVOIR SON PROJET DE LOI

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N toute logique le gouvernement devrait tenir compte de cet avis et revoir son projet. Nous nʼopposons pas la légitimité issue du dialogue social à celle issue du suffrage électoral. Pour ce qui

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ressort de leur responsabilité les organisations syndicales et patronales ont su, malgré les pressions, trouver les voies dʼun accord national interprofessionnel signé unanimement le 7 janvier dernier. La loi

POLITIQUE COMMUNE DE LA PÊCHE : LE PCF DÉNONCE

LES CHOIX DE BRUXELLES

A commission européenne vient de publier son livre vert sur la politique commune de la pêche(PCP). Celui-ci traduit les déclarations récentes du commissaire européen de la pêche Joe Borg qui disait : «trop de bateaux pourchasse trop peu de poissons». Ce dernier oublie de rappeler que lʼEurope est déficitaire de 13 milliards dʼeuros sur cette activité. Avec la proposition de Quotas Individuels Transférables permettant aux pêcheurs les plus solides économiquement dʼacheter les quotas des plus fragiles, cʼest lʼavenir des 88000 navires et 190000 pêcheurs européens qui est posé. Dernièrement, les pêcheurs français ont exprimé leur ras le bol dʼune pêche artisanale condamnée sans cesse à réduire la voilure à coup de quotas imposés ou de subventions pour casser les bateaux. Les choix de Bruxelles comme ceux des gouvernements portent sur une pêche industrielle, de flottes appartenant aux géants de la grande distribution, qui raclent les fonds des océans

et transforment des millions de tonnes de poissons morts en farine dʼaquaculture. Avec le même cynisme quʼen agriculture, la commission européenne vise une pêche dont les prix du produit sont fixés par la concurrence libre et non faussée du marché, cʼest à dire débarrassée de tout soutien public à lʼhorizon 2013. Pour le Parti Communiste Français, lʼEurope doit promouvoir une pêche artisanale, dont la gestion concertée est à même de préserver la ressource. Elle doit rémunérer les pêcheurs et contribuer à la souveraineté alimentaire. Pour relancer lʼactivité de la pêche et de jeunes pêcheurs en particulier, le PCF propose notamment de fixer un prix minimum indicatif européen du poisson, dʼactiver la clause de sauvegarde pour protéger les salariés de ce secteur dʼactivité des conséquences de lʼimportation de certains poissons, de promouvoir le stockage public des surplus de pêche, de favoriser les prêts super bonifiés destinés aux investissements maritimes.

doit reprendre, voire améliorer, les dispositifs contenus dans lʼANI, fruits dʼun équilibre entre intérêts pour partie divergents, voire antagonistes. Mais elle ne doit pas en rester là ! Nous attendons des pouvoirs publics quʼils sʼengagent sur des résultats et arrêtent dʼaccabler les victimes de la crise. Des mesures exceptionnelles doivent être prises pour faire en sorte que les revenus du travail soient garantis par une neutralisation des revenus du capital. Les fonds de la formation doivent servir à relever le niveau de qualification du salariat, à doter chacune et chacun des certifications reconnaissant leur qualification, à préparer lʼensemble du tissu économique et industriel de notre pays à une reprise que nous souhaitons soutenable et respectueuse des personnes comme des écosystèmes. Les organisations syndicales et patronales ont souhaité pouvoir mutualiser une partie importante des

massive de demandeurs alors que Pôle Emploi est sujet à de graves disfonctionnements. Lʼanalyse des besoins actuels, comme ceux à venir (ex : impact du RSA), impose de renforcer dʼurgence les effectifs aussi bien de Pôle Emploi que de lʼAFPA. Alors que la réflexion engagée dans le cadre de la négociation formation, entre autre sur lʼorientation, nʼest pas aboutie, il serait irresponsable dʼengager le démantèlement dʼun des membres du service public de lʼemploi. Le paritarisme a pris ses responsabilités pour faire évoluer les structures et les dispositifs de la formation professionnelle de notre pays afin quʼils répondent mieux aux besoins des personnes, de lʼéconomie et des territoires. La loi doit en intégrer les contenus en respectant les équilibres négociés, mais elle doit aller plus loin et porter les dispositions qui, au-delà de la conjoncture, préparent lʼavenir.

«RÉPRIMANDE» POUR LE JUGE BURGAUD

Le CSM (Conseil supérieur de la magistrature) a infligé au juge Fabrice Burgaud une "réprimande avec inscription au dossier", la sanction la plus basse possible, pour son instruction de l'affaire de pédophilie d'Outreau.

LA SANCTION LA PLUS BASSE POSSIBLE…

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A polémique sur la "réprimande" infligée vendredi par le CSM au juge Fabrice Burgaud après le fiasco de l'affaire Outreau a enflé avec de nouvelles condamnations. Pour l'ancienne Garde des sceaux Elisabeth Guigou, il s'agit là d'un "nouveau fiasco pour la justice". Cette sanction, la plus légère de celles qu'encourait le juge Burgaud, est "perçue comme une offense par les victimes. Je le comprends, évidemment. On a l'impression d'une cascade de catastrophes dans cette affaire", a affirmé la députée de Seine-Saint-Denis sur France Info. "Non seulement des gens ont passé des années en prison pour rien alors qu'ils étaient innocents, mais en plus on s'aperçoit qu'on n'arrive pas à tirer les leçons de ce qui s'est passé. C'est un nouveau fiasco pour la justice", a-t-elle déclaré.

