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SAKURA

Notre deuxième voyage au Japon Avril 2012

SAKURA Avril 2012

ou les cerisiers en fleurs

Christian Maillot

Quand les cerisiers sont en fleurs 1


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Journal de notre deuxième voyage au Japon. Remerciements à Maho Sato, notre amie, notre hôte et notre guide lors du premier voyage de novembre 2003 et à Hao et Nam nos amis vietnamiens rejoints à Nagoya lors de ce deuxième périple.

Christian et Hélène Maillot

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Mardi 3 avril 2012 Le départ de PARIS

Après

avoir annulé le voyage l’an passé, au dernier moment et la mort dans l’âme, à cause du tremblement de terre, du tsunami et de la catastrophe de Fukushima, le 3 avril 2012 nous partons pour Tokyo. Tout est réservé sur place. Nous avons prévu de revoir Hao à Nagoya – Hao notre amie vietnamienne qui s’y trouve depuis près de quatre ans avec son mari est ses deux enfants. Vol parfait. Départ à 13h30 de Roissy. On nous surclasse. C’est en club que l’on nous installe. Champagne !... comme d’habitude au décollage. Porto à l’apéritif et un Bordeaux Château Cantemerle 2006 au repas. Hélène enchaîne au moins trois films. Après une courte nuit nous arrivons à Tokyo. Narita. L’hôtesse japonaise de notre cabine passe remercier chaque passager d’avoir choisi Air-France pour ce vol. On a les prémisses de l’accueil japonais.

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Mercredi 4 avril TOKYO quartier Asakusa

On

prend nos empreintes digitales et on nous photographie l’iris à la police. Nous récupérons nos bagages dans les premiers, encore un avantage d’être en club ! A la douane, la jeune fille veut tout savoir de nos pérégrinations au Japon. « Tokyo, Kyoto, Nagoya, Nara et peut-être Hakone pour voir le Mont Fuji ! » Elle nous souhaite bon voyage et on se lance dans l’épreuve des transports terrestres au Japon. Grâce aux informations fournies par l’hôtel on achète les billets de train pour Asakusa. Mais le départ est à 10h29… alors qu’il n’est même pas 9h00. On descend sur le quai. Après trois quarts d’heure d’attente, un employé chargé du nettoyage nous demande s’il peut nous aider. Il a remarqué que deux trains sont passés et que nous ne les avons pas pris. On lui explique en anglais et il nous indique que le prochain, à 9h39 va à Asakusa, sans changement à Ueno. On peut le prendre. Il est clair et ferme. On suit son conseil et en route. En face de nous un jeune couple japonais semble revenir de son voyage de noce en Finlande – étiquette Helsinki sur les grosses valises – leurs alliances sont toutes brillantes ! Asakusa, sortie numéro 4. On traîne nos bagages (une valise à roulettes et un sac chacun) dans les couloirs. On monte, on descend quelques marches, on remonte un escalier puis un autre… On est maintenant sortis. Le plan de l’hôtel est clair au début. On entre dans le temple Senso-Ji. Enfin, dans les allées marchandes qui l’entourent. Il y a foule. Le temps est superbe et la 6


semaine est fériée, pour les cerisiers en fleurs. Difficile de rouler les valises dans cette cohue qui zigzague. L’hôtel est devant nous. Sakura Hostel Asakusa. C’est une sorte d’auberge de jeunesse. Toilettes et douches collectifs à l’étage mais possibilité de chambres individuelles. Il est 11h30. La réservation a bien été faite mais pas la chambre. Il faut attendre 13h. Alors on s’installe sur un canapé dans le « lounge ». Il est maintenant midi et j’ai un peu récupéré.

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Je vais aller me promener dans le temple qui est à 200 mètres. Hélène reste à se reposer. La foule déambule en famille, jette des pièces de monnaie dans de grands coffres, joint les mains, fait un souhait, tape deux fois dans les mains, s’asperge de fumée d’encens autour des énormes jarres emplies de sable où l’on plante les bâtons incandescents. Quel choc. Les arbres offrent leurs milliers de fleurs à l’admiration des visiteurs. Que c’est beau… Les visages sont heureux et beaux. Je rentre à l’hôtel. La chambre est prête. Deux lits, un de chaque côté de la porte et une grande baie vitrée en face. On donne sur le parc d’attractions qui jouxte le temple. Ce parc est le plus ancien du Japon, il date de la fin du XIXe siècle. Montagnes russes, manèges, fusée, hélicoptères, autos… Pas bruyant. Déballage de quelques 8


affaires mais il n’y a rien pour ranger celles-ci. Pas très pratique. Douche. Vers 16h promenade de découverte du quartier. C’est très agréable. Il y a tout ce que l’on peut souhaiter : boutiques de toutes sortes, restaurants, super marchés, centres commerciaux, UNIQLO !

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On dîne tôt. Dim sums et porc au gingembre avec riz blanc. Notre voisin de table enchaîne trois cigarettes. On a perdu l’habitude… C’est désagréable. Retour à l’hôtel et bonne nuit ! On se réveille plusieurs fois dans la nuit. Les sept heures de décalage se font sentir. Le matin on traîne au lit jusqu’à 8h. Le ciel est tout bleu. On a bien dormi. Aujourd’hui, la priorité est la réservation de nos places pour lundi : un Tokyo-Kyoto en Shinkansen ou en Nozomi. Jeudi 5 avril Ginza et le parc Hama Rikyu

Après

la douche on part directement pour la gare de Tokyo. On traverse le Senso-Ji, qui est beaucoup plus calme que la veille à cette heure.

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On se débrouille comme des chefs dans le métro. On regarde sur le plan en anglais qui est affiché, on voit la ligne à prendre – rouge, jaune, bleue, verte… – on voit la station de destination, on note son numéro et le prix du ticket. A la machine on sélectionne la langue, le prix, le nombre de personnes, on met les pièces ou le billet et… les tickets sortent !

