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CHLOÉ BARBAS

ENSA

Paris-Malaquais

P O R T F O L I O

201 1

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C H LO É . BA R BAS Étudiante en architecture Naissance 16 Février 1995, Angers Nationalité Grecque 47b, Boulevard Jourdan, 75014 Paris chloe.barbas@gmail.com 0631459586

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C U R R I C U LU M V I TAE F O R M A T I O N Février 2018 Octobre 2017 2012-2017 Juillet 2012

Semestre 8 Erasmus, École Nationale Polytechnique d’Athènes Master 1, École Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Malaquais Licence d’Architecture, École Nationale Supérieure d’Architecture Baccalauréat Littéraire, mention Bien

E X P É R I E N C E S Septembre 2016 Juillet 2016 2015-2016 Mai 2015 Septembre 2014 Juillet 2012 Juin 2011

Stage en agence, AJAA Atelier Alexandar Jancovic Bénévolat Chantier, Yes We Camp, Les Grands Voisins Monitrice Bibliothèque, Paris-Malaquais A. of American Geographers Annual Meeting, aide à l’élaboration d’un article et réalisation de documents cartographiques Stage ouvrier K.R. Miller Contractors Inc., Chicago Stage en agence, Atelier Christian de Portzamparc Stage en agence, Cabinet d’architecture Yannis Tsiomis

C O M P É T E N C E S Maîtrise Maîtrise Connaissance Bilingue Bilingue Courant Scolaire

Autocad, Suite Adobe Rhinoceros, Sketchup Français Grec Anglais Allemand, Italien

I Arts Voyages Recherche

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Photographie, Littérature, Cinéma, philosophie... Chine, Etats-Unis, Canada, Argentine, Grèce, Portugal, Turquie, Indonésie, Maroc... Quartiers en transformation, géographie culturelle, sociologie...

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10 U R B A N . T E A R S

MYTHOPLASTIES

SOMMAIRE

C E L L C L U S T E R

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JUST KI DS . AN EXPLORATION TO THE SMITH/MAPPLETHORPE U RBAN LANDSCAPE

N E W - YO R K , E F F E R V E SCENCE DE LA CONTREC U L T U R E

U N E . A N A LYS E CRITIQUE DE LA G E N T R I F I C AT I O N U R B A I N E

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26 24 L E . . T H É ÂT R E D U . . R E T O U R D U . . M Ê M E

B A C K B O N E

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I G H . R I N A V I L I O

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SOMMAIRE

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31 M O R P H I N G . PA L L A D I E N

A RT I S T I C . . A N D. . L I T T E R A RY I M PAC T O N A L D O R O S S I ’ S CI T T A A N A L O G A L ’ A P P O R T ARTISTIQUE..ET PHILOSOPHIQUE A U . . C R O Q U I S U R B A I N . . D U X X E . . S I E C L E

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P R O J E T 7 - U N L E A R N I N G F R O M AT H E N S

MYTH OPL ASTIES Iera Odos relie Athènes à Eleusis

PROJET

depuis l’antiquité. Alors empruntée par les processions qui se rendaient de l’acropole au temple de Déméter dans le cadre des Cultes à mystères, son tracé est aujourd’hui entièrement disparate, divisible en de nombreuses séquences aux logiques spatiales et sociales différentes. Le territoire traversé par cette « voie sacrée » hérite d’une histoire mythologique importante menée par des figures tragiques fortes. La plus importante est celle de Déméter (littéralement terre-mère) désespérée suite à l’enlèvement de Perséphone (ou Korê) par le Dieu des Enfers,

A la linéarité du récit scénographique antique s’oppose la séquentialité contemporaine du bâti finalement arrivée à Eleusis sous les traits d’une vieille femme où elle rencontre le roi qui lui vouera un culte à Mystères. Le terme précisément de « mystère » démontre déjà le caractère mystique, secret et insaisissable d’un territoire aujourd’hui « défiguré » par des années d’industrie lourde. L’histoire unie comme « mythe fondateur» de ce territoire compris entre Elefsina et Athènes se confronte aujourd’hui aux mémoires différentes qui le composent, celles de figures tout

