Messager

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Éditorial Journal d’information de la Commune de Champéry No 80 - Décembre 2015 Tirage: 1’250 exemplaires Parution bisannuelle Contribution à ce numéro: Cynthia Defago (rédaction), Luc Fellay, Patrick Monay, Marie-Rose Gex-Collet, Hubert Grenon, Sonja Collet, Denyse Gex-Collet, Yves Rey-Bellet, Yves Nouchi, Pierre-Marie Gabioud, Séraphin Clément, Fernand et Annemarie Berthoud, Alexia Trombert, Thierry Monay, Charlène Durand-Garcia, Françoise Girod, Olivier Lomazzi, Anne-Sophie Thilo, Sophie Texier, Stéphanie Barth, Alain Pichard, Blanche Beney, Cécile Berthoud, Marie-France Caillet-Bois, Isabelle Favez, Christina Pölzl, Roland Avanthay, Marie-Louise Wagner Nouchi (photos), Sylviane Trousseau, Claire Petoud. Réalisation: © RMS Communications, Val-d’Illiez

Chaud… et froid ! Champérolaines, Champérolains,

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ous voilà aux portes de l’hiver, après un été indien exceptionnel. Que la nature est belle ! De magnifiques images colorées sur fond bleu azur ont émerveillé notre conscience pendant plusieurs semaines cet automne. Ces coulisses ont-elles influencé positivement notre comportement autant que celui de nos hôtes ? Certes la situation économique n’est pas des plus simples, la remarque souvent colportée « il n’y a personne… la rue du Village est vide !» le démontre. Et pourtant, les conditions météorologiques étaient très favorables, les Dents-du-Midi merveilleuses, la température idéale. Chamonix, Morzine… Zermatt croulent sous la foule ! Alors, que se passe-t-il ? A croire que l’herbe est vraiment beaucoup plus verte dans le pré du voisin ! Pourtant Champéry a des atouts formidables, tels que le Palladium par exemple, où l’ancien champion du monde de patinage artistique Stéphane Lambiel a établi la Skating School of Switzerland, une pépinière de futurs champions. Bienvenue à un jeune entre-

Stéphane Lambiel

preneur avec une vision d’avenir, un grand artiste qui sait créer des émotions, et qui contribue à faire connaître notre station dans le monde entier. Mais nous constatons que, malgré les efforts soutenus et répétés des nombreux acteurs et organisations touristiques qui s’efforcent de faire au mieux


> Éditorial faisons-le découvrir activement dans notre région.

pour trouver la parade la plus efficace, les résultats se font attendre. Sachons que nous ne sommes pas seuls dans une telle situation. Le contexte s’est grandement modifié, les conditions cadres sont plus rudes, et les désirs de la clientèle sont en pleine mutation.

Le Système Touristique de la Vallée d’Illiez en pleine implémentation a réuni en novembre dernier tous les représentants des acteurs touristiques de nos différentes stations pour entamer cette adaptation plus que nécessaire. Il y aura encore de nombreuses réunions ces prochains mois, pour se retrouver derrière une idée commune avec une vision commune, pour coopérer et ainsi pouvoir offrir les meilleures expériences possibles à nos hôtes. D’autant plus que notre rue du Village est en train de vivre une mutation bienvenue dans ses enseignes commerciales, avec deux nouveaux hôtels de qualité supérieure en tête de liste, de nouveaux commerces, restaurants et bars. Sans oublier l’arrivée proche d’un train touristique pour le village. Voilà une évolution très positive qui nous réjouit et nous apporte un courant optimiste bienvenu. Nos sincères félicitations à celles et ceux qui s’engagent pour innover et apporter des plus-values nécessaires à notre station.

Si nous analysons les statistiques du tourisme en général, le franc fort nous fait perdre une clientèle européenne à cause du cours du change, et en plus à cause des possibilités de trouver un eldorado de montagnes dans d’autres régions d’Europe à moindre coût. Les séjours classiques que nous avons longtemps connus et privilégiés sont en baisse, tandis que les séjours offrant des expériences différentes et des émotions sont de plus en plus demandés. La beauté seule d’un paysage ou d’un village ne suffisent plus… Il faut des expériences et des émotions qui plaisent à de la clientèle avant tout citadine. Sans ce volet de prestations offertes, nous nous coupons d’un grand nombre d’hôtes potentiels, d’autant plus que la durée des séjours se réduit afin de pouvoir goûter à différentes sensations ici et ailleurs. Alors sachons en tenir compte, c’est un trend reconnu, que nous devons accepter et intégrer. Il en va de même avec la gastronomie et la convivialité. Nous avons tout à gagner en soignant ces émotions aussi bien au village que sur nos alpages. Vivre un moment exceptionnel, découvrir de nouvelles sensations, partager une expérience originale entre amis sont toutes des choses que nous sommes capables d’offrir à nos hôtes : aussi exploitons ce potentiel indéniable, et

Cela bouge beaucoup, nous sommes définitivement en train de nous adapter, de modifier notre gouvernance et de chercher à offrir les prestations demandées. Certes il y a encore du chemin… mais nous sommes sur la bonne voie. Je nous souhaite une belle saison d’hiver avec beaucoup de neige, du froid et plein de chaleur dans nos cœurs ! Luc Fellay, Président de Champéry

Commune L‘EMIC sur la brêche lors des intempéries

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eu de citoyens, parions-le, avaient entendu parler de l’EMIC avant le premier week-end de mai 2015. Mais en quelques heures, l’Etat-major intercommunal de conduite de la vallée d’Illiez a pris forme sur le terrain et, à travers le relais des médias, dans l’esprit de nombreux habitants. Les précipitations

exceptionnelles qui se sont abattues sur notre région ont en effet nécessité pour la première fois la mise en place de cette structure créée en 2013. L’EMIC réunit une douzaine de personnes de Troistorrents, Val-d’Illiez et Champéry, sous la responsabilité des autorités politiques des trois com2

munes. Leur mission : organiser les interventions de protection et de sauvetage lors de catastrophes naturelles ou d’autres événements majeurs. De la cellule feu aux services techniques, en passant par les cellules de santé publique et d’information, les membres de l’EMIC coordonnent tous les moyens engagés sur le ter-


rain, pendant toute la durée des opérations. Ils bénéficient de cours dispensés par l’Office cantonal de protection de la population. Les frais de fonctionnement de l’état-major sont répartis entre les trois communes. Vendredi 1er mai, Fabrice DonnetMonay, président de Troistorrents, a décidé de mobiliser l’EMIC dès 13h30, en accord avec ses homologues de Val-d’Illiez et de Champéry. Les pluies abondantes et les prévisions météorologiques pour les jours à venir faisaient craindre des crues, des inondations et des glissements de terrain, donc une mise en danger d’une partie de la population et des dégâts potentiels. Ces risques se sont confirmés dans les heures et les jours qui ont suivi. Fort heureusement, la parfaite planification des différentes interventions et l’excellent travail réalisé dans les secteurs concernés ont permis de limiter les dommages. Concrètement, l’EMIC s’est réuni dans un local équipé à cet effet, dans le bâtiment du Pas, à Troistorrents. Le chef de l’état-major, Emmanuel Perrin, a organisé des séances régulières avec les représentants des sapeurs-pompiers, de la police et de la Protection Civile (PCi). Objectif : faire le point de la situation, évaluer les problèmes à résoudre, discuter des solutions possibles, décider des marches à suivre et enfin distribuer les ordres. Au sortir de ces réunions, chacun savait ainsi exactement ce

qu’il avait à faire et dans quel délai. C’est ainsi qu’ont été décidées, entre autres mesures, l’évacuation d’une vingtaine de riverains de la Vièze à Morgins et la fermeture de la route des Crosets. Au plan logistique, il a fallu, par exemple, répartir les moyens techniques nécessaires, mais aussi assurer la subsistance de tous les participants aux interventions. « Tout a fonctionné de manière remarquable, relève Emmanuel Perrin. Lors du débriefing qui sera bientôt organisé, il n’y aura en définitive que des détails à régler pour la suite. » Au total, plus de 80 pompiers, hommes de la PCi et employés des services techniques et forestiers ont été mobilisés, de jour comme de nuit, pour faire face à cette situation critique. L’EMIC a œuvré non-stop jusqu’au samedi 2 mai à midi. Ensuite de quoi les diverses opérations ont pu être gérées à l’échelon communal.

Sommaire Editorial

1-2 Agriculture

10-13

Commune

2-5 Vie au village

13-29

Patrimoine

6-7 Parole aux jeunes

30-31

Tourisme

7-8 Visages

32-38

Ecoles

9 Carte postale

39

La mise sur pied d’un tel état-major régional découle de la Loi sur la protection de la population et la gestion des situations particulières et extraordinaires (LPPEx), ainsi que 3

de son ordonnance d’application. Ces dispositions légales ont été édictées en 2013. Mais dans la vallée d’Illiez, les premières discussions visant à regrouper les forces dans ce domaine remontent à 2011. Parallèlement, l’Etat du Valais a contribué au financement des cartes des dangers et des plans d’intervention communaux - à condition que la structure de conduite soit opérationnelle. Un exercice à l’échelle 1 :1 était d’ailleurs prévu cet automne pour valider ce processus. Toutefois, à la suite de ce désormais fameux week-end de mai, l’autorité cantonale compétente a estimé que l’EMIC avait fait ses preuves. La répétition générale envisagée est donc annulée. Aux yeux des autorités communales, l’EMIC a prouvé sa raison d’être et démontré son efficacité, dans des conditions pourtant difficiles. Ses responsables tiennent à remercier la population de Troistorrents, Val-d’Illiez et Champéry pour sa compréhension et son appui lors de ces événements mémorables. Ils soulignent aussi et surtout l’excellent état d’esprit de collaboration dont ont fait preuve toutes les personnes engagées. Leurs efforts conjugués ont fait de cette action d’envergure une réussite. Patrick Monay Cellule information de l’EMIC


> Commune

Bilan intermédiaire 2013-2016 aux trois-quarts de la législature Lors d’une entrevue avec le Président Luc Fellay, celui-ci fait le point sur les grands projets qui ont occupé les autorités ces dernières années. Les sept travaux d’Hercule… Avant tout, je précise que les objectifs de la prochaine législature seront discutés fin 2015. Nous sommes en présence de dossiers longs et complexes, qui - à leur tour - seront gérés par le conseil communal élu à l’automne 2016. 1. Turbinage de la Haute-Vièze Ce grand projet nous permettra de valoriser les ressources énergétiques de la Commune. Actuellement, les dossiers sont auprès des services compétents de l’Etat. Nous travaillons maintenant à résoudre les questions environnementales et techniques, afin d’obtenir la reconnaissance du service cantonal de l’énergie Cette phase de consultation est obligatoire. Nous attendons la décision du Canton pour faire la mise à l’enquête publique, et si tout va bien, elle aura lieu courant 2016. Parallèlement, il y a le projet de relier la STEP de Champéry à celle de Troistorrents. Divers aménagements seront nécessaires dans la région de Bêtre, tels que la pose de conduites, etc. 2. Chauffage à distance Cette centrale sera alimentée par le bois exploité dans nos forêts par le Triage forestier. L’énergie alimentera divers bâtiments du centre du village, les hôtels et les privés qui le souhaitent. La centrale de chauffe sera couplée avec la chaudière à mazout du Palladium, ceci en tant que source d’appoint si nécessaire. L’emplacement exact de la centrale n’est pas encore déterminé. Quant à la construction du réseau de distribution de la chaleur, elle est liée à la réalisation du projet Rue du Village !

3. Rénovation de la rue du Village Ce projet est à l’ordre du jour de la Commune depuis plusieurs décennies. La planification suit son cours, nous poursuivons l’établissement du plan architectural et des études de détails. Dans son sous-sol, les canalisations s’enchevêtrent et ne sont plus aux normes actuelles. La conduite d’eau est même centenaire. Nous avons déploré plusieurs fuites ces dernières années. Cette mise en conformité est indispensable. Comme il a été décidé de réaménager la rue du Village en une « zone de rencontre », nous n’allons pas ouvrir cette artère et rater l’occasion de rénover la surface. Les travaux auront donc lieu au moment où nous ferons les ouvrages souterrains : changement des canalisations, séparation des eaux claires et des eaux usées, pose de canaux destinés à recevoir les câbles pour les différents réseaux, etc. Rappelons que la rue du Village fait l’objet d’une rétrocession du Canton à la Commune. L’Etat du Valais est tenu de nous restituer une rue en état de rouler, il participera donc financièrement à la rénovation, mais uniquement pour ce qui est de la superstructure. En ce qui concerne l’aspect architectural, rien n’est encore décidé ; cela dépend des vœux de la population mais également des capacités financières de la Commune. La dépense estimée est de 3 à 6 millions. 4. Cœur du village L’aménagement de la rue du Village est intimement lié à celui dit « Cœur du village » (qui comprend la parcelle acquise par la Commune en face du Bazar de la Poste), lui-même lié au projet hôtelier des propriétaires de 4

l’Hôtel National Resort. Ce projet doit proposer une solution à la fois pratique et harmonieuse en matière de circulation des personnes et des véhicules entre le bas – la route de la Fin – et le haut – la rue du Village. Il doit constituer le lien entre les deux voies de passage, et aussi offrir des possibilités de stationnement comme de mise en valeur de la parcelle de l’ancien terrain de football. 5. Secteur Barme ou Barmaz En 2013, le Plan d’Aménagement Détaillé (PAD) de Barmaz a été homologué par le Conseil d’Etat. La région a désormais une vocation « découverte de la faune, de la flore, du paysage et de l’agriculture traditionnelle ». En conséquence, nous devons régulariser l’évacuation des eaux usées et réduire les nuisances : il s’agit par exemple des désagréments sonores causées par les génératrices (les deux cantines et les fermes d’alpage en exploitation en ont chacune une). L’idéal serait de descendre les eaux usées et de monter l’électricité, voire encore de turbiner l’eau de captage de Barmaz. Une variante pourrait coupler les travaux d’évacuation des eaux usées, que la Commune devrait réaliser à ses frais, avec le projet cantonal d’électrification des alpages. Pour nous, l’objectif est de garantir à moyen et long terme le fonctionnement des alpages et la production de fromage, qui est d’un bon revenu pour nos paysans de montagne. D’autre part, l’Etat nous demande de réduire les nuisances visuelles résultant du stationnement des voitures.


Résidence des Rochats est resté bloqué jusqu’à l’appui d’un investisseur. Ce projet permettrait cependant d’augmenter les chances pour les jeunes familles de se loger sur le territoire de la Commune à des loyers qui correspondent à leurs possibilités. Le projet Résidence des Rochats est-il trop visionnaire ? Nous pensons que le soutien à sa réalisation permettrait d’augmenter notre population résidente à l’année ! Propos recueillis par Cynthia Defago

Par jour de beau temps, leur présence tout le long de la route et à côté des cantines enlaidit le paysage. L’aménagement d’une zone parking est planifiée et prévoit de « dissimuler » les véhicules dans la forêt à l’arrivée sur le plateau. La question épineuse demeure, qui paie ces travaux ? Ce dossier est géré par le conseiller municipal Laurent Meier. Rappelons encore que Barmaz est hors zone à bâtir ! 6. Aménagement du Grand-Paradis Cette zone fait également l’objet d’un PAD (Plan d’Aménagement Détaillé). Il faut savoir que l’Office Fédéral des Transports, qui est responsable du domaine des transports publics en activité, dont font partie les installations de transport à câbles, oblige les sociétés de remontées mécaniques à exécuter des mesures compensatoires à l’impact sur l’environnement naturel pour obtenir un permis de construire d’une installation. Il a été négocié et obtenu que ces mesures compensatoires soient cumulées entre le lieu-dit « Les Couialles » et le confluent de la Saufla-Vièze. L’étude est en cours pour redonner un tracé plus naturel et

plus libre au cours d’eau, grossomodo dans la partie qui longe la piste de ski de fond. Pour mémoire, le cours de la Saufla avait été rectifié après les inondations et les glissements de terrain de 1969. Le projet est en voie décisionnelle. 7. Résidence des Rochats Le projet de construction d’une résidence avec vingt appartements destinés à la location à des familles résidentes à Champéry ne doit surtout pas être abandonné. Le problème de manque de logement à des prix « abordables » et réservé à la population locale est le même dans toutes les communes touristiques. Pour preuve, le journal de la station de Zermatt fait état de la même préoccupation dans son édition d’octobre 2015. C’est le devoir des autorités de prendre des mesures pour contribuer au développement des commerces, magasins, hébergements, mais c’est aussi leur devoir de prendre soin de la population : c’est vrai que nous avons créé un service de navettes qui fonctionne, et qu’une mesure d’aide a débouché sur l’installation d’un cabinet médical ; en revanche, le projet de la 5

« Monsieur le Président, une dernière question me démange : que vient faire dans votre bureau cette poêle suspendue à côté de la porte? » « Ah ! Je l’ai gagnée lors du défi Neiges Etoilées 2014 entre les Maires et Présidents de communes des Portes du Soleil. Nous étions, comme chaque deux ans, douze concurrents. Le challenge consistait à préparer une omelette contenant du fromage d’Abondance, pour huit personnes. Je me suis entraîné plusieurs fois chez Julien Texier (dans les cuisines de l’Atelier Gourmand) car le secret de la réussite c’est la préparation et le « timing » ; il faut savoir précisément combien de temps prend chaque opération. Il s’agit de ne pas rater son coup en tournant l’omelette, car elle doit être bien cuite dehors et baveuse dedans. Top chrono, on avait quinze minutes devant le feu… J’ai gagné ! Entre les douze maires et présidents il y a une super ambiance, nous nous voyons chaque trois mois environ. Je me réjouis du défi l’an prochain…s’il a toujours lieu! »


Patrimoine Les étés les plus chauds

Lou tsôtein lou ple tsò

L

a chaleur que nous avons eue ces derniers étés nous fait penser aux étés les plus chauds des siècles passés, dont nous avons retrouvé les souvenirs bien gardés aux archives.

