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Politique CE N'EST PAS AUX SALARIÉS DE PAYER LA CRISE M N CJ

LES PARLEMENTAIRES COMMUNISTES FONT DES PROPOSITIONS

Les députés et sénateurs communistes estiment qu'il est temps d'en finir avec les discours dégoulinants de bons sentiments du gouvernement et du patronat qui cachent leur refus d'imposer des règles au capitalisme financier. En tenant une conférence de presse jeudi dernier, Jean-Claude Danglot, sénateur communiste du Pas-de-Calais a voulu démontrer que les élus communistes étaient non seulement aux côtés des salariés en lutte mais étaient également source de propositions en cette période de crise et d'aggravation du chômage.

C

'EST ainsi que les parlementaires communistes sont à l'origine de plusieurs projets de loi mis en débat au Sénat et à l'Assemblée nationale. Nous verrons par la suite que si les membres du gouvernement, le MEDEF, Sarkozy poussent tous la chansonnette, pestant contre les «parachutes dorés», les «stockoptions», les salaires des grands patrons, ils se mettent aussitôt à hurler au loup quand il s'agit de passer aux actes. Auparavant, Jean-Claude Danglot a estimé que c'est la première fois depuis des décennies qu'un tel mouvement social s'est enclenché depuis plusieurs mois à l'appel de tous les syndicats réunis sur la base d'une plate forme revendicative d'une grande qualité : «J'espère que le 1er mai verra une puissante mobilisation». Le sénateur communiste déplore que jour après jour se suivent de nouveaux plans de licenciements. Dans ce contexte, des milliards sont distribués aux banques et aux entreprises, mais les plans de relance de Nicolas Sarkozy excluent, par principe, toute relance par le pouvoir d'achat. Le mot salaire est imprononçable pour les ministres et ils ont même décidé que le SMIC ne bénéficierait d'aucun «coup de pouce». Les Françaises et les Français

Liberté 62 n°856 - Le 10 Avril 2009

sont 62% à rejeter la politique économique du gouvernement. Ils estiment qu'elle ne porte pas de réponse à la crise. 78% ont compris les raisons et soutenu la grande journée d'action du 19 mars. Pour Jean-Claude Danglot, il n'est plus possible de ne pas entendre la volonté de changements du peuple. En effet, à l'opposé des régressions sociales des réformes libérales qui ont aggravé la crise, c'est sur le progrès social, une autre utilisation de l'argent, des entreprises, du crédit des banques et des fonds publics, associée à des pouvoirs élargis pour les salariés qu'il faut fonder l'efficacité économique et sociale. L'automobile particulièrement touchée

Jean-Claude Danglot fait remarquer que si l'industrie automobile est l'un des principaux secteurs industriels concernés par la crise, il apparait cependant que PSA et Renault annoncent une reprise des ventes de 8% en avril. Jean-Claude Danglot pose alors la question : «Pourquoi, alors se précipiter dans des plans sociaux ? Ces grands groupes ont la capacité de résister à une conjoncture difficile». De même, le groupe Renault a confirmé ses bons résultats financiers avec des profits avoisinant

830 millions d'euros dont la moitié sera reversée aux actionnaires. En outre, Renault prépare une cagnotte pour verser en 2009 les bonus aux cadres dirigeants qui n'ont rien perçu en 2008. «Parallèlement, le gouvernement a attribué 6 milliards à Renault et PSA, 600 millions d'euros au fonds de modernisation des équipementiers, en passant par l'activation des fonds de garantie OSEO pour les prêts alloués aux équipementiers et sous traitants automobiles. En fait, des aides publiques qui s'ajoutent aux aides publiques déjà accordées sans contrôle, sans contrepartie ni droit de regard du Parlement. Le gouvernement veut faire croire aux travailleurs qu'il faut faire confiance aux actionnaires et aux dirigeants des entreprises pour assurer la pérennité des sites industriels et renoncer à leurs bonus» souligne le parlementaire communiste. Celui-ci regrette que Daniel Percheron soutient le pacte automobile concocté par le gouvernement en le considérant comme une bonne mesure et d'avertir : «Les élus socialistes vont devoir expliquer aux salariés de l'automobile comment ils peuvent les soutenir dans leur lutte et approuver un plan qui se traduit exclusivement par de nouveaux cadeaux financiers au patronat. Percheron peut comme il le fait -7-

