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L’offre médicale requalifiée à Saint-Dizier

Agriculture

Economie

Santé

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Ligne

Prosthesia : l’instrumentation médicale en pointe

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Du bio qui ne demande qu’à s’implanter

LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE HAUTE-MARNE

N U MÉ R O

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O C T O B R E /N O V E M B R E

2 0 09

Photo : Eric Girardot

Des outils et formations à part

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Château du Grand Jardin : les Arts premiers consacrés • Arts vivants : la compagnie Vilcanota danse la société • Festival : le monde animalier sur pellicule à Montier-en-Der • Festivité : ballet de sorcières à Chalindrey • Peinture : Francis Gury, l’artiste aux multiples facettes • Lecture : plongée littéraire dans l’Afrique et les déserts • Découverte : les Bistrots de Pays, une histoire de terroir • Exposition : toutes les couleurs de la science • Agenda


sommaire

Lign e di recte n° 96 Le Conseil général à vos côtés Bords de routes : la végétation surveillée

Développement

Le parc national entre Haute-Marne et Côte d'Or

Santé

L’offre médicale requalifiée à Saint-Dizier

Economie

Prosthesia : l’instrumentation médicale haut-marnaise en pointe

Aménagement

Déviation d’Eclaron : un chantier d’envergure pour le Département

Dossier

Des outils et formations à part Solidarité

Donner de soi pour sauver une vie

Portrait

Jean-Louis Gudin, faiseur de champions

Curiosité

Au fil de l’eau avec l’Ancre

Sport

Biesles, en pôle position sur le handisport

Agriculture

Du bio qui ne demande qu’à s’implanter

Entreprises

La tapisserie d’ameublement : un métier d’art et de tradition

Terroir

Les délices d’Alice : une histoire de famille

Nature

L’autre seigneur des bois haut-marnais

Expression d’élus En bref

p.3

édito

p.4 p.6

Parc national : l’excellence haut-marnaise à l’honneur

p.7 p.8 p.9 p.14 p.15 p.16 p.17 p.18 p.19 p.20 p.21 p.22 p.23

Pour tous ceux qui ont déjà pris le temps de se perdre dans les forêts de Haute-Marne, le caractère remarquable du patrimoine naturel boisé du département ne faisait aucun doute. Avec près de 250 000 hectares de forêt, soit près de 40% de la surface du territoire départemental, la Haute-Marne dispose non seulement d’un volume hors norme mais aussi d’un capital environnemental très qualitatif par son état de conservation. Les nombreuses espèces animales ou florales rares qui vivent là, dont la martre, le pic mar et le sabot de Vénus, en témoignent. Avec la création du 11e parc national, sur le thème de la forêt feuillue de plaine, c’est l’exceptionnelle qualité forestière de la Haute-Marne et de sa voisine Côte d’Orienne qui est reconnue au niveau national et international. C’est aussi la confirmation que l’avenir de notre territoire dépend de notre capacité à valoriser la ressource “bois”. Les deux Départements n’ont d’ailleurs pas ménagé leurs efforts pour convaincre les autorités compétentes de l’opportunité et de la cohérence d’une création de parc naturel dans cet espace rural préservé. Avec ce parc, la Haute-Marne confirme son entrée dans une nouvelle stratégie de développement : celle de la valorisation de son patrimoine naturel, celle-là même qui devrait présider à la construction du parc Animal’EXPLORA dont le Conseil général est maître d’ouvrage. Par ailleurs, cela devrait renforcer sensiblement la vocation touristique du département, tant les parcs nationaux génèrent d’intérêt de la part du public. Là encore, la cohérence avec un projet du Conseil général est évidente : le Mémorial Charles-de-Gaulle, avec plus de 75 000 visiteurs accueillis depuis son ouverture, est d’ores et déjà le premier site touristique de Haute-Marne et de second de la région Champagne-Ardenne, après la cathédrale de Reims. Bonne lecture à toutes et à tous !

LIGNE DIRECTE Bimestriel • numéro 96 • Octobre/novembre 2009 • Directeur de la publication : Bruno SIDO • Co-directeur : Charles GUENE • Rédaction : Service Communication • Réalisation : Conception, exécution, photogravure, IPPAC/groupe Graphycom • Direction de la communication : 03 25 32 88 13 – Fax : 03 25 32 85 04 • Crédits photos : Magazine : Frédéric Thévenin (pages 4 et 5), Frédérique Daoust (pages 6, 11, 12 et 13), Nicole Urbain, Eric Girardot et la CCI (page 7), Pierrick White (pages 8, 14, 16 et 20), Sabrina Khenfer (page 15), Etienne Clément (page 18) Sarah Bernhard (page 19) Olivier Frimat (page 21), Service communication. Supplément : Château du Grand Jardin (page 2), Arts Vivants 52 (page 3), AFPAN (page 4), Nicole Urbain (page 5 et 7), Pierrick White (pages 6, 8 et 9), MDHM, Les Silos, Service communication • Site internet : www.haute-marne.fr - Conseil général de Haute-Marne, 1 rue du Commandant Hugueny, 52011 Chaumont CEDEX • Tirage : 90 000 ex. - Dépot légal N° 206 ISSN N°1166-729 X • Impression : Imprimerie de Champagne.

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Ligne Directe - octobre/novembre 2009

Bruno Sido Sénateur de Haute-Marne, Président du Conseil général


Le Conseil général à vos côtés

Bords de routes : la végétation surveillée Parmi les tâches d’entretien et d’exploitation des routes qui incombent au Conseil général, le fauchage représente un poste important car il mobilise les agents de mai à novembre. Tout comme le salage et le déneigement, ces opérations obéissent à un plan précis, le Plan d’intervention végétation (PIV), et sont essentielles pour la sécurité des usagers de la route.

L

e Conseil général a en charge 3 859 km de routes départementales. Chaque route ayant deux accotements, il a donc la responsabilité de plus de 7 700 km de bords de chaussée et de la végétation qui s’y développe. Une tâche conséquente que le nouveau Plan d'invention végétation (PIV), voté par l’assemblée départementale le 26 juin 2009, optimise pour garantir aux conducteurs une visibilité maximale tout au long de l’année, tout en respectant certains enjeux environnementaux. Les modifications apportées au PIV permettent à la collectivité de réaliser une économie de plus de 50 000 € par an, grâce notamment à une meilleure utilisation des machines sur le terrain.

Un calendrier précis Le PIV s’organise autour de différentes périodes. Début mai, les agents des centres d’exploitation du Conseil général effectuent un premier dégagement de visibilité dans certains virages et carrefours. Cela permet d’assurer la sécurité des usagers à l’approche des points singuliers où la végétation printanière réduit la visibilité. A partir de la mi-mai, les équipes réalisent une coupe de sécurité de l’herbe sur l’accotement jusqu’au fossé, d’abord sur les petites routes puis sur

les grands axes. A partir de la mi-juillet, les équipes réalisent une nouvelle campagne de fauchage jusqu’au fond du fossé. Les axes secondaires sont traités les premiers puis vient le tour des routes à plus fort trafic. Le fauchage se poursuit jusqu’à fin octobre par un débroussaillage des talus au-delà des fossés une année sur deux ; le rythme de croissance des buissons et arbres ne nécessitant pas une intervention annuelle.

Pour le salut d’espèces rares Même si elles semblent agressives avec les impressionnantes machines utilisées, les différentes actions de coupe et de fauchage sont effectuées dans un total respect de l'environnement. Par

Les agents travaillent le plus souvent par équipe de trois : l'un pour la signalisation, les deux autres pour la coupe.

exemple, certaines parcelles bordant les routes sont fauchées plus tardivement que d'autres. Ce fauchage retardé permet de protéger des espèces qui participent d’un écosystème dit “de haies et de bordures”. De la même façon, c’est l’utilisation du fauchage retardé qui permet, d’année en année, de voir fleurir l'orchidée qui pousse sur la route départementale 4 entre Wassy et Montier-en-Der ou encore le géranium sanguin, qui s'épanouit de façon naturelle entre Froncles et Doulaincourt. Sans ces coupes tardives, ces essences rares seraient sans doute très proches de l’extinction dans le département. Au total, les zones "florales à protéger" représentent 66 kilomètres du réseau routier haut-marnais et sont une quinzaine sur le territoire. A noter enfin que le PIV a modifié substantiellement la fréquence d'élagage des arbres et des parties boisées qui bordent les routes sur le domaine public. Cette action sera effectuée désormais tous les 5 ans (au lieu de 10 ans dans le passé) et permettra d’entretenir chaque année 1 200 km de plantation. Pierrick WHITE et Thomas ROUSSEZ

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Développement

Le parc national entre Haute-Marne et Côte d’Or

Officiellement annoncé fin juillet par François Fillon, Premier Ministre, et Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, le parc national de la forêt feuillue de plaine se déploiera partiellement sur le territoire haut-marnais. Il sera le 11e de ce type en France et englobera les exceptionnels massifs forestiers de Châteauvillain et Arc-en-Barrois, mais aussi de Châtillon, en Côte d’Or. Présentation.