L’ACTUALITÉ DE LA SEMAINE VUE PAR BABOUSE

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obligations de financement de la formation professionnelle des entreprises afin dʼintervenir dans les branches et les territoires vis-à-vis des salariés et demandeurs dʼemploi les plus en difficulté. Le gouvernement doit abandonner sa volonté de régir lʼutilisation de ces fonds et laisser le paritarisme assumer ses responsabilités dans le cadre de contractualisations (y compris avec lʼEtat). Dans les régions les PRDF (Plan Régional de Développement de la Formation) font lʼobjet dʼune concertation approfondie entre les différents acteurs. Il nʼest pas acceptable que lʼEtat veuille assujettir lʼadoption de ce plan au bon vouloir du préfet de région. Quant au démantèlement de lʼAFPA, quʼun article du projet de loi entend accélérer, la CGT appelle le gouvernement à abandonner sa décision dogmatique de transfert de lʼorientation à Pôle Emploi. Le service public de lʼemploi est confronté à une arrivée

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En plus, "on apprend qu'il y a, parmi ceux qui ont prononcé cette soidisant sanction, quelqu'un qui était chargé de contrôler l'instruction du juge Burgaud", a-t-elle dénoncé.

Elle faisait ainsi référence à un ancien magistrat de la chambre de l'instruction de Douai, qui avait refusé par deux fois la remise en liberté d'un suspect finalement acquitté, et qui figurait parmi les onze membres du CSM ayant sanctionné Fabrice Burgaud. "Ça na va pas très loin", a déclaré l'abbé Wiel (notre photo), qui a dit "regretter que le juge Burgaud n'ait pas démissionné de lui-même après les événements". "J'ai l'impression qu'il ne lâchera jamais, parce que c'est un procédurier", a-t-il jugé, ajoutant toutefois qu'il serait "injuste de dire qu'il est le seul responsable", citant notamment "la chambre de l'instruction" ou "les assistantes sociales". "Quelle que soit leur façon d'agir, ce sont des gens couverts", a-t-il ajouté, évoquant un "esprit de corps".


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Politique UN APPEL DU PCF…

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POUR UN MOIS DE MAI DE RÉSISTANCE ET D’ESPOIR

Après les mobilisations exceptionnelles des 29 janvier et 19 mars dernier, tous ensemble pour un 1er Mai de convergence des luttes et de transformation sociale !

A colère est puissante et ne se dément pas. Des millions de salariés ont manifesté lors de grandes journées dʼaction unitaire. Des luttes se multiplient dans les entreprises pour défendre lʼemploi ou pour les salaires. Stocks options, parachutes dorés, bonus, rémunérations scandaleuses des grands patrons, annonces quotidiennes de licenciements : cʼest insupportable ! Lʼunité syndicale demeure ; tout cela constitue un formidable point dʼappui pour le monde du travail. Cela rend Sarkozy et le MEDEF fébriles, car la question du changement de société est posée avec force. Chacun le constate, le système capitaliste conduit aujourdʼhui à la mise au chômage de centaines de milliers de salariés, à la montée de la précarité, à la casse de lʼindustrie et des services, à la destruction de savoir-faire dans le monde entier. Il y a besoin de réformes radicales ! Lʼutilisation de lʼargent est au coeur de toutes les luttes. Leurs convergences et lʼunité sont notre force. Nous ne paierons pas leur crise ! Au contraire, la situation exige lʼaugmentation des salaires et des pensions, mais aussi lʼinvestissement dans lʼindustrie et les services, la formation, la recherche et lʼemploi pour répondre aux besoins de notre peuple. Ce ne sont pas les 360 milliards dʼeuros dʼargent public que Sarkozy a versé aux entreprises et aux banques sans aucun contrôle, ni le plan de relance européen de 200 milliards, ni les mesures du G20 qui nous sortiront de cette situation. Car toutes ces mesures sont insuffisantes et ne sʼattaquent pas aux causes de la crise. Le capitalisme nʼest ni moral, ni immoral, il est amoral ! Il faut des pouvoirs aux travailleurs leur permettant dʼintervenir sur lʼutilisation de lʼargent, la gestion des entreprises ! Les communistes proposent de mettre en débat des lois novatrices. Le 28 mai, les députés communistes soumettront au vote trois projets de lois pour porter à lʼAssemblée nationale les exigences des mouvements sociaux. Ils porteront des propositions alternatives visant notamment à prévenir les licenciements économiques et à sauvegarder lʼemploi, à augmenter les salaires, à donner des droits nouveaux aux salariés et à leurs instances représentatives, à promouvoir une autre répartition des richesses en proposant : ◗ des pouvoirs aux salariés leur permettant de sʼopposer aux licenciements et dʼagir pour une autre gestion des entreprises, une autre utilisation de lʼargent et du crédit ; ◗ lʼinterdiction des licenciements pour les entreprises qui distribuent des dividendes – droit de veto sus-

