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‫ב"ה‬

CIA ER SPÉ I S S O D

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S N A 30

La Campagne de l’anniversaire juif Une initiative - privée à l’origine devient une coutume à adopter par tous

‫שלושים שנה‬ ‫למבצע יום הולדת‬


EN SECRET

L

e jour de l’anniversaire est un moment de réflexion, de réjouissance et d’Action de grâces. Il est considéré comme un Roch Hachana personnel et on recense diverses coutumes associées à cette date particulière. Ce ne fut pas toujours le cas dans l’histoire du peuple juif. Nos Sages fournissent diverses références quant à la signification d’un anniversaire. L’inauguration du Michkane (le sanctuaire portatif du désert) fut reportée au mois de Nissan pour concorder avec l’anniversaire d’Its’hak (Isaac) notre Patriarche1 ; le mérite de l’anniversaire de Moché notre maître le 7 Adar, produisit le fabuleux «  Vena’hafo’h Hou », la victoire miraculeuse de l’histoire de Pourim2. Il y a plusieurs récits de grands Sages organisant un repas de fête en l’honneur d’un anniversaire important. De façon générale, l’idée que le Mazal d’une personne est particulièrement fort lors de son anniversaire provient du Talmud de Jérusalem3. Néanmoins, le concept de célébrer un anniversaire chaque année et, surtout, de lui attribuer une si grande importance, était pratiquement inconnu dans l’Histoire juive. La ‘Hassidout révéla une toute nouvelle dimension de l’anniversaire4: « Le Baal Chem Tov observait le jour de ‘Haï Elloul (18 Elloul) comme un jour de joie avec un repas de fête spécial, avec certains de ses disciples5. Bien que tous les Rabbis de ‘Habad

aient célébré d’une manière ou d’une autre leurs anniversaires, c’était toujours dans un cercle restreint, intime et connu de seulement quelques personnes. Le Rabbi Rachab récitait un Maamar (discours ‘hassidique) chaque année pour son anniversaire, le 20 Mar’hechvan. Si cette date tombait un Chabbat, le Maamar était récité en public (puisque, souvent, le Rabbi prononçait un Maamar le Chabbat). Si cela tombait en semaine, le Maamar était récité en la seule présence du Rabbi précédent6. L’histoire suivante illustre la signification du jour de l’anniversaire et, surtout, à quel point ce concept était inconnu chez les ‘Hassidim : Une année, pendant la jeunesse du Rabbi précédent, le 12 Tamouz, il mentionna à son professeur, le Rachbatz, que c’était son anniversaire. Le Rachbatz répondit : « Depuis quand le jour de l’anniversaire est-il un jour particulier ? La Guemara7 déclare qu’il serait plus avantageux pour l’homme s’il n’avait pas été créé ! ». Le soir même, au dîner, le Rabbi précédent rapporta cet échange à son père, le Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab répondit : « Il (le Rachbatz) ne sait pas tout. Le jour de l’anniversaire est en effet un jour très spécial »8.

COUTUMES DE ‘HASSIDIM Dans les dernières années de la direction du Rabbi précédent, il révéla que les Rabbis de ‘Habad observaient leurs anniversaires et il encoura-

Le Rabbi célébrant son soixante-dixième anniversaire avec les ‘Hassidim, Youd Alef Nissan 5732 (1972)

gea les Hassidim à en faire de même. La première fois que l’idée de célébrer un anniversaire est devenu une instruction officielle pour les ‘Hassidim, ce fut lors de la publication du livret Hayom Yom par le Rabbi. Pour le jour de YoudAlef Nissan (11 Nissan, l’anniversaire du Rabbi – bien que ce fait soit inconnu du public à cette époque), il est stipulé: « Lors d’un anniversaire, il faut passer du temps à s’isoler. Il faudra alors se remémorer les expériences passées et y réfléchir profondément. Il faudra ensuite faire Techouva et réparer ceux (de ses actes commis) qui ont besoin de correction et de repentance ».

Le jour de Youd-Alef Nissan 5709 (1949), le dernier Youd-Alef Nissan avant la disparition du Rabbi précédent, il prononça une courte Si’ha, qui a été publiée dans le Kountrass Ma’amarim de Pessa’h 57099. Dès l’intronisation du Rabbi, il célébra Youd-Alef Nissan (et le 25 Adar - anniversaire de son épouse la regrettée Rabbanite ‘Haya Mouchka) comme un jour spécial, en se rendant au Ohel. En 5712 (1952), lors du cinquantième anniversaire du Rabbi, il récita un Maamar devant un groupe de Hassidim ; en 5722 (1962), lors du soixantième anniversaire du Rabbi, il organisa un Farbrenguen spécial.