L

a tsalieu que nein zu sou dèra tsôtein, neu fi mousa u tsôtein lou ple tsò sou siècle passò, don n’ein retrôvò lou sevegnon bin vouardò dien lou z’archivé. Dince ein l’an sa cein vinté dou, la tsalieû ire se granta et la sétsseressa tella que teté lé seurcé iran sétse. Ein l’an voué cein septeinté à cousa de la troi groussa tsalieù, lou moissoneù tchisavan su lou tsan, la terra s’uvrave et mémo lou ple grou nan n’avayan presque pa mi d’ivoé. Le tsôtein de l’an mélle a itò on veretable einfè, lou lac, lou nan, lou ba iran sé, lou pesson lan toé crévò, cein senave crouï, eimpestavan l’ai. L’an mèllé quartozé la itò sé di le ma d’avré tanqu’u kemeincémein d’ou, n’a pas thiu na gotta de pleudze. Lou z’an mèllé vinté dou, mèlle vinté chi, méllé noneinte et mèllé cein sa, lan itò marquo pa de granté tsaleù et na tèreble tsésserèsse. Ein l’an mèlle cein treinté cin lou z’èrbére s’einffamavan de tiro et lou tsan assebin. Ein mellé cein ceinquanté noeu min de pleudze ne thiu du ma de mi tanka octobre, teta la végétachon l’a sétchia pa l’oura borleinta, la itò la mème affire ein mélle cein septeinté on, mèlle cein septeinté sa, mélle cein vouétante voué et mélle cein vouéteinté noeu. Les dzein lein diu supporta, ein mélle cein noneinté dou, de mi tanqu’à ou, n’affreusa tsalieù, mai le tsotein le ple tsò seimble bin itre celoé de l’an mélle dou cein treinté dou, on de que ci tsôtein einthie ne pouadé couare lou z’eu dien le sablo. Lou z’an mélle dou cein ceinquanté voué, mélle dou cein soceinte, mélle dou cein soceinté dou, mélle dou cein septeinté chi en itò des ans de granté tsalieù. Ein mélle quatré cein vein, à cousa de la tsalieu, teté lou récolté l’an itò perdoa, lou ta de chaume et ein eincélle l’an bourlò. Ein mélle quatré cein quareinté sa, le foa a bourlò lou dzeù, assebin qu’ein mélle quatré cein septeinté quatro, mélle quatré cein septeinté sa, mélle quatré cein septeinté noeu. Ein mélle cin cein septeinte voué, la tsalieù a dero de mâ à Tsaleinde. Ein mélle cin cein quareinte, lou resin iran dza mu ein zeuilli. D’âtre tsôtein tsò ein mélle cin cein cinquanté chi, mélle cin cein cinquanté noeu, mélle chi cein cheile, mélle sa cein quareinté chi, teté les créaturé vouéveinte sefrèrein affreusamein... Pô tsavounâ, à cousa de la tsalieu, de groussé dzeu bourlavan et on moé d’ovra lan sôbro lâtse à la tsalieù du solé. La y a zu on tsotein tré tsò ein mélle noeu cein septeinté voué.

Ainsi en l’an 722, la chaleur était si grande et la sécheresse telle que toutes les sources étaient sèches. En l’an 870, à cause de la grosse chaleur, les moissonneurs tombaient sur les champs, la terre s’ouvrait et même les plus gros fleuves n’avaient presque plus d’eau. L’été de l’an 1000 a été un véritable enfer, les lacs, les torrents, les ruisseaux étaient secs, les poissons ont tous crevé, ça puait, l’air était empesté. L’an 1014 a été sec depuis le mois d’avril jusqu’au commencement d’août, il n’est pas tombé une goutte de pluie. Les années 1022-1026-1090 et 1107 ont été marquées par de grandes chaleurs et une terrible sécheresse. En l’an 1135 les arbres s’enflammaient instantanément et les champs aussi. En 1159, il n’y eut pas de pluie du mois de mai jusqu’au mois d’octobre, toute la végétation a séché par le vent brûlant, ce fut la même chose en 1171-1177-1188 et 1189. Les gens ont dû supporter, en 1592, du mois de mai jusqu’au mois d’août, une affreuse chaleur, mais l’été le plus chaud semble bien être celui de l’an 1232, on dit que cet été-là, on pouvait cuire les oeufs dans le sable. Les années 1258-1262-1276, eurent de grandes chaleurs. En 1420, à cause de la chaleur, toutes les récoltes ont été perdues, les toits de chaume et de bardeaux ont brûlé. En1447, le feu dû à la chaleur a brûlé les forêts, aussi en 1474 -1477-1479. En 1578, la chaleur a duré du mois de mars à Noël. En 1540, les raisins étaient déjà mûrs en juillet. D’autres étés chauds, en 1556-1559-1616-1746, toutes les créatures vivantes souffrirent affreusement. Pour terminer, à cause de la chaleur, de grosses forêts brûlèrent et beaucoup d’ouvriers sont tombés évanouis à la chaleur du soleil. Il y eut aussi un été très chaud en 1978.

Rousa à Dzy

Marie-Rose Gex-Collet 6


Exposition 2016

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Val-d’Illien sera souvent versé, jusqu’à l’interdiction du service mercenaire en 1848.

urant l’été 2014, le Patrimoine Champérolain avait monté une exposition traitant le sujet de l’émigration valaisanne vers l’Argentine - 2e partie du 19e siècle avec un clin d’oeil tout particulier aux nombreux ressortissants du village qui avaient choisi de quitter leur terre natale pour aller chercher ailleurs un avenir plus prometteur quoique toujours incertain.

Réputés pour leur vaillance, les soldats suisses étaient enrôlés par tous les princes et monarques de l’Europe, et il est même arrivé qu’ils doivent s’affronter et s’entretuer. Afin de mener à bien notre tâche, nous nous permettons de faire appel à toutes celles et tous ceux qui disposeraient de documents écrits (courriers, contrats,...) ou de matériel (armes, tenues, souvenirs,...) ayant appartenu à nos aïeux, soldats mercenaires. En acceptant de mettre ces “traces” à notre disposition l’espace de quelques semaines, vous contribueriez grandement à donner à notre future exposition une touche locale très appréciée et une qualité certainement supérieure.

Pour l’été 2016, nous allons poursuivre la voie historique en abordant cette fois-ci le thème du service mercenaire. A nouveau, très nombreux furent les jeunes Champérolains en manque de ressources et de travail à s’enrôler dans les troupes appelées à servir les puissances étrangères, à combattre à travers toute l’Europe et, parfois, à y laisser leur vie. Les abbés Tamini et Délèze, dans leur livre “Essai d’Histoire de la Vallée d’Illiez” mentionnent les noms et prénoms “bien de chez nous” de plus de 150 citoyens de Val-d’Illiez (Champéry et Val-d’Illiez ne formant encore qu’une commune) morts sur les champs de batailles de l’Europe,

Vous pouvez sans crainte contacter le soussigné et d’avance nous vous adressons nos chaleureux remerciements. Hubert Grenon

entre 1674 et 1780. Par la suite, les campagnes de Napoléon vont être plus meurtrières encore et du sang

Tél. +41 79 786 70 14 e-mail hub.grenon@bluewin.ch www.patrimoinechamperolain.ch

Tourisme Regard sur Champéry tourisme: mais ils font quoi c’t’équipe ? Champéry Tourisme SA a vécu sa première année d’existence dans ses nouveaux locaux de la rue du Village. Vous avez été nombreux à nous rendre visite et nous tenons à vous remercier de votre fidélité, de vos multiples messages et avis positifs.

E

n cette année de bicentenaire durant laquelle la bannière cantonale a brillé de ses treize étoiles, Champéry s’est profilé comme un lieu de privilège où il fait bon vivre des expériences inédites : le CUBE 365, l’illumination

des Dents-du-Midi dans le cadre du projet « 13 Etoiles au Sommet » ou la projection du film «13 Faces du Valais», et la liste n’est pas exhaustive. L’office du tourisme, point de chute des hôtes avides de conseils ou refuge 7

de touristes un brin perdus, n’est pas uniquement un lieu d’informations. En effet, derrière l’aspect de renseignements au guichet, par téléphone ou e-mail, se trouve une organisation digne d’une PME souvent au centre de polémiques de troquets.


> Tourisme Si accueillir, informer et vendre la station sont les missions principales inhérentes à l’équipe de la réception, l’administration occupe une place importante dans le quotidien de nos hôtesses : courriers divers, facturations, élaboration des statistiques des nuitées, gestion de la taxe de séjour et de la taxe de promotion touristique, saisie des jours d’occupation des résidents secondaires, billetteries diverses, offres et réservations d’hébergements, collecte et mise à jour des informations touristiques, et j’en passe. Au chapitre de l’animation, l’objectif premier est bien évidemment de divertir nos visiteurs par la mise sur pied d’activités dynamiques et variées qui plaisent au plus grand nombre. Champéry Tourisme appuie les initiatives de nos commerçants, élabore le programme d’animations/flyers/affiches et les distribue auprès de nos partenaires, réalise la communication relative aux événements et prend les nombreux contacts nécessaires à la réalisation d’une animation dans son entier. Et d’un concept à la concrétisation, le chemin est souvent laborieux et parsemé d’embûches…

SPVI, pour rappel, a pour but de promouvoir par des actions de marketing et de vente les produits et les prestations des acteurs touristiques des stations de Troistorrents/Morgins, Val-d’Illiez/les Crosets/ Champoussin et Champéry.

La promotion de la station et du domaine des Portes du Soleil occupe également une place prépondérante au sein de Champéry Tourisme via son département marketing. Sur le plan international, le travail de prospection sur nos marchés prioritaires est intense, en collaboration étroite avec nos partenaires institutionnels que sont l’Association des Portes du Soleil, Suisse Tourisme et Valais Wallis Promotion, relais indispensables dans la constellation du tourisme. Les actions entreprises reposent sur quatre piliers: › la promotion (partenariats sportifs, campagnes, création de packages, ...) › les relations avec les acteurs clés du tourisme (représentants d’agences, tours opérateurs, voyagistes, ...) › les relations avec les médias (presse nationale et internationale, bloggeurs) › la présence web (développement du site Internet, mise à jour des écrans et bornes interactives, présence sur les réseaux sociaux, élaboration de newsletters…)

Entreprise formatrice agréée depuis peu, Champéry Tourisme a également obtenu le label « Valais Excellence » en juin 2015. Ce label a été créé pour distinguer les entreprises valaisannes à la fois les plus performantes et les plus citoyennes, soucieuses de leur rôle social et environnemental, et désireuses de tendre vers une amélioration constante de leurs produits et services. A l’heure actuelle, seulement cinq offices du tourisme valaisans peuvent se targuer de cette certification, que Zermatt, Saas-Fee et Verbier n’ont pas encore décrochée... Bien évidemment, chacun en souhaiterait plus, réaction légitime. Mais par une simple prise de connaissance, voire de conscience, chacun se rendra compte de l’étendue du travail souvent méconnu qui est effectué à la Rue du Village 54. L’équipe de Champéry Tourisme se tient volontiers à votre disposition tant pour répondre à vos questions que pour prendre acte de vos remarques… constructives, cela va de soi!

Peut-être est-il utile de rappeler que Champéry Tourisme exécute le mandat que lui a confié la Société de Promotion de la Vallée d’Illiez (SPVI), par lequel il lui est demandé d’assumer :

Je profite de l’occasion pour adresser de sincères remerciements à mes collaborateurs pour leur engagement et leur dévouement au service du tourisme champérolain. Un grand merci également au conseil d’administration de Champéry Tourisme SA pour son soutien, ainsi qu’aux autorités et particulièrement au président Luc Fellay, proactif dans tous les dossiers qui touchent de près ou de loin au tourisme.

› le marketing (conduite opérationnelle, stratégie, mise en œuvre, développements, …) › l’administration (secrétariat général, suivi des demandes et des offres) › la gestion financière (élaboration du plan comptable, tenue de la comptabilité en général)

Champéry Tourisme SA Sonja Collet, responsable administrative 8


Ecoles J’aime... J’aime pas... Petits textes écrits par les 5H et 6H de Champéry (8-9 ans) - Classe de Sophie Texier Berra et Stéphanie Barth Zoé Zürcher

› J’adore la vue sur les Dents-duMidi et les Dents-Blanches. › Si j’étais présidente, je ferais la priorité aux piétons et je changerais de place l’hôtel National. › Je trouve dommage que les magasins ferment tôt. Margot Nouat

› J’aime le Palladium. › Mais on pourrait faire d’autres activités pour les grands. Thomas Texier

› J’apprécie les animations comme le Bike & Sound et Carnaval. › Je pense qu’il faudrait encore plus s’entraider pour faire d’autres animations. › Si j’étais président, je construirais une boulangerie et je ferais des navettes partout pour amener du monde à Champéry. Anthony Costa

› J’adore le village mais je trouve qu’il y a trop de manifestations. › J’aime beaucoup les bâtiments mais il y a trop de travaux. Adrien Berra

› Je n’aime pas qu’on nous prenne la salle de gym si souvent. › J’aimerais agrandir Champéry.

Mia Wermeille

Eliott Wermeille

› J’adore le petit parc. › J’aimerais que le village soit moins pollué. › Ce serait sympa un restaurant de sushis.

› A Champéry, j’aime le Palladium et la patinoire. › Je trouve sympa le téléphérique pour monter plus facilement à la montagne. › Mais je n’aime pas le petit parc. Il n’y a pas assez d’attractions.

Mélissa Berra

› J’aimerais qu’il y ait d’autres magasins à Champéry et des immeubles. › Ce serait bien d’agrandir le cimetière! Matthias Massa-Boccia

› J’aime la vue sur les Dents-du-Midi et les couleurs de l’automne. › Refaire la rue du village serait pas mal parce qu’il y a plein de trous. Clémence Tissières

› C’est chouette d’avoir les montagnes pour faire des promenades et le train. › On a aussi la chance d’avoir un téléphérique et le Palladium pour faire plein de sports. › Par contre, il faudrait un nouveau magasin.

Emily-Rose Perrin

› Ce serait super si on pouvait faire un toit sur le Centre équestre. › On pourrait faire de l’équitation toute l’année. › Autrement dit : parfait ! › Pas mal le Palladium mais on pourrait améliorer le petit bassin pour les plus jeunes. Réjane Vieux

› Je trouve qu’il faudrait plus de restaurants et une place du village plus grande. › J’adore le Palladium, le petit parc et le téléphérique pour faire des balades. Lee-Lou Connebert

Nora Lassueur

› Elles sont jolies les Dents-du-Midi, le jour quand il fait beau et le soir quand elles sont oranges. › Il faudrait améliorer la cabine du téléphérique, avoir plus de place.

› C’est super d’avoir un grand parc avec des jeux. › C’est dommage d’avoir une belle patinoire et pas de cours de patinage artistique pour les débutants.

Forts en maths ! Lors du concours de qualification en vue du «30e championnat international des jeux mathématiques et logiques», deux élèves de l’école de Champéry, Thomas Texier en 6H (classe de Stéphanie Barth et Sophie Texier) et Laslo

Sziijarto en 7H (classe de Sandrine Duay) se sont qualifiés pour disputer la finale cantonale qui aura lieu à Sion en mars 2016. Bravo à deux jeunes doués et motivés !

