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Vendange tardive

2015

Julie Dawid Jé émie Delhome Benjamin Hocha t F ançoise Pét ovitch Sa ah T itz

Giulia Andreani Julien Beneyton Marion Charlet Nicolas Nicolini Sinyoung Park

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Vendange tardive 2015 textes de Julie Crenn

Giulia Andreani Julien Beneyton Marion Charlet Nicolas Nicolini Sinyoung Park

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Giulia Andreani Giulia Andreani est peintre. Depuis quelques années elle développe une peinture d’histoire, un genre pictural en voie de disparition. Elle travaille à partir d’images d’archives pour nous livrer sa propre lecture de l’Histoire avec un grand H. Elle est une peintre-chercheuse, lorsqu’elle définit un sujet, une problématique, elle passe des heures à fouiller : les livres dans les bibliothèques, les moteurs de recherche sur Internet, les cartons et les dossiers empilés dans les services d’archives de telle ou telle institution ou encore, plus modestement, les albums photo de famille. Le travail de fouille donne lieu à une récolte d’images soigneusement sélectionnées, ensuite imprimées, photocopiées et transposées sur la toile ou le papier. La transposition n’est pas fidèle, l’artiste adopte une vision interprétative et critique des images. Ces dernières sont peintes au moyen d’une couleur unique : le gris de Payne. La couleur des aquarellistes. Le gris de Payne oscille tantôt vers le bleu, tantôt vers le gris. Giulia Andreani a fait le choix d’une unité plastique. L’artiste n’emprunte pas les chemins battus de l’Histoire, elle l’aborde de biais pour en donner de nouveaux éclairages. Elle travaille à partir d’images d’archives peu relayées dont la transposition critique nous amène à penser l’Histoire autrement. Nous connaissons les visages des dictateurs, leurs portraits photographiques sont imprimés dans tous les L’artiste livres d’histoire, mais nous connaissons moins leurs n’emprunte visages adolescents. L’artiste a réalisé deux séries de pas les huit peintures : huit portraits de dictateurs en devenir, chemins huit portraits de leurs futures épouses. Elle questionne battus de ainsi la trajectoire individuelle, les choix que nous faisons l’Histoire, elle et les positions que nous prenons. Avec le même esprit, l’aborde de elle réalise une série de peinture intitulée Daddies, où biais pour les généraux d’Hitler sont présentés non pas comme en donner des chefs militaires ou bien des bourreaux, mais comme de nouveaux de bons pères de famille. Les images dotées d’une aura éclairages « Kennedyenne », sont troublantes, voire perturbantes.

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voir le CV de Giulia Andreani page 64


Comment ses hommes et ses femmes, ses familles d’apparence normale et bienveillante, ont pu être à l’initiative d’une des plus grandes machines meurtrières de l’histoire ? Ses dernières peintures construisent une réflexion sur la représentation des femmes : leurs mises en scène, leurs attitudes, leurs vêtements. Des femmes dont les corps sont mis au service du pouvoir masculin. Une manipulation des images que l’artiste annule par la peinture. Elle renverse la stratégie en déclinant des allégories sociétales où les femmes portent une vision critique. Giulia Andreani retourne les images de propagande pour en faire de véritables instruments critiques envers des sociétés qui ne semblent pas avoir retenu les leçons de leur propre Histoire. L’artiste veille aux images : leur rôle, le discours qu’elles véhiculent et leurs répercussions normées sur l’imaginaire collectif.

