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CENTRE HOSPITALIER DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

VOLUME 6 · NUMÉRO 3 · AUTOMNE 2015

Benoit Saint-Pierre Intervenant pair aidant en santé mentale

Benoit a vécu l'isolement, les pertes et la souffrance liés à un problème de santé mentale. Aujourd'hui, il mise sur ses forces et aide les autres à s'en sortir. Son histoire, page 7

DOSSIER − Santé urbaine Itinérance, psychiatrie, toxicomanie, hépatite C, VIH Des équipes du CHUM dans la rue! Aussi dans ce numéro : Une clinique dirigée par des infirmières


SOMMAIRE

3 Éditorial

Le CHUMAGAZINE est publié par la Direction des communications et de l'accès à l'information du CHUM Pavillon S, 850, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 0A9

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Découverte prometteuse sur la maladie d’Alzheimer

ÉDITRICE Irène Marcheterre

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Une clinique dirigée par des infirmières

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Un mariage touchant à l’hôpital – La suite

RÉDACTRICE EN CHEF Lucie Poirier COLLABORATEURS Mariane Bouvette, Robin Dumais, Isabelle Girard, Imane Hammana, Josée Laflamme, Florence Meney, Anik Parisé, Lucie Poirier (dossier), Isabelle Risler CONCEPTEUR GRAPHIQUE Bruno St-Pierre

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Témoignage de Benoit Saint-Pierre, intervenant pair aidant au CHUM

8 DOSSIER – Santé urbaine

PHOTOGRAPHES Luc Lauzière, Stéphane Lord RÉVISEURE Johanne Piché IMPRIMEUR Imprimerie JB Deschamps

15 Recherche – Innover pour mieux traiter les personnes souffrant de toxicomanie

16 Des nouvelles du RUIS

17 La Dre Marie-Josée Dupuis : vision d’une femme engagée

18 Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé

19 Une journée dans la vie de…

20 La Fondation du CHUM

22 Nouveau CHUM – Le design au service du patient

Sauf pour les infirmières, le masculin est utilisé dans les textes afin de faciliter la lecture, et désigne aussi bien les hommes que les femmes. Les articles du CHUMAGAZINE peuvent être reproduits sans autorisation, avec mention de la source. Les photos ne peuvent pas être utilisées sans autorisation. ISSN 1923-1822 CHUMAGAZINE (imprimé) ISSN 1923-1830 CHUMAGAZINE (en ligne) POUR JOINDRE LA RÉDACTION, COMMENTAIRES ET SUGGESTIONS chumagazine.chum@ssss.gouv.qc.ca DISPONIBLE SUR LE WEB chumagazine.qc.ca

LE CHUM, VOTRE PARTENAIRE DE SANTÉ ET DE MIEUX-ÊTRE Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) offre prioritairement des soins surspécialisés à une clientèle adulte régionale et suprarégionale dans toutes les spécialités médicales. Il est le principal pôle de développement et de transfert des connaissances par ses activités intégrées de soins, d’enseignement, de recherche, d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé, ainsi que de qualité, de promotion de la santé et d’expérience patient. Le CHUM est affilié à l'Université de Montréal et membre actif du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS). umontreal.qc.ca Dès 2016, le CHUM offrira une expérience hospitalière renouvelée dans ses nouvelles installations au centre-ville de Montréal.

LE PATIENT EST AU CŒUR DE NOTRE ACTION (et en page couverture du CHUMAGAZINE). HÔTEL-DIEU DU CHUM 3840, rue Saint-Urbain, Montréal (Québec) H2W 1T8 HÔPITAL NOTRE-DAME DU CHUM 1560, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L 4M1 HÔPITAL SAINT-LUC DU CHUM 1058, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 3J4 CENTRE DE RECHERCHE DU CHUM Pavillon R, 900, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2X 0A9 UN SEUL NUMÉRO DE TÉLÉPHONE : 514 890-8000 chumontreal.qc.ca


Éditorial

Des soins de qualité pour tous Je suis très heureux de m’adresser à vous tous pour la première fois par le biais du CHUMAGAZINE. À titre de nouveau président-directeur général depuis à peine plus d ’un mois, j’ai pu constater que le CHUM est une institution de très haut niveau et qu’il a un fort potentiel innovant. Après avoir rencontré plusieurs équipes, je peux témoigner de leur expertise et de leur très grande compétence, tant au plan de la recherche que de l’enseignement et des soins, ainsi que de leur compassion pour les patients. Cette édition automnale regorge d’information et d’articles qui mettent en lumière le travail remarquable des équipes du CHUM. Celles-ci prodiguent des soins et des services adaptés aux besoins de la population, et ce, à plus d’un égard. Une prise en charge globale nous permet d’aller toujours plus loin dans la guérison et d’accompagner le patient à chaque étape de sa trajectoire de soins. Fabrice Brunet Président-directeur général

Notre dossier sur la santé urbaine en est un bel exemple puisqu’il englobe la recherche, l’enseignement, les soins et l’accompagnement de patients fragilisés. Les témoignages vous surprendront par l’importance accordée au partage des expertises, et ce, bien au-delà des murs de notre centre hospitalier universitaire. En effet, les professionnels en santé mentale et en toxicomanie ont élaboré des approches uniques pour répondre aux besoins des personnes vulnérables qui vivent au cœur du centre-ville de Montréal. Dans cet esprit de soutien au patient, on retrouve en ces pages le portrait d’un pair aidant, membre de l’équipe interdisciplinaire soignante en santé mentale, qui partage son expérience de vie avec les patients et contribue ainsi à leur rétablissement. Enfin, le CHUMAGAZINE a fait une incursion dans le monde des infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Certaines d’entre elles dirigent de façon autonome un volet de la Clinique d’insuffisance cardiaque du CHUM : un bel exemple d’un modèle qui améliore l’accès aux soins! L’apport de ces IPS, jumelé à l’ensemble des soins spécialisés et surspécialisés que nous offrons, illustre bien l’innovation dont sont capables les équipes du CHUM. Bref, autant de projets inspirants qui démontrent combien les médecins et les autres professionnels du CHUM mettent tout en œuvre quotidiennement pour améliorer la santé et le mieux-être de la population québécoise, et faire de leur centre hospitalier universitaire un lieu où les patients reçoivent les meilleurs soins, prodigués par des spécialistes dévoués et exceptionnels! Ayant observé toutes ces compétences sur le terrain, ainsi que les qualités humaines de nos équipes, leur empathie et leur dynamisme, je suis convaincu que nous réussirons ensemble cette transformation vers le nouveau CHUM, et que celui-ci répondra pleinement à toutes les attentes de la population. Je suis aussi persuadé que les médecins et les autres professionnels du nouvel Hôpital communautaire Notre-Dame développeront une vision d’excellence pour la prise en charge des patients. CHUMAGAZINE 3


Actualités

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35 % Patients suivis à la clinique

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Découverte prometteuse sur la maladie d’Alzheimer Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent des dépôts de gras dans le cerveau. Cette découverte, réalisée par des chercheurs affiliés au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), ouvre une nouvelle piste dans l’élaboration d’un médicament pour guérir ou freiner la progression de cette maladie. « Nos expériences suggèrent que ces accumulations anormales de gras pourraient constituer un déclencheur de la maladie », estime Karl Fernandes, chercheur au CRCHUM et professeur à l’Université de Montréal. Cette recherche met en lumière ce qui pourrait s’avérer un chaînon manquant dans le domaine. Au départ, les chercheurs tentaient de comprendre pourquoi les cellules souches qui, habituellement, aident à réparer les cellules endommagées du cerveau, sont inactives lorsque la maladie d’Alzheimer se manifeste. L’étudiante au doctorat Laura Hamilton s’est étonnée de trouver des gouttelettes de gras près des cellules souches à la surface interne du cerveau. Le Dr Alois Alzheimer, neurologue allemand, avait lui-même noté la présence de dépôts de lipides dans le cerveau lorsqu’il a décrit la maladie pour la première fois en 1906. Cette observation avait été écartée et largement oubliée, en raison de la complexité biochimique des lipides. Cette découverte soutient la thèse à l’effet que la maladie d’Alzheimer serait une maladie métabolique, un peu comme l’obésité ou le diabète. L’équipe de Karl Fernandes poursuit ses expériences pour vérifier si cette nouvelle piste permet de prévenir ou de retarder les problèmes de mémoire, d’apprentissage et de dépression liés à la maladie.

