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Le Conseil général à vos côtés

2006-2008

au top de la mémoire Le conseil général entreprend la numérisation de l’état civil haut-marnais. Les actes de l’état civil vont être scannés et intégrés progressivement sur le site Internet www.haute-marne.fr afin de pouvoir être consultés par le plus grand nombre. Un service apprécié des personnes qui ne peuvent se déplacer aux Archives départementales pour y effectuer leurs recherches. Une mine de renseignements Un enfant naît, deux personnes se marient, une personne décède : il faut bien sûr le déclarer à la mairie, qui tient à jour les registres d’état civil. Depuis des siècles, les étapes de la vie des Haut-Marnais sont ainsi répertoriées. Les registres d’état civil sont devenus une mine de renseignements pour les généalogistes, les historiens ou les simples curieux. En effet, on y trouve non seulement les dates des naissances, mariages et décès, mais aussi les liens de parenté, les métiers, les signatures, etc. En Haute-Marne, un grand nombre de passionnés cherchent à en savoir plus sur leur histoire, leur famille et leurs racines.

2 millions d’images Afin de protéger les registres originaux, qui ont beaucoup souffert des consultations successives, le conseil général va entreprendre leur numérisation et leur mise en ligne sur internet. Seuls les actes anciens seront concernés car, respect de la vie privée oblige, les informations de moins de cent ans ne peuvent pas être

dévoilées au grand public. Pas moins de deux années seront nécessaires à l’équipe des Archives départementales pour venir à bout de ce projet qui consiste à numériser plus de 2 millions d’images ! Comme la campagne touche tous les actes de plus de cent ans, les Archives départementales vont se déplacer dans les communes pour y chercher les registres correspondants. Dès que les actes seront numérisés et vérifiés, le maire recevra du conseil général un DVD où seront gravés tous les fichiers

Depuis François Ier ! C’est le roi de France François Ier qui, en 1539, par l’ordonnance de VillersCotterêts, oblige les prêtres à enregistrer les baptêmes, les mariages et les sépultures en langue française (précédemment, ce n’était pas systématique, et souvent en latin !). Louis XIV, en 1667, demande aux prêtres de les tenir en deux exemplaires, ce qui est toujours le cas aujourd’hui ! Sauf que, depuis la Révolution, c’est le maire qui est chargé de cette tâche.

Où sont les registres ? La mairie tient les registres en deux exemplaires, dont un est envoyé au tribunal de grande instance, qui les verse, au bout de cent ans, aux Archives départementales. Les communes de moins de 2 000 habitants sont, elles aussi, obligées de déposer les registres anciens (de plus de 150 ans) aux Archives départementales.

concernant sa commune. Un travail de titan pour les archives départementales. Premières mises en lignes pour mi-2007. François PETRAZOLLER

RENSEIGNEMENTS : ARCHIVES DÉPARTEMENTALES - 03 25 03 33 54 COURRIEL : archives.departementales@haute-marne.fr

Question à… Nelly Girard, Présidente du Centre généalogique de la Haute-Marne LD : Quel est le but de votre association ? Nelly Girard : Le Centre généalogique de la Haute-Marne (CG52) a pour but l’étude et le développement de la généalogie, l’entraide généalogique entre ses membres, la diffusion de l’histoire locale par la généalogie et la publication de travaux généalogiques et historiques. LD : Que vont vous apporter la numérisation et la mise en ligne de l’état civil ? NG : Elles vont simplifier les recherches pour les nombreux généalogistes domiciliés loin de la Haute-Marne. La recherche généalogique pourra être pratiquée quand on le souhaite. Ainsi un plus grand public pourra pratiquer la généalogie. Contact : Centre généalogique de la Haute-Marne : genea52@libertysurf.fr

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Développement

La technologie

forge l’avenir

Etape par étape, le Pôle technologique de Haute Champagne, à Nogent, poursuit son développement avec une labellisation nationale de pôle d’excellence rurale. Premières étapes visibles : le démarrage de la construction du bâtiment et l’animation d’une dynamique économique. Des leaders mondiaux en Haute-Marne Aujourd’hui, l’activité coutelière qui a fait le renom du bassin nogentais a cédé la place à de nouvelles productions issues directement de ce savoir-faire. Des reconversions se sont opérées. Pièces automobiles produites par les forges (Courcelles, Ville, Beligné…), outils spéciaux pour les chaînes de montage et réseaux professionnels (Gillet-Outillage, PAM…), conception d’instruments chirurgicaux et de prothèses articulaires ou orthopédiques (Aesculap - B-Braun, DePuy - Johnson & Johnson, Marle, Landanger et bien d’autres…), telles sont les nouvelles productions dominantes à Nogent. Et comme le souligne Régis Flot, président de l’Association du pôle technologique de Nogent (APTN) : “il s’agit souvent d’entreprises leaders de niveau international, ce qu’on sait peu en Haute-Marne”.

L’échange technologique pour principe de base Nogent peut donc s’enorgueillir d’abriter des entreprises fortes d’un savoir-faire souvent envié. Leur secret pour réussir ? L’échange d’expériences et le transfert de technologies. La pratique du transfert technologique, à Nogent, remonte à la fin des années 80, avec la création d’une antenne du Centre régional d’innovation et de transfert de technologie (CRITT). Au service des entreprises, cette association met en commun des moyens de laboratoires de recherche et des compétences de haut niveau dans un domaine en pleine évolution scientifi4

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Les étudiants, futurs stagiaires, ont été reçus au conseil général

que et technique : celui des matériaux, dépôts et traitements de surface. En 2000, avec le projet de “relocalisation” des laboratoires du CRITT sur la zone industrielle de Nogent, naît l’idée de constituer un véritable “pôle technologique” (baptisé “Nogentech”), doté d’une pépinière d’entreprises et d’une composante “recherche et formation supérieure en ingénierie”. En 2002, le projet Nogentech regroupe une soixantaine d’entreprises, soit 1 600 emplois industriels. Labellisé “système productif localisé”, il s’attache à promouvoir des actions de coopération entre ses membres, dans les domaines commercial, technique mais aussi environnemental pour lequel il a reçu un trophée national en 2006. Un système d’échanges qui permet au bassin nogentais de connaître une belle réussite économique.

Un projet d’ampleur départementale Dès 2001, le conseil général de la HauteMarne a souhaité apporter son soutien au “pôle technologique de Nogent”, y voyant un moyen de favoriser le redéploiement économique. En finançant les études de faisabilité et d’architecture, le conseil général de la Haute-Marne a

voulu afficher ses ambitions pour ce projet. Pour 2006, plus de 130 000 € sont alloués au pôle technologique sur le budget départemental. La commune de Nogent s’investit, elle aussi, pleinement dans ce projet, notamment par le développement de ses infrastructures. Autre soutien qui renforce le crédit de l’opération : la labellisation du projet, en juin dernier, en “pôle d’excellence rurale” par la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT). Cet appui se traduit par une contribution financière substantielle de l’Etat. Au final, en 2011, près de 20 millions d’euros (dont 13,6 pour l’ensemble immobilier et 6 pour les équipements technologiques) auront été consacrés à ce projet. Pour les bâtiments, l’Etat et

Les étudiants de l’UTT au CRITT

l’Europe devraient contribuer à hauteur de 35 à 40 %. La Région s’est engagée à hauteur de 25 %. Le syndicat mixte (conseil général et communauté de communes du bassin nogentais) couvrira 20 %. Le solde étant pris en charge par le Groupement d’intérêt public (GIP) Haute-Marne. Jean-Loïc Carré, le chef de projet APTN, parle d’un travail global, concerté et de longue haleine pour créer un véritable bassin de vie : “le pôle technologique permettra à la Haute-Marne d’être plus attractive et de retrouver sa fierté industrielle”.


A terme, un bâtiment de 5 200 m² accueillera les nouveaux locaux du CRITT et un centre d’accueil et de formation. Car une nouvelle formation a été mise en place grâce à une convention passée avec l’Université de technologie de Troyes (UTT) mais aussi avec les syndicats professionnels pour la formation continue. L’accueil d’une pépinière d’entreprises industrielles est également prévu. Les travaux se dérouleront en 2007 et le premier emménagement du CRITT se fera au printemps 2008. La construction de l’ensemble suivra trois phases : d’abord la création du bâtiment du CRITT sur 1 500 m², puis celle des bâtiments formation/accueil. Enfin, la pépinière d’entreprises, de taille sensiblement équivalente, verra le jour. Ces deux derniers bâtiments seront réalisés en plusieurs tranches. Et le projet suscite déjà un intérêt certain : plusieurs créateurs d’entreprises se sont manifestés.