Arrivés à la gare, petit déjeuner continental chez Andersen en regardant passer les japonais. Ici c’est 98% de japonais ou similaires et 2% d’étrangers, des touristes pour la plupart à en juger par leur tenue. Les gens sont minces. Pas d’obèses. Les femmes sont élégantes et raffinées en général. Les hommes sont en complet-veston noir et chemise blanche, pour la plupart : les businessmen. La file d’attente pour les billets de train est claire et parfaitement respectée, comme toujours. Il ne viendrait à personne l’idée de passer devant les autres… C’est notre tour. Voilà : deux billets pour Kyoto, lundi, onze heures. 13


Après quelques hésitations nous allons à Ginza, qualifié de « Champs Élysées de Tokyo, mais en mieux ». C’est très chic. C’est très propre. Personne ne traverse si le petit bonhomme n’est pas au vert ! On prend un premier espresso au café Doutor. Ce ne sera pas le dernier…

La vie se déroule devant nos yeux. On est en terrasse. Le café est délicieux (250 yens le médium soit 2,50 euros). On se rend ensuite au parc Hama Rikyu près de la station de métro Shiodome. Une immense prairie de colza nous accueille en nous sautant aux yeux. Le jaune éclate. Les arbres offrent leurs fleurs. Certains sur la fin, d’autres sont encore en boutons, comme les prunus. Sous les frondaisons fleuries des petits groupes pique-niquent. Nous restons de longs moments dans ce par cet notamment dans la partie jardin japonais où les arbres sont taillés avec tant d’élégance et de légèreté.

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Nous prenons un léger repas sur un banc : un triangle de riz entouré d’une feuille d’algue et fourré d’une pâte de fruit ou de légume. C’est un régal. On aime. Un bateau nous ramène à Asakusa par la rivière. Débarquement à Asakusa. On en profite pour admirer la nouvelle tour, style Tour Eiffel, de 400 mètres. Petit détour par l’immeuble Asahi pour aller boire une bière du même nom au bar-restaurant du dernier étage. Jolie vue sur la ville. Retour.

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Vendredi 6 avril Les fleurs au parc Shinjuku Gyôen

Aujourd’hui

c’est le quartier Shinjuku. Après avoir trouvé la poste pour acheter des timbres, on prend le métro à Asakusa-Mitsuke, on change et on sort à Shinjuku. Une bonne marche plus tard nous sommes au pied des tours TMG (Tokyo Metropolitan Government). Ascenseur et terminus au 45e étage. La vue de la tour nord est époustouflante sur la ville. Elle doit l’être tout 16


autant de la tour sud ! Quelle concentration de bâtiments de toutes sortes autour de nous ! Maintenant on est sensés se diriger vers le parc Shinjuku Gyôen… Malheureusement la demoiselle de l’information des Tours à qui je demande la direction nous envoie exactement à l’opposé du parc. Une demiheure plus tard, bien perdus – les rares noms d’avenues ne correspond pas du tout à notre plan de ville – on demande à une passante qui attend que le petit bonhomme vert apparaisse pour traverser.

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Elle nous dit que nous tournons le dos à la bonne direction, que c’est assez loin et qu’on devrait prendre le métro. Mais c’est mal nous connaître… On la remercie et on continue à pied. Trois quarts d’heure plus tard nous sommes enfin à l’entrée du parc ! Un flot continu de salarymen et women faisant leur pause, de groupes du troisième âge, de mamans avec leurs enfants, de touristes et de jeunes gens entrent dans le parc. D’emblée c’est l’explosion… Les arbres fruitiers (pruniers, abricotiers et cerisiers) tachent de rose et de blanc l’arrière-plan en dégradés de verts sombres. Sur les pelouses au gazon ras, des groupes profitent de ce moment d’enchantement. Partout, des photographes amateurs ou professionnels, leur Canon, Pentax ou Nikon posé sur un trépied et prolongé par un téléobjectif démesuré. Leurs cibles : les arbres, les branches, les fleurs et les pétales qui s’offrent à eux. Quelques peintres font jaillir les couleurs de leur pinceau.

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Des enfants jouent, des petits groupes assis en cercle discutent, des couples allongés sur le dos contemplent les fleurs par en dessous. Personne ne parle fort. Pas de ballons. Personne ne dérange personne. Chacun peut profiter à plein de cet après-midi de douce harmonie. Le ciel est bleu, la lumière est belle. Nous restons deux heures dans ce parc. La partie jardin japonais est à son meilleur. On sent que dans le cœur et la tête des Japonais c’est un pétillement de bonheur. Retour en métro avec un détour par l’avenue OmoteSando. C’est une agréable avenue qui propose l’Oriental Bazar, un magasin qui propose de la porcelaine, des yukatas, des kimonos, des tongs et mille petites choses de l’artisanat japonais.

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On rentre. On est maintenant des pros du métro. On est crevés. A deux pas de chez nous, on s’arrête pour déguster un grand bol de sobas, ces nouilles délicieuses.

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Samedi 7 avril Hana Matsuri, la Fête des fleurs

Nuit

excellente. Le décalage horaire est oublié. On est seulement réveillés un peu tôt. Mais c’est très bien. Le jour se lève tôt. Ce matin nous allons au parc Ueno. A l’entrée du parc, je sors l’appareil photo pour photographier la foule qui se presse pour admirer les cerisiers blancs… J’ai oublié la batterie dans la chambre après l’avoir rechargée ! Damned ! Il n’y aura donc pas de photos de cette sorte de gigantesque kermesse. Des centaines de bâches bleues sont étalées sous les arbres, gardées par des Japonais venus réserver les emplacements. Il est onze heures du matin et les larges allées grouillent de badauds allant au point de rendezvous ou cherchant un reste de coin où ils pourront s’installer pour le pique-nique. Cette marche où l’on bouscule et l’on est bousculés à chaque pas nous fatigue vite. On choisit donc d’aller visiter le musée de Shitamachi consacré à la vie d’une rue d’Edo, l’ancien Tokyo. On y voit l’habitation simple d’un forgeron, des photos de la ville avant le grand incendie de 1923. C’est un gentil petit musée. La guide est très fière et heureuse de nous l’expliquer. Elle nous fait tirer une baguette de bois comme on le fait dans les temples. Je tire le n°1 et Hélène le n°2. Elle ouvre alors les tiroirs correspondant et nous tend une fiche à chacun. Nous avons l’un et l’autre beaucoup de chance ! La richesse et la santé nous sont promises, si on respecte les divinités…

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Ensuite nous allons à Harajuku. La gare de Harajuku au style suisse ou peut-être cottage anglais surprend toujours ici. On entre dans le parc Yoyogi en passant par le colossal torii et les tonneaux de saké donnés en offrandes aux divinités.

