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Scopitone Le magazine du festival

Samedi 19 Septembre 009


Sexy Sushi sort son billet Les jeunes de maintenant savent faire la fête. Les danseuses catcheuses savent aussi la faire, la fête. Ce soir, on fait l’édito avec Maud, elle vend nos dates, et El Pepito, c’est lui qui a trouvé l’idée de prendre en photo la sardine sous préservatif. Quelle belle croûte ce Pepito. Mitch, t’as bien aimé le concert de ce soir ? Non, tu préfères les jeunes de Besançon. Les Besancenois. Même s’ils sont un peu trop à droite là-bas... Dans l’article de Ouest-France d’hier sur nous, on a découvert que Mitch était vendeur à Castorama et que moi, Rebecca, j’étais professeur aux Beaux-Arts. C’est cool... J’aurais bien aimé être prof aux Beaux-Arts,

comme mon héros, Gérard Hauray. Ça me ferait plaisir qu’il lise Paplar, Gérard Hauray, comme ça il saurait que c’est mon héros. Ici, dans les loges, on est comme des coqs en pâte même si ce n’est pas très propre. ça sent le poisson. En faisant cet édito, j’ai l’impression d’écrire un essai, voire une nouvelle de Maupassant. On oublie trop la littérature dans les festivals électro comme Scopitone. Ce soir, c’était bien, les gens se frottaient. On aime bien quand ça sue sous les bras, quand ça colle. Une sudation qui nous donne un grand frisson à l’intérieur des cuisses. Ça nous excite la chair flétrie. Bon, puis l’odeur de poisson pas frais, on aime bien aussi. Finalement.


On a couru tout Scopitone pour capturer le seul DJ à avoir obtenu un score parfait au championnat du monde DMC. On l’a retrouvé au Point-Bar, restaurateur officiel des artistes de Scopitone, sous une toile inspirée d’un film relatant la bataille de Pearl Harbor. C’est finalement en loges, pendant le concert de Sexy Sushi (« ils sont Français ? » s’étonne le DJ) que l’on arrivera à s’entretenir avec Kentaro. C’est ce qu’on appelle être nippon, ni mauvais… Autre cliché éculé : les asiatiques prennent tout en photo. C’est vrai, sur la route, tous les fans seront immortalisés, nous compris. De quoi faire un DVD de la tournée européenne olé olé. Ce ne sont pas les figurants qui manquent. Pour preuve, la fan qui débarque en pleine question existentielle : la casquette, c’est indispensable à l’attirail de DJ ? « Non, le casque, c’est lourd, alors la casquette fait tampon et elle est de travers parce que l’écouteur, je le mets à droite… » La groupie veut un autographe, alors, on se propose de lui donner une feuille de notre carnet mais, finalement, le stylo sera, seul, utile, pour lui grapher « Kentaro » sur la fesse droite. C’est ce qu’on appelle avoir le cul bordé de nouilles. La conquête de l’Europe (au Japon, « il n’y a plus rien à espérer, il est déjà au top » confie son frère) commence par une (mi)X tape. On a, en tout cas, pigé pourquoi la technique de Kentaro est irréprochable : les Japonais sont les seuls à pouvoir lire la notice des machines…

a t n

D

— e jK — o r

Foule contact pour le set de DJ Kentaro. Il faut jouer des coudes pour apercevoir un bout d’écran où les doigts du virtuose des platines ne font que passer. Il faut être tout aussi rapide pour choper la fièvre jaune qui se répand plus vite que la grippe A sur le site de Scopitone, entre passage radio, catering et poses photo.


Atelier 24

« Trop frais ! »

Une patrouille d’extraterrestres commémorant les premiers pas sur la terre, un jardinier qui se transforme en serial killer d’enfants, une battle danse qui se finit en fight, autant de pitchs délirants imaginés, cette semaine, par les élèves du Collège Aristide-Briand. Encadrés par Supervision et Makiz’art, deux associations d’éducation à l’image, les cinéastes en herbe ont eu vingt-quatre heures pour écrire et réaliser leurs propres films à partir du thème « On a marché sur la pelouse ». « Ils ont tous réussi le challenge, explique Isabelle de Supervision. Le plus dur a été l’écriture à plusieurs. Mais après ils ont été contents de voir comment ça marche et de pouvoir toucher à tout. » Répartis en petits groupes, les élèves se sont retrouvés devant et derrière la caméra, ils ont même pu assister au montage. Le résultat de ce travail sera projeté ce samedi à la Friche numérique. « Ils ont tellement adhéré au projet qu’ils ont envie de le montrer à leurs proches. On va voir les réactions des parents et des professeurs. Nous les avons laissé complètement libres. Le mot d’ordre était : Exprimez-vous ! En tout cas, ils ne connaissaient pas Scopitone, ils ont pu visiter les installations et se rendre compte que les arts numériques les concernaient eux aussi. »

framix fait la saison On ne va plus le quitter. Après Scopitone, Framix reviendra aux TransMusicales de Rennes le 3 décembre prochain. Aujourd’hui, il présente le résultat de ses travaux entamés lors de Chantier d’artistes au Lieu unique. Court-métrage, clip, tout ça, à la Friche numérique, vers 16 heures. Bon, on voulait le faire en portrait dans Paplar, mais il était trop pris hier... On remettra ça, promis. TÉLEX Dans les toilettes de la Friche numérique, ne vous faites pas avoir, il n’y a pas d’eau. Alors ne vous savonnez pas... ///// Ouest-France, partenaire de Scopitone, a pour sponsor le Crédit Agricole. C’est bat’.