Veuillez transmettre vos textes et photos ou simplement un commentaire constructif à Cyntia Defago par courriel: chalet.eden@bluewin.ch. Lisez le Messager on-line: http://www.admin-champery.ch/images/upload/portfolio_img/messager_80_decembre_2015.pdf Procurez-vous le Messager gratuitement auprès de la Commune, la Bibliothèque, l’Office du Tourisme et du Bazar de la Poste 9


Agriculture Notre série "Paysans de Champéry" Famille Hubert et Bernadette Gex-Collet Présentation de la famille Hubert est né en 1963. Il est fils de Joseph et de Fernande née Dayer, agriculteurs retraités au quartier « Vièzes », qui ont eu six enfants : Rita (Donnet), Joëlle (Gillabert), Hubert, Huguette, Jean-Luc et Reynald. Hubert et son cadet Reynald sont associés en communauté d’exploitation. Les deux frères ont épousé deux sœurs: l’aîné s’est marié en 1997 avec Bernadette, qui est l’aînée des enfants de Benoît et Marie-Rose Mariétan1; Reynald a convolé avec Cécile en août dernier. Ils se connaissent depuis leur enfance, puisque les Gex-Collet restent à l’alpage de Barme et que la famille Mariétan est à l’alpage de Berroix. Bernadette a trois sœurs, Marie-Madeleine2, Cécile et MarieThérèse, et trois frères, Joseph, Théodule et Gabriel. Hubert et Bernadette ont trois enfants, Adrien (1998), Thierry (2000) et Rosalie (2003); du 1er novembre au 15 mai, ils habitent dans le vieux chalet « des Chapelles » dans le quartier du même nom, qui se trouve en bordure du bas de la piste de Planachaux Grand-Paradis. Ils n’y gardent que du jeune bétail, puisqu’il n’y a pas d’installation de traite. Adrien est en 2 e année d’apprentissage de charpentier chez Bellon à

Troistorrents. « J’ai bien envie de reprendre l’exploitation le moment venu, mais pour plus de sécurité, j’apprends un autre métier : on ne sait jamais quel est l’avenir de la paysannerie de montagne… ». Il joue de l’accordéon chromatique. Thierry fait un apprentissage en mécanique au garage Saint-Christophe à Troistorrents, c’est aussi une façon de se préparer à réparer les tracteurs et les machines d’une exploitation agricole, si jamais. Il joue de l’accordéon « schwytzois ». Rosalie est à l’école secondaire au cycle d’orientation De gauche à droite: de Troistorrents. Elle Hubert, Bernadette, Adrien, Thierry et Rosalie joue de la guitare basse. Les trois musiciens forment, avec Romain et Julien Berra, n’est pas à l’alpage, elle anime la le groupe « Les BerGex » qui est sou- messe avec deux de ses sœurs et avec vent invité pour animer la Fête du bé- Clara Perrin. Leur quatuor Les tail ou des soirées au village. Chant’Airelles a d’ailleurs enregistré un joli CD. La musique a une place privilégiée dans la vie de la famille. Bernadette, La vie à l’alpage de Barme3 qui a une jolie voix de soprano, dit C’est à Barme que les Gex-Collet ont que chez elle le chant est inné : « J’ai vécu ce magnifique été 2015 : « Un tout appris sur le tas ». Quand elle été qui en vaut deux, si on pense au

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Voir l’article de Laurent Meier dans Le Messager Champérolain No 72, décembre 2009 Voir l’article de Cynthia Defago dans Le Messager Champérolain No 78, décembre 2014 3 Le nom « Barme » signifie grand rocher, en référence à celui qui surplombe le plateau. On dit aussi Barmaz. 2

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temps pourri de 2014…! Cette année, on a presque eu une « overdose » de soleil et de sécheresse. Le thermomètre a grimpé bien plus haut que d’ordinaire, et le manque de pluie a failli assécher les prés, comme d’ailleurs les torrents et même les sources qui ont baissé de volume. » L’après-midi de ma visite en juillet, il fait une de ces cuites devant le chalet ! « Tu vois : les vaches aussi sont dolentes » commente Bernadette en souriant sous le chapeau de paille qu’elle porte joliment en arrière. Le chat « Pompon » s’est couché à l’ombre de la fontaine qui coule gentiment. Rosalie apporte des grands verres d’eau fraîche, un délice. Nous avons toutes les trois de belles joues rouges. Nous jouissons de ce moment entre femmes. Bernadette est tout le temps à Barme pour s’occuper du bétail, tandis qu’en ce moment, Hubert et Reynald font les foins aidés par le papa Joseph ainsi qu’Adrien et Thierry quand ils rentrent du travail : cette année à cause de la chaleur, l’herbe est montée vite. Idem pour les regains qui seront expédiés bien plus vite que d’autres années ; la récolte sert à engranger suffisamment de fourrage pour alimenter les bêtes durant l’hiver. Bernadette et Rosalie m’invitent à entrer dans la grande cuisine où il fait bon frais. Le charme ancestral est intact, avec ses parois noircies par la fumée et sa grande table où la famille partage ses repas préparés sur le potager à bois : « Mais pas aujourd’hui, il fait trop chaud, alors j’utilise la cuisinière à gaz. Anciennement, il y avait deux foyers, deux chaudières et deux cheminées, l’une à gauche de la porte d’entrée, l’autre à droite. Bizarre, non ? En fait, les deux familles qui exploitaient l’alpage fabriquaient chacune leur fromage, alors il y avait tout à double. »

De gauche à droite: Joseph, Fernande, Reynald, Cécile, Rosalie, Bernadette et Hubert

Le chalet de Barme est leur propriété. Hubert explique : « Il vient du côté de Maman, il appartenait à ma grandmaman Virginie Avanthay, avec les terrains qu’on broute autour du chalet. De plus, on met paître les bêtes sur des parcours bourgeoisiaux (droits d’herbe), moyennant un modeste loyer et surtout un entretien correct de ces parcelles. » Le chalet a été bâti en 1700 environ par un certain « LV », dont on trouve les mêmes initiales sur le chalet de Clara Perrin aux Rives. Dans ce temps, on construisait tout avec le matériel sur place, bois, pierre et chaux. Il y avait une scierie à l’entrée du plateau de Barme, comme on peut lire sur le panneau « au fil de l’eau » planté à côté du pont audessus du Torrent de Barme. En 2000, les Gex-Collet ont refait les murs en pierre et profité pour relever le chalet qui « plongeait ». Une douzaine de cloches suspendues sous le virevent du toit témoignent de l’ancienneté du domaine et de la qualité du bétail. Hubert raconte « Mon papa a la passion des cloches, alors je n’ai jamais eu besoin d’en acheter une seule, c’est 11

lui qui les collectionne. » « Certaines ont récompensé d’excellentes laitières, lors des concours de bétail, au Comptoir de Martigny par exemple » dit Bernadette, et elle ajoute : « On ne met pas des cloches aux vaches pour faire plaisir aux touristes, même si on sait qu’ils trouvent ça beau et folklorique. Quand il y a du brouillard, cela nous sert à savoir où sont nos bêtes, ou s’il y a un animal qui s’introduit dans l’enclos et les dérange. » Hubert conclut avec un clin d’œil à son épouse : « Les vaches sont fières de leur cloche, c’est comme pour une dame qui porte un beau collier ! » La ferme de Barme est équipée d’une génératrice, comme toutes les fermes du plateau, ainsi que les cantines d’ailleurs. Il faut du courant pour faire fonctionner la machine à traire. « Et la machine à laver le linge » ajoute Bernadette en riant. L’électricité sert aussi à faire marcher le tank réfrigérant dans lequel on met le lait à refroidir à la température exigée de 4 à 5 degrés. Cela permet de ne descendre livrer le lait que tous les


> Agriculture deux jours. Je demande ce qu’ils pensent du projet cantonal d’électrification des alpages ? Hubert répond prudemment : « Jusqu’ici, les paysans ont fait leur travail avec des génératrices, et ça va bien comme ça : on la met en marche une heure et demie le matin et la même chose le soir, elle marche au mazout, alors ça ne nous coûte pas cher. Tandis que si un jour il y avait de l’électricité, on ne sait pas dans quel sens ça évoluerait. Ni combien on nous facturerait le courant… Pour le moment, la nuit, il n’y a pas une seule lumière à part la lune et les étoiles, c’est magique ; c’est devenu si rare de vivre ça ! » À la question si les enfants aimeraient regarder la télévision, Bernadette répond en souriant : « Oh ! On ne l’a pas en bas non plus, d’ailleurs, on n’aurait pas le temps de la regarder. » La désalpe et le retour au GrandParadis Le 29 octobre dernier, Hubert et Bernadette ont dit au revoir à leur chalet d’alpage de Barme. « À partir d’octobre, le soleil n’arrive que vers onze heures, alors on attend que le givre ait fondu sur l’herbe pour sortir les bêtes. À un moment donné, le froid ou la neige nous chassent de notre paradis. C’est vrai qu’on retrouve … le Grand-Paradis ! » Cette année, la désalpe a vite été, les vaches sont descendues en juste une heure. Joseph, Fernande, Cécile et Reynald attendent au bas du chemin pour aider ; Rosalie mène la quinzaine de vaches plus avancées dans leur gestation au pré au-dessus de l’Auberge du Grand-Paradis. Elles sont séparées du reste du troupeau car elles restent au repos avant la mise bas. Les autres quinze bêtes mettront bas plus tard, alors leur lait est encore coulé. Les naissances ont lieu de fin

Thierry (à gauche) et Adrien

octobre à avril, donc en principe à la ferme du Grand-Paradis. Cette année, une vache a mis bas sur l’alpage, mais ce n’est pas très fréquent. Chaque année, les Gex-Collet sélectionnent huit à dix génisses pour les garder afin d’assurer la relève des laitières. Les autres veaux sont gardés quelques semaines, puis vendus à des engraisseurs. Préférée, Bretagne et Brunette sont visiblement contentes de retrouver l’herbe encore verte du pâturage derrière la ferme. Celle-ci a été achetée en 1977 à la famille de Frédy Bochatay par Joseph Gex-Collet qui voyait que deux de ses fils avaient la motivation pour la profession. Hubert étant l’aîné des garçons, c’est à lui que le père remet l’exploitation familiale en 1990. Trois ans plus tard, Raynald ayant fini sa formation, le rejoint. Cette ferme est maintenant équipée et aux normes pour y garder leurs vingt-cinq vaches, les laitières et les taries. La famille se réinstalle aux Chapelles pour l’hiver, un bien joli endroit mais pas facile d’accès. Hubert commente : « À part Séraphin Clément dont la ferme se trouve en zone d’habitation, 12

les paysans ont été chassés du village au fur et à mesure de l’emprise des constructions, et toujours plus loin. Ici, nous nous trouvons à l’extrémité de ce qu’on peut demander à des paysans ; en hiver, il ne vient pas de soleil pendant trois mois, et l’accès est compliqué pour aller au travail et à l’école. Il faudrait que les citoyens et les autorités réfléchissent et reconsidèrent la place qu’on nous donne, s’ils veulent que des jeunes fassent ce métier. » Notre métier c’est la production du lait, « le coulage » « En hiver, on coule le lait qu’on appelle du « lait d’industrie », et on le livre à Crémo à Fribourg. Il vaut cinquante centimes le litre : une baisse qui ne fait que s’aggraver depuis 1990. Notre lait est mélangé à celui provenant des autres exploitations. Au surplus, on engraisse plusieurs veaux jusqu’à trois à quatre mois, qui sont ensuite livrés à un abattoir. En été, le lait coulé est du lait de montagne, de qualité supérieure, et qui est destiné à la fabrication de fromage d’alpage. Il est livré à la fromagerie Walker à Bietsch, près de Brigue, qui le transforme en spécialités purement valaisannes. Le fromage bien connu


de la marque « Aletsch » provient de chez eux. Ce lait vaut huitante centimes le litre. Une plus-value importante par rapport au lait industriel. Sans les aides qui nous ont transformés en ouvriers d’état (à condition qu’on fasse ce qu’ils veulent), le prix des produits seuls n’est pas viable. » Un mot de conclusion ? « C’est un métier qui nous occupe 365 jours par an, c’est un travail exigeant, parce qu’on attend de nous qu’on livre du lait de qualité. Mon

métier convient à mon esprit d’indépendant, notre entreprise tourne – pour le moment en tout cas – grâce à notre organisation familiale : nous formons une bonne équipe. L’expérience m’a montré que parfois il vaut mieux renoncer à exploiter les terrains trop intensément : nous les paysans, nous sommes constamment poussés à surcharger nos terres et nos bêtes pour en augmenter les rendements à court terme, mais à long terme, on sait que ce n’est pas bon. Par exemple, une vache de forte pro-

ductivité, coûteuse à l’entretien, n’est pas nécessairement adaptée à nos conditions de montagne. C’est vraiment une question d’équilibre et d’attention au cycle de la vie. Bernadette et moi nous aimons travailler en plein air, et vivre en accord avec le mouvement du soleil et des saisons. C’est bon d’être en harmonie avec la nature et les bêtes. Avec la création. » Cynthia Defago

La vie au village Les 50 ans de la consécration de l’église de Champéry Au cours de l’année 2016, la paroisse de Champéry aura à cœur de fêter, dans la joie et l’allégresse, les 50 ans de la consécration de son église. Plusieurs rencontres avec la population sont prévues à cet effet. Et un projet très spécial verra le jour… Eglise ? d’où vient ce mot ? Le mot « église » vient du grec ekklesia : « assemblée convoquée». Durant les trois premiers siècles de notre ère, au temps des persécutions, cette appellation était utilisée par les premiers chrétiens pour désigner leurs réunions plus ou moins secrètes. Plus tard, les salles dans les maisons privées ne pouvant plus accueillir tous les nouveaux adeptes de la religion chrétienne, les édifices construits pour célébrer en commun et au grand jour les mystères de leur foi furent désignés par le même mot : « église ». Les églises de Champéry Au XIVe siècle, alors que Champéry fait partie de la paroisse de Vald’Illiez, un accroissement de la population pousse les habitants à édifier un oratoire sur leur territoire. Le petit édifice est consacré à Saint Théodule. En 1436, on le remplace par une chapelle, elle aussi consacrée à Saint Théodule. En 1725, lors de l’érection de Champéry en rectorat, un édifice

plus grand, à une seule nef, flanqué d’un clocher à arceaux dominés d’un lanterneau, remplace la chapelle jusqu’en 1897. A cette date, cette église étant devenue trop petite pour accueillir les paroissiens, il faut songer à une nouvelle construction. Le projet est mis à exécution sur le même emplacement et le superbe clocher s’appuie contre cette nouvelle église. 1965 et 1966: deux années très importantes pour la paroisse de Champéry En 1965, alors que la paroisse chemine sous la houlette de l’Abbé Ernest Melly, la question se pose à nouveau. Il devient dangereux d’assister aux offices religieux … L’église n’est pas un lieu sûr ! Il paraît que des morceaux de la voûte tombent sur les fidèles. La décision est prise de construire une nouvelle église. La bénédiction de la première pierre, visible sur le bas de la façade et portant la date de 1965, donne lieu à une cérémonie présidée par 13

Monseigneur Adam, alors évêque du diocèse de Sion. L’année suivante, le 25 juillet 1966, Monseigneur Adam consacre la nouvelle église lors d’une cérémonie solennelle. Depuis un demi-siècle …. Champéry fêtera donc en 2016 les 50 ans de son église qui, depuis l’apparition du petit oratoire, est toujours sous le patronage de Saint Théodule. Dans le cadre de cet anniversaire, à marquer d’une pierre blanche, et afin de le fêter d’une manière religieuse et festive, plusieurs dates ont été retenues. Le dimanche 3 janvier 2016, lors de la messe à 10 h, sera officiellement lancée dans la paroisse, l’année jubilaire. Cette célébration eucharistique animée par le double octuor d’hommes « Les Popody’s » ouvrira ainsi la commémoration du cinquantième anniversaire. A la sortie de la messe, les autorités présenteront les


> La vie au village vœux pour la nouvelle année. Des boissons chaudes seront servies à tous. Le samedi 4 juin 2016, sera axé sur la « Jeunesse » de la paroisse. De 16h à 19h les jeunes (15-30 ans) de la région se rencontreront avec le clown Gabidou et l’Abbé Pierre-Yves Pralong. Puis à 19h tout le monde se retrouvera à l’église pour la célébration d’une messe « Couleur jeunes ». Après la messe, les enfants des écoles de Champéry donneront un petit récital. On pourra ainsi applaudir « Le chœur des petits » et « Le chœur des grands ». A 20h au Centre Paroissial et Culturel, ou sur le parvis de l’église, le Clown Gabidou présentera son spectacle le « 72ème disciple » pour les enfants et les jeunes de 7 à 97 ans. Le dimanche 14 août 2016, Saint Théodule, patron de la paroisse, sera honoré et fêté (avec 2 jours d’avance !) Cette journée marquera l’apothéose de cette année de JOIE et d’ALLEGRESSE paroissiales. Comme pour les deux dates précédentes, toute la population du secteur est cordialement invitée. Un pèlerinage partant de Troistorrents et passant par Val-d’Illiez amènera tout le monde à l’entrée de Champéry, plus précisément à la source de Rumière.

Ensuite les fidèles en procession porteront la statue de Saint Théodule, jusqu’à l’église où la messe sera célébrée par notre évèque Monseigneur Lovey. Un apéritif dînatoire ainsi qu’une soupe seront offerts sur le parvis de l’église. Fanfare, carillons et chants embelliront cette journée. Le 6 novembre 2016, lors de la Rencontre de l’Amitié, la messe clôturera cette année du cinquantième anniversaire. Le repas et les dernières festivités se dérouleront au Centre Paroissial et Culturel. Voilà un résumé des rencontres prévues. Sous réserve de modifications. MAIS… il y a un « plus » … et de grande envergure ! Les membres des conseils de communauté et de gestion ont planché et réfléchi sur un projet audacieux et intéressant qui mettrait notre église en valeur. Comment se recueillir dans une église et en même temps découvrir sa beauté, ses symboles, ses œuvres artistiques, ses caractéristiques, en un mot tout ce qui la rend « UNIQUE » ? Par l’écoute et l’observation. Une représentation « en son et lumière », voilà la solution ! L’idée est lancée, encore faut-il la mettre à exécution.

Une petite délégation s’est rendue à Hérémence où un tel projet a été mis en place il y a quelques années. Après un petit sondage sur place, il s’avère que les paroissiens du lieu sont enchantés de leur « Son et Lumière ». Quelle est la façon de procéder ? Entrer dans l’église, appuyer sur un bouton, regarder, écouter…. C’est tout simple ! La projection se met en route. Il suffit de rester assis et d’être attentif. Des explications sur le tabernacle, le Christ glorieux, les icônes du chœur, la statue de Saint Théodule, la Vierge noire, les fonts baptismaux, les vitraux, les orgues, etc., seraient données. Des photos des églises précédentes, de certaines cérémonies religieuses, de solennités, pourraient défiler sur l’écran. Pour mener à bien ce magnifique projet, nous avons besoin de vous tous. Tous documents anciens ou récents se rapportant à la paroisse ou à l’église (photos, brochures, objets, missels, journaux …) sont les bienvenus. De plus, une plaquette sera éditée dans le courant de l’année. Elle retracera les événements passés, avec des textes et des photos à l’appui. Mais tout à un prix. Alors, chers paroissiens, votre participation financière est aussi bienvenue. Un tout ménage sera bientôt envoyé et vous y trouverez toutes les indications concernant le programme des festivités et la marche à suivre pour collaborer à ces projets. Soyez déjà chaleureusement remerciés pour tout ce que vous entreprendrez dans ce but. A tous, une belle année 2016 ! Que chacun participe à ces rencontres prévues pour l’année prochaine et qu’il y trouve beaucoup de plaisir! Voilà les souhaits de la paroisse ! Denyse Gex-Collet

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Mémorial Christian Rey-Bellet Civils et secouristes unis pour défier l’arête des Esserts! PRINCIPAUX RÉSULTATS (trois premiers de chaque catégorie) Élites 1er Alexis Gex-Fabry › 48’39” 2e Fabian Fux › 49’28” 3e Matthias Achermann › 51’15” Populaires 1er Sébastien Butruille › 57’11” 2e Bernard Berra › 1h02’48” 3e Roger Mariétan › 1h03’59”

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ne journée magnifique, une météo sans nuages, le comité du « Mémorial Christian Rey-Bellet » se lève à l’aube afin de préparer cette première course pédestre qui verra civils, pompiers, policiers, services sanitaires et protection civile se mesurer à l’arrête des Esserts. C’est le parcours choisi par Fernand Rey-Bellet afin de rendre hommage à son fils Christian décédé accidentellement en montagne en 2012. Un dernier débriefing et à 8h00, le départ populaire est donné. 45 minutes plus tard, ce sont les élites qui, comme s’ils partaient en intervention, se lancent sur le parcours. Voilà, c’est maintenant plus de 150 participants qui sont en train de se défier. Les populaires prennent sûrement le temps d’admirer le paysage somptueux offert à leurs yeux. Alors que pour les élites, pas sûr qu’ils aient remarqué le ravitaillement prévu le long du parcours. En effet il n’aura fallu que 48 minutes 39 secondes à Alexis GexFabry pour gravir l’arête. A peine plus de temps que n’importe qui devant attendre la benne suivante afin de rejoindre la Croix-de-Culet.