Animation et développement technologique La construction des bâtiments du pôle technologique ne constituera qu’une étape. Il restera à animer le projet. Et dans ce domaine, l’APTN fourmille d’idées. La création d’une filière d’ingénieurs “Transformation et qualité des matériaux” est par exemple annoncée. Issue d’une collaboration avec l’UTT, cette filière de haut niveau a déjà permis d’attirer une demi-douzaine d’étudiants Bac + 4 dès la rentrée 2006. Dans le cadre de leur formation, ces étudiants venus de toute la France doivent réaliser des stages en entreprises en relation étroite avec leur cursus. Le tissu économique haut-marnais leur permet de trouver sur

place des possibilités d’application. Ainsi, les Forges de Courcelles, Landanger, Gillet Outillage ou Aesculap accueillent déjà différents stagiaires. En février 2007, d’autres étudiants, Bac + 5, prendront le relais. Ces futurs ingénieurs, très courtisés par les entreprises nationales, représentent un atout pour la HauteMarne et l’économie locale. Parallèlement, un groupement d’employeurs devrait être mis en place afin d’aider les plus petites entreprises dans leur recherche de main d’œuvre et le “passeport Nogentech” devrait garantir l’intégration des nouveaux arrivants (stagiaires, étudiants, salariés).

Enfin, une opération “transversale” est en cours pour développer les innovations technologiques comme l’intégration de puces radio fréquences dans le métal pour assurer la traçabilité des pièces, ou le soutien actif aux créateurs d’entreprises avec par exemple un projet d’usine de biocarburant. A suivre… Frédéric THEVENIN et Thomas ROUSSEZ

CONTACT : ASSOCIATION DU PÔLE TECHNOLOGIQUE DE NOGENT – RUE DU 14 JUILLET 52000 CHAUMONT - 03 25 35 31 23 COURRIEL : info@poletechno52.com

Deux pôles d’excellence rurale en Haute-Marne A la mi-2006, le Gouvernement a publié la liste des sites retenus pour devenir “pôles d’excellence rurale”. Ces structures porteuses de développement économique, grâce à leur ancrage rural fort, leur démarche partenariale, leur capacité à innover et à créer des emplois ont été sélectionnées parmi plusieurs centaines de candidats. Elles recevront un soutien financier de la part de l’Etat pour mener à bien leurs projets. En Haute-Marne, outre le pôle technologique de Nogent, les haras nationaux de Montier-en-Der ont aussi été retenus comme pôle d’excellence rural. Il faut dire que les haras bénéficient de l’expertise d’un institut régional sur la race ardennaise et ont su diversifier leurs activités : des visites pédagogiques et de nombreuses animations sont proposées. L’idée est de s’appuyer sur le développement de la filière équine pour favoriser la création d’emploi.

© Cabinet Pace

5 200 m² de construction

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Enseignement

Espace numériq de travail, les collé connectés A brève échéance, l’Espace numérique de travail (ENT) va être généralisé à l’ensemble des collèges haut-marnais. Le but est de répondre, au mieux, aux besoins des élèves, de renforcer les ressources pédagogiques et de permettre aux parents de suivre la scolarité de leur enfant en temps réel. Présentation.

L

e conseil général a engagé, en juin 2003, une politique d’équipement visant à offrir à chaque HautMarnais un accès illimité à l’Internet et un débit allant de 256 kilobits par seconde (kbps) à 512 Kbps. Une vitesse de transmission des données de 4 à 8 fois supérieure à celle retenue par l’Etat au titre du “service universel des communications électroniques”. Parallèlement, le conseil général a souhaité encourager les usages de l’Internet et a donc répondu favorablement à la proposition d’expérimentation d’un “cartable électronique” initiée par le ministère de l’Education nationale. La candidature de la Haute-Marne, présentée conjointement par le conseil général

de la Haute-Marne et le Rectorat de Champagne-Ardenne, a été retenue. Ainsi, la Haute-Marne est l’un des 10 territoires participant à l’expérimentation nationale dans ce domaine. Les études de faisabilité de ce projet, cofinancées par la Caisse des dépôts et consignation, comprenaient une étude sur l’équipement informatique des établissements ainsi qu’une enquête sur les usages pédagogiques des Technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement (TICE). Cette évaluation a été réalisée par l’Inspection d’Académie.

Le cartable électronique : qu’est-ce que c’est ?

Engager une démarche telle que la généralisation de l’ENT dans les 24 collèges publics de Haute-Marne représente un budget conséquent. Aussi, pour vérifier

Un espace numérique de travail, c’est un programme informatique sur lequel l’élève, les professeurs, l’établissement et les parents peuvent travailler et échanger. Les principales fonctionnalités d’un cartable électronique, selon les établissements, concernent la vie scolaire (possibilité de consulter l’emploi du temps, le cahier de texte, les notes, les absences), les services pédagogiques (création de cours, mise en ligne de ressources et d’exercices, consultation de sites WEB) et la vie de l’établissement (gestion du site WEB ou Intranet, réservations de ressources comme les salles ou le matériel).

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Tester avant d’engager

les capacités des logiciels envisagés, le conseil général a souhaité tester différentes solutions d’ENT. Au cours de l’année scolaire 20042005, quatre établissements ont expérimenté les cartables électroniques. Pour l’année scolaire 2005-2006, ils ont souhaité, à l’unanimité, prolonger cette expérimentation d’un an avant toute généralisation. Elle concernait les collèges de Fayl-Billot (soit 217 élèves), Froncles (soit 130 élèves), Camille Saint-Saëns à Chaumont pour les sixièmes (soit 130 élèves), Wassy (soit 463 élèves). Elèves, parents, personnels administratifs et enseignants, représentants des différentes sociétés consultées, représentants du Rectorat et spécialistes du conseil général se sont constitués en groupe de travail afin d’examiner les capacités des différents outils.


ue égiens

La généralisation du cartable électronique La décision de généraliser le cartable électronique à l’ensemble des collèges haut-marnais a été prise par l’Assemblée départementale au vu du bilan dressé à l’issue des deux années d’expérimentation. Cette généralisation sera progressive, établissement après établissement. Au total, ils sont 24 ! Au préalable, une consultation des éditeurs de cartable électronique sera organisée au cours du dernier trimestre 2006 pour déterminer le logiciel qui sera utilisé. Afin d’associer le corps enseignant à cette consultation, le jury de concours sera composé de chefs d’établissement, d’enseignants et des représentants de l’Inspection Académique.

Deux options pour le déploiement Deux niveaux de déploiement sont proposés : les fonctionnalités de base et les fonctionnalités étendues. Pour les fonctionnalités de base, il s’agit d’offrir à chaque élève : une adresse mail, un espace de travail personnel, l’accès à son emploi du temps et un accès aux

ressources numériques acquises par le conseil général au profit des établissements scolaires. Ces fonctionnalités de base sont déployées auprès des 24 collèges départementaux dès 2007. Ainsi, seront créés 8 000 comptes élèves, 10 000 comptes “parent d’élèves”, 500 comptes enseignants et 500 comptes afférant aux personnels administratifs, aux personnels techniques et ouvriers de service (TOS), aux documentalistes, … Pour l’option fonction étendues, un volet pédagogique consistant essentiellement en la création d’exercices spécifiques par le corps enseignant peut être ajouté. Ce sont les professeurs qui enrichissent alors l’ENT, par exemple avec des exercices de leur invention et dont les corrections sont en ligne pour les élèves. L’expérimentation montre qu’une telle démarche d’alimentation de l’ENT par les professeurs conditionne le succès du cartable mais induit également une lourde charge de travail pour les enseignants : formation aux fonctionnalités du cartable, formation aux outils d’éditions de pages internet, préparation et mise en ligne des ressources, envoi en ligne des exercices et correction de ces derniers, pilotage de forums… Cette démarche se fonde sur le volontariat des enseignants. Elle sera déployée très progressivement dans les différents établissements.

Une véritable évolution pédagogique Gérard Recoque, le principal du collège Paul Claudel de Wassy, croit fortement en l’Espace numérique de travail. Après avoir testé différentes plates-formes et avoir soulevé quelques défaillances, le collège expérimente le même cartable électronique pour toutes ses classes. Et là, Gérard Recoque se plaît à imaginer l’avenir… Il voit en cet outil le moyen d’aider les élèves en difficulté : “La plate-forme que nous utilisons actuellement peut permettre de colmater les brèches grâce à une pédagogie différenciée selon les niveaux”. L’outil est également idéal pour les élèves absents lors de sorties pédagogiques ou entretenir des liens pendant les vacances. Le principe : chaque élève se voit octroyer un code et peut accéder, à tous moments, aux données mises en ligne comme l’agenda du collège, les cours, les exercices, les notes, les astuces pour réviser… Pour celui qui n’a pas d’ordinateur à la maison, il est possible de consulter le tout en salle informatique, à l’internat ou en salle d’étude. A noter que les parents se voient également attribuer un code lorsqu’ils signent la Charte sachant que le tout est sécurisé et que l’administration a un droit de regard.

Les ressources de l’ENT Pour un fonctionnement optimum, le cartable électronique nécessite que des ressources régulièrement renouvelées soient mises en ligne. L’expérience haut-marnaise, mais également les autres expérimentations, montrent que ces ressources sont essentiellement produites par le corps enseignant. Elles peuvent être complétées par des ressources externes comme celles du Rectorat. En application de la loi de décentralisation, la mise à disposition de ressources pédagogiques relève de l’Etat. Toutefois, le conseil général peut être amené à relayer cette action via le Centre départemental de documentation pédagogique (CDDP). Ses missions : recenser des besoins exprimés par le corps enseignant, sélectionner des ressources souhaitées et accompagner des établissements et des enseignants dans le déploiement de ces ressources.

