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Suspendre le vieux costume : comment sortir de l'ornière 

Comment obtenir d'autres résultats ?..............................................................3

Attention à la marche.......................................................................................4

Dieu se sert de systèmes pour accomplir ses desseins.....................................6

Construire un fondement solide.......................................................................8

Quand l'enseignement crée des barrières au changement.............................10

Huit caractéristiques de systèmes sains.........................................................12

Conclusion......................................................................................................14

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1. Comment obtenir d'autres résultats ? De grandes entreprises vivent la même chose : incapables de changer avec le temps les entreprises continuent à travailler de la même manière sans obtenir les mêmes résultats. Le système est devenu trop lourd pour changer. De même de grandes églises : l’Église Méthodiste Unie (aux USA) a perdu 3 million de membres depuis 1970 et dans l’Église Anglicane (aux USA) le nombre de personnes qui assistent à au moins un culte par mois a diminué de 50% depuis 1968. Beaucoup d'églises vivent la même chose : beaucoup d'entre elles ne savent pas comment s'en sortir, mais les signes sont évidents. Voici quelques symptômes pour reconnaître si votre église est figée : • • • • • • • •

L'église ne grandit plus La moyenne d'âge des membres augmente Les offrandes diminuent La croissance spirituelle stagne... les chrétiens sont simplement « consommateurs » du ministère Les chrétiens ne sont plus engagés dans le service. Les chrétiens n'atteignent plus leurs voisins L'église ne produit plus de leaders Les communications prêtent à confusion et n'ont pas de but clair

L'une des raisons principales pour lesquelles les églises sont figées est que leurs systèmes et leurs stratégies ne répondent plus à la réalité actuelle. Comme j'ai dit dans mon premier livre dans cette série, les églises continuent à utiliser les mêmes méthodes mais prient pour d'autres résultats. Malheureusement, beaucoup d'églises, voire de dénominations, préféreraient rester figées et mourir à la longue plutôt que de changer des choses qui pourraient mettre les chrétiens de l'église (y compris les responsables) mal à l'aise. Je relis l'Exode depuis quelques jours. Dieu avait un plan pour son peuple. Il avait un destin meilleur en vue pour eux. Il a appelé Moïse à amener le peuple vers ce destin, un lieu où ils n'avaient jamais été auparavant. Bien que Moïse essayait de diriger le peuple selon le plan de Dieu, toute l'assemblée rouspétait. Pas seulement quelques personnes, mais tout le monde rouspétait ! Situation familière ? Si le premier livre dans cette série aidait à identifier les huit raisons pour lesquelles votre église est figée, celui-ci cherche à discuter de comment changer les choses pour débloquer la situation. Ce serait peut-être une bonne idée de commencer avec un peu d'auto-évaluation. Regardez la liste ci-dessus. Y a-t-il des symptômes qui indiquent que la vie de votre église se fige ? Soyez honnête. Jim Collins a dit dans « Ces géants qui s'effondrent »1 : « Ceux qui sont au pouvoir blâment les autres, ou des éléments extérieurs – ou nient les faits d'une autre manière – plutot que de confronter la réalité effrayante que l'entreprise fait face à de vrais problèmes » Je repose la question... pourquoi sommes-nous figés ?