Plus de 4,7 millions de personnes dans le monde souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence.1 Malgré des décennies de recherche, les seuls médicaments actuellement disponibles ne s’attaquent qu’aux symptômes. 1

Organisation mondiale de la santé

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48 % Nouvelles admissions

QUEL EST LE RÔLE DE L’INFIRMIÈRE PRATICIENNE SPÉCIALISÉE? E n p l u s d e s a c ti v i té s p ro p r e s à s a p r o f e s s i o n d ’inf irm i è re , l ’inf irm i è re praticienne spécialisée (IPS) a l’autorisation de prescrire certains examens, traitements et médicaments. Elle applique aussi des techniques et traitements médicaux habituellement réservés aux médecins. L’IPS exerce dans un domaine spécialisé : la cardiologie, la néphrologie (maladies des reins), la néonatologie ou les soins de première ligne (soins généraux). On compte actuellement plus de 308 IPS au Québec, dont 30 en cardiologie.

QUELLE EST SA FORMATION? En plus d’une maîtrise en soins infirmiers, l’IPS possède un diplôme complémentaire en sciences médicales. Pour exercer, e l l e d o it re cevo i r u n e ce r tif i c a ti o n professionnelle de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) ainsi que du Collège des médecins du Québec (CMQ). Depuis juillet 2014, le CHUM reçoit des stagiaires IPS.


Actualités

Stéphanie Béchard, Nathalie Nadon et Marie-Line Brouillette, infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en cardiologie. En 2005, Nathalie Nadon a été la première IPS certifiée en cardiologie au Québec.

En cardiologie, une clinique dirigée par des infirmières Depuis 2013, un volet de la Clinique d’insuffisance cardiaque du CHUM est dirigé de façon autonome par des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), en collaboration avec un cardiologue. Grâce à ce modèle novateur, la clinique a considérablement amélioré sa capacité d’accueil et réduit le temps d’attente. Que de bonnes nouvelles pour le patient! Celles que les médias appellent souvent les « superinfirmières », les IPS rencontrent les patients, évaluent leur état de santé, et adaptent leurs traitements et médicaments. « Auparavant, explique Marie-Line Brouillette, infirmière praticienne spécialisée certifiée, le patient pouvait attendre trois mois avant d’avoir son rendez-vous de suivi après sa sortie de l’hôpital. Nous pouvons maintenant le voir dans un délai de deux à trois semaines! » Les IPS de la clinique travaillent de façon collaborative avec des infirmières cliniciennes et d’autres professionnels de la santé tels que psychologue, travailleur social, kinésiologue et nutritionniste, afin de favoriser la prise en charge globale du patient. « Même si nous sommes habilitées à poser certains gestes médicaux, il ne faut pas oublier que l’IPS est d’abord et avant tout une infirmière, ajoute Marie-Line Brouillette. Une bonne part de notre travail consiste à accompagner le patient, à favoriser l’adhésion à son traitement et à l’aider à adopter des habitudes de vie plus saines, tout en dénouant parfois des situations de vie très complexes. » Un modèle novateur qui améliore l’accès aux soins Le vieillissement de la population, jumelé au fait que de plus en plus de gens survivent à une crise cardiaque, a entraîné une montée en flèche des cas d’insuffisance cardiaque. Plus de 50 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année au pays. La majorité des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque est âgée de plus de 65 ans.

« Nous ne pouvions tout simplement pas suffire aux besoins de la population, explique le Dr François Tournoux, directeur de la clinique et vice-président de la Société québécoise de l’insuffisance cardiaque. Les IPS ont les compétences pour assurer le suivi des patients dont l’état est plus stable. C’est un modèle novateur qui permet de libérer les cardiologues afin qu’ils puissent se concentrer sur les patients nécessitant une intervention plus complexe. La mise en place de la clinique IPS a été une vraie bouffée d’oxygène! »

Le Comité Relève jeunesse (CRj) très actif dans le développement professionnel des infirmières Le CRj, qui fait partie du conseil des infirmières et infirmiers (CII), regroupe des infirmières ayant moins de cinq ans d’expérience ou qui sont âgées de moins de 30 ans. Ce comité, dynamique et engagé, organise diverses activités, comme les conférences Compétences +, qui offrent de la formation sur les soins touchant des types de patients spécifiques. Ainsi, chaque mois, une conférence différente permet aux infirmières qui y assistent d’obtenir une heure de formation accréditée. Cette formule, liée à la vision de la Direction des soins infirmiers et des regroupements clientèles (DSI-RC), encourage les infirmières à se responsabiliser au plan de leur développement professionnel et du maintien de leurs compétences, toujours dans une perspective d’amélioration de la qualité des soins offerts à nos patients.

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Josée Garon et Yvon Deblois

Un mariage touchant à l’hôpital La suite de l’histoire… Mariés à l’hôpital le 24 juillet 2015, Josée Garon et Yvon Deblois ont renouvelé leurs vœux le 19 septembre dernier à Québec. Si nous suivons particulièrement ce couple, c’est qu’il n’est pas tout à fait comme les autres, ainsi que nous le rapportions dans une nouvelle publiée en août dernier. Les destinées de Josée Garon et d’Yvon Deblois ont été unies par le père Fernand Patry, du Service des soins spirituels du CHUM. Cette cérémonie bien spéciale s’est déroulée au Département d’hépatobilie de l’Hôpital Saint-Luc du CHUM, quelques jours à peine avant que la jeune femme ne subisse d’urgence une greffe du foie.

Leur plus beau cadeau : une greffe du foie Josée devait initialement célébrer son mariage le 25 juillet à Québec, mais une dégradation subite de son état a précipité les choses et poussé le couple à avoir recours au Service des soins spirituels du CHUM pour la célébration. À la suite d’une course folle pour obtenir permis et témoins, le père Patry a pu réaliser leur souhait et officialiser leur union. Mise sur la liste d’urgence pancanadienne, Josée a finalement reçu le précieux foie dans la nuit du 26 au 27 juillet, d’un donneur du Manitoba.

Josée et Yvon ont renouvelé leurs vœux le 19 septembre dernier à Québec. 6 CHUMAGAZINE

Pour lire la nouvelle initiale en ligne, rendez-vous à chumagazine.qc.ca

Pour le père Patr y, qui a célébré de nombreux mariages d’urgence à l’hôpital, notamment aux soins palliatifs, celui-ci avait une saveur particulière. « Je dois dire que nous avons vécu un beau moment. Après avoir frôlé la mor t, J osée est heureuse et en vie! Il ne faut jamais oublier l’importance du don d’organes. »

Les soins spirituels au CHUM 

L’équipe des soins spirituels est composée de 12 intervenants, répartis dans les trois hôpitaux du CHUM.

L’équipe se veut éclectique, tant par sa diversité culturelle et religieuse, que par la présence de laïcs et de prêtres, d’hommes et de femmes d’horizons différents. Les intervenants et intervenantes en soins spirituels possèdent une formation universitaire spécifique pour œuvrer en soins spirituels. 

Les intervenants en soins spirituels (anciennement appelés « aumôniers », puis « animateurs de pastorale ») visitent régulièrement les personnes hospitalisées afin de leur offrir un soutien et un accompagnement spirituel adaptés à leurs besoins. L’accompagnement spirituel qu’ils offrent se fait dans un grand respect des croyances (religieuses ou non) et des valeurs personnelles.


La preuve qu’on peut s’en sortir!

Benoit Saint-Pierre

Quand on lui parle de son travail, les yeux de Benoit s’illuminent. Aider les gens en situation d’itinérance à se raccrocher à la société n’est pas banal, tout comme son vécu. Une dizaine de séjours en psychiatrie et sa formation d’intervenant pair aidant sont des atouts précieux pour redonner l’espoir. Benoit a toujours voulu servir sa communauté. C’est ce qui a motivé son choix de devenir pompier au début de la vingtaine. Diplôme en main et courage au cœur, il s’est buté à plusieurs difficultés qui l’ont empêché de réaliser son rêve et qui ont attaqué son moral. Il fait une première psychose en 1997 et vit par la suite près de 10 passages en psychiatrie en autant d’années.