Pour le principal, grâce à l’ENT, la proximité profs/élèves, parents/profs et administration/parents et élèves s’en trouve améliorée. Le contact est direct et plus libre. Certains élèves peuvent en profiter pour exprimer leur souffrance. Il ne veut plus d’élèves qui “traînent les godasses”. Il veut qu’ils prennent du plaisir et réussissent ! En fait, Gérard Recoque parle d’une véritable révolution et en profite pour remercier les professeurs qui alimentent perpétuellement le cartable.

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Enseignement

Remplacement du matériel informatique des collèges Parallèlement, le développement de ce nouvel outil demande un matériel informatique performant. C’est pour cette raison que le conseil général, assisté par un groupe de travail composé des chefs d’établissement des quatre collèges expérimentant un cartable électronique et après avis de l’Inspecteur d’académie, a décidé de lancer le plan de rééquipement informatique des collèges selon des principes généraux applicables à l’ensemble des établissements. Objectif : offrir à chaque élève une même qualité et un même niveau d’équipement. Il a été décidé de mettre à disposition, dans chaque collège, au moins un poste informatique pour cinq élèves. Parallèlement, un équipement collectif par discipline, appelé “chariot multimédia” et composé d’un vidéo projecteur, un

ordinateur portable et une imprimante jet d’encre, sera développé. Ce projet d’équipement se traduira par une augmentation du parc de microordinateurs de 40% et un triplement des équipements collectifs. En effet, l’expérimentation du cartable électronique a mis en évidence la nécessité de favoriser le libre accès des élèves à l’outil informatique par l’ouverture des salles informatiques aux scolaires et l’équipement progressif des salles de permanence.

Coût de l’opération Pour l’heure, les deux années d’expérimentation de l’ENT ont coûté 50 000 €. Le coût de la généralisation d’un logiciel unique pour tous les collèges est estimé dans une fourchette de 200 à 300 000 €. Autre budget à prendre en considération, celui de l’opération de renouvellement de l’équipement informatique des collèges et de la mise en connexion. 3,5 millions d’euros sur 5 ans sont prévus.

Déploiement des équipements Le conseil général propose de déployer ces équipements sur une période de cinq ans soit un rythme d’équipement de près de 350 ordinateurs par an. Il a également souhaité que l’utilisation effective des équipements soit contrôlée. A cette fin, il est proposé d’adosser le plan de déploiement sur les taux de connexion effectivement observés. En un mot, d’accélérer ou de ralentir ce plan en fonction des usages constatés dans chaque établissement. Pour assurer la pérennité de l’action entreprise, les équipements informatiques seront acquis par le conseil général, mis à la disposition des établissements et amortis par le Département. Au-delà de cet engagement financier, des actions d’accompagnement et de promotion des usages seront entreprises 8

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comme la maintenance et l’accompagnement des enseignants. Par exemple, les établissements bénéficieront d’une garantie constructeur de 5 ans sur site et d’une télé-maintenance. Autre exemple : deux emplois seront créés au CDDP pour assister les enseignants dans l’usage des outils informatiques. Il s’agira d’un poste d’informaticien à orientation pédagogique et un poste d’informaticien à orientation technique créé et financé par le conseil général. Enfin, en termes de promotion des usages, les 24 établissements haut-marnais bénéficieront d’un abonnement au site “TV, ressource éditoriale” conçue par les Centres régionaux de documentation pédagogique (CRDP) et la Cinq. Frédéric THEVENIN et Thomas ROUSSEZ


DOSSIER

Mémorial Charles de Gaulle : l’histoire et l’avenir de la Haute-Marne En 2008, la Haute-Marne et Colombey-les-Deux-Eglises pourront Chapo s’enorgueillir de disposer d’un équipement culturel de tout premier ordre. Pour rendre hommage à un personnage tel que le général de Gaulle, il ne pouvait en être autrement. Grâce au conseil général et à la Fondation Charles de Gaulle, un site unique sera bientôt dédié à la vie et à l’œuvre du “plus illustre des Français du XXe siècle”. Le chantier du Mémorial Charles de Gaulle est en cours. Techniquement et financièrement, ce chantier est d’une ampleur exceptionnelle. Aussi exceptionnelle que l’a été la contribution du général de Gaulle à l’Histoire. Ligne Directe vous convie à une visite du chantier et à un petit voyage historique à Colombey-les-Deux-Eglises, terre gaullienne par excellence.

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DOSSIER

Mémorial Charles de Gaulle :

un chantier à la hauteur de l’homme

Le chantier du Mémorial Charles de Gaulle est lancé. La colline de Colombey-les-Deux-Eglises sur laquelle se dresse la Croix de Lorraine si chère au général se prépare à rendre un nouvel hommage au plus célèbre des habitants de la commune. Dans une vingtaine de mois, elle accueillera un équipement remarquable qui renforcera l’attractivité touristique de toute la Haute-Marne. Panorama du chantier. 45 000 m3 de terre ont été déplacés pour les premiers travaux de terrassement.

C

olombey-les-Deux-Eglises. Ce nom de commune est sans conteste l’un des plus connus de France. On y associe aisément l’image de la Croix de Lorraine et d’une stature forte, sereine et familière. Celle du général de Gaulle qui avait choisi Colombey-lesDeux-Eglises comme lieu de résidence pour lui et sa famille. C’est d’ailleurs dans le cimetière communal, au pied

Le montage financier Le Mémorial Charles de Gaulle mobilise un budget de plus de 15 millions d’euros. Pour construire cet équipement, 6 partenaires publics se sont rassemblés. L’Union européenne apporte 3,5 millions d’euros, l’Etat 1,5 millions. La Région crédite 2,6 millions de même que la Fondation Charles de Gaulle. Le groupement d’intérêt public HauteMarne, qui gère les fonds d’accompagnement liés au laboratoire de Bure, contribue à hauteur de 2 millions. En plus de son expertise durant les études et les travaux, le conseil général participe pour 3,1 millions d’euros.

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du clocher et à l’ombre de la Croix de Lorraine, que repose le premier Président de la Ve République. En souvenir de cet attachement profond du général pour ce village entouré de collines et de vignobles, le conseil général et la Fondation Charles de Gaulle ont souhaité développer un équipement entièrement dédié à la vie et à l’œuvre de l’homme d’Etat.

d’études et d’instruction. En juin 2005, le permis de construire était officiellement déposé à la mairie de Colombeyles-Deux-Eglises et, en avril 2006, un accord était signé pour que les travaux soient effectués par le Département sur des terrains appartenant à la Fondation. La colline du Mémorial a été mise à disposition du conseil général. Depuis, les appels d’offre ont été passés et les entreprises choisies.

Partenariat pour un hommage

45 000 m3 de terre

Faire sortir un musée de terre représente un projet ambitieux. Pour réaliser cet équipement de plus de 15 millions d’euros (lire en encadré), le Département assure la maîtrise d’ouvrage du projet de Mémorial Charles de Gaulle, autrement dit la construction de l’édifice. Il lui revient ainsi de s’assurer que toutes les procédures administratives liées à la construction sont respectées, de veiller au bon déroulement des travaux et de sélectionner les entreprises qui œuvrent sur le chantier. En deux ans, le conseil général a réalisé un important travail

Depuis le début du mois de septembre, le projet a encore fait un grand pas en avant et le village est en pleine effervescence. Le chantier est en cours. Pour son lancement, des opérations particulièrement impressionnantes ont eu lieu. Il a d’abord fallu déboiser la partie de la colline qui va accueillir l’équipement. Ensuite, il a été nécessaire de creuser le flanc de la colline afin d'insérer le bâtiment dans le relief comme le veut le projet d'architecte. Objectif : passer d’un versant en pente douce à une falaise abrupte, de 15 mètres de haut.


Un contenu didactique et vivant Une fois achevé, le Mémorial présentera un bâtiment de 13 mètres de haut et déploiera une surface d’exposition de plus de 1 600 m2. Que les amoureux des paysages haut-marnais se rassurent : les proportions imposantes du bâtiment ne nuiront pas au panorama car l’intégration paysagère a été soigneusement étudiée. Une bande de boisement sera maintenue en contrebas du Mémorial et les espaces verts seront particulièrement soignés. Rappelons que pour cette entreprise, le conseil général a sélectionné les architec-

© Cabinets Leconte-Noirot, scénographes, et Millet-Chillou, architectes.

Pas moins de 45 000 m3 de terre ont donc été charriés. Pelleteuses et camions continuent à se relayer pour transformer les lieux. C’est l’entreprise Roussey de Semoutiers qui a été choisie pour ces opérations de terrassement et ses personnels s’en réjouissent. “C’est le type de chantier que l’on ne conduit qu’une fois dans une vie. C’est très stimulant techniquement et c’est un équipement qui restera”, s’enthousiasme Damien Guérard, responsable du chantier. Le bâtiment viendra dans quelques semaines s’adosser à cette falaise et sera largement ouvert sur le paysage que le général de Gaulle aimait tant embrasser du regard. Si le temps le permet, les opérations de maçonnerie et de gros œuvre seront engagées au début du mois de novembre et le Mémorial sera achevé en juin 2008. Deux dates symboliques sont déjà envisagées : le 9 novembre 2006, anniversaire de la mort du général, pourrait voir la pose de la première pierre du Mémorial, tandis que le 18 juin 2008, date anniversaire de l’appel lancé aux Français depuis Londres en 1940, serait le théâtre de l’inauguration officielle de l’équipement.

