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Master 2 « Stratégie et maîtrise d’ouvrage des projets d’urbanisme » Promotion n°23 Mémoire de fin d’études

Charlotte HUBER « Eco quartier : un concept urbain applicable au rural ? »

Directeur : Jean-Marie BILLA, Architecte, urbaniste, enseignant à l’Institut d’Aménagement, de Tourisme et d’Urbanisme et à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux.

Le 14 octobre 2009


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Résumé

Ce mémoire sur les écoquartiers en milieu rural s’appuie sur les résultats d’un stage de cinq mois réalisé au sein de l’agence HL Architectes Urbanistes, à Paris. Entres autres missions d’études urbaines au sein de l’agence, j’ai pu participer au concours d’idées « Quartiers Innovants » organisé par le Conseil Général du Haut-Rhin, que nous avons remporté sur la commune d’Issenheim (68). La mission confiée consistait en l’élaboration de propositions d’organisation urbaine d’un nouveau quartier, sur la base d’un cahier des charges spécifique à la commune, mais qui rassemble les exigences de la conception d’un quartier durable. Le travail sur le projet d’écoquartier s’est d’abord inscrit dans une démarche plus globale, qui consistait en un état des lieux à l’échelle de l’ensemble de la commune aboutissant à un projet d’aménagement communal durable et cohérent. Ce travail a donné matière à une réflexion personnelle sur l’interprétation des écoquartiers par les collectivités, à travers le contenu de leur cahier des charges, et par les techniciens, à travers leur réponse. Plus largement, de par les caractéristiques et la localisation d’Issenheim, il m’a également interrogé sur la faisabilité et les conditions de réalisation d’un écoquartier en milieu rural, puisque la plupart des exemples médiatisés sont urbains. Il pose finalement la question de l’écoquartier modèle, applicable ou non à la diversité de territoires de projets rencontrés.

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Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier Jean-Marie Billa pour m’avoir suivie ces derniers mois dans l’élaboration de mon mémoire et tout au long du Master 2.

Mes remerciements vont également à l’agence HL Architectes qui m’a permis d’effectuer mon stage de Master 2 et de travailler sur des sujets pertinents, et plus particulièrement à Baptiste Hernandez (architecte urbaniste associé) pour m’avoir beaucoup appris mais aussi écoutée.

Merci à la Commune d’Issenheim qui m’a permis d’assister aux présentations des trois équipes finalistes de leur concours d’idées « Quartier Innovant » et réservé un si bon accueil à cette occasion.

Enfin, je remercie l’ensemble de mes proches et amis urbanistes du Master 2 de l’IATU, à la fois pour leurs conseils, mais aussi pour leur soutien et leur bonne humeur tout au long du stage et du travail de mémoire.

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Sommaire

Introduction

p. 9

1. « Ecoquartier » n’implique pas forcément « développement durable »

p. 11

1.1. Variété des discours et possibilité d’une définition commune

p. 11

1.1.1. La recherche d’une définition

p. 11

1.1.2. De « quartiers durables » à « écoquartiers »

p. 17

1.1.3. Vers une labellisation de l’urbanisme durable ?

p. 20

1.2. Décalage entre discours et pratique : leurs failles

p. 27

1.2.1. Y’a-t-il un modèle au regard des expériences européennes ?

p. 27

1.2.2. Des expériences jeunes mais qui présentent déjà des failles

p. 29

2. Un concept qui s’étend au monde rural

p. 39

2.1. Quels critères pour le milieu rural ?

p. 40

2.2. Quels aspects des écoquartiers posent problème en milieu rural ?

p. 51

3. Analyse d’un cas concret : le concours « quartier innovant » à Issenheim

p. 59

3.1. Qu’est-ce qu’un « quartier innovant » pour une maîtrise d’ouvrage ?

p. 60

3.2. Des maîtres d’œuvre qui apportent des réponses très différentes

p. 69

Conclusion

p. 77

Références bibliographiques

p. 79

Table des sigles

p. 83

Annexes

p. 85 7


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Introduction

On assiste ces dernières années à un réel engouement pour les écoquartiers, qui après avoir fait leurs preuves dans les pays du Nord de l’Europe, fleurissent dans les villes françaises. Si la prise de conscience de l’importance de la prise en compte de l’écologie et de l’environnement en urbanisme date d’avant les années 1990, leur mise en œuvre effective dans les projets n’est apparue que récemment et ne cesse de s’accélérer. En fait, les conceptions des conditions de leur mise en œuvre étaient juste différentes. Avant le sommet de Rio en 1990, des villes écologiques tentaient déjà de lier la question urbaine à celle de l’environnement dans le contexte suivant : jusque dans les années 1980, les urbanistes qui avaient encore du mal à se détacher du modèle hygiéniste et fonctionnaliste, au nom d’une certaine conception de l’environnement, ont paradoxalement favorisé une dédensification des villes. Aujourd’hui, elle est un des aspects majeurs contre lesquels se battent les urbanistes et maîtres d’ouvrages, dans l’idée de se conformer à la conception de l’urbanisme du 21e siècle : le développement durable. « Les préoccupations d’environnement ne sont plus dissociées aux projets d’urbanisme, des orientations économiques, des politiques sociales ou culturelles menées par les villes. Ce souci d’intégration s’accompagne, ensuite, de la volonté d’évaluer les conséquences du développement urbain au niveau global ou à très long terme – c'est-à-dire à des échelles de temps ou d’espace qui dépassent de très loin celles habituellement prises en compte par les politiques locales. Enfin, une pensée de la ville comme environnement spécifiquement humain et social se substitue progressivement aux préjugés anti-urbains des premières approches écologiques.1 » Par conséquent, si on a le sentiment qu’il s’agit d’une nouveauté, la dimension environnementale existe depuis longtemps dans les projets mais n’était pas interprétée de la même façon. On retrouve aujourd’hui ce type de discordances entre le discours des uns et des autres et leurs applications tout en évoquant le même terme : « écoquartier ». La loi SRU de 2000, qui introduisait ce principe aux nouveaux documents d’urbanisme a déjà presque dix ans, et entre temps la loi UH, les cibles HQE et HQE² ou encore la démarche

« De la ville écologique à la ville durable », dossier paru dans la revue Le Débat n°113, janvier-février 2001. 1

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AEU

de

l’ADEME

sont

venus

renforcer

le

dispositif

de

règles

et

principes

environnementaux. Pourtant, aujourd’hui ce sont les écoquartiers qui remportent le plus de succès, non seulement médiatique mais aussi en termes de nombre de projets engagés et ce avec une rapidité remarquable. L’urgence environnementale légitimement martelée et la crise économique sont venues s’ajouter aux multiples dispositifs récemment mis en place, visant à encourager la création d’écoquartier. Le Grenelle 1 et 2, le concours « écoquartier » du MEEDDAT, le Plan Bâtiment du Grenelle, « l’éco-prêt à taux zéro», les aides financières de la Caisse des Dépôts pour un programme expérimental d’appui aux écoquartiers, enfin les différentes certifications et prix décernés à ces projets, sont autant d’éléments qui sont venus doper leur création. Aussi les acteurs politiques s’en sont emparés afin de rassurer l’électorat, en présentant les écoquartiers comme une action radicale et expérimentale, témoignant d’une politique environnementale forte. Face à la prolifération de ce type de projets et devant l’ampleur de la documentation les concernant, une grande confusion règne et ma démarche dans ce travail a été de réussir à comprendre comment la nouvelle génération d’urbanistes dont je fais partie allait être capable de faire le tri et agir efficacement. Il ne s’agit donc pas de faire un inventaire exhaustif des projets ni un travail de synthèse de ceux-ci, mais de dégager les clés pour réussir à distinguer les différents termes employés pour qualifier ce type de projets sans qu’ils n’aient définition officielle. Ce travail de définition servira en outre d’outil d’analyse des projets. Aussi, ayant travaillé sur un écoquartier en milieu rural, ma réflexion sur leur transposabilité à tout type de milieux était déjà engagée. Enfin, étant donné mon contexte professionnel récent, j’avais la volonté d’acquérir une certaine connaissance du sujet et d’intégrer le vocabulaire adéquat et des arguments garantissant la cohérence de mon discours. Dans le cadre de l’élaboration de documents d’urbanisme pour des communes rurales, ils sont des outils de sensibilisation des élus et habitants, qu’ils pourront eux-mêmes réutiliser lors des phases opérationnelles ultérieures de leur projet communal ou lorsqu’ils seront directement confrontés à une demande en « écoprojets ».

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1.« Ecoquartier » n’implique pas forcément « développement durable »

Devant le manque de définition précise de ce qu’est un écoquartier, aujourd’hui de nombreux organismes ont formulé leur vision de l’écoquartier et du quartier durable pour disposer d’un outil de travail en vue d’en réaliser. Entre les retours d’expériences des écoquartiers européens réalisés, les critères définis par le MEEDDAT, les Eco-maires, l’ADEME, le PUCA, ceux des différents CAUE, guides et chartes formalisés par des collectivités etc., le tri est difficile à faire et nous citerons une sélection limitée de sources comme référentiel pour relater des expériences d’écoquartiers avant d’avoir introduit dans un premier temps des notions qui finissent par se répéter d’un document à l’autre . Le but n’est pas ici de faire un catalogue qui inventorie l’ensemble des définitions d’écoquartiers qui existent mais bien d’en observer certaines et de finir par choisir d’en adopter une pour poursuivre mon travail et favoriser la compréhension de mon argumentation, notamment au moment de faire leur critique.

1.1. Variété des discours et possibilité d’une définition commune

1.1.1.

La recherche d’une définition

Dans la démarche de ce travail, mes recherches sur les écoquartiers ont rapidement conduit à une abondance de documents traitant tantôt d’écoquartiers, tantôt de quartiers durables, ce qui prouve d’emblée la confusion entre ces deux termes. Nous verrons dans un premier temps en quoi ils se rapprochent avant de tenter de les distinguer dans un deuxième temps et pour la suite du travail. Ce foisonnement de guides méthodologiques sur les écoquartiers et les quartiers durables vient du fait que l’appropriation de la notion de développement durable, qu’ils intègrent, est difficile et progressive, en urbanisme tout particulièrement, et qu’elle nécessite donc d’outils, de moyens de communication et de pédagogie. Il a également fallu un certain nombre de maîtres d’ouvrage « pionniers », qui prennent le risque de s’engager dans des opérations pilotes et dupliquent ces expériences. Celles-ci leur

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ont alors permis de dresser les premiers bilans, puis d’élaborer leurs propres référentiels ou guides, devenus au-delà de simples modes d’emplois de véritables « armes » dans la compétitivité territoriale. Tous n’ont pas le même objectif, ni la même qualité : quand certains se disent « guides de bonnes pratiques », d’autres entendent s’imposer aux aménageurs et promoteurs qui interviennent sur leur territoire ; la plupart se veulent opérationnels, même si certains entendent davantage orienter les décideurs.

Pourtant, le parcours de ces différents documents nous mène au constat qu’ils se rejoignent sur les aspects suivants : -

le sentiment de beaucoup de répétitions, puisque leur organisation est thématiques et qu’elles se recoupent toutes en urbanisme ;

-

ils mettent sur le papier, qu’ils intitulent « quartiers durables » ou « écoquartier », des principes d’urbanisme connus, voire assimilés puis mis en application depuis la loi SRU notamment, aux côtés de nouveaux principes plus ambitieux et quantifiables quant à la performance énergétique des bâtiments entre autres ;

-

plusieurs critères concernant particulièrement le volet social du développement durable sont difficilement évaluables et peuvent questionner sur leur utilité dans la pratique en opposition à leur utilité dans la communication et l’enjeu politique du projet

Par exemple, la commission « quartiers durables » des Eco-Maires2 a choisi de classer une liste quasi-exhaustive de critères les concernant en quatre familles : -

Urbanisme et aménagement

-

Qualité environnementale du tissu urbain

-

Développement social et économique

« Les Eco Maires fédèrent et agissent depuis 1989, pour et avec près de 700 communes ou EPCI dont les élus ont choisi d’inscrire, dans leur politique, l’approche environnementale et le développement durable comme prioritaire. […] Ils ont la volonté de placer l’environnement au cœur de leurs préoccupations d’élus de terrain. […] Après 15 ans d’activité, Les Eco Maires sont aujourd’hui le premier réseau national d’élus mobilisé sur les problématiques environnementales et de développement durable. De précurseur en terme politique, méthodologique, le réseau est aujourd’hui devenu un réel outil pour les acteurs du territoire et les enjeux nationaux. » 2

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-

Gouvernance, pilotage et gestion du projet

Urbanisme et aménagement : assurer l’intégration et la cohérence du quartier avec le tissu urbain et les autres échelles de territoire U-1 Atteindre la mixité urbaine et fonctionnelle en favorisant la qualité et la mixité de l’offre de logement et en créant des lieux de vie collective et des lieux de rencontre U-2 Créer des espaces publics et privés de qualité et assurer leur cohérence grâce à des transitions maîtrisées (espaces privés, publics, intérieurs et extérieurs) U-3 Assurer l’accessibilité de tous les usagers aux bâtiments et espaces extérieurs U-4 Assurer la desserte externe en développant les modes de déplacement doux et en commun U-5 Optimiser les modes de consommation de l’espace : promouvoir un urbanisme compact et renouvelé pour maîtriser l’étalement urbain U-6 Prévoir l'adaptabilité et la réversibilité des aménagements U-7 Prévoir des aménagements favorisant la bonne gestion des questions de sécurité U-8 Mettre en valeur (conserver, gérer...) le patrimoine architectural, urbain et paysager et valoriser l’existant autant que possible (bâti, biodiversité) Qualité environnementale du tissu urbain : inciter les constructeurs à viser la qualité environnementale pour l’ensemble des bâtiments Q-1 Mettre en place une politique d’efficacité énergétique (économie d’énergie) et développer l’utilisation des énergies renouvelables Q-2 Prévoir une gestion intégrée des eaux (économies de consommation d’eau potable, perméabilisation des surfaces, gestion et valorisation des eaux pluviales, autoépuration, réseau séparatif eaux usées/eaux pluviales) Q-3 Prévoir une gestion intégrée des déchets d’activités, encombrants, ordures ménagères, déchets recyclables (ex : collecte, apport volontaire, réduction à la source) Q-4 Lutter contre les nuisances sonores (réduction à la source, isolation, qualité des ambiances sonores, bonne gestion des activités sonores...) Q-5 Anticiper les risques naturels et technologiques et réduire la vulnérabilité Q-6 Développer des relations harmonieuses des bâtiments et des îlots avec leur environnement immédiat Q-7 Assurer une gestion climatique du quartier (forme du bâtiment, ventilation naturelle, végétation, fontaines...) Q-8 Assurer une qualité esthétique et paysagère Q-9 Mettre en place une politique de végétalisation et d’entretien et favoriser la biodiversité par les choix de conception et de gestion des espaces verts Q-10 Améliorer la qualité de l’air et assurer un confort olfactif Q-11 Assurer une gestion différenciée des animaux en ville Q-12 Organiser des chantiers à faibles nuisances Q-13 Favoriser l’utilisation de matériaux à faible impact sur l’environnement Développement social et économique : repérer et appuyer les ressources dynamiques et initiatives locales

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D-1 Favoriser le lien social et culturel entre les habitants du quartier et le reste de la ville (construction) et garantir un logement satisfaisant sur place à toutes les personnes déplacées (réhabilitation) D-2 Promouvoir la formation et l’information au cœur de la vie de quartier D-3 Favoriser le maintien et la création d’activités : nouveaux services, nouveaux métiers D-4 Adopter une approche en coût global du projet et de ses composantes (investissement, fonctionnement et impacts) D-5 Organiser la mixité et le lien social, culturel et intergénérationnel D-6 Prévoir un programme de création d’équipements D-7 Favoriser la gestion de proximité Gouvernance et pilotage : se doter d’une ambition commune et partagée pour le quartier G-1 Mettre en place un pilotage spécifique via la création d’une structure propre au projet bénéficiant d’une certaine autonomie, de compétences transversales et d'un budget propre G-2 Choisir et mettre en place des outils de gouvernance (participation, transparence et communication) G-3 Se situer dans une démarche de qualité : évaluer et adapter le projet à chaque étape G-4 Mettre en commun, promotion, capitalisation et partage des expériences G-5 Reconnaître, valoriser et faire évoluer les métiers, les compétences et les dispositifs, notamment par la formation et les échanges G-6 Mettre en place un système de management adapté au projet et le faire évoluer G-7 Favoriser une meilleure coordination entre la collectivité et les organismes Institutionnels.

De son côté, le PUCA, dans son dossier « Concevoir un écoquartier », décline les clés de la réussite d’un écoquartier. Pourtant, son contenu est à peu près le même que celui du guide des quartiers durables des Eco Maires, mais organisé et formulé de façon différente. Encore une fois, la confusion est la plus totale, surtout quand on lit dans son introduction que ce document est « un résumé des éléments de connaissance réunis par le PUCA au travers de plusieurs programmes de recherche et d’expérimentation : le programme d’expérimentation Villa Urbaine Durable, le programme de recherche Habitat Pluriel et l’atelier de réflexion “Quartier Durable” ». 3

Le plan du dossier, qui relate les critères du PUCA pour un écoquartier, est le suivant :

« Concevoir un éco-quartier », dossier paru dans Premier Plan, le journal d’information du PUCA, n°16, janvier-juin 2008.

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Une nouvelle façon de penser et d’agir : -

Un mode d’organisation renouvelé Préserver les atouts locaux

Gérer la croissance urbaine : -

Lutter contre l’étalement urbain Structurer le développement urbain Maintenir la biodiversité

Organiser les déplacements : -

Services de proximité et transports collectifs Favoriser les déplacements doux Des outils juridiques au service des déplacements

Localiser l’écoquartier, dessiner un quartier cohérent : -

Organiser la proximité Espaces publics et commerces de proximité Créer de la valeur ajoutée

Eco-aménagement, éco-construction, éco-rénovation : -

Gouvernance et éco-gestion La participation comme moteur Le management environnemental

A la lecture de ces deux documents, on se rend assez vite compte, que si leurs intitulés ne sont pas identiques (« quartiers durables » et « écoquartiers »), leur contenu est très proche. Par conséquent, on peut d’ores-et-déjà affirmer que le discours est à peu près identique sur les deux notions, à voir maintenant si c’est le cas dans la pratique donc dans l’interprétation.

L’exemple suivant illustre bien la diversité des interprétations qui peuvent être faites de l’écoquartier, d’un pays à l’autre. L’usage du terme « écoquartier » par la Ville de Montréal au Québec est tout à fait singulier et mérite d’être évoqué, en comparaison avec celui qu’on en fait en France et en Europe. Il s’agit, en effet, d’un programme d’action environnementale de la Ville de Montréal créé en 1995 qui consiste en un soutien financier à des organismes communautaires désirant réaliser à l'échelle des quartiers et des arrondissements des activités de divers ordres : propreté, gestion écologique des matières résiduelles, embellissement et amélioration du patrimoine végétal.

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Les objectifs du programme « Eco-quartier » sont les suivants4 : -

la promotion de l'éco-civisme dans les habitudes de vie des Montréalais;

-

l'incitation à la prise en charge des préoccupations environnementales par les citoyens;

-

l'amélioration de la propreté des quartiers montréalais;

-

l'embellissement du paysage urbain et l'enrichissement du patrimoine végétal

-

l'augmentation de la participation des Montréalais aux programmes verts établis dans les arrondissements (collecte sélective…)

Par conséquent, ce programme n’a en aucun cas l’ambition de concevoir un projet d’urbanisme écologique. Ces actions visent en priorité la responsabilisation des habitants visà-vis de l’environnement et la prise de conscience de leur implication possible dans l’évolution des modes de vie urbains. Aussi la vocation sociale du programme découle quasinaturellement des précédentes puisqu’il permet des échanges entre habitants du même quartier qui n’existaient peut-être pas encore et donc une meilleure appropriation de leur lieu de vie. Enfin, il a permis la création d’en moyenne 400 emplois par ans depuis sa mise en place. Si les objectifs de départ paraissent faibles en termes de performances environnementales, en comparaison avec ceux des écoquartiers tels qu’on les connait en Europe, ils convergent vers une durabilité sociale des quartiers existants, donc une durabilité de la ville. On peut imaginer que cette démarche est une façon de mener les habitants à multiplier leurs initiatives de façon spontanée et à avoir un jour des projets d’éco-construction par exemple. Au final, le résultat pourrait, au même titre que pour les quartiers européens, s’apparenter à de la ville durable. Pourtant, depuis 2000, les Éco-quartiers connaissent des difficultés de financement qui vont en s’accentuant d’année en année, essentiellement causées par une réduction des financements publics. Aujourd’hui, ils comptent plus sur les dons et subventions privés qui croissent régulièrement depuis 2004.

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Site internet de la Ville de Montréal, Québec.

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1.1.2. De « quartiers durables » à « écoquartiers »

On note donc déjà une contradiction dans le choix des mots utilisés par techniciens et élus, et selon les sources, certaines opérations comme par exemple l’île de Nantes, apparaissent tantôt en tant que « quartiers durables » tantôt en tant qu’ « écoquartiers ». Par exemple, la revue scientifique « techno-science », reprend la définition proposée par Wikipedia : « Un écoquartier est un projet d'aménagement urbain visant à intégrer des objectifs de développement durable et réduire son empreinte écologique. De ce fait, il insiste sur la prise en compte de l'ensemble des enjeux environnementaux en leur attribuant des niveaux d'exigence ambitieux. […] On trouve des exemples d'écoquartiers dans de grandes métropoles européennes comme Stockholm, Hanovre, Fribourg-en-Brisgau (Vauban), Malmö ou Londres (Bedzed). » Pourtant, ces mêmes quartiers sont définis dans le guide des expériences européennes de l’ARENE comme étant des « quartiers durables ».

En fait, ils désignent tous deux ce concept innovant d’urbanisme durable mais certains spécialistes les distinguent : le quartier durable intégrerait tous les volets du développement durable (environnemental, économique, social et celui de la gouvernance), alors que l’écoquartier se concentrerait essentiellement sur le volet environnemental. Par exemple, le Certu différencie ces deux appellations dont l’approche est selon lui fondamentalement différente :

-

« un écoquartier est un quartier urbain, conçu de façon à minimiser son impact sur l’environnement, visant généralement une autonomie énergétique, et cherchant à diminuer son empreinte écologique et/ou rembourser sa dette écologique.

-

un quartier durable est un morceau de ville qui s’inscrit dans le cadre d’une démarche volontaire et répond à des objectifs plus larges : 

une conception et une gestion intégrant les critères environnementaux



un développement social urbain équilibré favorisant la participation active des habitants, la mixité sociale et des lieux de vie collective,

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des objectifs de développement économique, de création d’activités et d’emplois locaux,



les principes de la gouvernance que sont la transparence, la solidarité, la participation et le partenariat. »

C’est sur cette façon de les différencier que je m’appuierai pour les traiter tout au long du mémoire. D’autres s’accordent à dire qu’ils se distinguent par leur situation : « Lyon Confluence » et « Ile de Nantes » sont des opérations d’aménagement durable car elles sont d’abord des opérations de renouvellement urbain, se basant sur l’existant pour créer la ville dense. Le développement durable s’accorde mieux en effet à cette reconstruction de la ville sur ellemême qu’à une urbanisation périphérique – ce qui a cependant été le cas de nombreux écoquartiers européens. En ce sens, Cyria Emelianoff, maîtresse de conférences à l’université du Mans, définit les politiques d’urbanisme durable comme ayant « pour priorité de remettre à niveau les territoires dégradés sur les plans social et environnemental, en dépolluant, par exemple, des sols contaminés, en éloignant les incinérateurs des zones d’habitation, en luttant contre la spéculation foncière, etc.5 »

Par ailleurs, ce qu’on retrouve surtout dans l’imaginaire du terme « écoquartier » et moins dans « quartier durable » est sa dimension expérimentale et l’effet vitrine qui en découle pour la ville qui sera son laboratoire. Cet effet est positif dans le sens où il permet une véritable sensibilisation et prise de conscience du grand public et des décideurs politiques, et permet également des retombées économiques importantes pour la collectivité qui finance ces projets coûteux et risqués. Cependant, c’est justement ces aspects qui questionnent la durabilité de ces quartiers, s’ils sont plus des vitrines écologiques que des projets de développement urbain durable dont les répercutions s’appliqueraient à toute la ville. Il faut notamment garder en tête que certains de ces quartiers, des plus médiatisés, ont été réalisés pour des évènements internationaux. Ainsi, le quartier BoO1 de Malmö, construit à

5

Urbia, n° 4, Université de Lausanne, juin 2007.