Sapeurs-Pompiers) de la vallée d’Illiez de présenter les petits moyens d’extinction à tout un chacun. Ils nous ont aussi montré leurs qualités et leur travail lors de deux démonstrations. Un grand bravo à eux et bienvenue dans la grande famille du secours. Cette grande famille fut à la fête tout au long de la journée. Dans les diverses animations prévues, le public était invité à découvrir l’intérieur d’une ambulance, l’équipement d’un camion de pompiers ainsi qu’une voiture de police.

Enfants 1er Xavier Mendes de Leon › 1h04’19” 2e Nathan Gex-Collet › 1h13’15” 3e Alex Meilland à égalité avec sa sœur Emma › 1h31’36”. Il faut relever le temps du premier policier Jean-Paul Guérin qui a parcouru le dénivelé en 1h22’56”, le premier sapeur-pompier Florent Bolis en 52’46”, le premier sanitaire Thierry Crépin en 1h09’50”, le premier de la protection civile Gilles Mauron en 1h22’09” et le premier civil Alexis Gex-Fabry en 48’39”.

Certains ont su profiter des vols de plaisance proposés durant la journée, afin d’admirer nos montagnes de plus près. Ils auront eu quelques sensations fortes avec le pilote d’Air Glacier. La date de la prochaine édition est d’ores et déjà fixée au samedi 27 août 2016. Les inscriptions seront ouvertes au printemps. Vous trouverez toutes les informations sur notre site internet http://www.memorial-crb.ch Un grand merci à chacun pour cette magnifique journée et à l’année prochaine.

Cette journée fut aussi l’occasion pour la section de JSP (Jeunes

Yves Rey-Bellet Président 15

Un prix spécial a été décerné à Samuel Gillabert et Franck Perrin pour l’originalité que vous apprécierez sur la photo ci-dessus.


> La vie au village

Une belle journée d’entre-saison

L

e 24 octobre, impossible de rater l’événement : en connivence avec l’Office du tourisme, Eric Buchaillat, patron du Café du Centre, conviait tout le monde à une brisolée géante en musique et en plein air. Les gens de la vallée sont montés à la rencontre des Champérolains de toutes les générations, et les visiteurs sont venus nombreux pour déguster ce mets traditionnellement servi en automne. Il faisait doux dehors. Et même très chaud pour les messieurs chargés de griller les châtaignes et de racler le fromage. C’était l’occasion de partager un bon moment dans la rue du Village fermée à la circulation. Les tables installées sur le parvis de l’église, devant le Café du Centre et la boutique Athlan n’ont pas désempli. « Le curé sera jaloux, il y a plus de gens devant son église que dedans ! » dit un visiteur en souriant. Le groupe de blues et rock’n roll Bernie & Friends a offert au public enthousiaste un sacré moment de musique ! Jacques Richter, Bernie Delaloye, Pierre-Alain Gay, Tony Manias (guitare, basse et chant) et Bernard Cintas (batterie) ont joué et chanté leurs meilleurs tubes, irrésistibles.

Ce même jour, au Café du Centre, pour l’ouverture de la saison de la chasse à la taupe "René La Taupe", expert Taupier sur le Lac, a convoqué ses potes en ces termes: "nous avons absolument besoin de ta présence à la grande battue en raison de ta grande expérience des terrains humides des fonds de vallée...". Rien de tel qu’un bon Derbon (en patois « derbonnieü ») pour faire filer ces taupes !

Une journée juste parfaite.

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Patronymes de chez nous Marclay Marclay appartient à la catégorie des patronymes de provenance, qui désignent une famille par le nom du village d’où elle était venue. Marclay est un village de la commune de Bonsen-Chablais. Il est situé sur la rive savoyarde du Léman, en face de Versoix et au pied de la chaîne des Voirons, à mi-chemin entre Genève et Thonon. A en juger de la toponymie, cette région doit être un vrai paradis. On n’y trouve que des localités Bons et Bonne, et le bourg de Bonneville n’est pas loin. Le nom du hameau laisse supposer qu’à l’époque romaine c’était le domaine d’un propriétaire gallo-romain nommé Marcellus. Le nom Marclay est un patronyme porté essentiellement par des habitants du Chablais valaisan. On en compte quelques dizaines dans les cantons de Vaud et de Genève, ainsi qu’en Haute-Savoie. Source › Alain Pichard

Le nom de cette famille a beaucoup varié : de Marclesio 1388, de Marcleys 1390, de Marclesy 1427, Marclesii 1481, Marclesi 1536, Marcley 1560, Marclay 1624, Marclesius 1685, Marclei 1727, Marclaz 1765, Marclezy 1800, Marclat, Marcloy. Famille qualifiée Noble et portant particule, la famille Marclay possédait le patronat de l’autel des Saints Jean et Bathélémy à l’église d’Illiez et y avait son caveau. La famille a donné de nombreux notaires, syndics, châtelains, juges, curiaux, métraux, ecclésiastiques. La famille est bourgeoise des communes de Val-d’Illiez, Champéry, Troistorrents ; une branche d’Illiez a été agrégée à Monthey en 1832 et un rameau de Champéry à Lausanne en 1956. La famille a laissé de nombreux documents héraldiques, avec des armes variables. Parmi les ancêtres célèbres, Jean et Angelin furent officiers au service de France et obtinrent le commandement d’une compagnie du Régiment de

Les blasons nous fournissent encore des renseignements intéressants.

Courten qui resta dans leur famille de 1671 à 1747. Et plus près de nous, Jean, né en 1904, fils de Isaac, chimiste, héraldiste, fut collaborateur de l’armorial valaisan de 1946 et du nouvel armorial valaisan de 1974 (Editions du Scex, Saint-Maurice pp. 161-162) Il semble que pour distinguer les familles, il arrivait qu’on ajoute un titre, tel que « du Curial » ; notamment pour la famille d’Emile, Ernest et Louis Marclay (dont on disait les Marclay de la Pâle), qui sont des descendants du curial : celui-ci représentait l’autorité au Moyen-Âge; dans la famille il y a eu plusieurs châtelains et des notaires qui tenaient les registres des publications. Source › Nouvel armorial valaisan, 1974

Sobriquets Ouvrir la discussion au sujet des sobriquets… c’est s’introduire dans la caverne d’Ali Baba. Chaque histoire vaut de l’or. On soulève un plat en métal précieux, et dessous on découvre un collier de perles. Et là, chacune a sa biographie... Les sobriquets étaient très utiles à une époque où les familles étaient grandes, et que par conséquent beaucoup de gens portaient le même nom ; de plus, le prénom était souvent le même de père en fils ou en petit-fils, ou chez des cousins, alors le sobriquet servait à connaître qui était « de qui » : ainsi par exemple, quand une fille se mariait et qu’elle prenait le nom de son mari, on pouvait retracer comment elle s’appelait à l’origine.

C’est une coutume qui ne manque pas d’humour, ou d’ironie, c’est selon : « Les sobriquets, c’est pas entre nous qu’on les disait, mais c’étaient les autres qui te les attribuaient » « Parfois on en rit, mais il y a aussi ceux qui n’aiment pas quand on dit leur sobriquet » L’usage des sobriquets est encore, – mais pour combien de temps ? – bien vivant dans la génération des parents et des grands-parents ; mais peu de jeunes connaissent le sens de ce parler si bien imagé. Marclay › "Mulet" Notamment pour les familles de Grégoire (ancien président de commune) et d’Henri (d’Hyppolite) 17

Marclay: têtes dures, têtus, entêtés, qui vont jusqu’au bout. On disait «la mule nous, la tête à elle» On disait mulets parce qu’ils sont solides, ou durs à la peine, qu’ils portent des grosses charges. Et pour ceux de Champéry (pas de Val-d’Illiez ni de Troistorrents) « tous les Marclay sont des mulets, tous les mulets sont des Marclay ». Enfin, en patois on disait les Marça ou les Marsa pour les Marclay. Le Patrimoine Champérolain recherche des renseignements et des anecdotes au sujet des sobriquets, avant qu’ils ne se perdent… Vous pouvez les communiquer à Hubert Grenon 024 479 10 87 ou par e-mail: hub.grenon@bluewin.ch


> La vie au village

Julien et Jérémie ne perdent pas le Nord... Julien Texier Il y a quelque chose de mesuré dans la personnalité de Julien Texier. C’est vrai que pour réussir dans le métier de cuisine, le dosage est capital. Un peu trop de sel, et voilà qu’on soupçonne le chef d’être amoureux. Trop peu d’épices, on lui reproche la platitude. À table, on veut de la créativité, de la santé, et de la légèreté, et on ne pardonne pas la lourdeur, ni dans l’assiette ni dans la note. Il y a aussi quelque chose de régulier dans la chronologie de vie chez Julien. Il y a vingt ans, il arrivait à Champéry, un BTS (brevet technique supérieur) en hôtellerie et quelques expériences exotiques en poche : faire une saison en station – de ski et VTT – convenait à son tempérament sportif. Voyager en travaillant ; ou travailler en voyageant, c’est ce qu’on fait quand on a vingt ans et l’envie de goûter aux cultures du monde. Pendant son service militaire, il est cuisinier d’un amiral de la marine ; il mitonne les produits locaux, poissons, moules et crustacés. « Je n’ai pas accompagné l’amiral en mer, parce que je me sens bien sur la terre ferme. Mais j’ai quand même pris le large, à la découverte d’autres saveurs, de nouvelles assiettes, d’assemblages originaux ; cela m’a ouvert l’esprit et donné de l’assurance. Et fait apprécier la richesse et la variété des produits locaux. » Pendant les dix années suivantes, Julien travaille comme serveur au Café du Nord, puis au Gueullhi. Il tombe amoureux de Champéry et surtout d’une belle Champérolaine, Sophie Berra, qu’il épouse en 2004. Il a juste trente ans. Puis 2005 est à marquer d’une pierre blanche : c’est l’année de la naissance de leur fils Thomas et celle de la reprise du café du Nord. Ils en sont d’abord locataires, les propriétaires Jean-Claude et Gillian Lana étant partis s’installer en Australie. Julien est aux fourneaux, le

Julien Né le 26 janvier 1974 À Saint-Saturnin-du-Bois près de La Rochelle, en Charente, France Arrive à Champéry en 1995 Epouse Sophie née Berra en 2004 Leur fils Thomas naît en 2005 Reprend le Café du Nord en 2005 Ouvre l’Alta avec Jérémie Ollivier en 2015 moment est venu de faire la cuisine dont il avait toujours eu envie. Il ouvre l’Atelier Gourmand dans l’ancienne salle-à-manger des pensionnaires de l’Hôtel du Nord, au premier étage. Une nouvelle aventure commence, qui se prolonge avec l’inauguration du « Lounge-Bar » en 2013. Cette annéelà, les Texier acquièrent les murs de la maison. Ils entreprennent la rénovation complète de l’hôtel en 2014. Julien met hardiment la main à la pâte – cette fois c’est dans le ciment, la poussière et la dispersion – tandis que Sophie et Prune, la jeune sœur de Julien, imaginent un nouveau décor montagnard et raffiné pour les trois chambres et la suite de l’hôtel. 18

La gestion de l’hôtel, rebaptisé « Le Chalet de l’Atelier », est confiée dès cet hiver à la charmante Christine Laporte, la compagne du chef Jérémie Ollivier ; Christine connaît les ficelles du métier, puisqu’elle travaillait jusqu’ici à la réception de l’Hôtel Suisse. Une heureuse addition à l’équipe du Nord, une équipe qui parie sur l’avenir de Champéry. Avec les chambres d’hôtel, Julien peaufine son concept d’accueil complet : au Lounge-Bar, les clients sirotent des cocktails avant de dîner à l’Atelier Gourmand, installés dans des bons fauteuils, mais pas seulement : à l’heure de l’après-ski, le barman sert aussi des bières ou du Fendant aux beaux moniteurs, et monitrices bien sûr. Et en bas,

Julien Texier (à gauche) et Jérémie Olliver


au café du Nord, la fondue et les röstis restent des grands classiques. Des soirées à thème, ladies night, sushi et fêtes familiales et d’entreprise sont aussi au menu, assurées par une équipe dont fait partie depuis 2009 le jeune et brillant chef Jérémie Ollivier, que Julien connaît bien depuis sa jeunesse en Charente. Julien partage avec Jérémie deux passions : la cuisine et les voitures de course. Ensemble ils font des rallyes automobiles au volant de véhicules historiques des années 80-90, Jérémie est son copilote, ce n’est pas rien ! Ensemble ils mènent l’Atelier Gourmand vers des sommets culinaires, obtenant en 2009 une note de 14/20, et en 2014 un point supplémentaire de 15/20 au Gault & Millau. Jérémie a pris les commandes de la cuisine dès 2012. Le patron Julien se définit comme un électron libre, polyvalent, qui collabore partout où l’on a besoin de lui, à la salle comme à l’administration. Julien et Jérémie sont désormais associés dans la Société du Nord: « Nous travaillons en binôme et nous nous lançons cette année dans une nouvelle aventure : le « Restaurant Italien l’Alta » ouvre à la

place du Pub. Le local affichera une décoration de style montagnard contemporain. La carte proposera la véritable pizza napolitaine, des spécialités de pâtes pour sportifs affamés, et un choix d’antipasti pour ceux et celles qui veulent garder la ligne. Jérémie Ollivier Il a 24 ans lorsqu’il arrive à Champéry en 2009. C’est Julien – et le ski dit-il en riant – qui lui donnent envie de s’expatrier : ils étaient voisins à SaintSaturnin-du-Bois, où Jérémie avait déjà fait ses preuves dans les restaurants du coin, une réputation qui n’a pas échappé à Julien. A Champéry, son association avec Julien Texier lui réussit : le chef et l’Atelier Gourmand obtiennent 14/20 points au Gault & Millau dès la première année d’exploitation en 2009. Jérémie est fier de ce score, il mesure la chance qu’il a de travailler dans de bonnes conditions dans la cuisine du Nord : « Je suis fier d’être – à moins de trente ans – chef dans deux restaurants, le Café du Nord et l’Atelier Gourmand, auquel s’ajoute maintenant l’Alta ! » Ouvrant ses portes à Noël 2015, le restaurant familial de soixante places met

Jérémie Né le 2 février 1986 À La Rochelle, en Charente, France Diplôme de baccalauréat en hôtellerie-restauration Chef de cuisine au Café du Nord à Champéry en 2009 Reçoit 14/20 points au Gault & Millau en 2009 (attribués au chef et au restaurant l’Atelier gourmand) Reçoit 15/20 points au Gault & Millau en 2014, 2015 et 2016 (idem) Ouvre l’Alta avec Julien Texier en 2015

l’accent sur la bonne cuisine italienne. À l’Alta, les deux associés sont les locataires du nouveau propriétaire, M. Michel Devos, qui leur fait confiance, voyant qu’ils sont dynamiques et motivés. On se réjouit de découvrir les bons petits plats qui mijotent dans les casseroles de Julien et de Jérémie. Et, cerise sur le gâteau, dans leurs cuisines se prépare la relève : un des apprentis de cuisine s’appelle… Christophe Mettan. Cynthia Defago

Premiers communiants - 7 juin 2015 Ils ont choisi de suivre Jésus... Les premiers communiants de Champéry et Val-d'Illiez ont cheminé ensemble tout au long de l'année, accompagnés de M. le Curé Gérald Voide, de la catéchiste Denyse GexCollet ainsi que de plusieurs parents motivés et dévoués qui ont mis à disposition leur temps et leurs talents pour que la fête soit belle ! Dans ce parcours, les enfants ont appris à mieux connaître Jésus, à L'aimer, à préparer leur coeur à Le recevoir dans le sacrement de l'Eucharistie...