À partir de 5731 (1971), le Rabbi organisa un Farbrenguen ou récita une Si’ha chaque année, en rapport avec Youd-Alef Nissan. Dès le début de la direction du Rabbi, il fut établi que les élèves de Yechiva seraient admis chaque année en Ye’hidout (entrevue privée) à l’occasion de leur anniversaire - contrairement aux générations précédentes, où les élèves de Yechiva méritaient rarement d’entrer en Ye’hidout10. La Ye’hidout de l’anniversaire était aussi prévue pour les Anach (hommes mariés) : de nombreuses coutumes de l’anniversaire furent révélées et clarifiées durant ces entre-

vues. Au fil du temps, il est devenu courant que les ‘Hassidim mentionnent leurs prochains anniversaires dans leurs lettres au Rabbi et le Rabbi répondait avec des bénédictions particulières et des instructions pour observer les coutumes de l’anniversaire. Il est intéressant de remarquer, que dans nombre de ces lettres, le Rabbi se réfère à ces observances comme « la coutume des Anach ces dernières années ». En voici les principales : intensifier l’étude de la Torah, donner davantage de Tsedaka, monter à la Torah le Chabbat précédant l’anniversaire - ainsi que le jour de l’anniversaire, le cas échéant. Ces coutumes s’appliquent


aux hommes et aux femmes11 et ont été publiées dans le Sefer Haminhagim12. Lorsque le Rav Berel Baumgarten entra en Ye’hidout pour son anniversaire durant l’été 5714, le Rabbi lui demanda s’il était monté à la Torah le Chabbat précédent. Lorsqu’il répondit par la négative, le Rabbi lui demanda : « Et pourquoi pas? Je pensais que tout le monde était au courant de ma demande [de le faire] ! » Dans les années suivantes, les ‘Hassidim passaient chez le Rabbi lors de la distribution des Dollars, le dimanche matin surtout, à l’occasion de leur anniversaire. En de telles occasions, ils recevaient un Dollar supplémentaire et une bénédiction pour une « Chnat Hatsla’ha », une année de réussite.

LA DATE EXACTE Etant donné que la célébration de l’anniversaire est un phénomène assez nouveau

LE PREMIER ANNIVERSAIRE D’UN ENFANT Lors du premier anniversaire d’un enfant, il est approprié que ses parents observent les coutumes de l’anniversaire au nom de l’enfant, en augmentant leur propre étude de la Torah et en donnant de la Tsedaka. Aussi, et surtout, ils doivent réfléchir au « grand mérite qui leur est accordé par D.ieu » en leur confiant une belle Nechama (âme), ainsi qu’à leur « obligation d’éduquer correctement leur enfant »13. Le Rav Alexandre Namdar raconte : Lors du premier anniversaire de son fils, peu de temps après son arrivée en Suède en Chli’hout, il mit un stylo dans la main de son fils et écrivit une lettre d’anniversaire au Rabbi. Il l’envoya au Rabbi avec une autre lettre contenant une question importante concernant leur Chli’hout. Le Rabbi répondit : « ’‫» מנהגי יום הולדת של בנם שיחי‬, « observez les coutumes de l’anniversaire pour votre fils ».

dans la tradition juive, beaucoup de gens ignoraient tout simplement la date exacte de leur anniversaire.

(qui est normalement effectuée le 8ème jour) car celleci avait été retardée à cause d’autres circonstances14.

Reb Avraham Dunin a’’h, entra en Ye’hidout pour son anniversaire. Dans le papier qu’il remit au Rabbi, il demanda une bénédiction pour son anniversaire, qui serait le 6 Mar’hechvan. Le Rabbi lut le papier et se posa la question à haute voix « Vav (6) ? Zayine (7) ? ».

Le Rav Its’hak Dov Lieberman de Kfar ‘Habad mérita sa première Ye’hidout pour son 19ème anniversaire, le 4 Mar’hechvan 5734 (1974).

Le Rabbi conclut la Ye’hidout avec une bénédiction. Alors qu’il quittait la pièce, le Rabbi regarda de nouveau le papier et répéta : « Vav ? Zayine ? ».

