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ArtisAn... moi Aussi !


Une publication des chambres de métiers et de l’artisanat en partenariat avec l’Etudiant

Site Internet : www.artisanat.fr Coordination : Département des relations presse Pour vous informer, le numéro Indigo des chambres de métiers et de l’artisanat : 0 825 36 36 36

23 rue de Châteaudun, 75308 Paris cedex 09, tél. 01 75 55 40 40 Coordination : Juliette Legros Rédaction : Virginie Plaut Secrétariat de rédaction : Marie-Odile Mauchamp et Myriam Blanc Conception graphique et illustrations : Michel Bayetto

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ous pensez peu à l’artisanat pour votre avenir, c’est normal, on ne vous en parle jamais ! C’est pour y remédier que nous avons décidé de vous raconter l’artisanat et ses belles réussites avec l’Etudiant.

Devenir artisan,c’est rejoindre la première entreprise de France et faire partie du million d’entrepreneurs qui exercent l’un des 250 métiers de l’artisanat. C’est exercer un métier souvent avec passion et avec une grande liberté.

ArtisAn... moi Aussi !

Mais comment faire ? Comment choisir un métier en toute connaissance de cause ?

Vous trouverez dans ce carnet Artisan... moi aussi ! des pistes pour découvrir l’univers de l’artisanat, trouver les bons cursus de formation, être mis en relation avec une entreprise qui vous formera. En effet, l’apprentissage est une voie d’excellence pour apprendre un métier de l’artisanat. Vous découvrirez que l’apprentissage fonctionne comme une préembauche: plus de 80 % des apprentis signent un contrat définitif avec leur entreprise à l’issue de leur formation. Vous rêvez de devenir chef d’entreprise ? Vous pourrez y parvenir à l’exemple de ces chefs d’entreprise artisanale passés par l’apprentissage, devenus des chefs d’entreprise reconnus pour leur talent et leur réussite. Soyez fier de vivre vos rêves : osez l’artisanat ! Alain Griset Président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat 3


connAissez-vous l’ArtisAnAt ?

1. Combien d’apprentis sont formés chaque année par des entreprises artisanales ? 50 000 200 000 500 000

4. Les artisans pratiquent des métiers anciens amenés à disparaître. Vrai Faux

2. Quel pourcentage de femmes y a-til dans le secteur des services ? 20% 40% 60%

5. Quelle proportion de chefs d’entreprise artisanale est passée par l’apprentissage ? 30 % 20 % 50 %

3. Combien d’apprentis sont embauchés à l’issue de leur formation ? 40 % 60 % 80 %

6. Combien existe-t-il d’entreprises artisanales qui travaillent dans l’export ? 10 000 17 000 36 000

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réPonSES

7. L’artisanat est un secteur innovant. Vrai Faux 8. Combien existe-t-il d’entreprises artisanales aujourd’hui en France ? 200 000 500 000 Plus de 1 million

1- 200 000 jeunes sont formés chaque année par les entreprises artisanales. 2- Dans le secteur des services, 40 % des artisans sont des femmes. 3- Les apprentis sont embauchés à l’issue de leur formation dans 80 % des cas. 4- Faux ! Au contraire, les artisans s’adaptent à l’évolution de la société : les outils les plus modernes sont mis à la disposition de métiers anciens que sont la maroquinerie ou la taille de pierre… 5- 50 %. Un chef d’entreprise artisanale sur deux est issu de l’apprentissage. 6- 36 000. 30 % des exportateurs français sont des entreprises artisanales ! Le secret de ces 36 000 entreprises artisanales exportatrices ? Un savoir-faire rare, la propension à fabriquer des pièces uniques et une excellence fortement auréolée de la « marque France ». Des spécificités recherchées dans le monde entier ! 7- Vrai ! On distingue deux types d’innovations. 1. L’innovation dans les produits ou prestations proposés : amélioration de l’offre, qu’elle soit d’ordre technique ou marketing. 2. L’innovation dans la gestion de l’entreprise : management, processus internes, mode de commercialisation… 8- Plus de 1 million d’entreprises en France sont artisanales. Quand les artisans vous disent qu’ils sont la plus grande entreprise de France… 5


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sommAire Les artisans : 510 activités et 250 métiers Qui sont les ArtisAns ?

p 10

comment devient-on ArtisAn ?

p 18

l’ArtisAnAt en constAnte évolution

p 22

Se former à l’artisanat l’ApprentissAge : une voie de réussite

p 30

une université pour les ArtisAns

p 38

s’orienter, s’informer

p 46 7


sommAire pArtie 1 Les artisans : 510 activités et 250 métiers Qui sont les ArtisAns ?

p 10

comment devient-on ArtisAn ?

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l’ArtisAnAt en constAnte évolution

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Les artisans : 510 activités et 250 métiers on ne le sait pas assez, l’artisanat, avec plus de 1 million d’entreprises, est l’un des secteurs les plus dynamiques du pays. À lui seul, il emploie plus de 3 millions d’actifs en France et génère 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année. Son secret ? La diversité des activités, qui permet à chacun de construire son avenir à sa mesure. Au total, on en dénombre pas moins de 510 différentes, des plus traditionnelles (maçonnerie, menuiserie, boucherie…) aux plus modernes (microélectronique, son et image, génie climatique…), mais également celles qui sont liées aux services (mécanique, coiffure, confection…) et à la création artistique (céramique, bijouterie, arts graphiques, décoration). 9


les artisans " activités et métiers

Qui sont les ArtisAns L’artisanat : 250 métiers à La croisée entre tradition et modernité Petite devinette : qu’ont en commun un boucher, un automaticien, un infographiste, un bijoutier joaillier et un chauffeur de taxi ? réponse : ils appartiennent tous à la même « famille », celle de l’artisanat. Car vous l’ignorez peut-être, mais derrière une même dénomination – « artisan » – se cachent de nombreuses réalités : pas moins de 510 activités et 250 métiers divers et variés regroupés en quatre secteurs : • L’alimentation (11 % des artisans) on y trouve aussi bien les bouchers, les charcutiers, les poissonniers que les boulangers, les pâtissiers, les chocolatiers-confiseurs, glaciers, ou encore les traiteurs. C’est le métier passion par excellence ! • Le bâtiment (40 % des artisans) Il regroupe aussi bien les métiers du gros œuvre (tous les métiers de la construction tels que maçon, plâtrier, charpentier…) que ceux du second œuvre et de la finition (les métiers qui « habillent » le bâtiment, comme menuisier ou carreleur), ou encore ceux de l’équipement technique et électrique. Un secteur où les nouvelles technologies permettent de consacrer plus de temps au conseil et à la créativité. 10


