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Don Bosco Bukavu cherche son chemin Les salésiens ont été invités à Bukavu par un missionnaire xavérien de Parme, le Père Giovanni, fondateur de divers projets sociaux situés dans le quartier de Kadutu. Entre autres, une école des métiers, TUWE WAFUNDI ("soyons des artisans”), pour donner aux garçons exclus du système scolaire formel l'occasion d'apprendre le métier de maçon. Pour assurer la continuité de son œuvre, le Père Giovanni a appelé les salésiens, connus pour leur charisme de prendre soin des enfants vulnérables.

de notre maison, et tout de suite nous avons dû penser à l'ouverture de l'année scolaire, fixée au 7 septembre.

Bukavu, Place de l'Indépendance

(à gauche) Ecole Tuwe Wafundi et maison de la communauté

Le 3 septembre 2014, deux confrères, le Père Serge et le stagiaire Nazaire, sont arrivés à Bukavu, pour étudier le terrain et commencer à prendre contact avec les enfants de la rue. Domingo s’est joint à eux à la fin de mars de cette année. Pour diverses raisons, Serge et Nazaire ont été nommés à Goma. Ainsi c’est la communauté actuelle qui doit inventer la présence de Don Bosco à Bukavu.

Nous sommes trois: Robert, jeune prêtre congolais, économe et directeur de l'école; Domingo, coadjuteur espagnol, en charge de l’atelier de soudure et mécanique; et Piero, italien, directeur de la communauté. Nous nous sommes retrouvés à Bukavu, le 25 août. Serge nous a accueillis; le jour même de notre arrivée, nous avons été reçus en audience par l'archevêque, qui a directement nommé les deux confrères prêtres vicaires dominicaux de la paroisse de Kadutu, où est située notre maison. Le lendemain, le 26 août, Serge nous a fait une brève remise reprise, nous a donné les clés et les consignes; dans la soirée, les prêtres, religieux et animateurs laïcs de notre nouvelle paroisse nous ont invités et accueillis. Le 27 Serge est parti pour Goma, nous laissant à notre responsabilité et à notre initiative. Tout s’est passé très vite. Nous avons eu juste le temps de prendre possession

Nos bénéficiaires. Notre centre est situé dans la commune de Kadutu, en face de la prison centrale, et à trois cents mètres de la Place de l'Indépendance, où on peut rencontrer de nombreux enfants de la rue ou dans la rue qui exercent leurs activités de survie: laver des voitures, porter bagages et colis, décharger les poubelles dans le canal du quartier, ou tout simplement se promener et tuer le temps. Comme tous les enfants issus de familles en situation de crise, ils doivent se débrouiller pour survivre. Pour ce faire, tous les moyens sont bons: les petits boulots, le vol, la tricherie, la mendicité ... La plupart de ces garçons ont un niveau d'éducation très bas, ils ont fréquenté quelques années l'école primaire, puis ils l’ont abandonnée - ou plutôt, ils en ont été chassés - parce que leurs familles vulnérables ne pouvaient pas payer les frais de scolarité. D'autres enfants, victimes des mêmes conditions, ont trouvé du travail comme dockers au port de Bukavu - dix minutes à pied de notre maison. Ils gagnent quelque chose pour survivre, mais à quel prix? Après quelques années, ils n’auront plus la force de faire ce qu'ils font, et ils ne sauront pas faire autre chose.

Notre école. C’est pour ce type de garçons que nous avons ouvert notre école, pour leur donner la possibilité d'apprendre un métier et d’entrer dans le monde du travail. Nous avons commencé avec une centaine d’apprentis, notre centre ne peut pas en accueillir davantage. Étant donné que la plupart d'entre eux ont depuis longtemps abandonné l'école pour la rue, il nous a paru bon de


commencer par l'alphabétisation et le rattrapage scolaire pour tenter de mettre à jour leurs connaissances.

Pendant deux mois, les garçons ont suivi des cours de français et de calcul, divisés en trois sections en fonction du niveau de chacun. Le projet comprenait des activités sportives : à Bukavu il est difficile de trouver un terrain plat. Deux fois par semaine, les jeunes et leurs éducateurs montent sur la colline derrière l'école, où un centre social met à notre disposition un terrain de football. Le projet comprenait également un repas quotidien, et nous avons été en mesure de le préparer la plupart des jours. Le sport, la nourriture, et la présence d'animateurs bénévoles compétents ont contribué à créer un climat convivial et joyeux.

