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LA  LETTRE DU CIAM

| JANVIER 2009 | N°6

Edito

NOMINÉS Invités

réguliers

des Concerts du Dimanche Matin au Châtelet, le Quatuor Ebène, Jean-Guilhen Queyras et Alexandre Tharaud sont tous les trois nominés aux Victoires de la Musique Classique, dans la catégorie meilleur

Chers amis, Permettez-moi tout d’abord de souhaiter une très belle année 2009 à chacun d’entre vous, à vos familles et à vos proches. Au milieu de toutes les préoccupations quotidiennes, économiques, sociales, professionnelles, gardons une place importante pour la culture et l’art. La culture et l’art permettent d’échanger et de se respecter et c’est justement dans les périodes de crise qu’il faut défendre cet espace de liberté, de transmission et de solidarité. C’est la raison d’être de l’association CIAM Châtelet que tous ensemble nous devons animer. Bonne et heureuse année au Théâtre du Châtelet !

ensemble de musique de chambre. Verdict

Marie-Claire Janailhac-Fritsch Présidente du CIAM Châtelet

le dimanche 8 février à partir de 16h20 en direct sur France 3.

EXPOSÉ Le plasticien russe Oleg Kulik, qui plonge actuellement les spectateurs du Châtelet dans une expérience sensorielle unique pour les Vêpres de la Vierge de Monteverdi, a été exposé en novembre dernier au Grand Palais dans le cadre de la FIAC 2008. Ses œuvres photographiques, exposée par la galerie moscovite XL, ont déclenché une polémique inattendue en étant décrochées du stand à la demande du Parquet de Paris.

CINÉMA Le Châtelet accueillera la 34e Cérémonie des Césars le vendredi 27 février. L’événement sera présenté cette année par l’actrice Charlotte Gainsbourg. C’est la 8 e année consécutive que le Théâtre du Châtelet est choisi par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma pour la remise des prix.

Événement CIAM Le prochain cocktail du CIAM aura lieu le mardi 27 janvier à partir de 18h30 au Salon des Glaces.

Entretien avec Oleg Kulik Par Amélie Blankaert Oleg Kulik, qui êtes-vous ? Je ne sais pas très bien comment me définir. J’invente des projets liés aux arts plastiques, je suis un artiste de l’espace. L’espace est une chose infinie où tout le monde peut se découvrir. L’artiste est celui qui transpose ce qui est normal, simple et petit vers quelque chose d’inhabituel et d’ouvert au monde. Voilà, je crois, qui je suis. Vous êtes photographe, plasticien, auteur de « performances », sculpteur, écrivain, metteur en scène… Quelle place tient la musique dans cet art total ? La musique est le seul bien universel, l’unique chose à laquelle nous sommes tous soumis. J’y ai souvent eu recours dans mes performances les plus dramatiques. Par ailleurs, je suis friand des bruits d’animaux, du son de l’eau, des partitions de la rue comme celles produites par les voitures. C’est la musique de la vie. Hermes Zygott, concepteur sonore du spectacle a imaginé pour Les Vêpres un scénario sonore fait notamment de cloches, de cigales, de tonnerre qui gronde, de craquements de tablettes de chocolat, de sons de tracteur et de coup de feu. Par ce cadre, l’œuvre de Monteverdi se révèle et nous y accédons. C’est aussi cela, la musique. Pourquoi Les Vêpres de Monteverdi ? Je rêvais de mettre en scène une musique religieuse et il y a longtemps que je voulais créer une liturgie divine en dehors de toute confession. C’est la première fois que j’en ai l’occasion. Jean-Luc Choplin m’a contacté après avoir vu ma performance Armadillo for Your Show à la Tate Modern en 2003. Grâce à lui, le rêve est devenu réalité. Or Les Vêpres étaient l’œuvre idéale. Crées au tournant de la Renaissance et de l’âge classique (1610), elles incarnent le passage vers une civilisation moderne. Cet éclectisme inouï de styles et d’univers, cette passerelle entre deux mondes provoquent en moi une vive ... /... émotion.


