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Culture page 35

« Le Dock flottant » (quai Joannès Couvert) avec le navire « Fort Fleur d’Epée » de la CGM, en carénage, 1984.

ction ARP Sele

« La rue SaintJacques », à l’angle de la rue de Paris, 1956.

Exposition

La photo dévoile l’âme du Havre

U

ne dizaine de photographes et deux vidéastes relèvent le défi d’insuffler de la vie à la ville du Havre, sortie de terre dans les années 1950.

Javier Bardem, magistral dans « Biutiful ».

Au musée Malraux

a capitale du Maroc sort de sa chrysalide, sublimée par le festival de musique du monde, Mawazine.

Il y a quelques années encore, elle se faisait discrète, laissant à Marrakech le soin de s’offrir corps et âme aux touristes, à Casablanca un développement effréné. Rabat, pendant ce temps, préparait sa mue, ravivant avec goût la beauté de son architecture art déco coloniale, maîtrisant à la perfection son urbanisme. Elle s’impose comme l’une des plus belles villes du royaume, moderne mais authentique, offrant une qualité de vie incomparable au sein du pays. Le festival Mawazine est à son image. «  Cette manifestation est née de la volonté de sa majesté Mohammed VI qui a souhaité doter Rabat d’un festival professionnel ouvert à toutes les musiques et à toutes les cultures », confie Aziz Daki, le directeur artistique de la manifestation. Créé en 2001, Mawazine n’a cessé de prendre de l’ampleur, accueillant l’an dernier gratuitement deux millions de spectateurs, mais surtout de plus en plus de stars. On verra donc cette année Al Jarreau (21 mai), Harry Connick Jr. (22 mai), le grand Julio Iglesias (23  mai), Elton John (26 mai), BB King (27 mai), Santana (28 mai), Sting (29 mai). « Les artistes savent qu’ils trouve-

Alicia Keys lors de l’édition 2009. ront à Mawazine d’excellents moyens techniques, mais aussi un public à l’écoute qui les pousse parfois à prolonger leurs concerts jusqu’à tard. Et puis le Maroc provoque la sympathie. Sting a tout de suite dit oui. Idem pour Harry Connick Jr. dont les parents se sont rencontrés à la base américaine de Nouasseur », poursuit Daki. Mais il n’y a pas que les grandes stars occidentales à se produire à Mawazine. Tous les musiciens du monde y sont invités. Telle la Béninoise Angélique Kidjo ou l’Égyptien Tamer Housni. Le festival initie aussi des rencontres uniques. Le rappeur Don Bigg jouera cette année avec le Cubain Omar Sosa. « Le luth marocain de Driss el Maloumi se mariera avec la pipa chinoise de Liu Fang le 26 mai », promet Aziz Daki. À chacun sa scène. L’Afrique donne rendezvous sur les berges du Bouregreg, les musique du monde à la nécropole du Chellah tandis que des fanfares du monde entier défileront sur les grandes artères de Rabat. Une autre manière de découvrir cette magnifique cité impériale. Yasmine Youssi

Jusqu’au 29 mai. www.festivalmawazine.ma

ABDELHAK SENNA / afp

Rabat, au son de Mawazine

au Havre, les photos de l’exposition « Le Havre sur commande  » côtoient très naturellement les toiles de Raoul Dufy, l’enfant du pays. Dans ce vaste espace ouvert sur la rade, le musée a rassemblé les œuvres de onze photographes et deux vidéastes, chargés par la ville et le ministère de « donner de nouvelles interprétations du paysage urbain ». Tout avait commencé au lendemain de la reconstruction de la ville, détruite par les bombardements alliés de septembre 1944. Chargé de la reconstruction, l’architecte Auguste Perret conçoit une cité nouvelle aux lignes épurées, à la physionomie uniforme bien qu’originale et moderne. En 1956, la direction générale « Les ISAI » (Immeubles sans affectation individuelle), 1956.

Charles Faugeron

Lucien HERVE/musée M

Festival

L

du tourisme demande à Lucien Hervé, le photographe attitré de l’architecte Le Corbusier, d’illustrer la plaquette touristique de la cité. Le photographe fige des perspectives parfois abstraites, dans un extraordinaire jeu d’ombres et de lumières. Mais ses photos, remisées dans les archives, ne sont pas retenues. Jusqu’à ce qu’Annette Haudiquet, la directrice du musée Malraux, les retrouve en 2002. Mais c’est le classement au patrimoine mondial de l’Unesco des bâtiments de la ville en 2005 qui inaugure une nouvelle phase du rapport entre la ville et ses habitants. Un regard nouveau, que les travaux des photographes mandatés par le ministère et la ville entre 2007 et 2009 sont censés nourrir. Parmi eux, Véronique Ellena livre des tableaux où la lumière semble irréelle et dont la composition n’est pas sans rappeler Edward Hopper. Perché sur la grande échelle d’un camion de pompiers, Matthias Koch a, lui, pris de la hauteur pour offrir une perspective inattendue sur la ville. La vie s’invite dans ses photos par le biais de détails : un parasol, des jouets d’enfants ou des géraniums aux fenêtres. Le projet de Perret, s’il est longtemps paru trop avant-gardiste, bénéficie aujourd’hui de ce cachet, de ce charme « vintage » conférés au bâti des années 1950 et dont l’exposition «  Le  Havre sur commande » révèle les aspects attrayants. « Le Havre sur commande » au musée Malraux, jusqu’au 24 mai. Tél. : 02.35.19.62.77. http://musee-malraux.villelehavre.fr Catalogue aux éditions Artlys, 25 euros. www.artlys.fr

Lucien HERVE/musée M

Mars Distribution

« Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois.

Gabriele BASILICO/Galerie Anne

Vendredi 21 mai 2010


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