Damnatio Memoriæ III, 2015, acrylique sur toile, 150 x 200 cm

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Damnatio MemoriĂŚ I (Medusa), 2015, acrylique sur toile, 200 x 150 cm


Damnatio MemoriĂŚ II (K.K.G.), 2015, acrylique sur toile, 200 x 150 cm

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Le Rempart, 2015, acrylique sur toile, 190 x 410 cm

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Trois femmes, 2015 (sĂŠrie de trois), acrylique sur toile, 3 x 35 x 27 cm


2'24'' (Le chemin), 2014, acrylique sur toile, 150 x 200 cm

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Uniforme allemande, 2014, acrylique sur toile, 180 x 80 cm 12

Lui, 2013, acrylique sur toile, 27 x 19 cm


Uniforme franรงaise, 2014, acrylique sur toile, 180 x 80 cm Lei, 2013, acrylique sur toile, 27 x 19 cm

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Le cours de dessin, 2015, acrylique sur toile, 150 x 200 cm 14

HH im Garten, 2015, aquarelle sur papier, 18 x 26 cm


Cheminotes, 2014, acrylique sur toile, 200 x 240 cm

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Julien Beneyton Julien Beneyton se présente comme un peintre « témoin de son époque ». Depuis une quinzaine d’années, il documente son environnement immédiat : la rue, les quartiers populaires, le métro, le marché, les manifestations, l’architecture, les habitants et les ambiances. Il se nourrit de tout ce qui lui parvient quotidiennement. Les photographies sont ensuite transposées au pinceau sur un support en bois ou bien sur papier. La restitution est minutieuse, mais pas vraiment fidèle. L’artiste procède à des associations d’éléments, il modifie les expressions ou les attitudes. Il recompose les scènes dont il conserve cependant chaque détail d’une manière quasi chirurgicale : la texture d’un vêtement, le grain de peau d’un visage, la lisibilité d’une plaque d’immatriculation, le corps d’un insecte ou le reflet d’un paysage dans les verres d’une paire de lunettes de soleil. Des poils sur les bras au ventre tombant, tout y est à lire et à décrypter. Le temps de la peinture apporte un soin à l’image, une réflexion sur sa construction et sa portée, un corps à corps qui dissone avec une boulimie visuelle à laquelle l’artiste se refuse. Aux scènes urbaines s’ajoute un travail de portraits de ses proches, d’inconnus, d’amis, d’artistes rencontrés, de personnalités marquantes. Au fil des voyages et des échanges, la galerie des portraits s’étoffe. Avec style réaliste, un trait fin, un travail de la lumière et une palette prononcée, il représente ses contemporains issus de domaines pluriels. En ce sens, il s’inscrit dans une histoire de la peinture, en étudiant avec fascination et respect ses maîtres absolus tels que Brueghel ou Van Eyck. Une autre dimension traverse alors son œuvre : une volonté de représenter ce qu’il nomme les « beaux métiers ». L’artiste s’intéresse aux métiers qui engagent une transmission de génération Il porte un en génération d’un savoir-faire spécifique préservé par regard attentif un groupe. Il part à la rencontre de différents corps de et sincère métiers comme les métallurgistes de Florange ou encore sur la société les éleveurs bovins dans le Limousin. Des hommes et dans son des femmes dont les métiers sont mis en danger par un ensemble contexte économique et politique mouvant. Au printemps

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voir le CV de Julien Beneyton page 64


2015, l’artiste a rencontré quelques éleveurs du Limousin grâce à l’entremise d’un vétérinaire. Il se confronte à une réalité sans compromis où l’existence humaine est totalement vouée à celle des bêtes. Entre fierté et désespérance, il prend la température d’un métier en voie de disparition. À l’image de Gustave Caillebotte ou d’August Sander, il porte un regard attentif et sincère sur la société dans son ensemble en présentant aussi bien les acteurs de la scène hip-hop en France et aux États-Unis, les maraîchers, les livreurs, les agriculteurs ou encore les personnes sansabri. La dimension sociologique de sa peinture le rapproche des esprits de Delacroix et de Courbet. Julien Beneyton n’envisage pas la peinture en dehors de la société, bien au contraire, elle témoigne de son temps, de réalités complexes auxquelles il s’attaque de manière frontale et décomplexée.