Le 19 mars, dans les rues de Lille. (Photo Liberté 62)

pensif des Comités dʼentreprise pour toute suppression dʼemploi et obligation dʼexamen des contrepropositions des salariés ; ◗ le développement, avec un pôle public bancaire, dʼun nouveau crédit sélectif, permettant de baisser les charges financières des entreprises qui développent lʼemploi et la formation ; ◗ lʼarrêt des exonérations de cotisations sociales patronales et lʼaide aux PME et TPE ;

◗ le contrôle de lʼutilisation des fonds publics en les mettant au service de lʼemploi et de la formation, la suspension de toute aide de lʼÉtat aux groupes qui veulent supprimer des emplois et le remboursement des aides indûment perçues ; ◗ lʼannulation des suppressions dʼemplois publics, le développement des services publics dans tous les territoires : Poste, école, santé, université…

◗ des mesures urgentes de justice sociale en faveur de lʼemploi, des salaires et du pouvoir dʼachat : augmentation des salaires, retraites et minima sociaux ; ◗ SMIC à 1 600 euros ; ◗ fiscalité : annulation du bouclier fiscal et suppression des stockoptions, ◗ Europe : respect du vote majoritaire du peuple français contre le TCE avec la sortie des traités de Maastricht, Nice ou Lisbonne pour

construire une Europe, libérée des dogmes ultralibéraux, celle de la solidarité, de la fraternité, de la paix : une Europe des peuples. Le 28 mai prochain dans lʼunité, la convergence des luttes, la solidarité du monde du travail, nous pouvons ensemble donner un prolongement à la mobilisation du 1er mai, contribuer à transformer la colère en alternative politique jusquʼau Parlement. Le 7 juin, unis dans les rues et dans les urnes avec le Front de gauche ! Le vote pour donner un carton rouge au capitalisme et inventer une autre Europe que celle des marchés, des dividendes et des profits. 128, boulevard Basly 62300 Lens 03 21 74 89 89 Fax : 03 21 74 89 88 E-Mail : Liberte.62@wanadoo.fr

S.A.R.L. D’ÉDITION PRESSE HEBDO SARL au capital de 7.622,45 euros SIR 389 113 333000 22 Banquet Scalbert-Dupont 62300 Lens n°229 100 105 390 • Gérant Directeur de la publication : Hervé Poly • Responsable du Comité de Rédaction : Hervé Poly. Commission paritaire : n°83075 Dépôt légal : ISSN 160-822 X. Publicité : • MULTIPUB, SARL DʼÉDITIONS PRESSE HEBDO au capital de 7.622,45 euros • Comédiance : 32, rue Jean-Jaurès - 93528 Saint-Denis Cedex. Journal dʼannonces légales. Montage et photogravure : Liberté62. Membre inscrit à « Diffusion Contrôle » Bureau de la presse payante : OJD Imprimé à l’imprimerie de l’Avesnois L’Observateur, rue Pierre Charpy à Avesnes/Helpe.

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PCF SONDAGE

LE FRONT DE GAUCHE GAGNE DU TERRAIN

Malgré le boycott des médias, le programme des listes du Front de gauche commencent à intéresser les Français. Il reste à multiplier les initiatives pour rassembler plus largement et pour limiter l'abstention dans l'électorat populaire.

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ÉTATS GÉNÉRAUX DES LUTTES POUR L’ÉCOLE SALLE DES FÊTES DE GRENAY MERCREDI 20 MAI

13 H 30 :

13 H 45 : 14 H 30 :

Accueil

Début des Travaux ADECR 62 4 Ateliers

Atelier n°1 : Lʼécole qui paye quoi..... le SMA Inégalités territoriales Questions du financement

Atelier n°2 : Face à lʼéchec scolaire «Aider ou Enseigner» De la Maternelle, Première école, premier apprentissage

Atelier n°3 : Lycées, LP, Collèges : Quelles réformes ? Quelles filières ? Les défis à relever au-delà du socle commun

Atelier n°4 : Les défis à relever Quelles luttes ? Quelles convergences ? Comment amplifier la résistance ? 16 H 00 :

16 H 15 :

17 H 30 :

Restitution synthèse Ateliers

Table ronde et plénière Débat général avec la participation de Christian CHAMPIRE, maire de Grenay, enseignant, Stéphane BONERY, chercheur en Sciences de lʼEducation, Michèle DEMESSINE, sénatrice, dʼélu(e)s, dʼétudiant(e)s, de parents dʼélèves, de syndicalistes......

Fin des travaux

Coupon réponse pour signaler votre présence : si possible veuillez téléphoner (demander Cathy Apourceau), conseillère (égionale au : 03 21 08 12 12 ou e-mail : cathy.apourceau@wandoo.fr

Nom :.............................................................. Prénom :......................................................... Fonction : .......................................................