Une lettre du Rabbi à un élève de Yechiva en l’honneur de son anniversaire, datée du 15 Elloul 5710 (1950). Le Rabbi lui souhaite « de mériter que par lui, se réalise une partie de ce que mon beau-père voulut accomplir dans le monde ».

Reb Avraham fut intrigué par cela, puisque la différence entre les lettres Vav et Zayine était assez évidente dans le papier manuscrit qu’il avait remis au Rabbi. Il appela sa mère pour savoir l’heure exacte de sa naissance. À sa grande surprise, elle lui raconta qu’il était né le soir (pendant le crépuscule) entre Vav et Zayine Mar’hechvan. On ne pouvait pas déduire la date exacte de la naissance par rapport à sa circoncision

« Je me suis préparé pour la Ye’hidout au mieux de mes capacités. Dans ma note, j’ai demandé une bénédiction pour mon anniversaire le 4 Mar’hechvan, ainsi que d’autres requêtes. En lisant ma note, le Rabbi me demanda : ‘Quand est ton anniversaire ? ». J’étais choqué et, bien que je ne m’étais pas préparé à parler au Rabbi, j’ai réussi à répondre : 4 Mar’hechvan. «  Le Rabbi demanda à nouveau :  «  Quand est ton anniversaire ? ». Je me suis dit que j’avais peut-être répondu trop doucement la première fois, donc d’une voix plus forte je répondis  « 4 Mar’hechvan  », et le Rabbi demanda une troisième fois  : «  Es-tu sûr que ton anniversaire est le 4 Mar’hechvan ? ».

« Troublé, je répondis nerveusement par l’affirmative et même ajoutais que c’était le jour où j’avais célébré ma Bar-Mitsva. Le Rabbi haussa les épaules et se mit à me bénir à propos de mon anniversaire ». «  En sortant de la Ye’hidout, j’en parlais à mes amis, qui m’ont conseillé d’en parler avec le Rav Hodakov (secrétaire du Rabbi). En entendant mon histoire étrange, il s’énerva du fait que le Rabbi avait besoin de me poser la question tant de fois. « Après la première fois, tu aurais dû comprendre que tu avais besoin d’enquêter ! ». «  Après de nombreuses recherches, je finis par trouver mon certificat de naissance.

UN GÂTEAU D’ANNIVERSAIRE Le 15 Kislev 5747 (1987), sur le chemin du retour du Ohel, le Rabbi remarqua devant son chauffeur et secrétaire Rav Yehouda Krinsky que c’était son anniversaire. « Votre famille a-t-elle préparé un gâteau pour votre anniversaire ? », demanda le Rabbi. Le Rav Krinsky n’était pas sûr de ce qu’il devait répondre, et le Rabbi dit alors : « bon, tu peux encore le faire (ce n’est pas trop tard) ». «Cette nuit-là, je rentrais chez moi et partageais avec les membres de ma famille l’instruction du Rabbi. Nous préparâmes un gâteau et organisâmes un Farbrenguen ‘Hassidique».

Nous découvrîmes alors que la date de ma naissance était le 14 Mar’hechvan ! Mon père avait écrit nos dates d’anniversaires dans un cahier avec un crayon et, apparemment, la lettre « Youd » de ma date de naissance était petite et donc négligée. C’est la seule explication que je pus trouver de la source d’une telle erreur »15. Le Rabbi donna comme instruction à ceux qui sont nés à une date qui n’apparaît pas chaque année sur le calendrier (comme le 30 Mar’hechvan, le 30 Kislev ou le 30 Adar) – d’observer les coutumes le dernier jour du mois précédent et le premier jour du nouveau mois16.

POUR LE KLAL ISRAËL À la suite du départ de ce monde de la regrettée Rabbanite ‘Haya Mouchka le 22 Chevat 5748 (1988), le Rabbi pria en semaine à son domicile sur President Street, durant toute l’année de deuil. Le 25 Adar de cette année - qui marquait le 87ème anniversaire (de naissance) de son épouse la Rabbanite - quelques minutes après la fin de la prière de Cha’harit, le Rabbi descendit soudainement du deuxième étage et s’approcha de son pupitre pour prononcer une Si’ha. Cela constitua une surprise absolue pour tous les participants. Poursuivant sur le thème de "‫"והחי יתן אל לבו‬ (« le vivant prendra à cœur  »), que le Rabbi soulignait à chaque occasion depuis de départ de son épouse, il suggéra que, dans le cadre de l’anniversaire de la

