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L'Os

L'O uest S yndicaliste Informations syndicales de l'Union Départementale CGT-Force Ouvrière de Loire-Atlantique numéro 635- janvier 2014 - 50

ème

année - 1,50 euro

Contre l'austérité, la Confédération appelle à la mobilisation !

L'activité syndicale Lire en page 2

Public, privé, tous ensemble le 18 mars !

TOUS EN GRÈVE LE 18 MARS ! L'appel à la grève interprofessionnelle de Jean-Claude Mailly " Ce 29 janvier 2014, au nom de la Commission exécutive confédérale unanime, nous avons décidé de faire du 18 mars une journée de rassemblements et de manifestations. Et nous sommes prêts à le faire avec d’autres organisations syndicales partageant les mêmes préoccupations ; et je m’adresse aussi aux autres syndicats pour faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle. A FO nous y sommes prêts, A FO nous sommes déterminés, A FO nous en avons déjà le mandat ! "

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La direction de STX doit revoir sa copie Lire en page 5

Pacte de Responsabilité et méandres corporatistes Lire en pages 6-7


L'Activité Syndicale Belle performance de la nouvelle section FO chez Castel-Frères : sitôt constituée, sitôt majoritaire ! Pour la première fois des candidats Force Ouvrière sollicitaient les suffrages de leurs collègues aux élections professionnelles qui ont eu lieu le 6 janvier dernier chez Castel-Frères (206 salariés, établissement essentiellement viticole situé à la Chapelle-Heulin). Jusqu'alors, la CGT était la seule organisation présente dans

l'entreprise. Elle est aujourd'hui supplantée par FO, qui a recueilli dans le premier collège : - 59 voix (contre 52 pour la CGT) en CE-titulaires, - et 58 voix (contre 48 à la CGT) en DP-titulaires. Dans le second collège, le quorum n'ayant pas été atteint, il y aura lieu à procéder à un second tour de scrutin.

AG de rentrée 2014 du Syndicat départemental des assurances

AG constitutive du Syndicat des Services L’Assemblée Générale constitutive du Syndicat FO Services 44 s’est tenue le mardi 14 janvier 2014 en présence de Bruno Cailleteau, secrétaire-adjoint de l’UD, Catherine Simon, secrétaire fédérale des OSDD et de Fabien Milon, délégué syndical régional Pôle-Emploi. Les militants présents ont décidé de créer un nouveau syndicat qui prend pour nom : FO Services 44.

Ce nouveau syndicat représentera les salariés de secteurs professionnels aussi divers et variés que les activités de l’immobilier, les jeux et paris autorisés, les activités du travail temporaire et de l’intérim, du numérique et l’ingénierie, les agences de voyage, les organismes de formation professionnelle et continue, etc. A l’issue des prises de parole sur la situation générale, les partici-

nuel de 1 500 €, - revalorisation des RMA des branches de 10%, - suppression des objectifs et de toutes les mesures d’individualisation et intégration des primes dans les salaires, - respect des contrats de travail qui définissent une obligation réciproque de moyens et non une obligation de résultats pour les salariés, - retour aux négociations des salaires réels et minima dans les branches, - versement d’une prime de transport de 400 €.

Ils ont ensuite procédé à l’élection du bureau du syndicat FO Services. Karim Elhacoumo a été élu à l’unanimité secrétaire du syndicat et Philippe Dalmaz ainsi que Thierry Pommeau secrétairesadjoints, Nicolas Beurel et Yves Guiborel étant désignés comme trésorier et trésorier-adjoint.

Prochaines assemblées générales - Syndicat des Métaux de Nantes & Région : Jeudi 13 février à 9 heures à l'UD-FO, salle Pelloutier avec E. Keller, secrétaire fédéral - Syndicat des Employés et Cadres des organismes sociaux : Jeudi 13 février à 14 heures à l'UD-FO, salle A du Bâtiment central, avec Michel Rochette, secrétaire national de la section "Organismes sociaux" de la FEC-FO

L'assemblée générale du syndicat FO des assurances a réuni près d'une trentaine de militants le 25 janvier dernier à la Bourse du travail Fernand Pelloutier. Bruno Cailleteau y représentait l'Union Départementale. Sur proposition du secrétaire du syndicat, Mathieu Cornillaud, l'AG a adopté à l'unanimité une résolution où, après avoir rappelé sa totale adhésion aux combats menés par la confédération, elle fixe le cap revendicatif 2014 : - augmentation générale des salaires de 5 % avec un minimum an-

pants se sont prononcés à l’unanimité sur les statuts du syndicat.

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44 Vendredi 21 février à 9 heures 30 Salle Varlin à l'UD-FO

Réunion d'information animée par Michel Le Roc'h et Thierry Gicquel :

Collecte des ordures ménagères et défense du service public Assemblée des jeunes militants FO Vendredi 21 février à 18 heures Salle Fernand Pelloutier à l'UD-FO

La réunion se déroulera de 18 à 20 heures et sera suivie d'un buffet froid offert par l'Union Départementale. L'objectif est la mise en place, dans le cadre de la Commission "Développement syndical" de l'Union Départementale d'une équipe qui aidera, entre autres, les syndicats à faire adhérer les jeunes salarié(e)s et à faire connaître FO chez les jeunes. Pour tout contact : Romain Allard au 06 35 16 88 45 ou sur rom1coco@msn.com

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- Syndicat des Hospitaliers nantais : Mardi 18 février à 9 heures à l'UD-FO - Syndicat des Hospitaliers nazairiens : Jeudi 20 février à 8 heures 30 à la Cité Sanitaire, en présence d'un secrétaire fédéral - Syndicat du Conseil Régional : Mardi 25 février à 9 heures


Edito Contre les "empactés", contre l'austérité

POUR LA RECONQUÊTE : GRÈVE LE 18 MARS ! Après le «Pacte d’avenir pour la Bretagne», voilà maintenant le «Pacte de responsabilité» ! Ça devient une manie ! Le gouvernement persiste à vouloir nous associer à sa besogne. A l’évidence, il a négocié en douce avec le patronat. Il lui accorde de nouveaux milliards d’exonérations et engage le processus qui risque de conduire à la liquidation de la Sécurité Sociale. Et en prime, il nous invite à apporter notre caution à cette ignominie. Que le Président Hollande file le parfait amour avec M. Gattaz est une chose, mais nous ne sommes tout de même par obligés de payer la chambre ! Naturellement, les patrons jubilent. Le Président du MEDEF des Pays-de-la-Loire déclare à la presse : «Il a changé de nom, mais c’est bien le pacte de confiance que nous avons proposé. Ne le répétez surtout pas, surtout vous les médias, mais le Président Hollande est à la solde du MEDEF» (cf. Le Courrier de l’Ouest du 7 janvier voir en page 6 pour plus de détails). Dans ces conditions, nous demander de participer aux discussions relève de l’indécence. Comme l’a dit Jean-Claude Mailly, parce que nous sommes une organisation syndicale indépendante chargée de la défense des intérêts de la classe ouvrière, nous n’avons pas vocation à signer, ni même à cautionner ce qu’il faut bien appeler une démarche corporatiste. Nous laissons cela à d’autres… D’ailleurs quand bien même, dans un moment de faiblesse, nous rejoindrions les rangs des «empactés», cela n’empêcherait pas la classe ouvrière de combattre. Nous avons déjà vu en Espagne comment les organisations syndicales qui avaient signé un Pacte social avec le gouvernement se sont rapidement trouvées déborL'OS L'Ouest Syndicaliste bimensuel de l'UD CGT-FO 44 50 ème année. Membre fondateur : Alexandre Hébert Directeur : Patrick Hébert Rédacteur en chef : Jean Alséda CPPAP : 0516 S 07829 Bourse du Travail Fernand Pelloutier, 2 Place de la Gare de l'Etat, 44200 Nantes Tel. 02 28 44 19 00 - Fax 02 40 35 49 46 - Site internet Ouest Syndicaliste : fo44.free.fr E-mail Ouest Syndicaliste : ouestsyndicaliste@fo44.fr E-mail UD-FO : phebert@force-ouvriere.fr