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On se rend au temple situé au centre du parc, enfin de cette partie du parc. C’est magnifique. Un mariage shinto avec sa mariée en blanc est célébré. Le cortège se forme et traverse la cour carrée du temple au grand bonheur des visiteurs. Quelques kimonos égayent le cortège. Maho nous ayant appris par courriel que le bébé qu’elle attend ne sera pas un garçon (comme il lui avait été annoncé au cours de la précédente échographie) mais une petite fille, nous allons jeter des pièces, taper deux fois dans les mains, secouer les grelots à l’aide de la corde et faire un vœu pour le bonheur de cette petite fille. Avant de sortir du parc, nous achetons pour Arthur et Léonard des poissons en tissus, des koi nobori qu’ils feront flotter dans l’air.

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Nous allons dans Takeshita Dori, la rue des jeunes à la dernière mode et des cosplayeurs et cosplayeuses. C’est effectivement très jeune : 13 à 20 ans. Cette rue ou presque ruelle est bordée de centaines de petites boutiques de fringues et d’accessoires pour tous les styles. Deux flots compacts, l’un montant et l’autre descendant se frottent, s’éraflent l’un contre l’autre. Les 300 mètres de la rue sont épuisants à franchir. Mais quel spectacle cette jeunesse bigarrée, déguisée.

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Une demi-heure de marche et nous sommes à Shibuya crossing. Le célèbre carrefour de Tokyo où des blocs impressionnants d’individus foncent l’un vers l’autre au signal vert et au petit oiseau qui chante pour indiquer que c’est le moment de traverser. Comme deux brosses qui s’imbriquent l’une dans l’autre, les deux foules s’avalent, se mélangent, se digèrent, puis, tout à coup l’oiseau se tait, le rouge s’allume et les rayures blanches des passages pour piétons réapparaissent. La chaussée se vide d’humains, remplacé par les autos. Les façades des immeubles sont recouvertes de publicités lumineuses multicolores et d’écrans géants. Par les baies vitrées on aperçoit des clients devant leur boisson ou leur pâtisserie 28


qui regardent le spectacle de la rue. Les trottoirs des avenues et les rue piétonnières grouillent de monde. Bon, on retourne chez nous à Asakusa. Toute la ligne à parcourir !

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Dimanche 8 avril Pâques

Une journée superbe… encore une ! On traîne au lit, on se lève tard. On déjeune à l’hôtel et on fait notre courriel. Pétard !!! Ce fichu clavier sur lequel on ne lit plus le N, le M, le O tellement ils ont été utilisés par les touristes et en plus qui passe en caractères japonais sans qu’on comprenne pourquoi # !+*§x% ! Ce matin on teste l’entrée du métro avec ascenseur, pour demain avec les bagages. On va à Odaiba le quartier futuriste de Tokyo. On s’y rend en métro automatique. Désert. Peu de monde dans le métro et pas un chat dans les rues qui ressemblent à une zone commerciale de sortie de ville un dimanche après-midi.

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On reprend le métro et on va voir les cosplay-girls et boys dans le parc Yoyogi. On descend à la station Omote Sando et on se fait l’avenue du même nom comme hier. Quel plaisir de se promener sur cette avenue ! Arrivés à Harajuku, on cherche nos déguisés sur les passerelles où ils sont le dimanche. Il y a une cohue indescriptible. Quelques costumes amusants mais très peu. Tout le monde se dirige à gauche de l’entrée du parc avec le torii. On suit le mouvement. Une minute plus tard on 31


découvre une autre entrée du parc. Tous les japonais semblent s’y être donné rendez-vous. Une sono totalement saturée diffuse un flot de musique rock et des rockeurs et rockeuses dansent et font le spectacle pour le public qui fait cercle autour d’eux. Ça vous décoiffe la Gomina !

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On continue et là, les bâches bleues tapissent le sol du parc. Des groupes de garçons et de filles festoient joyeusement. Les cartons de bières, les bouteilles de vin, de champagne et autres alcools se tiennent compagnie au centre des convives. On mange, on boit. La gaîté est de la fête. Pas d’agressivité. Ripaille et bonne humeur… mais il y aura sûrement pas mal de « viande avariée » ce soir ! On traverse le parc en slalomant entre les groupes. Les arbres sont en fleurs. C’est vraiment un moment de bonheur pour tout le monde. Le flot ininterrompu qui arrive doit louer les dieux du téléphone portable qui permet de retrouver les amis déjà installés quelque part parmi ces milliers de groupes. Des files de 20 à 30 mètres attendent patiemment leur tour pour accéder aux 33


toilettes… Une demi-heure ?! On laisse cette joyeuse animation à regret. On refait l’avenue Omote Sando en sens inverse. Arrêt chez Lavazza pour boire un espresso, déguster une part de gâteau au thé vert et surtout regarder passer la vie en bas, sur le trottoir.

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Retour en métro. Dès notre arrivée à Asakusa, c’est une foule compacte qui se presse sur les trottoirs. Ils sont tous 35


sortis de chez eux et sont soit au parc Yoyogi soit à Asakusa aujourd’hui ! On dîne et on rentre à l’hôtel en traversant le temple. La lumière est très belle, très douce ; rose-orangé. Le temple, les portiques, la tour aux toits superposés, tout se détache sur ce ciel de fin d’après-midi. Des femmes en kimono sont venues au temple. C’est beau. C’est harmonieux. C’est paisible. On est bien. Lundi 9 avril Le Nozomi pour KYOTO

Destination

Kyoto. C’est un retour dans cette ville aux temples et aux jardins si beaux. Nous avions répété le circuit pour aller au métro afin d’éviter les escaliers. Tout marche parfaitement. Gare centrale de Tokyo, on est en avance. Sur le quai on se met bien en file. Le train arrive. Il est tout blanc, avec un museau qui n’en finit pas. Quelle ligne ! Une équipe de nettoyage entre et en dix minutes fait la remise en état : retournement des sièges pour mettre tout le monde dans le sens de la marche, changement des appuie-tête, nettoyage des tablettes… On monte et on s’installe. C’est comme dans un avion. C’est parti. Après 25 minutes le Mont Fuji apparaît sur la droite. Parfaitement symétrique, avec une large collerette blanche de neige. Pendant un bon quart d’heure on va le voir par intermittence entre les collines ou les immeubles. Arrêt à Nagoya puis c’est Kyoto. Le voyage a duré 2h20.

