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CADRES LA POSTE

Pour un engagement reconnu


Les cadres sont des salariés à part entière avec des spécificités liées à l’exercice de leurs responsabilités. À ce titre, ils expriment des préoccupations, des attentes, voire des mécontentements. L’enquête Travail En Questions des cadres lancée en 2002 par la CFDT fait aujourd’hui référence par son ampleur et son contenu. Les 11 000 postiers qui ont répondu à cette enquête approfondie ont manifesté un degré d’inquiétude et d’insatisfaction particulièrement élevé au regard des réponses données par les cadres d’autres entreprises ou administrations. Dans un contexte réglementaire, économique et organisationnel de plus en plus incertain, le chantier RDM a accentué ce sentiment de malaise, voire de colère, parmi de nombreux cadres à qui l’on demande des objectifs toujours plus élevés avec toujours moins de moyens et de marges de manœuvre. Cette brochure a pour objectif de rappeler les principales attentes exprimées par les cadres de La Poste et les réponses apportées par la CFDT.


La CFDT revendique : Un avenir pour tous C’est obtenir de La Poste des engagements forts dans les domaines du recrutement et des parcours professionnels.

De meilleures conditions de vie et de travail Management, objectifs, temps de travail, commissionnement, relations entre les services, réorganisations multiples porteuses de nouvelles formes de souffrance au travail… Autant de thèmes qui nécessitent d’être revisités au travers d’une négociation avec les organisations syndicales pour reconnaître l’investissement des cadres dans le développement de l’entreprise.

Un sens au management Les cadres sont bousculés par les évolutions

managériales engagées par La Poste. Leur rôle se cantonne bien souvent à décliner au quotidien des décisions prises par un cénacle restreint et devoir en assumer en totalité la responsabilité en cas de dysfonctionnement. La CFDT revendique l’ouverture d’une négociation spécifique sur la déontologie et l’exercice de la responsabilité.

Un vrai dialogue social national et local Parce que les cadres exigent un champ d’action explicite, un pas important vient d’être franchi à travers l’accord sur le dialogue social. L’étape suivante sera l’élection de délégués locaux représentant leurs collègues dans les établissements et ayant la capacité de négocier les conditions de mise en œuvre de la modernisation.


Organisation, temps, charge de travail : une forte dégradation Les cadres de La Poste partagent le sentiment d’une dégradation de leurs conditions de travail vécue au travers d’une augmentation des contraintes et des pressions externes, faire plus, plus vite avec moins de moyens alors que : ■ l’aménagement ne rime pas forcément avec réduction ; ■ l’organisation du travail est plus souvent subie que maîtrisée ; ■ la charge de travail s’intensifie ; ■ la démarche ARTT reste inachevée. Pour la CFDT, évaluer les conséquences de RDM sur le travail des cadres et l’évolution de l’exercice des fonctions de cadres dans les CRSF sont deux absolues nécessités. Parler de réduction du

temps de travail peut paraître décalé dans l’hallali idéologique qui semble agiter certains milieux politiques et patronaux. Mais la maîtrise du temps et de la charge de travail reste une préoccupation importante des cadres et de la CFDT. La CFDT agit pour : ■ Garantir la prise effective du repos compensateur pour les cadres en horaire collectif. ■ Assurer la prise effective des jours de congés et de RTT pour les cadres au forfait annuel en jours. ■ Négocier les moyens pour atteindre les objectifs, lors des entretiens d’appréciation et de management de la performance.


Évolutions professionnelles : des réponses à construire Parcours professionnel Les cadres de La Poste évaluent sévèrement les résultats de l’entretien d’appréciation, outil de management qui, s’il reste séduisant, se transforme en une sorte de rite annuel. Certes, il fait l’objet d’un jugement plutôt favorable mais demeure totalement déconnecté de ses effets attendus sur la carrière et la rémunération. Pour les cadres, la rémunération et les opportunités de carrière constituent les aspects les moins motivants de leur travail. Ils déclarent cependant s’investir dans leur travail, être motivés par les relations humaines, apprécier de prendre des responsabilités et d’animer une équipe, montrer de l’intérêt au contenu du travail et aux missions. Autant d’éléments qui contribuent à leur épanouissement personnel. Ce qui n’est pas reconnu dans la pratique aujourd’hui c’est la contribution des cadres. Les cadres souhaitent donc obtenir une reconnaissance à la hauteur de leur contribution et bénéficier de

procédures pertinentes pour progresser en compétences et en rémunération. La CFDT agit pour : ■ Un entretien annuel d’appréciation qui soit un outil privilégié de construction des parcours professionnels quel que soit le statut de la personne (fonctionnaire ou contractuel). Il doit porter sur : • l’activité : objectifs, moyens ; • le parcours : évolution de carrière, formation ; • la rémunération. ■ Des critères de déroulement de carrière et d’évaluation transparents et objectifs, préalablement négociés.


