Issuu on Google+

1

Un film de Ladj Ly SaĂŻd Belktibia Benkoro SangarĂŠ


2

KG PRODUCTIONS - KEROZEN - THE RED HOUSE présentent


3


4

*(Voix Off) Progressivement, mon pays, le Mali, se retrouve de plus en plus au cœur des inquiétudes géopolitiques mondiales. Au nord, outre les traditionnelles revendications touarègues, l’ombre de l’épouvantail AQMI plane sur les étendues désertiques.


5

En février 2012, je décide de m’y rendre, accompagné de Benkoro et Said, pour tenter de comprendre cet enlisement. Sous nos yeux, l’histoire s’écrit. Voici la chronologie d’une guerre annoncée, voici ce que nous avons vu et entendu, voici 365 jours dans l’histoire de mon pays.


6


7

*(Voix off) Apres 5 jours de route à travers le Sahara. Nous nous rendons à Tessalit, point de départ de notre expédition, non loin de la frontière algérienne. Abdel Karim, un touareg influent accepte de nous conseiller et fera office de guide.


8


9

Les Touaregs sont un peuple nomade qui vit dans le Sahel. Depuis les années 60, ils  réclament l’indépendance d’un territoire : l’Azawad. Ce désir historique d’indépendance se retrouve néanmoins pris en otage au sein d’un véritable capharnaüm de revendications nouvelles. En effet, les Touaregs partagent désormais le territoire avec une nébuleuse de groupuscules au premier rang desquels AQMI. Ils deviennent victimes d’un amalgame délicat.


10


11

*(Voix off) Abdel Karim nous fait découvrir des endroits stratégiques de la rébellion. Il apparaît désormais évident qu’il est en réalité l’un des cadres de ce mouvement.


12


13

*(voix off) Nous traversons les vastes étendues désertiques. Une impression d’avancer dans l’inconnu dans mon propre pays. Rien ni personne pendant des heures. Le trajet semble interminable, les conditions, très difficiles. Nous nous dirigeons vers Kidal, berceau de la rébellion et capitale des Touaregs.


14


15

*(Voix off) Nous y sommes  très bien accueillis et rapidement, une confiance s’installe. Nous tentons de comprendre les enjeux actuels des troubles du Nord-Mali.


16


17

*(Voix off) Le 22 Mars 2012 à Bamako, à un mois des élections, c’est l’onde de choc. Le régime d’ATT est renversé par la junte militaire dirigée par la capitaine Amadou Sanogo. Les militaires prennent le pouvoir et forment le CRNDE Conseil national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat


18


19

*(Voix off) Les militaires sont omniprésents. C’est l’état d’urgence dans la capitale, couvre feu, aéroport fermé, pénuries.


20


21

L’opposition s’organise. Les différents partis politiques montent au créneau. Un élan patriotique s’installe, chacun veut défendre les couleurs du Mali.


22


23

*(voix off) Le désengagement de l’armée de la zone située au nord du fleuve Niger précipite tout le nord du Mali dans un profond désordre.


24


25

Le MNLA, le parti des rebelles Touaregs, prend le pouvoir des 3 grandes villes du nord : Kidal, Gao et Tombouctou. Renforcé en nombre par l’afflux d’excombattants pro-Khadafi défaits, Il déclare alors l’indépendance de l’Azawad mais aspire dans son sillage les très controversés groupes jihadistes Mujao, Ansar Dine et Aqmi. Le refus de la communauté internationale de reconnaître l’Azawad comme état indépendant sera d’autant plus catégorique. Nous nous retrouvons néanmoins au cœur de l’imbroglio politique puisqu’Abdel Karim, notre guide, se voit confier des responsabilités au sein du gouvernement de l’Azawad.


26


27

Atay Ag Mohamed porte-parole du MNLA

Une fois arrivés à Tombouctou, nous découvrons les visages de ceux dont toute la planète parle. AQMI. Ils sont armés et donnent l’impression d’être très bien organisés et de connaître parfaitement le territoire. L’ambiance est néanmoins plutôt calme. Leur leader, Abou Zaïd, bien que discret, est présent. Le porte-parole de son mouvement semble, quant à lui, très serein et bien acceuilli.


28


29

*(voix off) Le 2 avril, ANSAR DINE et AQMI s’emparent de Tombouctou et chassent le MNLA. L’un des leaders d’Ansar Dine, Omar AMARHA, nous accorde une interview exclusive. Outre des talents certains d’orateur, Omar semble vouloir profiter de nos questions pour expliquer les objectifs de son mouvement. Nous sommes immédiatement surpris par son accessibilité.


30


31

A Tombouctou, cité légendaire devenue ville morte, la population est sous tension. Beaucoup ont même déjà fui.


32


33

Au coin d’une rue, le silence est rompu. Nous croisons le chemin d’un Moudjahidine français qui a tout quitté pour venir s’engager dans le Jihad. Il accepte de répondre à nos questions. Son discours est extrême. Adbourahman Moudjahidine français


34


35

*(voix off) Face aux pressions de la communauté internationale, le CNRDE rend le pouvoir. L’ancien président de l’assemblée nationale Dioncounda Traoré devient président intérimaire. A Bamako, la vie a repris son cours mais les tensions demeurent. L’état d’urgence reste en place. Des milices s’organisent.   Nous rencontrons un des représentants de la milice populaire « Ganda Izo ».