Premiers communiants de Champéry et Val-d'Illiez, le 7 juin 2015 19


> La vie au village

Les Métamorphoses du Levant, du Pub et du National « Jamais le mardi ! »

C

ela pourrait être le titre d’un film racontant la confrontation entre un étranger aisé venu se ressourcer dans un village à la montagne et les habitants du coin engoncés dans leurs habitudes : clin d’œil au film « Jamais le dimanche » de Jules Dassin, qui met en scène la belle actrice grecque Melina Mercouri (elle accordait ses faveurs tous les jours sauf le dimanche). Mais non. « Jamais le mardi, c’est le jour des réunions de chantier ! » Patrick Nouat est catégorique lorsque je lui demande une entrevue pour Le Messager Champérolain, en compagnie de Michel Devos, dans le chalet de ce dernier, « La Mascotte ». Mes deux interlocuteurs sont conscients de la fébrilité ambiante, et qu’au village on s’interroge et on se réjouit tout à la fois. C’est vrai que tout a été vite, surtout l’achat du Pub et du Levant, à la faveur du départ à la retraite d’Alain Mettan après 35 ans d’activité à Champéry à la tête des deux bistrots très populaires dans le cœur des habitants et des hôtes du village. La transaction du National était une affaire connue, puisque tant les Assemblées bourgeoisiale que primaire s’étaient prononcées en faveur de sa vente. Mais ce n’est pas tout: l’ouverture d’un salon de coiffure refait à neuf à côté de la fontaine illustre le vent nouveau qui souffle sur les têtes champérolaines. Cette fois ce n’est pas juste un brushing, mais bien une nouvelle coupe et mise en plis. Nouvelle distribution, nouveau scénario Ce sont trois gros chantiers dans la rue du village qui doivent être bouclés d’ici Noël. Le National, le Levant et le Pub ont changé de propriétaires, et ils changent de look. Pour opérer

Patrick Nouat (à gauche) et Michel Devos en train d’écrire un long poème épique...

cette métamorphose, il fallait deux ingrédients indispensables : de l’argent frais et de nouveaux exploitants-locataires. C’est chose faite. Ces derniers disposent de locaux remis à neuf où il fait bon travailler, qu’ils aménagent selon leurs besoins et leurs métiers respectifs. Signe particulier : les loyers sont adaptés à la situation, les deux sociétés propriétaires ayant la volonté d’encourager le développement à moyen et long terme des nouvelles enseignes. L’Hôtel National rouvrira avec quatre étoiles pour seize suites et un spa sous l’égide de Patrick Nouat et de sa compagne Sandrine Deledalle. Le Levant devient le Ziggy’s Bar sous la direction du triumvirat Patrick Cserpes, Mathieu Exhenry et Maxime Délez, l’équipe bien connue du Maxi-Rires. Le Pub devient l’Alta : le restaurant sera dirigé par le duo Julien Texier et Jérémie Ollivier, déjà associés pour l’exploitation du Nord et de l’Atelier Gourmand. 20

Les trois établissements n’avaient pas été remis au goût du jour depuis longtemps. Incompréhensible si l’on pense à leur position dans la rue principale et dans le cœur des habitants; ils sont non seulement la carte de visite de Champéry, mais aussi des cartes maîtresses dans la vie locale. Michel Devos remarque au passage l’absence de candidats indigènes à la reprise. « Votre station ressemble à une belle endormie, les habitants ne voient plus ses charmes ni ses atouts extraordinaires : or c’est le plus beau des villages de montagne, avec ses chalets magnifiques, un paysage incomparable, les Dents-du-Midi, l’accès à un fabuleux domaine de ski et VTT, des balades charmantes, une économie touristique rodée, des infrastructures sportives de haut niveau. C’est inouï que les investisseurs locaux n’aient pas la volonté nécessaire pour entretenir et renouveler leur patrimoine, pour transmettre toute cette richesse aux jeunes ! C’est un gâchis, et je n’aime pas le gâchis : je me suis


lancé, et je voudrais que d’autres – des gens du coin, des gens établis ici – le fassent à leur tour, je suis prêt à prendre mon bâton de pèlerin pour les motiver, leur dire qu’on a tous intérêt à faire ensemble, que s’ils ne réagissent pas, les maisons, les chalets et les alpages ne vaudront plus rien. Mon rêve – mais c’est peut-être une utopie – c’est que des gens qui disent aimer Champéry investissent à leur tour, qu’ils aillent à la rencontre des jeunes, de ceux qui ont envie de travailler, de faire quelque chose pour le village. C’est vrai qu’on peut me faire reproche d’être étranger, et c’est aussi vrai qu’il faut des partenaires locaux. Qui ne restent pas assis sur leur argent ! » Michel Devos prouve qu’il y a de la place pour des idées et des projets, malgré la crise, malgré le franc fort, malgré l’inertie locale qu’il a décidé de secouer de toute son énergie créative ; et à l’aide de ses « économies ». Les acteurs… du changement Michel Devos et Patrick Nouat se sont rencontrés à Champéry, il y a quelques années, l’un comme client, l’autre comme restaurateur. Le second a vivement impressionné le premier par son sens de l’accueil et par son professionnalisme. Michel Devos est Français, originaire de Saint-Guénolé Penmarc’h, la petite ville la plus à l’ouest du Finistère sud, en Bretagne. C’est là qu’il a grandi, face à l’Atlantique : « ma jeunesse je l’ai passée sur les bateaux, à faire le mousse sur les sardiniers et les petits chaluts. » Il a bourlingué dans le monde entier grâce à son business dans la communication et l’organisation de campagnes de publicité, surtout dans le domaine de l’aviation. Il a créé son affaire il y a quarante ans. Entretemps, les méthodes de communication ont complètement changé. Ayant passé les commandes et les bureaux de Paris à son aîné Nicolas, Michel Devos cherche où se poser, pas trop près de son fils,

mais pas trop loin ni d’un aéroport, ni de son bureau de Genève. « Je ne sais pas ne pas travailler, il me fallait garder une activité, mais je ne voulais pas rester à Paris. La fiscalité en France ce n’est pas le rêve, et l’avenir n’est pas radieux. A Genève la vie est agréable, sauf quand il y a la bise. Et puis ça n’a pas le charme de Champéry, qui est un lieu de retraite idéal. » C’est Nicolas qui lui parle de ce village au fond d’une vallée, où il invite son père à venir skier et se balader. C’est le coup de foudre. «En trois minutes et demie j’ai acheté le chalet La Mascotte ». Il y réside depuis maintenant presque cinq ans, et chaque fois qu’il remonte le Val d’Illiez, le charme opère : « Je rentre à la maison ». Avec son épouse Catherine née Delachaux, ils réalisent de grosses transformations pour faire du chalet La Mascotte le lieu de retrouvailles de la famille dispersée dans le monde. Leur fille Emmanuelle vit à Paris avec son mari et leurs deux enfants ; leur fils Benjamin est expatrié avec son épouse et leurs deux enfants à Pékin , où il a monté une affaire de boulangerie… française bien sûr ! Catherine et Michel ont six petits-enfants, toute la famille se réunit pour fêter Noël à Champéry. 21

Coup de projecteur sur le chantier du National Si la façade ne change pas et garde le charme « 1900 », l’intérieur du bâtiment est entièrement repensé, à l’exception du bel escalier en granit qui a retrouvé son éclat d’origine. La décoration intérieure fait la part belle à la pierre, au bois, au verre et à la mosaïque. L’accent est mis sur le confort, « le cocooning » dit Patrick : moquettes épaisses, éclairage modulable, isolation phonique : grâce au triple vitrage, les hôtes n’entendront même plus sonner les cloches de l’église voisine. Ils seront aussi gâtés côté confort technique et robotique ; Patrick Nouat se dit passionné – tout comme Sandrine – de domotique : les clients se verront remettre un i-Pad à leur arrivée à l’hôtel, à l’aide duquel ils pourront allumer et éteindre les lumières, les deux TV de chaque chambre, monter et baisser les stores, atteindre la réception, visionner les images de leurs prouesses à ski ou à VTT. Dans la partie réception, à la fois salon et lounge-bar – ouvert au public – un grand espace est à la disposition des hôtes qui viendront s’y délasser, se rencontrer, prendre le thé, commander un repas léger au bar à tapas : on y servira une cuisine légère, des petits plats originaux et aussi des assiettes préparées à partir de produits locaux. « J’aime la transparence » dit Patrick : de l’intérieur on verra ce qui se passe dans la rue du village, et vice versa. De même au fumoir, aménagé à la place de l’ancien carnotzet. À l’étage inférieur, le spa – réservé aux hôtes du National – propose un bassin intérieur et une piscine extérieure, des espaces de repos et de soins.


> La vie au village Patrick Nouat est lui aussi français, originaire d’Evian. Il s’est installé à Champéry il y a quinze ans ; il avait auparavant tenu un restaurant à la Chapelle d’Abondance (HauteSavoie). Patrick s’est senti bien mieux accueilli chez nous. Il a d’abord tenu la Cantine de Barmaz, dont il était propriétaire, avec sa compagne Sandrine, ensuite le restaurant le Vieux-Chalet acquis en 2008 et revendu en 2013 à la famille Zurkirchen, puis le restaurant de la Croix-de-Culet, propriété de Téléchampéry, et dont il a confié la gestion il y a deux ans à son fils Frédéric et à sa fille Marion. La famille Nouat tient trois autres établissements à Champéry : David et sa femme Rosalie sont les gérants du Toupin sur la piste de Léchereuse à Planachaux ; en été ils tiennent la bu-

vette de la piscine de Monthey ; enfin, Samuel et son épouse Charlotte ont racheté la Cantine des Rives cet été, et ils ont acheté et ils exploitent la buvette des Clavets (anciennement chez Marius) en hiver. Patrick est quatre fois grand-père, ses petites-filles Margot et Adèle vont à l’école de Champéry et s’y plaisent beaucoup. Les deux hommes ont en commun un grand sens de la famille, un esprit d’entreprise et une volonté d’ouverture. On sent quelque chose de pétillant et d’amical dans leur relation. « Lui c’est le réservoir de la voiture ». « Lui c’est le conducteur » disent-ils l’un de l’autre en riant. Sous la légèreté du propos transparaît que chacun a besoin des compétences de l’autre pour faire marcher les affaires champérolaines.

Sandrine et Patrick Nouat

En conclusion, Michel Devos revient sur son rêve – peut-être une utopie – que les gens du village prennent leur destin en mains. « On n’est pas là pour prendre leur place, mais si on a montré la voie, tant mieux ! L’important est de savoir qu’on est là par amour ! » Le Messager leur souhaite bon vent. Cynthia Defago

Mon Levant à moi

D

e l’histoire de Champéry une page, donc, se tourne. Cette année 2015 voit la naissance des deux premiers hôtels « 4 étoiles » de la station, le White et le National , et la transformation de deux bistrots, le Pub et Le Levant. Avec changement de propriétaire. Quand on connaît la vétusté des locaux de ces établissements on ne peut que se réjouir. En particulier pour le Levant. Si la rénovation des murs s’imposait, le changement de nom peut-être un peu moins. Car le Levant était une véritable institution. La pièce maîtresse, durant cinq décennies, de l’animation du village. Avec trois périodes distinctes. La première, la plus importante, couvre les trente années qui ont suivi la deuxième Guerre mondiale. Le Levant alors c’est Page. Georges et Monique. Georges est douanier. Comme son ami René Coquoz. Tous deux sont en poste à la frontière du Grand-Saint-Bernard. Ils vont se retrouver à Champéry pour devenir, comme restaurateurs, des acteurs éminents de la vie touristique. René à Planachaux, Georges au Levant. Epoque heureuse où la fête est partout, l’animation permanente. Au bar de l’Hôtel de Champéry, de Marco et Eva Defago, au tea-room Berra, de l’honorable Denis, au Vieux-Chalet des Curchoz, avec souper en musique, à la table gastronomique de Fritz Balestra, au dancing du Farinet, au jeu de quilles de l’hôtel de la Paix… et, surtout au Levant. En saison, été, hiver, le soir, jusque tard dans la nuit, l’établissement fait le plein. « Au point que les clients, faute

Georges Page 22


aussi ramené de sa région natale, la vallée de Joux, une spécialité: les escargots. La deuxième période est celle de Bernard Biolaz, durant les années 80. Avec sa charmante compagne, Geneviève, infatigable bosseuse, comme l’était Monique Page, il va maintenir la tradition culinaire (raclette, fondue, assiette valaisanne), festive et ludique. Les joueurs de cartes sont toujours présents, Albert en tête. Monique Page

de place, s’asseyaient, verre en main, sur les marches de l’escalier, face à l’entrée, au bout du couloir séparant le bar, à gauche, et le carnotzet à droite et menant aux appartements » me dit André Page, le fils, devenu le brillant journaliste que l’on connaît. « Ma chambre, ajoute-t’il, était située juste au-dessus de l’orchestre…» Pour tous les joueurs de cartes, le Levant est l’adresse préférée. On joue au yass mais aussi à la bourre, jeu d’argent diabolique qui a causé quelques drames. Avec Georges, il y avait Arthur, Rémy, Marco, René, Bernard, Albert… Mais le véritable succès du Levant, tout au long de l’année, c’est la raclette de Georges, dans son pittoresque carnotzet, au plafond voûté. Je le revois encore, avec sa toque sur la tête et son tablier blanc, allant de table en table. Sélectionnant les meilleurs fromages, il attirait les gourmets de toute la région. Tout comme sa femme Monique qui avait son petit secret pour préparer la meilleure fondue du Val d’Illiez. Dédé Page me rappelle que son père avait

Puis vient la dernière période, celle de Fafa, alias Fabienne Borgeat, que le nouveau propriétaire, Alain Mettan a eu l’heureuse idée de choisir comme responsable. Toujours souriante, toujours de bonne humeur, toujours à l’écoute, Fafa est aimée de tous, quels que soient les âges. Pour le constater il suffisait de jeter un coup d’œil sur les centaines de cartes postales accrochées sur le mur, derrière le bar, que ses clients lui ont adressées de tous les coins du monde. Depuis 23 ans. Il n’y a plus la tradition raclette/fondue, mais la tradition ludique s’est renforcée. Les cartes toujours, Albert en tête. Mais les ados sont majoritaires. Avec le jukebox, les fléchettes, le baby-foot, le billard américain. C’est le grand rendez-vous de la génération des 25 dernières années. Celle des jumeaux Monnay, Garry et Gaëtan, de Baptiste Légeret, Nicolas Balestra, Jérémy Gex-Collet, Christophe Darni,

Médi Besson, Christophe Perrin… Sans oublier les jeunes filles : Svenja, Roxane, Emilie, Julie, Carole, Lara… Aujourd’hui mariées ou fiancées, pour la plupart, avec les fidèles précités. Le Levant devient donc le Ziggy’s. C’est le surnom de Patrick Cserpès (enfant du pays, comme Fafa) que lui ont donné ses copains d’école. Il ne sait plus très bien pourquoi. Il a de l’expérience. Derrière le Bar des Guides, derrière les bars du MaxiRires. C’est l’esprit de ce festival qu’il veut maintenir tout au long de l’année. A partir de 16 heures. Avec porte ouverte aux humoristes, professionnels et amateurs qui pourront venir roder leurs programmes. Il maintient la tradition ludique, avec les fléchettes, le baby-foot, le billard. Et le coin « cartes », bien entendu. Pour les fumeurs, dans le carnotzet. A deux heures du matin, heure de fermeture, Ziggy fera comme Fafa. Il enverra ses clients en face, à la Crevasse, discothèque désormais tenue par… Fafa. Yves Nouchi

ISREC

U

n montant de CHF 3'300.- a pu être versé en juillet 2015 à l’ISREC (Institut pour le Recherche du Cancer). C’est le produit de la vente des livres « Champéry – Les gens ». Richard Burton remercie vivement tous les Champérolains et tous ceux qui l’ont soutenu dans ce projet ! 23


> La vie au village

Skating School of Switzerland Stéphane Lambiel présente la Skating School of Switzerland Centre d’entraînement de patinage artistique pour la relève et l’élite Pirouettes au Palladium Sur la glace, cinq jeunes patineurs évoluent gracieusement au rythme de la musique, ils suivent Stéphane Lambiel, appliqués à calquer leurs mouvements sur ceux de leur maître qui leur enseigne le port de bras, l’arabesque, le maintien de la tête ; et le sourire. L’effort est à peine visible tant les silhouettes portées par la mélodie sont légères. Ils vont vite, les queues de cheval des jeunes filles virevoltent, les patins des garçons font crisser la glace. Les patineurs sont galvanisés par l’énergie de celui qui les fait danser sur sa trace, une ligne en un huit qui dessine l’infini… Stéphane Lambiel s’arrête, les élèves se tiennent en face de lui en silence, reprenant leur souffle, attentifs aux corrections. On le sent à la fois exigeant et juste, sachant faire rire les jeunes tout en leur demandant de donner le meilleur d’eux-mêmes ; puis le travail reprend. La leçon a duré une heure, dont trente minutes de bonheur avec le champion du monde, un patineur toujours magnifique et un enseignant charismatique. Programme oblige, nous avons exactement trente minutes pour l’interview entre deux cours : Stéphane Lambiel arrive en training, il a ôté ses patins mais pas son sourire naturel, il est détendu, et se montre charmé de l’intérêt que lui montrent les Champérolains… L’excellence : c’est un mot qui revient souvent quand vous parlez de votre école En effet, les jeunes athlètes qui viennent prendre des cours ici recherchent un encadrement et un conseil professionnels indispensables pour devenir des champions. Or, il n’y avait pas jusqu’ici en Suisse un lieu d’entraînement qui mette à leur

disposition et regroupe en un seul lieu tout ce dont ils ont besoin sur le plan technique, physique et artistique. Une patinoire avec une glace de qualité, une magnifique salle de gym, ainsi que le logement et les repas sur place lors des stages. L’infrastructure du Palladium est parfaite sur ce plan. De plus le village de Champéry offre un environnement idéal. Le village est situé à une bonne altitude, on y respire le bon air. Est-ce que la distance n’est pas une difficulté ? Champéry se trouve près d’un aéroport international, c’est bien desservi par le train ; et puis les déplacements font partie du quotidien des jeunes athlètes. Certains élèves viennent tous les jours de Lausanne ou de Sierre. Ils s’entraînent six jours sur sept et patinent trois heures par jour, plus une à deux heures de condition physique. C’est vrai que si on n’est pas sur place, cela fait pas mal de trajets. D’ailleurs deux élèves sont désormais installées ici. Ainsi les parents d’Amalia, la petite Italienne qui a douze ans ont déménagé ici. Avant d’aller en classe à Vevey, elle patine 24

de six heures et demie à sept heures et demie, et après l’école elle fait encore ses deux heures de gymnastique et r e p a t i n e l e s o i r. L a j e u n e Luxembourgeoise Ysaline vit aussi à Champéry avec sa maman, son papa est resté travailler au Luxembourg ; elle va à l’école à Champéry après son heure de patinage du matin, et le soir elle reprend son entraînement. C’est dur, non ? Pour vous, c’était aussi comme ça ? J’ai fait pire, j’habitais à Saxon, j’allais quatre fois par semaine à Genève et deux fois par semaine à Villars.