La formation professionnelle La grande majorité des cadres de La Poste déclare avoir suivi une formation au cours des trois dernières années pour s’adapter à l’emploi ou changer de métier ou de fonction. Ces derniers souhaitent néanmoins se former davantage. Ce bilan plutôt positif masque, toutefois, des disparités dans la prise en compte des besoins de formation, essentiellement en cas de change-

ment de fonction ou de métier et ce dans certaines filières. Là encore, RDM a bien souvent été une course à l’échalote agrémentée de son lot de mises au placard. Trop souvent, les projets professionnels ont souffert du management de projet à la hussarde. Les règles de gestion ont été tordues dans tous les sens. Les faisant fonction qui devaient se limiter à un nombre marginal et sur une courte période se sont multipliés et ont perduré au point


que La Poste a créé une nouvelle prime, réponse pour le moins légitime mais insatisfaisante au regard de ce qui est demandé aux cadres en terme d’investissement. La CFDT agit pour :

Obtenir la déclinaison de l’accord interprofessionnel sur la formation professionnelle en demandant la négociation d’une formation professionnelle qualifiante, diplômante, reconnue dans l’entreprise, s’accompagnant du droit individuel de formation, de la validation d’acquis de l’expérience et de la mise en place d’un passeport formation pour l’ensemble des personnels et ce, quel que soit leur statut. ■ Mettre en œuvre un plan de développement des compétences à définir conjointement avec le N + 1 dans le cadre de l’entretien annuel d’appréciation. ■

La mobilité Pour les cadres de La Poste, les éléments déterminants d’une mobilité sont l’intérêt de la mission proposée, l’augmentation conséquente de la rémunération, la qualité de l’environnement géographique dans le cas d’une

mobilité géographique et la possibilité de faire évoluer ses compétences en cas de mobilité fonctionnelle. La mobilité des cadres reste un acte individuel qui s’apparente plus au parcours du combattant qu’à une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. L’enquête Travail En Questions montre des cadres très critiques vis-à-vis de la gestion des cadres à La Poste (seulement 27 % de cadres satisfaits). Heureusement que cette enquête s’est déroulée avant la mise en place de RDM. Les dirigeants de La Poste auraient mieux fait de s’en inspirer avant de déclencher cette réorganisation majeure. La CFDT agit pour :

Obtenir l’ouverture d’une négociation collective sur les parcours professionnels afin de mettre fin à une gestion de la mobilité gérée au coup par coup. ■ Favoriser la mobilité par une meilleure reconnaissance de la contribution des cadres à travers l’augmentation de la rémunération et la perspective réelle de faire évoluer les compétences en s’inscrivant dans un cadre collectif de référence à négocier. ■


La Rémunération : maîtriser l’individualisation

Les cadres de La Poste s’affichent clairement en faveur d’une évolution collective de la rémunération et revendiquent un encadrement de l’individualisation des rémunérations par des règles collectives préalablement négociées par les organisations syndicales. Si l’individualisation ne rencontre pas d’opposition de principe, en revanche, les cadres dénoncent ses modalités de mise en œuvre et qualifient d’opaques et peu connus les critères de l’individualisation et de l’attribution de la part variable. À cela, s’ajoute une absence de négociation sur la rémunération des cadres fonctionnaires et une stagnation des compléments Poste.

La CFDT agit pour : ■ Maîtriser l’individualisation des rémunérations et garantir les augmentations collectives pour : • assurer au minimum le maintien du pouvoir d’achat par les augmentations collectives ; • obtenir la transparence des critères de rémunération ; • faire porter la négociation sur tous les éléments de la rémunération, y compris les primes et bonus. ■ Réévaluer sensiblement les compléments Poste des fonctionnaires pour qu’ils correspondent au moins à 20 % du traitement indiciaire (taux maximum de prise en compte par la caisse de retraite complémentaire de retraite des fonctionnaires). ■ Corriger les inégalités salariales entre hommes et femmes.


