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La Route du Rock - Hiver

Le magazine du festival

Vendredi 19 fĂŠvrier 010


Magnetic Friends sort son billet Alors nous y voilà… Back to Saint-Malo ! Putain dix ans. ça va faire dix ans qu’on vient vous arranger les changements de plateau, qu’on essaie de trouver des mixs qui vont faire écho à la toujours impeccable programmation de la Route du Rock et honneur à son public de connaisseurs… Pourvu que ça dure encore dix ans de plus ! Revenir à Saint-Malo, c’est un peu « comme passer Noël à la maison » (comme le chantait Murat). On s’y sent bien, on y retrouve ceux qu’on ne voit pas assez souvent (ou qu’on ne voit qu’à cette occasion), on se donne des nouvelles, on parle musique, on mange bien, on boit bien aussi ! Des beaux souvenirs, on commence à en avoir aussi pas mal à l’Omnibus. Cette édition hivernale est maintenant aussi incontournable que l’édition estivale. Je dirais même que pour nous, elle est presque devenue plus excitante que sa grande sœur tant les affiches sont riches en découvertes toutes fraîches…

Souvenez-vous de Battles, souvenez-vous de MGMT ou des Birdy Nam Nam, tous encore jeunes loups, quasiment inconnus au moment de leur passage à l’Omnibus et archi-confirmés souvent moins d’un an après. Alors à qui le tour cette année ? Moi je mettrais une petite pièce sur Beach House, mais aussi sur Clues (bon je triche je les ai vus la semaine dernière !) ou sur les pétillants Clara Clara ! Et puis, côté confirmation, on est aussi toujours gâtés avec des grosses claques scéniques type José Gonzalès, Dirty Three ou Laetitia Sheriff. On en attend pas moins cette année des XX, des affreux de The Horrors ou des Fiery Furnaces… Et puis ça sera difficile de ne pas avoir une pensée émue pour Vic Chesnutt et le souvenir de cet énorme concert de 2008… Rest in Peace, comme disent les English. Profitez bien de ce qui vous est offert aujourd’hui car qui sait de quoi demain sera fait…


Ping et Pong sont dans un bateau, qui reste ? Parlovr… On rencontre les mecs de Parlovr en pleine partie de ping-pong où les raquettes sont remplacées par leurs disques. Le champion n’est pas un des membres du trio mais leur « gérant », Sam. Oui, Parlovr est un groupe québécois. Et à Montréal, sur les panneaux « stop », il est écrit « arrêt », alors, forcément, pas question de dire « manager » pour « gérant ». Bon et le « V », sachez-le, est un accident. Le trio s’appelait, au départ, Parlour. Mais, il y avait déjà un groupe américain du même nom dont le « manager », cette fois, est venu leur tirer les oreilles pour qu’ils se démerdent comme ils veulent mais qu’ils ne fassent pas d’ombre aux Ricains. Donc Parlovr s’écrit avec un « V » pour « Par lover », soit de la musique faite « par des lovers ». Et des lovers de quoi ? Ben de petite balle blanche qui se renvoie à coups d’invendus sur une table verte.

Et sinon, dans la vie ils font quoi les gars, à part « s’enchrister » (en québécois, « Christ » est aussi employé que « putain » chez nous, ndlr) sur scène ? On a des jobs, à part Jeremy, qui joue dans plusieurs formations. « Oui, je suis musicien et je suis pauvre… » confie l’intéressé. « Je travaille pour le téléphone et je suis pauvre aussi » renchérit Louis. Quésa(Bama)ko ? « J’appelle pour des charités… » Et tu es payé pour appeler à la bonne cause ? « Ben, oui, ils veulent des gens investis dans leur cause, des gens compétents, qu’ils paient pour amener les autres à payer… » Parlovr a mis autant de temps à venir en Europe que s’ils étaient allés à Toronto en voiture (six heures). Dans l’avion, ils étaient à côté de la mère d’un homme politique dont ils tairont le nom, mais qu’ils ont pris pour une nonne. Ils nous prient de finir cet article par une « niaiserie » : tu imagines, Lennon ?

