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Festival Invisible Brest

Mercredi 18 mars 009


Federico Pellegrini sort son billet Il faut sauver la maison de Patrick Dewaere. J’ai parcouru des années lumière. Femme, pas plus tard qu’hier, homme de demain. Brest, 17 mars 2009, 13h07. Sur la terrasse de l’Atipik, je noie mon Ricard tandis que mon voisin de gauche s’extasie devant un touilleur argenté, mi-paille mi-cuillère. - Pour moi, ce sera la terrine de poisson… - Et pour Mada…, Monsieur ? - Moi, je prendrai le large, dès que possible. Je m’étais habitué à cette robe à fleurs. Le vent contre mes jambes, la peau. Au moins, je ne pensais plus aux filles, en étant une. Mais elle me manquait déjà. Cette robe. La fille dedans. Quand je suis entré dans le stock amerlo, celui du port, la dame, celle du stock amerlo, m’a regardé d’un drôle d’air. - Vous faites les robes à fleurs ? Les robes pour se camoufler. Je demande comme ça. - Non… non, enfin, je ne crois pas qu’on se camoufle en robe. Pas à ma connaissance. Je posais ma main sur le comptoir. C’est dommage. Dommage qu’on ne puisse se camoufler en robe. L’été. Le vent contre les jambes. Mes ongles ne collaient pas avec le reste. La chemise, les rangers. Mes ongles ne collaient pas avec la casquette destroy. - Mes ongles, c’est du camouflage Madame. Je me préserve du monde des hommes, du pouvoir. Mes ongles, c’est ma peinture de guerre. Si tout se passe comme prévu, on retrouvera une énième bombe près de la maison de Patrick Dewaere, à droite de La Carène, côté jardin. J’enverrai les habitants en week-end, en dehors du périmètre de sécurité. Fut un temps où elles tombaient comme des petits pains sur les habitants du périmètre. Et person-

ne ne s’en souciait, des habitants. Les bombes, disaiton, ça n’est jamais que du matériel que l’on déplace d’un endroit X à un endroit Y. ça crée des emplois. La manutention. Il faut les fabriquer. Des matières premières. Les assembler. Des pilotes. Il faut prendre des décisions. Définir les endroits Y. - Non, pas sur la maison de Patrick Dewaere, bordel ! Elle est d’époque. On ne va pas changer la déco tous les soixante ans… Il me boudine ce pantalon, tu ne trouves pas ? Il n’entend rien aux pantalons qui boudinent. C’est un homme. Il se dit juste, elle est bien roulée, ou bien il regarde ailleurs, s’attarde sur un truc plus intéressant. Hier encore, j’étais une bombe. Du moins le croyaisje. Je tombais, légère sur Brest. Les yeux s’attardaient sur mon décolleté. Je prenais mon temps pour ramasser le crayon. Qu’ils en aient pour leur argent. Je croisais les jambes, les décroisais, cœur croisé. Aujourd’hui, rien. - Vous pourriez quand même me regarder quand je vous parle. - Vous regarder ? Mais vous êtes au Festival Invisible Monsieur. Madame ? - Un croque-madame, Monsieur. Ou l’inverse. Je peux très bien me passer de l’œuf. J’espère qu’il y aura du monde. Où ça ? Au Festival Invisible. Comment savoir, puisque c’est invisible. C’est quand d’ailleurs? A l’heure H, je crois. Le jour J. Je sais que ça se passe dans le périmètre. Et puis un peu à l’hôtel Vauban aussi, la salle lynchienne. Il y aura le nain. Visible lui. Ils ne vont rien nous balancer cette fois, ils ont promis. Ah bon. Bien sûr, je viendrai accompagné. De moi en femme. Comme ça, elle m’aura pour cavalier. Je m’embrasserai, ou alors elle s’embrassera. C’est égal vu qu’a priori, on ne nous verra pas.