dées et contraintes à prendre la tête terminée et qui s’appuie largement des manifestations contre ce qu’elles sur l’organisation syndicale, l’UGTT. avaient elles-mêmes signé quelques jours auparavant. Franchement ce D’où viendra l’étincelle qui mettra n’est pas glorieux ! le feu aux poudres  ? Personne ne Cette compromission des confé- peut le dire ! dérations espagnoles conduit à des C’est aussi, dans un tout autre mouvements surprenants et impré- style, ce qu’écrit l’agence de notation visibles. On se souvient qu'il y a Moody’s. Certes elle maintient une quelques mois au Brésil la popula- note positive à la France, mais dans tion est descendue massivement ses commentaires elle souligne que : dans la rue pour protester contre "bien que le gouvernement ait introduit ou annoncé un la construction certain nombre de onéreuse de stades mesures, la réalisapour la Coupe du tion et l’efficacité monde de football, de ces initiatives se alors que les serheurte à la persisvices publics sont tance de rigidités et laissés à l’abandon. à des tensions poliA Burgos tiques et sociales». aujourd'hui, c’est Ce qui signipour s’opposer à fie d’ailleurs que un projet d’aménal’agence Moody’s gement urbain que n’exclut pas de proles habitants manicéder à une dégrafestent. dation de la note à Ce mouvement moyen terme. parti de Burgos a par Patrick Hébert, Les banques soufait tache d’huile secrétaire général tiennent le gouverdans toute l’Esde l'UD CGT-FO nement mais doupagne ; et à Madrid tent de sa capacité le gouvernement a de Loire-Atlantique à mettre en œuvre dû faire face à une les nouvelles véritable «émeute». mesures d'austérité annoncées. Elles ont raison, car pour notre En France, le gouvernement commettrait une grave erreur s’il sous- part nous n’avons pas l’intention de estime la profondeur du mécon- laisser faire. Nous savons bien que seul le raptentement. Nous ne vivons pas en dehors du temps et de l’espace. La port de force peut obliger le gouclasse ouvrière a subi des coups, vernement à renoncer à ses projets. mais elle n’est pas défaite. Les mani- C’est pourquoi il faut se préparer à la festations et grèves en 2010 contre grève, il faut «bloquer le pays». A l’appel de toutes les fédérations, le plan Fillon ont montré sa capacité de mobilisation. En Tunisie le les organisations syndicales de la suicide de Mohamed Bouazizi, le 17 Sécurité Sociale appellent à la grève décembre 2010, a débouché sur une le 18 mars. Cet appel concerne en révolution qui n’est toujours pas premier chef les personnels de sécu-

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rité sociale, mais les revendications avancées sont aussi celles de toute la classe ouvrière. Défendre la sécurité sociale, c’est défendre toutes nos conquêtes. Défendre la convention collective, c’est aussi défendre toutes les conventions collectives et les statuts. Revendiquer des augmentations de salaire et des créations d’emploi c’est exiger qu’on en finisse avec la politique d’austérité. L’heure est à la mobilisation. Combattre les politiques réactionnaires imposées par l’Union Européenne, combattre le corporatisme rampant, c’est opposer la force de la classe ouvrière au patronat et au gouvernement. Tel est le sens de la déclaration de notre camarade Jean-Claude Mailly en conclusion du meeting de notre Confédération le 29 janvier : " C’est pourquoi en ce 29 janvier 2014, au nom de la Commission exécutive confédérale unanime, nous avons décidé de faire du 18 mars une journée de rassemblements et de manifestations. Et nous sommes prêts à le faire avec d’autres organisations syndicales partageant les mêmes préoccupations ; et je m’adresse aussi aux autres syndicats pour faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle. A FO nous y sommes prêts, A FO nous sommes déterminés, A FO nous en avons déjà le mandat ! " Alors aucune hésitation, et que chacun prenne ses responsabilités. Mobilisons pour que le 18 mars soit le commencement de la reconquête !

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La L a météo mé té o so ci al soci ale Un certain Thierry Mandon est porte-parole du groupe des députés de la majorité. Applaudissant au "pacte de responsabilité" Hollande-GattazBerger, il nous a livré sa version de l'histoire du renard et de la poule : "On n'a jamais vu un salarié se porter bien quand son entreprise se porte mal". Apparemment, c'est évident. Mais le bon sens nous dit que l'évidence, comme les apparences, sont souvent trompeuses. En effet, si l'on traduit M. Mandon, ça donne : "On n'a jamais vu une poule se porter bien quand le renard se porte mal" ; et dès lors en conclure qu'il faut soigner le renard pour que la poule se porte mieux, ça fait drôlement zarbi ... Pourtant, pour la nouvelle troïka Hollande-Gattaz-Berger, il faut soigner goupil ! (1) Le malade a besoin de "restaurer ses marges" (Cazeneuve) et d'améliorer sa compétitivité puisque "la compétitivité c'est l'emploi" professe le Docteur Ayrault. Sauf que le matois ne peut se rétablir qu'à condition que les syndicats acceptent de lui ouvrir le poulailler (2) et que les poules consentent à se faire saigner . "Equation insoluble", "scénario irénique"(sic), "Il ne reste plus qu'à prier..." s'afflige le journal Le Monde (3) Comme donc il y a peu de chances que la prière soit entendue, il est à craindre que le gouvernement tente de passer en force. Première étape, une grandmesse au Printemps pour déplorer que les voeux n'aient pas été exaucés. Ensuite, après les élections européennes et aux vacances d'été, recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution qui permet au gouvernement de casser le débat parlementaire pour imposer, sans discussion, la suppression de la "part patronale" de la cotisation finançant la branche famille, soit 5,25% du salaire brut (un butin de 30 milliards d'euros pour goupil). Sans oublier que dans ses voeux de Nouvel An, le Président a préconisé de "faire avancer les dossiers" par "décrets" ou par "ordonnances", c'est-à-dire la dictature. Le 21 août 1967, le général De Gaulle confisquait par ordonnance la gestion de la Sécurité Sociale aux représentants des assurés pour y introduire les représentants du patronat. Dix mois après ... JA 1- Evidemment, dans la novlangue de Monsieur Mandon sont interdits le renard et la poule, le patronat et la classe ouvrière, l'exploiteur et l'exploité. On parle d'"entreprise" (à condition d'en supprimer l'adjectif "capitaliste") et de ses "collaborateurs" - dont "elle" (?) peut se séparer pour "sauvegarder l'emploi" !!! 2- La CFDT voudrait bien, mais elle n'a pas la clé. 3- Commentaires du Monde du 23 janvier. Selon le dico, "irénique" n'est pas un mot-valise construit à partir d'iréel et de nique mais signifie "qui ramène la paix perpétuelle", ce qui somme toute revient au même...