aussi dramatiques que celles de Déméter et Perséphone. Ce territoire polysémique est aujourd’hui traversé, emprunté, occupé par des figures aux récits personnels différents, qu’il s’agisse de la figure de la prostituée, de celle de l’ouvrier ou encore celle du réfugié. Les strates qui composaient le territoire antique sont invisibles, seuls quelques vestiges ressortent çà et là sans aucun lien entre eux. Les différentes séquences spatiales qui traversent Iera odos correspondent à des activités, à des formes de bâti différentes. Ces séquences engendrent des expériences kinesthésiques différentes, la modularité typologique de Iera Odos engendre sur certains points une expérience métaphysique du territoire. C’est cette diversité d’impressions qui rend Iera Odos représentative de la métropole athénienne. Ce territoire représente également un décor extérieur naturel en soi. Le médium du cinéma créé une mise en abime du territoire à travers le paysage des raffineries et cimenteries qui participent au domaine de la fiction, de l’inaccessible matérialité, uniquement de la perception, de l’expérience du sublime qui se dégage du paysage. En jouant sur le modèle de reconversion économique choisi par la communauté d’Elefsina, Mythoplasties tend à mettre en avant la théâtralité de ce territoire palimpseste. En se servant des subventions accordées aux sites archéologiques, un parcours est mis en place le long

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E N S E I G N A N TS M . A R M E N G AU D S. M E LE M I S

Storyboard de la traversée des différentes séquences traversées par Iera Odos aujourd’hui

Un tracé linéaire emprunté depuis l’antiquité

PROJET

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P R O J E T 7 - U N L E A R N I N G F R O M AT H E N S

le long de l’axe prenant la forme de Billboards, dont le rôle est de faire passer le message du contenu des bâtiments investis par Mythoplasties, à la manière des enseignes de magasins, en reprenant la technique du panneau publicitaire.

de Iera Odos, visant à développer un schéma de cohésion sociale à l’échelle du territoire. Ce projet a pour objectif de mettre en avant l’extraordinarité du réel athénien, à mettre en avant l’héritage immatériel du théâtre et du cinéma au-delà du patrimoine antique aujourd’hui difficilement dévoilable, à l’aide d’ateliers d’écriture destinés à accueillir les multiples récits des individus qui traversent Iera Odos aujourd’hui, prenant place au sein d’espaces « liquides » instaurés par un ensemble d’acteurs concernés par ces enjeux territoriaux :

2.

PROJET

Ce parcours, transformation de la linéarité Athènes - Elefsina est particulièrement destiné aux différents rythmes des passants qui la traversent. Il s’agit de redonner une charge historique à des échelles de consommation du territoire différentes. Ce projet se traduit donc par deux formes de visibilité : un programme voué à se pérenniser progressivement, s’inscrivant au sein des différentes morphologies du tissu urbain que traverse Iera Odos ; des signaux visuels situés

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1.

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MYTHOPLASTIES

1.2. Collages. Confrontation entre un passé mythologique et un présent dramatique. Théâtralité du territoire. 3.5. Une signalétique vise à attirer l’oeil du passant en fonction de sa vitesse afin de signaler la présence des bâtiments investis. 4. Usine de papier abandonnée dans Eleonas. Performances arttistiques au sein du programme. 6. Instaurations d’«espaces liquides» déstinés à accueillir la programmation au sein du bâti vacant longeant Iera Odos.

3.

PROJET

4. 5.

6.

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P R O J E T 6 - T E C H N I C A S S PAC E

PROJET

CELL CLUSTE R Ce studio s’intéressant à l’impact de la technique sur l’architecture m’a menée vers une réflexion plus théorique autour des espaces nés de la mondialisation. Je me suis particulièrement intéressée à la notion d’hyperlieu développée par Michel Lussault. Ce dernier définit les hyperlieux comme des espaces de regroupement intense d’activités ; des lieux d’hyper-spatialité (les individus et les lieux sont connectés via les réseaux mobilitaires mais aussi télécommunicationnels) ; d’hyperscalarité (par les différentes échelles et la tension local-global) : des lieux « d’expériences partagées », « d’affinité et de familiarités accentuées ». L’hyperlieu est un aéroport, une gare, une place publique ou encore un centre commercial. En m’intéressant à cette tension entre local et global, micro et macro, individuel et collectif, l’objectif a été de développer l’idée d’espace minimal. C’est aussi en ce sens que la technique conditionne l’espace. On peut en effet dresser un inventaire de ces micro-espaces conditionnés par la technique : les photomatons, télécabines, cubicles de bureaux, cabines téléphoniques. Tous sont des espaces de l’individualité s’inscrivant dans une société globalisée. Riche de ce corpus de références, je me suis intéressée de plus près à deux inventions importantes : la camera