De nombreux espaces didactiques présenteront les différentes périodes de la vie de Charles de Gaulle.

tes Millet et Chillou, déjà concepteurs du Mémorial de Caen. Une référence solide. Pour la scénographie, c'est le cabinet Leconte-Noirot qui a été retenu. A l’intérieur, les visiteurs seront immergés dans la vie de Charles de Gaulle. Au fil d’un parcours découpé en de nombreux espaces, ils découvriront une vie qui épouse le siècle. Déjà mûrement réfléchie, l’exposition présentera différentes époques de la vie du général. De l’installation à Colombey-les-Deux-Eglises dans les années 1930 à l’appel du 18 juin, en passant par la fondation de la Ve République, le personnage se dévoile. Tour à tour saisis par l’émotion de certains épisodes ou par l’humour du général, les visiteurs retrouveront des images familières et historiques (la descente des ChampsElysées dans Paris libéré, l’hélicoptère de Baden-Baden) mais ils pourront aussi percer des aspects moins connus de la personnalité du général (sa vie privée à Colombey-les-Deux-Eglises, ses relations avec les gens du village, son goût pour les longues promenades en forêt). La visite du Mémorial se voudra surtout très didactique. De nombreux supports, animés et interactifs notamment, seront utilisés pour permettre aux jeunes et aux moins jeunes, de découvrir la vie du général mais aussi de comprendre les tournants majeurs de l’histoire contemporaine. Charles de Gaulle, le grand homme, sera ainsi un guide pour saisir la grande Histoire.

La Fondation Charles de Gaulle Dès le 20 février 1971, avec l’accord donné de son vivant par le général de Gaulle, un certain nombre de personnalités, telles que André Malraux ou Pierre Lefranc, constituent l’Institut Charles de Gaulle. Dans un souci de pérennité, l’Institut Charles de Gaulle a créé, avec l���aide de l’Etat, la Fondation Charles de Gaulle, structure indépendante et qui s’interdit toute activité ou prise de position politique. Reconnue d'utilité publique en 1972, la Fondation s’est efforcée de réunir et de référencer l’ensemble des documents concernant le général de Gaulle. Elle a également conduit et soutenu des études, édité une abondante documentation et conservé et entretenu le Mémorial de Colombey-les-Deux-Eglises ainsi que la maison natale de Lille. Aujourd’hui, la Fondation s’attache à remplir une triple mission : transmettre la mémoire du général de Gaulle en France et à l’étranger, entreprendre et faciliter toutes recherches ou études sur l’œuvre et l’action du général de Gaulle, rassembler les documents et les objets, de quelque nature qu’ils soient, concernant son œuvre et son action. La construction du Mémorial à Colombey-les-Deux-Eglises est un moyen d’expliquer et de transmettre aux jeunes générations les valeurs du général de Gaulle. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de la Fondation : www.charles-de-gaulle.org

Thomas ROUSSEZ

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DOSSIER

Le plus illustre des Haut-Marnais Charles de Gaulle, qui se voulait un Haut-Marnais parmi d’autres, a vécu pendant une trentaine d’années au milieu des habitants de Colombey-les-Deux-Eglises. Portrait de celui que ses concitoyens ont élu “le plus illustre des Français du XXe siècle”.

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harles de Gaulle a vécu une trentaine d’années à Colombey-lesDeux-Eglises, et il y était inscrit sur les listes électorales. Il y est mort, et il y repose aux côtés de son épouse et de sa fille chérie. Qui peut encore douter que Charles de Gaulle, le Français le plus illustre du XXe siècle, était un citoyen de la Haute-Marne à part entière ? Lui, l’enfant de Lille, qui a été élève puis étudiant dans le Paris natal de son père, a donc choisi un coin de Champagne à la campagne comme résidence de villégiature. Nul désir, pour ce descendant de Châlonnais, de s’installer sur la terre de ses ancêtres - il ignorait sans doute que des De Gaulle avaient jadis vécu à Saint-Dizier et à Joinville. En fait, si le lieutenant-colonel de Gaulle, alors âgé de 43 ans, signe le 9 juin 1934, en l’étude de Me Mouton, notaire à Chaumont, l’acte d’achat en viager de La Boisserie, dans ce petit village de Colombey-les-Deux-Eglises, c’est que ce lieu se trouve à mi-chemin entre Paris et la frontière franco-allemande. De plus, cette commune est propice à la sérénité, à la réflexion qu’affectionne cet officier qui, précisément, réfléchit beaucoup. A cette époque, Charles de Gaulle est affecté au secrétariat général de la Défense nationale, il vient de publier l’ouvrage “Vers l’armée de métier”, dans lequel il a développé sa thèse visionnaire d’une

La Boisserie, la demeure familiale des De Gaulle.

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armée mécanisée. La demeure peut être enfin, loin du tumulte citadin, un havre de tranquillité pour sa bien-aimée fille Anne, née handicapée en 1928.

La demeure du colonel Dès lors, cette propriété qu’on appelait jadis “la Brasserie” et désormais “la Boisserie”, située dans un vaste jardin à la sortie de Colombey-les-Deux-Eglises en direction de la forêt des Dhuis, devient pour les vacances le lieu de résidence de la famille De Gaulle, dont le chef est bientôt affecté à Metz au 507e régiment de chars. Eclate en septembre 1939 la guerre que Charles de Gaulle jugeait inéluctable depuis l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne. Consterné par l’impréparation de l’armée française à la forme de combat qu’elle va devoir affronter (“la guerre éclair”), le colonel se bat - et bien - à la tête de la 4e division cuirassée qu’il vient de créer. Pendant que l’officier fait preuve d’audace à Montcornet, son

épouse Yvonne reste à La Boisserie. Elle ne quitte Colombey-les-Deux-Eglises que le 22 mai 1940, alors que les troupes françaises se battent sur la Somme. Elle retrouve sa sœur dans le Loiret, avant d’embarquer à Brest le 17 juin avec ses trois enfants pour l’Angleterre... où se dirige parallèlement Charles de Gaulle, entre-temps promu général de brigade à titre temporaire et nommé sous-secrétaire d’Etat à la Défense nationale (dans la nuit du 5 au 6 juin). Le lendemain, l’indomptable officier a rendez-vous avec l’Histoire.

Retour en octobre 1944 Quatre longues années se passent avant que celui qui est devenu l’âme de la France libre et le chef du Gouvernement provisoire de la République française ne remette le pied sur le sol de la métropole. Installé dans Paris libéré, où il vient de remonter les Champs-Elysées au milieu d’une foule immense et enthousiaste, Charles de Gaulle a des tâches plus


© Fondation Charles de Gaulle.

Charles de Gaulle à Buchey en avril 1963.

A Colombey-les-Deux-Eglises, lors d'une élection cantonale.

impérieuses que celles de se préoccuper de son domicile haut-marnais. Son fils Philippe, officier de fusiliers-marins au sein de la division Leclerc, profite du passage de celle-ci dans le département pour venir revoir La Boisserie. Il constate les importants dégâts commis dans la demeure durant l’Occupation. Le village, lui, vient de vivre des heures dramatiques avec une prise d’otages qui s’est fort heureusement bien terminée. Charles de Gaulle retrouvera ses chers Colombeyens en octobre 1944, au détour d’une visite à Chaumont – “je retrouve votre ville plus française que jamais”. Après l’ivresse de la Libération, la classe politique française n’a pas franchement la même vision du pouvoir que l’homme du 18 juin. En janvier 1946, de Gaulle quitte le gouvernement. Le temps d’achever la réfection de La Boisserie, et voilà les habitants de Colombey-les-DeuxEglises qui s’habituent à croiser la haute silhouette de l’ex-chef d’Etat, désormais installé en Haute-Marne de façon définitive – ou presque !

Colombey-les-Deux-Eglises où est baptisé en 1948 son premier petit-fils, il est membre des anciens combattants, il est élu - à son corps défendant - au conseil municipal où il ne siégera d’ailleurs pas (comme il l’a annoncé). Il noue des relations cordiales avec les autorités du département, les habitants. La Boisserie, “c’est ma demeure”, écrira-t-il dans “Le Salut”. Les familles de Colombey-les-Deux-Eglises, “je les connais, je les estime et je les aime”, poursuit-il dans ses fameuses “Mémoires de guerre” rédigées en Haute-Marne.