Ou renvoyer ce coupon : ADECR 22 ter rue du 11 Novembre 62300 Lens

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ELON la dernière enquête Eurobaromètre, seuls 27 % des Français savent quʼune élection européenne se déroulera cette année. Lʼembarras des grandes formations politiques à entrer dans une campagne quʼils savent risquée cultive la tendance à lʼabstention généralement constatée dans ce type de scrutin. Dans ce contexte, le sondage réalisé par lʼIFOP pour lʼHumanité donne lʼavantage à lʼUMP (26,5 %) devant le PS (22,5 %) en baisse de 0,5 point en un mois. À droite, le FN progresse, à gauche lʼécart entre le Front de gauche et le NPA se resserre. L'UMP toujours en tête

Face à une UMP largement en tête à droite, le Modem avec 14 % enregistre un léger recul sur deux mois (- 0,5 %). Lʼextrême droite gagne 1,5 point (7,5 %) et la liste MFP-CNPT menée par Philippe de Villiers plafonne à 5 % des suffrages. Le ralliement dʼune partie des centristes au parti présidentiel et la drague de Sarkozy sur les terres du FN continue de porter leurs fruits puisque lʼUMP crédité de 26,5 % des suffrages nʼavait

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obtenu que 16,6 % des voix lors des élections européennes de 2004. À lʼépoque, la liste de lʼUDF engrangeait 12 % des voix et le FN 9,8 %. Si avec 22,5 % des intentions de votes, le Parti socialiste reste en tête à gauche, son hégémonie sʼérode significativement si on compare les prévisions actuelles aux 28,9 % obtenus en 2004. À lʼépoque, les formations situées sur sa gauche (LCR-LO-PCF) ne totalisaient que 8,5 % des voix contre 15,5 % aujourdʼhui (NPAFront de gauche-LO). Lʼécart entre le NPA et le Front de gauche se resserre

Dans ce contexte, le PS réussit paradoxalement à capter à lui seul 40 % des électeurs de gauche ayant voté non au référendum sur la constitution européenne de 2005 contre 19 % pour le Front de gauche, 18 % pour le NPA et 9 % pour la liste Europe écologie. Lʼécart entre le NPA de Besancenot et le Front de gauche se resserre sensiblement au profit de ce dernier. Crédité de 9 % des intentions de vote en février, le NPA nʼen

obtiendrait plus que 7 % aujourdʼhui alors que les listes du Front de gauche (PCF-Parti de gauche, Gauche unitaire) passeraient de 4 % à 5,5 %. Lʼétude fait apparaître en outre que 18 % des électeurs ayant voté pour Besancenot à la présidentielle de 2007 reporteraient leur vote sur le Front de gauche. De son côté, la liste des Verts, menée conjointement par le libéral Daniel Cohn-Bendit et lʼancien militant antilibéral José Bové, garde un étiage à la hauteur du score obtenu en 2004 (7,4 %) avec 7,5 % des intentions de vote. Cette étude a été réalisée par lʼIFOP pour lʼHumanité. Échantillon de 853 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait dʼun échantillon de 958 personnes représentatif de la population française âgée de dixhuit ans et plus. La représentativité de lʼéchantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et par catégorie dʼagglomération. Les interviews ont eu lieu du 23 au 24 avril 2009, par téléphone, au domicile des personnes interrogées.

LIBERTÉ 62 ET LES PUBLICITÉS GOUVERNEMENTALES

E gouvernement a décidé cette semaine dʼune campagne de communication écrite sur les mesures prises dans le cadre de la politique de lʼemploi. A dʼautres occasions, il nous est déjà arrivé de publier des publicités gouvernementales en contradiction avec nos orientations éditoriales. Nous lʼavons fait lorsque nous avons considéré quʼelles participaient de la confrontation démocratique. De surcroit, les lectrices et lecteurs de Liberté 62 financent malgré eux, comme contribuables, ces dépenses publicitaires. Il est anormal que leur journal soit privé des ressources financières quʼelles procurent. Cela constituerait un nouveau manque à gagner pour les caisses de Liberté 62. Pour autant, en publiant les annonces gouvernementales, nous nʼen avons pas moins notre point de vue sur ce sujet.

Annonce légale

AVIS PUBLIC À LA CONCURRENCE

Dénomination et adresse de la collectivité passant le marché : Monsieur le Maire – Hôtel de Ville – Place Jean-Jaurès – 62680 Méricourt Tél. : 03 21 69 92 92 – Fax : 03 21 40 08 96 Mode de passation : Procédure adaptée Objet du marché : Affaire 09S0013 Travaux de remplacement du sol sportif de la salle de musculation au complexe sportif Jules Ladoumègue. Les dossiers de consultation où sont indiqués les critères et pièces à produire sont téléchargeables sur le site de la ville (U.R.L. : http://www.mairie-mericourt.fr) ou peuvent être retirés à lʼHôtel de Ville de Méricourt ou par voie postale. Date limite de réception des offres : Mercredi 13 mai à 10h00. Date dʼenvoi de lʼavis à publication : Mardi 28 avril 2009.