L' Actu Public , privé , tous en grève le 18 mars ! L'appel de la confédération à la grève interprofessionnelle le 18 mars prochain prend appui sur la dynamique initiée par les fédérations FO, CGT, CFTC, CGC et CFDT des organismes sociaux, qui, le 13 janvier dernier, ont appelé les personnels de la Sécurité Sociale à " être en grève et à manifester à Paris jusqu’à Matignon, le 18 mars 2014". La plate-forme revendicative des organisations signataires (cf. ci-dessous), par delà les exigences spécifiques aux personnels des organismes sociaux, concentre aussi de fait les revendications essentielles des travailleurs du public comme du privé face à la politique d'austérité et de déréglementation du gouvernement générée par le Pacte de stabilité européen : - exigence de l'augmentation de la valeur du point d'indice (une revendication commune avec les fonctionnaires, pour qui aussi les années blanches se succèdent), - défense de la convention collective de branche (partout dans le secteur privé, le patronat, prenant d'ailleurs appui sur la loi scélérate du 20 août 2008, cherche à renverser le principe de faveur) ; la défense de la convention collective de la Sécu trouvant son pendant par celle du statut dans la fonction publique, - enfin ce mouvement de résistance des per-

sonnels de sécu survient à un moment où une attaque sans précédent est livrée par le gouvernement via son "pacte de responsabilité". En sortant les allocations familiales de leur financement par le salaire différé (suppression de la cotisation patronale), c'est une branche de la Sécu que le gouvernement est en train de liquider purement et simplement. Ce alors que Mme Touraine annonce déjà, d'une formule sibylline, la nouvelle attaque d'ampleur programmée contre la branche "maladie" de la Sécu : "L'objectif est de mieux prendre en charge les patients, de manière responsable financièrement". "... Responsable financièrement": tout est dit en deux mots ! Quelle élégance de langage Marisol !

Alors battons le fer tant qu'il est chaud ! Tous en grève le 18 mars !

Que dans de telles conditions, la CFDT elle-même se trouve signataire de la déclaration des organisations syndicales des organismes sociaux prouve à quel point "ça pousse" à la base et l'incapacité de Laurent Berger, même avec le renfort de Le Paon, à endiguer la montée en puissance de la lutte des classes.

L'appel au 18 mars des fédérations syndicales des organismes sociaux Les fédérations CGT, FO, CFTC, CGC, CFDT et les organisations syndicales représentant les cadres et les agents de direction, font le constat d’une situation particulièrement détériorée, tant concernant les salaires que l’emploi et les conditions de travail. L’année 2013 s’est terminée sur un refus du ministère de toute perspective d’augmentation de la valeur du point. Quatre ans sans augmentation de la valeur du point, c’est inacceptable ! La hausse des prix sur ces 4 dernières années s’élève à 6,6 %. Quant à la classification, elle devrait se négocier à coût constant ou même permettre de nouvelles économies budgétaires. A cette pression insupportable sur les rémunérations s’ajoute une réduction continuelle du nombre d’emplois dans toutes les branches. Depuis 2004, plus de 15 000 (chiffre officiel sur le site "sécurité

sociale") emplois ont été supprimés. Mais le pire pourrait être à venir. Dans la branche famille les 700 contrats d’avenir ne sont prévus que pour 2 ans. Plus de 1700 emplois pourraient être supprimés dans cette branche. Le gouvernement prétend imposer 500 millions d’euros d’économies budgétaires supplémentaires en 2014. Et le Medef, de renchérir et d’appeler à encore plus de restrictions budgétaires dans l’assurance maladie. Les nouvelles annonces du Président de la République lors des vœux pour 2014 ne peuvent que rajouter aux inquiétudes du personnel. La sécurité sociale est menacée. Au nom du dogme de la réduction des dépenses publiques de nouvelles mesures de réductions budgétaires se profilent. Ne tenant aucun compte des dégâts provoqués dans les organismes, le gouvernement entend

aller encore plus loin dans cette politique de rigueur. La négociation des COG maladie, recouvrement et vieillesse conduit la CNAMTS à interdire toute embauche en CDI jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions vont augmenter le nombre des contrats précaires, les conditions de travail vont continuer de se dégrader. L’embauche en CDD bien audelà des 6 mois conventionnels, le recours aux intérimaires, les heures supplémentaires imposées deviennent la règle. Les réorganisations, mutualisations fusions, restructurations incessantes menées au pas de charge ajoutent au mal être des personnels. Ceux-ci se sentent méprisés, traités comme des pions. Pour bon nombre de salariés, le mal-être devient souffrance et les troubles psychosociaux se développent dans nos organismes. Les fédérations appellent le

personnel à s’opposer à cet engrenage de rigueur et de destructions des droits et acquis et de détérioration des situations de travail. Les fédérations se rendront en délégation le 11 février 2014 au ministère des Affaires Sociales et de la Santé pour être reçues par la ministre Madame Touraine. Elles appellent le personnel à être en grève et à manifester à Paris jusqu’à Matignon, le 18 mars 2014 pour : - L’augmentation de la valeur du point, - L’octroi de moyens budgétaires pour la classification, - L’arrêt des suppressions d’emplois et l’embauche de personnels en CDI conventionnels pour assurer l’intégralité des missions et un service public de qualité, - Le maintien de la convention collective nationale. Montreuil, le 13 janvier 2014

La force de l ' indépendance Compte-rendu par la Confédération de sa rencontre avec le Premier Ministre le 27 janvier " Le Premier Ministre (... a reçu ce 27 janvier ...) une délégation FO conduite par Jean-Claude Mailly. (...) Nous avons redéveloppé nos positions : 1. FO s’oppose à toute tentative de pacte d’unité nationale visant à obtenir un «compromis historique» tripartite. FO gardera sa liberté de comportement et dira ce qu’elle a à dire quand elle sera consultée. Sur ce point, le Premier Ministre a répondu que le gouvernement ne rechercherait pas à obtenir des signatures.

2. Le pacte est un marché de dupes. Le gouvernement accorde des allégements aux entreprises et, concrètement, les contreparties en termes d’emploi sont invérifiables et plus qu’aléatoires. Une entreprise n’embauche que si elle a besoin. Par ailleurs, nous avons rappelé que les aides générales aux entreprises rendaient impossibles ou illusoires les contreparties. En témoigne le CICE. Seules des aides ciblées permettent d’exiger des contreparties aux entreprises (ex. crédit d’impôt recherche). 3. Nous sommes inquiets pour la Sécurité sociale. Si demain les cotisations patronales sont supprimées, les allocations familiales

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dépendront exclusivement du budget de l’Etat et seront donc fragilisées. Si la Sécurité sociale a, malgré des coups de butoir, résisté c’est parce que la cotisation est majoritaire dans son financement. 4. En matière de fiscalité, FO défendra ses positions et revendications, avec comme objectif une réforme globale guidée par la justice et l’équité, non la baisse des prélèvements obligatoires. 5. Sur la réduction de 65 milliards d’euros en 4 ans des dépenses publiques et sociales, nous avons réaffirmé (après RGPP et MAP) la dégradation du service public républicain y compris l’hô-

pital public. Enfin le Premier Ministre nous a demandé si nous étions demandeurs d’une négociation interprofessionnelle sur le dialogue social. Nous lui avons répondu négativement. Nous avons rappelé que sur les IRP la délibération n’a jamais débouché sur une négociation compte tenu des exigences patronales. Pour FO les revendications sur le sujet restent : la suppression des seuils et celle de la loi de 2008. Nous avons également rappelé que nous étions contre la négociation territoriale qui remettrait en cause les conventions collectives nationales. "


La Pratique Contractuelle La direction de STX doit revoir sa copie ! Débrayage à l'appel de FO et CGT le 29 janvier

