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La rentrée à Don Bosco Bukavu La communauté salésienne Nous avons accueilli un nouveau confrère, le frère coadjuteur Cyprien Mbuangi. Il vient de Kinshasa, où il était préfet d’une école. Il est architecte de formation. Il nous rend plusieurs services. Les trois autres confrères continuent leurs tâches : l’accueil des aspirants, la formation des candidats salésiens coopérateurs, les réunions avec les anciens élèves, le patronage pour les enfants du voisinage, la visite aux mineurs dans le quartier spécial annexé à la prison de Bukavu, le service des prêtres à la paroisse de Kadutu, et avant tout la direction de l’école. L’école des métiers Tuwe Wafundi Le 5 septembre 2016 était le jour de la rentrée officielle de toutes les écoles. Au Centre Don Bosco nous avions accepté l’inscription gratuite de 150 candidats d’au moins 16 ou 17 ans, dont 4 filles. Tous sont de jeunes de la rue ou dans la rue, analphabètes ou renvoyés de l’enseignement officiel à cause de la pauvreté des familles qui n’arrivent pas à payer les frais scolaires. Le 5 septembre 140 garçons et 4 filles ont passé un test (français et calcul) qui nous a permis d’évaluer leur niveau. Ainsi : * 31 jeunes ont réussi le test, ont reçu de 50 à 67 % : nous leur avons demandé de se retirer, ils reviendront le 5 novembre et dans la mesure des places disponibles, ils entreront directement dans la formation des métiers (ils n'ont pas besoin d’alphabétisation). Nos salles de classe et nos ateliers ne sont pas très grands, nous donnons donc la priorité à ceux qui échouent et qui ont davantage besoin d’une formation de base. * Les 113 candidats qui n’ont pas réussi le test ont été distribués en trois niveaux : - niveau I : 60 jeunes analphabètes ou semianalphabètes qui suivent le cours d’alphabétisation pour (re)apprendre à lire, écrire et calculer ; - niveau II : 36 jeunes qui ont besoin d’un solide rattrapage scolaire ; - niveau III : 17 jeunes qui se débrouillent un peu, à qui on propose des cours de mise à niveau. Si toute école de Don Bosco doit s’adresser en priorité aux enfants pauvres et vulnérables, l’école Tuwe Wafundi répond certainement à ce critère.

rattrapage scolaire, avant de commencer la formation professionnelle dans les ateliers. L’expérience de l’année passée nous a montré que plusieurs jeunes de la rue ou dans la rue s’adaptent difficilement à rester assis pendant plusieurs heures pour suivre des cours théoriques (pourtant nécessaires) et qu’ils risquent d’abandonner l’école après quelques semaines. Nous essayons cette année de prévenir ce danger - par une plus grande collaboration avec les familles : nous les appelons à l’école, un assistant social les visite quand leurs enfants décrochent ; - en assurant un repas simple (foufou de maïs et haricots) chaque jour ; - en essayant de créer à l’école un climat détendu par des relations cordiales entres salésiens, enseignants et élèves ; - en donnant une bonne place au chant, au sport, aux autres activités récréatives.

Les nouvelles sections Malgré l’étroitesse de nos locaux, nous allons ouvrir cette année (le 5 novembre), en plus des ateliers de maçonnerie, de mécanique-auto et de menuiserie, l’atelier d’ajustage-soudure. C’est un métier qui peut trouver des débouchés sur le marché de travail de Bukavu. Le frère Domingo a déjà dirigé cet atelier à la Cité des jeunes de Lubumbashi. Nous voudrions ouvrir aussi l’atelier de plomberie – un autre métier d’avenir -, avec le matériel que l’ONG belge Médecins sans vacances met à notre disposition. Pour l’instant, nous n’avons pas de place. Nous attendons la restructuration du deuxième terrain que nous espérons réaliser au cours de cette année.

Une école salésienne Comme nous l’avions fait l’an dernier, nous commençons par deux mois d’alphabétisation ou de

Pour les filles qui ne se retrouvent pas dans les métiers “masculins”, nous les avons orientés vers le Centre Nyota, où elles peuvent suivre la formation d’un ou deux ans en coupe et couture. Dans ce même Centre, nous avons fait ouvrir une formation de 4 mois en coiffure esthétique. C’est un métier qui ne demande pas beaucoup de matériel, qu’on peut pratiquer à la maison


ou dans la rue (une natte et un tabouret suffisent), et qui répond à une demande constante : les jeunes filles et les femmes tiennent à avoir une coiffure élégante.

