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LA FRINGALE CULTURELLE LE MAGAZINE DIGITAL

7102 / ÉTÉ

FRANCK THILLIEZ

RAPHAËLLE GIORDANO DIDIER VAN CAUWELAERT

LFC#1 LA FRINGALE CULTURELLE

AGNÈS LEDIG ROMAIN PUÉRTOLAS SONJA DELZONGLE LAURENT GUILLAUME NICOLAS ROBIN THERESA RÉVAY ANTOINE PAJE HÉLÈNE CLÉMENT MIREILLE CALMEL CATHY GALLIÈGUE OLIVIA ZEITLINE SAVERIO TOMASELLA PATRICK BAUWEN STÉPHANE CARLIER


ÉDITO

LA FRINGALE CULTURELLE LE MAGAZINE DIGITAL

Rédigé par CHRISTOPHE MANGELLE Populaires et culturels, nous le serons. Surtout pas intello, mais le ciboulot en ébullition, la soif de lire pour le plaisir, apprendre, s'ouvrir à la réflexion juste en ayant envie, ce sont nos objectifs avec le numéro un de ce numéro de LFC Magazine. Heureux, dynamiques, bienveillants, passionnés comme jamais, nous le serons toujours et encore plus. Pour vous ! Vous. Jamais rassasié, toujours en perpétuelle quête de découvrir un nouvel auteur, de retrouver les écrivains que vous aimez, ceux avec qui vous êtes fidèles, et toujours là pour partager ensemble ce qui nous lie : les histoires. Alors, écrivons-là ensemble, la suite de l'histoire. Après La Fringale Culturelle.fr - le site qui a déjà 10 ans - ouvrons ensemble le premier chapitre de l'aventure du magazine digital LFC Magazine. C'est parti, c'est l'été, le soleil est là, il fait chaud. On est chaud ! Très bonne lecture à tous. Un bel été radieux.

CRÉDITs PHOTOs Toutes les photos publiées dans le magazine sont libres de droits. Les couvertures de livres proviennent des maisons d'édition, tout comme les photos. La photo de couverture est libre de droit (canva). Raphaëlle Giordano p.3 p.52, 53, 54(©Didier Bizet), Didier Van Cauwelaert p.7, 8, 9 (©Astrid di Crollalanza), Theresa Révay p.10, 11, 12 (©Astrid di Crollalanza), Romain Puértolas p.13 (©Éric Clément), Stéphane Carlier p.15 (©Stéphane Carlier), Cathy Galliègue p.17 (© DR), Mireille Calmel p.19 (© Cathy Bistour), Hélène Clément p.21 (©Astrid di Crollanza), Franck Thilliez p.29, 31, 33 (©Mélania Avanzato), Patrick Bauwen p.34, 35, 37 (©Richard Dumas), Sonja Delzongle p.38 (©ML Lucas), Laurent Guillaume p.41 (©C-d-b), Nicolas Robin p.55, 56, 57 (©Thierry Rateau), Saverio Tomasella p.58, 59, 60, (©Saverio Tomasella), Olivia Zeitline p.61,63 (©Anthony Voisin), Antoine Paje p.64 (©DR), Agnès Ledig p.67 (©Facebook Agnès Ledig).

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LN

comme littérature, toute l'actualité de l'été avec les entretiens exclusifs de Didier van Cauwelaert, Theresa Révay, Romain Puértolas, Stéphane Carlier, Cathy Galliègue, Mireille Calmel et Hélène Clément + les 10 romans de l'été. P5

F

comme feel good avec la sélection des 10 romans de l'été so good et les entretiens exclusifs de Raphaëlle Giordano (en photo), Agnès Ledig, Saverio Tomasella, Nicolas Robin, Olivia Zeitline et Antoine Paje. P47

comme noir, romans policiers, thriller, notre sélection des 10 polars de l'été avec les entretiens exclusifs de Franck Thilliez, Sonja Delzongle, Patrick Bauwen et Laurent Guillaume. P27

P52


LFC LE MAG

SOMMAIRE EN IMAGES

05 Littérature 15 Stéphane Carlier 17 Cathy Galliègue 19 Mireille Calmel

13

07

10

21 Hélène Clément 24 Les 10 romans de l'été (littérature) 27 Noir, thriller, romans policiers 38 Sonja Delzongle 41 Laurent Guillaume 44 Les 10 polars de l'été 47 Feel Good 49 Les 10 romans feel good de l'été. 52 Raphaëlle Giordano

67

55

58 Saverio Tomasella 61 Olivia Zeitline 64 Antoine Paje

69 Le meilleur du site La Fringale Culturelle

29

34

lfc NUMÉRO UN

www.lafringaleculturelle.fr


L I T T É R A T U R E f r a n ç a i s e

NUMÉRO 1 EN PARTENARIAT AVEC

e t

é t r a n g è r e

DIDIER VAN CAUWELAERT, ROMAIN PUÉRTOLAS THERESA RÉVAY MIREILLE CALMEL STÉPHANE CARLIER CATHY GALLIÈGUE HÉLÈNE CLÉMENT + LES 10 ROMANS DE L'ÉTÉ


AU MENU LITTÉRATURE littérature / française / étrangère

07

10

Didier Van Cauwelaert Entretien exclusif

Theresa Révay Entretien exclusif

13

15

Romain Puértolas Entretien exclusif

Stéphane Carlier Entretien exclusif

17

19

Cathy Galliègue Entretien exclusif

Mireille Calmel Entretien exclusif

21

24

Hélène Clément Entretien exclusif

Les 10 romans de l'été

Été 2017 Numéro un


PAGE 07 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE

DIDIER VAN CAUWELAERT Auteur prolifique qui cumule les prix littéraires et le succès public : Prix Goncourt, Prix Del Duca, Prix Nimier, Prix Marcel Pagnol, etc, Didier Van Cauwelaert est un auteur comblé. Très régulièrement, La Fringale Culturelle vous parle de la sortie de ses nouveaux romans. Nous avions été conquis par la comédie canine "Jules". Aujourd'hui, en librairie, c'est "Le retour de Jules" (Albin Michel), LFC Magazine vous offre un brin de bavardage avec l'auteur. Il nous parle de Jules le chien, du projet ESCAPE, des éléphants, d'amour et de même son prochain roman.


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Didier Van Cauwelaert L'AMI DES ANIMAUX LFC : Bonjour DVC, nous avons eu le plaisir de lire Le retour de Jules, pourquoi avezvous souhaité un retour de Jules ? Il vous manquait ? DVC : Peut-être est-ce le contraire : c’est moi qui lui manquais. Le chien a réclamé son retour avec une insistance de plus en plus impétueuse. Dans mon imaginaire, dans mes rêves, dans un certain nombre de signes et de coïncidences… Ce sont toujours les personnages qui m’appellent, ce n’est jamais moi qui les convoque. Je ne fais que céder à leur pression, tenter de m’y soustraire ou différer le rendez-vous. Beaucoup de critiques et de lecteurs réclamaient la suite de Jules, mais ça ne suffisait pas. J’avais besoin d’une nécessité intérieure . Quand je l’ai ressentie, j’ai pu répondre à l’appel. Remettre en scène ce chien d’aveugle en chômage technique depuis que sa maîtresse a recouvré la vue, et raconter comment il se reconvertit au service d’autres handicapés.

LFC : Au-delà de divertir vos lecteurs, le roman Jules de 2015 a été très utile puisqu’il a donné naissance au projet ESCAPE. De quoi s’agit-il ? DVC : 15 à 20 % des chiens perçoivent de manière innée les crises d’épilepsie chez les humains, plusieurs minutes avant que les symptômes n’apparaissent.

DVC : C’est ce qui arrive à mon labrador, à la fin de Jules. Beaucoup de lecteurs ont cru que j’inventais cette faculté – pas le Pr Vespignani, chef du service neurologie à l’hôpital de Nancy. Au cours d’une séance de dédicaces, il est venu me remercier d’avoir mis en scène dans une fiction cette réalité sur laquelle il travaille depuis des années. Ensemble, nous avons décidé de créer le projet ESCAPE, Étude et suivi des chiens d’alerte et de protection pour épileptiques. L’école canine que j’ai inventée dans Le Retour de Jules, nous allons la construire dans la réalité.

LFC : Dans votre roman, il y a un passage également où vous parlez des éléphants. Pourquoi vouliez-vous parler de ces animaux ? DVC : Ce sont les plus intelligents, les plus sensibles, les plus massacrés. Alice s’efforce d’oublier le départ de son chien en se consacrant à la protection de ces animaux capables de prouesses extraordinaires, et qui sont menacés d’extinction. Ce faisant, elle effectue une véritable cure d’éléphanthérapie.

LFC : Il y a les animaux dans votre roman, et il y a aussi les humains avec leurs sentiments tumultueux… Vous parlez des tourments amoureux. DVC : Le couple Alice-Zibal, c’est Jules qui en était le trait d’union. Quand le chien part vivre sa nouvelle vie de chien d’alerte-épilepsie, le couple se met à battre de l’aile. C’est lorsqu’il s’agit de sauver Jules, victime d’un terrible malentendu et condamné à mort, qu’Alice et Zibal se retrouveront grâce à cet enjeu commun, audelà des malentendus dont eux aussi ont souffert.

"Avec le Pr Vespignan, chef du service neurologie à l'hôpital de Nancy, nous avons décidé de créer le projet ESCAPE, Étude et suivi des chiens d’alerte et de protection pour épileptiques. L’école canine que j’ai inventée dans Le Retour de Jules, nous allons la construire dans la réalité. "


LFC : Même si nous avons parlé de nombreux sujets sérieux, votre roman reste une comédie. Est-ce selon vous un bon vecteur pour sensibiliser les lecteurs à des thèmes qui vous sont chers tout en les divertissant ? DVC : Le rire est la seule façon de remédier aux accrocs du destin, et d’apprivoiser les menaces, les angoisses, les injustices. Le rire est la seule arme qui respecte et défende notre dignité. Mais l’humour permet aussi, par vertu des contrastes, de faire mieux ressentir ensuite au lecteur l’émotion et la gravité de certaines situations, sans provoquer le rejet ou l’indifférence par effet de saturation. L’humour (pour peu qu’il soit tantôt noir, tantôt en couleur…) nous rend plus humains, plus sensibles à la détresse, et aux moyens de la conjurer. Mon travail de romancier (et de citoyen) est d’essayer de rendre le monde plus respirable.

LFC : De quoi aimeriez-vous parler dans vos prochains livres ? DVC : De sujets qui bouleversent notre rapport au réel, aux autres et à nous-mêmes, tout en agissant comme révélateurs de notre véritable identité. Ce que je fais à chaque fois, non ? En m’efforçant de varier les milieux, les narrateurs, les problématiques, pour entraîner les lecteurs qui me suivent sur des chemins toujours nouveaux, mais qui mènent à des sources qu’on retrouve dans chacun de mes livres : la reconstruction, le bonheur recréé sur des décombres, le dépassement de soi par l’empathie avec l’autre…

“Le rire est la seule façon de remédier aux accrocs du destin, et d’apprivoiser les menaces, les angoisses, les injustices." 3 RAISONS DE LIRE Pour le plaisir de renouer avec Jules !

Le retour de Jules Didier Van Cauwelaert Albin Michel 176 pages 16,50€

Parce que dans le divertissement se cache des sujets de fond. Pour les lecteurs fidèles, mais aussi pour ceux qui ne le lisent pas Didier Van Cauwelaert.


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THERESA RÉVAY Traduite dans de nombreux pays, dont l'Allemagne et l'Italie, Theresa Révay s'impose aujourd'hui comme l'une des romancières majeures de grandes fresques historiques. Après avoir publié déjà huit romans (Prix du roman historique Historia 2014 pour "L'Autre Rive du Bosphore"), elle revient en librairie avec "La vie ne danse qu'un instant" (Albin Michel) qui a reçu le Prix Simone Veil 2017. Elle nous explique la genèse de son roman, évoque ses sources et parle avec passion de son personnage féminin, libre avec une force vitale déterminante.


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Theresa Révay PRIX SIMONE VEIL 2017 LFC : Basé sur divers travaux d’historiens, de sociologues, de mémorialistes et d’écrivains, votre roman dépeint avec justesse le contexte historique et l’ascension des régimes fascistes et nazis de 1936 à 1945. Comment est née l’idée d’écrire ce roman ? TR : J’aime m’inspirer des événements historiques qui ont secoué l’Europe au XXe siècle. Cette foisci, j’ai eu envie de dépeindre l’Italie fasciste. Ainsi, l’histoire romanesque débute l’année de l’apogée de Mussolini et se termine avec sa chute. Après avoir évoqué Istanbul dans mon roman précédent, j’ai décidé de rester sur les rives de la Méditerranée. C’est pourquoi des passages du roman se déroulent à Alexandrie, ville mythique d’Égypte. Et puis, ce livre se veut un hommage aux correspondantes américaines des années 30, des femmes aussi lucides qu’intrépides.

LFC : Ce roman est très riche. Comment avezvous organisé votre travail de recherches ? Quelles sont vos sources ? TR : Mes recherches débutent à la BNF. Je lis beaucoup pour m’imprégner de l’atmosphère de l’époque et comprendre les événements historiques. Je m’inspire de mémoires et de journaux intimes pour saisir les psychologies. Puis je rencontre des personnes qui évoquent le destin de leurs familles. À vrai dire, j’invente très peu. La réalité dépasse toujours la fiction ! Enfin, en me déplaçant dans certaines des villes que je décris, je peux restituer les émotions que m’inspirent les lieux. La romancière que je suis cherche toutefois à demeurer aussi fidèle que possible à la réalité.

“Ce livre se veut un hommage aux correspondantes américaines des années 30, des femmes aussi lucides qu’intrépides."

LFC : Votre personnage principal Alice Clifford, correspondante et reporter pour le New York Herald Tribune est une femme forte et passionnée par son métier. Parlez-nous d’elle. TR : Alice a le courage des mots et celui du corps. C’est une femme libre en quête de vérité, tout simplement parce qu’elle n’a jamais appris la vérité sur la disparition tragique de sa mère lorsqu’elle était enfant. Ainsi, dans son métier, au péril de sa vie, elle raconte au monde la réalité de la montée des totalitarismes. Comme ses consœurs, elle possède une formidable intuition du danger. Elle sait aussi que le bonheur est fugace. Il s’agit donc pour elle de vivre pleinement chaque instant. J’apprécie sa force vitale, son ironie, son détachement, qu’elle aime les hommes et qu’elle les quitte. J’admire sa sincérité, son panache. Et qu’elle prenne toujours ce risque insensé d’aimer. Theresa Révay, La vie ne danse qu'un instant, Albin Michel 508 pages, 22,90 €

LFC : Votre roman propose un contexte historique solide avec des personnages caractérisés autant par leurs forces que leurs faiblesses. Comment faites-vous pour les rendre si humains ?


TR : Nous possédons tous des forces et des faiblesses. Une part d’ombre, parfois. Il s’agit de créer des personnages aussi attachants que possible et des tempéraments auxquels chacun peut s’identifier. Certains de leurs traits de caractère sont inspirés de personnages réels qui ont traversé les épreuves que je décris. Lors de l’écriture, je me glisse dans la peau des personnages tel un acteur. Je les laisse évoluer à leur guise au fil des chapitres. Parfois, ils m’échappent et réagissent de manière tout à fait inattendue. C’est alors le moment le plus passionnant !

