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OCTOBRE - NOVEMBRE - DÉCEMBRE 2011 • N°4

DOSSIER SPÉCIAL

Objectif : un veau, par vache et par an 10 000 € : le gain moyen espérable de revenu pour un cheptel de 75 vaches... Calculs, conduites techniques... Pages 9 à 20

CERTIPHYTO bientôt obligatoire : le bilan de la phase expérimentale en Corrèze.

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CHAMPIGNONS Valoriser la filière en Corrèze. Rencontre avec un producteur de Shiitaké.

GAEC ENTRE ÉPOUX Le cadre législatif, la portée de la réforme... Témoignage.

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L’AGENDA FOIRES GRASSES Brive.

Le 3 décembre (Foire grasse primée). Le 7 janvier 2012 (Foire grasse des rois). Le 4 février 2012 (Foire grasse primée). Le 3 mars 2012 (Foire de clôture). 7h-12h. Salle Georges Brassens. Contact : Mairie. Tél. 05.55.92.39.39

Neuvic. Le 18 décembre, 8h-12h. Contact : OT. Tél. 05.55.95.88.78

EXTRAITS DU CATALOGUE DE FORMATIONS Exemples de sessions innovantes, gratuites, sur mesure !!! ••• Gérer les risques sur son exploitation Objectifs : Identifier les risques, Mettre en place des mesures préventives Programme : Les différents risques potentiels, Les outils de gestion des risques, Coût / opportunité de ces outils, Mise en place d’une stratégie sur mon exploitation Intervenants et responsable de stage : Intervenants GROUPAMA et indépendants, Responsable : Guillaume MATHIEU 05 55 21 55 53 Dates et lieux : Deux sessions : Novembre et Décembre 2011. A Tulle.

••• Rationnement hivernal après la sécheresse Objectifs : Sécuriser le rationnement hivernal Programme : Calculer son bilan fourrager, Les rations possibles en fonction des lots d’animaux et des stocks Intervenants et responsable de stage : Conseillers agricoles de chaque canton et Romain FARON Ingénieur production viande bovine également responsable de stage. Tél. 05 55 21 55 66 Dates et lieux : 25 Journées en novembre et décembre ; Une journée par canton.

FOIRE PRIMÉE AUX CHAPONS Brive. Le 10 décembre, 7h-12h Salle Georges Brassens. Contact : Mairie. Tél. 05.55.92.39.39

FÊTE INTERNATIONALE DE LA TRUFFE 2012 Brive. Les 3, 4, 5 février 2012

••• Développement personnel : Quand le bonhomme va, tout va. Objectifs : Gagner en sérénité pour mieux piloter sa vie Programme : Mise en évidence de l’importance du bien être de l’exploitant sur le

déroulement de ses vies professionnelle et privée, Acquérir des techniques de travail sur soi, Utiliser des outils pratiques de développement personnel Intervenant et responsable de stage : Jean François MATHIEU. Tél. 05 55 21 55 53 Dates et lieux : 8-15-22 Décembre. Région : à définir en fonction des inscriptions. Retrouvez toutes nos formations sur le site : www.synagri.com ou sur catalogue en contactant : Gladys FROMENTIN. Tél. 05.55.21.54.60

Contact : Chambre d’agriculture, Hervé Coves. Tél. 05.55.86.32.33

AVRIL - MAI -JUIN 2011

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FOIRES AUX VEAUX DE LAIT Brive. Non

primée le 15 novembre. Primée le 20 décembre. Contact : Mairie. Tél. 05.55.92.39.39

Monceaux-sur-Dordogne. Primée avec enchères le 9 décembre. Contact : Mairie. Tél. 05.55.28.06.95

Objat. Non

primée le 22 novembre. Primée le 29 novembre et le 13 décembre. Non primée le 27 décembre. Contact : Mairie. Tél. 05.55.25.81.63

St-Augustin. Primée le 5 décembre. Contact : Mairie. Tél. 05.55.21.32.77

Informations professionnelles, formations...

Employeurs : pour lecture et abonnement gratuit de votre salarié Vous êtes salarié(e) de la production agricole de la Corrèze. Nous souhaitons conna tre votre adresse postale ou internet pour vous apporter une information gratuite et régulière, correspondant à votre profession.

POUR VOUS INFORMER La Chambre d’Agriculture va mettre en place une communication spécifique destinée aux salariés de la production agricole au travers : - de son site internet : www.limousin.synagri.com - de mails ciblés sur vous avec des liens renvoyant sur les nouveautés du site - de courriers si vous n’êtes pas connecté(e) à internet - de ce magazine avec cette page dédiée.

POUR VOUS PROPOSER DES FORMATIONS COURTES, PRÈS DE CHEZ VOUS ET ADAPTÉES À VOS BESOINS Vous pourrez ainsi recevoir chez vous tous les documents concernant votre actualité, vos droits et les informations administratives utiles.

Si vous êtes intéressés, n’hésiter pas à prendre contact avec Gladys FROMENTIN pour lui transmettre vos coordonnées complètes : Chambre d’Agriculture de la Corrèze - Service Formation Emploi • Immeuble Consulaire Puy Pinçon 19000 TULLE • tél. 05.55.21.54.60 • E.mail : gladys.fromentin@correze.chambagri.fr

FOIRES PRIMÉE AUX BOVINS GRAS Brive. Le 1er décembre, Le Foirail.

Contact : Mairie. Tél. 05.55.92.39.39

Lubersac. Le 7 décembre, la matinée. Contact : Mairie. Tél. 05.55.73.50.14

MARCHÉS DE NOËL DES PRODUCTEURS DE PAYS Pays de Haute-Corrèze à Ussel.

18 et 19 décembre, 9h-19h. Les dates des marchés de Noël de Ste-Féréole et Naves sur www.limousin.synagri.com : Rubrique Evénements.

Agri Cultures est édité par la Chambre d’Agriculture de la Corrèze : Immeuble Consulaire le Puy Pinçon - BP 30 - 19001 TULLE Cedex - Tél. 05.55.21.55.60 Fax 05.55.21.54.91 - www.limousin.synagri.com. Directeur de la publication : Pierre CHEVALIER. Rédacteur en Chef : Bernard DELPY. Comité de rédaction : Anne CHAMBARET, Jérôme BOURDEIX, Bruno BUNISSET, Sébastien CHAUZAS, Francis COSTE, Gilbert DELMOND, André ALANORE, Bernard BOUSSANGE, Hervé COVES, Bernard DELPY, Anne-Marie DUMASVIVIER, Eric LIONNET, Beno t LAC, Hélène SOUBRANE, Didier VIALLE. Conception graphique, secrétariat de rédaction : Plume Pudding - Brive Tél. 06.17.56.56.03. Crédits photos et illustrations : Chambre d’Agriculture Corrèze, Photothèque des Chambres d’Agriculture, Juliette JAURÉGUY, Fotolia. Impression : Maugein Imprimeurs Tulle. Dépôt légal et N°ISSN : 2115-8738 Agri Cultures est imprimé sur papier certifié PEFC (Norme qui garantit la préservation des forêts). Par la certification Imprim’Vert, Maugein Imprimeurs s’engage dans une politique de développement durable : ‘‘toutes les matières premières et consommables font l’objet d’un recyclage, d’un retraitement ou d’une élimination dans le respect des règles environnementales’’. Toute reproduction, intégrale ou partielle, des textes et illustrations de la revue est strictement interdite, sans accord préalable.

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SOMMAIRE

Edito

DOSSIER SPÉCIAL

Définir des perspectives

EN COUVERTURE :

En ces temps de crise pour l’ensemble des couches de notre société, notre agriculture bien sûr n’est pas épargnée. Dans ce contexte, chacun d’entre nous a des défis à relever et doit se définir sans délais des perspectives.

10 000 € : le gain moyen espérable de revenu pour un cheptel de 75 vaches... Calculs, conduites techniques...

Objectif : un veau par vache et par an

Quatre catégories d’agriculteurs se distinguent très clairement aujourd’hui.

Bruno Bunisset, Vice Président de la Chambre d’Agriculture de la Corrèze

PORTRAIT

Pages 4 à 6

Informatisation

Le témoignage de Francis Coste, éleveur à Sainte-Féréole.

Diversification

Portrait d’Alain Champagnac, producteur de Shitaaké à Chartrier-Ferrière.

Implication environnementale

A Saint-Sulpice-Les-Bois, l’élévage ovin du GAEC Moratille contribue à l’entretien des paysages.

FAITES-LE SAVOIR !

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Pages 7 et 8

Action Sécheresse : Retour sur les actions menées par votre Chambre d’Agriculture. Formation : Se préparer et réduire les coûts du contrôle obligatoire du matériel de pulvérisation.

ACTUALITÉS

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GAEC entre époux : un débat très ancien.

INFOS PRATIQUES

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Diminution des coûts : Des produits pour remplacer la paille. Certiphyto en Corrèze : Bilan et perspectives. PAT Auvézère : Un plan pour protéger notre ressource en eau.

TERRITOIRES

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Boisements :

Le point sur la réglementation des boisements en Corrèze.

INFOS EMPLOI Groupement d’employeurs : Une idée qui fonctionne. Silos boudins : Gare aux gaz mortels.

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La première représente ceux qui devront faire un choix à court ou moyen terme sur leur possibilité de rester agriculteur. Le contexte économique, les facteurs structurel, et conjoncturel doivent les amener à réfléchir à leur avenir. La Chambre d’Agriculture de la Corrèze est là pour les aider et les accompagner dans une éventuelle reconversion ou dans un changement d’organisation. La seconde concerne ceux qui étaient protégés par le système des aides PAC et un environnement économique assez stable. Ils devront faire un effort important pour se remettre à niveau afin de pérenniser leur exploitation malgré des aides réduites. Il s’agit d’efforts de gestion, de développement, de travail supplémentaire pour continuer à exister demain. La chambre d’Agriculture est là pour les aider au travers des actions de développement agricole, de formation et d’accompagnement individuel. La troisième catégorie représente les agriculteurs qui pourront remettre en cause leur propre système simplement avec quelques adaptations et changements. Chez eux, la performance technique, la ma trise financière et l’autonomie fourragère sont déjà atteintes. Le maintien de ce fonctionnement assurera leur pérennité. La chambre d’Agriculture là aussi sera présente pour assurer le suivi de ces exploitations. La quatrième catégorie rassemble ceux qui vont s’agrandir de façon importante, voire très importante, après avoir laissé aux jeunes agriculteurs les surfaces nécessaires. Ils conna tront le plus de mutations. La libération du foncier et de droits à produire va offrir des opportunités. Ces exploitations devront franchir un cap, devenir des ‘‘entreprises agricoles’’ avec de nouvelles problématiques. Il faudra gérer le juridique, les ressources humaines, les investissements, les choix techniques, l’administratif, le social, le fiscal, le financier, le matériel « CUMA »… Et là aussi la Chambre d’Agriculture accompagnera ces changements et sera présente pour vous aider à passer ce cap qu’est l’agrandissement. Nous allons être tous confrontés à ces choix dans un avenir proche. Quelque soit le scénario, c’est à nous, chefs d’exploitation, à prendre nos responsabilités et faire nos choix. Le bureau de la Chambre d’Agriculture de la Corrèze, l’ensemble de nos ingénieurs et de nos techniciens travaillent tous les jours à vos côtés pour que le meilleur vous soit apporté.

Cahier central de 12 pages Pages 9 à 20


PORTRAIT RENCONTRE AVEC Francis COSTE, agriculteur à Sainte-Féréole

Quand l’informatique vous simplifie la vie L’informatique prend une place de plus en plus importante dans la gestion des entreprises et le secteur agricole n’y échappe pas. Tour d’horizon de quelques outils destinés aux exploitants avec Francis Coste, installé depuis 20 ans sur la commune de SainteFéréole, et qui ne se verrait plus aujourd’hui travailler sans son ordinateur.