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L’artisanat : 3,1 millions d’actifs en France • La production (17 % des artisans) Ce secteur comprend des familles de métiers très différentes mais toutes axées sur un sens artistique développé : le travail des métaux (orfèvre, ferronnier), le textile – l’habillement –, le cuir (maroquinier, modéliste), le bois-ameublement (ébéniste, encadreur…), ou encore les « autres fabrications » (celles du verre et du papier, notamment), les mécaniques de précision, la plasturgie… • Les services (32 % des artisans) C’est le secteur le plus féminisé, il regroupe aussi bien les services aux entreprises et aux particuliers (transport, réparation), les soins à la personne (coiffure, esthétique), que la restauration des objets du patrimoine et les « autres services » (photographe, fleuriste…), la réparation automobile de cycles et motocycles…

des métiers au goÛt du jour Attention aux clichés qui ont la vie dure ! Si les métiers de l’artisanat nécessitent des savoir-faire souvent traditionnels, il n’empêche qu’ils doivent – et savent parfaitement – suivre les évolutions de la société et très souvent les anticiper ! Par exemple, si un maçon continue à utiliser au quotidien des outils à main tels que la truelle, le fil à plomb, le martelet, le niveau à bulle ou 11


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Qui sont les ArtisAns ?

témoignage Sébastien Mariojouls, patron de la Carrosserie Mariojouls à Castres (Tarn) Sébastien Mariojouls est ce qu’on appelle un enfant de la balle… Avant lui, son père et son grand-père ont été garagistes. C’est ce dernier qui a fondé l’entreprise familiale en 1957. Mais, même si Sébastien était passionné par l’automobile depuis son plus jeune âge, il ne se voyait pas reprendre le flflambeau. ambeau. Après un bac F1 (l’ancêtre du bac STI2D – sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) et un BTS en maintenance automobile, il devient enseignant pendant trois ans en lycée professionnel, puis expert automobile pour les compagnies d’assurances (chargé d’évaluer techniquement et financièrement les réparations) pendant cinq ans. Finalement, en 2000, lorsque son épouse est mutée dans le Sud-Ouest, il y voit l’occasion de reprendre la carrosserie familiale. Avec succès. De trois salariés à l’époque, il est passé à vingt-deux aujourd’hui. Des salariés qu’il veut associer aux grandes décisions, par exemple au choix des nouveaux locaux et à la mise en place d’une nouvelle organisation de travail. Il a reçu le prix Stars et Métiers 2012 (http://www.starsetmetiers.fr/), dans la catégorie dynamique de gestion des ressources humaines.

l’équerre, il est loin le temps où il devait porter à bout de bras des sacs de 50 kilos… De même, grâce à l’utilisation de bétonnières, de vibrateurs électriques ou du laser, nombre d’artisans peuvent consacrer plus de temps à la gestion, au management ou au commercial.

Un quart de ceux qui reprennent une entreprise artisanale ont moins de 30 ans

Un autre métier qui s’est métamorphosé : la réparation automobile. oubliez l’image du garagiste les mains dans le cambouis ! Sébastien Mariojouls, patron de la Carrosserie Mariojouls à Castres (Tarn) le reconnaît luimême : « Le métier n’est plus du tout le même qu’il y a dix ans. Quelqu’un qui aurait fait une

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pause dans cette activité pendant une décennie et souhaiterait revenir aujourd’hui serait incapable de la faire sans une sérieuse remise à niveau. Par exemple, si vous êtes allergique à l’informatique, mieux vaut passer votre chemin. » Autre preuve de modernité : la féminisation des métiers. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les filières de formation de haut niveau et, grâce aux techniques modernes, investissent de plus en plus des métiers traditionnellement considérés comme masculins : ceux du bâtiment par exemple. Mesdemoiselles, n’hésitez pas !

Les artisans : un indispensabLe esprit d’initiative et d’entreprise Être artisan, c’est aussi (et peut-être surtout) être un entrepreneur : c’est-à-dire avoir l’esprit d’initiative, fourmiller d’idées, innover… Et la preuve que les artisans français sont particulièrement dynamiques en la matière : ce secteur est celui qui regroupe le plus grand nombre d’entreprises en France, affichant un chiffre d’affaires total à faire pâlir d’envie les plus grandes multinationales, à l’image de Coca-Cola, par exemple… 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, contre 27 milliards d’euros pour la firme de sodas… 13


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Qui sont les ArtisAns ?

Encore mieux, les artisans sont des « bâtisseurs » : il se crée chaque année plus de 100 000 nouvelles entreprises dans le secteur. Toujours à l’échelle humaine : dans l’artisanat, pas de sociétés immenses où le patron ne connaît pas le dixième de ses employés. Quelque 98 % des structures artisanales comptent moins de dix salariés, et la moitié d’entre elles comptent une ou deux personnes. Chaque employé est alors complètement associé à la réussite de l’entreprise.