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La gare de Kyoto est ultra moderne. Une architecture avec des lignes très pures. Une voûte transparente en aluminium et verre superbe et… une hauteur à couper le souffle. Des escalators qui s’enchaînent permettent de monter tout en haut et de sortir sur une terrasse qui domine toute la ville. Il nous faut rejoindre l’hôtel mais il n’y a pas de station de métro à proximité. Il faut dire qu’il n’y a que deux lignes qui se croisent au centre de la ville.

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A l’information un monsieur d’un certain âge nous conseille (moitié français, moitié anglais) de prendre le bus. Pas besoin de prendre de ticket, on paie en descendant auprès du chauffeur. Il nous donne le nom de la station, ce sera à nous de trouver le moyen de la reconnaître ! En route… Dans le bus, un autre vieux monsieur voyant notre embarras avec nos bagages et entendant nos discussions nous demande « can I help you ? ». Super. Je lui donne tant bien que mal le nom de la station puis « I’ll tell you nous dit-il ». On le remercie 40


chaleureusement. Voilà, c’est la prochaine… Merci encore et on traverse le bus d’arrière en avant en bousculant tous les passagers qui n’ont pas eu la chance d’être assis. On paie et on descend. Maintenant il faut finir à pied. Mais par où ? Les plans de la ville dont nous disposons ne nous sont d’aucune utilité. Le logo de l’hôtel recouvre une zone d’environ 1 km² ! Avancer et tourner à gauche ou reculer et tourner à droite ? On se dirige vers un agent de police ou de sécurité qui s’ennuie à 10 mètres. Il est ravi de pouvoir nous aider. Il sort des photocopies de plans de la ville de toutes ses poches, cherche, regarde la copie de l’adresse en japonais prise sur Internet et imprimée. Il nous indique le chemin : avancer jusqu’au feu, tourner à gauche puis au feu suivant, à droite. Suivre le rue sur 100 ou 200 mètres et c’est là. On le remercie chaudement et on y va. Cinq minutes plus tard nous sommes devant l’hôtel Khaosan. Au moment où nous passons le seuil, notre sauveur arrive à vélo et hoche de la tête pour confirmer qu’il nous a bien renseignés et qu’on a réussi à trouver. Je le remercie et serre la main qu’il me tendait. Voilà, on est arrivés. Les parties communes sont sympathiques : cuisine, salon, ordinateurs et télé. On se repose un moment et on part visiter les alentours.

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La rue est agréablement animée et à 100 mètres c’est une artère avec les grands magasins (rue Shuo). Petite promenade le long de la rivière Kamo-Gawa (la rivière aux canards). Un monsieur nous demande s’il peut nous aider alors que nous admirons les arbres en fleurs le long de la rivière et que consultons notre plan de la ville. On lui explique qu’on veut juste faire un petit tour d’une heure à pied. Il nous conseille une promenade dans Gion, de boire un verre, de manger et d’admirer les geishas en me regardant avec un air complice… Je joue le jeu et lui dis que je suis avec « my wife » ! Il sourit, nous demande d’où nous venons. « De Paris, France ». Il nous dit qu’il connaît du français : « Adieu » et « Ciao » ! On se rend dans la rue qu’il nous a indiquée. Elle est bordée de restaurants et de cabarets. Les façades sont très élégantes avec leurs rideaux courts, les norens, et leurs lanternes. Quelques femmes portent le kimono mais ce ne sont pas des geishas (ici à Kyoto on dit des geikos et pour les apprenties des maikos). Elles n’ont pas le maquillage blanc, elles sont naturelles et leur coiffure n’est pas travaillée et parée de fleurs.

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Jolie promenade. Au détour des rues on découvre des arbres couverts de fleurs. Féeriques. Retour à l’hôtel mais détour par le sous-sol du grand magasin Takashimaya. 46


C’est vraiment un spectacle incomparable à ne pas manquer au Japon : plateaux de sushis et makis ressemblant à des pâtes de fruits, tempuras, pâtisseries Fauchon ou Taillevent, bentos sublimes comme des natures mortes hollandaises du 17e siècle… Pour ce soir ce sera tempuras de légumes, épinards et haricots verts aux graines de sésame. La vendeuse semblait ravie de jouer à la marchande avec nous ! Juste avant l’hôtel, arrêt au FamilyMart pour acheter des yogurts. Voilà la journée. Ah, non ! J’oubliais la dame qui vend les bentos dans le train. Elle pousse son chariot et, avant de passer dans le wagon suivant, se retourne vers les passagers et les salue en s’inclinant. Même chose pour le contrôleur…

Un magasin et son noren

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Mardi 10 avril – Le chemin de la philosophie et le Kiyomizu-Dera

Quelle superbe journée nous attend ! En bus, nous nous rendons au Ginkaku-ji. C’est un temple situé à l’est de la ville. On l’appelle le Temple d’Argent bien qu’il n’en ait jamais été recouvert. Le jardin zen est doté de montagnes en forme de cônes tronqués entourés de mer, le tout en gravier gris-blanc.

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Nous empruntons ensuite le chemin de la philosophie. Il serpente le long d’un ruisseau enjambé de-ci de-là par de petits ponts. Mais il est surtout bordé de cerisiers qui sont en fleurs en avril. De petites maisons traditionnelles en bois se succèdent le long de la rivière. Des groupes, nombreux, parcourent les deux kilomètres, guidés par leur porte-fanion. Cette marche est un régal.