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Francis Coste, aidé de son père, est à la tête d’un cheptel bovin de 70 mères. Il a également de nombreuses responsabilités professionnelles au niveau local et départemental. Ses premiers pas en informatique, il les a faits dans les années 2000, afin de réaliser sa comptabilité par lui-même. Aujourd’hui, il utilise principalement deux logiciels : GEIDEL, pour la gestion de son cheptel, et PLANFUM, pour celle de ses parcelles. Équipé d’une connexion Internet, il réalise lui-même ses différentes télédéclarations et peut à tout moment se tenir informé des dernières nouvelles du secteur agricole. Comme lui, depuis 2004, 60% des agriculteurs se sont équipés de matériel informatique (Enquête INSEE 2007 « Agriculture défis 2007 ») . GEIDEL, POUR UNE BONNE GESTION DE SON CHEPTEL Francis Coste l’utilise quasi quotidiennement, afin de suivre facilement l’évolution de son troupeau. En effet, dans ce logiciel très intuitif, chaque animal

est caractérisé par une fiche récapitulative présentant son identité, sa généalogie, sa carrière, ses données de reproduction et autres pesées. Pour les notifications d’identification, les données peuvent être rapidement éditées, ou transférées par Internet. Il est particulièrement intéressant pour les exploitants travaillant sur la génétique lors des inséminations, pour gérer les vêlages et l’évolution de la croissance des veaux. A tout moment, le livre des bovins et autres inventaires peuvent être édités. C’est donc un logiciel apportant un soutien administratif, technique et économique, et présentant des modules adaptés à chaque type d’exploitation. PLANFUM, POUR UNE BONNE GESTION DE SES PARCELLES PLANFUM a été développé afin d’aider les exploitants à réfléchir à la fertilisation de leurs parcelles. Depuis sa mise en place, Francis Coste a divisé par trois ses achats d’engrais sans réduire les rendements. D’un point de vue pratique,

il permet l’édition d’un cahier d’épandage et d’un cahier phytosanitaire présentés lors des contrôles. Ce logiciel permet de suivre l’évolution des parcelles en un clic. L’historique de cellesci est enregistré, facilitant ainsi la gestion des doses à ne pas dépasser. Pour apprendre à utiliser au mieux ces logiciels, ainsi que pour les télédéclarations, la Chambre d’Agriculture de la Corrèze vous accompagne et met en place des sessions de formation régulières. Pour Francis Coste, suivre ces formations est indispensable et l’utilisation de logiciels permet un gain de temps considérable. Son conseil ? Ne pas avoir peur de se mettre à l’informatique. Lui-même n’envisagerait plus aujourd’hui de gérer son exploitation sans son ordinateur. •

Info + QUELQUES SITES INTERNET UTILES TÉLÉPAC : www.telepac.agriculture.gouv.fr vous permet de réaliser votre télédéclaration de surfaces, seul ou accompagné par du personnel de la Chambre d’Agriculture de consulter vos versements, etc. SYNAGRI : www.synagri.com, portail des services des Chambres d’Agriculture du Limousin (voir page 28) SELSO : www.selso.net C’est quoi ? Un site internet simple, rapide, fiable et complet pour tous les éleveurs de bovins, ovins, et caprins. A quoi ça sert ? Pour gérer l’identification et le sanitaire, consulter les données du contrôle de performance lait et viande de mon exploitation. Combien ça coûte ? 60 euros de droits d’entrée. Les modules de 25 euros HT à 70 euros HT par an. Le + : La possibilité d’avoir un accès personnel et gratuit les trois premiers mois. Une réduction d’environ 30% sur le prix des passeports. 652 éleveurs utilisent SELSO en Corrèze.

NE PAS AVOIR PEUR DE SE METTRE À L’INFORMATIQUE Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

Pour plus de renseignements s’adresser à Karine DEMICHEL. Tél. 05.55.21.54.41.


PORTRAIT Rencontre avec Alain Champagnac, gaveur d’oies et producteur de champignons

Au pays de la truffe, un intrus : le Shiitaké Sur la commune de Chartrier-Ferrière, au cœur du pays de la truffe, un producteur se démarque en cultivant un champignon originaire d’Asie, qui présente de nombreuses vertus. Rencontre avec Alain Champagnac, installé depuis une vingtaine d’années, éleveur et gaveur d’oies et producteur de Shiitaké à Coudonnet. Alain Champagnac a repris en 1984 l’exploitation de ses beaux-parents, éleveurs et gaveurs d’oies depuis 1965. Biologiste de formation, il a commencé par travailler avec l’INRA de Bordeaux sur la truffe, puis le strophaire, pour s’intéresser finalement au Shiitaké. Lui et son épouse ont une autre profession, l’exploitation apporte donc seulement un revenu complémentaire. Il réalise ses ventes directement via un réseau de clients fidèles, il participe aux marchés de producteurs et au réseau « Bienvenue à la ferme » organisés par la Chambre d’Agriculture. Il travaille également avec celle-ci sur un programme de mychorhisation et bientôt sur un programme de recherche sur le Shiitaké.

LE SHIITAKÉ, CHAMPIGNON AUX MULTIPLES VERTUS Originaire de Corée, ce petit champignon peu connu en France est utilisé dans la cuisine chinoise. On l’appelle également « champignon noir » ou « champignon parfumé ». Il peut être cultivé ou produit à l’état naturel, dans un milieu humide (95 à 99% d’humidité), entre 18°C et 25°C. Alain Champagnac le cultive sur des bottes de paille et d’écorce de chêne dans un bâtiment qu’il a aménagé à cet effet : le sol est fait de terre battue et de plastique, et le plafond composé de trois couches de laine de verre. Les conditions d’humidité sont optimales. Le bâtiment est chauffé l’hiver et refroidi l’été. La culture de Shiitaké a été lancée pour la pharmacologie, puis il s’est avéré excellent pour l’alimentation humaine. De plus, il présente de nombreuses vertus : la lutte contre les infections par son

ALAIN CHAMPAGNAC, PRODUCTEUR DE SHIITAKÉ

action immuno-stimulante, la stimulation de la production de cellules tueuses chargées de détruire les cellules cancéreuses, la baisse de la tension artérielle et du cholestérol. D’un point de vue de sa production, c’est un champignon présentant l’avantage de pouvoir être conservé 7 à 8 jours en chambre froide, (mieux que le cèpe), enfin il se réduit moins.

LE COMMERCIALISATION Il n’y a pas de grosse unité de production de Shiitaké en France. Alain Champagnac en produit environ 2t par an. Il propose uniquement ses produits en vente directe : sur sa ferme, via son site Internet et sur les marchés de producteurs. Une partie des champignons est transformée sous forme de conserves dans son laboratoire. Il y réalise également une autre production : le foie gras (il possède 400 oies). Il propose donc divers produits en frais ou en conserves, que vous pouvez consulter et commander sur son site (http:// le-coudonnet.weebly.com). Ces produits peuvent également être présentés sous forme de paniers garnis et de plats cuisinés. Gourmets, laissez-vous tenter ! • Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

Info + En 2006, la Chambre Économique a été chargée d’une étude sur l’économie du champignon : c’est ainsi qu’a débuté la mission de Beno t Peyre, qui a identifié de nombreux besoins. Son rôle : développer des actions économiques, culturelles et touristiques sur le thème des champignons, sur l’ensemble du département. Les objectifs de Beno t Peyre sont : • valoriser la ressource et la diversifier • aider les porteurs de projets prêts à s’investir sur cette thématique • trouver de nouveaux débouchés, particulièrement non alimentaires (1er annuaire des acteurs corréziens du champignon en 2011) • apporter une meilleure connaissance du champignon aux corréziens, par l’intermédiare de formations, d’animations culturelles, scolaires (mise en place d’un projet CEC/Éducation Nationale/ONF) et touristiques (conférences et expositions) • participer aux actions nationales et internationales (projet Mycosylva en partenariat avec l’Espagne) • la mise en synergie avec les mondes industriel et de la recherche (partenariat avec le RDT du Limousin et l’Université de pharmacie de Limoges) • accompagner les agriculteurs dans la diversification de leur culture de champignons et les aider à l’écoulement de leurs produits. Contact : Beno t Peyre, tél. 05.55.21.54.40 ou b.peyre-cec19@orange.fr

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PORTRAIT Témoignage de Gérard Moratille, Saint-Sulpice-Les-Bois.

Ovins, une production qui revient de loin L’élevage ovin conna t le déclin depuis de nombreuses décennies. Pourtant, c’est sur la commune de Sain-Sulpice-Les-Bois au cœur du Plateau de Millevaches, que Gérard Moratille et ses deux fils Régis et David, élèvent bovins et ovins.

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L’élevage ovin conna t le déclin depuis de nombreuses décennies. C’est d’abord la chute du prix de la laine, puis la pénurie de main d’œuvre au milieu du siècle dernier qui réduiront fortement le cheptel français. En 1980, la France comptait 13 millions de brebis sur le territoire en production bouchère et laitière. Mais le règlement communautaire ovin, adopté cette même année, ne fera qu’accro tre les difficultés pour l’élevage français. Avec des coûts de production importants et des aides compensatrices insuffisantes, des marchés capricieux, seuls les éleveurs les plus chevronnés ont résisté aux crises. Le cheptel français compte aujourd’hui 7 millions d’ovins, et de nombreuses races sont en danger d’extinction. « Nous sommes une petite dizaine d’éleveurs en brebis Limousine dans la région. Cette

race, pourtant rustique et productive a été délaissée au profit de la blanche du massif central. Elle présente aussi l’avantage de bien dessaisonner ses chaleurs pour pouvoir produire aux périodes ou les marchés sont plus hauts », explique Gérard Moratille. C’est sur la commune de Saint-SulpiceLes-Bois au cœur du Plateau de Millevaches, que Gérard Moratille et ses deux fils Régis et David, élèvent bovins et ovins. Installés en GAEC, ils gèrent néanmoins chacun leur atelier. Ainsi, le père et le cadet s’occupent à eux deux des bovins (140 mères), alors que le fils ainé se consacre aux brebis avec un effectif de 420 têtes. La surface utile de l’exploitation est de 250 hectares, dont les tourbières du Longéroux sur le site Natura 2000 de la Haute Vézère mais aussi sur des terrains

LES OVINS CONTRIBUENT À LA SAUVEGARDE DES ÉCOSYSTÈMES FRAGILES

mis à disposition par le CREN Limousin et l’ONF. « En été, les brebis sont dans les tourbières. Ce type de pâture est de fait très extensif et ne permet pas de grosse production. Cela permet d’enrayer l’assèchement de cet écosystème fragile et si important pour nos rivières » explique Régis Moratille. En effet, la pâture dans les tourbières, même mises à disposition des éleveurs à titre gracieux, présente aussi des contraintes et oblige chaque agriculteur à une vigilance particulière. « Ici, c’est une brebis par hectare et pas plus. Chaque jour, nous contrôlons le troupeau pour dégager les brebis enlisées et réparer les clôtures suite aux passages de la faune sauvage. L’avantage en revanche, est de pouvoir travailler nos prairies pendant cette période » reprend-il. Le GAEC a remis en place le système de rotation des cultures et produit foin et enrubannage en quantité suffisante pour l’exploitation. L’atelier fonctionne en lutte naturelle avec 7 béliers, pour un résultat proche des 100%, alors que l’insémination n’a jamais permis de dépasser les 60 % de réussite. En hiver, les brebis sont en semi-liberté. Les agneaux sont nourris avec des granulés à volonté en plus du foin et du lait de leur mère. A quatre mois, les agnelles partent en boucherie ou sont vendues pour la reproduction ou le renouvellement, tandis que les meilleurs agneaux partent en station de contrôle individuel en Haute Loire afin de contribuer à la sélection et sauvegarde de la race. « La sélection coûte plus qu’elle ne rapporte. Elle est pourtant primordiale à la sauvegarde des races ovines. Grâce à la réforme de la PAC, la production ovine est désormais viable», conclut l’agriculteur. •

Info + RÉGIS MORATILLE CONDUIT AVEC SON PÈRE ET SON FRÈRE DEUX ATELIERS : BOVIN ET OVIN.

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Une nouvelle PAC qui aide enfin la production ovine Jusqu’alors, le chiffre d’affaires produit par une brebis plus les primes liées équivalait à un bovin sans aide. Les récentes réformes de la PAC ont rééquilibré les écarts entre les différentes productions.