1 Ces géants qui s'effondrent, Jim Collins, 2009, Pearson - 3/17 -


2. Attention à la marche Si vous avez visité Londres, vous aurez, sans doute, voyagé en métro, « The Tube ». Où que vous alliez, on vous avertit : « attention à la marche ». Vous l'entendrez sur les haut-parleurs, vous le verrez peint sur les quais. Vous ne voyagerez pas longtemps avant de le voir. Cette « marche » est en réalité l'espace entre le quai et le train : si vous l'ignorez, ce sera à votre péril. Cela a fait écho dans mon esprit, car je crois qu'il y a aussi une « marche » ou un espace qui existe aujourd'hui dans nos églises. Ces derniers mois, j'avertis les responsables d'églises : « attention à la marche » - la marche, ou l'espace, entre la vision et les chrétiens qui doivent accomplir la vision. Malheureusement, des responsables avec une grande vision ont tendance à ignorer l'espace entre eux et la vision. Ils croient au mythe que, si le peuple s'unit derrière une vision claire, le ministère va marcher. Permettez-moi d'expliquer pourquoi cela peut vous amener à une situation de blocage. Aujourd'hui, il est fréquent pour les églises d'avoir une déclaration de vision. Sachant l'importance d'unifier l'église autour d'une même vision, les responsables ont eu beaucoup de débats et d’exercices pour développer cette déclaration de vision. Prenons un exemple. Disons que la déclaration de vision de notre église est « Aimer Dieu. Aimer les autres. Changer la communauté ». Voilà une vision convaincante. Avec la déclaration de vision au clair, les leaders vont prêcher des messages et créer des campagnes pour susciter un soutien pour la nouvelle vision. Si le responsable est efficace dans son partage de la vision et qu'il a la confiance de son assemblée, l'église sera unie autour de la vision et du pasteur. La déclaration de vision sera bien en vue sur le site internet, dans le bulletin mensuel, sur les murs de l'église. Si c'est bien fait, tout le monde sera au courant et adoptera la vision de l'église. Voilà le problème. Il est possible que tout le monde connaisse la vision mais sans avoir la moindre idée de ce qu'ils doivent faire pour transformer la vision en réalité. Comment faire « attention à la marche » ? En adoptant des stratégies spécifiques et en établissant des méthodes pour accomplir la vision. Cela pourrait ressembler à ceci : VISION + [STRATÉGIES ET MÉTHODES] + MISE EN PRATIQUE = RÉSULTATS Quand il y a une brèche entre la vision et la stratégie, les églises finissent par simplement « faire l'église », continuer à faire ce qu'elles ont toujours fait. Une église peut avoir une vision bien différente de celle d'une église voisine, et pourtant finir par utiliser les mêmes méthodes que l'église voisine. Beaucoup d'églises font cela parce que personne ne prend le temps de réfléchir sur comment changer la vision en réalité. En fin de compte, les églises finissent par faire ce que les églises ont toujours fait, mais espèrent néanmoins obtenir de meilleurs résultats. Voici des symptômes qui pourraient nous avertir que nous ne faisons pas « attention à la marche » : • N'ayant pas clarifié nos stratégies et nos méthodes, la personne qui parle le plus fort décide ce qui se fera – ou ne se fera pas – dans votre église. • Vous perdez des ministères qui partent dans d'autres églises ou organisations parce que vous ne leur avez pas donné l'occasion de servir avec des stratégies et des méthodes claires. • A cause de cette marche, cette brèche, de bonnes personnes au bon cœur essaient de combler la brèche en développant leurs propres stratégies et méthodes pour accomplir la vision, mais, à la fin, vous vous trouvez avec tant de monde qui tire l'église dans des directions opposées que cela crée des tensions qui peuvent terminer par la scission de l'église. • Il faut de nouvelles réunions et échanges parce que vous n'avez pas clarifié les stratégies et les méthodes. Chaque fois qu'un problème se présente, vous réinventez la roue. Ceux qui cherchent le - 4/17 -


pouvoir sont ravis car il y de nouvelles réunions pour prendre de nouvelles décisions. Mais ceux qui recherchent du fruit sont frustrés et quittent l'église. Les offrandes restent sur un même niveau ou diminuent. Les membres soutiennent une vision quand ils savent comment elle va être réalisée, mais ne donneront pas pour une vision simplement parce qu'elle est bien en vue dans le bulletin ou sur le mur de l'église.

Si les gens restent sur les bords de l'église et ne s'engagent pas dans le service, ceci vous indique clairement qu'il faut « faire attention à la marche ». Sans doute, ils veulent s'engager dans la vision. Ils voudront donner de leur temps et de leurs ressources pour cela. Mais s'ils n'ont aucune idée de ce qu'ils sont censés faire, alors ils resteront sur les bancs pendant que l'horloge continue à tourner. Dans son livre « The E-Myth revisited » (Le mythe d'entreprise revisité) Michael Gerber dit : « Ce qui pousse à l'action c'est une idée qui en vaut la peine, avec une compréhension claire de ce qu'il faut faire » Alors, qu'allez-vous faire pour aider ceux de votre église à bien comprendre ce qu'il faut faire ? Comment allez-vous établir une stratégie spécifique pour « faire attention à la marche » dans l'accomplissement de votre vision ? Quelle structure d'organisation devez-vous instaurer dès aujourd'hui ? Cette organisation, ces systèmes, donnera le pouvoir aux responsables et mobilisera l'ensemble de l'église. Sans l'organisation vous aurez à vous impliquer dans chaque tâche, chaque décision. Oui, je sais ce que vous pensez. Vous pensez « Ceci est du management d'entreprise et elle n'a pas de place dans l'église. Ce n'est pas biblique ». Nous parlerons d'exemples bibliques de stratégies de ministère dans le prochain chapitre.

