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avril 2010

La Lettre

ENTRETIEN AVEC BLANCA LI

10

Édito

MISE EN SCÈNE ET CHORÉGRAPHIE DE TREEMONISHA Chers Amis, Est-ce parce que Scott Joplin est le dieu du ragtime que vous accepté de mettre en scène Treemonisha ? Pas du tout : il existe aujourd’hui deux orchestrations de Treemonisha, l’une dans un format « jazz », l’autre dans une écriture assez classique, même si elle comporte des moments un peu dansés où l’on retrouve le ragtime, et c’est cette version « opéra » que le Châtelet a choisie.

Contribuer au rayonnement du Théâtre du Châtelet à l’étranger est un des objectifs ambitieux que s’est fixé le CIAM Châtelet. Aujourd’hui, nous franchissons une étape très importante avec la création le 12 février 2010, du premier Cercle CIAM étranger: l’American Friends of the Châtelet aux États-Unis.

Vous êtes connue comme chorégraphe. Comment vous sentez-vous dans l’habit du metteur en scène ? Je l’ai déjà endossé à deux reprises. Cela me grise absolument. Réaliser la mise en scène me permet d’inscrire l’œuvre d’un bout à l’autre dans le mouvement, vérifier que les costumes n’entravent pas les danseurs, et organiser l’ensemble pour que la danse survienne du mouvement général.

Un grand merci à tous ceux qui ont permis que l’American Friends of the Châtelet voit le jour : conseils, membres fondateurs et premiers adhérents. Plusieurs comédies musicales ou œuvres de source américaine au cours de cette saison nous ont donné l’opportunité de les rencontrer et de les fédérer autour du projet artistique de JeanLuc Choplin pour le Théâtre du Châtelet.

Quelles sont les priorités lorsqu’on monte un opéra ? Le plus important, c’est l’œuvre musicale. La partition, écrite de manière absolument précise et concrète, est la base. La mise en scène doit la servir au plus près, et être au plus proche aussi des envies que le compositeur a nourries en écrivant cette musique. Et puis il y a l’histoire à raconter : il faut inventer des images sur-mesure, qui s’enchaînent les unes aux autres de manière naturelle. Treemonisha pose-t-il des difficultés particulières ? Il faut chercher une unité. C’est une œuvre difficile à monter dans la mesure où elle n’est pas bâtie autour d’une tension dramatique forte. Il importe de lui trouver une couleur, un sens, un rythme. En outre, elle est très marquée par son époque et la condition de son auteur : c’est vraiment l’œuvre d’un musicien afro-américain, en 1911, pris entre l’abolition de l’esclavage et la ségrégation. L’histoire présente plusieurs lectures possibles. On y trouve une piste féministe (…) Une autre partie de l’œuvre est un plaidoyer pour l’alphabétisation. Scott Joplin explique que c’est cela qui donne sa force au peuple (…). Il y a enfin, évidemment, une piste raciale : Scott Joplin y rêve de l’intégration des minorités, de l’abolition des frontières sociales entre les gens. On mesure aujourd’hui l’énorme pas en avant accompli jusqu’à la victoire du Yes we can. Par Ariane Bavelier

Et la saison prochaine que vous découvrirez bientôt, permettra des échanges réguliers avec ces nouveaux supporters du Théâtre du Châtelet, favorisant ainsi sa notoriété outre-atlantique. Welcome to the American Friends! Marie-Claire Janailhac-Fritsch Présidente du CIAM Châtelet


DU JAZZ À L’OPÉRA

POURQUOI PROGRAMMER TREEMONISHA ?

CONCERTS Les amateurs de jazz trouveront

leur

bonheur

au

Châtelet au mois d’avril : Bobby McFerrin, chanteur éclectique, se produira le 18 avril pour un concert unique à l’occasion de la sortie de l’album VOCAbuLarieS. Il sera suivi du violoniste star Didier Lockwood, en trio avec Bireli Lagrène et Richard Galliano, le 27 avril.

ÉVÉNEMENT CIAM Le prochain cocktail du CIAM à l’occasion de la représentation de Magdalena aura lieu mercredi 19 mai à partir de 19 h au Salon des Glaces.