Wish List, Audi A3, 2013, acrylique sur papier, 80 x 111,5 cm

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Youssoupha, Quartier Latin, 2014, acrylique sur bois, 124 x 105 cm


L'acier lorrain, 2013, acrylique sur bois, 127 x 177 cm

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La valse de Jericho, 2011, acrylique sur bois, 47 x 57 cm


Pieter Lammers, 2014, acrylique sur bois, 57 x 47 cm

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The B.A.G., 2012, acrylique sur bois, 153 x 268 cm

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El Nazareno 2, 2011, acrylique sur bois, 57 x 47 cm


Orelsan, Perdu d'avance, 2010, acrylique sur bois, 105 x 140 cm

A toute ĂŠpreuve, 2013, acrylique sur bois, 17,5 x 24,7 cm

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Girt, 2012, acrylique sur bois, 103 x 120 cm


Le pool de la Friche, 2013, acrylique sur papier, 107 x 80 cm

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Marion Charlet Les peintures de Marion Charlet semblent provenir d’un rêve, d’un conte, d’un fantasme ou d’un poème. La nature est son sujet de prédilection. Par le biais de plans enchevêtrés, elle nous donne à voir des arbres aux cimes infinies, une végétation luxuriante, des lumières irradiantes et des couleurs électrisantes. Les esprits de Peter Doig, de David Hockney et de Martine Aballéa nourrissent un imaginaire binaire. Tout n’y est pas idéal, charmant et apaisant. Le point de vue adopté par l’artiste convoque un trouble, une impossibilité, un vertige. Derrière les décors bucoliques, s’installe une perturbation sourde et impalpable. Ainsi, nous sommes cachés dans une cave, dominés par des troncs d’arbres, empêchés par une brume épaisse, bloqués par une immense verrière, blottis contre une haie fleurie. L’horizon y est absent, la fuite semble illusoire. Les paysages colonisent l’espace de la toile, ils sont totalement architecturés par des constructions ouvertes sur l’extérieur, ainsi que par des éléments végétaux. L’artiste procède par interventions successives qui viennent nourrir la profondeur et l’espace de projection mentale. Marion Charlet articule un vocabulaire de formes et de motifs qui jalonnent son œuvre : serres, verrières, cabanes de planches de bois flottantes, troncs d’arbres violets, orchidées aux tonalités carnées, carrelages diaphanes. Chaque élément porte notre regard vers un ailleurs, un horizon qui nous semble impossible à atteindre. Le regardeur adopte une étrange position, il est à la fois au-dehors et audedans d’environnements insaisissables. L’espace de la toile représente un abri symbolique pour l’artiste, Derrière qui, à travers lui, observe des paysages intérieurs et les décors extérieurs. Ses abris ne sont jamais totalement fermés, bucoliques, il est alors difficile de s’y cacher. Les cabanes sont s’installe une ouvertes, les verrières sont fragiles et translucides, les perturbation serres sont ajourées. Il nous faut regarder à travers les sourde et vitres pailletées et les feuillages pour tenter de pénétrer impalpable non pas une restitution fidèle du réel, mais des paysages

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voir le CV de Marion Charlet page 64


qui seraient les fruits de visions et de réminiscences mémorielles. Chacun d’entre eux se rapporte à l’expérience personnelle de l’artiste : une personne disparue, un lieu particulier, un souvenir dissipé. Les paysages aux tonalités phosphorescentes traduisent un lieu de mémoire que l’artiste qualifie de véritable offertoire. Un terme chargé symboliquement et spirituellement, qui nous permet d’envisager sa peinture comme un don à destination du regardeur, mais aussi de celles et ceux qui ont autrefois traversé ces maisons, ces cabanes, ces parcs, ces jardins et ces bois. Des destinataires dont les silhouettes spectrales peuvent surgir au creux des paysages. En entremêlant les dimensions physiques, psychiques et perceptives Marion Charlet travaille le caractère vénéneux, troublant et dérangeant de paysages faussement idylliques. Elle fouille et retient les décors de souvenirs latents, de projections intemporelles et de phantasmes qui habitent sa mémoire et son imaginaire.