1 069 000 entreprises artisanales au 1er janvier 2011

Être à son compte, c’est ce qui a motivé Arnaud Delmontel, boulanger-pâtissier à Paris, depuis son adolescence : « Dès que j’ai commencé mes premiers stages en BEP cuisine, j’ai su que je voulais être mon propre patron, se souvient-il. Je voulais être libre. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis dirigé vers la pâtisserie. Lors d’une saison à Courchevel, il manquait un pâtissier dans le restaurant où je travaillais. J’ai réalisé qu’être formé dans cette spécialité pouvait être un atout pour ouvrir mon entreprise. Ce qui était important pour moi, c’était le sentiment de liberté, à la fois dans l’organisation de la journée et dans la création. Et on est directement confronté aux clients, on sait ce qu’ils pensent de notre travail, on est en première ligne pour les compliments… et les critiques ! En-

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fin, le travail est très varié : non seulement je fais du pain et des gâteaux, mais je peux me charger aussi de la plonge, de la livraison chez les clients, de la comptabilité ou du marketing. »

un savoir-faire qui s’exporte Particularité des entreprises artisanales françaises : elles savent séduire également au-delà des frontières puisque 36 000 d’entre elles exportent à l’étranger. Ce qui correspond à 30 % environ des exportateurs français ! Le secret de ces 36 000 entreprises artisanales exportatrices ? Un savoir-faire rare, la propension à fabriquer des pièces uniques et une excellence fortement auréolée de la « marque France ». Des spécificités recherchées dans le monde entier ! Benoît Eyraud est artisan dans la fabrication et le façonnage d’articles en verre. VS Technologies, sa société, est le plus important atelier de souf15


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Qui sont les ArtisAns ?

témoignage Arnaud Delmontel, boulanger-pâtissier à Paris Après la 3e, Arnaud Delmontel hésite entre l’ébénisterie et la cuisine… Il opte pour la seconde voie, et ne regrettera jamais son choix. Après un BEP cuisine, il se spécialise avec un CAP pâtisserie. Il découvre les ficelles du métier dans les grandes maisons : La Mère Blanc (Vonnas), La Marée (Paris), l’Hôtel des Neiges (Courchevel), La Maison du Chocolat (Paris). Il se perfectionne auprès des meilleurs, tels que Rollet Pradier (Paris) et Gérard Mulot (Paris)… Il devient même pâtissier du Premier ministre, puis supervise une brigade aux États-Unis, dans le Wisconsin. À son retour en France en 1999, il se met à son compte, rachète une boulangerie-pâtisserie et démarre avec deux salariés. Il possède aujourd’hui trois boutiques dans Paris et compte quarante-cinq employés. Il a reçu en 2010 le prix Stars et Métiers de la stratégie globale d’innovation.

flage de verre en France, avec huit souffleurs. Un atelier particulièrement reconnu à l’étranger.Près de 50 % de son chiffre d’affaires provient des exportations. VS Technologies vient d’ailleurs d’effectuer la réalisation et l’installation de tout l’appareillage verrier du laboratoire de chimie de l’université du roi Abdallah en Arabie saoudite. Logiquement, ce sont les secteurs du luxe et de l’innovation technologique qui rayonnent le plus à l’étranger. Mais sont également concernés l’alimentation et l’alimentaire biologique, la sous-traitance industrielle et mécanique, le nautisme et l’équipement pour la plaisance, la filière équine, la cosmétique et les produits de bien-être, les prothèses dentaires. 50 000 emplois dans le secteur artisanal sont directement liés aux exportations. Un chiffre qui devrait encore augmenter avec la reconnaissance croissante du savoir-faire français et l’émergence 16


d’une nouvelle clientèle aisée en Asie et en Amérique du Sud. De quoi séduire les jeunes qui rêvent d’une carrière internationale. Caroline Schmitt, 22 ans, est de ceux-là. Passionnée par la coiffure depuis le début de son adolescence, elle a obtenu son CAP, son brevet professionnel puis son brevet de maîtrise haut la main. Mais elle est aussi championne de France, d’Europe et du monde de la coiffure… et lauréate des olympiades des métiers 2011. Un palmarès exceptionnel qui a tapé dans l’œil de plusieurs professionnels, y compris au-delà des frontières françaises. Depuis quelques semaines, elle s’est expatriée à Winchester (royaume-Uni), chez un autre Français expatrié, Guillaume Vappereau, propriétaire d’un salon haut de gamme. « J’avais envie de découvrir une nouvelle culture, une nouvelle langue… et d’autres techniques professionnelles », explique-t-elle.

50 000 emplois dans le secteur artisanal sont directement liés aux exportations

Les artisans : L’export en Ligne de mire 36 000 entreprises artisanales exportent chaque année, soit 30 % du total des entreprises françaises. Pas moins de 66 % des entreprises artisanales exportatrices détiennent un savoir-faire rare et délivrent des prestations sur mesure. 17


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comment devient-on artisan, un choix par envie, pas par défaut « L’artisanat en général – et l’apprentissage en particulier – est tout sauf une voie de garage ! » Ce cri du cœur vient de Freddy Babin, l’un des deux frères patrons à La rochelle,d’Ernest le Glacier (prix Stars et Métiers 2012 de la dynamique commerciale et coup de cœur des jeunes). Mais tous les professionnels du secteur insistent en chœur sur ce point.« Ce sont des métiers passion », confirme Arnaud Delmontel, boulanger-pâtissier, propriétaire de trois boutiques à Paris. « Trop de jeunes qui sont en échec scolaire se retrouvent dans le secteur par hasard, poursuit Freddy Babin. La tendance est en train de changer, il faut le faire savoir. De plus en plus de diplômés décident de rejoindre l’artisanat. Et nous voyons cela d’un très bon œil.Ce sont également eux, nos repreneurs de demain. » Déjà diplômé de l’enseignement supérieur ou tout juste sorti de 3e, habité d’une envie d’études longues ou d’entrer rapidement sur le marché du travail… il y en a pour tous les goûts ! Au total, pas moins de 600 formations allant du CAP au diplôme d’ingénieur en passant par le brevet professionnel, le bac professionnel, le brevet de maîtrise, le BTS, le DUT ou encore la licence professionnelle. 18


ArtisAn ? Parfois, la passion naît très tôt. C’est le cas de celle de Jean-Christophe Mathis avec la marqueterie : « Ça a été une évidence, j’ai été bercé par la marqueterie. L’une des plus grandes stars de la discipline habite à deux villages de chez moi. » Et tout son parcours a été scrupuleusement établi pour qu’il parvienne à ses fins. « La marqueterie n’est pas très répandue, trouver un maître d’apprentissage se révèle souvent très difficile. Alors j’ai préféré commencer par un CAP d’ébénisterie en apprentissage pour ensuite convaincre mon patron de me garder pour un CAP de marqueterie. C’était tactique ! Et c’est ce que j’ai réussi à faire. » Pour Luc Villa Verde, le coup de foudre a été plus tardif. Il avait déjà obtenu son bac ES, avait validé une année de DUGEAD (diplôme universitaire de gestion et d’économie appliquée à Dauphine) et était en plein DUT gestion logistique et transport. Puis est arrivé le jour où l’un de ses amis lui a annoncé qu’il se réorientait dans l’horlogerie. « Quand il m’a expliqué ce qu’il faisait, je me suis immédiatement dit “c’est pour moi !”, se souvient-il aujourd’hui. Cela faisait cinq ans que j’allais au CIo pour trouver ma voie… Mais comme j’étais bon élève, on ne m’orientait que vers les prépas ou Dauphine. » Finalement, Luc a décidé d’aller au bout de son DUT, avant de se lancer : « J’ai suivi un FDD (formation diplômante 19