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3. Dieu se sert de stratégies pour accomplir ses plans J'ai parlé plus haut de comment se laissent piéger les églises en essayant d'utiliser constamment les mêmes méthodes en espérant et en priant pour d'autres résultats. Puis j'ai partagé sur l'idée de faire attention à la marche qui sépare la vision de la réalité, s'assurer que les méthodes et la stratégie soutiennent la vision que vous voulez accomplir. Bien sûr, dès que je parle de méthodes et de stratégies, je me doute que des questions montent à la surface : N'est-ce pas Dieu qui bâtit son église ? Où est le Saint-Esprit dans tout cela ? Et la prière ? N'êtes-vous pas en train d'appliquer à l'église une stratégie d'entreprise plutôt qu'un modèle biblique ? En lisant la Bible, je suis frappé de voir comment Dieu a utilisé des systèmes d'organisation pour accomplir ses plans. Là où Dieu donne une vision, il donne aussi les moyens, des méthodes et des stratégies pour l'accomplir. Regardons quelques exemples. Quand Dieu a décidé d'éliminer la méchanceté manifestée dans le cœur de l'homme dans le monde entier, il a envoyé un déluge. Mais, avant cela, il a donné à Noé des plans pour construire l'arche pour sauver son peuple (Voir Gen.6). Quand Moïse a été choisi pour faire sortir le peuple de Dieu d'Egypte, il est tombé dans le piège d'essayer de tout faire tout seul. Son beau-père, Jéthro, lui a donné une structure d'organisation et de délégation pour accomplir le plan de Dieu (voir Ex.18). Quand Dieu a voulu rebâtir les murs de Jérusalem, il a choisi Néhémie pour accomplir sa mission. Néhémie avait un défi devant lui – construire le mur tout en étant sous attaque ennemi. A cause de cela Néhémie a déployé une stratégie où la moitié des hommes continuait à construire pendant que l’autre moitié montait la garde (voir Néh.4). Il y a pas mal d'exemples également dans le Nouveau Testament. Par exemple, quand Jésus a donné le pouvoir aux douze apôtres pour accomplir le ministère, il leur a donné des instructions précises sur comment accomplir leur mission (voir Mat.10). Puis, quand Jésus a décidé d'envoyer les soixante-douze autres disciples, il a établi une stratégie pour cela par des équipes de deux. C'est comme si Jésus voulait établir un modèle de travail d'équipe dans le leadership depuis le début (voir Luc 10). Plus tard, pendant que l'église primitive s'établissait, Dieu donné à Paul la mission d'organiser et de diriger des églises dans l'empire romain. Avec cela, Paul dit à Tite d'établir un système pour nommer des anciens dans toutes les villes de Crète afin que les églises soient en bonne santé (voir Tite 1). Bien sûr, ceci n'est qu'un échantillon parmi tous les exemples. En étudiant davantage la Parole de Dieu vous verrez combien il a utilisé des systèmes et des stratégies à travers l'histoire pour accomplir ses plans. Parmi d'autres choses, néanmoins, voici ce que je crois que nous pouvons apprendre de ces exemples : • Quand Dieu donne une vision de ce qu'il veut accomplir, très souvent il pourvoit à une stratégie spécifique pour sa réalisation. • Parfois Dieu donne la vision à une personne ou à une équipe, mais utilise les dons d'une autre personne ou équipe pour développer et implémenter la stratégie. • La prière est importante, mais Dieu nous appelle également à l'action. Dieu se sert de son peuple pour accomplir ses plans. - 6/17 -


J'ai donné des exemples de comment Dieu utilise des systèmes pour accomplir ses plans, mais vous pourrez continuer le débat avec votre équipe. En étudiant ceci ensemble, peut-être découvrirez-vous des principes que vous pourrez appliquer à l'organisation de votre église pour la sortir de l'ornière.

