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LA CCI M’ACCOMPAGNE S2P consolide sa renaissance

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Courants industrie services 2 e trimestre 200 N° 31

&

J O U R N A L D ’ I N F O R M AT I O N D E L A C H A M B R E D E CO M M E R C E E T D ’ I N D U S T R I E D E B R E S T

3 QUESTIONS À

H.-M. Pouliquen

p. 3

PRATIQUE

Jean-Luc de la Bernardie, DLB

Olivier Branellec, Hippocampe

Jean-François Bonnin, Météostratégy

Premier bilan contrasté de la crise

MALO LOUARN

FOCUS. PRODUCTION INDUSTRIELLE, EXPORTATIONS ET INVESTISSEMENTS S’EFFONDRENT CE PREMIER SEMESTRE EN FRANCE, ENTRAÎNANT UN NOMBRE RECORD DE DESTRUCTIONS D’EMPLOIS (-387 000). LE FINISTÈRE SEMBLE POUR LE MOMENT MOINS TOUCHÉ, D’AUTANT QUE CERTAINES ENTREPRISES CONTINUENT DE CROÎTRE.

La CCI anime deux autres pépinières d’entreprises en partenariat avec les communautés de communes. Les raisons d’y recourir sont nombreuses. p. 4-5

FORMATION

L’intelligence économique, ça s’apprend ! p. 6

«

L

e Finistère subit un peu moins rapidement les effets de la crise par rapport à l’Ille-etVilaine par exemple », commente Alain Madec, directeur du Pôle emploi du Finistère. « Ce comportement est habituel pour le Finistère lequel, historiquement, a toujours du retard en termes de croissance ou de ralentissement économique par rapport à la France. »

traitance automobile et électronique, l’immobilier et l’hôtellerie-commercerestauration. « Dans ces domaines, les propositions d’emplois se raréfient », poursuit Dominique Poulaille, adjoint à la direction du Pôle emploi. « La relance cette année viendra d’une bonne saison touristique ainsi que des chantiers communautaires, tramway***, plateau des Capucins. Le Pôle emploi a lancé des formations conventionnées pour anticiper ces besoins futurs. »

DÉGRADATION DE L’EMPLOI En ce premier semestre, l’industrie du département, « de par ses spécificités et sa diversité, ne souffre pas trop encore » malgré l’inquiétude des entreprises interrogées par la CCI en mars*. Ainsi, son tissu de PME permet à l’emploi de résister aux grandes vagues de licenciements que connaît le pays, même si le département enregistre 13,5 % de demandeurs d’emploi en plus** en cinq mois, touchant en particuliers intérimaires (+ 20 % en un an) et licenciés économiques (+ 11 % en un an). Premiers touchés sur notre territoire : le bâtiment, la sous-

RÉSISTANCE DE SECTEURS PORTEURS L’agroalimentaire sert également de bouclier anticrise régional. Sur le pays de Brest, le secteur de la haute technologie « crée beaucoup de richesses », constate Alain Madec. « Ce sont des entreprises en devenir. Nous avons aussi beaucoup de demandes de formations dans l’environnement », un secteur en pleine croissance, encouragé par la Région (opérations d’urbanisme durable), par la demande des particuliers (crédits d’impôt) et par les innovations du Pôle Mer Bretagne (énergies marines par exemple). Du côté de la métal-

* 62 % déclarent que la crise a un effet négatif sur leur activité (140 entreprises interrogées tous secteurs confondus). ** Source : DDTEFP, traitement Inforem, 31 mars 2009 ; Bassin brestois : + 13,1 % de chômage ; la Bretagne : +16,6 % et la France : + 15,4 %. *** La SemTram prévoit 1 000 personnes sur le chantier pendant deux ans ; l’investissement de BMO dans ce projet est de 300 M`.

© SIMON COHEN

© ISTOCK

élu en charge de l’environnement, explique le plan départemental des déchets soumis au vote en juin.