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l’occasion de l’exposition européenne pour l’habitat, est présenté comme une réalisation exemplaire d’un point de vue environnemental. C’est aussi le cas de la ville d’Hanovre qui crée le quartier de Kronsberg, véritable « village expo » en vue de l’exposition universelle de 2000 : le but était autant de donner une image de marque à la ville que de créer un quartier ex-nihilo écologique. Enfin, la ville de Stockholm, candidate pour accueillir des Jeux Olympiques de 1994, lançait son projet d’écoquartier au même moment.

En fait, cette confusion due à l’abus de l’utilisation d’un mot dont on n’a même pas de définition commune nous oblige à détecter ce qu’entend chaque maître d’ouvrage par écoquartier quand elle en parle et décide d’en réaliser, pour saisir quel sera réellement le contenu du projet. Donc, dès le départ, il faut se mettre d’accord sur ce qu’on comprend par écoquartier et on peut noter trois principales interprétations :

-

un lotissement écologique : > peut juste constituer la somme de "maisons écologiques"

-

un quartier écologique : > la somme de "bâtiments écologiques" > une densité importante de logements > la place de la voiture amoindrie

-

un quartier durable : > des bâtiments et aménagements dont l’impact sur l’environnement est limité > une mixité sociale, urbaine et paysagère pour une meilleure qualité de vie > prend en compte les besoins des habitants et usagers > développe l’économie et emploi des ressources locales > impulse des initiatives collectives, fait naître des modes de vie partagés > évolutif

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La plupart des maîtres d’ouvrage qui ont l’intention de faire un écoquartier auront le sentiment qu’ils vont créer un quartier durable, car c’est ce qu’il FAUT faire, de la même façon qu’il FAUT avoir une politique de développement durable aujourd’hui pour une collectivité. C’est pourquoi je choisis de retenir la définition des quartiers durables de l’Association des Eco-Maires : « Le quartier durable est un territoire qui, pour sa création ou sa réhabilitation, intègre dans une démarche volontaire, une conception et une gestion intégrant les critères environnementaux, un développement social urbain équilibré favorisant la valorisation des habitants, la mixité sociale et des lieux de vie collective, des objectifs de développement économique, de création d’activités et d’emplois locaux, les principes de la gouvernance que sont la transparence, la solidarité, la participation et le partenariat. » Elle me parait la plus aboutie pour pouvoir comparer et critiquer les exemples d’expériences qualifiées d’ « écoquartiers » dans la suite du document. Tout comme m’appuierai sur la distinction précédemment suggérée entre lotissement environnemental, quartier écologique et quartier durable.

1.1.3.Vers une labellisation de l’urbanisme durable ?

Des critères théoriques communs pour des projets différents

Les dimensions auxquelles s’appliquent les quartiers durables européens les plus célèbres sont globalement les mêmes mais ne sont pas traitées également, et pas toutes dans chaque quartier.

La densité est un des points fondamentaux, puisqu’elle résulte de l’intégration de la notion de proximité et d’équilibre entre logements, équipements, lieux de travail, dans un but évident de réduction de la part de l’automobile dans les déplacements quotidiens. Pour l’ARENE, « une conception urbaine environnementale durable s'appuie sur des notions de ville “courtes distances” ou ville “compacte”. En effet, un quartier durable correspond souvent à l'idée de village urbain qui inclut des densités élevées, des mixités d'usages et de fonctions en lien avec

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l'accessibilité et la reconnaissance de la rue comme élément structurant et d'animation. » Mais cette densification, n’est pas approuvée par tous puisque certains défenseurs de l’environnement lui attribuent le manque d’intégration de parcs et espaces naturels dans les villes.

La réflexion sur les flux est aussi centrale ; elle concerne surtout le nombre de déplacements quotidiens des actifs entre leur domicile et leur lieu de travail, le motif de déplacement le plus important, et qui ne cesse d’augmenter. Ils posent de plus en plus problème car les routes sont toujours saturées en heures de pointe, la voiture restant encore le mode de déplacement le plus utilisé, vu le peu d’alternatives. Les solutions sont de deux types : la réduction du nombre de déplacements grâce à plus de mixité des fonctions ou le passage à des modes de transport alternatifs

La dimension sociale apparaît légitimement mais théoriquement dans tous les projets de quartiers durables ; un élément impondérable mais qui sous-entend essentiellement une mixité sociale et générationnelle des futurs habitants du quartier, sensés créer du lien social grâce à des recettes d’urbanistes. En effet, le guide des expériences européennes assimile le quartier à « un écosystème mettant en scène des individus de cultures différentes, d’activités et modes de vie divers. » Ceci n’est pas remis en cause, mais la seule diversité de ses habitants n’en fait pas un quartier socialement durable.

La réalisation de quartiers durables se traduit aussi inévitablement par la mise en œuvre de technologies innovantes dans les domaines de l’environnement et de la construction, potentiellement vectrices du développement de nouvelles filières économiques.

Enfin, les modalités de mise en place d’un quartier durable suivent un mode de gouvernance qui se veut participatif. C'est-à-dire que la maîtrise d’ouvrage des projets fait interagir les différents acteurs en les formant et les informant sur les différentes dimensions d’un quartier durable précédemment abordées, afin de mieux les intégrer à un projet qui répondra à leurs attentes.

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Au-delà de ces différentes dimensions, l’échelle d’intervention que constitue le quartier est également un élément transversal aux projets. Cette échelle s’inscrit dans la volonté d’agir localement tout en pensant global. La territorialisation de l’action publique dans le but d’une meilleure prise en compte des spécificités du site entre pleinement dans une démarche de développement durable. Cette échelle prend notamment tout son sens dans des opérations de rénovation urbaine ou de revitalisation. Si elle paraît pertinente, l’enjeu des quartiers durables la dépasse largement et l’objectif ultime reste celui de la ville durable.

La pertinence d’une labellisation

Les écoquartiers sont devenus vraiment populaires quand le monde a réalisé qu’il était trop dépendant d’une énergie dont le prix peut varier très vite et menacer sérieusement son économie. Donc, même si les premières expériences d’écoquartiers sont innovantes car nées d’un groupe de personnes militantes et partageant des désirs de qualité de vie supérieure tout en réduisant leur impact sur la planète, le grand public a très vite concentré son intérêt sur les performances énergétiques des bâtiments et les économies qu’elles génèrent. En effet, l’univers de la construction étant encadré par une palette de réglementations, labels et autres certification, ses performances sont quantifiables et permettent une évaluation dont les résultats vont communiquer de façon efficace. De plus, à partir du moment où l’intérêt des pouvoirs publics a été suscité, l’investissement pour la recherche dans ce domaine a explosé et des avancées sont faites chaque jour. S’ils ont l’avantage indéniable d’exister et d’être reconnus, dans quelle mesure les architectes s’en sortent-ils encore parmi les RT 2005, HPE, THPE, EFFINERGIE ou HQE, et ne sont-ils pas tentés de s’en libérer pour simplement travailler à base de bon sens ?

Si les grands principes d’urbanisme durables sont au moins aussi importants que la performance énergétique de ses bâtiments pour sa viabilité à long terme, ils sont impondérables et restent des notions difficilement accessibles au grand public. Par conséquent, la tentation de labellisation, de définition de critères précis et universels pour un urbanisme durable est forte et on peut d’ores et déjà s’interroger sur une possible

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standardisation méthodologique via l’adoption d’outils, tels les « référentiels aménagement durable », identiques quel que soit le territoire. Mais la normalisation d’une série de solutions, ne serait-elle pas contradictoire avec le caractère évolutif propre à la notion de développement durable ?

Par ailleurs, si des tentatives ont déjà été faites, on constate qu’en urbanisme, la réglementation et la création de labels n’a pas un impact aussi fort qu’en construction. Les principes de développement durable qui ont modelé les nouveaux documents d’urbanisme (SCOT et PLU) suite à la loi SRU ou encore le label HQE pour une opération d’aménagement, n’ont pas suffit à satisfaire à l’appétit de performance des militants, urbanistes puis pouvoirs publics et société civile. La preuve : l’engouement pour les écoquartiers! En effet, dans un contexte d’urgence environnementale ajouté au phénomène de mode autour de l’écologie, l’écoquartier comme intervention innovante et forte de ses contraintes, plait énormément et fait figure de solution « miracle ». Ceci qui explique leur médiatisation, qui va aussi permettre leur comparaison et jouer un rôle supplémentaire d’évaluation des écoquartiers. Le problème de la Haute Qualité Environnementale, est qu’on comprend difficilement son impact, ce qui la décrédibilise fortement. En effet, elle est à la fois un label (HQE), mais surtout une démarche de qualité et de management de cette qualité laissé à la volonté des décideurs. Cette liberté de choix en fait donc avant tout une démarche volontaire, une méthode de travail, et les projets HQE peuvent être très différents suivant la sélection des cibles (parmi les 14) et leur hiérarchisation, les programmes, les acteurs. Il en va de même pour les écoquartiers dont le contenu dépendra aussi de ce que la maîtrise d’ouvrage veut y mettre, et il s’agit en fait de placer le curseur sur les différentes thématiques abordées précédemment : -

insertion du projet dans son environnement naturel et urbain

-

proposition de solutions de gestion des eaux pluviales

-

optimisation des performances énergétiques de l’aménagement (orientations, volumétrie…)

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-

proposition de densité qui préserve la qualité de vie (convivialité, diversité, intimité…)

-

limitation de la consommation de ressources (eau, énergie, matériaux…)

-

définition et anticipation des choix de gestion future

-

implication des habitants dans le projet (autopromotion, participation, partenariat, …)

En plaçant ce curseur, le maître d’ouvrage ne doit pas oublier qu’il agit en fonction d’un problème posé et non en fonction des solutions à disposition, c’est satisfaire la demande des usagers en minimisant les impacts sur l’environnement et non piocher parmi les morceaux du modèle en kit de l’écoquartier. Finalement, la labellisation des écoquartiers paraît à la fois inutile et totalement contradictoire avec les principes du développement durable.

De la labellisation à la capitalisation de l’écoquartier

Les collectivités françaises veulent faire des écoquartiers parce qu'elles ont vu ce qui s'est fait il y a plusieurs années dans les pays du Nord. Selon Taoufik Tsouami, enseignant chercheur à l'Institut français d'urbanisme et consultant auprès des collectivités, « ces modèles ont un effet paralysant car, de France, on ne regarde que le résultat. Avec le regard focalisé sur les performances, on oublie de voir l'essentiel : le processus de fabrication. Il y a derrière cette approche une sorte d'élitisme consistant à vouloir instaurer un modèle de quartier durable. » Pour lui, il s’agit, avant de vouloir imiter nos voisins, de savoir comment capitaliser ces quartiers, car ils doivent s'inscrire dans un processus plus large qui se déroule à l'échelle de la ville. Par « capitaliser », il entend que ces quartiers doivent être des lieux de formation efficaces pour les différents acteurs de la ville. En effet, si un tel projet réunit une équipe de maîtrise d’œuvre pluridisciplinaire venant d’horizons géographiques divers, les acteurs locaux peuvent acquérir des compétences qu'ils pourront réutiliser sur d'autres projets. Par ailleurs, c’est l’occasion de communiquer sur le projet en organisant par exemple des ateliers de formation pour les artisans et entreprises

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locales qui pourront également réutiliser ces savoir-faire devenus indispensables pour répondre aux projets suivants. Par ailleurs, une maîtrise d‘ouvrage composée d’acteurs aux compétences élargies (collectivités, aménageurs, promoteurs, des opérateurs de services urbains, des entreprises de fourniture d'énergie et de communication) permet de déboucher sur du « sur-mesure technique ». Enfin, l’obtention d’un financement symbolique ou qualitatif est plus important que quantitatif, car ses répercutions seront d’autant plus grandes qu’il est un gage de qualité du projet6.

6

"Capitaliser l'écoquartier à l'échelle de la ville", interview de Taoufik Tsouami, Le Moniteur, 2009.

25


26


1.2. Décalage entre discours et pratique : leurs failles

Comme il n’existe pas de définition officielle de l’écoquartier, ni de label qui définisse des critères pour lesquels des objectifs précis et chiffrés sont à remplir, il s’agit beaucoup d’un concept sur lequel on communique et par lequel on se convainc de la « bonne » façon de faire la ville aujourd’hui : les urbanistes et autres techniciens y trouvent un nouveau mode de conception de la ville, celui du 21e siècle, les décideurs politiques un moyen de réaliser des projets justifiés en majeure partie par l’urgence environnementale. Après nous être intéressé aux contradictions qui peuvent exister entre les différents discours tenus sur la définition et le contenu d’un écoquartiers, nous nous pencherons sur les différentes interprétations, c'est-à-dire la mise en pratique du discours dans le projet.

1.2.1. Y’a-t-il un modèle au regard des expériences européennes ?

Ce tableau d’analyse des différents projets permet à la fois de distinguer les atouts et inconvénients de chacun, mais aussi leurs similitudes et constituent un moyen de les évaluer en les comparant. J’ai choisi de comparer les caractéristiques d’exemples nord-européens et français célèbres, non-pas pour tenter de faire un travail exhaustif, mais car les premiers sont plus anciens et il est intéressant de voir comment les second s’en sont inspiré. Il n’y pas d’exemple qui soit réellement sans faille, ils respectent tous un minimum de critères de base et choisissent d’en expérimenter certains autres de manière plus poussée. Le tableau suivant a été réalisé avec les sources du guide des expériences européennes de l’ARENE et du dossier sur les écoquartiers de « La Revue Durable. »

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Localisationsituation

Etat d'avancement

Origine du projet

Surface Nombre d'habitants

Confluence

Bonne

Bo01

Vauban

Lyon

Grenoble

Malmö(Suède)

Freiburg (Allemagne)

Friche portuaire, ancien marché de gros, presqu'île artificielle entre Saône et Rhône fin prévue 2030, premiers

Fin première tranche :

bureaux en 2007, premiers

2008 Deuxième tranche :

logements fin 2009

2010

Sur le polder Västra

Ancienne caserne

Hamnen, banlieue Ouest

militaire, première

de Malmö

couronne

Achevé

Achevé

Création : 1999

Création : 1994

Opération pilote, ville

fort déclin économique de

Première tranche :

engagée dans la

la ville en 1990, accueil de

renouvellement urbain

promotion de l'urbanisme

l'exposition européenne

Deuxième tranche : ex-

durable

de l'habitat

nihilo

150 ha dont 70 espaces pub.

8,5 ha

30 ha

38 ha

20000

850

3500

5000

35% à loyers modérés

non-renseigné

5% de logements sociaux

Volonté de la ville de développer cette friche en harmonie avec la nature

%age logements 20% à loyer modéré + 15% accès sociaux

Ancienne caserne

aidé à la propriété

chaudière thermique pour solaire thermique et Energie

photovoltaïque, chaudières collectives au bois ou pompes à chaleur

45% de l'eau chaude sanitaire, centrale photovoltaïque, réseau de chauffage à distance au bois, cogénération

auto-suffisance énergétique (réseau de chaleur urbain, éoliennes,

habitat passif

panneaux solaires)

d'électricité

récupération des eaux de pluie, Eaux

récupération des eaux de zone humide, canal à ciel récupération des eaux de

noue, bassins, toitures

pluie, noue, bassins,

ouvert, toitures

pluie, noue, bassins,

végétalisées

toitures végétalisées

végétalisées etc.

toitures végétalisées

matériaux locaux où pas Matériaux

recyclage des matériaux de démolition

-

au-delà d'une certaine distance pour les produits

matériaux locaux et sains

plus rares mise à disposition de Transport mobilité

raccordement au tramway,

une ligne de tramway,

voitures écologiques -

place de l'automobile très

berges aménagées pour piétons

plusieurs lignes de bus,

stationnements réservés

réduite, parking silo,

véhicules propres -

cheminements doux,

voiries piétones et

tramway

et vélos - stationnement en sous- cheminements doux, une sol, nombre de places habituel

seule place par logement

cyclables

conférences et Promotion,

feuille d'information et livre à

manifestations tous les

information,

l'intention des futurs usagers du

deux ans lors de la

participation

quartier

biennale d l'habitat durable

consultation auprès des autorités locales, associations, entreprises et citoyens - action d'éducation à l'environnement

coopérative de construction, association d'habitants à l'initiative de l'écoquartier, nouveaux modes de vie


1.2.2. Des expériences jeunes mais qui présentent déjà des failles

Etant donnée l’ampleur de leur médiatisation, les écoquartier ont très rapidement fait l’objet, entre multiples louanges, d’abondantes critiques, et nous allons dans cette partie nous concentrer sur les failles les plus fréquemment évoquées de nos quartiers « modèles ».

Les trois piliers du développement durable inégalement pris en compte

Les

premiers

écoquartiers

sont,

dans

leur

quasi-totalité,

issus

de

politiques

environnementales antérieures des municipalités, encourageant les initiatives techniques écologiques. Aussi, ils répondaient à l’urgence de trouver des alternatives énergétiques tout en limitant leur impact sur la nature. De plus, l’innovation est allée très vite pour ces aspects des projets car ils bénéficiaient systématiquement d’un appui d’experts en écologie capables de chiffrer et évaluer les progrès. Ce qui explique que le volet environnemental du développement durable soit toujours prioritairement traité et c’est ce qui fait que ces écoquartiers ne soit pas considérés comme des quartiers durables, selon la définition sur laquelle j’ai choisi de me baser.

Par ailleurs, dans les exemples européens, la dimension économique était déjà bien présente, vu que la motivation pour la conception de ces quartiers a plusieurs fois été l’accueil de grands évènements d’échelle internationale et donc le renforcement l’attractivité économique à l’échelle de la ville. Ici, la durabilité économique recherchée dépassait nettement l’échelle du quartier et les répercussions sur le quartier lui-même sont minimes. Aujourd’hui, les écoquartiers ne sont plus uniquement l’affaire de pionniers « écolos » quasiment marginaux, car sont venus s’associer à l’urgence environnementale, la crise économique et l’instabilité des coûts de l’énergie. Ces phénomènes ont provoqué un redoublement d’intérêt vis-à-vis des constructions durables et énergies alternatives puisqu’on y voit maintenant un moyen de faire des économies. Toutefois, ces éléments de progrès économiques ne suffisent pas à ce qu’on puisse parler de durabilité économique. On peut dynamiser économiquement un quartier en mixant les fonctions, c'est-à-dire en ayant des logements, des locaux d’activités et bureaux qui génèrent

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de nouveaux emplois, des commerces, des services et équipements dans la même opération. Cette mixité permet aussi de réduire indirectement les frais des ménages en transport, que ce soit pour aller travailler, faire leurs courses ou accompagner leurs enfants à l’école, ce qui représente la part la plus importante de leur budget après le logement. Par conséquent, même si la dimension environnementale est toujours la plus traitée dans les projets, elle s’accompagne maintenant d’une ambition de durabilité économique de la part de la collectivité comme des habitants.

S’ils sont nés du besoin d’expérimentation de techniques innovantes en matière d’énergie et de construction, les écoquartiers ne peuvent aujourd’hui plus continuer à être pensés de cette façon. Nous savons présentement qu’il est possible techniquement de fabriquer la ville autrement mais ces prouesses en éco-construction ne suffisent pas à prétendre qu’ils sont des quartiers durables. En effet, le développement durable ne se limite pas à la durabilité écologique et la dimension sociale est trop souvent prise en compte de manière anecdotique. De manière générale, on constate qu’en France il s’agit de citer dans ses intentions qu’un point fort du projet est la mixité sociale et on la mettra en œuvre en produisant 20% de logements sociaux. Mais cette mixité sociale étant elle-même difficilement définissable, on comprend les difficultés à la mettre en application. S’agit-il d’intégration ? De disperser des pauvres dans l’espace urbaine ? De faire cohabiter des classes sociales qui n’ont pas « vocation » à se rencontrer ? D’autres aspects sont souvent mis de côté, comme l’accessibilité du quartier aux personnes à mobilité réduite ou la construction de logements adaptés aux handicapés et personnes âgées. Si on constate des difficultés à intégrer à la dimension sociale dans les projets d’écoquartiers, elles se répètent dans le cas où on veut intégrer l’écologie à la rénovation des quartiers d’habitat social. Par exemple dans le quartier de Vesterbro à Copenhague, la limitation des conflits sociaux et le maintien de la démographie du quartier étaient des objectifs forts du projet de rénovation urbaine. Or on constate aujourd’hui paradoxalement qu’il a eu du succès auprès d’une couche sociale aisée mais que l’augmentation des loyers a fait fuir les plus modestes.

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A Auxerre, l’ANRU a voulu intégrer la nature à la transformation du quartier des Brichères : 300 maisons mitoyennes remplacent trois tours dynamitées, deux barres ont été rénovées, des jardins, zones vertes, vergers et mares abondent. Pourtant, le résultat se veut médiocre en termes d’économie d’énergie, avec des bâtiments qui se limitent à respecter la réglementation thermique et une politique de mobilité inexistante. Enfin à Mulhouse, la rénovation du quartier de Bourtzwiller a commencé par la démolition de sept barres de la cité des 420, remplacées par de petits collectifs basse consommation (50kWh/m²/an pour le chauffage et l’eau chaude). Par la suite, il s’est avéré que l’évacuation des 1800 locataires a été jugée « inhumaine », puisque la plupart ont appris la démolition par la presse, des populations âgées, arrivées du Maghreb il y a plus de trente ans, qui ont perdu leur réseaux de solidarité, leur voisins devenus leur famille. Ces exemples permettent de prendre conscience que la durabilité sociale d’un quartier n’est pas simplement le fait d’y trouver de la mixité sociale mais bien la démarche qui a été mise en œuvre avec les différents acteurs du projet et surtout la population.

Comment concevoir des quartiers expérimentaux sans créer des quartiers « tache d’huile » ?

… d’un point de vue social

On reproche beaucoup aux écoquartiers de prôner un développement urbain durable qui sous-tendrait théoriquement des considérations plus humaines, alors qu’ils ont tendance à devenir des « ghettos de riches. » L’écologie étant aujourd’hui, au-delà de sa vocation première, une véritable mode, elle s’est laissé approprier par les classes sociales supérieures et est devenue facteur de discrimination. Selon Jacques Theys et Cyria Emelianoff, dans les projets d’écoquartier, on ne s’attaque pas réellement aux problèmes de ségrégation, d’exclusion et de pauvreté. La perspective des villes serait plutôt la quête de la « qualité totale », une sorte de ville sans défaut : qualité de vie, de formation, de services, des infrastructures ; haut niveau de

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sécurité, normes d’environnement élevées. « Les projets d’écoquartiers visent un standard de vie élevé et un standing écologique. Mais à qui sont-ils destinés et qui en payera le prix ? 7 » Pour Alain Jund, adjoint en charge de l’urbanisme à la mairie de Strasbourg, « quel intérêt de créer une cité vivant à part et affichant quatre étoiles en matière de performance énergétique ? » Leur crainte est que les inégalités écologiques et sociales qui existent déjà entre centre et périphérie des villes se perpétuent entre ces nouveaux quartiers « modèles » et les lotissements pavillonnaires auxquels s’appliquera bientôt le phénomène de paupérisation qui touche déjà les grands ensembles. Par exemple, ce sont les ménages les plus modestes de la périphérie qui sont le plus touchés par l’augmentation du coût des transports, qui atteint aujourd’hui en moyenne 25 à 30% de leur budget.

