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Allocution de Monsieur Denis MATHEN, Gouverneur de la province de Namur, représentant le Gouvernement fédéral – Bataille de la Sambre à Sambreville – Hommage aux 384 fusillés du 22 août 1914 à Tamines – le 22 août 2013

Monsieur le Président de la Chambre, Monsieur le Député, Monsieur le Député-Bourgmestre, Monsieur le Consul honoraire de France, Mesdames et Messieurs les membres des Collège et Conseil communal, ainsi que du Conseil de l’Action sociale, Mesdames et Messieurs les Directeurs d’école, Mesdames et Messieurs les membres des Associations et Groupements patriotiques, Chers enfants du Conseil communal des enfants, Mesdames et Messieurs en vos titres et qualité,

C’est avec une sincère émotion qu’en tant que Commissaire du Gouvernement fédéral, et chargé de le représenter officiellement cette année encore, j’ai le privilège de vous adresser un court message à l’occasion de cette cérémonie d’hommage, certes marquée par les évènements tragiques que les citoyens de Sambreville et de sa région ont dû endurer lors de la Grande Guerre, mais que nous nous devons de perpétuer : nous le devons pour celles et ceux qui ont combattu, résisté ou malheureusement péri, pour nous-mêmes, mais aussi pour toutes les générations futures. De tristes esprits voudraient parfois assimiler le devoir de mémoire à un anachronisme ou à un concept suranné. Ce serait à la fois dangereux pour nos valeurs démocratiques mais aussi insultant pour tous ces hommes et toutes ces femmes victimes, ou parents de victimes des conflits internationaux, et je salue d’ailleurs la présence de l’une d’entre elles parmi nous aujourd’hui.


Cette cérémonie du souvenir, cette « évidence » de mémoire plus qu’un devoir, ainsi que je la nommais ici-même il y a un an, s’inscrit dans une dimension intergénérationnelle, introspective et citoyenne, afin que les souffrances du passé ne soient pas vaines et puissent amener nos sociétés vers plus de résilience. Comme à chaque fois, c’est donc tout naturellement que le Gouvernement fédéral s’y associe pleinement, dans une démarche plus que jamais nécessaire, à l’aube du centenaire, l’année prochaine, de la Première Guerre mondiale. *** Le foisonnement des initiatives pour commémorer 14-18, notamment au niveau local et associatif, témoigne, au-delà des différents enjeux, d’un réel volontarisme afin de garder vivace cette dynamique du souvenir : la ville de Sambreville, « Ville-Martyre », et l’asbl « Centenaire 14-18 en Val de Sambre », s’y sont largement impliquées, grâce à un programme riche et complet, alliant une approche scientifique pour une compréhension plus pointue des faits historiques, plusieurs spectacles et manifestations culturelles, mais également des cérémonies d’hommage telle celle d’aujourd’hui, qui prendra alors un sens plus particulier encore. La commémoration des combats de la Sambre à Le Roux, dimanche dernier au cimetière français de la Belle Motte, a une fois de plus rappelé l’ampleur de la charge émotionnelle et de la dimension symbolique forte des Batailles de la Sambre. A cet égard, le groupe de travail mis en place au sein de la Province de Namur dès le début de l’année passée, en vue de soutenir et d’assurer la cohérence des différents projets, n’a pas manqué d’identifier Le Val de Sambre comme un axe important à mettre en avant. *** Dans moins d’un mois maintenant, c’est la capitale wallonne qui, en même temps qu’elle vibrera aux sons des fifres et tambours des groupes folkloriques présents aux Fêtes de Wallonie, rendra aussi hommage aux victimes des Première et Deuxième Guerres mondiales, lors de la journée provinciale du souvenir au cimetière de Belgrade, où à chaque fois, là aussi, le Gouvernement fédéral s’associe dans le recueillement à tous les autres niveaux de pouvoir. Cette année, alors que la construction européenne se poursuit avec l’adhésion d’un nouveau membre, la Croatie, c’est la République fédérale d’Allemagne que la Wallonie accueillera lors de ses Fêtes de septembre. Ce choix, peut-être difficile à comprendre ou à accepter par certains, revêt selon moi une dimension symbolique forte : il s’inscrit dans l’idée des Shuman


et Monnet ; celle d’une communauté européenne capable de garantir une paix et une prospérité durables sur notre « Vieux continent », après des siècles de déchirement.

Quand l’Humanité s’emballe et que la violence ou la folie s’emparent des Hommes, il y a partout des oppresseurs et des opprimés. Et les larmes n’ont jamais et nulle part le goût de sucre. Rappelons-nous les erreurs pour ne pas les répéter, et gardons les yeux fixés sur l’avenir pour tenter, quand c’est possible, de le construire ensemble. Mais, dans le même temps, continuons à honorer la mémoire de ceux qui ont péri pour relever nos démocraties ; ceci constitue un acte de citoyenneté et de gratitude, valeur d’exemple pour nos enfants tout autant que rempart contre l’oubli. Victor Hugo disait : « La guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées. » Puissent alors nos idées encore longtemps se confronter. Je vous remercie pour votre attention.


Allocution hommage tamines 22 08 13