ACTUALITÉ (Suite de la page 1)

VALORISER LE CAPITAL HUMAIN La protection et la valorisation de son savoir-faire ont permis à l’entreprise DLB de connaître une belle expansion, depuis son installation à Kergaradec en 2004. En tant qu’ébéniste, Jean-Luc de la Bernardie gère la partie restauration du patrimoine (50 % du CA) et sa collaboratrice Denise Segalen s’occupe depuis 10 ans de la partie menuiserie contemporaine et agencement. « La crise, avec un grand C, nous touche peu même si nous sentons que le marché est tendu. Je suis persuadé que, si l’entreprise est bien structurée, qu’on a la confiance des partenaires financiers et donneurs d’ordre, alors on résiste. Et nous, cela fait des années que nous nous concentrons sur le bon fonctionnement interne de l’entreprise. Nous ne sommes pas gourmands et avançons doucement mais sûrement. » Cette année, DLB prévoit l’agrandissement de 800 m2 de son unité de production avec des embauches à la clé. « Une pancarte de recrutement est en permanence accrochée à notre portail et un CV sur six débouche sur une embauche comme nous l’avons fait dernièrement.» Conscient de son patrimoine immatériel, Jean-Luc de la Bernardie parie sur la consolidation du savoir de ses compagnons : « Avoir à chaque poste des gens compétents qui se plaisent et échangent entre eux, c’est ça le secret de la croissance. »

L’ÉCO-INNOVATION Même vision chez Hippocampe, agence de communication fondée par Olivier Branellec en 1995 (10 salariés, 900 000 ` de CA). Lui et Evernet Studio ont lancé il y a un an sur Internet l’entreprise Roulez Malin (6 salariés dont un recruté en mars à Paris), valorisant le covoiturage à travers toute la France. « Une activité tire l’autre », précise le dirigeant qui a placé les deux entités ensemble dans un bâtiment refait à neuf au port de commerce de Brest. « J’ambitionne de me positionner parmi les 5 acteurs majeurs du covoiturage en France », déclare ce précurseur du développement durable sur le net. La crise ? « Elle représente pour nous une opportunité, je le dis tout haut ! Il faut repenser notre société d’hyper-

consommation, donner du sens aux valeurs fondamentales », comme la simplicité, la créativité - inscrites dans la charte de l’entreprise - doublées d’une vision d’avenir : « Je veux renforcer le pôle développement. Un recrutement est en cours pour rendre Roulez Malin visible à Paris. » La crise n’est donc pas une fatalité pour tout le monde. Hippocampe et Roulez Malin, comme la plupart les entreprises ayant pris le train de modes de production et de consommation durables, s’en sortent mieux. « Quand on anticipe, réfléchit, se projette et investit, on est fort. Pour moi, l’épanouissement de mes collaborateurs est gage de développement : l’intelligence collective est notre force. C’est pourquoi je dépense absolument tout le budget formation pour que chacun acquiert du savoir. »

AUTRES SECTEURS QUI RECRUTENT D’autres domaines d’activités ont annoncé dans la presse ce premier trimestre des vagues de recrutements. Petit tour d’horizon dans le secteur privé. Malgré les turbulences du secteur, les banques recrutent. Le CMB-Arkéa annonce 400 embauches en Bretagne sur l’année ; le Crédit agricole 60 sur le Finistère ; la Société générale 200 et la Caisse d’épargne 50 recrutements. Dans les assurances, Groupama a des projets d’agences en Bretagne dont une à Brest cette année. France Telecom a fait savoir qu’elle embauchera 250 salariés en Bretagne. Les métiers de l’agriculture ont lancé une grande campagne de promotion au début de l’année car ce secteur recrute du CAP au BTS. Dans l’agroalimentaire, Coopagri prévoit 400 embauches et Even entre 60 et 80. Le Pôle emploi annonce 1 820 embauches en France.

AVOIR UNE LONGUEUR D’AVANCE L’intelligence et la R&D sont au cœur de la croissance de l’entreprise brestoise Météostratégy, dirigée par JeanFrançois Bonnin. Cet ancien prévisionniste de la marine nationale a créé son entreprise avec 3 associés en mai 2007. Elle compte 6 salariés aujourd’hui dans un domaine pointu, celui de la prévision météo à la carte sur Internet. À l’abri de la crise dans ce marché de niche basé sur les technologies de l’information, elle articule son développement autour de deux valeurs ajoutées bretonnes, la mer et les médias : « Nous avons nos propres capacités de modélisation de l’atmosphère à 1 km », explique Jean-François Bonnin. D’où un partenariat avec la fédération française de voile au JO de 2012, des pistes dans l’offshore et à l’export (Asie du sudest). Le Télégramme lui confie déjà sa météo, tandis qu’Arte lui a signé un contrat et que la chaîne nationale d’Arabie Saoudite pourrait aussi lui faire confiance. « Nous prévoyons deux embauches de prévisionnistes en fin d’année et consacrons une partie de nos investissements en R&D. Il est important de se projeter. » L’entreprise phosphore à toute vitesse : le changement climatique ouvre des perspectives de développement. Les entreprises de haute technologie pourraient permettre à la France de sortir par le haut de la crise, par l’investissement et la création de valeur. C’est un rapport remis en mars par les professionnels du high tech au gouvernement qui l’affirme. Le Finistère pourra-t-il ainsi rester en retrait de la plus grande crise financière mondiale ? Les efforts doivent aller dans ce sens.