L

a Haute-Marne, associée à la Côted’Or, vient de remporter un très beau succès... Mise en concurrence avec Bitche et Verdun en Lorraine, elle a été choisie par le Gouvernement pour être le site du nouveau parc national dont le thème sera la forêt feuillue de plaine. Cela résonne comme une reconnaissance de la remarquable qualité des bois et sous-bois du département. Il faut dire que les acteurs locaux, et notamment les Conseils généraux des deux départements concernés, n’ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre de la pertinence de l’implantation d’un tel parc entre Champagne et Bourgogne. Prévu pour 2012, le futur parc pourra couvrir 80 000 hectares. Il sera centré

sur les massifs forestiers s’étendant de la forêt de Châtillon-sur-Seine à la forêt de Châteauvillain. 18 communes hautmarnaises et 30 de Côte-d’Or seront incluses totalement ou partiellement dans le site envisagé.

Un cœur et une aire L’étude du secteur, qui peut d’ailleurs encore s’étendre vers d’autres communes, va permettre de délimiter différents espaces constitutifs du parc : un ou plusieurs cœurs et une aire d’adhésion. Le cœur, classé en espace protégé, se caractérise par sa grande richesse écologique et la relative faiblesse des activités humaines. L’aire d’adhésion, à la péri-

phérie, est constituée des communes qui adhèrent volontairement à une charte. Cette aire sera placée sous le signe du développement durable et de solidarité écologique.

Les étapes de la création du parc 2007 : décision de création d’un parc national de forêt feuillue de plaine dans le cadre des conclusions des tables rondes du Grenelle de l’Environnement. 2009 : en juillet, choix du Gouvernement en faveur de la Haute-Marne et la Côte-d’Or. D’ici la fin de l’année, création du Groupement d’intérêt public (GIP) chargé de mener les études. 2010 : élaboration de l’avant projet de parc national de forêt feuillue de plaine. 2012 : élaboration du projet de décret de la création du parc et de la Charte. Puis après différentes procédures, création du parc : publication du décret de création et publication de la charte.

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François Fillon, Premier Ministre, Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, ont pu apprécier les forêts haut-marnaises lors de leur visite.


L'annonce de la création du parc national de la forêt feuillue de plaine a été faite par la Premier Ministre, en présence de Luc Chatel et Chantal Jouanno.

Pour le site Haute-Marne/Côte d’Or, le ou les cœurs pourraient couvrir 20 000 ha dont une réserve intégrale de 3 000 ha sur laquelle aucune activité économique n’est possible. Véritable sanctuaire forestier, cette réserve intégrale laissera libre cours aux processus naturels. Aucune intervention humaine n’y sera pratiquée; le but étant d’observer l’évolution naturelle d’un massif forestier.

bénéficiera d'une attention particulière de la part des pouvoirs publics. De plus, l’octroi du prestigieux label ne manquera pas de générer des retombées touristiques car les parcs nationaux représentent des destinations privilégiées pour les amoureux de la nature, randonneurs et autres citadins en mal de verdure. A noter que les 9 parcs nationaux français déjà en fonction attirent chaque année plus de 7 millions de visiteurs cumulés. Le nouvel ensemble entre Champagne et Bourgogne pourrait donc se révéler un excellent levier pour le développement du tourisme en Haute-Marne et un parfait complément au projet Animal’EXPLORA porté par le Conseil général.

Nouvelle génération Le parc national sera administré par un établissement public doté de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux du territoire. Cette structure sera chargée d’assurer la présence sur le terrain nécessaire à la gestion et à la préservation du patrimoine, mais aussi à l’accompagnement technique des projets de développement.

Une chance extraordinaire En devenant parc national, ce territoire rural va bénéficier d’une nouvelle dynamique de développement durable, sachant qu’un parc national est une subtile combinaison entre géologie, climat, biodiversité, dynamique des écosystèmes, activités humaines et paysages. En d’autres termes, la parfaite combinaison entre nature et culture... Dans l’aire d’adhésion du parc national, la charte qui sera définie va permettre de soutenir les modes de vie et promouvoir les activités économiques en harmonie avec la qualité du patrimoine, ainsi que les manifestations traditionnelles. L’idée consiste également à développer un tourisme respectueux de ces espaces. Le parc permettra d’encourager les activités scientifiques, éducatives et de sensibilisation à l’environnement.

Un label prestigieux Puisqu’elle participe à l’aménagement du territoire, la création du parc national

Une des caractéristiques essentielles de ce parc national de “nouvelle génération” est la gouvernance locale entièrement remaniée grâce à la charte de parc. Innovation majeure de la réforme des parcs nationaux, cette charte fonde un “projet de territoire”, défini de façon concertée entre l’Etat et les collectivités territoriales. Adoptée après consultation publique, elle a vocation à matérialiser les orientations d’aménagement et l’esprit du parc national, ainsi qu’à structurer la politique de l’établissement public. Pour la Haute-Marne, les enjeux sont donc considérables. Ce parc national est une opportunité exceptionnelle de

Flore, faune etc... Sur l’aire pressentie pour devenir parc national, les feuillus (notamment des hêtres et des chênes) occupent l’essentiel de la surface forestière. Les résineux sont peu présents et issus de plantations récentes. Autre atout pour le futur parc de la forêt de plaine, la zone d’étude comporte des marais tufeux. Ceux du plateau de Langres figurent parmi les plus typiques et les plus nombreux de France. Ils abritent une flore originale, submontagnarde avec de nombreuses espèces protégées parmi lesquelles la laîche blanche, la ronce des rochers, le sabot de Vénus, la gentiane jaune... Côté faune, le secteur présente comme principal intérêt d’héberger un cortège de mammifères forestiers assez complet dont le cerf élaphe, le chat sauvage, la martre, la barbastelle... et l’inévitable sanglier. Mais les oiseaux ne sont pas en reste : le secteur comporte de bonnes populations de pics et autres oiseaux forestiers comme le pic mar. La cigogne noire est nicheuse sur le site et en constitue l’espèce phare. On y touve aussi la chouette de Tengmalm et le cincle plongeur. Enfin, dans les cours d’eau, quelques espèces très caractéristiques des eaux claires peu polluées ont été recensées : le chabot, la lamproie de Planer et l’écrevisse à pieds blancs.

développement et de mise en valeur d’un patrimoine souvent ignoré. Grâce à lui, les richesses forestières, humaines, faunistiques et floristiques de la Haute-Marne seront mieux mises en lumière. Frédéric THEVENIN

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Santé

L’offre médicale

requalifiée à Saint-Dizier C’

Le nouveau centre hospitalier de Saint-Dizier ouvre ses portes. Un établissement de santé visant à requalifier l’offre médicale du territoire du nord haut-marnais et du Triangle. Présentation.

était attendu. C’est désormais une réalité. Le nouvel hôpital Geneviève de Gaulle Anthonioz de Saint-Dizier ouvre ses portes.

de soins intensifs cardiaques, le secteur néonatal. Au rez-de-chaussée et à proximité des urgences, le service d’imagerie (avec de nouveaux équipements IRM et scanner), le laboratoire d’analyses biologiques, les consultations externes et les explorations fonctionnelles de diverses spécialités de l’établissement (médecine, chirurgie, gynécologie, obstétrique). Non loin, le service de kinésithérapie, la pharmacie avec la stérilisation centrale

C'est le résultat d’un travail collectif mené depuis 2001 par la Ville de SaintDizier, la Commission médicale d’établissement (CME), les docteurs Pierre Nicolas et Jean-Paul Roujas, Danielle Portal (l’ancienne directrice) et André Bury (l’actuel directeur), et avec le soutien de partenaires publics locaux.

Tout équipé Cette volonté collective qui a entraîné tout le projet était indispensable car le futur établissement de santé s’inscrit dans une nouvelle logique de communauté hospitalière de territoire. Un territoire qui regroupe les 190 000 habitants du Triangle répartis sur les villes de Vitryle-François, de Saint-Dizier et de Barle-Duc. Les patients du Triangle bénéficieront ainsi d’un plateau technique performant. Au premier étage, le bloc opératoire, la salle de surveillance postinterventionnelle de seize postes, le secteur obstétrical, la réanimation, l’unité

Les moyens humains et matériels seront optimisés.

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L’hôpital en quelques chiffres 300 lits dont 279 lits de court séjour, 12 places d’hospitalisation de jour, 12 places d’hospitalisation de courte durée aux urgences. 233 des 268 chambres sont individuelles pour préserver l’intimité. 800 agents dont 90 médecins. 37 000 m² de surface. Un investissement de 100 M€ : 85 M€ pour le bâtiment, 12 M€ pour les équipements, 1,6 M€ pour l’informatique.