Dans le parc, les bras levés vers le ciel

Le “désert” de Charles de Gaulle a la couleur verte des prés, de la forêt des Dhuis, et de l’espoir. Car au printemps 1958, La “Boisserie” s’agite. Les visites de personnalités depuis Paris se font très régulières. Au point qu’un journaliste écrira que Colombey-les-Deux-Eglises est “la deuxième capitale politique de la France”. Ce qui se prépare en coulisses, c’est le retour aux affaires du général. La photo a fait le tour du monde : dans sa propriété haut-marnaise, il lève les bras au ciel en forme de V de la victoire au passage d’une patrouille aérienne. C’est l’heure de “sa” Ve République. Pour Colombey-les-Deux-Eglises, c’est une nouvelle page qui s’ouvre. Le plus illustre de ses citoyens est élu président d’une des nations majeures de la planète. Il faut aux villageois s’habituer à la présence quotidienne des gendarmes,

“La traversée du désert”. C’est ainsi que l’historiographie gaullienne désigne cette période où Charles de Gaulle, quoique créateur d’un mouvement politique, vit à l’écart d’une IVe république secouée par les guerres coloniales. Que devient-il ? Un citoyen haut-marnais presque ordinaire. A

Le général repose au cimetière de Colombey-les-Deux-Eglises.

à celle des journalistes, à la perspective de côtoyer des événements historiques. C’est ici, dans le canton de Juzennecourt, qu’a lieu en 1958 la réception du chancelier Konrad Adenauer, prélude du traité d’amitié franco-allemand. Dix ans plus tard, au lendemain des événements de mai 1968 qui l’ont marqué, Charles de Gaulle quitte à nouveau le pouvoir après l’échec de “son” référendum sur des réformes institutionnelles. Il a 78 ans et il ne reviendra plus au pouvoir. Il redevient simple citoyen de Colombey-les-Deux-Eglises.

Un mémorial à la taille de l’homme Le 8 novembre 1970, il assiste à la messe dominicale en l’unique église du village. Une photo - la dernière ? - le montre se dirigeant vers sa DS, précédé d’Yvonne. Le lendemain, il meurt à 19 h 25. Le plus illustre des Haut-Marnais rejoint dans le caveau familial sa chère Anne. Ce sont douze jeunes hommes du village qui portent son cercueil. En 1978, “Tante Yvonne” doit se résigner à quitter La Boisserie, cette demeure chargée d’histoire où la famille a reçu en trois décennies des Français aussi célèbres que François Mauriac, Edmond Michelet, André Malraux, Georges Pompidou, Antoine Pinay, etc. Un an plus tard, le 8 novembre 1979 (veille du neuvième anniversaire de la mort du chef d’Etat), elle rejoint son époux. Récemment, c’est son gendre, le général de Boissieu, un Compagnon de la Libération, qui a rejoint le général, son épouse et sa fille dans le cimetière communal. Comme la croix surplombe le village de Colombey-les-Deux-Eglises, le mémoire du général de Gaulle veille encore. Le mémorial qui ouvrira ses portes en 2008 entretiendra sa flamme pour les générations à venir. Philippe JEANNE

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Aménagement

Le collège

Anne Frank reprend des couleurs Cette fois, ça y est, les élèves du collège Anne Frank de Saint-Dizier ont pris possession de leur nouvel outil de travail… Et les premières impressions sont plutôt positives.

“C

oloré”, c’est le mot qui revient le plus souvent, “agréable” aussi remporte un vif succès. “Vitaminé” arrive également en bonne place. Il faut dire que l’architecte, M. Poncelet de SCP Tessier-Poncelet à Wassy, a pris le parti pris des couleurs. Un orange vif dans le hall d’entrée, que l’on retrouve, avec le violet, en fil conducteur à l’intérieur du bâtiment. Chaque salle est différente de manière à créer une ambiance propice au travail sans lasser les élèves. Résolument moderne et “design”, le collège Anne Frank joue la carte de la qualité et de l’espace.

“Reconstruire un collège comme le collège Anne Frank c’est aussi offrir au corps enseignant, au personnel technique et à tous ceux qui accompagnent les élèves dans leur scolarité, les moyens de bien faire leur travail et de bénéficier de conditions agréables” explique le Président du conseil général. Pour que l’établissement puisse être reconstruit en troublant le moins possible la vie scolaire, le conseil général de la Haute-Marne a choisi de “phaser” l’opération.

Phase 1 : le gymnase La première phase de l’opération de reconstruction du collège Anne Frank se concrétise par la livraison, le 16 décembre 2004, du tout nouveau gymnase. 14

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Cette structure, financée par le conseil général de la Haute-Marne dans le cadre du plan collèges, intègre une participation financière de la ville de Saint-Dizier. En effet, le gymnase du collège a pour particularité de tenir compte, à la fois, des besoins d’enseignement définis par l’Education nationale, des besoins propres de la ville de Saint-Dizier ainsi que de ceux des associations sportives locales. La société d’économie mixte (SEM) Haute-Marne Aménagement (HMA), maître d’ouvrage délégué pour le compte du conseil général, et le cabinet TessierPoncelet ont mis un point d’honneur à respecter cette volonté de créer un outil accessible au monde éducatif comme au milieu associatif. Le gymnase a donc été conçu pour répondre aux exigences techniques des fédérations de basket et de hand-ball, ce qui permettra aux équipes locales d’évoluer au niveau régional. Autre point fort : le collège Anne Frank sera doté d’un plateau sportif permettant la pratique d’activités extérieures (handball et basket-ball). Ces équipements seront mis en place d’ici fin 2006 – début 2007 et formeront, avec le gymnase, un ensemble sportif de qualité. Un équipement sportif qui peut accueillir 350 spectateurs en places assises.

Phase 2 : le collège La deuxième phase engagée au collège Anne Frank à consisté en la reconstruction des bâtiments d’enseignement. Cette nouvelle structure répond aux besoins définis par l’Education nationale et satisfait aux nouvelles exigences de sécurité et de confort attendues de nos jours. Tant par son aspect architectural que

Les coûts : Coût de l’ensemble de l’opération de reconstruction.

Collège + gymnase : 11 691 770 € Coût du gymnase : 2 983 320 € dont financement du conseil général : 2 297 770 € (77%) participation de la ville de Saint-Dizier : 685 550 € (23%) Coût du collège : 8 708 450 €, financé à 100% par le conseil général.

par la qualité des matériaux utilisés, le nouveau collège mis à disposition des élèves et de l’équipe pédagogique en septembre 2006 est un espace convivial et fonctionnel propice à l’exercice d’un enseignement de qualité. Quelque 465 élèves et 100 personnels enseignants et administratifs travaillent aujourd’hui dans un collège flambant neuf. Un atout coloré et efficace pour réussir. Françoise BERTRAND


Evénement

10 ans d’impressions

T

de la photo animalière et de nature (AFPAN) a composé une véritable ode à la nature. Et pour cette 10e édition, le concours international a choisi pour thème : “Mère ou père, et jeune”. Un magnifique hommage à l’instinct de protection et de conservation que les animaux ont su développer. Copyright©Grunewald

rois jours de rencontres inédites. Le Festival international de la photo animalière et de nature de Montier-enDer est un rendez-vous incontournable. Pour les amateurs de nature tout d’abord,

pour les photographes ensuite. 10e anniversaire oblige, on attend plus de 28 000 visiteurs et une foule d’invités prestigieux. A commencer par le parrain du festival, Nicolas Vanier dont “l’odyssée sibérienne” a été suivie par de nombreux médias et amoureux de la nature. Plus de 1 500 photos et 40 expositions sont prévues sur 10 sites différents, le programme est plus que jamais alléchant.

Père, mère et jeune Les photographes participants, français et étrangers, ont de quoi faire rêver les visiteurs : Olivier Grunewald, Vincent Munier, Michel et Christine Denis-Huot, Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, Gilles Martin, Christian Molitor, Eric Dragesco mais aussi Winfried Wisniewski, Staffan Wistrand et Andy Rouse, tous reconnus internationalement pour la qualité de leur coup d’œil. Avec leur concours et celui de 450 autres photographes, l’Association du festival

A chaque site son continent

©Michel- Chris tine

Les 17, 18 et 19 novembre, s’ouvre le 10e festival de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der. Pour cet anniversaire, le festival s’affirme définitivement comme la plus grande manifestation au monde dans son domaine. Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs devraient venir souffler les bougies. Longue vie à la photo animalière !

Denis-Huot

de nature

festival sera donc dédié à l’un d’entre eux et à ses merveilles. Une jolie façon de faire le tour de la terre ! Au Cosec, honneur à l’Europe et l’Asie ; à la Halle au Blé, embarquement pour l’Afrique ; à Giffaumont-Champaubert, décollage pour les Amériques et l’Océanie. En prime, les visiteurs auront droit à quelques surprises comme des expositions en extérieur, réalisées avec les clichés de “très grands noms de la photo”, précise l’AFPAN. Enfin, soulignons qu’exceptionnellement la quasi totalité des photos présentées seront inédites. Rendez-vous à Montier-en-Der pour fêter en beauté ce 10e anniversaire. Georgi MIRRAN

Cette année, l’AFPAN a souhaité rendre hommage à la nature des cinq continents. Chaque site retenu pour le

RENSEIGNEMENTS : AFPAN - 03 25 55 72 84 COURRIEL : afpan@wanadoo.fr www.festiphoto-montier.org

Gagnez votre place pour le festival ! Le conseil général, partenaire du festival international de la photo animalière et de nature, vous propose de gagner 20 entrées pour découvrir les clichés proposés par l’AFPAN. Pour participer, il vous suffit de répondre à la question suivante, sur le bulletin réponse ou sur papier libre et de le renvoyer, avant le 4 novembre (cachet de la poste faisant foi) au Conseil général – service communication – BP 509 – 52011 Chaumont Cedex. Question : Qui a été le parrain du festival de la photo animalière et de nature en 1999 ? Réponse ............................................................................................... Nom .................................Prénom ......................................................... Adresse ................................................................................................ Code postal ..................... Commune ......................................................... Les gagnants seront désignés par tirage au sort, effectué parmi les bonnes réponses envoyées avant le 4 novembre, sous contrôle d’huissier de justice. Les lauréats seront avertis de leur gain par courrier. Le règlement du concours est déposé auprès de Maître Devaussuzenet (7 avenue du Général Leclerc à Chaumont – 03 25 03 02 04). Il est disponible gratuitement sur simple demande.