LFC : Votre roman a reçu le Prix Simone Veil 2017. Vos impressions ? TR : Simone Veil est décédée quelques semaines plus tard. C’est donc une émotion toute particulière. Ce prix littéraire m’a particulièrement touchée, car il cherche à récompenser une femme engagée. À travers mon héroïne Alice Clifford, j’ai voulu rendre hommage à des personnalités d’exception comme Martha Gellhorn, la troisième épouse d’Hemingway, Sigrid Schultz ou encore Dorothy Thompson. Toutes ont dénoncé la barbarie dont fut hélas victime Simone Veil dans sa jeunesse. Elles étaient intellectuellement brillantes et physiquement courageuses. Témoigner, pour elles, était un devoir incontournable.

"Simone Veil est décédée quelques semaines plus tard. C’est donc une émotion toute particulière. Ce prix littéraire m’a particulièrement touchée, car il cherche à récompenser une femme engagée." THERESA RÉVAY LFC : Merci pour l'entretien, on vous laisse le mot de la fin… TR : Je laisse à Martha Gellhorn le mot de la fin, alors qu’elle écrivait sur l’invasion par Hitler de la Tchécoslovaquie : « Il n’y a rien à faire pour le moment qu’à écrire... comme un acte de foi, en croyant à l’importance de dire la vérité... Écrire aussi pour ne pas devenir folle. »

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE PAGE 12 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017


PAGE 13 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017

ROMAIN PUÉRTOLAS Après l'énorme succès populaire de son premier roman "L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa", Romain Puértolas a publié "La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel" et "Re-vive l'Empereur !". Aujourd'hui, le rire est toujours de mise cette foisci dans un polar à la sauce Agatha Christie revue et corrigée par l'humour hautement fantaisiste de Romain Puértolas.


PAGE 14 NUMÉRO UN ⎜ÉTÉ 2017

Romain Puértolas AIME LES DONUTS AU CHOCOLAT LFC : Vous publiez aujourd’hui « Tout un été sans Facebook », quatrième roman. Vous êtes connu pour proposer des

RP : Enfant, je dévorais les Agatha Christie, j'adorais l'atmosphère, l'intelligence de Hercule Poirot ou de Miss Marple. Ce sont les premières histoires qui m'ont donné envie d'écrire moi aussi des histoires, mes premiers mystères. Aujourd'hui, j'ai dans mon musée-bibliothèque une première édition en anglais de Dix petits nègres de 1939, dédicacé par Agatha Christie. Son esprit hante mes murs...

romans avec des univers fantaisistes.

LFC : Vous prenez dans ce roman le

Pourquoi ce roman ne déroge-t-il pas à la

contre-pied de notre époque en

règle ?

plongeant le lecteur dans un petit village

RP : Parce que j'écris comme je suis, avec transparence, sincérité, parce que je prends un plaisir fou à écrire, à inventer des personnages, me mettre des situations pas possibles avec eux (un cadavre retrouvé sous la forme d'une moussaka géante dans sa baignoire, une policière accro aux donuts, des écureuils radioactifs). Mon lecteur retrouvera mon univers déjanté mais avec une nouveauté et de taille puisqu'il s'agit de mon premier polar ! Enfin, "poilar" comme je l'appelle. Une comédie policière à cent à l'heure avec de nombreuses références littéraires, car mon enquêtrice tient un club de lecture dans le commissariat !

au fin fond des États-Unis sans connexion,

LFC : Cette fois-ci, vous revisitez Agatha Christie à votre sauce avec une série de meurtres et de disparitions. Que représente Agatha Christie pour vous ?

sans Facebook. Rêviez-vous d’une détox numérique ?

“J'ai dans mon muséebibliothèque une première édition en anglais de Dix petits nègres de 1939, dédicacé par Agatha Christie. Son esprit hante mes murs... ” RP : Je voulais créer une atmosphère particulière, angoissante, sans connexion possible avec l'extérieur, un huis clos, une île mais sur la terre, dans l'esprit de Dix petits nègres ou de l'île de Millénium. J'adore le huis clos car on se dit "L'assassin est forcément entre nous"...

LFC : Vous savez combien nous sommes gourmands à la fringale culturelle, comme votre personnage Agatha Crispies, boulimique de littérature et de Donuts au chocolat. Et vous, combien de Donuts au chocolat avez-vous ingurgité lors de l’écriture de ce roman ? RP : Ahaha. Je mange pas mal de donuts au chocolat. Mais pas autant qu'Agatha. Je donne en fait mes vices à mes personnages. Dans Re-vive l'empereur, je faisais boire du Coca à Napoléon car je suis accro au Coca-Cola. Agatha a hérité de mon vice et l'a transcendé. La légende raconte qu'elle est noire parce qu'elle a trop mangé de donuts au chocolat étant petite...

LFC : Travaillez-vous déjà sur votre prochain roman ? Quels sont vos projets ? Romain Puértolas Tout un été sans Facebook Le Dilettante 384 pages, 22 €

RP : Bien sûr, toujours. Les deux prochains sont pratiquement écrits. Il y a la suite du Fakir, tout d'abord, qui sortira peut-être après le film (qui sort au printemps 2018), et puis Tout un hiver sans Facebook, la suit des aventures d'Agatha, parce que j'ai rigolé et me suis amusé comme un petit fou avec elle. Je la mute cette fois-ci en Alaska..

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE


PAGE 15 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017

STÉPHANE CARLIER Fils aîné du chroniqueur Guy Carlier, il envoie son premier manuscrit sous pseudo. Il fait bien, son talent est grand. Il publie "Actrice" (2005), "Grand Amour" (2011) et "Les gens sont les gens" (2013). Mais c'est l'année dernière qu'on le découvre à la rédaction (Vaut mieux tard que jamais :-)) avec l'irrésistible "Les perles noires de jackie O" (Chez J'ai Lu en version poche depuis cet été). Aujourd'hui, il renoue avec son univers déjanté dans la comédie loufoque "Amuse-Bouche" (Cherche Midi Éditeur). L'auteur qui vous rendra heureux... Sans hésitation !


PAGE 16 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017

Stéphane Carlier ÉCRIVAIN TRUBLION LFC : Vous publiez aujourd’hui « Amuse-

LFC : "Amuse-bouche" est un

bouche », cinquième roman. Julien, votre

moment de franche rigolade, un

personnage est conseiller des Affaires

roman qu’on avale en riant aux

étrangères. Vous-même, vous avez

éclats même dans des lieux

travaillé dix ans au Ministère des Affaire

silencieux. Ça vous fait poiler

Etrangères. Votre expérience vous a-t-elle

qu’on se fasse remarquer à ricaner

inspiré le personnage de Julien ? L’histoire

n’importe où ?

de ce roman ? Ou les deux ?

SC : C’est gentil de dire ça. Avec Amusebouche, j’ai tout de suite reçu des messages de lecteurs me disant qu’ils avaient ri. J’ai l’impression qu’avec ce livre-là, ils éprouvent le besoin de me le dire, je ne sais pas pourquoi. Évidemment, ça me fait très plaisir, je me sens validé à chaque fois.

SC : Ce n’est pas un roman sur les Affaires étrangères. C’est l’histoire d’un sexto envoyé à la mauvaise personne. Il se passe au Quai d’Orsay parce que je trouvais que c’était le cadre idéal pour cette intrigue. Le décalage entre les bonnes manières du monde diplomatique et le côté sexuel débridé m’amusait beaucoup. Comme j’ai travaillé 19 ans dans ce ministère, je savais de quoi je parlais, ce qui est toujours rassurant pour un romancier.

LFC : Ce roman commence par une

Stéphane Carlier Amuse-bouche Le Cherche Midi Éditeur 300 pages, 16,50 €

“On est souvent surpris par ce qui nous rend heureux”

succession de malentendus et de quiproquos, en tant qu’auteur, peut-on savoir ce qui vous a motivé à écrire une histoire qui part en vrille ? SC : Ce qui m’a motivé, c’est ce qui me motive à chaque fois : l’envie d’écrire une comédie réussie. Pour ça, il faut qu’elle soit drôle, bien construite. Si, en plus, elle est bien écrite et qu’elle porte audelà de la farce, c’est encore mieux.

LFC : Tous vos personnages sont farfelus, extravagants ou drôles malgré eux. Pour quelles raisons aimez-vous jouer avec leurs petits travers ? SC : Il serait difficile de faire rire avec les qualités de quelqu’un. Les belles choses, les événements heureux provoquent les larmes. La naissance d’un enfant, ça n’a jamais fait rire personne. Le rire, c’est un petit choc, une réaction nerveuse à quelque chose de difficile, de négatif, de cruel. C’est une défense. Mensonges, hypocrisie, tromperie : il n’y a rien de très réjouissant dans la comédie des apparences, et c’est pour ça que c’est si drôle.

LFC : Travaillez-vous sur un prochain roman ? Quels sont vos projets ? SC : Je travaille tout le temps, ne pas travailler me file le bourdon. Mais si je vous parle de mon prochain roman, je n’aurais plus envie de l’écrire. Tout ce que je peux vous dire, c’est que pour les besoins de cette histoire, je relis Proust. C’est d’ailleurs un bonheur. Il nous ouvre vraiment les portes d’un autre monde. Et puis sa lecture fait vraiment du bien à une époque où on n’est plus capable d’attention, de concentration.

LFC : Merci Stéphane Carlier pour l'entretien. On vous laisse le mot de la fin. SC : J’avais envie de finir en disant : « J’ai la pêche, et avec vous, la super pêche ! » Mais je trouve plus judicieux de conclure sur une phrase d’Amuse-bouche que j’aime beaucoup : « On est souvent surpris par ce qui nous rend heureux ». J’y pense souvent, ces derniers temps, sans trop savoir pourquoi.

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE


PAGE 17 NUMÉRO UN | ÉTÉ 2017

C A T H Y

G A L L I È G U E

N o u v e a u

t a l e n t

Cathy Galliègue a eu plusieurs vies en une : préparatrice en pharmacie, éducatrice spécialisée, responsable de publications scientifiques, gestionnaire de pharmacovigilance ou encore attachée de presse. Depuis 2016, sur la chaîne de télévision Guyane 1ère, elle anime une émission littéraire quotidienne intitulée "Des livres et vous". Aujourd'hui, elle nous parle de son nouveau roman "La nuit, je mens", un texte subtil sur l'inconscient de nos sentiments et de nos désirs. L’idée de ce roman est née d’abord une volonté d’aborder le thème de la mort, sans doute la plus violente qui soit pour les proches : la mort décidée, volontaire, celle que l’on se donne.

LFC : "La nuit, je mens", est un titre d’Alain Bashung sorti en 1998, sur son album "Fantaisie militaire". Quel rapport avec votre roman ? CG : Ce magnifique texte de Jean Fauque, interprété par Bashung résonne en chacun comme le fait un rêve lorsqu’au réveil, on essaie de relier les images entre elles, d’y trouver un sens. Une seule certitude, toutes ces images sont belles, envoûtantes, teintées d’amour et de mensonges. C’est de la poésie brute, des choses qui n’existent pas et qui pourtant ne nous quittent pas. Dans mon roman, Mathilde se réfugie dans ses rêves où son premier amour mort la rejoint. Comment pourrait-elle parler de ce qui n’existe pas ? Elle ment. Elle entretient son rêve éveillé en tentant de ne pas basculer dans la folie. Elle fait l’amour, il fait le mort. Il n’y a pas d’explication rationnelle, juste des images, des mots que Mathilde accueille, qu’elle relie entre eux et qu’elle savoure, puisque mort, Guillaume est enfin capable de l’aimer.

LFC : Dans ce roman, vous parlez d’amour contrarié. Comment est née l’idée d’écrire ce roman ? CG : Plus qu’un amour contrarié, c’est l’histoire d’un amour unilatéral, une histoire comme il en existe beaucoup. L’une aime follement, l’autre joue, se joue des sentiments, prend et ne donne rien.

La mort est pour moi quelque chose de trop définitif pour être vrai et comme on a l’habitude de dire - pour se consoler - que c’est la vie, j’ai voulu créer un aller-retour possible entre la mort et la vie, un sas, quelque chose qui n’existe pas mais qui, pour une seule personne, est bien réel, et qui tentera de prendre ce que cet amour mort est enfin prêt à lui donner.

“C’est l’histoire d’un amour unilatéral, une histoire comme il en existe beaucoup. L’une aime follement, l’autre joue, se joue des sentiments, prend et ne donne rien. ” LFC : Présentez-nous vos personnages ? CG : Mathilde et Constance sont sœurs jumelles, de vraies jumelles, issues d’une famille bourgeoise de la banlieue chic parisienne. La première est une rebelle, une artiste, à fleur de peau, elle repousse son milieu qu’elle trouve trop superficiel, trop ancré dans un terreau de paraître, d’argent et de faux-semblants. L’autre est ambitieuse, fascinée par tout ce qui brille, déterminée à marcher dans les pas de son père, avocat de renom. Les deux sœurs se détestent, les liens indéfectibles qui habituellement soudent les jumeaux n’ont, chez elles, jamais existés.


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CG : Guillaume est l’archétype de la beauté froide, écorché vif, insupportable de suffisance, dénué de tout sentiment, entretenant avec brio l’image du type mystérieux, insaisissable qui cache forcément une grande souffrance. À seize ans, Mathilde tombera éperdument amoureuse de lui et malgré son indifférence absolue, elle ne l’oubliera jamais. Gaspard est l’homme qui partage la vie de Mathilde. Il est franco-italien, né de parents qu’on qualifierait aujourd’hui de bobos mais qui, à l’époque de leur rencontre en Italie, étaient des jeunes-gens amoureux de la nature, insouciants et joyeux. Gaspard a voulu s’éloigner de sa famille, faire carrière, il a rompu les liens avec ses parents et est devenu un brillant DRH. Il a cependant conservé cette part d’authenticité, de vraie gentillesse et malgré l’apparence qu’il a fabriqué, il est un homme sensible, un amoureux fou de Mathilde. Et il y a les parents de Gaspard que nous irons rencontrer en Italie. Authentiques Louise et Dino, ils n’ont pas dévié de leur trajectoire, ils ont gardé cette beauté du coeur cultivée avec beaucoup d’amour.

LFC : Vous explorez l’inconscient de nos

les lecteurs aujourd’hui me disent que le pari est réussi. Chacun traine dans ses bottes des montagnes de questions où subsistent encore l’écho de quelqu’un, de quelque chose…

LFC : Quels sentiments gardez-vous de l’expérience de ce premier roman ? CG : L’écriture de ce roman m’a procuré un véritable sentiment de liberté, de pouvoir tout dire, tout me permettre, sans barrières. C’était une expérience jubilatoire, parfois douloureuse, mais qui m’a appris à chercher la musique des mots, le rythme, à ne pas me satisfaire de quelques fulgurances. J’ai été exigeante, je ne me suis pas fait de cadeau. À la lecture de mon manuscrit, mon père m’a dit, un peu chamboulé « Mais… et toi, tu vas bien ? » Oui, j’allais très bien. Mieux que jamais !

LFC : On vous laisse le mot de la fin… CG : Je vous remercie pour ces questions. J’ai pris beaucoup de plaisir à y répondre. Je termine sur une petite phrase de Mathilde : « J’aimerais tellement avoir écrit un beau livre. » Et j’aimerais tellement en écrire beaucoup d’autres…

sentiments, de nos désirs, votre texte est saisissant. Vouliez-vous parfois déranger le lecteur ? CG : Oui. Et je voulais me déranger en l’écrivant, sortir d’une zone de confort qui aurait sans doute été plus douce mais qui ne m’aurait pas satisfaite. Les romans qui m’ont marquée, m’ont secouée, ont été dérangeants. On ne s’attarde pas sur les histoires trop lisses, je crois. Traiter de sujets comme le suicide, la folie, était un pari risqué mais

“À la lecture de mon manuscrit, mon père m’a dit, un peu chamboulé « Mais… et toi, tu vas bien ? » Oui, j’allais très bien. Mieux que jamais ! ” 3 RAISONS DE LIRE L'amour, la mort, abordés avec brio. Un roman qui cogne, qui va vous amener au-delà de votre zone de confort. Une écriture d'une grande exigence intellectuelle.