Soutien à distance Nous n’acceptons dans notre école que des garçons et filles qui ont au moins 16 ou 17 ans. La formation ne dure qu’un an, auquel on peut ajouter quelques mois de stage. A la fin l’apprenti doit avoir au moins 18 ans pour être embauché comme travailleur. Il y a des enfants qui n’ont pas encore 16 ans et qui demandent une place. S’ils n’ont pas encore fini l’école primaire, nous les orientons vers le Centre Nyota, où fonctionne un CRS (Centre de Récupération Scolaire). Selon leur niveau, en 1, 2 ou 3 ans, ils peuvent préparer le TENAFEP (Test National de Fin d’Etudes Primaires). Ensuite ils peuvent accéder à l’enseignement secondaire formel ou bien revenir à notre école des métiers. Si les enfants de moins de 16 ans ont déjà fini l’école primaire, nous encourageons leurs parents à les inscrire à l’école secondaire. Le Centre Don Bosco s’engage à payer une partie ou la totalité des frais scolaires, et demande pour cela l’aide du soutien à distance.

Les mineurs en conflit avec la loi Le 15 août dernier, nous avons signé un protocole d’accord avec la Division Provinciale de la Justice. Celle-ci “autorise les animateurs du centre Don Bosco à accéder aux installations du quartier spécial pour mineurs annexé à la prison centrale de Bukavu suivant l’horaire qui sera fixé de commun accord entre les deux parties pour l’éducation morale et spirituelle des enfants.” Le Centre Don Bosco “accepte de recevoir les enfants en conflit avec la loi placés dans ledit Centre par le Tribunal pour enfants de Bukavu : au cours de l’année scolaire 2016-2017, le Centre Don Bosco accepte de prendre en charge totale (hébergement, nourriture, soins sanitaires, scolarisation…) au maximum 10 enfants, et 20 autres en charge partielle uniquement pour la formation professionnelle (20 enfants externes).” Cela veut dire que nous aurons un petit internat où nous accueillerons les mineurs que le Tribunal pour enfants de Bukavu va nous confier. Si l’expérience réussit, quand le deuxième terrain sera restructuré, nous voudrions “vider” le quartier spécial pour mineurs annexé à la prison comme nos confrères salésiens l’avaient déjà fait à Lubumbashi. Nous retrouvons là l’origine de la vocation de Don Bosco. Il écrivait dans ses Souvenirs autobiographiques : “(Don Cafasso) m’invita d’abord à l’accompagner dans les prisons... La vue de cette foule de jeunes gens de douze à dix-huit ans, tous sains, robustes, à l’esprit éveillé, mais réduits au désœuvrement, mangés par la vermine, privés du pain spirituel et temporel, fut pour moi quelque chose d’horrible… Beaucoup, sortis de prison… ne tardaient pas à y revenir… (parce) qu’ils se trouvaient de nouveau livrés à eux-mêmes. Qui sait, pensais-je, si ces jeunes avaient hors d’ici, un ami qui s’intéressât à eux, les assistât, les instruisît de la religion aux jours fériés, qui sait s’ils ne se seraient pas tenus à l’écart de la ruine et si le nombre des récidivistes ne diminuerait pas?” A Bukavu, nous essayons de partager le souci et le pari éducatif de Don Bosco. Notre fondateur nous a laissé en héritage la méthode préventive : être présents parmi les enfants de la rue et les jeunes à risque, leur offrir un métier qui leur permette de gagner leur vie et une éducation qui fasse d’eux “d’honnêtes citoyens et de bons chrétiens”, et les aider ainsi à éviter le chemin de la prison. Etant donné que notre école se trouve tout juste en face de la prison centrale de Bukavu, symboliquement nous disons aux jeunes de la rue et dans la rue : Choisissez, ou le Centre Don Bosco, ou la prison ! Le nouveau pont Avec l’aide de plusieurs bienfaiteurs, nous avons pu reconstruire le pont d’accès à notre Centre (vous en trouvez la documentation photographique dans l’autre annexe). Symboliquement, nous offrons aux jeunes de la rue et dans la rue un passage vers une vie meilleure. Bukavu, octobre 2016 Cyprien, Domingo, Piero et Robert

Réunion des parents des enfants qui demandent le soutien à distance.

La rentrée à don bosco bukavu  
La rentrée à don bosco bukavu  
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