obscura et l’ascenseur grutier. L’isolation dans l’obscurité de la première suggère un contraste d’échelle entre intérieur et l’extérieur, entre stationnement et mouvement, entre observation et spectacle. Quant au dispositif technique de l’ascenseur grutier, son intérêt se trouvait également dans son architecture, où la fonction est rejetée à l’extérieur de la structure. Le projet consiste finalement en un empilement de cellules individuelles de 9m2 en une tour d’habitation fonctionnant sur un modèle d’autopartage (tels qu’Autolib, Vélib) poussé à son paroxysme. La tour s’inscrit dans une échelle très contrastée, au milieu d’une ville technocratisée, le quartier d’affaires de la Défense. Elle prend appui dans l’un des creux de la Dalle dans une volonté de la relier aux multiples strates techniques : parkings, locaux techniques, transports. Les fonctions techniques sont rejetées hors de la structure en béton. Contrairement aux grandes tours dont la technique est généralement située au coeur du bâtiment, les fonctions des cellules sont rejetées en façade afin de préserver un espace vernaculaire humain et habitable en son centre. A la manière des sculptures de l’artiste Absalon, la contrainte devient un nouveau mode d’habitat.

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ENSEIGNANT A. VERSCHUERE

1. Habiter l’hyperlieu. Plan masse du site d’implantation, au coeur du centre d’affaires de La Défense.

PROJET

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PROJET

P R O J E T 6 - T E C H N I C A S S PAC E

LONG VEHICLE

CELL CLUSTER Un noeud hyperscalaire N

0 2,5

12,5

25

12 50 m

LONG VEHICLE


CELL CLUSTER - HABITER L’HYPER-LIEU

2. Un noeud hyperscalaire. Coupe dans l’alignement des tours. Ancrage du cell-cluster dans les multiples strates techniques de la dalle.

PROJET

Chloe Barbas Technic as space

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P R O J E T 6 - T E C H N I C A S S PAC E w

PROJET

T

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CELL CLUSTER - HABITER L’HYPER-LIEU

3. Une cellule autonome. A gauche, plan technique de la cellule, fonctions rejetées en façade. A droite, plan tel qu’habité.

PROJET

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PROJET 5 - VISIONS PÉRIPHÉRIQUES

PROJET

URBAN TEARS Le territoire de Champigny est traversé par de nombreuses infrastructures. À proximité des Boullereaux, le croisement entre la départementale D3, la ligne de Grande Ceinture et le RER E s’apparente à un conflit brutal d’infrastructures. Il s’agit d’un « non-lieu » en trois dimensions, traversé par trois formes de mobilités (flux ferroviaire, routier et piéton), caractérisé par trois rythmes, reflétant trois échelles territoriales, et dévoilé par trois types de regards. Sa situation et son statut sont toutefois paradoxaux : la conception et la forme des lieux ne correspondent en rien à l’importance du noeud qu’il représente.

donner une légitimité à son impact visuel, lui donner une importance programmatique légitimant sa place dans la ville. Puisque des infrastructures routières et ferroviaires peuvent lacérer un paysage, nous avons décidé de redonner ce droit aux piétons ; nous profitons des accès qu’ont créés les creux des routes dans les pleins de la ville. Nous creusons la ville pour le piéton, en s’appropriant la complexité du tissu urbain. Nous dévoilons ainsi une nouvelle épaisseur de la ville, prête à être réinvestie par ses habitants. Le programme de cette in(ter)vention est essentiellement culturel. Il s’agit

C’est un lieu résiduel, un réseau de fragments spatiaux désarticulés. Pourtant, sur ces lieux, un rapport kinesthésique fort s’établit pour le passant qui se retrouve suspendu entre différents niveaux de la ville, et qui devient spectateur des différents rythmes urbains. Il est confronté aux différentes échelles du territoire sans pouvoir s’y situer lui-même. Cet espace impressionnant, aux dimensions monumentales, se met en scène lui-même tout en mettant également en scène ses usagers. Le choix du site se justifie par la volonté de trouver un remède à ce noeud qui semblait intraitable. Nous souhaitons