Rabbanite ‘Haya Mouchka ‫ע"ה‬

Rabbanite, il était approprié de se concentrer sur les coutumes de l’anniversaire et de les partager avec le Klal Israël (l’ensemble du peuple juif). Le Rabbi ajouta que s’impliquer dans cette campagne « sera le plus grand mérite pour l’âme (de la Rabbanite) ». Le Rabbi procéda ensuite à l’introduction de deux nouveaux éléments dans l’observance de l’anniversaire : 1. Chacun devra organiser un Farbrenguen (une réunion ‘hassidique) en rapport avec son anniversaire. Il rassemblera ses amis et sa famille, et ensemble ils diront «  un vrai Le’haïm, un Le’haïm ‘hassidique  ». L’atmosphère joyeuse d’un Farbrenguen est propice pour prendre de nouvelles résolutions, en veillant à ce qu’elles soient significatives et durables. 2. Les parents observeront ces coutumes avec leurs jeunes enfants, en particulier en organisant des Farbrenguens et des fêtes pour leurs amis en rapport


avec leurs anniversaires, les encourageant ainsi à augmenter dans leur enthousiasme dans tous les domaines du judaïsme. Les enfants de leur côté, feront certainement un Chtourem (vacarme positif) auprès de leurs parents, afin qu’ils fassent de même pour leurs anniversaires respectifs, et surtout en ce qui concerne les bonnes résolutions17. Peu de temps après, une liste détaillée des « dix coutumes de l’anniversaire  », compilée à partir des Si’hot et des lettres du Rabbi, fut éditée par le Rabbi et publiée (voir notre article plus loin sur ces dix coutumes). C’est ainsi que la campagne de l’anniversaire est née. En distribuant les Dollars, le Rabbi rappelait aux enfants et aux adultes d’organiser une fête ou un Farbrenguen en l’honneur de leurs anniversaires. Durant ‘Hol Hamoèd Pessa’h de cette année-là, un encart publicitaire en Yiddish fut préparé pour le journal Algemeiner, invitant chacun à

Un encart publicitaire d’une page entière dans le New York Times, diffusant la campagne de l’anniversaire

anniversaire donnait réconfort et inspiration à de nombreuses personnes.

LE «RAFFINEMENT» FINAL Une bénédiction manuscrite du Rabbi pour un anniversaire, écrite en postscriptum d’une lettre, circa 5721 (1961) : ‫ ולמילוי משאלות לבבו לטובה בכה״ע [=בכל‬- ‫ בקשר עם יום הולדתו‬- ‫בברכת שנת הצלחה‬ .‫הענינים] שכותב‬

Pour chaque ‘Hassid, la campagne de l’anniversaire a une signification particulière, car elle a été initiée par le Rabbi pour l’élévation de l’âme et le

mérite de la Rabbanite a’’h. Le Rabbi expliqua la raison pour laquelle cette observance spéciale est devenue largement connue ces dernières années. En tant que dernière génération de l’exil, nous sommes chargés d’orchestrer les Birourim finaux (raffinements spirituels de la matérialité)21. En célébrant son anniversaire, on transforme un jour normal en un Yom

Tov, un jour de fête22. Les niveaux les plus bas de notre réalité sont élevés aux plus hauts niveaux de Bitoul, de soumission à D.ieu. Tout cela accélérera sûrement la phase finale de l’exil (qui est comparée à la grossesse23) et hâtera la délivrance complète (qui est comparée à la naissance d’Israël), puisse cela arriver très rapidement, Now24 !

« Avec une bénédiction d’avoir une année de réussite – en rapport avec son anniversaire – et que les demandes de son cœur puissent se réaliser en bien, dans tous les sujets sur lesquels il écrivit ».

marquer son anniversaire avec l’importance que cela mérite. Le titre de l’article était : « Ne manquez pas d’observer le jour le plus important de votre vie ! ». Le Rabbi approuva l’encart et donna l’instruction de le traduire en anglais et en hébreu15. En outre, l’organisation mondiale «  Tseïré Agoudat ‘Habad  » publia un encart publicitaire d’une page entière dans le New York Times. Cet encart fut également sponsorisé par le Rabbi. On pouvait y lire en gros titre : « Birthdays Matter » (les anniversaires sont importants). «  Tseïré Agoudat ‘Habad  » en Israël lança également une campagne ambitieuse qui fut relayée auprès de dizaines de milliers d’enfants à travers le pays. Durant le Farbrenguen du dernier jour de Pessa’h (Seoudat Machia’h) de cette année-là, le Rabbi expliqua, en se basant sur plusieurs sources de Torah, la raison de célébrer publiquement les anniversaires20. Cette Si’ha était la participation du Rabbi au Kinous Torah (colloque de discours de Torah) tenu rituellement pendant chaque fête.

