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Mercredi 9 juin 2010

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Amis, amies

« Un ami c’est quelqu’un qui connaît tout de vous, et qui vous aime quand même. » Ce pourrait bien être le slogan du premier film de Julien Rambaldi « Les meilleurs amis du monde », ou quand un téléphone mal raccroché vous permet d’entendre tout ce que vos amis pensent de vous. Marc Lavoine, Pascale Arbillot, Pierre-François MartinLaval et Léa Drucker se donnent la réplique, étant tour à tour ridicules, drôles, émouvants et agaçants. Malgré beaucoup de caricatures, ce film reste des plus sympathiques. M. C.

Romance canine

Hatchi, le personnage principal d’un film à qui il donne son nom, est un adorable chien dont la fidélité à son maître Parker (Richard Gere) est proverbiale. Si bien qu’il l’attend tous les jours à la gare. Ce qui force l’admiration de toute la communauté. Le suédois Lasse Hallström signe une gentille comédie familiale larmoyante sur l’amour entre un toutou et son maître. Richard Gere y est parfaitement lisse, mais convaincu. C. F.

En bref Certes, la dernière superproduction de James Cameron est disponible en DVD. Mais, attention, la spectaculaire histoire du combat entre les terriens et les Navi’s sur la planète Pandora perd de sa puissance sur ce format, surtout en 2D, alors qu’au cinéma, des millions de spectateurs se sont régalés avec la 3D. En outre, aucun bonus n’est proposé, même pas le traditionnel making of. Pour une version enrichie, il faudra sans doute attendre la fin de l’année où un nouveau DVD devrait sortir. On devrait y découvrir des scènes coupées. Et il se dit qu’il sera même disponible en version 3D... J.-C. C. « Avatar », un DVD 20th Century Fox. Prix à compter de 19,99 €.

« When you are strange », documentaire de Tom DiCillo, retrace le parcours fulgurant du groupe des années 1960, avec une foule d’angles inédits et Johnny Depp en voix off. Par Charles Faugeron

U

n homme s’extirpe à grand peine d’une voiture abîmée sur le bas-côté d’une route au beau milieu du désert du Nevada. Nous sommes dans les années 60, Jim Morrison, alors étudiant en cinéma, tourne un film avec Paul Ferrara, son camarade de UCLA (University of California Los Angeles), où il tient le rôle principal. Ces images inédites, au même titre que les vidéos tournées par le groupe ou coupées au montage par les chaînes de télévision, constituent la trame du documentaire de Tom DiCillo « When you are strange », présenté en septembre dernier au festival de Deauville, enfin sur les écrans aujourd’hui. Sur des images captées entre 1966 et 1971, la voix posée de Johnny Depp relate la trajectoire du groupe aux fulgurances géniales, qui créa le scandale avec ses paroles osées et dont le chanteur, Jim Morrison fait encore aujourd’hui l’objet d’un véritable culte. Ici, le réalisateur écorne le mythe, dressant un portrait sans concession du chanteur. On le voit tituber en studio, sur scène. Tom DiCillo aborde sans détour la question des drogues et de l’alcool grâce auxquelles Jim Morrison enten-

Jim Morrison, chanteur et cofondateur du groupe, devant le guitariste Robby Krieger, le bassiste John Densmore et Ray Manzarek, génie des claviers.