Lovers et Faustralia, 2014, acrylique sur toile, 27 x 19 cm chaque

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Feeling forest, 2012, acrylique sur toile, 116 x 89 cm


Tour de garde, 2012, acrylique sur toile, 162 x 114 cm

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Pallas, 2015, acrylique sur toile, 2 X 200 x 150 cm

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Countdown room, 2015, acrylique sur toile, 200 x 150 cm


Soledad, 2015, acrylique sur toile, 180 x 230 cm

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Escape, 2014, acrylique sur toile, 200 x 150 cm


Quietud, 2015, acrylique sur toile, 114 x 146 cm The gateways - sans titre, 2013, acrylique sur toile, 27 x 19 cm Sans-titre, 2013, acrylique sur toile, 27 x 19 cm

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2 biches Ă Miami, 2014, acrylique sur toile, 75 x 55 cm


Santa Maria, 2015, acrylique sur toile, 114 x 146 cm

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Nicolas Nicolini En 2011, lorsqu’il s’installe à Berlin, Nicolas Nicolini commence à peindre sur papier. Le format est unique : 70 x 100 cm. Le sujet va également le devenir. Il développe en effet une série intitulée Tas qui s’articule autour d’une silhouette informe, celle du tas de matières. Cette forme informe « n’a pas de nom ni d’origine, elle n’est pas personnalisable ou identifiable » et se prête aux projections et aux interprétations1. Les Tas sont aussi bien des montagnes (souvenirs des calanques), des grottes, des vides et des pleins. La série se poursuit encore aujourd’hui, elle participe à un travail d’épuisement et/ou de renouvellement d’un même sujet. L’artiste explique : « La peinture est un médium d’exploration, elle est le sujet de ma pratique ». Peu à peu, un processus s’établit, d’autres séries éclosent. Inspiré par l’œuvre de David Hockney, Nicolas Nicolini engage un travail de collage pictural. Les paysages sont composés à partir d’éléments hétéroclites extraits de photographies. Il crée alors des décors et une scène pour une variété d’objets dont il réalise les portraits. Les objets, littéralement plaqués dans les décors, apparaissent comme des corps étrangers, qui, même s’ils nous sont connus et familiers, introduisent un sentiment de malaise. Une incongruité que l’artiste explore à travers une nouvelle réflexion : la réserve et le repentir. Il s’approprie deux traditions picturales pour les mettre en jeu dans ses compositions. Ainsi, les silhouettes ou les fantômes des sujets-objets sont révélés par leur absence ou bien par la juxtaposition des couches de peinture. L’œuvre de Nicolas Nicolini comporte un second niveau de lecture, aux considérations strictement picturales La peinture s’ajoute une vision critique. Des éléments liés aux loisirs est un et au divertissement sont souvent inscrits au cœur médium de ses compositions : une toile de tente, une piscine, d’exploration, un palmier, un bateau téléguidé, un tourniquet ou elle est le encore une balançoire. L’artiste parle de « romantisme sujet de ma contemporain », de scènes isolées évoquant une forme pratique de nostalgie de vacances en famille où le rapport avec la nature est plus ou moins authentique. Si les objets

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voir le CV de Nicolas Nicolini page 65


semblent anodins, ils contiennent pourtant un propos sociologique. En creux, l’artiste esquisse un regard critique sur une société où les apparences priment sur la pensée et l’expérience. Le décor est le sujet. Les objets vecteurs d’artifice subsistent à la figure humaine. Les peintures soulignent une relation galvaudée non seulement à la nature, mais aussi aux notions de voyage, de vacances et de loisir. Les objets détournent l’expérience physique et sensorielle : le palmier est planté dans le jardin, il est arrosé par un système automatique ; la mer ou le lac sont réduits à l’échelle de la piscine ; le bateau est commandé par une manette. La relation à la nature est maîtrisée et contrainte à l’échelle du corps humain. Les objets participent à une duperie généralisée, celle de la théâtralisation de nos décors quotidiens. 1 - citations extraites d’un entretien avec l’artiste, septembre 2015.

