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ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE LA NATURE ET DU PAYSAGE - BLOIS Charlotte KENDE

rapport de stage Hutton-in-the-Forest, Penrith, Cumbria CA11 9TH, England 2011-2012, 2è année d’étude

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sommaire localisation gĂŠologie histoire climat penrith histoire le domaine la famille vane et les employĂŠs jardin, parc et bois la faune les visiteurs et manifestations le travail au jardin mulch et compost supports en hĂŞtre conclusion bibliographie-sitographie galerie

5 6 6 10 11 12 14 15 16 36 38 40 44 45 47 49 50 3


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Carte de l’Angleterre


localisation Le domaine de Hutton-in-the-Forest est situé à 10 km au nord-ouest de la petite ville de Penrith, dans l’est de la Cumbrie. Le conté de Cumbrie s’étend au nord de l’Angleterre. Il contient le Parc National du Lake District ainsi que la côte Ouest de Bowness-on-Solway à Barrow-in-Furness et les terres intérieures passant par Carlisle, Penrith et Kendal. Bien que la Cumbrie soit l’un des conté les plus vastes d’Angleterre, il est toute fois le moins peuplé, 498 900 personnes y habitent (70hab/km2). Cette particularité est dû au paysage et à l’environnement unique de la région, qui découle d’une géologie particulière.

HUTTON-IN-THE-FOREST Carte de situation

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géologie En effet, la Cumbrie a suivie une série d’événements géologiques et tectoniques qui ont façonné les paysages sur des millions d’années pour offrir ce qu’il est maintenant. Cela commence il y a plus 400 millions d’années (M d’A), lors de l’Ordovicien. Les terres sont alors immergées et cela provoque des dépôts de mudstones

(pierre à base d’argile ou de boue) et de siltstones (pierre composé au 2/3 de limons). Au centre de la région, une activité volcanique provoque l’apparition des premiers reliefs et des dépôts de résidus de lave. Une période de forts tremblements de terre et d’érosion suivra avant le retour d’une ère marine qui durera pendant tout le Silurien (-443 – 417 M d’A) et engendrera des dépôts de calcaire et de grès. Toutes ces pierres ont cristallisé des êtres tels que des planctons, des brachiopodes et trilobites dont l’on retrouve encore des fossiles aujourd’hui.

histoire À la limite de la frontière écossaise, la Cumbrie a une histoire marquée par les guerres et les invasions et possède également de nombreux témoins de la présence romaine... Cercle de pierre au dessus de Haweswater Frise géologique du Lake District

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Le Permien (-290 – 248 M d’A) et le Triasique (-248 – 205 M d’A) ont abrité un climat aride menant à de larges plaines désertiques traversées ponctuellement par des chaînes de montagnes et des rivières. Cet environnement a laissé sa trace aux travers de mudstones et grès rose, particulièrement visibles le long de la côte, ainsi que des roches calcaires et des gypses. Pendant le Quaternaire, le climat tempéré entrecoupé de périodes glaciaires viendra façonner le paysage que l’on connaît aujourd’hui. En effet, sous l’ère glaciaire, le nord de l’Europe est recouvert de neige et de glaciers. L’importante force des glaciers en mouvement viendra forger les pics et vallées qui constituent aujourd’hui le Parc National du Lake District.

À la fin du Silurien, le dépôt de sédiments est tel que les eaux profondes de la région sont devenues superficielles, offrant le climat plus tempéré du Dévonien. Cette période (-417 – 354 M d’A) est caractérisée par la formation de montagnes résultant de compressions et par des mouvements tectoniques engendrant des intrusions de roches magmatiques qui ont depuis été révélées à la surface par l’érosion. S’en suit une nouvelle ère marine, avec la mer du Carbonifère (-354 – 290 M d’A), et de nouveaux dépôts de sédiments composés essentiellement de calcaires, grès, siltstones et mudstones. On trouve ensuite des couches alternées de houille (roche carbonées) et de mudstone illustrant le changement du niveau de la mer.