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comment devient-on ArtisAn ?

témoignage Max Vauché, chocolatier à Bracieux, dans le Loir-et-Cher À l’origine jeune apprenti pâtissier, Max Vauché se retrouve en stage chez un maître chocolatier suisse. Quelques décennies plus tard, pour attirer les touristes gourmands, il imagine « Tout l’univers du chocolat », un espace entièrement dédié au chocolat, à la fois un lieu de production et de pédagogie. Tout commence par une plongée au cœur des îles de São Tomé et Principe (où Max Vauché a monté une coopérative), 80 mètres carrés plantés de cacaoyers avec des planteurs fifictifs ctifs en pleine action. Les visiteurs découvrent ainsi les seize manipulations que subit la fève de cacao avant de se transformer en bon chocolat… Avant une petite dégustation ! Max Vauché a reçu le prix Stars et Métiers de la stratégie globale d’innovation en 2008.

dérogatoire) à rennes, explique-t-il, c’est-à-dire un CAP horloger en un an, suivi d’un BMA horloger en un an également qui s’adressait à des personnes déjà diplômées, en réorientation. Aujourd’hui, je suis en DMA horloger, en filière classique. Et j’adore ce que je fais ! L’horlogerie, c’est être à la fois créatif, scientifique et mécanicien. » L’artisanat, un secteur qui commence à faire rêver les jeunes L’artisanat est synonyme d’aspirations, d’indépendance ou encore d’autonomie. nombreux sont les jeunes qui rêvent de devenir stylistes,décorateurs, photographes ou chocolatiers-confiseurs.

L’apprentissage ? un passeport pour L’entreprise ! Il n’existe aujourd’hui pas moins de 600 diplômes et de titres de l’artisanat qui vous permettront d’accéder à l’apprentissage : du CAP au diplôme d’ingénieur en passant par le brevet professionnel, le bac pro et le BTS. Il y en a forcément un 20


qui correspond à votre projet ! Les chambres de métiers et de l’artisanat sont là pour vous accompagner dans vos choix. Les universités régionales des métiers de l’artisanat facilitent la création de passerelles entre les diplômes et les titres pour permettre à chacun de construire son parcours.

artisan, un métier de proximité accessibLe partout L’artisan est un acteur de la vie locale,présent sur tout le territoire. Par son activité, il joue un rôle essentiel dans le dynamisme de l’économie, de l’emploi et dans le développement local. Aujourd’hui, 28 % des artisans exercent dans les grandes villes de plus de 200 000 habitants, 41 % dans les agglomérations moyennes de moins de 200 000 habitants et 31 % en zone rurale. non seulement l’artisanat joue un rôle décisif dans l’animation des centres-villes et de leur périphérie, mais il revitalise les bourgs et villages : en zones rurales,le secteur emploie dix fois plus de salariés que les exploitations agricoles. Et il contribue à la renommée des lieux. C’est ainsi que le chocolatier Max Vauché (qui a ouvert, à côté de son atelier, un musée du Chocolat) attire chaque année plus de 20 000 visiteurs dans sa petite commune de Bracieux, qui comprend… 1 300 habitants seulement.

70 % des artisans exercent en dehors des grandes villes 21


les artisans " activités et métiers

l’ArtisAnAt en constA

des métiers qui évoLuent avec La société « Pour vous, l’artisanat invente chaque jour » : un slogan publicitaire… mais également la réalité quotidienne des 3 millions de personnes qui travaillent dans une entreprise artisanale. Confrontés tous les jours à leur clientèle – et à la concurrence, y compris internationale –, ils ont à cœur de proposer des prestations personnalisées et adaptées. Et doivent donc constamment innover pour assouvir les désirs des clients, et amélio22


nte évolution rer leur productivité. Mais attention, qui dit entreprises artisanales compétitives ne dit absolument pas abandon des savoir-faire traditionnels. Au contraire ! « Chez nous, l’innovation se fait dans la continuité », confirme François Moutot, directeur général de l’APCMA (Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat). « Il ne s’agit pas d’innovation de rupture, mais seulement de coller au mieux à la demande du marché en adaptant nos produits ou nos façons de produire. on peut concevoir une charpente de style XVIIIe en utilisant la PAo ! » L’artisanat sait aussi être à l’avant-garde des évolutions de la société. C’est par exemple en partie grâce à des professionnels du secteur que toutes les avancées en faveur du développement durable ont été possibles : les métiers liés à l’écoconstruction et à l’isolation (isolation des murs pour une construction écologique aussi appelée « construction monomur », techniques d’isolation avec des matériaux naturels, installations d’équipements géothermiques…), les technologies propres (systèmes de surveillance des pollutions et des nuisances sonores, systèmes de régulation thermique, conception et installation

L’artisanat, c’est 21 pôles d’innovation

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l’ArtisAnAt en constAnte évolution

de clôtures végétales) ou le retraitement des déchets, notamment. Pour permettre aux artisans d’évoluer toujours davantage – et mieux –, des « pôles d’innovation » ont vu le jour. Ils sont au nombre de vingt et un. Véritables centres d’expertise et de recherche appliquée aux différents métiers de l’artisanat, ils peuvent être adossés à un secteur d’activité (le bâtiment, l’alimentation…) ou à une technologie (la découpe, le soudage des matériaux…). Leur

témoignage Stéphane Abed, chercheur et chef d’entreprise, dans l’Essonne À l’origine, Stéphane Abed est un chercheur, doctorant en matériaux. À partir de 2003, il travaille à l’institut allemand de recherche Fraunhofer ILT. Il y est chargé du développement d’un procédé de fabrication innovant : la fusion au laser. Quatre ans plus tard, avec le soutien de l’institut allemand, il crée une société, Poly-Shape, exploitant cette technologie. Aujourd’hui, il emploie neuf salariés et dispose d’un portefeuille d’une centaine de clients, parmi lesquels Dassault Aviation, EADS, ou encore des industries de formule 1. Son chiffre d’affaires a augmenté de 44 % en deux ans et ses exportations de 400 %. Il est le lauréat 2012 du prix Stars et Métiers, catégorie stratégie globale d’innovation. Il ne compte pas s’arrêter là : il investit chaque année 25 % des fonds propres de l’entreprise dans la R & D (recherche et développement).