Cordemais

Texte d'appel au débrayage de la section FO de STX : " La «négociation» en 2013 d’un projet d’accord dit de «compétitivité» visant à instaurer du travail «gratuit» (20 minutes par jour) a été mise en échec grâce à la très forte mobilisation des salariés, organisée par FO avec la CGT. - Quelques semaines après les élections professionnelles du 17 octobre 2013, la direction dénonce un nombre important d’accords d’entreprise (qui demeurent applicables pendant 15 mois), d’usages et engagements unilatéraux (qui continuent à s’appliquer jusqu’au 31 mars prochain seulement), remettant en cause de très nombreuses garanties sociales. - Mi-décembre 2013, la direction fait du chantage à la commande : commande MSC (2 gros paquebots fermes et 2 en option) contre un accord dit de «compétitivité» réduisant les coûts du travail de 5%. Pour sa part, FO écrit au Directeur Général que « (…) notre organisation syndicale ne s’inscrit pas dans une logique de diagnostic ou d’objectif partagé sur la réduction des coûts salariaux (...) Nous excluons tout projet visant à augmenter le temps de travail sans augmentation correspondante des rémunérations». - Au cours des CPN (Commissions Paritaires de Négociation) du 20 décembre, puis des 7, 14 et 23 janvier, la direction a cherché à imposer une nouvelle forme de travail gratuit : «Gel de la moitié des jours ARTP», sans garantie de les récupérer ! A cela, s’ajoutent notamment : * la mise en place de l’annualisation du temps de travail, * la remise en cause de l’ITDR (indemnité versée pour amortir la diminution de rémunération lors du passage de 3x8 en 2x8, et de 2x8 en journée normale), * la réduction des congés d’ancienneté (retour aux conventions collectives), * la suppression de la gratification pour les médailles du travail, * la remise en cause de la majoration à 100% pour les heures travaillées la veille ou le lendemain des dimanches et jours fériés.

Les contreparties seraient : * reprise des NAO, mais après la signature du projet d’accord ! * des A.G. de 0,4% au 1er mars au titre du retour sur la baisse du coût du travail, * assouplissement de la 4ème semaine de congés payés, et possibilité d’utiliser de crédit/ débit (compteur -4h/+6h) pour prendre ½ journée de repos par trimestre.

FO refuse toute forme de travail gratuit ! Ce projet d’accord est reçu favorablement par 2 organisations qui parlent «d’avancées» «proches du dénouement». Au contraire, FO demande la poursuite des négociations et rappelle avec fermeté ses revendications : * «Gel» de jours ARTP : Garantie claire que ceux-ci seront restitués aux salariés automatiquement et sans condition, à la fin des 3 années de gel ! * Annualisation : Si les commandes (B34, MSC, SNCM) à la portée de l’entreprise, sont prises, alors tous les secteurs seraient en pleine charge de travail pendant plusieurs années. En conséquence, l’annualisation est inutile ! * ITDR : Nous refusons l’actuelle proposition (12 mois dans un régime horaire et 6 mois d’ITDR) qui est même inférieure à celle inscrite dans l’accord ARTP de 1999 (6 mois dans un régime horaire et 12 mois d’ITDR) ! * Congés d’ancienneté : Le retour aux conventions collectives est un recul trop important, donc pas acceptable ! Les droits acquis de chacun doivent être sauvegardés ! * Majoration du travail le dimanche ou jours fériés : La remise en cause de cette majoration sur les heures commencées ou terminées la veille ou le lendemain d’un dimanche ou d'un jour férié constitue une baisse de rémunération pour les salariés qui subissent cette organisation du travail contraignante ! * Gratification pour médailles de travail : Cette garantie sociale valorise l’attachement des salariés à l’entreprise. Sa suppression pure et simple est scanda-

leuse ! Elle doit être sauvegardée ! * Politique salariale 2014 : Compte tenu de l’absence de véritable politique salariale ces dernières années, la direction doit faire ses preuves ! Pour FO, pas question de conclure l’actuelle négociation sans avoir préalablement négocié la politique salariale 2014, qui doit être motivante ! * Embauches : Sur ce sujet, également important pour faire face dans de meilleures conditions aux commandes potentielles, la direction ne fait aucune proposition. Pour FO, des embauches en CDI d’Atam et d’ouvriers notamment sont indispensables ! La direction doit prendre des engagements précis !

Se mobiliser pour gagner Dans une nouvelle version du projet d’accord envoyée aux syndicats le vendredi 24 janvier après-midi, la direction a modifié sa proposition sur le gel des jours ARTP : le gel de tous les jours prendrait fin au plus tard dans 6 ans. C’est un premier pas, mais encore insuffisant ! Si les 2 organisations CFDT et CFE-CGC signaient ce projet d’accord en l’état, celui-ci serait minoritaire ! Pour sortir de cette situation, pour apaiser le climat social dans l’entreprise que la direction a créé, elle doit impérativement prendre en compte sérieusement les demandes de FO ! La prochaine CPN du 29 janvier ne doit pas être une simple séance de «relecture» ! La négociation doit se poursuivre, y compris au-delà du 31 janvier ! Pour sa part, FO y fera de nouvelles propositions précises. Sur ces objectifs, FO a rencontré la CGT le vendredi 24 janvier pour proposer la mobilisation des salariés à l’occasion de la prochaine réunion de la CPN. Nos deux syndicats ont décidé d’appeler en commun à un débrayage le mercredi 29 janvier. FO appelle tous les salariés, ouvriers, Atam, cadres à se mobiliser massivement pour soutenir nos revendications, pour obtenir de véritables avancées ! Saint-Nazaire, le 28 janvier 2014

Appel à la grève réussi pour la toute nouvelle section FO de Coophavet Une nouvelle section FO a été constituée fin 2013 chez Coophavet, une entreprise de 130 salariés, intérimaires compris, située sur le commune de Saint-Herblon. L'entreprise est ellemême intégrée à Meriac, qui compte parmi les filiales de Sanofi. Le 14 janvier dernier, dans le cadre des NAO 2014, un appel intersyndical à la grève avait été lancé en direction des salariés de Sanofi et de toutes les filiales du groupe. La jeune section Force Ouvrière de Coophavet est donc allée au charbon, et a entraîné dans la grève 32 des 48 salariés du secteur "production" de l'établissement.

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2013 : une année record pour les bénéfices redistribués aux actionnaires à EDF : rien moins que 5 milliards, dont 2 engrangés par l'Etat actionnaire. 5 milliards : soit l'équivalent de presque la moitié de la masse salariale, laquelle se situe aux alentours de 11 milliards. Mais à l'heure hollandienne du "pacte de responsabilité" et des "pactes sociaux de compétitivité" que le patronat tente d'imposer dans un nombre croissant d'entreprises (cf. ci-contre STX), la distribution de dividendes massifs aux actionnaires est censée être l'indispensable révélateur de la bonne santé des entreprises, tandis qu'à l'inverse l'augmentation du bas de la feuille de paye est censée impliquer la mise en péril la compétitivité de l'entreprise. Et c'est en application de ce principe de sacrifice des salaires aux profits que, lors des négociations salariales de janvier 2014, la direction d'EDF a exercé le chantage suivant sur les organisations syndicales : - ce sera en tout et pour tout, en cas d'acceptation de cette proposition par les syndicats, 0,5% de revalorisation de la grille SNB (Salaire national de base), plus un quota de 5500 nouveaux AIC (avancements individuels au choix), - ou alors une décision unilatérale d'augmentation des salaires (SNB), et une enveloppe 2014 de ... zéro AIC supplémentaire. Aucun syndicat n'ayant accepté de sortir le stylo, la direction a en conséquence mis en oeuvre la décision unilatérale annoncée. Une décision inacceptable pour l'ensemble des agents, mais plus encore pour les nouvelles générations embauchées. Le recrutement ces dernières années de nouveaux personnels s'explique par les départs massifs à la retraite de la génération des "baby-boomers". Mais nos lecteurs ne seront pas surpris d'apprendre que l'embauche des jeunes générations s'effectue dans le cadre d'une politique effrénée d'abaissement du coût du travail, à des niveaux de rémunérations ne correspondant pas aux niveaux des responsabilités effectives exercées.