2 t Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009

RECRUTEMENT DES CADRES EN BAISSE Du côté des cadres, le coup de frein à l’embauche est moins fort en Bretagne (-11 %) qu’en France (-18 %). Deux embauches de cadres sur 100 se feront dans la R&D cette année. L’informatique continue de recruter suivi par les secteurs du commerce et des services (source : Apec 2009).

MÉDIATION DU CRÉDIT ET CELLULE DE VIGILANCE Si certaines entreprises subissent moins frontalement la crise planétaire (lire ci-dessus), d’autres connaissent de réelles difficultés. Dans ce cas, elles ne doivent pas hésiter à appeler rapidement la CCI, qui a été désignée tiers de confiance dans le cadre de la cellule de vigilance mise en place par la préfecture. Selon la situation, elle dirigera l’entreprise vers le médiateur du crédit (en passant obligatoirement par la saisie d’un dossier en ligne sur www.mediateurducredit.fr) ou toute autre voie de résolution de difficultés.

© SIMON COHEN

lurgie, la convention Sterne portée par l’Uimm29, permet aux entreprises de former leurs salariés pour faire évoluer les compétences. Pour faire face à la crise, les chefs d’entreprise innovent. Zoom sur trois d’entre eux.

La médiation du crédit est ouverte à tout chef d’entreprise, artisan, commerçant, profession libérale, créateur ou repreneur d’entreprise, entrepreneur individuel qui rencontre avec sa ou ses banques des difficultés pour résoudre ses problèmes de financement ou de trésorerie. Industrie, services et international (CCI). 02 98 00 38 18 www.mediateurducredit.fr


EN BREF Le gouvernement a annoncĂŠ une mesure spĂŠciďŹ que Ă l’endroit des très petites entreprises, composante essentielle du dynamisme de l’emploi en France avec 3 millions d’embauches par an. Une dotation de 700 M` leur est destinĂŠe aďŹ n de les aider dans leurs embauches. Elle est accordĂŠe aux entreprises et associations de moins de dix salariĂŠs qui sont ĂŠligibles Ă  la rĂŠduction gĂŠnĂŠrale sur les bas salaires. Les renouvellements de CDD d’une durĂŠe supĂŠrieure Ă  un mois ainsi que les transformations de CDD en CDI, ouvrent ĂŠgalement droit Ă  cette aide. PĂ´le emploi du Finistère

www.entreprises.gouv.fr/zerocharges

JEAN HIN

Bilan Carbone™ : soyez volontaire ! Le Bilan Carbone™ est une mĂŠthode mise au point par l’Ademe pour comptabiliser les ĂŠmissions de gaz Ă effet de serre et rĂŠduire la dĂŠpendance de l’entreprise aux ĂŠnergies fossiles. Participer Ă  cette opĂŠration rĂŠgionale vous permettra de bĂŠnĂŠďŹ cier d’un accompagnement lors de la rĂŠalisation de votre bilan carbone et lors de la mise en Ĺ“uvre d’actions de rĂŠduction des ĂŠmissions. L’opĂŠration, subventionnĂŠe par l’Ademe, prĂŠvoit de faire intervenir des consultants : tQPVSSÂąBMJTFSMFTCJMBOT tQPVSWPVTBDDPNQBHOFSEBOTMBNJTFFO”VWSFEFTQSÂąDPOJTBUJPOT ValĂŠrie Lasquellec (CCI Brest).

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Un guide rĂŠgional pour la gestion professionnelle de l’eau Vous connaissiez sans doute le Guide de la gestion de l’eau en entreprise, ĂŠditĂŠ par les trois CCI et le conseil gĂŠnĂŠral du Finistère. DĂŠsormais, ce manuel pratique est rĂŠgional, co-ĂŠditĂŠ par la chambre rĂŠgional de commerce et d’industrie et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Il comporte des ďŹ ches pratiques rĂŠalisĂŠes Ă partir de tĂŠmoignages d’entreprises bretonnes. Pour le tĂŠlĂŠcharger, rendez-vous sur www.cci-brest.fr (rubriques Se dĂŠvelopper, Industrie, Agir pour l’environnement). ValĂŠrie Lasquellec (CCI).