FAITES LE SAVOIR SÉCHERESSE

Compenser ses dégâts et tirer des enseignements Jusqu’au 12 Juillet l’absence de pluie, associée aux gelées tardives et au vent du nord ont réduit de plus de 50% la récolte de fourrage. Le constat de la grange vide représentait une hantise angoissante pour les éleveurs.

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PLUS DE 165 ÉLEVEURS ONT PASSÉ COMMANDE DE RAY-GRASS

ficulté après analyse du leur bilan fourrager. L’approvisionnement en paille a été pris en charge par la FDSEA et JA, la Chambre d’Agriculture ayant obtenu l’assurance que cette opération serait ouverte à tous. La culture de Ray Grass pour l’enrubannage sur des terres sableuses aux confins des Landes et de la Gironde est une opération montée par les services de la Chambre d’Agriculture. Les agriculteurs landais ont semé 1 175 ha de ray-grass, pour une récolte dans la deuxième quinzaine d’octobre. Plus de 150 éleveurs ont passé commande des quelques 7 000 tonnes d’enrubannage. Le rapport qualité prix de ce fourrage est excellent (86 € par tonne pour 0.76 UF et 17% de PDIN). Le contrat pour la fabrication d’un aliment complémentaire à la paille a été signé avec le syndicat des fabricants d’aliments du bétail. Le prix de cet aliment valable jusqu’au 31 décembre est de 249 €/tonne par 6 tonnes et 235 €/tonne par 25 tonnes. Chacun peut le commander à son fournisseur habituel.

Les commandes d’orge de mouture, de foin d’Espagne, de balles de riz, de plaquettes de bois sont encore possibles. Tous les agents ont été mobilisés pour répondre à toutes les demandes de renseignements. Des jeunes ont été embauchés durant un mois pour aider les éleveurs à télédéclarer leur demande d’indemnisation.

LES ENSEIGNEMENTS À TIRER DE CETTE CRISE Une nouvelle sécheresse est toujours possible, des précautions doivent être prises collectivement et individuellement pour éviter une catastrophe sociale et économique. On peut retenir les quelques conseils suivants : • Les assolements avec beaucoup de vielles prairies sont à revoir : les prairies temporaires doivent être renouvelées plus fréquemment, il faut avoir un noyau de terres conduit de manière plus intensive. • L’introduction de cultures comme le maïs ou les associations graminées légumineuses est une assurance. •••

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Pour faire face les éleveurs ont réagi. Certains ont vendu des animaux ; la décapitalisation a été d’environ 6 %. La plupart ont semé des cultures dérobées (sorgho, moha, ray grass, maïs raves, colza, etc.), ont renouvelé de veilles prairies et épandu des engrais azotés pour doper la repousse. Enfin pour boucler le bilan fourrager, il a fallu acheter de la paille, des céréales, du maïs ensilage, du foin ou de l’enrubannage. Aujourd’hui même si la nature s’est montrée plus clémente rien n’est totalement joué. Durant cette période l’action de la Chambre d’Agriculture a revêtu de multiples facettes. Ses élus aux cotés de ceux des autres organisations ont obtenu des pouvoirs publics (État, Conseil Régional, Conseil Général) des compensations financières et des aménagements réglementaires. La totalité du département a été reconnue éligible au fonds des calamités. Une ouverture de droits de 7 264 200 € (3 000 € en moyenne par exploitation) a été réservée. Un acompte a été versé fin septembre. La gratuité des péages pour le transport des fourrages jusqu’au 15 septembre n’a cependant pas été prolongée. L’exonération d’une partie de la Taxe Foncière sur le Foncier Non Bâti est acceptée. Chaque propriétaire peut en bénéficier et doit la répercuter le cas échéant à son fermier. La prise en charge par l’État des intérêts correspondant à l’étalement de certains emprunts contractés est effective ; les contacts sont à prendre avec les banques. Le Conseil Régional a débloqué une aide pour les semis de cultures dérobées (les dossiers sont à remettre au plus tard le 30 novembre). L’aide du Conseil Général n’est pas encore connue. La demande formulée concerne une prise charge des 20 dossiers non éligibles au fonds de calamités, à un complément à l’indemnité du fonds des calamités pour les jeunes agriculteurs et les agriculteurs en dif-


FAITES LE SAVOIR SÉCHERESSE : suite de la page 7... • L’épandage d’un engrais azoté dés que le seuil de somme des températures a atteint les 200° est une sécurité. • La création de petites réserves collinaires pour irriguer les semis de cultures intercalaires est un investissement de précaution. • Préparer à l’avance et contractuellement des opérations de solidarité. • Prévoir la constitution d’un fonds d’intervention au plan départemental ou régional pour aider rapidement et significativement les sinistrés. Après le travail d’appui effectué en toute hâte, la chambre d’agriculture reste disponible pour les aider tous les éleveurs à développer des stratégies d’adaptation face au risque climatique qui se fait de plus en plus sévère. •

REPÈRES : ACTIONS CHAMBRE D’AGRICULTURE COMMUNICATION • 3 300 magazines Agri-Cultures « Spécial sécheresse » • 11 500 SMS Alerte Télé Calam

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ORGANISATION • Foin : 320 tonnes pour une vingtaine d’Agriculteurs • Orge : 250 tonnes pour une quinzaine d’agriculteurs • Bourse de maïs : une vingtaine de personnes mises en contact • Ray-grass d’Italie : 245 camions commandés pour 165 agriculteurs • Certificat pour la gratuité aux péages : 707 certificats • Télécalam : 62 % des dossiers réalisés • 25 formations (une par canton) en novembre-décembre sur les bilans fourragers et le rationnement hivernal

Formation Vérification des appareils de pulvérisation Depuis le 1er janvier 2009 une vérification périodique obligatoire de vos pulvérisateurs à rampe (largeur supérieure à 3 mètres) et atomiseurs. Pour vous faciliter l’accès à cette vérification, réduire ses coûts, il est organisé des journées de formation gratuites, qui consistent à rappeler la réglementation, identifier les points de vérification sur l’appareil, et de donner des conseils techniques de réglages sur votre appareil. Elles sont aussi destinées à préparer votre appareil dans le but de vous éviter la contre-visite si le matériel n’est pas conforme à l’issue de la 1ère visite. Aujourd’hui le pourcentage d’exploitants devant réaliser une contre-visite suite à une vérification et n’ayant pas fait de formation est de 20%. Il est seulement de 7% pour ceux ayant suivit une formation.

SITUATION ACTUELLE A ce jour la troisième tranche de vérification se déroule. Pour les exploitations concernées cette année, qui ont reçu une lettre en début d’année concernant la vérification, la date butoir est le 31 décembre 2011. Après cette date les exploitations s’exposent à des pénalités au niveau de conditionnalité des aides ou un amende de 4ème catégorie.

TARIFS SUR LA RÉGION LIMOUSIN : proposés par la Société De Protection des Cultures. A partir de 200 € selon les conditions suivantes : Vérification de l’appareil Sans formation : 240 € HT Avec formation : 220 € HT Pour la vérification une réduction de 20 € s’applique à chaque appareil si vous rassemblez 4 appareils dans sur une journée. Contre-visite Sans formation : 150 € Avec formation : 40 € HT

. VOS CONTACTS Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter : Christian QUINIO, conseiller arboriculture au 05 55 86 32 33 Plus d’informations : www.synagri.fr (Rubrique : Nos publications). LES ASSOLEMENTS AVEC BEAUCOUP DE VIEILLES PRAIRIES SONT À REVOIR Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze


DOSSIER TECHNIQUE

GROS PLAN

Objectif : un veau par vache et par an

SOMMAIRE

10 000 euros : le gain moyen espérable de revenu pour un cheptel de 75 vaches

Les données ci-dessous traduisent en nombre de veaux le différentiel qu’il peut exister entre les critères techniques d’un élevage corrézien moyen sur la dernière campagne et l’atteinte des références raciales. Pour évaluer la perte de produit en système broutard, le nombre de veaux est ensuite multiplié par 600 € (Prix de vente du broutard moins charges d’alimentation et frais vétérinaire). 1ER CRITÈRE : TAUX DE GESTATION Objectif : 95%. Exploitation corrézienne : 64 vêlages pour 74 vaches présentes soit 86.5%. Cette différence conduit à 6 veaux non produits soit 3 600 € de perte de produit. 2ÈME CRITÈRE : INTERVALLE VÊLAGE-VÊLAGE (IVV) Objectif : 375 jours. Exploitation corrézienne : 415 jours. Cette différence conduit à 2 560 jours d’entretien de femelles adultes improductives soit 6 veaux non produits soit 3 600 € de perte de produit. 3ÈME CRITÈRE : MORTALITÉ DES VEAUX Objectif : 5%. Exploitation corrézienne : 8%. 3 % x 64 vêlages = 2 veaux morts. Cette différence conduit à 2 veaux non commercialisables soit 1 200 € de perte de produit. 4ÈME CRITÈRE : ÂGE DES GÉNISSES AU 1ER VÊLAGE Objectif : 35 mois. Exploitation corrézienne : 38 mois. 38 mois - 35 mois = 3 mois d’entretien sans production pour chaque

génisse soit 91 jours. Taux de renouvellement : 20% : 74 vaches € > 14 génisses. 14 génisses x 91 jours = 1274 jours d’entretien sans production pour l’ensemble des génisses. Cette différence conduit donc à 1 274 jours d’entretien de génisses improductives soit 3 veaux non produits soit 1 800 € de perte de produit. La perte de produit total s’élève à 10 200 € soit 138 € par vache présente. Cette perte de produit représente quasiment une perte directe de revenu puisque les charges opérationnelles restent les mêmes pour le cheptel de souche (même nombre de vaches à entretenir, même surface fourragère) et les charges de structures sont identiques. Sur bon nombre d’exploitations, des marges de progrès sont donc possibles pour améliorer la productivité numérique et ainsi le résultat de l’exploitation. •

Clément GALZIN, Service Élevage Chambre d’Agriculture Tél. 05 55 21 55 45

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P. 10 La reproduction : l’essentiel du métier P. 13 Réformer et renouveler : un impératif ! P. 15 Productivité : Mettre de la génétique dans les troupeaux allaitants P. 16 7 règles à respecter pour les vêlages en bâtiment P.19 Équipements : les bâtiments et éléments essentiels pour atteindre l’objectif un veau par vache et par an

Dossier réalisé par David FULMINET, Clément GALZIN et Christophe ROUSSIE. Tél. 05 55 21 55 58 Avec la contribution de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.

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ÉVALUATION DE L’IMPACT ÉCONOMIQUE


DOSSIER TECHNIQUE PERFORMANCE DES ÉLEVAGES

La reproduction : l’essentiel du métier La performance de reproduction des vaches allaitantes est un élément clef de la rentabilité des élevages quelques soit le type de production. L’objectif numéro un des élevages allaitants est de produire le plus possible de kilogrammes de viande le plus rapidement possible. La ma trise de la reproduction peut reposer sur plusieurs stratégies mais dans tous les cas, un suivi individuel ou par lot est impératif à mettre en œuvre. CONNA TRE LE CYCLE DE REPRODUCTION DE LA VACHE ALLAITANTE

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Le cycle de reproduction chez la vache allaitante dure 365 jours dans le cas d’un déroulement « normal » (Schéma N°1). Les principales étapes sont le vêlage, suivi de la période d’involution de l’utérus où cet organe va retrouver sa taille et sa place initiale. Simultanément, la cyclicité va également reprendre son fonctionnement initial pour arriver aux alentours de 50 jours après le vêlage à pouvoir permettre une autre fécondation et ainsi débuter une nouvelle gestation.