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Le chemin de la philosophie

Le chemin de la philosophie

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Nous visitons quelques temples, d’autres jardins qui jalonnent notre parcours. Nous achetons un sorbet aux pétales de cerisier. Un goût léger et délicat très agréable…

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Voilà, c’est la fin du sentier. Nous sommes devant l’hôtel Westin Miyako où nous avions logé il y a une dizaine d’année avec Maho. Nous prenons le métro pour retourner au centre ville. Trois stations, nous sommes arrivés. En sortant nous passons devant une école maternelle. Les enfants en uniforme bleu, chemise blanche et béret sur la tête sortent. Il est 13 heures. Ils portent déjà un cartable bleu sur leur dos. Mais surtout les vêtements sont impeccables !

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Nous entrons dans une galerie marchande de type passage. Puis nous prenons à droite une autre galerie perpendiculaire dédiée à l’alimentation traditionnelle japonaise (la galerie Nishiki). Poissons séché ou fumés, thés, légumes de toutes sortes, pâtisseries et confiseries, sans oublier les instruments comme les couteaux. Les 55


senteurs et les odeurs s’entremêlent. On ne peut résister à l’appel du gâteau au thé vert. Il a la forme du Kuchen de Stendal, avec son trou au milieu.

La galerie Nishiki

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Un café nous (me) ferait du bien. On va chez Doutor, comme à Ginza. On y rencontre une jeune femme, professeur de poterie. Elle rêve de Paris. On échange nos cartes… On dépose nos paquets à l’hôtel et on demande à la réception comment aller au Temple Kiyomizu-Dera. Le nec plus ultra des temples de Kyoto et du Japon. Il est perché sur des piliers, 139 gros troncs d’arbres soutiennent sa terrasse. Malheureusement il est en rénovation. Des bâches le recouvrent en partie. Une bonne demi-heure nous a suffi pour venir à pied depuis l’hôtel. Le conseil judicieux de l’hôtesse nous a permis d’éviter les embouteillages de la fin d’aprèsmidi si nous étions venus en bus. De plus, nous avons traversé le quartier historique de Gion. Les dernières centaines de mètres avant l’entrée du 57


Kiyomizu-Dera se font dans une petite ruelle pentue bordée de mille boutiques d’artisanat, de souvenirs et de cafés-restaurants. Un paradis pour amateurs de céramiques, éventails ou soieries…

Rue montant au temple Kiyomizu-Dera

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Le temple est dans un écrin de fleurs blanches et roses. De nombreuses femmes ou jeunes filles portent le kimono. Toujours pas de geikos. Nous n’en avons pas encore vues. La foule est nombreuse. Quelques groupes scolaires s’agglutinent pour faire « la » photo obligatoire. On est maintenant bien fatigués. On rentre. Le soir tombe. Le retour se fait heureusement en descente.

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Près de l’hôtel on s’arrête chez MO’S Burger. Le roi du burger à la japonaise ! Sauce Teriyaki par exemple. C’est moins classe que le plateau qui nous a été servi ce midi près du chemin des philosophes… Nous avions six petites coupes avec du riz, du poisson, des légumes, de l’œuf… et des choses qu’on n’a pas réussi à définir mais qui étaient délicieuses, le tout accompagné d’un thé vert glacé maison. Une très belle journée ! Mercredi 11 avril Les galeries couvertes à Kyoto

Il

devait y en avoir une ! La journée de pluie c’est aujourd’hui. Je vais acheter le petit déjeuner : bananes, fraises délicieuses et yaourts. Avec le gâteau au thé vert ! 61


Un régal. On prend le petit déjeuner dans la salle commune avec la cuisine équipée. Autour de la grande table des jeunes de diverses origines mangent en silence. Avec leur smart-phone, leur tablette ou leur ordinateur portable posé devant eux ils communiquent avec le monde entier… alors les gens qui sont autour d’eux, quel intérêt ? Drôle d’époque, drôle de monde. J’engage la conversation avec mon voisin qui semble plus éveillé que les autres et qui n’est pas les yeux rivés sur un écran. Il est polonais et parle un français parfait. Il est avec sa femme. Ce jeune couple visite un peu du Japon en deux semaines et demie. Ils nous indiquent un monastère où ils sont allés et qu’ils ont adoré. Ils apprécient le Japon. En raison de la pluie on décide d’aller visiter le château Nijo au centre de la ville. On emprunte au maximum les galeries couvertes. On en profite pour entrer dans tous les Monoprix, Uniprix ou Dollarama locaux. Le château est un carré entouré de douves. Il est en bois sombre et offre des salles d’apparat, de gardes ou de réception en excellent état. Un ingénieux système placé sous les lames de parquet émet un petit couinement au passage des personnes. Cela permettait de savoir si quelqu’un s’approchait. La confiance… Le parc et les bassins auraient plus de charme sous le soleil mais les taches de couleurs des parapluies égayent les jardins.

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Le ch창teau Nijo

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Retour à l’hôtel par les galeries. Il pleut sans discontinuer depuis ce matin. Avant d’avoir retrouvé la galerie du marché Nishiki qui nous conduit presque à l’hôtel, on est trempés. Halte pour le repas dans un restaurant indien ! Petit café espresso chez Doutor puis on fait sécher les vêtements et les bêtes à l’hôtel… Consultation de nos boîtes afin de lire les courriels. Stéphanie nous dit que Léonard a eu des boutons (pieds65


mains-fesses) qui l’ont fait souffrir. Les travaux avancent bien dans les nouveaux appartements de la rue Chabot : parquets, carrelages, peintures… En toute fin d’après-midi promenade sous les arcades et les galeries. La pluie a cessé. Sur les trottoirs se frôlent et se croisent des courants humains. Le travail terminé pour aujourd’hui, seuls ou en groupes, en couples ou entre copines on traîne avant de rentrer chez soi : on essaye une robe, un chapeau, un gilet, un chemisier, un sac à main…

Nous achetons pour notre part un yukata pour Léonard puis, dix minutes plus tard on revient en acheter un autre pour Arthur. Pas de jaloux. Que c’est agréable d’arpenter

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ces galeries couvertes qui se croisent et semblent se prolonger à l’infini.