C’est un grand sacrifice… C’est pour cela que je leur enseigne, en plus des figures, comment devenir un champion. Je les aide à comprendre la philosophie du patinage, qui est pour moi un des plus beaux sports qui existent : les figures sont très techniques, et en même temps il y a la beauté dans les mouvements sur la musique qu’on interprète. Chaque patineur a sa manière de s’exprimer, à nous de lui enseigner comment la révéler. Tout cela me fascine, j’aimerais transmettre cet art aux jeunes. Vous venez de fêter vos trente ans, ouvrir une école, c’est un projet ambitieux, non ? J’aime beaucoup l’enseignement. J’ai envie de partager ma passion avec les enfants. En Suisse, c’est difficile pour un jeune patineur qui veut devenir un champion de trouver une structure complète avec des conseils pour construire son avenir. La Skating School of Switzerland, avec son équipe formidable de professionnels, expérimentés et motivés, répond à cette demande. Vos élèves patineurs ont des niveaux différents Plus ils sont âgés, plus ils ont de kilomètres dans les pattes, ça se voit à leur manière de patiner. Il faut un équilibre entre les cours privés qui s’adressent aux besoins spécifiques du patineur, et les cours où on regroupe plusieurs niveaux, où le plus jeune essaie de rattraper le plus avancé. C’est plus dynamique. Sur la glace, le patineur plus avancé est une formidable émulation pour les autres. Maintenant vous êtes là, comment allez-vous assurer l’avenir de l’école ? En plus des cours réguliers durant l’année avec des élèves qui viennent de Lausanne, Genève, Sierre, il y a les stages internationaux. Cet été, le camp a réuni trente enfants du monde entier pendant les deux premières semaines d’août. C’était joli de voir ces

jeunes parlant toutes les langues déambuler dans les rues du village. Des athlètes qui travaillent beaucoup, beaucoup ! J’ai aussi fait venir à Champéry des stars du patinage : la championne du monde Carolina Kostner, Elizaveta Tuktamysheva, le vice-champion kazakh Denis Ten, et Miki Ando la championne japonaise. J’ai une relation privilégiée avec plusieurs fédérations de patineurs qui m’envoient des élèves en stage. D’ailleurs tous les étés je donne un camp au Japon dans un petit village qui se trouve entre Tokyo et Nagano et qui s’appelle Nobeyama, c’est un petit Champéry japonais ! Il y a des montagnes autour, mais il y a surtout de l’agriculture ; en fait il y a des salades partout et au milieu une patinoire, c’est rigolo ! J’espère que le cadre national suisse choisira de venir aussi un jour, des discussions en ce sens ont été ouvertes avec la fédération. Vous attirez les champions mais pas forcément les jeunes Suisses qui patinent dans nos fédérations ? C’est la mentalité suisse : on a de la peine à partager. On n’ose pas demander de l’aide. On préfère attendre que cela vienne. On a peur des gens qui réussissent. A Sotchi, il n’y avait pas un seul athlète suisse ! Mais moi je ne veux pas attendre les bras croisés que la relève arrive. Cette école c’est une pépinière de champions.

Extrait du dossier de presse « Stéphane Lambiel, deux fois champion du monde de patinage artistique en 2005 et 2006, a ouvert en août 2014 un centre d’entraînement pour les athlètes d’élite suisses et internationaux au Palladium de Champéry. Stéphane Lambiel accueille dans la Skating School of Switzerland de jeunes patineurs du monde entier, allant des espoirs suisses aux champions internationaux. Le patineur suisse et son équipe ont choisi le Palladium de Champéry, Centre National de Sports de Glace, charmés par ses excellentes installations et son cadre idyllique propice à un travail d’exception. Son idée part de la volonté de remédier à un problème manifeste : il y a, en Suisse, un réel manque de structures d’encadrement pour les patineurs de haut niveau à la sortie des clubs formateurs. Pour atteindre cet objectif, Stéphane Lambiel s’entoure de son équipe de toujours qui l’a accompagné tout au long de sa carrière. Salome Brunner (chorégraphie et interprétation), Peter Grütter (technique) et Majda Scharl (condition physique et récupération).

L’Union Suisse du Patinage pourrait-elle à l’avenir subventionner votre école ? Avec le risque de perdre votre indépendance ? Le soutien de l’USP serait surtout une chance d’aider les jeunes qui ont le potentiel d’aller plus loin. D’autant plus qu’ici on a tout sur place !

Stéphane Lambiel souhaite développer son école sur le long terme et ainsi établir à Champéry un centre d’excellence pour le patinage artistique mondial. La Skating School of Switzerland accueille des athlètes venant de Suisse, de Suède, de Corée du Sud et du Japon. Ils se rendent en Valais afin de consolider leurs acquis et de se perfectionner afin de toujours plus exceller ».

On est plutôt un pays de hockeyeurs… Est-ce que vous trouvez votre place ? La tâche n’est pas toujours facile, mais je n’ai pas envie de me plaindre. Je préfère être de ceux qui réalisent la

« Il est aujourd’hui crucial d’unir nos forces pour aider les jeunes patineurs à exploiter leur potentiel. J’aimerais leur offrir l’encadrement dont j’aurais rêvé de bénéficier durant ma carrière ».

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> La vie au village chance que nous avons – que vous avez – d’avoir le Palladium. C’est un bien magnifique pour la communauté. Même si nous n’arrivons pas à remplir le centre sportif de façon régulière, le patinage amène beaucoup de monde, et une bonne réputation pour la station. Ce que je souhaite : aller ensemble vers quelque chose de mieux. Ne pas avoir peur que ça fonctionne, car on va dans la bonne direction, et ça peut marcher. Je suis conscient qu’il faut beaucoup travailler, avec mes assistants nous n’avons pas peur du travail. Nous investissons notre énergie, notre temps, notre passion pour l’école, pour le Palladium. Et pour Champéry.

m’entraîner autant qu’aujourd’hui. Cependant, mon organisation me permet d’être au moins trois jours par semaine avec les athlètes.

Comment se passent les réservations, le partage de la glace ? Cela dépend des disponibilités ; pendant les vacances de Noël c’est plus difficile. Mes interlocuteurs pour les questions pratiques sont Christophe Nydegger et Svenja Monnay, nous avons un bon contact.

Peut-on assister à vos cours depuis les gradins, sans vous déranger ? Oui. J’enseigne le mercredi aprèsmidi, le vendredi soir, le samedi et le dimanche.

Vous allez continuer à vous produire dans des spectacles… Bien entendu, et je vais continuer à

Il paraît que la création et les répétitions de vos spectacles ont lieu ici ? Oui, c’est le cas pour « Champions! », que nous montons sur la place de la Riponne à Lausanne fin novembre. Nous répétons également au Palladium le spectacle « Ice Legends » que je produis moi-même : j’invite d’ailleurs les Champérolains à se déplacer à la patinoire des Vernets à Genève les 22 et 23 avril 2016.

Les gens d’ici pourraient-ils montrer plus d’intérêt pour votre projet et pour ce qui se passe sur la glace ? Votre article dans Le Messager va

peut-être y contribuer ! (il sourit) Non, en tout honnêteté je suis très heureux de l’accueil qui nous a été réservé depuis notre arrivée. Nous collaborons beaucoup avec les hôtels et les restaurants du village, et c’est toujours un plaisir de rencontrer les Champérolains et leur parler de nos projets pour l’école. Dans le hall du Palladium, Stéphane Lambiel salue gentiment une admiratrice qui confie, émue : « Quand je pense à toutes ces compétitions que nous avons regardées à la télévision, comme nous avons tenu les pouces pour lui, comme nous étions fiers de ses exploits. Cette école, avec lui comme directeur, c’est une sacrée chance pour Champéry ! » Cynthia Defago (avec le soutien technique de Michèle Rithner-Claret, championne suisse de patinage artistique en 1990) Photos Marie-Louise Wagner-Nouchi

Passerelle Belle Etoile

L

’idée d’édifier une passerelle sur la Saufla a pris germe chez Bertrand Perrin et Patrice Vieux depuis quelques années. Aujourd’hui, le projet a pris corps et, si le calendrier est respecté, la construction se réalisera en 2016. Un bel élan de soutien a été manifesté par des privés principalement, mais aussi par des entreprises et sociétés. A mi-novembre, nous pouvons compter sur 115 promesses de dons pour un montant qui avoisine les 85'000.- C’est magnifique et encourageant ! Les amis de la Passerelle Belle Etoile espèrent que la source ne s’est pas tarie et que les lecteurs du Messager qui hésitent encore viendront allonger la liste des souscriptions. A l’approche de Noël, voici une idée qui nous a séduits et qui pourrait faire écho: celle d’inscrire votre don sous le nom d’une personne qui vous est chère (petitsenfants, filleul…). D’avance merci à toutes et tous ! Photomontage de la future Passerelle Belle Etoile

Pour le comité Pierre-Marie Gabioud 26


La musique raconte la vie ! La musique sera à l’honneur les 14 et 15 mai 2016 à Champéry : la fanfare « L’Echo de la Montagne » est organisatrice du 44e Giron des musiques de la vallée d’Illiez. Deux jours de liesse, de fête et de convivialité.

L

’histoire de l’Echo de la Montagne est riche, puisque c’est en 1862, il y a donc 153 ans, que quelques jeunes gens épris d’initiative et d’idéal fondent une société de musique: l’Echo de la Montagne est née. Près d’un siècle plus tard, en 1966, c’est à l’initiative du Champérolain Arthur Chapelay que naît l’idée d’organiser chaque année un petit festival des fanfares de la vallée d’Illiez. Cette suggestion rencontre immédiatement l’approbation des autres sociétés voisines, soit l’Union Instrumentale de Troistorrents, l’Helvétienne de Morgins et l’Echo de la Vallée de Val-d’Illiez. Cette rencontre musicale annuelle est organisée à tour de rôle par l’une des quatre fanfares précitées sur la base d’un tournus établi. Si l’objectif premier de cette amicale est de maintenir les liens d’amitié entre les société de la vallée et de fédérer les musiciens et la population, les fanfares attendent souvent avec impatience que l’organisation leur revienne. Qu’on se le dise, cette manifestation a pour heureuse conséquence de renflouer les caisses souvent vides des formations musicales de la région. En mai prochain, Champéry vivra un week-end musical riche en surprises pour cette 44e édition. À l’heure de rédiger ces lignes, le programme n’est pas bouclé mais nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer la venue du prestigieux Brass Band de Fribourg pour un concert de gala (l’un des ensembles d’excellence suisses les plus titrés de la dernière décennie !) ainsi qu’un concert exceptionnel donné par l’ensemble des élèves des quatre écoles de musique de la vallée d’Illiez. La journée officielle du dimanche verra les fanfares de Morgins, Troistorrents, Vald’Illiez et Champéry entrer en lice pour

Giron 2012 lors du jubilé de l’Echo de la Montagne

l’interprétation des morceaux d’ensemble, des concerts sur la scène du Palladium et le traditionnel grand cortège auquel participeront également les sociétés locales et clubs sportifs du village. L’Echo de la Montagne œuvre aux préparatifs depuis quelques mois déjà et voit son comité d’organisation en pleine ébullition, des musiciens en répétitions intensives et des bénévoles dans les « starting blocks ». Autant de travail et d’énergie déployés pour que la fête soit belle. La préparation d’une telle manifestation représente une somme considérable de travail et la récompense en est la présence d’un public nombreux. Pour partager un verre, pour danser, rire, échanger, se sustenter d’une grillade ou d’une raclette, pour profiter de la qualité des concerts proposés, que vous soyez Champérolain, résident secondaire, hôte de passage ou citoyen d’ailleurs, il y en aura pour tout le monde ! Saisissons cette occasion pour nous retrouver et renouer les liens de 27

Du nouveau à la direction de l’Echo de la Montagne: c’est sous la baguette de leur nouveau chef Alain Dormond que se produiront désormais les musiciens de l’Echo de la Montagne. Nous lui souhaitons la cordiale bienvenue et de longues et belles années au sein de notre fanfare ! solidarité et d’amitié si nécessaires dans le monde d’aujourd’hui. L’Echo de la Montagne se réjouit de vous offrir une fête remplie d’instants autant humains que musicaux, et de transmettre à tous l’enthousiasme et le cœur qu’il aura mis à l’organisation de ce Giron ! www.echodelamontagne.ch www.facebook.com/EdlMChampery Séraphin Clément, président du Comité d’Organisation Sonja Collet, secrétaire du Comité d’Organisation


> La vie au village

Le Passeport Seniors

Entendu par-ci par-là...

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› Tong, un jeune visiteur chinois à la Source de Rumière, son gobelet à la main : « Ah ! C’est l’Evian gratuite »

’est l’occasion pour tous ceux et celles qui ont 60 ans et plus de participer à des activités et à des sorties organisées spécialement pour eux.

› À la poste, un client portant un paquet rose sous le bras médite devant les tourniquets : « Il y a bien plus de cartes de condoléances que de naissances »

Pour 2015, la palme du succès populaire revient à la projection de films – de toutes époques, puisque le plus ancien datait du temps des internés durant la Guerre de 1914-18, et avait été tourné par Emile Marclay – jusqu’aux pellicules plus récentes tournées par René Nydegger et Pierre-Marie Gabioud.

› En balade sur le chemin des Poussettes, tout près du Grand-Paradis « Cling ! Bienvenue en France ! Vos tarifs de communication en Europe, etc. … » Les télécoms de nos voisins sont puissants et leurs ondes ignorent les frontières.

Les images ont rafraîchi les mémoires des 60 ( !) personnes présentes, qui ont bien aimé partager leurs souvenirs avec les plus jeunes et les nouveaux-venus.

› À la boucherie, une dame française demande sérieusement : « Monsieur, donnez-moi une douzaine de petites saucisses enrobées dans leur p’tit gilet de lard ». Qu’est-ce que ça peut être chic, les cipolatas…

Le programme 2016 est distribué en tout-ménage. Renseignements: Roland Avanthay 079 644 08 24

› Juste avant neuf heures un mardi de novembre. À l’appel des cloches, il y a du monde dans la rue du village. Les dames vont à l’église. Les ouvriers au café du Centre. Les unes et les autres ont faim de leur pain quotidien.

Louis Perrin: un senior en forme!

De retour du Népal - Namasté (bonjour en népalais)

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epuis de nombreuses années (1995) nous nous rendons au Népal pour découvrir les plus hauts sommets de la planète. Cette année, soudain la terre trembla… Samedi 25 avril et mardi 12 mai, deux séismes

Dans l’attente d’une nouvelle maison…

d’une magnitude de 7.9 et 7.3, suivis de violentes répliques ont touché le Népal. Plus de 8'600 morts et 18'000 blessés! Pour nous, s’abstenir de retourner au Népal revenait à infliger au peuple népalais une double peine, dont il n’a vraiment pas besoin. Ne pas être au Népal cette année, serait la pire des répliques à ce tragique printemps 2015. Le pays compte plus de 50% de touristes en moins. Cela 28

représente une perte financière énorme pour les gens du pays et pour nous, continuer de voyager au Népal est sûrement l’un des meilleurs moyens d’aider à la reconstruction du pays qui compte beaucoup sur l’activité touristique. De nombreux amis et connaissances, sachant que nous partions au Népal au mois d’octobre dernier, nous ont remis une enveloppe. Grâce à cette générosité, quelques milliers de francs sont venus soulager nos amis népalais qui ont, pour bon nombre d’entre eux, perdu maisons et pour quelques-uns, plus encore, membres de leur famille. Par ce message, nous tenons à remercier de tout coeur les personnes qui ont apporté leur aide. Fernand et Annemarie Berthoud


Classe 1965 de la Vallée d'Illiez

L

es nouveaux quancas de la Vallée d'Illiez se sont retrouvés à l'hôtel-restaurant Le Communal le 14 novembre 2015 pour fêter dignement leur entrée dans une nouvelle décennie pleine de promesses...

Liste des contemporains nés en 1965 inscrits pour le souper: Troistorrents Christine Liniger Norbert Thiel Jojo Dubosson Muriel Petit-Jean Eric Mairet Eric Guérin Bernadette Joss Francine Gobet Nelly Marclay Isabelle Gaspoz Stéphane Rouiller Dominique Andrist Emmanuel Cettou Christophe Moret Val-d’Illiez Claude Es-Borrat Isabelle Favez Catherine Gex-Collet Pascal Bridy Eric Dubosson

Pascal Ansermoz Marie-Antoinette Solioz Annette Martin Mounira Gouaux Yves Ecoeur Laurianne Bussien Myriam Geering Jean-Luc Mariétan Champéry Lisiane Bertelle Armelle Mettan Sophie Brotherson Margareth Gillabert Yvanka Berra Nicolas Marclay Antonella Caporizzo Claudine Ecoeur Christophe Berra Anthony Brotherson Jean-Luc Berra Yvon Gaillard

Bye bye ...