1. de donner un rayonnement culturel et social expérimental aux trois quartiers que le noeud «sépare». Nous créons un lieu de rencontre pour les habitants, un espace d’exposition, un café-librairie, des espaces associatifs, un amphithéâtre/ salle de projection, des espaces de répétition… Le traitement spatial vise à garder les codes de l’impact visuel et kinesthésique du noeud : passages qui s’articulent à la manière du tunnel, travail de la lumière, repère pour les usagers du lointain. Le nonlieu devient lieu.

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1.2. Vue satelitale du site On vient creuser entre les rails de la Grande Ceinture 3. Perspective du niveau supérieur / le jardin sépare les locaux associatifs de la bibliothèque, l’accueil et le café de l’espace d’exposition 4. Perspective / Vue de la cour des espaces associatifs, de la bibliothèque et de l’espace d’exposition donnant sur le jardin

B I N O M E AVA R A S T E G A R

E N S E I G N A N TS B. H U B E R T, A . B I CA L

2.

PROJET

3.

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PROJET 5 - VISIONS PÉRIPHÉRIQUES

ACCUEIL CAFÉ ESPACE D’EXPOSITION LOCAUX AS SOCIATIFS BIBLIOTHÈQUE

SALLE DE PROJECTION ESPACES UTILITAIRES LOCAUX AS SOCIATIFS AMPHITHÉÂTRE

PROJET

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URBAN TEARS

JURY EXTERNE 2 6 / 0 1 / 2 0 1 6

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Chloé Barbas & Ava Rastegar

1...Axonométrie éclatée du programme et sens du parcours à l’intérieur des divers espaces. 2. De Haut en GBasR :O coupe U P E N S coupes BICAL transversale, longitudinales / HUBERT 3 : Plan masse du contexte, Plan Mezzanine, Plan du Rezde-chaussée et plan du R-1

N

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accueil 150m 2

salle d’exposition

espaces associatifs

PROJET

bibliothèque

PLAN MASSE / CONTEXTE

1/500 ème

PLAN MEZZANINE

1/500 ème

N

N

café

salle de projection

400 m 2

530 m 2

espaces utilitaires 300 m 2

espaces associatifs 1000 m 2

espaces associatifs 1000 m 2

bibliothèque 650 m 2

amphithéâtre 700 m 2

3. PLAN REZ-DE-CHAUSSÉE

1/500 ème

PLAN R-1

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1/500 ème


P R O J E T 4 - L ’ H A B I TAT I O N E N Q U E S T I O N

PROJET

BACKBON E En partant d’une recherche purement spatiale à travers l’élaboration d’un logement sans contexte aux dimensions précises, est dégagée une figure spatiale générique, sorte d’ADN de l’appartement. Après une étude du site, de ses caractéristiques et des besoins du quartiers, le terrain est divisé en plusieurs parcelles sur lesquelles seront pensés les ensembles de logements. La figure de mon projet résulte de l’objectif de garder des appartements traversants quelle que soit la typologie. Un mur divise le plan en deux parties longitudinales, espace servi et espace servant, espace de vie et service. Ce mur se brise lui même en trois parties, délimitant ainsi six espaces, d’une part salon/salle à manger/chambre, d’autre part entrée/cuisine/salle de bain. Le plan côté « servi » se fragmente également en trois plateaux afin de distinguer les espaces de vie. Cela permet de la même manière d’orienter la vue vers le jardin en bas, le ciel en haut. Le plan « servant » reste intact et au même niveau que l’un des plateaux afin de garantir la présence d’une unité de vie en cas d’habitant handicapé. « Backbone » signifie colonne vertébrale en anglais : le mur représente la figure spatiale de ce projet. Surpassant son rôle de cloison, il s’épaissit, ses parois se nourrissent des gaines, de l’électricité, absorbent les éléments fonctionnels (cuisine, bain, rangement) tout en gardant leur rôle porteur. En coupe, les parois désormais épaisses jouent le rôle de colonne dorsale de l’immeuble, en plan elles apparaissent comme des vertèbres organisant et alimentant les organes que représentent les six

espaces autour d’elles. Les parois vont également absorber les portes des pièces servantes, permettant ainsi à l’appartement d’être totalement traversant tout en garantissant de l’intimité. Le plan s’inscrit dans une trame dont la base est 0.9m, soit la différence de hauteur entre deux plateaux, allant jusqu’à 10.8m, la longueur d’un appartement, et la largeur de l’immeuble. A chaque étage s’articulent 5 typologies différentes. Les appartements sont desservis par une coursive, le décalage des plateaux permettant d’éviter le visà-vis.