A partir de la mi-novembre, nous avons commencé la formation professionnelle: en tenant compte de l'espace et de l'équipement, nous avons proposé aux garçons (mais il y a aussi une fille sans complexes qui s’est insérée dans le groupe) de suivre une formation modulaire de 8 mois pour apprendre le métier de menuisier, de maçon et de chauffeur mécanicien. Avec l'aide d'amis et de bienfaiteurs, nous avons pu acheter les outils essentiels, y compris une voiture, à utiliser pour l'école de conduite.

Nous commençons chaque journée avec le "bonjour" deux mots d'encouragement prononcés par un confrère ou un animateur - et une courte prière. Au début de l'année scolaire nous avons célébré la journée de l'amitié, avec la messe du Saint-Esprit ; le 8 décembre nous avons célébré solennellement la fête de l’Immaculée qui nous rappelle le début de l’engagement de Don Bosco avec les jeunes pauvres. Nous essayons de mettre en pratique les trois choses que Don Bosco a recommandées: la prière, la joie et le travail.


Chaque dimanche après-midi, une douzaine de jeunes et d'adultes se réunissent pour suivre un chemin de formation et se préparer à devenir “Coopérateurs Salésiens” : ce sont des laïcs qui cherchent de vivre la vie chrétienne dans leur famille et dans leur travail, avec une attention particulière aux situations des enfants pauvres, dans l'esprit de Don Bosco. Ce sont des “salésiens externes”, prêts à étendre l'influence éducative de la présence salésienne à Bukavu. Avec le même objectif, nous avons invité les anciens élèves des salésiens, bien nombreux ici, à s’engager en groupe, pour donner aux autres ce qu'ils ont reçu dans les écoles salésiennes.

L'oratoire. Malgré l'étroitesse de notre espace, le centre Don Bosco accueille, quatre après-midi par semaine, une centaine d'enfants et de jeunes de l'école ou des environs : les garçons occupent la petite cour pour jouer au football ou au basket, les filles sautent à la corde ou participent à d’autres jeux dans les salles de classe. Quand il pleut - souvent, à Bukavu, en cette saison - il y a des jeux d'intérieur: dames, cartes, ping-pong ... Nous prévoyons d'organiser un groupe de théâtre, un club de lecteurs, une chorale pour soutenir les chants de la messe ou les moments de prière.

Bukavu, Prison centrale et paysage vus de notre maison

A peine arrivés à Bukavu, nous avons été inondés de demandes de la part de jeunes gens qui veulent entrer dans la Congrégation salésienne, nous pouvons dire qu’ils nous attendaient. Une cinquantaine de ces “aspirants” suivent, une fois par semaine, des cours de français et une introduction à la vie consacrée salésienne. Certains sont présents à l'oratoire de l'après-midi, d'autres donnent un coup de main à l'école le matin. Ils ont aussi une journée de récollection par mois. Nous espérons apprendre à les connaître davantage un peu à la fois pour les aider à discerner leur vocation.

Le Centre Don Bosco est situé tout juste en face de la prison centrale de Bukavu. Pour l'instant, Domingo y entre tous les dimanches et participe aux activités de l'aumônerie de la prison, un groupe bien organisé de personnes, religieux et laïcs, qui manifestent la miséricorde du Seigneur à nos frères prisonniers. Ils demandent aux salésiens de prendre en charge la formation des mineurs – une trentaine pour le moment placés dans une section distincte de la prison. Le président du tribunal pour les enfants est d'accord et nous demande d'accueillir les enfants sortant de prison pour qu'ils puissent apprendre un métier chez nous et réorienter ainsi leur vie. Don Bosco, aux salésiens, a promis du pain, du travail et le paradis. Grâce à l'école, le bonjour du matin, les jeux, les promenades, les repas, l’oratoire, la prière, bref, par notre présence, nous voulons transmettre cet héritage aux jeunes marginalisés. Notre supérieur général, en visite au Congo il y a quelques années, nous disait: les jeunes pauvres ont droit au Christ et ont droit à l'éducation à l'école de Don Bosco. A Bukavu, comme ailleurs, nous les accueillons comme dans une nouvelle famille, nous leur apprenons une compétence qui leur permettra de gagner honnêtement leur vie, nous essayons de leur montrer l'amour miséricordieux du Seigneur. Avec l'aide de confrères, coopérateurs, anciens élèves, aspirants, collaborateurs..., Don Bosco Bukavu jour après jour cherche son chemin pour donner un avenir aux jeunes qui vivent en marge de la société. Le Seigneur Jésus, qui s’est fait petit parmi les pauvres, est notre chemin. Joyeux Noël ! Bukavu, Noël 2015 Domingo, Robert, Piero

Don bosco bukavu cherche son chemin  
Don bosco bukavu cherche son chemin  
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