L’hôpital ouvre ses portes aux patients cet automne.

et l’unité de préparation des chimiothérapies. L’équipement se révèle donc très complet.

Un nom prestigieux La conception architecturale du centre hospitalier est l’œuvre du cabinet d’architectes Barbosa-Vivier. La construction a débuté en novembre 2005 pour s’achever en juin dernier. La configuration des locaux est le reflet du mode de fonctionnement par pôle : elle optimise les moyens humains et matériels avec pour objectif d’améliorer le service rendu aux consultants, aux patients et aux visiteurs. Une volonté marquée par les valeurs chères à Geneviève de Gaulle Anthonioz qui rythmeront la vie des professionnels de santé. Le nouvel hôpital porte en effet le nom de cette femme d’exception. La nièce du général de Gaulle a en effet

voué son existence aux autres. L'hôpital bragard sera le premier de France à porter ce nom. A terme, d’autres projets médicaux devraient voir le jour suite à l’ouverture de la structure : déjà l’extension des locaux de l’imagerie, la mise en place

90 médecins seront au service des habitants.

d’un service de dialyses à domicile, la maison des donneurs de sang, un internat et l’arrivée de l’institut en soins infirmiers sont envisagés. Frédérique DAOUST


Economie

Prosthesia :

l’instrumentation médicale haut-marnaise en pointe Dans le cadre des “jeudis de l’économie”, le Conseil général, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et le Groupement d’intérêt public (GIP) Haute-Marne organisent le 24 septembre un événement qui met en lumière les savoir-faire haut-marnais dans le domaine des hautes technologies médicales. Prosthesia devrait attirer de nombreuses entreprises de France mais aussi d’Europe.

L

a fédération des acteurs économiques devient une véritable culture en Haute-Marne. Depuis leur lancement par le Syndicat mixte d’aménagement économique du Pays de Langres (SMAEPL), les “jeudis de l’économie” ont instauré un esprit d’échange dont les entreprises locales se sont emparées. Après le succès de la manifestation d’octobre 2008, qui avait vu 250 responsables des grands groupes français de logistique se réunir à Auberive, une nouvelle mise en lumière d’un secteur économique phare du département est organisée. Cette fois, c’est au tour des experts des prothèses et de l’instrumentation médicale et chirurgicale de se retrouver à Nogent.

Conférence de haut niveau La France est le deuxième producteur européen d’équipements médicaux et les entreprises de Haute-Marne, basées notamment à Chaumont et Nogent, ne sont pas étrangères à cette belle performance, établie dans un secteur économique en constante progression. Prosthesia, le nouvel événement organisé par le SMAEPL, la CCI, le Conseil

général et le GIP Haute-Marne, fera donc mieux connaître les sociétés locales et favorisera ainsi leur développement. Pas moins de 300 participants venus de toute la France mais aussi de l’étranger sont attendus. Ils assisteront aux conférences proposées par des intervenants de haut niveau sur le thème du management du risque ainsi qu'à la naissance du cluster “Pro-Med” (lire en encadré), d’initiative 100 % haut-marnaise.

Visite de quelques fleurons

auront la possibilité d’en visiter deux. Aesculap B-Braun et Greatbatch Medical, à Chaumont, mais aussi Marle, à Nogent, ouvriront leurs portes. L’occasion de constater que l’excellence haut-marnaise s’appuie sur des équipements industriels à la pointe de la technologie. Prosthesia sera sans doute l’acte de naissance de partenariats forts pour les entreprises locales. Nul doute en effet qu’à cette occasion, elles sauront convaincre de leurs savoir-faire et le la qualité de leurs productions.

Et pour achever de convaincre les invités de la qualité des entreprises locales, ils

Nicole URBAIN

“Pro-Med”, une ouverture sur l’Europe A l’occasion de Prosthesia, les entreprises haut-marnaises du secteur de l’instrumentation médicale et chirurgicale et le pôle technologique de Haute Champagne annonceront la création d’un “cluster” médical unique en son genre en France. Par l’anglicisme “cluster”, il faut comprendre que les professionnels haut-marnais du dispositif médical, spécialisés dans des domaines de pointe, vont allier leurs forces au sein d’une même entité et développer des liens plus étroits avec les chercheurs, les universitaires et les médecins. Objectifs : trouver de nouveaux procédés et de nouveaux débouchés. Cette nouvelle structure locale, baptisée Pro-Med, établira également des passerelles coopératives avec l’Allemagne et la Suisse où existent d’autres pôles spécialisés de ce type. Avec Pro-Med, l’industrie médicale haut-marnaise devrait s’ouvrir de nouvelles portes sur les marchés européens et mondiaux.

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Aménagement

Déviation d’Eclaron :

un chantier d’envergure pour le Département La route départementale 384 traverse les communes de Valcourt et d’Eclaron, au nord du territoire. En termes de trafic, cet axe départemental est l’un des plus importants de Haute-Marne. Afin de le désengorger et d’assurer une meilleure sécurité aux riverains, le Conseil général finance une déviation qui permet de contourner les deux communes. Un projet de plus de 28 millions d’euros.

7,6km

de routes sont à créer intégralement. Ce seul chiffre suffit à poser l’ampleur du projet. Parce qu’elle supporte une large part des échanges touristiques et économiques de Saint-Dizier à Montier-en-Der en passant par deux communes aux traversées parfois délicates, la RD 384 devait être modifiée. La création d’une déviation et la mise à trois voies de la RD 2 reliant Valcourt à Humbécourt était donc nécessaire.

Un projet de long terme Mené par le Conseil général et cofinancé par le GIP Haute-Marne et le Conseil régional, le projet de déviation a fait l’objet d’études approfondies pour adapter le tracé et les dessertes au trafic. Ainsi, sur la RD 2, les usagers bénéficieront de deux voies montantes d’environ 500 m sur le tracé Saint-Dizier - Troyes pour faci-

liter les dépassements. Le projet prévoit également quatre points d’échange pour maintenir une desserte des agglomérations et ainsi assurer le report du trafic quotidien sur le nouvel axe, plus sûr et plus direct. La réalisation de la déviation est un chantier de long terme : il s’étend sur 8 ans (2004-2011). A ce jour, la mise à trois voies de la RD 2 est achevée ainsi que l’aménagement des carrefours giratoires à chaque extrémité. En ce qui concerne la voie nouvelle, deux giratoires, trois ponts et les terrassements dans les emprises des anciens bassins de la distillerie sont terminés. L’année 2009 a vu le début des travaux de terrassements sur les sections qui restent à réaliser.

Un fort aspect environnemental La faune et la flore qui cohabitent aux alentours de ce chantier n’ont pas été oubliées, notamment les espèces qui se sont développées autour des étangs de la distillerie, comme le busard des roseaux, de passage au printemps, ou la rainette verte, animal en voie d’extinction. Compte tenu de la présence de ces espèces, le Conseil général a intégré dans son projet la mise en place d’équipements

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Rouler sur du sable Déjà utilisés par le Conseil général de manière expérimentale et inédite, notamment pour le renforcement de la RD 113 entre Wassy et Sommevoire, les sables de fonderies ont fait la preuve de leur utilité et de leur fiabilité dans le domaine des travaux routiers. Environ 2 millions de tonnes de sables de fonderies sont stockés dans le nord de la Haute-Marne. Ce tonnage représente une opportunité pour le chantier de la déviation d’Eclaron. En effet, ces matériaux peuvent être mis en œuvre en remblais routiers après une préparation spécifique. Ainsi, plus 175 000 tonnes de sables seront utilisées pour les chaussées de la nouvelle déviation, avec un impact écologique non négligeable puisque ces déchets industriels difficiles à recycler trouveront ainsi une seconde vie.

qui permettent la préservation de ce site naturel d’intérêt régional et national. Pierrick WHITE

RETROUVEZ PLUS D’INFORMATIONS SUR LA DÉVIATION D’ECLARON - VALCOURT SUR LE www.haute-marne.fr


Des outils et formations à part

DOSSIER

En matière pédagogique, la Haute-Marne dispose de formations professionnelles méconnues et d’outils pédagogiques originaux. A l’occasion de la rentrée, Ligne Directe met en lumière ces structures scolaires ou didactiques originales et qualifiantes : le pôle pédagogique du Mémorial Charles-de-Gaulle, qui reçoit déjà la visite de nombreuses classes, mais aussi les filières diplômantes dans les domaines de la fonderie, de l’environnement nucléaire et de la sécurité, accessibles en lycée ou en apprentissage, à Saint-Dizier ou Wassy. La création de ces dernières répond d'ailleurs aux besoins de secteurs économiques traditionnels ou en développement dans le département. Elles constituent des exemples de pragmatisme et de collaboration entre le monde professionnel et l’univers scolaire car elles garantissent des débouchés à leurs étudiants. LIGNE DIRECTE - octobre/novembre 2009

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DOSSIER

Mémorial Charles-de-Gaulle : la pédagogie avant tout

Pour les jeunes, le Mémorial Charles-de-Gaulle dispose d’un atout exceptionnel : le pôle pédagogique. Accompagnés par les deux enseignants du Mémorial, les élèves découvrent un lieu d’histoire et de mémoire, mais pas seulement... Présentation.