Les conséquences du blocage des déroulements de carrière En conséquence, depuis trois ou quatre ans, l'exacerbation de la colère et la volonté d'en découdre vont croissant dans la masse grandissante des personnels sous-payés. On comprend dans ces conditions en quoi la direction joue avec le feu avec sa décision unilatérale de janvier 2014 sonnant

d'entrée de jeu le glas des négociations salariales de la nouvelle année. 0,3% d'augmentation des salaires, c'est une perte de pouvoir d'achat inacceptable pour tous. Mais la totale suppression des 5500 nouveaux avancements individuels, c'est la fermeture d'une issue capitale pour le déroulement de carrière des personnels sous-rémunérés par rapport aux responsabilités dont ils sont en charge.

"L'exploitation", puis la "maintenance" en grève illimitée à Cordemais A la centrale EDF de Cordemais, ce sont d'abord les personnels de l'exploitation qui, en lien avec leurs organisations syndicales CGT et CGT-Force Ouvrière, ont estimé l'heure venue de rédiger leur cahier de revendications et de passer à l'action, c'est-à-dire à la grève illimitée jusqu'à satisfaction des revendications. A la base du cahier revendicatif, outre des exigences spécifiques locales, la revendication pioritaire, figurant dans le préavis de grève à compter du 21 janvier, de " création d'un contingent supplémentaire d'AIC" (au niveau de la centrale). Le 27 janvier les agents de la "maintenance" ont rejoint leurs collègues de "l'exploitation" dans la grève illimitée. Les grévistes entendent prendre la direction nationale d'EDF au piège de sa propre contradiction : puisque c'est elle qui proposait, en cas de signature d'un accord sur les salaires 2014, de créer un quota de 5500 nouveaux Avancements Individuels au Choix, preuve est apportée par la direction elle-même qu'elle est en situation de débloquer nationalement ces 5500 AIC. D'où l'exigence par FO et la CGT d'un déblocage d'AIC à Cordemais. Une exigence qui pourrait bientôt faire tache d'huile dans les autres unités de production. Déjà celle du Hâvre est en grève, les menaces de fermeture de certaines "tranches" de la centrale hâvraise se conjuguant aux revendications sur les salaires et déroulements de carrière. Par delà les exigences des grévistes, ce qui caractérise le mouvement en cours à Cordemais, c'est la mobilisation exceptionnelle des agents (jusqu'à 66% de participation aux AG), leur détermination, et aussi leur sérénité (éviter dérapages et provocations inutiles). Autre caractéristique de la grève : sa conduite démocratique. C'est en assemblée générale des grévistes que tout se décide et se vote : de l'élaboration des revendications à la reconduction du mouvement.


Les Docs de l'OS Pacte de responsabilité... Super-Gattaz, patron du Medef, chef d'Etat et de gouvernement ... Jean-Claude Mailly " La réalité, c'est que François Hollande a donné les clefs du camion au patronat et nous demande de monter dans la remorque. Le Président de la République a choisi d'acquiescer aux demandes du patronat, et plus particulièrement du Medef. (...) Le tournant a eu lieu à la signature du pacte budgétaire européen. On assiste à une accélération. François Hollande s'affirme social-démocrate, mais, en réalité, il fait du social-libéralisme ou socialisme de l'offre, un oxymore. (...) Nous refusons de nous faire instrumentaliser. Pour nous, il ne saurait être question de rentrer dans une mécanique d'union nationale et de confusion des responsabilités. Quant à négocier des contreparties à la baisse des cotisations annoncée par le chef de l'Etat, je n'y crois pas. Quand une aide est ciblée, on peut contraindre les entreprises à respecter des engagements précis, pas si l'aide est généralisée. (...) Je ne crois pas non plus que, en baissant les cotisations par étapes, chacune pourrait être conditionnée au respect d'engagements précis. (...) Les contreparties évoquées par François Hollande sont illusoires. Une entreprise n'embauche que si son carnet de commandes le lui permet. La réalité, c'est que les entreprises vont restaurer leur taux de marge. Pour investir ... ou pour augmenter les dividendes versés, comme certaines le font déjà avec le Cice ?

(6 janvier 2014)

(21 mai 2013)

(21 janvier 2014)

Pierre Gattaz

Joël Freuchet (Medef Anjou)

Les candidats (à la Présidence du Médef) confrontent leurs programmes - Question : Quelles sont les premières mesures que vous prendriez si vous étiez élu ? P. Gattaz : Je proposerai au gouvernement que l'on pilote le projet de loi de Finances 2014 ensemble, ce qui n'a pas été le cas pour celui de 2013. Le prochain budget doit inciter à l'emploi, à la compétitivité et au financement à long terme des entreprises. (...) La fiscalité ne doit pas être bassement budgétaire, il faut donc aussi réduire les dépenses publiques. Ensuite, je demanderai des mesures de compétitivité : transférer 50 milliards d'euros de charges sur le travail vers la fiscalité. Il faut économiser 25 milliards de cotisations familiales à la charge des entreprises en transférant leur financement par 3 points de TVA. Les 25 autres milliards des cotisations maladie peuvent se trouver en baissant les dépenses publiques. (...) La mesure, qui a germé lors d'une table ronde à laquelle je participais à la conférence sociale de l'été dernier, va dans le bon sens. Mais ce n'est pas suffisant. (...) - Question : Etes-vous favorable à la présence renforcée de représentants des salariés dans les instances de direction, comme le prévoit la loi sur l'emploi ? P. Gattaz : C'est intéressant de mener d'abord cette expérience dans les grands groupes. D'une façon générale, je suis favorable au dialogue social de terrain et dans l'entreprise (...)

«Hollande est à la solde du Medef» : Joël Freuchet, président du Medef Anjou, se réjouit des propositions de François Hollande Joël Freuchet est comme ça, un peu brut de décoffrage. Aussi, quand le président du Medef Anjou (il est également président régional) présente ses voeux, il faut s'attendre à quelques commentaires où la tiédeur n'a pas droit de cité. La tentation des bonnets rouges est proche mais nous n'y céderons pas». En particulier, explique-t-il, pour ne pas effrayer les créanciers et clients qui observent la situation de la France avec méfiance. Lui qui comparait l'an dernier la situation du pays à celle du Titanic en train de sombrer garde malgré tout espoir. Et c'est un peu inattendu, c'est grâce à François Hollande. Le Président de la République a, semble-t-il, comblé le Medef avec son "pacte de responsabilité" vanté lors de son allocution du 31 décembre. Et pour cause. «Il a changé le nom mais c'est bien le pacte de confiance que nous avons proposé. Ne le répétez pas, surtout vous les médias, mais le président Hollande est à la solde du Medef. Et il s'étonne du -"silence assourdissant" qu'a provoqué cette annonce qu'il considère pourtant comme révolutionnaire. «Harlem Désir devait être dans son jet privé», ajoute-t-il hilare. « Peut-être que se présume pour nous un boulevard de compréhension. François Hollande a changé et s'est engagé, remarquez c'est sa seule chance de survie (...) ».