Modern luxury, 2012, huile sur papier, 66 x 96 cm

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Le Do de Cienfuegos, 2015, huile sur papier toilé sur châssis, 140 x 120 cm


Treptow, 2012, huile sur papier, 70 x 100 cm tas 53, 2015, technique mixte sur papier, 70 x 100 cm

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tas grottesque, 2015, huile sur papier toilé sur châssis, 98 x 90 cm page de gauche : sans titre, 2015, huile sur papier toilé sur châssis, 110 x 70 cm

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sans titre, 2015, huile sur papier toilÊ sur châssis, 98 x 90 cm


En manque de ruine, 2015, huile sur papier toilÊ sur châssis, 28 x 42 cm sans titre, 2015, huile sur toile, 80 x 120 cm

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sans titre, 2015, huile et polyéthylène sur papier toilé sur châssis, 90 x 98 cm


untitled, 2013, huile sur toile, 168 x 140 cm

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sans titre, 2012, acrylique sur toile, 170 x 150 cm


tas 52, 2015, huile sur toile, 72 x 75,5 cm

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Sinyoung Park En Corée du Sud, Sinyoung Park étudie et pratique la peinture traditionnelle. Elle peint principalement des paysages sur papier. Ce dernier absorbe les couleurs et crée de subtiles nuances. À son arrivée en France, elle délaisse la peinture sur papier au profit de la toile. L’alchimie n’est pas la même, la toile retient la couleur. Le changement de support et de culture entraîne non seulement une adaptation technique, mais aussi perceptuelle. Son rapport à la représentation du paysage est complexifié. La peinture de Sinyoung Park mêle le réel et l’imaginaire. Le paysage, qu’il soit concret ou fantasmé, demeure le sujet central de sa réflexion. Comment le représenter, le structurer, le traverser, l’appréhender ? Comment allier les conceptions extrême-orientale et occidentale ? Pour cela, l’artiste met en place différents dispositifs picturaux pour redéfinir le paysage. Elle travaille les compositions par plans, le premier et l’arrière-plan sont traités par gestes rapides, les traits ne sont pas déterminés. Entre les deux plans, des structures surgissent : un mur, une barrière, une balançoire, un arbre ou encore une fontaine. Construites à partir de lignes droites et obliques, les motifs architecturés participent au dynamisme et au mouvement de l’image. Le paysage n’est pas directement offert au regard, il lui faut contourner les lignes, voir entre, se déplacer et fouiller les différents plans. Les images de paysages ou des éléments de paysages réels sont associés à des images mentales, des projections et des souvenirs. Sinyoung Park inscrit au cœur des paysages les indices d’une persistance mémorielle. La figure humaine, de moins en moins présente dans son œuvre, y apparaît de passage. Nimbée d’une aura lumineuse, elle est fuyante et fantomatique. Le paysage, Elle n’est pas identifiable, les silhouettes corporelles qu’il soit s’agglutinent aux arbres et à l’eau d’une piscine. Elles concret ou semblent s’évanouir dans la matière. Au fil des œuvres, fantasmé, l’artiste installe une réflexion sur la mémoire, ce qui demeure le subsiste des souvenirs et la manière dont nous pouvons sujet central de les recontextualiser et les remodeler. « Mes peintures sa réflexion apparaissent comme des mondes engloutis ». Le monde de l’enfance est par exemple fouillé à travers

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voir le CV de Sinyoung Park page 65


différents motifs : la balançoire, la corde à sauter, la grande roue et le manège. Des motifs que l’artiste associe à une nostalgie de « moments tristes et tendres ». La mémoire est alors envisagée comme un mouvement perpétuel et cyclique qu’elle tente de saisir sans jamais le fixer ou le retenir. Rien n’est déterminé. Les structures architecturales qui peuplent ses toiles et ses dessins engendrent un déplacement du corps dans l’espace : une circulation, un basculement, une traversée. Une ascension en grimpant les marches de l’escalier qui mène au sommet du plongeoir, duquel il faut sauter pour retomber dans l’eau, et, peut-être, recommencer. Les structures, jeux et véhicules traduisent une volonté d’éprouver et de remanier le paysage. Il apparaît comme une vanité à travers laquelle Sinyoung Park mène une réflexion de type existentielle sur le temps et la mémoire.