RÉCOMPENSÉ DEUX FOIS Le Théâtre du Châtelet s’est vu récompenser de

Treemonisha de Scott Joplin est, à plus d’un titre, représentatif de la programmation d’événements musicaux que je veux pour le Théâtre du Châtelet. Premier opéra afro-américain, à l’heure où les Etats-Unis se dotent d’un président issu de cette minorité, il aborde des thèmes universels et fondamentaux : l’éducation comme moyen d’ascension sociale, la lutte contre l’obscurantisme, la place de la femme dans la société, les inégalités raciales, autant d’aspects qui ancrent cette œuvre au début du XXe siècle dans une étonnante modernité. On connaît Scott Joplin comme le Roi du ragtime, on le connaît moins pour cette œuvre pourtant majeure, en forme d’autobiographie, qui fut écrite pour Broadway et que je vois comme une passerelle entre le monde du jazz et celui de la musique classique, accessible à un public très large. Cette nouvelle production du Théâtre du Châtelet sera donc l’occasion de la création à Paris de cet ouvrage. Pour le servir, j’ai fait appel à un tandem : le plasticien Roland Roure, aussi méconnu qu’exceptionnel, sera en charge de la scénographie et fera ressortir l’extraordinaire dimension poétique de cette œuvre où, dit-il, « c’est une journée qui fait décor. La poétique est dans cette identification, celles des hommes au jour, celles des femmes à la nuit ». Pour le seconder, Blanca Li sera metteur en scène et chorégraphe, et mettra en mouvement cette génération mutuelle de la lumière et de l’obscurité. Le jeune chef américain Kazem Abdullah, qui fut l’assistant de James Levine au Metropolitan Opera, sera quant à lui à la tête de l’Ensemble orchestral de Paris et nous aurons l’immense honneur d’accueillir deux personnalités exceptionnelles : Grace Bumbry (Monisha) et Willard White (Ned). Jean-Luc Choplin

deux Globes de Cristal des Arts et de la Culture le 8 février dernier. Impempe Yomlingo s’est vu décerner la récompense du meilleur spectacle d’opéra et danse et La Mélodie du Bonheur celle de la meilleure comédie musicale.

OUVERTE  Une

boutique

Harmonia

Mundi a ouvert ses portes dans le hall du Théâtre du Châtelet en décembre dernier. Un large choix de disques et ouvrages musicaux y est proposé du lundi au samedi de 11h à 18h. Les adhérents des Cercles Nijinski et Lehmann du CIAM y bénéficient d’une remise de 10% sur les CD, DVD et objets, sur présentation de leur carte CIAM.

RÉCOMPENSÉ Le Concert, filmé au Théâtre du Châtelet au cours de l’été 2008, a été récompensé le 27 février dernier de deux César pour la meilleure musique originale (composée par Armand Amar) et pour le meilleur son.

LA PAROLE À…

VINCENT TIROLIEN RESPONSABLE DU SERVICE ACCUEIL Mon rôle en tant que responsable du service d’accueil est de coordonner l’accueil et la sécurité du public les soirs de représentations. Je suis arrivé par hasard au Châtelet, en tant que prestataire extérieur pour les questions de sécurité. On m’a proposé de rejoindre les équipes permanentes du Théâtre en 2004. Je dirige une équipe de 24 permanents, composé à un tiers de contrôleurs fidèles depuis près de 20 ans au Châtelet, et à deux tiers d’étudiants qui travaillent en complément de leurs études. Ils ont un rôle particulièrement important de représentation de l’esprit du Théâtre du Châtelet auprès du public, mais aussi d’information, d’orientation et de billetterie. Les qualités requises dans cette interaction constante avec le public sont nombreuses : diplomatie, patience, faculté d’adaptation. Nous rencontrons chaque soir des problèmes différents qui vont de la perte de billets au problème médical et devons constamment anticiper et résoudre ces incidents sans que le public ne soit pénalisé. J’ai pu en six ans constater une réelle évolution du public : un tournant s’est opéré avec Monkey Journey to the West. Le public du Châtelet, s’est fortement diversifié, avec un nombre croissant de jeunes, de familles et de spectateurs qui n’avaient jamais poussé les portes de notre Théâtre. Etant en contact permanent avec le public, je suis parfois confronté à des demandes étonnantes : un jeune spectateur m’a un jour demandé s’il y avait bien un restaurant McDonald’s dans l’enceinte du Théâtre !

CIAM Châtelet, 2 rue Edouard Colonne 75001 Paris. Tél. 01 40 28 29 52 | mecenat@chatelet-theatre.com


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