LE VÊLAGE La mise bas est un des points critiques du cycle de reproduction. De son bon déroulement va découler outre la viabilité du veau, sa résistance aux maladies néonatales (souffrances fœtales, souffrances au moment de la mise bas, défauts d’oxygénation) son aptitude à avoir plus ou moins de bonnes performances de croissance. Au niveau de l’environnement du vêlage, concernant ceux en bâtiment, l’idéal est de disposer d’un box de vêlage. La taille recommandée est d’environ 15m², il doit être uniquement réservé aux vêlages, facile d’accès et maintenu dans un état hygiénique irréprochable accompagné d’un bon paillage. Il est également pratique de pouvoir trouver à proximité immédiate une arrivée d’eau, d’électricité et d’avoir un bon éclairage. Un rangement pour le matériel de vêlage

SCHÉMA N°1 : CYCLE REPRODUCTEUR ANNUEL THÉORIQUE DE LA VACHE

doit être disponible à portée de main. La vêleuse ainsi que les cordes doivent être soigneusement nettoyés et désinfectés après chaque vêlage. Attention à bien vérifier leur niveau d’usure pour évaluer leur risque de rupture. Il est toujours désagréable qu’une corde cède au mauvais moment lorsque le veau est engagé dans la filière pelvienne de sa mère. La prévention des problèmes de vêlage ainsi que des autres phases comme l’involution, la reprise des cycles ou la fécondation passe par un respect des

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grandes règles de la conduite d’élevage : • Alimentation équilibrée, • État corporel optimal, • Complémentation minérale, • Ma trise du parasitisme • Bonne surveillance de la mise bas, cris, affolements ou interventions trop fréquentes sont à bannir. Désormais, il existe des dispositifs d’aide à la surveillance des vêlages (Caméras, capteurs à disposer sur les vaches, etc., consultez votre conseiller).


DOSSIER TECHNIQUE

SCHÉMA N°2 : MOMENT OPTIMUM DE L’IA

L’INVOLUTION UTÉRINE Elle correspond à la phase de régression de l’utérus après le vêlage pour qu’il retrouve son état initial indispensable au démarrage d’une nouvelle gestation. L’utérus durant cette phase va passer d’environ 1 mètre de long et de 10 – 12 kg à une taille variant de 20 à 30 cm pour un poids de 600 g à 1 kg. La durée de cette phase dans le cas d’un déroulement « normal » doit être d’environ 30 jours. Tout utérus non involué interdira toute gestation. Les facteurs d’allongement de cette phase sont les problèmes de vêlage, les non délivrances ou certaines causes infectieuses. Les métrites sont souvent à l’origine d’allongement d’involution, elles se manifestent sous plusieurs formes parmi lesquelles la forme aiguë ou des observations d’écoulements vaginaux purulents peuvent être observés et la forme chronique où il est parfois impossible d’observer des signes extérieurs. Des examens peuvent être réalisés pour détecter les métrites et les traiter précocement pour assurer un rétablissement rapide.

LA REPRISE DE LA CYCLICITÉ La phase d’involution utérine est accompagnée par la reprise des cycles. Les pre-

miers cycles démarrent environ 15 jours après le vêlage, ils n’aboutissent que très rarement à une ovulation et donc à une gestation en raison de l’imprégnation hormonale encore dérégulée par la dernière gestation et par l’inachèvement de la phase d’involution. Cependant, dans certains cas particuliers, il arrive que ces cycles aboutissent à une gestation. Tout le monde à déjà vu reprendre des vaches moins d’un mois après le vêlage et sur la plupart des bilans de reproduction certaines vaches présentent des IVV inférieurs à 360 jours. Dans le cas général, ce n’est qu’aux alentours de 47 jours après le vêlage que les vagues folliculaires retrouvent les fluctuations hormonales adéquates pour aboutir à une ovulation et donc éventuellement une gestation. Le moment optimum pour l’IA, est défini en principe sur chaleurs observées aux alentours des 47 jours post vêlage, ensuite, l’instant optimal se situe dans la deuxième moitié des chaleurs (Schéma N°2).

LA GESTATION Les vaches gestantes doivent avoir une alimentation équilibrée ni en excès, ni en défaut. Durant la gestation les vaches ne doivent pas être sous alimentées, ni volontairement non complémentées en minéraux sous prétexte d’éviter le développement excédentaire du fœtus. Les vaches à la diète ou carencées ne font pas des veaux forcément plus petits. L’alimentation des gestantes n’a que très peu d’effet sur le poids et la taille des veaux. Par contre,

cette même alimentation lorsqu’elle est excédentaire peut avoir pour effet d’engraisser non pas le veau mais la mère et ainsi engendrer des problèmes de vêlage. L’engraissement des mères a des conséquences directes sur le déroulement du vêlage pour deux raisons. La première raison est qu’à partir d’un certain seuil d’alimentation énergétique, quant les besoins sont dépassés, des dépôts graisseux se font sur les parois de la filière pelvienne réduisant ainsi mécaniquement le passage du veau. La deuxième raison est que ces dépôts de gras s’accompagnent également d’une baisse de la tonicité de l’utérus, donc des contractions. Les difficultés de vêlages ainsi provoquées ne sont pas dues à un excès de volume du veau mais à un manque de passage de la mère et une baisse de la puissance des contractions se poursuivant souvent par des problèmes de mauvaise délivrance placentaire. Ce schéma est lié aux flux métaboliques de la vache. Avant la fécondation, la reproduction est vécue par la vache comme une fonction de luxe (Schéma N°3 - voir en page suivante). Autrement dit, une vache ne se reproduit que si sa santé lui permet (équilibre et suffisance alimentaire, carences minérales, parasitisme ou diverses maladies infectieuses). Par contre, une fois la fécondation réalisée, la reproduction, de fonction de luxe, devient une fonction prioritaire. Le flux métabolique s’oriente prioritairement sur le fœtus au dépend même de la mère. Une vache insuffisamment alimentée va

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La plupart de ces points de conduite d’élevage sont approfondis lors des sessions de formations techniques (Avoir un veau par vache par an) organisées.


DOSSIER TECHNIQUE LA REPRODUCTION

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SCHÉMA N°3 : ORDRE DE PRIORITÉS = 1.ENTRETIEN, 2.CROISSANCE, 3.LACTATION, 4.REPRODUCTION GRAPHIQUE N°5 : ÉVOLUTION DE LA TEMPÉRATURE CORPORELLE DE LA VACHE AVANT LE VÊLAGE

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maigrir, une vache carencée en minéraux va aggraver sa carence alors que malgré tout, les veaux issus de ces vaches ne seront la plupart du temps pas carencés ni chétifs. Le poids et la taille du fœtus vont essentiellement être déterminés par des aspects génétiques. Cette « règle » du flux prioritaire s’applique proportionnellement au niveau de sélection génétique de la mère. Une gasconne qui pâture des prairies permanentes dans les montagnes pyrénéennes sera moins sensible à la règle et fera donc preuve de plus de rusticité

qu’une prim holstein haute productrice à l’ensilage de maïs en Bretagne.

POUR RÉALISER UN MEILLEUR SUIVI DE LA REPRODUCTION Les leviers d’actions en matière de prévention par l’éleveur sur toute la sphère reproduction sont multiples, l’alimentation, les compléments minéraux, le parasitisme (cf. Schéma n°4). Les moyens de suivi et de contrôle disponibles par l’éleveur s’échelonnent au fil du cycle de reproduction.

Vêlage : • Systèmes de monitoring, capteurs à disposer sur les vaches qui transmettent les informations (préparation du vêlage, expulsion de la poche des eaux) directement sur le téléphone portable ou fixe de l’éleveur. • Relevés de températures (Graphique N°5) • Procédés pour déclencher les vêlages (voir avec votre vétérinaire). • Réforme immédiate des vaches à problèmes. • David FULMINET

INFO + Le suivi de la reproduction permet d’optimiser la productivité et la rentabilité des élevages, pour plus d’informations sur les thèmes abordés dans cet article, vous pouvez consulter votre conseiller à la Chambre d’Agriculture de la Corrèze, des formations techniques sur ces thèmes sont également programmées chaque année en période automne–hiver.

SCHÉMA N°4 : INTERACTIONS POSITIVES CONDUITE D’ÉLEVAGE–REPRODUCTION

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DOSSIER TECHNIQUE GESTION DU TROUPEAU

Réformer et renouveler : un impératif ! L’objectif d’un veau par vache et par an passe également par une bonne gestion du troupeau. L’élimination des animaux improductifs doit être une priorité sur votre exploitation. Il est en effet inconcevable de continuer à entretenir des vaches qui ne seront pas à même d’élever un veau jusqu’au sevrage. Cette élimination ne doit cependant pas être systématique quand il s’agit de vache à fort potentiel génétique et dont les produits sont susceptibles d’avoir une forte valorisation en tant qu’animal de reproduction. Une bonne gestion passe donc par une réforme systématique des animaux improductifs et par un renouvellement adapté. Le choix et l’élevage des génisses est donc primordial. Les génisses sont l’avenir du troupeau allaitant, à l’âge adulte elles auront en charge d’assurer la production de veaux qui est à la base du résultat d’une exploitation bovin viande.

Le choix des génisses dépend d’abord du type des produits que vous commercialisez : veau de lait, broutard, jeune bovin… Quatre axes principaux de travail sont à dégager : • Qualité maternelles : lait, vêlage, fertilité • Format : bassin, développement, équilibre muscle / squelette • Aptitudes fonctionnelles : aplombs • Caractère des animaux : docilité pour une meilleure contention et assistance éventuelle au vêlage. Les vaches qui produisent des génisses de renouvellement sont les meilleures reproductrices, tant sur le nombre de veaux produits que sur la qualité des veaux produits : Intervalle Vêlage-Vêlage (IVV) inférieur à 370 jours, vêlage facile, et production laitière suffisante. On conservera en priorité les génisses issues d’un taureau d’IA agréé élevage ou de monte naturelle ayant fait ses preuves. Le tri des génisses selon les critères ci-dessus se fera sur la base des don-

LES GÉNISSES À GARDER DOIVENT PERMETTRE DE REMPLACER LES VACHES RÉFORMÉES

nées de contrôle de performance pour les éleveurs qui y adhèrent, sinon sur l’aspect visuel et sur la base d’informations qu’il est indispensable de noter en élevage allaitant : conditions de vêlages, IVV, poids des veaux à la vente… Le nombre de génisses à garder doit au minimum permettre de remplacer les vaches réformées pour cause d’improductivité. Le taux minimal de réforme se situe autour de 20% en race limousine et entre 15 et 18% en race rustiques. L’année où vous ne disposez que d’un lot de génisses de moindre qualité, réalisez un taux de renouvellement plus faible et inversement.

L’ÉLEVAGE ET LA CONDUITE DES GÉNISSES Age au premier vêlage. On vise un premier vêlage entre 30 et 36 mois. Les vêlages à deux ans sont à déconseiller car la génisse n’a pas réalisé un développement squelettique suffisant. La carrière de la vache en sera brisée.

Le premier vêlage à 4 ans est aussi à éviter. Ce n’est pas la bonne solution à une croissance insuffisante des génisses. En aucun cas ce premier vêlage tardif permettra d’éviter des IVV importants entre le premier et le deuxième vêlage. Alimentation. Les objectifs de poids, quelle que soit la race, sont fixés en proportion du poids adulte. Pour atteindre l’objectif de 85 % du poids adulte lors du premier vêlage (à 30 – 36 mois), il faut viser (en vêlage d’hiver) : • 40% du poids adulte au sevrage à 8 mois. Cette croissance va dépendre de la lactation de la mère et de la qualité de pâture. L’apport d’aliments au nourrisseur doit combler d’éventuels déficits. Le sevrage est une phase délicate. Il faut assurer une alimentation de bonne qualité pour remplacer le lait de la mère. En ration hivernale, des concentrés, associés à du bon foin sont indispensable pour assurer une bonne croissance (avoir pour objectif 800 à 900 g •••

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CHOIX DES FEMELLES DE RENOUVELLEMENT

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DOSSIER TECHNIQUE GESTION DU TROUPEAU

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de GMQ). La génisse doit avoir un poids voisin de 350 kg en fin d’hiver, avant la mise à l’herbe. Exemple de ration hivernale pour génisse de 1 an : 6 à 8 kg de foin ; 0.5 à 1 kg de céréales ; 0.3 kg de tourteaux de soja 48 ; 50 g de CMV 10-20 • 50% à la sortie du premier hiver à 13 -19 mois. Pendant le pâturage suivant ce premier hiver, les objectifs de croissance sont de 500 à 700 g de GMQ (en moyenne sur toute la période), pour assurer un bon développement du squelette. Viser un poids de 460 kg en entrés d’hiver suivant.