Bye bye Supermarché "Chez Exhenry & Fils"... la suite au prochain numéro ! NB: la qualité de la photo de groupe n'était malheureusement pas assez bonne pour être publiée. 29


Parole aux jeunes La jeunesse champérolaine

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uand Cynthia m’a annoncé qu’elle avait réservé une place pour parler des jeunes du village dans le Messager, la première idée qui m’est venue à l’esprit est le fait que nous ne sommes pas restés très soudés depuis la fin de l’école primaire… En effet, contrairement à des jeunes qui ont seulement 4-5 ans de plus que nous, nous ne nous retrouvons jamais pour sortir ou pour faire une activité tous ensemble. Pour vous expliquer ce que c’est d’avoir 18 - 20 ans à Champéry en 2015, j’ai décidé de demander aux classes 1996 et 1997 ce que ça signifiait pour eux. L’avantage d’habiter un village comme Champéry, c’est qu’on se sent à la maison. En effet, après une longue journée de cours à Sion, ce qui me fait plaisir à moi c’est de rentrer et de regarder les Dents-du- Midi et je me dis : « Ici, je suis bien. » C’est aussi ce que pense Céline : « Même si maintenant je vais déménager, Champéry ça restera toujours ma vraie maison ! » Pour Guillaume, qui passe sa semaine en ville : « Ça fait du bien de revenir ! C’est calme (des fois même trop), mais c’est parfait pour se reposer ». Pour d’autres, Champéry c’est les Dents-du-Midi (oui, encore !), le droit de vote et la liberté comme me l’a expliqué Mathias. En fait, chacun a sa propre idée. Mais il y a quand même un thème récurrent dans les réponses que j’ai reçues : le manque d’activités nocturnes pour les jeunes du village. En effet, si entre Noël et Nouvel-An les soirées sont animées et durent jusqu’aux petites heures du matin, le reste du temps les jeunes ne savent pas (plus ?) où passer la soirée ensemble. Ainsi, ils se dirigent vers la plaine pour passer du temps avec les amis qu’ils ont rencontrés au cycle ou plus tard dans

Classe 1996-1997 en 1ère enfantine De gauche à droite Professeure: Sandrine Bruttin Derrière: Elisabeth Goebbels, Margaux Réalini (a déménagé), Benjamin Gonnet, Endrit Haziri, Keyton Perrin (a déménagé), Camille Mettan, Christelle Donnet, Céline Marclay Au milieu: Gordon Berra, Mathias Imboden, Guillaume Mariétan, Robin Avanthay (a déménagé), Eloi Berra, Iegor Borgeat (a déménagé) Devant: Séverine Bochatay, Loïc Van Hoydonck, Manon Hinni, Alexia Trombert, Alain Berthoud, Esteban Caballero (a déménagé), Adrien Remillieux (a déménagé) Ont intégré la classe les années suivantes: Atlanta et Katty Tolleson, Loïc Maleszweski

leur cursus scolaire et qui habitent Monthey et environs afin de faire la fête avec eux. Le dernier train étant relativement tôt, ceux qui veulent profiter pleinement de leur soirée dorment en plaine ou (le plus souvent malheureusement…) rentrent en voiture au milieu de la nuit. C’est l’avis aussi de Camille : « Je pense que les jeunes champérolains ne veulent pas y rester, en tout cas pour ma part je n’y tiens pas et maintenant que je suis partie je dois avouer que sincèrement je ne sais pas si un jour je reviendrai y habiter… certes je suis attachée à ce petit bout de paradis et j’aime y revenir mais il manque beaucoup de vie pour la jeunesse. Et je constate que chaque fois que je rentre c’est moins vivant. Ça me désole quand j’entends 30

nos parents ou les anciens parler du passé et décrire Champéry comme LA station populaire où il y avait toujours quelque chose à faire, et plein de fêtes ; je trouve dommage que maintenant nous ne sachions plus où sortir, et que nous soyons obligés de prendre une voiture et aller en ville ! » Cet aspect-là de la jeunesse champérolaine est assez négatif, car il ne concerne pas que les 18 - 20 ans, mais aussi les jeunes dès 15 - 16 ans déjà, qui ne savent plus où se retrouver dans le village. Le local des jeunes dont il a été question il y a quelques années aurait-il pu éviter cet exode ? D’après les discus-


sions que j’ai eues avec mes camarades, pour notre « génération » c’est un peu tard. Maintenant que nous avons l’habitude d’aller à Monthey, nous aurions sûrement du mal à sortir exclusivement sur Champéry. Néanmoins, si nous arrivions à organiser quelques événements par année pour les jeunes du village et de la vallée, cela inciterait peut-être plus de monde à rester au village le week-end. Un train ou un Lunabus plus tard dans la nuit contribueraient aussi sûrement à remotiver les jeunes. Pour les « futurs jeunes du village », les enfants qui sont à l’école primaire en ce moment, je pense qu’il est important que la création d’un local des jeunes soit remise en discussion. Celuici leur permettrait de rester attachés à la vie du village et de se retrouver dans un endroit sûr. Pour les sportifs, Champéry est un terrain de jeu formidable, comme l’a dit Loïc : « C’est super pour le ski, la mon-

tagne et tous les sports que nous pouvons faire dans la région. ». C’est un fait, les jeunes sportifs de la région peuvent exercer une multitude de sports tout en restant au village ou dans les environs. Je pense que c’est un point positif à entretenir, tout en proposant des activités différentes aux jeunes qui pratiquent moins de sport, dans le contexte peut-être d’un local des jeunes (mais je me répète, je sais…). Enfin, voilà ce qu’Endrit m’a répondu : « Je vais être honnête, c’est pas un village pour les 18 - 20 ans. Sans le permis, on se retrouve vite bloqué dans le village à devoir faire du stop ou attendre le train toutes les heures. Je passe le plus clair de mon temps hors du village à cause de mes études, donc ça ne me dérange pas trop. J’aime quand même beaucoup le village, il est magnifique et calme (peut-être trop ?). » Sa pensée résume clairement celle de la majorité des jeunes concernés par mon

article. Selon moi, il est important que nous (les jeunes, les autorités communales et tous les gens intéressés par le futur de la jeunesse champérolaine) mettions en place des solutions qui permettraient aux prochaines générations de grandir, de mûrir et de vieillir dans le village, et d’éviter que nous devions tous partir. Pour l’école on est obligés d’aller plus loin, pour travailler plusieurs seront obligés d’aller plus loin. Et si les logements sont trop chers on devra aussi aller plus loin. Je remercie les jeunes qui ont accepté de répondre à mes questions. Certes cet article n’est pas tout rose, mais il ne faut pas non plus voir seulement les points négatifs : nous avons tous passé de très beaux moments au village et ce n’est certainement pas encore fini, espéronsle ! Pour terminer, je citerai Alain : « Champéry nous offre un décor magnifique, à nous de créer notre histoire ! » Alexia Trombert

Champéry, « village hôte » de l’édition Rock the Pistes 2016 !

R

ock the Pistes Festival c’est un concert, un lieu et une piste différents chaque jour pendant toute une semaine, sur le domaine franco-suisse des Portes du Soleil. Des artistes internationaux se donnent en spectacle dans une ambiance extraordinaire et un décor à couper le souffle.

© Sylvain Cochard

L’année dernière, c’est la prestation de Dub Inc aux Crosets qui a enregistré la plus grosse fréquentation du festival, et

nous entendons bien accueillir autant si ce n’est plus de visiteurs en 2016 avec Gotthard! Ce groupe mythique que l’on ne présente plus, mettra le feu sur scène avec un rock 100% helvétique. Le show sera, une fois encore, assuré au lac du Chaudron. Nouveauté, pour sa 6e édition, Champéry a été désigné « village hôte » du festival. Une première pour une station suisse et l’occasion de montrer à tous qu’ici, on sait recevoir et faire la fête ! Au programme : des concerts variés au festival off sur la place du téléphérique tous les soirs durant une semaine et des animations dédiées à la musique, mais surtout des souvenirs inoubliables gravés dans les mémoires de chacun! Tous les acteurs de 31

Champéry seront présents pour accueillir nos visiteurs et mettre en avant notre belle station dès le samedi 12 mars avec une soirée d’ouverture sur les chapeaux de roues au cœur du village. Profitez du Pass Ski Concert, créé pour l’occasion : 7 jours pour le prix de 5 (en vente en ligne uniquement sur www.skipasschampery.ch ) 1er concert sur les pistes le dimanche 13 mars à 13h30 avec Gotthard aux Crosets. Clôture du festival le samedi 19 mars avec une dernière soirée à décoller les sommets des Dents-du-Midi ! Le programme complet est à retrouver sur le site www.rockthepist.com Vous l’aurez compris, cette semaine est d’ores et déjà à réserver dans vos agendas! Charlène Durand-Garcia pour l’Office du Tourisme


Visages d’ici et d’ailleurs Yves, c’est la vie Yves Nouchi, grand amateur de contrepèteries et de jeux de mots appréciera: Yves est l’anagramme de vie ! La maladie a peut-être entamé son appétit, mais pas son rire, puissant, contagieux, ni ses coups de colère contre tout ce qui est mou ; encore moins son amour indéfectible pour Champéry, le village dont il est tombé amoureux à 7 ans, et où il se sent toujours bien à 80 ans.

J

ustement, si vous rencontrez Yves ce 15 décembre, souhaitez-lui bon anniversaire. Il les fêtera au « Chalet Nouchi », avec son épouse MarieLouise et toute la grande famille : Solica et Alain, Sandra et José, Cynthia et Alex, Nathan, Antoine, Arthur, Lili, Eli, Yoni et Tali. Et sûrement au bistrot avec ses fidèles copains joueurs de cartes. C’est sa mère, Lili Janssens, qui a le coup de foudre dès sa première visite au Val-d’Illiez, en 1942. L’été suivant, elle y emmène ses enfants. Pour Yves, c’est le début d’une longue histoire d’amour avec notre village, qu’il préfèrera toujours à tous les autres : Dieu sait pourtant s’il a bourlingué, promené sa haute silhouette dans le monde entier, où il a exercé son métier de journaliste, rédigeant des milliers d’articles de sa plume alerte pour des quotidiens français et pour des revue spécialisées dans le tourisme. Cet amour pour Champéry lui donne des ailes, inlassablement il traverse la frontière entre la France et la Suisse pour faire la promotion du nouveau domaine international des Portes du Soleil. Aujourd’hui, l’accès aux douze stations est une évidence ; c’est le fruit de rencontres, d’écoute et de négociations, dans lesquelles Yves a joué

un rôle essentiel de liant, construisant des ponts entre les Valaisans et les Hauts-Savoyards, et faisant connaître notre station dans les pays francophones. C’est ce travail de communicateur que la commune récompense en lui offrant la bourgeoisie d’honneur1 de Champéry, rien de moins. Lors de la cérémonie du 26 décembre 1995, Georges Mariétan, le président d’alors, fait l’éloge de son engagement dans le développement touris-

tique de Champéry à travers ses activités de journaliste dans le contexte franco-suisse. « En tant que Français établi à Champéry, Yves Nouchi suivait ça de près, il était présent lors de toutes les manifestations de la création des Portes du Soleil : il avait un fort rayonnement grâce à sa personnalité bien sûr, mais aussi à ses innombrables relations dans le milieu de la presse, du tourisme, du sport (il était président de l’association des journalistes de France). Son action dans les journaux français est remarquable : tout en restant objectif, il sait mettre en évidence nos principaux atouts. Nous lui avons manifesté notre reconnaissance. Les années ont passé, mais nous n’avons pas oublié cela. » D’ailleurs Yves continue à écrire, et pas seulement pour Le Messager Champérolain dans son numéro… 80 ! De sa plume alerte il donne du relief aux paysages, des rondeurs aux serveuses, une voix aux montagnards. Souhaitons-lui, et souhaitons-nous d’entendre longtemps encore l’écho de son rire escorté des effluves de son cigare. Cynthia Defago 1

Avant lui, seul Charlie Légeret avait eu cet honneur.

Maria Perrin, point par point

C

hez Maria et Jean-Denis Perrin, il y a des magnifiques cloches, fabriquées par l’artisan fondeur, qui a transmis son savoir-faire et remis son atelier à leur fils Hugues. Mais il y a aussi des belles nappes en lin ancien, finement

brodées, sur la table et sur le buffet. « Le goût pour les travaux manuels, j’en ai hérité des femmes de la famille, qui m’ont transmis le sens artistique. Il faut aussi avoir de la patience et de la persévérance pour terminer un travail. 32

Le savoir-faire me vient en partie de ce que j’ai appris à l’école ménagère : j’aime tricoter, faire du crochet, du patchwork, et surtout de la broderie. J’ai toujours des idées et des envies. J’ai toujours du plaisir à la création. » Maria


montre un pièce sur laquelle elle a brodé des bouquets de roses aux délicats tons pastel, à l’aide d’une technique dite « peinture à l’aiguille » : autrement dit, elle brode avec un fil unique, le motif reste plat, il n’y a pas de volume en relief comme dans le point de croix ou la broderie au ruban. « J’aime tant les fleurs » dit-elle en retournant le tissu : le dessin est aussi beau derrière que devant, c’est un travail remarquable, qui rappelle l’aquarelle.

ment la date de 2014. Chacun des douze petits carrés met en scène le détail des différents points, avec leur nom. La trame irrégulière de la pièce de lin ancien rehausse la délicatesse du travail. Enfin, l’encadrement met l’ensemble en relief.

Une autre sorte de broderie traditionnelle est la broderie au ruban, qui permet de donner du volume et de la matière aux créations. De délicats rubans de soie, de satin ou de coton, glissés dans le chas de l’aiguille, sont travaillés de la même manière qu’un fil mouliné ou retors. Associés aux points appropriés, ils forment les fins pétales d’une rose, les étamines d’un lys, la fleur pompon d’un dahlia ou encore le feuillage d’une couronne végétale en trompe-l’œil.

Maria est très contente de voir son œuvre encadrée : « Je ne me rendais pas compte de l’effet que cela donnerait. C’est une grande satisfaction de terminer une pièce, et qu’elle trouve sa place chez quelqu’un qui l’apprécie à sa juste valeur. Après tout, chaque pièce est unique ! »

Ici Maria a brodé au point de feuille et au point de nœud la guirlande de feuillage et fleurs qui entoure gracieuse-

Cynthia Defago

Enrique Huante : « My work reflects my love of color and life »

N

é en 1962 à San Diego, Californie, l’artiste-peintre américanomexicain a posé ses valises et ses pinceaux au grand chalet Diana à Champéry en 2012. Un moment de

grand chambardement : auparavant il avait travaillé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne dans la restauration et dans la banque… Depuis lors, il a fait de son hobby, la peinture, une activité « full time » et sa raison de vivre : pas étonnant dès lors qu’on l’aperçoive au détour de la route avec ses jeans maculés de peinture, son chevalet posé à côté de sa Jeep verte, ses tubes de couleur et ses pinceaux déployés par terre, brossant sur de grandes toiles des paysages exubérants dans une profusion de couleurs vives. Souvent il peint au bord d’un torrent 33

ou de la Vièze, dont le tumulte l’enchante et l’isole de tout vague à l’âme... Enrique accueille toujours avec un grand sourire les curieux qui n’ont pas peur de le rejoindre au milieu du courant frémissant de l’inspiration. Enrique vit dans son monde, ses pinceaux tracent joyeusement les paysages d’ici, qu’il aimerait pouvoir tous saisir. « À la maison on croule sous les toiles, jusqu’au balcon… mais je ne peux plus m’arrêter de peindre ! » Exposition-vente durant la saison d’hiver au restaurant l’Atelier Gourmand et à la Galerie Moser à Montreux en avril. www.quique.ch


> Visages d’ici et d’ailleurs

"Chalets de Champéry" – Charme et authenticité Le beau livre « Chalets de Champéry » reproduit les trente aquarelles réalisées par Florence Vernerey entre 2010 et 2015. En face de chaque dessin, un court texte raconte l’histoire du chalet représenté. L’artiste nous invite à une promenade romantique dans le village qui l’a vue grandir, où elle a choisi de s’établir en 2010, pour ses soixante ans. Cette même année, elle prend la nationalité suisse, avec pour lieu d’origine Champéry. « Ce livre est dédié à la mémoire de mon arrière-grand-père Ignace Chapelay et de mon arrièregrand-mère Innocente née Exhenry ». Voilà qui est clair : Florence est champérolaine dans l’âme.

F

lorence est heureuse du résultat de l’exposition montrée en août dernier à l’espace Raiffeisen : elle en a vendu les trois-quarts, ainsi qu’un bon nombre de livres. « Je suis rentrée dans mes frais, ouf ! L’édition du livre m’a demandé beaucoup de temps et de rigueur. Mon mari Olivier était mon sponsor, mais je lui ai tout remboursé, j’en suis fière. » L’indifférence est dangereuse « C’est en dessinant à l’aquarelle les chalets de Champéry que je me suis aperçue que certains d’entre eux avaient depuis été détruits, et que d’autres étaient menacés de l’être… Cela m’a fait prendre conscience du trésor qui nous entoure, et dont on ne voit plus toujours la beauté à force d’habitude. L’indifférence est dangereuse, pas

seulement dans nos relations avec notre environnement. Moi, je suis une passionnée : mes aquarelles sont une déclaration d’amour au village où j’ai passé toutes mes vacances, où j’ai d’ailleurs rencontré Olivier » dit Florence en levant ses yeux verts sur les Dents-du-Midi. Un parcours en « coups de cœur » Ainsi naît le projet d’immortaliser ces beaux chalets que Florence admire lors de ses promenades. L’artiste commence par illustrer avec pertinence une série de détails architecturaux, pour lesquels elle s’est assurée le conseil d’Emmanuel Gex-Fabry, menuisier à Val-d’Illiez. Ses pinceaux font revivre le chalet « Montagnier », disparu en même temps que l’allée de platanes qui bordait la route à l’entrée du village. Le ton est donné. Dans les

34

pages suivantes, elle nous invite à découvrir ses coups de cœur, le long d’un parcours qui grimpe en zigzag jusqu’au chalet « Edmond Clément » sur la route de Planachaux, qui a d’ailleurs appartenu à sa famille (Ignace Chapelay). Au fil du chemin se dessine un ensemble cohérent, à la fois recueil d’actualité et témoignage des habitations qui n’existent plus que dans les mémoires. Pour peindre ses aquarelles, Florence a patiemment étudié l’architecture des chalets : les toits « en sifflet », l’enchevêtrement des madriers, les damettes des balcons, les géraniums en cascades, les poutres sculptées, les motifs des volets, les croix typiques de la vallée sont autant d’éléments représentés


avec l’ambition de documenter précisément le patrimoine local. Précision et imprécision… « C’est ma plus grande difficulté : le peintre est constamment dans une dualité entre montrer chaque détail et rester libre dans son interprétation. J’ai fait de mon mieux, avec l’aide de mon professeur d’aquarelle Catherine Maria Chapel. » Derrière les façades brûlées par le soleil… Il y a la petite histoire de chaque famille, que l’artiste a pris le temps d’écouter. Elle les a transcrites dans son style simple, restituant avec humour et tendresse la chronique des lieux, le charme désuet des jardins. Les textes fourmillent de détails qui

en disent long sur notre passé et notre présent, et qui nous engagent à réfléchir à notre avenir : celui-ci devrait être un « mariage réussi de l’ancien et du moderne, qui allie parfaitement le charme du chalet traditionnel et les contingences de la modernité. » Reconnaissant la nostalgie qui la tourmente parfois, Florence prend position contre ceux qui projettent une cité « bétonnée, neuve, sans âme et si pratique ». Florence Vernerey aime Champéry, son refuge à l’heure de la retraite (elle a pratiqué comme médecin-dentiste pendant trente ans à Paris et à Genève). Elle a transmis son attachement à ses enfants Nicolas et Diane, et à ses cinq petits-enfants. Elle-même l’a reçu de sa mère Monique Chapelay, qui avait d’ailleurs exposé ses peintures et sculptures à Champéry.