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Si le chef de lʼEtat a bien promis une enveloppe de 1.3 milliard dʼeuros pour 2009-2010, le détail des aides fait apparaître que la majeure partie (700 millions dʼeuros) ira directement dans la poche des entreprises au gré dʼembauches sous contrats précaires. Le «plan dʼurgence», concocté entre autres par Martin Hirsch, qui promettait un «plan original» nʼouvre dans les faits aucun dispositif nouveau et se contente pour lʼessentiel de défiscaliser les entreprises ou de créer de nouvelles primes à lʼembauche. Ainsi, outre les aides en faveur des contrats dʼinitiative emploi (CIE), le gouvernement donnera aux entreprises 2 000 euros pour chaque recrutement en contrat de professionnalisation dʼun jeune de moins de 26 ans nʼayant pas le niveau bac ; 3 000 euros par embauche sous CDI dʼun stagiaire ; ou encore 1 800 euros par contrat dʼapprentissage signé dans les entreprises de moins de 50 salariés. Dans ce dernier cas, le dispositif prévoit une exonération totale des charges qui, cumulée à la prime, se solde par un coût zéro pour lʼentreprise, soit du travail gratuit. Le MEDEF applaudit à tout rompre tant il est vrai que le plan sera financé pour lʼessentiel via le fonds dʼinvestissement social créé en février dernier dans un tout autre esprit. Tout cela nʼempêche pas Nicolas Sarkozy dʼen rajouter dans la démagogie : «Jʼai été élu sur la revalorisation du travail, tous ceux

qui par leurs efforts obtiendront une formation ou un emploi, on les aidera ...». Malheur à ceux qui ne trouveront ni lʼun ni lʼautre ... Une situation loin dʼêtre marginale lorsque lʼon sait que lʼexplosion du chômage ces derniers mois trouve dans cette tranche dʼâge ses premières victimes et que, de lʼaveu même du chef de lʼEtat : «Si lʼon ne fait rien, ce sont entre 170 000 et 220 000 jeunes de plus qui pourraient se retrouver au chômage dʼici fin 2010». En réalité, Nicolas Sarkozy utilise la crise pour expérimenter jusquʼà sa limite la précarité comme source de profit supplémentaire. La création de 30 000 emplois financés à 90% par lʼEtat représente 30 000 emplois précaires dans la Fonction Publique Territoriale pour 30 000 postes de titulaires supprimés dans le même temps dans la Fonction Publique dʼEtat. Lʼéquation parfaite de la précarisation en marche. Avec un crédit supplémentaire de 356 millions dʼeuros (Contrat Formation et «école de la deuxième chance»), lʼambition affichée est de faire bénéficier 517.000 jeunes de 16 à 26 ans de 1,285 milliard dʼeuros du plan. Le problème est que les entreprises risquent de ne pas jouer pas le jeu et de profiter une nouvelle fois dʼun effet dʼaubaine. En clair, recevoir des aides sans aucune garantie de contreparties en termes dʼemploi. Jean-Michel Humez


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Culture LE “SALON DU LIVRE D’EXPRESSION POPULAIRE ET DE CRITIQUE SOCIALE”, CE VENDREDI 1er MAI, À ARRAS M N CJ

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UN ÉVÉNEMENT POLITIQUE ET SOCIAL, UN CARREFOUR DE LA LUTTE ES rapports entre les auteurs et leurs lecteurs ne sont pas toujours anonymes. La Preuve. Une langue est dite vivante lorsqu'elle est utilisée oralement par des personnes dont elle est la langue maternelle, ou par une communauté suffisamment nombreuse — et de façon suffisamment intensive — pour permettre une évolution spontanée de la langue. Témoins de leur époque, les animateurs du “Salon du livre dʼexpression populaire et de critique sociale” du 1er mai, à Arras, et les militants de “Colères du présents”, en citoyens convaincus, ne sʼarrêtent pas dans un sentier facile à débroussailler. Les contraintes sont, pourtant, leur lot, eux, comme nous, qui ne veulent pas et ne voulons pas, vivre dans un monde dʼillusions. Afin de se rendre compte de lʼampleur et de lʼimportance du rôle du langage dans la civilisation, il est intéressant de connaître une estimation qui en a été faite dans la littérature depuis ses origines jusquʼà nos jours. Nouvelles énigmes et nouvelles nécessités à dégager une route vers un matériau en per-

pétuelle transformation, le choix des répertoires se base sur les constances des idées définies par les écrivains et sur leurs liens entre eux et le monde environnant. La littérature comme plus haut degré de la connaissance humaine, cʼest la conviction dʼune beauté primordiale, cette beauté synonyme dʼavenir, comme nous le suggère Éluard. Tout consensus est banni. Variations

Une langue vivante est rarement un système uniforme et rigide, elle varie généralement selon le lieu géographique, les dialectes, le milieu social et les individus et, bien sûr, selon le temps, ce qui fait que, considérée à un moment donné, une langue est toujours en évolution. Les conjonctions - écrivains-public-maisons dʼéditions (elles ne sont pas toutes mues uniquement par la finance) sont des conditions indispensables, elles sont spécifiques au théâtre. Avec le “Salon du livre”, cʼest le rapport de la littérature et de la langue qui est au coeur dʼune action et dʼune préoccupation artistiques. La présence de syndi-

calistes est un signe encourageant pour demain. Langue et place de la langue, situations et dispositions précises des situations. Comment peut-on aborder, par la littérature, la société ? Le pari est difficile à tenir mais Didier Andreau et lʼAssociation “Colères du présent” dépassent, malgré tout, les particularités pour sʼadresser à un public beaucoup plus vaste tout en centrant leur travail sur la présence de lʼhomme au coeur de la société. Dès sa création, lʼassociation Colères du Présent sʼest donnée pour but de promouvoir lʼécriture et la littérature dʼexpression populaire et de critique sociale auprès dʼun large public, avec une attention particulière pour les publics éloignés de la lecture et de lʼécriture. Intensité

