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Paul ARDENNE (critique d’art) « Il y a maintes façons d’appréhender la « légèreté ». En termes de physique comme une victoire sur la gravité. En termes de psychologie comme une disposition du sujet à n’investir des actes qu’en surface, en dilettante. En termes d’esthétique, comme un pied de nez à la surcharge plastique. En termes philosophiques comme la récusation du matérialisme, ancré dans un réel engluant au profit des concepts essentialistes et idéaux. »

Li Hongbo Peter Callesen Olafur Eliason (plasticien) « Ce qui m’intéresse c’est ce savoir que nous ignorons détenir, qui est imprimé au fond de notre peau et que l’art réveille ».


« POP UP » se présente sous la forme d’un livre d’environ 5x6m, fait d’éléments en papier, carton, plastique et bois léger. Des tableaux apparaissent au fur et à mesure que les pages se tournent : pour certaines scènes, le décor se monte progressivement, utilisant la technique du pop-up tel un jeu de construction manipulé par les danseurs. La vidéo (« mapping ») délivre une peinture mouvante soulignant la légèreté du moment, l’évidence de l’instant présent. Dans ce décor, 4 danseurs et 1 mannequin jouent avec les éléments.

Proposition autour des corps animés et inanimés (un mannequin). Comment se positionnent-ils, s’adaptent-ils à l’espace proposé ? Cette idée que le corps est souple vient habiter, troubler, déchirer, caresser l’espace. Le corps plein, le corps lourd, le corps léger, le corps vide. Le mouvement du corps est souple, modelable et modulable, successivement en détente et en tension. Regarder la sensation que peut dégager une présence ; comment la colorer, la faire évoluer. Utilisation d’une gestuelle détendue, élastique. Parallèle entre le corps fabriqué et le corps réel. Que provoque la manipulation chez le danseur qui opère et le spectateur qui observe ? Progressivement, au cours du déroulement des scènes, des projections interviendront pour souligner, remplir, déstructurer le décor, provoquant des illusions physiques proposant des ambiances oniriques en mouvement donnant l’impression que le décor bouge, se transforme, s’habille, se déshabille, entraînant les corps dans un mouvement global.


Pour la scène 1 On entend un corps tomber dans le noir. Doucement, une bâche s’étire quand le son s’arrête laissant apparaître un corps (le manneuqin), il est étendu à gauche du plateau. Le son reprend (une respiration) puis s’arrête. La bâche reprend ; le décor apparaît dans sa globalité (le livre). Deux danseurs sont présents depuis le début, immobiles. Lorsque le danseur de droite se lève pour ouvrir la page du livre, le mannequin se retrouve emboîté dans la page au sol. Il commence ensuite le montage de la chaise, de la table puis s’immobilise. Deux corps arrêtés habitent la scène. Un chant remplit alors l’espace. Pour la scène 2 Deux personnes entrent ensemble et se dirigent chacune vers un corps inanimé. Il y a l’approche, il y a le premier contact, il y a la manière de bouger ce corps puis la façon de le transporter. Quatre danseurs manipulent l’objet de l’extérieur. On assiste donc au mouvement du corps d’un mannequin dont les articulations ont été bidouillées pour pouvoir le rendre plus élastique et jouer sur une grandeur déraisonnable. En parallèle, le corps de l’humain est manipulé pour comparer, regarder les imites physiques. La danse est ronde, lente, en lien étroit avec les articulations et leurs possibilités. maquette


Pour la scène 3 Il y a des ombres qui marchent et des corps réels qui les traversent. Jeu entre le fictif et le réel, jeu de croisements, d’accélérations, d’interruptions, impression de foule, de mouvement unique ! En parallèle, le mannequin est régulièrement manipulé, ses poses ponctuent la scène. Il est là, comme un observateur. Le décor fait d’éventail d’herbe blanche suggère la légèreté et peut être tourné tel un manège et offrir diverses perspectives au spectateur. Pour la scène 4 Des silhouettes se lèvent du sol : travail du dessin et du remplissage. Travail sur la lumière, sur le dessin, sur la projection. On arrive dans cette scène à la découpe des corps avec une gestuelle liquide et syncopée qui renforcerait la suggestion d’explosion, d’écartèlement des corps. Pour la scène 5 On repart en arrière (« flash back », rétrospective), on revisite le décor en le déstructurant, le décomposant, en lui donnant une dimension irréaliste, onirique. D’une scène du quotidien nous allons faire naître des origamis et perturber la vision du spectateur. Cette scène bascule de manière intuitive dans des énergies diverses, comme habitée de tout ce que le spectacle a traversé. maquette


« Tout peut être chamboulé. Ce sont des pistes de travail qui vont permettre d’élaborer le contenu du livre, ossature du spectacle. Le travail gestuel et le travail vidéo devront s’adapter à cet environnement. Nous commençons à soupçonner la richesse des possibilités offertes quand nous travaillons sur la maquette. Le décor est extrêmement modulable et offre une palette incroyable de possibilités que nous allons expérimenter pour en extraire l’essentiel. POP UP cherche à souligner le mouvement perpétuel, la capacité d’adaptation de l’être, à se jouer des illusions nées de la captation de l’espace par nos sens. » Anne Clouet

« Mapping » - Aurélien Lafargue


POP UP