Responsabilité et citoyenneté

Trop souvent écartés des choix stratégiques, les cadres veulent accéder à un pouvoir réel, à un droit d’initiative pour les missions qui leur sont confiées. Ils considèrent que l’organisation syndicale peut être un lieu d’échange et de proposition sur les choix de l’entreprise. Lors des négociations de l’accord sur le dialogue social, la CFDT n’a eu de cesse de défendre la capacité des cadres à avoir des interlocuteurs locaux pour discuter les questions d’organisation et de conditions de travail. La CFDT Cadres est un des initiateurs de la charte de déontologie et de responsabilité des cadres. De très loin première organisation par son nombre d’adhérents cadres, d’une façon générale et à La Poste en particulier, la CFDT offre un véritable

lieu d’expression collective pour les cadres. La CFDT agit pour : ■ Garantir une reconnaissance explicite de la citoyenneté dans l’entreprise : droit d’initiative, droit réel à la parole, droit d’expression reconnu. ■ Obtenir la reconnaissance du droit d’opposition, le droit de dire « non » dès lors que la responsabilité personnelle des cadres est engagée sans sécurisation juridique. ■ Reconnaître un rôle de médiation ou de recours aux organisations syndicales. ■ Négocier une charte des cadres de La Poste définissant et garantissant autonomie, éthique, responsabilité et protections individuelles et collectives.


Les grandes évolutions à La Poste Les cadres connaissent les difficultés rencontrées par La Poste. Des handicaps difficilement contestables : charges insuffisamment compensées des missions de service public, déficit du transport de la presse, présence postale, charge des retraites, etc. Ils savent aussi que les nouvelles ouvertures à la concurrence de 2006 et 2009 sur le courrier interviendront dans un contexte de décroissance d’activité. Pour la CFDT, la prise en compte du contexte économique est une nécessité. Pour autant, il est possible d’infléchir certains choix économiques ou de gestion. L’approche des services financiers proposée par la CFDT en est la preuve. Dans le milieu des années 70, la CFDT s’opposait à une gestion hypercentralisée de l’informatique des services financiers demandant une gestion des comptes dans les principaux bureaux de Poste. En 1990, la CFDT revendique, pour La Poste, la possibilité de faire des prêts à la consommation. Toutes les autres organisations syndicales y sont alors

farouchement opposées et cela durera une douzaine d’années. La création de l’établissement de crédit postal est, aujourd’hui, une nécessité juridique et économique pour garantir l’activité et donc l’emploi, tout particulièrement dans le réseau postal. Cela étant, des risques de centralisation de l’activité dans les CRSF existent au détriment de l’emploi, de l’aménagement du territoire mais aussi et surtout des garanties statutaires des personnels.

Quelle stratégie économique et sociale dans le secteur du courrier ? Opposée à l’ouverture brutale à la concurrence programmée à très court terme, la CFDT est favorable à la modernisation de la chaîne de production pour assurer l’existence d’un service d’intérêt général majeur. L’arrivée d’opérateurs de courrier transnationaux qui ne se placeront pas uniquement sur le marché du courrier rapide est en cours. Les opérateurs de niches sont déjà


présents dans certains secteurs à forte concentration d’entreprises. C’est la raison pour laquelle la CFDT ne s’est pas opposée au projet Cap Qualité Courrier. Par contre, elle conteste fortement le management à la hussarde d’un tel projet et revendique une véritable modernisation négociée avec une méthode de changement. Parallèlement, la volonté de la CFDT est d’obtenir l’ouverture de négociations sur des thèmes majeurs comme la gestion prévisionnelle de l’emploi, l’aménagement du territoire, la formation, l’organisation et les conditions de travail.

motivées et impartiales. La régulation du secteur, c’est aussi lutter contre le dumping social. C’est pour cette raison que la CFDT a signé, après dix ans de discussions, la convention collective de la distribution de la publicité non adressée, secteur particulièrement touché par le phénomène de dumping social. La CFDT veut aller plus loin en agissant pour la création d’une convention collective sur le courrier et le colis et mène un intense lobbying pour que cette revendication soit intégrée dans la prochaine loi de réglementation postale. La CFDT agit pour :

Maîtriser le processus d’ouverture à la concurrence par une nouvelle régulation du secteur courrier au niveau européen et national. ■ Permettre la diversification des activités de La Poste en matière de crédit, de développement de l’e-commerce et de la logistique postale. ■ Négocier une convention collective sur le secteur courrier colis et lutter ainsi contre le dumping social au niveau national. ■ Mettre en place un comité d’entreprise européen et des accords de respect des droits sociaux dans les entreprises multinationales du secteur postal. ■

Pour une véritable régulation du secteur postal La CFDT est favorable à une régulation organisée et pérenne des activités postales. Si l’ouverture à la concurrence progressive de l’activité courrier implique la mise en place d’une régulation, son rôle ne doit pas se limiter à organiser la concurrence mais doit garantir les missions de service public. Il est donc essentiel que l’Autorité de régulation dispose des moyens et compétences nécessaires à ses missions afin qu’elle prenne des décisions


L’évolution des métiers de cadres Depuis de nombreuses années, la CFDT estime que le nombre de cadres est trop insuffisant même si La Poste, première entreprise de main-d’œuvre de ce pays, n’atteindra jamais, de par la nature même de son activité, la structure d’emploi d’une SSII. Une critique qui repose sur un choix politique affirmé : la volonté de la CFDT de renforcer l’autonomie et la responsabilité des cadres dans un contexte de forte déconcentration. Cette analyse s’appuie sur le constat des difficultés organisationnelles et fonctionnelles rencontrées de façon récurrente et sur une volonté de mise en perspective de parcours professionnels pour les cadres mais aussi pour l’ensemble des postiers.