1. Perspective intérieure, vue vers la rue. 2. Aperçu /collage de la façade. Au lieu d’accueillir des appartements, certaines unités laissent place à un espace dédiés à la vie communautaire au sein de l’immeuble. 3.4. Plans R+3 et Plan R+5 5. Plan avec aperçu des matérialités, béton au niveau de l’éntrée, bouleau pour les autres plateaux, émaux de briare pour le bain.

1.

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E N S E I G N A N T P . D AV I D

1...Perspective intérieure, vue vers la rue. 2. De Haut en Bas : coupe transversale, coupes longitudinales 3. Perspective intérieure, vue vers le jardin 4. Isométrie, vue des matériaux : béton au niveau de l’entrée, bouleau pour les deux autres plateaux, émaux de briare blancs pour le bain.

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PROJET

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PROJET

P R O J E T 4 - L ’ H A B I TAT I O N E N Q U E S T I O N

1.

1. Aperçu /collage de la façade. Au lieu

d’accueillir des appartements, certaines unités laissent place à un espace dédiés à la vie communautaire au sein de l’immeuble.

2.3. Plans R+3 et Plan R+5 4. Plan avec aperçu des matérialités, béton au niveau de l’éntrée, bouleau pour les autres plateaux, émaux de briare pour le bain.

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BAC K BO N E

2.

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PROJET

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PROJET 4 - L’IDÉE CONSTRUCTIVE

PROJET

HIGH R I N G PAVI LI ON Le Studio de Projet du troisième semestre met en lumière l’aspect constructif du projet architectural. Il s’agit d’aller au delà de la représentation spatiale et de mettre en application les enseignements de construction acquis dans les enseignements parallèles. Le pavillon se situe sur la ballade de la petite ceinture du XVe arrondissement de Paris. Il s’agit de chemins de fer transformés. L’idée d’un pavillon éphèmère correspondait particulièrement au lieu car la ballade est elle même provisoire et conçue de sorte à pouvoir à nouveau accueillir des trains. Ma première référence a donc été celle du train : le pavillon devrait, afin de s’adapter au site, adopter une morphologie semblable. Parallèlement, elle m’a inspiré un corpus de références dont le point de départ était l’architecture HighTech. Ce courant architectural né dans les années 70 a transformé les dernières avancées technologiques en véritable style architectural, ajoutant quelques fois quelques éléméents constructifs pour leur «simple» effet esthétique. Je me suis demandée par la suite si l’on ne pouvait pas qualifier de «Hightech» tous ces passages dans l’histoire de l’architecture où les dernières performances techniques allaient influencer la forme donnée à la conception architecturale, tels des rebonds, comme l’architecture des grandes halles ou l’architecture blob, toutes «hightech» pour leur époque. Le pavillon d’exposition totalise une surface de quatre cent vingt mètres carrés. Il mesure sept mètres de large et soixante mètres de long. Le bâtiment se divise en dix modules de 6x6m qui

peuvent se répéter autant de fois que nécessaire. Le plan intérieur est modulable grâce à des parois qui se fixent entre les poutres de la tranchée centrale et les montants des façades. Cette «façade» est entièrement vitrée grâce à ces poutres qui reprennent les efforts au centre de l’édifice, efforts qui s’acheminent jusqu’à la terre par des appuis articulés. Des panneaux en alluminium protègent du soleil et de la pluie et jouent le rôle de paupière du bâtiment. Ils sont retenus grâce à un mécanisme et des tirants marchant en contreflexion, retenus par les poutres centrales.

2.

6m 3,5m 3m 1,5m 3m 60 m

1.

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E N S E I G N A N T L . CO U TO N

3.