« Le plus dur dans la maladie mentale, c’est la perte. Maison, auto, moto, piscine : j’ai tout perdu! Et j’ai dû me rebâtir. » L’étiquette collée à sa maladie, trouble affectif bipolaire, est une chose à laquelle il ne veut pas s’attarder. « Le diagnostic est une chose, mais pour moi, l’important est d’apprendre à gérer les symptômes et à être bien, » explique Benoit. D’abord méfiant envers le milieu psychiatrique, il a appris avec le temps qu’il faut travailler en collaboration avec son psychiatre. Le dosage des médicaments est délicat et prend du temps. « C’est vraiment un travail d’équipe. Quand j’ai recommencé à travailler, j’ai accepté de réduire la dose, de tolérer un peu plus de symptômes, mais d’avoir l’énergie nécessaire pour me lever le matin. » La route vers le rétablissement et l’acceptation a été longue. « Ce qui n’aide pas dans le cas de la bipolarité, explique Benoit, c’est qu’on peut aimer les périodes de ‘high’ où on se sent le roi du monde. » Avec le temps, les périodes de déséquilibre s’intensifient, se rapprochent,

et les conséquences sont lourdes. « Le plus dur dans la maladie mentale, c’est la perte. Maison, auto, moto, piscine : j’ai tout perdu! Et j’ai dû me rebâtir. » Les préjugés et la vision fataliste que nous avons envers la maladie mentale font aussi très mal, selon Benoit. « Ce n’est pas vrai qu’on ne peut plus travailler, s’épanouir et avoir une vie satisfaisante. On peut s’en sortir, et même très bien! » Durant ses années sombres, Benoit se demandait toujours : mais comment se fait-il que je n’ai pas ma place dans la communauté? Quand on le voit à la Mission Old Brewery o ù i l tr ava i l l e m a i n te n a n t ave c l ’é q u i p e d u C H U M (lire p. 10), on sait qu’il a désormais trouvé sa place et qu’il aidera les personnes qu’il croise sur sa route à trouver la leur. Son message est rempli d’espoir.

L’intervenant pair aidant en santé mentale Membre du personnel du CHUM, l’intervenant s’est rétabli à la suite d’un trouble de santé mentale et connaît les services de santé pour les avoir déjà utilisés. Il accompagne les personnes aux prises avec les mêmes difficultés, dans toutes les étapes de leur rétablissement. Il fait partie intégrante de l’équipe interdisciplinaire en santé mentale et représente les patients à divers comités.

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DOSSIER SANTÉ URBAINE

Non à l'exclusion, oui à la santé pour tous à Montréal! Bon an mal an, le CHUM reçoit dans ses urgences des milliers de patients qui vivent des difficultés liées à des troubles psychiatriques, à l'itinérance, à la consommation de drogue ou d’alcool, ainsi qu'à des problèmes mixtes de santé mentale et de toxicomanie. Ce qui pourrait être perçu comme une difficulté est devenue une force vive au CHUM. À conditions particulières, approches extraordinaires!

Aller à la rencontre des plus démunis Le constat est le même pour tous : les méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas avec les personnes marginalisées. Comment demander à une personne sans abri ni agenda de se présenter à l'heure à son rendez-vous de suivi? Comment penser qu’une autre pourra changer son pansement, alors qu’elle n’a pas accès à un lavabo ou qu’elle doit faire la file pour assurer son besoin le plus essentiel : trouver un gîte pour la nuit? Comment se procurer des médicaments, sans argent ni cartes ni papiers?

Au Département de psychiatrie du CHUM, cette réflexion a donné naissance, en 2012, à l'Équipe d'intervention intensive de proximité, l'EQIIP SOL. « Les jeunes de la rue sont méfiants par rapport aux institutions. Nous avons compris qu'il fallait sortir des murs de l'hôpital et aller vers eux pour qu'ils puissent nous apprivoiser et venir à notre rencontre », explique la D re Amal Abdel-Baki, chef du Service des troubles psychotiques du CHUM. En 2014, c'est au tour du Projet de réaffiliation en itinérance et en santé mentale (PRISM) de réaliser des petits et des grands miracles, grâce au travail de deux psychiatres de rue, les D rs Olivier Farmer et Lison Gagné. Des équipes de suivi de proximité tendent aussi la main aux personnes infectées par le virus du VIH et de l’hépatite C, en leur offrant une porte d’entrée afin qu’elles bénéficient rapidement des infrastructures du CHUM et se fassent soigner dans le respect et la dignité. Dans les pages qui suivent, nous vous présentons les programmes et les services* qui ont été mis sur pied en santé urbaine au CHUM. Les résultats obtenus sont très inspirants!

* Les données qui figurent dans ce dossier sont en date du 15 octobre 2015.

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QU’EST-CE QUE LA SANTÉ URBAINE AU CHUM? La ville est un pôle d’attraction pour les personnes marginalisées en raison de problèmes de toxicomanie, de santé mentale ou d’itinérance. Hôpital urbain, le CHUM a acquis une expertise auprès de ces personnes vulnérables. Ses équipes spécialisées en psychiatrie, en toxicomanie ainsi que dans le traitement du VIH et de l'hépatite C travaillent de façon interdépendante et complémentaire, dans une optique de santé globale et de réinsertion sociale. En plus de compter des victoires humaines, nous constatons des réussites hospitalières, notamment la réduction considérable du nombre de rechutes et de visites à l'urgence.

« Le CHUM a les ressources, l'expertise, le plateau technique et la volonté de prendre soin des personnes marginalisées et vulnérables du centre-ville de Montréal. » Dr Paul Lespérance Chef du Département de psychiatrie du CHUM

LA SANTÉ URBAINE AU CHUM • • • •

Psychiatrie de proximité Toxicomanie Hépatite C VIH

SERVICES ET RESSOURCES Dans la communauté • Psychiatres de rue et clinique médicale du CHUM dans les locaux du refuge Mission Old Brewery • Équipe de suivi intensif en itinérance formée de psychiatres, de travailleurs sociaux, d'infirmiers, d'un intervenant pair aidant et d'un criminologue du CHUM • Équipe d'intervention intensive de proximité (EQIIP SOL) pour les jeunes de la rue • Équipe mobile de dépistage, de traitement et de suivi du VIH et de l’hépatite C Dans les hôpitaux du CHUM • Clinique JAP (jeunes adultes psychotiques) • Unité de médecine et de psychiatrie des toxicomanies totalisant plus de 60 lits • Urgence psychiatrique qui accueille et évalue plus de 4 500 patients par année • Unité d'hospitalisation, de recherche et d’enseignement sur le sida (UHRESS) Alliances stratégiques • Partenariat avec plusieurs organismes communautaires bien établis sur le territoire montréalais • Formation d'intervenant pivot offerte à tous les organismes communautaires partenaires • Formation en intervention de crise offerte au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)

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PRISM

Projet de réaffiliation en itinérance et en santé mentale (PRISM), en collaboration avec la Mission Old Brewery Photo : Monique Dykstra pour la Mission Old Brewery

DEPUIS JUIN 2013 Mission : sortir de la rue les personnes itinérantes chroniques souffrant de problèmes psychiatriques Durée du programme : de 4 à 6 semaines TAUX DE RÉUSSITE DE PRÈS DE 75 %

LE SAVIEZ-VOUS? Une personne itinérante coûte 53 000 $ par année au réseau public de santé québécois. La soigner est non seulement un geste humain, mais aussi un investissement social.

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Retrouver identité et humanité Le Projet de réaffiliation en itinérance et en santé mentale (PRISM) est né d'une alliance entre un refuge, la Mission Old Brewery, et le Département de psychiatrie du CHUM. Le constat : malgré tous les efforts déployés par la Mission et les organismes communautaires, les personnes itinérantes atteintes de troubles psychiatriques restaient dans leur misère, année après année. La stratégie : leur offrir un répit et la possibilité réelle de s'en sortir grâce à la collaboration de psychiatres, de travailleurs sociaux et d'autres professionnels du CHUM.