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Tradition

Arc-en-Barrois

célèbre saint Hubert visiteurs. Cerfs majestueux, imposants sangliers mais aussi chevreuils et daguets recevront un hommage musical par les chasseurs. En effet, chaque animal a sa sonnerie. Elle marque le respect qu’accorde le chasseur à sa proie et souligne que la chasse est avant tout un art.

La chasse à Arc-enBarrois, c’est un peu une seconde nature et saint Hubert y est encore honoré avec ferveur. Les 24, 25 et 26 novembre 2006, Arc va vibrer au son des cors et célébrer, dans la plus pure tradition, la fête du saint patron des chasseurs.

À

Arc-en-Barrois, la chasse est une institution. Depuis le Moyen-Age, la richesse du massif forestier a fait la réputation de la petite cité. Le lieu était régulièrement fréquenté par la grande noblesse. Aujourd’hui, l’endroit séduit toujours les passionnés de chasse, amateurs de grand gibier, et la fête de saintHubert constitue une belle occasion de faire rimer tradition et festivités.

Vente aux enchères Pour commencer en beauté, place dès le 24 novembre 2006 à 20 heures 30 à une grande vente aux enchères d’objets de collection, liés au monde de la chasse. Tableaux, armes anciennes, couteaux, vêtements, petits objets, livres… attendront leurs futurs propriétaires. Tous les bénéfices de cette vente seront reversés à l’Association Saint-Hubert.

Dans la tradition Le samedi est sans aucun doute le jour le plus riche en événements. Au programme, dès 14 heures et ce jusqu’à 23 heures, un très beau marché aux venaisons : sanglier, cerf, biche, chevreuil… Les gourmets n’auront qu’à se laisser ten-

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Après l’effort, le réconfort.

ter. Parallèlement, les étals proposeront bien d’autres produits liés au terroir et aux activités de la chasse. Miel, truffes, éléments d’armurerie, coutellerie, vins, alcools mais aussi sculptures et vêtements spécifiques seront au rendez-vous. Des artistes peintres, un taxidermiste et un sculpteur exposeront aussi leurs œuvres à la vente. Pour lutter contre le froid, une petite restauration est prévue. Saucisse de gibier, côtelettes de sanglier… se dégusteront croustillantes à souhait, à peine sorties du grill. Pour que cette journée soit placée sous le signe du respect de la tradition, une messe de la Saint-Hubert rassemblera chasseurs et public. Au programme dès 18 heures, l’office, les sonneries aux cors, la bénédiction des meutes et des chevaux. Spectacle garanti.

Tableau de chasse Venue en droite ligne du XVIe siècle, la tradition du tableau de chasse va revivre sur le parvis du château d’Arc-en-Barrois dès 16 heures 30. Rassemblées au pied de l’ancien relais de chasse de Louis-Philippe, les plus belles pièces rapportées par les chasseurs seront exposées aux yeux des

Et pour que la fête soit complète, quoi de mieux qu’un excellent repas au son des trompes de chasse. Véritable fête du terroir, la Saint-Hubert d’Arc-en-Barrois se veut aussi l’occasion d’admirer les beautés de la nature. La salle de la mairie offrira au regard les très beaux clichés animaliers de Philippe Lemoine et de deux photographes amateurs.

Et pour ceux qui apprécient les loisirs à sensations fortes, un petit tour de quad, ou une partie de tir laser au sanglier s’impose. Enfin, les gastronomes n’ont qu’à bien se tenir puisque le chef Isabelle Jehlé entend bien leur livrer quelques-uns de ses petits secrets au cours de petites leçons de cuisine. Avis aux amateurs… L’entrée à toutes ces réjouissances est entièrement gratuite. Françoise BERTRAND

RENSEIGNEMENTS : ASSOCIATION ARC-SAINT-HUBERT - 03 25 02 52 17


Curiosité

De

Montigny-le-Roi à Vincennes

L’un des plus gros élevages de chevaux de course se trouve en Haute-Marne, à Montignyle-Roi. Rencontre avec Raoul d’Abzac, le propriétaire du haras de la Tourterelle.

A

u bout d’un petit chemin blanc, derrière une haie d’arbres, se dresse le haras de la Tourterelle. Dans les prés, des chevaux paissent tranquillement l’herbe grasse. “Nous élevons des trotteurs français”, indique Raoul d’Abzac, propriétaire, “c’est une race très performante sur les champs de courses.” Vincennes, Enghien, Angers ou Vichy, quelques-uns de ses “produits” se sont déjà illustrés sur ces terrains bien connus. “Actuellement nous avons neuf de nos chevaux qui courent régulièrement, le but c’est d’en avoir une quarantaine !” Raoul d’Abzac a débuté l’élevage de trotteurs en 1996. Un peu par hasard... “Nous avions deux juments que nous consacrions à l’équitation de loisir, dont une de race “trotteur français”. Et puis nous avons souhaité développer l’activité. Nous avons décidé de leur faire porter des poulains.” Les petits sont nés et la famille d’Abzac a commencé à s’intéresser à l’élevage.

Les chevaux sont au pré la plupart du temps “ils ont besoin d’espace !”.

maximum. “Pour assurer la qualité et la diversité génétique, nous allons faire saillir nos juments en Normandie avec la semence de grands étalons.”

Beau moteur

En Normandie Mis en relation avec un entraîneur en région parisienne, ils ont entrepris de faire de la pension d’élevage. “Nous ne sommes pas loin de Paris, nos pâtures sont bonnes et nos prix moins élevés qu’en Normandie.” Aujourd’hui, Raoul d’Abzac est propriétaire de 40 poulinières et de 4 étalons. Ce qui fait de son élevage l’un des plus gros de France. L’éleveur est fier de la qualité des chevaux qu’il produit, “33 % des trotteurs nés ici sont qualifiés, ils peuvent donc prétendre aux courses.” Leurs gains sont sa principale source de revenus. “A chaque fois qu’un de nos trotteurs se classe dans les sept premiers il remporte une

Raoul d’Abzac s’occupe des poulinages “en général, tout se passe très vite”.

somme d’argent, en tant que qu’éleveur, nous percevons un pourcentage.” Pas étonnant donc que l’éleveur cherche à faire les meilleures combinaisons génétiques possibles pour tenter d’avoir un crack. De janvier à juin, c’est la pleine période de reproduction : monte naturelle, insémination et naissance des poulains, l’activité de l’élévage est à son niveau

Dans les prés, autour du haras et dans les communes alentours, des dizaines de poulains attendent de partir en centre d’entraînement. “Une fois là-bas, ils passent des sélections : les bons sont gardés pour les courses, les autres sont vendus pour les loisirs”, précise l’éleveur. “Or de Tourterelle”, “Opéra d’Elio” ou “Obelix Surprise” font partie des chevaux qui ont été retenus et qui remportent régulièrement des prix. Quant à “Eva de Forgette” ou “Gaieté de la Forge”, après avoir notamment gagné à Vincennes, elles sont aujourd’hui poulinières. “Nous avons fait inséminer Gaieté avec la semence de Jardy, un étalon bien connu des passionnés”, sourit Raoul d’Abzac. Le poulain né de cette union broute tranquillement à côté de sa mère. “Il a un beau modèle, il trotte bien et sa génétique est au top : il n’y a plus qu’à voir s’il a un beau moteur !” Réponse dans quelques mois sur les champs de courses... Carrie MARTIN

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Gastronomie

Le Langres AOC un ambassadeur sort des remparts

Sur la carte géographique des fromages de France, le Langres exprime la fierté du plateau où il est né ; une terre exigeante et rude qui sait prendre des accents de tendresse. Le Langres est un fromage de caractère et les fabricants s’enorgueillissent de sa personnalité qui a su séduire le chef comme les amateurs..

L

a personnalité du Langres possède ces contrastes : une assise plantée tel un donjon à la façade orangée qui se dresse solidement, puis s’ouvre sur une cuvette circulaire aux pentes douces, et renferme en son for intérieur une saveur typée.

Au rang des AOC L’histoire et la mémoire populaire gardent de nombreuses traces de son passé. Deux spécialistes (en histoire et agronomie) viennent d’en rassembler les preuves*.