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but : accompagner l’innovation technologique mais également la mise sur le marché de nouveaux produits. Dans l’immense majorité des cas (84 % !), les artisans de la production industrielle interviennent en qualité de « sous-traitant de spécialité » : des industriels font appel à eux pour développer des technologies très pointues et produire des pièces uniques, chose que les industriels en question ne sont pas capables de faire.

32 % des entreprises artisanales embauchent dès le démarrage de l’activité

C’est le cas de Stéphane Abed et de son entreprise Poly-Shape (basée à Saint-Pierre-du-Perray dans l’Essonne). C’est l’une des trois seules entreprises au monde à maîtriser une technologie particulièrement innovante : les « procédés additifs par fusion laser ». Eh oui ! on parle toujours d’artisanat…

Parfois, l’innovation va même au-delà du cœur du métier. C’est le cas chez les frères Babin, nicolas et Freddy, dirigeants d’Ernest le Glacier, à La rochelle. Après avoir décidé de remettre au goût du jour les esquimaux glacés, ils se sont mis en quête d’un nouveau moyen pour les vendre. « Ce 25


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l’ArtisAnAt en constAnte évolution

n’est pas un produit pour les boutiques, estime Freddy. Même si nous en avons vendu 15 000 la première année, ils ont trop de concurrence face aux soixante-dix parfums en bac. Le problème, c’est que le vendre au-dehors est compliqué parce que nous avons la contrainte du froid : –18 °C. nous avons alors eu l’idée d’un véhicule de petite taille, propre (tous nos véhicules sont propres, c’est une cause qui nous tient à cœur), qui crée du froid… » Pendant un an, les deux frères se sont renseignés dans toute l’Europe, ont reçu quelques propositions, mais rien n’a retenu leur attention… Las de ne pas trouver leur bonheur, ils ont décidé de le créer de toutes pièces. Ils ont rédigé un cahier des charges et monté une équipe de sept personnes (un designer, des carrossiers, des spécialistes en batterie, des spécialistes du froid…). « Un an plus tard, deux prototypes de véhicule étaient prêts à être testés. Et l’été prochain, quatre prototypes seront en

430 000 emplois créés depuis sept ans, soit 25 % du total des emplois créés en France dans la même période 26


test commercial. nous l’avons baptisé le “triporteur du glacier de demain”. Et nous avons déjà des demandes… »

des secteurs en recrutement étant donné le dynamisme du secteur et la diversité des métiers, faire le choix de l’artisanat, c’est aussi s’assurer d’emprunter une voie porteuse d’emploi. Qu’il s’agisse des métiers de l’alimentation, du bâtiment, de la fabrication ou des services, tous sont en recrutement quasi constant. C’est le cas en particulier des industries de l’aéronautique ou de l’automobile (qui ont besoin de pièces d’une grande complexité), de l’écoconstruction et de l’isolation dans le bâtiment. 27


sommAire pArtie 2 l’ApprentissAge : une voie de réussite

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une université pour les ArtisAns

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s’orienter, s’informer

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Se former à l’artisanat Le cœur de l’artisanat ? Des métiers, des valeurs, des savoirfaire techniques. Alors forcément, devenir artisan ne s’invente pas, cela s’apprend dans l’entreprise. Se former à l’artisanat implique un mouvement perpétuel entre la main et la pensée. Même si les métiers sont le plus souvent manuels, il n’y a pas de réalisation sans phase préalable de conception. Quant au développement d’une entreprise, il nécessite de maîtriser des connaissances en gestion, en marketing, en GrH… qui vont bien au-delà des savoir-faire techniques. Pour cela, il existe une voie royale, celle de l’apprentissage, qui permet de partager son temps entre la réalité de l’entreprise et l’acquisition de savoirs théoriques, c’est une véritable formation dans l’action ! À n’importe quel âge, quel que soit votre diplôme, vous pouvez décider de rejoindre le secteur des métiers de l’artisanat. 29


, , Se former a l artisanat

l’ApprentissAge : une

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voie de réussite

voie scoLaire versus apprentissage Pour se former aux métiers de l’artisanat, il existe deux voies possibles : la voie scolaire (en lycée professionnel à temps plein, avec des stages) ou la voie professionnelle (en apprentissage). Elles mènent toutes les deux aux mêmes diplômes, mais les méthodes d’apprentissage sont différentes. D’abord confrontés à la réalité de l’entreprise, les apprentis complètent leur formation par un enseignement délivré dans les CFA (centres de formation d’apprentis). Selon les CFA et les diplômes, le rythme d’alternance varie. Par exemple, au centre de formation par l’alternance interprofessionnel Henry Giral (Chambre de métiers et de l’artisanat [CMA] de Lozère), il est le suivant : une semaine au CFA suivie de deux semaines en entreprise.Pour d’autres

100 000 emplois à pourvoir chaque année

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, , Se former a l artisanat

l’ApprentissAge : une voie de réussite

formations et dans d’autres établissements, le rythme est différent. Quelle que soit l’option choisie par votre CFA, vous suivrez au minimum 400 heures de cours par an (800 heures au moins pour un CAP en deux ans, 1 850 heures pour un bac professionnel en trois ans). En plus de l’enseignement en classe, l’apprenti peut découvrir concrètement son futur métier au contact de professionnels, guidé par son maître d’apprentissage (soit le chef de l’entreprise, soit un des salariés de l’entreprise), qui a à cœur de transmettre son savoir-faire. Cette formation en alternance est disponible dans tous les secteurs de l’artisanat. Et pour tous les niveaux d’études, depuis le CAP (accessible après la 3e) jusqu’à la licence professionnelle ou le master en passant par le brevet professionnel, le BTS ou le brevet de maîtrise.