quai de la fosse Byetone, qui se produisait jeudi soir à Scopitone, s’est perdu dans les bas-fonds de la ville. La nuit nantaise ne lui a pas réussi puisqu’il a perdu carte bleue et papiers, avant d’appeler en catastrophe l’organisation du festival. Au final, il a rallié Berlin. Enfin non, Munich… antennes À Scopitone, on est envahi par les radios. Nova, Jet FM... y en a partout. Chez Nova, on fume des cigarettes alors que c’est interdit. Chez Jet FM, on s’arrache les cheveux pour définir la programmation : «On prévoit des groupes en interview, ou des lives, et puis finalement on passe autre chose...».


L’Allemand est avare en interviews, encore plus en photos. On arrive tout de même à lui prendre le crâne dans le bungalow en acier qui lui sert de loge, après une session photos, le visage emballé dans une serviette blanche. Il joue les momies de teenager sous sa casquette rouge, mais il a l’âge de nous décapsuler une bière sur le rebord de la fenêtre de son bunker en ferraille : « Hey, dix ans d’expérience en club, ça aide ! » Bunker, c’est le mot. Boys Noize n’aime pas la promo. « Pourquoi, je ferais de la promo, pour que ma mère ou la tienne m’écoute ? Je fais de la musique de niche, pas pour tout le monde. » Pourtant, tu produis bien Black Eyed Peas, non ? « Oui, il sont venus me voir l’an dernier. Ils sont fans de ma musique, je ne sais vraiment pas pourquoi. En tous les cas, quand je produis quelque chose en studio, je fais de la musique pour moi. Tu aimes, tant mieux. Tu n’aimes pas, c’est pas mon problème. » En bon rat de laboratoire, le boy aime rogner les os. Sur la tournée précédente, il mixait devant un crâne géant. « C’est une œuvre d’un artiste allemand que je trouvais cool, alors j’ai repris le visuel avec son accord. » Aux vanités du XVIIe siècle, succède une boîte crânienne pleine de diamants, vide de sens, mais qui vaut des millions. « Ce truc coûte un max aujourd’hui, mais pour moi c’est juste un visuel qui peut signifier la mort, Jésus ou la religion, comme la croix de Justice pour des érudits mais je m’en fous. Je m’en suis lassé, donc je l’abandonne pour le deuxième album. » Pourtant, ça aurait fait super bien à l’Eurovision 2008 face à la barbe de Sébastien Tellier s’il avait osé faire de son remix un objet de variété. « Ce n’est pas ma conception de la musique ! » Hier soir, t’as bien fait un DJ set alors que tu trouves ça « facile », ce « disque à disque » que tu faisais « à 14 ans » ? Les artistes et leurs contradictions…


Feadz

dans ta chambre

, Feadz nous a parlé Hier soir, avant son seter/Warp à Paris qu’il de la soirée Ed Bang a manquée…

ntes ? Tu es déjà passé à Na ditions très différentes, jouer ici dans des con être Oui, je suis déjà venu dre. Je pense que je vais tten m’a i quo à t tou set je ne sais pas du notamment par la fin du ant, arriv en vois je up avec inspiré par ce que i… Je fonctionne beauco mo nt ava e just nier de Laurent Gar l’inspiration. tallations de la t’amuser dans les ins Tu as eu le temps de ? ue Friche numériq suis allé chez un acheté des disques. Je de perPas du tout en fait... J’ai s. J’ai trouvé pas mal ord Rec s nes One e, BO de très bon disquair pé une réédition de la cho j’ai 22, t ligh Twi le t plein les, par exemp Michel Colombier, et tou et g our nsb Gai de Captain Freedom . une fort eu pour une petite d’autres trucs…J’en ai es sur un album ? que des EP. Tu planch ma vie a Tu n’as sorti jusqu’ici très bientôt, parce que m albu un ir sort de ps pour tem du Oui, je prévois pris j’ai p, quitté. Du cou , mais EP é côt changé, ma copine m’a le é aim s enter. J’ai toujour j’ai puis et les créer au lieu de me lam viny les r pou t vraiment la fin concept là, faut avouer que c’es Ce sera une sorte de e. rqu ma ite pet une envie de laisser mais je ne dévoilerai me trotte dans la tête, album, j’ai une idée qui rien pour le moment. casquette, soule Net, tu portes une Dans la presse ou sur ? nes tion rs. Tu les collec onneur. vent différente d’ailleu is je ne suis pas collecti Ma . ttes que cas de e j’en ai vraiJ’ai une vingtain collectionne pas, mais ne je , ues disq les C’est comme he, j’aime les simai pas vraiment de fétic ment beaucoup. Je n’en -Z… roit », celle de Jay ples, la casquette « Det chanteuse Uffie. productions pour la Tu as réalisé plusieurs solo. Plus tard, e iod pér es dans une En ce moment, tu s? ste arti s r avec d’autre tu comptes collabore n album, je pense vu. Par contre, sur mo Non, je n’ai rien de pré j’aime, pour savoir que tes à certains artis envoyer des morceaux des gens qui me le mp exe urings. J’ai par justement. En s’ils veulent faire des feat ent doiv n m’e lo z Noise ou Dip doivent des remix. Boy nt. rge d’a remix plutôt que fait, je préfère les deal de ité sur le festival évidence d’être inv Pour toi, c’était une Scopitone ? dis : « pourquoi ils de gros festivals, je me Parfois, quand je vois là, mais en même tre d’ê tent ? ». Je suis con m’ont pas programmé is. Je m’étais enPar à »   ger « Warp/Ed Ban avoir le choix, je temps il y avait la soirée pu ais j’av Si y a longtemps. gagé pour Scopitone il à Paris... serais quand même allé que festivalier le festival, en tant Déjà venu avant sur peut-être ? j’ai 16 ans. Je ne vais i je suis DJ depuis que Non, j’habite à Paris. Mo un mec ! voir tes Nan t pour aller à pas me prendre un bille