Front revendicatif Super-Gattaz/Laurent Berger contre le "coût du travail" Laurent Berger sur France info, le 6 janvier 2014 : - Question : Est-ce que le coût du travail en France empêche les entreprises d'embaucher ? Laurent Berger : Nous avons toujours dit que la question du coût du travail est une question parmi d'autres. Ce n'est pas la question unique. Mais la CFDT dit que cette question mérite d'être posée. Les cotisations famille versées par les entreprises ? Il n'est pas complètement anormal qu'elles puissent être transférées vers d'autres sources de financement, notamment la CSG. A deux conditions : 1) que les ressources pour la famille soient identiques, 2) sans impact sur le salaire des salariés, car on jouerait sur le

patrimoine et le capital pour faire financer la politique familiale. D'accord, ça, ça peut être un sujet. Mais à condition qu'on discute sur : cette marge pour les entreprises, elle sert à quoi ?

aussi qu'il a une part de responsabilité. Un pacte de responsabilité, ce n'est pas d'un côté pleurnicher et demander à l'Etat des aides et ne pas s'engager de l'autre. C'est l'objet des discussions que nous voulons avoir.

- Question : Ça c'est une revendication du Medef. Une baisse ou même un retrait des cotisations famille dans ce que payent les entreprises, vous y êtes prêts ?

Extrait de la déclaration de la CE confédérale CFDT du 14 janvier 2014 :

Laurent Berger : Ce n'est pas forcément une revendication du medef, et je la porte moi depuis longtemps, très longtemps. - Question : C'est ce que demande le patron du Médef, Pierre Gattaz... Laurent Berger : Tant mieux. Mais il faut que le patronat entende

" Lors de sa conférence de presse, le président de la République a dessiné un cadre pour le Pacte de responsabilité qu’il avait annoncé lors de ses voeux. Ce cadre donne du sens et des objectifs pour la mobilisation de chacun des acteurs. La CFDT se mobilisera pour l’emploi en étant exigeante sur le contenu du volet social, qui reste à définir jusqu’à la conférence sociale.

Thierry L'Grand-Ecart face à sa "mission impossible" Thierry Lepaon : « Pierre Gattaz est-il le premier ministre ? » (Le Monde du 20.01.2014) - Question : (...) Vous êtes dans l'opposition ? Thierry Lepaon : François Hollande est en décalage complet avec les attentes des Françaises et des Français. Il répond presque exclusivement aux revendications du Medef. (...) Forcément, il faut s'attendre à un résultat contraire à ce qu'il a annoncé, à savoir des augmentations d'impôts, de la TVA et de la contribution sociale généralisée parce qu'il faudra équilibrer le budget. (....) On a le sentiment que le premier ministre, c'est Pierre Gattaz ; et les ministres chargés de cette nouvelle gestion de la France sont des employeurs ! - Vous mettez le signe égal entre Nicolas Sarkozy et François Hollande ? Thierry Lepaon : Non. Même si

je pense parfois qu'il n'y a pas beaucoup de différences, jamais je ne mettrai un signe égal. Je sais où cela mène, cela mène au Front national. Dire à des électeurs de gauche qu'ils ont cru voter pour un Hollande de gauche et qu'ils ont un Hollande de droite, cela conduit à des impasses. Ce serait irresponsable de ma part. Porter un regard critique n'est pas être dans une opposition stérile. J'ai envie que la gauche réussisse (...)" - Question : La déclaration commune avec la CFDT, la FSU et l'Unsa met en relief vos plus petits dénominateurs communs. Mais elle laisse entières vos divergences avec la CFDT. Croyez-vous possible ce que vous avez appelé la «reconnexion syndicale» ? Thierry Lepaon : La reconnexion syndicale que j'ai souhaitée a eu lieu. Nous sommes aujourd'hui capables d'écrire des choses ensemble et de mettre en avant (...) ce qui nous rassemble. Il y a sur chaque

En cohérence avec les réformes sur la sécurisation de l’emploi, la qualité de vie au travail et la formation professionnelle, la CFDT est déjà engagée dans le chantier du financement de la protection sociale. Elle exigera le maintien du pouvoir d’achat des salariés, d’un haut ni-

veau de protection sociale et d’une action publique de qualité. (...) Ce pacte ne peut fonctionner que s’il est structuré par un dialogue social renforcé. Il appartiendra à tous, gouvernement, patronat et syndicats, d’en faire la démonstration dans les semaines qui viennent"

Le 22 janvier dernier, un éminent think-tank patronal organisait un forum sur le "nouveau visage du syndicalisme", ... avec pour vedettes les quatre "nouveaux visages" militants du paysage syndical français

Une déclaration commune CFDT-CGT-FSU-UNSA

thème un tronc commun accepté par quatre organisations. Ce texte n'est pas une déclaration minimaliste, c'est un engagement fort. - Question : Avec la CFDT, les relations sont pacifiées ? Thierry Lepaon : Elles sont sereines. Il y a une volonté de sortir de part et d'autre de la division stérile, de mettre en avant ce qui nous rassemble (...) Avec Laurent Berger, je parle avec confiance. - Question : Vous êtes secrétaire général de la CGT depuis dix mois. Quel premier bilan en tirez-vous ? La crise de succession a-t-elle laissé des séquelles ? Thierry Lepaon : Le bilan, on le fera à la fin du mandat. Ma mission et mon ambition c'est de faire travailler toutes les organisations de la CGT ensemble. Cela relève parfois d'un feuilleton connu : « Mission impossible » . Mais ce n'est pas parce que c'est dur qu'il faut renoncer. (...) "

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- " à l’image de ce qui s’est fait en Bretagne", - préparatoire à la rituelle euro-procession printanière de la CES, - ... et ... "dans le cadre du pacte de responsabilité"

" Dans leur déclaration du 25 novembre 2013, nos organisations syndicales interpellaient solennellement les responsables économiques et politiques pour que soient apportées des réponses pour favoriser (...) l’engagement de la France en faveur d’un plan européen pour (...) une croissance durable et des emplois de qualité proposés par la Confédération européenne des syndicats. De façon à avancer concrètement dans la réalisation de ces objectifs, nos organisations (...) CFDT, CGT, FSU, UNSA conviennent d’agir ensemble dans les semaines qui viennent : - En recherchant, au niveau régional, des priorités communes en matière d’action pour la pérennité et le développement de l’emploi en direction des régions, de l’Etat, du patronat, de la BPI, à l’image de ce qui s’est fait en Bretagne. - (...) En engageant une campagne syndicale pour promouvoir le plan d’investissement proposé par la Confédération européenne des syndicats : interpellation des pouvoirs publics, information des salariés, manifestation européenne le 4 avril. Les organisations signataires porteront ces revendications et objectifs communs lors des discussions qui se dérouleront dans le cadre du pacte de responsabilité. " Paris, le 14 janvier