voler au secours de Sarkozy, il faut dans ce cas qu'il assume la responsabilité de la politique nationale menée par l'UMP». Jean-Claude Danglot fait une suggestion : «Puisque Sarkozy est si confiant des retombées de son plan, j'ai demandé au gouvernement un moratoire pour suspendre tous les licenciements, les plans sociaux en cours. On va voir prochainement qui soutient au Sénat et à l'Assemblée nationale, les propositions de loi déposées par les parlementaires communistes qui vont dans ce sens. Les salariés de l'automobile doivent exiger avec fermeté des comptes aux parlementaires UMP de la Région et à l'exécutif socialiste de la Région qui soutiennent sans réserve le plan du gouvernement. S'il faut attendre ? Chiche on donne rendez-vous à Sarkozy et à Percheron, mais dans l'attente on exige la suppression des plans sociaux annoncés, on gèle tous les licenciements. Ou alors ce sera une reprise sur fonds d'entreprises liquidées. Ça n'a pas de sens». Les salariés ne doivent pas payer la crise

Les parlementaires communistes appellent donc au renforcement des luttes et les salariés à exiger, face à l'ampleur de la crise, non

pas de «bons plans sociaux» mais des mesures nationales fortes à la hauteur de la gravité de la situation pour limiter au maximum les mesures de licenciements : «Quelques projets de lois déposés par les parlementaires communistes vont être débattus d'ici le mois de mai. Nous demandons à ce qu'ils soient largement soutenus, qu'il y ait un véritable débat autour de ces projets de loi, non pas seulement au Sénat et à l'Assemblée nationale, mais dans chaque entreprise concernée» souhaite Jean-Claude Danglot. Déjà, le 26 mars, les sénateurs UMP se sont opposés à la proposition de loi du groupe communiste pour l'abolition du paquet fiscal, l'interdiction des stock-options et l'instauration d'une fiscalité dissuasive contre les méga-salaires des grands patrons. Alors que quelques centaines de super-riches ont reçu de l'État des chèques de plus de 300.000 euros, cette proposition de loi était une occasion pour les parlementaires de la majorité de passer aux actes. Peine perdue, si devant les caméras la droite s'indigne contre les «dérives du capitalisme financier», au Parlement elle se couche devant le Medef et la loi de l'argent. Mais les parlementaires communistes ne baissent pas les bras c'est ainsi qu'Alain Bocquet, député communiste, s'apprête à déposer une proposition de loi visant à interdire les excès (stock-options, bonus, parachutes dorés...) du capitalisme financier et à donner de nouveaux pouvoirs d'intervention aux salariés. L'ampleur de la crise, sa violence, impose d'agir dans la clarté et avec force. Les salariés ne peuvent se contenter de communication. Ils veulent des actes. À deux mois des élections européennes du 7 juin prochain, les salariés doivent se poser plusieurs questions. À la racine même de l'actuelle crise économique et sociale se trouvent précisément le pillage du travail salarié au profit du capital, le rationnement et la diminution des dépenses sociales et publiques. Pour être sûr de la pérennité de cette logique, la droite et les socialistes l'ont inscrite dans les traités européens de Maastricht et de Lisbonne. Depuis c'est toujours bingo pour les riches et ceinture pour les salariés. Autre question ! Pourquoi est-il possible de légiférer contre le salariat, de décréter la non-augmentation du SMIC, alors qu'il serait impossible de légiférer sur les rémunérations de la petite caste du grand patronat ?

J.M.H.

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