Pour autant, Cyria Emelianoff ne condamne pas cet « entre-soi » puisqu’à priori nous vivons tous dans un réseau relationnel particulier et plus ou moins choisi, qu’il soit privé ou professionnel. « On dirait une secte ! » est le discours classique de ceux qui sont incommodés par un esprit communautaire et n’en comprennent pas les fondements idéologiques8. Les exemples d’éco quartiers conçus par une association d’habitants, ont montré que le dialogue entre les personnes directement concernées porte largement ses fruits en termes d’innovations et de durabilité du quartier ; un mode de concertation auquel trop de collectivités ont encore peur de se risquer. Même si les personnes qui s’intéressent à la création de ces quartiers appartiennent à une couche sociale aisée et cultivée, elle sont les mieux à même de défendre ces projets et les initier, de mettre en pratique cette écocitoyenneté, mais aussi « d’ouvrir des voies montrant des réalisations concrètes, qui inspirent de nombreux techniciens, élus, professionnels et acteurs civils. »

« Les contradictions de la ville durable », Jacques THEYS et Cyria EMELIANOFF, revue Le Débat, n°113, janvier-février 2001.

7

« L’écoquartier, brique d’une société durable », dossier paru dans La Revue Durable, n° 28, février mars - avril 2008.

8

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…d’un point de vue urbain

Ces projets qui n’entendent pas agir sur l’ensemble de la ville alors qu’ils se veulent durables devraient d’abord être insérés dans le grand territoire qui conditionne son fonctionnement, lui-même conditionné par ceux-ci. Les collectivités se retrouvent face à ces difficultés d’articulation des échelles territoriales en permanence et par exemple dans la problématique des déplacements au cœur du projet qui dépend de la politique de transports de l’aire urbaine. Par exemple, la ville d’Amsterdam a décidé de créer en 1993 un écoquartier de 600 logements sans voitures dans le quartier de Westerpark. Il est prévu que seuls 20% des ménages possèderont une voiture, donc un nombre de places de stationnement réduit à 0,2 par logement mais une ligne de tram les connecte au centre-ville. Or, le nombre d’actifs dans le quartier est supérieur à la moyenne puisque seulement 42% des ménages comprennent des enfants de moins de 18 ans contre 70% à Vauban par exemple, et qu’ils travaillent majoritairement en périphérie de la ville. Rapidement on fait le constat que 40% des ménages possèdent un véhicule et il faudra construire un silo de 400 places de stationnement. Ceci ne remet pas en cause l’échelle du quartier comme échelle pertinente de projet mais pose la question de la nécessité d’un transfert complet des compétences en urbanisme aux intercommunalités par exemple.

Selon Cyria Emelianoff, il ne faut pas dissocier le quartier de la ville, et en ce sens les écoquartiers comprennent des avantages et inconvénients. Ils ont permis de tester de nouvelles normes de construction qui peuvent en suite être généralisées. Mais c’est bien là leur limite, puisqu’un projet urbain n’est pas transférable. D’autre part, « le risque d’une articulation insuffisante entre la ville et ces quartiers, est de conduire à une ville encore plus dissociée, ségréguée, entre quartiers à haute qualité environnementale, où l’on trouve un habitat écologique haut de gamme, et quartiers à basse qualité environnementale. Ce qui revient à accroître les inégalités territoriales et à renforcer le sentiment de relégation dans certaines catégories sociales, lorsqu’elles peuvent appréhender ces nouveaux environnements. L’urbanisme durable ne peut être cantonné à des opérations très

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spécifiques, d’autant que l’action sur le bâti existant est prioritaire en termes de résultats globaux. 9»

Enfin, ce qui participe aussi à « isoler » physiquement ces nouveaux quartiers est son aspect général qui rompt clairement avec le reste du tissu urbain. En effet, l’interprétation bâtie et des espaces publics de principes environnementaux dans les premières expériences d’écoquartiers est très vite devenue la règle pour les suivants. Aujourd’hui on assiste à une reproduction quasi-générique des formes bâties, aspects extérieurs des constructions et aménagement paysagers dans tous les projets d’écoquartiers. Inspirés par les exemples nordiques, nos projets français appliquent un code couleur tout à fait rodé et qui peut paraître décontextualisé et certains dénoncent déjà, après l’«écoquartierisation », la « bedzédisation ambiante » (en référence à BedZED). « La tendance actuelle fait mal aimer les orientations autres que le Sud, les vitrages généreux, le métal, le béton, la minéralisation des espaces publics, le gris, les rues commerçantes, au profit d'une fallacieuse et insupportable idée de campagne en ville ", critique Franck Boutté, directeur de l'agence « Franck Boutté Consultants », spécialisée dans la conception et l'ingénierie environnementale. " La ville durable se fabrique grâce à l'éclosion de quartiers jaunes de soleil, bruns de bois et verts de chlorophylle.10 " Les façades multicolores du quartier Vauban à Freiburg et que l’on retrouve traditionnellement dans les pays nordiques notamment aux Pays-Bas, sont agréablement retrouvées dans les projets car véhiculent une image positive et promettent un cadre de vie de qualité et convivial.

Les quartiers de BO01 à Malmö et Vauban à Freiburg, hauts en couleurs 9

Urbia, n° 4, Université de Lausanne, juin 2007. « L’éclosion prochaine des éco-quartiers français », Les Echos.fr, 29 février 2009.

10

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Cette « enveloppe » physique devient alors un gage de qualité de l’écoquartier, elle lui permet de se baptiser « verte » : avant sa réalisation sur les images du projet, une fois réalisé, sur les photos insérées dans la presse et les documents de communication des collectivités, mais aussi lors des visites organisées notamment pour les collectivités qui n’en auraient pas encore. Comme il s’agit d’opérations sur lesquelles on communique beaucoup, ces images de l’écoquartier sont intégrées en tant que telles et font qu’on les reconnait rapidement sans en connaître véritablement le contenu. L’ennui est que dans la pratique, les collectivités, à force de voir des images correspondre à un type de projet, finissent par être en demande d’images similaires pour leur territoire, car c’est aussi celles qu’attendent son électorat et qui lui permettront de communiquer avec lui et lui faire accepter ces projets d’envergure. Par conséquent, le risque aujourd’hui pour les maîtres d’ouvrage est de se laisser amadouer par des équipes de maîtrise d’œuvre dont la candidature, étoffée de belles illustrations, correspond à leur envie d’écoquartier, mais ne répond en rien à une démarche de développement durable. Soit l’équipe municipale en est consciente et c’est ce qu’elle attend car sa motivation première est d’en faire une vitrine écologique pour la ville, soit elle ne pourra être satisfaite de la prestation du maître d’œuvre car ce projet devait concrétiser par une action forte la politique locale environnementale déjà engagée, et une série de bâtiments en bois entourés d’arbres et de jeux d’enfants n’y parvient pas.

La participation des habitants : capitale mais négligée

La participation facilite la construction de solutions propices à la durabilité du projet. En effet, pour garantir l’adhésion au mode de vie incité, les habitants doivent avoir la possibilité de contribuer à l’élaboration de son cadre. L’identification au lieu et son appropriation en seront facilités, ce qui est plus vrai encore dans les quartiers défavorisés.

Malheureusement, lorsqu’un écoquartier n’est pas à l’initiative d’une association d’habitants, ce principe peine à être respecté par la maîtrise d’ouvrage. Pourtant, plusieurs exemples

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illustrent bien les conséquences de la mise en place ou non d’une démarche réellement participative. Certains espaces publics de Kronsberg à Hanovre réalisés par de brillants paysagistes sont un véritable échec puisque totalement désertés. A l’inverse, les espaces publics d’Augustenborg à Malmö sont complètement investis et parfaitement entretenus par la population qui a voulu les équipements qu’on y trouve.

Les projets d’écoquartiers sont encore assez timides en termes d’innovation sociale et il reste à croiser durabilités sociale et écologique11. Les expériences encore peu nombreuses de rassemblements d’habitants impliqués, concepteurs et gestionnaires fonctionnent bien et seraient à encourager puisqu’aboutissent à des solutions durables. C’est le cas à Vauban pour leur propre politique de stationnement, ou à Strasbourg où un groupe d’habitants promoteurs s’est associé à des bailleurs sociaux. Ces organisations collectives permettent d’aboutir à un projet durable où les nouveaux modes de vie ne sont perçus comme des contraintes et qui offre à l’individu la possibilité de nouvelles pratiques. Enfin, même si la France reste particulièrement réticente à ce type de procédés, avec l'importance que donne le Grenelle au contrat de partenariat, on devrait réussir à passer d'une culture de moyens à une culture de résultats12.

Des efforts d’évaluation et de suivi restent à produire

Selon Philippe Outrequin, co-auteur de « l’Urbanisme durable13 » la France souffre d’une frilosité certaine par rapport à l’évaluation et il manque cruellement de retours d’expériences sur les opérations engagées.

Lille métropole s’est lancée dans la rédaction d’une « Charte des écoquartiers de Lille Métropole » en 2007 qui fixe les objectifs et niveaux d’excellence pour ses futurs écoquartiers. « Urbanisme durable ? », Cyria Emelianoff, 2004. « L’urbanisme durable », Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, Le Moniteur, 2007. 13 « L’urbanisme durable », Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, Le Moniteur, 2007. 11 12

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Elle est accompagnée d’un cahier technique, un cahier méthodologique et d’un dispositif d’accompagnement technique et financier. A cette occasion, elle souligne différents éléments soi-disant manquants aux projets d’écoquartiers, se trouvant essentiellement dans la démarche : -

l’accompagnement des habitants, salariés, usagers, gestionnaires du quartier, présents et futurs, pour favoriser leur appropriation, sur le long terme, des dispositifs environnementaux développés dans le quartier

-

l’accompagnement des entreprises du quartier sur le management environnemental, en lien avec les chambres consulaires

-

la promotion et la sensibilisation du « vivre autrement » : prévoir des dispositifs pérennes pour l’animation de la vie collective et accompagner dans la durée d’initiatives éco-citoyennes

-

le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du projet : le suivi technique des dispositifs développés dans le quartier à l’échelle des bâtiments, de plusieurs bâtiments, du quartier et l’évaluation a posteriori pour un retour d’expérience et une capitalisation des savoirs

Si les besoins des habitants ne sont pas suffisamment pris en compte, que le suivi du projet est négligé, que la pédagogie sur les solutions environnementales et les changements de mode de vie n’a pas eu lieu, l’appropriation du quartier par ses habitants et sa construction identitaire sont impossibles. Le jour où des problèmes d’entretien, de dégradation des espaces publics et communs surviendront et que la qualité de vie du quartier en sera affectée, le phénomène ira en s’accentuant jusqu’à ce que les populations les plus riches quittent le quartier. Les écoquartiers ont beau être perçus aujourd’hui comme des « guettos de riches », ils encourent le risque d’avoir le même sors que les quartiers de grands ensembles avant eux.

A en croire toutes ces critiques, l’écoquartier en tant qu’opération ponctuelle est encore loin de faire la ville durable, le développement durable n’étant pas un concept figé, mais qui évolue avec ses acteurs.

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2. Un concept qui s’étend au monde rural

Pour le moment, les exemples d’écoquartiers européens les plus célèbres sont urbains et le concours « Ecoquartier » du MEEDDAT concerne également les villes. Une des raisons invoquées pour le choix de ces sites est qu’il y a urgence puisque 80% de la population y vit. Pourtant, dans la problématique d’économie d’espace en réaction à un étalement urbain peu maîtrisé depuis plusieurs décennies, la quantité de petites communes sur le territoire, caractéristique de notre pays, est loin d’être négligeable. En effet, c’est justement dans le milieu rural, où la pression foncière est plus faible, qu’on pratique toujours un urbanisme particulièrement gourmand en foncier. C’est notamment pourquoi aujourd’hui la question de l’urbanisme durable concerne tous les types de territoires, et les tentatives d’extensions urbaines dites « exemplaires » tels que les écoquartiers concernent également l’espace rural. Dans un premier temps, nous parcourrons quelques exemples d’expériences d’urbanisme durable en milieu rural ainsi que des guides méthodologiques spécifiques à ces espaces, afin de voir quels en sont les critères et à quel point ils se rapprochent ou s’éloignent de ceux définis pour les quartiers durables urbains. Dans un deuxième temps, nous tenterons de comprendre quelles sont les limites de l’application du concept d’écoquartier dans le milieu rural.

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2.1. Quels critères pour le milieu rural ?

Ecoquartiers ruraux, éco-lotissements, éco-hameaux, lotissements BBC, les exemples et les façons de les nommer se multiplient à grande vitesse, mais sur quels aspects se rejoignent-ils ou non ?

S’inspirer des guides d’urbanisme durable

La collectivité locale est le véritable décideur dans un projet, et c’est à elle d’imposer des contraintes. Les promoteurs quant à eux, s’insèrent dans les limites de la légalité, des normes en vigueur. Ainsi, les collectivités doivent poser des restrictions dans les appels d’offres pour contraindre l’ensemble des acteurs à agir dans le même sens et de façon partagée. C’est pourquoi elles élaborent elles-mêmes des guides, se dotent de chartes comme l’ont fait les agglomérations rouennaise et lilloise par exemple, ou se servent de guides élaboré par des structures de conseil telles les CAUE. Ils leur permettent à la fois de bien comprendre, comment et pourquoi on fait de l’urbanisme durable, comment on formule une commande afin d’obtenir de la maîtrise d’œuvre la réponse attendue, mais aussi d’avoir des outils de communication de qualité dans l’exercice de sensibilisation et de mise en place de dispositifs de participation de la population.

Le « guide des quartiers et hameaux durables » est destiné particulièrement à la Région Midi-Pyrénées et il va sans dire que l’objectif est ici de contextualiser au maximum les critères de réalisation de ces projets afin de toucher un plus grand nombre d’acteurs du territoire au niveau local. Il part de cinq grandes finalités auxquelles l’ensemble des territoires devraient aspirer afin de pratiquer un développement durable. Celles-ci sont déclinées en principes d’actions illustrés par des exemples concrets locaux. Les cinq grandes finalités sont les suivantes : -

La lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère ;

-

La préservation de la biodiversité, la protection des milieux et des ressources ;

40


-

L’épanouissement de tous les êtres humains ;

-

La cohésion sociale et la solidarité entre territoires et entre générations ;

-

Des dynamiques de développement suivant des modes de production et de consommation responsables ;

Finalement, il ne s’agit pas d’un guide particulièrement destiné au monde rural mais qui a pour avantage d’être un outil de communication efficace : adressé à tous et contextualisé, donc participe à réduire les craintes des élus ou habitants en réunion publique lorsqu’on leur présente des concepts tels la densité par exemple à appliquer à leur territoire.

Le guide « Habiter sans s’étaler » du Conseil général et du CAUE de l’Hérault est composé des trois carnets suivants : -

CARNET 1 «L’habitat individuel autrement - Pour une maîtrise du développement urbain», Habitat individuel et densité, éléments référents pour concevoir de nouveaux quartiers.

-

CARNET 2 «Les lotissements résidentiels - Pour une composition urbaine et paysagère de qualité dans l’Hérault» Eléments référents pour concevoir des lotissements de qualité, densité et évolutivité des lotissements résidentiels.

-

CARNET 3 «L’habitat individuel à qualité environnementale - Pour une production bioclimatique et innovante en méditerranée» L’habitat, le développement durable et les défis environnementaux, éléments référents pour concevoir un habitat méditerranéen citoyen.

Il n’est pas annoncé comme destiné au monde rural, mais traitant de la maison individuelle et du lotissement résidentiel, il est largement concerné. Et même si ce guide est également contextualisé à l’Hérault et aux territoires méditerranéens, les principes qu’il illustre peuvent s’appliquer aux maisons individuelles et lotissements résidentiels de toute la France. Il met en avant que l’offre actuelle ne correspond pas à la diversité des besoins et que finalement, l’habitat individuel est, le plus souvent, une solution refuge face à la crainte du logement collectif et au manque d’alternatives, garantes d’une plus grande qualité de vie et de paysage que les lotissements.

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Les collectivités territoriales doivent donc s’engager à mettre en œuvre des projets répondant aux enjeux d’aujourd’hui : -

«Construire plus de logements pour faire face à des besoins croissants ;

-

Diversifier l’offre de logements, y compris de l’habitat individuel, pour répondre à l’hétérogénéité des demandes et permettre des parcours résidentiels adaptés à la situation de chacun ;

-

Maîtriser le développement urbain pour en assurer une meilleure gestion, pour éviter une consommation excessive de foncier ainsi que la privatisation progressive du territoire, pour limiter les expositions aux risques naturels et empêcher la destruction du patrimoine naturel ;

-

Construire de véritables quartiers de vie pour prendre en compte les aspirations des habitants, pour développer des modes de vie plus respectueux des lieux et de l’environnement et pour appliquer les principes de mixité sociale et de qualité environnementale.

-

Promouvoir un habitat individuel autre, favorable à l’épanouissement d’une vie collective,

respectueux

des

besoins

d’espaces

et

des

soucis

d’intimité,

d’individualisation et d’appropriation de l’habitat, intégrant le besoin de nature, jardin, cour ou terrasse, organisé autour de véritables espaces publics, porteurs de qualité de vie. » Un petit catalogue de références d’une vingtaine d’opérations récentes illustre des formes d’habitat intermédiaire dont voici quelques images.

14 maisons en bande, perpendiculaires à la pente, ruelle piétonne à l’avant, jardin à l’arrière : l’opération SPITTELHOF à BIEL-BENKEN (Suisse) offre des possibilités d’urbaniser un terrain en pente d’un bourg rural de façon assez dense en répondant à la demande locale.

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LES BOSQUETS, LE PETIT-BETHENY, (Marne), Opération de 16 maisons individuelles locatives en bois, S’inscrit dans une ZAC de haute qualité

RÉSIDENCE DU CHEMIN VERT, TREMBLAY-EN-FRANCE (93) Opération de 50 logements en 12 maisons plurifamiliales.

Au sujet des nouveaux lotissements, le guide évoque des principes simples d’aménagement de la rue, des stationnements, espaces publics, jardins etc. Mais la véritable réflexion engagée et à laquelle il n’y a pas encore de solution « miracle » se situe au niveau de la densification et l’évolutivité des lotissements. Pour le moment on peut seulement encourager les collectivités à permettre les extensions ou surélévations de maisons individuelles.

Aménagement simple d’une chaussée : 6-7m de large, prévoit le stationnement latéral et une circulation piétonne et cyclable

Stationnement collectif – abrite, ombrage, possibilité de rangements

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Concernant la démarche, il est important de définir un projet urbain, même pour un village, donc de se doter d’un document d’urbanisme vecteur d’un urbanisme de projet et d’utiliser les procédures d’aménagement dans le respect de l’environnement (démarche AEU : Approche Environnementale de l’Urbanisme), développer un politique foncière, s’entourer de conseillers pour la maîtrise d’ouvrage et d’une équipe de maîtrise d’œuvre pluridisciplinaire (urbaniste, paysagiste, architecte…) .

Enfin, le guide « Agrandir le bourg » du CAUE 47 est clairement destiné aux communes rurales, dans le but de les aider à réaliser leurs extensions urbaines dans une logique de développement durable. Il s’agit d’un guide pratique et concis, un bon outil de communication pour les différents acteurs du territoire, puisqu’il restitue la matière issue d’un concours d’idées « La ville à la campagne » organisé en 2004 par le CAUE 47, auprès des étudiants en Ecoles d’architecture de Bordeaux et Toulouse sur quatre communes rurales locales. Il sensibilise simplement aux questions de l’étalement urbain, en évoquant les possibles alternatives au lotissement pavillonnaire, à l’importance de préserver un patrimoine bâti et paysager, au traitement du contact avec la nature et celui des espaces publics et circulation. Et s’il reprend les aspects de l’urbanisme durable que nous avons déjà évoqué en les illustrant de cas ruraux, il met plus particulièrement l’accent sur le fait que fabriquer un cadre de vie soit une action collective et que l’enjeu majeur de notre société est de « dépasser la conception individuelle de l’aménagement pour favoriser une nouvelle conception partagée du «vivre ensemble» ». Pour cela, il appuie sur l’importance d’une démarche globale et partagée, avec l’élaboration d’un document d’urbanisme de qualité en amont, l’évaluation des impacts d’une extension, le rôle de conseil des organismes publics etc. Ici, c’est surtout la démarche d’élaboration du guide qui est à souligner, car elle fait ellemême partie des étapes amont de projets locaux sur lesquels les différents acteurs se seront déjà rencontrés ou partageront des notions lues dans le guide. Cette démarche le fait donc gagner en légitimité et en efficacité. il gagne en légitimité vis-à-vis des acteurs locaux puisqu’il

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Finalement, on notera que les guides dont peuvent s’inspirer les petites villes rurales ou les villages pour leurs extensions urbaines futures n’encouragent pas à y créer des écoquartiers. Bien au contraire, ils incitent à produire un urbanisme durable à l’échelle de la commune tout en donnant des outils opérationnels pour les nouveaux développements. Ceci nous laisse d’ores et déjà penser que le village est une échelle de territoire privilégiée pour créer des extensions urbaines durables et que les écoquartiers comme on les a précédemment définis y seraient inappropriés.

Le lotissement, une diversité des possibles jusqu’à présent peu exploitée

Forges : une démarche AEU pour le lotissement communal Forges est une commune de 200 habitants, située dans le Maine et Loire, qui ne dispose pas d’un véritable centre bourg. La collectivité souhaite créer une vingtaine de logements pour favoriser le dynamisme démographique, tout en réduisant les impacts environnementaux, en valorisant son patrimoine et en créant des logements sociaux. En phase d’élaboration de son PLU, elle souhaite concevoir un urbanisme durable, c’est pourquoi après la réalisation d’un premier plan de lotissement, elle a souhaité renforcer les exigences environnementales du projet. C’est pourquoi elle s’est engagée dans une AEU Dans ce cas précis, c’est l’expression d’une volonté politique forte en matière d’urbanisme et d’environnement qui a permis de réaliser un projet de lotissement alternatif à ceux rencontrés habituellement.

Une fois la démarche d’AEU commencée, le plan d’aménagement et le parcellaire ont sensiblement évolué, pour intégrer entre autres la question de l’ensoleillement (étude des ombres portées) et de la maîtrise de l’énergie, l’organisation des déplacements, la gestion des eaux pluviales, ainsi que le respect du patrimoine.

Cette démarche se décline tout au long du projet : Phase 1 : analyse environnementale du site et du projet initial d’aménagement

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Phase 2 : définition des exigences environnementales applicables sur chaque construction, retranscription dans les documents réglementaires et dans un document de sensibilisation destiné aux acquéreurs de lots. Phase 3 : accompagnement des acquéreurs de lots et des constructeurs pour garantir le respect de la démarche jusqu’à la phase de réalisation des bâtiments. Enfin, l’animateur AEU suscite la participation et l’adhésion de l’ensemble des participants, pour cela met en place un travail de pédagogie.

Le nouveau projet :

Projet avant l’AEU

Projet après l’AEU

- réduction de la taille des parcelles - bâti groupé mitoyen - définition de bandes constructibles (ombres portées) - bouclage du maillage viaire - cheminements doux - bassin de récupération des eaux - choix de revêtements de sol perméables

A priori, ce projet ne s’auto proclame pas « écoquartier », pourtant, il réunit beaucoup de critères d’urbanisme durable. Ce qu’on peut cependant lui reprocher est de ne pas encore intégrer la question de la cohabitation entre anciens et nouveaux habitants du village, une démarche de participation qui n’intègre que les élus, urbanistes, organismes publics mais pas les habitants. En effet, comme son nom l’indique, elle part encore une fois de l’entrée « environnement » du développement durable en laissant de côté les deux autres.

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L’éco-lotissement de Bazougues-sous-Hédé

L’équipe municipale de Hédé (1932 habitants) a construit son éco-lotissement "Les Courtils" avec un double objectif : développer le bourg en préservant son caractère rural grâce à une approche HQE, et renouveler la population en favorisant la mixité sociale. Pour cela, elle a mis en place une démarche intéressante : le terrain est vendu au prix attractif de 63 €/m² (contre 80 € en moyenne), en échange de quoi le futur propriétaire s’engage à construire un logement respectueux de l’environnement. Un ensemble de logements locatifs est également prévu, respectant les mêmes critères HQE. Pour garantir le respect de ces critères, la municipalité a organisé des forums et distribué des fiches informatives sur les matériaux sains, l’isolation thermique ou encore sur la maîtrise des consommations d’eau et d’énergie. Les futurs habitants ont donc ét�� intégrés à l’élaboration du projet et on bénéficié d’un suivi, des commandes groupées ont été mises en place (ex. chauffage / chauffe-eau solaires ; appareils électroménagers à haute performance énergique), la rédaction d’un document d’information sur l’habitat respectueux de l’environnement, également. Le but étant de sensibiliser mais aussi d’impulser des démarches écologiques individuelles. Ces aspects de la démarche des projets sont rarement mis en pratique car considérés comme une perte de temps alors qu’ils vont réellement participer à sa durabilité.

