Issuu on Google+


RAF SIMONS, ouverture du bal d’ Antwerp. R. A. F. ,trois lettres pour une vision nouvelle de l’Homme. Le travail d’un artiste pour redéfinir les standards masculins. C’est un peu ça RAF SIMONS. Neerpelt, Belgique. Le commencement d’une histoire.Enfance inintéressante. Adolescence sans intérêt. Ce qui vous intéresse, lecteur, commence en 1991.Diplômé en design industriel, il commence par travailler dans la décoration d’intérieur pour particuliers ou galeristes. Son travail le plus intéressant prend forme sous la direction de Walter Van Beireindonck et ses multiples showrooms. En 1995, il opère un changement radical et devient un autodidacte de la mode masculine avec la création de sa marque éponyme RAF SIMONS. Succès immédiat. Croissance rapide, certainement trop rapide. En 2000, il abandonne la direction de la marque et organise une profonde remise en question de son oeuvre. Dépassé, il explique clairement son besoin de se ressourcer,de retrouver l’essence de son travail, profondément détérioré par la tournure ” business” que prend la marque. Il revient peu de temps après, en 2001, et s’entoure désormais d’une équipe réduite de collaborateurs. Ambiance intimiste pour résultats exceptionnels. La critique est unanime. RAF SIMONS est une renaissance. Il sera nommé professeur référant du département mode de l’Université des arts appliqués de Vienne jusqu’en 2005 . Recevra le premier prix des Swiss Textils Awards en 2003. Indicateur de succès, il lance en 2005 RAF by RAF SIMONS, ligne adjacente à la mainligne. Son public se diversifie gentiment. La même année,consécration lorsqu’ il est nommé directeur artistique de l’excellente JIL SANDERS, ce qui lui permet, enfin, d’étendre son talent à la mode féminine.Pour certains c’est une claque, pour d’autres l’approche est trop simpliste. Sa premier saison apporte un nouveau souffle, certainement sa plus belle signature. Il redéfini durablement la silhouette de la femme, et impose sa vision minimaliste. Ses magasins fleurissent en Europe et, surtout, au Japon. Ses collaborations suivent dans la foulée avec les sacs Eastpack ,Doc Martens et Fred Perry depuis 2008.


Comme il le dit lui même, la démarche de son travail et le message qu’il nous délivre prend forme dans l’acceptation et la fierté de notre propre personnalité.Il s’identifie par l’alliance improbable de l’énergie des subcultures jeunes des années 90 et le savoir faire des plus fins tailleurs pour homme. Le perfecto rencontre le pantalon à pince, et ce, pour notre plus grand plaisir. RAF SIMONS peut seulement se définir par ce qui n’existait pas avant lui.Bienvenue à Anvers.

Ann Demeulemeester, suite de notre voyage à Anvers. Cette fois ci, nous nous baladerons dans des ruelles plus sombres, d’une géométrie parfaite, des ruelles qui sentent le souffre, qui refoulent cette odeur âcre qui vous prend au coeur mais qui, cette fois ci, ne vous inspirera non pas du dégout, mais un frisson de malice. Des ruelles plus Ann D’ au final. Mais Ann D’ c’est surtout un parcourt, une approche bien à elle, que l’on peut retracer en quelques dates. 1978/81 , formation a l’Académie Royale des Beaux Arts d’Anvers. 1982, remporte le prix de la Canette d’or, récompensant les jeunes artistes les plus prometteur de l’année. Un bien bel avant propos pour cette future icône. Première collection présentée en 1987, réussite, et premier show à Paris en 1992. Son travail y est reçu avec un grand intérêt. 1992, année charnière. Début de “White shirt ( for Mallarmé )” en collaboration avec Rodney Graham. Suivit de «Stars don’t stand still in the sky» Hommage à Mallarmé. Pour moi, son travail à la symbolique la plus importante ( ne serait ce que par