OFFRE DE SERVICE 

18 lits (hommes) 10 lits (femmes)  Trois repas par jour  Suivi psychiatrique, médical et psychosocial 

Les personnes itinérantes qui acceptent de participer au PRISM bénéficient d'un espace personnel à la Mission, c’està-dire d’un lit et d’un casier juste pour eux, de trois repas par jour et d'un suivi médical, psychiatrique et psychosocial. Plus besoin de se battre ni de faire la file pour survivre! Cette période d'accalmie permet aux psychiatres du PRISM, les Drs Olivier Farmer et Lison Gagné, de les suivre intensément et de tisser avec eux des liens de confiance. « Ces gens sont enfermés dans la maladie, mais ils veulent s'en sortir! », exprime avec conviction le Dr Oliver Farmer, chef du Service de psychiatrie urbaine au CHUM. Les travailleurs sociaux de l'équipe les accompagnent à chaque étape et les aident à s'organiser pour trouver un logis, en plus de retrouver identité et humanité. 10 CHUMAGAZINE

Au terme de moins de deux ans d'existence, les résultats sont spectaculaires : sur 140 personnes inscrites au PRISM, 103 sont sorties de la rue en moins de six semaines. L'équipe du PRISM travaille étroitement avec le réseau communautaire, avec la Ville de Montréal ainsi qu'avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Il faut traiter l’itinérance comme un important problème de santé publique. Au même titre que le cancer ou le diabète. De façon concertée, coordonnée et organisée. » Dr Olivier Farmer Chef du Service de psychiatrie urbaine du CHUM

Formation de policier-ressource Au cours des trois dernières années, les psychiatres du CHUM ont participé à la formation d’une centaine de répondants en intervention de crise. La formation de quatre jours offerte aux policiers du SPVM les aide à mieux comprendre les problèmes liés à la consommation de drogue ou d’alcool, à la santé mentale et à l’itinérance, afin d’intervenir adéquatement, sans avoir recours à la force. Afin de soutenir les patients atteints de troubles de santé mentale, faites un don.

fondationduchum.com


Marie Guétie Vieux, infirmière clinicienne du CHUM à la Mission Old Brewery

Clinique médicale du CHUM à la Mission Old Brewery Hépatite C et convalescence DEPUIS MAI 2014 Mission : of frir des soins adaptés aux personnes itinérantes souffrant d’hépatite C ou en convalescence Type de patients : personnes itinérantes suivies au CHUM ou qui souhaitent avoir un suivi médical au CHUM 85 ADMISSIONS DEPUIS MAI 2014

OFFRE DE SERVICE 

Hépatite C - 14 lits Convalescence - 7 lits  Gîte et repas  Ateliers d’activités artistiques et de cuisine  Groupe de soutien et d’accompagnement visant la réinsertion sociale  Bourses de persévérance* : 250 $ en argent 250 $ en chèques-cadeaux 

Cette clinique fait le pont avec le Service de médecine des toxicomanies du CHUM. En plus d’assurer le suivi des patients et de favoriser leur adhésion au traitement, l’infirmière procède à des tests de dépistage. Les analyses sanguines sont relayées à l’Hôpital Saint-Luc du CHUM, et les patients ont un accès prioritaire à l’unité de médecine, au besoin. Pour le D r Pierre Lauzon, responsable de la clinique et omnipraticien ayant consacré une grande partie de sa carrière aux toxicomanes, il s’agit d’une question d’équité et d’accès aux soins pour tous. « Nous nous sommes donné les bons outils pour offrir un traitement optimal à ce type complexe de patients aux prises avec des problèmes de santé multiples. » L a clinique du ref uge of f re a ussi un se r vice de convalescence aux personnes qui ont reçu leur congé du CHUM, mais qui n’ont ni domicile fixe ni aidant naturel. « Il est essentiel que ces patients aient un milieu de vie pour poursuivre leur convalescence », ajoute le Dr Lauzon.

LE SAVIEZ-VOUS? Près de 70 % des personnes qui s’injectent des drogues s’infectent par l’hépatite C.

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Aussi logée à l’enseigne de la Mission Old Brewery, la clinique satellite du CHUM accueille les patients cinq jours par semaine de 8 h à 16 h. Le sourire de Marie Guétie, la sympathique infirmière clinicienne qui tient le fort, est plus qu’hospitalier. C’est une source quotidienne de motivation, d’encouragement et de compassion envers les personnes infectées par l’hépatite C.

Qu'est-ce que l'hépatite C L'hépatite C (VHC) est un virus qui attaque le foie. Une proportion de 85 % des gens infectés par l'hépatite C deviennent porteurs chroniques, c'est-à-dire qu'ils ont le virus et peuvent le transmettre. Dans certains cas, l'infection chronique cause de la fatigue, des maux de ventre et la perte d'appétit. Elle peut aussi entraîner des problèmes articulaires, musculaires ou de la peau. Avec le temps, le VHC entraîne parfois des complications comme la cirrhose et le cancer du foie.

*Ces bourses sont offertes grâce aux dons de deux compagnies pharmaceutiques : Gilead Sciences et AbbVie.

Source : fiche santé du CHUM Pour consulter la fiche santé du CHUM sur l’hépatite C , visitez le chumontreal.qc.ca, rubrique Votre santé

Source quotidienne de motivation et de compassion

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« Il fallait que la psychiatrie et la toxicomanie cessent d'être deux solitudes. Nous partageons la responsabilité de nos patients selon un mode exceptionnel. » Dr Paul Lespérance Chef du Département de psychiatrie

Patrick Girard, travailleur social au PRISM avec un patient

Photos : Monique Dykstra pour la Mission Old Brewery

Médecine et psychiatrie des toxicomanies : une approche unique

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L’expertise acquise au CHUM est unique au pays. Chaque année, pas moins de 20 000 patients reçoivent des soins dans nos services de médecine et de psychiatrie des toxicomanies. Ils consultent pour un problème de dépendance aux substances comme la cocaïne, les opiacés ou l’alcool. Ils reçoivent des soins pour leur problème de dépendance, et pour d’autres problèmes de santé, puisque la toxicomanie s’accompagne souvent d’autres troubles physiques ou psychiatriques. Les services de médecine et de psychiatrie des toxicomanies du CHUM se partagent 21 lits pour traiter les personnes aux prises avec des problèmes multiples, et nos infirmières sont en mesure d'offrir des soins aussi bien en santé physique que mentale. Plusieurs patients sont invités à participer à des recherches scientifiques. Lire l'article sur la recherche en page 15.


Équipe d'intervention intensive de proximité (EQIIP SOL)

De gauche à droite, Véronique Plante, travailleuse sociale, Dre Amal Abdel-Baki, psychiatre, Julie-Marguerite Deschênes, travailleuse sociale, Nicolas Girard, travailleur social, Jean-Félix Hébert-Colette, intervenant pair aidant

DEPUIS FÉVRIER 2012 Type de patients : jeunes de 18 à 30 ans en situation d’itinérance qui présentent des troubles de santé mentale et de toxicomanie Mission : amener ces jeunes vers les ressources de l’hôpital Durée du suivi : de 1 à 3 ans RÉDUCTION DE 63 % DE L’ITINÉRANCE APRÈS UN AN De la méfiance à la confiance à la réinsertion sociale Ils ont pour la plupart été suivis dans un centre de protection de la jeunesse. Ils n’ont pas de domicile fixe, mais hésitent à fréquenter les grands refuges pour itinérants. Ils squattent, vont au centre de jour Chez Pops – Dans la Rue, parfois au Refuge des Jeunes de Montréal, au Bunker ou ailleurs. « L’EQIIP SOL, c’est ce qu’il manquait pour faire le pont entre le milieu communautaire et les équipes du CHUM, explique la D re Amal Abdel-Baki, médecin psychiatre à l’origine du projet et chef de la clinique JAP (jeunes adultes psychotiques) du CHUM. Nous pensions au départ que ces jeunes n’étaient pas motivés, mais nous avons compris qu’il fallait s’y prendre autrement. » Composée de trois travailleurs sociaux bénéficiant de l’appui de quatre psychiatres, l’EQIIP SOL a entre autres pour mission d’assurer le suivi de la situation de vie de ces jeunes dans la communauté, de les guider vers les ressources appropriées et de les aider à atteindre une certaine stabilité psychologique et sociale. « Pour les motiver, nous partons de leur projet de vie, ajoute Nicolas Girard, travailleur social. Ils veulent tous avoir un ‘appart’, un métier, un job. Même si on se fait souvent dire non, il faut persévérer et leur montrer qu’on est là et qu’on ne va pas les lâcher. »

Les professionnels de l’EQIIP SOL ont la possibilité d’intervenir de manière intensive auprès des jeunes en les rencontrant individuellement plusieurs fois par semaine au besoin. Cette approche a eu des résultats tangibles, car elle a notamment permis de réduire le nombre de consultations à l’urgence ainsi que le nombre de rechutes. Par ailleurs, seulement 11 % des participants au programme sont encore itinérants après un an, comparativement à 74 % à l’admission. L’EQIIP SOL a reçu en 2014 un prix du réseau de la santé et des services sociaux dans la catégorie Accessibilité aux soins et services.