Deux cahiers des charges ont été établis :

-

l’un précise les exigences de la municipalité pour le lotissement : voirie, importance de la végétalisation,

-

l’autre, à destination des futurs propriétaires, fixe les règles de construction : matériaux, récupérateur d’eau de pluie (fourni et financé par la mairie), chauffe-eau solaire et composteur pour le traitement des déchets organiques. Concernant le chauffage, bien que libres de choisir, tous les propriétaires ont opté pour le bois (poêle de masse, à granulés ou à bûches).

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Au final, 22 maisons individuelles et 10 logements locatifs sont sortis de terre en 2006.

Photos prises au moment de la construction

Le lotissement écologique de La Prairie Madame, Langouët

La commune de Langouët (537 habitants), décide de faire un lotissement écologique. Ses objectifs à travers le projet sont les suivants : -

créer un lieu de vie en accord avec la nature, le milieu rural environnant et le bourg, tout en mettant en avant un certain nombre de principes qui visent à minimiser l’impact des constructions sur l’environnement,

-

accueillir sur la commune des familles « primo accédants », d’où une conception de maisons agrandissables

Afin de réduire les coûts « terrain + construction » certaines décisions ont dû être adoptées : • la commune est l’aménageur, l’architecte et le bureau d’études VRD conçoivent l’aménagement des terrains, l’architecte conçoit et suit la réalisation des différentes habitations.

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• A partir des esquisses de plan masse et des 2 modèles d’habitations modulables, mise en place d’une démarche de sensibilisation auprès d’acquéreurs potentiels. • Recherche d’entrepreneurs et d’artisans, sensibilisés à la démarche environnementale et aux procédés développés dans ces constructions, pour chiffrage, afin de maîtriser rapidement les coûts.

Image du projet

La démarche d’accompagnement des constructeurs et la volonté de permettre à de jeunes ménages d’accéder à la propriété est essentielle dans ce projet. Malheureusement, ces aspects cumulés aux prescriptions environnementales pour les constructions et aménagement ne suffisent pas à le qualifier de quartier durable. En effet, l’impact d’une opération de 11 maisons individuelles sur une commune de seulement 537 habitants n’est pas négligeable et on ne sent dans le projet, ni la prise en compte de l’échelle globale du village, ni la volonté de créer une dynamique collective et d’impulser de nouveaux modes de vie.

Cet aperçu des différents types d’opérations qu’on peut rencontrer dans le milieu rural permet à la fois de confirmer le fait qu’il y faille distinguer les lotissements écologiques, des écoquartiers et des quartiers durables, mais aussi qu’encore une fois le discours et la pratiques sont éloignés. En effet, si les guides d’extensions urbaines rurales durables donnent toutes les clés, dans beaucoup de cas elles ne sont pas utilisées, ou bien on retrouve les concepts dans les guides ainsi que dans le discours de la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre mais pas dans la pratique une fois le projet réalisé.

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2.2. Quels aspects des écoquartiers posent problème en milieu rural ?

Dans « écoquartier » il y a « quartier »

Dans la mesure où les proportions ne sont pas les mêmes, l’échelle du quartier comme échelle d’intervention peut d’emblée poser problème. En effet, la notion de quartier n’existe pas ou peu dans un village ou une petite ville rurale, et on y distingue davantage le « village » du lotissement comme entités spatiales. C’est pourquoi on va se retrouver avec des « éco-lotissements » ou des « éco-hameaux », ce qui est plus rassurant pour les élus et habitants qui craignent la naissance d’un nouveau quartier. Mais si la dimension environnementale peut facilement être appliquée au niveau du bâtiment, la dimension qualitative du développement durable prend au moins tout son sens à l’échelle du quartier.

Ceci soulève une première grande différence entre urbain et rural : la perception du projet par les habitants. En ville, la réalisation d’un écoquartier est une chose très positive qui ne va pas gêner a priori les riverains ; au contraire puisqu’il réduit les nuisances subies par les citadins et engendre l’arrivée d’une population majoritairement aisée, la création d’espaces publics qualitatifs etc. Au contraire, dans un village, quasiment toute nouvelle urbanisation sera source de mécontentements des habitants, qu’elle soit « éco » ou pas. Ils n’ont pas besoin d’espaces publics qualitatifs supplémentaires puisqu’ils possèdent souvent un jardin et sont entourés d’espaces naturels, et le nouveau quartier sera source de nuisances puisqu’il signifie une arrivée « massive » nouvelles constructions, automobiles et surtout de nouveaux habitants. Des méfiances voire blocages étant déjà rencontrés au moment d’ouvrir des zones à l’urbanisation lors de l’élaboration de Plans Locaux d’Urbanisme ou des périmètres d’extension urbaines dans les Cartes Communales, on peut se demander comment ils ne peuvent pas s’accentuer si l’on applique le seul principe de densification, essentiel dans une optique d’urbanisme durable.

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De la même manière, les écoquartiers français étant encore à leurs débuts, est-il envisageable d’expérimenter des principes d’urbanisation innovants en milieu rural, où le poids des traditions est encore considérable ?

Les membres de la municipalité étant beaucoup plus proches des habitants qu’en ville, ils sont au fait de chaque personne mécontente, de la rapidité de propagation de ce sentiment au sein de la population et du risque de perdre facilement une part de leur électorat. Ainsi, la décision de faire un écoquartier dans un village demande un certain courage politique à la collectivité et implique des initiatives décuplés en matière de communication, de sensibilisation et de participation de la population.

Des obstacles à la durabilité sociale

Lorsqu’on évoquait précédemment les difficultés à parvenir à une durabilité sociale des écoquartiers en milieu urbain, elles se situaient essentiellement sur l’appropriation du nouveau quartier par ses propres habitants. Dans un village, l’objectif de durabilité sociale est encore plus compliqué à atteindre, car vient s’ajouter au défi d’appropriation du nouveau quartier par ses habitants, celui de l’intégration des nouveaux habitants aux anciens. En effet, la possibilité de quasi-anonymat qu’offre la ville fait qu’une arrivée massive de nouveaux habitants peut ne susciter que de faibles réactions des riverains, sauf dans le cas où le décalage social entre les deux quartiers est frappant. A l’inverse, la promiscuité des habitants d’un village ne permet pas un tel détachement face à ce genre d’ « invasion » et le sentiment de rejet des nouveaux habitants peut s’avérer plus lourd encore au quotidien à la campagne qu’en ville, étant donné cette proximité. Si les résidents actuels peuvent s’avérer hostiles au « débarquement » de nouveaux, ceux-ci n’ont pas forcément non-plus des velléités à s’intégrer aux premiers, ni à participer à la vie collective. On ne peut pas ignorer que de plus en plus, les nouveaux habitants du monde rural, les « rurbains », ne s’y installent pas par attachement au village en particulier, mais

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bien pour y trouver des aménités, celles de la campagne de manière générale, auxquelles ils n’ont pas accès ailleurs tout en bénéficiant d’un foncier au prix intéressant. Pourtant, dans certains cas, ils sont confrontés les uns aux autres, notamment lorsqu’ils doivent partager les mêmes équipements, ceux de la collectivité : par exemple, mettre leurs enfants dans la même école. On se trouve alors dans une situation de cohabitation forcée qu’on peut comparer au rejet d’une greffe, ce qui altère amplement la qualité de vie recherchée. Par conséquent, un projet d’écoquartier en milieu rural peut très vite être subi par tous et encore une fois, afin de ne pas courir à l’échec, le travail d’interactions entre les différents acteurs, à chaque étape d’élaboration du projet, est primordial à sa durabilité. Pour répondre aux besoins des anciens et nouveaux habitants et encourager leurs interactions, certaines collectivités choisissent d’implanter un équipement communal dans le nouveau quartier.

Le décalage entre offre et demande

Si on pose la question de la durabilité sociale des écoquartiers en milieu rural, il faut également se poser celle de la durabilité économique. Les progrès en éco-constructions et les performances en termes d’économies d’énergie ne sont plus à prouver, par contre on peut se poser la question de la place des écoquartiers ruraux sur le marché du logement, c'est-à-dire est-ce-que les logements en écoquartiers ruraux sont bien des produits qui répondent à une demande ?

Les nouveaux ménages qui s’installent dans les villages sont pour beaucoup des citadins qui aspirent à une qualité de vie meilleure et à un prix plus raisonnable que ceux pratiqués en ville pour les mêmes avantages. Pour accomplir ce rêve de « ville à la campagne », ils sont prêts à s’éloigner de plus en plus de leur lieu de travail (en ville) et à parcourir des distances de plus en plus grandes chaque jour. En continuant à travailler en ville tous les jours, ils conservent un mode de vie urbain où l’on accède facilement à une offre commerciale complète et une offre culturelle et de loisirs importante et variée.

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Les apports de la campagne se situent dans le cadre de vie, dont ils bénéficient paradoxalement de moins en moins, plus ils passent de temps dans les transports pour se rendre sur leur lieu de travail. En contrepartie, ces villages « dortoirs » leur offrent plus d’espace, avec la possibilité d’avoir une maison individuelle et leur propre jardin, des places de parking, un accès à la nature proche, et l’absence de nuisances : le bruit, les odeurs, la pollution, le stress, le voisinage… Ces aspects se rapprochent de ce que tendent à offrir les écoquartiers en ville, alors que si on les transpose à la campagne, ils ne répondent plus aux attentes de ces ménages. En fait, en densifiant ils remettent en question la maison individuelle et les espaces libres individuels, ils mutualisent les stationnements et réduisent la place de l’automobile considérablement. D’autre part, la démarche collective de citadins voulant améliorer leur qualité de vie et travaillant ensemble à un écoquartier n’a rien de la démarche individuelle d’un ménage qui veut s’installer à la campagne pour y trouver la tranquillité. Il ne faut pas non-plus oublier les habitants du rural et des périphéries urbaines éloignées qui subissent leur situation, les citadins dont les moyens ne permettent plus d’habiter en ville. Ceux-ci vont aspirer à une certaines offre en équipements et services, notamment en transport pour les relier chaque jour à leur lieu de travail, à laquelle devra répondre la collectivité qui n’a pas forcément un budget adapté. Les communes rurales sont face à un réel défi de réponse à des besoins croissants, sachant que les ménages ont tendance à être plus exigeants à la campagne qu’en ville, où l’offre est tellement limitée qu’on se contente de moins.

En conséquence, même si une municipalité y voit l’occasion de faire parler d’elle avec un projet innovant, on peut douter du réel succès d’un écoquartier, tel qu’on le fait en ville, à la campagne. Il importe alors, pour ne pas « tuer » le rural, de trouver une façon de faire des extensions urbaines durables qui conservent ses attraits. Mais là encore, il ne s’agit pas d’essayer de trouver un modèle d’écoquartier rural à labelliser puisque nous avons vu auparavant qu’ils comportent des limites en termes de durabilité sociale notamment.

Pourtant, les expériences vont dans ce sens et des tentatives d’interprétation de l’écoquartier en milieu rural sont en marche avec l’arrivée de lotissements basse consommation, ou d’éco-

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lotissements, où même d’écoquartiers conçus par des constructeurs de maisons aux labels THPE ou BBC-Effinergie. Par exemple, « Maisons prestige », constructeur à Horbourg-Wihr (68), a obtenu le trophée d’or au challenge national des maisons innovantes 2008 de l’Union des Maisons Françaises, pour son projet d’écoquartier « Eco-Castelys ». Il comprend 9 maisons à énergie positive, des jardins équipés d’un système de récupération des eaux de pluie, un garage mutualisé dont le toit est recouvert de panneaux photovoltaïques et des allées végétalisées. Ce projet qualifié d’écoquartier n’a rien d’innovant en dehors de ses maisons et surtout rien d’urbainement durable.

Quand les principes de base des écoquartiers ne sont pas transposables au milieu rural

Si la durabilité sociale paraît encore plus utopique en milieu rural qu’en ville, les autres dimensions du développement durable n’en sont pas pour autant aisément mises en place. En effet, les critères de bases de l’écoquartier urbain sont difficilement applicables au village, du moins pas dans les mêmes proportions. Par conséquent, on peut se demander, en parcourant les critères habituellement appliqués, si l’écoquartier comme type d’extension urbaine est bien adéquat pour le milieu rural.

Pour commencer, certains urbanistes s’entendent sur le fait que le développement durable s’accorde plus aux opérations de renouvellement urbain, qui se basent sur l’existant pour créer la ville dense, qu’à une urbanisation périphérique, même s’il s’agit d’un écoquartier. Sachant qu’on fait très rarement du renouvellement urbain dans les villages, et qu’on n’a pas encore trouvé de solutions pour faire évoluer les lotissements pavillonnaires existants, est-il réellement possible d’y respecter les principes de développement durable ?

Concernant la densité, les réalités contextuelles ne sont pas les mêmes. En ville la densité a du sens car le foncier est rare, les équipements nécessaires sont présents et les formes par lesquelles elle se traduit ne rompent pas avec le tissu bâti environnant.

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Dans un village, elle se frotte à des considérations paysagères, patrimoniales, traditionnelles mais aussi à des à priori sur les formes qu’elle génère et leur connotation sociale à laquelle ses habitants ne sont habituellement pas confrontés et se méfient. Depuis une trentaine d’années, ils sont en moyenne à 75% propriétaires occupants de maisons individuelles, construites sur des terrains issus d’un héritage familial agricole pour la plupart, et originaires du village ou d’un village voisin. Aujourd’hui, les trajectoires résidentielles évoluent, le nombre de personnes par ménage diminue, leurs moyens financiers aussi et arrive une nouvelle demande en logements locatifs de plus petite taille apparait. Pourtant, les habitants et élus de ces villages ne sont souvent pas encore prêts à produire des maisons en bande, logements collectifs, encore moins sociaux, toujours connotés trop négativement. Finalement, le débat sur la densité en milieu rural, dont l’enjeu principal est la gestion économe des terrains naturels ou agricoles face à l’urbanisation, se situe paradoxalement sur des réticences envers les formes bâties qu’elle peut produire, alors qu’elle permettrait par ailleurs de répondre à une demande grandissante. Il s’agit donc de faire un travail de sensibilisation mais aussi de trouver des compromis entre contraintes réglementaires ou environnementales et demande de la population.

Au sujet de la gestion des espaces publics, privatifs et semi-privatifs les deux milieux comparés n’ont pas les mêmes us. Les écoquartiers apportent en ville des espaces publics qualitatifs, une plus-value paysagère à cet espace, des lieux de promenade et de convivialité qui participent à la qualité de vie recherchée. Dans un village, ces espaces n’ont pas vraiment d’intérêt pour les riverains puisqu’ils ont déjà leur propre jardin pour la plupart. Par conséquent, deux problèmes se posent à l’écoquartier rural : les espaces publics créés n’auraient d’intérêt que pour les habitants de l’écoquartier ce qui participera à son échec d’intégration à l’existant, et, si on n’en fait pas alors qu’ils font partie du « package » écoquartier peut-on encore le considérer comme un écoquartier ?

Enfin, à propos des aspects de la mobilité, des déplacements, du stationnement, en fait de la place de l’automobile dans ces quartiers, le milieu rural présente des obstacles à la transposition des principes mis en place dans les écoquartiers urbains.

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Les habitants des villages sont trop dépendants de la voiture pour qu’un quartier sans voiture ou une réduction trop importante du nombre de stationnements par logement puissent être imaginés. En effet, qu’il s’agisse d’aller travailler, faire ses courses, ou conduire ses enfants à l’école, les gens ne disposent pas vraiment d’alternative compétitive à l’automobile, ce qui justifie que leur nombre moyen par ménage soit proche de 2 en milieu rural, alors qu’en France plus de 50% des ménages citadins n’ont pas de voiture. De réelles alternatives n’existent pas encore pour les déplacements domicile-travail à la campagne, même si la mise en place d’auto-partage peut s’envisager ou le renforcement des ramassages des salariés par les entreprises ou par zone d’activités. Les transports collectifs présents sont en général les bus mis en place par le Conseil Général pour le ramassage scolaire, qui ne fonctionnent donc qu’en période scolaire et dont les fréquences et distances-temps ne sont pas intéressantes. Si un train régional passe dans les environs, il s’arrête dans le bourg-centre et nécessite un rabattement en voiture des usagers qui n’est pas forcément économique et pratique. Certaines intercommunalités ont mis en place un système de transport à la demande mais qui n’est pas adapté à l’usage des actifs.

Enfin, les écoquartiers urbains, vu leurs proportions, ont aussi le pouvoir de tenter de réduire de nombre de déplacements effectués par ses habitants, avec des programmes qui prévoient avec les logements, des activités, bureaux, commerces et écoles, ce qui peut difficilement toucher les villages.

Si les transports collectifs et le plan de circulation se gèrent au niveau communal et intercommunal et que le nombre de places de stationnement par ménage ne peut être réduit, des efforts en termes de limitation de l’imperméabilisation du sol et de gestion des eaux de pluie peuvent être faits sur le quartier. C’est sur cette thématique notamment qu’on se rend compte de l’importance de fixer des objectifs aux différentes échelles : communale et supracommunale, du quartier, de la parcelle. Par exemple, une politique de stationnements mutualisés peut être menée à l’échelle du quartier ainsi que des prescriptions telles que l’utilisation de revêtements de sol perméables tels que le stabilisé, les pavés alvéolaires, pavés non-joint ou l’evergreen à l’échelle du quartier comme de la parcelle. Aussi, les toitures végétalisées, les collecteurs d’eaux de

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toiture, l’aménagement de noues à ciel ouvert et de bassins de récupération des eaux ou de fossés en points bas du quartier sont des actions à encourager. Concernant la gestion des déchets, le problème est identique car les dispositifs de tri, de ramassage et de déchèterie sont traités au niveau communal ou intercommunal. Par contre, un compostage collectif peut être mis en place à l’échelle du quartier.

Pour encourager les mobilités douces au moins pour les déplacements internes à la commune (petites courses, école, démarches administratives), le maillage de pistes cyclables et de cheminements piétons doit être performant, agréable, sécurisé et pensé à l’échelle de tout le village. Malheureusement, ces aménagements ne sont pas encore la priorité des petites communes qui peinent parfois à entretenir leur voirie. Pourtant ils permettraient la mise en place d’initiatives comme les« pédibus », ramassage scolaire à pied, organisé par des parents d'élèves bénévoles, suivant un itinéraire précis. Il a pour avantage de sécuriser les abords des écoles et trottoirs en diminuant le nombre de voitures aux entrées et sorties de classes, donc de limiter les émissions de CO2, mais aussi de sensibiliser les enfants aux déplacements à pied sur de courtes distances.

Etant donné son impact, l’écoquartier en milieu rural suppose, encore plus qu’en ville, la prise en compte de l’échelle globale du village dans le projet. Par conséquent, il est une bonne occasion de repenser à l’échelle communale un mode d’urbanisation adapté, plus particulièrement certains aspects de gestion des équipements, et de proposer des solutions alternatives ou innovantes à cette échelle, ce qui va entièrement dans le sens d’un urbanisme durable.

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3. Analyse d’un cas concret : le concours « quartier innovant » à Issenheim

Le Conseil Général du Haut Rhin a lancé en septembre 2007 un appel à projets de quartiers innovants. Il a pour ambition d’inciter les collectivités du département à réaliser des opérations

de

référence

pour

leurs

nouveaux

quartiers

en

termes

de

qualité

environnementale et de développement durable. Les communes sélectionnées bénéficient d’un accompagnement, juridique et méthodologique et budgétaire, les surcoûts d’études en phase amont étant souvent dissuasifs pour les petites collectivités. Cette démarche a donc permis à la commune d’Issenheim qui avait déjà délimité cinq secteurs pour une ZAC multi-sites d’avoir de plus grandes ambitions, des ambitions de « ville », pour l’urbanisation d’un de ses secteurs. Après avoir lancé son concours d’idées en février 2009, la ville a fait son choix après le 15 septembre dernier lors de la restitution du travail des trois équipes finalistes.

L’objectif de l’analyse d’un cas concret dans ce travail, est d’essayer de détecter les contradictions précédemment évoquées. Les outils d’analyse du discours et de l’interprétation qui est faite des écoquartiers dans ce cas sont limités puisque formels. En effet, ayant fait partie d’une des équipes concourantes, je n’ai pu me mettre directement en contact avec la maîtrise d’ouvrage en amont du résultat, pour réaliser une enquête qualitative basée sur des entretiens. Je me suis donc uniquement basée sur les documents qui conditionnent les projets d’urbanisme : le cahier des charges du concours, expression de la commande, pour l’interprétation des quartiers innovants par la maîtrise d’ouvrage, et les projets des trois équipes pour l’interprétation des quartiers innovants par la maîtrise d’œuvre mais aussi sa compréhension de la commande. Je choisis d’utiliser exclusivement l’expression « quartiers innovants » dans ce chapitre afin de ne provoquer aucune confusion, puisque c’est ainsi que le Conseil Général du Haut-Rhin, organisateur du concours, les a qualifiés.

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3.1. Qu’est-ce qu’un « quartier innovant » pour une maîtrise d’ouvrage ?

Une définition qui passe par l’analyse du « pourquoi » et du « comment » le quartier innovant

Les nouvelles extensions urbaines d’un territoire doivent être en mesure de répondre à diverses demandes, comme la diversification et l’élargissement de l’offre de logements mais aussi à l’aspiration à la maison individuelle. Celles-ci génèrent des problèmes relevés tant par les élus et habitants que les urbanistes et professionnels de l’aménagement : -

banalisation des paysages et de l’architecture,

-

surconsommation foncière

-

bouleversement des écosystèmes, dysfonctionnements hydrologiques

-

réponse à des besoins immédiats pour le territoire mais non durable

-

développement de coûts externes non envisagés (financiers et sociaux)

Ils résultent d’incompréhensions entre différents acteurs, comme entre la formulation de la commande et la réponse apportée, le manque de vocabulaire partagé et le décalage entre stratégie de développement urbain à long terme et logique d’urbanisation à court terme.

L’urbanisme étant une compétence communale, les pouvoirs du Conseil municipal font de lui le premier acteur des extensions urbaines, devant les habitants et les techniciens. Il doit donc assurer la qualité urbaine de son territoire et maîtriser les opérations d’urbanisation future, en remplissant aussi un rôle de cadrage, de concertation et de portage des projets. « Un projet de qualité repose sur une maîtrise d’ouvrage forte, c'est-à-dire sur des élus qui assument leur rôle dans le processus d’extension urbaine, de création de nouveaux quartiers.14 »

Mais les communes n’entrent pas toutes de la même manière pour mettre en place ce type de projet, les motivations initiales ne sont pas les mêmes. L’étude des Eco-Maires « Le Maire et l’urbanisation des nouveaux territoires » montre qu’en fonction des question « Pourquoi » et « Comment », on peut distinguer différentes catégories d’approches.

14

« Le Maire et l’urbanisation des nouveaux territoires », CAUE 41, 2007.

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Le pourquoi :

-

Des communes qui ont un besoin de logements : des opportunités de terrains libres ou à réhabiliter mêlées à des opportunités urbaines (foncières et réglementaires, avec le passage des POS au PLU) les incitent à mettre en place des principes de développement durable ;

-

Des communes qui ont un besoin de redynamiser un quartier en difficulté : dans un contexte économique et social difficile, elles profitent de ces opérations pour orienter le projet de réhabilitation vers celui d’un quartier durable ;

-

Des communes qui ont la volonté de mettre en place une opération exemplaire de développement durable à destination pédagogique ;

-

Des communes qui ont la volonté de réaliser une opération cohérente avec une politique locale durable.

Le comment :

-

La recherche de mixité : urbaine, fonctionnelle, sociale…même si elles ne sont pas toujours toutes visées à la fois

-

Les thématiques environnementales : celles de l’eau (gestion des eaux pluviales) et de l’énergie (énergies renouvelables) sont les plus usitées

-

Le mode de gouvernance : le développement durable implique une participation des habitants aux projets urbains, cependant, le code de l’urbanisme n’en fixe pas les modalités. Il s’agira encore d’exprimer une volonté politique de mettre en place un dispositif minimal (information) ou maximal (concertation, participation à l’élaboration du projet à chaque étape)

-

Le financement des projets : il peut permettre aux communes d’incorporer dans leurs projets des objectifs de développement durable, par exemple avec l’ANRU pour les opérations de réhabilitation15.