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Jeudi 12 avril Le jardin du Ryoan-ji et le Pavillon d’Or

Encore

une bien belle journée dans une vie. Levés très tôt, c’est-à-dire sept heures, une douche, un café et le bus pour le temple Ryoan-ji : le célèbre qui possède « le » jardin zen sec aux quinze rochers dont on ne peut en voir que quatorze à la fois, quelque soit le point d’observation (si ce n’est du dessus !). Le bus et envahi de scolaires en uniforme. Ils ont entre 12 et 14 ans, garçons et filles. Aucun chahut. Ils semblent pourtant voyager seuls. On est assis au fond du bus mais on peut voir le nom de la future station s’afficher en japonais et en romaji à l’avant, près du chauffeur.

Au Ryoan-ji, nous allons directement au jardin. Il n’y a pas encore la foule à cette heure-ci. On reste là, à admirer 70


pendant un petit quart d’heure. C’est beau, c’est pur, c’est net, c’est calme.

Le temple Ryoan-ji son jardin sec

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Ensuite c’est le Ninna-ji puis le Kinkaku-ji aussi appelé Pavillon d’Or. Là, une foule dense se presse déjà devant l’étang pour admirer le Pavillon en arrière plan. Quelle merveille ce Pavillon recouvert d’or qui se reflète dans le miroir d’eau qui s’étale à ses pieds ! C’est l’une des plus belles choses que j’aie vue. Promenade dans le jardin et petite pause sur une banquette rouge avec un thé vert et une sucrerie.

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Une dernière chose à visiter, le Daitoku-ji, une enceinte qui contient de nombreux temples et jardins. Notamment le temple Daisen-in entouré de trois jardins secs et cet autre avec son jardin de mousse et de rochers. Retour en bus. Sans problèmes. En fin d’après-midi on décide d’aller flâner le long de la rivière et dans Gion. Nos pas nous conduisent chez UNIQLO ! Surprise, il y en a un à Kyoto (je m’en doutais). J’y trouve une veste, un pantalon et un polo. Hélène… rien. Sur les bords de la rivière, les amoureux se promènent ou admirent les arbres en fleurs. 74


On passe le pont et on est dans Gion. Un accident très grave a eu lieu dans l’après-midi et des hélicoptères, sept ou huit, tournoient au-dessus de nous dans un bruit infernal. Ce sont les chaînes de télévision qui envoient les images en direct vues du ciel alors qu’au sol les reporters commentent l’événement devant le cadreur et le preneur de son. Absurde. En revenant des temples vers 14 heures, ils étaient déjà là-haut. Il est maintenant 18 heures et ça n’a pas arrêté. Quel gâchis de carburant et quelle pollution !

Le temple Daitoku-ji et ses jardins secs et de mousse

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On rentre dîner. On croise deux taxis avec trois geishas, non des geikos, à l’intérieur. Air froid et regard fixe. Je photographie presque comme un paparazzi, non sans avoir demandé par signe si je pouvais. Elles n’ont pas bougé la tête. Alors j’ai tenté de faire discrètement. Vendredi 13 avril - Au ralenti

On est un peu fatigués… Alors crêpes au petit déjeuner. On va à la gare de Kyoto. Immense. Après cinq ou six escaliers mécaniques on se retrouve sur une terrasse au sommet de la gare. Point de vue sur la ville. En contrebas se trouve un temple superbe, Higashi-Hongan-ji. Il est en restauration pour partie mais la partie visitable est très belle. Il est immense et une cérémonie s’y déroule. Elle ressemble à l’hommage à un défunt. Une vingtaine de personnes et quatre bonzes y participent. Vingt minutes de psalmodies et de cloches. 76


Dans un UNIQLO je craque encore pour quelques vêtements. Pas sérieux… Comment ça va entrer dans les bagages ?

Samedi 14 avril Hao, Nam et les enfants à Nagoya

Encore

une nuit un peu difficile pour Hélène à l’hôtel Khaosan. Le voisin italien a ronflé juste après s’être arrêté de parler et le japonais a toussé comme un vieux fumeur. Lever tôt et petit déjeuner avant de quitter l’hôtel. Trois personnes dorment affalées sur leur table. Quelle nuit ont-ils eue ? On récupère les bagages à l’hôtel et on prend le bus n°5 pour la gare. Il pleut. A 10h12 nous prenons le Nozomi pour 77


Nagoya. Une demi-heure (147 km) de trajet seulement. Ca file vite. La contrôleuse salue en entrant dans le wagon. A Nagoya, la gare est la plus grande du monde : 41 km². Achat des billets pour Narita mardi. Taxi et hôtel Tokyu. La classe… Chasseur en haut-de-forme à la descente du taxi. La réservation a été faite par Hao et Nam. Chambre 930. Immense. Ca nous change du Khaosan où on n’avait aucun rangement possible. La jeune fille qui nous conduit à la chambre refuse le pourboire. On déballe nos affaires… Enfin. On ne l’a pas fait depuis Paris. Repos, bain, lessive. Petite promenade dans le quartier. De très larges avenues bordées d’immeubles et plein de commerces au rez-dechaussée. On arrive sur une sorte de rambla : un jardin de plusieurs kilomètres entre deux avenues. Des grands magasins. Pas si perdu que cela cet hôtel Tokyu ! Hao et Nam vont arriver. On rentre à l’hôtel où ils vont venir nous chercher pour aller dîner ensemble. A 18 heures on descend. En sortant de l’ascenseur nous voyons Hao, Nam et les deux enfants. Ces derniers ont bien changé depuis quatre ans.

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C’est émouvant de se revoir ici, au Japon. Hao et Nam n’ont pas changé. Nous allons au restaurant en voiture. Un restaurant japonais. On parle de nos vies en France et au Japon, de leur installation, des études des enfants (qui parlent japonais bien sûr), de Montréal, du tsunami et des tremblements de terre… Ils commandent une douzaine de plats différents : poissons, tempuras, fruits de mer, sushis, makis…, bière, saké et thé vert.