« Même si on se fait souvent dire non, il faut persévérer et leur montrer qu’on est là et qu’on ne va pas les lâcher. » Nicolas Girard, travailleur social, EQIIP SOL

UN CAS TYPE    

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Marie-Julie, 21 ans Consommait du cannabis et du speed tous les jours Entendait des voix qui la traitaient de « salope » Après un diagnostic de schizophrénie : a cessé sa médication antipsychotique, est devenue désorganisée et a quitté sa ville natale S’est promenée de refuge en refuge à Montréal Mia, intervenante Chez Pops, a contacté l’EQIIP SOL Marie-Julie a fait un séjour à l’Unité de psychiatrie des toxicomanies du CHUM Elle a été transférée à la clinique JAP où elle reçoit un suivi psychiatrique et psychosocial

Qu’est-ce que la psychose? La psychose est un trouble du cerveau qui entraîne une altération du contact avec la réalité. Les changements peuvent survenir au plan des perceptions, des pensées, des émotions et des comportements. La psychose fait partie des troubles mentaux graves et touche 3 % de la population. Dans la majorité des cas, la détection précoce peut mener à la rémission complète des symptômes. CHUMAGAZINE 13


Soutenir les jeunes familles au-delà des murs du CHUM Au fil des ans, le Centre des naissances de l’Hôpital Saint-Luc du CHUM a acquis une solide expertise auprès des femmes enceintes vivant un problème de consommation d’alcool, de tabac ou de drogue. Dans le cadre de la mission de promotion de la santé du CHUM, le centre offre du soutien à ces futures mamans et veille sur leur santé aussi bien que sur celle du nouveau-né. Toutefois, certaines mères délaissaient rapidement les services de soutien offerts au CHUM à leur retour à la maison. Les professionnels du Comité interdisciplinaire périnatalitétoxicomanie du CHUM, ainsi que des collaborateurs de différentes organisations, ont alors conçu un projet de services intégrés : le Centre périnatal et familial de toxicomanie, devenu le Rond-Point. L’idée est simple : concentrer en un seul lieu les services de professionnels de différents organismes, grâce à une équipe interdisciplinaire composée notamment d’infirmières, de travailleuses sociales, de médecins et d’éducateurs spécialisés. Cette approche favorise la création d’un lien de confiance avec les parents et offre un suivi plus étroit avec l’enfant. Soutenir les parents dans leur rôle éducatif facilite non seulement l’abstinence ou la réduction des méfaits liés à la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue, mais leur permet également d’acquérir les habiletés parentales et l’estime de soi, des éléments clés conduisant vers la réinsertion sociale. Les intervenants du Rond-Point appartiennent à différents organismes convaincus qu’il est préférable de travailler ensemble pour aider les familles en difficulté. Voici les organismes qui, en collaboration avec le CHUM, ont contribué à la concrétisation de cette vision :   

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Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire Centre de réadaptation en dépendance de Montréal – Institut universitaire Dans la Rue (services à la famille) Centre de recherche et d’aide pour narcomanes (CRAN) Centre de pédiatrie sociale Centre-Sud Portage (programme mère-enfant) Agence de santé publique du Canada

Pour en savoir plus sur l’organisme Rond-Point : Isabelle Risler, 514 527-2361, poste 1506

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Jean-Félix Hébert-Colette Intervenant pair aidant

Clinique JAP (jeunes adultes psychotiques) Située à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM, la clinique JAP offre un accès facile et rapide à un traitement aux jeunes adultes souffrant de psychose. On y favorise une intervention précoce et intensive, tant auprès du patient que de ses proches, par le biais d’une approche collaborative avec les organismes communautaires partenaires du CHUM. Non traitée, la psychose occasionne beaucoup de souffrance et a beaucoup d’incidence sur le fonctionnement social, familial, scolaire et professionnel. « La détection précoce et une intervention intensive peuvent mener à la rémission complète des symptômes, affirme la Dre Amal Abdel-Baki, responsable de la clinique. Toutefois, les rechutes de la maladie psychotique sont fréquentes, d’où l’importance d’un suivi à plus long terme. » Information : 514 890-8242 chumontreal.qc.ca/jap

Unité hospitalière de soins, de recherche et d'enseignement sur le sida (UHRESS) L' UHRESS du CHUM est une équipe multidisciplinaire composée de professionnels de la santé engagés qui possèdent une expertise dans l'évaluation et les soins à prodiguer aux personnes infectées par le VIH et l'hépatite C. L'UHRESS suit particulièrement, mais non uniquement, des patients socialement vulnérables, dont le nombre ne cesse d'augmenter, et qui présentent des problèmes de plus en plus complexes : consommation de drogues par injection et itinérance. Une équipe mobile a été mise en place et assure le suivi de proximité des personnes VIH/VHC (infectées à la fois par le VIH et l'hépatite C). Notre équipe :  21 médecins généralistes et spécialistes  5 infirmières cliniciennes  6 pharmaciens  4 travailleurs sociaux  1 psychologue  1 nutritionniste  1 équipe de proximité Hôtel-Dieu : 514 890-8148 Hôpital Notre-Dame : 514 890-8000, poste 24720 chumontreal.qc.ca/uhress


Recherche

Innover pour mieux traiter les personnes souffrant de toxicomanie des drogues s’infec tent par l ’hépatite C . Malheureusement, ils sont peu nombreux à se faire traiter », déplore la Dre Bruneau. « Nous menons des recherches pour évaluer quels sont les meilleurs modèles de soins. Ces modèles sont conçus avec la communauté, pour s’assurer qu’ils pourront être offerts dans d’autres milieux au Québec et au Canada. C’est comme ça qu’on fait évoluer les meilleures pratiques », fait valoir la D re Bruneau. Notre équipe s’intéresse également aux facteurs.

Les Drs Julie Bruneau et Didier Jutras-Aswad, médecins aux services de médecine et de psychiatrie des toxicomanies du CHUM, et chercheurs au CRCHUM

Ils sont trop souvent rejetés et marginalisés. Les portes du réseau de la santé leur sont trop souvent fermées. Au CHUM, les personnes souffrant de toxicomanie sont accueillies avec respect et bénéficient de soins d’avantgarde, grâce à une solide équipe intégrée de cliniciens et de chercheurs. « Par l’intégration de la recherche aux services cliniques, nos patients bénéficient de traitements à la fine pointe de ce qui se fait dans le domaine. Ils ont accès en primeur à de nouveaux médicaments et à de nouvelles approches, et on leur offre des traitements psychosociaux de qualité », explique le Dr Didier Jutras-Aswad, médecin et chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM). Le C RC H U M assure un leadership national dans la recherche interventionnelle en toxicomanie, grâce à d’importantes subventions du gouvernement canadien. Depuis février 2015, la Dre Julie Bruneau, médecin et chercheuse au CRCHUM, dirige le volet du Québec et des Maritimes de l’Initiative canadienne de recherche sur l’abus de substances. Ce programme de recherche pancanadien se consacre à la prévention et au traitement de la toxicomanie. En juillet dernier, la chercheuse au CRCHUM Naglaa Shoukry a aussi obtenu une subvention de 4,5 millions $ pour diriger le Réseau national de collaboration sur l’hépatite C, conjointement avec la D re Julie Bruneau. À terme, ce réseau vise l’éradication pure et simple de cette maladie, non seulement parmi les toxicomanes, mais aussi dans la population en général.