La vie culturelle, lorsquʼelle a cette intensité, fait appel au tempérament particulier des uns, auteurs, et des autres, les publics qui sont en alternance permanente. La Culture correspond à une certaine organisation dans un “message” donné. Cʼest le pari de ce cette édition dʼun salon du livre dʼex-

pression populaire et de critique sociale. Aussi, les débats et la présence dʼune myriade auteurs sʼinscrivent dans une démarche de confrontations des idées, des expériences, des réflexions et des pratiques et en souligne leur acuité ; convergence des luttes et bataille politique. Ce qui est intéressant dans la littérature dʼexpression sociale, dans lʼoeuvre, cʼest le lecteur. Et le lecteur tire de lui-même ce quʼil a à dire. Par déduction, il est seul. Le public, cʼest la contrepartie et la possibilité dʼéchanges. Le “livre engagé” traditionnel cherche à créer et repose sur des identifications, avec les rôles, le personnages. Brecht, par exemple, en modifie les structures, il atteint les sommets de la popularité. Cʼest les débuts de la distanciation. À la nécessité de ces émotions, il y a lʼexigence du visible dans un domaine précis, le livre politique et social qui nous renseigne beaucoup sur les variations sociales environnantes. Aujourd'hui plus que jamais. L'humanité, dit Marx, ne se pose que les tâches qu'elle est en capacité de résoudre... Pierre Pirierros

Un emploi, une formation, un revenu : des mesures exceptionnelles sont prises pour les Français les plus touchés par la crise. Vous les trouverez sur www.premier-ministre.gouv.fr

Des mesures immédiates. Des mesures justes.

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LE SALON DU LIVRE, UN RENDEZ-VOUS POPULAIRE ET FESTIF

ENCONTRE populaire, festive, militante, le Salon du livre dʼArras se conjugue aux luttes du présent, tout en se référant aux grands rendez-vous historiques. Que cʼest beau une barricade de livres, que cʼest fort une avalanche de mots ! Cette année encore le Salon du livre dʻexpression populaire et de critique sociale prolonge le travail

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Culture

"EN HARMONIE", un livre de Jerôme Leroy

Quel plus bel hommage rendre à un auteur de "noir" que de lui écrire un polar ? OLÈRES du présent a voulu houette inoubliable de Fajardie pour saluer la mémoire du camara- qui lʼhonneur fut de ne jamais se de Frédéric, en confiant à renier et qui rêva jusquʼau bout dʼun Jérôme Leroy l'écriture d'En harmo- monde plus fraternel, dʼun monde en nie, Jean Claude Claeys a fait la cou- harmonie." verture, et l'éditeur de Fred l'a publié ; dès le 29 avril en exclusivité Chez Colères du présent. "Dans une région frappée par la crise, patrons voyous et anciens maoïstes jouent à un jeu dangereux : celui dʼun passé qui ne passe pas et dʼun présent violent. Sur fond de fermetures dʼusines et de délocalisations, lʼécrivain Frédéric Fajardie devient le héros de ce roman noir qui ressemble à ses colères, où resurgissent le mythique trésor caché de la Gauche Prolétarienne et le souvenir des années de poudre. Enlèvements de travailleurs clandestins, meurtres, trahisons rythment cette aventure dominée par la sil-

de fond mené à longueur dʼannée par Colères du Présent en direction de ceux pour qui la lecture est dʼaccès difficile. Tous les acteurs du livre (lecteurs, auteurs, éditeurs, bibliothécaires, libraires) et ceux du champ social (associations, syn-

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ES événements politiques rejaillisent bien au-delà des structures et de la vie culturelle ; que ce soit au Théâtre, dans les arts plastiques, au Cinéma. Le rôle des artistes et des Intermittents du spectacle est primordial. Lʼalerte est générale. Et puis, un lieu “culturel” se voit et se repère immédiatement dans le paysage dʼun quartier, dʼune cité, dʼune région. Lʼargent ne sert quʼà une sélection

dicats, comités dʼentreprises, centres sociaux) seront rassemblés sur les pavés du cœur historique dʼArras, en ce jour symbole des luttes de transformation sociale. Un 1er mai synonyme également de fraternité avec les peuples qui se battent pour sau-

INAVOUÉ…

des publics, il nʼest en rien moteur dʼémancipation. LʼArtiste comme le spectateur sont liés par une expérience commune acquise au fil des pratiques et dʼune connivence certaine qui aboutissent à la création et à donner une ambiance exceptionnelle à toute une vie. Il nʼy a pas de culture préétablie mais ce sont le rêve et lʼémotivité qui sʼajoutent lʼun à lʼautre - et qui deviennent complémentaires pour changer le