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Ils sont au Japon depuis plus de quatre ans. Le milieu du travail est dur. Pas d’humour et pas de rapports humains dans ce cadre. Lors du gros tremblement de terre de l’an passé, Nam a appelé ses collègues au bureau. Tous étaient à leur poste. Personne ne leur avait donné l’ordre de le quitter. Certaines communications téléphoniques ne marchant plus, ils étaient sans nouvelles de leurs proches. Il leur a dit d’aller retrouver leurs familles. 80


Après ce repas pantagruélique on se sépare en se promettant de se revoir à Paris ou/et à Bordeaux. On rentre à pied. Il est 21h30. Plein de jeunes déambulent sur les trottoirs. Sympa. Dimanche 15 avril Inuyama et les céramiques Noritake

On

prend le train à la gare de Nagoya pour aller à Inuyama pour visiter un château de 1631, d’origine, c’està-dire pas brulé et pas cassé donc reconstruit comme beaucoup d’autres. Il domine une boucle du fleuve. Des cerisiers en fleurs bordent la berge qui conduit au château. Avec tous ses toits superposés, il a fière allure. 81


La foule du dimanche se presse pour la visite. On grimpe par des échelles de meuniers jusqu’au dernier étage. Comme toujours, la vue est décevante. Des immeubles sans caractère bordent le fleuve sur l’autre rive. C’est le château qui est intéressant, pas ce qui est venu s’agglutiner autour. On redescend, indemnes !

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On poursuit la visite par un jardin qui se trouve à cinq cents mètres. Un très beau jardin vert aux fleurs épanouies sur les branches des arbres. Une maison, où vécut un ancien samouraï qui consacra la fin de sa vie (autour de 1600) à la cérémonie du thé, niche au cœur du jardin.

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Retour en train à Nagoya. A pied, on se rend alors à l’ancienne fabrique de céramiques Noritake. On visite le jardin et la boutique. On craque pour des bols à thé vert. 88


Les porcelaines sont magnifiques. Léger repas et retour à l’hôtel. On y est vraiment très bien.

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Lundi 16 avril Les peintures du château Hommaru

On reste

à Nagoya. Un peu de shopping le matin, pas loin de l’hôtel. Dans un grand magasin (Matsuzakaya) il y a une exposition d’art. Peintures d’artistes japonais vivants. Un monsieur nous adresse la parole en français. Nous voyant hésiter, il nous invite à entrer dans cette expo. C’est un employé du magasin. Il nous tend deux entrées gratuites. On le remercie et on lui dit à quel point tout est facile pour nous au cours de ce séjour. Tant de gentillesse. De jolis tableaux sont accrochés aux murs. Nous trouvons le fouet et la cuillère doseuse en bambou que nous cherchions pour préparer le thé vert. Ensuite, direction le château et le parc de Nagoya. C’est un empilement de toits verts sur des murs blancs. Il contient de nombreuses peintures anciennes avec un fond doré à la feuille d’or. Splendides. Je photographie… Cela pourra donner des idées.

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Par le métro nous retournons dans notre quartier. A un carrefour j’enregistre pour Arthur et Léonard les petits oiseaux qui indiquent lorsque l’on peut traverser. De retour à la chambre on regarde une série policière en japonais. Je crois que l’on comprend tout. C’est un peu comme chez nous : le coupable est arrêté. Mais c’est aux 2/3 de l’histoire ! Le dernier tiers c’est l’explication.

Une galerie souterraine à Nagoya et l’entrée de l’hôtel Tokyu

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Mardi 16 avril Adieux à Hao et le Naritasan Shinshoji

Les

bagages sont prêts. On descend pour le check out. Hao doit nous retrouver à la réception à 9h30. Elle est là, assise, adorable. On échange des nouvelles que l’on n’a pas abordées lors du repas de samedi. Nam est à Hanoi jusqu’à vendredi. On les invite tous les quatre en France. Ce sera peut-être pour l’an prochain. On se quitte sur cet espoir. Taxi pour la gare. Hao repart en bicyclette. On achète nos bentos et à 10h58 le train pour Tokyo. Le voyage se déroule sans histoire. On a deux places côté gauche, c’est-à-dire côté Mont Fuji ! On va le voir et le revoir avec ses formes si pures… Hélas la pluie tombe et les nuages recouvrent le dieu. On ne le verra pas. 93


Les bentos sont délicieux. On change de train à Tokyo et on arrive à Narita airport 1. On attend la navette de l’hôtel Mercure. Seulement 20 minutes. La chambre est prête. Petite chambre au dixième étage. Jolie vue sur la ville de Narita. On s’installe, on se repose un peu et on va découvrir les alentours. On est à 100 mètres des gares JR et Keisei conduisant à Tokyo ou à l’aéroport. Parfait. Il y a des restaurants, des mini-marchés, des magasins de souvenirs et de produits traditionnels sur le chemin des temples. C’est très agréable cette petite rue qui descend en serpentant. Dix minutes à pied et nous y sommes…

Une porte monumentale nous accueille, puis une fontaine de purification, une deuxième porte avec une lanterne démesurée et un haut escalier conduisant au 94


sommet à une vaste esplanade. Le temple nous fait face. A droite une tour à trois étages et trois toits. C’est gigantesque et sublime. Ce sanctuaire éparpille ses temples, ses jardins et ses étangs sur 16 hectares. Naritasan Shinshoji Temple date de 940 et abrite la secte bouddhiste Shingon.

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Dans ce sanctuaire serpentent des chemins entre les stèles, les autels, les temples, les jardins, les lacs et les bosquets. Des heures de promenade dans la douceur des points de vue sur des arbres taillés, des fleurs, des étangs à carpes. On entend un peu les avions qui décollent. Nous rentrons à notre hôtel. Quelques achats pour le diner et repas dans la chambre.

