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Culture page 35

Vendredi 4 juin 2010

Emmanuelle Lainé, « Ingenium », 2010.

L

L e mariage  célébré à l’Hôtel de ville

’Hôtel de ville de Paris présente jusqu’au 31 juillet les photographies d’amoureux de Gérard Uféras. Intitulée « Paris d’amour », l’exposition présente le fruit de deux ans de travail à Paris et dans sa région auprès de 70 couples sur le point de célébrer leur union.

Davide Balula, « La dilution des coïncidences », 2007.

photos : Yann Peucat / Atelier Puzzle

Il a traqué les amoureux

Les entrepreneurs mécènes

ce photographe de talent, connu pour sa collaboration avec la presse nationale et internationale, cofondateur de l’agence Vu en 1986 et photographe de milieux fermés depuis vingt ans. En effet, et c’est là un trait marquant de son travail, Gérard Uféras a mené ses reportages dans les coulisses de milieux fermés où l’excellence prime  : la mode, l’opéra et la danse. Ses clichés ont été compilés dans une série d’ouvrages et la Maison européenne de la photographie à Paris lui a consacré une rétrospective au printemps dernier joliment intitulée  : «  États de grâce ». De la grâce et de l’habileté, il lui en a fallu pour s’inviter dans l’intimité de ces couples juifs, comorriens, saint-cyriens et pour ainsi saisir leurs émotions. Un art que seuls maîtrisent les plus grands reporters. Charles Faugeron

Théâtre Quelle famille !

Guillaume Gallienne joue Andreï Sergueïevitch Prozorov dans « Les Trois Sæurs ».

D

ans une mise en scène d’une rare platitude, la pièce de Tchekhov, « les Trois Sœurs », s’enlise dans l’ennui.

Depuis 2008, Art Norac s’est joint à l’association Les Entrepreneurs mécènes réunissant 18 entreprises de la région rennaise. Un réseau qui veut rappeler que le mécénat ne concerne pas uniquement les très grands groupes industriels. Chaque année, six sculpteurs sont sélectionnés pour habiller les cinq hectares du parc d’Ar Milin’, à Châteaubourg. Des installations surprenantes, parfois monumentales, offertes au regard des promeneurs mais aussi proposées à la vente. Les années passées, plusieurs œuvres ont trouvé preneur aussi bien auprès d’entreprises que du public. O. L. F.

Charles Crié

« Jardin des arts », jusqu’au 19 septembre à Châteaubourg. Tél. : 02.99.00.30.91 www.lesentrepreneursmecenes.fr Œuvres de Serge Sangan (en haut), et d’Éric Theret (en bas).

de la capitale deux ans durant pour immortaliser leur union en noir et blanc, aujourd’hui présentée à l’Hôtel de ville de Paris. À travers ces photos de Gérard Uféras, ce sont autant de destins et de communautés qui se manifestent. Comme ce mariage turc où la future épouse, ainsi que le veut la tradition, sert du café salé à son fiancé pour lui signifier que rien n’est jamais acquis. Ou ce

mariage chinois au cours duquel la mariée s’enferme avec d’autres femmes dans une pièce dont le marié doit enfoncer la porte s’il veut repartir avec sa promise. Organisée en trois temps  : les préparatifs, le consentement puis la célébration, l’exposition donne à voir plusieurs visages de la joie des époux et de leurs proches. Des sentiments qui transcendent les cultures et les religions selon l’artiste, qui confie : « À plusieurs reprises, j’ai eu l’impression de reconnaître un parent ou un proche.  » L’exposition est selon lui un prétexte pour célébrer la diversité et prévenir la tentation du repli sur soi et du communautarisme. Un noble motif que soutiennent BNP Paribas et la mairie de Paris, qui, après Willy Ronis, Robert Doisneau et plus récemment Izis, ouvre les portes de sa galerie à

Il y a Macha, Olga, Irina. Trois sœurs nées à Moscou et qui croupissent dans une ville de garnison où elles sont parties après la mort de leur mère. Trois sœurs qui ne rêvent que d’une chose : retourner à Moscou. Hélas, leur existence médiocre, les illusions qu’elles portent en elles, les empêche d’accomplir ce rêve. Elles finiront leur vie là, enfermées en elles-mêmes. Destins tragiques usés par une vie quotidienne qui n’est faite que de regrets, d’envies. Sans volonté, aucune. Tchekhov avec « les Trois Sœurs », qui entre au répertoire de la Comédie-Française, croyait une fois de plus avoir écrit une pièce drôle. Stanislavski, qui le premier monta sa pièce à Moscou, lui prouva au contraire qu’elle était d’une tristesse à pleurer. Tchekhov décrit un monde qui n’a plus rien à espérer, confit dans une époque dont les trois sœurs et ceux qui les fréquentent, oisifs et paresseux, ne perçoivent pas qu’elle est en train de mourir. Ils s’attendrissent sur eux-mêmes, fantasment sur le travail, sans jamais prendre leur vie en main. Le metteur en scène Alain Françon donne hélas de cette pièce une vision des plus banales.

afp

Flavien Théry, « Les possibles », 2010.

Légende

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Photos

Il a beau, dans le programme, en appeler en jargonnant à Stanislavski, il fait peser sur l’œuvre un ennui mortel. Pourtant, au début de la représentation, il laisse espérer un moment de grâce. Il ne dure pas longtemps. Très vite, les personnages deviennent des fantômes sans âme, vides de toute vie. Pas de sentiment, pas d’émotion. Rien  ! Tout fait défaut, même l’absence de parti pris intellectuel. L’académisme de la mise en scène pousse la pièce vers un théâtre vieillot, dont on pensait qu’il n’existait plus. Hélas, si. On peut le voir et l’entendre, en ce moment, à la Comédie-Française. Que dire des comédiens  ? Rien, sinon qu’ils semblent, hormis Elsa Lepoivre, aussi absents de la pièce que la mise en scène. Guillaume Gallienne à ce jeu-là décroche la palme. Jean-Louis Pinte

La Comédie-Française, place Colette, Paris Ier, Tél. : 0.825.10.16.80. À 20 h 30, en alternance jusqu’au 16 juillet.


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