4.

1. De haut en bas, Elevation, Structure du plancher, Plan Masse et Plan du programme. 2. Détails constructifs 3. Coupe-perspective 4. Maquette partielle 1:500e 5. Axonométrie éclatée du principe constructif d’un «module».

PROJET

5.

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PROJET 2 - PROCESSUS

PROJET

LE THÉÂTR E D U R ETO U R DU M Ê M E La chayotte (cucurbitacée) a constitué le point de départ de la recherche spaciale de ce studio du deuxième semestre. La première partie de cette recherche s’est exercée à travers un travail de représentation 2D ayant pour objectif de faire ressortir des critères formels et spaciaux qui pourraient par la suite être transposés en 3D dans des matériaux tels que l’argile et le carton. Il s’agissait d’un premier travail de maquette et d’une première réflexion sur la forme, la matière, le vide et l’espace. Ce légume particulier m’a tout d’abord menée vers un corpus de références propres aux Bunkers (notamment Bunker Archéologie par Virilio), mais c’est finalement le concept d’ «autophagie» que j’ai retenu. Le légume ne semble pas seulement se refermer sur lui même mais c’est comme s’il se consommait lui même. Il opère un retour sur lui même, une introspection. J’ai pu en tirer quatre sous-notions : l’hermicité (corps gras qui se replie sans cesse sur lui même, protège sa graine intérieure), l’unicité (objet seul et unique qui ne se soucie que de sa propre préservation), la séparation (éclosion entre les deux lèvres, renaissance de la germe qui passe par la division et l’ouverture de ces dernières), et l’indépendance (avance dans le temps et dans l’espace avec sa matière seulement). Ces notions m’ont menée à la question suivante : quelle forme peut prendre un espace qui s’autogénère, s’autoconstruit ? Quel est le point de départ et comment cette génération s’opère t’elle à partir d’elle même ? Mes recherches en maquette

autour de ces pistes m’ont menée à matérialiser de nombreuses fois un repli, une fente, jusqu’à obtenir au stade final un théâtre de poche dont les parois s’élargissent et s’opacifient au fur et à mesure que l’on s’approche du coeur de cette architecture. Le théâtre s’enroule autour de lui même. Le visiteur se laisse progressivement happer par l’architecture. Il quitte progressivement l’environnement extérieur. La notion de territoire reste cependant présente grâce au nivellement du sol, qui reprend la continuité des courbes de la pente dans laquelle le théâtre s’insère.

1.

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1. Maquette 2. Photographie d intérieure de la 3. Entrée du 4. Coupe dans une 5. Plan et


1:50 d’une vue maquette bâtiment e chayoote Coupe

E N S E I G N A N T S J . P . VA L L I E R , E . VA S S I L E I O U

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4.

PROJET

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U N L I V R E D’ A RC H I T EC T E / M . A R M E N G AU D, S . M E L E M I S

N EW - YORK , EFFE RV ESC E NC E DE L A CON TRE -C ULTURE Ces articles ont été écrits en binôme avec Ava Rastegar dans le cadre du développement de Marc Armengaud et Steven Melemis «Ameriscapes».

ARTICLES

Comment les milieux de la contre-culture ont-ils engendré un processus de gentrification dans les quartiers de New-York ? Quels sont les différents acteurs et facteurs de cette gentrification, et à quels niveaux interviennent-ils ? Nous nous sommes intéressées au rôle qu’ont joué les artistes de la contre-culture dans la gentrification des différents quartiers de New York. En effet, par delà les raisons économiques nous verrons que des classes de plus en plus aisées ont été attirées par les attraits historiques patrimoniaux de ces dits quartiers, alimentant une véritable tendance sur laquelle vogueront différents acteurs aux rôles plus variés les uns que les autres. Il s’agira plus tard d’une véritable patrimonialisation. De nombreux lieux ont été investis par les artistes, des courants artistiques comme

l’expressionnisme abstrait, la beat génération, le dadaïsme, des lieux comme la Factory, le village Vauguard, le restaurant Food de Matta Clark, le Chelsea hôtel, l’Apollo Theater à Harlem ont ainsi donné des quartiers devenus emblématiques. Ces artistes ont malgré eux eu un impact sur différents quartiers de New York, permettant aux promoteurs de s’emparer d’un phénomène afin de changer l’image autrefois mauvaise de plusieurs quartier. C’est du rapport entre les destins collectifs et individuels des artistes et des promoteurs qu’ont finalement résulté les quartiers emblématiques comme tels que Greenwich Village, Lower East Side, Chelsea, Brooklyn ou encore Soho comme nous les connaissons aujourd’hui.