Carte géologique du Lake District

Le mur d’Hadrien

Coupe géologique

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Cette évolution à ainsi laissé ses traces. Au cœur du parc, il n’est pas rare d’observer une colline offrant la forme brutale et caractéristique des reliefs calcaires ou de marcher sur un sol si rouge que l’eau qui y ruisselle se teinte également. La brutalité des conditions dans lesquelles s’est façonné le paysage s’illustre également par de nombreuses moraines, éboulis et drumlins (collines aux formes douces, formées sous les glaciers). Et les lacs témoignent de la présence des roches volcaniques, non poreuses, qui ont retenu l’eau au moment de la fonte des glaces.

Montagne calcaire au relief caractéristique

Il en résulte ainsi un paysage riche et varié, offrant des lieux aussi souvent romantiques que dramatiques, sous la forme de vallées étroites abritant de magnifiques lacs que des montagnes viennent border de reliefs inhospitaliés. Ces terres sont donc, par la même, difficilement habitables.

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La région est considérée par beaucoup comme l’une des plus sauvage de l’île britannique. Bien que le Parc National offre effectivement des vallées peu touchées par l’action de l’Homme, le territoire est quand bien même profondément marqué par la présence humaine qu’il accueille depuis des milliers d’années et qui a engendré des siècles d’importantes exploitations ovines et bovines mais également agricoles et minières. L’impact de l’Homme est ainsi bien visible en Cumbrie, mais le Lake District tend depuis 1951 et depuis la création du Parc National à évoluer vers la réhabilitation et la conservation de ses terres pour diminuer l’impact humain et soutenir le développement des espèces faunistiques et floristiques sauvages.

L’élevage ovin qui modèle le paysage

Cette action a pour effet de rendre populaire le parc au près des personnes en quête d’espaces naturels mais provoque ainsi un tourisme de plus en plus conséquent, aux impactes environnementaux importants et sur lequel l’économie de la région repose aujourd’hui.

Petit étang en altitude (Tarn), témoin d’une période glaciaire rude

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climat Tout comme le reste de l’île, la Cumbrie possède un climat tempéré océanique. Des étés frais et des hivers doux se succèdent avec la particularitd’être très humides. De fait, la Cumbrie est la région d’Angleterre accusant la pluviométrie annuelle la plus importante. Il tomberait environ 3200mm d’eau par an sur les sommets les plus élevés et la moyenne annuelle de la région serait deux fois plus importante que la moyenne annuelle du pays. Une autre spécificité du temps cumbrien est qu’il est très variable. En effet, d’une vallée à l’autre, tout comme d’une minute à une autre, le temps peu changer d’un ciel tout à fait découvert à une pluie abondante, rendant les prévisions délicates et souvent fausses.

Météo capricieuse et invariable d’une vallée à l’autre, Derwent water et Keswick

Le réservoir de Haweswater, créé en 1930 et fournissant Manchester en eau. L’eau s’écoule jusqu’à la ville, 90 miles plus loin, par gravité, aucune pompe n’est utilisée.

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penrith À la limite du Parc Naturel, Penrith, ancienne capitale de la Cumbrie et ville marchande, est érigée dans la vallée de l’Éden, à quelques kilomètres du lac Ullswater. À ces origines, la ville était entourée de murailles construites pour contrer les invasions écossaises. Cette fortification n’aura pas toujours réussi à repousser les envahisseurs. Ainsi, Penrith aura accueilli à plusieurs reprises les troupes écossaises ainsi que celle Cromwell, en 1654, pendant la guerre civile, et celle de Bonnie Prince Charlie au cours de son infructueuse tentative de monter au pouvoir en 1745. Penrith constitue maintenant un des pôles commercials de l’est de la Cumbrie. Placée sur la route Londres-Édimbourg, la ville et ses environs auront connu un essor commercial et industriel important au moment de la réalisation de la voie de chemin de fer parallèle à la route. Abritant maintenant près de 18000 personnes, la ville vit principalement du tourisme. Construite sur du grès rose, entouré d’un anneau de calcaire, le château de Penrith et ses maisons de grès rose offre une ville caractéristique du Lake district et attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs.