amour pour la poésie de Mallarmé …). Basé sur le poème en prose “Le démon de l’Analogie”, c’est par une toute nouvelle approche qu’ils souhaitent décrire le trouble qu’est Mallarmé. Tout réside dans la précision du détail, la recherche de la poésie par le tissu, une certaine communion nostalgique avec la matière. 21 chemises furent produite, numérotées et signées du nom de Mallarmé et son poème. Le démon de l’Analogie. Des paroles inconnues chantèrent-elles sur vos lèvres, lambeaux maudits d’une phrase absurde ? Je sortis de mon appartement avec la sensation propre d’une aile glissant sur les cordes d’un instrument, traînante et légère, que remplaça une voix prononçant les mots sur un ton descendant: « La Pénultième est morte », de façon que La Pénultièmefinit le vers et Est morte se détacha de la suspension fatidique plus inutilement en le vide de signification. Je fis des pas dans la rue et reconnus en le son nul la corde tendue de l’instrument de musique, qui était oublié et que le glorieux Souvenir certainement venait de visiter de son aile ou d’une palme et, le doigt sur l’artifice du mystère, je souris et implorai de vœux intellectuels une spéculation différente. La phrase revint, virtuelle, dégagée d’une chute antérieure de plume ou de rameau, dorénavant à travers la voix entendue, jusqu’à ce qu’enfin elle s’articula seule, vivant de sa personnalité. J’allais (ne me contentant plus d’une perception) la lisant en fin de vers, et, une fois, comme un essai, l’adaptant à mon parler; bientôt la prononçant avec un silence après « Pénultième » dans lequel le trouvais une pénible jouissance : « La Pénultième » puis la corde de l’instrument, si tendue en l’oubli sur le son nul, cassait sans doute et j’ajoutais en manière d’oraison : « Est morte. » Je ne discontinuai pas de tenter un retour à des pensées de prédilection, alléguant, pour me calmer, que, certes, pénultième est le terme du lexique qui signifie l’avant-dernière syllabe des vocables, et son apparition, le reste mal abjuré d’un labeur de linguistique par lequel quotidiennement sanglote de s’interrompre ma noble faculté poétique la sonorité même et l’air de mensonge assumé par la hâte de la facile affirmation étaient une cause de tourment. Harcelé, je résolus de laisser les mots de triste nature errer eux-mêmes sur ma bouche, et j’allai murmurant avec l’intonation susceptible de condoléance : « La Pénultième est morte, elle est morte, bien morte, la désespérée Pénultième » , croyant par là satisfaire l’inquiétude, et non sans le secret espoir de l’ensevelir en l’amplification de la psalmodie quand, effroi! - d’une magie aisément déductible et nerveuse - je sentis que j’avais, ma main réfléchie par un vitrage de boutique y faisant le geste d’une caresse qui descend sur quelque chose, la voix même (la première, qui indubitablement avait été l’unique). Mais où s’installe l’irrécusable intervention du surnaturel, et le commencement de l’angoisse sous laquelle agonise mon esprit naguère seigneur c’est quand je vis, levant les yeux, dans la rue des antiquaires instinctivement suivie, que j’étais devant la boutique d’un luthier vendeur de vieux instruments pendus au mur,terre, des palmes jaunes et les ailes enfouies en l’ombre, d’oiseaux anciens. Je m’enfuis, bizarre, personne condamnée à porter probablement le deuil de l’inexplicable Pénultième. 1996, le gouvernement Belge lui accorde le prix de la culture. De 1994 à 2004, elle collabore de nombreux projets, allant du meubles aux bijoux. Elle élabore de plus de nombreuses expositions présentées at The Metropolitan Muséum of Art de New York puis au Carrousel du Louvres et au Musée de la mode et du textile de Paris ( et bien d’autres encore! ). 2005, présentation de ça première collection pour Homme. Même approche, même succès. En 2006, elle est invité d’honneur du festival de Hyères, joliment nommé pour l’occasion “17xAnn de hier pour Hyères”.


2008, second travail qui mérite une attention toute particulière, l’élaboration de son étonnante “Collection Blanche”. Un simple regard en arrière et la créatrice nous surprend de nouveau, comme à l’époque. A White labelcrossing Timeclothes … They were once on a Demeulemeester collection Those pièces … We Still like to wear to have to have again Still requested Selected from The archives of 20 years Ann Demeulemeester. Voila qui est Ann Demeulemeester. Son travail entier est un tout, une oeuvre colossale qui mérite, si ce n’est d’être étudiée, d’être ne serait ce qu’effleuré.


Chambre Secrète I