BABOUSE : “LA FRANCE MADE IN SARKO”

Le présent est là avec son chevauchement de relations de l'actualité, cʼest tellement important. Le dernier recueil de Babouse nous indique notre sens de la responsabilité y compris à lʼautre. Sa force tient à sa forme même. La fantaisie du trait démarre du slogan et aboutit à un graphisme net, sans fioritures, visible, à travers un vécu et les actions. La méthode convient au dessin et la

question est de savoir jusquʼà quel point lʼartiste peut lui donner une décharge thématique, car le dessin (en noir et blanc ou en couleurs) à un moment précis de la vie, est dans la signification du réel et donc de l'existence. Cette vie qui embrasse toute une région toute une population. La vérité nʼest pas mitigée, elle est entière.

P.P.

vegarder leur identité, leurs droits les plus élémentaires et conquérir de nouvelles libertés. Événement dans lʼévénement, cʼest dans le cadre du salon dʼArras que sera décerné le Prix Jean Amila-Meckert, prix littéraire militant. monde et créer un réel dynamisme. La vie culturelle fait appel au tempérament particulier des uns et des autres et correspond à une certaine organisation de la vie démocratique. Il faut avoir lʼaudace et lʼopiniâtreté dʼimposer au public ce quʼil ne sait pas quʼil désire. Et de rappeler que le combat des artistes - ils seront nombreux dans la ville de Robespierre en ce 1er Mai 2009 - est la partie émergée de lʼIceberg qui cache les atteintes mercantiles. La solidarité vis-à-vis des exigences de lʼArt, véritable expression de la liberté, est quelque chose de palpable. Cʼest un combat éminemment politique ! “Liberté 62” apporte, en y participant, son plus vif soutien à cette nouvelle édition du “Salon du livre dʼexpression populaire et de critique sociale”. Cette année, dans un consensus inavoué, les "Molières" ont, certes, donné une large part au Théâtre public mais la parole aux intermittents fut la grande absente. O tempora, o mores... P.P.

Plus de 90 % du salaire net dans le cadre de l’activité partielle. En cas de baisse d’activité, les salariés gardent leur emploi et peuvent bénéficier d’une formation. L’entreprise conserve son potentiel humain dans la perspective de la relance.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.premier-ministre.gouv.fr

Des mesures immédiates. Des mesures justes.

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Hommage

MARTHA DESRUMAUX “UNE FEMME DU NORD OUVRIÈRE, SYNDICALISTE, DÉPORTÉE, FÉMINISTE”

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Présence de l'auteur, au Salon du livre d'Arras, vendredi 1er mai, à midi, au stand du PCF

Un ouvrage de Pierre Outteryck aux éditions du "Geai Bleu"

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ARTHA DESRUMAUX, une ouvrière qui ne se laisse pas faire… Martha est née dans le Nord de la France en 1897. À 10 ans, elle travaille comme ouvrière dans le textile et prend sa première carte à la CGT à 13 ans. En 1912, elle adhère à la Section Socialiste de Comines. Evacuée à Lyon, elle organise en 1917 sa première grève victorieuse aux usines Hassebroucq. Elle participe au comité pour lʼadhésion à la Troisième Internationale et devient membre du Parti Communiste dès 1921. Revenue dans le Nord en 1921, elle prend très vite des responsabilités au sein de la CGTU et du Parti Communiste. En 1925, Maurice Thorez lui confit la rédaction dʼun télégramme au Président de la République, dénonçant la guerre coloniale faite au Maroc et les surimpôts Caillaux. En 1928, elle entre à la Direction de lʼUnion Régionale Unitaire de la CGTU. Elle est élue au Comité Central du Parti

Communiste en 1929. Durant toute lʼentre-deux guerres, elle organise la lutte des travailleurs du Nord du Textile et en particulier celle des ouvrières. En effet, le combat de Martha sʼinscrit dans les luttes pour lʼémancipation des ouvrières et des femmes quʼelle nʼoppose pas à celles de lʼensemble des travailleurs : Combat pour les revendications des femmes ouvrières : à travail égal, salaire égal - droit concernant le travail pénible. Combat pour le respect dû aux Femmes sur le lieu de travail, dans la vie domestique. Combat pour que les femmes puissent accèder, comme les hommes, à des postes à responsabilités au sein des organisations politiques et syndicales. Combat pour que les femmes puissent avoir toute leur place dans les assemblées délibératives. Martha Desrumaux sera la seule femme présente lors de la signature des accords de Matignon en 1936. Elle aura des responsabilités confédérales au sein de la CGT réunifiée. Face au fascisme, déportée à Ravensbrück De 1936 à 1938, elle organise la solidarité avec lʼEspagne Républicaine. De 1939 à 1941, elle

réorganisera le Parti Communiste dans le Nord - Pas-de-Calais et la liaison entre Bruxelles et Paris. Arrêtée en août 1941, elle est dépor-

tée à Ravensbrück où elle participe à la direction de la Résistance dans le camp au côté de Marie-Claude Vaillant - Couturier et de Geneviève de Gaulle. Revenue à Lille, bien quʼaffaiblie par le typhus, elle reprend des responsabilités au sein de lʼUD du Nord. Elle est élue adjointe à la mairie de Lille et Députée du Nord. En 1954, elle quitte ses responsabilités syndicales et sʼoccupe en particulier, au sein de la FNDIRP de la défense des déportés. Elle meurt le 30 novembre 1982, le même jour que son compagnon et époux, Louis Manguine, qui fut un dirigeant important de la métallurgie et de lʼUD CGT du Nord.