Cette campagne fut bien accueillie par tous ceux qu’elle a affectés. Les Chlou’him dans leurs villes respectives, des enseignants dans les écoles et des élèves de Yechiva dans leur parcours hebdomadaire de Mivtsaïmes, inspirèrent des centaines de milliers de Juifs à profiter de leur jour spécial pour intensifier leur pratique du judaïsme. Le simple fait que quelqu’un pense à eux au cours de leur

L’ANNIVERSAIRE D’UN ‘HASSID En 5751 (1991), un ‘Hassid écrivit au Rabbi qu’une certaine date serait le jour où il avait eu le mérite de voir le Rabbi pour la première fois. Le Rabbi répondit : « ‫מנהגי‬ ‫ אזכיר על הציון‬.‫»יום הולדת‬ - « Observez [ce jour] les coutumes de l’anniversaire. Je le mentionnerai sur le Ohel (du Rabbi précédent) ». (Voir Hayom Yom 30 Chevat au sujet de l’importance de la première entrevue chez le Rabbi).

HISTOIRE

 acontée par Rav Levi Gansburg R Toronto, Canada. En l’honneur de Pourim Katane 5749 (1989), mon père, Rav Yossef Gansburg, organisa un voyage avec un groupe de fidèles de Toronto pour aller passer un Chabbat chez le Rabbi. Mon frère aîné et ma sœur célébraient leur anniversaire ce mois-ci, alors mon père les emmena eux aussi, afin qu’ils puissent recevoir un Dollar et une bénédiction du Rabbi pour leurs anniversaires. Il décida de m’emmener aussi, bien que mon anniversaire fût pendant l’été. Pendant les quelques heures que nous avons passées à faire la queue, mes frères et sœurs ont répété comment ils allaient informer le Rabbi de leur anniversaire. Je savais qu’ils recevraient un Dollar de plus et que je ne recevrais qu’un seul Dollar - mais c’est la vie… Nous sommes arrivés en tête de la file d’attente; comme prévu, ma sœur et mon frère ont tous les deux mentionné leurs anniversaires et reçurent un second Dollar avec une bénédiction particulière. Je reçus un Dollar du Rabbi et continuais à marcher silencieusement. Le Rabbi me rappela soudainement et me demanda : « Quand est ton anniversaire ? ». Comme je ne m’attendais pas à parler au Rabbi et que je n’avais sûrement pas anticipé la question, j’avais la langue liée. Mon père répondit en mon nom que mon anniversaire est au mois d’Av. Le Rabbi me remit un second Dollar, disant : « Tu donneras cela à la Tsedaka le jour de ton anniversaire ». C’était très spécial pour moi que le Rabbi ait

exprimé une telle sensibilité pour s’assurer que je ne me sente pas exclu de mes autres frères et sœurs. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Durant cet été, mon père organisa un autre voyage chez le Rabbi pour le Chabbat Mevar’him [qui bénit le mois de] Av. Le Rabbi avait demandé un jour à mon père que ce voyage devait avoir lieu chaque année. Puisque mon anniversaire est au cours du mois d’Av, naturellement, je me joignis au voyage pour recevoir la bénédiction du Rabbi à l’occasion de mon anniversaire. En faisant la queue ce dimanche-là, je me répétais plusieurs fois la phrase que je voulais dire au Rabbi : « Mon anniversaire sera au mois de Av ». J’étais très heureux de recevoir un Dollar supplémentaire en l’honneur de mon jour spécial. En m’approchant du Rabbi et en recevant le premier Dollar, j’étais sûr de réciter la phrase que j’avais répétée tant de fois. À ma grande surprise (et j’avoue que je fus déçu), le Rabbi continua de donner un dollar à la personne suivante et, dans la précipitation, je me retrouvais avec un seul dollar dans la main. « Je n’ai pas reçu un deuxième dollar ! », pleurais-je devant mon père. Mon père était visiblement secoué : « Que veuxtu dire ? » Alors que nous étions là tous deux, en état de choc, mon père s’est soudainement souvenu de ce qui s’était passé six mois plus tôt. « Ne t’inquiète pas, Levi. Tu as reçu le Dollar et la bénédiction pour ton anniversaire il y a six mois, pendant le mois d’Adar ! ». Ceci est l’une des innombrables histoires soulignant que chaque rencontre avec le Rabbi est une rencontre de Nechamot (d’âmes).


