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Regards économiques N° 2- Octobre 2013

Quelques chiffres : PIB France 2012 : 2 031,8 milliards d’euros Inflation (moyenne annuelle à fin septembre) :

1,09 %

Dette publique  (fin du 2e trimestre 2013) : 1912,2 milliards d’euros Chômage au sens du BIT (2e trimestre 2013) : 10,5 % Budget de l’État 2014 : 379,9 milliards d’euros

Effet de seuil Prenons l’exemple d’un cadre gagnant près de 2,5 fois le SMIC pour illustrer l’effet de seuil du CICE. En cas d’augmentation individuelle déclenchant un dépassement du plafond, l’employeur perd le bénéfice de la totalité du CICE en même temps qu’il doit supporter le coût de l’augmentation du salarié. La CFE-CGC dénonce cet effet de seuil qui aura comme principale conséquence un plafonnement des augmentations individuelles pour un grand nombre de nos collègues de l’encadrement.

Les aides aux entreprises : Le difficile passage de la théorie à la pratique L’exemple du CICE Aides à l’emploi et à l’exportation, incitations à investir en recherche et développement, les aides aux entreprises poursuivent des objectifs très divers et subissent pour beaucoup d’entre elles des critiques sur leur mauvais ciblage ou leur efficacité. Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), dernier exemple marquant d’aide aux entreprises, illustre parfaitement ces difficultés. Le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, dont le CICE est la mesure phare, fait suite à la publication du rapport Gallois commandé par le gouvernement sur le déclin de l’industrie française. Le diagnostic posé par Louis Gallois est simple : l’industrie française a un problème de positionnement de gamme (pas assez haut de gamme pour concurrencer l’Allemagne et trop cher pour concurrencer les pays à bas coûts). En d’autres termes : Le but : la montée en gamme des produits français La cible : l’industrie française S’il répond en partie au problème posé, le CICE n’échappe pas aux pièges du passage de la théorie à la pratique. • Un ciblage imparfait : Le montant du CICE est égal à 4 % de la masse salariale brute inférieure à 2,5 SMIC d’une entreprise. L’industrie, qui a une part importante de sa masse salariale au dessus de ce seuil (37,2 %) est moins concernée par le CICE que des secteurs très peu soumis à la concurrence étrangère tels que l’hébergement / restauration (10,1 % au dessus du seuil). • Un objectif peu clair : Si l’amélioration de la compétitivité est l’objectif annoncé du CICE, l’utilisation de ce crédit d’impôt reste trop peu précise. Pour la CFE-CGC, soyons clair, il s’agit d’un chèque en blanc pour les entreprises. Le CICE doit, pour avoir un impact durable sur la croissance de l’économie française, être consacré uniquement à la montée en gamme des produits français via des investissements de moyen/long terme (R&D, innovation …). • Un effet de seuil néfaste pour l’encadrement (voir encadré ci-contre)

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Des indicateurs économiques tous au vert

2. Ménages

• PIB

Le pouvoir d’achat des ménages est un indice plus fin que le salaire réel. En effet, pour le calculer, l’INSEE soustrait à l’évolution du revenu des ménages, l’évolution des prix. Ici, le revenu des ménages n’est pas seulement leur salaire. En effet, l’INSEE calcule le revenu disponible brut des ménages (soit l’addition des salaires, des revenus de indépendants, des revenus du patrimoine, des prestations sociales etc.) et retire ce qu’ils reversent (cotisations sociales, impôts directs, impôts sur le revenu, CSG/CRDS, taxe d’habitation etc.).

1. Entreprises • Demande extérieure Dans un contexte de reprise économique des pays développés, la demande adressée à la France augmenterait au deuxième semestre à la faveur de la relance du commerce mondial. Néanmoins, du fait de l’appréciation de l’euro depuis plus d’un an, les exportations françaises seraient légèrement freinées (+0,6  % au T3 et +0,9 % au T4). • Indice de la production industrielle Malgré une hausse de la production industrielle au mois d’août par rapport au mois précédent (+0,2  %), celle-ci affiche une diminution de 1,1 % sur les trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents. L’augmentation du mois d’août est particulièrement significative dans la fabrication de matériels de transport (+8,6 %). • Chiffre d’affaire dans l’industrie et la construction L’évolution du chiffre d’affaires de l’industrie suit celle de la production (hausse de 0,4 % en juillet par rapport à juin mais baisse de 0,8 % sur les trois derniers mois par rapport aux trois mois précédents). • Investissement Après cinq trimestres consécutifs de baisse, l’investissement des entreprises qui s’était stabilisé au T2 (+0,0 %) repartirait à la hausse (+0,0 % au T3 et +0,3 % au T4) dans un contexte d’amélioration des perspectives d’activité et des taux d’intérêt faibles.

Au second semestre 2013, le pouvoir d’achat des ménages seraient ainsi en baisse (-0,1  % au T3 et -0,2  % au T4) notamment du fait des hausses de l’inflation et de l’impôt sur le revenu et le patrimoine. Néanmoins, sur l’année, le pouvoir d’achat des ménages augmenterait de 0,5 % grâce à la forte hausse du premier semestre. • Épargne et consommation des ménages Après avoir fortement augmenté au premier semestre et s’être fixé à un niveau élevé (15,9  %), le taux d’épargne des ménages devraient diminuer au deuxième semestre au profit de la consommation. Ainsi, la consommation des ménages progresserait de 0,1 % au T3 et de 0,3 % au T4. Sachant que la consommation des ménages est un des moteurs de l’économie française, ces chiffres sont de bon augure.

3. Imbroglio autour des chiffres du chômage En raison du gonflement de la baisse du chômage pour le mois d’août du fait d’un problème technique sur la plateforme de relance SFR, les chiffres du chômage du mois de septembre (+ 60 000 chômeurs de catégorie A) sont également faussés. Sur les deux derniers mois il y a eu 10 000 chômeurs de catégorie A en plus. Pour apprécier l’évolution du chômage, il convient désormais d’attendre les chiffres du mois prochain…»

Contacts : Alain Giffard, secrétaire national en charge du secteur Économie et Industrie  alain.giffard@cfecgc.fr Service Économie : Anne Bernard, Francine Didier, Kevin Gaillardet et Justine Vincent  kevin.gaillardet@cfecgc.fr Maison de la CFE-CGC Maison de la CFE-CGC – 59 rue du Rocher – 75008 Paris  +33 (0)1 55 30 12 12 –  +33 (0)1 55 30 13 13 www.cfecgc.org

Rédaction : service Economie et Protection sociale CFE-CGC / Conception : service Communication de la CFE-CGC - V. Bouret

Après la hausse du deuxième trimestre (+0,5 %), le PIB devrait, selon les prévisions de l’INSEE, stagner au troisième trimestre et progresser de 0,4  % au dernier trimestre. En moyenne annuelle, le PIB augmenterait donc de 0,2  % pour 2013.

• Pouvoir d’achat des ménages


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