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Reprise et transmission : une bourse rĂŠgionale en un clic Le site www.reprendre-bretagne.fr est dĂŠsormais plus convivial. Mis Ă disposition des cĂŠdants et repreneurs par les CCI bretonnes, cet outil vous permet d’accĂŠder aux milliers d’offres de cession mais aussi de consulter la liste des repreneurs inscrits ou encore de vous tenir informĂŠ de l’actualitĂŠ de la cession-reprise d’une affaire (plus de 120 professionnels de ce domaine y sont rĂŠpertoriĂŠs). Les + du site : il respecte la conďŹ dentialitĂŠ et l’inscription est gratuite. Industrie.

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lesrendezvous DE LA CCI Josiane Calvez (CCI).

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industrie@cci-brest.fr

tNBJ Panorama des aides ďŹ nancières pour le dĂŠveloppement international, Ă 9h Ă  la CCI.

tNBJ PrÊparation de la transmission avec le centre des repreneurs d’affaires et la Banque populaire, 7 h 45 - 9 h 45 à la CCI.

t28 mai. 3e ĂŠdition du TrophĂŠe interentreprises sur les rives de la Penfeld. Nombre de places limitĂŠ. Inscription avant le 14 mai. 02 98 30 35 18. tNBJ Marketing direct et communication avec La Poste, Ă la CCI. tTFQUFNCSF La croissance externe, avec R&T Magazine, Ă  la CCI.

Š SIMON COHEN

TPE : l’embauche en ligne de mire

3 QUESTIONS À HervÊ-Marie Pouliquen, Êlu en charge de l’environnement

Un plan d’Êlimination des dĂŠchets en juin  Les dĂŠchets des collectivitĂŠs et des entreprises posent problème dans le Finistère. Pourquoi ? HervĂŠ-Marie Pouliquen : Ce qui pose problème, ce sont les dĂŠchets non valorisables, nĂŠcessitant un enfouissement dans une installation de stockage de dĂŠchets non dangereux (ISDND). Selon notre ĂŠtude faite en 2005, cela reprĂŠsente environ 70 000 tonnes de dĂŠchets, exportĂŠs en grande partie en Mayenne et pour le reste dans le Morbihan. Or le coĂťt moyen de traitement de ces dĂŠchets est ĂŠvaluĂŠ Ă 100 ` la tonne et le transport entre 50 et 100 `. D’oĂš des dĂŠpenses importantes pour les collectivitĂŠs et les industriels et une position inconfortable vis-Ă -vis du code de l’environnement qui impose de traiter les dĂŠchets Ă  proximitĂŠ.  Qu’en est-il des centres d’enfouissement dans le Finistère ? H.-M. P. : PrĂŠcisons qu’un centre d’enfouissement est aujourd’hui un lieu totalement ĂŠtanche, oĂš les risques de pollution des eaux ou encore les rejets en gaz sont rigoureusement contrĂ´lĂŠs. Nous sommes loin des dĂŠcharges Ă  ciel ouvert d’antan, inacceptables de nos jours ! Le plan dĂŠpartemental d’Êlimination des dĂŠchets mĂŠnagers et assimilĂŠs*, soumis en juin Ă  l’approbation du conseil gĂŠnĂŠral, propose deux installations au nord et au sud du Finistère. La CCI participe Ă  cette rÊexion par sa prĂŠsence dans le syndicat mixte d’Êtude et d’Êlimination des dĂŠchets. Dès juin ĂŠgalement, les 3 CCI procèderont Ă  une analyse prĂŠcise du gisement des dĂŠchets des entreprises, ceci pour encourager la croissance des ďŹ lières de valorisation.  La CCI propose ĂŠgalement des outils concrets de gestion des dĂŠchets‌ H.-M. P. : Oui avec le diagnostic dĂŠchets, les entreprises peuvent mettre en place de bonnes pratiques de tri aďŹ n de rĂŠduire les coĂťts. Toutes les CCI bretonnes vont ĂŠgalement s’abonner Ă  la bourse en ligne des dĂŠchets au nom des entreprises, toujours dans le but de les valoriser davantage.

YdĂŠos

ValĂŠrie Lasquellec (CCI).