Les coutumes de l’anniversaire

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MONTER À LA TORAH

Monter à la Torah le Chabbat avant l’anniversaire, pendant la prière de Cha’harit ou Min’ha26. (Certains reçurent l’instruction de monter à la Torah à Min’ha spécifiquement27). Si l’anniversaire est un lundi ou un jeudi, il faudra monter aussi à la Torah ce jour-là. Le Rabbi conseilla à quelqu’un qui avait son anniversaire juste après Yom Kippour d’essayer au moins de recevoir la Hagbaha (élévation du Sefer Torah) ou la Guelila (rehabiller le​ Sefer Torah), car il serait peut-être difficile de monter à la Torah le jour de Yom Kippour. Pour celui qui n’avait pas pu monter à la Torah le Chabbat avant son anniversaire, le Rabbi donna comme instruction de monter à la Torah le Chabbat suivant28.

DONNER LA TSEDAKA

Donner plus de Tsedaka (charité) avant la prière de Cha’harit et Min’ha29. Si l’anniversaire tombe un Chabbat ou Yom Tov, donner plus de Tsedaka avant et après Chabbat ou Yom Tov. A une personne qui avait donné de la Tsedaka dans un multiple de soixante à l’occasion de son soixantième anniversaire, le Rabbi commenta : « Il est coutume, en ce qui concerne le Tsedaka, de donner un de plus, correspondant à l’année à venir 30». Lorsque l’anniversaire tombe un Chabbat, une double mesure de Tsedaka devra être donnée vendredi.

1. Chemot Rabba 52, 2. 2. Meguilla 13b. 3. Y erouchalmi Roch Hachanah 3:8. Voir le commentaire du Korban Ha’eida. 4. Voir Likouté Si’hot vol. 24, p. 178-187. 5. Sefer HaSi’hot 5703, p. 451. 6. Hayom Yom 20 ‘Hechvan. Hatamim Vol. 1, p. 263 7. Erouvin 13b 8. Reshimot Devarim (Rav Yehudah Chitrik), p. 166. 9. Sefer Hama’amarim 5709, p. 142. 10. Techoura Gourary-Matusof Kislev 5772. 11. Si’hot Kodech 5735 vol. 1, p. 125.

Comme le Rabbi écrivit à quelqu’un : « ‫ראה פירוש רש"י‬ ‫ ג) ברכו (השבת קודש) במן כו’ ובששי‬,‫על התורה בראשית (ב‬ ’‫ » כו‬- « Voir le commentaire de Rashi sur Berechit (2, 3) : [D.ieu] bénit (le Chabbat) avec la Manne etc. et le sixième jour etc. [une double portion de Manne était donnée aux enfants d’Israël le sixième jour] »31.

LA PRIÈRE

Intensifier la Kavana (l’intention) pendant la prière, en contemplant la grandeur de D.ieu. Réciter l’intégralité du livre de Tehillim (ou au moins un de ses cinq livres).

TEHILLIM PERSONNEL

Conformément à l’instruction du Baal Chem Tov de réciter le chapitre de Tehillim correspondant à notre âge32 (à l’âge de 20 ans, on lira le chapitre 21 etc.) étudier et approfondir son nouveau chapitre. Il y eut une discussion si on devait réciter à son anniversaire l’ancien chapitre en plus du nouveau. Le Rav Mi’haël Zeligson écrivit cette question au Rabbi dans une note, et le Rabbi répondit : « )‫ » מהי שייכותו (הרי זה ישן‬« quel est le rapport ? (C’est l’ancien chapitre) ».

ETUDE DE LA TORAH

Ajouter une étude supplémentaire dans Niglé (partie ‘dévoilée’ de la Torah) et dans la ‘Hassidout pendant l’anniversaire, en plus des études établies de ‘Hitate et Rambam. Lorsqu’un anniversaire avait lieu un vendredi, le Rabbi donna l’instruction à plusieurs élèves de Yechiva de réciter le « Chnaïm Mikra » hebdomadaire (deux fois la Paracha, et une fois la traduction d’Onkelos) spécifiquement pendant la journée du vendredi (et non le Chabbat)33.