15

« Comment le quartier durable révolutionne-il les politiques locales ? », Eco-Maires, 2006.

61


Pourquoi et comment la Ville d’Issenheim veut-elle son « quartier innovant » ?

Les collectivités qui ont candidaté au concours d’idée du Conseil Général du Haut-Rhin « quartier innovant » peuvent être motivées par plusieurs choses : -

la médiatisation de leur commune qui deviendra la première du département à faire cette expérience, une communication à l’échelle des moyens du Conseil Général du Haut-Rhin, organisateur du concours

-

l’obtention d’aides financières aux coûts d’études pour des secteurs destinés à une urbanisation future et la chance de bénéficier de projets dépassant leurs ambitions, proportionnelles à la taille et aux moyens de la commune

-

le bénéfice d’un accompagnement par des acteurs divers et qualifiés

-

la volonté d’être le laboratoire d’expériences innovantes en urbanisme, l’opportunité d’offrir de nouvelles réponses aux attentes des habitants actuels et futurs

-

l’occasion d’aborder les politiques publiques locales par la prévention plutôt que par la réparation ou la gestion comme cela se fait généralement sur le thème de l’environnement

Mais devant l’effervescence autour de la thématique des écoquartiers ou autres quartiers écologiques, ne sont-ils pas uniquement animés par la future popularité de leur ville à laquelle on aura greffé un tel quartier ? Ou bien sont-ils prêts à entendre des propositions pour un urbanisme durable expérimenté sur un quartier précis et dont les principes pourront être appliqués à toutes les autres futures extensions urbaines de la ville ?

La prise en compte de l’échelle communale

D’après la formulation de leur commande, les élus d’Issenheim attendent des réponses à l’urbanisation d’un quartier innovant mais en passant par des propositions pour l’ensemble de la ville. Cette prise en compte de échelle globale va dans le sens où la municipalité a mis en place une ZAC multi-sites qui prévoit d’urbaniser 5 secteurs à plus ou moins long terme, sans savoir de quelle manière, mais en étant consciente des impacts qu’ils auront si elle continue à laisser faire des lotissements résidentiels comme on en trouve déjà beaucoup à Issenheim.

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Carte de localisation

Issenheim est une ville du Haut-Rhin (Alsace) de 3400 habitants, situĂŠe au bord de la voie rapide N83, Ă  mi-chemin entre Colmar et Mulhouse (20 minutes en voiture).

Les 5 secteurs de la ZAC multi-sites

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Le site proposé pour le futur quartier innovant, d’une superficie de 5ha environ est situé en cœur de ville. Il constitue une « dent creuse » entre deux tissus urbains disparates (à l’Ouest un habitat pavillonnaire des années 1960, à l’Est un future lotissement pavillonnaire). Au Nord, la route départementale 3bis et au Sud des équipements communaux (cimetière, église, école, accueil périscolaire, salle de sport) au bord de la Lauch (cours d’eau) qui touche le centre ancien du village. Le site du futur quartier innovant dans Issenheim

Dans le Règlement de Consultation, la demande de la prise en compte de l’échelle communale est assez minime et se résume à un plan de circulation de la commune dans les pièces graphiques. Dans les pièces écrites, il est demandé d’aborder un certain nombre d’éléments du projet dans la notice descriptive et justificative, dont une part se traite à l’échelle de la commune, comme le traitement spécifique des liaisons inter-quartiers et le principe d’intégration urbaine des composantes du projet.

Dans le Cahier des Charges, il est rappelé que la commune mène une réflexion globale concernant l’urbanisation des secteurs AU inscrit dans son PLU et qu’elle a identifié cinq secteurs d étude susceptibles d être aménagés, à court, moyen et long terme.

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Encore une fois, l’unique thématique qu’il est demandé d’aborder à cette échelle est celle des déplacements : favoriser les liaisons inter-quartiers futurs, entre les quartiers futurs et le tissu ancien et permettre d’autres modes de déplacement.

En dehors des aspects administratifs du concours, le Dossier de Consultation des Entreprises comprenait en plus du Règlement de Consultation et du Cahier des Charges du concours, un cahier appelé « Prescriptions Conceptuelles ; Nouveaux logements, nouveaux quartiers, pour des formes innovantes de développement urbain et d’extensions communales. » Commun à toutes les communes sélectionnées pour participer au concours d’idées, il présente un certain nombre de prescriptions obligatoires et optionnelles déclinées suivant les trois échelles à prendre en compte dans la conception d’un quartier innovant : la commune, l’opération et la parcelle. A l’échelle de l’opération et de la parcelle, on retrouve globalement les critères rencontrés dans les divers guides d’urbanisme durable que nous avons précédemment abordés. En revanche, à l’échelle communale, il est intéressant de voir quels sont les objectifs de la maîtrise d’ouvrage à travers ceux du Conseil Général, organisateur du concours : -

« éviter que l’opération ne devienne un satellite de la commune, un quartier dortoir où les habitants ne participent que partiellement à la vie de la commune,

-

créer les conditions d’une greffe urbaine et sociale réussie en établissant des liens évidents avec les quartiers existants et entre anciens et nouveaux habitants de la commune,

-

limiter les déplacements automobiles en : 

rapprochant les habitants du centre de la commune, de ses services publics et transports en commun, tout en favorisant la fréquentation du commerce de proximité



encourageant les déplacements alternatifs : marche à pied, vélo, transports en commun,

-

limiter les équipements et les longueurs des voies et réseaux divers à réaliser : limite les coûts, la production d’infrastructures, …

-

limiter l’impact de l’urbanisation sur les milieux naturels et assurer des transitions équilibrées avec les milieux naturels et/ou agricoles.

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Il s’agit d’objectifs moins contextualisés que dans le cahier des charge propre à la commune d’Issenheim, mais il a surement permis de poser solidement ses bases en suivant les trois dimensions du développement durable .

Définition des besoins pour le futur quartier « innovant »

Vue aérienne d’Issenheim – localisation du site

La Ville attend une étude pluridisciplinaire et c’est pourquoi elle demande aux équipes de rassembles les compétences suivantes dans son règlement de consultation : architecture, programmation urbaine, aménagement paysager et environnement, expertise dans le domaine du développement durable, voiries et réseaux divers et économie de la construction. Sa volonté première est d’inscrire le projet dans une « démarche forte de développement durable ». Elle liste également un certain nombre de critères par thématiques qui devront être pris en compte dans le projet, mais au-delà d’un programme et de prescriptions urbaines, architecturales et d’aménagement, elle attend également une possibilité de phasage de l’opération et un chiffrage des coûts et travaux. Les thématiques suivantes sont détaillées dans le cahier des charges du concours, en annexe du document : -

formes urbaines, utilisation rationnelle de l’espace

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-

déplacements et accessibilité

-

mixité sociale et urbaine

-

eau

-

énergie, climat

-

bruit, nuisance

-

paysage et biodiversité

-

déchets

-

sol

-

matériaux

En fait, les attentes de la maîtrise d’ouvrage décrites par thématiques ne sont pas spécifiques au milieu rural et on retrouve les mêmes critères que ceux rencontrés dans la plupart des projets de quartiers durables. Par conséquent, on demande une nouvelle fois à agir en fonction de solutions offertes plutôt que par rapport à un problème posé. Le cahier des charges aurait pu mentionner que la ville fait par exemple l’objet d’une certaine demande en logements d’un certain type, d’une carence en équipements ou espaces publics etc. Elle fait uniquement allusion au fait que le projet doive être cohérent avec le Plan Local d’Urbanisme qui évalue ces besoins. Ils ne sont donc pas suffisamment mis en avant dans la description de la commande, en comparaison avec les objectifs environnementaux et il va donc du bon vouloir des équipes concourantes de s’y intéresser et de tenir compte ou pas des réels besoins de la commune. En formulant sa commande de telle manière, la maîtrise d’ouvrage laisse quasiment sousentendre que le quartier innovant a sa logique propre et juxtaposé à celui de la commune, plutôt que ne le considère comme une extension urbaine « raisonnée » qui viendrai répondre aux besoins de l’ensemble de la commune. Finalement, on retrouve encore ces confusions entre discours et interprétation : la ville insiste sur sa volonté de faire un projet durable, demande un plan de déplacement à l’échelle de la ville qui mette l’accent sur les liaisons inter-quartiers mais isole déjà le futur quartier dans la formulation de sa commande.

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68


3.2. Des maîtres d’œuvre qui apportent des réponses très différentes

L’intérêt d’utiliser dans ce mémoire le cas concret de ce concours d’idées est d’autant plus grand que les réponses apportées par les trois équipes ont été très différentes, tant dans le contenu du projet que dans la démarche. Aussi mes questionnements premiers sur les différents discours, interprétations et pratiques des écoquartiers se sont matérialisé dans un cas dans lequel j’ai participé. Ayant fait partie d’une des trois équipes, en l’occurrence l’équipe lauréate, je veillerai dans mon analyse des réponses à un maximum d’objectivité et ferai l’exercice de l’autocritique mon travail en agence suite à la réflexion que j’ai menée tout au long du travail de mémoire. Je présenterai les projets des trois équipes finalistes successivement, en faisant apparaître leurs points clés, mais surtout des observations que j’ai pu noter le jour de leur restitution. Etant donné que j’ai participé au projet lors de mon stage chez HL Architectes Urbanistes et que je ne faisais plus partie de l’équipe au moment de la restitution orale au mois de septembre, la Ville d’Issenheim m’a permis d’y assister en auditeur libre, sans intervenir dans les débats entre membres du jury bien entendu.

Projet 1 : La ZAC des Antonins

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D’emblée cette analyse liste les objectifs suivants à l’échelle du quartier, qui répondent aux critères demandés par la maîtrise d’ouvrage, en utilisant les thématiques « traditionnelles » du quartier écologique. Ensuite, elle s’appuie sur des données relatives aux besoins en logements pour retenir les deux suivants : -

L’offre en matière de logement proposée afin de permettre une bonne mixité sociale et intergénérationnelle devra porter également sur de petits logements permettant ainsi aux primo accédants, aux jeunes couples, aux séniors de se loger facilement (2P/3P). Tous ces logements auront un balcon avec garage ou place de stationnement adéquat et seront desservis par un ascenseur.

-

Cette offre sera complétée par des logements plus grands 4/5/6P afin de permettre aux couples avec enfants de s’installer et d’évoluer au sein même de la commune. Ces logements auront tous de surcroit, un petit jardin permettant de profiter pleinement de la nature.

Devant ce manque d’éléments d’analyse, on peut se demander si le projet qui suit à été réalisé en fonction des besoins de la commune, ou si le maître d’œuvre est parti de constats sur le parc de logement qui s’appliquent à la plupart des communes rurales alsaciennes. Par ailleurs le fonctionnement urbain n’a pas été analysé, pour répondre à la demande de la commune d’un plan de circulation à une échelle globale. L’équipe passe directement aux propositions : - création d’une connexion aux transports en communs régionaux par la mise en œuvre de navettes de bus. - création d’un deuxième pont sur la Lauch afin de relier la rue de Guebwiller et la rue du Markstein pour délester la circulation en centre ville - implantation de commerces et services de proximité, dimensionnés à l’échelle du quartier. Dans ce projet, l’échelle globale a été totalement évincée, alors qu’elle devait constituer la base pour la conception du quartier innovant. C’est également ce qu’il s’est produit à l’oral, puisque l’exposé a démarré directement sur le projet.

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Cette erreur m’a permis de justifier les critiques que j’allais formuler pour la suite du projet. En effet, cette équipe, en plus de n’avoir pas tenu compte de l’échelle globale a littéralement noyé le jury de belles images et de propositions ponctuelles à l’échelle du quartier qui n’en font de loin pas un quartier durable.

Les performances énergétiques, sur lesquelles ils ont beaucoup insisté lors de la restitution, sont à la hauteur des attentes du maître d’ouvrage, mais selon moi, ces critères en écoconstruction et économies d’énergie vont tellement rapidement devenir des normes appliquées à tout projet qu’il n’était pas nécessaire d’en faire l’élément central d’un quartier innovant.

Au sujet de la mixité sociale, le pourcentage de logements sociaux est suffisant, mais dans l’interprétation spatiale des typologies de logement, dans les formes bâties, il me semble que le principe de mixité n’a pas été appliqué. Les trois immeubles de logements collectifs sont regroupés au centre de l’opération sur une sorte d’îlot entouré par la voirie principale, et le reste de l’opération est dédié au logement individuel

71


Enfin, on a assez vite l’impression que les critères des écoquartiers urbains ont été appliqués à Issenheim de façon inadaptée et en conservant leurs proportions (cf : image du projet) : sur l’ampleur des espaces publics, la gestion du stationnement par exemple. La question de la connexion avec le centre ancien a été négligée sur le projet. Le fait que les maîtres d’œuvre considèrent que des voiries ou liaisons douces suffisent à son intégration au reste de la ville pose problème, car ils donnent l’illusion d’avoir validé cet objectif. En terme de communication, ils ont choisi le fameux code couleur que j’ai déjà évoqué et n’ont pas manqué de mentionner les exemples d’écoquartiers européens habituels en références.

Projet 2 : Aménagement d’un nouveau quartier de ville

La démarche de cette équipe est venue rompre totalement avec celle de l’équipe précédente. En effet, une phase de diagnostic, d’analyse de la commune poussée a permis de sélectionner des éléments de conceptualisation pour alimenter le projet du quartier innovant.

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Ils posent un regard sociologique et historiques sur le territoire, afin d’en comprendre l’identité, la singularité du lieu. Leur projet s’appuiera alors sur la relation bâti/espace public trouvée dans le centre ancien : ils réutilisent la structure de l’urbanisation autour d’une cours qui donne l’articulation « rue-cour-maison-jardin ». Dans leur discours est évoqué la problématique rurale, c'est-à-dire notamment un des grands enjeux : trouver des alternatives à la maison individuelle tout en conservant l’attrait du milieu rural. La question des déplacements a été abordée, cependant ils n’ont rien suggérer d’autres que des rayons de déplacement envisageables à vélo ou à pied depuis l’écoquartier. Paradoxalement, on n’a pas vraiment retrouvé dans le projet le contenu de leur démarche d’analyse pourtant relativement complète, hormis le système des cours. Par contre, l’intégration au reste de la ville n’est pas traitée, et sur l’image du projet, on comprend que ce n’est pas une rangée d’arbres plantés qui va encourager d’une part à prendre le vélo ou marcher, encore moins à interagir entre différents habitants. La proximité des équipements communaux et de la Lauch avec le site est à peine évoquée mais pas prise en compte dans le projet. Enfin, ils n’ont pas fait d’images incluant les aspects extérieurs des façades (colorées ou en bois), ni d’espaces publics, mais ont choisi de montrer des photos de références de quartiers durables européens. Cet aspect a suscité des réactions au sein du jury qui s’attend tout de même à voir ce type d’images.

Projet 3 : Vers un projet d’aménagement communal durable Le projet de cette dernière équipe s’est démarqué des deux autres de par l’importance qu’elle a donnée à l’analyse du site. En effet, un diagnostic à l’échelle de toute la commune a été réalisé tant du point de vue urbain et paysager, que du point de vue socio-économique, des équipements et des déplacements. L’impact de l’urbanisation des cinq secteurs de la ZAC multi-sites sur les flux journalier et les équipements a également été évalué. Dans une logique de projet durable, tel que l’avait souhaité la maîtrise d’ouvrage, les enjeux et fonctionnement du territoire ont été dégagés ainsi que ses atouts et contraintes, ce qui a

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permis de proposer des objectifs et principes directeurs d’aménagement cohérents à l’échelle de la commune.

Axonométrie générale du projet

Cette première phase du travail termine alors avec une suggestion de « plan d’aménagement communal durable », décliné en un plan de déplacements, un plan d’armature paysagère, son phasage et sa mise en œuvre opérationnelle. Le choix d’aller au-delà de la commande de la maîtrise d’ouvrage a donné plus de sens à ce qui allait composer le futur quartier innovant. En effet, il répond à la fois aux besoins en termes de logements et d’équipements tout en limitant les impacts sur l’environnement, grâce à l’application des critères demandés.

Vue sur les nouveaux équipements au Sud du quartier

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L’élaboration de plusieurs scenarii d’organisation spatiale du quartier a pu donner les arguments au choix final d’orientations d’aménagement. L’intégration du quartier dans la commune n’est pas uniquement basée sur les liaisons douces inter-quartiers, mais l’équipe a choisi de placer un nouvel équipement communal (salle polyvalente et place du village dont ne disposait pas encore la commune) au cœur du quartier et de traiter tout particulièrement le contact avec la Lauch et le centre ancien du village. Si les couleurs habituellement utilisées pour l’ « habillage » des écoquartiers sont retrouvées, elles répondent aussi à une demande en images de la maîtrise d’ouvrage et ne se substituent pas ici au contenu du projet.

Finalement, dans le cas d’Issenheim, on se trouve moins dans la demande d’un projet phare de par son innovation technique, à l’image d’autres écoquartiers urbains, que dans celle d’une réponse alternative à la procédure de lotissement, telle qu’on l’a interprétée jusqu’à présent et que le monde a intégrée comme LE mode d’urbanisation quasi-traditionnel et incontournable de la fin du 20e siècle. C’est ce qu’on retrouve clairement dans le cahier des charges du concours : « la Ville d Issenheim porte un projet politique ambitieux et novateur : faire la ville autrement. Loin des méthodes traditionnelles du « tout lotissement » ou du « tout béton », la municipalité a entrepris une réflexion globale afin de préparer le développement de son territoire en cohérence avec les problématiques de notre époque.16 » Les motivations d’aides financière et de médiatisation de leur projet découlent de leur volonté à vouloir être une ville qui expérimente des propositions innovantes, ce qui est légitime. Pourtant, si on souligne ici que la démarche impulsée et le cadre donné par le Conseil Général du Haut-Rhin sont intéressants et que la commune exprime une volonté politique forte d’agir durablement, les interprétations qu’en feront les maîtres d’œuvre peuvent être totalement hétérogènes et c’est ce que nous allons voir dans la partie suivante.

16

« Quartiers innovants », Cahier des charges du concours, Ville d’Issenheim, 2009.

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On se doit toutefois d’observer une certaine réserve quant à l’utilisation faite par la maîtrise d’ouvrage du terme « durable » car le cahier des charges de ce concours d’idées ne demande aucune proposition en termes de démarche. En effet, comme nous l’avons souligné antérieurement, les projets d’urbanisme durable ont pour condition d’intégrer la participation des habitants anciens et nouveaux, ce qui n’apparait pas ici comme une préoccupation majeure de la ville. Si nous avons mis en garde par rapport aux effets d’une telle urbanisation en milieu rural, le cas d’Issenheim n’est pas épargné et on se demande alors dans quelle mesure ce quartier est en capacité d’aboutir à une réussite durable. Une nouvelle fois après examen du cahier des charges, le décalage entre discours et interprétation pose problème. Car si la Ville prône une volonté politique forte de faire de l’urbanisme durable, elle n’a que le sentiment d’en faire, puisque si nous nous basons sur la définition des quartiers durables que nous avons choisie, elle n’applique pas la politique qu’elle met en avant dans son propos. Aussi la confusion règne parmi les équipes de maîtres d’œuvre puisque s’il n’a été mentionné à aucun moment dans le cahier des charges, le terme d’ « écoquartier » a été employé par deux équipes sur trois pour qualifier leur projet (la première et la troisième). On peut accuser le Conseil Général de ne pas avoir intégré ce paramètre au cahier des charges du concours au moment de la sélection des communes participantes, mais la municipalité aurait elle aussi pu pousser plus loin son propre cahier des charges pour définir des besoins en termes de participation, pédagogie, concertation, suivi et évaluation du projet. Est-ce alors le cadre d’un concours qui ne permet ce type de réponse ? Après tout il s’agit d’un concours d’idées qui appelle à des solutions innovantes pour un territoire, alors pourquoi n’y intègre-t-on pas des solutions innovantes en termes de démarche participative puisque c’est essentiellement pour cet aspect des projets qu’il manque cruellement d’idées.

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Conclusion

Le concept d’écoquartier vient se frotter à des territoires aux caractéristiques et échelles très variées (urbain, périurbain, zones d’activités, friches, renouvellement urbain, rural, villes moyennes…). Mais est-il adapté à tous ? Cette diversification des espaces et l’obligation prochaine pour les villes d’en réaliser, soulève le problème de l'écoquartier modèle. Aussi, nous avons vu que personne ne s’entend sur une définition pour les écoquartiers, ce qui ne facilite pas la création d’un modèle. Le modèle n’est en outre pas une solution puisqu’il est contraire à la démarche de développement durable qui est mouvante, contextualisée et évolutive. Finalement, aujourd’hui il est important, pour les élus comme pour les urbanistes et les acteurs locaux de faire le choix du bon terme ou alors de conserver ce foisonnement de termes mais en les définissant dès le départ pour éviter les malentendus. En effet, l’écoquartier est un type de projet sur lequel on va beaucoup communiquer grâce à des images de nouvelles formes urbaines et d’espaces publics qualitatifs, mais aussi grâce à des chiffres marquants sur les performances énergétiques et les progrès en éco-construction. Pourquoi ne pas profiter de cet engouement pour provoquer des prises de consciences locales en communiquant tout aussi efficacement sur la phase de diagnostic à l’échelle de l’ensemble de la commune ? Des campagnes de sensibilisation aux enjeux environnementaux très médiatisées existent déjà et ont un impact national (la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme ou encore le film-documentaire « Home » de Yann Arthus Bertrand) mais leur effet reste cependant limité au niveau local, en comparaison à un diagnostic local et contextualisé poussé qui communique de manière forte sur les enjeux environnementaux du territoire et les impacts possibles d’un exemple d’urbanisation concret. Une telle démarche aura pour effet de sensibiliser les élus et la population mais surtout de créer un langage commun pour argumenter les choix d’un futur projet comprenant des objectifs poussés et novateurs pour la commune. Ce langage commun prend toute son importance dans l’optique de travailler plus facilement et dans une démarche de concertation sur les projets qui suivront. En fait, il permet surtout une cohérence de l’urbanisme à l’échelle de la commune et donc une politique véritablement plus durable.

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Dans ce sens l’écoquartier peut très bien s’appliquer au monde rural, puisque le projet qui a remporté le concours « quartier innovant » à Issenheim se qualifie d’écoquartier. En revanche, l’écoquartier tel qu’on l’a défini et opposé dans la première partie au quartier durable ne peut pas s’exporter à tous les milieux.

Par conséquent, ce qui fait la singularité d’un projet parmi les projets est le choix par la maîtrise d’ouvrage d’une démarche spécifique au territoire et c’est ce vers quoi vont les collectivités qui décident de faire par exemple l’effort d’engager une Approche Environnementale de l’Urbanisme pour l’élaboration de leur document d’urbanisme ou opération d’aménagement, même si celle-ci se cantonne trop souvent, comme son nom l’indique, à l’aspect environnemental. On peut cependant, à l’image de la tendance à la labellisation des écoquartiers, s’attendre à une systématisation des démarches mises en œuvre par les maîtres d’ouvrage, sortes de kits méthodologiques, qui aboutirait à l’effet inverse de celui escompté, un projet inadapté à son territoire et voué à l’échec sur le long terme.

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Références bibliographiques

Ouvrages, plaquettes, rapports :

ADEME et Michèle PAPPALARDO, « Réussir un projet d'urbanisme durable : Méthode en 100 fiches pour une approche environnementale de l'urbanisme (AEU) », 2006.

Agence Régionale de l’Energie et de l’Environnement (ARENE) Ile de France, « Quartiers durables : Guide d’expériences européennes », Paris, Avril 2005.

ARPE du Midi-Pyrénées (animateur du groupe de travail), « Guide des quartiers et hameaux durable », 2008.

CAUE et Conseil Général de l’Hérault, « Habiter sans s’étaler », 2008.