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Mercredi 17 avril Des baguettes pour les toasts

Notre

dernière journée au Japon. Petit déjeuner buffet à l’hôtel. Une dame japonaise, à une table près de la nôtre, s’installe, son assiette remplie de nourritures diverses dont deux tranches de pain de mie qu’elle a toastées. Je la vois prendre des baguettes et manger ses nouilles, ses raviolis… Je fais remarquer « J’ai hâte de la voir manger ses toasts avec les baguettes ! » en guise de plaisanterie. Eh bien, quelques instants plus tard, nous la voyons étaler le beurre sur ses toasts… avec une baguette ! … et les manger à la main, quand même. Nous retournons au temple dans la matinée. Les échoppes ouvrent dans la rue qui serpente.

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Une cloche retentit dans le temple. Une cérémonie va commencer. Nous accourons. Une cinquantaine de personnes sont assises sur leurs talons. Des abbés psalmodient, font tinter des clochettes, allument un petit brasier au centre de la salle. Soudain un coup retentit, frappé sur un de ces énormes tambours couchés sur le 102


côté. Puis d’autres, à intervalles variables. Le feu maintenant dresse ses flammes à 50 cm de hauteur. Les gens se lèvent et donnent leurs sacs à des officiants qui les passent sur les flammes. Purification probablement. Ils reviennent avec leur sac, le visage rayonnant de contentement. La cérémonie se termine, les abbés sortent en cortège.

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Nous faisons alors une longue promenade dans les jardins. On déjeune dans un petit restaurant typique (pour nous). Tables basses, mais fosse sous la table pour mettre les jambes, stores en bambou pour séparer l’espace et créer de petits salons. On retire nos souliers (on avait oublié de le faire mais la serveuse nous a arrêtés tout de suite) et on nous installe à l’étage. Un groupe de filles rit et parle fort à une autre table. On commande notre Set menu. Très bien.

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Dans l’après-midi je retournerai faire des photos et des films lorsque la lumière sera devenue douce et orangée. On prépare nos bagages pour demain matin. Tout semble tenir ! Jeudi 18 avril Des places près de notre fille dans l’avion

C’est

le départ. Navette pour l’aéroport Enregistrement. On a nos cartes d’embarquement. On est en avance. On fait le tour des boutiques Duty Free. Pas grand-chose. Décevant. On embarque. On se présente au personnel de bord. On est installés lorsqu’un steward vient nous voir et nous annonce qu’il va pouvoir « nous installer à des places près de notre fille » ! On a compris. Je suis ravi. Nos voisines de devant ayant compris que nos deux sièges allaient se libérer mettent des options sur ces derniers. On nous conduit en Premium voyageur. C’est une nouvelle classe intermédiaire entre éco et club. De larges sièges qui s’allongent mais des 105


repas éco. Voilà qui nous va très bien. On devient exigeants ! Très bon vol. Un peu long – 12 heures. A Roissy le RER a des problèmes. Il n’y a pas d’horaire affiché. Mais à quai il y a un Robinson. Pas de changement. On mettra une heure un quart pour faire le trajet. Arrêt à toutes les stations. On est revenus. Il est 19h30. On est prêts pour la douche et le lit. On s’endort en faisant défiler les images des merveilles que nous avons admirées au cours de ce voyage… ***

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Épilogue

Certains petits détails de la vie courante nous ont amusés, surpris ou franchement intéressés parce que très intelligents. C’est le cas des lunettes sans verres que portent les jeunes filles. Une belle grosse monture… Il doit y avoir une héroïne de manga qui sert de modèle.

Il y a le respect strict des files d’attente pour prendre un ticket de métro, pour entrer dans les wagons, pour traverser au passage piéton en attendant le signal vert et même pour aller aux toilettes dans les parcs (plusieurs dizaines de mètres pour hommes et dames). Il y a la propreté du métro, des trottoirs, des parcs et jardins. A noter que les toilettes dans l’avion étaient aussi propres à l’arrivée qu’au départ.

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Il y a aussi ces adorables petits sacs contenant des graines odorantes qui servent à parfumer une armoire, l’auto, un tiroir à vêtements…

Et les vendeuses dans les magasins comme UNIQLO qui nous saluent et nous souhaitent la bienvenue lorsqu’on entre et puis qui se signalent par des formules qu’elles disent alors qu’elles sont dans les rayons en train de ranger les vêtements. Il y a les portières des taxis qui s’ouvrent et se ferment automatiquement. Et aussi les gants blancs des chauffeurs. Les sous-sols des grands magasins avec les plats préparés, sont de véritables cavernes d’Ali Baba de la nourriture. C’est un vrai spectacle. Il y a malheureusement aussi les gens qui fument dans les restaurants à côté de votre table. Une mauvaise habitude que nous avons heureusement perdue. Mais il y a inversement des trottoirs sur lesquels il y a des 108


symboles d’interdiction de fumer ! Des rues nonfumeurs. L’élégance, la féminité et la coquetterie des femmes sont remarquables.. Quel changement avec le style débraillé qui fait fureur en France ! Un retour en arrière de 50 ans, dans la France des années 60. Il y a les dames en kimono qui prennent le métro, visitent les temples ou admirent les arbres en fleurs dans les jardins.

Il y a le système de paiement à la sortie du métro en cas d’erreur lors de l’achat du ticket ou bien de changement d’idée en cours de route. La porte ne s’ouvre pas et l’on paie le solde au guichet à côté sans être pris pour un fraudeur. 109


Il y a les collants–squelettes que portent les jeunes filles. C’est surprenant… au début.

Il y a le respect de la vie privée de ses voisins dans le métro. Personne ne téléphone et impose avec grossièreté sa conversation aux autres. On envoie des SMS ou on fait des jeux en silence. Il y a les onigiris, ces petits triangles de riz fourrés à la pâte de haricots ou de poisson et entourés d’une feuille d’algue que l’on mange à toute heure.

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Il y a l’absence de pourboire dans la vie courante. Ce serait dégradant de l’accepter. L’employé est payé par son employeur. Il y a les masques en tissu portés par les personnes contagieuses. Encore une marque de respect. Remarquable aussi, le respect de la propreté des salons d’essayage, dans les magasins de vêtements. On quitte ses chaussures avant d’entrer dans la cabine. Les touristes se font gentiment rappeler à l’ordre… ***

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Deuxième voyage au Japon : avril 2012  

Second voyage au Japon : avril 2012

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