Ce fromage au lait de vache détient sa qualité grâce à la générosité des pâturages et à la race des laitières. Une fois le lait tiré, la température, les ferments lactiques et le sel entrent en scène. Le dernier acte se joue sur l’affinage pour mener le Langres à sa maturité (15 à 21 jours selon le poids :150, 180, 250, 300 ou 800 g.). En 1991, il obtient l’Appellation d’origine contrôlée sur 310 communes. Il s’agit 18

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de la plus sérieuse des reconnaissances attribuées à un produit de terroir et d’une garantie pour le consommateur.

Quatre fromageries pour un fromage Après des regroupements de laiteries dus à la concentration des moyens de production, le Syndicat interprofessionnel du fromage de Langres regroupe 4 entreprises exploitant l’appellation, dont une en production fermière (un compromis entre des principes hérités du passé et les exigences modernes de commercialisation à grande échelle). La distribution avance (à noter une entrée remarquée sur le marché étranger) mais la conquête de nouveaux circuits s’impose. Le Langres possède des atouts : un produit qui a du goût et renferme moins de matière grasse que précédemment. Ce fromage répond aux exigences du consommateur attentif à l’équilibre alimentaire et à son palais éduqué aux produits de terroir. Il s’inscrit dans les tendances de l’alimentation.

Sur table et, pourquoi pas, en cuisine !

:

Le Syndicat interprofessionnel du fromage de Langres Les membres : Schertenleib à Saulxures - 03 25 90 33 20 Germain à Chalancey - 03 25 84 84 03 Ermitage à Fayl-Billot - 03 25 88 60 62 GAEC des Baraques - Ferme Remillet à Genevrières - 03 25 88 71 76 La production 2005 : 380 000 tonnes (issues de 4 millions de litres de lait) (une augmentation de 7 à 10 % par an) Le nombre de producteurs de lait : 33. Cheptel concerné : 600 vaches (minimum 50 % de races locales : Simmenthal, Montbéliarde, Tachetée de l’Est, Brune). A visiter pour des idées recettes :

www.fromagedelangres.com

nés, le Langres constitue un excellent ingrédient de base. C’est une mission de sensibilisation, entre autres, à laquelle œuvre la Confrérie des Taste-fromages de Langres, lors de dîners où sont “tastées” des recettes intégrant le Langres. A titre d’essai, osez préparer : des profiteroles à déguster avec un Chardonnay du Montsaugeais, un chausson de volaille servi avec un Clos des Langres, des croustillants accompagnés d’un blanc frais du Jura. Michel THENARD

Reconnu par les restaurateurs, le Langres mérite d’être propulsé en cuisine. Pour des plats quotidiens ou des mets raffi-

* Jérôme Bênet et Georges Risoud, Histoire du fromage de Langres, Editions Dominique Guéniot, Langres.


Formation

E2C :

Donner une deuxième chance L’Ecole de la deuxième chance (E2C) n’est pas une école comme les autres. Elle accueille des jeunes adultes, de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire, sans diplôme ni qualification. Objectif : les aider à intégrer le métier de leur choix et de leurs rêves. Retour sur les bancs de l’école… de la deuxième chance.

Alexandra Perrin a su saisir la deuxième chance que lui ont proposée l’E2C, Abbès Djanti et Thierry Leseur.

N

ées en 1997, les E2C sont aujourd’hui 12 en France. Celle de Champagne-Ardenne a développé 7 antennes. Depuis le 1er janvier 2005, une antenne est installée à Chaumont, dans l’enceinte du Centre de formation des apprentis (CFA). L’E2C offre à ces jeunes une aide personnalisée pour réussir leur insertion sociale et professionnelle.

Un programme en 3 phases Ce sont la mission locale et la Permanence d’accueil d’information et d’orientation (PAIO) qui identifient dans leurs effectifs des jeunes qui sont en grande difficulté sociale et professionnelle et les orientent vers l’E2C. La formation en E2C, qui peut durer 3 ans, se découpe en 3 phases. La première étape dure en moyenne 6 mois. “Notre équipe pédago-

Quelques adresses utiles Mission locale de Chaumont 46 rue Victoire de la Marne à Chaumont 03 25 32 23 00 PAIO de Langres - Ruelle de la Poterne à Langres - 03 25 87 52 44 PAIO de Bar-sur-Aube : 03 25 27 31 13 E2C Chaumont - CFAID de Chaumont 1 rue Albert Camus à Chaumont 03 25 02 25 74 - Courriel :

cfaid.hte-marne@fr.oleane.com.

gique met le jeune face à ses responsabilités pour faire émerger son projet professionnel. Il doit être acteur et non pas consommateur de sa formation” explique Abbes Djanti, responsable de l’E2C. Objectif de cette première phase : proposer une remise à niveau personnalisée dans le domaine scolaire et développer des aptitudes pour les relations sociales afin de préparer l’intégration en entreprise. Débute ensuite la période de formation professionnelle avec la signature d’un contrat d’apprentissage de 2 ans. “L’alternance est au cœur du cursus. Le partenariat avec l’entreprise est la clé de voûte du projet pédagogique.” Dernière étape : le décrochage d’un contrat de travail. Même après la signature du contrat, l’E2C propose à l’élève de poursuivre l’accompagnement.

Mention TB pour l’E2C En 2005, 39 jeunes ont été dirigés vers l’E2C par les missions locales et la PAIO

et on comptait déjà 37 jeunes pour les 6 premiers mois de 2006. Alexandra Perrin fait partie de ceux-là. Motivée, Alexandra a toujours voulu devenir coiffeuse mais son parcours n’a pas été simple. Après des passages par des formations qui ne correspondaient pas à ses espoirs, elle s’est informée auprès de la mission locale qui lui a suggéré de contacter l’E2C. “Ce qui m’a séduit chez elle, c’est qu’elle a refusé de signer un contrat de travail suite à un stage dans la vente car, pour elle, seule la coiffure comptait. Il fallait l’aider à construire son parcours professionnel”, explique le responsable de l’E2C. La formation a alors débuté et Alexandra a entamé un stage de 4 mois au salon de coiffure Saint Algue de Chaumont. “Avant de rencontrer Alexandra, je ne connaissais pas l’E2C. Ma femme et moi n’avons pas hésité à l’accueillir dans notre salon. Nous voulions lui offrir cette deuxième chance” confie Thierry Leseur, le directeur du salon. D’autant que la formule est aussi avantageuse pour les employeurs. Des aides sont en effet prévues pour soutenir leurs efforts de formation et l’E2C leur propose un suivi permanent du jeune. “S’il y a le moindre souci, nous sommes là pour intervenir et faire le nécessaire.” souligne Abbès Djanti. Mais à l’E2C, il est beaucoup plus souvent question de réussite que de souci. Alexandra est là pour le démontrer. Bon vent à elle et à tous ceux qui veulent saisir leur seconde chance ! Gaëlle PERNEY

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Artisanat

Bruno Leuret,

au diapason avec ses pianos Bruno Leuret est accordeur-réparateur de pianos. Il restaure et entretient des modèles de tout acabit et en propose certains à la location et à la vente. Son installation dans des locaux plus vastes situés à Chaumont il y a deux ans, lui a permis d’ajouter des cordes à son arc et d’assouvir pleinement sa passion pour les cordes frappées.

L

e goût prononcé de Bruno Leuret pour l’instrument ne date pas d’hier. A l’époque, il était élève à l’école de musique de Chaumont. Là, un organiste réputé lui conseille le métier de facteur de pianos (de factor celui qui fait) qui, aujourd’hui, désigne communément l’activité d’accordeur-réparateur. Une profession dans ses cordes. A 16 ans, il débute son apprentissage à l’Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm) au Mans où il obtient en quatre ans ses diplômes. Parallèlement, Bruno

Le piano mécanique de 1850 est une des plus belles pièces de Bruno Leuret.

Leuret fait ses gammes dans l’Aisne puis travaille dix ans en Alsace avant de revenir en 2001 dans son département d’origine, la Haute-Marne.

Au chevet des pianos Même s’il ne fabrique pas ses pianos, Bruno Leuret effectue un travail artisanal complet. Capable de changer une pièce de la partie harmonique (par exemple, une corde qu’il file lui-même) ou mécanique (bien souvent des pièces de bois ou de feutre), il redonne vie à des pièces parfois usées jusqu’à la corde. Quant à la restauration du meuble, un travail a 20

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“L’oreille” est essentielle dans le travail d’accordeur.

Bruno Leuret peut réparer la partie harmonique ou effectuer un travail d’ébéniste.

priori pour un ébéniste, l’artisan s’en charge aussi. Dorures, vernis au tampon ou plaquage, n’ont plus de secrets pour cet autodidacte. L’homme sait aussi oublier ses outils. Pour réparer un piano et déterminer l’origine du problème, il se remémore les autres “cas” rencontrés, utilise les connaissances acquises sur chaque marque ou modèle et se sert de son oreille aiguisée comme d’un stéthoscope. Une oreille qu’il met également à contribution dans son travail d’accordeur. Muni de son marteau, le mélomane écoute chaque note, réglant d’une main de maître la tension idéale, la sonorité juste. Patience et concentration de rigueur !