Les Docs de l'OS ... et méandres corporatistes L'affirmation ne provient pas de L'Ouest Syndicaliste, mais d'une source parmi les plus autorisées et compétentes de la Cité du Vatican. Et en l'occurrence (la chose mérite d'autant plus d'être soulignée qu'elle n'est à tout le moins guère coutumière), le "diagnostic partagé" se trouve "partagé" à 100%, voire à 200% entre la source autorisée vaticane et l'organe de l'UD-FO, dont on doit la fondation à Alexandre Hébert. En effet, dans une interview à Nice Matin (édition du 24 janvier 2014), "Caroline Picozzi, spécialiste du Vatican et coauteur du livre "Ainsi fait-il" avec le Père Henri Madelin" SVP, expose, concernant les enjeux de la visite fort peu républicaine du Président Hollande au Souverain Pontife: "C’est une rencontre très protocolaire. Mais ce qui peut être intéressant, c’est qu’ils défendent tous les deux le dialogue social. La doctrine sociale de l’Eglise et celle de François Hollande ne sont pas si différentes." Sans trahir l'héritage de son fondateur Alexandre Hébert, L'Ouest Syndicaliste ne peut donc qu'adhérer, par un "AMEN", franc et massif, au docte commentaire de la compagne (d'écriture) du Père Henri Madelin. Notre expertise en sciences sacrées vaticanologiques demeurant balbutiante, nous ne saurions toutefois pas dire si l'onction donnée par le Saint-Père au disciple de Jacques Delors en poste à l'Elysée suffira pour attirer les bonnes grâces de la Providence sur son "Pacte de responsabilité". En la matière d'ailleurs, nous serions plutôt, à l'instar de l'apôtre Saint Thomas, au nombre des sceptiques et des incrédules (cf. ci-dessous). Mais reconnaissons au moins, pour corroborer la révélation (qui n'en est pas une) de Soeur Picozzi du Vatican, qu'encostumé dans son "Pacte de responsabilité" auquel il ne manquait pas un seul bouton de guêtre corporatiste, notre président-pénitent élyséen portait là une fois de plus le vieil uniforme du Maréchal Pétain, père de la "Charte du travail", repeint et relooké en permanence depuis 70 ans aux couleurs bling-bling successives de la "participation", de "l'autogestion", et désormais du "dialogue social". En présentant son "Pacte de responsabilité" le 14 janvier, l'ex-leader emblématique de la CFDT à la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration devenu

Président de la République, n'a bien sûr pas manqué de dévisser l'habituel tube de vaseline: "Le pacte (...) appelle la participation de tous (...) la concertation impliquant les partenaires sociaux et associant le Parlement". Avec pour point d'orgue en juin une "grande conférence sociale" entérinant, avant transposition législative, le consensus auquel les "partenaires sociaux" doivent avoir souci de parvenir dans l'intérêt du "bien commun". Et, histoire de trouver un juste équilibre, la CFDT et son syndiqué de l'Elysée de faire mine d'exiger du patronat des engagements fermes et chiffrés en matière de créations compensatoires d'emplois. Ce à quoi bien sûr le Medef, par un joli bras d'honneur amusé, ne manqua de répondre qu'il n'était pas en situation de s'engager sur ce point.

Force Ouvrière, la pierre d'achoppement du corporatisme Mais qu'importe, dès lors que le seul objet réel du jeu du "dialogue social", c'est de désigner les cochons de payeurs qui vont vider leur porte-monnaie pour payer la facture des 30 milliards d'exonération de cotisations sociales offertes au patronat, le bac à sable de la démocratie participative reste grand ouvert à la militance subsidiaire. La CFDT trépigne d'impatience pour s'y ébrouer, et c'est même l'occasion pour la nouvelle Nicole Notat de la FSU (sa secrétaire générale, Bernadette Grison) de doubler Laurent Berger lui-même, en déclarant (c. Challenges du 21-01-2014) "Le président de la République prend un pari et peut-être un risque. La FSU rentrera dans ces discussions. Je demande au Président de la République de mettre les services publics dans une dynamique de confiance et de redressement. On a besoin de la fonction publique aussi dans la bagarre sur l'emploi". Signataire avec la CFDT, la FSU et l'UNSA de la déclaration commune du 14 janvier (cf. encadré jaune de la page ci-contre), Thierry Le Paon aimerait bien pouvoir honorer l'engagement qu'elle contient de "porter les

objectifs communs (aux 4 organisations signataires) lors des discussions qui se dérouleront dans le cadre du pacte de responsabilité". Mais il y a un hic, reconnu par l'intéressé lui-même dans son interview au Monde du 20 janvier : " Faire travailler toutes les organisations de la CGT ensemble, cela relève parfois d'un feuilleton connu : «Mission impossible». Et pour Thierry le Paon, couvrir pleinement la CFDT "dans le cadre du pacte de responsabilité" rentre justement dans dans le cadre de ces "missions" risquées, voire "impossibles". D'autant qu'une fois de plus, c'est avec FO et son secrétaire général, que la majorité des militants CGT et de ses responsables se trouvent en accord, lorsque Jean-Claude Mailly déclare : " Pour nous, il ne saurait être question de rentrer dans une mécanique d'union nationale et de confusion des responsabilités". Dès lors que FO annonce ainsi la couleur, entraînant derrière elle, non seulement ses propres forces militantes, mais aussi au-delà de nos rangs et en premier lieu à la CGT, des pans majoritaires de la classe ouvrière dans le rejet du "Pacte" corporatiste, les "commentateurs" médiatiques autorisés, y compris les habituels contempteurs de FO, en viennent à prédire le "plouf" du dialogue social hollandien. (cf. ci-dessous) Dès lors restera pour le gouvernement la solution à laquelle il se prépare déjà : le passage en force avec recours aux ordonnances et aux décrets (cf. Météo sociale en page 4). Encore faut-il que le gouvernement ait le rapport de force politique et social pour engager frontalement le bras de fer. Or, à l'évidence, et c'est la raison de la menace de dégradation prochaine de la "note" de la France par l'agence Moody's (voir ci-dessous), le gouvernement français, subsidiaire de la Troïka, est trop affaibli pour se lancer dans l'aventure sans risque de provoquer l'explosion sociale. Une manière à peine dissimulée, pour l'agence de notation, de reconnaître, qu'en France comme partout, la Troïka se casse les dents sur la lutte des classes.

Médias et même agences de notation prévoient un "plouf" " Mais la question essentielle est de savoir si la France dispose d'acteurs sociaux capables de conclure ce «grand compromis social» et de mener à bien ce «rassemblement pour.l'emploi». A l'exception de la CFDT, qui prônait en 2012 un "pacte social", voire de la CFTC— qui, dans l'immédiat, s'alarme de la fiscalisation des allocations familiales—, les syndicats français n'ont pas !a culture du pacte. La CFDT a mis la barre haut, en rappelant qu'un pacte, «ce sont des engagements de part et d'autre», et qu'elle «exigera des engagements précis et chiffrés de la part du patronat». FO est vent debout face à une telle perspective, «Si un des objectifs du pacte de responsabilité, a averti lean-Claude Mailly, c'est de dire "on va signer un grand compromis historique d'Union nationale, patronatsynclicat-Parlement, etc.", Force ouvrière gardera sa liberté.» «Il n'est aucunement question, a ajouté le secrétaire général de FO, qu'on soit signataire d'un pacte qui engagerait tout le monde, qui serait anesthésiant et qui servirait à instrumentaliser les syndicats.»