80 % des apprentis qui ont obtenu leur diplôme sont embauchés à l’issue de leur formation

L’apprentissage est considéré comme la voie royale dans l’artisanat. D’ailleurs, les chiffres sont éloquents : selon une enquête publiée par la Dares (Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques) en 2010, un jeune passé par l’apprentissage a 80 % de chances 32


d’avoir un emploi trois ans après, 7 points de plus que ses camarades passés par la voie scolaire. Et effectivement, la grande majorité des futurs artisans emprunte cette voie, soit au total 200 000 apprentis chaque année. C’est également un cursus de formation qui favorise l’accès au statut de chef d’entreprise : actuellement, un chef d’entreprise artisanale sur deux est issu de l’apprentissage. Si vous avez entre 16 et 25 ans, vous aussi vous y avez droit, que vous sortiez de 3e ou que vous ayez déjà commencé des études supérieures. À en croire les apprentis, quel que soit le diplôme préparé, le principe de l’alternance est un compromis idéal pour les métiers de l’artisanat, où la connaissance concrète de la réalité du métier est tellement importante. Les patrons potentiels, eux, sont unanimes. Parmi ceux-ci, olivier de Blomac, patron de l’entreprise Maciejowski Services (fourniture, pose et entretien de systèmes thermiques et sanitaires), basée à Limoges et lauréate 2011 du prix Stars et Métiers dans la catégorie dynamique de gestion des ressources humaines : « Mes maîtres d’apprentissage m’ont inculqué des valeurs essentielles : la qualité d’un ouvrage, le respect des clients. Ce sont les clés de la réussite de l’entreprise et de sa pérennité. Créer et inculquer un esprit d’équipe et d’entreprise est un investis33


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l’ApprentissAge : une voie de réussite

95 % des artisans considèrent que l’apprentissage est le meilleur moyen d’apprendre un métier sement sur le long terme, mais comme il est valorisant de voir un jeune s’émanciper dans son métier et d’avoir contribué à le voir embrasser durablement une carrière professionnelle ! » Depuis 1996, il a accueilli trente-cinq apprentis, dont la plupart travaillent aujourd’hui à ses côtés. Au-delà d’une formation scolaire, les apprentis disposent d’un accompagnement complet dans leur vie quotidienne. Logement, restauration, permis de conduire, sport, matériel informatique, etc., les CFA et les CMA (chambres de métiers et de l’artisanat) ont à cœur de les soutenir dans tous les aspects de leur existence. Vous pouvez contacter le numéro Indigo des chambres de métiers et de l’artisanat : 0 825 36 36 36. Au CFA des 13 Vents (CMA de Corrèze), explique Frédéric Aubreton, son directeur, « le projet d’établissement est structuré autour de trois axes : l’estime de soi, le vivre ensemble et l’ouverture sur la société ». Ainsi, le CFA propose à ses apprentis de nombreuses activités qui complètent leur formation aux métiers de l’artisanat et favorisent leur autonomie. « Pour améliorer le niveau d’anglais de nos apprentis, nous utilisons par exemple la “radio” de l’établissement. Tous les jours, un élève dit un bulletin d’une minute trente à deux minutes en anglais. » 34


Les apprentis peuvent compter sur le soutien d’une « cellule d’écoute », composée d’éducateurs qui les accompagnent au quotidien dans la résolution de leurs problèmes (problèmes comportementaux, soucis dans leur vie personnelle ou professionnelle). Sachez qu’en vous lançant dans l’apprentissage, vous faites un premier pas dans la vie active. Comme tout travailleur, l’apprenti signe un contrat de travail et perçoit un salaire. C’est la loi qui fixe un pourcentage du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), en fonction de l’âge et de l’année de votre contrat (voir page suivante). Un apprenti bénéficie également des congés payés comme les autres employés (deux jours et demi par mois travaillé), ainsi qu’un congé spécial pour réviser son examen, dans le mois qui précède les épreuves. Mais même si l’apprenti a officiellement un statut de salarié, il continue à être assimilé à un étudiant. En effet, depuis janvier 2006, les jeunes en apprentissage ont droit à la « carte d’étudiant des métiers ». En plus, depuis la rentrée 2011, tout comme les étudiants de l’enseignement supérieur, ils bénéficient de réductions dans les cinémas et autres lieux culturels, ils ont accès aux restaurants et aux résidences universitaires, ainsi qu’aux services proposés sur les campus. 35


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l’ApprentissAge : une voie de réussite

contrat d’apprentissage AnnéE

TrAnCHE D’âGE

réMUnérATIon*

1re année 1re année 1re année

16 à 17 ans 18 à 20 ans + de 21 ans

25 % du SMIC 41 % du SMIC 53 % du SMIC

2e année 2e année 2e année

16 à 17 ans 18 à 20 ans + de 21 ans

37 % du SMIC 49 % du SMIC 61 % du SMIC

3e année 3e année 3e année

16 à 17 ans 18 à 20 ans + de 21 ans

53 % du SMIC 65 % du SMIC 78 % du SMIC

* Ce sont des minimums : votre employeur peut toujours se montrer plus généreux. Certaines conventions collectives – celles de la coiffure et du bâtiment, notamment – prévoient une rémunération plus élevée. 36


La voie roYaLe vers L’empLoi Choisir l’apprentissage,c’est s’engager sur une voie royale vers l’emploi. En effet, sur les 200 000 apprentis formés chaque année aux métiers de l’artisanat,80 % sont embauchés à l’issue de leur apprentissage, souvent par l’entreprise qui les a formés. Giovanna Piazza a commencé par un CAP esthétique « traditionnel », dans un lycée professionnel. « Quand je suis arrivée sur le marché du travail,partout,on réclamait de l’expérience, or je n’en avais quasiment aucune. J’ai donc continué mes études, mais en alternance cette fois ! Je suis certaine que les portes s’ouvriront beaucoup plus facilement.» « Quand on forme un apprenti,le but,c’est, après sa formation, de pouvoir l’embaucher. C’est le cas extrêmement souvent », assure Sébastien Mariojouls, patron de la carrosserie Mariojouls à Castres, qui a reçu le prix Stars et Métiers 2012 dans la catégorie ressources humaines.