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4. Construire un fondement solide En commençant une session de consultation avec une église, d'abord je m'assure que toutes les pièces critiques pour un ministère sain sont présentes. En deuxième lieu, je pose des questions et passe en revue les communications et les pratiques pour voir quels éléments attirent le plus mon attention. Je crois qu'une organisation saine comprend tous ces six éléments : 1. Un but – Ceci est la mission de l'organisation. Bien que tous les éléments sont nécessaires pour une organisation saine, un but bien défini est le plus important. Sans cela, la question se pose : « Pourquoi sommes-nous là ? » 2. Une stratégie – Ceci est le plan actuel pour accomplir le but de l'organisation. Il peut (non, il devrait) changer à travers les années. Sans stratégie, la question se pose : « Que devrions-nous faire ? » 3. Des personnes – Vous devez bâtir une équipe solide pour accomplir le but de l'organisation. A part le « pourquoi », je crois que le « qui » est l'aspect le plus important d'une organisation en bonne santé. Si vous n'avez pas les bonnes personnes dans les bonnes positions, la question se pose : « Qui est avec nous ? » 4. Une structure – Le fondement et le cadre de votre organisation doivent servir et soutenir la stratégie que vous adoptez. Juste comme l'ossature de nos corps change au fur et à mesure que notre corps grandit, la structure d'une église doit rester souple avec la croissance de l'organisation. Sans structure, la question se pose : « Qui est responsable ? » 5. Des systèmes – Car ils clarifient les processus pour accomplir la stratégie. Dans une église, les systèmes sont des méthodes simples qui peuvent être reproduits facilement afin d'aider chacun à progresser de là où il est vers là où Dieu veut qu'il soit. Sans eux, la question se pose : « Comment devrions-nous faire cela ? » 6. Des données – Les chiffres et des témoignages émouvants nous montrent si nous sommes ou non en train d'accomplir notre mission. Les témoignages seulement, sans les données qui les mettent en relief par rapport à l'ensemble de l'organisation, peuvent dévoiler une église en mauvaise santé. Les chiffres, sans les témoignages de vie peuvent aussi masquer une église en mauvaise santé. Sans les deux, la question se pose : « Accomplissons-nous vraiment notre mission ? » Comme je l'ai déjà dit, ces éléments sont essentiels pour la bonne santé de l'organisation, mais ils ne sont pas d'importance égale. Je crois toujours que le but doit être la priorité. Si ce n'est pas le cas, l'organisation peut perdre son équilibre et sa santé. Par exemple, considérez l'organisation qui donne la priorité aux personnes. Dans ces cas, je vois souvent des assemblées introverties sans intérêt particulier pour atteindre ceux qui ne sont pas dans la foi. Elles prennent plutôt des décisions fondées sur ceux qui font déjà partie de l'équipe ou de l'église. Considérez l'organisation que met les systèmes en premier. Sa préoccupation, avec les systèmes, la structure au centre, est de suivre les règles. Les règles priment sur le but au point où, parfois, les règles créent des obstacles à l'accomplissement du but. Ceci est une église qui veut tout faire « selon le manuel ». Il y a aussi l'église qui veut mettre la stratégie avant le but. Dans ces circonstances, l'église est tellement préoccupée par le maintien d'une même stratégie qu'elle devient vite dépassée quand la culture et les gens changent. Ceci est une église qui veut préserver l'histoire.

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Maintenant à vous... Avec votre équipe de responsables, faites ce sondage d'auto-évaluation pour voir si ces aspects fondamentaux d'une organisation en bonne santé sont présents dans votre ministère. Notez chacune des six catégories ci-dessous, selon cette échelle : 1

2

3

4

5

Pas du tout d'accord

Pas d'accord

Ni d'accord ni pas d'accord

D'accord

Tout à fait d'accord

Nous avons clarifié la raison d'être de notre église et ce but est prioritaire dans toutes nos décisions : 1

2

3

4

5

4

5

Nous avons établi une stratégie spécifique pour accomplir notre but : 1

2

3

Nous avons les bonnes personnes avec les capacités appropriées dans les bonnes positions : 1