Résistance

1939 : déjà la clandestinité : elle sera un des fers de lance de la Résistance dans le Nord - Pas-deCalais et verra bon nombre de ses camarades massacrés par les nazis. Déportée à Ravensbrück, elle sera auprès de Marie-Claude Vaillant Couturier et Geneviève Antonioz de Gaulle pour assurer la survie et la lutte de toutes les déportées. Toute sa vie n'a été que luttes pour un monde meilleur et juste. Son compagnon lui aussi était militant. Coup du sort ou ironie du sort : son mari décède un 30 novembre 1982 au matin. Dans l'après-midi, c'est le décès de Martha qui est annoncé. Comment passer à côté d'une telle grande dame ? Comment une gamine du Nord s'est destinée à la lutte, à toutes les luttes ? Quel a été son parcours, ses guides, ses aspirations ? Le sujet est riche, porteur et passionnant.

(En partenariat avec le Comité régional CGT Nord - Pas-de-Calais ; préface de Maryse Dumas, secrétaire de la CGT)

Dispositif Zéro Charges :

150 000 embauches depuis 5 mois dans les Très Petites Entreprises. Ces embauches sont exonérées de charges patronales durant toute l’année 2009. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.premier-ministre.gouv.fr

Des mesures immédiates. Des mesures justes.

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1er Mai 1ER MAI 2009 : Une

DE CHICAGO À FOURMIES, LA COLÈRE GRONDE !

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journée revendicative qui compte et qui appuie toutes les revendications en cours. Il ne se passe pas un jour sans quʼune nouvelle annonce gouvernementale vienne faire la preuve

A

de la dégradation du pouvoir dʼachat. Le plan de rigueur qui se met en route va venir aggraver la situation de millions de salariés. Parallèlement, les mobilisations se multiplient. Autour de la question de lʼaugmentation générale des

salaires, du maintien de lʼemploi industriel, des sites, pour le maintien du droit au départ à la retraite à 60 ans à taux plein, contre la réforme de lʼétat à la hussarde. De lʼargent, il nʼy en aurait plus dans les caisses de lʼétat ? Pour lʼenvoi de soldats en

Afghanistan, il y en a, pas pour satisfaire les augmentations de salaire, pensions et minima sociaux. Pour le bouclier fiscal distribué dès lʼélection du Président de la République aux familles les plus riches, là il y en a aussi. Ce qui se cache derrière les

réformes prises sont un creuset dʼaggravations, des inégalités dans notre pays. Santé, Education Nationale…, pas un secteur en fait nʼest épargné. Un Premier Mai 2009 dʼexigences revendicatives.

UN PREMIER MAI CHARGÉ D'HISTOIRE SOCIALE

U cours du IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des ÉtatsUnis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable. Arrive le 1er mai 1886. Beaucoup de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction de leur employeur. Mais d'autres au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police. Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont

pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française. Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il est habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale). Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils déci-

dent qu'il sera «organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation.» Le 1er Mai 1891 à Fourmies, la police tire, dix morts

Le 1er mai 1891, à Fourmies, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux

À PARTIR DE 1948

En France, au début du XXe siècle, il devient habituel, à l'occasion du 1er mai, d'offrir un brin de muguet. Une tolérance de l'administration fiscale permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes. Le 23 avril 1919, le Sénat ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée. En 1947 le 1er mai devient de droit un jour férié chômé et payé pour tous les salariés sans conditions (art. L.222-6 du Code du travail ; mais il nʼest pas officiellement désigné comme fête du Travail). Ce nʼest que le 29 avril 1948 quʼest officialisée la dénomination «fête du Travail» pour le 1er mai.

fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée. Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. L'horizon paraît s'éclaircir après la

première guerre mondiale. Le traité de paixsigné à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247«l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue». Les manifestations du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée.

LES MANIFESTATIONS DU 1er MAI DANS LE PAS-DE-CALAIS

CALAIS

BOULOGNE-SUR-MER ARRAS LENS SAINT-OMER ISBERGUES BRUAY-LA-BUISSIÈRE

9H45 Bourse du Travail,

10 H 10 H 14 H 10 H 9H45 11 H

Place Crèvecœur Place Dalton

Place de la Gare Place du Cantin Place Foch

Bourse du travail

Local syndical des mineurs CGT

Un salarié licencié pour raison économique peut garder au moins 90 % de son salaire net et bénéficier d’une formation qualifiante. Pour en savoir plus sur le contrat de transition professionnelle et la convention de reclassement personnalisé, rendez-vous sur www.premier-ministre.gouv.fr

Des mesures immédiates. Des mesures justes.

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Liberté 62 n°859  

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