sans titre, 2014, acrylique sur papier, 14,8 x 21 cm

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sans titre, 2015, acrylique sur toile, 2 x 240 x 180 cm

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sans titre, 2015, acrylique sur toile, 240 x 180 cm


sans titre, 2014, acrylique sur toile, 60 x 80 cm sans titre, 2014, acrylique sur toile, 40 x 60 cm sans titre, 2014, acrylique sur toile, 42 x 29,7 cm

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sans titre, 2015, acrylique sur toile, 160 x 130 cm


sans titre, 2015, acrylique sur toile, 170 x 140 cm

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sans titre, 2013, acrylique sur toile, 240 x 180 cm


sans titre, 2013, acrylique sur toile, 240 x 180 cm

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sans titre, 2013, acrylique sur toile, 240 x 180 cm


sans titre, 2011, acrylique sur toile, 240 x 180 cm

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Giulia Andreani, née en 1985 à Venise (italie), vit et travaille à Paris. Diplômée en peinture à l’Académie des Beaux-arts de Venise en 2008 et en Histoire de l’art contemporain à l’Université Paris IV-Sorbonne, elle est lauréate du concours Paliss’Art 2011, nominée au Prix Sciences-Po pour l’Art contemporain en 2012 et a récemment reçu le 3ème Prix de peinture Antoine Marin. Elle a participé à de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger, entre autres, au Salon de Montrouge, au Centre d’art Le Hangar à Bananes (Nantes), au Phoenix Les Halles (Ile Maurice), à Kabinet (Bruxelles) . En 2014 elle participe à Ligne de Front, exposition-parcours organisée par Lab Labanque (Bethune) et en 2015 elle présente Tout geste est renversement, à la Galerie Maia Muller à Paris. En avril 2016 une exposition personnelle lui sera dédiée à La conserverie de Metz.

Julien Beneyton, né en 1977, vit et travaille à Paris. Il est diplômé de l’ENSBA de Paris en 2001. Il est représenté par la Galerie Olivier Robert. Parmi ses expositions personnelles : Maison des Arts de Malakoff (2011), Institut Français des Pays-Bas (Amsterdam, 2011), PGGM (Zeist, 2012), Galerie Van de Weghe (Anvers, 2013), et en 2015, à la Fondation Salomon (Annecy), au Musée Géo Charles (Échirolles), et à la Chapelle de la Visitation (Thononles-Bains). Expositions collectives récentes : Onomatopee (Eindhoven, 2011), Lieu Unique (Nantes, 2012), Friche (Marseille, 2013), Galerie Jeanine Hofland (Amsterdam, 2014), Maison Rouge (Paris, 2014), et Palais des Beaux-Arts (Paris, 2015). Collections institutionnelles : MAMCO (2002), ENSB-A (2008), FNAC-CNAP (2008), Rijksakademie (2010), FMAC (Paris, 2014).

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Marion Charlet, née en 1982, vit et travaille à Bruxelles. Elle est diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art de la Villa Arson à Nice en 2009. Elle est représentée par la Galerie Virginie Louvet à Paris. Parmi ses expositions personnelles : Galerie Virginie Louvet (Paris, 2015), Galerie d’art de Créteil (2014), Galerie Premier regard (Paris, 2010). Principales expositions collectives : ‘’Peindre, dit-elle’’, Musée d’art contemporain de Rochechouart (2015) ; ‘’Furiosité’’, Galerie Frédéric Lacroix (Paris, 2015) ; ‘’Cosmic players’’, Galerie Martine et Thibault de la Châtre (Paris, 2014) ; ‘’Oui, à la peinture, 6 jeunes peintres français à l’honneur’’ à la maison Tajan (Paris) (2012) ; ‘’Novembre à Vitry’’, Galerie municipale de Vitry-sur-Seine (2012 et 2013). Publications récentes sur son travail : Design@home du 3ème trimestre 2015, L’Œil de février 2015, ‘’Qui sont les peintres de demain’’, texte de Philippe Piguet.


