Extrait - Notes de cours : Amérique du Sud

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CERCLE D’HISTOIRE DE L’ART ET ARCHÉOLOGIE

NOTES DE COURS – BA1

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

Art et Archéologie : Amérique du Sud Peter EECKHOUT Christophe DELAERE Professeurs HHAAR1

HAAR-B-341


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ORGANISATION PRATIQUE : Pas de syllabus, mais power point Examen écrit en janvier : contenu du cours + lectures (sur l’UV) Que sur le premier quadrimestre Permanence le vendredi de 16h à 18h au NA4

INTRODUCTION : ●

Archéologie : anthropologie culturelle des gens du passé sur base de leurs restes matériels : comment est–ce qu’on peut reconstituer la vie des gens du passé, qui vont bien au-delà de l’art ou des œuvres d’art ?

Dans les sociétés traditionnelles, l’art en tant que tel n’existe pas et les artistes non plus. Ce que nous pourrions appeler « art » n’est pas l’expression d’une créativité mais reflète une idéologie de la collectivité avec un but rituel, comme les lignes de Nasca. Les thématiques et l’iconographie sont liées à l’idéologie de chaque société. Ex : Masque Sican : il représente la déesse du Pérou, il est omniprésent, il représente la divinité et le roi (qui, de son vivant, incarnait cette divinité). Il n’y avait pas d’artistes : ce sont des artisans, avec des canons qui sont respectés et des iconographies qui représentent des dieux, un roi, des animaux fantastiques. Cela n’empêche évidemment nullement l’existence d’une certaine forme d’esthétique et de recherche de la beauté, le développement de styles, d’écoles, de traditions, la diffusion de certaines influences et la création de chefs-d’œuvre par des individus, évidemment anonymes, particulièrement doués. Ex : vase portrait Mochica => on attend une mimésis qui est flagrante, achèvement artistique. En Amérique il n’y a pas eu d’invention d’écriture, on est donc dans une civilisation préhistorique. Les incas ont développé les cultures en terrasses ; on pourrait faire référence au Land-Art. ⇨ La lecture des images : La lecture des images est très importante car il n’y a pas de notion de perspective ; on pourrait penser qu’il y a un jeu de distance alors qu’il n’y en a pas. Les arts primitifs représentent ce que l’on sait d’une chose et non ce que l’on voit.

⮚ Slide 10 : Le personnage est anthropomorphe (il a un corps d’humain, il a le visage marqué de peinture, une coiffure avec des plumes, un serpent qui sort de sa bouche, il a une tunique à franges avec un pendentif en triangle, on peut voir de grosses erreurs dans la main gauche avec un couteau, la main droite est mieux représentée avec un matériel pour l’agriculture, les jambes sont vues de profil. Très riche polychromie : style de l’art de Paracas.


Chapitre 0 : LE PEUPLEMENT DE L'AMÉRIQUE : ❖ Qui étaient les premiers Américains ? ▪ ▪ ▪

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Episode clé dans l’histoire de la planète car, au départ, l’Amérique était non-peuplée ; Puis vont apparaître des hommes aux quatre coins du monde mais isolés entre eux, ce qui n’empêchera pas le développement de ces populations. L’Amérique du sud est une sorte de laboratoire dans l’étude de l’évolution humaine car il n’y a eu aucune influence des autres populations sur eux. On peut donc en tirer de véritables modèles d’histoire humaine ; Origine Afro-asiatique des ancêtres de l’homme moderne ; Pour les premiers américains, on ne possède pas de reste proto-humains comme pour les autres continents ; Les restes trouvés pour les homos sapiens sapiens datent de 150 000 ACN en Afrique et au Proche-Orient ; 35-40 000 ans en Europe (pas de restes des grands singes non plus) ; Le peuplement n’a donc pu avoir lieu qu’à partir de cette dernière date ; Il est assez logique que le développement de l’Amérique tourne aux alentours de 35 milles ACN.

❖ La grande traversée ? : ▪ ▪

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Ils ne sont pas natifs du continent, il y a donc eu migration. Mais l’hypothèse de la grande traversée de l’Europe ou de l’Asie est nulle, des naufragés peut-être mais c’est très rare ; Les analyses ADN des squelettes les plus anciens découverts montrent des lignes de parenté avec des populations de la Sibérie (lac Baycay) et des dents (la morphologie est différente selon les continents => siladonte). On est donc assuré que le pôle migratoire provient d’Asie du nord-est ; Parfois, on a voulu comparer la culture mais, là non plus, pas de correspondance réelle. Ils sont venus de la Béringie (couloir glaciaire entre la Sibérie et l’Amérique). Il y a eu des périodes glaciaires ce qui permit la traversée à pieds secs aux alentours de 50 000 ACN, et de 20 000 ACN ou 12 000 ACN (moins probable) ; ils auraient pu passer. Les fouilles archéologiques en Virginie et au Chili ont fourni des informations, des témoignages, même des traces de pas. Tous ces évènements sont en accord pour dire que le plus probable est de 13 000 ACN, certains archéologues ont cependant découvert des sites plus anciens.

❖ Colonisation par cabotage : ▪

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On peut proposer un autre type de colonisation avec le système de cabotage. En effet, la calotte glacière couvre toute la partie du nord de glace et donc, on pense qu’ils ont dû faire du cabotage jusqu’à une partie où ils pouvaient débarquer et ils seraient arrivés en Amérique du sud ; On en trouve des traces au Brésil, à la Serra de Capivara (traces de cailloux taillés de la main de l’homme avec des dates de 24 000 ACN). Il n’y a rien eu entre ces deux dates : ces dates sont irréfutables et ont fait l’objet de plusieurs études mais aucun squelette humain n’a encore été découvert.