2

3

4

5

Nous avons créé une structure organisationnelle autour de notre stratégie de ministère : 1

2

3

4

5

Nous avons rassemblé des témoignages et des données qui nous permettent de confirmer que ce nous faisons marche dans la pratique : 1

2

3

4

5

Vous en êtes-vous bien sorti ? Y a-t-il des éléments qui manquent dans votre ministère ? Est-ce qu'il y autre chose que votre but qui est au centre de votre attention ? De quoi s'agit-il ? Maintenant, refaites le même exercice pour les principaux secteurs de ministère de votre église. Dans chaque secteur de ministère, tous les éléments devraient être présents et ils devraient tous soutenir le but principal de l'église.

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5. Quand l'enseignement crée des barrières au changement L'un des grands mythes dans le ministère est que nous avons le pouvoir de changer les comportements en enseignant davantage. Nous enseignons lors des cultes. Nous enseignons lors de rencontres d'étudiants. Nous enseignons à des réunions de femmes. Nous enseignons lors de retraites pour les hommes. Mêmes nos groupes de maisons sont bâtis autour de l'enseignement. Nous sommes tombés dans le piège de croire que la seule manière de faire avancer nos membres est d'enseigner encore plus. Mon père était chef de fanfare. Sa manière de faire comprenait l'enseignement mais comprenait aussi la manière d'apprendre à jouer chaque note, participer à des cours individuels et des entraînements, des répétitions pour peaufiner l'art de jouer en groupe, des entraînements de marche sur le terrain, des camps pour maîtriser des programmes particuliers, des exercices d'échauffement avant chaque performance, etc. Mon père a implémenté tous ces systèmes afin de renforcer ce qu'il enseignait, et qui ont porté le fruit d'une fanfare primé lors des concours. Si les églises (et leurs membres) veulent sortir de l'ornière, nous devons nous arrêter de nous appuyer tant sur l'enseignement pour produire tout le changement que nous voulons voir, tout en commençant à créer des systèmes sains pour soutenir l'enseignement. Dans le contexte d'une église, un système sain est simple, et peut être facilement reproduit afin d'aider chacun à progresser de là où il est vers là où Dieu le veut (l'un des six éléments d'une organisation en bonne santé du chapitre précédent). Par exemple, si nous voulons que plus de monde progressent vers le service d'autrui, non seulement devons-nous enseigner ce que la Bible dit sur le sujet, mais nous devons consolider cet enseignement avec de saines méthodes pour encourager chacun vers la prochaine étape, par exemple : • • • • • •

Trouver des aides pour que chacun reconnaisse son don. Former les membres sur comment encourager, aiguiller d'autres vers un service Établir des occasions de « premier service » afin qu'il y ait des démarches claires pour entrer dans le service Mettre en place un système simple avec une table et une personne à l'accueil ou un lien en évidence sur le site internet pour que les amis de l'église puissent s'engager. Éliminer les occasions où des événements sont en concurrence les uns avec les autres et qui empêchent certains de s'engager dans le service. Réduire le personnel afin d'augmenter la dépendance sur des volontaires2

Mais, si les systèmes ne sont pas en place ou ne marchent pas convenablement, vous pourrez enseigner tout ce que vous voulez... cela ne changera pas les comportements. Un autre problème que je constate dans les églises avec lesquelles je travaille est qu'elles croient que l'enseignement est le système. Quand cela arrive, elles mettent leurs espoirs dans ce que j'appelle « l'entonnoir du désespoir ». L'entonnoir fonctionne comme ceci :