Le château de Penrith

Les rues de la ville, aux maisons rouges et aux pubs colorés

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histoire L’histoire du domaine est longue de plusieurs siècles. La première mention historique de Hutton-in-theForest remonte à 1292, lors d’une visite du roi Edward Ier. Le domaine était alors propriété de la famille des De Hotons, qui y résida jusqu’à la fin du XVIIè siècle, quand elle vendit Hutton à la famille Fletcher. Par des jeux de mariages et d’héritages, Hutton-in-the-Forest parcouru les âges pour finalement appartenir à Sir Richard Vane et sa femme Cressida Pemberton-Pigott, maintenant Lord et Lady Inglewood. Inglewood est le nom de la forêt royale qui s’entendait au nord de l’Angleterre et qui était la deuxième plus grande forêt royale du pays.

Sir Gawain et le chevalier Vert, extrait de la légende Arthurienne où Hutton serait cité comme étant le château du chevalier

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Arbre généalogique des familles Vane et Fletcher

La façade prnciipale de la maison


Chaque membre de cette famille pris part, de près ou de loin, dans la vie politique et économique du pays, et chaque génération apporta au domaine la marque de son temps. Aujourd’hui, cette particularité offre une architecture, éclectique qui a visiblement évoluée sur plusieurs siècles et est maintenant particulièrement bien illustrée par la façade de la maison. De la cour principale, on peut ainsi observer quatre architectures bien distinctes. Dans l’angle, se trouve la partie la plus ancienne, la Pele Tower, construite par les De Hotons pour se protéger des invasions. La galerie, construite en 1630 par Sir Henry, membre de la famille Fletcher, étend le bâtiment dans un style classique représenté par les colonnes qui supporte l’édifice. Est ensuite venu s’ajouter la façade la plus singulière. Maintenant placée au centre, la façade est, construite en 1680 qui dénote par la clarté de sa pierre et son style Renaissance, presque Rococo. En 1830, l’architecte Anthony Salvin entreprit des modifications qui ont mené au bâtiment tel qu’on le voit aujourd’hui. La Tours sud-est est ainsi construite dans un style néogothique répondant particulièrement bien à la simplicité architectural de la Pele Tower. À l’éxtrémité de la galerie, une suite de bâtiments, datant de la fin du XVIè siècle, mène à la Tour Gladstone, construite dans les dernières années du XIXè siècle, offrant ainsi un dernier ajout architectural à l’édifice. La galerie

La Tour Gladstone

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le domaine Le domaine Inglewood ne se limite pas à la maison et aux jardins qui l’entourent. Il s’étale sur plusieurs centaines d’hectares et regroupe de nombreuses terres agricoles et sylvicoles, ainsi que les maisons et bâtiments qui s’y trouvent. Sept fermes, dont une pricipale, propriété de la famille, se partagent l’exploitation des terres qui sont utilisées pour la sylviculture, l’agriculture et l’élevage bovin et ovin. Les prés, autour de la maison, recèlent de nombreux témoignages d’aménagements antérieurs. Des tracés d’anciennes routes et d’anciens murs sont visibles et des regroupements de grands arbres indiquent l’emplacement de bâtiments, aujourd’hui disparus. Les prés valonnés

L’église St James

Lady I.

Au bout d’un chemin de campagne étroit, la petite église de St James se cache entre les prés. Avec son cimetière anglais ses Séquoias et Cyprès, il s’y dégage une atmosphère de sérénité et de calme. 14

Le cimetière de l’église


la famille vane et les employés Lord et Lady Inglewood et leurs trois enfants, Rosa, Miranda et Henry.