Facteurs de réussite Depuis son emménagement il y a deux ans, dans un atelier plus visible de 200 m² avenue Burello, Bruno Leuret a acquis une notoriété supplémentaire dans le Grand-Est. Parmi la cinquantaine d’instruments “en vitrine”, trône son piano mécanique de 1850 actionné par un système pneumatique. Des antiquités côtoient des mastodontes plus modernes, destinés pour la plupart à la vente.

Des pièces que cet amoureux des pianos, ne veut pas céder n’importe comment. “La vente n’est pas une priorité. Je suis surtout là pour conseiller, orienter, jauger les besoins des clients”, indique Bruno Leuret. Conscient que l’achat n’est pas toujours possible et soucieux de répondre à la demande, il a mis en place un système de location. Une prestation de service très appréciée des parents d’élèves et des concertistes d’autant que, grâce à une ingénieuse machine, Bruno Leuret peut aisément livrer l’instrument sans effort pour lui ni risque pour le piano. Satisfaits de son travail, le Grand-Jardin, le Relax, des théâtres et écoles de musique de la région, font souvent appel à lui. Son petit plus ? Peut-être son “Fazioli”, du haut de gamme, qui ravit les instrumentistes, étonnés de trouver une telle pièce dans un département rural… Romane GOMAR

CONTACT : BRUNO LEURET 11 RUE VICTOR FOURCAULT À CHAUMONT 03 25 02 82 95


Histoire

Cahiers haut-marnais : Un anniversaire “historique” ! Depuis 60 ans, les Cahiers haut-marnais étudient la Haute-Marne. En quelque 245 numéros et plus de 5 000 pages, cette revue trimestrielle a ausculté en profondeur l’histoire, la géographie, l’économie du département. Pour fêter cet anniversaire, un grand colloque était organisé les 14 et 15 octobre 2006 et un DVD “collector” est édité. Gros plan sur un anniversaire historique.

Recherche auteurs ! Vous vous intéressez à un sujet de l’histoire de la Haute-Marne, et souhaitez publier votre étude ? Adressez-nous votre manuscrit. Il sera relu et peutêtre publié dans un prochain numéro.

Comment l’aventure a commencé… 1946 : le pays se remet lentement des blessures de la guerre. C’est aussi l’époque où naissent les idées nouvelles, porteuses d’avenir. Jean-Gabriel Gigot, à peine rentré de captivité, fonde les Cahiers haut-marnais, à qui il assigne 4 buts : repérer les chercheurs ou les curieux de culture haut-marnaise, coordonner leurs recherches, vulgariser - au bon sens du terme - ces recherches et enfin mettre en valeur les richesses du patrimoine départemental. Dès l’origine, les Cahiers adhèrent à l’Association bourguignonne des Sociétés savantes

Quelques numéros récents et marquants : - n°186-187 : la métallurgie haut-marnaise - n°203 : l’eau en Haute-Marne - n°210-211 : Langres, ville épiscopale - n°214-215 : Chaumont, histoire d’une ville moyenne - n°230-231 : Bernard Dimey - n°234-235 : le néo-gothique - n°238-239 : Louise Michel

(A.B.S.S.). Depuis, les cahiers haut-marnais sont devenus une référence !

Soixante ans après Ces buts, l’équipe des Cahiers haut-marnais les a poursuivis activement. Animés par le directeur des Archives départementales et constamment modernisés (nouvelle couverture en 2003, informations sur Internet, édition de DVD, voir encadré), les Cahiers ont traversé les années sans prendre de ride. Ils sont aujourd’hui gérés par une équipe de 10 personnes, toutes bénévoles et passionnées.

Un DVD pour cadeau d’anniversaire Pour leur 60e anniversaire, les cahiers haut-marnais passent à l’ère numérique. Un DVD exceptionnel qui regroupe tous les Cahiers depuis leur création en 1946 jusqu’à l’an 2000 est proposé au public. En tout, 223 numéros, plus de 1 400

articles et plus de 5 000 pages sont désormais accessibles grâce à un moteur de recherche simple et efficace (la recherche s’effectue par numéro, auteur, titre, lieu, personne, mot-clé ou recherche en plein texte). Ce DVD est disponible depuis le 14 octobre 2006 en librairie, ou par courrier sur simple demande. Et pour ceux qui veulent suivre les cahiers au rythme de leur parution, il est toujours possible de s’abonner. L’abonnement, de 28 €, comprend la livraison de 4 numéros trimestriels ou 2 numéros doubles. (Vente à l’unité : 8 € le numéro simple, 15 € le numéro double). Pour recevoir les cahiers haut-marnais, rien de plus simple, il suffit à la personne intéressée de leur écrire en mentionnant son adresse. Ainsi, l’histoire de Haute-Marne n’aura plus de secret pour elle. François PETRAZOLLER

RENSEIGNEMENTS : CAHIERS HAUT-MARNAIS, BP 2039, 52902 CHAUMONT CEDEX 9 03 25 03 33 54 OU francois.petrazoller@free.fr INFORMATIONS SUR www.haute-marne.org RUBRIQUE “LES NOUVELLES”. LIGNE DIRECTE - automne 2006

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bref - en bref - en bref - en bref - en bref - en bref - en bref Pigeonniers et colombiers de Haute-Marne Simples volets de bois implantés sur la façade d’une ferme, jolies tours de briques ou de pierres aux formes variées, les pigeonniers et colombiers font partie de la ruralité. Pour en savoir plus sur l’histoire de ces constructions, la Médiathèque départementale de la Haute-Marne (MDHM) propose, du 6 au 25 novembre, une exposition dédiée aux “Pigeonniers et colombiers en HauteMarne”. Tout comme le livre à paraître, cette exposition est réalisée sous l’égide de l’association Maisons Paysannes de France, en collaboration avec la Conservation du patrimoine (service du conseil général) et les Editions du Pythagore. Autre rendez-vous à ne pas manquer sur le même thème : la “Conférence du mardi” qui sera consacrée à ces surprenants édifices le 14 novembre, à 20h30, en salle des assemblées du conseil général. Renseignements : pour la conférence : Archives départementales de la Haute-Marne - 03 25 03 33 54 - Courriel : archives. departementales@haute-marne.fr Pour l’exposition : Médiathèque départementale de Haute-Marne - 03 25 03 29 19 Courriel : mediatheque.departementale@haute-marne.fr

En attendant le Téléthon En prélude aux différentes manifestations qui auront lieu les 8 et 9 décembre 2006 à travers la HauteMarne, à l’occasion du Téléthon, les membres de la coordination départementale proposent une conférence d’information exceptionnelle. Le 23 novembre, au Nouveau Relax, à Chaumont, le docteur Luis Garcia, chercheur dans le domaine des myopathies, informera le public haut-marnais sur les progrès médicaux et scientifiques permis par le Téléthon. En journée, il se tiendra à la disposition des scolaires pour répondre à leurs questions et accueillera le grand public intéressé, à partir de 20 h 30. De quoi donner espoir à tous les malades !

Les chiffres clés du tourisme en Haute-Marne Capacité d’accueil, fréquentation des sites et des hébergements, origines des clientèles, retombées économiques… Pour tout savoir sur l’activité touristique hautmarnaise, il suffit de consulter la première édition des “Chiffres Clés du Tourisme en Haute-Marne”, élaborée par le Comité Départemental du Tourisme et du Thermalisme et consultable sur le site Internet www.tourisme-hautemarne.com.

Concours Chien à plumes : Les gagnants Les dix gagnants du concours organisé dans Ligne Directe pour gagner des places au festival du Chien à plumes, ont été désignés par tirage au sort parmi les bonnes réponses. Il s’agit de : Jocelyne Pfaff (Mussey-sur-Marne), Jean-Patrick Douard (Chaumont), Vincent Pietrement (Froncles), Dominique Blasoni (Prauthoy), David Baumann (Chaumont), Julien Descaves (Montier-en-Der), Romain Couvreux (Wassy), Véronique Constant (Langres), Christine Patin (Cohons) et Christelle Henriot (Chalindrey).

Champions de France !

Aides aux scolaires Des prêts remboursables sans intérêt, pour les étudiants haut-marnais dont la famille est domiciliée dans le département, peuvent être attribués par le conseil général, selon un barème de ressources. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 1er novembre 2006. Les dossiers sont à retirer auprès du service Education du conseil général, situé au centre administratif, Cours Marcel Baron à Chaumont - Tél. : 03 25 32 86 14 - du mardi au vendredi ou sur le site Internet du conseil général, www.haute-marne.fr, rubrique “Guide des aides”.

Deux Haut-Marnais se sont illustrés au début de l’été. Vincent Mignon, non voyant, et Alexandre Bizet, son “pilote”, sont devenus champions de France de tandem handisport dans deux disciplines différentes : la course en ligne et le contre-lamontre. Désormais, non contents d’arborer les couleurs de la Haute-Marne, ils portent les maillots tricolores réservés aux champions de France et défendent les chances de la France dans les épreuves internationales. Ils se sont d’ailleurs brillamment classés à la 7e place du championnat du monde disputé en Suisse en septembre dernier. LIGNE DIRECTE - automne 2006

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Ligne Directe 83