❖ Le mode de vie : ▪ ▪

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A la fin du paléolithique, des bandes familiales poursuivent le gros gibier ; il y a donc une colonisation de manière implicite ; Des études génétiques nous montrent que le pool génétique est assez réduit, ce qui nous laisse supposer qu’il y ait peu de personnes qui ont traversé et été à l’origine du peuplement complet de l’Amérique ; Expansion très rapide (1000 ans) ; Pas de concurrents ; Le pool génétique réduit sera une des causes de leurs destruction car peu de monde, peu de maladies et donc, à l’arrivée des espagnols, ils seront en contact avec des maladies inconnues. Ces colons espagnols n’ont pas eu de concurrent pour la colonisation des Amériques.

❖ Territoire de l’Amérique du Sud : ▪

Généralement, on subdivise l’Amérique ancienne en quatre grosses régions : ● Les Andes du nord (Colombie) ; ● Les Andes centrales (équateur, Pérou, Bolivie) ; ● Les Andes du sud (Chili, Argentine) ; ● Les basses terres de l’Amazonie (reste du continent).

❖ Les régions naturelles : ▪ ▪

En termes de région naturelle, on trouve des vallées avec la présence de fleuves qui vont se jeter dans le Pacifique ; On distingue des différences dans les régions : ● La côte qui est désertique ; ● La région Yunga (terre chaude qui monte à l’intérieur des vallées. La cordillère des Andes en Amérique du sud constitue le point à partir duquel les fleuves vont vers le Pacifique ou l’Amazonie, puis elles se séparent en deux) ; ● L’Amazonie avec la Ceja de Selva ; ● Forêt tropicale


✓ La côte : 0-500m ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪ ▪

Elle englobe le littoral ; Elle est désertique mais ce paysage est entrecoupé par des oasis et des fleuves qui descendent de la cordillère des Andes ; Les hommes ont pu utiliser cette nature grâce au développement en terrasses ; On est au bord de l’océan et donc, il y a une richesse nourricière. Le Pérou est 50 fois plus grand que la Belgique et on y trouve des milliers d’écosystèmes, ce qui fait que le climat est différent à chaque endroit. Il n’existe que deux saisons : humide et sèche ; Les fleuves ne sont pas irrigués en permanence, ce qui fait qu’une partie de l’année, ils sont secs.

✓ Dans la région Yunga : 500-2300m ▪ ▪ ▪

La vallée se resserre et on y trouve les établissements humains. Les conditions climatiques annuelles sont plus favorables et permettent la culture du piment, de la coca, du maïs ; Au fur et à mesure qu’on monte dans ces paliers écologiques, la culture est différente et parfois inexistante (ex : on ne peut cultiver la coca au-dessus de 1300 m).

✓ La Sera : 2300-4000m ▪ ▪

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Pas plus de 4000 m d’altitude en moyenne (même si certaines montent jusqu’à 7000 m) ; Il y a deux cordillères : ● Il y a la cordillère noire qui alterne neige et verdure ; ● Ainsi que la blanche qui est recouverte en permanence de neige ; Les fleuves vont aller alimenter le bassin de l’amazone, et ne vont pas aller se jeter dans le Pacifique ; On trouve également des cultures en terrasses avec les quatre saisons.

✓ La Puna : 4000-4800m ▪ ▪ ▪ ▪

On trouve les hauts plateaux entre 4000m et 4800m, avec des températures qui descendent en dessous de zéro la nuit ; Cette région a vu naitre les pommes de terre ; C’est aussi dans cette région qu’il y a un développement des pâturages avec les lamas ; Quand on descend de l’autre côté des Andes, on trouve la forêt de Alta où il pleut énormément et on voit donc le développement d’autres cultures.


✓ L’Amazonie ou la forêt basse : ▪ ▪ ▪

Immenses fleuves avec des vestiges très intéressants ; Les fouilles qui y ont été menées nous montrent que c’était un endroit clé pour une série d’innovations ; Mais son accès est assez compliqué ; on la connaît donc beaucoup moins que les autres parties de l’Amérique du Sud.

❖ Le phénomène ENSO : ▪

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Réchauffement ponctuel cyclique et irrégulier de la température de la surface de l’océan Pacifique équatorial qui influence la circulation atmosphérique et notamment les précipitations et la température dans des zones spécifiques de la planète, dont la côte de Pérou ; On ne sait pas encore prévoir ces phénomènes car on ne connaît pas leur cycle, mais ça a un impact important sur les civilisations agraires ; Lors d’un épisode El Niño, les hautes pressions du Pacifique Sud diminuent. Les alizées faiblissent, voire se renversent. Les eaux chaudes de surface, accompagnées de nuages et de précipitations, refluent de l’ouest vers l’est. Ainsi, lors des situations El Niño, des conditions sèches se développent sur l’Indonésie et sur l’Australie, les tempêtes tropicales et les ouragans apparaissent beaucoup plus à l’est qu’à l’habitude et viennent affecter la Polynésie française, tandis que les côtes du Pérou connaissent d’inhabituelles précipitations provoquant inondations et glissements de terrain. De plus, le poisson déserte les eaux côtières d’Amérique du Sud, les eaux chaudes étant beaucoup plus pauvres en nutriments que les remontées d’eau froide habituelles. Avec ce réchauffement de l’océan, les espèces vont changer => cet apport protéiné important va disparaître ; Le phénomène a été utilisé par certains archéologues comme cause pour la disparition de certaines civilisations ; D’autres parlent plutôt d’adaptation : on ne connaît pas de vérité, les choses évoluent encore, mais le déterminisme climatique n’est pas le seul.

❖ CHRONOLOGIE : Chronologie stylistique Lithique

Dates calendaires 13 000 – 4500 AC

Chronologie processuelle Lithique