Nicolas Nicolini

est né en 1985 à Marseille. Il vit et travaille à Marseille et Bruxelles. Diplômé de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design Marseille Méditerranée en 2011 dans l’atelier de Sylvie Fajfrowska et Piotr Klemensiewicz, il devient membre du collectif Yassemeqk à Berlin. Depuis 2014, il collabore avec Mathias Schech autour d’une série intitulée Tribu, laquelle est représentée par la galerie Le Point Fort à Mittelhausbergen. Il est représenté par la Straat Galerie à Marseille. Ses expositions personnelles ont eu lieu en 2013 à la Straat Galerie (Marseille) et en 2015 au Brussels Art Department (Bruxelles). Il participa ensuite à plusieurs expositions collectives à Clovis XV (Bruxelles, 2014), à Non Berlin Asia contemporary art Platform (Berlin, 2014), à la Straat Galerie (Marseille, 2015), à Le Kabinet (Bruxelles, 2015) et à la galerie Le Point Fort (Mittelhausbergen, 2015).

Sinyoung Park est née en 1983 à Busan en Corée du Sud où elle étudia la peinture traditionnelle Coréenne à l'université d'Hongik à Séoul et obtint une licence dans cette spécialité. Elle vint alors en France, où elle vit encore, afin d'étudier l'art et le français. Elle fut diplômée de l'école supérieure d'art et de design Marseille Méditerranée (Esadmm) en 2011 après cinq années d'études dans l'atelier de Piotr Klemensiewicz et Sylvie Fajfrowska. Cette fin d'étude fut marquée par une intégration au collectif Franco-Coréen : Yassemeqk et à un départ pour Berlin ou elle y séjourna deux années. Désormais elle est représentée par la Galerie le Point Fort à Mittelhausbergen. Ses expositions récentes sont Hello Lichtenberg à Berlin au HB55 en 2014, Tribu galerie Affenfaust à Hamburg en 2013, Yassemeqk à Berlin au centre culturel Coréen en 2012.

Julie Crenn est docteure en histoire de l’art, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Après avoir rédigé un mémoire sur l’œuvre de Frida Kahlo (Université Rennes 2), elle a poursuivi ses recherches en développant une thèse portant sur les pratiques textiles contemporaines (de 1970 à nos jours) mettant en avant les thématiques de la mémoire, l’histoire, le genre et les identités (culturelles et sexuelles). Critique d’art (AICA), elle collabore régulièrement avec les revues Artpress, Africultures, Laura, Branded, Ligeia, Inferno, N. Paradoxa, Slicker ou encore Inter-Art-Actuel. Commissaire d’exposition indépendante elle a réalisé plusieurs projets entre la France et la Belgique. 65


Ce catalogue a été édité par Chamalot-Résidence d’artistes à l’occasion de l'exposition Vendange tardive 2015 au CAC de Meymac du 6 décembre 2015 au 17 janvier 2016.

Contact : Chamalot - Résidence d’artistes 19300 Moustier-Ventadour +33 (0)5 55 93 05 90 chamalot.residence@free.fr www.chamalot-residart.fr

Remerciements : L’association tient à remercier : ses adhérents et donateurs, le comité de sélection, les éditions Bee Médias (Thibault Leclerc, Laurent Lyard, Nicole Maïon, Jean-Marie Colrat).

Avec l’aide du Ministère de la Culture / DRAC Limousin, du Conseil Régional du Limousin, du Conseil Général de la Corrèze, Moustier-Ventadour

de la Communauté de Communes de Ventadour, de la Commune de Moustier-Ventadour, de la Communauté Européenne (Leader Corrèze-Ventadour).

Chamalot - Résidence d’artistes fait partie de Cinq,25 - Réseau d’art contemporain en Limousin. © Chamalot - Résidence d’artistes Les artistes / Les auteurs Tous droits de reproduction réservés pour tous les pays ISBN : 978-2-917684-11-5 Dépôt légal : décembre 2015

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Crédits photographiques : © Les artistes, à l’exception de : © Rebecca Fanuele p. 16


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Cat vendange tardive 2015 web  

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