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Intervention de Denis MATHEN, Gouverneur de la province de Namur à l’occasion de la cérémonie en l’honneur de la reconnaissance officielle des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse au Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO Palais provincial de Namur – 21 janvier 2013

Madame la Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Monsieur le Ministre de la Wallonie, Monsieur le Gouverneur, Messieurs les Présidents des Conseils provinciaux de Namur et du Hainaut, Monsieur le Commandant militaire de la province de Namur Messieurs les Parlementaires, Messieurs les Présidents des Collèges provinciaux de Namur et du Hainaut, Mesdames et Messieurs des Députés provinciaux des provinces de Namur et du Hainaut Monsieur le Greffier provincial, Mesdames et Messieurs les Bourgmestres, Mesdames et Messieurs les Echevins, Mesdames et Messieurs les membres des Conseils communaux, Mesdames et Messieurs les membres des Etats-majors et responsables des Marches, Cher Monsieur Arcq, cher Monsieur Marchal, Chères Amies et chers Amis Marcheurs,


« Ce que je cherche avant tout, c’est la grandeur : ce qui est grand est toujours beau ». Cette maxime n’est pas de moi mais bien de Napoléon Bonaparte dont l’épopée, mis à part également quelques arquebusiers et parfois quelques Mousquetaires, a grandement inspiré bon nombre de compagnies et cohortes de Marcheurs Namurois et Hennuyers d’Entre-Sambre-et-Meuse. Quoi de plus normal de vous recevoir ici, dans l’enceinte (-restons dans le jargon militaire-) de ce Palais provincial qui fut naguère le siège des préfets de l’ancien département français de… Sambre-et-Meuse, afin de célébrer ensemble cette reconnaissance dont vous a gratifié l’UNESCO ; cette inscription au patrimoine culturel de notre monde n’est-elle pas un signe de grandeur dont Napoléon lui-même, -qui, et c’est un fait historique, a fréquenté ces lieux-, n’aurait pas eu à rougir ? Je le pense sincèrement. Au diable les bilieux ou les polémistes qui préfèrent associer « grandeur » et « décadence ». Discernons-y plutôt l’opportunité de prendre de la hauteur afin de mieux appréhender ce qui nous entoure. N’ayons pas honte de louer nos qualités, sans négliger nos défauts, et ainsi faire valoir notre identité, nos traditions et nos compétences au-delà de la Sambre, de la Meuse, et pourquoi pas du Danube, du Gange ou du Nil ? Non seulement voyons grand, mais aussi voyons loin ! Sans verser dans une quelconque paranoïa existentialiste, ni dans un avatar de la méthode Coué, ceux qui me connaissent savent quel indécrottable militant de l’approche positive je suis, préférant ce mode de pensée constructive au dénigrement systématique qui inhibe toute initiative d’ambition et ampute notre créativité1. Et votre folklore, notre folklore, est quelque chose de grand dont nous pouvons tous être fiers, Namurois, Hennuyers, Wallons, mais aussi Bruxellois, madame la Ministre et Belges que nous sommes. 1

Inspiré du discours des vœux aux forces vives du 20 janvier 2012, p.4


Parlant de siège il y a un instant, et au contraire de la poliorcétique qui implique nécessairement un repli sur soi, la Marche, que vous représentez dignement, est le symbole d’une tradition et d’un folklore ouvert sur l’extérieur ; l’antonyme de cette inertie qui paralyse bien trop souvent nos dé-marches… Si les processions escortées mises à l’honneur en ce jour me tiennent particulièrement à cœur, au-delà de la force et des valeurs qu’elles véhiculent extra muros, c’est aussi, je dois l’avouer, parce que j’ai pu les vivre et les ressentir de l’intérieur. En effet, outre les trois titres de « Royal » que j’ai pu décerner à des sociétés de marcheurs depuis mon entrée en fonction en tant que Gouverneur, c’est en spectateur averti que j’ai pris part tantôt à la Marche Saint-Lambert de Cerfontaine en 2007, tantôt à celle de Berzée en 2009, à celle de Saint-Laurent d’Yves Gomezée en 2010, ou de la Trinité à Walcourt en 2011, à l’invitation de l’infatigable Député-Marcheur Philippe Bultot et de la Bourgmestre de Walcourt, Christine Poulin. Au-delà des 15 Marches concernées par une reconnaissance désormais internationale, ce sont les valeurs incarnées par l’ensemble d’entre elles, partout dans nos provinces, qui doivent être mises à l’honneur. Il faut croire que le virus de ce folklore si particulier, pourtant maintenant devenu universel, m’avait atteint puisque c’est en tant qu’Officier d’ Etat-major napoléonien, à cheval, que j’ai eu le plaisir d’intégrer le cortège de la SaintFeuillen, la Septennale à Fosses-la-Ville en septembre 2012. Une expérience inoubliable pour moi personnellement, mais aussi pour les quelque 3.000 marcheurs qui s’y sont réunis et les centaines de milliers de spectateurs dont l’émerveillement n’avait d’égal que le sentiment de prendre part à un événement exceptionnel et historique. C’était tout le sens du message que j’avais adressé à l’Ambassadeur et Déléguée permanente auprès de la maison de l’UNESCO de Paris en novembre dernier, quelques jours seulement avant que ne tombe la décision de reconnaissance.


Mesdames et Messieurs, Chères Amies et chers Amis marcheurs, Avant de céder la parole à Monsieur le Ministre des Pouvoirs locaux et du Tourisme wallon je citerai un proverbe touareg qui dit « Mieux vaut marcher sans savoir où aller que rester assis sans rien faire ». Je suis certain en tous cas d’une chose au moins, que la cérémonie d’aujourd’hui nous fait aller tous dans la même direction.

Je vous remercie pour votre attention.

Profile for Christian Hebrant

Marches Unesco  

Reconnaissance des Marches

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