CAUE du Loir-et-Cher, « Le maire et l’urbanisation des nouveaux territoires : Mémento des extensions urbaines de qualité », avril 2007.

CAUE du Lot-et-Garonne, « Agrandir le bourg : Pour des extensions de qualité, maîtrisées et durables », décembre 2005.

CHARLOT-VALDIEU Catherine et OUTREQUIN Philippe, « L’urbanisme durable, concevoir un écoquartier », Ed. Le Moniteur, Paris, 2009.

Direction de l’Habitat, de l’Aménagement et de l’Urbanisme du Conseil Général du BasRhin, « Guide d’aménagement et de développement durable pour les projets d’extension et de renouvellement urbain à vocation d’habitat », 2007.

Lille Métropole Communauté Urbaine, « Charte des éco quartiers », décembre 2007.

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Revues, articles :

« Attention, Eco-quartiers ! », dossier paru dans la revue Traits urbains, n°28, janvier-février 2009.

"Capitaliser l'écoquartier à l'échelle de la ville", interview de Taoufik TSOUAMI, Le Moniteur, 2 juin 2009.

« Concevoir un éco-quartier », dossier paru dans Premier Plan, le journal d’information du PUCA, n°16, janvier-juin 2008.

« Ecoquartier », dossier paru dans la revue Urbanisme, n°348, mai – juin 2006.

« Eco-quartier : un concept qui prend formes », dossier paru dans la revue Diagonal, n°178, novembre 2008.

« Ecoquartiers et urbanisme durable », dossier paru dans la revue Urbia, n°4, Université de Lausanne, juin 2007.

« L’écoquartier, brique d’une société durable », dossier paru dans La Revue Durable, n° 28, février - mars - avril 2008. « L'écoquartier ne doit pas être une enclave écologique pour bobos", interview de Catherine CHARLOT-VALDIEU et Philippe OUTREQUIN , Le Moniteur, 24 mars 2009.

« L'éclosion prochaine des éco-quartiers français », Les Echos.fr, 26 février 2009. « Les contradictions de la ville durable », Jacques THEYS et Cyria EMELIANOFF, revue Le Débat, n°113, janvier-février 2001.

« Urbanisme durable ? », Cyria EMELIANOFF, dans la revue Ecologie et politique, n° 29, Paris, 2004.

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Ressources en ligne :

Actu environnement : l’actualité professionnelle du secteur de l’environnement http://www.actu-environnement.com/idx_ae.php4

ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) www.ademe.fr

ARENE Ile-de-France (Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies) www.areneidf.org

Association des maires pour l’environnement et le développement durable www.ecomaires.com

Association « écoquartier », pour la promotion de l’éco-habitat et des écoquartiers www.ecoquartier.ch

« Ecoquartiers », site du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr

Le Grenelle de l’Environnement (Rapports et groupes de travail, étapes du projet) www.legrenelle-environnement.fr

Le Moniteur, l’actualité du BTP et de la construction : articles, interviews, vidéos etc. http://www.lemoniteur.fr/

PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) http://rp.urbanisme.equipement.gouv.fr/puca/

Programme « Eco-quartier » de la Ville de Montréal http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_dad=portal&_pageid=916,1607163&_schema=PORTA L

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Table des sigles :

ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie AEU Approche Environnementale de l’Urbanisme ANRU Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine ARENE Agence Régionale de l’Energie et de l’Environnement AU zone A Urbaniser dans un PLU BBC Bâtiment Basse Consommation CAUE Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement HPE Haute Performance Energétique HQE Haute Qualité Environnementale MEEDDAT Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, Développement Durable et de la Mer PADD Projet d’Aménagement et de Développement Durable PLU Plan Local d’Urbanisme POS Plan d’Occupation des Sols PUCA Plan Urbanisme Construction Architecture RT 2005 Réglementation Thermique 2005 SCOT Schéma de Cohérence Territoriale SRU loi Solidarité et Renouvellement Urbain THPE Très Haute Performance Energétique TLE Taxe Locale d’Equipement UH loi Urbanisme et Habitat VRD Voirie et Réseaux Divers ZAC Zone d’Aménagement Concerté

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Table des Annexes :

Annexe 1 : Cahier des Charges du concours « Quartiers Innovants » du CG68 à Issenheim (Ville d’Issenheim : élément du DCE)

Annexe 2 : Prescriptions conceptuelles du concours (Ville d’Issenheim : élément du DCE)

Annexe 3 : Notice d’aménagement communal durable de la ville d’Issenheim - projet lauréat (Equipe : HL Architectes Urbanistes – Egis – Solares Bauen)

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Annexe 1 :

Cahier des Charges du concours « Quartiers Innovants » du CG68 à Issenheim (Ville d’Issenheim : élément du DCE)


ISSENHEIM

« QUARTIERS INNOVANTS »

APPEL A IDEES

CAHIER DES CHARGES


Sommaire 1. Avant propos

..3

2. Une ambition municipale forte

.4

3. Présentation du projet

..5

.

4. Définition des besoins

...9

5. Prestations à remettre par le candidat

.11

6. Annexe 1

7. Annexe 2

...14

..

17

Ville de ISSENHEIM -2-


Avant propos Le Conseil Général du Haut-Rhin a pris l initiative de lancer une opération expérimentale portant sur de nouvelles modalités de réalisation des extensions communales. Cette opération s inscrit dans les objectifs de la Politique Départementale de l Habitat. Elle a pour ambition d inciter à la réalisation de projets exemplaires qui pourraient être demain des références pour les nouveaux logements et nouveaux quartiers dans le département. Ce projet est l aboutissement d un travail collégial associant élus et représentants des professions de l habitat et de l aménagement. Quelques grands principes sont obligatoirement pris en compte par tous les projets : -

concevoir des quartiers formant un lien social et physique avec les autres quartiers de la commune, offrir une diversité de logements propre à assurer un brassage social et intergénérationnel des populations, respecter les sites et l environnement en limitant la consommation foncière et l étalement urbain, concevoir des quartiers et des bâtiments économes en énergie, privilégier des formes architecturales, des matériaux et des solutions techniques pérennes.

Sur la base de ces principes un appel à projet auprès des collectivités a été lancé par le Conseil Général. Le dossier de candidature de la commune d ISSENHEIM a été retenu par un Comité de Sélection constitué d élus et professionnels pour organiser un concours d idées d architecture, d urbanisme et d aménagement Le programme du concours est adapté à la singularité du site. Il est réalisé par la commune, maître d ouvrage, avec l assistance du Conseil Général et des services associés.

Ville de ISSENHEIM -3-


Une ambition municipale forte La Ville d ISSENHEIM porte un projet politique ambitieux et novateur : faire la ville autrement.

Loin des méthodes traditionnelles du « tout lotissement » ou du « tout béton », la municipalité a entrepris une réflexion globale afin de préparer le développement de son territoire en cohérence avec les problématiques de notre époque.

La mutation accélérée de nos villes et villages offre une opportunité considérable de planifier le développement urbain de manière cohérente, progressive, concertée et durable en répondant aux attentes de chacun.

Le développement durable n est pas une mode mais une nécessité. La prise de conscience du péril écologique a naturellement amené l équipe municipale à se saisir de cette question, notamment en modifiant en profondeur son document d urbanisme en 2006. De cette manière,

la

commune

souhaite

intégrer

des

préconisations

environnemntales

et

énergétiques, au-delà des aspects strictement réglementaires.

La gestion raisonnée des ressources (eau, air, foncier, etc.) et du cadre de vie constitue un enjeu sans précédent pour nos sociétés contemporaines qui inscrit au centre du projet politique de la Ville d ISSENHEIM la problématique du développement durable.

Nos concitoyens exigent une vision nouvelle du développement de nos territoires, dans le respect de l identité locale, de la prise en compte de l environnement et des besoins des plus fragiles d entre nous.

Cette gouvernance urbaine donne toute sa place à une démarche environnementale en concertation avec la population et les forces vivent du territoire ; c est la voie qu a choisi la municipalité d ISSENHEIM dans le cadre de ce projet ambitieux.

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Présentation du projet A. Réflexion à l échelle du territoire communal La commune d ISSENHEIM mène une réflexion globale concernant l urbanisation des secteurs AU inscrit dans son PLU. Celle-ci a ainsi identifié cinq secteurs d étude susceptibles d être aménagés, à court, moyen et long terme (cf. plan ci-dessous).

Les candidats devront placer au c ur de leurs propositions la problématique des déplacements : - inter-quartiers futurs - entre les quartiers futurs et le tissu ancien Tous les modes de déplacement devront être pris en compte dans les préconisations proposées : - VL - Piétons - Cycles Les candidats devront proposer un plan de recomposition de la trame viaire associé à plan de déplacement afin de garantir un bon fonctionnement des différentes zones urbaines à créer et en liaison avec le centre-ville. Les différents secteurs ayant vocation à être aménagés de manière progressive, un phasage devra également être proposé.

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B. Réflexion à l échelle de l ilôt

Le site

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Définition des besoins Le projet proposé par les candidats devra s inscrire dans une démarche forte de développement durable, tant dans les aspects infrastructure que superstructure.

La prestation devra reposer sur une étude pluridisciplinaire portant sur plusieurs thèmes tels que les choix énergétiques, la gestion des déplacements, la gestion des déchets, l environnement sonore, l environnement climatique, la gestion de l eau, la biodiversité etc (cf. annexe 1). La production intellectuelle des candidats devra permettre : -

d identifier les potentialités et les contraintes de la zone d étude sur les plans énergétiques et environnementaux d analyser les impacts énergétiques et environnementaux liés au projet proposé de définir des objectifs et des préconisations pour le projet sur les plans énergétiques et environnementaux de proposer un plan d aménagement précis favorisant l utilisation de solutions énergétiques durables d intégrer ces choix dans les documents réglementaires et dans les documents contractuels de proposer un tableau de bord pour permettre le suivi de l application des mesures de développement durable

Des espaces publics sobres et qualitatifs devront être proposés. Une attention particulière devra être donnée à la consommation d eau et d énergie dans le fonctionnement (exploitations) de ces aménagements. Des choix économiques ambitieux et raisonnables seront préférés.

L urbanisation du secteur sera organisée en optimisant le foncier, notamment en limitant le mitage et en organisant une densification raisonnée.

Le candidat systématisera la création d espaces accessibles aux personnes handicapées.

Le plan de masse du projet devra garantir une orientation Nord-Sud du bâti afin d assurer l optimisation de l apport énergétique solaire.

La municipalité accorde une place forte à la mixité sociale à la diversification des typologies d habitat, afin d offrir à chacun un logement adapté à ses besoins et ses capacités financières. Le prestataire devra faire des propositions pertinentes afin de favoriser Ville de ISSENHEIM -9-


la mixité sociale grâce à la diversification des typologies et des morphologies d habitat : locatif aidé, accession sociale à la propriété, accession à prix maîtrisé, locatif libre, accession à la propriété libre.

Le prestataire devra intégrer et décliner les objectifs suivants dans sa proposition : intégration urbaine dans le tissu urbain existant densité raisonnée (economie foncière) organisation parcellaire favorisant l utilisation de ressources energetiques durables préserver les espaces publics d une occupation excessive par la voiture tout en proposant des solution réalistes fonctionnellement et economiquement favoriser les modes de deplacement alternatifs faire emerger une forme urbaine compact et econome en entretien notamment en réduisant l imperméabilisation des surfaces (dimensionnement des infrastructures) mixité urbaine et sociale proposer un système alternatif de gestion des eaux pluviales (noues, etc.) préservation du patrimoine architectural, urbain et paysager réaliser des espaces publics qualitatifs permettant de recréer une vie de quartier liaison inter-quartiers (VL et cycles) favoriser l essor du commerce de proximité diversification des typologies d habitat qualité architecturale

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Prestation à remettre par le candidat 1. Objectif de la mission L étude menée doit permettre au commanditaire de : d identifier les mesures d accompagnement en matière d aménagement des voiries dans la cadre des liaisons inter-quartiers (perméabilité, adaptation du réseaux viaire existant, réaménagement des rues, déplacements doux, etc) cerner les principales contraintes d'aménagement du site (notamment en matière architecturale, environnementale et paysagère), et proposer des solutions afin de compléter la trame paysagère existante et de préserver le paysage urbain. définir un programme, en cohérence avec le Plan Local d Urbanisme et les besoins de la commune, et évaluer les besoins en équipements publics générés par le programme même, et les manques éventuels du quartier ; définir un plan d'aménagement du site ; définir les prescriptions d'aménagement urbaines, architecturales et paysagères, et la qualité des futurs espaces publics ; Chiffrer le coût des aménagements au ratio ; Recenser les coûts de travaux et les détailler par poste L'ensemble de ces éléments devra permettre à la collectivité d évaluer les incidences financière de l engagement d une telle opération d aménagement urbain. 2

Contenu

Les prestations relevant de la conception, à remettre par les candidats admis à concourir, sont de niveau « ESQUISSE» A. A l échelle de la commune Les préconisations devront définir les éléments suivants : - les déplacements sur l ensemble du village et notamment des liaisons entre les futurs quartiers, - les itinéraires en fonctions des différents modes de déplacements (piétons, véhicules légers, cycles), - les principes techniques des voiries, - le phasage du plan de déplacement,

B. A l échelle de l ilot Le projet d'aménagement de la zone sera développé de manière à définir : Les principes d organisation du site et la déclinaison spatiale du programme ; Les principes détaillés de desserte, le positionnement indicatif et la vocation des différents espaces ouverts (articulation espaces privatifs/espaces publics) et leurs usages précis ; Les solutions techniques en termes d'infrastructures et de réseaux, s'appuyant sur des solutions innovantes, notamment en terme environnemental et de développement durable (traitement des eaux pluviales et usées ) ;

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Les préconisations en matière paysagères, architecturales et environnementales (notamment au regard des objectifs de la Chartre Eco-quartier), ainsi que, le cas échéant, l évaluation de l investissement supplémentaire par rapport à une opération dénuée de toute contrainte ; Le chiffrage global des équipements publics d'infrastructures à réaliser (ratio) et de la dimension environnementale Le coût de sortie de la charge foncière Le mode opérationnel préconisé et le cas échéant, le phasage possible ; Ces éléments devront être définis sous forme de notes, schémas explicatifs, croquis ou images de référence, et traduits réglementairement.

3 - Pièces graphiques Sur 2 panneaux rigides de format A0 : A l échelle du territoire communal : un plan de circulation général de la commune (échelle libre), permettant de comprendre les modes de déplacement des différents usagers, et le phasage envisagé A l échelle de l îlot : un plan de masse à l échelle 1/500 de l ensemble du site faisant apparaître : -

les bâtiments existants situés aux abords du périmètre de l opération le plan de masse et la trame viaire avec coupe de principe des croquis d ambiance (3 unités) Les constructions neuves projetées (volumétrie) l occupation et le traitement du sol et des abords Les détails significatifs d organisation et d aménagement (carrefours, entrées, traitement de stationnement, traitement des espaces publics, feront l objet d un « zoom » graphique avec une échelle adaptée et permettant la bonne compréhension)

4 coupes transversales au moins au 1/500ème permettant la compréhension de l ensemble du projet. - profils en travers jugés pertinents des voies de circulation. 4 perspectives d ensemble à hauteur de l il du passant permettant au maître d ouvrage d apprécier l image et les ambiances du site aménagé notamment : - deux portant sur les secteurs mixtes à dominante d habitat, - une portant sur le secteur d équipements publics, - une permettant d apprécier la perception du futur front urbain depuis la route départementale, un schéma général des circulations dans le site en relation avec le reste de la ville une axonométrie de l ensemble du site faisant apparaître les aménagements et constructions projetées ainsi que les constructions existantes aux abords du périmètre de l opération. Cette vue devra permettre au commanditaire d apprécier les prospects et densité proposées en cohérence avec les objectifs cités ci-dessus.

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3 - Les pièces écrites Les pièces écrites seront de format A4 et comprendront : une notice descriptive et justificative définissant les éléments suivants : principe d intégration urbaine et d intégration dans le site du projet dans ses différentes composantes les polarités de fonctionnement du futur quartier intentions d architecture (volumétrie, organisation spatiale entre les intérieurs et les extérieurs) et d organisation spatiale (réseau viaire, maillage urbain) ; traitement spécifique des liaisons inter-quartiers découpage foncier permettant une urbanisation progressive et évolutive plan de circulation du futur quartier (circuit de circulation, liaisons principales...) conservation de la trame verte existante (vergers) et maintient des équilibres paysagers aménagements des espaces extérieurs (type et qualité) le phasage proposé pour les travaux en tranche opérationnelle de manière à aboutir à une urbanisation progressive du secteur sur cinq ans. fonctionnement du site pendant la réalisation des travaux (circulation, etc.) une notice technique comportant les chapitres suivants : description technique : mobiliers urbain, revêtement de voiries et places, candélabres, etc. (joindre images ou références similaires) chiffrage au ratio du coût des aménagements, détaillé par lots une note de 2 pages maximum format A4 synthétisant les éléments essentiels des deux notices susmentionnées

IMPORTANT : Les pièces graphiques et les pièces écrites ne devront pas porter d indication permettant d identifier les concepteurs.

4

Présentation des documents et nombre d exemplaires à fournir

Les prestations sont à fournir en deux exemplaires, dont l un colorée sur support léger et rigide selon des procédés laissés à l initiative du candidat, l autre en noir et blanc plié au format A3. Le prestataire remettra l ensemble de sa production sur un support numérique non protégé. La propriété intellectuelle des prestations reste acquise au commanditaire qui aura le loisir de l exploiter et de la diffuser de la manière dont il le souhaite. 5

Règlement de consultation

Le candidat devra également fournir toute pièce prévue au règlement de consultation. Ville de ISSENHEIM - 13 -


Annexe n°1

1. Choix énergétiques : Evaluation des besoins énergétiques (chauffage, ECS, climatisation ) pour l aménagement de ce nouveau quartier Identification de l offre existante localement (énergies disponibles au plan national et local) Elaboration et comparaison de scénarios énergétiques : - Formulation de propositions en termes de choix d énergie ou de systèmes à promouvoir - Identification des réseaux et des équipements énergétiques à prévoir - Prescriptions spatiales ou architecturales visant à rendre possible la valorisation de l énergie locale - Conception d un tableau comparatif des choix possibles, en fournissant des estimations de coûts 2. Gestion des déplacements Identification des besoins en déplacement : - Localisation des pôles d attraction générateurs de déplacement à l intérieur et à l extérieur de la zone - Etude des déplacements à l intérieur et vers l extérieur de la zone en fonction des motifs de déplacements Recommandations et propositions en faveur d une maîtrise des déplacements : - Organisation de la mixité - Réduction de la consommation d espace (stationnement, place laissée à la voiture ) - Accessibilité des équipements et des transports : localisation et intégration des équipements structurants et des équipements commerciaux, articulation entre transports en commun, chemins piétonniers et pistes cyclables, raccordement des réseaux piétons et vélos existants aux réseaux prévus, localisation des parcs à vélos, mise en place de signalétique, de plans 3. Gestion des déchets Evaluation des déchets (ordures ménagères, déchets recyclables, encombrants dont déchets verts, déchets dangereux ) générer par l urbanisation de la zone Identification des équipements complémentaires à prévoir Propositions d aménagements permettant la collecte des déchets dans l espace public : aménagement des lieux publics, intégration paysagère des équipements Recommandations en matière de précollecte Recommandations en matière de gestion des déchets de chantier : dispositions à adopter pour les habitations, les locaux et les aires de stockage, information des habitants 4. Environnement sonore Identification et localisation des sources de nuisances sonores existantes ou futures Affectation des espaces en fonction des sources sonores Propositions de zones tampons et d aménagements réducteurs de nuisance Préconisation pour la conception du plan masse, pour l orientation et l isolation des bâtiments, pour la conception des espaces extérieurs Diminution du bruit à la source

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5. Environnement climatique Identifications des barrières naturelles ou paysagères apportant du confort (brises-vent, ombres ) Identification des espaces sensibles et des recommandations à envisager sur ces espaces : traitement spécifique des axes piétonniers et cyclables, orientation des bâtiments et disposition les uns par rapport aux autres, organisation interne des bâtiments et des espaces intermédiaires Recommandations permettant d atténuer ou de valoriser les paramètres climatiques : Mise en place de brise-vent, valorisation de l ensoleillement, réflexion sur les ombres portées 6. Gestion de l eau et assainissement Identification des usages de l eau et des besoins (consommation alimentaire, utilisation sanitaire, arrosage des jardins et des espaces verts, lavage de voitures ) Identification des types de rejets et de leur quantité Préconisations pour limiter le ruissellement et l imperméabilisation de la zone Propositions alternatives aux usages de l eau (exemple : récupérer l eau pluviale pour l arrosage des jardins, récupérer l eau pluviale pour le lavage des voitures avec réception et traitement des eaux usées ) Intégration paysagère des ouvrages (exemple : canal à ciel ouvert )

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ANNEXE N°2

ENJEUX

OBJECTIFS Favoriser des typologies urbaines compactes, économes en ressources terrain. Favoriser la mixité des différentes fonctions urbaines.

Formes urbaines utilisation rationnelle de l espace

Proposer une composition urbaine qui réduise les déplacements. Offrir une alternative à l aspiration massive pour l habitat individuel discontinu. Mutualiser les coûts du foncier, de construction et de fonctionnement (énergétiques notamment). Favoriser et développer les modes doux. Supprimer les déplacements non

Déplacements et accessibilité

désirés ou inutiles. Développer l accessibilité et la liberté des déplacements. Assurer la cohérence des

ACTIONS ENVISAGEES


déplacements avec le contexte urbain. Assurer la mixité sociale. Un accès pour tous aux espaces publics

Mixité sociale et urbaine

Création d equipements publics et de service permettant la mixité fonctionnelle Créer des espaces publics, lieux de sociabilisation Réguler et réutiliser les eaux de

Eau

pluies. Economiser l eau potable. Maîtriser la pollution des eaux. Concevoir des aménagements dont les besoins en énergie sont évalués et limités. Rechercher des solutions

Energie - climat

énergétiques qui profitent des ressources locales et limitent les émissions de gaz à effet de serre. Mutualiser les sources de production

Ville de ISSENHEIM - 18 -


de chauffage, de froid ou d électricité.

Bruit - nuisance

Réduire les déplacements VL et encourager les liaisons douces réduire la vitesse et les sources de bruit liées au trafic identifier les sources de nuisances visuelles, acousitiques et olfactives

Paysages et biodiversité

favoriser la biodiversité en composant une trame paysagère adaptée promouvoir une gestion moins polluante des espaces verts intégration des structures végétales existantes dans la composition urbaine créer un paysage en cohérence avec le paysage existant Diminution du volume d ordure à la source Réutilisation et recyclage des déchets

Déchets

Réduction des risques pour l environnement et la santé humaine Favoriser le tri selectif

Sol

Prendre en compte la topographie du site dans le projet d aménagement Définir un projet de gestion des eaux pluviales cohérent avec le capacité d infltration du sol limiter les transports de terre dans le projet urbain Ville de ISSENHEIM - 19 -


Matériaux

choix de revêtements adaptés aux objectifs environnementaux (perméable, biodégradable, etc) choix des matériaux en fonction de l empreinte ecologique produite utilisation de matériaux locaux choix de matériaux non nuisibles à la santé utlisation de matériux recyclés ou recyclables

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Annexe 2 :

Prescriptions conceptuelles du concours (Ville d’Issenheim : élément du DCE)


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Annexe 3 :

Notice d’aménagement communal durable de la ville d’Issenheim - projet lauréat (Equipe : HL Architectes Urbanistes – Egis – Solares Bauen)


HL Architectes Urbanistes 23 rue Duris 75020 PARIS Tel: 01.43.41.52.65 Fax: 01.78.72.87.88 www.hlarchitectes.com

19, rue Kuhn 67000 STRASBOURG Tel: 03.88.30.97.74 Fax: 03.59.08.75.37 www.solares-bauen.fr

5, rue Albert Thomas 25000 BESANCON Tel: 03.81.65.24.02 Fax: 03.81.65.24.09 www.egis-amenagement.fr

Ville d’Issenheim

NO T I CE / Q U AR T IE R I NN O VA N T I SS EN HE IM / J U I L L E T 0 9

ISSENHEIM : Vers un projet d’aménagement communal du r a b l e


SOMMAIRE

Préambule PARTIE 1. GRANDE ECHELLE I

ANALYSE DU CONTEXTE

A- Données générales

--------------------------------------------------------------p 3

B- Les secteurs de projet et contexte urbain

--------------------------------------------------------------p 4

C- Enjeux et fonctionnement du territoire d’étude

--------------------------------------------------------------p 5

D- Diagnostic socio-démographique

--------------------------------------------------------------p 7

a- Une population rurale en mutation b- L’habitat en présence

E- Synthèse des Contraintes attendues

--------------------------------------------------------------p 8

II OBJECTIFS ET PRINCIPES DIRECTEURS

--------------------------------------------------------------p 9

III PROJET D’AMENAGEMENT COMMUNAL DURABLE

--------------------------------------------------------------p 10

A- Plan Directeur d’Aménagement

--------------------------------------------------------------p 10

B- Plan de Déplacement

--------------------------------------------------------------p 11

C- Plan d’Armature Paysagère

--------------------------------------------------------------p 13

D- Phasage

--------------------------------------------------------------p 14

E- Mise en oeuvre opérationnelle

--------------------------------------------------------------p 15



HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

-------------------------------------------------------------- p 3


GRANDE ECHELLE I

A N A LY S E D U C O N T E X T E

Organisation du territoire et déplacements Axes de circulation Villes

A - Do n n é e s G énérales

Voie Ferrée Routes départementales

SITUATION GéOGRAPHIQUE

Bergholtz Population: 1 008 hab. Densité: 238 hab./km²

Située dans le département du Haut-Rhin, Issenheim bénéficie d’un positionnement géographique privilégié, au pied des collines sous-vosgiennes, à l’entrée de la Vallée.