“C’

était génial ! Dommage que l’on n’ait pas eu plus de temps. On y retournera.” dixit Maxime, 18 ans, qui a découvert le Mémorial Charles-deGaulle à l’occasion d’une visite scolaire. Loin de ne retenir l’attention que de ceux qui ont connu le Général de son vivant, le nouveau bâtiment construit par le Département remporte également un franc succès auprès des plus jeunes. Cela, le Mémorial le doit au caractère interactif de sa scénographie mais aussi à son pôle pédagogique.

Deux professeurs sur site Le pôle pédagogique est composé de deux enseignants d’histoire géographie, mis à disposition par l’Education nationale : Céline Toti et Sébastien Thévenot. Ils ont pour mission d’accueillir et d’en-

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LIGNE DIRECTE - octobre/novembre 2009

cadrer les élèves de la primaire au lycée. “Nous avons déjà accueilli 4157 scolaires de mars à juin 2009 et nous avons envoyé une information à plus de 7 000 établissements en mai dernier. Nous enregistrons de nombreux retours positifs. C’est très prometteur pour les mois à venir.” affirme Céline Toti. La conception de dossiers, adaptés au niveau des élèves et en lien avec les

programmes scolaires est aussi une de leurs missions : ce sont des outils pédagogiques qui permettent aux élèves de découvrir les salles en autonomie de recherche. Mais le pôle pédagogique, c’est aussi deux salles équipées d'ordinateurs et un centre de documentation.

Adaptabilité maximale La grande force du pôle pédagogique : sa capacité à proposer des ressources variées et toujours adaptées au projet des enseignants. “Pour nous, l’essentiel est de travailler en liaison avec les enseignants. Nous veillons à répondre à leurs demandes en proposant différentes activités, comme une visite guidée ou un atelier.” Accompagner les professeurs dans l’organisation de leur sortie est une priorité. De plus, aider à la recherche de financements,

organiser un séjour avec hébergement favorisent la fidélisation des groupes scolaires au Mémorial. “Maintenant que le Mémorial est intégré dans certains parcours de mémoire (des classes qui vont à Verdun font aussi étape à Colombey, ndlr), il est indispensable de penser à tout ce qui entoure la visite”, expliquent les deux professeurs. Thomas ROUSSEZ

CONTACT : MÉMORIAL CHARLES-DE-GAULLE PÔLE PÉDAGOGIQUE – 03 25 30 90 96 (OU 97) COURRIEL : celine.toti@memorial-charlesdegaulle.fr OU

sebastien.thevenot@memorial-charlesdegaulle.fr www.memorial-charlesdegaulle.fr

L’histoire, mais pas uniquement Grâce aux deux professeurs mis à disposition, le Mémorial se révèle bien plus qu’un site d’apprentissage historique. Sébastien Thévenot, en poste au pôle pédagogique, explique : “Les unes de presse, les écrits de Charles de Gaulle mais aussi les affiches de mai 1968 sont autant de documents qui peuvent être exploités par les professeurs de lettres ou d’arts plastiques. L’architecture du bâtiment et la scénographie sont aussi des sujets d’étude intéressants pour les élèves de lycées professionnels, par exemple. Ce sont là, bien-sûr, quelques exemples parmi les nombreuses pistes de travail possibles. C’est vraiment un outil exceptionnel !”


Le lycée Blaise Pascal rentre dans l’ère du nucléaire A la rentrée scolaire, le lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier a accueilli une trentaine d’élèves dans une nouvelle filière, unique dans la région : l’environnement nucléaire. Objectif, former les jeunes aux métiers de la maintenance nucléaire.

Une maquette de la centrale de Chooz est exposée au sein du lycée.

est une formation ambitieuse et stimulante réalisée avec de nombreux partenaires économiques et l’Education Nationale. Sur ce territoire, il existe des compétences et des savoir-faire. Malgré la crise, le rebond se fait ici aussi. La formation “Environnement nucléaire” en est l’exemple”, a appuyé Catherine Corvellec, proviseur du lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier lors de l’inauguration officielle de la section.

Anticiper les besoins La formation a été montée collectivement en un peu moins d’un an par le Rectorat, EDF et les financeurs (le GIP 52 et le Conseil régional) pour s’insérer dans un créneau économique naturellement porteur. “Nous avons anticipé la demande des entreprises. Dans la région, les

Photo D.R.

“C’

Les élèves de la section effectueront des stages dans les centrales et chez les sous-traitants locaux.

sites nucléaires sont nombreux (Chooz, Cattenom, Nogent-sur-Seine…). Il est important que les entreprises travaillant sur ces sites disposent de prestations de services dans le domaine de la maintenance car le nucléaire ne se délocalise pas”, explique Francis Defranoux, délégué d’EDF aux relations industrielles Meuse et Haute-Marne.

Levier pour les entreprises locales

Les élus ont visité les locaux en chantier de la nouvelle section aux côtés des entreprises.

EDF, présent en Haute-Marne dans le cadre de l’accompagnement du programme économique de Bure-Saudron, se montre déjà très intéressé par les professionnels qui sortiront de cette filière. Même avant l’obtention du diplôme d’ailleurs, car les élèves effectueront des stages chez les sous-traitants locaux fédé-

Les deux voies de formation Le bac pro Environnement nucléaire est accessible en cours théorique au lycée professionnel ou en alternance, en partenariat avec le CFAI de Saint-Dizier, EDF, Areva, le CEA et la Marine nationale. Dans les deux cas, toutes les certifications indispensables en matière de compétences et de sécurité sont intégrées dans la formation. Tous les métiers de l’industrie et du nucléaire sont accessibles par le biais du bac pro: électricien, automaticien, mécanicien, soudeur, tuyauteur… La poursuite des études, en BTS, est également possible.

rés au sein de l’association “Energic ST 52/55”, dans des domaines aussi variés que la maintenance, la fabrication et la logistique ou dans l’une des 19 centrales d’EDF et, dans quelques années, au laboratoire de Bure-Saudron. Selon Elisabeth Robert-Dehault, conseillère générale, “la section Environnement nucléaire participera au rayonnement de Saint-Dizier et de la Haute-Marne. Quant aux entreprises, grâce aux nouvelles compétences des diplômés, elles pourront mieux répondre aux appels d’offres dans le secteur du nucléaire”.

Professeurs spécialisés Du côté de l’équipe enseignante, la mise à niveau des formateurs est déjà faite. Deux professeurs du lycée ont suivi deux semaines de formation à Chooz pour être prêts à faire travailler les futurs élèves dans un nouvel environnement. “Nous sommes désormais habilités au niveau qualité sûreté et pour la radio protection dans les centrales et pour les sous-traitants”, détaillent les deux enseignants. Et d’ajouter : “Nous transmettrons aux élèves notre culture maintenance liée à l’aspect sécurité nationale. Nous sommes impatients de voir nos premières promotions à l’œuvre !”. Des promotions qui permettront d’exporter l’image industrielle et les savoir-faire techniques de la Haute-Marne. Frédérique DAOUST

CONTACT : LYCÉE BLAISE PASCAL AVENUE MARCEL PAUL 52105 SAINT-DIZIER CEDEX 03 25 06 50 50 COURRIEL : lyc-blaise-pascal@ac-reims.fr LIGNE DIRECTE - octobre/novembre 2009

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DOSSIER

La métallurgie

forme et transforme

La fonderie est un secteur incontournable de l’économie haut-marnaise. Mais les fondeurs sont confrontés à une difficulté : le recrutement d’apprentis. Sous leur impulsion, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a obtenu la réouverture du bac pro “Mise en œuvre des matériaux métalliques moulés” au lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier.

D

Un marché porteur Après quatre ans de fermeture, la réouverture de la section constitue en effet une réelle opportunité pour les jeunes originaires du nord Haute-Marne qui

Des parcours divers Apprentis à Blaise Pascal, Dimitry, Ilian, Medhi, Jason, Guillaume ont des parcours scolaires divers. “Mon père travaille chez Hachette & Driout. Il me parle de son métier. J’ai donc choisi d’intégrer la section fonderie”. “J’ai travaillé au contrôle à la GHM”. “Pour ma part, j’ai travaillé au service méthodes chez Ferry-Capitain”. “Les opportunités d’avenir professionnel sont importantes dans la fonderie. C’est pour cela que je me suis lancé dans cette voie”. Dès le premier jour de cours et après la présentation du programme, ces jeunes ont tous déclaré “être passionnés par la fonderie”. La formation, comme le secteur, a de l’avenir !