Kévin, le jardinier en chef Nick, étudiant en horticulture qui travaille tous les lundi dans le jardin Ray, le gardien de la maison qui s’occupe de diverses tâches Paul, un des ouvriers travaillant autant sur la maison historique que dans les cottages du domaine La famille

Ray Kévin

Paul

Nick

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jardin, parc et bois Tout comme la maison, le jardin a connu de nombreuses modifications qui l’ont mené, aux grès des besoins et envies de ses propriétaires, à ce qu’il est aujourd’hui. En constante relation avec la maison, les jardins et le parc entourent cette dernière, mettant en scène des jeux d’ouvertures et de rythmes variés. Au nord s’étend le Walled garden, jardin aux massifs typiques anglais, à l’ouest et au sud, se trouve les terrasses ouvrant la vue sur le low garden, menant jusqu’à un étang, le flanc est de la maison fait face à un parc, laissant apparaitre, en fond, les montagnes du Parc National. La terre sur le domaine est de qualité très variable. Bonne et légère dans le Walled garden, elle sera lourde et très argileuse vers la terrase sud. Des problèmes de drainage se pose également dans le Low garden, qui même après des travaux, reste trop humide.

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Carte de Hutton-in-the-Forest

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Gravure du domaine datant de 1700

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Photo aĂŠrienne du domaine actuel

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LOW GARDEN ET PUMP BED Ainsi, au sud, s’étend le Low Garden. Autrefois forêt de Rhodendrons au pied de la maison, ce parc a été transformé en une grande prairie fleurie, ouvrant une vue magistrale sur l’étang. Ces travaux ont également mis en évidence la succession de terrasses menant à la maison, qui se dressent alors théâtralement au dessus du parc, créant ainsi un signe de pouvoir et de contrôle. Les travaux se sont poursuivit avec la création d’un nouveau massif, le Pump bed. Ici poussent rosiers, Mécanopsis et jonquilles entourant quelques arbres qui n’ont pas été abattus. Deux nouvelles terrasses sont également en cours d’aménagement, aux deux extrémités de l’allée sud, l’une faisant face au chemin, l’autre offrant le départ d’un nouveau passage à travers le parc, droit jusqu’à l’étang.

20 La vue jusqu’à l’étang


Le low garden et la maison

La cascade romantique de l’étang

La terrasse en cours d’aménagement

La terrasse sud, entre maison et Low garden

Le Pump bed

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Le low garden avant les travaux

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La coupe des arbres


Le feu pour brûler le bois

Installation du drainage pour assainir cette partie du jardin qui est très humide

Photographies réalisées par Lady Inglewood

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Carte sensible du Walled garden


WALLED GARDEN Bordant la maison sur son flanc nord, le Walled garden semble faire partie intégrante de l’architecture des bâtiments. De fait, les murs qui l’entourent, sont dans la continuité des façades des constructions qui le bordent. Initialement créé pour accueillir des arbres fruitiers, ce jardin en croix a été muré sur deux de ses côtés en 1730, par Henry Fletcher. Le Walled garden est maintenant un parfait exemple de l’art des jardins anglais. Toujours protégé du vent par les murs et les haies, ce jardin offre une atmosphère calme invitant à la flânerie. L’effusion de couleurs que la floraison des plantes engendre régale les yeux et, le soir venu, quand le soleil décline, la lumière offre des teintes douces et chaudes qui garde le promeneur encore quelques minutes dans le jardin.

Photo du Walled garden, prise depuis la maison

Lady I..

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CROSS BORDERS ET ROSE BORDERS Au centre du jardin, les Cross borders arborent des couleurs variées entre jaunes, blancs, mauves et rouges. On y trouve entre autres différentes essences de «Flore pleno» (rosiers anciens), d’hellebores, de Penstemon, de Fritillaria et de tulipes, ainsi que des Eremurus robustus et de grands bosquets de Chaerophyllum hirsitum et de coquelicots. Du côté ouest, les rose borders offrent Cosmos (Cosmos sensation et Cosmos sonata), Lunaria (Honesty) et menthes qui se développent autour de différentes essences de rosiers. Polémonium purple rain

Rosa rubiginosa «Flore pleno»

Une cross border

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Flore pleno

Hellebore

Fritillaria

Coquelicot


La Rose border dĂŠbut avril

La Rose border fin mai

Une Cross border

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HOT BORDERS Bordant les pelouses et au pied du mur est, les hot borders sont des massifs accueillant des variétés de plantes aux couleurs chaudes. Ici, les Lysimachias côtoient les coquelicots et les Ligularias pour former de grands buisson offrant un aspect touffu et coloré qui est rehaussé par une multitude de tulipes et de Geums aux couleurs éclatantes.