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• 65% du poids adulte à la saillie (2127 mois). C’est au cours du 2ème hiver, que l’éleveur devra faire un choix. En fonction de ses objectifs et de l’état des animaux, il devra opter pour le vêlage classique à 3 ans, (saillies au printemps qui suit), ou viser un vêlage plus précoce (30 à 33 mois, c’est-à-dire avec saillie en décembre ou janvier). Ceci est à rechercher pour diminuer la période improductive des génisses et surtout pour rendre plus précoces les vêlages (vêlage avant les adultes à l’automne qui suit). Exemple de ration pour des génisses de 450 à 550 kg : 7 à 11 kg de foin ; 0.4 à 1.5 kg d’orge ; 0.1 à 0.5 kg de tourteau de soja ; 80 à 120 g de CMV 7-21-5. Les génisses ayant une capacité d’ingestion limitée par rapport aux adultes : • Réserver aux génisses les meilleurs fourrages • Distribuer l’ensilage de maïs en quantités limitées • Complémenter la ration, si nécessaire, avec des concentrés pour obtenir le GMQ souhaité. • Apporter des minéraux pour construire le squelette et la santé de la génisse.

RÉFORMES : PAS DE SENTIMENTS La réforme des vaches les moins productives est essentielle. En plus des réformes imprévues (dues à des accidents), les animaux à réformer sont : • Les vaches vides, d’où l’importance de la précocité du constat de gestation. • Les vaches qui se décalent (IVV de plus de 400 jours).

LA RÉFORME DES VACHES LES MOINS PRODUCTIVES EST ESSENTIELLE.

• Les vaches qui avortent ou dont le veau meurt rapidement après le vêlage. • Les vaches qui ont les produits les moins bons (conformation, croissance…). La qualité du choix et de l’élevage des génisses est primordiale pour pouvoir faire une réforme adaptée. Un élevage qui à la base a un taux de gestation et un IVV moyens peut toutefois avoir une bonne productivité numérique si les animaux improductifs sont éliminés rapidement au profit des femelles de renouvellement. La bonne gestion des réformes et du renouvellement suppose d’enregistrer un certain nombre d’informations : Dates de mise à la reproduction, date de vêlage, conditions de vêlages... Des outils efficaces existent pour aider à l’enregistrement de ces données et au suivi du troupeau : planning de reproduction, logiciels GEIDEL ou SELSO… N’hésitez pas à prendre conseil auprès de votre Chambre d’Agriculture. • Clément GALZIN

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DOSSIER TECHNIQUE UN AUTRE LEVIER D’AMÉLIORATION DE LA PRODUCTIVITÉ NUMÉRIQUE

Mettre de la génétique dans les troupeaux allaitants L’effet n’est pas immédiat mais à moyen terme c’est le type d’investissement rentable. Concrètement, il s’agit d’être rigoureux sur le choix des animaux reproducteurs en se basant : sur les données techniques de Bovins Croissance (pesées, pointages, tri des animaux) et sur les index génétiques issus de l’indexation IBOVAL et des résultats sur contrôle de descendance en station.

Dans une optique d’amélioration de la productivité numérique, il faut être particulièrement attentif sur la facilité de naissance et sur le potentiel d’allaitement. L’Index facilité de naissance (IFNAIS) traduit la capacité d’un taureau d’insémination (IA) ou de Monte Naturelle (MN) à engendrer des veaux légers à la naissance. L’intérêt d’avoir des veaux légers à la naissance est d’assurer un vêlage facile. Concrètement un vêlage facile c’est : • une mortalité avant sevrage divisée par 5. • 2 à 3 fois moins de réformes (vaches qui ne vêlent pas). • de 10 à 40 jours d’intervalle vêlage-vêlage en moins. • moins de frais vétérinaires et plus de tranquillité pour l’éleveur. Économiquement chez un producteur de broutards, il vaut mieux augmenter le nombre de veaux nés vivants plutôt que de privilégier le potentiel de crois-

sance (CR) qui est très corrélé à des poids de naissance élevés et donc à des vêlages difficiles. L’utilisation des index IFNAIS aussi bien dans les taureaux d’IA que dans les taureaux de monte naturelle, ou l’indexation IBOVAL (permise par le recueil des données Bovins Croissance) a permis de dégager des lignées à vêlages faciles. Cette donnée doit être utilisée par tout éleveur de vaches allaitantes. Le potentiel d’allaitement (ALait) : De la même façon que le poids de naissance, l’utilisation de taureaux avec un bon index allaitement permet d’avoir d’excellents résultats de croissance à moindre coût. Une vache avec un bon potentiel d’allaitement, c’est plus de lait pour le veau et donc une consommation en concentré qui diminue. Dans le contexte économique actuel augmentation du prix des céréales et des aliments broutards), il est indispensable de ne pas négliger cet aspect-là. Bien que déterminants, la facilité de

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naissance et le potentiel d’allaitement ne représentent qu’une partie des leviers d’action pour améliorer le résultat de votre exploitation. Le service Bovins Croissance de la Corrèze est à votre disposition sur le plan technique et génétique pour faire progresser votre cheptel. A titre d’exemple, l’IVV moyen d’un cheptel limousin adhérent à Bovins Croissance est de 392 jours contre 415 jours pour un cheptel limousin moyen Corrézien. Pour un troupeau de 60 vaches adhérent à Bovins Croissance cela représente 3 veaux produits en plus par rapport à la moyenne Corrézienne soit une plus value de 1 800 euros uniquement sur l’aspect reproduction. • L’équipe Bovins Croissance Tél. 05.55.21.55.56

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DOSSIER TECHNIQUE SOINS À LA MÈRE ET SON VEAU

7 règles d’hygiène à respecter pour les vêlages en bâtiment

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Un endroit réservé à la mise bas propre et calme

Le box de vêlage = salle d’accouchement (environ 15 m2). Parc ou local réservé, uniquement aux mises bas, d’accès facile (barrière avec un passage d’homme). Nettoyé et désinfecté régulièrement. Avec une litière abondante et renouvelée autant que de besoin. Présence d’eau et éclairage suffisant (en cas de nécessité d’assistance). •

Matériels propres et médicaments disponibles Prévoir à proximité tout le matériel nécessaire car chaque seconde compte. Vêleuse toujours entretenue dans un état de propreté irréprochable, donc nettoyée soigneusement après chaque utilisation. Soins identiques à apporter aux cordes de vêlage qui seront trempées dans une solution détergente et désinfectante après usage. Vérifier leur bon état, il est toujours très désagréable qu’une corde cède au mauvais moment lorsque le veau est dans la filière pelvienne de sa mère. Indispensable, prévoir de quoi suspendre le veau par ses pattes arrières lorsque sa naissance nécessite une réanimation : cordes assez longues (2 X 2 m), un palan ou simplement une échelle solidement fixée. Suspendre le veau en détresse respiratoire est bien plus efficace que beaucoup de « piqûres ». Prévoir toutefois une trousse de réanimation avec des analeptiques respiratoires et/ou un oxygénateur cérébral que vous conseillera votre vétérinaire. •

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La mise bas : Surveillez dans le calme, en restant discret Évitez cris, affolement ou interventions trop fréquentes sur la vache, Si vous devez intervenir, nettoyez l’arrière-train et la queue de la vache, le savon de Marseille convient très bien, sinon il est plus pratique d’utiliser un savon liquide désinfectant prévu à cet usage. Nettoyez-vous également les mains et les bras et préférez l’usage de gants de fouille à usage unique enduits d’un lubrifiant désinfectant. Les gants assurent une sécurité hygiénique tant pour l’opé-

rateur que pour la vache. La sensation tactile différente avec des gants n’est qu’une question d’habitude. Ne forcez jamais, une vêleuse peut tirer une voiture, au-delà d’une traction sur le veau par 3 hommes, il ne faut pas insister. Sollicitez votre vétérinaire si le déroulement du vêlage vous para t anormal. Une fois le veau né, sans brutalité mais rapidement, faites relever la mère. Vérifiez que tout est normal en fouillant l’appareil génital (vagin, col, utérus),

cela vous permettra d’éviter d’oublier un jumeau ou de passer à côté d’une rupture d’une artère vaginale. Proposez de l’eau tiède (20 l) à la mère auquel vous pouvez rajouter des préparations énergétiques et reconstituantes. Cela permet de combler la perte liquidienne et le vide abdominal consécutif à la sortie du veau et limite les risques de torsion de caillette (sur les laitières) ou les prolapsus utérins renversement de matrice). •

Les premiers soins au veau, la réanimation tites expirations régulières. En parallèle utilisez les médicaments déclenchant les réflexes respiratoires (analeptiques cardiorespiratoires). La voie intraveineuse est la plus rapide, certaines préparations se mettent sous la langue qui est un muscle richement vascularisé, donc cette voie d’administration est également efficace. Vous pouvez même injecter un petit volume sous la langue avec un effet presque aussi rapide que la voie intraveineuse . Une fois réanimé, placez le veau au chaud sur une litière propre et sèche avec sa mère. Si nécessaire prévoir une niche avec une lampe infra rouge (lampe pour porcelets) pour les premières heures. La seule façon de faire remonter

la température d’un veau en hypothermie c’est de le réchauffer (il existe des médicaments pour faire baisser la fièvre par pour la faire monter !!!). Désinfectez le cordon ombilical et contrôlez sa longueur, la présence d’une hernie, hémorragie… Le nombril est la porte d’entrée de nombreux microbes, les produits à base d’iode sont indiqués, moins chers et tout aussi efficaces que les sprays, vous pouvez les passer sur le nombril plus facilement soit par trempage soit par pulvérisation (sans gaz propulseur). Pratiquez cette désinfection matin et soir jusqu’à dessèchement du cordon, un seul traitement à la naissance est insuffisant. •

La prise de colostrum : une étape essentielle Le colostrum : • apporte des défenses immunitaires • fournit de l’énergie • soutient la régulation thermique du veau La règle incontournable : avant les 24 premières heures qui suivent sa naissance le veau doit recevoir soit 2 buvées de 2 litres de colostrum espacées de 3 à

6 heures ou une alimentation à la sonde directement de 4 litres. La première buvée est la plus importante. Le transfert d’immunité repose donc sur la qualité, la quantité et la précocité d’ingestion du colostrum. Conserver en permanence 3 à 4 litres de colostrum de bonne qualité au congélateur (maximum 1 an) en cas

d’accidents au vêlage : vache sans colostrum, mammite, vache accidentée, veau refusant de téter et nécessitant une alimentation à la sonde. La décongélation doit être lente, au bain marie sans dépasser 42°C. Le four à microondes est à proscrire. Il existe également des colostrums de substitution. • •••

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Exécuter immédiatement les gestes de réanimation : Dégager les voies respiratoires en enlevant le mucus ou des morceaux de placenta autour du nez et de la bouche. Pour faire réagir le veau, versez-lui de l’eau froide sur les oreilles. Frictionnezle sur le dos avec de la paille. Si ces pratiques ne suffisent pas : Suspendre le veau par ses pattes arrières, continuer à dégager les voies respiratoires du mucus qui peut encore s’écouler , pratiquer la respiration artificielle en prenant les 2 pattes avant pour les déplacer en faisant du pédalage. Vous pouvez également pratiquer le bouche à nez, en veillant à tenir fermée la bouche du veau et en insufflant votre air par pe-


DOSSIER TECHNIQUE SOINS À LA MÈRE ET SON VEAU

Suite...

Le logement : un petit coin pour le nouveau né Laisser le veau avec sa mère 3 à 4 jours minimum, une semaine si possible. Cela tisse des liens plus étroits, favorise la prise de colostrum, et cela évite les contacts avec d’autres animaux plus âgés, sources de maladies à ce stade où le nouveau-né est très sensible. Prévoir ensuite un logement pour le veau, box aménagé de telle sorte qu’en stabulation libre les adultes ne puissent pas y pénétrer. Prévoir des boxes pour des veaux de même classes d’âge pas plus de 3 semaines d’écart.