L’équipe du D r Jutras-Aswad mène une recherche pour traiter la dépression chez les patients dépendants aux opiacés : « Ces personnes sont souvent dépressives, mais les antidépresseurs habituellement utilisés sont inefficaces. On essaie maintenant un nouvel antidépresseur, en espérant qu’il sera efficace chez ces patients. » Un autre projet a pour but de tester un nouveau médicament pour soigner la dépendance à la cocaïne, pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement pharmacologique. Les chercheurs s’intéressent aussi aux ravages des opioïdes de prescription, comme le fentanyl, une drogue ultrapuissante qui a entraîné de nombreux décès par surdose.

Études cliniques en cours : 

Lutter sur tous les fronts

La toxicomanie cache souvent d’autres problèmes, comme la psychose ou la dépression. De plus, plusieurs patients souffrent de maladies chroniques, telles que l’hépatite C, qui ne sont pas diagnostiquées. C’est ce qu’on appelle la « comorbidité ». Les chercheurs du CHUM testent de nouvelles approches pour mieux intervenir sur la toxicomanie et ses troubles associés. Depuis 2004, une étude longitudinale appelée « cohorte HEPCO » recense les toxicomanes dans la communauté afin de déterminer les meilleurs moyens de prévenir et de traiter les infections au VIH et à l’hépatite C. « Près de 70 % des personnes qui s’injectent

 

Traitement de la dépression chez les personnes dépendantes aux opiacés Étude de l’état de manque chez les personnes dépendantes à la cocaïne et au cannabis Traitement de la dépendance à la cocaïne Évaluation de modèles de soins novateurs pour le traitement de la dépendance aux opioïdes Traitement de l’hépatite C aiguë et chronique chez les personnes s’injectant des drogues

Information : 514 890-8321 chumontreal.qc.ca/toxicomanie

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RUIS de l’UdeM

Compétences AVC : nouvelles formations en ligne Au fil des prochains mois, les infirmières, les préposés et les autres intervenants qui veillent aux soins des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) pourront suivre des formations en ligne pour parfaire leurs compétences et leurs connaissances. Près de 16 000 personnes subissent annuellement un accident vasculaire cérébral (AVC) au Québec. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a fait de l’AVC une priorité en mettant sur pied un programme national pour tout le continuum de soins. Dans le cadre de ces orientations ministérielles, un sous-comité provincial interdisciplinaire de développement et de maintien des compétences AVC a été mis en place, en 2013, afin d’harmoniser les pratiques et d’optimiser la qualité des soins prodigués dans l’ensemble du réseau de la santé québécois. Ce sous-comité joue un rôle-conseil auprès du comité consultatif clinique du ministère, et fournit le matériel nécessaire à la formation continue issue des meilleures pratiques pour le continuum, dans l’ensemble du territoire. Le Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université de Montréal contribue à la diffusion en continu du matériel pédagogique de ce groupe de travail provincial. En effet, le RUIS offre un service d’hébergement de tous les contenus de formation; il s’agit de l’ENA (environnement numérique d’apprentissage).

Une recherche auprès des mères souffrant de troubles affectifs Une étude en cours au Service d’ergothérapie du CHUM, en collaboration avec le Centre de pédiatrie sociale Centre-Sud, examine les effets d’une intervention en ergothérapie* axée sur le rôle maternel de femmes souffrant de troubles affectifs. Les objectifs du projet :  Une meilleure compréhension des problèmes complexes que vivent ces mères  L’élaboration d’interventions visant à les soutenir dans leur rôle et leur expérience de mère  L’établissement de collaborations avec les services de première ligne et communautaires Cette étude, menée par Lucie Hébert, ergothérapeute, bénéficie du soutien et de l’encadrement du groupe de recherche du conseil multidisciplinaire. *L’ergothérapie permet aux personnes ayant des limites fonctionnelles d’organiser et d’accomplir les activités du quotidien qu’elles considèrent comme importantes.

L’apprentissage en ligne demeure le meilleur moyen de former le plus grand nombre de personnes, d’uniformiser les protocoles et, surtout, d’améliorer de façon continue les soins aux patients.

À propos du RUIS de l’UdeM Le Réseau universitaire intégré de santé de l’Université de Montréal (RUIS de l’UdeM) fait progresser l’intégration de la mission universitaire en santé que sont les soins, l’enseignement et la recherche, en facilitant le transfert des connaissances, l’évaluation des technologies et le développement des services de santé, afin d’améliorer l’accès aux soins dans un territoire desservant plus de 40 % de la population du Québec. ruis.umontreal.ca

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Des patients au chaud grâce à vos dons! Nous avons un urgent besoin de bottes, de manteaux et de vêtements d ’hiver pour nos patients dans le besoin. Vous pouvez remettre vos vêtements au Service de bénévolat, animation et loisirs aux endroits suivants : Hôtel-Dieu Pavillon de Bullion, 1er étage, salle 6-120 Hôpital Notre-Dame Pavillon Mailloux, 1er étage, salle K-1253-12 Hôpital Saint-Luc 12e étage, salle 12305


La Dre Marie-Josée Dupuis : vision d’une femme engagée Le 31 août dernier, la Dre Marie-Josée Dupuis annonçait qu’elle quittait ses fonctions de directrice de l’enseignement et de l’Académie CHUM, après deux mandats de quatre ans. Elle poursuit son engagement pédagogique en tant que vicedoyenne aux études médicales postdoctorales, un défi à sa mesure au sein de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. À titre de vice-doyenne, la D re Dupuis a maintenant sous sa responsabilité la bonne marche des programmes de formation postdoctorale (résidence) de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Avec les directeurs d’une soixantaine de programmes, elle voit à ce que les 1 500 résidents de notre université puissent avoir une formation de qualité. Au terme de leur résidence, c’est donc annuellement 1 500 nouveaux médecins qui entament leur pratique professionnelle, la plupart du temps au Québec. Un parcours cohérent, un engagement global Avant d’être directrice de l’enseignement et de l’Académie CHUM, la Dre Dupuis a été directrice du programme de résidence en obstétrique et de la gynécologie de l’Université de Montréal. « Je connaissais déjà, d’une perspective universitaire, ce que c’est que de gérer un programme, affirme-elle. Par ailleurs, mes huit années à titre de directrice de l’enseignement au CHUM, et mes échanges continuels avec les autres directeurs m’ont apporté une compréhension plus globale des enjeux d’un hôpital universitaire. Cet apprentissage m’est maintenant très précieux dans mes nouvelles fonctions. »

« Le Centre d’apprentissage du CHUM a développé une expertise rare au Québec, soit l’accompagnement des utilisateurs aux plans technologique et pédagogique. » La Dre Dupuis poursuit également sa pratique clinique au CHUM au sein du Département de gynécologie, à raison d’une journée par semaine. « Ce contact hebdomadaire avec les patients, collègues, résidents et stagiaires est essentiel pour moi. Ça me garde près des préoccupations du terrain en tant que soignante et enseignante. Grâce à mes collègues, obstétriciens et gynécologues du CHUM qui m’appuient très généreusement, je peux continuer d’exercer la médecine malgré la l’ampleur de la tâche de vice-doyenne. »

Le Centre d’apprentissage de l’Académie CHUM : une expertise unique La planification, puis l’ouverture du Centre d’apprentissage du CHUM, sont une grande source de fierté pour la Dre Dupuis : « Une des choses dont on doit se réjouir, c’est le Centre d’apprentissage et comment on a structuré l’offre de service. On réussit à offrir un service presque clés en main aux expertscliniciens qui veulent faire de l’enseignement par la simulation. » « Le Centre d’apprentissage du CHUM a développé une expertise rare au Québec, soit l’accompagnement des utilisateurs aux plans technologique et pédagogique. L’expérience est concluante, selon la D re Dupuis. Les utilisateurs sont pris en charge par une équipe de haut calibre, et ils l’apprécient. » Cette reconnaissance de l’expertise du centre est en voie de se concrétiser, notamment avec le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, qui souhaite mettre en place un partenariat faisant du centre le pôle francophone pour la formation des maîtres en simulation. En savoir plus sur l’Académie CHUM : academiechum.ca

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Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé

Soulagement des maux de dos : une nouvelle technique sous la loupe des douleurs lombaires d’origine discale : la biacuplastie discale intervertébrale. Cette technique consiste à utiliser deux électrodes de radiofréquence pour désensibiliser les nerfs sensoriels responsables de la douleur dans les disques intervertébraux. Cette procédure produit une énergie thermique précise qui permettrait l’ablation des terminaisons nerveuses à l’origine de la douleur chez les patients souffrant de lombalgie chronique secondaire, causée par une maladie discale. Peu invasive, cette technique offrirait une solution aux patients qui demeurent souffrants en dépit des traitements habituels, tels que la prise de médicaments ou le recours aux injections, et leur permettrait ainsi d’éviter l’opération.