Les Hot borders, vers la maison

Les Hot borders et le pots de fushias

Geums et tulipes Les Hot borders

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BOTTOM BORDERS

À l’opposé, les bottom borders, jaunes et bleues, créent le contraste avec des teintes plus froides. Assez profonds, ces massifs ornent les pelouses et attirent tous les regards tant la profusion de plantes, de nuances et de formes est surprenante.

Acotinum newry blue

Euphorbia

Thermopsis montanus

Sweet cicely

Pulmonaria azurea Bottom border

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WHITE CIRCLE ET COLD BORDER Une des pelouses est bordée et plantée en son centre uniquement de plantes aux fleurs blanches. Tulipes, Cosmos, Viola cornuta alba, Alliums,... sont là pour créer une ambiance lumineuse les soirs d’été que l’on passerai sur cette pelouse. La cold border jouxte la pelouse en suivant le chemin, bien que la couleur rouge, récurante, s’y retrouve, elle est toute fois caractérisée par des teintes plus froides allant du blanc au violet en passant par le bleu.

Le cercle de tulipes blanches

Viola cornuta albe

Hosta

Centaurea montana

Allium

Cold border

Tiarella

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CIRCLES ET URNS Au centre des pelouses, se trouvent des massifs circulaires plantés de Viola japonica jersey gem et Nicotiana et des urnes où l’on trouve marguerites et Nasturtium milk maid. Une urnes plus grande offre également différentes variétés de géraniums et des fushias. Le cercle de violette

ARBRES FRUITIERS

Lady I.

Nasturtium milk maid

Bien que l’usage premier du Walled garden est changé au cours des années, on y retrouve quand même un bon nombre d’arbres fruitiers. En espaliers entourant les pelouses, en arche au dessus du chemin ou le long des murs, pommiers, poiriers, pruniers, pêchers, cerisiers... offrent fleurs et fruits au cours des saisons.

Fruitiers en espalier, arche et en pied

Fleurs de pommiers

Le plus vieux fruitiers du jardin, un pommier de 127 ans

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POTTING SHED ET KITCHEN GARDEN Caché derrière une porte rouge, au fond du Walled garden, le potting courtyard est un petit havre de calme, protégé par de hauts murs couverts de groseilliers. Ici, se trouve le potting shed ainsi que les serres et le potager, où poussent pois, haricots, pommes-de-terre, carottes, panés, salades, choux, choux-fleurs, fraises...

De l’autre côté des murs, près du compost, se trouve la cage à fruits, remplie de framboisiers, groseilliers et sureaux. Un grillage protège ces arbustes des oiseaux, mais ne semble pas résister au lapins, qui réussissent à pénétrer à l’intérieur pour y établir leur nids. On trouve aussi près de ce verger, un petit poulailler accueillant un coq et cinq poules qui fournissent la maison en œufs.

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La cage à fruits

Poule et coq

Le potager


LES TOPIAIRES Le Walled garden et les terrasses ont la particularité d’être bordés de topiaires remarquables. Datant de la fin du XIXè siècle, ces topiaires ponctuent les haies et murets de formes variées et curieuses qui répondent au toit denté de la maison. Il paraitrait que la haie bordant le Walled garden le long de la maison racontait une histoire en plusieurs sculptures. Aujourd’hui, après des siècles de taille, ces topiaires ne racontent plus rien mais leurs formes étranges subsistent et continue à surprendre. Ces sculptures sont taillées une fois par an, en août, par un organisme privé.