Merxheim

Axes structurants du projet

Entre vignoble et forêt, la commune offre un cadre de vie attractif grâce à environnement urbain paysager de qualité et à sa bonne desserte.

D3 bis

Population: 11 500 Hab. Densité: 1 190,6hab./km²

Rues principales

Issenheim

5

Axes secondaires

Population: 1 280 Hab. Densité: 9,1hab./km²

Guebwiller

D1

Axes principaux

D 83

D 42 9

Son développement est cependant physiquement contraint par plusieurs départementales (RD 83, RD 480 et RD 3 bis), qui viennent entourer la ville.

ZI Intercommunale

Voi e fe rré e

Population: 3 459 Hab. Densité: 417hab./km²

D

43 0 Raedersheim

SoultzHaut-Rhin

PAYSAGE

4 bis

Population: 967 hab. Densité: 169 hab./km²

D

Population: 7 131 hab. Densité: 241 hab./km²

- Des éléments paysagers forts en présence mais non valorisés notamment le long de la Lauch, et la forêt au sud. De plus l’étude d’impact d’avril 2009 concernant Issenheim souligne que les aménagements de la Lauch sont peu partagés par le public.

N

UNE MOSAïQUE DE TISSUS SECTORISéS N

Grands Paysages

Issenheim : une mosaïque d'espaces monofonctionnels entre routes et rivière

Secteurs d'urbanisation projetés dans la ZAC Activités Tissu ancien Tissu résidentiel moyennement dense (collectifs/maisons accolées) Tissu résidentiel pavillonnaire Terres agricoles Equipements sportifs et de loisirs Equipements scolaires et autres

Espace naturel - effet d'ouverture Espace naturel - effet de fermeture Bâti compact - cône de vue réduit Ruptures physiques Espace peu qualifié Degrés d'intégration paysagère de la Lauch Franchissements sur la Lauch

N

250m

500m

Contact urbain/terres agricoles N



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NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

- La ville, qui s’est développée anciennement autour de ses axes historiques est peu à peu rentrée dans un modèle d’étalement urbain non maîtrisé. Ce système de développement a abouti a une sectorisation importante des différentes fonctions urbaines, entre activités


B- S e c t e u r s d e p r o j e t e t c o n t exte urbain TISSU URBAIN 23 SECTEUR C

13

1

2

3

4

5

6

7

24

SECTEUR D

16 25

8

12

Tissus urbains variés avec des éléments de patrimoine mis en valeur mais présentant également des typologies contemporaines consommatrices d’espace et parfois peu qualitatives.

18

19 3 SECTEUR E

1 6 2

INFRASTRUCTURES ROUTIèRES

4

11

20 17 SECTEUR A

Rue du Tissage 8

Rue de Cernay

Rue de la forêt 9

10

Rue de Soultz 11

Quai de la Lauch 12

13

Rue de Pfleck

14

9 5

7

10

21

D 430

15

SECTEUR B 14

Une ville globalement bien irriguée, mais manque de hiérarchisation des profils de voiries.

N

250m

15

16

17

18

500m

19

De vastes éléments paysagés potentiellement structurants comme la forêt d’Oberwald, la Lauch ou le ballon de Guebwiller, mais déconnectés du fonctionnement urbain actuel.

SECTEURS D’éTUDES

Secteur A 19

Secteur B 19

Secteur C depuis la rue des Ecoles 19

Secteur C depuis la D3 bis 19

Secteur C depuis la rue de Pfleck 19

Secteur D 19

Des secteurs de projet situés à la croisée d’éléments forts du paysage. Occasion de créer un nouveau rapport avec les éléments naturels et l’urbanisation future.



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GRANDS éléments PAYSAGERS


Evolution des catégories socioprofessionnelles entre 1990 et 1999

C-D i a g n o s t i c s o c i o - d é m o g r a phique

Evolution des catégories socio-professionnelles entre 1990 et 1999 évolution du nombre d'habitants à ISSENHEIM

250%

3415

3296

150%

3000

2852

200%

100%

2836

50% 0%

2500

1982

1990

1999

2006

ouvriers

-150%

Le canton de Soultz, dont fait partie Issenheim, a connu ces dernières décennies une forte augmentation démographique (+ 16%), beaucoup plus marquée que celle du canton voisin de Guebwiller (+5%) entre 1990 et 1999.

employés

-100%

cadres et professions intellectuelles sup.

Une population QUI AUGMENTE ...

professions intermédiaires

-50%

artisans, commerçants et chefs d'entreprises

UNE POPULATION RURALE EN MUTATION

300% 3500

agriculteurs exploitants

Afin de déterminer la stratégie de développement en termes de programmation, nous nous sommes attachés à mieux comprendre le profil socio-démographique de la commune.

350%

Cette augmentation s’explique par d’importants apports migratoires, de l’ordre de +1,65% par an tandis que le solde naturel est resté quasi nul. Issenheim est donc un territoire très attractif, notamment auprès des classes moyennes et supérieures. Avec une hausse de 64% des cadres professions intellectuelles supérieures entre 1990 et 1999, la ville tire les bénéfices sa proximité avec les pôles d’emplois (à -mi-chemin entre Colmar et Mulhouse - Bâle - 20 minutes de voiture) et de son cadre de vie de qualité.

Types de ménages à Issenheim

Evolution de la part des classes d’âge

Types de ménages à Issenheim

Evolution de la part des classes d'âge dans la population entre dans entre 1990laetpopulation 2006

... SANS ECHAPPER AUx GRANDES TENDANCES NATIONALES

1990 et 2006

35,00%

1990 2006

15,00%

f amilles monoparentales

ménages d'une pers onne f amilles monoparentales

c ants ouples c ouples av ec enf

10,00% 5,00%

c ouples s ans enf ants < 20 ans

20 à 39 ans

40 à 59 ans

65%

60 ans et +

Actifs et inactifs à Issenheim

Population active deactive 15 ans ouans plusouayant un emploi Population de 15 plus ayant un par catégorie socioprofessionnelle emploi par catégorie socio-professionnelle

Actifs et inactifs à Issenheim

Et udiant s; 7,20% A c t if s oc c upés; 41,50%

A ut res inac t if s; 23,10%

Ret rait és; 23,80%

45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0%

ouvriers

Chomeurs; 4,40%



HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

av ec enf a

c ouples s ans enf a

65%

0,00%

ENJEUX - Prendre en compte les attentes des nouvelles populations notamment en termes d’équipements scolaires et péri-scolaires - Anticiper les besoins inhérents au vieillissement de la population (services à la personne, logements adaptés).

ménages d'une pers onne

7%

employés

Si l’on s’intéresse aux seuls actifs, on constate que malgré l’arrivée de nouvelles populations de type CSP supérieures, les ouvriers représentent toujours la part le plus importante des actifs ayant un emploi avec 33%, suivis par les employés (27%) et professions intermédiaires (21%).

7%

7%

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

20,00%

POPULATION ACTIVE / EMPLOI A Issenheim, la population en activité n’est pas majoritaire. Ce phénomène est liée à la part importante des retraités (23%) ainsi qu’aux «autres inactifs», essentiellement des femmes aux foyers.

21%

professions intermédiaires

Ces évolutions, liées aux décohabitations, ruptures familiales, ou veuvage, restent marginales à l’échelle de la ville mais sont annonciatrices de nouveaux besoins à prendre en compte, notamment en matière de logement.

25,00%

cadres et professions intellectuelles sup.

L’autre évolution marquante concerne la taille des ménages, qui comme à l’échelle nationale diminue. Si les couples avec enfants constituent la grande majorité des ménages (65%), on constate que : - le nombre de personnes vivant seules a augmenté de 67% entre 1990 et 1999, pour atteindre 7% de la population - les familles monoparentales ont augmenté de 86%, soit 7% de la population.

7%

21%

30,00%

artisans, commerçants et chefs d'entreprises

Si la part des 20-60 ans se maintient dans le temps, ce sont les deux extrémités de la pyramide des âges qui ont fortement évolué et cette tendance devrait s’amplifier dans les années à venir.

Types de ménages à Issenheim

agriculteurs exploitants

L’attractivité que connaît Issenheim ne saurait toutefois enrayer la tendance nationale du vieillissement de la population. En effet, avec une part des jeunes en constante diminution depuis les années 1980 et l’augmentation de l’espérance de vie, la population d’Issenheim vieillit.


Taille des logements Taille des logements

Répartition logements individuels et collectifs

l’Habitat

Répartition logements individuels et collectifs

1%

7% 24%

16%

PRéDOMINANCE DE L’HABITAT INDIVIDUEL PAVILLONNAIRE

1 2 3 4

A Issenheim, l’habitat se caractérise par l’importance des maisons individuelles (75%), des grands logements (76% de 4 pièces et plus), et du nombre de propriétaires occupants (77%). A contrario, le parc locatif apparaît réduit (19,5%) avec sensiblement autant de logements locatifs HLM (8%) que de locatifs libres (11%).

prise en compte des besoins

240

Résidences principales Résidences principale selon le type d’immeuble et la date selon le type d'immeuble et la date d’achèvement

4% 8%

d'achèvement

160 8011%

0

320

avant 1949

1949 à 1974

L’attractivité de la Ville d’Issenheim repose en partie sur les disponibilités foncières qu’elle a su valoriser ces dernières années. Toutefois, cette stratégie doit être repensée dans la mesure où le foncier se raréfie tandis que l’habitat pavillonnaire est très consommateur d’espace.

1975 à 1989

Propriétaire Locataire non HLM Locataire HLM Logé gratuitement

240

1990 ou après

160

Collectif

80 77%

0

avant 1949

Taux de vacance selon la date d'achèvement

La Ville doit également anticiper les nouveaux besoins, tant pour les Issenheimois que pour les nouvelles populations.

Pour les nouveaux habitants, il s’agit de continuer à développer une nouvelle offre de logements, sachant qu’avec un taux de vacance quasiment nul, les possibilités d’accueil au sein du parc de logement existant sont faibles.

76%

320 Répartitiondes deslogements logements par par statut statut d’occupation Répartition d'occupation

Individuel

Pour les Issenheimois, il s’agit de prendre en compte : - le desserrement des ménages, - la nécessité de créer une offre de logements accessibles aux jeunes actifs qui actuellement peinent à se loger, - le vieillissement de la population, qui a pour conséquence une sous-occupation de grands logements et des difficultés pour certaines personnes seules à vivre dans un logement devenu inadapté.

Logements dans un immeuble collectif

Individuel

Taux de vacance selon la date d’achèvement

10%

1990 ou après

Collectif

Lieu de résidence 5 ans auparavant (en 2006)

Taux de vacance selon la date d'achèvement

6% 4%

12%

2% 0%

10%

avant 1949

1949 à 1974

1975 à 1989

1990

1999

1990 ou après 6%

Statut d’occupation par socio-professionnelle catégorie socioStatut d'occupation par catégorie professionnelle

100%

Même si l’on sait qu’une politique d’habitat se pense à l’échelle d’un bassin de vie ou d’un bassin d’emplois, les besoins locaux font apparaître certains manques en matière de : - petits logements - logements locatifs notamment intermédiaires de type PLS - logements en accession sociale à la propriété - logements adaptés à certaines catégories, comme les personnes âgées ou handicapées - logements collectifs

1975 à 1989

12%

4%

Stratégie EN Matière D’HABITAT

1949 à 1974

Statut d’occupation par âge de la perStatut d'occupation par âge de la personne de référence sonne de référence

2% 100%

0%

90%

90%

avant 1949

1949 à 1974

1975 à 1989

1990

1999

80%

80%

1990 ou après

70%

70%

60%

60%

Logé gratuitement Locataire non HLM Locataire HLM Propriétaire

50% 40%

Logé gratuitement Locataire non HLM Locataire HLM Propriétaire

50% 40% 30%

30% 20%

20%

10%

10% 0%

0% artisans commerçants

cadres, prof. intel. sup.

professions inter.

employés

ouvriers

retraités

15-29ans

30-39ans

40-49ans

50-59 ans

60-74ans

75 ans et +



HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

Pris dans son ensemble, le parc de logements n’est pas très récent. On note un pic des constructions individuelles dans les années 1980, tandis qu’il a fallu attendre les années 1990 pour voir la reprise de la construction de logements en collectif. Toutefois, le rythme des construction (tous types confondus) reste très soutenu par rapport au reste du département, le nombre de logements ayant augmenté de 40% entre 1990 et 2006.

logements individuels

Résidences principale selon le type d'immeuble et la date d'achèvement

76%

Ces données sont le reflet de l’urbanisation de la Ville, de son caractère péri-urbain et de la composition de sa population.

pièce pièces pièces pièces et plus


D- E n j e u x e t f o n c t i o n n e m e n t du territoire d’étude

Des équipements intercommunaux regroupés la rue de Guebwiller à Issenheim : disproportion entre usage et gabarit

ZAC des filés

Guebwiller

Le développement des activités et des commerces d’Issenheim est étroitement lié à celui de Guebwiller, commune limitrophe.

hôpital

lycée

Commerces et activités :

école musique gymnase médiathèque lycée

En matière de commerces, on peut identifier deux types de polarités : - la première, au niveau du centre ancien, est basée sur le développement historique de la Ville. Ce pôle apparaît assez dégradé et plusieurs commerces sont en voie de disparition, - la deuxième, le long de la rue de Guebwiller, témoigne d’une construction plus récente, de forme linéaire. Tirant parti de la circulation de transit, elle se développe au travers d’une mutualisation des fonctions urbaines avec Guebwiller.

écoles périscolaire

ZA les Noyers collège terrains sports

centres anciens - commerces de proximité

Le reste de la Ville lié à l’urbanisation des années 1980 présente un profil mono-fonctionnel de type résidentiel.

terrains sports

hôpital

Institut Champagnat terrain sport

Issenheim

ZI intercommunale

zones commerciales et d'activités

tennis

équipements scolaires et périscolaire

étang

autres équipements/bâtiments publics équipements sportifs et de loisir limites communales

500m

médiathèque

Soultz-Haut-Rhin

1000m

vers Mulhouse

gymnase collège

N

vers Cernay

commerces et activités 9 5

équipements scolaires et périscolaire autres équipements/bâtiments publics cimetière

équipements sportifs et de loisir

P

terrain sports

église

parkings publics

5

8 5 7 5

P

6 5

école et collège privé Champagnat

N

4

terrain de sports terrain de sports

Concernant les équipements scolaires, des possibilités d’extensions semblent ponctuellement possibles mais elles ne permettraient pas de répondre aux besoins à moyens termes. En considérant la répartition actuelle à part égale entre scolaire privé et public, les besoins en élémentaire devraient augmenter de 15 élèves avec le secteur C, 39 avec les secteurs D et E, puis 33 avec les secteurs A et B. Soit un total de 87 élèves supplémentaires à intégrer à la programmation projetée.

3 2 5

P

supermarché

1

P

P

terrain de sports

couvent des Antonins

camping 10 5

tennis + étang zone industrielle intercommunale

ENJEUX - Développer une gamme plus complète d’équipements - Anticiper les besoins scolaires futurs en arbitrant entre des extensions ponctuelles ou la création d’un nouveau groupe scolaire à même de mutualiser les services (cantines, garderie...)

1 mairie 2 permanance sociale CG68 5 3 crèche - association "La récré" 4 hôpital local maison Zimmermann 5 école maternelle Soeur-Fridoline

6 école primaire Les Châtaigniers 5 7 caserne pompiers 5 8 périscolaire - espace jeunes 5

0

250m

500m

9 salle de gym + tennis de table 5 10 5 école maternelle La Colombe



HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

0

La Ville d’Issenheim est relativement bien pourvue en matière d’équipements. Toutefois, au regard de l’évolution démographique récente, des besoins apparaissent au niveau : - de l’offre culturelle - d’espaces de loisirs et de détente (aires de jeux..) - d’espaces de rencontre D’autre part, l’étude d’impact de la ZAC souligne le risque de saturation de certains équipements existants, notamment les écoles, les parking du centre ville et les commerces de proximité.

hypermarché

lycée hôtelier piscine camping gymnase

L’identification cartographique des secteurs d’activités témoigne donc d’un développement concentré entre l’axe historique de la rue de Guebwiller et la Lauch.

équipements :

vers Colmar


E- S y n t h è s e d e s c o n t r a i n t e s attendues

Impact de l'urbanisation des secteurs de la ZAC sur le trafic journalier 6 263 7933 + 27%

Sur la base de l’étude d’impact et de l’étude déplacements d’Egis Mobilité, nous avons tenté d’approfondir et de synthétiser les contraintes générées par la ZAC des Antonins.

4944 6 510 + 32%

Secteurs correspondant au projet de ZAC

4 628 déplacements générés au total SECTEUR C +356 hab. +801 déplacements

2 115 échanges générés vers l'extérieur

FONCTIONS URBAINES ET TYPES DE DéPLACEMENTS

2 513 échanges générés en interne 5 047 6 400 + 27%

L’analyse des déplacements montre que ceux-ci sont autant générés par des flux externes qu’internes.

SECTEUR D +608 hab. +1369 déplacements

: Trafic journalier en 2002 : Trafic journalier après urbanisation de A, B, C, D et E : Pourcentage de véhicules supplémentaires 5717 6790 + 19%

Augmentation du trafic d'env. 30%

Au niveau des flux externes, on constate que ceux-ci sont liés aux migrations pendulaires vers Colmar et Mulhouse. L’absence d’itinéraire de délestage oblige en effet à passer par le centre ville.

Augmentation du trafic d'env. 20% Augmentation du trafic d'env. 10%

Au niveau des flux internes, les déplacements s’orientent principalement vers les points d’achats et vers le Centre Ville, notamment vers les équipements. On note que les phénomènes de congestion sont majoritairement liés à des déplacements automobiles depuis les secteurs résidentiels.

Problèmes soulevés par l'étude de déplacements EGIS Mobilité

5423 7100 + 31%

8025 9550 + 19% SECTEUR E +317 hab. +714 déplacements 1171 1410 + 20.5%

5272 6782 + 29%

5272 5882 + 10.5%

SECTEUR A +400 hab. +901 déplacements

Vitesse - risque de sécurité Manque de visibilité

Dans ce contexte difficile, la ZAC ne fera qu’amplifier ces phénomènes puisque celle-ci générera 30% de trafic supplémentaire sur les axes principaux (rue de Rouffach et rue de Guebwiller), autant pour se rendre à l’extérieur qu’à intérieur d’Issenheim.

SECTEUR B +37 hab. +842 déplacements

Carrefour saturé (mal géré - bouchons)

Ces projections sont préoccupantes dans la mesure où la morphologie de la rue de Guebwiller n’est pas adaptée à un trafic élevé. Par ailleurs, le franchissement de la Lauch risque d’être rendu plus dangereux pour les piétons. N

250m

500m

Mutabilités et projets à Issenheim 40

s4

Bu

Cartes des déplacements actuels et impacts de la ZAC

Secteurs correspondant au projet de ZAC

Echangeur

Projets en cours Grandes emprises mutables (anciennes industries)

Eléments de trafic

lotissement des Capucines

Emplacements réservés (PLU)

Réseau de bus

SECTEUR C

Arrêt de bus

Création d'une voie envisagée par le PLU Concours d'idées éco-quartier Franchissement et piste piétons/cycles à prolonger

SECTEUR D

Bus

Pistes cyclable et piétonne

4

442

SECTEUR C

SECTEUR D

Préconisations de l'étude Egis Mobilité SECTEUR E

Nouveau franchissement sur la Lauch

scolaire/périscolaire

Pôles d'attractivité par motif de déplacement

Ecole et collège privé Champagnat + 277.6 déplacements

Création d'une zone 30 - aménagements de sécurité

Emplois

Aménagement de la place/carrefour de la Liberté

Commerces

Terrains de sports

Ecole

Bus 440

Mesures de limitation de vitesse

Supermarché + 865.3 déplacements

Terrains SECTEUR E de sports

commerces du centre ville + 152.7 déplacements

Aménagement de qualité de la rue

Equipements sportifs

Guebwiller + Soultz + 510 déplacements

1

Salle de gym et tennis de table

2

Résidences Domial

3 4

Création d'un site d'activités économiques

Camping Flux domicile/travail Colmar + Mulhouse + 985 déplacements

SECTEUR A

3 SECTEUR A

Valorisation paysagère des abords de la Lauch SECTEUR B

SECTEUR B

Terrains de sports

zone industrielle intercommunale + 263 déplacements

Bu

s4

58 Bu

s4

58

N

250m

500m



N

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

250m

500m

Echangeur

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

Sites identifiés par la ville


II

O B J E C T I F S E T P R I N C I P ES DIRECTEURS D’AMENAGEMENT Schéma de fonctionnement communal actuel

Recréer des liens avec le patrimoine naturel

Secteur C

- Rendre la Lauch et la forêt structurantes pour le futur développement de la commune - Considérer la forêt moins comme une limite que comme un véritable poumon d’échange entre l’urbain et le territoire naturel - Privilégier l’ouverture de la Ville sur ce patrimoine naturel structurant plutôt que la contiguïté

Secteur D

La Lauch

Centre ville

Secteur E

Passer d’une logique de secteur à une logique de pôles Secteur A

- Regrouper les fonctions urbaines dans ce qu’elles ont de structurant, autour des éléments forts du paysage : Au niveau des équipements, SECTEUR C et B Au niveau des commerces : structurer la polarité commerciale de Centre Ville autour du commerce de proximité, de la restauration et de l’hôtellerie / assurer la bonne desserte des grandes structures de distribution

Forêt

Secteur B

- Pacifier le Centre Ville et lui donner un véritable potentiel de liaisons piétonnes entre équipements, commerces et secteurs d’habitat

- Détourner le transit Est-Ouest des flux externes - Donner un rôle structurant à des voiries telles que le rue des Jardiniers et le rue de la Forêt afin de délester la rue de Guebwiller dans sa partie Sud - Rendre des axes plus généreux et clairement identifiables - Recourir aux simples sens pour plus de sécurité et de fluidité

Schéma d’objectifs d’aménagements Schéma d'objectifs futurs

BATIMENTS PRINCIPAUX .Activités et réserves: Eglise

Secteur C

Mairie

POLARITES

Secteur D

Secteur d'urbanisation projetés dans la ZAC

La Lauch uch

Centre Ville

faciliter les déplacements internes sur des modes doux

Espace qualitative Végétale

Centre ville

Secteur E

Pôle de Loisirs

- Diffuser les flux internes Nord-Sud destinés à relier les quartiers résidentiels aux équipements - Faciliter les itinéraires de bouclages courts - Mettre en place une trame de liaisons douces Nord-Sud à même de desservir les différentes fonctions urbaines et limiter l’usage de l’automobile pour les flux internes - Mettre en place une zone 30 dans le Centre Ville - Developper un réseau de liaisons douces Nord/Sud afin de relier les fonctions urbaines principales aux différents secteurs de ZAC.