Parlovr


Prélude

Mes poils les attirent

Paplar était présent hier soir à l’ouverture du festival malouin. À Rennes, pas loin... Rennes, c’est toujours pareil. On arrive à la gare et on rigole d’entrée. Ah… cette sucette publicitaire avec un dread-lockeux qui vend des cheminées. « Mes poêles les attirent. », qu’il dit le gros alors qu’on sait très bien que les deux filles qui l’entourent ont été payées pour apparaître sur cette photographie ridicule et que même, si ça se trouve, c’est comme ça qu’elles financent leurs études. On prend ensuite la direction de l’Antipode, pour le début du festival. Enfin pas tout à fait le début, car c’est vraiment ce soir à l’Omnibus que commence cette nouvelle Collection Hiver, mais un peu quand même. Quarante-cinq minutes plus tard de RoutebarréeDéviation ChantierEnTravaux, on arrive devant la salle où, à Rennes c’est toujours pareil, nous attend le traditionnel stand de galettes-saucisses. Premier groupe, Jookabox, on reste dans le trip femme à barbes. On a bien regardé, même qu’on s’est approché au devant de la scène, elle n’en avait pas la chanteuseclavier, de barbe. Ses trois collègues, beaucoup. Et de la longue encore en plus. Musicalement, excellente prestation. Cette petite trompette de Yohan Montgomery, qui ferait mieux d’arrêter la clope ça lui éviterait de dire des conneries pendant les intermèdes,

les aurait « bien envoyés en stage de coaching musical à Paris ». Deuxième groupe, Parlovr, on reste dans le capillaire, mais pas sur le menton, sur la tête. Une sorte d’Arcade Fire qui aurait des problèmes avec le régime de l’intermittence. Pas les 507 heures en dix mois, alors obligés de tout faire à trois. Du coup, le chanteur est également clavier, guitariste, tamborineman, et remerciements au public « merci, vous êtes gentils ». On retrouve Yohan Montgomery qui n’arrive pas à prononcer le nom du troisième groupe, DD/MM/YYY. « DayMonthYear », c’est facile pourtant. Lui, «Dédé» qu’ils les appellent. Là, l’opulence capillaire, du coup, c’est sur le haut du crâne. Une vraie choucroute qu’il a sur la tête Thomas, le blondinet chanteur. Enfin, dans ce groupe canadien, pas vraiment de chanteur, pas vraiment de rôles définis ; tout le monde tourne, sauf le bassiste qui, en chaussettes, se déplace à la Charlie Chaplin. Les autres tournent. Le clavier, il lui manque une touche, le Do du milieu. «Let’s go zouk !», ils lancent dès le deuxième morceau. Pas une seconde qu’on y croit. Tout dans la face, le public clairsemé commence enfin à dodeliner de la tête. Elle était bien cette soirée, on se serait cru à Saint-Malo, pas loin.


llaire

i Peine cap

On nous avait demandé d’interviewer Mondkopf. C’est finalement Paul que l’on a rencontré. On pensait tomber sur un pro Mac. Voilà que Paul nous conte son amour pour un PC usé. Rencontre schizophrène avec un jeune homme bien loin de la hype qui aimerait se faire Mondkopf. À la présentation, Paul, le Toulousain devenu Parisien est bien plus timide que la bête de scène Mondkopf qui transpire derrière son Macintosh. « Je fais de la musique sérieusement depuis maintenant trois ans. J’ai un album et deux maxis. », donne-t-il simplement en guise d’introduction, presque en s’excusant. On n’a pas de mal, du coup, à l’imaginer derrière l’ami Mac en train de blogger ou de poster un remix sur le MySpace qu’il a créé « juste pour avoir les retours de personnes extérieures sur ma musique ». Erreur ! Paul compose sur un vieux PC et c’est Mondkopf qui se la pète sur scène avec son MacBook pro… « Non, il n’y a pas de virus sur les Mac… OK, je pourrais en avoir quand je compose sur le PC… La vérité, c’est que je suis trop flemmard pour être un nerd. Cela me fatiguerait d’être toujours à l’affût des derniers plug’in pour avoir un son qui tabasse.