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Les carnets de commandes des entreprises de la métallurgie sont pleins malgré la situation économique mondiale actuelle.

souhaitent faire carrière dans ce secteur traditionnel de l’économie locale. Les entreprises sont demandeuses de main d’œuvre qualifiée. A tel point qu’elles ont même décidé de revaloriser de 60 % le salaire des apprentis dans ce secteur. Avant d’intégrer la section, tous les apprentis signent un contrat d’apprentissage. Ils passent ainsi 25 semaines en cours et 24 semaines en entreprise. En classe, tous les domaines de la métallurgie sont abordés. Le moulage est principalePhoto : Aciéries Hachette & Driout

epuis septembre 2008, l’atelier Fonderie du lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier accueille de nouveaux apprentis. En partenariat avec l’établissement scolaire, les entreprises, le Conseil régional, le Conseil général et le Rectorat, le Centre de formation des apprentis de l’industrie (CFAI) propose aux élèves un parcours diplômant en trois ans. Au lycée Blaise Pascal, tout a été mis en œuvre pour que les élèves travaillent dans de bonnes conditions, acquièrent un savoir-faire quasi-ancestral dont ils seront fiers. L’établissement est doté d’un outil de formation unique dans la région : les équipements sont nombreux et pointus, les salles de cours se révèlent agréables et les partenariats avec les entreprises sont bien en place.

Terry a obtenu son bac pro. Il travaille actuellement au service Méthodes chez Hachette & Driout.

trée au sein

e ren ectué leur second Les élèves ont eff ie. der fon de la section

ment étudié avant d’aborder la fusion. Au programme également, l’étude des métaux et le travail en laboratoire. Un partenariat avec le lycée Loritz de Nancy a même été initié. Chaque année, les étudiants de Blaise Pascal se déplacent à Nancy dans le cadre d’un échange. Des échanges de savoir-faire qui complètent idéalement la formation haut-marnaise. Après trois ans de formation à Blaise Pascal, les lycéens pourront poursuivre leurs études en BTS, en école d’ingénieur en alternance ou être embauchés directement par les entreprises. Frédérique DAOUST

RENSEIGNEMENTS : CENTRE DE FORMATION DES APPRENTIS DE L’INDUSTRIE (CFAI) DE SAINT-DIZIER - 03 25 07 36 37


Sécurité maximale Depuis la rentrée scolaire 2009, le lycée professionnel Emile Baudot de Wassy a ouvert une formation unique dans le département, le baccalauréat professionnel “Sécurité Prévention”. Zoom sur cette filière en plein développement.

E

n application d’un décret de février 2009, les salariés exerçant une activité de surveillance et de gardiennage, de transports de fonds ou de protection physique de personnes doivent solliciter une carte professionnelle auprès des services de la Préfecture. Les personnes souhaitant se former à l’un de ces métiers doivent, quant à elles, demander une autorisation préalable ou provisoire. La sécurité est donc bien une activité réglementée et encadrée par la loi. Une activité professionnelle qui recrute actuellement.

Préparer à de multiples fonctions Pour préparer les élèves issus d’une classe de troisième aux divers métiers de la sécurité, le lycée professionnel Emile Baudot de Wassy vient d’ouvrir une section spécialisée en ce début septembre. Une section unique dans le département qui accueille déjà 18 lycéens. Dès l’annonce de l’ouverture, largement facilitée par la coopération du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Marne (lire en encadré) l’établissement avait reçu des centaines d’appels de toute la France tant l’engouement pour ces métiers est grand. C’est la deuxième formation de ce type qui fonctionne dans l’académie. Une fois le baccalauréat professionnel “Sécurité Prévention” en poche, les bacheliers seront prêts à passer

La formation aux gestes de premiers secours est l’une des clés de la section.

les concours liés aux divers métiers de la sécurité dans les domaines publics, civils et privés dont celui de gardien de la paix, de la police nationale, de sapeurspompiers professionnels ou de chef de service de surveillance. Avec les cours théoriques et les stages, les élèves seront mieux préparés pour réussir ces différents concours. La formation générale est composée de français, d’histoire et de géographie, de mathématiques, d’éducation physique et sportive notamment et, dans le cadre de la formation professionnelle, les thèmes comme la sécurité à l’entreprise, le secours à personnes, la sécurité publique et la lutte contre l'incendie seront aussi abordés.

L’expérience du terrain La formation ne comprendra pas moins de 22 semaines de formation en entreprise, réparties sur les trois années du cycle. De quoi découvrir les situations professionnelles concrètes et choisir au mieux sa voix

entre sécurité civile, publique ou privée. Des professionnels locaux devraient aussi intervenir en classe. L’équipe enseignante a, quant à elle, reçu une formation spécifique pour préparer les élèves. Des contacts ont été pris pour que les lycéens puissent faire des stages chez les professionnels des métiers liés à la sécurité. Les qualités requises pour accéder à la formation sont le sens du dévouement, l’esprit d’équipe, le sens de la discipline et du respect des consignes, une capacité d’écoute et de dialogue et des aptitudes physiques. Elles seront développées tout au long de la formation qui se déroule en trois ans. La première année sera accès sur la sécurité privée. Durant la deuxième année, les lycéens seront plongés plus spécifiquement dans les métiers de la police, de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers. La première promotion de bacheliers “Sécurité Prévention” sortira de l’établissement haut-marnais en juin 2012. En attendant, les places sont ouvertes pour la rentrée 2010-2011. Avis à tous ceux qui souhaitent s’engager dans une filière qui recrute, en Haute-Marne et ailleurs. Frédérique DAOUST

CONTACT : LP EMILE BAUDOT - 77 RUE DE LA MADELEINE - 52130 WASSY - 03 25 55 33 89

le SDIS de la Haute-Marne, acteur de la formation

L’une des spécialités de la sécurité, maître chiens.

Pour mettre en place très rapidement le bac pro “Sécurité Prévention”, le Rectorat a pu compter sur la collaboration du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Haute-Marne. Le SDIS a largement contribué à la création de cette filière en Haute-Marne et ses personnels participent activement à la formation des élèves. Des cours sont dispensés au lycée de Wassy par les formateurs du SDIS et les bacheliers seront accueillis en stage sur le terrain dans des structures gérées par le service départemental. Ils profiteront ainsi quotidiennement des connaissances et de l’expériences des soldats du feu haut-marnais.

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Solidarité

Donner de soi

pour sauver une vie...

L

Le don d’organe peut sauver une vie. C’est le message que délivre l’association France Adot depuis 40 ans. En Haute-Marne comme ailleurs, la section locale de l’association se mobilise pour faire connaître aux habitants leurs droits en matière de don d’organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse. Prêt ? Donnez !

e don d’organe est un geste très simple à réaliser : il suffit d’informer sa famille ou ses amis de sa volonté de donner un ou plusieurs organes après sa mort. Cela permet d’éviter à la famille d’avoir à prendre une décision difficile à la disparition d’un proche. Malgré la simplicité de la démarche, les donneurs déclarés sont encore trop peu nombreux. Depuis 40 ans, l’association France Adot s’efforce donc de sensibiliser le grand public à cet enjeu de santé publique. Pour mettre en lumière cette noble action, le Premier Ministre a décidé d’en faire le thème de la “grande cause nationale 2009”.

de se déclarer donneur. Selon la législation, il n’y a pas d’âge pour choisir d’effectuer un don d’organe : mineurs et seniors peuvent souhaiter faire cette démarche. Adot 52 organise également des conférences où des personnes greffées sont invitées à témoigner comme Madame Cote de Langres : “Ma sœur avait besoin d’un rein en 2006. Je lui ai donné. Aujourd’hui, tout va bien, elle a même réalisé son rêve de traverser le Jura en

Les bénévoles d'Adot 52 vont régulièrement à la rencontre des Haut-Marnais pour les sensibiliser aux enjeux du don d'organe.

vélo. Partie de Haute-Savoie, elle est arrivée en Haute-Saône.” L’association vient également en aide aux scolaires du bassin bragard à la recherche d’informations sur le sujet.

Sauver des vies Malgré les 5 000 greffes d’organes réalisées l’an passé sur le territoire français, plus de 200 personnes sont décédées à cause d’une absence d’organes compatibles. Il est possible de faire chuter ce chiffre en faisant un geste simple : demander sa 14

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• Samedi 10 octobre 2009 de 9 heures à 18 heures au supermarché Intermarché de Saint-Dizier. • Samedi 17 octobre 2009, de 9 heures à 18 heures au Géant Casino de Chaumont et au centre Leclerc de Saint-Dizier.