RÉCITER UN MAAMAR

INTROSPECTION

Apprendre un Maamar par cœur (ou au moins une partie), et le réciter devant un groupe d’amis le jour de l’anniversaire ou à la première occasion, surtout le Chabbat après-midi suivant. A plusieurs occasions, le Rabbi spécifia d’apprendre « le Maamar du Rabbi »34.

Passer du temps seul, à réfléchir sur son passé, identifier les failles qui doivent être corrigées et prendre des bonnes résolutions pour l’année à venir.

MIVTSAÏMES

Prendre sur soi un nouvel Hidour (embellissement d’un Mitsva) dans un domaine de la vie, comme c’est le cas habituellement à Roch Hachana. Augmenter dans l’étude de la ‘Hassidout est un bon début.

Intensifier son influence sur les autres, pour se renforcer dans le judaïsme en général et l’étude de la ‘Hassidout en particulier, avec une attitude de Ahavat Israël (d’amour du prochain). Le Rabbi a dit au Rav Shmouel Lew dans une entrevue, que lorsque il parlera de judaïsme avec d’autres, avec « plus de ‘Hayout (de d’énergie) » le jour de son anniversaire, il aura un plus grand impact, puisque ce jour-là « Mazalo Gover » «son Mazal est plus fort».

Augmenter dans l’étude de la Torah

12. P. 81. 13. Torat Mena’hem 5742 vol. 4, p. 2190. 14. R aconté par son neveu Rav Mendel Dunin. Magazine Kfar ‘Habad #1543. 15. Magazine Kfar ‘Habad #1580. 16. Hei’hal Mena’hem vol. 2, p. 38. 17. S efer HaSi’hot 5748, p. 331. Ecoutez la Si’ha sur www.chabad.org/554613. 18. Ibid., p. 406. 19. L e saint manuscrit des corrections du Rabbi est publié dans Tzaddik LaMelech vol. 1, p. 143. 20. Ibid., p.398. 21. Sefer HaSi’hot 5748, p. 380.

Arrêt sur image de la vidéo de la Si’ha du 25 Adar 5748 (1988)

22. Ibid., p.343. 23. Torah Ohr, Vaéra. 24. Sefer HaSi’hot 5748, p. 405. 25. Ce qui suit est une traduction de la liste publiée dans Sefer HaSi’hot 5748, p. 406, ainsi que plus plusieurs détails de chaque coutume – compilés à partir d’autres sources citées ci-après. 26. Hitkachrout #766. 27. Rav Yehochoua Laine (Brooklyn, NY) reçut cette instruction en entrevue privée, à deux reprises. 28. Entrevue privée du Rav Berel Baumgarten, 14 Av 5714. Magazine Kfar ‘Habad #1543.

HIDOUR MITSVA

FARBRENGUEN

Organiser un Farbrenguen avec sa famille et ses amis, en remerciement à D.ieu pour cette journée spéciale. Il est approprié de réciter la bénédiction «Chéhé'hianou» sur un nouveau fruit ou sur un nouveau vêtement.

29. Le Rabbi donna l’instruction à certains élèves de Yechiva de donner des multiples de 18 (18, 36, 54, etc.). Voir Si’hot Kodesh 5712, p. 339. Techoura, Bar Mitzvah, Oberlander, 5776. 30. Magazine Kfar ‘Habad #1543. 31. Magazine Kfar ‘Habad #706. 32. Igrot Kodech du Rabbi précèdent vol. 10, p. 53. Kovets Mi’htavim publié dans le Tehillim Ohel Yossef Its’hak. Voir Torat Mena’hem vol. 29, p. 269. 33. Si’hot Kodesh 5724, p. 563. Magazine Kfar ‘Habad #1712. Techoura Slonim-Stein 5768. 34. Techoura, Bar Mitzvah, Oberlander, 5776.