Patti Smith dans son appartement sur W. 23rd St. *Un site (https:// ameriscape.wordpress. com/) est dédié aux écrits du groupe entier.

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A S S O C I AT I O N O F A M E R I C A N G E O G R A P H E R S A N N U A L M E E T I N G

JUST KIDS AN EXPLORATION TO THE SMITH MAPLETHORPE URBAN LANDSCAPE THROUGH THE LENSES OF TOURISM GENTRIFICATION IN NEW YORK

ARTICLES

Aide à l’élaboration d’un article et réalisation de documents cartographiques, Maria Gravari «Just Kids» (Patti Smith, 2010) retrace, à travers la vie de Patti Smith et Robert Mapplethorpe, l’ambiance et la réalité urbaine du New York des années soixante et soixante-dix. Un grand nombre des lieux présentés par Smith dans le livre ont vu leur fonction changer de manière signifiante ces deux dernières décennies. Les géographes et sociologues ont mis en évidence le processus selon lequel les artistes ont involontairement nourri le phénomène de gentrification. Le livre de Smith offre toutefois un matériau précieux et original permettant de démontrer la transformation d’un NewYork alors émergent en lieux contemporains de consommation spectaculaire. Ce papier tend à explorer géographiquement des informations signifiantes à travers l’analyse de la littérature. Il suit les traces de Smith et Mapplethorpe. Il cartographie et analyse les lieux présentés dans le livre avec une attention particulière envers leur transformation et occupation touristique contemporaine. Il montre que l’imaginaire touristique de New York a été produit en grande partie par la culture underground rock des années soixante. Il démontre, enfin, la façon dont le processus de gentrification a pris place dans la plupart des lieux emblématiques présentés dans le livre.

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S O C I O LO G I E D E L ’ H A B I T E R / J . L . V I O L E AU

ARTICLES

U N E AN ALYS E CRITIQUE DE L A G E N TR IFICATION U R BAI N E La notion de gentrification est introduite par Ruth Glass au début des années 1960. Pouvant être traduit au sens littéral par « gentilhommisation », mais différent de la simple notion d’embourgeoisement, le mot gentrification (employé en anglais en France car initialement moins péjoratif) a aujourd’hui une définition ambiguë. La gentrification s’est transformée en une large théorie regroupant de nombreux sousphénomènes. Ses tenants sont différents selon le pays étudié. Ayant fait l’objet jusqu’aujourd’hui de nombreuses recherches, « l’étiquette » de gentrification est devenue un masque qui nuit à l’analyse des processus sociaux aussi bien que la transformation des villes, et qui l’enferme dans des débats outrageusement simplificateurs ». Une première littérature des années 60-70 sur la gentrification met l’accent sur les effets négatifs du

phénomène. Une deuxième vague de publications apparaît dans les années 1990 et insiste sur les effets positifs de la gentrification, porteurs, pour ses auteurs, de mixité sociale et urbaine. Il s’agit dans cet article de décortiquer la définition de gentrification et de peser les pros et cons de façon réflexive à la lumière des évolutions récentes des villes américaines et européennes. Quels sont les impacts de la gentrification sur la ville ? La méthodologie de cet article est essentiellement basée sur l’analyse bibliographique d’un vaste corpus d’articles.

Tag dans le quartier de la Mision, San Francisco

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S O C I O LO G I E D E L ’ H A B I T E R / J . L . V I O L E AU

ART AN D LI T TE RATURE ’S I MPACT ON ALDO ROSS I’S C I T TÀ AN ALOGA How can artistic and literary fields become the main motivation of architectural project when project has come up against its limits?

