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La Lettre N°

Avril

2013

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de Philippe BAS Sénateur de la Manche Vice-président du Conseil général «Le temps du sursaut est venu» On ne peut continuer à laisser monter le chômage et perdurer des déficits excessifs sans changer en profondeur nos habitudes: tout ne viendra pas de l’Etat, c’est aux Français qu’est posée la question de leur modèle de développement. Les espoirs déçus à l’égard des politiques de gauche comme de droite doivent nous conduire à demander plus de vérité et moins de démagogie dans le débat public.

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Depuis dix ans, les Allemands ont accompli avec constance un gigantesque effort sur eux-mêmes. Ils ont diminué les charges sociales, modéré la progression des salaires, assoupli le droit du travail, maîtrisé leurs dépenses publiques. Résultat : des prix sages, des exportations qui ont monté en flèche, plus d’emplois, moins de chômage, et une Allemagne dont la voix porte partout dans le monde, et d’abord au sein de l’Union européenne. Sortir du chômage et des déficits, c’est donc possible puisque d’autres le font. Encore faut-il y mettre le prix. On ne pourra le faire en faisant tout comme avant.

La négociation réussie entre syndicats et employeurs qui autorise les accords de compétitivité dans les entreprises montre que l’heure n’est plus aux conquêtes sociales mais à la recherche de nouvelles organisations pour défendre l’emploi : il faut produire moins cher, en acceptant de faire évoluer les acquis sociaux. Le pacte pour la compétitivité issu du rapport Gallois va dans le même sens : il va entraîner une baisse des

charges sociales des entreprises, avec en contrepartie une hausse de la TVA payée par les consommateurs en janvier 2014. Sont aussi annoncées la baisse des allocations familiales, une moindre indexation des retraites, la dégressivité des allocations de chômage, etc. On dira que c’est une politique de droite ? La gauche de la gauche, sans laquelle François Hollande ne serait pas là, proteste ? Peu importe : cela prouve seulement que face aux réalités, le pouvoir fait feu de tout bois.

Et maintenant, il va falloir tout changer : apprendre aux jeunes un métier d’avenir au lieu de les prendre au piège de formations générales qui se transforment en impasses, créer avec l’Allemagne une Europe politique qui nous rende forts par rapport aux grandes puissances, muscler nos territoires en accélérant le regroupement des départements et des régions, assurer notre indépendance énergétique en réaffirmant le choix du nucléaire tout en le complétant par les énergies renouvelables, poursuivre la modernisation de notre agriculture en assumant nos ambitions de grands producteurs, nous libérer des carcans administratifs qui entravent notre développement. On en est encore loin. Des réformes sont nécessaires et urgentes mais elles demandent de la cohésion, de la cohérence et du courage. Après un an de Gouvernement Ayrault, sur ces sujets essentiels, je ne vois pas se dessiner un changement suffisant car François Hollande ne veut ni ne peut se couper totalement des siens.

«Les alliés du Au Sénat, il n’y a déjà plus de vraie majorité. Les alliés du parti socialiste votent contre le parti socialiste Gouvernement sur les textes les plus importants : budget, traité budgétaire européen, sécurité sociale, votent contre le loi bancaire, réforme des modes d’élection des élus locaux… En revanche, il arrive à l’opposition Gouvernement de venir à son secours, comme pour l’adoption en octobre dernier du traité budgétaire européen. sur les textes les Que le Gouvernement ne fasse pas la politique sur laquelle François Hollande a été élu ne manque plus importants» pas d’agacer les siens mais ne nous cause aucune contrariété : nous n’avons pas cessé de dénoncer son programme. www.philippe-bas.fr Aujourd’hui, où tout est si difficile pour notre pays, je ne crois pas qu’une opposition véhémente et caricaturale soit souhaitable: j’agis en fonction de l’idée que je me fais de l’intérêt national en dénonçant les faux-semblants, en poussant le Gouvernement à être responsable, et en favorisant sans hésitation les initiatives qui me paraissent utiles.

La Lettre du sénateur Philippe Bas-Manche, avril 2013  

Edition d'avrilo 2013 de la Lettre du sénateur Philippe Bas, vice-président du Conseil général de la Manche

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