02 98 00 38 18

* Consultable et tÊlÊchargeable sur : www.cci-brest.fr, rubriques Se dÊvelopper, Industrie, Agir pour l’environnement

Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009 t 3


PRATIQUE MEMENTO. EPAULÉES PAR DES ANIMATEURS DE LA CCI, LES TPE, PME ET PMI NAISSANTES TROUVENT DANS LES PÉPINIÈRES D’ENTREPRISES LE TERREAU IDÉAL POUR CONQUÉRIR UN MARCHÉ. LA CCI EN ANIME CINQ SUR SON TERRITOIRE.

d’opter pour la pépinière d 1

Partir d’un bon pied. Aider le nouveau dirigeant à faire éclore son projet est la toute première mission d’une pépinière d’entreprises. Dans chacune de ces structures d’accueil gérées par les communautés de communes, un animateur de la CCI est à la disposition de tout créateur d’entreprise. Ce dernier a, en général, suivi le parcours du créateur à la CCI. La pépinière est alors un bon moyen de se lancer à moindres frais. Les cinq pépinières d’entreprises animées par la CCI de Brest maillent tout son territoire : Landerneau, Plabennec, Le Faou et, depuis le mois d’avril, Châteaulin et Crozon. Ces structures communautaires peuvent accueillir entre 2 et 15 entreprises. N’hésitez pas à les contacter pour leur présenter votre projet, c’est gratuit.

2

Emménager dans un bureau configuré. Le futur dirigeant

qui le souhaite peut demander à démarrer son activité dans une pépinière. Après acceptation de sa candidature, le nouveau venu dans les lieux se voit attribuer un bureau privatif, ou, le cas échéant, un atelier. Les bureaux sont meublés et loués à des prix largement inférieurs à ceux du marché. Une aubaine pour des budgets forcément serrés au départ. La jeune pousse hébergée en pépinière a quatre ans pour prendre son envol. Au moment de sa sortie, elle sera guidée dans sa recherche d’implantation définitive.

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Avoir « tout sous la main »

dès le premier jour. Des équipements collectifs sont disponibles pour les entreprises hôtes : fax, photocopieuse, fonds documentaire, salle de réunion… Côté services, une assistante, commune à l’ensemble des hôtes de la pépinière, assure le secrétariat. Epaulé par ce soutien logistique, le dirigeant peut concentrer son énergie

La pépinière de Châteaulin est désormais animée par Johann Gosch, également présent à celle de Landerneau. Celle de Crozon bénéficie de l’appui de la conseillère Brigitte Abgrall. Au Faou, c’est Véronique Hériaud qui sert de référente CCI et à Plabennec, il s’agit de Christelle Hamon. Industrie. 02 98 00 38 18

4 t Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009

et ses dépenses sur le développement de son activité.

relation avec des organismes extérieurs : Urssaf, impôts, etc…

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5

Pousser en toute sérénité. Une difficulté ? Une

question ? Pas de problème, il suffit de frapper à la porte de l’animateur de la CCI. Celui-ci reste à la disposition des hôtes de la pépinière tout au long de leur séjour. Outre ces rencontres informelles, des rendez-vous mensuels individuels sont planifiés entre le conseiller et chacun des dirigeants. À cette occasion, le conseiller peut, selon le cas, diriger le chef d’entreprise vers un autre service de la CCI ou encore le mettre en

Tisser des liens avec les autres occupants. En pépi-

nière, au confort du « chacun chez soi » s’ajoute la convivialité de la vie collective. Impossible de se sentir isolé dans ces structures à taille humaine, qui disposent de parties et de services communs. Une simple pause à la cafétéria, par exemple, et c’est l’occasion d’engager la conversation avec un collègue. A la clé, une saine émulation entre les jeunes « pousses », un échange d’idées et l’occasion unique d’agrandir son cercle de relations.


PRATIQUE

5 raisons, d’entreprises TEMOIGNAGE

QUESTION/RÉPONSE Qu’est ce que le statut d’autoentrepreneur ?

FRÉDÉRIC LE LEZ

"Je me suis senti épaulé" e suis arrivé à la pépinière du Faou en 2003. C’est là que j’ai créé mon entreprise de nettoyage. J’ai démarré seul et suis resté presque quatre ans en pépinière. D’emblée, j’ai été séduit par la situation géographique de cette structure, implantée au cœur du territoire de la communauté de communes de l’Aulne Maritime. Cela donnait de mon entreprise une image de proximité à laquelle les clients qui veulent consommer « local » ont été sensibles. Par ailleurs, les conditions d’accès particulièrement attractives de la pépinière, ainsi que les conseils de l’animatrice CCI, Véronique Heriaud, m’ont aidé à prendre un bon départ. S’installer

MALO LOUARN

J

dans un bureau sans payer trop cher de loyer et pouvoir utiliser en plus une salle de réunion ou un espace de stockage, c’est l’idéal quand on se lance. Sans parler des équipements comme la photocopieuse ou le fax. Les deux premières années, de telles dépenses auraient pesé lourd sur mon budget. En pépinière, je me suis senti à l’aise et épaulé, ce qui m’a permis de développer rapidement mon activité. Quand j’en suis parti, j’ai été bien conseillé pour commencer à voler de mes propres ailes. J’ai choisi de m’implanter à Pont-deBuis et de continuer à travailler principalement avec des gens du pays. Aujourd’hui, mon entreprise emploie 19 personnes. »