Les topiaires qui ne racontent plus d’histoire

Topiaires le long de la terrace ouest

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LE BOIS Un bois aux essences éclectiques entoure la propriété comme un écrin. Hêtres, tilleuls, chênes, charmes, différents conifères... créent autant d’ambiances tant mystérieuses et secrètes qu’accueillantes et surprenantes. Cette variété d’essences est dû à une suites de plantations, volontés des différents propriétaires de Hutton. Henry Fletcher a ainsi planté, au XVIIIè siècle, une partie des arbres à bois durs, qui maintenant âgés de plus de 300 ans, atteignent la fin de leur vie. Au XIXè siècle, Sir Henry Vane continue de densifier le boisement en amenant des conifères persistants et différentes variétés d’arbres caduques, ses descendants feront de même, en continuant ainsi à recréer l’ambiance perdue de la forêt royale d’Inglewood.

Les ails sauvages en fleurs

Un pont menant dans le bois

La lumière pénètre dans le bois filtrée par les feuillages pour éclairer un tapis d’ails sauvages qui, au printemps, offre une explosion de fleurs blanches. 34


Un chemin de terre permet de découvrir ce lieu et nous mène à deux curiosités qu’il renferme : le pigeonnier et la grotte à glace. Le pigeonnier, construit au XVIIè siècle et pouvant accueillir jusqu’à 400 oiseaux, avait pour but d’assurer une source de viande permanente. Le bâtiment n’est maintenant plus utilisé. Il trône aujourd’hui au bord du bois, mais son très bon état de conservation permet aisément de l’imaginer habité d’une colonie de volatiles. La grotte, elle, se trouve dans une pente menant au Low garden. Elle aurait servi à entreposer de la glace en la conservant à une température suffisamment faible. La cavité n’a pas été réhabilitée, il est donc impossible à ce jour de connaître précisément sa taille, sa profondeur et son état. Intérieur du pigeonnier

Le pigeonnier

Schéma du pigeonnier

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la faune En lien direct avec la nature qui l’entoure, le domaine regorge d’animaux divers et variés. Plus de 40 espèces d’oiseaux se disputent les arbres du jardin dans lequel on peut aussi croiser biches, lapins, renards, blaireaux, écureuils gris et roux... Les écureuils roux sont une espèce menacée par leur cousins gris. La Cumbrie est l’un des rares milieux où une petite population subsiste encore. Il est donc important de réguler autant que possible le développement des écureuils gris pour favoriser la survie des roux. Ecureuil roux Sciurus vulgaris

Vanneau huppé Vanellus vanellus

Grimpereau des bois Certhia familiaris Étourneau sansonnet Sturnus vulgaris

Chevêche d’Athéna Athene noctua

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L’étang artificiel, construit pour créer une réserve de poissons de pêche, accueille également une faune variée. Outre de nombreuses espèce de poissons, on peut y voir des loutres, des canards et une famille de cygnes qui, chaque année, viennent se reproduire sur l’étang. C’est un véritable petit écosystème mais qui malheureusement s’envase et se comble de sédiment petit à petit.

L’étang

Lady I.

Anguille

Oie cendrée Anser anser

Cygne Cygnus Olor

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les visiteurs et manifestations Du début du printemps jusqu’à mi-automne, le jardin et la maison sont ouverts au public. La majorité des visiteurs est anglaise, bien que Hutton-in-the-Forest accueille des voyageurs du monde entier. Chaque personne possède un rapport différent au jardin et à l’histoire du lieu, mais, souvent, une passion pour les plantes est évidente. Cette particularité, surtout présente chez les anglais, rend le contact avec les visiteurs riche et agréable. Pour compléter leur visite, deux prospectus sont offert aux visiteurs. L’un contenant une brève présentation du domaine, l’autre listant plus de soixante-dix arbres remarquables, présents dans le jardin. Un salon de thé est également ouvert, ainsi qu’une petite boutique et une vente de plantes produites par le jardin. Hutton-in-the-Forest accueille également, tout au long de l’année, diverses manifestations. Pendant la période estivale, une foire aux plantes occupe les pelouses, suivie d’une fête de la poterie, d’un concours hippique ou encore d’une représentation de théâtre en pleine air ou d’un regroupement de voitures de collection.