VOIRIES

Secteurs résidentiels

.Maillage: V1, voie départementale principale V2, voie départemetale secondaire V3, voie de transit primaire V4, voie de transit secondaire

Secteur A

V5, voie de desserte V6, voie de diffusion Piste cyclable

Forêt

Secteur B

Equipement loisir

N



HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

limiter les nuisances des flux externes


III

P R O J E T D ’ A M E N A G E M ENT COMMUNAL DURABLE

A-Pl a n D i r e c t e u r Plan d ’ Adirecteur m é n a gd'aménagement e ment

Plan directeur d'aménagement POLARITES POLARITES .Activités et réserves:

foncière .Activités etRéserve réserves:

Commerces et activités conservés

Réserve foncière

Secteur C

Centrale cogénération

Lotissement des capucines

.Equipements: Equipements scolaires, salle polyvalente

- Répartition des typologies de logements Commerces variées sur et activités conservésEquipement sportifs et loisirs chaque secteur de la ZAC avec une morphologie plus Autres équipements/bâtiments publics urbaine sur le secteur E et une densité forte sur le sec.Equipements: .Eléments paysagés: Forêt existante teur C : Equipements scolaires, salle polyvalente Forêt créée • 1/3 de petits logements pour les ménages de 1 Aménagements paysagés à 2 personnes Equipement sportifs et loisirs Zone végétale •10% de logements adaptés aux personnes Canaux de canalisation des crues, et de traitements des eaux pluviales âgées ou à mobilité réduite à proximité d’un pôle serAutresde équipements/bâtiments publics VOIRIES vices dédié .Maillage: V3, voie de transit primaire plantée .Eléments paysagés: ponctuée de parkings V5, voie de desserte interquartier - Création d’un pôle technique avec le regroupement des Forêt existante V6, voie de desserte intraquartier services d’urgence et de la caserne de pompiers à proxiV7 piste cyclable Circuit pédestre mité directe de la RD 83 Forêt créée

Zone humide protégée

9

Secteur D

Pôle équipement

Ecole

Cimetière Eglise

Terrain Parc avec activités et bassin de traitement P de sport EP

8 5

Parvis Sallepublic

5 polyvalente

P

P

P

La Lauc

h

Forêt avec activitées

E

Secteur E

P

Ecole et collège privé Champagnat

3 2

1

P

P

PP' T1

P

L

10 5

Pôle équipement Secteur A

P

P

ch

E

P

Ecole et collège privé Champagnat

A

Secteur E

3

Etang

Terrains de tennis

2 Etang

1

P

P

Terrain de sport

P

Pôle équipement loisirs

Zone industrielle intercommunale

Parc de loisir programme à définir

J

PP' Couvent des Antonins

.Divers:

T1

T2

Franchissements existants

créés des crues, etFranchissements de - Création d’un pôle de loisirs/équipements àCanaux partir de decanalisation la ELEMENTS DIVERS traitements des eaux pluviales programmation existante au Sud Secteurs correspondant au projet de ZAC

P 1

mairie

6 5

école primaire Les Châtaigniers

2 5

permanance sociale CG68

7 5

pôle technique

3

crèche - association "La récré"

8 5

périscolaire - espace jeunes

4

Caserne des pompiers

9 5

salle de gym + tennis de table

5

école maternelle Soeur-Fridoline

10 5

école maternelle La Colombe

N

VOIRIES 250m

500m

Ordre du phasage prévu: C, E, D, B, A N

250m

.Maillage: 500m

10 5

P

L

P

4

Secteur A

V3, voie de transit primaire plantée ponctuée de parkings

Déplacements :

P

P

P

La Lau

Pôle technique

Requalification de la départementale Sens unique de circulation

8 5

Parvis Sallepublic

5 polyvalente

4 7 5

Ecole

Cimetière Eglise

Terrain Parc avec activités et bassin de traitement P de sport EP

Forêt avec activitées Secteur B

Place aménagée

6 5

Couvent des Antonins

T2

P

Zone humide protégée

9

Secteur D

J

Stationnement voitures

Zone végétale

Lotissement des capucines

P

Voies limitées 30km/h

- Programmation d’équipements le long de laAménagements Lauch en paysagés zone PPRI (terrains de sports, parc zones humides)

Secteur C

Centrale cogénération

Place aménagée

6 5

7 5

Pôle technique

A

V5, voie de desserte interquartier

Secteur B

V6, voie de desserte intraquartier

Etang

Terrains de tennis

Etang

V7 piste cyclable

- Requalification des voiries Est-Ouest de la rue des jarCircuit pédestre diniers et de la rue de la Forêt pour délester la rue de Guebwiller et créer des itinéraires de transit privilégiés Voies limitées 30km/h

Terrain de sport

P

- Améliorer le maillage Nord-Sud pour faciliterStationnement les dépla- voitures cements internes et les relations inter-quartiers Requalification de la départementale - Création d’un maillage de liaisons douces Nord-Sud .Divers: pour favoriser les déplacements des piétons et des cycles vers les équipements et le Centre Ville. Sens unique de circulation - Traitement du Centre Ancien en zone 30 pour sécuriser existants Franchissements les déplacements et réaffirmer sa fonction en Franchissements lien avec la créés Lauch et le secteur C - Création d’un nouveau franchissement automobile sur ELEMENTS DIVERS la Lauch pour relier les secteurs E et D et assurer le déSecteurs correspondant au projet de ZAC lestage du Centre Ville pour les flux vers l’extérieur

Zone industrielle intercommunale

1

mairie

6 5

école primaire Les Châtaigniers

2 5

permanance sociale CG68

7 5

pôle technique

3

crèche - association "La récré"

8 5

périscolaire - espace jeunes

4

Caserne des pompiers

9 5

salle de gym + tennis de table

5

école maternelle Soeur-Fridoline

10 5

école maternelle La Colombe

Pôle équipement loisirs Parc de loisir programme à définir

N

250m

500m

Ordre du phasage prévu: C, E, D, B, A

N

250m

500m

10

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

Programmation :


B- P l a n d e D é p l a c e m e n t s

10

5

2

10

5

2

Echelle: 1/200ème Echelle: 1/200ème

10

5

2

Echelle: 1/200ème COUPE B 3,00

7,00

9,00

5,20

3,00

7,00

COUPE A 3,00

1,00

3,00

1,00

7,00

Rue de Cernay

5,20

COUPE B

9, 00

Schéma des déplacements 5,20

9, 00

5,00

4,20

1,00

3,50

2,00

4,20

5,00

5,00

4,20

1,00

3,50

2,00

4,20

5,00

4,20

1,00

3,50

2,00

4,20

5,00

COUPE B 3,00

1,00

5,20

Secteurs correspondant au projet de ZAC Ordre du phasage prévu : C, E, D, B, A

9, 00

Trottoir

Voie de circulation Double sens

5,20

Trottoir

9,00

3,00

5,00

Arrêt de bus Lotissement des capucines

COUPE F

SECTEUR C

COUPE F

Commerces et activités rajoutés

5,20

Equipements scolaires et périscolaires TrottoirTrottoir

Equipement sportifs et de loisirs 10,00

10,20

1,40

4,20

5,00

1,40

4,20

5,00

9 5

SECTEUR D 1,40

Autres équipements/bâtiments publics

3,50 0,50 3,00 1,00

Zone 30

COUPE D

Rue des écoles

Quai de la Lauch

V3, voie de transit à requalifier Quai de la Lauch

J Couvent des Antonins

2,55

10 5

2,55

P

2

Echelle: 1/200ème

Arrêt de bus

10,00

1,00 1,00

10,00

Voies limitées 30km/hRayon de 250m/arrêt de bus Stationnement voitures Commerces et activités conservés

10,00

Commerces et activités rajoutés

Aménagement particulier

10,00

1,00 1,00

Equipements scolaires et périscolaires

5,00

4,20

5,00

1,00 4,20

Rue de la Forêt

3,50 1,00

2,00 3,50

4,20 2,00

5,00 4,20

5,00

1

mairie

6 5

2 5

permanance sociale CG68

7 5

3

crèche - association "La récré"

8 5

4

hôpital local maison Zimmermann

9 5

V3, voie de transit à requalifier salle de gym + tennis de table

5

école maternelle Soeur-Fridoline

10 5

voie de transit La à créer écoleV4, maternelle Colombe

2,50

7,00

2,50

2 621

2,50

Supermarché

Terrain de sport

10,00

10,00

10,00

SECTEUR B

Tennis/Etang

Trafic journalier résultant de l'ensemble des Lotissement des capucines flux internes et externes comprenant tous SECTEUR C les secteurs créés Part des déplacements vélos/pétons, estimées en pourcentage par secteur

25%

7,00

10,00

10,00 SECTEUR D

10,00 Cimetière

Sens des déplacements internes Eglise T

Pôle loisirs

9 5 8 5

6 5

P

P

P

5

P

La Lauc

h

F

S Sens des déplacements externes

P

4

3

Hall aux chaussures

Salle polyvalente

SECTEUR E

C 2 5

P

Ecole et collège privé Champagnat

1

Terrain de sport

J

équipements/bâtiments publics écoleAutres primaire Les Châtaigniers pôle technique avec Zone 30 caserne des pompiers périscolaire - espace jeunes Maillage:

Couvent des Antonins

P

K 10 5

P

L

O

L bis

Pôle technique

SECTEUR A 7 5

Q A

V5, voie de desserte

SECTEUR B N

Pôle technique

Trafic journalier total en 2002

5 272

Zone industrielle intercommunale

COUPE G

2,00

7,00

Piste cyclable Piste cyclable

1,00 1,00

circulation de circulation Voie deVoie sens sens DoubleDouble

10,00

Equipement sportifs et de loisirs

COUPE B

L bis

A

Secteurs de ZAC

Secteurs correspondant au projet COUPE G de ZAC Ordre du phasage prévu : C, E, D, B, A 10,00

Equipement sportifs et de loisirs

COUPE B

L

O

Polarités

TrottoirTrottoir

minuteminute DéposeDépose

circulation de circulation Voie deVoie Zone 30 Zone 30

Piste cyclable Piste cyclable

Echelle: 1/200ème

P

COUPE G

Piste cyclable

5

2,50

Piste cyclable

Terrain de sport

7 5

V5, voie de desserte

2,00

P 1

Estimation des flux internes et externes générés SECTEUR A par l'ensemble des secteurs

Voie de circulation Double sens

2

3,00

2,00

Ecole et collège privé Champagnat

Q

Trottoir

5

2,50

Dépose minute

10

2,00 1,00 2,50 1,00

2,50

Voie de circulation Zone 30

1,40

3,00

Piste cyclable

2,50

10

Zone piétonne Zone piétonne

Zone piétonne Zone piétonne

2,80

3,00

2,00 1,00 2,50 1,00

1,40

Zone piétonne

Dépose minute

Quai 3,50 de la Lauch 3,10

2,50

Zone piétonne

COUPE E

2,80

Piste cyclable

3,10

2,00 1,00 2,50 1,00

1,40

Voie de circulation Zone 30

3,50

2,50

Piste cyclable Piste cyclable

2,80

circulation de circulation Voie deVoie Zone 30 Zone 30

3,10

minuteminute DéposeDépose

3,50

SECTEUR E

2,55

Schéma des déplacements

COUPE E

P

C 2 5

V4, voie de transit à créer

Rue des écoles

COUPE E

P

K

3,50 0,50 3,00 1,00

Maillage:

Rue des écoles

Hall aux chaussures

P

P

F 3

COUPE D

10,00

5

h 4

Supermarché

Equipement sportifs et de loisirs 10,20

5,00

PPRI

1,50

T

S

Piste cyclable Piste cyclable

3,50

4,20

P

8 5

6 5

Cimetière Eglise

La Lau c

3,50 D 0,50 3,00 1,00 COUPE

2,00

Salle polyvalente

Terrain de sport

Piste cyclable

Quai de la Lauch

1,50

10,00

Zone piétonne Zone piétonne

10,20

10,20

3,50

Zone piétonne

COUPE C

Rue des Jardiniers 10,00

3,50

1,50

Trottoir

2,00

circulation de circulation Voie deVoie

10,20

3,50

Voie de circulation

10,00

2,00

minuteminute DéposeDépose

10,20

Dépose minute

10,00

3,50

PPRI PPRI

COUPE C

0,60 2,50

Trottoir

4,00

COUPE C

3,50

circulation de circulation Voie deVoie

0,60 2,50

TrottoirTrottoir

0,60 2,50

5,20

Piste cyclable Piste cyclable

5,20

4,00

Piste cyclable

Commerces et activités conservés

4,00

Voie de circulation

COUPE F

Rayon de 250m/arrêt de bus

Tennis/Etang

Piste cyclable 250m

500m

Voies limitées 30km/h

Stationnement voitures

Zone industrielle intercommunale Pôle loisirs

Aménagement particulier

COUPE F

Rue des Prés

0,60 2,50

1,40 3,50

Voie de circulation

5,20

3,50

Voie de circulation

0,60 2,50

Piste cyclable

4,00

5,20

Trottoir

4,00

Trottoir Piste cyclable

COUPE F

4,20 1,40

5,00 4,20

5,00

1

mairie

6 5

2 5

permanance sociale CG68

7 5

3

crèche - association "La récré"

8 5

école primaire Les Châtaigniers pôle technique avec caserne des pompiers périscolaire - espace jeunes

4

hôpital local maison Zimmermann

9 5

salle de gym + tennis de table

5

école maternelle Soeur-Fridoline

10 5

école maternelle La Colombe

N

250m

500m

11

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

COUPE D

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

5,20

TrottoirTrottoir

9,00

circulation de circulation Voie deVoie sens sens DoubleDouble

COUPE A

TrottoirTrottoir

COUPE A


Estimation des flux internes et externes générés par l'ensemble des secteurs

6 263 8 558

Polarités Secteurs de ZAC

15%

Trafic journalier total en 2002

2 621

Trafic journalier résultant de l'ensemble des flux internes et externes comprenant tous les secteurs créés

6 263 5 710

15%

SECTEUR C

45%

+1 096 15%

70%

+292

15% SECTEUR D

Cimetière Eglise

5 423 3 193

30%

40%

+4 894

Sens des déplacements internes

Ecole et collège privé Champagnat

5 537 5 817

Sens des déplacements externes

SECTEUR E

5 717 6 039

45%

70%

30%

1 171 1 428

8 025 5 502 +70%

+2 232

15%

1 171 2 832

Couvent des Antonins

50%

5 272 3 191

50%

La mise en place du plan de déplacements précédemment illustré, permet d’estimer les futurs flux en fonction des motifs et modes de déplacements:

+3 330 50%

SECTEUR A

25%

- En matière de flux externes, essentiellement dus à des déplacements domicile / travail, la diffusion sur différents axes de transit Est-Ouest, permet de limiter la circulation en centre -ville et de raccourcir les itinéraires menant aux grands axes de desserte. - En matière de flux internes, la mise en place d’une trame de liaisons douces Nord-Sud permet d’espérer une augmentation des déplacements piétons et cycles vers les pôles de commerces et d’équipements.

4 944 3 359

45%

Part des déplacements vélos/pétons, estimées en pourcentage par secteur

Les analyses actuelles permettent d’estimer une répartition 50 / 50 des flux internes et externes dans le volume global des déplacements.

60%

50%

25% SECTEUR B

Zone industrielle intercommunale

- En fonction de l’éloignement géographique des secteurs par rapport au centre-ville, la part des déplacements doux est attendue à: 60% pour le secteur C 45% pour les secteurs E et D 25 % pour les secteurs A et B N

250m

500m

12

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

5 272

25%

70%


C- P l a n d ’ A r m a t u r e P a y s a g è r e

Aménagements de la commune: -Valorisation de la Lauch par la création d’un parc à activités, qui se prolonge dans le secteur C - Création des liaisons entre les secteurs traités par le biais d’aménagements spécifique Lotissement des capucines

-Mise en place de dispositifs paysagés à vocation qualitative en termes de noues ou de pistes cyclables, créant des connections Nord / Sud.

9

-Développement en peigne des bâtis permettant une incursion de la forêt dans les secteurs A et B

P P

-Proposition de créer à long terme une boucle verte qui dessinerait l’urbanisation future d’Issenheim

P

8 5

PP

P

La Lau

La Lac uh ch

P

4 3 2 5

P 1 P

Aménagements propres au secteur C: -Aménagement d’un parc qualitatif dans le secteur C en lien avec les habitations et les équipements présents -Accès aux logements depuis le Nord et l’espace public végétalisé

10 5

7 5

-Création de voiries propres aux logements avec un traitement paysager adapté afin de créer une atmosphère calme et accueillante Aménagements paysagers ELEMENTS PAYSAGERS Forêt existante

P

Aménagements paysagers

zone industrielle intercommunale

Parcs Jardins Canaux de canalisation des crues, et de traitements des eaux pluviales

VOIRIES Voie plantée Piste cyclable Circuit pédestre Voies limitées 30km/h

N

Secteurs correspondants au projet de ZAC

250m

500m

13

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

P P P


D- P h a s a g e

Phase 1: Urbanisation du secteur C, aménagement des bords de la Lauch et requalification de la rue des Jardiniers

Un phasage pour répondre à une adaptation progressive : Phase 1: - Urbanisation du secteur C - Aménagement de la rive Nord de la Lauch et déplacement des terrains de sport du secteur E en zone PPRI (secteur D) - Activation des commerces le long de la Lauch - Préverdissement des secteurs A et B - Plantation de la forêt au Sud - Requalification de voiries dont la rue des jardiniers.

Phase 2: Urbanisation du secteur E, et création d’une liaison de transit Nord/Sud

POLARITES

POLARITES

Activités et réserves:

Activités et réserves:

Déplacement des terrains de sports du secteur E

Commerces et activités conservés

Commerces et activités conservés

Equipement sportifs et loisirs

Equipement sportifs et loisirs

Secteur C

Eléments paysagers:

9

Forêt existante

Forêt existante Cimetière Eglise

Forêt créée

Forêt créée Pôle équipement

Equipement sportif

Aménagements paysagers

Aménagements paysagers Ecole et collège privé Champagnat

Secteur E

Phase 2: - Urbanisation du secteur E - Création d’une voie Nord Sud sur le secteur D - Finalisation des aménagements de la Lauch, - Maitrise foncière pour créer des voiries de bouclage Nord / Sud - Déplacement de la caserne de pompiers pour créer un pôle technique

VOIRIES

VOIRIES

Maillage:

Maillage: V3, voie de transit primaire plantée ponctuée de parkings

Rachat Foncier

V3, voie de transit primaire plantée ponctuée de parkings

Couvent des Antonins

V4, voie de desserte interquartier

V4, voie de desserte interquartier

V5, voie de desserte locale

V5, voie de desserte locale

Ecole maternelle La Colombe

Piste cyclable

Piste cyclable

Circuit pédestre

Circuit pédestre

Voies limitées 30km/h

Voies limitées 30km/h Pôle technique

Requalification de la départementale

Requalification de la départementale

Déplacement centre pompier

Sens unique de circulation

Sens unique de circulation

Franchissements existants

Phase 3: - Création du secteur D et de ses voiries de desserte

Franchissements créés

Franchissements existants Rachat Foncier

Franchissements créés

Zone industrielle intercommunale

Zone industrielle intercommunale

Phase 4: - Urbanisation du secteur B et du pôle loisir au sud - Requalification de la rue de la Forêt, - Mise en place d’une liaison douce en lisière de forêt

Plantation de la continuité de la forêt

N

250m

500m

Phase 3 : Mise en oeuvre du secteur D et des circulations Est / Ouest

250m

500m

Phase 4 : Elaboration du pôle loisirs au Sud et de la construction du secteur B

POLARITES

POLARITES Activités et réserves:

ités conservés

Activités et réserves: Commerces et activités conservés

Commerces et activités conservés Equipement sportifs et loisirs

Secteur C

Equipement sportifs et loisirs

Secteur C

Eléments paysagers:

Secteur D

Phase 5 : Urbanisation du dernier secteur, le secteur A

Secteur C

Eléments paysagers:

Secteur D

Secteur D

Forêt existante

Forêt existante

Forêt créée

Forêt créée

Aménagements paysagers

Aménagements paysagers

Pôle équipement

ysagers

Secteur E

Secteur E

Secteur E

VOIRIES

Maillage:

Maillage:

rimaire plantée gs

V3, voie de transit primaire plantée ponctuée de parkings

V3, voie de transit primaire plantée ponctuée de parkings

e interquartier

V4, voie de desserte interquartier

V4, voie de desserte interquartier

e locale

V5, voie de desserte locale Piste cyclable Circuit pédestre

V5, voie de desserte locale Piste cyclable

P

Circuit pédestre

/h

Voies limitées 30km/h

Voies limitées 30km/h

a départementale

Requalification de la départementale

Requalification de la départementale

ulation

Sens unique de circulation

xistants

Franchissements existants

Secteur B

Zone industrielle intercommunale

Secteur B Sens unique de circulation Franchissements existants

Etang

Terrain de foot

Zone industrielle intercommunale

Secteur A

Etang

Terrains de tennis

Franchissements créés

éés

1

VOIRIES

Franchissements créés Pôle équipement loisirs

Parc de loisir programme à définir

Zone industrielle intercommunale

N

N

250m

500m

250m

500m

14

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

N

Phase 5: - Urbanisation du secteur A et de ses voiries de desserte

et loisirs

Secteur C

Eléments paysagers:


E- M i s e e n o e u v r e o p é r a t i o n nelle

La mise en oeuvre opérationnelle du projet d’aménagement à grande échelle nécessitera différents types d’actions phasées tout au long de la réalisation de la ZAC. La requalification de voiries permettra de créer progressivement des itinéraires préférentielles et identifiables pour desservir efficacement les quartiers crées et existants.

Foncier à maîtriser

Foncier à maîtriser

La totalité des tronçons de voirie automobile à créer sont à mettre en oeuvre sur du foncier maîtrisé.

SECTEUR C

Certains aménagements de circulations douces nécessiteront l’achat de foncier libre détenu par des tiers.

SECTEUR D

6

SECTEUR C

Ecole

P

SECTEUR D

Déplacement des terrains de sport

Un franchissement automobile est à prévoir au dessus de la Lauch entre le secteur E et le secteur D.

6

Ecole

P

Déplacement des terrains de sport Ecole et collège privé Champagnat

La création d’une connexion directe et identifiée sur la RD 83, permettra de desservir efficacement les secteurs A et B, ainsi que les espaces résidentiels du Sud d’Issenheim.

SECTEUR E

P

1

SECTEUR E

P

Couvent des Antonins

Foncier à maîtriser P

1

Couvent des Antonins

Ouvrages à réaliser POLARITES

Aménagements paysagés

SECTEUR A

Nouvelle caserne

SECTEUR A de pompiers

Aménagements paysagés

4 5

VOIRIES V3, voies principales à requalifier Voies à créer

SECTEUR B

Aménagements à créer

Etang

Terrains de tennis

SECTEUR B

Requalification de la départementale

Etang

Sens unique de circulation Franchissements piétons/cycles à créer

P

Franchissements voiture à créer

Zone industrielle intercommunale Issenheim - Concours d'idées pour quartier innovant SECTEURS

linéaire

voiries à requalifier

6 800 ml

voiries à créer

1 500 ml

Cout au ml Requalification - Aménagements de sécurité 300

Pôle équipement loisirs

Parc de loisir Zone industrielle intercommunale programme à définir

Total

Cout au ml 1300

2 040 000,00 €

2 040 000,00 €

1 950 000,00 €

1 950 000,00 €

400 000,00 €

4 390 000,00 €

N N

250m

500m 250m

500m

15

HL Architectes Urbanistes / Solares bauen / Egis aménagement

Terrains de tennis

P

Parc de lo programme à

Création voirie neuve

ouvrages de franchissement à créer TOTAL

Terrain de foot

NOTICE / QUARTIER INNOVANT ISSENHEIM / JUILLET 09

Commerces et activités conservés


Mémoire de Master - "L'écoquartier : un concept urbain applicable au rural?"