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La Suisse, les Américains et la Résistance française L’histoire singulière des liens secrets entre les Etats-Unis, la Suisse et la France résistante pendant la Seconde Guerre mondiale

Conférence de Monsieur Robert Belot, Professeur des Universités, historien

12 mai 2011, 20h15 Bâtiment principal de l’Université de Neuchâtel Av. du 1er-Mars 26 Aula (Salle C46)

Entrée libre Dans le cadre du Millénaire de la ville de Neuchâtel 


Robert Belot Robert Belot est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard. Il dirige le laboratoire RECITS et enseigne la géopolitique et l’histoire de l’Europe. Spécialiste de l’histoire culturelle, politique et diplomatique des conflits, il a écrit de nombreux ouvrages sur la France et l’Europe des « années noires ». Premier biographe du grand résistant fédéraliste Henri Frenay (Seuil 2004), il a écrit une histoire de La Résistance sans de Gaulle (Fayard, 2006) et le premier ouvrage sur L’Affaire suisse. Les résistants ont-ils trahi de Gaulle ? (Armand Colin, 2009) pour lequel il a obtenu le Prix diplomatique « Joseph du Teil » de l’Académie des sciences morales et politiques. Son dernier livre, co-écrit avec l’historien allemand Klaus-Peter Sick  : La Seconde Guerre mondiale pour les Nuls (éd. First, 2011).

La conférence « L’affaire suisse » a été la crise de la plus grave que la Résistance française ait eu à connaître. Elle continue à faire polémique. Survenue au printemps 1943, elle enraye le processus d’unification des organisations résistantes et de ralliement de celles-ci au gaullisme mis en œuvre par Jean Moulin. Elle brouille un peu plus les rapports entre de Gaulle et les Alliés, et tout particulièrement les Américains qui jouent à Alger le général Giraud contre le fondateur de la France Libre. Jean Moulin accuse la Résistance de « trahir » de Gaulle ; des dirigeants de la Résistance accusent Jean Moulin de commettre un « crime » contre la Résistance. Il s’agissait de créer un territoire neutre (en Suisse), une sorte d’ambassade des Mouvements Unis de Résistance (MUR) pour


permettre à la Résistance intérieure d’accéder à des sources de financement, d’établir des communications avec l’extérieur, de recevoir des matériels divers (armes, etc.), de transmettre du renseignement aux Alliés et à la France Combattante. Ce contact avec l’extérieur était d’autant plus crucial que les marquis, qui naissaient en réaction au STO (service du travail obligatoire), avaient des besoins que ni Londres ni la Résistance ne pouvaient satisfaire. Les Américains furent le soutien principal de cette aventure, avec, dans le rôle du maître-espion, Allen Dulles, l’homme orchestre de l’OSS pour l’Europe, futur patron de la CIA. Ont-ils voulu manipuler ou « acheter » la Résistance française ? Les résistants ont-ils utilisé les Américains contre de Gaulle ? La Suisse fut le soutien secondaire, mais ô combien précieux. Malgré sa situation périlleuse, elle n’a pas été un hôte passif et indifférent. Si la Suisse est neutre, les Suisse ne le sont pas forcément. A l’insu, voire contre la volonté des autorités fédérales et cantonales, certains d’entre eux, proches de la frontière, participent au travail des filières de passages d’hommes, d’armes, de renseignements. Les agents des services spéciaux prêtent leur concours, pour obtenir en échange des informations. Des résistants « brûlés » en France peuvent obtenir officiellement le statut de réfugiés. C’est avec le consentement discret et parfois embarrassé des autorités que la Délégation des MUR a pu devenir un « poumon » pour la Résistance française. Cette « affaire », appréhendée de manière dépassionnée et sur le fondement de documents nouveaux, permet d’écrire une page singulière de l’histoire des relations franco-suisses.


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