Côté patronal, Pierre Gattaz s'est dit «prêt à jouer le jeu», voyant dans le «pacte de responsabilité» un clone du «pacte de confiance» (100 milliards d'euros de baisse des charges permettant aux entreprises de «créer un million d'emplois» en cinq ans) qu'il avait préconisé en novembre 2013. Depuis, le Président du Medef semble sur le recul. (...) «Je ne signerai jamais que nos entreprises vont créer un million d'emplois, a-t-il assuré vendredi: 'ce serait suicidaire.» Le Medef a jugé que «la dynamique de création d'emplois attendue ne sera pas au rendez-vous si l'ambition globale n'est finalement que de 1o milliards d'euros d'allégement de charges sur les-entreprises». Rien n'indique que le Medef est disposé à entrer dans un jeu "gagnant-gagnant"supposant des contreparties en dehors d'emplois dont il n'a pas la maîtrise. Or, faute d'acteurs, le compromis social-démocrate petit encore faire «plouf». Michel Noblecourt, Le Monde 20 janvier 2013

Dégradation prochaine annoncée par Moody's de la "note" française " Moody’s maintient le Aa1 de la France et Hollande sous surveillance. " (...) L’agence de notation, qui maintient le Aa1 de la France avec perspective négative, exprime son scepticisme quant au succès des réformes de François Hollande. L’agence de notation a publié

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des commentaires bien peu amènes, après les annonces de François Hollande. «Bien que le gouvernement ait introduit ou annoncé un certain nombre de mesures, la réalisation et l’efficacité de ces initiatives se heurte à la persistance de rigidités», notamment sur le marché du tra-

vail, et à des «tensions politiques et sociales», estime l’agence. La perspective de la note reste du coup «négative», ce qui veut dire que Moody’s n’exclut pas de procéder à une dégradation, à moyen terme." Les Echos du 24 janvier


L'Oeil de L'OS L'OS a lu ... Ullrich Grillo, président de la Fédération allemande des Industries, n'a pas manqué d'apporter son soutien au "Pacte" HollandeGattaz, tout en soulignant la ressemblance troublante avec l'"Agenda 2010" de Gerhardt Schröder de 2003. A l'époque, comme le rappelle le "JDD" du 22/01, le chancelier allemand promettait "du sang et des larmes" pour pouvoir sortir de la spirale négative." Effectivement, Schröder a de quoi réclamer des droits d'auteur : "Fiscalité sur la consommation plus lourde, indemnisation chômage réduite, cotisations sociales diminuées, âge de la retraite repoussé… aucun Allemand n'avait été épargné." ("JDD" du 22/01) Oui, mais ce serait en cassant ces oeufs-là que Schröder aurait réussi l'omelette allemande. Et si l'Allemagne est aujourd'hui maillot jaune européen, ce serait grâce au "courage" politique du camarade Gerhardt. Au final, les salariés devraient même le remercier de les avoir saignés pour les sortir de la "spirale négative". Le modèle à suivre est donc trouvé, même si c'est douloureux, car c'est pour notre bien. C'est en substance le mantra psalmodié par tous les "empactés responsables". L'Allemagne avec ses 16 millions de pauvres, l'Allemagne sans SMIC et l'Allemagne en perte de vitesse avec ses 0,4% de croissance pour 2013, soit le plus mauvais résultat depuis ... 2003 ! Faut vraiment avoir mauvais esprit pour ne pas saliver... Maintenant que le modèle est trouvé, il faut enfoncer le clou. Le hold-up de 35 milliards d'euros sur le salaire différé des salariés, destinés à financer les allo-

L'OS a lu ...

Moyen-Âge 2.0 A fleur de peau En Espagne, la situation est explosive. Saignés par les plans d'austérité, les espagnols sont à bout. Bruxelles exige encore cependant 35 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour 2014. Intenable ! Le moindre incident peut servir de détonateur. Ainsi à Burgos, dans le quartier ouvrier et classe moyenne de Gamonal (18 000 chômeurs sur 70 000 personnes), les habitants se sont révoltés contre un projet municipal d'aménagement d'une avenue pour un coût de 8 millions d'euros, alors que l'école maternelle est menacée de fermeture pour une dette de ... 13 000€ ! Les places de parking seraient vendues 20 000 euros l'unité, alors que le stationnement était jusque là gratuit. La mobilisation a tourné à l'émeute au démarrage des travaux. La police est intervenue brutalement. Aussitôt dans plusieurs villes (Valladolid, Madrid, Bilbao), des manifestations de soutien, souvent suivies de heurts avec la police, se sont déroulées spontanément. Selon "Libération" du 16/01, la directrice du "Huffington" espagnol, a adressé une lettre à Mariano Rajoy, le Premier ministre, pour "le mettre en garde contre ce petit conflit qui, à terme, pourrait menacer la paix sociale." Le maire de Burgos vient d'annoncer qu'il suspend les travaux. Cette "petite" victoire pourrait bien en appeler d'autres. Comme on dit en rugby : "Les mouches ont changé d'âne"...

Bingo ! "Les banques européennes et le jackpot des garanties d’Etat" "Le Monde",27/01/14 "Entre 200 et 300 milliards d'euros par an : c'est l'avantage financier que les banques européennes ont tiré des garanties implicites que leur ont fournies les Etats pendant la crise, selon une étude réalisée par l'expert financier indépendant Alexander Kloeck (...) Quand la banque Lehman Brothers a fait faillite, en 2008, les autorités ont réalisé que certains établissements étaient systémiques, ou «too big to fail» : «trop gros pour qu'on puisse les laisser faire faillite» sans provoquer des dégâts sur l'économie réelle. C'est le cas des grandes banques européennes universelles, mêlant récolte des dépôts des épargnants et activités sur les marchés : BNP Paribas, Deutsche Bank, UBS… «Les investisseurs sont persuadés qu'en cas de crise grave, les gouvernements agiront pour les empêcher de faire défaut», commente Laurence Scialom, spécialiste du sujet à l'université Paris-X - Nanterre. C'est ce que les économistes appellent la garantie ou subvention implicite des Etats. (...) elle incite les banques à prendre plus de risques sur les marchés financiers. (...) Alexander Kloeck a établi qu'entre 2007 et 2012, le secteur bancaire européen a reçu l'équivalent de 208,8 à 320,1 milliards d'euros par an de subventions implicites des Etats".

cations familiales, a ouvert l'appétit de Pierre Gattaz. A la bourse des faux-culs, la cote de l'emploi a brutalement grimpé. S'auto-proclamant "Super Patriote", le même Gattaz claironne désormais qu'il ne sera pas possible de redresser la France et de créer le million d'emplois annoncé si les patrons n'obtiennent pas, en plus des 35 milliards, 25 milliards de baisses d'impôts d'ici 2017. Mais là encore, c'est trop peu pour que le Medef puisse s'engager fermement. Avec ces 60 milliards, nous n'en serions qu'au milieu du gué, l'objectif fixé étant une baisse de 116 milliards à l'horizon 2020, le tout étant financé par des réductions de dépenses publiques. D'ici là, le contexte macroéconomique aura évolué et d'autres freins (qui créent un "déficit de compétitivité étouffant les entreprises françaises", formule à répéter dix fois chaque soir en se brossant les dents) expliqueront pourquoi les engagements patronaux n'ont pu être tenus. Les rigidités de notre législation du travail, au hasard ? L'entreprise étant "le plus bel endroit du monde après la famille" (citation du même Super Patriote Gattaz dans une interview à "Valeurs Actuelles" du 27/06/13), pourquoi priver les salariés du bonheur d'y passer 10 à 12h chaque jour ? Pourquoi refuser l'accès à ce monde merveilleux aux jeunes et aux vieux, et même aux très très jeunes et aux très très vieux, pour gagner du temps ? De 7 à 77 ans pour être "compétitifs" avec le Bengladesh. Enfin ! L'avenir vu par Gattaz, c'est le Moyen-Âge. Signer son "pacte de responsabilité", c'est souscrire à la devise : "Emploi, Famille, Patrie." FO a encore raté le train du Progrès, c'est ballot !

Imprimé sur les presses de Print'Ouest, 44830 Bouaye

os 635 du 27 janvier 2014  
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