Rédacteurs en chef / Sylvain Chantal et Jerome Taudon – Invité / Federico Pellegrini – Graphisme / Gregg Bréhin – Journaliste / Nadia, Melina, François du Collège Les Quatre Moulins – Photos / DoTheAndyGibbon – Thanks / Karine, Maëlle, Elizabeth et toute l’équipe du festival – Imprimerie du Commerce, label imprim’vert – Mail / journalpaplar@gmail.com – Partenaire éditorial des festivals, Paplar se déplace sur chaque événement pour réaliser en direct le journal de la manifestation. Après Les TransMusicales 07 et 08, Génériq, Le Printemps de Bourges, Art Rock, Mai l’Usine en Fête, le Hellfest, Les Eurockéennes, Les Francofolies de La Rochelle, Les Vieilles Charrues, Les Méditerranéennes, La Route du Rock, Scopitone, le Zebramix, The Dø à l’Olympia, Paplar couvre aujourd’hui le Festival Invisible avec, pour rédacteur en chef invité, Federico Pellegrini, chanteur de French Cowboy.


—Le clown du spectacle— Cet après-midi, le «bricophoniste» Armel Plunier poursuit son Parcours musical à destination des petits et grands. À découvrir à La Carène. « Pour terminer, je vais faire mon clown. » Facile, il en a la dégaine Armel Plunier. Chaussé de Converse longues et rouges, la moustache fièrement taillée, le t-shirt rayé de rouge lui aussi, il se cambre, dresse les coudes et souffle dans un instrument bizarre pour imiter le caquètement de la poule. Le public, assis en tailleur devant lui, s’esclaffe, en redemande. « Et non, c’est la fin, je ne vais pas vous faire tous les animaux. C’est pour les petits, tout ça... » Déçus, les CE2-CM1 de l’école Jacquard se ruent sur les installations visuelles et sonores éparpillées dans le hall de La Carène pour prolonger de quelques minutes encore le plaisir de ce parcours musical. À quatre reprises hier, le «bricophoniste» Armel Plunier, c’est ainsi qu’il se désigne, a investi la salle brestoise pour dispenser des conférences animées à destination des scolaires. Ce mercredi, il récidive, pour tout public ce coup-ci. Et pas besoin d’être

haut comme trois pommes pour apprécier la magie de ce bricoleur de génie. Durant une grosse demi-heure, Armel passe en revue de nombreuses matières sonores, le verre oui ça fait ce son-là, le bois oui c’est comme ça, non par contre n’applaudissez pas tout le temps sinon on ne va pas s’en sortir. Au milieu de son joyeux bric-à-brac, le musicien oscille entre ses boîtes de conserve colorées à sa guitare à une corde, en passant par son xylophone en argile et sa casserole à vibrations. Le silence est quasi-religieux, à peine perturbé par un petit au premier rang qui ne cesse de lever le doigt. M’sieur, m’sieur. Didactique, assurément il l’est quand il explique « l’organologie » de ses instruments. Mais ennuyeux jamais. Coup de gong final. Oui, maintenant vous pouvez applaudir. Parcours musical d’Armel Plunier (Séances tout public) La Carène - 14h30.


Armel Plunier

L’exposition de La Carène est comp osée de créations entièremen t ou en partie motorisées. Ar mel Plunier es t récompensé po ur ses heures de travail. Ses œuvres sont ori ginales et drôles . «Je ne donne pas de noms à ces œuvres , car c’est plutôt une idée générale, explique l’artiste. Ce qu e je pourrais mettre une bo faire, c’est îte avec des tit res, les gens po dedans et attrib urraient piocher uer le titre qu ’ils souhaitent à ce On trouve des po s créations.» upées Barbie da ns chaque œuv d’œil aux boîtes re. «C’est un clin à musique. Les Ba rbie représenten de ces boîtes.» t les danseuses Armel Plunier a également conç un peu loufoque u des instruments s et très recherch és. Les mélodies gent sont douces qui s’en déga, calmes et reposa ntes.

L’exposition d’Armel Plun ier est composée de machines bizarroïdes, mais très bien imag inées. Il y en a six, toutes aussi louc hes les unes que les autres. Ses œuvres représentent des Barbie, parfois à quatre jambes, qui s’ex priment grâce à l’électricité. Une des Barbie imite une danseus e du Moulin Rouge, d’autres dansent sur des mélodies de boît e à musique. Ces création s sont parfois faites d’objets de récu pération : tuyaux, moteur d’aspirateur..., même si l’artiste ne les considèrent pas comme de la «récup’», mais plutôt comme des objets du quotidien. Ces «engins» font renaître les Barbie dans des cadres de tableaux. Il y a un des appareils plus déglingué que les autres. C’est en fait un Ken, le mari de Barbie, qui a une balle de ping-pong à la plac e de la tête et une sorte de roue pou r hamsters qui tourne ave c des balles de ping-pong à l’intérieur, ce qui nous plonge dans une ambiance de «zen attitude».