Les opticienslunetiers affichent un salaire brut moyen de 93 000 euros par an

Encore mieux, l’artisanat est l’un des rares secteurs à faire fonctionner l’ascenseur social : en quelques années, les jeunes peuvent passer du statut d’apprenti à celui de chef d’entreprise. Actuellement, un patron d’entreprise artisanale sur deux est passé par l’apprentissage.

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une université pour

Choisir l’artisanat, c’est s’engager dans un projet de vie. Pour réussir à atteindre les objectifs fixés, il faut un parcours cohérent et adapté. Parce que tous les artisans n’ont pas forcément le même passé scolaire ni les mêmes envies, il existe tout un éventail de formations, depuis le CAP jusqu’aux diplômes de l’enseignement supérieur.

une urma par région Pour former au mieux les artisans de demain, et pour permettre à chacun de trouver le parcours de formation qui lui convient, l’APCMA (Assem38


les ArtisAns blée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat) a créé en 2009 les UrMA (universités régionales des métiers de l’artisanat).

des formations ouvertes à tous et pour tous ! Ces UrMA proposent toute une palette de formations en partenariat avec le CnAM, les IUT et les universités, qu’il s’agisse de diplômes du ministère de l’éducation nationale (comme le CAP, le bac pro ou le BTS), mais aussi des titres de l’artisanat reconnus par le secteur (le brevet de maîtrise, notamment, ou le titre d’entrepreneur de la petite entreprise), ou encore des CQP (certificats de qualification professionnelle) proposés par les différentes branches (CQP d’enduiseur façadier, CQP de monteur de plafonds suspendus ou encore CQP de préparateur en démolition, entre autres, dans la branche du bâtiment). Avec la volonté de créer des passerelles entre les diplômes et les titres, pour que les artisans puissent évoluer et construire leur propre trajectoire professionnelle à leur rythme. Et surtout, l’offre s’étend depuis le niveau V – c’est-à-dire accessible juste après la 3e – jusqu’au niveau I – c’est-à-dire les masters 2 et les diplômes d’école d’ingénieurs.

600, c’est le nombre de diplômes formant aux métiers de l’artisanat en France

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une université pour les ArtisAns

CAP certificat d’aptitude professionnelle CTM certificat technique des métiers MC mention complémentaire BM brevet de maîtrise BMA brevet des métiers d’art BTM brevet de technicien des métiers BP brevet professionnel DMA diplôme des métiers d’art

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BTS brevet de technicien supérieur BTS AA brevet de technicien supérieur en arts appliqués DUT diplôme universitaire de technologie DNAT diplôme national d’arts et techniques DNAP diplôme national d’arts appliqués DSAA diplôme supérieur d’arts appliqués DNSEP diplôme national supérieur d’expression plastique TEPE titre entrepreneur de la petite entreprise ADEA assistant(e) de dirigeant(e) de l’entreprise artisanale BGEA brevet de gestion de l’entreprise artisanale


à chaque niveau d’études, sa quaLification Manuel Briard a suivi un cursus complet dans l’ébénisterie. « En CAP, on apprend les bases du métier, on a des cours de dessin (technique et d’art), de l’étude des styles, de la technologie, de la commercialisation… En BTM (en deux ans), on apprend à la fois dans le domaine de la pratique et stylistique, mais également dans celui de la gestion d’entreprise. Le diplôme que je suis actuellement est une autre approche du métier avec l’utilisation de l’informatique et de logiciels spécialisés pour le dessin, la modélisation 3 D et le pilotage de machines. Cette formation permet également d’approfondir ses connaissances en design et dans les différents matériaux provenant d’autres secteurs que le mobilier et l’agencement. »

Il existe 112 CFA (centres de formation d’apprentis ) des chambres de métiers et de l’artisanat (www.artisanat.fr)

Même si le parcours « classique » (apprentissage à partir de 16 ans – ou 15 ans grâce au DIMA (dispositif d’initiation aux métiers en alternance) reste majoritaire, arrivent de plus en plus dans le secteur de nouveaux profils : des diplômés de l’enseignement supérieur qui se rendent compte que c’est dans l’artisanat qu’ils vont pouvoir s’épanouir. C’est ainsi qu’en moyenne 15 % des créateurs-repreneurs

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d’entreprise artisanale sont diplômés de l’enseignement supérieur. Une proportion qui peut atteindre 25 % dans l’« artisanat fabrication » et même 41 % dans l’« artisanat services ». Une nouvelle population accueillie à bras ouverts par les artisans déjà en place : « Ce sont eux nos repreneurs de demain, assure Freddy Babin. Tous les ans, nous prenons un ou deux alternants. nous essayons à chaque fois de trouver des jeunes ayant fait un bac général. non seulement cela prouve qu’ils ont un vrai attrait pour ces métiers, qu’ils ne sont pas là par hasard mais, en plus, ils ont souvent acquis un bagage culturel et une solidité intéressants. »

15 % des créateursrepreneurs d’entreprise artisanale sont diplômés de l’enseignement supérieur

La licence professionnelle mention management des organisations (spécialité entrepreneuriat des métiers et de l’artisanat) est quant à elle la conséquence d’un besoin croissant des entreprises d’embaucher de jeunes diplômés du supérieur. Elle a vu le jour à l’université de Montpellier à la rentrée 2010. Les objectifs de cette licence ? Donner à des futurs chefs d’entreprise artisanale les compétences indispensables pour réussir : l’entrepreneuriat, la gestion d’entreprise et le management technique et humain.