36


37

Dicsone Instructeur

*(voix off) Le phénomène des milices est significatif du désordre dans lequel se trouve le pays. Nous nous rendons à Sevaré, chef lieu de beaucoup de miliciens afin d’en savoir plus. Dicsone, un ancien militaire, nous accueille. Il sera notre interlocuteur. Il est l’instructeur de toutes les milices. Nous sommes frappés par son charisme particulier, son aura et son influence auprès de ses troupes.


38


39

*(voix off) Pendant ce temps, à Bamako, de violentes manifestations éclatent. On assiste à un soulèvement contre le président intérimaire. Des anciens partisans du coup d’état s’attaquent au palais présidentiel. Le président intérimaire, Diouncounda Traore sera blessé puis évacué vers Paris.   Rarement Bamako n’avait connu telle colère.


40


41

(voix off) Les mouvements jihadistes sont bien organisés. Ils contrôlent maintenant toute la ville de Tombouctou. La nouvelle loi qui y règne est celle de la Charia. Plus de musique, plus de cigarettes, plus d’alcool… Les femmes doivent être voilées. Des amputations ont même eu lieu. Comment en eston arrivé là ?


42


43

(voix off) Dicson nous fait visiter le camp d’entrainement. Les installations sont rudimentaires et le manque de moyens est flagrant.


44


45

(voix off) Au même moment à Bamako, le président intérimaire Diouncounda Traoré rentre au Mali. Nous sommes en Juillet 2012, la communauté internationale semble encore tergiverser mais ce retour est vécu comme un nouvel espoir.


46


47

(voix off) De retour vers Tombouctou, notre véhicule tombe en panne. Loin de tout et sans moyens, nous sommes vulnérables.  nous décidons de continuer à pied.


48


49

(voix off) Le lendemain, une caravane de dromadaires nous redonne espoir. Nous la rejoignons et parcourons les 50 derniers kms qui nous sĂŠparent de Tombouctou.


50


51

(voix off) Les jihadistes savent très bien utiliser les medias et la communication. Nous allons en être témoins malgré nous. Nous découvrons par ailleurs qu’ils disposent de moyens financiers conséquents. Pour la ville de Tombouctou, la facture d’électricité s’élève à 3000 euros par jour. Pendant 6 mois, ce sont eux qui ont réglé toutes les factures de la ville.


52


53

A Tombouctou, la vie reprend son cours tant bien que mal.  Derrière les murs, des femmes nous font partager leur point de vue. Elles s’expriment étonnamment sans craintes, ce qui est assez rare pour être souligné.


54


55

(voix off) La population n’en peut plus. Elle s’impatiente. Elle exhorte le gouvernement malien et bien évidemment la communauté internationale à mettre fin à cette situation.


56


57

(voix off) Le chaos politique rend difficile l’analyse de la situation. Il y a de moins en moins de cohésion nationale. Le gouvernement malien ne jouit que de très peu de crédibilité.


58


59

(voix off) Nous repartons prendre des nouvelles des miliciens de SĂŠvarĂŠ


60


61


62 CO-PRODUCTION KG Productions Kerozen The Red House REALISATION Ladj Ly Saïd Belktibia Benkoro Sangaré PRODUCTION EXECUTIVE Saïd Belktibia Emma Hernandez Toumani Sangaré PRODUCTEUR DELEGUE Romain Gavras Toumani Sangaré MONTAGE Cécile Dessertine

INTERVENANTS Abdel Karim Ex rebel Touareg Ahmed Ag Mohamed Ex rebel Touareg Moussa Mohamed Ex rebel Touareg Capitaine Sanogo Président C.R.N.D.R.E Pr Oumar Mariko Président du parti S.A.D.I Commandant Tangara Police militaire Sy Kadiatou Saw Présidente du parti ADEMA Mohamed Ag Mohamedoune Membre du MNLA Atay Ag Mohamed Porte parole du MNLA Oumar Amarha Chef d’état major du MUJAO Yaya Tandina Journaliste Abdourahman Djihadiste d’AQMI Dicsone Instructeur militaire Ganda Izo Ousmane Maïga Adjudant chef Ganda Izo Mahamane Dedo Maïga Victime de la Charia Senda Ould Bouamama Porte parole d’Ansar Dine Ibrahim Ouattara Commandant de base F.L.N. Kadiatou Tall Milicienne F.L.N. Al Hassan Ouattara Police militaire F.L.N. Al Hassan Ibrahim Touré Combattant F.L.N Christian Rouyer Ambassadeur de France au Mali Ahmeda Oould Omar Chamellier Touareg


Nous voudrions adresser nos profonds remerciements à toutes les personnes dont nous avons croisé le chemin durant notre investigation. Toutes ces personnes qui ont participé de près ou de loin à l’élaboration de notre documentaire. Toutes celles qui, au Mali, nous ont accompagné, apporté une aide qu’elle soit logistique ou autre, qui nous ont éclairé, dirigé, accueilli, hébergé, dépanné, toutes ces personnes qui nous ont enrichi de leurs savoir et analyses mais aussi de cette chaleur humaine si touchante qui caractérise les maliens. Tout du long de notre expédition, nous avons pu rencontrer différentes ethnies, différentes cultures cohabitant depuis toujours. Et, malgré cette crise que le Mali a traversé, c’est bien cette notion de fraternité, de « société indivisible » qui revient Contact le plus souvent dans les propos que nous avons recueilli. C’est cette pluralité qui compose le Mali et ladjkt@gmail.com qui fera sa force incha Allah. said@la-caution.net

Maquette fascicule : Philippe Duroc & Kiki

63


64


365 jours au Mali