Les douleurs lombaires et cer vicales représentent une cause majeure d’invalidité dans les activités quotidiennes. À l’heure actuelle, il s’agit de la maladie professionnelle la plus courante dans les pays développés. Au Québec, les maux de dos représentent 30 % de l’ensemble des lésions professionnelles indemnisées par la CSST. Le Service de l’évaluation des technologies et des modes d ’inter vention en santé (ETMIS) a été mandatée pour évaluer une nouvelle technique visant le soulagement

À la lumière de l’analyse comparative des données publiées, les agents de recherche du Service de l’ETMIS ont conclu que les complications liées à ce traitement sont généralement minimes et que leur incidence est faible. Cependant, les preuves restent insuffisantes quant à l’efficacité clinique relative de cette procédure. Il est important de mentionner qu’aucune étude ne compare cette technique à d’autres modalités de traitement, qu`elles soient chirurgicales, telles que l’arthrodèse lombaire, ou plus conservatrices, telles que les procédures percutanées comme la nucléotomie. Recommandation : Réserver l’utilisation de la biacuplastie discale intervertébrale aux médecins bien formés, préférablement dans un cadre de recherche clinique appuyé par le CHUM et soutenu par la création de registres permettant d’évaluer l’efficacité clinique et la rentabilité de cette technique.

L’ETMIS est l’un des cinq volets de la mission du CHUM. Ses rapports de recherche font état du recensement des pratiques existantes et permettent aux gestionnaires de prendre les meilleures décisions quant à l’implantation et au suivi de diverses technologies et modes d’intervention en santé.

La notion de consentement Vos réponses guideront nos actions! Le comité des usagers se préoccupe des patients qui devront vivre plusieurs changements avant l’ouverture du nouveau CHUM et de l’Hôpital communautaire Notre-Dame, ainsi que durant la première année de transition. Partagez vos préoccupations avec nous en visitant le cuchum.ca et en répondant au questionnaire en ligne. Merci de nous aider à bien vous guider!

Savez-vous en quoi consiste le consentement aux soins et comment celui-ci doit être obtenu? En matière de santé, le consentement – à toute forme de traitement ou d’intervention – signifie « l’expression de la volonté d’une personne de se soumettre à une atteinte à son intégrité physique, après avoir reçu l’information pertinente sur condition ».1 Pour qu’il soit valable, le consentement doit avoir été obtenu de façon libre et éclairée, c’est-à-dire que l’usager (ou son représentant) doit avoir consenti en toute connaissance de cause et avec toute l’information nécessaire pour bien comprendre ce à quoi il consent. De plus, il doit être apte à comprendre cette information, et le consentement doit être obtenu sans influence ni pression. 1

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Commissaire aux plaintes et à la qualité des services

Ménard et Martin, avocats. Vos droits en santé, www.vosdroitsensante.com/lexique/C/consentement


Une journée dans la vie de…

Marie-Andrée Gaumond Technicienne en gestion des menus

Ce qui me nourrit, c’est le sourire des patients! Saviez-vous que chaque nouveau patient hospitalisé au CHUM reçoit la visite d’une technicienne en gestion des menus? C’est le travail de Marie-Andrée Gaumond. Elle conseille le patient et planifie ses menus en tenant compte de son état de santé, de ses allergies et même de ses goûts. Parlez-moi de votre travail et de votre formation. MAG Je possède un diplôme d’études collégiales en techniques de diététique. Je collabore au suivi nutritionnel des patients sous la supervision d’une nutritionniste. Comme je rencontre les patients une ou plusieurs fois par semaine, selon leur état de santé, je peux aviser la nutritionniste si je vois qu’une personne a une carence ou nécessite une attention particulière. Je suis en quelque sorte la courroie de transmission entre le patient, la nutritionniste et le service de distribution alimentaire.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce travail? MAG Ça prend de la patience, de l’empathie, de la flexibilité, de l’écoute et, bien sûr, la passion de l’alimentation. Il faut prendre le temps d’écouter le patient, qui a parfois du mal à s’exprimer quand il est très malade. Certaines personnes sont timides et s’expriment peu, mais on peut lire dans leurs yeux quand quelque chose ne va pas.

« Si un patient manque d’appétit ou de moral, je dois parfois user d’astuces. L’ajout d’une petite gâterie sur le plateau peut l’aider à retrouver son goût pour la nourriture. »

Décrivez-moi une journée type. MAG Le matin, au changement de quart de travail, je consulte la liste des patients à rencontrer. En collaboration avec les nouveaux patients, je remplis un formulaire pour élaborer leurs choix de menus. Lors des tournées de suivi, je m’assure que tout se passe bien. Si un patient manque d’appétit ou de moral, je dois parfois user d’astuces. L’ajout d’une petite gâterie sur le plateau peut l’aider à retrouver son goût pour la nourriture. J’ai aussi des périodes de consultations téléphoniques à l’heure des repas. S’il y a un changement de dernière minute – un patient qui vient d’être hospitalisé, par exemple – il faut vite s’adapter.

Qu’est-ce que vous aimez le plus? MAG Voir le sourire des gens et sentir que ma présence leur a fait du bien. En général, les patients sont contents de me voir, car je n’ai aucune piqûre à leur faire! Au-delà de mon rôle en nutrition, je prends le temps de les écouter. Je me sens aussi très fière quand je vois que mes efforts portent leurs fruits et qu’un patient très malade recommence à manger.

Les Services alimentaires du CHUM, c’est… 

Plus de 1900 repas servis chaque jour dans les trois hôpitaux  110 menus adaptés à l’état de santé des patients  Plus de 400 combinaisons possibles de menus adaptés  42 techniciennes en gestion des menus Les Services alimentaires proposent trois choix de menus par repas, en plus d’une liste d’aliments de base pour les palais plus capricieux. Le menu de base est décliné en quatre versions : léger, en purée, haché ou sans sel. CHUMAGAZINE 19


Fondation du CHUM

DES ÉVÈNEMENTS POUR LE PLUS GRAND BÉNÉFICE DES PATIENTS! 17e Dîner gastronomique : 691 365 $ net amassés

Photo : Marcie Richstone

Une somme record qui contribuera à donner le meilleur de la santé aux patients du CHUM. Merci aux quelque 300 participants, ainsi qu’à nos partenaires majeurs : Brault & Martineau, Thibault, Messier, Savard et Associés, et la Société des alcools du Québec.