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3 #1. Seins Tangui. #2.Pan ! #3. Jusqu’à l’os... #4. Fétichistes ?

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7 #5. Party is over. #6.Catcheur Ă  moustache et Ă  jean. #7. Yvette est dans la place. #8. Pouet pouet.

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Friche numérique

« Et ça, juste avec une bière... »

Non, ne vous inquiétez pas. Vous n’avez rien pris. Vos hallucinations visuelles et sonores sont le fruit des productions d’artistes encore méconnus. Ça ne devrait pas durer. Passer à côté des installations de la Friche numérique, c’est comme louper un vol pour d’autres planètes. En testant chacune des installations, on se sent envahi par des créatures fantasmagoriques. Et ça, juste avec une bière. La force de tout ça, c’est le côté interactif. Pour les joueurs, ne

pas louper Levelhead, trois cubes, un labryrinthe et seulement trois gagnants jusqu’ici. Pour les danseurs, ne pas rater International Dance Party : au début, un cube noir inerte qui, quand on bouge, se réveille. Pour les matheux, se rendre absolument à Superfluidity, un univers de lignes et de croix. On clique sur une croix et se crée direct une symphonie moderne. Bon week-end…


—Yvette—

Le papier de DamePipi Nantes, mon deuxième jour à Scopitone. Le Château des Ducs de Bretagne. Pour moi qui suis du Sud-Finistère, le Château des Ducs et de la Duchesse de Bretagne, ça veut dire « la capitale de la Bretagne ». Deuxio, je vais à l’expo des poissons. À Concarneau, l’Ifremer avait déjà un aquarium de ce type dans les années 70, avec des poissons qui allumaient des lampes. Ils étaient à côté de l’aquarium de la Petite algue bleue. Je le recommande fortement. Le premier organisme qui avait un ADN et des ARN. Les voisins des raies-torpilles. Tu les touches dans les conditions ad hoc, tu t’en rappelles. Ce n’est pas que ça ne m’a pas plu, mais ça ne m’a pas éberlué comme ça a pu le faire sur d’autres. Pour Ex-îles, j’ai filmé. Je me suis mise dans le rond.

Les gens croient qu’il se passe quelque chose, mais il ne se passe rien. Je vais le mettre en ligne. Le show de Percevalmusic, ça m’a fait penser à Michel Houellebecq. Une vie toute grise, il ne se passe pas grand chose. Il ne se passe surtout rien. Après j’ai traversé Nantes, toutes les grandes enseignes sont là. Puis nous voilà à la Friche. Ce que j’ai bien aimé, c’est que tout est centralisé. Deux salles communiquent, mais avec un son individuel. Bien car pas évident . Un public tolérant, mais extrêmement de bonne humeur. J’ai vu la fin des New Bites et le début de Laurent Garnier. J’aime beaucoup les visuels qui l’accompagnent. Laurent, je suis toujours impressionnée car il ne lâche pas le morceau. J’ai beaucoup de respect pour ça.

Rédacteurs en chef / Sylvain Chantal et Jerome Taudon – Invités / Sexy Sushi – Graphisme / H1N1 – Journalistes / DamePipi, Jean-Paul Kevin, Marie Gallic, Jean-Kevin Guezou, Patrice Letarnec –Photos / DoTheAndyGibbon, Mathieu Jouen –Thanks / Marieke, Jennifer et toute l’équipe de Scopitone – Imprimerie : Imprimedia – Mail / sylvain@paplar.com Le magazine Paplar bénéficie du soutien du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire et du Conseil Général de Loire-Atlantique.



Paplar, Scopitone 2009 - Samedi