La nuit, je mens de Cathy Galliègue Albin Michel 218 pages, 16€

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE


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MIREILLE CALMEL Mireille Calmel, les internautes du site La Fringale Culturelle la connaissent bien pour de nombreuses entretiens filmés mis en ligne. C'est donc tout naturellement que Mireille Calmel nous fait l'amitié de nous répondre pour le premier numéro de LFC Magazine. Après les succès des romans "Le lit d'Aliénor" (traduit dans 17 pays), Le Bal des Louves, Richard Cœur de Lion et autres séries historiques, elle revient pour cet été avec le tome 1 d'une nouvelle série : "Les Lionnes de Venise" (XO Éditions).


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Mireille Calmel ROMAN HISTORIQUE ENCORE ET ENCORE...

LFC : Bonjour Mireille Calmel, vous publiez

LFC : Dans ce roman, quelle est la part de

pour cet été "Les lionnes de Venise". Vous

vérité historique ?

parlez de Venise du XVIIème siècle,

MC : Les trois quarts de l'histoire sont réels. Ce qui est surtout fictif c'est ma manière de la raconter... entre le roman d'aventure et le thriller de cape et d'épée... Un défi exaltant !

comment vous est venue l'idée de transporter les lecteurs dans cette Venise méconnue ? MC : J'ai un ami qui vit à Venise et qui m'a ouvert certains passages inconnus du public. Il m'a aussi parlé de cette étonnante histoire de grimoire, d'imprimeur... évidemment la curiosité l'a emportée.

LFC : Envisagez-vous une suite ?

LFC : Pouvez-vous nous parler des deux

“Un tome 2 sortira le 9 novembre et terminera la série en compagnie de Richelieu et du véritable d'Artagnan”

personnages, Isabella Rosselli, une sublime courtisane et Lucia, la fille d'un imprimeur ? MC : Deux personnages réels dans une Venise sombre, qui oscille en permanence entre l'ombre et la lumière… Lucia est une jeune fille de 17 ans qui doit se révéler et se battre pour sauver son père mystérieusement enlevé... Quant à Isabella, elle joue une heure dangereuse pour découvrir l'assassin de ses parents…, entre la courtisane et l'espionne. Toutes deux sont liées par un même but, mais elle l'ignorent et vont devoir se battre comme des Lionnes pour survivre et l'atteindre.

MC : Un tome 2 qui sortira le 9 novembre et terminera la série en compagnie de Richelieu et du véritable d'Artagnan... Plein de surprises et de rebondissements !

LFC : Quels sont vos projets ? MC : Une nouvelle série en 2018 en deux tomes aussi, mais chut, c'est encore top secret... ��

LFC : On vous laisse le mot de la fin. MC : La fin ? Que nenni ! Juste un commencement ! Bel été à toutes et tous ! Je vous embrasse.

3 RAISONS DE LIRE Venise au XVIIe siècle comme si vous y étiez. Immersion totale ! Un travail de documentation important distillé dans une fiction efficace.

Les lionnes de Venise T1 Mireille Calmel XO Éditions 352 pages 19,90€

Une écriture fluide, soignée et élégante.

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE


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HÉLÈNE CLÉMENT Quand on cherche des informations sur Hélène Clément pour la présenter, on trouve très peu de choses. On sait qu'elle a 31 ans et qu'elle vit à Londres. En lisant son fabuleux premier roman, on comprend très vite ses influences : la musique avec Jean-jacques Goldman (et bien d'autres), le cinéma avec "Le cercle des poètes disparus"... Très vite, par surprise, cette illustre inconnue déboule dans vos choix de lecture, vous agrippe, vous offre un moment d'émotion hors du commun et tout béat de plaisir, vous en redemanderez ! Un tel choc ne pouvait donc que se partager, c'est pour cela que LFC magazine lui donne la parole. Découverte !


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Hélène Clément

LFC : Ensuite, il y a quatre adolescents,

PREMIER ROMAN #TALENT

tous attachants...

LFC : Vous publiez votre premier roman.

HC : Raphaël, le héros, est le fils de Michel. En 1996, il a 15 ans et intègre le lycée dans lequel son père vient d'être muté. Il a des rêves plein la tête et la certitude qu'ils se réaliseront. C'est un garçon optimiste et gentil, mais maladroit. Son désir de popularité le pousse parfois à se comporter injustement envers les trois protégés de son père. Les protégés en question sont Rose, Mallory et Gustave. Rose, la timide, est passionnée de cuisine, Mallory, la forte tête, a un don pour la peinture et Gustave, le petit génie, espère faire carrière à Broadway. Mais ils sont considérés par beaucoup comme les losers du lycée. Au début du roman, ils sont très seuls et peinent à conserver l'espoir d'un jour réaliser leurs rêves, à cause de l'intolérance ou du désintérêt de leur entourage. Heureusement, Michel les prend sous son aile, les réunit et leur offre un refuge où ils peuvent s'adonner à leurs passions et découvrir l'amitié, la vraie. Malgré sa réticence initiale, Raphaël noue des liens très forts avec le trio. Et pourtant, pour des raisons que je ne révèlerai pas, ils se sépareront après le bac et ne se verront pas pendant onze ans. En 2010, quand Michel est brutalement tué dans un accident de voiture, Raphaël rappelle Rose, Mallory et Gustave. Les quatre anciens amis vont se retrouver et découvrir ce qu'il reste des liens qui les unissaient à l'époque.

Que ressentez-vous ? Racontez-nous ! HC : Une grande fierté et, surtout, beaucoup de bonheur ! Dès que j'ai terminé l'écriture de cette histoire, j'ai eu envie de la partager. Donc la savoir à portée de tous me comble de joie. Je commence à recevoir des messages de lecteurs. L'allégresse que je ressens en lisant que mon roman les a touchés est difficile à décrire, mais c'est un sentiment incroyable dont je ne suis pas prête de me lasser.

LFC : Vous mettez en scène un professeur atypique nous rappelant Robin Williams dans "Le cercle des poètes disparus". Présentez-nous ce personnage ? HC : Michel Verdier est un professeur d'histoire débordant d'énergie, passionné par la matière qu'il enseigne. Il s'est donné pour mission d'accompagner ses élèves vers leurs rêves et de déblayer le chemin qui y mène, s'il est parsemé d'obstacles. Michel est aussi un mari aimant et un père dévoué. Peut-être un peu trop aux yeux de son fils, qui souhaiterait qu'il se mêle moins de ses affaires. Michel va soutenir et guider mes personnages, il va les marquer profondément et continuer d'influencer leurs vies, même après son décès.

"Dès que j'ai terminé l'écriture de cette histoire, j'ai eu envie de la partager. Donc la savoir à portée de tous me comble de joie. Je commence à recevoir des messages de lecteurs."


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Je n'ai pas envoyé d'exemplaire de mon livre à Jean-Jacques Goldman, mais maintenant que vous m'en avez donné l'idée... LFC :Votre roman est rythmé par la musique de Jean-Jacques Goldman. C'est une déclaration faite au chanteur ? Lui avez-vous envoyé votre roman ? HC : C'est une déclaration, en effet ! Depuis toujours, Goldman est mon artiste solo préféré. J'admire ses talents de poète et de compositeur, et ses chansons m'ont beaucoup inspirée. J'aimais imaginer des histoires autour de ses textes, inventer le parcours des personnages qu'il chantait. Notamment ceux du cordonnier, du professeur et du saxophoniste de Il changeait la vie, d'où l'importance de cette chanson dans le roman. Et non, je ne lui ai pas envoyé d'exemplaire de mon livre, mais maintenant que vous m'en avez donné l'idée...

LFC : Au-delà de Goldman, quelles sont les influences culturelles qui ont porté la créativité de ce roman ? HC : Certaines de mes scènes sont rythmées par des chansons de Queen, de Brel, d'Aretha Franklin... Pendant la construction de ces passages, je les écoutais donc en boucle. En revanche, pour toutes les parties n'étant pas basées sur un morceau précis, je préférais écouter des musiques sans paroles, me permettant de m'évader complètement. Je suis une grande fan

HC : de musiques de films. Armand Amar, Michael Giacchino, Max Richter et Alexandre Desplat sont les compositeurs que j'ai le plus écoutés pendant l'écriture du livre. Sur un plan littéraire, j'ai toujours eu un faible pour les grandes histoires d'amitié. Du Jardin Secret aux Trois Mousquetaires, en passant par Harry Potter, toutes ces lectures ont nourri la relation de Raphaël, Rose, Mallory et Gustave.

Mes personnages sont écorchés oui, mais ils sont courageux. Ils ont la volonté de ne pas laisser les blessures de leur enfance définir les adultes qu'ils deviendront. LFC : Vos personnages sont beaux parce qu'ils sont écorchés et votre roman est grand parce que l'espoir demeure. Qu'en pensez-vous ? HC : Mes personnages sont écorchés oui, mais ils sont courageux. Ils ont la volonté de ne pas laisser les blessures de leur enfance définir les adultes qu'ils deviendront. C'est cette force de caractère que je trouve belle et fascinante chez certains de mes proches et que je voulais illustrer dans ce roman. Quant à l'espoir, il est parfois malmené, mais il demeure, en effet, car mes personnages se tendent la main, s'épaulent et parviennent, ensemble, à se convaincre que le plus beau reste à venir. LFC : Merci pour l'entretien, on vous laisse le mot de la fin... HC : Merci à vous ! J'espère avoir donné à vos lecteurs l'envie de découvrir mon roman et qu'ils passeront de jolis moments au lycée Picasso et à la ferme Verdier. De mon côté, je retourne plancher sur mon second roman !

3 RAISONS DE LIRE Une déclaration à Jean-jacques Goldman, toute une génération va se reconnaître. Des personnages fascinants, qu'on aime dès les premières pages. Le plus beau reste à venir Hélène Clément Albin Michel 560 pages 20€

Un roman sur le passage à l'âge adulte, sur ce qui reste à vivre.

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE


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1 0

L E S

R O M A N S

LITTÉRATURE FRANÇAISE ET ÉTRANGÈRE

D E

É T É

V O T R E

KAREN VIGGERS

IAN

ALEJANDRO

-

MC GUIRE

PALOMAS

LE

-

-

MURMURE

DANS LES

UNE

DU VENT

EAUX DU

MÈRE

-

GRAND

-

LES

NORD

CHERCHE

ESCALES

-

MIDI

ÉDITIONS

10/18

ÉDITEUR

-

-

-

546 PAGES

312 PAGES

320 PAGES

-

-

-

21,50€

17,90€

21€

Romancière australienne, Karen

Ian McGuire a grandi près de Hull, en

Alejandro Palomas est traducteur des

Viggers est aussi vétérinaire,

Angleterre, et étudié dans les

ouvrages de Gertrude Stein, Katherine

spécialiste de la faune sauvage. Son

universités de Manchester et de

Mansfield, Willa Cather ou encore

roman "La mémoire des embruns" a

Virginie. Il a cofondé le Centre pour la

Jack London, et aussi journaliste et

rencontré un franc succès l’été

Nouvelle Écriture à l’université de

scénariste. Finaliste également de

dernier (2016), numéro un des ventes

Manchester et enseigne actuellement

nombreux prix littéraires en Espagne,

de la maison d’édition Le Livre de

l’écriture créative à l’université de Nord

traduit dans une dizaine de langues,

Poche. Aujourd’hui, chez Les Escales

Texas. Considéré comme l’un des dix

avec Une mère (Cherche Midi

Éditions, elle publie pour l’été "Le

meilleurs livres de 2016 par le New

Éditeur), Alejandro Palomas est la

murmure du vent", dans lequel elle

York Times, "Dans les eaux du Grand

surprise hispanique de ce premier

met en scène une biologiste qui

Nord" est son premier roman paru en

trimestre 2017 avec la publication de

arpente seule la vallée des monts

France. Un baleinier du XIXe siècle met

son premier roman en France.

Brindabella pour observer le

le cap sur l’Arctique avec un tueur à

Barcelone, 31 décembre, dîner en

comportement des Kangourous. Elle

bord… Un roman magistral, une

famille, le moment idéal pour dresser

va y croiser un jeune journaliste en

tension narrative efficace qui place le

le portrait d’une fratrie aux travers

quête d’un article polémique et elle

lecteur au cœur du ventre du navire

succulents qui nous rappellent

va se lier d’amitié avec Abby, une

dans lequel deux hommes vont

franchement les nôtres. Une comédie

veuve qui vit dans ses souvenirs. Une

s'affronter dans la froideur de l'hiver

douce-amère, loufoque, digne de la

nature fidèlement retranscrite et des

arctique. Collision avec le mal à l'état

filmographie de Pedro Almodóvar. Un

sentiments à l'état sauvage. Captivant.

pur, entre poésie et émotion glaçante.

formidable moment de lecture.

Paul Ivoire est le chef d'une famille nombreuse : une femme, quatre enfants. Il vit avec tout ce petit monde en Bourgogne. Une formation scientifique, ingénieur agronome, ingénieur territorial, père au foyer, et aujourd'hui écrivain. On le découvre à la rédaction avec ce joli livre "Chacun son rêve" publié chez Anne PAUL IVOIRE À CHACUNSON RÊVE ANNE CARRIÈRE

Carrière. Sylvain est commercial et il gagne une somme dingue à l'Euromillions grâce à un SDF. Il le recherche pour le remercier, ce dernier est mort. C'est là que

296 PAGES

commence le bouquin... Un parisien à la campagne, le passé du SDF qui refait

18€

surface, de jolis rebondissements, une comédie humaine comme on les aime.


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VICTORIA HISLOP, CARTES POSTALES DE GRÈCE, LES ESCALES ÉDITIONS, 512 PAGES, 22,50€

Diplômée de littérature anglaise de l’Université d’Oxford, Victoria Hislop a vendu plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde de son premier roman « L’Île des oubliés » et a remporté le Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Aujourd’hui, elle publie son sixième roman « Cartes postales de Grèce », roman idéal pour accompagner votre été. Les couleurs de la Méditerranée sont illustrées dans ce très beau livre. L'héroïne Ellie trouve des cartes postales signées d'une simple initiale "A" chaque semaine dans sa boîte aux lettres jusqu'au jour où elle ne les reçoit plus. Privée de cette parenthèse enchantée qui enjolivait son quotidien, Ellie décide de découvrir la Grèce par ses propres moyens. Le matin de son départ, elle reçoit un carnet par la poste, celui d'un mystérieux homme. Victoria Hislop déclare sa flamme pour la Grèce dans ce roman savoureux. Elle évoque les coutumes avec un œil tendre et généreux. Un livre qui vous fera aimer La Grèce. Évidemment !

SARAH VAUGHAN, LA FERME DU BOUT DU MONDE, PRÉLUDES, 448 PAGES, 16,90€

Après le succès de « La Meilleure d’entre nous » (coup de cœur du Président du jury Prix Eugénie Brazier), Sarah Vaughan revient avec un roman émouvant « La Ferme du bout du monde » publié chez Préludes. Sarah Vaughan a travaillé pendant onze ans au "Guardian". Aujourd'hui, elle vit près de Cambridge avec son mari et leurs deux enfants. Les histoires de Sarah Vaughan nous font penser à celles des romancières tels que Karen Viggers, Victoria Hislop ou encore Margot L.Stedman. Son deuxième roman se passe en 1939. Deux jeunes quittent Londres pour s'installer dans une ferme au sommet d'une falaise de Cornouailles. Ils vivent tranquillement jusqu'à l'été 1943. Deux générations plus tard, Lucie rejoint la ferme de sa grand-mère. Les conséquences ancrées dans les mémoires de la Seconde Guerre Mondiale, une émouvante histoire d'amour, des non-dits, un décor où la nature a ses raisons, une réflexion intelligente sur la perte, la famille. Un roman qui vous offre un moment d'émotion extrêmement fort. Prévoir les mouchoirs. Fort.