NOMINATION DE MME LUCE MOREAU AU POSTE DE PRÉSIDENTE ET DIRECTRICE GÉNÉRALE

Gestionnaire reconnue en philanthropie depuis plus de 25 ans, Mme Moreau a agi tant aux États-Unis qu’au Canada en tant que membre de divers conseils d’administration d’associations professionnelles, à la direction de divers organismes et fondations, ainsi qu’à titre de consultante et conférencière. Elle a notamment assumé la direction générale de la Fondation Y des Femmes (YWCA Montréal) de 2013 à 2015, la présidence et la direction générale de l’Orchestre Métropolitain, de 2008 à 2012, de la Fondation Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance, de 2005 à 2008, et de la Fondation du Centre hospitalier Jacques-Viger, de 1999 à 2005. Depuis 2007, Mme Moreau détient l’accréditation professionnelle internationale CFRE (Certified Fund Raising Executive). En 2006, elle a reçu le prix Gestionnaire émérite en philanthropie de l’Association of Fundraising Professionals, chapitre du Québec. Mme Moreau a déclaré être confiante quant à l’atteinte des ambitieux objectifs de la Fondation : « L’engagement et la grande mobilisation du conseil d’administration et du Cabinet de campagne, ainsi que la force et la qualité de l’équipe en place constituent des atouts précieux pour la réussite du projet de santé et de société que constitue le nouveau CHUM. » Nul doute qu’elle saura assurément mettre son expérience et ses connaissances au service des patients du CHUM, notamment dans l’atteinte de l’objectif de la campagne majeure de financement Donnons-nous le meilleur de la santé.

Pour plus de renseignements sur la Fondation du CHUM : fondationduchum.com facebook.com/FondationCHUM twitter.com/FondationCHUM 20 CHUMAGAZINE

1 125 000 $ net pour la 15e Classique de golf La 15 e Classique de golf de la Fondation du CHUM s’est déroulée le 14 septembre sous le signe de la célébration et de l’engagement. Les communautés d’affaires et médicale se sont réunies au Club Laval-sur-le-Lac pour démontrer leur soutien envers le CHUM, soulignant ainsi les 15 ans du tournoi et la concrétisation imminente d’un grand rêve : l’accueil des premiers patients au nouveau CHUM en 2016.

4e Défi DOC-Vélo réussi! Une vingtaine de cyclistes ont enfourché leur vélo par un 19 septembre ensoleillé afin d’amasser des fonds pour la Fondation du CHUM. Menés par les Drs Paul Perrotte, uro-oncologue et Pierre Laramée, cardiologue, de même que Luc Grisé, patient survivant du cancer et atteint d’une maladie cardiovasculaire, ils ont relevé tout un défi : parcourir les 275 km entre Montréal et Québec. Ce qui a permis d’amasser à ce jour plus de 100 000 $, et ça se poursuit!


De nouveaux appuis pour le Cabinet de campagne « Donnons-nous le meilleur de la santé » Président

Patron d’honneur

Vice-présidents

André Chagnon

Yves Des Groseillers

« Nous sommes engagés à donner le meilleur de la santé en contribuant à ce projet de société qu’est le CHUM. » Me Daniel Johnson

Avocat-conseil, McCarthy Tétrault, ancien premier ministre du Québec

Président du conseil et chef de la direction, Fondation Lucie et André Chagnon

Président du conseil et chef de la direction, Groupe BMTC

Ambassadeurs

Conseillère spéciale, Osler, Hoskin & Harcourt

Fondateur et président exécutif du conseil, Groupe CGI

Porte-parole

Photo : Banque du Canada.

Monique Jérôme-Forget

Serge Godin

Objectif : 300 M$ Michael Sabia

Président et chef de la direction, Caisse de dépôt et placement du Québec

Guy Savard

Conseiller spécial, Osler, Hoskin & Harcourt

Lorne Trottier

Yvon Deschamps*

Cofondateur, Fondation familiale Trottier, cofondateur, Matrox

Porte-parole bénévole, Fondation du CHUM

Membres

Françoise Bertrand

André Caillé

Administrateur de sociétés

Guy Langlois

Michel Leblanc

Luigi Liberatore

Dr Fabrice Brunet*

Marie-Berthe Des Groseillers*

Dr Guy Leclerc*

Associé directeur, province de Québec, KPMG

Président et chef de la direction, Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Président, Investissements Elmag

Marie-José Nadeau

Présidente, Conseil Mondial de l’Énergie

Crédit : Marcie Richstone.

Présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec

Serge Savard

Cofondateur, TMSA, ancien joueur, Canadiens de Montréal

Kim Thomassin Associée directrice, région du Québec, McCarthy Tétrault

Président-directeur général, CHUM et CHU Sainte-Justine

Gouverneurs

Vice-présidente et chef des opérations, Groupe BMTC, présidente, Fondation Brault & Martineau, présidente du conseil d’administration, Fondation du CHUM

Emilio B. Imbriglio

Louis Audet

Luc Beauregard (feu)

Norman E. Hébert Jr.

Président et chef de la direction, Groupe Park Avenue

Président et chef de la direction, Raymond Chabot Grant Thornton

Marc Beauchamp

Christiane Bergevin

Anne-Marie J. Hubert

Vincent Joli-Cœur

Président et chef de la direction, Cogeco Fondateur et président du conseil, Novacap

Président-fondateur, Groupe conseil RES PUBLICA

Vice-présidente exécutive, Projets corporatifs, Mouvement Desjardins

Associée directrice, Services consultatifs, Ernst & Young

Cardiologue, CHUM, président, AccelLAB

Luce Moreau*, CFRE

Présidente et directrice générale, Fondation du CHUM

*membres d’office

Johanne Lépine

Présidente et chef de la direction, Aon Parizeau

Vice-président du conseil, Financement des sociétés, Banque Nationale Marchés financiers

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Nouveau CHUM

Un mobilier au design épuré et lumineux

Le design au service du patient

Arborant des couleurs neutres, le nouveau mobilier produit par une entreprise québécoise ajoutera une touche de luminosité aux espaces, en plus de faire ressortir le mur accent de chaque pièce.

Le nouveau CHUM a de quoi impressionner par sa grandeur, sa complexité et son architecture. Mais au-delà de son armature et du béton, une profonde réflexion sur le bien-être du patient transparaît également dans le design. La lumière, source de vie À chaque étage, les patients et leurs proches pourront admirer l’incroyable vue sur Montréal et les alentours en profitant pleinement de la lumière du jour, que ce soit dans les aires communes, les salons des visiteurs, les terrasses ou même les chambres. Recouvert d’une surface vitrée, le nouvel hôpital maximise l’entrée de lumière naturelle. De plus, les 772 chambres individuelles offrent des vues exceptionnelles de Montréal grâce à leur fenestration abondante. Dans chaque chambre, des stores intégrés dans les vitres s’ouvrent et se ferment automatiquement, en fonction de la luminosité extérieure. La psychologie des couleurs Selon Bernard Pepin, architecte et spécialiste de l’influence de la couleur, les tonalités d’un environnement ont une réelle influence sur nos émotions et notre comportement, tant physiologique que psychologique. Ainsi, selon le vécu, l’état d’âme et l’état de santé, les couleurs seront perçues et interprétées de façon différente. C’est pourquoi l’usage fonctionnel et thérapeutique de la couleur doit primer. À la conception du nouveau CHUM, chaque revêtement et tonalité a été sélectionné consciencieusement afin d’améliorer l’expérience du patient. Les couleurs accents seront attribuées aux services, en fonction du profil type des patients et des émotions recherchées. Par exemple, des déclinaisons de rose, exprimant la féminité, la chaleur et l’optimisme, seront utilisées au Service d’obstétrique. De plus, dans une stratégie globale d’orientation intuitive, chaque service a été associé à une couleur unique permettant aux patients et familles de s’orienter plus rapidement. Les couleurs foncées seront utilisées pour les espaces publics et des tons plus clairs, pour les espaces intimes. La couleur devient donc une alliée pour le patient dans son parcours vers le rétablissement.

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Modélisation en trois dimensions de l’un des futurs bureaux de consultation de médecins

Associations fréquentes avec les couleurs Rouge : terre, énergie, force, enthousiasme Orange : crépuscule, expression, chaleur, joie Jaune : soleil, optimisme, clarté, intellect, joie Vert : croissance, encouragement, guérison, équilibre Bleu : ciel, détente, sérénité, loyauté, calme, confort Indigo : crépuscule, méditation, spiritualité, dignité Violet : fleur, atténuation du stress, calme intérieur


Gabrielle Infirmière

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*Valable jusqu’au 31 décembre 2015. Non cumulable ni jumelable à d’autres offres.

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CHUMAGAZINE - Volume 6 - Numéro 3  

Voici notre CHUMAGAZINE, édition automne 2015.

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