Et puis, en fait, je préfère obtenir le même son avec mes vieux logiciels. C’est devenu un exercice de style… » Il sera confronté à un autre exercice de style à cette Route du Rock : le DJ set. « J’aime raconter des histoires avec mes DJ sets. Quoi ? Oh, des voyages dans l’espace, des scènes d’amour… J’aime mettre des choses efficaces suivies de pauses planantes. L’essentiel, c’est que ce ne soit pas linéaire. » Reste à vous dévoiler le challenge de cette première soirée à L’Escalier : en hommage au roi de la coloration capillaire à domicile qui lui a inspiré son nom (Schwarzkopf), Mondkopf autorisera Mac à prendre un Photobooth de la personne qui arborera la couleur de cheveux la plus extravagante afin de remplacer la photo de sa mère en fond d’écran. À vos teintures ! Mondkopf sera ce vendredi en dj set à partir de 2h30 à L’Escalier.


Deuxième interview Raphaël Mezrahi de la soirée avec, encore des Canadiens qui découvrent nos bouteilles d’eau minérale estampillées « Mao » et nos pots de cornichons à l’effigie de Staline… On arrive timidement dans la loge de DD/MM/ YYYY… Ils sont trois sur cinq endormis sur les sofas. « On tourne depuis trois jours non-stop, sans day off. » Mais quel jour est-il ? « Le 18th of February. Donc, ce soir on est les 18/02/2010 pour la France… Les 2/18/2010 pour les States… En fait, c’est comme tu veux, tant que tu as « day, month et year » dans le nom, t’as bon… Tu peux même jouer les bègues et nous appeler « Day Day/ Month Month/ Year Year Year Year », on est un concept ouvert… » En fait l’idée, c’est le changement ? « Oui, sur scène, on intervertit les instrument, on fait mine que c’est le chaos alors, qu’en fait, les morceaux sont hyper répétés… » OK, bon, on était arrivé ici sans questions, pour savoir si vous étiez drôles… « Oh, tu veux une blague ? D’accord, comment on dit Three Cats Drowned en français ? 3, 4,

5 ! » (Prononcez : « Trois Cat Sank », « Sank » étant le synonyme de « Drowned », ndlr). Bon, c’est une blague anglophone… », concèdentils… « Mais, laisse-nous te présenter la meilleure blague de la soirée… » Sur ce, Thomas et son pull à girafes (c’est son préféré), le rasé à la mèche blonde (il faut savoir que le groupe tient ses coupes de douille d’une séance de visagiste gratos il y a trois jours à Bordeaux où Mat, le seul qui ait refusé le « freestyle » ayant demandé une coiffure « Cary Grant » s’est retrouvé avec celle de Gary Cooper, ndlr) nous tend une bouteille de coca vide. « El Ché Coca » indique l’étiquette. « Changez vos habitudes »… « Revolucion »… « Fait avec de l’eau de source » poursuit l’emballage quand on tourne la bouteille… What else ? Concert ce vendredi à 1h40 à l’Omnibus.


Le deuxième album de Turzi s’appelle B. Le premier s’appelait A. Le prochain de la trilogie déjà planifiée s’appellera C… Comme nous sommes des gens faciles, on a fait réciter son alphabet à Romain Turzi. Alan Vega (de Suicide, ndlr) : « n’a pas pu figurer sur l’album, y’a pas de B dans son nom. » Bloody Valentine (My) : « ceux qui m’ont poussé à acheter une guitare, puis des pédales. » Corse : où a été enregistré B, en dix jours. Détournement : « notre passion : détourner les instruments de leur fonction initiale. » Electro : « musique répétitive qui te possède à tel point que tu en oublies la musique. » Fluxus : « des mecs défoncés au LSD jouant la même note pendant une heure, j’adore ! » Guns’N Roses : « la première daube de ma vie, je suis passé à MBV et SY dès 13 / 14 ans. » Hypnose : « ce que suscite en moi chacun des albums de ma discothèque. » Instruments : « on les hérite d’un grand oncle inconnu ou on les rencontre dans des broc’. » J’ « aime pas Mogwaï ! » Koudlam, Kill For Total Peace… Les groupes signés par Turzi doivent commencer par K. Langage : « les gens nous comprennent parce que nos instruments parlent le langage rock. » Mauvais pianiste et guitariste : « c’est pour ça que j’aime autant les machines ! »