CÉCILE HUGUENIN, PASSAGES DU DÉSIR, HÉLOÏSE D'ORMESSON, 224 PAGES, 19€

Cécile Huguenin nous avait touché en plein cœur avec son extraordinaire témoignage paru en 2011 chez les Éditions Héloïse d’Ormesson « Alzheimer mon amour ». Dans le passé, psychologue et coach, elle nous a proposé en 2016 à soixante-quatorze ans son premier roman « la Saison des mangues » qui a remporté le prix Alain-fournier 2016. Aujourd’hui, elle publie "Passages du désir" un roman audacieux qui parle du plaisir féminin après soixante ans. Une écriture singulière, une héroïne juste, une manière pudique de décomplexer la sexualité et l'âge mûr. Cécile Huguenin parvient tout en délicatesse à traiter de sujets sensibles avec une bienveillance de ton et une justesse d'esprit.


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DAMIEN LUCE, CLAIRE DE PLUME, HÉLOÏSE D'ORMESSON, 160 PAGES, 16€

Compositeur, pianiste, dramaturge, comédien et romancier, Damien Luce multiplie la pratique des arts avec passion. Frère aîné du chanteur Renan Luce et également de Claire qui vit à Perpignan avec ses parents. C'est elle, sa sœur, la raison d'être de ce récit bouleversant (rangé dans notre sélection roman parce que ça pourrait en être un !). "Claire de plume" va vous faire aimer la vie, même si... Même si elle n'est pas parfaite la vie de Claire, une petite fille née avec six doigts à chaque main et qui selon les médecins n'avait que quelques semaines à vivre. Rien ne se passe comme le disent les médecins, c'est ce qu'on découvre dans ce récit qui évoque le quotidien d'une famille confrontée à l'handicap. Damien Luce, touchant, pousse sa démarche littéraire jusqu'à tenter d'absorber la perception de Claire, jusqu'à la faire sienne. Un texte qui nous a touché en plein cœur. Sublime.

JACQUES EXPERT, NE NOUS QUITTONS PAS, ALBIN MICHEL, 304 PAGES, 19,50€

Jacques Expert a été grand reporter à France Inter, Directeur des magazines de M6, puis Directeur Général de Paris Première. Il est aujourd’hui Directeur des programmes de RTL. Il a publié de nombreux thriller dont "La femme du monstre", "Adieu", "Hortense" ou encore "Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils" (succès librairie) qui a été adapté en 2014 sur TF1 avec au casting Audrey Lamy, Jean-Paul Rouve, Anne Marivin et Sami Bouajila. Aujourd'hui, il publie "Ne nous quittons pas" chez Albin Michel, un roman cette fois-ci, pas de thriller. Et c'est une réussite totale ! Roman inspiré de sa vie puisque l'auteur fait référence à son père avec un mélange de rêve et de fiction, Jacques Expert surprend comme il sait le faire à chaque fois, même dans un registre dans lequel on ne l'attend pas. Été 1960, un petit garçon et son père maître-nageur voient débarquer le chanteur Jacques Brel et sa famille . Leur quotidien va être chamboulé pendant trois jours. Un roman drôle et tendre.

GWENDOLINE FINAZ DE VILLAINE, LES BRUMES DE GRANDVILLE, T1, T2 ET T3 FRENCH PULP, 300 PAGES, 18,99€, 300 PAGES, 18,99€ ET 316 PAGES, 18,99€.

French Pulp est une jeune maison d’édition audacieuse qui a publié en mars, avril et mai 2017 les trois tomes de la trilogie de Gwendoline Finaz de Villaine « Les Brumes de Grandville ». Le lecteur peut donc en toute tranquillité les lire les uns derrière les autres sans être frustré par l’attente insupportable du tome suivant durant des mois voire plus. Gwendoline Finaz de Villaine est habitée des mêmes passions que celles de son personnage principal Apollonie Destrac : auteur-compositeur, elle a elle aussi enflammé les planches des Folies Bergères en tant que chanteuse lyrique. Sa saga est parsemée d'influences autobiographiques, mélangeant ses expériences de scène et les rencontres humaines et artistiques qui ont jalonné sa vie. Romanesque.


EN PARTENARIAT AVEC

NOIR LFC MAGAZINE

FRANCK THILLIEZ PATRICK BAUWEN SONJA DELZONGLE LAURENT GUILLAUME ENTRETIENS EXCLUSIFS + LES 10 POLARS DE L'ÉTÉ

NUMÉRO 1 ÉTÉ 2017


NUMÉRO UN ÉTÉ 2017

AU MENU 29

FRANCK THILLIEZ Romans en série. Entretien exclusif.

34

PATRICK BAUWEN Doctor Strange. Entretien exclusif.

38

SONJA DELZONGLE La révélation polar. Entretien exclusif.

41

LAURENT GUILLAUME Le flic écrivain. Entretien exclusif.

44

LES 10 POLARS DE L'ÉTÉ La sélection polar qui tamisera votre été lumineux.

Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas significatifs.                                                         PAUL ASTER PAGE 28


PAR CHRISTOPHE MANGELLE

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#BEST SELLER

FRANCK THILLIEZ ROMANS EN SÉRIE Avec près de 4 millions d'exemplaires vendus à ce jour, Franck Thilliez est la référence du polar français. Aussi célèbre que lui, ces protagonistes fétiches, le couple Lucie Henebelle et Franck Sharko reviennent sur le devant de la scène de crime, plus unis que jamais. Vous allez vivre avec eux leur pire expérience de flics. Indispensable pour accompagner votre été. Rencontre avec Franck Thilliez pour parler de son nouveau polar et de ses projets TV. Révélations inédites.

Sharko de Franck Thilliez Fleuve Noir 576 pages, 21,90 €

LFC : Franck Thilliez, rien ne va plus. Franck Sharko et Lucie Henebelle trempent dans une affaire de meurtre. Pour quelles raisons avez-vous souhaité mettre vos personnages fétiches autant en difficulté dans ce nouveau thriller ? FT : Aujourd'hui, les lecteurs lisent mes romans autant pour l'enquête


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POUR LE LECTEUR, LA PROMESSE EST EXTRÊMEMENT FORTE : LUCIE HENEBELLE TUE QUELQU'UN SOUS NOS YEUX, IL N'Y A AUCUN RETOUR EN ARRIÈRE POSSIBLE : COMMENT VA-T-ELLE S'EN SORTIR ? FRANCK THILLIEZ policière que pour suivre les aventures de mes personnages. Leur destin ne peut pas être sans relief, si encombres, sinon on s'ennuierait vite. Qu'y a-t-il d'intéressant à lire la description de Sharko & Henebelle mangeant une pizza, s'il n'y a pas d'enjeu dans la scène ? Je dois donc imaginer des moyens d'instiller du drame dans leur couple, sans être répétitif d'un récit à l'autre. J'ai trouvé cette idée de leur faire franchir la ligne rouge, de les faire basculer du mauvais côté et de voir comment ils réagissent. Pour le lecteur, la promesse est extrêmement forte : Lucie Henebelle tue quelqu'un sous nos yeux, il n'y a aucun retour en arrière possible : comment va-t-elle s'en sortir ?

LFC : Avec cette épée de Damoclès placée au-dessus de la tête de votre duo de choc, vous parlez de culpabilité. Pour quelles raisons vouliez-vous aborder ce sentiment ? FT : C’est un sentiment qui taraude les flics en permanence, eux qui flirtent avec le bien et le mal, qui sont confrontés à la violence, la misère, ce qu’il y a de pire en l’être humain. Un policier a-t-il le droit d’avoir des sentiments, positifs ou négatifs, à l’égard d’un meurtrier ou d’une victime, dans l’exercice de ses fonctions ? Peut-il ressentir de l’empathie, de la colère, de la tristesse, face aux personnes impliquées dans une affaire criminelle ? Le thème de la culpabilité est intéressant, car il nous parle à tous. Dans nos propres vies, on s’est tous


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AUTEUR BEST-SELLER

4 MILLIONS D'EXEMPLAIRES VENDUS Et aussi... EN LIBRAIRIE NOUVEAUTÉ POCHE

NUMÉRIQUE BONUS GRATUIT

sentis, un jour, coupables de quelque chose : coupables de n’avoir rien dit, d’avoir bouleversé quelqu’un, de ne pas avoir révélé à nos proches combien on les aime. Dans le roman, le sentiment est exacerbé, car il concerne un meurtre. Il est très intéressant de voir à quel point il nous transforme. Ce qui est primordial dans une fiction, c’est que l’histoire transforme les personnages.

JE VOULAIS AVANT TOUT CREUSER SOUS TOUTES SES COUTURES LE SUJET DU SANG, TANT D’UN POINT DE VUE HISTORIQUE, SCIENTIFIQUE, SOCIÉTAL OU MYTHOLOGIQUE. LFC : Ce roman est très riche. Vous parlez du monde des vampyres avec un y, les fétichistes du sang, des malades qui consomment du sang qui n’ont rien à voir avec les vampires. Comment est née l’idée de parler de cela ? FT : Je voulais avant tout creuser sous toutes ses coutures le sujet du sang, tant d’un point de vue historique, scientifique, sociétal ou mythologique. Et quand on s’intéresse à la mythologie du sang, à tous les fantasmes que cet incroyable liquide a suscité au fil des siècles, on ne peut échapper aux vampires. En m’enfonçant dans ce monde obscur des "buveurs de sang", j’ai très vite dérivé vers des découvertes extraordinaires, notamment au niveau psychiatrique. Il existe de nombreuses maladies psychiques liées au sang, qui poussent les


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J'AI LA CHANCE DE POUVOIR PARTICIPER À L'ÉCRITURE, ET PLUS GLOBALEMENT ENCORE, AU PROJET, L'OBJECTIF ÉTANT DE RESTER LE PLUS FIDÈLE POSSIBLE À L'UNIVERS DES LIVRES. FRANCK THILLIEZ personnes concernées à être en contact permanent avec lui. Coupures, ingestion, voire meurtre, cela peut aller très loin. Aujourd’hui, les "vampyres" existent encore, et ils ne se baladent pas avec une cape rouge dans nos rues ! Au contraire, ils sont invisibles, enfoncés dans les strates les plus sombres de notre société.

chaque matin, pour continuer à raconter mes histoires. À chaque roman, j’essaie de faire du mieux possible, de remplir ma part du contrat avec le lecteur. Aujourd'hui, ce dernier lit chaque nouvelle histoire en me faisant confiance. Je tente juste d'être à la hauteur des romans précédents, sans avoir peur d'écrire des choses nouvelles : huis clos, romans plus psychologiques, polars purs et durs.

LFC : Aujourd’hui, vous avez vendu plus de 4 millions d’exemplaires. Comment faites-vous pour continuer d’écrire sans pression ?

LFC : Une série de dix épisodes de 52 minutes va voir le jour reprenant les livres Le syndrome E et Gataca. Vos impressions ?

FT : Le secret, c'est la passion. Après 15 ans, je suis toujours aussi heureux et excité de monter dans mon bureau,

FT : C'est génial, j'en suis très heureux ! Mes histoires et mes personnages vont prendre vie, c'est quelque chose de très fort pour un


PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE

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JE VOUS DONNE RENDEZ-VOUS L'ANNÉE PROCHAINE POUR DE NOUVELLES HISTOIRES.

romancier. Pour la chaîne (qui reste encore à définir), c'est également très intéressant et rassurant, car elle dispose déjà de six aventures qui peuvent constituer autant de saisons. J'ai la chance de pouvoir participer à l'écriture, et plus globalement encore, au projet, l'objectif étant de rester le plus fidèle possible à l'univers des livres. Il est important pour moi (et la maison de production) de conserver la noirceur des histoires et le caractère particulièrement torturé des personnages. L'aventure démarre à peine, mais elle promet déjà d'être une très belle expérience ! Sharko de Franck Thilliez Fleuve Noir 576 pages, 21,90 €

LFC : Merci pour l'entretien, on vous laisse le mot de la fin… FT : Je souhaite un bel été à tous les lecteurs, profitez-en pour vous immerger dans un bon livre. Ce qui est génial avec un roman, c'est que vous pouvez voyager même en restant au fond de votre canapé ! Quant à moi, je vous donne rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles histoires !


PAR CHRISTOPHE MANGELLE

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#INTERVIEW

PATRICK BAUWEN DOCTOR STRANGE Patrick Bauwen est un personnage fascinant. Il vit à cent à l'heure, il dirige le service d'urgence d'un hôpital de la région parisienne. Mais pas seulement... C'est aussi un des noms du polar en France. L'œil de Caine en 2007 s'est vendu à 40 000 exemplaires et a obtenu le prix Polar des lecteurs du Livre de Poche et le prix Carrefour du premier roman. Il publie ensuite Monster en 2009 qui obtient le prix Maison de la Presse et Seul à savoir en 2010 qui rafle à son tour le prix Littré.

Le jour du chien de Patrick Bauwen Albin Michel 432 pages, 21,50 €

Aujourd'hui, on papote avec lui pour parler de son nouveau thriller Le jour du chien qui vient tout juste d'être récompensé par le Prix du Polar 2017 Babelio. Rien n'arrête la success story de Patrick Bauwen. Rencontre ! LFC : Vous publiez aujourd’hui « Le jour du chien », cinquième thriller. Pour résumé, vous êtes urgentiste le jour et écrivain la nuit ? Cette expérience de l’univers médical alimente-t-elle vos romans ?


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PARIS PERSONNAGE CLÉ

LFC : Dans ce roman, Paris est un personnage à part entière. Comment est née l’idée de placer votre action dans Paris ? PB : Cette ville ensorcelante est celle où j’ai passé toutes mes années d'étude. J’y ai disséqué mes premiers cadavres,

J'AI DÉLAISSÉ LES GRANDS ESPACES AMÉRICAINS (...) POUR ME PLONGER DANS MES RACINES : PARIS.

AUTEUR MACHIAVÉLIQUE ? PB : J’exerce effectivement un double métier d’écrivain/médecin. En d’autres termes, je soigne des gens dans la vie réelle, et j’en tue dans les livres. Machiavélique ? Mmm pas tant que ça. Si l’on y regarde de plus près, les médecins qui manient la plume ont toujours été très nombreux. Et particulièrement dans le domaine du polar. L’un vient facilement avec l’autre : chaque patient, chaque cas, est une véritable enquête que l’on va mener par le raisonnement et l’emploi d’outils précis afin de résoudre un mystère. En médecine, il y a de l’humain, des sentiments, de la peur, de l’adrénaline, des retournements de situation, et souvent le coupable n’est pas celui que l’on croyait. Écrire des romans policiers s’imposait ! L’un de mes modèles est d’ailleurs un célèbre ophtalmologue qui, toute sa vie durant, a utilisé les méthodes cliniques d’investigation en les appliquant à son personnage principal. Je parle de… Conan Doyle et son fameux Sherlock Holmes, bien sûr.

vécu mes premiers chocs au sein des urgences, j’ai traversé les artères de la ville et j’en ai exploré les moindres recoins, j’ai arpenté ses catacombes, connu les fêtes étranges dont je parle, fait de bonnes et de moins bonnes rencontres… Tous ces moments, ces émotions, constituaient le matériau brut d’un roman que je n’avais plus qu’à raconter. Pour une fois, j’ai délaissé les grands espaces américains – que j’affectionne particulièrement – pour me plonger dans mes racines, et celles de ma ville par la même occasion. C’était plus qu’une simple envie : j’en avais besoin. LFC : Le dénouement de votre thriller est une claque. Connaissiez-vous la fin avant de la rédiger ? PB : Je suis obligé de connaître la fin d’un livre avant d’en commencer l’écriture. Le polar exige une mécanique précise et implacable, c’est un contrat passé avec le lecteur, une promesse de vous entrainer dans une histoire riche en rebondissements,


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JOUER AVEC LES NERFS DES LECTEURS EST LE GRAND PRIVILÈGE DE L’ÉCRIVAIN. JE NE SAURAIS PAS M’EN PASSER. PATRICK BAUWEN PB : ...en situations inédites, de vous faire trembler et de vous donner des insomnies. Le moins que je puisse faire est donc de travailler, travailler, pour proposer la distraction la plus efficace possible. C’est mon unique souci. Le début et la fin d’un livre, ainsi que son découpage, sont les piliers sur lesquels reposent la structure. Mais cela ne m’empêche pas de sinuer entre les fondations ou d’emprunter des passages secrets pour suivre les humeurs des personnages. LFC : Avec ce roman, vous jouez avec les lecteurs sans en abuser, c’est très maitrisé. Qu’en pensez-vous ? PB : Ce jeu avec le lecteur est un grand plaisir d’écriture. C’est une déformation professionnelle qui m’est venue très naturellement. Je viens du monde du Jeu de Rôle, j’ai longtemps travaillé sur des scénars pour des jeux aussi divers que L’Appel de Cthulhu, Donjons et Dragons, Star Wars... Le but était alors de proposer aux joueurs des moments exaltants, avec des rebondissements et une trame conçue pour leur faire vivre des aventures inoubliables.