Décret n°2008-1488 du 30 décembre 2008, JORF du 31 décembre 2008, page 20637

Pour les formalités, CFE (CCI). 02 98 00 38 05 Pour le choix du statut, Accueil de l’entrepreneur (CCI). 02 98 00 38 73

© SIMON COHEN

«

JEAN HIN

directeur d’Abscisse Propreté à Pont-de-Buisles-Quimerc’h.

Depuis le 1er janvier 2009, tous ceux (salariés, retraités, étudiants, chômeurs…) qui souhaitent développer une activité parallèle à leur métier ou compléter leur revenu, peuvent adopter le régime de l’autoentrepreneur, à la seule condition : réaliser moins de 80 000 ` de chiffre d’affaires pour une activité commerciale ou moins de 32 000 ` pour ceux qui travaillent dans les services. Ces seuils évolueront chaque année comme le barème de l’impôt sur le revenu. La seule formalité à effectuer pour lancer son activité est de s’adresser au Centre de formalités des entreprises. L’auto-entrepreneur ne supportera qu’un seul prélèvement fiscal et social équivalent à 13 % de son chiffre d’affaires mensuel ou à 23 % pour les activités de service. Sur le plan social, l’auto-entrepreneur cotisera au régime social des indépendants (RSI), ce qui entrera dans le calcul de la retraite, et bénéficiera de la couverture assurance-maladie dès le premier euro de chiffre d’affaires. Avec ce système, s’il ne fait pas de chiffre, il ne paie aucune charge et n’a pas besoin de faire de déclaration. En cas d’arrêt de l’activité, pas de coût non plus. Techniquement, une seule chose est demandée : remplir chaque mois un « livre chronologique de recettes » où l’auto-entrepreneur enregistre les ventes effectuées, et pour les commerçants « un livre des achats ».

Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009 t 5


FORMATION FORMATION. les cci de morlaix et de brest ont préparé un programme d’intelligence économique complet pour la protection de votre entreprise.

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Johann Gosch (CCI). 02 98 00 38 18 johann.gosch@ cci-brest.fr

Courants Industrie & Services : Publication éditée par la CCI

de Brest, 1, place du 19e R.I., BP 92028, 29220 Brest Cedex 2. Tél. 02 98 00 38 00. Mél. courants@cci-brest.fr – Sous la responsabilité de Michel Gourtay. Président du comité de rédaction : Michel Guyot. Responsable de la rédaction : Blandine Kermarec. Coordination et secrétariat de rédaction : Christelle Hall. Rédaction : Catherine Croze, Christelle Hall. Régie publicitaire : Gédéon Marketing. Tél. 02 98 44 66 02. Mise en page : Basilic Communication. Tél. 02 98 44 20 26. Tirage : 7 500 exemplaires. Impression : Publitex. ISSN 1777-7224. Dépôt légal à parution.

6 t Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009

L

es CCI de Brest et de Morlaix organisent depuis le début de l’année une série de conférences avec le partenariat de la gendarmerie nationale dans le cadre de la formation « 6 jours pour l’intelligence économique ». Il s’agit, en invitant des experts de la question, de sensibiliser les dirigeants, mais aussi les directeurs des systèmes informatiques, à cette notion qui recouvre deux aspects : la protection d’une part puis la détection de nouvelles pistes de développement de l’autre.

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SUR LE TERRAIN

LA CCI M’ACCOMPAGNE JEAN-LOUIS MAROT DONNE UNE NOUVELLE VIE À SON ANCIENNE ENTREPRISE SOUS LE NOM DE S2P.

EN BREF

© SIMON COHEN

Imex CGI adapte les équipements en énergie renouvelable

L’appui de réseaux d’entreprises a été précieux pour Jean-Louis Marot.

S2P : une renaissance

I

l a connu la pire situation qu’un nouveau chef d’entreprise puisse connaître. Contacté par l’ancien dirigeant Denis Simoni, pour reprendre Sobrebat Ravalement, Jean-Louis Marot a intégré le poste de directeur adjoint de l’entreprise quinze jours à peine après son décès. Il arrive alors dans une entreprise sous le choc, endeuillée et sous le coup d’un redressement judiciaire, suivi d’une liquidation moins d’un an plus tard. Beaucoup auraient pris leurs jambes à leur cou. Lui a réuni sa toute nouvelle équipe de cadres afin de leur exposer son projet de reprise. Et avec leur assentiment, il proposa sa candidature au tribunal de commerce qui approuva : le 18 septembre 2008, S2P venait de naître.