Martha Graham dance company programme définitif Programme A Le 14 avril à 20h, le 18 avril à 14h Errand into the Maze (1947) Musique Gian Carlo Menotti Chorégraphie et costumes Martha Graham Décors Isamu Noguchi Diversions of Angels (1948) Musique Norman Dello Joio Chorégraphie et costumes Martha Graham Lamentation Variations (1930/2007) Musique George Crumb, DJ Savage et Frédéric Chopin Chorégraphie Aszure Barton, Richard Move et Larry Keigwin Conception Janet Eilber Cave of the Heart (1964) Musique Samuel Barber Chorégraphie et costumes Martha Graham Décors Isamu Noguchi Mapple Leaf Rag (1990) Musique Scott Joplin Chorégraphie Martha Graham Costumes Calvin Klein Programme B Les 15 et 17 avril à 20h Embattled Garden (1958) Musique Carlos Surinach Chorégraphie Martha Graham Décors Isamu Noguchi Sketches from « Chronicle » (1936) Musique Wallingford Riegger Chorégraphie et costumes Martha Graham Night Journey (1947) Musique William Schuman Chorégraphie et costumes Martha Graham Décors Isamu Noguchi Programme C Les 16 et 18 avril à 20h Clytemnestra (1958) Musique Halim Lel-Dabh Chorégraphie et costumes Martha Graham

Actualité DU CIAM MasterCard France rejoint Accor comme Mécène de la saison 2008-2009 du Théâtre du Châtelet.

Vous décrivez votre travail non pas comme une mise en scène, mais comme une mise en abyme ; non pas comme un spectacle mais comme une expérience. Mieux : comme une cérémonie. Qu’est-ce que cela signifie ? Il faut repartir de l’espace, car le sacré est d’abord affaire de lieu. Je me suis posé beaucoup de questions dans le Théâtre du Châtelet. Quel lieu étrange, avec sa scène immense, sa fosse énorme où les dieux produisent des harmonies extraordinaires sans qu’on ne les voie jamais, et cette salle gigantesque qui sépare le public de tout le reste ! Le plus important dans une liturgie est la non-division. C’est pourquoi j’ai créé un espace uni digne d’un temple qui accueille une cérémonie. J’ai donc sorti les dieux de leur boue pour les mettre sur scène, et placé le chef d’orchestre en posture de prêtre face au public, et non plus dos à lui. La salle est ainsi devenue la scène, au milieu de laquelle un miroir tourne lentement pour refléter cet espace flottant, réunir le haut et le bas, donner l’impression que tout s’écroule. J’ai cherché à créer une œuvre sacrée au sens où l’art est une réunion des contraires et parce que Les Vêpres sont une musique sacrée, c’est-à-dire profondément humaine.

Comment avez-vous travaillé avec le chef d’orchestre, les musiciens et les chanteurs ? La collaboration avec le chef d’orchestre a été magnifique. Nous avons œuvré de conserve pour capter le son dans l’espace, dans n’importe quel coin de l’espace. Jean-Christophe Spinosi a été d’une grande écoute. Par ailleurs les musiciens et les chanteurs ont accepté nos costumes presque comme des croyants. Nous avons également éprouvé la patiente des techniciens en multipliant les défis et les folies. Je ne pensais pas que tout cela serait aussi agréable et harmonieux.

La parole à… Thomas Lauriot dit Prévost Directeur administratif et financier Je suis arrivé au Théâtre du Châtelet après un passage de quatre ans au Théâtre de Caen en temps qu’administrateur. Je suis en fait entré par hasard dans le monde du spectacle à l’issue de mes études, en étant embauché à l’Opéra de Paris. J’ai su au bout de deux semaines que j’y consacrerai ma carrière, après avoir été fasciné par une répétition des choeurs de l’Opéra avec Robert Carsen, pour sa mise en scène de Manon Lescaut. J’ai été mis en contact avec Jean-Luc Choplin par des anciens de l’Opéra de Paris qui nous connaissaient tous deux professionnellement : j’ai tout de suite eu un coup de coeur pour sa personnalité et son projet artistique pour le Théâtre. Et comment refuser une maison avec une histoire aussi riche et fascinante que le Châtelet ? Mes fonctions au Châtelet recouvrent deux domaines : les finances et les ressources humaines. Il y a de nombreuses synergies entre ces deux domaines, les finances permettant de faire des ressources humaines et les ressources humaines étant elles-mêmes un facteur structurant des finances. Mais cette double responsabilité me rend parfois un peu « schizophrène ». Le Théâtre emploie aujourd’hui près de 150 permanents et l’équivalent d’un temps-plein de 50 personnes en intermittents. Le recours à l’intermittence nous permet de doubler les équipes techniques pour les gros spectacles. Sur un plan plus personnel, ma vie se confond parfois avec celle du Châtelet : ma fille a choisi de naître quinze minutes avant la première de Monkey Journey to the West ! Un spectacle qui restera cher à mon cœur.

CIAM Châtelet, 2 rue Edouard Colonne 75001 PARIS Tél. 01 40 28 29 29 / mecenat@chatelet-theatre.com


La lettre 06