Cette dimension ludique se retrouve aujourd’hui dans mes livres. Je donne des pistes, des indices, j’envoie dans une direction, dans une autre, vous pensez avoir deviné, et bim ! surprise ! Oui, je l’avoue : jouer avec les nerfs des lecteurs est le grand privilège de l’écrivain. Je ne saurais pas m’en passer.


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J'ÉCRIS ACTUELLEMENT MON PROCHAIN THRILLER. IL SERA PRÈS POUR 2018. PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE

LFC : Travaillez-vous sur le prochain thriller ? Quels sont vos projets ? PB : J’écris actuellement mon prochain thriller. Il sera près pour 2018. Je ne peux guère vous en dire plus, à part la chose suivante : un soir, il y a longtemps, le Chien m’est apparu au détour d’une balade dans les profondeurs de la capitale. Presque aussitôt, Chris Kovak s’est dressé face à lui. Et j’ai su que ces deux-là allaient danser ensemble…  Le Chien va-t-il réapparaître ? A-t-il envie d’une autre danse ? Il est là, il nous écoute, il soupire, parfois il grogne et trépigne... J’ai l’impression qu’il a envie d’aller faire un tour, quelque part dans les ténèbres, juste sous nos pieds. Et il s’y trouve peut-être déjà, qui sait ?

NOTRE AVIS Un page-turner d'une efficacité redoutable qui joue avec le lecteur en lui offrant des révélations fracassantes avec la promesse d'un final bluffant. Indispensable pour votre été.


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PAR CHRISTOPHE MANGELLE

#NEWTALENT

SONJA DELZONGLE LA RÉVÉLATION POLAR

Récidive de Sonja Delzongle Denoël 412 pages, 20,90 €

Sonja Delzongle s'est imposée dans le polar français comme une référence avec trois romans noirs mettant en scène Hanah Baxter, une héroïne forte avec une dimension psychologique marquante. Si bien qu'après lecture de Dust, Quand la neige danse et le tout nouveau Récidive (Denoël), on referme les livres, mais on n'oublie pas Hanah Baxter. Jamais. Elle reste dans nos mémoires, devient une référence culturelle. Rencontre avec un talent qui n'a pas fini de faire parler d'elle. À lire d'urgence.


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HANAH EST HOMOSEXUELLE, MAIS COMME ELLE AURAIT PU ÊTRE HÉTÉROSEXUELLE. JE N'AI PAS VOULU EN FAIRE UN SUJET. SONJA DELZONGLE LFC : Vous publiez aujourd’hui «Récidive », votre troisième thriller. Nous avons le plaisir de retrouver Hanah Baxter. Pour quelles raisons avez-vous souhaité en dévoiler davantage aux lecteurs sur sa vie personnelle ? SD : Au fil des deux premiers opus de cette trilogie dont Récidive est le dernier, le passé tragique d'Hanah est distillé par petites touches et le lecteur, qui peut ainsi en suivre la trame, reste sur sa faim malgré tout. Il fallait donc l'assouvir par ce troisième opus consacré au dénouement de l'histoire personnelle d'Hanah Baxter. Je le lui devais, ainsi qu'au lecteur. Sinon, ce qui précédait n'aurait pas eu de sens. LFC : Ce personnage compte aujourd’hui dans le paysage du thriller français comme le couple Sharko/Hennebelle de Franck Thilliez. Êtes-vous fière de sa percée ? Ce personnage vous a-t-elle surpris au cours de l’écriture ? SD : La comparaison est plus que flatteuse, étant donné la renommée de Sharko et Lucie Hennebelle. Oui, très fière d'Hanah comme on peut l'être de la réussite de son enfant ou d'un proche. Ce qui m'a surprise surtout, je crois, c'est ce potentiel de personnage récurrent auquel je ne l'avais pas destinée de

prime abord, n'étant pas trop attachée à ce mode qu'affectionnent beaucoup d'auteurs. Mais Hanah s'est avérée posséder toutes les qualités pour faire un retour justifié dans les deux autres opus et accrocher les lecteurs. Ce sont justement eux qui sont à l'origine de cette belle percée et je les en remercie du fond du cœur. LFC : L’homosexualité est brillamment abordée dans ce thriller. Pourquoi avezvous souhaité en parler ? SD : Hanah est homosexuelle, mais comme elle aurait pu être hétérosexuelle. Je n'ai pas voulu en faire un sujet. En revanche, la différence et la discrimination faisant partie des thématiques de mes romans, il était inévitable pour moi d'en aborder l'un des principaux aspects au travers de l'homosexualité et de l'intolérable intolérance qui l'entoure encore aujourd'hui dans beaucoup de milieux professionnels et socioculturels. Dans Récidive, il se trouve que c'est un des gendarmes qui est gay, d'où la difficulté pour lui de l'assumer dans un tel contexte. Professionnel comme familial d'ailleurs. Un auteur est un driver, un conducteur d'idées, d'opinions, un avertisseur, un lanceur de messages. Il signale, attire l'attention, sensibilise. Je ne fais que mon métier. 


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UN AUTEUR EST UN DRIVER, UN CONDUCTEUR D'IDÉES, D'OPINIONS, UN AVERTISSEUR, UN LANCEUR DE MESSAGES. IL SIGNALE, ATTIRE L'ATTENTION, SENSIBILISE. SONJA DELZONGLE PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE MANGELLE

NOTRE AVIS LFC : De livre en livre, votre style monte en puissance. Comment expliquez-vous cela ? SD : Le travail et encore le travail. Pour lequel je dois beaucoup à mon éditrice. Une meilleure compréhension de ce qu'est l'écriture d'un roman. Je suis plus à l'aise avec la construction aussi. Une maturation du style, des idées, qui, je l'espère, se bonifient avec le temps. Mieux vaut que ce soit dans ce sens... LFC : Travaillez-vous déjà sur votre prochain roman ? Quels sont vos projets ? SD : Oui, j'ai presque terminé la première mouture. Et je commence déjà à réfléchir sur les prochains. Mes projets ? Ecrire. LFC : On vous laisse le mot de la fin... SD : Savoir conclure est le plus difficile dans un roman et finalement dans une interview aussi. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Enfin, il essayèrent d'être heureux, mais ce n'était pas gagné.

Atypique, noir, fort, dérangeant, efficace, haletant, intelligent, Sonja Delzongle surprend avec ce troisième opus extrêmement bien maîtrisé. Le lecteur dévore ce roman noir à vive allure, de page en page, veut savoir et saura ! Récidive tient ses promesses. Et pour ceux qui n'ont pas lu Dust et Quand la neige danse, on commence par le début, c'est bien mieux !


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PAR CHRISTOPHE MANGELLE

#NEWTALENT

LAURENT GUILLAUME LE FLIC ÉCRIVAIN

Bronx, la petite morgue de Laurent Guillaume French Pulp 300 pages, 18,99 €

Après une enfance passée dans la région genevoise, Laurent Guillaume se rend à Lyon pour y suivre des études de droit qui l'amènent, en 1993, à l'école de police de laquelle il sort avec le grade de lieutenant de police. En découle une carrière palpitante qui lui servira de terreau pour l'écriture de ses romans. Plus jeune, il a découvert la littérature avec Jack London, James Oliver Curwood, Herbert Lieberman, David Goodis, Dashiell Hammet, Raymond Chandler et l’écrivain anglais Robin Cook. Il a coscénarisé avec Olivier Marchal et Christophe Gavat le téléfilm de France 2 Borderline adapté du livre 96 heures un commissaire en garde à vue de Christophe Gavat . Et il a créé et scénarisé avec Olivier Marchal la série Section Zéro pour Canal plus. LFC Magazine est heureux de donner la parole à Laurent Guillaume pour son nouveau roman Bronx, la petite morgue publié chez French Pulp.


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LFC : Racontez-nous en quoi le fait d’avoir été lieutenant de police vous a permis de devenir écrivain de romans policiers depuis 2009 jusqu’à aujourd’hui ? LG : Je ne sais pas si le fait d’avoir été officier de police m’a permis de devenir romancier, mais il est vrai que mon ancien métier m’a procuré du « grain à moudre », une expérience qui agit comme une patine sur mes romans. Ce vernis de réalisme vous le retrouvez chez d’autres auteurs qui ont fait un passage plus ou moins long par la grande maison. Cependant les maisons d’édition ne s’y trompent pas. Combien d’entre nous, passés à l’écriture, ont entendu dans la bouche d’un éditeur : « Encore un flic qui écrit ! » puis ils posent la vraie question, la seule qui vaille : « Vous avez sans doute de bonnes histoires à raconter, mais comment allez-vous les écrire? ». Plus je vieillis, plus j’ai d’expérience et plus je réalise que le style est primordial. C’est la raison pour laquelle j’essaie de m’améliorer. Une bonne histoire ne suffit pas et le souci du réalisme peut devenir sclérosant. Dans mon prochain roman (en cours d’écriture) j’ai décidé de m’affranchir de certains détails procéduraux dont le lecteur n’a, de toute façon, que faire. LFC : De votre flic borderline dans "Mako" à vos intrigues au Mali dans "Delta Charlie Delta », vous relevez un nouveau challenge avec « Bronx - La petite morgue » votre nouveau roman en plaçant cette fois-ci votre action aux États-Unis. Comment est née l’idée ? LG : L’idée m’était venue d’écrire une sorte de pastiche du roman noir américain. En règle générale, je n’aime pas les romans écris par des Français se déroulant aux États-Unis avec des enquêteurs du FBI portant des noms comme John Anderson, traquant des serials killers (je déteste les histoires de tueurs en série), ça sonne faux. Dans le cas de Bronx, je n’ai pas cette impression parce que justement il s’agit d’un pastiche ou plutôt un hommage aux

grands du roman noir américain. D’ailleurs presque tous les noms des personnages du roman sont tirés de romans de David Goodis. Du coup ça passe, me semble-t-il.

CHACUN DES HÉROS DE BRONX EST UN ARCHÉTYPE AVEC LES DÉFAUTS QUE CELA IMPLIQUE ET LA PROXIMITÉ AVEC LE LECTEUR QUE CELA INDUIT. LAURENT GUILLAUME LFC : Comment avez-vous travaillé l’âpreté des personnages ? LG : Je n’ai pas particulièrement travaillé l’âpreté des personnages. J’ai lu tant de romans noirs qu’ils existent dans mon esprit. Chacun des héros de Bronx est un archétype avec les défauts que cela implique et la proximité avec le lecteur que cela induit. C’est l’univers du roman noir américain qui est âpre. Les personnages eux se démerdent pour survivre et s’offrir un monde meilleur que de toute façon ils n’obtiendront jamais. Ils échouent presque toujours. Le roman noir est résolument pessimiste. LFC : Quelles sont vos influences pour la rédaction de ce roman ? LG : Hammett, Chandler, Thompson et surtout Goodis. David Goodis est pour moi l’un des plus grands auteurs de son temps, l’écrivain des pauvres, des sans-grades et des réprouvés. LFC : Dans votre bouquin, vos personnages se flinguent à coup de flingue et de punchline. Cette langue qui cogne, c’est fait exprès ?


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STEPHEN KING DISAIT QU’ON APPREND À ÉCRIRE EN LISANT LES MAUVAIS AUTEURS. JE SUIS D’ACCORD, MAIS À TITRE PERSONNEL JE PRÉFÈRE LIRE LES BONS COMME MICHEL QUINT (QUI SIGNE LA PRÉFACE). C’EST MOINS DOULOUREUX. LAURENT GUILLAUME LG : Dans les romans des années 50 et plus particulièrement chez Goodis, les dialogues sont stratégiques. Dans certains bouquins comme Vendredi 13, il y a si peu de descriptions et tant d’échanges verbaux entre les protagonistes qu’on pourrait presque se croire dans une pièce de théâtre. Pour respecter l’idée de pastiche/hommage au roman noir, j’ai dû écrire des dialogues un rien datés avec des expressions surannées comme « en faire baver des ronds de chapeau » ou « t’as pas l’air joice ». En fait je me suis bien amusé. Le tout était de ne pas trop en mettre afin de ne pas virer au grand guignol.   LFC : Dans votre livre figure une préface de Michel Quint. Dites-nous vos impressions. LG : Michel Quint est un écrivain magnifique et, en quelque sorte, un parrain en écriture. Il m’a fait l’honneur d’écrire la préface et il m’a aidé dans la correction. C’était inespéré. Les quelques lignes qui introduisent Bronx sont si belles que le corps du texte souffre un peu de la comparaison, je trouve. Il faut vraiment relire Michel 

Quint. Stephen King disait qu’on apprend à écrire en lisant les mauvais auteurs. Je suis d’accord, mais à titre personnel je préfère lire les bons comme Michel. C’est moins douloureux. LFC : Continuez-vous d’écrire ? De quoi parlera votre prochain roman ? Pour quand est-il prévu ? LG : J’ai plusieurs projets, dont l’écriture d’un polar, pour Denoël avec un nouveau personnage de flic iconoclaste et un rien décalé. Une sorte d’anti-Mako un peu grinçant. En outre je prépare une suite aux aventures de Solo Camara dans un Mali en guerre avec pour décor la Françafrique que je déteste, mais que j’adore raconter. Enfin, j’ai un troisième projet, passionnant et très différent de tout ce que j’ai écrit jusqu’à présent. Mais je ne peux pas en parler pour l’instant.

NOTRE AVIS

Un livre choc, avec des punchlines efficaces, des dialogues qui claquent, des écorchés de la vie comme antihéros, un New-York des années 50 dont vous vous souviendrez après lecture. Une claque, un choc, un roman coup de poing.


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LES 10 POLARS DE L'ÉTÉ

Comme le soleil sera là, rien de mieux qu'une petite sélection de dix romans noirs pour l'été, histoire de tamiser l'ambiance.                                                                                                   Par Christophe Mangelle

L'INDISPENSABLE Attention, le thriller de l'été ! Daniel Cole vous offre un coup de maître pour Ragdoll (La Bête Noire / Robert Laffont) déjà vendu dans plus de 35 pays et en cours d'adaptation pour une série TV. Le début est gore, un "cadavre puzzle" recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture. L'inspecteur Wolf dirige l'enquête et plonge le lecteur en immersion au cœur de l'enfer. Saignant. Haletant. Inimaginable.