SAUVER LES EMPLOIS Pour Jean-Louis Marot, le premier pas fut celui de la rupture : changement de nom mais aussi de local. Du port de commerce, S2P a migré dans un local spacieux à Kergaradec. Les compétences internes ont été sauvées, avec la reprise de 49 salariés, contre 120 auparavant, pour assurer les chantiers finistériens en ravalement, peinture, décoration, habillage des

façades et revêtement des sols. « Avec les clients, nous avons mis cartes sur table et à une large majorité, ils ont compris qu’on tentait de sauver des emplois. » Malgré la crise qui secoue le bâtiment, S2P a augmenté ses effectifs à 56 salariés et affiche un plan de charge complet sur une année. « La diversité de nos métiers nous permet de résister même si nous avons eu une petite baisse d’activité. Sans être rassuré à 100 %, le carnet de commande me permet de consolider nos objectifs et d’optimiser notre organisation interne. » Pour lancer son affaire, Jean-Louis Marot a attaqué de front toutes ces problématiques en étant accompagné. « J’ai sollicité la CCI de Brest avant même la reprise afin de trouver des solutions de financement. Elle m’a conseillé puis guidé vers les réseaux bancaires et organismes comme la Plateforme d’initiative locale du Pays de Brest et le réseau Entreprendre en Finistère. J’ai pu ainsi éviter de reproduire certaines erreurs. » Aujourd’hui, S2P veut consolider l’emploi existant. Une prudence de bon aloi pour que sa renaissance s’appuie sur de solides fondations.

Les autres pistes de développement de S2P Activité de ] travaux/services pour maîtres d’ouvrage et particuliers (maçonnerie, plâtrerie, menuiserie) : 3 personnes, 4 à 5 % du chiffre d’affaires ;  Service nettoyage (pour la peinture) : 2 personnes, 3 à 4 % du chiffre d’affaires  Services aux particuliers : 2 personnes. Les services aux particuliers représentent 10 % de l’activité de S2P qui souhaiterait passer à 20 % à court terme.

Imex CGI (Brest) a reçu le prix du développement durable pour son lampadaire solaire. Seule entreprise du Finistère à concevoir, assembler et distribuer des équipements en énergie renouvelable*, Imex CGI, créée en juillet 2008, se différencie par la performance des équipements qu’elle promeut : panneaux solaires à tubes sous vide (+ 50 % de rendement, très utilisés en Allemagne), petites éoliennes de 6, 9 ou 12 mètres, panneaux photovoltaïques monocristallin et le lampadaire solaire, autonome et économe… Les communes du Finistère commencent à s’intéresser à ce produit qui reste esthétique. « Les agriculteurs adoptent les petites éoliennes, les supermarchés les panneaux photovoltaïques. Nous arrivons petit à petit à imposer nos produits à très haut rendement aux fournisseurs, plombiers, architectes, chauffagistes… Nous assurons aussi la formation de ces professionnels pour l’installation de nos équipements », précise Paul Goasguen, l’un des quatre associés de l’entreprise. Ingénieur issu de l’aéronautique, passé par l’École supérieure de commerce de Brest pour le master Entreprendre, créer, reprendre, il déborde d’idées pour développer des applications nouvelles de ces technologies de pointe. En septembre par exemple, un système complet de chauffage solaire devrait voir le jour. Imex CGI souhaite se développer sur toute la Bretagne et dès la rentrée sur la France, en recrutant des commerciaux. Un poste d’assembleur devrait très prochainement se créer. *Hors pompes à chaleur

Les métiers de S2P : peintres ravalement et décoration, soliers, techniciens de façades et ouvriers polyvalents.

Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009 t 7


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La chambre de commerce et d’industrie de Brest est ouverte de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13h30 à 18 h. Les conseillers reçoivent sur rendez-vous. » CCI de Brest: 1, place du 19e R.I., BP92028, 29220 Brest Cedex 2 02 98 00 38 00 www.cci-brest.fr » Formalités internationales Élisabeth Nicol 02 98 00 38 71 international@cci-brest.fr

ANTENNE DE CHÂTEAULIN Catherine Urien 02 98 86 53 02 catherine.urien@cci-brest.fr

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Courants dans Ouest-France et Le Télégramme le mercredi 3 juin 2009

© SIMON COHEN

VOS CONSEILLERS INDUSTRIE ET SERVICES » Agroalimentaire / Bois / Imprimerie Brigitte Abgrall industrie@cci-brest.fr » Bâtiment / Travaux publics Dominique Chamoux batiment-tp@cci-brest.fr » Commerce de gros / Transports Sébastien Provost-Cann commercedegros-transport@cci-brest.fr » Électronique / Informatique Thierry Guézennec electronique-informatique@cci-brest.fr » Métallurgie / Environnement Chimie Valérie Lasquellec metal-enviro-chimie@cci-brest.fr » Service aux entreprises Johann Gosch services-entreprises@cci-brest.fr » Reprendre en Iroise Jean-Hervé Lacroix jean-herve.lacroix@cci-brest.fr

Patrick Monéger n’aime pas entrer dans des cases. C’est pourquoi il cherche, prospecte, en appelle à la réflexion collective pour faire évoluer la profession.

Un peu de compta… Exco Bretagne  8 associés dont Patrick Monéger  90 salariés à Brest ; 5 à Pacé (Ille-etVilaine)  7,5 M` de chiffre d’affaires (2008)

Groupe Exco  100 sites en France, DomTom et Afrique francophone  135 M` de chiffre d’affaires  2 200 salariés Kreston International  240 membres dans 95 pays  1,71 Md$ de chiffre d’affaires  Exco est le second plus important réseau de cette fédération

8 t Courants Industrie & Services - 2e trimestre 2009

L

e métier d’expertise-comptable conserve « une image rétro ». C’est Patrick Monéger, l’un des 8 associés du cabinet Exco Bretagne, qui l’affirme : « Notre profession a pourtant grandement évolué en fonction des besoins économiques et financiers des entreprises », à tel point que l’expertise-comptable n’intervient aujourd’hui qu’en complément des activités principales du cabinet : conseil en gestion d’entreprise (création, reprise et cession), commissariat aux comptes et audit, conseil dans les domaines fiscal, juridique et social sans oublier l’activité d’externalisation pour le compte de grands groupes. Cette montée en puissance des compétences de l’expert-comptable est à l’image de son ordre, une profession extrêmement réglementée qui apparaît de plus en plus comme un partenaire indispensable des entreprises. En ce sens, le ministère de l’Économie multiplie ses responsabilités (dernièrement, la possibilité d’être conseiller en investissement financier), lui donnant ainsi un rôle pivot dans l’économie. Pour moderniser son image, l’ordre s’est fendu d’une campagne nationale de communication l’an passé. « Nous voulons faire notre métier de la façon la plus vivante possible », souligne Patrick Monéger. Preuve de son poids croissant, le conseil de l’ordre des experts-comptables a emménagé en septembre 2008 dans sa toute première propriété de la rue

Patrick Monéger est, avec Robert Lascar et Philippe Chrétien, à l’origine de la création de l’association Mécénat en Bretagne. (acquisition d’œuvres pour les musées bretons). « On peut insérer l’art dans le quotidien avec peu de moyens », explique-t-il. Ce qu’il a fait sur les 6 étages de l’immeuble Exco rue Jean-Jaurès. « À quand une œuvre pour le musée de Brest ? », s’interroge le mécène brestois.

Cognacq-Jay à Paris et son président d’honneur René Ricol a été nommé médiateur du crédit par le Gouvernement.

UN RÉSEAU INTERNATIONAL Patrick Monéger fait partie de ceux qui cherchent à donner du sens à la profession depuis qu’il a acquis le modeste cabinet créé après-guerre. Venu de Nantes, cet homme directif s’installe à Brest fin 1973. L’enseigne comptable se développe sous le nom de Gefico puis s’adosse au réseau français de cabinets indépendants Exco en 1990. « Les entreprises étant de plus en plus exigeantes à notre encontre, je voulais m’investir plus avant dans la réflexion. » Ce qu’il fait en s’impliquant : président de la compagnie régionale des commissaires aux comptes, viceprésident national d’Exco chargé des relations extérieures, Patrick Monéger se déplace souvent et très loin pour ses clients. « J’ai à cœur de me rapprocher des autres, de vivre la profession autrement et de consacrer du temps à l’évolution du métier. » Le « penser autrement » qu’il érige en façon de vivre a permis à l’entreprise de passer de 8 à 90 salariés, de s’insérer dans un réseau national de 2 200 salariés et dans la fédération Kreston International, présente dans 95 pays. De quoi briser l’image rétro de l’expert-comptable penché ad vitam sur ses colonnes de chiffres.

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