Naïfs : « quand on a joué après Sonic Youth, on était encore trop naïfs pour assurer. » Opportunités : Proverbe turzien : « tout est fait de rencontres et d’opportunités. » Pan European : label monté par Turzi. Quatre-vingt-seize : année de la première Route du Rock de Romain en tant que spectateur. Reich IV : nom du groupe qui accompagne Romain Turzi. Ils sont quatre fans de Steve Reich. Sonic Youth : « la seconde raison qui m’a fait acheter ma première guitare. » Tortoise : « le postulat de base, nos premiers amours. » Unrocks : « pour exister dans le rock, faut donner du biscuit aux journalistes. » Versailles : « là où j’ai grandi. Des potes avaient le même prof de maths que Air. » Wagon : « la musique, c’est comme un wagon, c’est fait pour voyager. » Xénophobe ? « on nous a traités de nazis à cause de Reich IV, mais c’est juste de la provoc’. » Y : « faut qu’on se rattrape de notre Route du Rock 2007, on a grave la gniac ! » Zic : « j’en fais plus que je n’en écoute. » Turzi, en concert ce vendredi à 1h40 à l’Omnibus.

Rédacteurs en chef / Sylvain Chantal et Jerome Taudon – Invités / Magnetic Friends – Graphisme / Gregg Bréhin – Journaliste / Marie Gallic – Photos / DoTheAndyGibbon, Marilick – Assistante commerciale / Marion Bourgeon – Diffusion / Amel Boulkour – Internet / Charles Loyer Thanks / François, Alban, Pierre et toute l’équipe de La Route du Rock, Mémé pour sa voiture, Gaëtan Nael et son équipe. Imprimerie Poisneuf – Paplar Mail / sylvain@paplar.com – Saison 3 / n°81. Le magazine Paplar bénéficie du soutien du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire et du Conseil Général de Loire-Atlantique.


Les Moulouderies de Charles

—À la rue 89— Tout juste débarqué du Centre culturel Frédéric Beigbeder au Mali, Charles Mouloud, chroniqueur à Rue 89, nous revient encore plus énervé qu’avant. On lui a ouvert nos colonnes. Toubab or not Toubab, that’s the question... Par la meuf du prophète, que ça caille grave sa race chez les «toubabous» de Rennes ! Viendez faire la fête de la Route du Rock hiver, qu’ils disaient les aminches de Paplar. Tu parles ! Je débarque de Bamako, avec 38°, et ses gazelles, j’abandonne les zicos de Baba Salah, de Samba Diallo et autres Salif Keïta, pour venir mes geler les ovaires chez les bouffeurs de galettes saucisses ! Direction l’Antipode, c’est vraiment le cas de le dire, pour l’ouverture de la session « esquimau » du festoche malouin. Allelouya Akbar, ils sont au taquet, et c’est parti pour trois jours et trois nuits de reportages, de zique de djeuns qui bougent, certes comme des paraplégiques introvertis, mais bon, le climat n’incite pas à danser Saga Africa non plus... Soyons indulgents, ils font ce qu’ils peuvent, les héritiers du siècle des Lumières et de la préférence nationale...

LA rdr pas rancunière

JET SET

the xx, la bonne affaire

Complet ? pas tout à fait...

The Horrors les avaient plantés en août dernier, officiellement pour cause de « grosse fatigue », officieusement pour faire la première partie de Nine Inch Nails au Terminal 5 de New York. Pas rancuniers, François Floret et Alban Coutoux les ont quand même réinvités. On se rappelle pourtant avoir entendu les programmateurs de La Route du Rock sacrément pester à l’époque de cette défection estivale...

Bookés assez tôt par les programmateurs de La Route du Rock, les Anglais de The XX n’ont coûté que 3 500 euros au festival. Une excellente affaire quand on voit la flambée de leur cachet actuellement...

Hier soir à l’Antipode, on a croisé des tonnes de vedettes : une Range ta Chambre, trois Montgomery et une Laetitia Sheriff. Programmée l’an dernier à La Route du Rock Hiver, cette dernière, également bassiste de Piers Faccini, a confié une missive à Thomas, un des DD/MM/YYYY, à destination de Richard, big boss des Rockomotives à Vendôme chez qui le groupe canadien joue ce vendredi soir.

À force de communiquer sur le fait que cette édition de la Collection Hiver était sold-out, l’affluence était plus que clairsemée, hier soir à l’Antipode de Rennes, pour l’ouverture officieuse du festival.



Paplar, Route du Rock hiver 2010, vendredi