Citations e r i a s r e v i n n a ’ l r u s

› Responsa Guinezé Yossef ch. 4 : Je sais qu’il y a des hommes d’action, qui s’efforcent à leur anniversaire de réciter la bénédiction de Che’hé’hiyanou sur un fruit ou vêtement nouveau. L’auteur du Yishré Lev (Rav ‘Haim David ‘Hazan, 5551-1790) avait l’habitude d’organiser chaque année à son anniversaire, un repas pour les Sages. › Ben Ich ‘Haï, 1ère année, Rée 17 :

› Hayom Yom 11 Nissan Durant le jour de son anniversaire, un homme doit s’isoler, évoquer ses souvenirs et y méditer, réparer tout ce qui doit l’être et faire Techouva. › Sefer HaSi’hot : Il est bon et très approprié de publier, que lors du jour de l’anniversaire, on intensifiera son action dans la Torah, la prière et la Tsedaka ; qu’on prenne de bonnes décisions pour se renforcer, au cours de l’année à venir, dans l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot. De plus : (A) On organisera le jour de son anniversaire un rassemblement joyeux, avec les membres de sa famille ou même avec ses amis et proches etc., afin que la prise de bonnes décisions soit faite dans la joie. (B) Cela concerne chacun et chacune : hommes, femmes et enfants – même jusqu’aux plus petits (pour qui leurs parents organiseront ce rassemblement). › Sefer HaSi’hot : Une naissance est un évènement joyeux, tout d’abord pour les parents qui ont eu un enfant ainsi que pour l’ensemble du peuple juif qui a eu un nouveau membre en son sein. Il est évident que cette joie est également pour le nouveau-né même – une joie de son existence même. De même, lors de son anniversaire chaque année, en se rappelant de sa naissance, il y a lieu d’être tenu de louer et remercier D.ieu pour cela. › Midrach Se’hel Tov, Vayéchev 40, 2 : La majorité des hommes, chérissent le jour où ils achèvent une année, qui est équivalent au jour de leur naissance : ils s’en réjouissent et y organisent un festin [à cette occasion].

Certains ont l’habitude de considérer, chaque année, le jour de leur naissance comme un « bon jour ». Cela est un bon signe, et nous en faisons de même chez nous (à la maison). › Sefer HaSi’hot : Etant donné que le jour de l’anniversaire, la naissance se « répète » en quelque sorte : de même que le jour de sa naissance il tira son énergie du Mazal dans lequel il est né, aussi, lors de son anniversaire chaque année, il reprend son énergie de ce Mazal, au point que celui-ci l’aide à gagner : son Mazal « vainc » ! › Sefer HaSi’hot : Même si, jusqu’à présent, cela n’était pas pratiqué et connu etc. – cela est comme plusieurs détails liés à la Torah et aux Mitsvot, qui ont été dévoilés dans des moments particuliers. D’autant plus de nos jours, dans l’obscurité doublée et redoublée de la fin des temps, il faut ajouter et intensifier la lumière, en augmentant le Bien et la Sainteté, en utilisant même les domaines facultatifs comme un «anniversaire» pour intensifier la pratique des Mitsvot, ainsi que cela a déjà été essayé et le résultat a été clairement visible ! Ainsi, célébrer le jour notre naissance accélèrera la perfection de la naissance du peuple juif – la délivrance !

Les notes manuscrites du Rabbi sur un communiqué de presse en Yiddish annonçant la campagne de l’anniversaire


‫לזכות התמימים‬ ‫לוי יצחק שי׳ אסרף‬ ‫לרגל הבר מצוה שלו כ״א אדר ה׳תשע״ח‬ ‫לוי יצחק שי׳ מרטינעז‬ ‫לרגל הבר מצוה שלו כ״ז אדר ה׳תשע״ח‬ ‫ישראל ארי' לייב שי׳ ניסנבום‬ ‫לרגל הבר מצוה שלו כ״ח אדר ה׳תשע״ח‬ ‫יה״ר שיגדלו להיות חסידים יראי שמים ולמדנים כרצו״ק ולנח״ר כ״ק אדמו״ר והרבנית זיע״א‬

‫‪Pour le mérite‬‬ ‫‪du soldat de Tsivot Hachem‬‬ ‫‪Menahem Mendel Arié Altabé‬‬

‫לזכות הת'‬ ‫נועם רוני שי' בן אזיזה‬ ‫בנהמו‬

‫‪à l'occasion de sa‬‬ ‫‪première coupe de cheveux‬‬

‫לרגל חגיגת הבר מצוה‬ ‫ביום הבהיר כ״ה אדר ה׳תשע״ח‬ ‫שיגדל להיות חסיד ירא שמים ולמדן‬ ‫מקושר לכ״ק אדמו״ר‬

‫‪le 4 Nissan 5778‬‬

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‫‪BETH LOUBAVITCH‬‬

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30 ans de la Campagne de l’anniversaire juif  

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