La Città Analoga Tavola – Biennale di Venezzia, 1976

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ARTICLES

De quelle manière les domaines de l’art et de la littérature peuvent-ils devenir un moteur essentiel pour dépasser les limites pré-établies du projet architectural ? Aldo Rossi présente le collage de la Città Analoga durant la Biennale de Venise de 1976. Il s’agit d’un panneau de deux fois deux mètres. Ce projet, présenté pour la première fois en 1972 à Milan, diffère des projets précédents d’Aldo Rossi. Il rassemble de manière à priori arbitraire des dessins (croquis, plans) de l’architecte. Aldo Rossi est souvent resté mystérieux sur les

motivations de ce projet. L’objectif de cet article est d’analyser les références présentes dans le collage afin de faire ressortir des influences antérieures au projet de la cité analogue. Il s’agit d’une recherche sur le langage et sur le dialogue entre l’architecture et des domaines artistiques tels que la peinture et la littérature. La démarche d’Aldo Rossi s’inscrit ici dans celle de l’artiste. On peut voir une tentative de la part de l’architecte de dépasser les codes de la représentation architecturale et de faire naître un nouveau discours ; la Città Analoga lui permet d’exprimer d’une manière plus abstraite ses idées fondamentales sur la ville.


L A V I L L E E N I M AG E S / S . M E L E M I S

LA PART ARTISTIQ UE ET PH I LOSOPH IQUE

ARTICLES

DANS LE CROQUIS DU XXE SIECLE

Ce papier porte sur la manière dont le discours de l’encore jeune théorie urbaine s’est réorienté, à partir du premier quart du XXe siècle, vers une vision plus sensible et humaniste de la ville. Il s’agissait alors d’une réponse à l’urbanisme progressiste tel que définit par Françoise Choay (L’Urbanisme, utopies et réalités, 1965) s’apparentant à l’époque aux idées des CIAM exemplifiées par le plan Voisin de Le Corbusier, au profit de ce qu’elle désignera par la notion d’anthropopolis. Cependant ce discours s’est construit hors du cercle des urbanistes : l’objectif de ce papier est explorer ici l’importance du rôle des artistes de la première moitié du XXe siècle qui apportèrent une nouvelle dimension à la vision de l’urbanisme. Dès les années 50, de nombreux théoriciens ont utilisé les travaux d’artistes, de sociologues et de philosophes dans leurs recherches sur la perception de la ville. Une nouvelle vision plus phénoménologique qui puise ses racines dans les écrits philosophiques sur la perception. Il s’agit de procéder par un retour en arrière chronologique, afin de mettre en avant les différentes disciplines s’étant emparées de la notion de perception dans la

ville. Mettre en lumière le pivot, le basculement de l’image de la ville dans la première moitié du siècle. Au delà de la césure avec l’urbanisme progressiste, il s’agit de mettre en lumière le rapprochement entre plusieurs domaines, et l’apport plus abstrait, sensoriel, humaniste et presque romantique de l’art vers l’architecture, ainsi que l’importance de la philosophie. J’exploite pour cela de source en source, et de discipline en discipline des exemples de théoriciens ayant travaillé sur la perception, de Kevin Lynch à Bergson, avant de revenir sur les architectes de la fin du XXe siècle qui ont été influencés dans ces premiers théoriciens.

Patti Smith dans son appartement sur W. 23rd St. *Un site (https:// ameriscape.wordpress. com/) est dédié aux écrits du groupe entier.

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MOR PH I N G PALL ADI E N

B I N O M E L É A M AT R AY

D E H E J D U K A PA L L A D I O / N . D U R U , C . O N A N E R

JOHN HEJDUK _ WALL HOUSE II _ 1973

Cet intensif consistait à prendre une maison d’architecte des années soixante dix et à la métamorphoser étape par étape pour lui donner l’apparence d’une maison «à la manière de».

Chloé BARBAS - Léa MATRAY MORPHING PALLADIEN _ 1/7

De haut en bas de gauche à droite, respectivement : Départ de la Wal House II - Hejduk Métamorphoses successives - De Hejduk à Le corbusier, de Le Corbusier à Loos, de Loos à Palladio. La maison « à la manière de Palladio ».

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Notre point de départ était la Wall House II de John Hejduk. Il s’agissait de la métamorphoser en une maison «à la» Le Corbusier, puis de métamorphoser la maison obtenue en maison «à la» Loos; ainsi de suite jusqu’à Ledoux et Palladio.


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Portfolio 2018  
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