2 Cette proposition ne correspondra que rarement à notre situation en France ! (Note du traducteur) - 10/17 -


Enseigner la foule -------------------------------Promouvoir une activité -------------------------------Enseigner encore -------------------------------Promouvoir les petits groupes -------------------------------Enseigner toujours plus Si nous voulons changer les comportements, nous rassemblons les chrétiens le dimanche matin et nous enseignons. Puis nous poussons une activité, un événement où nous essayons à nouveau de rassembler du monde. Puis nous encourageons les participants à se rassembler en petits groupes où – vous l'avez deviné – nous essayons de leur enseigner encore plus. Et, chemin faisant, nous sommes frustrés parce qu'il y a de moins en moins de monde à chaque étape. Nous nous plaignons de ceux qui ne savent pas fixer des priorités dans leurs vies et qui ne viennent pas. Peutêtre devrions-nous simplement reconnaître que l'entonnoir du désespoir ne produit pas des changements de vie. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Je crois vraiment que l'enseignement biblique est un élément clé pour encourager des changements de vie. Jésus le faisait. Il enseignait devant des foules de milliers de personnes, mais ceci n'était qu'une partie de son ministère. Il consolidait son enseignement avec des étapes de foi, des relations personnelles, la discipline et des activités qui ont produit une évolution dans les comportements. Le problème se présente quand il n'y a pas de consolidation de l'enseignement par de bons systèmes pour encourager les étapes suivantes et l'application de l'enseignement à nos vies. L'enseignement seul produit des ministères centrés sur des personnalités où les gens viennent aux réunions et écoutent... et c'est tout. Nous avons besoin de créer des systèmes qui encouragent chacun à mettre en pratique ce qu'il apprend. Souvenez-vous, votre message a le potentiel de transformer la pensée. Vos systèmes ont le potentiel de transformer la pratique.

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6. Huit caractéristiques de systèmes efficaces Tout au long des cinq chapitres précédents de cette brochure, j'ai partagé l'importance d'établir des systèmes efficaces et équilibrés ; discuté le fait que, pour beaucoup d'églises, il y a une brèche entre la vision et sa réalisation ; montré comment, sans ces systèmes efficaces, elles auront du mal à accomplir la vision de Dieu pour leur ministère ; et j'ai aussi expliqué que, dans le contexte d'une église, un système sain est simple, et peut être reproduit facilement afin d'aider chacun à progresser de là où il est vers là où Dieu le veut. Parce que votre organisation est unique, je ne peux pas vous dire spécifiquement de quels systèmes vous avez besoin pour accomplir la vision de Dieu pour votre église. Je peux, toutefois, partager quelques caractéristiques de bons systèmes qui pourraient vous aider à bien vous orienter. Voici donc huit caractéristiques de systèmes sains et équilibrés pour nos églises : 1. Ils permettent aux leaders d'accomplir leur ministère sans devoir chercher constamment la permission. Sans les systèmes, chaque décision doit être référée au pasteur principal, à l'équipe d'administration, au comité, etc. Dans son livre « Making ideas happen »3 Scott Belsky l'explique ainsi : « Plus les gens restent éveillés au lit en train de réfléchir sur votre idée, mieux c'est. Mais les gens ne sont obsédés que par les idées dont ils se sentent propriétaires ». De bons systèmes donneront aux responsables la liberté de prendre des décisions mais dans un contexte clairement délimité. 2. Ils sont adoptés et encouragés par les responsables principaux. Cela ne sert à rien d'établir des systèmes si les responsables principaux ne les utilisent pas et n'encouragent pas les autres à les utiliser. Si vos principaux responsables n'adoptent pas le système, vous n'êtes pas encore prêt à le mettre en service. 3. Ils mobilisent beaucoup de monde plutôt que de dépendre de quelques individus spécialement doués. Si votre système est « Contacter Henri pour plus de renseignements » c'est que vous n'avez pas de système. Si votre système est « Va écouter Suzanne enseigner sur le sujet », vous n'avez pas de système, non plus. Vous avez des personnes douées. De bons systèmes vont aiguiller les gens dans la bonne direction avec les prochaines étapes (processus, outils, ressources, etc.) plutôt que vers des personnes spécifiques. 4. Ils simplifient les choses. Le but est de créer juste assez de structure pour simplifier la vie à chacun. Les meilleurs systèmes sont intuitifs et poussent votre équipe à réduire le nombre d'étapes nécessaires. Et, quoique vous fassiez, rassurez-vous que votre « client » ne doit pas deviner ce qu'il faut faire pour commencer. 5. Ils sont établis autour de domaines clés de votre organisation. Pensez à la globalité de votre ministère. Voulez-vous que d'autres s'y impliquent ? Qu'ils trouvent un groupe ? Qu'ils puissent communiquer sur un événement ? Qu'ils deviennent membres ? Qu'ils fassent partie du personnel ? Ce sont des domaines où, habituellement, les gens font un pas de plus. Ce sont des domaines où les systèmes doivent être solides. 6. Ils s'améliorent avec le temps. Si vous sentez qu'il faut attendre que le système soit parfait, vous n'êtes pas encore sorti de l'auberge (ou de l'ornière!). Il vous faut lancer la version beta. Faites un « essai sur route ». Voyez ce qui marche, et peaufinez le reste selon les retours que vous recevez. 7. Ils doivent changer dans le temps. C'est le grand défi des églises historiques : elles utilisent encore des systèmes qui ont fait leurs preuves il y a bien longtemps mais qui ne marchent plus aujourd'hui. C'est dangereux quand nous commençons à protéger le système au détriment de l'accomplissement de la mission principale.