Mobilisation sur le terrain haut-marnais Pour faire connaître cette cause, l’association Adot 52, basée à Saint-Dizier, multiplie les opérations grand public. Présente dans les supermarchés du département (lire en encadré), elle répond aux différentes questions que se pose le public. Chaque fois que l’occasion lui en est donnée, l’association explique qu’il est possible de se faire délivrer une carte de donneur très aisément. Il suffit

Dates des actions de l’association départementale

carte de donneur ou en parler avec ses proches. Deux actions simples mais qui peuvent sauver des vies.

Pierrick WHITE

CONTACT : FRANCE ADOT 52 JACQUES BOLLOT COURRIEL : bol.jac@wanadoo.fr


Portrait

Jean-Louis Gudin,

faiseur de champions Dans l’âme et dans les faits, Jean-Louis Gudin est un faiseur de champions. Président de Langres Haltérophilie Musculation depuis 1992, il a su faire de son club l’un des plus quotés de l’hexagone, avec nombre de titres et quatre athlètes présents aujourd’hui en équipe de France.

À

57 ans, Jean-Louis Gudin n’a pas perdu l’esprit de conquête de ses jeunes années. Cet originaire d’Avallon, dans l’Yonne, aujourd’hui Président du club Langres Haltérophilie Musculation, a commencé sa carrière de sportif relativement tard, à 17 ans. Après plusieurs championnats nationaux et trois sélections en équipe de France, il devient champion de France par équipe en 1978. “Et puis en 1981, j’ai tout arrêté. Je suis arrivé à l’entraînement, j’ai regardé autour de moi et j’ai fait demi-tour. J’étais devenu une machine, je n’avais plus envie de ça.”

Le goût des poids Il lui faudra dix ans avant de renfiler les poids. Entre temps, en 1983, il a rejoint la Haute-Marne et Rolampont pour des

En avril 2008, Benjamin Hennequin est médaillé de bronze à l’épaulé lors des championnats d’Europe seniors à Lignano, en Italie.

raisons professionnelles et est devenu père de famille. “Puis vers 1990, je me suis remis à l’haltérophilie. En me regardant, ma fille a eu envie d’en faire aussi. C’est là que j’ai commencé à m’occuper d’elle.” Ensemble ils rejoignent le club de Langres. D’abord entraîneur, Jean-Louis en devient le Président en 1992. “À cette époque, il n’y avait que deux bancs très usagés, des poids vieux comme le monde. Alors j’ai prêté 50 000 francs au club pour acheter de l’équipement et j’ai lancé l’école d’haltérophilie et la musculation loisir.”

Des titres en cascade pour le club Depuis bientôt vingt ans donc, il y a le club de musculation, mais surtout ses jeunes poulains haltérophiles. Sa plus grande fierté, c’est sa fille, Marlène. “Elle a été plus de dix fois championne de France, deux fois 3e aux championnats du monde juniors...” Mais Jean-Louis Gudin ne s’est pas arrêté à la sphère familiale. Ont suivi Lucie Perrin, Anaïs Michel, Aurore Huguenot, Kévin Bouly ou Benjamin Hennequin, classé 6e aux derniers JO de Pékin. Ils cumulent un palmarès national, européen et mondial impressionnant. Et parmi ces champions

“A mon âge, greffé d’un rein, je suis cramé en haltérophilie. En revanche, dans le vélo, je suis encore bon, je peux encore faire de la compétition.”

haut-marnais, quatre rejoignent cette année les rangs de l’équipe de France. 70e club français en 1992, Jean-Louis Gudin et le club lingon ont su se hisser jusqu’à la première marche du podium. “Nous avons été élus meilleur club de France en 2005 et cette année ce devrait être la même chose.” Quant à l’avenir, l’entraîneur reste serein : son école d’haltérophilie regorge de jeunes prometteurs. “Je ne leur demande pas à tous d’être champions mais j’aime bien en avoir trois ou quatre à emmener assez haut.” De nouvelles médailles semblent promises à la Haute-Marne ! Sabrina KHENFER

En selle en faveur du don d’organes Greffé d’un rein en 2001 suite à une maladie décelée à 47 ans, Jean-Louis Gudin, privé d’haltérophilie, s’est tourné il y a deux ans vers le vélo. Licencié à Chalindrey, il affichait au compteur quelques 7 500 km parcourus la saison passée, et vise cette année les 10 000 km. C’est cette nouvelle passion qui l'a poussé à se lancer un défi personnel en faveur d’Adot 52 et de la cause du don d’organes. “Cet été j'ai fait ParisNice à vélo pour sensibiliser les gens à la carte de donneur. Cela représente 1 400 km, à raison de 200 km par jour en moyenne. Vu ce que j’ai reçu, c’est le moins que je puisse faire.” Dans son parcours Jean-Louis Gudin n'a pas manqué un petit passage par Langres pour faire le plein d’encouragements, avant de se diriger vers les Alpes.

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Curiosité

Au fil de l’eau

avec l’ANCRE Sur le Canal entre Champagne et Bourgogne, le tourisme fluvial se développe peu à peu. Pour les Haut-Marnais, pas besoin d’être propriétaire d’un bateau : l’Association nautique chaumontaise de relations et d’environnement (ANCRE) propose des promenades au fil du canal pour mieux découvrir cette pièce du patrimoine local. Larguez les amarres !

E

n Haute-Marne, la navigation n’est pas exclusivement réservée aux amoureux des lacs. Du nord au sud, grâce au Canal entre Champagne et Bourgogne, les bateliers disposent d’un remarquable terrain de jeu.

Promenade ou croisière Pour l’apprécier pleinement, mieux vaut d’ailleurs s’adresser à des spécialistes. Les membres de l’ANCRE, association créée en 1993, sont de ceux-là. Ils empruntent régulièrement la voie d’eau. Ils en connaissent chaque écluse, chaque contour et se proposent de les faire découvrir à tous les amateurs de nautisme et de plaisance. Rattachée au port de la Maladière, l’association chaumontaise a su progressivement diversifier ses activités. Il est en effet possible de se promener au fil de l’eau sur l’un des deux bateaux acquis par l’ANCRE. Le premier, “Ville de Chaumont”, peut embarquer jusqu’à 12 personnes pour de paisibles promenades, encadrées par les membres de l’association. Le second “Le Champardenais”, subventionné par le Conseil général de la Haute-Marne, permet de réaliser des croisières et laisse une totale autonomie à ceux qui souhaitent le louer (lire en encadré).

Le canal pour tous A bord de l’un des bateaux, les matelots occasionnels sont rapidement convaincus 16

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par leur mode de transport : peu polluant, il est aussi très paisible et permet de profiter du calme des eaux et des vues hautmarnaises. Depuis Chaumont, des lieux d’exception se présentent les uns après les autres : le lavoir de Verbiesles, le tunnel de Balesmes, long de 4 800 m, ou encore le tunnel de Condes qui est le seul de France à double sens de navigation. Les membres de l’association ont décidé cette année de revoir les tarifs de promenade et de location de ces prestations à la baisse. “Cela permet de ne pas exclure les personnes à faible revenu” déclare Jean-Pierre Lesserteur, Président de l’association et éternel matelot. L’accessibilité et la mixité sociale sont en effet deux des valeurs défendues par l’ANCRE. Maisons de retraite, centres d’accueil, scolaires croisent régulièrement sur le canal et côtoient ainsi les usagers du chemin de halage. L’ANCRE a même en projet l’acquisition d’un bateau affrété pour l’accueil des personnes à mobilités réduite. Ce bateau, plus large

et plat, faciliterait l’accès à l’activité aux personnes en fauteuil roulant. Pierrick WHITE

Comment devenir Matelot d’un jour ? Grâce à l’ANCRE, il est très facile de s’offrir une promenade de quelques heures ou une croisière de plusieurs jours sur le canal. D’autant que l’association assure la formation de ceux qui souhaitent prendre la barre. En deux heures, la conduite des bateaux est maîtrisée et les néophytes savent par exemple comment aborder et franchir une écluse. Il suffit de respecter quelques règles élémentaires de sécurité. Le plaisir de naviguer en famille est immédiat et toutes les générations prennent plaisir à découvrir les merveilles qui se présentent au fil du parcours. Levez l’ancre ! Contact : L’ANCRE Jean Pierre Lesserteur - Ecluse 22 52000 Chamarandes - 06 86 97 69 50


Sport

Biesles,

en pôle position sur le handisport De la motivation des bénévoles du Tennis club de Biesles est né le Comité départemental handisport (CDH) de Haute-Marne. Dans le village du Bassigny, l’organisme départemental est bien plus qu’un nom. C’est une réalité grâce à la mise en service d’un complexe sportif entièrement adapté à l’accueil des personnes handicapées.