DEVENIR UN AUTRE

LA NOUVELLE

À VOUS COUPER LE SOUFFLE !

Laurent Bettoni est l'auteur de l'excellent Le premier roman de la danoise Anna Mauvais garçon, très gros Ekberg La Femme secrète frappe fort, très coup de cœur de la fort. Intrigue magistrale, rebondissements rédaction. Aujourd'hui, il incessants, histoire captivante, le lecteur a monté sa maison partagera pleinement les péripéties de d'édition Les Indés (allez Louise Andersen, la quarantaine, qui vit paisiblement sur l'île de Bornholm jusqu'au visiter le site, c'est top ! Il jour où Edmund reconnaît sa femme Hélène, y a de nombreux choix de lecture). Parfois aussi sauf que Hélène, c'est Louise. Un livre à critique littéraire, Laurent couper le souffle avec une héroïne perdue Bettoni revient en et des lecteurs parfois paumés. Génial. librairie avec Les remords de l'assassin actuellement chez VOIX US Marabout. Un thriller Une nouvelle voix US déboule en librairie psychologique de haute chez les éditions Le Masque, Tim Johnson volée avec des avec La Descente. Décor de montagnes personnages tragiques abruptes, paysage de toute beauté, la dans des situations famille Courtland est sous le charme, lieu extrêmes. Chacun devra de leurs vacances. Caitlin, la fille, dix-huit répondre à une question : ans disparaît. Ce thriller est brillant, on la maladie mentale estatteint les sommets d'une atmosphère elle un crime ? Réponses terrifiante. Le monde de la famille se dans ce thriller haletant délite... Le lecteur pétrifié en est le qui vous mettra KO. Une témoin. Que s'est-il passé ? Addictif. lecture recommandée.


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EFFICACE Avec Les 500 (droits achetés par la 20th Century Fox), Matthew Quirk a fait une entrée fracassante sur la scène internationale du thriller, aujourd'hui, il confirme son talent avec Confidentiel Défense chez Cherche Midi Éditeur. Un escroc à la retraite repique pour une dernière affaire, un hold-up de très haut niveau au point de mettre en danger sa propre vie et celle de ses proches. Un page-turner à dévorer.

UNE CHASSE À L'HOMME IMPLACABLE Auteur de plusieurs romans, Thierry Berlanda revient aux éditions du Rocher avec Naija, un thriller racontant l'histoire d'une chasse à l'homme implacable. Le personnage principal est le dirigeant d'une mystérieuse firme internationale, le lecteur va être projeté dans le monde demain, celui qui peut faire peur avec le trafic d'organes, les manipulations génétiques, les hybridations monstrueuses ou encore les nanotechnologies ultraperformantes. Passionnant et surtout ouvre à la réflexion.

UNE PÉPITE DU POLAR POLONAIS Des personnages sombres, une réalité brutale des travers de la société polonaise, au cœur de l'hiver glacial, l'inspecteur arrive sur les lieux d'un incendie. Un pyromane sévit dans les rues de Varsovie. Panique... L'inspecteur Jakub Mortka reviendra d'autres mésaventures et ça c'est une bonne nouvelle. Car le personnage est fragile, fort, harcelé par sa hiérarchie. Touchant. Attachant. Pyromane est une pépite du polar polonais que les éditions Agullo Noir publient pour notre plus grand plaisir.

EXTRÊME ET HALETANT

David-James Kennedy est l'auteur de Ressacs (2014, en poche chez Pocket en 2017) pour lequel il a reçu le Grand Prix Sang d'Encre du festival du roman policier de Vienne. Aujourd'hui, il publie Malgré elle (Fleuve Noir). Dans ce thriller vertigineux qui nous fait voyager du Danemark à la Grèce, l'auteur aborde le thème de l'adolescence, des regrets et de la cruauté. Un auteur qui en a sous le pied. On en redemande !


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LES 10 POLARS DE L'ÉTÉ VENGEANCE FROIDE

Sébastien Bohler nous avait bluffé avec Neuroland (à lire si ce n'est pas encore fait). Aujourd'hui, il confirme. Spécialiste en neurobiologie moléculaire, il s'est orienté vers le journalisme. Directeur de la revue Psycho et cerveau, chroniqueur sur France Inter et Arté (28 minutes). L'homme qui haïssait le bien (Robert Laffont) s'appuie également sur son expérience. Franck Corsa, psychopathe surintelligent, génie de la science, en prison, réussit à mettre au point un protocole permettant de déchiffrer le code neural d'un cerveau. Bref, il sait lire dans les pensées des gens. Vincent Carat, brillant chercheur, va utiliser Franck comme cobaye qui se porte volontaire. Il tente une opération pour le guérir de son mal. Ça ne marche pas, Franck s'enfuit et incarne le mal plus que jamais. Toutes les polices sont à ses trousses. Lui, il ne veut qu'une seule chose : incarner le mal, se venger, en commençant par sa mère. Haletant, énergique, vif, génial, vous êtes sûr de ne pas vous ennuyer !

UNE VOIX FÉMININE Marie Vindy est une voix féminine originale dans le roman noir, à la réputation déjà solide. Elle a publié Une femme seule, Cavales et Chiennes. Avec Justice soit-elle (sang Neuf), elle porte un cri de colère contre les violences faites aux femmes et s'insurge du mépris d'une justice à deux vitesses. Cette fiction haletante et rondement bien menée s'inspire de faits réels. Une très belle surprise à s'offrir.

NOUVELLE COLLECTION >> DU SANG NEUF DANS LE ROMAN NOIR Marc Fernandez, le journaliste littéraire des polars, des romans noirs et des thriller, également auteur de Mala Vida (La Fringale Culturelle.fr avait consacré une interview filmée) et Guérilla Social Club (Préludes) se lance dans l'aventure de l'édition avec cette fois-ci la casquette d'éditeur. Il est à l'initiative de Sang Neuf, la nouvelle collection consacrée aux romans noirs des éditions Plon. Voici les quatre premières publications. Belle route !

Un Fight Club à la française, véritable coup de poing littéraire.

Surveillance de masse, flicage, menace extérieure, un roman actuel.

La voix du polar africain, qui a déjà publié plusieurs romans chez Jigal.


EN PARTENARIAT AVEC

Feel Good! NUMÉRO 1 ÉTÉ 2017

ÉTÉ'L ED DOOG LEEF SNAMOR 01 SEL

ET AUSSI... SAVERIO TOMASELLA NICOLAS ROBIN OLIVIA ZEITLINE ANTOINE PAJE

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FEEL GOOD ! AU MENU P48 LES 10 ROMANS FEEL GOOD La sélection de l'été de la rédaction P49

RAPHAËLLE GIORDANO

Numéro un des ventes avec ses deux romans, l'un en poche, l'autre en grand format. P52

NICOLAS ROBIN

Le souriant Nicolas Robin avec ses histoires ordinaires. P55

SAVERIO TOMASELLA

L'expert de l'hypersensibilité propose son premier roman. P58

OLIVIA ZEITLINE

L'intuition au cœur d'un excellent premier roman entre fiction et développement personnel P61

ANTOINE PAJE

Le romancier au titre à rallonge et au plaisir de lecture XXL. P64

AGNÈS LEDIG

L'authentique, la romancière best-seller, la boss ! P67 PAGE 48


FEEL GOOD

Les 10 romans FEEL GOOD DE L'ÉTÉ DOSSIER

L'été est là, enfin. Le meilleur moment pour se poser avec un bon bouquin, sauf que... Quoi lire ? Voici la sélection des dix romans feel good de l'été concoctée par la rédaction. De quoi vous séduire et vous aider dans vos choix de lecture estivale.

Par Christophe Mangelle

La Plage de la mariée Clarisse Sabard, Charleston Lauréate de la deuxième édition du Prix du Livre Romantique pour son premier roman "Les lettres de Rose", Clarisse Sabard confirme ses premiers pas prometteurs avec son deuxième roman "La Plage de la mariée", lieu-indice où son personnage Zoé va être à la recherche de la vérité sur son père. Une quête qui vous amènera sur le chemin de l'amour sous toutes ses formes. Romance et feel good au programme !

En roue libre, Lisa Owens, Belfond Lisa Owens est née en 1985 et a passé son enfance entre Glasgow et le Hertfordshire. Aujourd'hui, elle vit à Londres, où elle a travaillé dans le milieu de l'édition pendant plusieurs années. "En roue libre" (Belfond) est son premier roman dans lequel son anti-héroïne, trentenaire londonienne erre chez elle depuis six mois affaiblie par une tendance à la procrastination et à un surplus d'auto-apitoiement qui l'éloignent sévèrement vers l'obtention du job de ses rêves. Au fur et à mesure, le lecteur partage les angoisses d'une génération qui se reconnaîtra forcément. Le désir d'enfant, la famille, le travail, le couple sont les thèmes qui nourrissent les saynètes pleines d'humour et d'observations légères. Très amusant.

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Quelqu'un à qui parler Cyril Massarotto XO Éditions Il n'est jamais trop tard pour parler d'un livre qui nous a plu. Alors oui ce roman est en librairie depuis début février, mais c'est la lecture idéale pour vous accompagner tout l'été à la plage. Cyril Massarotto signe régulièrement des romans réalistes avec un zeste de fantaisie et d'émotion. Il s'est fait remarquer avec "Dieu est un pote à moi" et "Cent pages blanches". Aujourd'hui, la tendresse, l'humour et la justesse font de son nouveau roman "Quelqu'un à qui parler" un livre émouvant. Samuel, un trentenaire sympa, un peu perdu dans la vie, seul le soir de ses 35 ans va composer son vieux numéro d'enfance de huit chiffres... Stupeur, quelqu'un répond. C'est lui lorsqu'il avait dix ans. Une aventure romanesque, pétillante et profonde. PAGE 50

Miss Cyclone Laurence Peyrin Calmann Lévy

Marie Vareille Là où tu iras j'irai Mazarine

Laurence Peyrin a reçu le Prix Maison de la presse en 2015 pour son excellent premier roman "La drôle de vie de Zelda Zonk" (Kéro). Elle publie son troisième roman aujourd'hui "Miss Cyclone" (Calmann-Lévy), l'histoire d'une amitié indéfectible entre deux jeunes femmes à New-York à quatre moments marquants de la vie. Une déclaration d'amour aux femmes et à New-York. Vibrant.

Marie Vareille a reçu le Prix Confidentielles pour "Je peux très bien me passer de toi" (Charleston) et le Prix du meilleur roman jeunesse du Parisien pour "Élia, la Passeuse d'âmes (PKJ). Dans son 4ème roman, "Là où tu iras j'irai" (Mazarine), on retrouve une actrice ratée qui refuse la demande en mariage de son mec. Elle se retrouve à la rue avec 24€. Elle accepte un job qui l'envoie en Italie et c'est là-bas qu'elle va rencontrer un petit garçon blessé par la vie. Cela va bouleverser sa vision du monde. Une comédie flamboyante et lucide. Attendrissant.

L'heure des comptes Louise Long, Flammarion Louise Long est directrice d'agence bancaire à paris. "L'heure des comptes" est son premier roman, inspiré de son expérience puisqu'elle met en scène une directrice d'agence bancaire, près de la cinquantaine, qui a réussi sa vie de famille tout comme sa carrière et qui va tout perdre pour une histoire passionnelle avec un collaborateur plus jeune. Un roman qui nous plonge dans les coulisses de la banque et qui s'interroge sur l'après quand on a tout accompli et que la séduction se tarit. Pertinent.

FEEL GOOD


Petites surprises sur le chemin du bonheur Monica Wood Kéro

Poppy et les métamorphoses Laurie Frankel Fleuve Éditions

Monica Wood a travaillé comme conseillère d'éducation. Aujourd'hui, elle vit dans le Maine où elle se consacre à l'écriture. Son premier roman traduit en français "Petites surprises sur le chemin du bonheur" chez Kéro met en lumière un personnage d'âge mûr : 104 ans. Une histoire de rencontre inattendue entre une vieille dame qui pensait que la vie n'avait plus rien à lui offrir et un jeune garçon coincé dans les affres d'une famille en plein tourment. Le roman est un road trip vivifiant, intergénérationnel où l'espoir est un leitmotiv. À mettre entre toutes les mains pour un été hilarant, drôle et émouvant.

Après "Adieu ! Ou presque..." (en poche chez Pocket), Laurie Frankel revient avec un deuxième roman publié chez Fleuve Éditions "Poppy et les métamorphoses" dans lequel elle aborde un sujet tabou : la dysphorie de genre chez l'enfant. Claude n'est pas un petit garçon comme les autres, il veut aller à l'école avec un sac à main. Plus grand, il annonce qu'il veut être une fille. Toute la famille va être confrontée à des épreuves difficiles. Intelligent, utile, loin des discours sectaires.

FEEL GOOD

COUP DE CŒUR

Jeanne-Marie Sauvage-Avit Cueilleuse de thé Charleston Professeur d'histoire et de géographie à la retraite, JeanneMarie sauvage-Avit vient de remporter le Prix du Livre Romantique 2017 décerné à Cabourg qui a révélé la romancière Clarisse Sabard. Son roman "La cueilleuse de thé" vous fera voyager du Sri Lanka à Londres, à la découverte d'une culture et d'un pays inconnus. Son héroïne va découvrir une autre façon de vivre, d'être et de s'écouter. Un roman d'une grande qualité littéraire avec la promesse d'une histoire captivante.

Furiously Happy Jenny Lawson, Fleuve Éditions Jenny Lawson est la créatrice du blog "The Bloggess", l'un des blogs les plus populaires aux États-Unis, inscrit au Top 100 des sites féminins par "Forbes". Dès sa sortie, "Furiously Happy"' a figuré dans la liste des 10 livres les plus drôles de l'année de "Kirkus Reviews", et a été élu Meilleur livre du mois sur Amazon. Jenny souffre d'une dépression, mais un jour c'est le déclic : elle décide de dire "oui" à toutes les opportunités absurdes pour profiter à fond des bonnes expériences et dire "fuck" à ses angoisses et son anxiété. Une philosophie qui a conquis des milliers de lecteurs dans le monde. Pourquoi pas vous ? PAGE 51


#Best Seller

Une R3Araisons P H Ade Ë lire... L L E G I O R 01 DA Nfiction O AquiUvousT veut OP ! du bien.

Ce livre fait de votre hypersensibilité une force positive. Vous vous sentirez moins seul(e) et encore plus vivant(e).

L'interview exclusive

Raphaëlle Giordano Le jour où les lions mangeront de la salade verte. Eyrolles. 16 € PAGE 52

Raphaëlle Giordano est une touche-à-tout à qui tout réussi. En 2015, elle publie Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Plus de 600 000 exemplaires vendus avec des traductions dans plus de 18 pays. En version poche chez Pocket depuis cet l'été, le livre est numéro un des ventes. Son deuxième roman Le jour où les lions mangeront de la salade verte (Eyrolles) caracole lui aussi en tête des ventes. Rencontre avec un phénomène d'édition qui dévaste tout sur son passage. Pour le plus grand bonheur des lecteurs qui se font du bien avec ses romans.