3 Making Ideas Happen: Overcoming the Obstacles Between Vision and Reality), Scott Belsky, 2010, Portfolio Penguin (Faire que ses idées se réalisent : surmonter les obstacles entre la vision et la réalité, Scott Belsky, 2010, Portfolio Penguin)

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8. Ils sont mesurés et surveillés pour détecter les tendances. Il vous faudra et des chiffres et des histoires. Mais le but est de voir les fruits (vies transformées) plutôt que le nombre d'assistants (aux activités d'église). De bonnes personnes qui utilisent de mauvais systèmes ne produiront jamais de bons résultats. Des personnes moyennes qui utilisent de bons systèmes peuvent produire d'excellents résultats.

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Conclusion Si vous vous teniez au milieu d'une flaque de boue, jusqu'aux chevilles, le seul moyen de vous en sortir serait de bouger – d'abord un premier pas et ainsi de suite. Après la lecture des deux premières parties de cette série « Changer de costume », je suis convaincu que vous vous rendez bien compte dans quelle mesure vous êtes dans une ornière, et vous avez probablement déjà quelques idées sur ce qu'il faut faire. Le premier pas pour être libéré de vieux systèmes, programmes, structures, etc. est de permettre à ce message de devenir personnel. Relisez ces brochures avec votre équipe de responsables , répondez aux questions seul mais aussi en groupe et avancez pour devenir l'église que Dieu vous appelle à être.

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Questions à discuter 

Chapitre 1 : Comment obtenir d'autres résultats ? a) Juste comme les costumes des années 80 ne sont plus à la mode, qu'est-ce qui, dans votre église, ne correspond plus au monde d'aujourd'hui ? (Voir le premier titre dans la série : Le piège du costume années 80) b) Quelles entreprises, équipes sportives ou autres organisations semblent être dans une ornière en ce moment ? Quelles sont les causes principales de leur situation ? c) Consultez la liste de symptômes des églises figées ? Lesquels de ces symptômes pourraient correspondre à votre église ? Quoi d'autre devrait être sur la liste d'après votre expérience ? d) Considérez la citation de Jim Collins « Ceux qui sont au pouvoir blâment les autres, ou des éléments extérieurs – ou nient les faits d'une autre manière – plutôt que de confronter la réalité effrayante que l'entreprise fait face à de vrais problèmes ». Quelles excuses utilisezvous, ou d'autres de votre église, pour éviter d'affronter la « réalité effrayante » ? Chapitre 2 : Attention à la marche a) Sans tricher, récitez – ou au moins résumer – la déclaration de vision de votre église, si vous le pouvez. Combien de personnes dans l'église la connaissent ? b) En supposant que vous et la majorité des membres de votre église connaissez la déclaration de vision, est-ce que vous savez comment en faire une réalité ? Pourquoi ou pourquoi pas ? c) Sur une échelle de 1 à 10 (où 1 est une fissure dans le trottoir et 10 est le Grand Canyon) combien grand est l'écart entre la vision et ceux qui attendent pour accomplir la vision ? d) Considérez les signes qui vous mettent en garde que votre ministère ne « fait pas attention à la marche ». Lesquels sont vrais pour votre église ? Y en a-t-il d'autres qui ne sont pas mentionnés ? Chapitre 3 : Dieu se sert de systèmes pour accomplir ses desseins a) Comme nous l'avons vu, il y a un certaine nombre d'exemples de comment Dieu utilise des systèmes pour accomplir ses plans. Lequel vous parle le plus ? Comment est-ce que les récits bibliques correspondent-ils à la manière de travailler de votre église ? b) Dans tout ce débat sur des systèmes et des stratégie où croyez-vous que Dieu trouve sa place ? c) Quand Dieu veut accomplir quelque-chose par notre intermédiaire, souvent Il pourvoit à une stratégie spécifique pour sa réalisation. Quand avez-vous pu constater la véracité de ce fait par le passé ? Quelle vision avez-vous actuellement pour laquelle vous attendez encore la stratégie divine ? Chapitre 4 : Construire un fondement solide a) Avant de lire ce document, auriez-vous décrit votre église comme étant en bonne ou mauvaise santé ? Pourquoi ? b) Lisez les six éléments d'une organisation en bonne santé. Dans votre église, quels sont les secteurs ayant besoin d'être revisités ? Dans quel secteur sentez-vous que l'église est le plus figée ? c) Le but doit être prioritaire, sinon l'église devient déséquilibrée et en piètre santé. À quels secteurs d'activité est-ce qu'on prête trop d'attention et auxquels pas assez ? d) Comment vous en sortez-vous pour l'auto-évaluation de votre équipe et de vos ministères ? Qu'est-ce qui manque à votre ministère ? Chapitre 5 : Quand l'enseignement crée des barrières au changement a) Dans combien de situations différentes au sein de votre église peut-on recevoir de l'enseignement ? (Pensez aux adultes, aux jeunes, aux enfants et à d'autres groupes spécifiques)