Dimensions : 1,5 m2 au sol pour un volume de 8 à 10 m3 par veau Besoin de 1,5 à 2 kg de paille pour la litière par veau et par jour. Les asséchants comme le super phosphate sont recommandés en apport 2 fois par semaine et permettent une réduction du microbisme. Pas de courant d’air ni écarts de température importants (attention à nos printemps avec des nuits encore fra ches mais où l’intérieur des bâtiments modernes peuvent devenir de véritables

fournaises en cours d’après-midi). Vitesse de l’air maxi : 0,25 m/s (c’est à peine un souffle). En revanche le renouvellement de l’air est indispensable : 25 m3 / h/ veau. Le nez est un excellent analyseur de l’ammoniac, dès que ça picote, le seuil d’intolérance pour le veau est atteint. L’ammoniac fragilise les muqueuses respiratoires et prédispose aux infections pulmonaires car le veau est déjà naturellement et physiologiquement un insuffisant respiratoire. •

Un démarrage du veau réussi = croissance OCTOBRE - NOVEMBRE - DÉCEMBRE 2011

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• Vitamines, oligo-éléments apportent un coup de fouet au veau, cette complémentation permet de renforcer sa résistance aux agressions de l’environnement. • De l’argile distribuée quotidiennement en libre service dans une auge régule le transit et réduit les risques de diarrhées. •

PRINCIPALES CAUSES RESPONSABLES DE LA MORTALITÉ DE VEAUX ENTRE 0 ET 60 JOURS (Enquête bretonne 2004) 10% DES VEAUX TOUTES RACES CONFONDUES (LAITIÈRE OU ALLAITANTE) SONT MORTS AVANT L’ÂGE DE 60 JOURS. 20% des élevages présentent un taux de mortalité dans cette tranche d’âge de plus de 20%. En distinguant 2 catégories d’élevage, le premier présentant une mortalité faible (entre 0 et 5 %), le second une perte élevée (supérieure à 20%), il est possible d’identifier clairement les facteurs favorables ou au contraire favorisant cette mortalité. La mortalité est plus faible si : • il y a un box de vêlage exclusivement réservé à cet effet et entretenu propre, • le matériel de vêlage est à proximité • le cordon ombilical est systématiquement désinfecté • la qualité du colostrum est vérifié avant distribution au veau, les quantités et les délais d’administration sont respectés et du colostrum est conservé en cas de problème,

• l’ambiance des bâtiments est ma trisée : propreté, pas d’écarts de température, pas de courants d’air, pas d’odeur d’ammoniaque, pas d’humidité de la litière, • la prise de température fait partie du contrôle de l’état de santé du veau, • les soins aux veaux et les traitements sont précoces, • le veau est isolé et en cas de diarrhée, il y a distribution contrôlée de lait et de réhydratant. Le taux de mortalité s’aggrave avec le non respect des quantités de colostrum distribué ou s’il est donné à une température inadéquate au biberon ou à la sonde. Dans le groupe des élevages à faible mortalité, les pertes sont en majorité dues aux accidents de vêlage, en revanche dans le groupe à fort taux de mortalité, les diarrhées sont la principale cause des pertes. Répartition des mortalités en fonction de la classe d’âge des veaux :

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• 0-2 jours : 69% • 2-30 jours : 26% • 30-60 jours : 5% 95% des mortalités se situent avant l’âge de 1 mois, il est donc évident d’investir son temps et ses moyens pour assurer aux veaux les meilleures attentions au cours de ce premier mois si l’on veut en tirer ensuite un revenu. Chambres d’Agriculture de l’Ariège et de la Corrèze


DOSSIER TECHNIQUE BÂTIMENTS ET ÉQUIPEMENTS D’ÉLEVAGE

Des éléments essentiels pour atteindre l’objectif d’un veau par vache et par an Les diverses recommandations concernant le logement et les équipements en élevage allaitant, favorisent la santé et le confort des animaux, mais aussi optimisent les productions et la productivité du travail de l’éleveur. Un bon bâtiment doit : LOGER CONFORTABLEMENT LES ANIMAUX Logement des mères : recommandations de surfaces (m2 /animal) en stabulation libre (voir tableau 1 ci-contre). • Place à l’auge : 0.71 à 0.80 m par vache. • Faire des lots homogènes de 20 à 30 vaches

ASSURER UNE AMBIANCE SAINE DANS LES BÂTIMENTS : « DE L’AIR SANS COURANT D’AIR » Principales données à respecter L’objectif est de renouveler l’air chargé d’humidité et d’ammoniac provenant de la respiration des animaux et des déjections, avec un débit suffisant sans vitesse excessive. Contrôle du bâtiment Évaluer la qualité de l’aération du bâtiment repérable par : • une condensation régulière et persis-

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TABLEAU 1 : LOGEMENT DES MÈRES - recommandations de surfaces (m2 /animal) en stabulation libre Aire paillée 100% Type d’animaux

Surface aire paillée (m2) Vache

Veau

Total

Grandes tailles

10

1,5

11-12

Petites tailles

9

1,5

10-11

Besoin paille

Surface Stalle Béton

Aire couchage paillée + aire exercice béton Surface aire paillée (m2)

Logettes

Surface Long. Aire totale Béton

Larg.

Surface Distance Aire Barre au Exercice garrot

Vache

Veau

Total

0-1,3

5-6

1-2

6-8

3,5

2,35 à 2,40

1,20

4,5

1,75 à 1,85

0-1,3

5

1-2

6-7

3

2,30 à 2,35

1,15 à 1,20

4

1,70 à 1,75

6 à 8 kg / jour (vache + veau)

5 à 6 kg / jour (vache + veau)

tante sous la toiture. • un pelage moite sur le dos. • des odeurs. Repérer les courants d’air à plusieurs endroits et différentes «hauteur» : 20 cm et 120 cm du sol. Attention aux infiltrations d’eau, aux zones d’ombre et aux mouvements du vent sous l’effet d’obstacles. Solutions et remèdes • Ramener le nombre d’animaux à un niveau compatible avec les surfaces ou les volumes disponibles ; • Éviter les hauteurs des bâtiments trop Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

0 à 1,5 kg / jour (vache + veau)

faibles (minimum 3 m-3.50 m au-dessus des animaux ou trop importantes surtout en secteur froid et venté. • Créer des sorties d’air réelles (fa tière, cheminées) ; • Créer et répartir les entrées d’air (hauteur mini 1,80 pour les veaux, 50 cm au-dessus des animaux adultes) en évitant les courants d’air par l’utilisation de brise vent sur les ouvertures (tôles perforées, bardage bois ajouré, filet brise vent…). • Faire la chasse aux courants d’air : dessous de portes, trous isolés, etc. •••

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Logement des veaux : Faciliter l’accès du veau : • Aux mères pour la tétée • A des points d’abreuvement • A un boxe « réservé », tranquille, propre et bien paillée avec une ambiance confortable ( bonne aération sans courants d’air, pas de parois froides ou humides, soleil…) La zone réservée aux veaux doit être : • Parc : Surface de 1,5 m2 (vêlage hiver) à 2,25 m2 (vêlage d’automne). • Facile d’accès pour l’éleveur : Prévoir un couloir de visite, qui est important pour la surveillance et les interventions. • D’une taille adaptée au nombre de veaux, à leur âge, aux pratiques d’élevage (alimentation, complémentation…) ou aux types de production (repousses, veaux sous la mère, génisses). Prévoir des séparations facilement modulables. • Sans danger (pas d’éléments blessants, espaces entre tubes de barrières inférieurs à 15 cm entraxe ou supérieurs à 30 cm…).


DOSSIER TECHNIQUE

OPTIMISER ET FACILITER LE TRAVAIL TOUT EN GARANTISSANT DES CONDITIONS SANITAIRES OPTIMALES

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• Nettoyer et pailler régulièrement, surveiller les fuites d’abreuvoirs.

FACILITER LES VÊLAGES Entre un tiers et la moitié des pertes de veaux ont lieu à la mise bas ou dans les heures qui suivent. Le lieu de vêlage Un box de 12 à 15m2, intégré au lieu de vie habituel des animaux, facile d’accès, bien éclairé et paillé avec un dispositif de contention et un point d’eau est préférable dans tous les cas. Toutefois, le vêlage peut se réaliser : En étable entravée : mais on risque de trouver le veau coincé dans le caniveau si le vêlage est sans assistance. Avec assistance, installer la vache dans le couloir, suffisamment large pour utiliser une vêleuse (1,50 à 1,75 + 0,5 de caniveau). Remarque : Il est très facile de réaliser un parc de vêlage dans un coin d’une étable entravée avec 2 barrières. En stabulation libre : Sur l’aire de couchage bien entretenue (paille propre). Mais il faut prévoir un emplacement pour les vêlages difficiles (césarienne…) ou des soins au veau et à la mère. En logette : Le box de vêlage est indispensable. La télésurveillance Elle participe à diminuer la contrainte de se lever 1 à 2 fois par nuit.

FAVORISER LA MISE À LA REPRODUCTION PRÉCOCE L’éclairement et l’exercice sont les facteurs favorisant l’activité ovarienne. • Éclairage (on doit y voir comme en plein jour ) : 5 à 10% de translucide sur la toiture permettent un éclairement suffisant. L’orientation et le type de bâtiment seront déterminants pour un ensoleillement maximum en période hivernale. • Favoriser l’exercice des animaux : Préférer les systèmes de stabulation libre. • Limiter les zones cachées : Bien étudier les aménagements de l’étable. • Logement confortable et sûr pour le taureau : Prévoir un box assez vaste (15 m2 minimum) pourvu d’équipement de sécurité (cornadis autobloquant, passage d’homme, verrou de barrière, système de contention…) et à proximité des vaches pour faciliter le déclenchement des chaleurs.

AMÉLIORER LA SÉCURITÉ ET RÉDUIRE LA PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL • Faciliter les circulations des hommes, des animaux et du matériel : organisation du bâtiment, dimensions, équipements… mais aussi liens avec les autres bâtiments, circulations et manœuvres extérieures ; • Adapter les équipements à la réalité du travail (passages d’hommes aux bons endroits, portes et portails en nombre

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suffisant et faciles à ouvrir, systèmes de contention, quai de chargement…).

ÉVITER L’INTRODUCTION DE BACTÉRIES ET VIRUS Notamment, par la mise en place d’un pédiluve soigneusement entretenu. Pour limiter les risques, un certain nombre de mesures de précautions peuvent être prises en plus : • Réservez une aire de stationnement pour les véhicules à l’écart des zones où vivent et circulent les animaux. • Lorsque la manipulation des animaux n’est pas nécessaire, éviter de circuler sur les aires d’exercice ou de couchage dans les stabulations. • Limiter les allers et venues des chiens et chats entre fermes voisines. • Exigez, des personnes extérieures à l’exploitation, des bottes propres à l’arrivée et/ou des surchaussures jetables. Il convient de faire utiliser le pédiluve avant d’aller voir les animaux. Pour les outils, appareils et bétaillères partagés avec d’autres éleveurs, veillez à les laver et les désinfecter soigneusement, à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi que les pneus. Dans le cas d’un salarié travaillant sur plusieurs élevages, la solution la plus pratique est qu’il dispose de bottes et de vêtements de travail spécifiques à chaque exploitation. • Chambres d’Agriculture de l’Ariège et de la Corrèze


ACTUALITÉS AGRICULTURE SOCIÉTAIRE

Le GAEC entre époux : un débat très ancien La loi de modernisation de l’agriculture, autorise qu’un « groupement agricole d’exploitation en commun peut être constitué de deux époux, de deux concubins ou de deux partenaires liés par un pacte civil de solidarité, y compris lorsqu’ils en sont les seuls associés ».

Société singulière de par son principe de transparence, le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) est une société originale, propre à la France. Le principe dit « de transparence » permet aux associés de GAEC de conserver les droits auxquels ils auraient pu prétendre s’ils étaient restés chefs d’exploitation à titre individuel, en matière fiscale, sociale et économique.

PORTÉE DE LA RÉFORME Le GAEC est possible entre conjoints, personnes pacsées, ou vivant en concubinage. Les couples associés devront se répartir de manière égalitaire les droits de vote, la gérance et la rémunération du travail (1 SMIC minimum chacun). Chacun se positionne comme un véritable chef d’exploitation.