Les aquarelles encadrées sont en vente à La Loggia, ou chez Florence, au prix de CHF 500 y compris un exemplaire numéroté du livre. Les livres (au prix de CHF 50) sont en vente au Bazar de la Poste, à La Loggia, à l’Office du tourisme, à la librairie « Aux Jeunes Filles en Fleur » à Monthey, et chez Florence : Chalet « Les Vernes » 078 878 42 96. « En guise de conclusion, j’aimerais citer mon voisin et ami Yves Nouchi : « Champéry a ses sortilèges qui effacent toutes les imperfections et envoûtent le visiteur. On tombe amoureux et on pardonne tout. » D’ailleurs, je reprends mes pinceaux et je continue ! » Cynthia Defago

Bienvenue à l’abbé Jean-Michel Moix Depuis le mois d’août, le val d’Illiez a la chance d’avoir un prêtre supplémentaire pour épauler le curé Gérald Voide dans ses multiples fonctions pastorales. Prendre soin de 7500 brebis n’est pas de tout repos, même pour deux « jeunes » bergers : (le curé Voide a 55 ans et l’abbé Moix en a 48). Il leur faut se montrer solides dans leur foi et sur leurs jambes pour parcourir les cinq villages et les trois paroisses où sont dispersés leurs fidèles entre Troistorrents, Val-d’Illiez et Champéry, auxquels s’ajoutent Morgins et Champoussin.

L

’abbé Moix nous pardonnera un petit péché d’égoïsme : les paroissiens sont heureux de voir la cure de Champéry à nouveau habitée. La commune y a fait des travaux de rénovation (l’entretien des locaux paroissiaux est à la charge de la commune).

j’ai été vicaire pendant deux ans. Puis j’ai passé une année au Québec, en lien avec la communauté « Famille Myriam Bethléhem ». De retour au pays, j’ai été auxiliaire une année dans le val de Bagnes en même temps que je devenais aumônier à temps partiel… en milieu hospitalier, à Sion puis à Sierre. Depuis l’automne 2000, j’ai été curé de Granges, et de 2003 jusqu’à 2010, curé in solidum pour Granges et Grône. C’est à partir de l’automne 2010 que je suis revenu dans mon village natal de Saint-Martin.

Bienvenue au village ! Monsieur l’abbé, quel a été votre parcours avant d’arriver ici ? Durant les cinq dernières années, j’ai résidé dans le Valais central, au Val d’Hérens, où j’étais curé pour les petites paroisses de Saint-Martin, Mase, Vernamiège et Nax, paroisses qui totalisent environ 2000 habitants. Je suis du reste originaire de Saint-Martin, comme mon nom de famille l’indique. J’y ai été baptisé en 1967, et plus tard le 8 décembre 1996, j’y ai été ordonné prêtre. Ma première étape en tant que prêtre a été Savièse, où

Une chance pour vous, et pour vos ouailles, ce retour à la maison ? On est en famille (j’ai deux frères et une sœur). Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est pas toujours facile : (sourire) nul n’est prophète en son pays. Maintenant je suis ici. J’ai quitté une montagne pour une autre montagne. 35


> Visages d’ici et d’ailleurs (perdrix des neiges) qui s’éloignait ou qui cherchait à attirer mon attention… Comment s’organise votre collaboration avec le curé Gérald Voide dans votre apostolat commun ? Nous nous connaissons depuis de nombreuses années, et les débuts s’annoncent prometteurs. Nous nous sommes répartis les tâches, dans un esprit de fraternité et de collaboration. Je n’ai pas la prétention de « révolutionner » ce qui se fait déjà. J’y viens d’ailleurs non en tant que curé, mais en tant que vicaire, ayant à l’esprit l’idée de rendre service. Je vois ma mission de prêtre comme celui qui met en contact les âmes avec Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Dieu. Car celui qui « possède » Jésus a tout !

Justement, quelle relation avez-vous avec la montagne ? La montagne évoque pour moi de grands espaces encore un peu sauvages, parsemés ici et là de mayens, et plus haut d’alpages, et traversés par des sentiers de randonnées… Dans le Val d’Hérens, j’aimais parcourir, à pied, les alpages de l’A Vieille, Loveignoz, La Louère, Bouzerou, Mandelon, Essertze, Noveli, Chemeuille, Arbey, Cotter, Bréonnaz, Ferpècle, Arolla,…

La Fête de l’Amitié, organisée par la commune début novembre vous a donné l’occasion de rencontrer les gens d’ici Oui, et j’ai eu le plaisir de goûter de bonnes raclettes faites avec trois fromages d’alpages différents ; comme j’ai bon appétit, je me suis régalé. Cet appel à l’amitié lancé par vos autorités à la population a réuni une centaine de personnes, dont une douzaine de couples qui ont reçu des mains de Madame Heidi Emery une corbeille fleurie pour leur jubilé de mariage de 35, 40, 45, 50, et même 65 ans de vie à deux ! C’est une grâce de parvenir à s’entendre si longtemps, on dirait même qu’ils se sont bonifiés avec le temps. Il y avait parmi eux plusieurs couples venant d’ailleurs, et qui ont choisi Champéry pour y « faire leur nid ».

A présent dans le val d’Illiez, bien que les montagnes soient moins hautes, j’y ai découvert aussi des alpages (avec des buvettes). Et je me promets, lorsque l’été reviendra, d’y faire des balades. Je pratique essentiellement la marche, sans rechercher la performance… J’ai dû renoncer au ski (des soucis au niveau des genoux). Pendant des années j’ai pratiqué également le ski de fond, sur Evolène. Une anecdote ? J’aime aussi parfois sortir des sentiers battus et m’engager sur d’anciens chemins, ou sur des tracés d’anciens bisses. Et on fait alors quelques fois des découvertes. C’est ainsi qu’un jour, du côté des mayens d’Eison, au mois de mai, j’ai risqué de marcher sur un faon, recroquevillé sur lui-même. C’était attendrissant… mais je me suis gardé de le toucher. Une autre fois, ayant passé le col du Tsaté, en redescendant sur La Forclaz, à 2500 m., j’ai découvert une maman belette (sauf erreur) avec ses trois petits, qui s’étaient réfugiés sous un rocher, car des oiseaux en « avaient » avec les petits… Une autre fois encore, du côté de la Maya, sur les hauts du vallon de Réchy, j’ai failli marcher sur des oisillons. Quelques instants plus tôt, je venais de voir une maman lagopède

Un message aux Champérolains ? Je suis d’un tempérament plutôt réservé, voire timide. Mais cela ne m’empêchera pas, par exemple, d’accueillir avec plaisir toute personne qui sonnera à la cure de Champéry. Je prie Dieu, avec les saints patrons de nos paroisses : Saint Théodule, Saint Maurice et ses compagnons martyrs, Sainte Marie-Madeleine, de bénir tous les habitants de la vallée d’Illiez. Et je leur demande de prier pour moi, pour que mon engagement ici à Son service soit joyeux et donne de bons fruits. Propos recueillis par Cynthia Defago

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Bonne fête Hyppolite Marclay

Heidi Emery (conseillère municipale, enseignement, affaires sociales, cultes) et Philippe Jud (vice-président, sécurité, santé sports) sont venus au nom des autorités communales remettre la traditionnelle enveloppe avec les meilleurs vœux du président Luc Fellay.

Né le 24 octobre 1925, Hyppolite est le cinquième des huit enfants d’Henri Marclay. De ses quatre frères et sœurs aînés seul Albert1 vit encore, ainsi que les trois plus « jeunes », Théodore, Marguerite et Marcel. De son union avec Clothilde, née Rey-Mermet, trois enfants sont nés, Marc-Henri, qui habite le chalet voisin de ses parents, sur la route de Planachaux, aux Parzes ; Agnès Mottaz habite Epalinges, et Marie-Thérèse Caltabiano à Fribourg. Et sept petits-enfants (Maryline, Stéphane, Cinthia, Hélène, Coralie, Fabien et Xavier) et deux arrière-petits-enfants (Karine et Vanessa). Clothilde nous salue depuis loin.

«L

e sobriquet des Marclay est « mulet », peut-être parce que dans la famille on est des solides et qu’on est d’accord de porter des lourdes charges » dit Marc-Henri en regardant son papa avec un sourire teinté d’admiration. Hyppolite a fait 35 ans en maçonnerie chez Rey-Mermet, et il continue de s’occuper de son pré, de son jardin potager et de son chalet, qu’il a tout refait et aussi ragrandi : il a construit un étage supplémentaire après que l’ouragan de 1962 ait emporté le toit !

Quand on était gamins, on allait jouer là, il y avait des vestiges, tels que des piliers, et aussi des boules de verre : c’était ce qui restait des vitres des vérandas, tellement que ça avait chauffé pendant l’incendie qui a tout détruit. Il y avait un poulailler là en bas dans le pré, en somme ça faisait tout un quartier aménagé avec des petits chemins, des murets qui entouraient des plats pour mettre les tables et les chaises de jardin » s’anime Hyppolite en se remémorant son enfance. « Malheureusement, je n’ai pour l’instant pas retrouvé une seule photo ou carte postale » ajoute Marc-Henri qui est passionné d’histoire et de généalogie des familles de la vallée.

À 90 ans, Hyppolite a toute sa tête, il est à peine courbé par l’âge, et il est resté fidèle à sa casquette qui le protège du soleil de novembre. Sa mémoire lui fait rarement défaut, alors il raconte des souvenirs et des anecdotes à ses visiteurs ébahis de découvrir des faits oubliés de l’histoire champérolain : « À la place de la maison occupée par mon fils, c’était un hôtel-pension tenu par des Anglais : ils recevaient des clients qui venaient se reposer à la montagne. Ce sont mes parents qui ont racheté la propriété. Ici, dans le bas de notre chalet, c’était l’endroit où ils rentraient les chars à charbon, et là c’était l’écurie à chevaux, puisqu’on montait avec des chevaux. L’hôtel a brûlé. 1

Sur la façade brunie par le soleil, les visiteurs découvrent une astuce : des bouteilles en plastic suspendues sous le balcon servent à mettre des graines pour nourrir les oiseaux : « C’est pas tant esthétique, mais cela empêche les écureuils de venir voler les graines » explique Hyppolite en souriant. Il fait chaud sur le replat devant le chalet, la vue sur les Dents-du-Midi est magnifique, quel bel endroit pour fêter un anniversaire, et pour célébrer la vie ! Cynthia Defago

Voir l’article d’Yves Nouchi dans le Messager N o 78 de décembre 2014 37


> Visages d’ici et d’ailleurs

Hôtes fidèles: famille Girod-Milliard

C

hère Cynthia,

Voici quelques commentaires à propos de cette photo familiale prise à l’occasion du baptême de Melchior Roux, notre 13e petit-enfant. Comme tu le sais, nous avions réuni cet été nos quatre enfants à Joli-Nid avec leurs maris et femmes ainsi que tous les petits-enfants. Au total 23 personnes. Le grand beau temps de cette première semaine d’août a été propice à de nombreuses balades et randonnées. Grâce à notre passé de vieux estivants champérolains, nous avons transmis à chacun l’amour de la montagne et l’amour de Champéry également. Toute cette aventure commence par nos deux familles à François- Xavier et à moi (Girod et Milliard) qui ont toutes les deux passé leurs vacances à Champéry. C’est le lieu de notre rencontre... et nous avons aujourd’hui 43 ans de mariage. En ce qui me concerne, c’est dès 1955 (j’avais alors à peine trois ans) que mon grand-père (André Milliard) loue la Soldanelle pour rassembler ses neuf enfants ainsi que leur nombreuse descendance. Parmi ces oncles, tantes et cousins, nombreux sont ceux qui sont revenus pendant un grand nombre d’années et chaque lieu de pique-nique ou coin de piscine me rappelle des souvenirs hauts en couleurs.

De gauche à droite (les adultes uniquement): Clémentine et Benjamin Girod, Arnaud et Clementine Roux (Girod) Françoise (Girod/Milliard) et François-Xavier Girod, Gaelle (de Broissia/Girod) et Jean de Broissia, Cédric et Geneviève Girod.

De son côté, François-Xavier, qui est né et a grandi à Genève, a également passé ses vacances à Champéry avec ses parents, Jean Girod (aujourd’hui décédé) et Michèle Girod (aujourd’hui en EMS à Genève). C’est donc tout naturellement que nous avons continué à arpenter ces sentiers que nous aimons avec nos enfants et à dévaler les pentes neigeuses chaque année.

enfants vivent aux quatre coins du monde, Champéry n’est plus aussi tourné vers les “familles”..., mais notre attachement reste intact. Nous avons gardé dans ce coin de vallée de nombreux amis (du pays ou d’ailleurs) que nous avons plaisir à retrouver, et à l’heure de la retraite, nous profitons dès que possible des occasions d’aller respirer l’air pur et de nous ressourcer dans notre beau village.

Aujourd’hui tout a bien changé, nos

Françoise Girod née Milliard

Photo de gauche: ma tante Mylène à la piscine | Photo de droite: de gauche à droite: mes grands-parents: André et Marguerite Milliard, trois de mes tantes: Françoise, Mylène et Michèle et le fiancé de l’une d’elles, les enfants sont: ma soeur aînée Dominique, mes cousins Claude Maurel et Marie Desbief et enfin Françoise et Laurence Milliard (moi et ma soeur). 38


Carte postale Nous sommes depuis 2011 au Chili où nous avons ouvert deux chocolate bars dans lesquels nous servons des boissons chocolatées faites avec de purs chocolats tous d’origine sud-américaine. Nous avons appris le métier de chocolatier à Sierre puis avons transformé ce savoir en une nouvelle discipline, "barista du chocolat". Cette année, nous nous sommes lancés dans une aventure de trois mois à travers le Japon pour le redécouvrir autrement: c’est un pays qui vit avec des contrastes visuels inégalés, tels ses centres-villes surpeuplés et suréclairés, mais aussi ses temples où la frénésie fait place au calme intemporel. Nos meilleures salutations aux Champérolains qu’on se réjouit de revoir fin décembre. Olivier Lomazzi et Javiera Ramirez

Aux lecteurs du Messager Champérolain

CH-1874 Champéry Switzerland

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Javiera et Olivier à Dotonbori, Osaka

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Olivier Lomazzi est le fils d’Alain et de Geneviève, née Défago et le petit-fils de Paul Défago, menuisier à la retraite, et de Myrose née Ecoeur, la fille de l’ancien cordonnier.

sieurs villes d’Europe ? » donne à réfléchir : la réponse la plus fréquente était « je vais éviter les grands rassemblements et les lieux de haute fréquentation touristique, je vais moins me déplacer en attendant que cela se calme ». Le temps des voyages tous azimuts à tout prix, déjà en déclin depuis quelque temps, semble aller vers sa fin. Si c’est un désastre pour les pays dont l’économie mise complètement sur le tourisme, cette attitude représente aussi un « bol d’air » pour l’écologie (un sujet brûlant du sommet de Paris sur le changement climatique), et peut-être une chance pour les destinations qui ont su contrôler leur développement. Champéry fait-il partie de ces dernières ? La présence des montagnes est rassurante, pour nous et pour nos hôtes. La neutralité helvétique, notre sérieux au travail, notre discrétion et notre prudence en matière d’argent, tout comme notre légendaire lenteur en politique représentent des valeurs sûres et sécurisantes : elles pourraient relancer le tourisme de proximité si nous travaillons sur nos grands atouts : la tradition de qualité, l’innovation, et bien sûr la beauté préservée de nos paysages. La Suisse jouit d’une position privilégiée, en temps de crise cela saute aux yeux. Mais restons éveillés, attentifs à ce qui se passe autour du camp des Helvètes, au-delà de nos Dents-du-Midi. Cynthia Defago

Le billet de la rédaction Au moment de mettre Le Messager sous presse, avec tout plein d’articles intéressants qui racontent la vie locale et qui reflètent une sorte de bonheur à être champérolain(e)s à l’abri derrière nos montagnes, il m’est impossible de résister à l’assaut de l’actualité. La confusion règne dans le monde et dans les esprits. Les actes de terrorisme chez nos voisins français font peur, la complexité des interventions armées dans les pays du Proche-Orient nous font mesurer l’imbroglio dans lequel vivent ces populations. Et puis la foule des réfugiés en marche nous interroge sur notre capacité et notre volonté d’accueil. Tout cela questionne nos valeurs fondamentales: entre ouverture des frontières ou repli sur soi, où se fixent nos limites ? Comment fera l’Europe pour intégrer tant d’exilés de tant d’origines différentes ? Est-ce encore possible de vivre, travailler et prospérer dans un monde où les frontières sont devenues incertaines, tant pour les hommes que pour les marchandises, causant d’innombrables frictions sur le plan social, culturel et religieux ? Dans le journal du matin, un petit sondage « qu’est-ce qui va changer dans votre vie après les actes terroristes commis à Paris le 13 novembre et les menaces d’attentats dans plu39