dait « repousser les frontières de ticulièrement de l’orgue électrique, cofondateur du groupe, la perception ». De même, il rend hommage auquel il a greffé le bassiste John aux autres membres du groupe, Densmore. On les voit assister, qui ont donné au son des Doors impuissants, au déclin de leur toute sa profondeur et son ori- chanteur vedette. Dans la mesuginalité, et qui existaient dans re où il colle à la chronologie des événements qui mènent l’ombre de leur chanà la mort de Morrison teur charismatique et L’auteur en 1970, le film de Tom tapageur. Il rappelle DiCillo adopte la même par exemple que c’est de ce long narration que le biopic le guitariste Robby métrage d’Oliver Stone « The Krieger qui a écrit les règne sur Doors » sorti en 1991, paroles de la chanson le cinéma avec Val Kilmer dans le « Light my fire » qui a indépendant rôle principal. propulsé le groupe en La valeur ajoutée de tête des ventes de dis- américain ques et sur le devant de depuis 20 ans, ce documentaire, premier long métrage de la scène internationale. Féru de flamenco, il jouait sans Tom DiCillo, qui règne sur le mediator et imprimait un ryth- cinéma indépendant américain me incomparable aux partitions, depuis vingt ans, tient au fait qui s’exprime le plus évidem- qu’il présente des images rares, y compris des séquences cultes, ment sur « Spanish Caravan ». qui ressuscitent une fièvre rock and roll et évoquent une fois de „ Séquences cultes Le son inimitable des Doors, on plus la figure de ce poète, dont le le doit aussi à Ray Manzarek, le génie le disputait à l’orgueil et à génie des claviers et tout par- la vanité. n

Drame

Regards d’enfants sur les expulsions de sans-papiers Avec « les Mains en l’air », le réalisateur Romain Goupil dénonce avec une légèreté feinte la politique de reconduite à la frontière. Militant un jour.  Militant toujours ? Avec les années, le réalisateur Romain Goupil évolue, se transforme. Il n’en reste pas moins que cet ancien dirigeant trotskyste des années 1960-1970 continue de s’engager fortement pour les causes qu’il estime justes. Il en va ainsi des sanspapiers menacés d’expulsion. Pour autant, avec « les Mains en l’air », Romain Goupil n’a pas voulu signer un film dramatique. Au contraire, en plaçant sa caméra au niveau des enfants. Il a cherché à donner un peu de légèreté à un sujet très sérieux. Milana, d’origine tchéthène, est en classe de CM2 à Paris. Les copains de sa bande sont Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef.

Tous ensemble, ils font les quatre cents coups. Mais, un jour, Youssef, qui n’a pas de papier, est expulsé. Puis c’est au tour de Milana d’être menacée. Les enfants décident alors de réagir… et disparaissent.

„ Cassure avec les adultes

Avec cette histoire, Goupil montre la cassure entre le monde des adultes et celui des enfants. Autant la mère des petits Blaise et Alice – interprétée par une Valéria Bruni-Tesdechi qui surjoue un peu trop la femme tourmentée et politiquement engagée  – apparaît de plus en plus angoissée au fur et à mesure que l’étau se ressert autour des enfants de sans-papiers, autant

les enfants continuent d’être zen tout en décidant de prendre les choses en main face à l’aberrante politique d’expulsion. Plus les adultes s’affolent, plus les enfants s’autonomisent. Comme s’ils n’avaient plus confiance qu’en eux. On retrouve là la notion de groupe, chère à Romain Goupil depuis son premier film « Mourir à 30 ans ». A cet égard, le casting des enfants est formidable : ils dégagent tous une grande sensation de naturel, d’autant plus que Goupil a veillé à ne pas leur faire parler un langage « d’jeuns » trop caricatural. Cela donne un ton assez frais au film. On entre bien dans l’histoire. On rit. On est ému.

Face à un casting d’enfants formidables, Valéria Bruni-Tesdechi surjoue un peu trop la femme tourmentée et politiquement engagée.

Les films du losange

Photos : 2010 KARE PRODUCTIONS / GAUMONT/DR

Service minimum pour « Avatar » en DVD

Les doors, au-delà du mythe

Paul Ferrara/copyright DMC

à l’affiche

Cinéma

Reste qu’au niveau des pures qualités cinématographiques, Romain Goupil a assuré le service minimum. Qu’il s’agisse des décors, des cadrages et de la

qualité de l’image, on a davantage la sensation de visionner un bon téléfilm plutôt qu’un vrai film de cinéma. Jean-Christophe Chanut


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n l’auteur de ce long Métrage règne sur le CinémA inDépenDAnt AméRiCAin depuis 20 ans, seRviCe minimum pouR « AvAtAR » en DvD Amis, Amies Ci...

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