Festival d’élevage bovin

Lady I.

La foire aux plantes

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Identification se reportant aux prospectus

Les prospectus

Araucaria araucana

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le travail au jardin LES QUATRE SAISONS Le travail dans le jardin s’organise en fonction des saisons et de la météo. Chaque période de l’année entraîne différents besoins dans le jardin. Au cours de l’hiver, le jardin dort, les activités consistent principalement à tailler tous les rosiers et les arbres, comprenant les fruitiers du Wall garden comme les nombreuses essences du parc. En janvier, il faut également préparer la terre du potager, qui sera creusée pour être désherbée et aérée. Viens ensuite le printemps, quand le jardin se réveille. Les plantations commencent et dureront jusqu’à début juin. Elle sont effectuées en fonction des périodes de floraisons et de la résistance au gèle qui peut sévir jusqu’à début mai. Avant que les plantes ne soient trop grandes, on fabrique des supports en hêtre pour les soutenir et leur permettre de rester droites. Le travail de pépinière continue et de plus en plus de plantes ont besoin d’être rempotées. Le printemps est également la saison des plantations dans le potager, poids, carottes, pommes de terres y trouvent leur place. Les mauvaises herbes ne dérogent pas à la frénésie de croissance qui s’empare du jardin. Le désherbage requiert des heures de travail, tout comme l’entretien des pelouses qui commence en mars avec l’engrais puis continue avec la tonte, la coupe des bordures et le désherbage chimique pendant toute la saison. C’est également au début du printemps que la maison historique et le salon de thé ouvrent leur porte et avec eux, la vente des plantes reprend. Il faut ainsi gérer le stock en veillant à ce qu’il soit toujours suffisant et étiqueter de nouvelles plantes si nécessaire.

Le jardin en hiver

Au printemps

En été

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Lady I.

Lady I.


Pendant l’été, l’entretien des pelouses se poursuit quotidiennement et la météo plus clémente demande une surveillance attentive de l’arrosage des massifs. Le travail se résume à maintenir l’état du jardin atteint à la fin du printemps. Il faut donc continuer à désherber régulièrement et veiller à couper les fleurs fanées des plantes, pour que ces dernières refleurissent tout au long de la saison jusqu’à la fermeture du jardin. La cueillette des fruits commence également, avec les prunes et les cerises et se poursuivra en automne. À l’automne, on commence à préparer le jardin pour l’hiver. Tous les massifs sont taillés au niveau du sol et quelques vivaces sont déterrées pour passer l’hiver en serre. Le mulchage commence, toutes les bordures sont protégées par 6 à 10 cm de mulch. Les récoltes se finissent dans le potager et, en novembre, on plante les bulbes (tulipes, alliums...).

Le chariots pour la vente des plantes

Une plante étiquettée

Les outils

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LES SERRES Le jardin achète une partie de ses plantes, mais 90 % de ces dernières proviennent des serres où elles sont produites à partir de graines. Elles servent majoritairement à la plantation des massifs du jardin, mais un bon nombre vont également être vendues. Certaines sont aussi offertes en dont à l’église et à des œuvres de bienfaisance. Cette production demande donc un travail constant de rempotage et une surveillance assidue de l’arrosage des serres. Pots

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La serre chauffée pour les semis, les grands pots et les plantes grasses