L’

histoire du Comité départemental handisport, c’est d’abord celle d’un homme dont les valeurs du bénévolat et la solidarité sont chevillées au corps : Patrick Andelot, Président du Tennis Club de Biesles (TCB), a su donner vie à une idée qui pouvait sembler irréalisable (lire Ligne Directe n°91), en entraînant dans son sillage les membres de son association. Aujourd’hui, les cours de tennis du TCB sont accessibles à tous, sportifs valides comme handicapés. Mieux encore, à côté des terrains, un bâtiment flambant neuf abrite le Comité départemental handisport (CDH).

met à la disposition de ses usagers des vestiaires et des douches mais aussi des saunas et une salle de musculation entièrement équipée. Vélos, rameurs, poids et haltères sont à la disposition des sportifs licenciés au TCB ou accueillis occasionnellement par le Comité départemental handisport. A l’extérieur, un terrain de swin golf de neuf trous est aussi accessible.

Examen d’entrée réussi Dans le bâtiment, le CDH a installé ses bureaux. Il a aussi engagé Chrystelle Voisin

Salle de gym, sauna… Financée par les aides de nombreux partenaires, dont le Conseil général, la structure doit beaucoup à la mobilisation des membres du tennis club local. Tous ont participé très activement aux travaux de construction. Au final, le nouveau complexe se révèle une superbe réussite qui

Les membres du Comité départemental handisport se mobilisent personnellement pour l'animation de leur complexe.

Clément Voillequin : un exemple de courage Croisé à la manifestation du CDH, ce jeune Haut-Marnais de 19 ans, originaire de Donnemarie, est né avec une malformation des membres inférieurs et a subi 28 opérations. Passionné de sport, il a réussi à dépasser son handicap en s’adonnant au tir à l’arc et à l’escrime. Il est d’ailleurs champion de Lorraine dans les deux disciplines. Il a également remporté un titre de champion de France par équipe de tir à l’arc en 2007 et le titre de vice-champion de France en individuel à Angers cette année. Clément avoue qu’il a repris goût au sport lorsqu’il a rejoint l’Etablissement régional d’enseignement adapté (EREA) de Flavigny-sur-Moselle, en Lorraine. Ce sportif haut-marnais, qui prépare les futures compétitions et rêve de nouveaux titres, pourrait se préparer à Biesles.

comme chargée de développement. C’est à elle qu’est revenu d’organiser le premier accueil de personnes handicapées sur le site. En juillet, une journée handisport a ainsi rassemblé des pensionnaires d’établissements adaptés du département. Autant de sportifs qui ont pu pratiquer le tennis, le golf, la sarbacane, le tir à l’arc… et ce, quel que soit leur handicap. A cette occasion, des valides se sont ainsi essayés aux sports adaptés. Les objectifs du CDH sont donc en passe d’être remplis puisque, selon Chrystelle Voisin, “le Comité souhaite développer le sport chez les personnes handicapées mais aussi favoriser la pratique partagée entre valides et personnes souffrant de déficiences”. Après ce coup d’essai réussi, le CDH est prêt à accueillir d’autres activités. Un espace d’hébergement pour les séjours de groupe est même déjà envisagé ! Nicole URBAIN

CONTACT : COMITÉ DÉPARTEMENTAL – CHRYSTELLE VOISIN 03 25 03 30 28 – COURRIEL : handisport.hautemarne@orange.fr

HANDISPORT

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Agriculture

Du bio

qui ne demande qu’à s’implanter Il y a des trains qu’il ne faut pas manquer ! Eleveur à Laneuville-à-Rémy, Joël Jeanson a accroché son wagon à celui de l’agriculture bio en 2001. Huit ans plus tard, il en est devenu l’un des plus fervents promoteurs haut-marnais.

“A

l’origine, je n’avais pas la vocation du bio même si mon système d’exploitation n’en était pas très éloigné”. Si la décision ne fut pas facile à prendre, Joël Jeanson reconnaît que le plan d’accompagnement à la reconversion qui permet de bénéficier d’aides durant cinq ans, a fini par le convaincre. Souhaitant sortir des systèmes intensifs et tourner le dos à certaines habitudes, il s’engage à l’époque dans un contrat territorial d’exploitation (CTE) et reconvertit les trois-quarts des 160 hectares de son exploitation. “On est dans un secteur où l’herbe ne demande qu’à pousser alors autant en profiter”. Alors que 90 % des vaches françaises sont nourries au maïs et au soja, les bêtes de Joël Jeanson broutent désormais les verts pâturages haut-marnais.

Mise en place de filières Malgré les regards interloqués de ses collègues et les moments de doute, il ne

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L’éleveur est revenu à un système exclusivement herbager.

regrette nullement le choix qu’il a fait et envisage d’ailleurs de convertir le reste de son exploitation cette année. “Il y a deux ans, je me suis mis à gamberger. Il n’y avait pas de filière de commercialisation. J’ai connu six mois difficiles mais aujourd’hui cela semble bien parti”. Partie prenante du GAB 52 (lire en encadré), l’éleveur est également affilié à Unébio, première entreprise française de commercialisa-

Le GAB 52 Association départementale qui regroupe les agriculteurs utilisant le mode de production de l’agriculture biologique sur leur exploitation ainsi que plusieurs magasins, le GAB 52 accompagne les agriculteurs en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Il s’emploie à faire la promotion de l’agriculture biologique dans le département lors de différentes manifestations et notamment lors des portes-ouvertes aux professionnels, telles que celles organisées à Liffol-le-Petit début juin.

Eleveur à Laneuville-à-Rémy, Joël Jeanson s’est converti au bio il y a huit ans.

tion de viande biologique qui fournit notamment une grande chaîne d’hypermarchés. Depuis quelques années, le panier des consommateurs français fait en effet une part de plus en plus belle aux produits bio. Le marché connaît une hausse annuelle de près de 10 %. Un contexte favorable qui a son revers de la médaille car l’offre reste pour le moment largement inférieure à la demande. En conséquence, la moitié des produits bio est importée. “Les débouchés sont là. Il y a des opportunités à saisir et de la place pour d’autres” insiste Joël Jeanson. Ce dernier voit naturellement d’un bon œil l’engagement pris lors du Grenelle de l’environnement de renforcer la croissance des produits bio dans la restauration collective publique, d’ici à 2012.

Le bio en Haute-Marne Le département compte aujourd’hui vingt-cinq producteurs bio pour une surface totale de 1 846 hectares, ce qui représente seulement 0,06 % de la surface agricole utile et 0,012 % des exploitations professionnelles. “Nous sommes encore loin des objectifs fixés lors du Grenelle de l’environnement” reconnaît Denis Daillet de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Marne. “De nombreux agriculteurs se posent des questions sur la production en agriculture biologique, les filières en place et les aides éventuelles” ajoute le responsable qui peut être contacté au 03 25 94 69 94 ou au 06 21 91 58 49. Etienne CLEMENT


La tapisserie d’ameublement :

Entreprises

un métier d’art et de tradition

Comme la décoration intérieure, la remise à neuf de mobilier ancien a le vent en poupe. C’est le métier du tapissier d’ameublement que de redonner vie aux meubles de famille. Dans le sud de la Haute-Marne, deux ateliers viennent de voir le jour… En les visitant, on est rapidement convaincu que la tapisserie d’ameublement est un véritable métier d’art. Deux Haut-Marnaises, une même passion Installée à Langres et Vaux-sous-Aubigny, les deux tapissières sont intarissables sur leur métier, physique et parfois ingrat, mais tellement passionnant.

férentes matières : tissus, bois, crin, toiles… Mais aussi l’odorat, avec l’odeur de la jute et des vieilles étoffes. Et l’ouïe puisque le son d’un clou enfoncé dans un bois donne une indication sur sa solidité. C’est un métier qui implique une communion avec les matières employées.”