FEEL GOOD INTERVIEW


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FEEL GOOD INTERIEW

Mon roman s'intéresse aux "burnés chroniques" LFC : Bonjour Raphaëlle Giordano ! Vous publiez aujourd’hui « Le jour où les lions mangeront de la salade verte », votre deuxième roman. Vous parlez dans ce roman de la « Burnerie ». Expliquez-nous ! RG : La burnerie, mot que j'ai inventé, vient bien du mot 'burnes", coucougnettes, eh oui ! Rien à voir avec le burn-out donc. La burnerie englobe tous les comportements hyper testostéronés nuisibles qui ont "basculé du mauvais côté de la force" : jeux de pouvoir, agressivité gratuite, petits attentats à la sensibilité, violences banalisées, égo boursouflé, pressions inutiles, injustices, rapports de force, etc... Hommes et femmes peuvent avoir leurs moments burnés. Mon roman, lui, s'intéresse aux "burnés chroniques" ! (lol) Il existe différents types de "burnerie". Pour n'en citer que quelques-uns : la burnerie de pouvoir (ex un patron qui aurait sacrifié un peu de son humanité sur l'hôtel de la performance et de la réussite), la burnerie conjugale (ex un mari dénigrant et devenu aveugle du cœur), la burnerie moi-je-iste (ex une femme attentiopathe et énergiphage qui vampirise toute l'attention)...

.LFC : Pouvez-vous nous présenter Romane votre personnage principale qui enseigne les vertus de la douceur ? RG : Romane est une jeune femme tout en contrastes, passionnée, engagée pour faire reculer la burnerie à sa manière, apporter de la rondeur aux angles du monde. Ainsi, elle prône la bienveillance, l'empathie, l'écoute... mais ne manque pas pour autant de caractère. Car devenir non-burné(e) ne veut pas dire se transformer en être insipide, gentillet et sans ambition, bien au contraire. Et la grande idée de son programme est de faire comprendre à ses "burnés" qu'ils peuvent exprimer leur puissance intérieure autrement, simplement avec plus de justesse et d'humanité. LFC : Dans son programme, elle croise Maximilien, un PDG d’un grand groupe de cosmétiques qui ne connaît que la loi du plus fort... RG : En effet, l'autre personnage fort du livre, c'est Maximilien Vogue ! Leur rencontre, c'est un choc des mondes, un choc des valeurs. Pourtant, leur attirance est quasi-instantanée. Magnétique. Car, l'ambivalence de Romane est là : même si elle consacre sa vie à faire reculer la burnerie, une part d'elle-même est très attirée par une forte personnalité comme celle de Maximilien, charismatique, avec une aura fauve. Maximilien, lui, se traine le poids d'une éducation paternelle qui ne laissait aucune place aux émotions, ni à la sensibilité. Du coup, il s'est verrouillé de l'intérieur au fil des années, jusqu'à se couper des autres... et de lui-même ! Grâce à Romane, il va se (r)éveiller, mais comme avec un muscle engourdi, cela ne se fera pas sans tiraillements...

Le succès est une incroyable chance !


"Le grand amour, c'est ce qu'on y met. Une belle relation, ça se nourrit à tous niveaux." LFC : Dans votre roman, il s’agit aussi d’amour. Vous croyez au grand amour ? RG : Oui. Mais pas au coup de foudre. Bien sûr, je crois au jeu des atomes crochus dans les premiers instants. J'accorde beaucoup d'importance à ce que l'autre "dégage". Après, au fil du temps, ce qui compte pour moi, c'est la qualité de présence, de confiance, le sursaut de volonté et la créativité qu'il faut pour se réinventer dans la relation... Le grand amour, c'est ce qu'on y met ! Une belle relation, ça se nourrit à tous niveaux. Le plus beau cadeau, c'est d'être pour l'autre le miroir de ce qu'il porte en lui de meilleur.

J'aime cette phrase de Gandhi : "La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre."

LFC : Travaillez déjà à votre prochain roman ? Quels sont vos projets ?

LFC : Le succès du premier roman « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une. » (+ de 600 000 exemplaires) est en librairie pour l’été en version poche chez Pocket et le livre est numéro un. C’est un carton ! Comment vivezvous ce succès ?

RG : Oui ! Ca fourmille et même ça prend bien forme ! Encore un nouveau thème, universel encore, je crois bien.Tout est en train de se mettre en place... C'est ma phase d'idéation où je rassemble toutes les idées, la matière première créative. Bientôt, viendra à nouveau le temps de l'écriture...

RG : Globalement, très bien ! Le succès est une incroyable chance, car il m'offre la possibilité d'être libre de vivre de ma passion pour l'écriture, sans être obligée de cumuler les activités comme je le faisais jusque-là. Après, le succès entraine aussi certains revers. Il faut gérer la pression, la peur que ça s'arrête, ou celle de décevoir... Mais dès lors que le sens de ma vie n'est pas dans "le succès en tant que tel", tout va bien ! Du moment que je peux continuer à créer, explorer, partager des idées aidantes à travers mes livres, je serai heureuse...

LFC : Merci pour l’entretien, on vous laisse le mot de la fin...

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RG : J'aime cette phrase de Gandhi : "La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre". Cela rejoint la philosophie de mon roman. A savoir, une belle vie réussie est pour moi une question de posture. Transformer sa posture, et c'est toute sa vie qui se transforme... D'abord la pensée positive. Et puis, évoluer vers plus de sagesse, de justesse, de paix, d'harmonie... C'est tout le bien que je nous souhaite à tous ! Propos recueillis par Christophe Mangelle. FEEL GOOD


#TALENT

NICOLAS ROBIN IS BACK ! L'interview exclusive Nicolas Robin, c'est la révélation surprise des éditions Anne carrière de l'année 2016 avec un succès commercial conséquent et une critique unanime pour Roland est mort disponible depuis cet été en version poche chez Le Livre de Poche. Premier semestre 2017, il publie Je ne sais pas dire je t'aime. Et le même enthousiasme s'empare des critiques, du public et bien sûr de la rédaction de LFC Magazine. Rencontre avec un garçon qui sait raconter des histoires avec des héros ordinaires dans un contexte tout aussi ordinaire jusqu'à procurer au lecteur un plaisir de lecture rafraîchissant et sincère.

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FEEL GOOD INTERVIEW


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FEEL GOOD INTERIEW

Je suis tombé amoureux du roman choral en découvrant "Les chroniques de San Francisco" d'Armistead Maupin. LFC : Bonjour Nicolas Robin ! Vous publiez aujourd’hui « Je ne sais pas dire je t’aime », deuxième roman, après le très grand succès de « Roland est mort » disponible en poche maintenant. Comment avez-vous vécu ce succès ? NR : Je l'ai vécu comme un enfant émerveillé devant un sapin de Noël qui s'illumine. La création littéraire vous appartient, mais le reste vous échappe complètement. J'ai reçu beaucoup de messages de lecteurs et de lectrices, de témoignages, une grande vague d'amour... Aujourd'hui, le roman est publié en italien, bientôt en allemand et en coréen, il va voyager et rencontrer d'autres lecteurs dans le monde.

LFC : Dans votre nouveau roman, il y a de nombreux personnages tous très touchants. Présentez-les nous brièvement. NR : On rencontre d'abord Francine, une retraitée dynamique accablée par un triste passé mais qui va se remonter les manches pour secourir les moins biens lotis. Juliette, la trentenaire célibataire qui a un rapport très compliqué avec le miroir et qui s'en remet à sa psy ou sa copine prostituée. Joachim, le sportif qui se fait larguer en direct à la télé et devient célèbre malgré lui. Et enfin Ben, le rêveur désabusé qui voit son couple s'enliser dans l'ennui et sent bien que le compte à rebours vers la rupture a commencé.

. LFC : Ce roman n’a pas un personnage principal mais plusieurs. Pourquoi avez-vous souhaité cette fois-ci donner la parole à autant de monde ? NR : J'avais envie d'écrire un roman choral, c'est un genre qui rend un livre vivant grâce à la diversité de style de chaque personnage. C’est une manne de créativité pour traiter une problématique, un thème avec toute la dimension humaine que ça implique, d'offrir plusieurs points de vue. Je suis tombé amoureux du roman choral en découvrant "Les chroniques de San Francisco" d’Armistead Maupin. On passe d’un personnage à l’autre comme on traverse des baies vitrées qui séparent différentes pièces, où la lumière est filtrée différemment, parfois les personnages se croisent et ça crée une dynamique intéressante. LFC : Comme dans "Roland est mort", votre particularité est que ce sont des personnages ordinaires avec des histoires qui sont les nôtres avec toujours une pointe d’humour. Que pensez-vous de ce ressenti de lecture ? NR : J'aime désamorcer un drame avec humour et dérision, je ne me vois pas écrire autre chose. C'est nécessaire de chercher cette pointe d'humour pour supporter la réalité de l'existence. La vie est une scène où se joue en permanence et en alternance tragédie et comédie. Il suffit d'observer ses acteurs pour trouver l'inspiration.

J'aime désarmorcer un drame avec humour et dérision.


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J'AVAIS ENVIE D'ÉCRIRE UN ROMAN CHORAL POUR OFFRIR PLUSIEURS POINTS DE VUE. LFC : Travaillez-vous sur un prochain roman ? Quels sont vos projets ? NR : Oui... peut-être... ah ah ! Je me lance cet été sur un nouveau roman, je ne sais pas combien de temps l'écriture prendra, peut-être un long processus. C'est le portrait d'une femme qui a souvent la tête dans les nuages. LFC : Merci pour l’entretien, on vous laisse le mot de la fin... NR : Merci à la Fringale Culturelle pour étancher notre soif et satisfaire nos appétits... sans fin. Propos recueillis par Christophe Mangelle

NOTRE AVIS Les personnages de ce roman, ce sont les gens. Il y a Francine, retraitée qui offre son temps aux laissés-pour-compte, Juliette qui vend des chaussures et cherche chaussure à son pied, Joachim qui s'est fait plaquer en direct à la TV, et Ben coincé dans un couple en péril. Tout le monde est beau dans ses fêlures. Un roman entre humour, émotion et affection. Du grand Nicolas Robin ! Nicolas Robin Je ne sais pas dire je t'aime. Anne Carrière. 16 €


Saverio

L'EXPERT DE L'HYPERSENSIBILITÉ

Tomasella 3 raisons de lire...

01

Ce livre fait de votre hypersensibilité une force positive. Vous vous sentirez moins seul(e) et encore plus vivant(e).

Le pitch 02

Saverio Tomasella À fleur de peaau Leduc.s Éditions 15 € PAGE 58

Flora a tout pour elle : un mari, un fils, des amis... Seulement, elle manque de confiance en elle à cause d'une sensibilité trop prononcée. Un soir, dans des circonstances que vous découvrirez, elle rencontre Marc, professeur de Yoga. Comment va-t-elle surmonter son hypersensibilité ?

Une fiction qui vous veut du bien.

03

Des conseils distillés Tout en nous divertissant et au cœur d'une intrigue palpitante, ce roman distille des conseils au fur et à mesure des chapitres. Ludique et utile.

Un bon moment à la clé. Des personnages attachants, une histoire passionnante, un guide de conseils en fin d'ouvrage. Entre essai psychologique et fiction, À fleur de peau offre un bon moment de lecture et les clés d'une vie meilleure.

FEEL GOOD CRITIQUE


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FEEL GOOD INTERIEW

La sensibilité est une chance, une force.

Avec À fleur de peau, je propose une histoire qui part de faits réels. La forme du roman est plus légère, plus ludique, plus facile à lire. Surtout, dans ce nouveau livre, j'essaie de mettre en évidence les "solutions" les plus favorables pour bien vivre avec soi-même et avec les autres, lorsque l'on est ultra-sensible.

Saverio Tomasella est un psychanalyste et écrivain français. Il propose pour l'été le roman initiatique des hypersensibles.

LFC : Comment est née l'idée de cette fiction ? Quel est le point de départ ?

LFC : Vous avez connu le succès avec le best-seller "Hypersensibles" ? Aujourd'hui, vous publiez une fiction sur l'hypersensibilité. Vous n'aviez pas tout dit ? ST : Non, je n'avais pas encore pu aborder tous les aspects de la sensibilité élevée. Dans le premier livre, publié il y a quelques années, j'ai essayé de dresser un état des lieux de l'hypersensibilité, à partir d'une grande enquête. Certains lecteurs ont trouvé qu'il y avait trop de témoignages et pas assez de pistes pour mieux vivre sa grande sensibilité. Depuis, j'ai continué et approfondi mes recherches, j'ai mené une autre enquête...

ST : Je rencontre de plus en plus de personnes qui, un jour, ont compris que leur sensibilité est un atout, une chance, une force, etc. J'ai souhaité raconter une histoire qui permette de comprendre comment cette prise de conscience peut changer la vie de quelqu'un et quelles sont les transformations positives qui en découlent. L'avantage de la "fiction" est de pouvoir raconter une histoire concrète, quotidienne, qui correspond beaucoup plus à la réalité vécue par nos contemporains. Le roman donne la possibilité de plonger directement et complètement dans la vie d'un être en chair et en os, d'une personne sensible. LFC : Votre personnage Flora à tout pour elle, seulement elle est hypersensible, est-ce un handicap ou un atout ?

Un être humain n'est jamais trop sensible ST : Flora vit sa sensibilité exacerbée comme un gêne, un frein, une fragilité, puis elle va changer de regard sur elle-même et apprendre à s'aimer comme elle est. Ce passage est réel et libérateur pour les personnes que j'ai interrogées. Il y a un avant et un après. C'est cette libération qui est la trame de l'histoire de Flora.


LFC : Votre roman embarque le lecteur dans une histoire captivante tout en proposant un solide bagage pour apprivoiser l'hypersensibilité. Vouliez-vous que ce roman soit une aide pour certains lecteurs ?

Je souhaite vraiment que cette histoire puisse aider le maximum de personnes. ST : Oui, ce roman a plusieurs ambitions. D'abord être un vrai roman de littérature contemporaine, pas un livre pédagogique déguisé en roman. Ensuite, être une histoire sensible, avec toute la palette des émotions et des sentiments que chacun de nous peut vivre. Enfin, montrer que la vie est plus belle et plus facile lorsque chacun y met du sien. Alors, oui, je souhaite vraiment que cette histoire puisse aider le maximum de personnes ! LFC : Ce roman est-il fait pour déculpabiliser les hypersensibles ? ST : Oui, absolument : déculpabiliser les grands sensibles, quel que soit leur âge, les hommes comme les femmes. Les aider à s'accepter, à s'aimer, à s'épanouir, à devenir créatifs, à trouver ce qui leur correspond, ce qui les apaise, leur fait du bien. Leur permettre de mieux vivre, d'être plus heureux, etc.

La vie est belle ! LFC : Merci pour l'entretien, on vous laisse le mot de la fin... ST : Merci à vous pour vos questions. Je souhaite une bonne lecture et un bon cheminement intérieur à toutes les lectrices et tous les lecteurs. Je souhaite sincèrement que ce livre soit un baume qui fasse du bien à celles et à ceux qui s'y plongent et font le voyage avec Flora... La vie est belle ! Merci encore ! Propos recueillis par Christophe Mangelle

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Je souhaite sincèrement que ce livre soit un baume qui fasse du bien à celles et ceux qui s'y plongent. FEEL GOOD


OLIVIA ZEITLINE L'INTUITIVE

#PREMIER ROMAN

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En 2013, Olivia Zeitline crée le blog Réécrire, écrivant sur les plasticiens et réalisant des interviews de philosophes. Le blog est lauréat au Golden Blog Awards, catégorie culture graphique. En juin 2017, elle publie Et j'ai dansé pieds nus dans ma tête chez Solar, un premier roman entre développement personnel et fiction sur le thème de l'intuition. Rencontre. FEEL GOOD INTERVIEW


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FEEL GOOD INTERIEW

L'intuition peut aider à garder la foi, d’aller vers ce que nous souhaitons vraiment.