Rempotement de dahlias


Graines et labels

Semis de haricots Uns serre pour des plantes en pots et pour des salades

Travail de rempotement de Cosmos

La serre principale pour les plantes

Une serre pour les plantes en pots et quelques tomates en terre

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mulch et compost Le mulchage, qui s’effectue à la fin de l’automne début de l’hiver, est réalisé uniquement à l’aide de matériaux provenant du jardin. Il est constitué d’un mélange d’herbe coupée, provenant de la tonte des pelouses et de feuilles mortes de hêtres, chênes ou sycomores ramassées dans le parc. La décomposition de l’herbe entraîne la fermentation du mélange qui produira une chaleur surprenante pouvant, en été, cuire un œuf en 20 minutes. Chaque année, il est ainsi produit entre 25 et 30 tonnes de mulch qui sera laissé en décomposition environ 18 mois avant d’être utilisé. Il servira à protéger les plantes du froid et du gèle pendant l’hiver ainsi qu’à diminuer la pousse des mauvaises herbes. Pour obtenir un mulch bien décomposé et éviter la pourriture, il faut régulièrement le mélanger. Cela l’aère et ainsi réactive les bactéries Du compost maison est également produit, résultat de la dégradation des déchets organiques de la maison et du jardin. C’est un compost assez lourd car il contient beaucoup de terre. Ainsi, il n’est pas utilisé pour les serres. On le retrouvera surtout dans les grands pots d’ornements ou directement dans le jardin ou le potager.

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Les cuves à mulch

Herbe et feuilles mortes, les deux composant du mulch


supports en hêtre Certaines plantes dans les massifs grandissent au point de tomber sous leur propre poids en ombrageant les plantes situées autour d’elle au risque de les tuer. Pour éviter cela, avant que les plantes ne se développent trop, on fabrique des support en qui viendront les soutenir. Ces supports sont construits à l’aide de branches de hêtre. Ce bois, particulièrement quand il est jeune, est très flexible. On peut donc facilement le courber ou l’entortiller. Un support est ainsi constitué de quatre branches plantées face à face autour de la plante. On noue, tout d’abord, les extrémités des branches opposées deux à deux. Puis, une fois ce « dôme » formé, on entortille entre elles les branches secondaires sur les côtés, pour renforcer le support. En quelques semaines, ces fabrications ne seront plus visibles, recouvertes par les plantes qui auront poussées au travers.

Lysimachia firecraker

Cephalarie gigantea

Chaerophyllum hirsitum

Un support

Quelques plantes nécessitant un support

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conclusion Ces deux mois passés à Hutton-in-the-Forest ont été une formidable école. Le travail en jardin m’a permis d’être témoin et acteur de l’art paysager anglais tout en parfaisant mon savoir sur les techniques de jardinage et mes connaissances en botanique. La découverte de la Cumbrie et de son Parc National fut également superbe. J’ai ainsi pu marcher dans des paysage somptueux et essayer de comprendre les problématiques complexe dont ils découlent.

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REMERCIEMENTS Thank you very much to Lady and Lord Inglewood for this warm welcome and their help during my stay. Thank you very much also to Kevin and Nick for they joy and cheerfulness during the day of work in the garden. And thank you to Ray, Paul and Rooth for they help and welcome.

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bibliographie-sitographie

• The Lake District, Olivier Berry, Ed. : lonely planet, 2009, 252 pages • Hutton-in-the-Forest, guide du domaine • The complete book of British Birds, RSPB experts, Ed. : RSPB • • • • • •

Site de la RSPB, www.rspb.org.uk Red Squirrel Press, www.redsquirrelpress.com Site internet du domaine, www.hutton-in-the-forest.co.uk http://english-lakes.com/penrith Site internet du Parc National, www.lakedistrict.gov.uk Site internet de la Natural England, www.naturalengland.org.uk

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Cartes tirés de Google Map Documents géologiques du site internet du Parc National du Lake District Dessins d’oiseaux du site de la RSPB Les photographies marquées Lady I. ont été prise par Lady Inglewood Photographies personnelles Dessins personnels

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galerie

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Les jardins de Hutton-in-the-Forest (Cumbrie, Angleterre)  

Rapport de stage ouvrier. Ecole du paysage de Blois (ENSNP) - 2012

Les jardins de Hutton-in-the-Forest (Cumbrie, Angleterre)  

Rapport de stage ouvrier. Ecole du paysage de Blois (ENSNP) - 2012

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