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b) Combien de ces possibilités d'enseignement aboutissent exclusivement à des connaissances accrues et combien donnent lieu à une mise en pratique ? c) Un système sain est simple, et peut être reproduit facilement afin d'aider chacun à progresser de là où il est vers là où Dieu le veut. Comment décririez-vous l'état actuel de votre système ? Chapitre 6 : Huit caractéristiques de systèmes sains a) Tout en reconnaissant que votre église est unique, quelles caractéristiques considérez-vous les plus importantes pour avoir un système sain ? b) Considérez la citation de Scott Belsky : « Plus les gens restent éveillés au lit en train de réfléchir sur votre idée, mieux c'est. Mais les gens ne sont obsédés que par les idées dont ils se sentent propriétaires ». De quelles manières avez-vous oeuvré pour que ceux qui vous entourent se sentent partie-prenante des projets et libres de prendre des décisions dans des limites bien définies ? c) Quelles sont les activités clés de votre église ? Quels systèmes sont en place (ou doivent être établis) afin que chacun soit capable de faire un pas de plus ? d) Maintenant que vous avez fait ce premier pas pour sortir de l'ornière en lisant cette brochure et en examinant votre ministère, quelle est la première chose que vous devriez faire demain ?

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Au sujet de l'auteur Tony Morgan est pasteur et fait partie de l'équipe de responsables de l'église « West Ridge » près d'Atlanta. Il est aussi stratège, écrivain, orateur et consultant qui forme des responsables et des églises afin d'avoir un meilleur impact pour Christ sur leurs communautés. Encore plus important, il a une passion pour les gens. Sa raison d'être est d'aider des personnes à rencontrer Jésus et avancer dans leur foi. Pendant plus de dix ans, Tony a servi au sein d'équipes de responsables à l'église NewSpring (Anderson, Caroline du Sud) et l'Eglise de Granger Community (Ganger, Indiana). Avec Tim Stevens, Toni a été l'auteur des livres Simply Strategic Stuff, Simply Strategic Volunteers, et Simply Strategic Growth chacun desquels offre des solutions précieuses et pratiques pour des aspects différents du ministère ecclésial. Dans son livre Killing Cockroaches (« Tuer les cafards ») Tony montre aux responsables comment éviter de s'enfoncer dans les petits détails de la vie d'église afin de travailler à un plus grand impact par la vie et les responsabilités. Tony a également écrit plusieurs articles sur le recrutement, la technogie, la planification stratégique, et le leadership, édités par des organisations telles que Outreach magazine, Catalyst, et Pastors.com. Tony et son épouse Emily, habitent près d'Atlanta, Georgie, avec leurs quatre enfants – Kayla, Jacob, Abby, et Brooke. Pour plus de renseignements : http://www.TonyMorganLive.com

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Changer de costume... comment sortir de l'ornière