QUELLE TRANSPARENCE POUR CES GAEC ? On peut aujourd’hui considérer que les GAEC entre époux bénéficient directement, mais à condition de remplir les critères d’agrément, de la transparence fiscale relative au régime du forfait, à l’assujettissement à la TVA, aux déductions fiscales pour investissement ou pour aléa. En revanche, dans le domaine des réglementations économiques, la transparence est systématiquement liée à l’existence d’une exploitation regroupée. Pour l’obtention d’aides à l’investissement et la majoration du paiement des droits PMTVA, un associé de GAEC doit apporter une exploitation supplémentaire (au moins une SMI) ou reprendre les surfaces libérées par un associé au moment de son départ. Seules les indemnités compensatoires de handicaps naturels (ICHN) permettent de reconna tre un nouvel associé n’apportant pas une nouvelle

Témoignage La Chambre d’Agriculture accompagne les projets de sociétés

GAEC entre concubins à La Ferme du Roseix Les associés : Laurent CHARIERAS, 45 ans, BTAG, installé avec la DJA en 1990 Marie-Noëlle DELBOS, 42 ans, BPREA, installée avec la DJA en 2009 3 enfants L’exploitation : Bénéfice Réel Simplifié 103,4 PMTVA 2 Parts ICHN 2 Parts PAC Quelles sont les raisons de votre association ? Marie-Noëlle : « Après 17 ans de salariat comme aide médicale, j’ai décidé de m’installer en EARL avec mon concubin en 2009. J’avais un projet bien précis de créer avec Laurent un atelier de transformation et découpe de viande bovine limousine en vente directe ». Laurent : « Être seul sur une exploitation agricole n’est pas évident ! Le partage des responsabilités, l’échange des idées, permettent que l’on puisse l’un et l’autre se consacrer pleinement à notre centre d’intérêt ». Quels changements avez-vous ressentis, lors de la transformation en GAEC ? Marie-Noëlle : « Mes parents ont pris

exploitation, à condition qu’il bénéficie des aides JA et que les autres associés du groupement lui rétrocèdent au moins une demi SMI. Le nouvel associé peut bénéficier des ICHN à condition qu’il soit attributaire de la DJA, et qu’il ait Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

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LES ASSOCIÉS : LAURENT CHARIERAS ET MARIE-NOËLLE DELBOS leur retraite agricole en 2011. J’ai donc pu élaborer un dossier « cessionreprise », qui m’a permis d’apporter une exploitation autonome (+ 35 ha) à l’EARL. C’est à ce moment là que Laurent CONDAT, de la Chambre d’Agriculture, nous a conseillé de transformer l’EARL en GAEC ». Laurent : « Nous n’avons pas trouvé de changement sur le plan humain, notre entreprise reste la même. Par contre, l’avantage du GAEC avec la reconnaissance de la transparence, nous a permis d’obtenir 2 parts ICHN et 2 parts économiques, ce qui est un avantage indéniable sur le plan financier par rapport à notre ancienne société ».

apporté au moins une demi SMI. • Laurent CONDAT Conseiller « Agriculture Sociétaire » Chambre d’Agriculture de la Corrèze Tél. : 05 55 21 55 53

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RAPPEL DU CADRE LÉGISLATIF


INFOS PRATIQUES GESTION DES COÛTS

Des produits en remplacement de la paille litière Pour le prochain hivernage, la paille devrait être utilisée principalement dans la ration de base comme aliment grossier compte tenu de la pénurie de fourrage. Malgré tout, les animaux en bâtiments auront besoin de litière pour avoir un minimum de bien-être.

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COPEAUX DE BOIS

Afin de répondre à cette situation, nous vous proposons d’étudier plusieurs supports de litière qui peuvent être utilisés en remplacement de la paille.

COMMENT LIMITER LA CONSOMMATION DE PAILLE DANS LES BÂTIMENTS ? • Retarder au maximum l’entrée des animaux en stabulation. • Pour les stabulations ayant une aire de raclage, mettre en place une séparation entre l’aire raclée et l’aire paillée, avec un passage limité à 2-3 mètres. • Tenir les animaux bloqués au cornadis durant les repas, afin de limiter les mouvements sur les aires paillées. • Respecter les surfaces d’aire de vie par animal et par catégorie : 12 m2/ vache est un minimum. • Favoriser la ventilation des bâtiments, en évitant les courants d’air (fa

tière ouverte, filets brise-vent, bardage perforé, …). • Éviter de laisser des vaches en chaleur dans le bâtiment et à plus forte raison un taureau. • Essayer d’avoir un taux de matière sèche maximum dans la ration pour des déjections les plus solides possibles. • Surveiller les fuites d’eaux éventuelles. • Si le temps et la portance des sols le permettent, laisser sortir les adultes et les veaux (de plus d’un mois) sur un parc à l’extérieur. • Utiliser des produits de substitution (sciure, copeaux, plaquettes de bois, cannes de maïs…) pour réaliser une première couche (15 à 20 cm) drainante, voire l’ensemble de la litière. SCIURE Disponibilité du produit : Ce produit Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

est de plus en plus employé en hiver dans des chaufferies ; elle s’utilise aussi dans la fabrication de matériaux composites. Modalité d’utilisation : A priori, il n’y a pas de limite. Le matériau peut s’utiliser en sous couche du paillage ou même en paillage directement. Qualité du produit : la densité est de l’ordre de 200 Kg à 250 Kg /M3. Le degré d’absorption de ce matériau est assez intéressant et d’une manière générale légèrement supérieur à l’ensemble des pailles. C’est un produit assez peu drainant. COPEAUX Disponibilité du produit : La problématique est quasiment la même que pour la sciure. Modalité d’utilisation : A priori il n’y a pas de limite. Le matériau peut s’utiliser en sous couche du paillage ou


INFOS PRATIQUES

La balle de riz en litière C’est un produit économique et efficace qui convient à tous types d’élevages ; stabulations libres, stabulations à logettes (y compris élevages laitiers), engraissement, boxes à veaux, écuries, élevages avicoles …

PLAQUETTES DE BOIS DÉCHIQUETÉES L’utilisation des plaquettes bois pour faire litière est un procédé intéressant, surtout lorsque la ressource est présente sur l’exploitation. Le rendement de déchiquetage dans les branches ou du bois de petit diamètre ne sera que de 8 à 12 m³/heure. Il avoisinera les 18 à 25 m³/heure dans les perches (4 à 5 m de longueur) pour atteindre 30 m³/heure avec des billons type papeterie. L’heure de broyage étant facturée de 115 à 125 €, le coût au m³ variera donc de 11.5 € à 4 € HT selon le type de produit à broyer. Les exploitations ne bénéficiant pas de ressources forestières peuvent utiliser des produits connexes de scierie (croûte de délignage) ou billons de type « papeterie ». L’usine ISOROY d’Ussel, propose des plaquettes d’écorces toutes essences pour un prix inférieur à 6 €/m³ apparent départ chargé usine (la livraison étant à la charge de l’exploitant). CANNES DE MAÏS La valorisation des pailles de maïs est relativement aisée en litière. A la récolte du maïs grain, le passage d’un broyeur à végétaux est nécessaire pour favoriser le séchage et d’éviter des fermentations. En conditions sèches, les cannes sont andainées, puis reprises au moyen d’une presse (balles rondes ou carrées). Il est recommandé de ne pas empiler trop rapidement les balles dans un bâtiment, car une certaine humidité subsiste. •

Ce produit est issu du décorticage du riz de consommation humaine ; il ne subit aucun traitement, ni transformation chimique, et il a pour caractéristiques : > Un poids de 120 kg/m3, un taux de matière sèche de 90 à 95% et un rendement équivalent paille de 400 kg / m3. C’est un produit réputé sain pour l’élevage. Utilisations : Dans le cas de litière bovine en stabulation ou en logettes, environ 20 à 25 cm de balle de riz sont suffisants pour garder les animaux propres durant 5 à 8 semaines . Ce produit convient parfaitement en élevage de volailles et de veaux de boucherie. Il est utilisable seul et se recharge par couche de 8 à 10 cm. Ce produit est vendu en m3 vrac, la livraison est effectuée par semi remorque à fond mouvant de 90 à 100 m3, pour un poids de 11 à 12 tonnes. Ce produit est disponible toute l’année avec un délai de livraison de 8 à 15 jours selon les fournisseurs. La balle de riz est différente de la sciure de bois car une fois en place la couche ne se compacte pas, reste toujours souple et possède un PH neutre. Les bouses s’incorporent à la litière ce qui garantit la longévité de ce produit et lui permet d’avoir une forte équivalence paille. Sa structure de faible densité donne au fumier une caractéristique de grande qualité dans la manutention et l’épandage. Ce produit livré coûte de 13 à 13,5 € le m3. Contacts de commerciaux : ALLÈGRE NÉGOCE : « La Garde Haute » 43230 PAULHAGUET - Port.: 06 87 16 38 13 - Tél. 04 71 76 86 95 SARL TRANSPORT BILLAUD : « Z.A Le Colombier » 13150 BOULBON - Port. 06 12 03 42 07 - Tél. 04 90 43 98 70 COTRADA : « Quartier la Sizeranne - BP 9 » 26300 CHATUZANGE LE GOUBET Tél. 04 75 47 40 42 Contacts techniques : Christian BROUSSOLLE, Chambre d’Agriculture, Bureau Tulle. Tél. 05 55 21 55 53

J.-R. LOGE, Conseiller agricole, Chambre d’Agriculture - Bureau d’Ussel Tél. 05 55 46 78 46 Beno t LAC Conseiller agricole, Chambre d’Agriculture - Bureau de Brive Tél. 05 55 86 32 33

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même en paillage directement. Qualité du produit : la densité est de l’ordre de 100 Kg à 150 Kg /M3. Le degré d’absorption pour les copeaux grossiers est identique à la paille.


INFOS PRATIQUES CERTIPHYTO

Bilan quantitatif et qualitatif de la phase expérimentale en Corrèze Connaissez-vous le CERTIPHYTO ? Il s’agit d’un certificat qui deviendra bientôt obligatoire pour l’usage professionnel de produits phytopharmaceutiques. CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE DU DISPOSITIF CERTIPHYTO

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Le dispositif CERTIPHYTO, proposé en Corrèze en 2010 et 2011 trouve son origine dans une directive européenne de 2009 relative à une utilisation des pesticides compatibles avec le développement durable. Cette directive stipule que toutes les personnes concernées par l’utilisation des produits phytosanitaires, les distributeurs et les conseillers doivent être en possession d’un certificat. Cela implique d’une part de mettre en place des systèmes de certification par une formation ou une évaluation, et d’autre part, de restreindre la vente des pesticides aux seules personnes titulaires du certificat. On distingue deux types d’entreprises concernées par l’obtention du Certiphyto : > Les exploitations agricoles Toutes les personnes travaillant dans les entreprises agricoles et utilisant des produits phytosanitaires, devront être en possession du Certiphyto. Aujourd’hui, seule l’échéance de janvier 2015 est connue, comme date butoir pour l’obtention du Certiphyto. A partir de 2015, toute personne souhaitant acheter, transporter et/ou manipuler des produits phytosanitaires devra être en possession de ce certificat. Le dispositif généralisé pourrait ressembler au dispositif expérimental déjà testé en Limousin.

Dispositif expérimental 2010-2011 Public concerné Usage agricole Durée de validité du Certiphyto

Voies d’accès au Certiphyto

Programme de formation

Décideur d’exploitation 10 ans

Dispositif généralisé à compter de 2015 Décideur d’exploitation (agriculteur) et opérateur (salarié) le cas échéant A confirmer...

A : validation de diplômes obtenus 5 B : test d‘une heure ans avant la date de la demande avec C : test 30 questions + formation en un niveau minimum à reconna tre 1 jour si échec au questionnaire B : test d‘une heure D : formation de 2 jours C : test 30 questions + formation en 1 jour si échec au questionnaire D : formation de 2 jours Un programme référencé au niveau national

Deux programmes détaillés : 1 pour les décideurs 1 pour les salariés

> Les organismes de conseil, de prestations de services et les distributeurs Selon la loi Grenelle 2 de l’environnement, les entreprises exerçant les activités de conseils, de prestations de services, de distribution-délivrance-vente devront disposer d’un agrément avant juillet 2013. Une des conditions pour l’obtention de cet agrément est la détention du Certiphyto par tous les salariés concernés.