Classique ou moderne Le travail de tapissier d’ameublement a évolué. Aujourd’hui, si les techniques ancestrales demeurent, la variété des tissus modernes et leur grande résistance permettent presque toutes les fantaisies. Que l’on soit à la recherche d’un tissu classique ou plus contemporain, les nombreuses collections présentées dans les deux ate-

Ainsi, Martine Oliveira explique avec enthousiasme les différentes étapes de la réfection d’un fauteuil, selon la méthode traditionnelle. “Dans un premier temps, on procède au dégarnissage : on enlève les anciens matériaux pour mettre à nu la structure en bois. Parfois, cette tâche nous réserve des surprises, comme ce tissu signé par un tapissier en 1895 ! Ensuite, il faut reconstruire : sangler, fixer les nouveaux ressorts à l’aide de crampillons, les guinder (abaisser, ndlr), les recouvrir de toile forte, effectuer le garnissage avec du crin végétal et animal… Le tissu viendra recouvrir la toile blanche, dernière étape de construction de l’assise.” Marion Arnoud dévoile une approche plus intuitive et sensuelle de son activité : “la tapisserie d’ameublement met de nombreux sens à contribution : le toucher avec les dif-

liers garantissent un très large choix. Les propriétaires de meubles anciens peuvent donc envisager de les remettre au goût du jour tout en conservant leur forme originelle. La passion et le talent des deux créatrices font le reste : ils assurent un travail soigné et unique. Sarah BERNHARD

CONTACTS : OTTOMANE - MARTINE OLIVEIRA CRUZ 9 AVENUE DE BOURGOGNE 52190 VAUX-SOUS-AUBIGNY - 03 25 84 32 19 COURRIEL : m.ottomane@orange.fr M.A. TAPISSIÈRE - 20 RUE DE LA BOUCHERIE 52200 LANGRES - 03 25 84 66 30 COURRIEL : matapissiere@yahoo.fr

Portraits croisés Anciennement modiste au sein de la maroquinerie Guené, Martine Oliveira éprouvait depuis toujours un attrait pour la tapisserie d’ameublement. Elle a profité d’un congé individuel de formation pour préparer, à 46 ans, un CAP en alternance, au CFA de Longic et chez Isabelle Brisard à Gray (“Aux Petits Fauteuils”). Son atelier, baptisé “Ottomane” et installé à Vauxsous-Aubigny, présente de nombreuses collections de tissus. Quant à Marion Arnoud, qui a décroché à 33 ans son CAP “Garniture de sièges” en candidat libre, elle a choisi d’installer son atelier “M.A. Tapissière” en plein centre historique de Langres. Elle a voulu un atelier ouvert sur sa boutique, pour partager les dessous de son travail. “Souvent les gens réagissent à la beauté du tissu du fauteuil. Ils ne voient pas tout le travail de construction du remplissage, sans lequel l’étoffe ne pourrait être tendue. Une assise confortable, c’est surtout une bonne préparation du support !”

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Terroir

Les délices une histoire de famille

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Ce n’est pas un voyage au pays des merveilles mais bien une plongée dans l’univers du cassis et des produits du terroir haut-marnais que propose Julie, Cécile et Philippe Apert. En famille, il y a trois ans, ils ont décidé de se lancer dans la création et la commercialisation de liqueur de cassis artisanale. Depuis d’autres produits sont venus enrichir la gamme. Le pari est en passe d’être réussi….

n 2004, Julie Apert et son frère Philippe prennent en main la destinée de l’exploitation céréalière de leurs parents et grands-parents dans le petit village d’Isômes, au sud de la Haute-Marne. Très attachés à la transmission des savoir-faire, ils ont remis au goût du jour un secret de fabrication très spécial, en attendant de pouvoir le transmettre à leurs descendants.

Souvenirs, souvenirs… Quelque temps après la reprise de l’exploitation familiale, les deux jeunes Haut-Marnais décident en effet de planter un hectare de cassis afin d’élargir leur activité et de produire de la liqueur. Aujourd’hui, cette idée s’avère… fructueuse : le cassis fait recette. Rejoints par Cécile, l’épouse de Philippe, ils ont même décidé de diversifier leur production. Sirops, liqueur de cassis, confitures et gelées de fruits rouges, pâtes de fruits au cassis, pain d’épices, jus de cassis sont proposés.

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Lorsqu’on leur demande pourquoi ils ont choisi de cultiver et de transformer le cassis, la réponse fuse, comme une évidence : “Cela vient de nos souvenirs de jeunesse et d’une tradition familiale”. Julie et Philippe se sont tout simplement inspirés du savoir-faire de leur mère qui fabriquait sa liqueur de cassis, recette qu’elle tenait elle-même de leur grand-mère. Celle-ci leur proposait d’ailleurs chaque été de succulents plats à base de ce fruit et c’est en sa mémoire que la ligne de leurs produits a repris le doux patronyme d’Alice (lire en encadré).

Du bio à acheter un peu partout Affichant un réel souci pour la préservation de l’environnement et la santé de leurs consommateurs, Julie, Cécile et Philippe Apert ont décidé ne pas utiliser de pesticides ou de désherbants pour assurer la croissance de leurs plants. En plus de proposer des produits originaux et d’une grande qualité gustative, la famille Apert y ajoute une touche “bio”, non négligeable pour les amateurs de gastronomie. Les produits sont commercialisés à la ferme familiale, à Isômes, où un point de vente attend tous les amateurs du petit délice rouge. Il est également possible de trouver les sirops, pâtes de fruits et autres jus de pommes et cassis dans différents points de vente en Haute-Marne ainsi que dans l’Aube et en Côte d’or. Les cassis d’Alice se trouvent aussi sur Internet où ils sont bien

référencés grâce à leur dénomination si particulière. Durant les différents marchés consacrés aux produits du terroir enfin, la famille Apert ne manque pas de proposer un stand où dégustation et plaisir sont les maîtres mots… Des rendez-vous qui achèveront de convaincre les gourmands les plus curieux ! Pierrick WHITE

CONTACT : LES CASSIS D’ALICE CHEMIN DU PARADIS – 52190 ISOMES 03 25 84 39 04 OU 06 77 75 79 05 COURRIEL : julieapert@wanadoo.fr SITE INTERNET : www.cassis-alice.com

Une étiquette familiale Utilisant déjà les recettes de leur grandmère maternelle, les producteurs des cassis d’Alice ont aussi choisi comme logo une photo de leur aïeule Alice. Cette illustration aux tons rouge, brun et sépia, ornée d’une écriture blanche, se décline sur les différents supports proposés et les rend aussi facilement reconnaissables à l’œil que délicieux au goût !


Nature

L’autre seigneur

des bois haut-marnais Le cerf est le maître incontesté de la forêt haut-marnaise. Pourtant, dans certains secteurs du département, il doit partager sa suprématie avec le chat forestier d’Europe (Felis silvestris silvestris). Inféodé aux massifs forestiers de plaine, le sauvage matou est bien présent dans le grand quart Nord-Est de la France et se plaît en Haute-Marne.

C’

est à l’époque de la fenaison (mai-juin) ou à la sortie de l’hiver (rut du félin) que l’observateur a le plus de chance d’apercevoir le discret félidé arpenter une départementale sinueuse ou longer les lisières des grands massifs forestiers. Campé sur des pattes robustes, le chat forestier adulte mâle mesure 60 cm de long. Sa queue, touffue, cylindrique, épaisse et d’une trentaine de centimètres, se termine par un manchon noir. Elle présente 2 anneaux bien visibles qui le distinguent.

Signes distinctifs Malgré cela, il n’est pas aisé pour celui qui n’a pas l’œil averti de reconnaître

Préservation urgente Jadis jugé nuisible et convoité pour sa fourrure, le félin a également souffert en France de la déstructuration des espaces ruraux. Protégé depuis 1979, le minet des forêts semble mieux se porter et ce malgré une mortalité juvénile et routière non négligeable. Pour le préserver, il convient de sauvegarder son habitat type en protégeant les haies, les prairies, les bosquets et massifs forestiers. Cet enjeu, qui risque de s’imposer au cours des prochaines années pour la conservation des populations de chats forestiers, légitime un peu plus la création du parc national (lire en encadré) entre Champagne et Bourgogne. le chat forestier de son cousin le chat domestique : leurs morphologies sont assez proches l’une de l’autre. Les dessins sur le pelage du chat forestier, comme les tigrures, sont cependant moins marqués que ceux du chat domestique tigré. Sa fourrure est dense, soyeuse. La couleur de la robe offre une dominante allant du fauve clair au gris. La gueule et le menton du félin sauvage sont blancs comme neige. Cerclée de noir, la truffe est rose et les yeux du chat présentent des reflets verdâtres laiteux.

Chasseur de rongeurs Lorsqu’il chasse sur les 1 000 hectares que peut compter son territoire, les coussinets de ses doigts permettent au chat forestier une approche très silencieuse. Il repère sa proie grâce à son excellente ouïe et à son odorat très développé. C’est en forêt que le fauve à la queue annelée traque le mulot sylvestre, le mulot à gorge jaune, le campagnol agreste et roussâtre. En prairie, le félin ajoute à son menu le campagnol qu’il soit terrestre ou des champs. En Haute-Marne, cette brochette de rongeurs représente 90 % de son régime alimentaire. Il est donc très utile à la régulation des populations de rongeurs.

Olivier FRIMAT

Habitant du futur parc national Le milieu de vie typique du chat forestier est fourni par les grands massifs forestiers des plaines et des collines. Il fréquente essentiellement les forêts mixtes et de feuillus, comme celles d’Arc-en-Barrois ou de Châteauvillain, au cœur du futur parc national qui couvrira une partie de la Haute-Marne et de la Côte d’Or. Pour le chat forestier, l’habitat est optimal en Haute-Marne, d’autant plus que les lisières des bois y sont souvent associées à des prairies naturelles. Cette diversité de paysages lui offre de multiples possibilités de gîtes et une nourriture abondante. Le chat forestier pourrait donc bien être un des habitants emblématiques du parc national.

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