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Pour cela, les étudiants suivent une formation en alternance. En cours, ils étudient des matières variées, telles que « méthodologie de création et de développement d’entreprise », « création et innovation », « analyse comptable et financière », « management et ressources humaines »,« droit de l’entreprise », ou encore « anglais entrepreneurial ». Pour avoir accès à cette licence, il faut avoir obtenu un diplôme de niveau bac + 2 au minimum, ou justifier d’une expérience professionnelle équivalente. Hélène noël a fait partie de la première promotion de diplômés.Déjà titulaire d’un BTS négociation et relation client, elle a trouvé un vrai bénéfice à cette année de formation : « Il y a un réel lien avec les métiers de l’artisanat, assure-t-elle. nous avons pu travailler avec la chambre de métiers et de l’artisanat, en accompagnant des entrepreneurs dans leur projet d’extension de leur activité. C’est une formation concrète, avec des intervenants professionnels proches de la réalité. Par exemple, notre professeur de comptabilité était un dirigeant d’entreprise, notre professeure de droit une avocate. » Parallèlement, on invite les étudiants à passer une validation des acquis de l’expérience pour qu’ils connaissent également les rudiments des métiers exercés dans l’entreprise qui va les accueillir ou qu’ils vont créer. 43


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l’ApprentissAge : une voie de réussite

Les apprentis aussi ont Leur erasmus L’étranger vous attire ? Grâce à votre formation dans l’artisanat, vous pourrez tenter l’expérience sous deux formes. • Soit vous effectuez une partie de votre formation à l’étranger (dans un pays de l’Union européenne) grâce à une bourse Leonardo da Vinci. Votre centre de formation d’apprentis (avec l’accord de votre entreprise) vous propose un séjour (qui aura lieu en centre de formation et/ou en entreprise) d’une durée pouvant varier de quelques jours à quelques semaines. Pour en savoir plus : www.apprentieneurope.fr. 44


• Soit, une fois diplômé, vous souhaitez vous perfectionner par une expérience dans une entreprise européenne. n’hésitez pas alors à faire appel aux chambres de métiers et de l’artisanat qui peuvent vous parrainer et vous proposer des placements en entreprise, pour une durée de trois mois à un an dans le cadre du projet Sesam (Stages européens en alternance dans les métiers). Doris est aujourd’hui en BTM pâtisserie et affiche déjà un CV international. Elle a commencé par une immersion courte : « Je suis partie trois semaines en Allemagne, dans une entreprise locale. Ça a été un peu un choc sur le coup, notamment à cause de la barrière linguistique. Mais on se débrouille très bien ! Et finalement, on s’y fait très rapidement. » Au point que, de retour en France, lorsqu’on lui a proposé cette fois un séjour de six mois dans la même entreprise, elle n’a pas hésité ! « Ce sont des expériences incroyables. J’ai beaucoup appris. Paris est réputé pour sa pâtisserie fine, mais les Allemands m’ont beaucoup apporté, en décoration notamment. Ils sont très forts en finition avec les cornets et avec la pâte d’amandes. Depuis que je suis revenue d’Allemagne, mon patron français s’est mis à faire de plus en plus de pâtisseries allemandes ! Ces expériences m’ont fait beaucoup de bien, elles m’ont enrichie. » 45


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s’orienter, s’informe Pas toujours facile de s’orienter et de s’informer correctement, surtout lorsqu’on a tout juste 16 ans, et aucun professionnel de l’artisanat dans son entourage. Heureusement, un certain nombre de services – et de personnes – peuvent vous venir en aide.

Les centres d’aide à La décision des chambres de métiers et de L’artisanat Premier réflexe à avoir si l’artisanat vous intéresse : aller faire un tour à la chambre de métiers et de l’artisanat de votre département. Et plus particulièrement au CAD, le centre d’aide à la décision. C’est le point d’accueil pour les jeunes. Il les aide à s’orienter, les informe sur les métiers, les diplômes et les contrats. Catherine Couet est en charge du centre d’aide à la décision de la CMA d’Indre-et-Loire. Elle détaille ses actions : « nous faisons beaucoup de promotion au collège, nous sommes présents sur presque tous les forums. Et bien sûr, nous accueillons les jeunes qui le souhaitent dans nos locaux. Au total, ils sont environ 3 500 jeunes par an à venir assister à l’une de nos deux permanences hebdomadaires. » Dans un premier temps, les nouveaux venus 46


er (jeunes et accompagnateurs) sont invités à assister à une réunion publique d’une heure sur le thème de l’apprentissage. « notre but n’est pas de faire du chiffre, poursuit Catherine Couet mais qu’à la fin de cette réunion, le jeune se soit posé la question de savoir s’il était prêt pour faire de l’apprentissage. nous leur expliquons notre rôle d’interface entre les jeunes qui veulent partir en apprentissage et les entreprises. Ensuite, nous leur détaillons ce qu’est le contrat d’apprentissage : leurs engagements, les diplômes préparés, la rémunération, la période d’essai, l’éventuelle rupture… nous leur expliquons comment remplir le dossier d’apprentissage et nous leur donnons des conseils (qui vont de la présentation physique à l’entretien de recrutement) pour démarcher les entreprises. Après cette première réunion, s’ils ont toujours envie de continuer dans la voie de l’apprentissage, nos conseillers les reçoivent alors pour un entretien individuel. Il s’agit de valider leur projet professionnel, en vérifiant s’ils ont déjà fait au moins un stage dans une entreprise du secteur ou s’ils se sont correctement renseignés. Une fois cela validé, on leur propose des offres d’apprentissage. » Ces offres existent grâce au travail quotidien des développeurs d’apprentissage. En effet, le réseau des CMA est mobilisé au quotidien auprès des entreprises artisanales pour veiller à ce que l’offre réponde au mieux à la demande. 47


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s’orienter, s’informer

« viz ton job » Pour les plus geeks, sachez que vous pouvez obtenir, grâce à votre smartphone, toutes les informations dont vous avez besoin sur les métiers de l’artisanat. Pour cela, il vous suffit de télécharger l’application gratuite « Viz ton job ». C’est le CTAI de Colmar – Centre technique d’application et d’innovation de l’artisanat de Colmar (un pôle d’innovation de l’artisanat dans les nouvelles technologies et le multimédia) – qui en est à l’origine. L’objectif ? Aider les jeunes de 3e et leurs parents démunis devant une tonne de documentation alors qu’ils auraient besoin de concret… « Viz ton job » permet de découvrir 80 métiers : pour chaque métier, une courte fiche précise les qualités requises et une vidéo donne la parole à un professionnel du secteur. Allez-y, pianotez, c’est pour votre avenir !

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