L’ORGANISATION EN LIMOUSIN Au niveau régional, la DRAAF du Limousin a habilité les chambres départementales d’agriculture du Limousin et le réseau OPTILIM. Une organisation commune a été réfléchie et un véritable partenariat a été mis en place entre les différents organismes. En Corrèze on peut noter : • Un recensement des demandes d’inscriptions par la Chambre d’Agriculture • La réalisation des voies B et C par le CFPPA de Cornil • La réalisation de la voie D par le CFPPA, la MSA et la Chambre d’Agriculture de la Corrèze > Nombre de formations ‘‘VOIE D’’ suite aux 2 années d’expérimentation en Corrèze 2010 2011 Total

Formations proposées 15 25 40

Stagiaires formés 223 472 695

Total 32,09% 67,91% 100%

> Localisation des formations sur les 2 années d’expérimentation en Corrèze Afin de limiter le déplacement des stagiaires, les formations ont été délocalisées sur l’ensemble du département.

LE FINANCEMENT DU DISPOSITIF Formation des agriculteurs. Au niveau national on estime à plus de 300 000 le nombre d’agriculteurs à former avant 2015. En Corrèze, le besoin serait encore de 3 000 exploitants. Le financement de la phase expérimentale a été réalisé par le fonds de formation VIVEA et par la MSA(interventions gratuites). Le financement de formations supplémentaires est suspendu jusqu’à la fin de l’année. • Karine BARRIÈRE, Tél. 05 55 86 32 33. Chambre d’Agriculture Corrèze Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze


INFOS PRATIQUES LE P.A.T. AUVÉZÈRE

Un Plan pour protéger notre ressource en eau Depuis 2007 a été mis en place sur le territoire de l’Auvézère un programme innovant en matière de protection de la ressource en eau. Zoom sur les partenariats mis en place et les actions menées. LE « PAT » C’EST QUOI ?

Le Plan d’Actions Territorial est un programme mis en place à l’initiative de l’Agence de l’Eau Adour Garonne pour optimiser la protection de la ressource en eau du bassin versant de l’Auvézère. Initialement porté sur le risque phytosanitaire, le programme repose sur une adhésion volontaire de partenaires techniques, administratifs et financiers. Il permet la mise en place d’actions visant une amélioration des pratiques au travers d’expérimentation, d’une sensibilisation des usagers, d’un accompagnement financier des changements de pratiques…

UN PLAN, UN PROGRAMME, DES PARTENAIRES Le PAT, c’est un ensemble d’actions qui visent à optimiser l’utilisation des produits phytosanitaires, de les réduire voire les supprimer, tant sur le milieu agricole que sur le domaine non agricole. Ainsi, depuis 2007, le programme a réuni plus de 6 ma tres d’ouvrages et plus d’une vingtaine d’actions ont été mises en place. Aujourd’hui, à la problématique phytosanitaire s’ajoutent celles de la gestion des étangs et de l’abreuvement du bétail au champ.

Chiffres Clés LE PAT AUVÉZÈRE :

. 13 COMMUNES . 4 800 HABITANTS . 13 254 Ha, dont : . 8 900 Ha de prairie et . 186² Ha de vergers

VOLET AGRICOLE : DES AIDES DÉPLOYÉES POUR LES AGRICULTEURS Quelques exemples… Aide au changement de pratiques > Réduction de pesticides : 2 mesures ouvertes Aides aux investissements > Investissements en lien avec les phytosanitaires, la fertilisation, … 40 à 75% selon les investissements réalisés > Abreuvement au champ 75% d’aides pour la réalisation d’aménagements sur cours d’eau Information des agriculteurs 3 bulletins d’informations par an, envoyés à tous les agriculteurs du territoire : « Le PhytoBull » Formations - Démonstrations Démonstrations de matériels en arboriculture, Formations en lien avec l’utilisation des produits phytosanitaires (CERTIPHYTO), et les modes de production (alternatives à la lutte chimique notamment)… • Karine BARRIÈRE, Tél. 05 55 86 32 33. Chambre d’Agriculture Corrèze Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

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TERRITOIRES ÉCLAIRAGE

La réglementation des boisements en Corrèze

Conséquence de l’exode rural et de la libération des terres par une agriculture en mutation, l’extension des boisements n’a cessé de progresser en Corrèze depuis le début du 20ème siècle. Dans ce contexte, afin d’éviter l’extension anarchique des peuplements forestiers et notamment des boisements de type « timbre-poste », une réglementation des boisements a été mise en place à partir des années 60.

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Cette réglementation, en tant qu’outil d’aménagement foncier, définit les règles en matière de plantation et de replantation d’essences forestières sur l’ensemble d’un territoire communal. Cette démarche volontaire des communes, prévue par les articles L126-1 et R126-1 à 10 du Code Rural, est un support visant ‘‘à favoriser une meilleure répartition des terres entre les productions agricoles, les espaces forestiers, les espaces habités ou de loisirs, tout en préservant les milieux naturels et les paysages remarquables’’. Seuls les terrains nus ainsi que les coupes rases de parcelles boisées isolées ou rattachées à un massif forestier dont la superficie totale est inférieure à 2 hectares, sont ici concernés. La vocation première de cette réglementation est donc d’assurer le maintien à la disposition de l’agriculture des terres qui contribuent à un meilleur équilibre économique des exploitations. Elle permet également, en invoquant le motif de voisinage, de limiter les nuisances que les boisements porteraient aux espaces habités, aux espaces de loisirs ainsi qu’aux voies affectées au public. Enfin, la réglementation des boisements peut être un moyen de préserver certains milieux naturels et paysages remarquables. En Corrèze, 174 communes doivent aujourd’hui se conformer à cette réglementation. Ainsi, des distances de recul de plantation sont prévues par rapport aux fonds agricoles voisins, le long des cours d’eau, en bordure de voirie, et aux alentours des zones d’habitat ou de loisirs. Une réglementation particulière peut également être mise en place parmi ces communes. Il s’agit d’un zonage du territoire communal, valable dix ans, où apparaissent trois périmètres distincts : • Périmètre interdit au boisement où toute plantation d’essence forestière est interdite pour une durée de dix ans. • Périmètre réglementé où la plantation d’une parcelle est soumise à autorisation. • Périmètre libre au boisement où la plantation d’essence forestière est autorisée, dans le respect du Code Civil et du Code Forestier.

EN CORRÈZE, 174 COMMUNES SONT CONCERNÉES PAR CETTE RÉGLEMENTATION QUI DÉFINIT 3 PÉRIMÈTRES DISTINCTS POUR LA GESTION DU BOISEMENT

Pour les autres communes du département, les conseils municipaux peuvent, s’ils le souhaitent, adopter la réglementation des boisements sur leur territoire par délibération adressée au Président du Conseil Général. C’est actuellement la Chambre d’Agriculture de la Corrèze qui est chargée par le Conseil Général de l’élaboration d’études de projets communaux de réglementation particulière, en étroite collaboration avec la profession agricole et les élus. Le coût de ces opérations est aujourd’hui pris en charge à 100% par le Conseil Général. La mise en place ou le renouvellement d’une telle réglementation sur un territoire communal permet aux élus de disposer d’un outil supplémentaire pour gérer l’évolution et l’affectation de l’espace au mieux des intérêts de chacun, en cohérence avec les autres Le Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze

documents d’urbanisme (PLU, cartes communales, etc.) dans un souci de développement durable. • Antoine BOURGES Section Forêt. Tél. 05 55 46 78 46 Chambre d’Agriculture Corrèze (USSEL)


INFOS EMPLOI EMPLOI

Le groupement d’employeurs, une idée qui fonctionne En agriculture, les besoins de main d’œuvre sont souvent ponctuels et liés à l’activité propre de l’exploitant. Difficile alors de trouver un ouvrier disponible pour de très courtes périodes. Sur les cantons de Meyssac et Beaulieu, 11 exploitants agricoles sont regroupés en groupement d’employeurs.

Jean-Marc Daumas, vous êtes employé par AGRAMPA depuis 8 ans, que pensez-vous de cette diversité et de l’organisation du travail ? Avant, je dirigeais ma propre exploita-

JOUR DE VACCINATION SUR L’EXPLOITATION DE JEAN-PIERRE LIMES (A GAUCHE), À LOSTANGES. JEAN-MARC DAUMAS, EMPLOYÉ PAR LE GROUPEMENT DEPUIS 8 ANS. (À DROITE)

tion. Aujourd’hui, c’est différent. J’aime la diversité des travaux et productions et m’adapte assez bien je pense. Les plannings sont faits à l’avance. Il reste tout de même des journées de travail non attribuées. Connaissant les besoins

Prévention des risques

Silos boudins : gare aux gaz mortels Des mesures de prévention simples s’imposent. Cette technique qui consiste à stocker des céréales ou le maïs grain sous silos boudins, commence à être utilisée dans notre région. Elle demande peu d’infrastructure et semble intéressante. Cependant, cette pratique génère de nouveaux risques.

Des accidents mortels sont survenus en France, touchant aussi bien les professionnels que des enfants. En effet, ce stockage peut, sous certaines conditions, produire des gaz toxiques tel l’hydrogène sulfuré, en fonction des produits conservés. •

CONSEILS Au dessus d’une certaine concentration, de 50 à 150 ppm (partie par million), l’hydrogène sulfuré provoque un blocage olfactif qui empêche la détection de l’odeur. Au-delà de 1 000 ppm, il entra ne le décès. Des gestes simples peuvent éviter ce risque : • lors du déstockage partiel il est impératif d’ouvrir le boudin par le dessus

de manière à libérer les gaz potentiels et d’enlever la partie du plastique désormais vide. En effet, cette partie peut être tentante pour des jeux d’enfants, • par ailleurs, il est conseillé de proLe Magazine de la Chambre d'Agriculture de la Corrèze téger le stockage des attaques des oiseaux et des rats et de reboucher les trous afin d’éviter l’infiltration d’eau qui favorise la fermentation et donc la production de gaz.

de chaque exploitation, je propose ces journées aux employeurs intéressés. La formule fonctionne. Quels sont les avantages pour vous en tant qu’employé ? Il est sûr que le salaire est moindre, mais j’ai aujourd’hui la sécurité de l’emploi et du revenu. C’est un choix. C’est beaucoup moins de souci, et plus de temps libre. Côté employeurs, quels sont les avantages ? La formule du groupement d’employeurs permet de répondre aux surcharges de travail, aux besoins ponctuels de main d’œuvre ou encore d’avoir des solutions de remplacement. Il y a aussi des avantages financiers. Les premières années, les GE peuvent prétendre à la réduction de certaines charges sociales. Les remplacements sont aussi déductibles à 50% des impôts, ce qui n’est pas négligeable. Nous payons chacun le nombre de journées travaillées dans notre exploitation. C’est sans surprise. Chacun est autonome et effectue un virement sur le compte du groupement. En fin d’année, nous rééquilibrons ensemble les comptes, cela fonctionne bien. Côté administratif, cela ne demande pas trop de travail, en effet la Chambre d’Agriculture gère la feuille de paye. •

27 OCTOBRE - NOVEMBRE - DÉCEMBRE 2011

Depuis quand existe ce Groupement d’employeurs ? Laurent Picard, président de AGRAMPA : Le GE AGRAMPA a été créé en 1998. Il regroupait alors une vingtaine d’exploitations et créait deux emplois à temps plein. Aujourd’hui, le groupement emploie un ouvrier agricole à temps plein, dont l’emploi du temps s’articule autour des saisons et des besoins de chaque exploitation. L’organisation du travail est-elle difficile ? Deux fois par an, nous nous réunissons afin d’établir un planning prévisionnel pour le semestre. Nos productions sont diverses, le travail et les besoins de main d’œuvre couvrent l’année entière. Élevage porcin, bovin, de volailles, production de fruits et légumes, noix, vigne, tabac, les ateliers sont nombreux et variés.


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