el Plunier uvres d’Arm Une des œ agréable, , simple et est attirante rder. Elle ga re à e m m à écouter co lles de ba ux de sée de une est compo ns da t en qui roul Cela ping-pong s. er st ge à ham sorte de ca zen et ue iq us m e produit un est un personnage comme agréable. Le certaioi qu ur ’est un peu sage. Po assées» ? «C «c déconss la Ken sans vi lle -e ns nt da up œuvres so suis beauco Je inscrites il. nt nes de ses tso ent es tes.» Tout bisme, raco nt en ér ff di uv nt dans le Cu s œ res so soie d’objets. Ce ime qu’elles un théâtre truction. J’a u nç co i J’a dres. « dans des ca ynètes.» s petites sa comme de


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#1. Silence quasi-religieux pendant la conférence musicale d’Armel Plunier, hier après-midi à La Carène. #2. «On», le Festival Invisible a débuté hier. #3. Les techniciens sont à pied d’œuvre pour le montage du chapiteau où se dérouleront les concerts de De Kift, Poney Club et Oko vendredi soir. #4. Morceau du graff «Extra», à voir à côté du chapiteau en face de La Carène.


Damo Suzuki «Surtout ne répétez pas !» C’est le mot d’ordre lancé par l’ancien chanteur de CAN aux Brestois de Monstre qui l’accompagnent ce soir sur la scène du Cabaret Vauban.

LONESOME FRENCH COWBOY

Arnaud Le Gouëfflec, bassiste du groupe Monstre et cofondateur du Festival Invisible, en trépigne déjà d’impatience. Après Jad Phair il y a deux ans et Eugene Chadbourne l’an passé, il joue ce soir en backing-band de Damo Suzuki, l’illustre ancien chanteur de CAN. «Depuis que nous avions fait Faust il y a deux ans, Damo nous envoyait des mails, raconte Arnaud. Sans doute, s’échangent-ils leurs réseaux. Du coup, nous avons assez facilement réussi à le faire venir cette année avec l’aide du Penn Ar Jazz.» En plein «No Ending Tour» («la tournée sans fin»), il se produit dans chaque ville avec un groupe local. « C’est du rock’n’roll expérimental. Il nous a demandé de ne surtout pas répéter avant ce soir. Avant le concert, il y aura juste une balance purement sonore de nos instruments et lui effectuera un sound-check vocal. Et ce sera tout, nous nous jeterons directement dans la fosse aux lions. C’est une conception très particulière de la musique, mais j’ai hâte ! »

«jojo» plus que désiré

En ce printemps 2009, Jonathan Richman ne donnera que quatre concerts en France, dont un à Brest ce jeudi au Cabaret Vauban. Pour convaincre le musicien de Boston de venir traîner ses guêtres de ce côté-ci de l’Atlantique, l’équipe du Festival Invisible a mis les gros moyens. Non pas financiers, mais sentimentaux. « Jonathan fonctionne à l’ancienne, raconte Arnaud Le Gouëfflec. C’est un francophile. Nous lui avons envoyé une lettre en Français, par La Poste. Yannick, le programmateur de La Carène, a ensuite fait tout un travail pour appuyer notre démarche. Yannick est un fan transi de «Jojo». À l’approche du concert, il ne dort plus ! »

DERNIÈRE MINUTE

Deux concerts du festival changent de lieu. Meinsohnwilliam, le groupe rennais prévu initialement à la Faculté de Lettres (jeudi 19), jouera à 18h au Cabaret Vauban, avant la prestation de Lonesome French Cowboy (19h30). Gregaldur, également prévu à la Fac (vendredi 20), se produira finalement au Cabaret Vert (9, rue Saint-Martin) à 18h.

DE LA BOMBE

Le Festival Invisible aurait pu être annulé : une bombe a en effet été découverte aux alentours de La Carène. Ce vestige de la Seconde Guerre Mondiale ne sera finalement déminée que dimanche, soit le lendemain de la fin du festival...

JEUDI 19 MARS — OPENING FOR JONATHAN RICHMAN

19H30 LE VAUBAN BREST

-GRATUIT-



Paplar, Invisible 2009 - Mercredi