. LFC : La danse est aussi au centre du livre, élément de l’histoire mais aussi comme métaphore. Dites-nous en plus. OZ : Quand j’ai commencé à écrire ce livre, je ne me doutais pas que l’héroïne serait danseuse. Ayant organisé des expositions d’art graphique, je connaissais mieux ce domaine d’expression artistique mais la danse est rapidement devenue une évidence. J’ai d’abord réalisé des interviews de danseurs et je me suis beaucoup documenté. Au fur et à mesure de l’écriture, j’ai compris pourquoi la danse était fondamentale dans ce livre. Elle représente le mouvement renaissant, le corps en harmonie entre l’esprit et la matière. Quand on suit, son intuition, on entre dans une sorte de chorégraphie avec le monde et c’est ce parallèle que la danse m’a permis d’explorer.

LFC : Bonjour Olivia ! Vous publiez aujourd’hui «Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête. », votre premier roman. C’est l’histoire d’une jeune femme qui quitte son job après un burn-out. Parlez-nous d’elle ! OZ : Charlotte est une femme assez universelle, porteuse d’un message de société. À 30 ans, elle étouffe dans un travail qui l’empêche de respirer. En plein milieu d’une réunion, elle perd le contrôle et croit danser dans la forêt, comme projetée dans une autre réalité, un autre espace-temps. Une réalité qu’elle voudrait vivre mais qu’elle ne s’autorise pas. Après, cet épisode, elle quitte son job et change de vie. Malgré ce revirement, les difficultés reviennent et cette transformation n’est pas si aisée. Elle ne trouve pas sa place. Devenue professeur de danse, elle n’arrive pas à payer ses factures. Sa relation amoureuse ne fonctionne pas comme elle l’aurait espéré. Dans cette phase de chaos, la voix de son intuition va commencer à se manifester lui demandant d’apprendre à la rencontrer, l’interpréter et lui faire confiance. Un véritable saut dans l’inconnu !  

LFC : Dans tout premier roman il y a une part autobiographique, pouvez-vous nous dévoiler cette part ? OZ : Je ressemble à mon héroïne car j’ai aussi changé de vie mais je la trouve plus forte car très souple face à ce qui lui arrive. Elle m’a appris beaucoup. Au fur et à mesure, elle avait sa propre vie et me racontait son histoire. Dans ce livre, j’ai aussi raconté ma passion pour l’art visuel, la beauté et l’esthétique. J’ai pris beaucoup de plaisir à décrire des scènes de danse et les états de transe liés au processus de création ou à la méditation.

LFC : Votre roman aborde le thème de l’intuition. On sent dans votre fiction que plus on fait confiance à son intuition plus notre vie peut prendre une tournure plus magique. C’est un des messages de votre roman ?

OZ : D’après mon expérience, l’intuition peut nous Quand on suit, son intuition, ouvrir les portes d’une magie de l’ordre d’un réenchantement. Elle permet de donner du sens dans les épreuves difficiles et nous guide dans une sorte de jeu entre dans une sorte de de piste. Elle peut aider à garder la foi, d’aller vers ce que nous souhaitons vraiment.

on

chorégraphie avec le monde et

c est ce parallèle que la danse

m a permis d explorer.


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PAGE 8 LFC : Travaillez-vous sur un prochain roman ? Quels sont vos projets ? OZ : Je me laisse guider, je ne prévois pas trop pour ressentir ce qui est juste dans l’instant. J’aime cette vie presque « nomade » où tout est possible. D’ailleurs, j’adore déménager et j’aimerais vivre dans plusieurs pays à la fois ! En ce moment je lis beaucoup, je commence à avoir des idées pour un prochain roman et je réalise un projet d’illustration avec les maximes de mon livre. J’aide aussi mon copain sur son court-métrage et dans ses projets de films.

LFC : Merci pour l’entretien, on vous laisse le mot de la fin... OZ : Un phrase extraite de mon livre : « Au bout de ce chemin, le temps n’existe plus. » Propos recueillis par Christophe Mangelle

AU BOUT DE CE CHEMIN, LE TEMPS N'EXISTE PLUS. NOTRE AVIS Après un burn-out, Charlotte quitte son job dans le marketing et revient à son premier amour : la danse. Seulement, rien n'est fluide, tout patine. Son amie Stella lui conseille d'écouter son intuition. Et quand, elle y parvient, curieusement, les choses s'arrangent. Un roman au souffle étonnant, l'histoire nous emporte comme dans une danse tourbillonnante à l'image de la vie. Le livre qui nous rappelle ô combien l'intuition peut changer le cours de nos existences figées dans une routine mortifère. Vitalisant.

Olivia Zeitline Et j'ai dansé pîeds nus dans ma tête.. Solar, 208 pages, 16 €


ANTOINE PAJE LE MYSTÉRIEUX

#TALENT

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Antoine Paje est diplômé de l’ENSIA, devenue AgroParisTech, il a été gérant de société et a travaillé plusieurs années à l’étranger. Après Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne… (Pocket, 2014) et Et elle me parla d’un érable, du sourire de l’eau et de l’éternité (Fleuve Éditions, 2015 ; Pocket, 2017), Mes mots sont les fleurs de ton silence (Fleuve Éditions) est son troisième roman publié cet été. Rencontre. FEEL GOOD INTERVIEW


LFC : Bonjour Antoine Paje ! Vous publiez aujourd’hui « Mes mots sont les fleurs de ton silence », troisième roman. Pour quelles raisons proposez-vous toujours à vos romans des titres à rallonge ? AP : En vérité, j'hésite toujours entre un titre long et un titre en un mot. Ce troisième roman aurait pu s'intituler, "Silence" mais le nouveau film de Scorsese et celui, ancien, de Bergman, qui m'a beaucoup marqué, s'imposaient à moi.  Le premier aurait pu prendre le titre de "Poussières". Toutefois, un tel raccourci était de nature à induire les lecteurs en erreur. "Poussières" peut évoquer tant de choses, très différentes. Et puis mes romans décrivent des errements, des hésitations, des erreurs de parcours, de compréhension, des aveuglements, et surtout des découvertes de soi et des autres, très difficiles à évoquer en un seul mot.  Un titre long est plus susceptible de traduire un cheminement.  LFC : Dans ce roman, après une tragédie que les lecteurs découvriront, Arnaud est dans le coma et entend les propos de ces proches qui lui font prendre conscience qu'il s’est trompé sur lui-même et sur les autres. Comment est née l’idée de ce roman ? AP : De mes erreurs, comme tous mes romans. Je crois que je suis devenu adulte lorsque j'ai admis qu'une erreur n'était pas un vilain bouton qu'il fallait planquer, balayer sous le tapis, ou pire nier, quitte à réécrire l'histoire ensuite en me convainquant, que : mais non, au fond, ce n'était pas vraiment un plantage et, qu'en plus, ce n'était pas de ma faute. Un succès, c'est très gratifiant. Mais puisque ça marche, pourquoi s'interroger ? On se congratule et on passe à autre chose. Audelà de la baffe initiale, un échec, une erreur, c'est une porte ouverte qu'on peut choisir de franchir ou pas. C'est une bifurcation. Si on franchit le pas, on ne peut plus faire l'économie d'une réflexion sur soimême. En bref, j'ai beaucoup plus appris de mes erreurs que de mes succès.

LFC : Pour créer le personnage d’Arnaud, à qui avez-vous pensé ? Être un homme dans votre roman de nos jours ne semble pas si simple... AP : Arnaud est la synthèse de plusieurs hommes que j'ai croisés ou fréquentés. Des êtres qui passent à côté de leur vie, parce qu'ils ont été formatés ainsi et qu'au bout du compte, c'est assez confortable, même si c'est parfois ennuyeux. Certains iront jusqu'au bout sans jamais s'interroger véritablement. D'autres prendront en pleine figure une situation qui leur ouvrira les yeux pour le meilleur ou pour le pire. Quant au reste, "l'aisance de la masculinité", une bonne partie de la réponse se trouve dans la formulation de la question. Bien sûr, on ne va pas sangloter sur la condition masculine, plus aisée que celle des femmes, et qui a été abusive durant des millénaires. Mais, je crois, en effet, qu'être un homme aujourd'hui n'est pas toujours si simple, et au-delà de mes romans. Le paradigme s'est effiloché au cours des soixante dernières années, pour le mieux. Certains hommes ne l'ont pas vu venir, d'où leur incompréhension. Selon moi, les choses étaient plus "évidentes" avant, avec le père comme modèle ou anti-modèle, qui lui-même reproduisait le modèle précédent. Existait une sorte de catalogue "prêt-à-endosser" de ce qu'était un homme, ou une femme, avec une marge de manœuvre somme toute limitée, à moins d'assumer le rôle du "marginal social". Les hommes dominaient complètement la société et les femmes, parce qu'ils étaient des hommes, point. Pas de prise de tête, quoi !  Aujourd'hui, le gain indéniable en liberté (pour les deux sexes) de devenir, d'être, de choisir une autre voie et quelle qu'elle soit, de se remettre en question, d'être renvoyé au fait que "ben non, la vie, les aspirations, les femmes, le couple (ou le pascouple), les enfants, etc. ce n'est pas ce que papa ou grand-papa t'avait expliqué" crée une incertitude, parfois troublante, voire déstabilisante, parfois marrante et séduisante, mais qui offre l'éventail des possibilités.  PAGE 65


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LFC : C’est dans le silence que votre personnage va être surpris par la vie. Pensez-vous que nous sommes dans un monde trop rapide, trop bruyant ? AP : Trop rapide ? Sans doute pas. Bruyant, avec plein de bruits parasites, souvent choisis, qui empêchent de se poser, de réfléchir en plongeant dans sa tête ? Oui, mille fois OUI ! LFC : Travaillez-vous sur votre prochain roman ? Quels sont vos projets ? AP : Si on peut appeler l'espèce de brouillon qui se forme dans mon esprit "travailler", oui. Mes projets : me réjouir de la vie, lire, écouter, et m'offrir parfois le luxe d'écouter aussi le silence. LFC : On vous laisse le mot de la fin... AP : "Il y a bien plus de choses qui nous font peur, Lucilius, que de choses qui nous font mal." Sénèque. Propos recueillis par Christophe Mangelle

ARNAUD EST LA SYNTHÈSE DE PLUSIEURS HOMMES QUE J'AI CROISÉS OU FRÉQUENTÉS. DES ÊTRES QUI PASSENT À CÔTÉ DE LEUR VIE, PARCE QU'ILS ONT ÉTÉ FORMATÉS AINSI ET QU'AU BOUT DU COMPTE, C'EST ASSEZ CONFORTABLE, MÊME SI C'EST PARFOIS ENNUYEUX. NOTRE AVIS

Antoine Paje Mes mots sont les fleurs de ton silence Fleuve Éditions 224 pages, 15,90€

Arnaud, chef d'entreprise, contrôle sa vie de bout en bout jusqu'au jour où le silence s'impose à lui. Il est victime d'un accident de voiture. Dans le coma, il est coincé dans son corps, la conscience en ébullition. Ses proches se succèdent, les surprises sont de taille et les rebondissements inattendus. Un roman qui nous réveille sur l'importance d'être à l'écoute de sa vie. Lecture agréable et raisonnement perspicace.


AGNÈS LEDIG L'AUTHENTIQUE

#BEST SELLER

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Agnès Ledig, c'est une star de la littérature populaire, elle l'assume et le vit pleinement avec simplicité. Après Juste avant le bonheur, prix Maison de la Presse 2013, Pars avec lui et On regrettera plus tard (Albin Michel / traduits en 12 langues), elle publie De tes nouvelles dans lequel on renoue avec joie avec les personnages de "On regrettera plus tard". Rencontre avec la romancière de nos étés.

FEEL GOOD INTERVIEW


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LFC : Bonjour Agnès ! Vous publiez aujourd’hui « De tes nouvelles ». Nous retrouvons avec joie les personnages du roman « On regrettera plus tard ». Vous n’aviez pas tout dit à leurs sujets ? Ils vous manquaient ? AL : En fait, je n'avais pas prévu d'écrire une suite, j'étais même partie sur un autre projet, mais il faut croire que les personnages avaient encore des choses à vivre, car ils se sont rappelés à moi jusqu'à ce que j'écrive cette nouvelle histoire.

LFC : Dans ce roman il y a un sage qui est très proche de la petite fille. Parlez-nous de ce personnage fascinant. AL : Gustave est un sage dans le sens où il a su garder son âme d'enfant. Il a vécu des histoires terribles dans sa vie, beaucoup de souffrance, de tristesse, de renoncement, mais ce qui le tient en vie, c'est le jeu, l'émerveillement, et le plaisir de transmettre et de partager. Quand AnnaNina arrive dans sa vie, cela éclaire d'une autre lumière son quotidien et ravive cette âme d'enfant.

LFC : Votre roman (comme de nombreux) se passe à la campagne. Vous n’aimez pas la ville ? AL : J'aime y aller mais vite en repartir. Je me sens beaucoup plus heureuse à la campagne. J'aspire au calme et à la simplicité et je suis vite oppressée par la foule. Cela fait partie de mon caractère et je l'assume complètement. Je serais malheureuse de devoir vivre en ville car j'ai besoin de verdure pour respirer. Je dois avoir besoin de capter l'oxygène directement à la sortie des feuilles des arbres ! LFC : Votre livre donne envie d’aimer et de vivre de plaisirs simples. Qu’en pensezvous ? AL : J'en pense qu'on passe notre temps à rechercher le bonheur alors qu'il est là, sous nos yeux, dans les petits riens qui font du bien, et les amours simples : ni trop ni mal. Mais c'est difficile d'aimer avec simplicité. Il faut s'aimer soi d'abord. Quant aux petits riens, ils dépendent de chacun et mes petits riens qui me font du bien sont sûrement très différents de ceux de mon voisin. La clé, c'est de les reconnaître et de les entretenir.

LFC : Peut-on espérer un troisième tome ? On les aime vos personnages ! AL : Je n'en ai aucune idée. Pour l'instant ce n'est pas d'actualité. Peut-être dans quelques années, s'ils reviennent me voir. Ou alors un personnage en particulier. Je ne sais pas. Pour l'instant, rien n'est programmé. LFC : Merci pour l’entretien, on vous laisse le mot de la fin... AL : Profitez de vos petits riens du quotidien qui font du bien !                     Propos recueillis par C. Mangelle.

NOTRE AVIS

Agnès Ledig De tes nouvelles. Albin Michel 352 pages, 19,80€

Dans ce roman - comme l'ensemble de ses romans - Agnès Ledig aime nous raconter les malheurs, les bonheurs, la nature, l'amour filial, l'amour avec un grand A, l'amour intergénérationnel... Bref, elle nous emporte dans une balade où les sentiments valsent au rythme de la vie. Une romancière qui nous offre des bulles de bonheur à partager avec ceux que vous aimez.


ET LE MEILLEUR DU SITE AVEC LES ENTRETIENS FILMÉS DE SONIA MABROUK, PATRICK PELLOUX, ALEXANDRA DE BROCA, MONICA MURPHY, ANDRÉA DE CARLO, VALÉRIE CHEVALIER, FABIENNE BLANCHUT, LUCA DI FULVIO, JESSICA CYMERMAN, GILLES PARIS, CLARE MAKINTOSH, MARIE-FRANCE CASTARÈDE, SAMUEL DOCK, STÉPHANIE DES HORTS, LORRAINE FOUCHET, PHILIPPE CHEVALIER, ARIANE BOIS, JESSICA NELSON, FRANÇOIS HAUTER, DENISE BOMBARDIER, JANE HARPER, GUILLAUME RHIS, EMELIE SCHEPP, LAURENCE PEYRIN, ET GILBERT SINOUÉ.


LFC LE MAG :

RENDEZ-VOUS EN SEPTEMBRE POUR UN NUMÉRO SPÉCIAL RENTRÉE LITTÉRAIRE Cela semble impossible jusqu'à ce qu'on le fasse. NELSON MANDELA

LFC Magazine  

Le numéro 1 du magazine LFC Magazine - Été 2017

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Le numéro 1 du magazine LFC Magazine - Été 2017