Le statut de cadre professionnel : cautère sur une jambe de bois Ce constat dressé par la CFDT est partagé par de nombreux acteurs et observateurs de la maison Poste. Ses dirigeants, avec la complicité active de certains syndicats centralisateurs, ont créé, en claquant des doigts, 20 000 cadres professionnels à La Poste. Une décision qui embellit les statistiques en doublant le nombre de postes de cadres tout en laissant en chemin, notamment les fonctions supports.


Pour la CFDT, l’augmentation du taux d’encadrement ne se décrète pas. Un tel passage aurait dû correspondre à des évolutions de métiers ou des situations professionnelles constatées ou en cours et sur volontariat. Concrètement, la CFDT revendique un niveau de base fonctionnel pour les cadres à partir du III.2. Le niveau III.1 devant être considéré comme un niveau de recrutement. Pour autant, les

cadres professionnels sont à reconnaître comme des cadres à part entière. La CFDT demande la mise en place d’un plan de requalification sur trois ans afin de faire disparaître le III.1 fonctionnel par un positionnement sur le III.2.


Cadres experts ou professionnels : pour une véritable reconnaissance Les grandes entreprises sont toujours partagées par deux écoles en matière de choix de gestion. Celles qui estiment que tout ce qui n’appartient pas au métier de base est à externaliser et celles qui pensent que l’entreprise doit maîtriser la majorité de ses process. Ce débat existe à La Poste depuis plus de vingt ans. Pour les zélateurs du recentrage sur les métiers, l’informatique aurait dû disparaître de La Poste depuis la fin des années 80. Nous en sommes loin.

à la retraite de nombreux cadres dans les prochaines années fait que les besoins de comblements de postes ne pourront pas être satisfaits sur le seul marché du travail. Plutôt que d’adopter une vision pessimiste, saisissons cette situation comme une opportunité et une chance de proposer des deuxièmes carrières pour les cadres de La Poste et permettre ainsi une réorientation professionnelle de qualité. Oui, il est temps de définir de véritables parcours professionnels qui permettront d’élargir la palette des métiers de cadres au sein de La Poste.

À les écouter, il faudrait délocaliser la comptabilité en Inde ou à Singapour ou encore externaliser les fonctions de ressources humaines.

La CFDT agit pour :

Les cabinets de consultants anglosaxons sont, bien sûr, leur référence. Ils oublient simplement que La Poste ne licencie pas son personnel et est tenue d’utiliser ses ressources internes et c’est tant mieux ! Le choix de l’externalisation signifierait donc un arrêt total de tout recrutement. Bonjour le dynamisme ! La Poste aura durablement besoin de cadres experts dans des métiers de la gestion, (comptabilité, RH, Finances, etc.) mais aussi du conseil et de l’informatique. En outre, effet papy boom oblige, le départ massif

■ Ouvrir des négociations sur les métiers de cadres afin de déterminer de véritables parcours professionnels. ■ Réduire le nombre de niveaux fonctionnels afin de favoriser les parcours professionnels et la validation des acquis professionnels. ■ Permettre de véritables réorientations professionnelles avec des changements de filières et mettre en place une deuxième carrière. ■ Avoir des établissements de taille suffisante pour permettre une plus grande diversité des métiers de cadres au plus près du terrain.


Ce que veut la CFDT : Amener La Poste à négocier une charte sur l’autonomie, l’éthique et la responsabilité en définissant le rôle et la place des cadres par une logique de contrat. Utiliser les CHS CT et la médecine de prévention pour développer les actions sur le stress. Ouvrir des négociations sur les technologies de l’information et de la communication et, tout particulièrement, sur le développement du nomadisme des cadres dans le prolongement de l’accord européen relatif au télétravail. Inverser les logiques de suppression systématique des fonctions transverses et de soutien. Réduire la charge mentale et physique de travail des cadres. Améliorer le dispositif actuel de lutte contre le management déviant et le harcèlement moral. Négocier un plan d’égalité professionnelle.


Vos sites :

www.cfdt-postes-telecoms.fr

www.union-network.org

Fédération CFDT des Postes et des Télécoms 47-49, avenue Simon Bolivar 75019 Paris e-mail : fupt@cfdt.fr Tél. : 01 56 41 54 00

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Photos : Christian Avril

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